Ebola en RDC : plus de 8 000 cas et près de 4 000 morts, l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie

L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo a franchi un nouveau seuil préoccupant. Selon le dernier rapport du ministère de la Santé publié le dimanche 27 septembre 2026, le pays a enregistré 8 067 cas confirmés et 3 901 décès depuis le début de cette 17e flambée épidémique, causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.

L’Ituri demeure la province la plus touchée. Située dans le nord-est de la RDC, elle concentre à elle seule plus des trois quarts des infections recensées, avec 6 155 cas confirmés et 2 834 décès. Le Nord-Kivu suit avec 1 523 cas et 906 morts.

Au cours de la seule journée du 26 septembre, les autorités sanitaires ont confirmé 78 nouveaux cas, dont 57 en Ituri et 17 au Nord-Kivu. Quarante-neuf décès supplémentaires ont également été enregistrés, parmi lesquels 34 sont survenus dans les communautés, en dehors des centres de traitement.

La zone de santé de Mandima, en Ituri, suscite particulièrement l’inquiétude. Le nombre de nouvelles contaminations y est passé de neuf à vingt-cinq cas en l’espace de vingt-quatre heures. Vingt décès communautaires y ont également été signalés.

Depuis la déclaration de l’épidémie en mai dernier, 63 zones de santé réparties dans sept provinces ont été affectées. Aucun nouveau foyer n’a toutefois été identifié lors du dernier bilan.

Cette flambée est désormais la plus importante de l’histoire de la RDC en nombre de cas confirmés. Elle est également devenue la deuxième épidémie d’Ebola la plus grave jamais enregistrée dans le monde, derrière celle qui avait touché l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Les autorités sanitaires restent confrontées à plusieurs défis, notamment la saturation de certaines structures de prise en charge, le suivi des contacts et la protection des populations déplacées vivant dans les zones affectées.

Santé : la RDC et la Banque mondiale préparent un partenariat de dix ans pour transformer le système de santé

Le jeudi 24 septembre 2026, à Kinshasa, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, l’UG-PDSS et le Groupe de la Banque mondiale ont lancé une consultation sectorielle pour préparer le futur Cadre de partenariat pays (CPF) 2027-2036. Cette rencontre vise à définir les priorités qui guideront pendant dix ans les investissements et les réformes destinés à renforcer durablement le système de santé congolais.

Une feuille de route pour la santé de la prochaine décennie

Réunis autour de cette concertation, les différents acteurs du secteur ont passé en revue les principaux défis auxquels fait face le système sanitaire de la RDC. Les échanges ont notamment porté sur l’accélération de la Couverture Santé Universelle, l’amélioration de la qualité des soins et le renforcement des infrastructures de santé.

Les participants ont également évoqué la construction, la réhabilitation et l’équipement des formations sanitaires, ainsi que le développement des ressources humaines en santé et une meilleure répartition du personnel sur l’ensemble du territoire.

Miser sur un système de santé plus résilient

Les discussions ont aussi accordé une place importante à la sécurité sanitaire et à la capacité du système de santé à faire face aux crises. Une attention particulière a été portée aux provinces touchées par les conflits, aux populations déplacées et aux groupes les plus vulnérables.

Cette consultation permet également d’analyser les enseignements tirés des programmes déjà mis en œuvre afin d’identifier les contraintes qui persistent et d’orienter les futurs investissements.

À l’issue de ce processus, le Cadre de partenariat pays 2027-2036 devra fixer les principaux axes de coopération entre la RDC et le Groupe de la Banque mondiale pour les dix prochaines années, avec l’ambition d’améliorer durablement l’accès des Congolais à des soins de santé de qualité.

EAC : 45 millions de dollars recherchés pour renforcer la préparation aux épidémies

La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) veut renforcer son dispositif régional face aux épidémies. L’organisation estime à 45 millions de dollars les ressources nécessaires pour améliorer la préparation et la réponse aux flambées d’Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales.

L’annonce intervient alors que l’EAC intensifie la formation des professionnels de santé et développe ses capacités de diagnostic. L’objectif est de réduire les délais de détection et de riposte, mais aussi de limiter les perturbations que les crises sanitaires peuvent provoquer sur les populations, les échanges et les activités transfrontalières.

L’Allemagne débloque 4,8 millions d’euros supplémentaires

Dans le cadre de cette mobilisation, l’Allemagne a annoncé 4,8 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les efforts de préparation et de riposte de l’EAC face à Ebola. Cette enveloppe doit financer plusieurs actions, dont la formation des agents de santé, l’achat d’équipements de protection et le renforcement de la préparation réglementaire aux vaccins et autres contre-mesures médicales.

L’EAC prévoit notamment de former 500 agents de santé de première ligne et de renforcer les actions de sensibilisation communautaire dans l’Est de la RDC. Le financement allemand doit également contribuer à améliorer l’accès aux équipements de protection individuelle et à accélérer les mécanismes permettant l’utilisation de futurs vaccins contre Ebola, sous réserve des autorisations sanitaires requises.

Cette contribution s’ajoute à un partenariat plus large entre l’EAC et l’Allemagne. Depuis plusieurs années, Berlin accompagne la région dans la surveillance des maladies, le développement des laboratoires et la formation des personnels de santé.

L’EAC veut passer de 10 à 34 laboratoires mobiles

Au-delà du financement, l’organisation mise sur les infrastructures de diagnostic. Dix laboratoires mobiles sont actuellement opérationnels dans sept États partenaires de l’EAC.

Ces unités sont notamment déployées à Beni, en RDC, ainsi qu’à Busia, Nimule-Elegu, Kobero et Bwera. Elles ont déjà été mobilisées dans plusieurs réponses sanitaires, notamment contre Ebola, Marburg, la Covid-19 et la Mpox.

L’ambition est désormais de porter ce réseau à 34 laboratoires mobiles d’ici fin 2027.

Pour l’EAC, l’enjeu est stratégique. Rapprocher les capacités de diagnostic des zones à risque et des principaux points d’entrée doit permettre de détecter plus rapidement les cas suspects. La démarche vise aussi à renforcer la surveillance sanitaire aux frontières.

Cette dimension transfrontalière est particulièrement importante pour une région où les déplacements de personnes et de marchandises relient étroitement les économies nationales.

120 professionnels formés pour créer un réseau régional

Le volet humain constitue l’autre pilier de cette stratégie. 120 médecins, infirmiers et autres professionnels de santé issus des huit États partenaires suivent actuellement une formation spécialisée à Nairobi.

Cette initiative est menée dans le cadre du programme Training in the East African Community for High-Consequence Infectious Diseases (tEACh), porté par l’EAC avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ.

L’objectif ne se limite pas aux 120 participants. Ceux-ci doivent également pouvoir transmettre leurs compétences à d’autres professionnels dans leurs pays respectifs.

L’EAC cherche ainsi à constituer un vivier régional capable d’intervenir rapidement lors d’une flambée. L’organisation dispose déjà d’un réseau régional d’experts mobilisables en situation d’urgence.

La préparation sanitaire devient un enjeu économique

Derrière ces investissements se joue également la résilience économique de l’Afrique de l’Est.

Une épidémie peut ralentir les déplacements, perturber les échanges commerciaux et compliquer le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, renforcer les capacités de diagnostic et de réponse constitue aussi un moyen de réduire les risques de perturbation des économies régionales.

L’EAC veut donc agir en amont. Avec un besoin estimé à 45 millions de dollars, l’organisation appelle ses partenaires au développement et les autres parties prenantes à accroître leur soutien.

La contribution allemande de 4,8 millions d’euros constitue une nouvelle tranche de financement. Elle ne couvre toutefois qu’une partie des besoins identifiés par l’organisation.

Pour l’EAC, l’objectif est désormais de transformer ces appuis ponctuels en capacités durables : davantage de professionnels formés, un réseau élargi de laboratoires et une meilleure coordination entre les États. La préparation aux épidémies devient ainsi un investissement dans la sécurité sanitaire, la continuité des échanges et la résilience économique régionale.

Expertise France mise sur les compétences pour pérenniser les investissements dans la santé et l’enseignement supérieur

En République démocratique du Congo, la question n’est plus seulement de construire des infrastructures, mais de savoir qui les fera fonctionner demain. C’est dans cette logique que le directeur général d’Expertise France, Jérémie Pellet, accompagné de la directrice générale déléguée, Amélie Delaroche, séjourne à Kinshasa du 14 au 16 septembre 2026.

Cette mission place la formation, le transfert de compétences et le renforcement des capacités nationales au centre de la coopération entre l’agence française et ses partenaires congolais.

À travers plusieurs projets soutenus par l’Agence française de développement (AFD), Expertise France entend ainsi accompagner la RDC dans deux secteurs stratégiques : la santé et l’enseignement supérieur.

LABOH-KIN : renforcer les laboratoires pour mieux surveiller les épidémies

Dans le secteur sanitaire, le projet LABOH-KIN figure parmi les principaux programmes mis en avant durant cette visite. Financé à hauteur de 12 millions d’euros par l’AFD, il est mis en œuvre par Expertise France avec l’ambition de renforcer le réseau des laboratoires de Kinshasa.

Le programme cible notamment cinq zones de santé périurbaines. Il doit contribuer à améliorer la qualité des services de laboratoire, mais également à renforcer les capacités de surveillance épidémiologique.

Derrière les équipements et les infrastructures, un autre enjeu se dessine : disposer de techniciens capables d’assurer leur fonctionnement et leur maintenance sur la durée.

C’est précisément dans cette perspective qu’un Centre de formation en maintenance de laboratoire doit être inauguré le 16 septembre à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA), à Kinshasa.

Le centre comprendra notamment un atelier pratique et une bibliothèque. L’objectif est de former des techniciens capables d’intervenir sur les équipements biomédicaux et de réduire, à terme, la dépendance à l’expertise extérieure.

Sciences de l’ingénieur : Expertise France mise sur une nouvelle génération de chercheurs

L’enseignement supérieur constitue l’autre pilier de cette mission. À travers le Projet d’Appui à l’Enseignement Supérieur (PAES), financé à hauteur de 25 millions d’euros par l’AFD, Expertise France accompagne la modernisation des formations dans les sciences de l’ingénieur.

Le programme prévoit notamment le renforcement du corps professoral et le développement de partenariats entre établissements d’enseignement supérieur congolais et français.

Durant son séjour, Jérémie Pellet doit également rencontrer des étudiants bénéficiaires des bourses doctorales du PAES. Un dispositif qui vise à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs et d’ingénieurs congolais.

Ces compétences pourraient notamment être mobilisées dans des secteurs stratégiques pour l’avenir du pays, notamment autour du projet Inga, qui nécessite des ressources humaines hautement qualifiées.

De la construction des infrastructures au transfert des savoir-faire

À travers LABOH-KIN et PAES, Expertise France défend une même approche : un investissement ne peut produire pleinement ses effets que si les acteurs nationaux disposent des compétences nécessaires pour l’exploiter, l’entretenir et le développer.

Cette philosophie dépasse d’ailleurs les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur. En RDC, l’agence intervient également dans des programmes consacrés à l’inclusion et à l’autonomisation des femmes et des jeunes, notamment à travers les projets « Pour Elles Sport & Culture » et « Pour Elles Entrepreneuriat ».

Le sport, la culture et l’accompagnement entrepreneurial deviennent ainsi des leviers pour renforcer la participation économique et sociale des bénéficiaires.

La visite de la direction d’Expertise France à Kinshasa intervient donc à un moment où la coopération franco-congolaise cherche à inscrire ses investissements dans la durée. Au-delà des financements, l’enjeu consiste désormais à transmettre les savoir-faire et à renforcer les capacités locales.

Présente en RDC depuis 2022, Expertise France dispose depuis 2024 d’une direction pays basée à Kinshasa. Filiale du groupe AFD et agence publique de coopération technique internationale, elle intervient notamment dans la santé, l’enseignement supérieur, le développement durable, l’inclusion économique et sociale, la gouvernance, ainsi que dans les domaines de la paix et de la sécurité.

Pour la RDC, le défi est désormais clair : transformer les investissements réalisés avec ses partenaires en capacités nationales durables, capables de produire leurs effets bien au-delà de la durée des projets.

Ebola:la Tshopo reçoit 3 000 nouvelles doses de vaccin après une rupture de stock

La campagne de vaccination contre Ebola retrouve un nouvel élan dans la province de la Tshopo. Après avoir frôlé l’arrêt des opérations, les autorités sanitaires ont reçu 3 000 nouvelles doses de vaccin. Cette livraison relance la riposte dans plusieurs zones de santé de Kisangani et de ses environs.

Cette dotation arrive quelques jours après une rupture de stock. Celle-ci avait fortement réduit la capacité d’intervention des équipes de vaccination.

Une rupture de stock qui inquiétait les équipes sanitaires

Le Programme élargi de vaccination (PEV) avait presque épuisé ses réserves au début du mois.

Selon le médecin coordonnateur provincial du PEV, le Dr Stéphane Itakama, les équipes ont utilisé presque toutes les 1 500 doses précédemment reçues pour protéger les professionnels de santé les plus exposés.

« Depuis le 8 septembre, nous étions déjà en rupture des 1 500 doses reçues auparavant. Il ne nous restait que quatre doses après avoir vacciné 1 496 prestataires de première ligne », a-t-il expliqué.

Cette situation menaçait la poursuite de la campagne dans une province engagée contre la maladie à virus Ebola.

La vaccination reprend dans plusieurs zones de santé

Les équipes sanitaires ont rapidement intégré les nouvelles doses au dispositif de riposte.

Après la décongélation des vaccins, elles ont réapprovisionné les premiers sites dès le début de la semaine.

Les premières livraisons ont concerné trois zones de santé confrontées à la rupture de stock :

  • Makiso-Kisangani : 100 doses ;

  • Mangobo : 100 doses ;

  • Kabondo : 100 doses.

Parallèlement, les équipes du PEV ont réorganisé le site de vaccination de la zone de santé de la Tshopo. Elles ont ainsi permis une reprise effective des opérations.

Toutefois, le Dr Stéphane Itakama n’a pas détaillé la répartition des doses restantes dans les autres zones concernées.

L’Ituri renforce aussi sa riposte

Au-delà de la vaccination, les autorités congolaises poursuivent le renforcement du dispositif de lutte contre Ebola avec l’appui de leurs partenaires.

En Ituri, plusieurs sites accueillant des déplacés et des réfugiés disposent désormais d’ambulances communautaires permanentes constituées de tricycles aménagés.

Les équipes ont déployé ces véhicules sur les sites de Tsinzi, Adumi, Bele, Meri et Biringi. Leur mission consiste à évacuer rapidement les cas suspects vers les Centres de traitement Ebola (CTE).

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) finance cette initiative.

Ainsi, la nouvelle livraison de vaccins dans la Tshopo complète le renforcement des capacités d’intervention en Ituri. Les autorités sanitaires espèrent maintenir la dynamique de la riposte. Elles veulent également protéger davantage les personnels de première ligne, particulièrement exposés à la maladie.

Ebola en RDC : la Tanzanie envoie 52 tonnes de kits médicaux pour soutenir la riposte dans l’Est

L’avion transportant l’aide tanzanienne s’est posé à l’aéroport international de N’djili avec une cargaison porteuse d’un message clair : la République démocratique du Congo ne fera pas face seule à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola. À son bord, la vice-ministre tanzanienne de la Santé, le Dr Florence Georges, est venue remettre un important lot de kits médicaux destinés à renforcer la riposte sanitaire dans l’Est du pays.

D’une valeur de 220 millions de shillings tanzaniens, soit près de 88 000 dollars américains, cette assistance comprend environ 52 tonnes de kits médicaux communautaires, des équipements de protection individuelle pour les soignants, des médicaments, des solutés de perfusion et d’autres fournitures indispensables pour contenir la propagation du virus.

« Les virus ne reconnaissent pas les frontières. Notre solidarité non plus », a déclaré la responsable tanzanienne à son arrivée à Kinshasa.

Une aide pour protéger les soignants et freiner la transmission

Au-delà de la valeur matérielle de cette assistance, les autorités tanzaniennes insistent sur son objectif prioritaire : protéger les professionnels de santé en première ligne et améliorer la prise en charge des patients.

Les équipements livrés permettront notamment de renforcer la sécurité des équipes médicales exposées au virus, d’assurer une meilleure prise en charge des malades et de contribuer à interrompre les chaînes de transmission dans les zones touchées par l’épidémie.

Pour Florence Georges, cette initiative illustre la volonté de transformer les messages de compassion en actions concrètes.

« En matière de santé publique, il n’existe pas de sécurité isolée. Il n’y a que notre sécurité partagée », a-t-elle affirmé.

La vice-ministre a également rappelé que cette démarche s’inscrit dans la vision portée par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, engagée en faveur de la coopération régionale pour renforcer la sécurité sanitaire sur le continent africain.

Une coopération régionale renforcée contre Ebola

La Tanzanie assure qu’elle poursuivra sa collaboration avec la RDC, l’Union africaine, Africa CDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires afin d’améliorer la préparation, la surveillance épidémiologique et la capacité de réponse rapide face aux urgences sanitaires.

Lire l’article :https://www.journaldekinshasa.com/ebola-en-rdc-le-plan-de-riposte-a-13-milliard-de-dollars-officiellement-lance-entre-espoir-et-urgence-absolue/

Cette coopération régionale intervient alors que les autorités congolaises multiplient les efforts pour contenir la flambée épidémique dans l’Est du pays.

« La RDC n’est pas seule »

Présent lors de la réception du don, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dieudonné Mwamba, a salué un geste qui dépasse le cadre d’une simple aide humanitaire.

Selon lui, cette contribution témoigne du soutien des pays voisins et confirme que la lutte contre Ebola mobilise l’ensemble de la région.

« Ce geste de la République de Tanzanie montre que nous bénéficions du soutien de pays amis et frères, ainsi que de la solidarité de la communauté africaine et internationale », a-t-il souligné.

Après l’Égypte, la Tanzanie devient ainsi le deuxième pays africain à apporter une assistance directe à la République démocratique du Congo dans le cadre de sa 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, renforçant ainsi l’élan de solidarité régionale face à une crise sanitaire qui dépasse les frontières nationales.

Ebola en RDC : le Plan de riposte à 1,3 milliard de dollars officiellement lancé – entre espoir et urgence absolue

La riposte contre la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo entre dans une nouvelle phase. Alors que le gouvernement congolais et ses partenaires ont chiffré à 1,3 milliard de dollars les besoins pour les six prochains mois, les premiers engagements financiers commencent à se concrétiser. Une mobilisation encore loin de couvrir l’ensemble des besoins, mais qui traduit la volonté de plusieurs partenaires internationaux de passer des appels à l’action aux financements effectifs.

Le signal est intervenu cette semaine, après le lancement, vendredi 4 septembre à Kinshasa, du Plan multisectoriel révisé de réponse de 180 jours. Présenté par les autorités congolaises avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du système des Nations unies, d’Africa CDC et d’autres partenaires, ce plan doit permettre d’intensifier les opérations de surveillance, de prise en charge, de recherche des contacts et de mobilisation communautaire.

L’enjeu est considérable. Au 2 septembre, la RDC comptait 6 342 cas signalés et 3 072 décès. L’épidémie touche désormais 60 zones de santé dans six provinces, tandis que la majorité des décès surviennent encore dans les communautés, parfois chez des personnes qui n’avaient pas été identifiées comme contacts.

1,3 milliard de dollars : l’appel qui met les partenaires face à leurs responsabilités

Mardi 1er septembre, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, cette épidémie est déjà la deuxième plus importante jamais enregistrée et la plus rapide observée à ce jour.

Face à cette progression, l’OMS avait appelé les États membres et les partenaires internationaux à accélérer leur soutien financier. Le plan gouvernemental congolais nécessite 1,3 milliard de dollars pour six mois, une enveloppe destinée à maintenir et renforcer l’ensemble de la réponse.

« Plus on tarde, plus le coût en vies humaines et en ressources est élevé », avait averti le patron de l’OMS, appelant les États membres à « accroître et accélérer » leurs contributions.

Le message est désormais suivi de premiers actes.

Du besoin massif aux financements approuvés

Quelques jours seulement après cet appel, le Royaume-Uni a annoncé un nouveau financement de plus de 50 millions de livres sterling, soit environ 67,56 millions de dollars, pour soutenir la riposte en RDC. Cette nouvelle contribution porte à 78 millions de livres l’engagement total britannique contre Ebola.

Lire l’article :https://www.journaldekinshasa.com/ebola-en-rdc-loms-tire-la-sonnette-dalarme-et-reclame-13-milliard-de-dollars-pour-eviter-lhecatombe/

Les fonds doivent notamment financer la surveillance de la maladie, le soutien aux agents de santé de première ligne, la prévention et le contrôle des infections, l’accès aux traitements, la mobilisation communautaire ainsi que les inhumations sûres et dignes.

Le Royaume-Uni a également déployé des experts en santé publique dans la région afin d’appuyer les opérations de surveillance, de prévention et de préparation.

Cette contribution britannique intervient alors que le Japon a, lui aussi, approuvé une aide d’urgence de 5 millions de dollars destinée à renforcer la prévention des épidémies et les actions de riposte contre Ebola.

Cette enveloppe japonaise sera mise en œuvre avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Elle doit notamment soutenir la prévention, la santé, l’eau, l’assainissement, l’hygiène et l’aide alimentaire.

Ces annonces donnent ainsi une première traduction financière à l’appel lancé par l’OMS. Elles montrent surtout que la mobilisation internationale commence à prendre forme, alors que les besoins restent largement supérieurs aux montants déjà annoncés.

Une riposte qui ne peut plus attendre

Le lancement du nouveau plan gouvernemental intervient donc dans un contexte où chaque retard peut peser lourdement sur l’évolution de l’épidémie.

La stratégie prévoit de renforcer la surveillance épidémiologique, la recherche et le suivi des contacts, la prise en charge des patients, la communication des risques, l’engagement des communautés ainsi que les capacités logistiques et la préparation des provinces exposées.

Mais la question financière demeure centrale.

À Kinshasa, le coordonnateur résident du système des Nations unies, Damien Mama, a insisté sur la nécessité de disposer de ressources « suffisantes, flexibles et prévisibles » pour soutenir à la fois la réponse à Ebola et les autres interventions humanitaires essentielles.

Pour les autorités congolaises, la bataille ne se limite d’ailleurs plus aux structures sanitaires. L’ampleur de l’épidémie impose une réponse multisectorielle impliquant les communautés, les acteurs humanitaires, les partenaires techniques et les bailleurs.

Les premiers millions ne suffisent pas encore

Le contraste est désormais clairement établi : 1,3 milliard de dollars nécessaires pour six mois, contre plusieurs dizaines de millions déjà annoncés par certains partenaires.

Le Royaume-Uni et le Japon figurent parmi les premiers contributeurs à renforcer concrètement leur soutien. Ces financements permettront d’alimenter plusieurs volets essentiels de la riposte. Toutefois, ils ne représentent encore qu’une partie des ressources nécessaires à la mise en œuvre complète du plan.

L’enjeu des prochaines semaines sera donc de transformer la mobilisation diplomatique et les promesses de soutien en financements effectivement disponibles sur le terrain.

Car derrière les montants annoncés se trouve une urgence très concrète : identifier plus rapidement les cas, retrouver les contacts, prendre en charge les malades, sécuriser les communautés et éviter de nouvelles transmissions.

À ce stade, le financement devient ainsi l’un des principaux fronts de la lutte contre Ebola en RDC. L’appel à 1,3 milliard de dollars est lancé. Les premiers financements sont approuvés. Reste désormais à combler l’écart entre les besoins et les ressources disponibles avant que cet écart ne se traduise en vies supplémentaires perdues.

Ebola en RDC : l’OMS tire la sonnette d’alarme et réclame 1,3 milliard de dollars pour éviter l’hécatombe

La riposte contre Ebola en République démocratique du Congo se joue aussi sur le terrain financier. Et la facture est salée. Pour les six prochains mois, les besoins sont évalués à 1,3 milliard de dollars, une enveloppe considérable destinée à soutenir les opérations contre une épidémie qui continue de mettre les capacités de réponse à rude épreuve. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle les États membres à ne pas seulement maintenir leur soutien, mais à l’accélérer. Chaque retard dans la mobilisation des ressources risque de rendre la riposte plus coûteuse et plus difficile à conduire.

« La deuxième plus importante épidémie jamais enregistrée »

Mardi 1er septembre, lors d’une réunion d’information virtuelle avec les États membres, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dressé un bilan alarmant de la situation. « L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo est déjà la deuxième plus importante jamais enregistrée, et la plus rapide que nous ayons jamais vue. Aujourd’hui, nous avons franchi la barre des 6 000 cas déclarés et déplorons près de 3 000 décès » , a-t-il déclaré.

Un constat d’autant plus préoccupant que l’épidémie, provoquée par le virus Bundibugyo, ne cesse de gagner du terrain. Elle touche désormais 60 zones sanitaires réparties dans six provinces (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo et Bas-Uélé), ce qui en fait « une situation d’urgence extrêmement complexe impliquant des partenaires de l’ensemble du système des Nations unies et au-delà » , a souligné le haut fonctionnaire onusien.

Une préoccupation majeure : les décès en communauté

Au-delà des chiffres qui ne cessent de progresser, l’une des principales préoccupations de l’OMS concerne la persistance des décès au sein des communautés, en dehors des structures de soins. Une situation qui constitue un obstacle majeur pour les équipes de riposte.

« Tom Fletcher [Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires] et moi avons informé hier nos États membres de notre principale préoccupation : la plupart des décès surviennent encore au sein des communautés plutôt que dans les centres de soins et parmi des personnes qui n’étaient pas des contacts connus. Cela signifie qu’il existe encore des chaînes de transmission que nous ignorons » , a-t-il averti.

Pour l’OMS, l’identification rapide des cas, le suivi des contacts et la prise en charge des personnes infectées restent essentiels pour interrompre la propagation du virus. Mais sans moyens financiers suffisants, ces opérations risquent de tourner au ralenti.

1,3 milliard de dollars pour six mois de riposte

Face à l’ampleur des besoins, les autorités congolaises ont élaboré un plan d’intervention couvrant les six prochains mois. Celui-ci nécessite 1,3 milliard de dollars de financement. Une enveloppe considérable qui traduit l’ampleur des moyens nécessaires pour soutenir durablement les équipes engagées sur le terrain.

Le Directeur général de l’OMS a ainsi lancé un appel pressant aux partenaires internationaux pour accompagner le plan gouvernemental congolais. « Plus on tarde, plus le coût en vies humaines et en ressources est élevé. Le plan gouvernemental pour les six prochains mois nécessite 1,3 milliard de dollars. Nous demandons à tous les États membres d’accroître et d’accélérer leurs contributions » , a plaidé le Dr Tedros.

Un bilan qui s’alourdit de jour en jour

Selon le dernier bilan du ministère congolais de la Santé, arrêté au 31 août, le pays avait enregistré 6 186 cas confirmés, dont 3 007 décès et 1 409 guérisons, soit un taux de létalité de 48,6 %. Un chiffre vertigineux qui place cette 17e épidémie d’Ebola en RDC parmi les plus meurtrières de l’histoire.

Si l’Ouganda est parvenu à maîtriser l’épidémie sur son territoire, la situation demeure préoccupante en RDC. La progression de la maladie, la défiance d’une partie de la population, les insuffisances des infrastructures sanitaires et l’insécurité compliquent considérablement la riposte.

Le gouvernement congolais reste optimiste

Malgré ces défis, le gouvernement congolais se veut rassurant et affiche son optimisme quant à sa capacité à contenir l’épidémie. Les autorités entendent notamment s’appuyer sur l’expérience acquise lors des 16 précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays, ainsi que sur les mécanismes de surveillance et de riposte développés au fil des années.

Le gouvernement assure poursuivre et renforcer les efforts engagés, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, afin de freiner la propagation de la maladie, de protéger les populations à risque et de garantir une prise en charge rapide et efficace des personnes affectées.

L’heure de vérité pour la communauté internationale

Pour le patron de l’OMS, l’enjeu des 1,3 milliard de dollars dépasse une simple question budgétaire. Il conditionne la capacité à maintenir et à étendre les activités de surveillance, de recherche des cas, de suivi des contacts et de prise en charge des personnes infectées.

« Tous les aspects de la riposte ont été renforcés et continueront d’être étendus. Nous mettrons fin à cette épidémie. La question est de savoir à quelle vitesse, et combien de vies seront perdues avant que nous le fassions » , a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus avec une détermination teintée d’urgence.

La question d’1,3 milliard de dollars devient dès lors celle du rythme auquel la communauté internationale saura transformer les promesses financières en moyens concrets de riposte. Dans une épidémie où le temps constitue une ressource aussi précieuse que l’argent, le financement devient un véritable levier de contrôle. Le compte à rebours est lancé.

Ebola en RDC : le Royaume-Uni débloque 67,5 millions de dollars pour freiner la plus grave épidémie de l’histoire du pays

Face à une épidémie d’Ebola qui ne cesse de gagner du terrain en République démocratique du Congo, le Royaume-Uni muscle sa réponse humanitaire. Londres a annoncé, ce mardi, un nouveau financement de plus de 50 millions de livres sterling, soit environ 67,5 millions de dollars, afin de soutenir les opérations de riposte dans un pays où le nombre de cas confirmés dépasse désormais les 6 000.

Cette nouvelle enveloppe porte la contribution britannique totale à 78 millions de livres sterling, après une première aide de 20 millions de livres accordée en mai. Elle intervient alors que les autorités sanitaires font face à une épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.

Une aide renforcée pour soutenir la riposte sur le terrain

Le nouveau financement britannique vise à consolider plusieurs piliers essentiels de la réponse sanitaire.

Les fonds serviront notamment à renforcer :

  • la surveillance épidémiologique ;

  • le soutien aux professionnels de santé en première ligne ;

  • l’accès aux traitements disponibles ;

  • la prévention et le contrôle des infections ;

  • la sensibilisation des communautés ;

  • l’organisation de sépultures sûres et dignes.

Au-delà du financement, le Royaume-Uni a déjà déployé des experts en santé publique en RDC et dans les pays voisins afin d’appuyer les opérations de surveillance, la prévention des infections, la mobilisation communautaire et la préparation aux urgences sanitaires.

Cette assistance s’inscrit également dans le cadre d’une coopération avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Nations unies et plusieurs organisations humanitaires présentes sur le terrain.

Londres alerte sur l’urgence d’agir

L’annonce a été faite par la ministre britannique chargée de l’Afrique, Kirsty McNeill, lors de sa première intervention parlementaire après la reprise des travaux à Westminster.

Pour la responsable britannique, l’évolution de l’épidémie impose une montée en puissance immédiate de la réponse internationale.

« En RDC, des familles vivent des pertes inimaginables alors qu’Ebola ravage les communautés, emportant des vies et laissant des milliers d’autres personnes lutter pour leur survie », a-t-elle déclaré.

Elle a insisté sur l’importance d’une intervention rapide face à l’aggravation de la situation.

« Nous savons que la rapidité sauve des vies. Nous avons été parmi les premiers à engager notre soutien et nos experts dans la région, mais à mesure que l’épidémie s’intensifie, nous accélérons notre réponse pour être à la hauteur du défi », a ajouté Kirsty McNeill.

Une épidémie aggravée par les conflits et les déplacements

L’épidémie actuelle évolue dans un contexte particulièrement complexe.

Les conflits armés, les déplacements massifs de populations et les besoins humanitaires croissants compliquent les opérations de riposte et augmentent les risques de propagation du virus.

Avec plus de 6 000 cas confirmés, la RDC fait face à la plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée sur son territoire. Les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux redoutent désormais qu’elle ne devienne la plus meurtrière de l’histoire du pays.

Dans ce contexte, le renforcement du soutien britannique s’ajoute aux efforts déjà engagés par plusieurs partenaires internationaux pour tenter de contenir la propagation du virus et protéger les communautés les plus exposées.

Ebola au Nord-Kivu : une fillette de 12 ans guérit à Kyondo, le centre de traitement ne compte plus aucun cas actif

Une nouvelle lueur d’espoir éclaire la riposte contre Ebola dans le territoire de Beni. Ce mercredi, une fillette de 12 ans a quitté guérie le centre de traitement de la maladie à virus Ebola de Kyondo, au Nord-Kivu, marquant une étape importante dans la lutte contre l’épidémie dans cette zone de santé.

Sa sortie porte à cinq le nombre de personnes guéries à Kyondo et ramène à zéro le nombre de cas actifs pris en charge dans ce centre.

Une guérison qui redonne espoir à Kyondo

L’annonce a été faite par le bourgmestre de Kyondo, Joachim Muhindo Vyaghula, qui a salué cette nouvelle victoire contre le virus.

« Un nouveau vainqueur est là. Il s’agit d’une fille de 12 ans. Cette dernière a été déchargée du centre de transit de l’hôpital général de référence de Kyondo », a-t-il déclaré.

Au-delà de cette guérison, l’autorité municipale a tenu à rendre hommage au personnel soignant, qu’il a remercié pour son engagement dans la prise en charge des patients.

Il a également lancé un appel à la population afin d’éviter toute forme de stigmatisation envers les survivants d’Ebola.

« Je remercie le personnel soignant pour l’engagement et le sacrifice consenti pour arriver à la guérison de ce vainqueur et je mets en garde toute personne qui amènerait une sorte de stigmatisation dans la communauté », a-t-il averti.

Plus aucun cas actif dans le centre de traitement

Pour le responsable du centre de transit de Kyondo, le Dr Félix Kalengehya, cette guérison constitue une étape encourageante dans la riposte locale.

La sortie de cette jeune patiente permet désormais au centre de ne plus compter de cas actifs.

Le médecin appelle toutefois à ne pas relâcher la vigilance.

« Je demande à toute notre population de Kyondo de renforcer les mesures barrières afin de stopper la propagation du virus et de se rendre le plus vite possible dans une structure de santé dès l’apparition des premiers symptômes », a-t-il exhorté.

Une vigilance maintenue malgré cette avancée

Si cette guérison marque un progrès important, les autorités sanitaires rappellent que la lutte contre Ebola reste loin d’être terminée.

Dans la zone de santé de Kyondo, le bilan fait désormais état de cinq guérisons, onze décès enregistrés dans la communauté et un cas probable.

Les équipes de riposte poursuivent ainsi les actions de surveillance, de sensibilisation et de prise en charge afin d’empêcher toute nouvelle propagation du virus dans cette partie du territoire de Beni.

Ebola en RDC : le Japon débloque 5 millions de dollars pour renforcer la riposte sanitaire

Alors que la République démocratique du Congo intensifie sa lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, le Japon vient d’annoncer un soutien financier majeur. Tokyo débloque une enveloppe d’urgence de 5 millions de dollars américains pour renforcer les mesures de prévention, soutenir la riposte sanitaire et répondre aux besoins humanitaires des populations touchées.

L’annonce a été faite ce mardi 1er septembre par l’Ambassade du Japon en RDC, dans un contexte où le pays fait face à une épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Cette contribution ne se limite pas aux interventions médicales. Elle adopte une approche plus large, combinant prévention, accès aux services essentiels et assistance alimentaire afin d’accompagner les efforts des autorités congolaises et de leurs partenaires sur le terrain.

Une aide répartie entre trois agences internationales

Pour assurer une réponse rapide et coordonnée, le gouvernement japonais a confié la mise en œuvre de cette assistance à trois organismes des Nations unies déjà engagés dans les opérations humanitaires en RDC.

La répartition des fonds s’établit comme suit :

  • 2 millions de dollars pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), consacrés au renforcement des actions de prévention des épidémies ;

  • 1,5 million de dollars pour l’UNICEF afin de soutenir les interventions sanitaires ainsi que les programmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) ;

  • 1,5 million de dollars pour le Programme alimentaire mondial (PAM), destiné à l’assistance alimentaire des communautés affectées.

Cette répartition traduit une stratégie qui dépasse la seule prise en charge médicale pour intégrer les facteurs essentiels à la maîtrise d’une crise sanitaire.

Prévention, eau et alimentation au cœur de la riposte

Au-delà des soins, la lutte contre Ebola repose sur plusieurs leviers indispensables : la surveillance épidémiologique, les mesures de prévention, l’accès à une eau potable, des infrastructures sanitaires adaptées et un soutien alimentaire pour les ménages fragilisés.

Selon le communiqué de l’Ambassade du Japon, cette aide permettra de renforcer les dispositifs déjà déployés afin de limiter la propagation du virus tout en répondant aux besoins immédiats des populations exposées.

L’amélioration des services WASH constitue notamment un élément clé pour réduire les risques de transmission dans les zones concernées.

Le Japon réaffirme son engagement aux côtés de la RDC

À travers cette nouvelle contribution, Tokyo réaffirme son soutien à la République démocratique du Congo dans la gestion des urgences sanitaires.

En s’appuyant sur l’OIM, l’UNICEF et le PAM, le Japon entend renforcer les capacités d’intervention des acteurs mobilisés contre Ebola tout en apportant une réponse humanitaire aux conséquences de l’épidémie.

Cette enveloppe de 5 millions de dollars vient ainsi consolider les efforts engagés pour contenir la maladie, protéger les communautés les plus vulnérables et préserver la continuité des services essentiels dans les zones touchées.

Ebola : Roger Kamba lance la vaccination à Kisangani, la Tshopo passe à l’offensive avec le vaccin Everbo

Kisangani. Face à une épidémie qui continue de progresser, la riposte franchit une nouvelle étape. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a lancé ce vendredi 28 août la campagne de vaccination contre Ebola dans la province de la Tshopo. Les autorités y ont déjà confirmé 17 cas.

Dès l’ouverture de la campagne, les premiers bénéficiaires ont afflué vers le centre de vaccination. Les médecins, les infirmiers, les relais communautaires et les agents de la communication engagés dans la riposte ont reçu les premières doses. Ainsi, le gouvernement a accordé la priorité aux professionnels les plus exposés au virus.

Les soignants en première ligne face au virus

Devant les équipes mobilisées, Roger Kamba a rendu hommage au personnel de santé. Il a rappelé le lourd tribut payé par les soignants depuis le début de cette 17ᵉ épidémie.

« Le virus challenge les prestataires des soins. Depuis le début, ils ont payé un lourd tribut », a déclaré le ministre, avant d’inviter l’assistance à applaudir les équipes engagées dans la riposte.

Ensuite, il s’est adressé directement aux professionnels de première ligne. Il a insisté sur l’importance de la vaccination, même pour ceux qui respectent déjà les protocoles de protection.

« Même avec toutes les précautions, une erreur peut toujours arriver. On voit malheureusement certaines personnes être contaminées alors qu’elles étaient bien protégées. J’exhorte tous les prestataires des soins à prendre ce vaccin », a-t-il lancé.

Trois zones de santé ciblées dans la Tshopo

Dans un premier temps, la campagne cible trois zones de santé de la Tshopo. Le ministère les considère comme prioritaires dans sa stratégie de riposte.

Par ailleurs, Roger Kamba a souligné les premiers résultats observés chez les personnes ayant reçu un traitement après un contact avec des malades.

« Les personnes qui ont reçu le traitement après des contacts avec les malades n’ont pas développé la maladie ici, dans la Tshopo », a-t-il affirmé.

Selon lui, les équipes doivent maintenir une forte mobilisation sur le terrain afin de freiner la propagation du virus.

Plus de 50 000 doses d’Everbo pour renforcer la riposte

Pour cette nouvelle phase de la lutte contre Ebola, la République démocratique du Congo mise sur le vaccin Everbo.

Roger Kamba a annoncé la réception de 50 000 doses destinées à alimenter la campagne. Ensuite, le ministère prévoit d’étendre progressivement la vaccination à d’autres provinces voisines de l’Ituri, selon le calendrier établi.

Cette offensive vaccinale intervient alors que la 17ᵉ épidémie d’Ebola a déjà touché plus de 5 000 personnes en seulement 100 jours. Elle figure désormais parmi les flambées les plus rapides jamais enregistrées dans le pays.

Désormais, les autorités veulent renforcer la protection des personnels de première ligne. Elles espèrent aussi contenir plus efficacement la progression du virus dans les zones les plus exposées.

Ebola : plus de 5 200 cas en 100 jours, l’OMS lance un appel urgent face à l’épidémie la plus rapide de l’histoire du pays

Kinshasa. Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola, la République démocratique du Congo fait face à une crise sanitaire d’une ampleur inédite. Avec plus de 5 200 cas recensés, cette flambée due à la souche Bundibugyo est désormais la plus rapide jamais enregistrée dans l’histoire du pays, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Si la riposte s’est considérablement renforcée depuis le mois de mai, la transmission du virus continue de dépasser les capacités de contrôle dans plusieurs zones. Pour l’agence onusienne, les prochains mois seront décisifs pour éviter une aggravation de la situation.

Une propagation record qui place l’Ituri au cœur de la crise

Les chiffres traduisent l’ampleur de l’urgence.

Au cours des trois premiers mois, près de 90 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés chaque jour en moyenne, un rythme supérieur à celui observé lors de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 ou encore lors de la flambée de 2018-2020 en RDC.

L’épidémie s’étend désormais dans six provinces, avec une concentration particulièrement forte en Ituri, qui représente à elle seule environ 85 % des cas et 79 % des décès.

Pour le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette situation exige une accélération immédiate des interventions sur le terrain.

« Nous pouvons maîtriser cette épidémie d’Ebola, mais seulement grâce à une intensification des actions dans les communautés touchées, sous la conduite des autorités nationales, provinciales et locales, soutenue par les ressources nécessaires », a-t-il déclaré.

L’organisation assure poursuivre son appui au gouvernement congolais ainsi qu’aux pays voisins afin de limiter les risques de propagation régionale.

Une mortalité toujours élevée malgré les progrès de la riposte

L’un des principaux motifs d’inquiétude reste le nombre élevé de décès enregistrés en dehors des structures de soins.

Selon l’OMS, environ 60 % des décès hebdomadaires recensés au cours des six dernières semaines sont survenus dans les communautés, avant même l’arrivée des patients dans les Centres de traitement Ebola (CTE).

Cette réalité révèle plusieurs difficultés persistantes :

  • des retards dans la détection des malades ;

  • une orientation tardive vers les centres de soins ;

  • un accès encore insuffisant aux traitements spécialisés.

Même au sein des centres de traitement, les admissions interviennent souvent à un stade avancé de la maladie, réduisant les chances de survie des patients.

Pour le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, l’épidémie est arrivée à un tournant.

« Les décisions que nous prenons aujourd’hui détermineront la rapidité avec laquelle nous pourrons maîtriser cette épidémie et sauver des vies. »

Des capacités renforcées, mais une course contre la montre

Malgré ces difficultés, la RDC a considérablement renforcé son dispositif sanitaire depuis le début de la crise.

En seulement cent jours :

  • le réseau de dépistage est passé de 1 à 19 laboratoires, capables d’analyser plus de 3 000 échantillons par jour ;

  • la capacité d’hospitalisation est passée de moins de 10 lits à plus de 1 300 ;

  • plus de 900 établissements de santé ont bénéficié d’un appui en matière de prévention et de contrôle des infections.

Les efforts communautaires ont également progressé.

Les campagnes de sensibilisation ont atteint plus de 2,5 millions de personnes, tandis que le suivi des contacts est passé de 9 % lors de la première semaine de l’épidémie à 84 % au 18 août.

Parallèlement, les recherches scientifiques avancent avec des essais cliniques portant sur des traitements potentiels, l’évaluation de vaccins candidats et le déploiement du premier test moléculaire d’urgence spécifiquement adapté au virus Bundibugyo.

Les défis sécuritaires freinent encore la lutte contre Ebola

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles continuent de compliquer la riposte.

Les autorités sanitaires doivent composer avec :

  • l’insécurité dans certaines zones affectées ;

  • les déplacements massifs de populations ;

  • les attaques contre des établissements de santé ;

  • les difficultés d’accès à plusieurs foyers de transmission ;

  • certaines réticences communautaires face aux équipes de riposte.

Pour répondre à ces défis, l’OMS appelle à renforcer davantage la surveillance épidémiologique, la coordination entre les provinces et la coopération transfrontalière afin de détecter rapidement les éventuels cas importés.

Une mobilisation internationale qui s’intensifie

Depuis le début de l’épidémie, l’OMS a déployé plus de 260 experts en RDC, acheminé plus de 330 tonnes de fournitures médicales et logistiques et consacré 5,6 millions de dollars aux opérations d’urgence.

Les pays voisins poursuivent également leurs préparatifs en harmonisant leurs systèmes de surveillance, en renforçant les contrôles aux frontières et en coordonnant leurs plans de réponse.

Pour l’organisation onusienne, les cent premiers jours ont permis de poser les bases d’une riposte plus robuste. Mais le véritable défi commence maintenant : accélérer la détection des cas, protéger davantage les communautés les plus exposées et interrompre durablement les chaînes de transmission avant que cette épidémie historique ne prenne une ampleur encore plus difficile à maîtriser.

Ebola:l’OMS déploie 70 000 vaccins « hors-label » pour tenter d’endiguer la pire épidémie de l’histoire

L’arme arrive-t-elle trop tard ? Alors que l’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo s’emballe en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé ce jeudi 20 août un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre Ervebo – le vaccin qui avait permis d’éteindre les feux de l’épidémie de 2018-2020 en RDC – sont acheminées d’urgence.

Mais il y a un hic de taille : l’Ervebo n’est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement. Le Bundibugyo, un cousin génétique du virus Zaïre, résiste encore aux certitudes scientifiques. L’opération est donc un pari à la fois humanitaire et scientifique, mené à une vitesse inédite.

20 000 doses pour un essai clinique d’envergure

Les 70 000 flacons ne seront pas utilisés de la même manière. Sur ce lot colossal, 20 000 doses seront dédiées à un essai clinique de phase 3, une première mondiale. L’objectif : tester en conditions réelles si l’Ervebo, conçu contre le Zaïre, offre une protection croisée efficace contre le Bundibugyo.

« Les données en laboratoire et sur l’animal suggèrent une possible protection, mais nous n’avons aucune certitude chez l’humain », a confié une source proche du dossier à l’OMS. Ce test grandeur nature, mené en pleine épidémie, est une course contre la montre pour obtenir des preuves scientifiques tout en sauvant des vies.

50 000 doses pour les « anges gardiens » de la riposte

Les 50 000 doses restantes sont, elles, réservées à ceux qui sont en première ligne de ce front sanitaire : les travailleurs de santé et les personnels d’intervention. Ces héros du quotidien, qui bravent le virus dans des structures souvent démunies, seront vaccinés en priorité, conformément aux recommandations des groupes d’experts de l’OMS.

Une décision cruciale alors que l’épidémie continue de s’étendre comme une traînée de poudre. Selon les derniers chiffres arrêtés au 12 août, 4 665 cas confirmés et 2 184 décès ont déjà été enregistrés. Le virus a désormais gagné du terrain, touchant 54 zones de santé réparties dans six provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo et Bas-Uélé. La barre des 2 500 morts est désormais franchie, selon les dernières remontées de l’OMS.

La RDC, laboratoire grandeur nature contre un tueur invisible

Cette flambée est de loin la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Face à la vitesse de propagation, les autorités congolaises, débordées, peinent à endiguer le mal dans des régions où l’État est fragile et les infrastructures de santé exsangues.

Mais la recherche ne s’arrête pas. L’OMS a confirmé que deux autres vaccins spécifiques au Bundibugyo sont en phase d’essais cliniques :

  • L’un développé par le géant américain Moderna, utilisant la technologie révolutionnaire de l’ARNm.

  • L’autre par l’université d’Oxford, au Royaume-Uni.

Par ailleurs, un troisième candidat, nommé « rVSV Bundibugyo », est qualifié par l’OMS de « plus prometteur » et sera développé par Hilleman Laboratories.

En attendant des traitements ciblés, la RDC mise sur l’Ervebo pour freiner l’hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu’incertain sur le plan scientifique, est un signal fort : face à l’urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau.

Ebola:la RDC innove avec un enseignement à distance « low-tech » pour protéger 18 zones sanitaires

Alors que l’épidémie de fièvre hémorragique continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement a pris une décision historique pour protéger ses enfants. Exit la fermeture pure et simple des écoles : ce sera une rentrée différenciée pour 18 zones de santé classées à « haut risque ». Dès le 1er septembre 2026, l’enseignement à distance entrera en vigueur. Mais pas question de miser sur Internet. Le dispositif reposera sur des cahiers imprimés et les ondes radio.

C’est l’annonce choc faite ce mardi 18 août par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu. À ses côtés se trouvaient ses collègues de la Santé, Roger Kamba, et de la Communication, Patrick Muyaya. L’objectif est double : assurer la continuité des apprentissages tout en limitant les risques de propagation du virus Bundibugyo, particulièrement virulent chez les jeunes.

Des « savoirs essentiels » distribués toutes les quatre semaines

Concrètement, le gouvernement ne mise pas sur des outils technologiques hors de portée. L’enseignement à distance sera « low-tech » et accessible à tous. « Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou internet », a tenu à clarifier la ministre. « C’est un enseignement à distance léger. »

Ainsi, dans les zones concernées, les équipes pédagogiques prépareront des contenus condensés en « savoirs essentiels ». Elles les mettront ensuite à la disposition des élèves toutes les quatre semaines.

Les enseignants distribueront des feuilles et des cahiers d’exercices imprimés. En parallèle, les radios locales et communautaires diffuseront des émissions éducatives. Les enfants pourront ainsi poursuivre leurs apprentissages depuis leur domicile.

Une stratégie pour éviter le passage au « rouge »

Ce dispositif concerne 13 % des sous-divisions éducatives touchées par l’épidémie. Il résulte d’une collaboration étroite entre les ministères de l’Éducation et de la Santé.

L’enjeu reste crucial : éviter qu’une zone classée « orange » ne bascule en zone « rouge ». Un tel passage pourrait paralyser totalement la vie scolaire.

Par ailleurs, le gouvernement lance une vaste campagne de sensibilisation. Elle cible les enseignants, les chefs d’établissement et les communautés. « Une personne malade ne doit pas se rendre à l’école », a martelé Raïssa Malu.

Dans ces zones à risque, les autorités limiteront également les rassemblements importants. Elles coordonneront ces mesures avec les services sanitaires afin de réduire les risques de transmission.

Un pari pour l’avenir face à une épidémie qui s’enracine

Cette mesure intervient dans un contexte sanitaire alarmant. Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu constituent les épicentres d’une épidémie qui a déjà fait des milliers de cas confirmés et des centaines de morts.

De plus, la situation nutritionnelle complique encore la réponse sanitaire. Dans certaines zones, plus de la moitié des enfants souffrent de malnutrition chronique. Leur vulnérabilité face au virus augmente donc, tout comme leur besoin de maintenir un lien avec l’école.

En refusant de fermer les établissements, comme cela avait pu être envisagé, le gouvernement fait le pari de l’adaptation. Grâce à ce système hybride, fondé sur la radio et le papier, la RDC veut maintenir les élèves sur le chemin de l’école tout en freinant la transmission du virus.

Ainsi, dans des territoires déjà durement éprouvés par les conflits et les déplacements, les autorités cherchent un équilibre entre protection sanitaire et continuité éducative. La rentrée du 1er septembre constituera donc un véritable test pour ce dispositif inédit.

Ebola : Kinshasa renforce son dispositif après l’interception d’un bateau suspect

Un vent de panique a soufflé sur Kinshasa ce mercredi 5 août. Les autorités ont intercepté un bateau de transport de passagers à une soixantaine de kilomètres de la capitale. Peu auparavant, un passager qui avait quitté l’embarcation est décédé après avoir présenté des symptômes évocateurs d’Ebola. Cette alerte est survenue alors que l’épidémie qui frappe l’est de la République démocratique du Congo approche des 4 000 cas confirmés.

Dès les premières heures, les autorités sanitaires ont réagi. Elles ont déployé un laboratoire mobile afin de tester tous les passagers encore à bord, ainsi que les membres d’équipage. En parallèle, elles ont instauré un cordon sanitaire autour du bateau.

Le ministre de la Santé, Roger Kamba, s’est toutefois voulu rassurant lors d’une intervention télévisée. « Nous n’avons pas dit que c’était Ebola. Nous avons dit qu’il y a eu un cas suspect pour lequel nous sommes prudents. » À ce stade, les autorités n’ont signalé aucun autre décès parmi les passagers ou les membres d’équipage.

Une alerte venue du nord-ouest, une mobilisation immédiate

L’alerte est partie de la zone de santé de Pimu, dans la province de la Mongala, à plus de 1 200 kilomètres de Kinshasa. Après avoir quitté le bateau, le passager a développé de la fièvre et de la diarrhée. Il s’est ensuite rendu dans un centre de santé, où il est décédé.

Dès la réception du signalement, les autorités ont suivi la trace du bateau. Celui-ci provenait de la Tshopo, l’une des cinq provinces touchées par l’épidémie. Elles l’ont finalement intercepté à l’approche de Kinshasa.

Les équipes sanitaires ont installé un laboratoire mobile à proximité du navire. Elles ont ensuite lancé le dépistage de tous les voyageurs. Par ailleurs, des spécialistes de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), dirigés par le professeur Jean-Jacques Muyembe, ont réalisé les prélèvements et les analyses.

En outre, les autorités ont acheminé d’autres embarcations ainsi que du personnel supplémentaire. Leur objectif consistait à évacuer progressivement les passagers après les tests. Elles ont également renforcé le dispositif de sécurité autour du bateau.

Le gouvernement appelle à la vigilance, pas à la panique

Lors d’une conférence de presse conjointe, Roger Kamba et Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ont répondu aux rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux. Certaines évoquaient plusieurs décès à bord. D’autres situaient, à tort, la zone de santé de Pimu à Kinshasa.

« Il n’y a pas eu d’autres morts sur ce bateau », a insisté Roger Kamba.

De son côté, Patrick Muyaya a rappelé qu’aucun résultat de laboratoire ne permettait encore de confirmer ou d’écarter la piste d’Ebola. Il a également souligné que d’autres maladies pouvaient provoquer des symptômes similaires.

Enfin, le directeur général de l’Institut national de santé publique, Dieudonné Mwamba, a invité les habitants de Kinshasa à garder leur calme. Il a rappelé que la capitale ne figure pas parmi les provinces touchées par l’épidémie.

Une riposte nationale renforcée

Cette alerte est survenue le même jour que la réunion de haut niveau présidée par Félix Tshisekedi à Kinshasa. Le chef de l’État a réuni les principaux acteurs engagés dans la lutte contre Ebola afin de renforcer la riposte nationale.

Autour de la table figuraient notamment le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, Jean Kaseya. Ensemble, ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique, la mobilisation communautaire et la protection du personnel de santé.

Les participants ont également décidé d’accélérer la détection des malades. Ils souhaitent aussi réduire le nombre de décès enregistrés à domicile ou dans les communautés.

Une épidémie toujours plus préoccupante

Pourtant, malgré cette mobilisation, Médecins sans frontières (MSF) a lancé une nouvelle alerte mercredi. L’organisation estime que la situation dans l’est de la RDC reste « plus critique que jamais ». Selon elle, l’épidémie continue de progresser à un rythme alarmant. À ce jour, aucun ralentissement n’apparaît.

D’après les dernières données officielles arrêtées mardi, la RDC comptabilise 3 973 cas confirmés. Le pays enregistre également 1 801 décès et 776 guérisons depuis la déclaration de l’épidémie, le 15 mai.

Cette flambée, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, constitue désormais la plus importante jamais enregistrée dans le pays. En outre, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe encore contre cette souche. Dès lors, chaque nouvelle alerte, même loin de l’épicentre, reste prise très au sérieux par les autorités sanitaires.

Alerte Ebola à Kinshasa : Un bateau sous haute surveillance accoste à Maluku avec 200 passagers à bord

Ils ont quitté Kisangani, insouciants, portés par les eaux majestueuses du fleuve Congo. Deux cents passagers, des marchands, des familles, des voyageurs en quête d’un avenir meilleur dans la capitale. Mais le voyage, qui devait n’être qu’une traversée ordinaire sur l’artère fluviale du pays, s’est mué en une course contre la mort.

Car à bord, la mort a embarqué. Silencieuse, invisible, insidieuse. Un passager a succombé à la maladie à virus Ebola entre le 19 et le 21 juillet, alors que le bateau remontait lentement les méandres du fleuve. Depuis, l’engin est devenu un objet de traçage, une bombe à retardement flottante que les autorités sanitaires tentent de désamorcer.

Ce mercredi 5 août, avant-midi, le navire a accosté au port de Maluku, à Kinshasa. Mais il n’était pas seul. La force navale l’escortait, silencieuse et menaçante. À terre, un dispositif de crise se déployait. L’alerte était donnée.

Débarquement sous haute tension : police, tentes et agents de l’OMS

Sur les quais de Maluku, l’atmosphère est à la fois calme et électrique. Une présence policière imposante encadre les opérations, assurant la sécurité et prévenant tout risque de fuite. Des tentes, semblables à des champignons blancs surgis du sol, ont été érigées en urgence pour accueillir les passagers. Lieux d’isolement, de triage, de contrôle : chaque voyageur sera examiné, interrogé, tracé.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est sur le pont. L’agence onusienne, aux côtés du ministère congolais de la Santé, a renforcé les capacités de préparation à ce point d’entrée stratégique. Objectif : être prêt à une éventuelle riposte face au virus Bundibugyo, une souche d’Ebola moins connue mais tout aussi redoutable.

La scène est digne d’un film catastrophe. Mais ici, point de fiction. Chaque minute compte. Chaque contact potentiel doit être identifié. Car dans l’est du pays, la Tshopo, province de départ, totalise déjà sept cas confirmés et cinq décès. Et le fleuve, cette veine bleue qui irrigue le pays, pourrait bien devenir le vecteur d’une propagation incontrôlée.

Le mystère du bateau : un traçage complexe

Le rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), couvrant la situation au 3 août, est lacunaire. Il ne précise ni le nom du bateau, ni son itinéraire exact, ni sa destination finale. Pas plus qu’il n’établit un lien formel avec une éventuelle propagation vers d’autres provinces. Le nombre de passagers ou de contacts potentiellement concernés reste également flou.

Mais une certitude demeure : la traçabilité du décès survenu à bord est devenue une priorité absolue. Les autorités sanitaires cherchent à reconstituer le puzzle des contacts, à remonter le fil de cette contamination qui pourrait avoir eu lieu avant même l’embarquement.

Et les défis s’accumulent. Le rapport évoque une « résistance persistante des contacts à haut risque » dans la province de la Tshopo, refusant de se soumettre aux mesures d’isolement. S’y ajoute une pré-rupture des équipements de protection individuelle et des intrants de laboratoire, fragilisant encore une riposte déjà sous tension.

La menace fluviale : un risque majeur pour la capitale

Dans leur analyse des principaux défis, les autorités sanitaires ont identifié un facteur de propagation particulièrement inquiétant : la forte mobilité des populations et le risque de diffusion fluviale. Le fleuve Congo, artère vitale du pays, est aussi une autoroute potentielle pour le virus. De Kisangani à Kinshasa, en passant par les nombreux ports et villages qui jalonnent ses rives, les possibilités de contamination sont innombrables.

C’est pour cette raison que le renforcement des points d’entrée et de la coordination est devenu une priorité. Chaque bateau, chaque passager, chaque marchandise peut être porteur du virus. Et Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, ne peut pas se permettre une flambée épidémique.

La présence de l’OMS à Maluku n’est pas un hasard. C’est le signe d’une vigilance accrue, d’une prise de conscience que la lutte contre Ebola ne se gagne pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi sur les berges, aux portes des villes.

 Le fleuve, trait d’union ou vecteur de mort ?

Les 200 passagers du bateau, désormais sous surveillance, sont les témoins d’un drame qui aurait pu être bien plus grand. Leur débarquement à Maluku, sous escorte et contrôle, marque un tournant dans la riposte contre Ebola en RDC. Pour la première fois, le risque de diffusion fluviale se matérialise aux portes de la capitale.

Mais cette arrivée est aussi un révélateur. Celui des fragilités d’un système de santé qui, malgré les leçons des épidémies passées, reste en état d’alerte permanent. Les équipements de protection qui s’épuisent, les contacts qui résistent, les informations qui manquent – autant de failles que le virus pourrait exploiter.

Le virus Bundibugyo, moins médiatisé que son cousin Zaïre, est pourtant tout aussi mortel. Et le fleuve Congo, qui a vu naître tant de civilisations, pourrait bien devenir le théâtre d’une nouvelle tragédie si la vigilance venait à faiblir. Alors que les passagers sont pris en charge, que les contacts sont tracés, une question demeure : combien d’autres bateaux, combien d’autres voyageurs portent en eux cette menace invisible ?

Car en RDC, la lutte contre Ebola ne se joue pas seulement dans les laboratoires ou les centres de traitement. Elle se joue sur les routes, sur les rivières, dans les marchés et les villages. Et chaque passager, chaque contact, chaque déplacement peut être le maillon qui fera basculer une épidémie naissante en catastrophe nationale.

Butembo : Quatre nouveaux survivants d’Ebola témoignent – « La maladie existe, nous en sommes la preuve vivante »

Ce dimanche 2 août 2026, au Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Katwa, une scène rare et bouleversante s’est jouée sous le regard ému du personnel médical. Quatre patients, dont deux membres du personnel soignant, ont franchi la porte de la survie. Ils sortent guéris, mais marqués à jamais par l’étreinte du virus qui a failli les emporter.

Pour les deux soignants contaminés sur leur lieu de travail, cette délivrance a un goût amer. Ils avaient contracté la maladie en soignant des malades, victimes de leur dévouement dans des structures sanitaires où le danger guette chaque geste, chaque contact. Mais ce matin-là, ce n’est pas l’ombre de la mort qui planait sur le centre, c’est celle de l’espoir.

L’air vibrait d’une émotion palpable lorsque les survivants, encore frêles mais debout, ont adressé un message à la communauté : un cri du cœur mêlé d’avertissement et de gratitude.

« Nous en sommes le témoignage vivant » : le plaidoyer des rescapés

Le docteur Raymond Kamwanga, médecin à l’hôpital de Katwa, a d’abord salué le courage des équipes qui ont œuvré sans relâche pour arracher ces vies à la mort. Il a saisi cette occasion pour lancer un appel solennel à ses pairs : le respect rigoureux des mesures barrières reste la seule digue face à la contamination des soignants.

Mais ce sont les mots des guéris eux-mêmes qui ont ébranlé l’assistance. L’un d’eux, la voix encore nouée par l’émotion, a pris la parole :

« Nous remercions tous ceux qui ont contribué à notre guérison. Nous étions malades d’Ebola et avons été contaminés pendant nos prestations. Nous remercions le personnel soignant ainsi que l’ONG Medair pour les services rendus au CTE. À tous ceux qui pensent que la maladie n’existe pas, nous leur demandons d’y croire, car nous en sommes un témoignage vivant. »

Et d’ajouter, à l’adresse de ses collègues soignants :

« À nos collègues prestataires de soins, nous rappelons l’importance de respecter les mesures barrières lors de la prise en charge des malades. Nous devons tout mettre en œuvre pour combattre cette maladie. Ici, au CTE, il n’y a rien à craindre. C’est une structure comme tant d’autres. Si vous vous sentez malade, il faut aller directement à l’hôpital avant l’apparition des hémorragies. Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de guérison sont élevées. »

Un message de vie, porté par ceux qui ont dansé avec la mort et qui en sont revenus.

Des guérisons qui s’ajoutent à l’espoir

Ces quatre nouvelles rémissions viennent gonfler les rangs déjà fournis des survivants du CTE de Katwa. La veille, deux enfants avaient déjà quitté ce centre spécialisé, portant à six le nombre de guérisons en deux jours. Ces victoires, aussi modestes soient-elles, portent la signature de l’ONG Medair et de ses partenaires, dont l’engagement aux côtés du ministère de la Santé transforme chaque jour l’impossible en possible.

Pourtant, dans les couloirs du centre, les équipes soignantes ne baissent pas la garde. Les autorités sanitaires martèlent un message de prévention qu’elles savent être une question de survie : fièvre, vomissements, diarrhée – dès l’apparition de ces symptômes, la consultation immédiate s’impose. Car chaque heure perdue, chaque hésitation alimentée par la peur ou les rumeurs, peut basculer un destin.

L’épicentre résiste : Butembo, chiffres et défis

Butembo, poumon économique du Nord-Kivu, demeure le cœur battant de cette 17e épidémie. La ville totalise à elle seule 220 cas confirmés sur les 325 enregistrés dans la province au 27 juillet. Des chiffres qui donnent le vertige : en seulement deux mois et demi, cette flambée a déjà touché 3 360 personnes, selon le bilan officiel.

Pourtant, une lueur d’espoir subsiste dans cette hécatombe. 760 personnes guéries ont quitté les centres de traitement depuis le mois de mai. Mais le tribut est lourd : 1 621 décès sur un total de 3 674 malades, un rapport qui rappelle la cruauté d’un virus qui n’a que faire des frontières.

Aucune nouvelle zone de santé du Nord-Kivu n’a enregistré de cas entre le 30 et le 31 juillet, une accalmie relative qui ne doit pas masquer la vigilance de rigueur. Les équipes de sensibilisation poursuivent leur travail de fourmi, affrontant les rumeurs, les résistances communautaires et la défiance envers les centres de traitement.

 La survie au prix de la vigilance

Au CTE de Katwa, ce dimanche, la fête était discrète mais sincère. Les quatre guéris, silhouettes encore amaigries, ont quitté le centre avec un carnet de route : témoigner, convaincre, sauver.

Leur histoire, tragique et magnifique, porte un enseignement universel : la guérison d’Ebola est possible, mais elle exige une course contre la montre. Chaque patient qui franchit les portes du centre à un stade précoce augmente ses chances de revoir les siens. Chaque soignant qui respecte les gestes barrières se protège et protège sa communauté.

Mais au-delà de la science et des protocoles, c’est la confiance qui demeure le carburant de la riposte. Confiance envers les structures de santé, confiance envers les messages de prévention, confiance envers ces soignants qui, comme ceux de Katwa, continuent de se battre, parfois au péril de leur propre vie. Car en Ituri comme au Nord-Kivu, la victoire contre Ebola ne se gagnera pas seulement dans les laboratoires et les centres de traitement. Elle se gagnera dans le cœur des communautés, là où la peur cède enfin la place à l’espoir.

Ituri : Colère des « Anges Gardiens » de Mongbwalu – Salaires impayés et primes réduites, la riposte Ebola au bord de l’implosion

Ils affrontent chaque jour la fièvre hémorragique, manipulent des fluides contaminés, veillent au chevet de mourants qu’ils tentent de ramener à la vie. Mais ce lundi 3 août 2026, à Mongbwalu, ce n’est pas le spectre d’Ebola qui a embrasé la cité minière du territoire de Djugu. Ce sont les pneus calcinés par ceux-là mêmes qui, depuis des mois, incarnent la dernière ligne de défense contre l’épidémie.

Dès les premières lueurs de l’aube, l’Hôpital général de référence de Mongbwalu a basculé dans une atmosphère insurrectionnelle. Infirmiers en blouses usées, agents d’entretien, hygiénistes et techniciens de laboratoire – tous les maillons de la chaîne de riposte – ont érigé des barricades devant l’entrée principale. Leur mot d’ordre ? Un cri de détresse sociale mêlé à une légitime colère : trois mois de salaires – mai, juin, juillet – dorment encore dans les caisses vides de l’administration.

« 24 heures pour payer, sinon la grève sèche »

Dans un ballet chaotique, les manifestants ont enflammé des pneus usagés, dont la fumée noire s’est élevée comme un signal d’alarme au-dessus du centre commercial de Mongbwalu. Des calicots, brandis tels des étendards de la révolte, portaient un ultimatum sans équivoque :

« Nous exigeons le paiement de nos salaires des mois de mai, juin et juillet. Nous accordons 24 heures aux autorités compétentes pour régulariser la situation, faute de quoi nous déclencherons une grève sèche. »

La tension était à son comble lorsque les forces de l’ordre sont intervenues. Face à une foule déterminée, la Police nationale congolaise (PNC) a dégainé ses moyens de dispersion : gaz lacrymogènes à profusion et tirs de sommation pour dissuader tout débordement. Le centre-ville a retenu son souffle, le temps que les artères commerçantes se vident, paralysées par ce face-à-face entre ceux qui soignent et ceux qui maintiennent l’ordre.

Double peine : les primes de risque amputées de moitié

Mais les arriérés de salaire ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La veille, dimanche 2 août, une autre déflagration avait secoué le monde médical de la région. Réunis au sein du Centre de traitement Ebola (CTE) du CME, les personnels des sites d’Elikya, de Rwampara et de Lita avaient dénoncé une mesure jugée « inacceptable » : la réduction de leur prime journalière de risque, brutalement divisée par deux, passant de 25 à 12 dollars américains.

Pour ces hommes et ces femmes qui côtoient quotidiennement la charge virale, cette décision relève de l’outrage. Dans un mémorandum adressé au Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ils ont rappelé, preuves à l’appui, leur engagement total : soins palliatifs, injections de traitements expérimentaux, analyses de laboratoire en conditions extrêmes, et jusqu’à l’accompagnement funéraire des défunts. Un travail de l’ombre, indispensable, dont la rémunération se trouve désormais inférieure à celle accordée à d’autres maillons de la riposte pourtant moins exposés.

Un élu local tente d’éteindre l’incendie social

Alors que les responsables de la coordination Ebola observaient un silence assourdissant, une voix s’est élevée pour tenter de conjurer le pire. Jean-Pierre Bikilisende, député provincial élu de Mongbwalu, a appelé à une désescalade immédiate.

« Je demande à la coordination de la riposte d’être en communication avec les agents commis à la riposte, parce que ces gens font un grand travail pour la communauté. S’il y a du retard par rapport à leurs droits, ils doivent en être informés », a-t-il lancé, conscient que l’heure n’est plus aux atermoiements.

L’élu a plaidé pour une régularisation rapide des arriérés, soulignant que ces professionnels évoluent dans un environnement déjà miné par l’insécurité chronique de l’Ituri. Selon lui, laisser pourrir ce conflit social, c’est prendre le risque de voir s’effondrer tout le dispositif de lutte contre la 17e épidémie – dont Mongbwalu reste l’épicentre historique.

Le talon d’Achille de la riposte

Au moment où ces lignes sont écrites, le silence des autorités sanitaires demeure assourdissant. Aucune déclaration officielle n’est encore venue apaiser les esprits ou annoncer un déblocage des fonds. Dans les couloirs du CTE, l’angoisse côtoie la colère : que deviendront les patients si la grève sèche est déclenchée ? Que pèsera un malade d’Ebola face à un soignant qui n’a plus de quoi nourrir sa famille ?

Cette crise sociale, bien plus qu’un simple conflit salarial, révèle les fragilités structurelles d’un système de santé congolais en zone de conflit. Un système où l’on demande à des héros de suer sang et eau contre un tueur invisible, tout en les privant du minimum vital qui reconnaît leur sacrifice. Les pneus brûlés de Mongbwalu ne sont pas seulement un symbole de révolte : ils sont le miroir ardent d’une nation qui, pour vaincre Ebola, devra d’abord apprendre à honorer ceux qui se tiennent en première ligne. Car en Ituri, le véritable ennemi n’est peut-être pas le virus, mais l’ingratitude d’un État qui, faute de moyens, abandonne ses anges gardiens à leur propre désespoir.

Félix Tshisekedi inaugure l’hôpital Maman Denise Nyakeru et réaffirme le rôle du Service national à Kaniama-Kasese

Kaniama-Kasese, 31 juillet 2026. En marge de sa visite de travail dans le Haut-Lomami, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a inauguré le Centre hospitalier « Maman Denise Nyakeru », une nouvelle infrastructure sanitaire destinée à améliorer l’accès aux soins dans cette partie du pays. Le chef de l’État a également profité de son séjour pour réaffirmer le rôle du Service national dans la formation et la réinsertion de la jeunesse congolaise.

Un hôpital moderne au service des populations

Entièrement réhabilité et équipé, le Centre hospitalier « Maman Denise Nyakeru » offre désormais une prise en charge médicale spécialisée aux habitants de Kaniama-Kasese et des zones environnantes.

L’établissement comprend des services de consultation, d’urgences, de réanimation, de chirurgie, de gynécologie-obstétrique, de médecine interne, de pédiatrie ainsi qu’un laboratoire. Son plateau technique est renforcé par des équipements modernes, notamment un appareil d’échographie, une radiographie et un scanner. L’hôpital dispose également de six salles d’hospitalisation totalisant 60 lits.

Selon le commandant du Service national, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, cette infrastructure porte le nom de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, en hommage à son appui dans le financement de l’ensemble des équipements médicaux.

Le Service national présenté comme une école de patriotisme

Le Président Félix Tshisekedi s’est ensuite rendu au Centre d’encadrement et d’instruction Félix-Antoine Tshisekedi, où il a suivi une présentation des activités du Service national.

Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a expliqué que ce centre, relancé en 2020, accueille aujourd’hui des jeunes venus de plusieurs provinces du pays afin de leur offrir une formation civique, patriotique et professionnelle. Plus de 8 300 jeunes y ont déjà été formés, dont environ 4 000 participent actuellement aux opérations de la Task Force présidentielle chargée de l’assainissement de la ville de Kinshasa.

La nouvelle promotion regroupe des volontaires originaires notamment du Haut-Lomami, du Kasaï Oriental, du Kasaï Central et de l’ancien Bandundu. Elle comprend également d’anciens combattants du phénomène Mobondo ayant choisi de déposer les armes pour intégrer le programme de réinsertion.

S’adressant aux recrues, le Chef de l’État a insisté sur la vocation du Service national.

« Le Service national n’est pas un lieu de punition, mais une école de responsabilité et de patriotisme », a déclaré Félix Tshisekedi, encourageant les jeunes à mettre leurs compétences au service du développement du pays.

Le Président de la République a enfin réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer les capacités d’accueil et de formation du Service national, afin d’élargir l’accès de davantage de jeunes à ce programme qu’il présente comme un levier de réinsertion, de citoyenneté et de développement national.

Ebola à Butembo : en 48 heures, deux structures de santé incendiées, la peur gagne du terrain

À Butembo, la riposte contre Ebola se retrouve une nouvelle fois confrontée à un adversaire aussi difficile à combattre que le virus lui-même : la rumeur. En l’espace de 48 heures, deux structures sanitaires ont été incendiées dans la ville du Nord-Kivu, sur fond d’accusations non étayées visant des soignants et des responsables d’établissements de santé. Alors que l’épidémie progresse rapidement dans la région, ces attaques ravivent le spectre de la défiance qui avait déjà lourdement entravé la lutte contre Ebola lors de la précédente flambée.

Le dernier incident s’est produit dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet au Centre hospitalier Crinovic, situé à Kavikene, dans le quartier Congo ya Sika, en commune de Vulamba.

Selon Jean-Baptiste Musayi, président de la société civile de cette commune, des hommes non identifiés se seraient présentés une première fois aux alentours de 21 heures devant l’établissement. Ils auraient proféré des menaces à l’encontre du responsable du centre, l’accusant de tuer des patients sous couvert de la lutte contre Ebola.

Les individus sont ensuite revenus vers une heure du matin avant de passer à l’acte. Deux salles de la structure ont été incendiées, dont le laboratoire, qui contenait du matériel. Aucun blessé n’a toutefois été enregistré.

Des rumeurs qui alimentent la colère et la violence

Cette attaque est survenue seulement deux jours après l’incendie d’un autre établissement sanitaire de la ville. Dans la nuit du dimanche au lundi 27 juillet, le poste de santé Zawadi, également connu sous le nom de Mapendo, situé dans la cellule Kyaghala, en commune de Bulengera, avait été pris pour cible par des hommes non identifiés.

Selon des leaders communautaires contactés par des médias locaux, le responsable de cette structure, un soignant, était depuis plusieurs jours la cible de rumeurs l’accusant de déclarer volontairement des patients comme atteints d’Ebola, voire de les contaminer, afin de faciliter leur transfert vers le Centre de traitement Ebola (CTE) de Katwa, où il serait employé.

Ces accusations auraient notamment pris de l’ampleur après le décès de plus de 15 patients ayant fréquenté le poste de santé Zawadi avant leur transfert au CTE.

Pour les responsables communautaires, aucune preuve factuelle ne vient cependant étayer ces allégations. Ils évoquent plutôt l’hypothèse d’une contamination survenue au sein de la structure après la prise en charge d’un premier cas d’Ebola, dans des conditions qui n’auraient pas respecté les protocoles de prévention et de contrôle des infections.

Le climat de suspicion n’en reste pas moins préoccupant. Face aux menaces, le responsable du poste de santé avait d’ailleurs suspendu ses activités avant que l’établissement ne soit finalement incendié.

Butembo replonge dans le souvenir douloureux de la précédente épidémie

Ces deux attaques rappellent une réalité bien connue dans cette partie du Nord-Kivu : lors d’une épidémie, la bataille sanitaire se joue aussi sur le terrain de la confiance.

Butembo avait déjà été confrontée à ce phénomène lors de la dixième épidémie d’Ebola, qui s’était déroulée entre août 2018 et juin 2020. À l’époque, les rumeurs et la méfiance envers les équipes de riposte avaient nourri une forte résistance et provoqué plusieurs attaques contre les acteurs sanitaires, compliquant considérablement les efforts pour contenir la maladie.

Cette nouvelle flambée intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Butembo est aujourd’hui l’épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola au Nord-Kivu. Les deux zones de santé de la ville comptabilisent à elles seules 220 cas confirmés sur les 325 recensés dans l’ensemble de la province au 27 juillet.

À l’échelle nationale, l’épidémie a déjà enregistré 3 360 cas en seulement deux mois et demi, témoignant d’une progression particulièrement rapide de la maladie.

Alors que les équipes sanitaires poursuivent leur travail pour contenir la propagation du virus, les autorités et les acteurs communautaires se retrouvent donc face à un double défi : combattre Ebola, mais aussi déconstruire les rumeurs qui fragilisent la confiance envers les structures de santé.

Car à Butembo, une question devient de plus en plus urgente : comment vaincre une épidémie lorsque la peur, la désinformation et la méfiance risquent de devenir, elles aussi, des obstacles à la riposte ?

Ebola en RDC : à Bunia, la FAO renforce la traque des maladies animales avec 17 motos et une jeep

Bunia, 28 juillet 2026. Dans une province où la lutte contre Ebola mobilise toutes les forces disponibles, chaque moyen supplémentaire peut faire la différence. Sur le terrain, là où les distances sont longues et les accès parfois difficiles, la surveillance sanitaire ne peut se contenter de bonnes intentions. Elle a besoin de moyens pour aller au plus près des populations et détecter rapidement les menaces.

C’est dans ce contexte que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a remis, ce mardi à Bunia, 17 motos et une jeep Toyota à la Division provinciale de la pêche et de l’élevage de l’Ituri.

Une dotation présentée comme une avancée importante pour renforcer la surveillance des maladies animales transmissibles à l’homme, notamment les zoonoses, alors que la province reste au cœur de la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

L’Ituri se dote de nouveaux moyens pour traquer les zoonoses

La cérémonie de remise s’est déroulée sous la présidence du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo.

Pour l’autorité provinciale, cette dotation marque une étape particulière dans le renforcement du dispositif sanitaire de la province.

« C’est la première fois que notre province bénéficie d’une dotation de cette envergure », a-t-il déclaré, saluant des moyens de mobilité qui doivent permettre aux équipes déployées dans les différents territoires de mieux surveiller les maladies animales susceptibles d’être transmises à l’être humain.

Au-delà des véhicules, l’objectif est aussi d’accélérer la circulation de l’information.

Sur le terrain, les équipes pourront ainsi améliorer la collecte et la remontée des données épidémiologiques, un élément essentiel pour détecter rapidement l’apparition de nouvelles maladies et permettre une réaction plus efficace des autorités sanitaires.

Cette démarche s’inscrit dans l’approche « One Health », ou « Une seule santé », qui considère que la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement sont étroitement liées.

Dans une province confrontée à une épidémie d’Ebola, cette approche prend une dimension particulière.

17 motos pour rapprocher la surveillance du terrain

Pour les responsables provinciaux, l’arrivée de ces moyens logistiques doit permettre de mieux couvrir les territoires de l’Ituri.

Selon les responsables du projet, chaque territoire bénéficiera de deux motos : l’une destinée au Service national de surveillance épidémiologique et l’autre à l’inspection territoriale de la pêche et de l’élevage.

Sur les 17 motos annoncées, 15 seront remises immédiatement aux équipes concernées.

Les deux dernières devront attendre la construction du laboratoire vétérinaire prévue par la FAO. Une fois cette infrastructure disponible, elles viendront compléter le dispositif.

Le chef de la Division provinciale de la pêche et de l’élevage, l’ingénieur Fiston Kabaseke, a salué l’appui de la FAO et du gouvernement congolais, tout en lançant un message clair aux bénéficiaires.

Ces équipements, a-t-il rappelé, sont des biens de l’État destinés exclusivement au service de la population.

Il a ainsi appelé les agents à en assurer une gestion rigoureuse et responsable, afin que ces moyens puissent remplir leur mission sur le terrain et contribuer durablement à la protection des communautés.

Un appui important, mais des besoins encore loin d’être comblés

Si cette dotation est accueillie favorablement, elle ne règle pas pour autant l’ensemble des difficultés logistiques auxquelles sont confrontées les équipes sanitaires de l’Ituri.

Les responsables provinciaux estiment que les besoins restent considérables, notamment pour les interventions dans les zones difficiles d’accès.

Ils plaident ainsi pour l’acquisition d’un véhicule tout-terrain supplémentaire, qui permettrait de renforcer la mobilité des équipes et d’améliorer leur capacité à intervenir rapidement sur le terrain.

Car dans la lutte contre les maladies transmissibles de l’animal à l’homme, le temps peut être décisif.

À l’heure où l’Ituri est déjà mobilisée face à Ebola, le renforcement de la surveillance animale apparaît donc comme un autre front à ne pas négliger.

Avec ses 17 motos, sa jeep et bientôt son laboratoire vétérinaire, la province veut désormais mieux anticiper les menaces sanitaires avant qu’elles ne franchissent la frontière invisible entre l’animal et l’être humain.

Reste une question : ces nouveaux moyens permettront-ils à l’Ituri de gagner la course contre les prochaines épidémies avant qu’elles ne prennent de l’ampleur ?

Ebola : l’Ouganda tourne la page, la RDC toujours dans la tourmente… quand le cauchemar prendra-t-il fin ?

Kampala, 28 juillet 2026. De l’autre côté de la frontière, le soulagement est enfin là. Après des semaines d’angoisse, l’Ouganda a officiellement déclaré, ce mardi, la fin de son épidémie d’Ebola Bundibugyo. Quarante-deux jours sans nouveau cas ont suffi aux autorités sanitaires pour tourner cette page douloureuse.

Mais à quelques kilomètres de là, le scénario est tout autre.

En République démocratique du Congo, le virus continue de gagner du terrain. Alors que Kampala célèbre la fin de l’épidémie, Kinshasa fait face à une flambée qui a déjà fait 3 262 cas et 1 437 décès en un peu plus de deux mois.

Deux pays voisins. Une même souche du virus. Mais deux réalités radicalement différentes.

Et derrière le soulagement ougandais, une inquiétude demeure : combien de temps encore la RDC devra-t-elle attendre avant de pouvoir, elle aussi, pousser un véritable soupir de soulagement ?

En Ouganda, 42 jours sans nouveau cas mettent fin à l’épidémie

L’annonce est tombée ce mardi comme une éclaircie après plusieurs semaines de tension.

Le ministre ougandais de la Santé, Chris Baryomusi, a officiellement déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola dans son pays.

« Le ministère de la Santé est ravi d’annoncer que l’Ouganda a officiellement déclaré la fin de l’épidémie 2026 de maladie à virus Ebola. Aujourd’hui, l’Ouganda est exempt d’Ebola », a-t-il déclaré, cité par l’agence Chine nouvelle.

Cette déclaration intervient après une période de surveillance de 42 jours sans nouveau cas, à compter de la sortie du dernier patient, le 16 juin dernier.

Au total, l’Ouganda a enregistré 20 cas confirmés au cours de cette flambée. Parmi les personnes infectées, 18 ont guéri, tandis que deux sont décédées.

Le dernier patient atteint d’Ebola, un ressortissant congolais, avait quitté l’hôpital le 22 juin.

Les autorités ougandaises affirment également avoir identifié toutes les chaînes de transmission et suivi les contacts jusqu’au terme de leur période d’observation. Aucune transmission communautaire inexpliquée n’a été détectée.

Les analyses génomiques ont par ailleurs confirmé que le virus appartenait à la souche Bundibugyo.

Pour l’Ouganda, cette maîtrise de la flambée est aussi le résultat d’une expérience accumulée au fil des années. Le pays a déjà affronté plusieurs épidémies d’Ebola depuis 2000 et affirme avoir développé une expertise lui permettant de réagir rapidement face au virus.

Mais cette victoire sanitaire reste fragile.

Kampala ferme le chapitre, mais garde les yeux rivés sur la RDC

Car si l’Ouganda peut officiellement déclarer la fin de son épidémie, ses autorités ne baissent pas pour autant la garde.

La raison est simple : juste de l’autre côté de la frontière, la situation reste extrêmement préoccupante.

L’épidémie qui sévit en RDC est désormais considérée comme la plus grave jamais enregistrée dans le pays en termes de vitesse de propagation. En un peu plus de deux mois, 3 262 cas ont été recensés et 1 437 personnes ont perdu la vie.

La comparaison avec la précédente grande flambée est particulièrement saisissante.

Entre 2018 et 2020, la RDC avait enregistré 3 470 cas et 2 287 décès sur près de trois années.

Aujourd’hui, l’épidémie actuelle approche déjà le nombre de cas enregistré lors de cette précédente crise, mais en un temps nettement plus court.

Face à cette situation, Kampala maintient donc une surveillance renforcée dans les zones frontalières. Des équipes d’intervention rapide restent mobilisées et des dispositifs de dépistage continuent de fonctionner.

Les deux pays ont également renforcé leur coopération sanitaire.

Un protocole d’accord prévoit notamment une réponse transfrontalière conjointe. L’Ouganda indique avoir installé deux laboratoires mobiles ainsi que deux unités de traitement Ebola de 80 lits à Aru et Kasenyi, dans le nord-est de la RDC.

L’objectif est de contribuer à contenir le virus là où il frappe le plus durement.

Car l’expérience ougandaise rappelle une réalité implacable : une épidémie peut être déclarée terminée dans un pays, tout en continuant de menacer ses voisins.

La RDC face à une course contre la montre

La fin de l’épidémie en Ouganda constitue donc une bonne nouvelle, mais elle ne signifie pas que la région est sortie d’affaire.

Bien au contraire.

Tant que le virus continuera de circuler activement en RDC, le risque de nouveaux cas transfrontaliers restera présent.

Pour les autorités congolaises et leurs partenaires sanitaires, la bataille se poursuit sur plusieurs fronts : surveillance épidémiologique, recherche des contacts, prise en charge des malades, renforcement des capacités des structures sanitaires et développement de nouveaux outils médicaux contre la souche Bundibugyo.

Pendant ce temps, le bilan continue de s’alourdir.

L’Ouganda peut désormais regarder derrière lui et célébrer une victoire sanitaire durement acquise. La RDC, elle, reste plongée dans une crise qui semble encore loin de son épilogue.

Et alors qu’un pays voisin retrouve progressivement une vie normale, une question finit par s’imposer, aussi simple que vertigineuse :

Après avoir vu l’Ouganda vaincre cette nouvelle flambée, après 3 262 cas et 1 437 vies déjà perdues, quand viendra enfin le jour où la République démocratique du Congo pourra, elle aussi, tourner la page d’Ebola et souffler à nouveau ?

Ebola en RDC : Oxford lance un vaccin expérimental contre le variant Bundibugyo, un nouvel espoir face à l’épidémie

Dans les laboratoires, la course contre le virus Ebola s’accélère. Alors que la République démocratique du Congo affronte une nouvelle flambée liée à la souche Bundibugyo, les scientifiques viennent de franchir une étape majeure.

Un premier volontaire a reçu une dose du vaccin expérimental ChAdOx1 BDBV. Les chercheurs développent ce candidat spécifiquement contre la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Cette première injection marque le début des essais cliniques sur l’être humain. Elle ouvre aussi un nouveau chapitre dans la lutte contre cette maladie.

Mais derrière cette injection se cache une autre histoire. Celle d’une course scientifique menée à une vitesse exceptionnelle.

En seulement huit semaines, les chercheurs ont fait passer ce candidat vaccin du stade de concept aux premiers essais cliniques. Dans le même temps, environ 620.000 doses ont déjà été fabriquées et stockées en prévision d’une éventuelle utilisation future.

Pour les scientifiques, l’enjeu reste désormais majeur. Ils doivent déterminer si cette prouesse pourra déboucher sur un outil capable de protéger les populations exposées au virus.

Huit semaines pour lancer les premiers essais

Le vaccin ChAdOx1 BDBV résulte d’une collaboration internationale. Le Groupe de recherche sur les vaccins d’Oxford, l’Institut des sciences des pandémies de l’Université d’Oxford et le Serum Institute of India participent notamment au programme.

Le candidat utilise une technologie vaccinale proche de celle du vaccin Oxford-AstraZeneca contre la Covid-19. Les chercheurs l’ont toutefois adaptée au virus Ebola de la souche Bundibugyo.

L’essai clinique de phase I, baptisé BD-Ebov, vise d’abord deux objectifs. Les chercheurs veulent évaluer la sécurité du vaccin et mesurer la réponse immunitaire qu’il provoque.

Au total, 50 adultes en bonne santé, âgés de 18 à 55 ans, doivent participer à cette première phase.

L’administration de la première dose constitue donc une étape importante. Elle ne permet toutefois pas encore de conclure à l’efficacité du vaccin.

Les participants devront rester sous surveillance pendant plusieurs mois. Les chercheurs suivront leur état de santé et analyseront les réponses immunitaires générées par le vaccin.

« Vacciner les premiers participants à une étude de phase I est toujours un moment important », a expliqué le Dr Peter Skydmore, responsable de l’étude BD-Ebov au sein du Groupe de recherche sur les vaccins d’Oxford.

La prudence reste donc de mise. Avant toute utilisation à grande échelle, les scientifiques devront démontrer que le vaccin présente un niveau de sécurité suffisant.

Ils devront aussi vérifier qu’il déclenche une réponse immunitaire satisfaisante.

620.000 doses déjà produites : la course contre la montre

Ce programme se distingue aussi par la rapidité de sa production. Le Serum Institute of India affirme avoir fabriqué le candidat ChAdOx1 BDBV en un temps record.

Environ 620.000 doses ont déjà été produites et stockées. Elles pourraient servir à une éventuelle utilisation future.

Parmi ces doses, 4.000 doses expérimentales ont rejoint le programme de l’essai clinique en cours.

Cette production anticipée pourrait jouer un rôle déterminant. Tout dépendra toutefois des résultats des essais. Les chercheurs devront d’abord démontrer que le vaccin reste sûr et suffisamment efficace.

Le Bundibugyo présente en effet une difficulté particulière. Les populations exposées ne disposent encore d’aucun vaccin homologué spécifiquement contre cette souche.

La situation diffère de celle de la souche Zaïre. Un vaccin homologué existe déjà contre cette dernière.

La CEPI, qui finance le programme, soutient un effort de recherche évalué à 8,6 millions de dollars. L’organisation veut ainsi accélérer le développement du vaccin et préparer les prochaines étapes.

L’objectif est simple : éviter d’attendre une nouvelle flambée avant de lancer la production des doses.

La RDC au cœur de l’urgence scientifique

L’urgence scientifique prend une dimension particulière en République démocratique du Congo.

La souche Bundibugyo provoque actuellement une nouvelle épidémie dans le pays. Face à la progression du virus, les scientifiques veulent agir plus rapidement que lors des précédentes flambées.

Le lancement de l’essai BD-Ebov n’apporte toutefois pas de réponse immédiate aux communautés touchées. Les chercheurs devront encore analyser les premiers résultats avant d’envisager une utilisation plus large.

Mais le programme vise déjà à préparer l’avenir.

Sous réserve des autorisations réglementaires nécessaires, d’autres études cliniques pourraient se dérouler avec des partenaires en Ouganda. Le pays a lui aussi déjà connu des épisodes liés à la souche Bundibugyo.

Si les premières étapes donnent des résultats concluants, la CEPI prévoit de travailler avec Oxford et le Serum Institute of India. Les partenaires pourraient alors soutenir des essais de phase avancée.

Ces nouvelles études devront fournir les données nécessaires à une éventuelle autorisation d’utilisation d’urgence ou à une homologation.

L’espoir d’une réponse plus rapide aux prochaines épidémies

Pour Richard Hatchett, directeur général de la CEPI, l’urgence grandit alors que l’épidémie en RDC continue de progresser.

Le développement accéléré du ChAdOx1 BDBV représente donc bien plus qu’une avancée de laboratoire.

Il illustre une nouvelle stratégie face aux épidémies. Les chercheurs veulent développer rapidement un vaccin et produire des doses avant même son éventuelle homologation.

Ils souhaitent aussi préparer les essais dans les régions susceptibles de connaître de nouvelles flambées.

La bataille reste cependant loin d’être gagnée.

Les 50 volontaires de l’essai BD-Ebov deviennent désormais les premiers témoins humains de cette nouvelle étape scientifique. Leurs réactions aideront les chercheurs à déterminer si le candidat peut franchir les prochaines étapes.

Pour la RDC, l’enjeu dépasse donc la seule épidémie actuelle. Il s’agit désormais de savoir si la science peut prendre de vitesse le virus et permettre au monde de mieux se préparer lorsque le Bundibugyo frappera à nouveau.

Ebola en RDC : l’épidémie franchit un nouveau cap et plonge l’Est dans l’inquiétude

La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle course contre la montre. Alors que les équipes sanitaires tentent de contenir la propagation du virus, l’épidémie d’Ebola continue de progresser et le bilan s’alourdit.

Selon les dernières données publiées dimanche par les autorités congolaises, 3 075 cas ont désormais été confirmés dans cinq provinces du pays, dont 1 354 décès.

Une situation qui témoigne de la rapidité avec laquelle la maladie se propage depuis le début de cette nouvelle flambée. Mais les autorités précisent également que la hausse des chiffres s’explique en partie par l’amélioration des capacités de détection et de confirmation des cas.

Dans leur rapport, elles soulignent que les « données disponibles permettent de suivre de façon plus précise l’évolution des cas et des décès », grâce à une « amélioration concrète de la détection et de la confirmation des cas ».

Derrière ces chiffres, la situation reste néanmoins préoccupante. Le principal foyer de l’épidémie se trouve en Ituri, dans le nord-est du pays, une région où la riposte sanitaire doit composer avec de nombreux défis.

L’Ituri, épicentre d’une épidémie qui inquiète

Le virus continue de circuler principalement dans la province de l’Ituri. Frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, cette région concentre près de 90 % des cas, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La situation pourrait encore durer plusieurs mois, alors que les équipes engagées dans la riposte tentent de suivre les chaînes de contamination et de limiter la propagation du virus.

Mais sur le terrain, la lutte contre l’épidémie se heurte à plusieurs obstacles.

Ces derniers jours, des mouvements de grève ont notamment été observés dans plusieurs établissements hospitaliers de la région. Des membres du personnel mobilisés dans la riposte réclament le paiement de leurs salaires.

Ces tensions interviennent alors que les équipes sanitaires sont plus que jamais sollicitées pour détecter les nouveaux cas, assurer la prise en charge des patients et surveiller les personnes ayant été en contact avec des malades.

Dans ce contexte, chaque ralentissement de la riposte représente un défi supplémentaire pour les autorités sanitaires.

Cinq provinces touchées, mais une situation qui évolue

L’épidémie ne se limite désormais plus à l’Ituri. Cinq provinces de la République démocratique du Congo sont concernées par la circulation du virus.

Le Haut-Uélé compte cinq zones de santé touchées, tandis que la Tshopo en enregistre trois.

Au Sud-Kivu, la situation semble toutefois évoluer favorablement. Une seule zone de santé reste concernée : Miti-Murhesa. Celle-ci a déjà atteint 60 jours sans nouveau cas confirmé et demeure placée sous surveillance résiduelle.

Cette évolution constitue un signe encourageant dans la lutte contre la maladie, même si la vigilance reste de mise.

Car dans les autres zones touchées, la progression de l’épidémie continue de mettre à rude épreuve les capacités sanitaires et les équipes engagées sur le terrain.

Un vaccin expérimental fait naître un nouvel espoir

Face à la progression du virus, la communauté scientifique tente elle aussi d’accélérer la riposte.

L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Ebola de la souche Bundibugyo, contre laquelle les outils médicaux disponibles restent limités.

Experts de la santé et organisations internationales se mobilisent donc pour développer rapidement des vaccins et des traitements capables de répondre spécifiquement à cette souche.

Un premier pas vient d’être franchi vendredi. Selon l’Université d’Oxford, un premier volontaire a reçu un vaccin expérimental ciblant spécifiquement la souche Bundibugyo.

Cette étape ouvre une nouvelle perspective dans la lutte contre l’épidémie. Plusieurs autres vaccins expérimentaux visant cette même souche sont également en cours de développement accéléré, avec l’objectif d’entrer prochainement en phase d’essais cliniques.

Parallèlement, deux traitements potentiels sont en préparation.

Alors que le nombre de cas continue d’augmenter en RDC, ces avancées scientifiques sont perçues comme une lueur d’espoir.

Mais pour l’heure, sur le terrain, la bataille reste entière.

Avec 3 075 cas confirmés et 1 354 décès, l’épidémie impose une mobilisation constante des autorités sanitaires et de leurs partenaires. En Ituri, où se concentre l’essentiel des contaminations, la riposte doit avancer malgré les difficultés.

Entre amélioration de la détection, tensions dans les hôpitaux et accélération de la recherche scientifique, la RDC tente de gagner une course contre le temps.

Car derrière chaque nouveau chiffre se trouve une urgence : contenir le virus avant qu’il ne frappe encore davantage de familles et de communautés.

Les médecins suspendent leur grève et reprennent le chemin des hôpitaux

Après plusieurs semaines de tension dans les structures sanitaires publiques, un souffle de répit se dessine dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo. À Kinshasa, le Syndicat Libre des Médecins (SYLIMED) a décidé de suspendre son mouvement de grève pour une durée de deux semaines.

La trêve, annoncée du 23 juillet au 6 août 2026, doit permettre au gouvernement de concrétiser les engagements pris lors des négociations avec le banc syndical. Pendant cette période, les médecins sont appelés à reprendre le travail, alors que la population attend le retour à un fonctionnement normal des services de santé publics.

Mais derrière cette suspension, une question demeure : le gouvernement parviendra-t-il à transformer les promesses en résultats concrets avant la fin de la trêve ?

Le SYLIMED donne deux semaines au gouvernement

La décision est tombée après une réunion du Bureau national du SYLIMED avec les responsables syndicaux et plusieurs représentants provinciaux, organisés en visioconférence.

Au cœur des discussions : l’avenir de la grève déclenchée depuis le mois de juin par les médecins du secteur public pour réclamer de meilleures conditions de travail et l’amélioration de leur situation professionnelle.

Après avoir examiné les avancées enregistrées dans les négociations avec le gouvernement, le syndicat a choisi de faire un geste à son tour.

Le SYLIMED a ainsi annoncé une trêve de deux semaines, du jeudi 23 juillet au jeudi 6 août 2026. L’objectif est de donner au gouvernement le temps nécessaire pour concrétiser les engagements pris.

À travers son communiqué, le syndicat a également appelé l’ensemble de ses membres à reprendre leurs activités dès le 23 juillet afin de répondre aux besoins de la population.

À l’issue de cette période, le SYLIMED promet d’évaluer la situation avant de prendre une position définitive.

Paie complémentaire, alignement de 800 médecins : les avancées saluées

Pour justifier cette suspension temporaire, le syndicat met en avant plusieurs avancées obtenues au cours des négociations.

La première concerne la rémunération. Selon le SYLIMED, la paie complémentaire aurait été intégrée à la paie ordinaire. Certains médecins auraient déjà pu constater cette évolution sur leurs fiches de paie du mois de juillet 2026.

Autre point présenté comme une avancée : l’alignement de 800 médecins au troisième trimestre 2026. Un chiffre supérieur aux 200 médecins initialement annoncés.

Le syndicat a salué l’implication du ministre de la Santé dans le suivi de ce dossier.

La mise en grade et la mécanisation des médecins figurent également parmi les revendications examinées. Sur ces questions, le gouvernement aurait informé les représentants syndicaux de l’état d’avancement des dossiers.

Selon le communiqué, les documents seraient déjà prêts. Le SYLIMED dit désormais compter sur la volonté des autorités pour concrétiser ces engagements.

Une trêve sous surveillance avant le prochain verdict

La reprise du travail ne signifie donc pas la fin définitive du bras de fer entre les médecins et le gouvernement.

Elle ressemble davantage à une période d’observation. Pendant deux semaines, les médecins vont reprendre leurs activités tandis que le syndicat suivra de près la mise en œuvre des engagements annoncés.

Cette décision intervient après plusieurs semaines de grève dans les hôpitaux publics, un mouvement qui avait fortement perturbé le fonctionnement des structures sanitaires et suscité l’inquiétude des patients.

Le 17 juillet 2026, le gouvernement congolais et les syndicats des médecins avaient signé un procès-verbal d’accord ouvrant la voie à la suspension de la grève nationale.

Désormais, le calendrier est fixé. Jusqu’au 6 août, le SYLIMED laisse une nouvelle chance au dialogue.

Mais à l’issue de cette trêve, les actes pèseront davantage que les promesses. Pour les médecins comme pour les patients, l’enjeu est désormais clair : faire en sorte que les engagements pris à la table des négociations se traduisent enfin par des changements visibles dans les hôpitaux publics.

Ebola Bundibugyo : Deux essais cliniques prometteurs en cours en Ituri pour vaincre la souche sans vaccin

Un nouvel espoir naît en Ituri, au cœur de la 17ᵉ épidémie d’Ebola. La souche Bundibugyo continue de provoquer des décès. Pourtant, aucun vaccin ni traitement spécifique homologué ne permet encore de la combattre. Face à cette situation, les équipes de la riposte ont lancé deux essais cliniques à Bunia depuis le 2 juillet. L’INRB, l’OMS et Africa CDC soutiennent cette initiative. Leur objectif est clair : trouver enfin des solutions thérapeutiques contre cette souche du virus.

À Bunia, les équipes de la coordination provinciale de la riposte restent mobilisées. Ce mercredi 22 juillet, le coordonnateur Jean-Pierre Akili Mali suit l’évolution des essais cliniques Partner et Ebopep. Ces deux études poursuivent un même objectif. Elles veulent améliorer la prise en charge de la souche Bundibugyo.

Partner : une molécule pour traiter les malades

Le premier essai, baptisé Partner, cible les personnes déjà infectées. Les chercheurs veulent démontrer l’efficacité d’une molécule antivirale expérimentale. Celle-ci pourrait réduire les complications et limiter les décès liés à Ebola Bundibugyo.

« L’essai clinique Partner veut montrer l’efficacité d’une molécule qui peut traiter efficacement la maladie », explique Jean-Pierre Akili Mali.

Ainsi, cette recherche pourrait offrir une nouvelle option aux médecins. Aujourd’hui, ils disposent essentiellement de soins de support.

Ebopep : protéger les contacts à haut risque

Le second essai, Ebopep, poursuit un autre objectif. Il cible les personnes contacts à haut risque.

Ce protocole prévoit l’administration de médicaments aux personnes exposées à un cas confirmé. L’objectif consiste à empêcher le développement de la maladie.

« Ebopep utilise des médicaments permettant de protéger les personnes qui étaient en contact avec le malade, notamment les contacts à haut risque, afin qu’ils ne développent pas la maladie. De cette manière, nous réduisons l’incidence de la maladie parmi les contacts à haut risque », précise le coordonnateur.

Une méthodologie rigoureuse pour des résultats fiables

Les chercheurs appliquent un protocole scientifique strict pour ces essais. Chaque étude respecte une taille d’échantillon précise. De plus, les équipes sélectionnent les participants selon des critères rigoureux.

Par ailleurs, le recrutement se poursuit conformément au calendrier prévu. Cette démarche doit garantir la fiabilité des résultats.

« Les deux études respectent une méthodologie scientifique rigoureuse. Il faut poursuivre le recrutement des participants comme prévu afin d’obtenir des résultats fiables, permettant la validation de ces médicaments et leur utilisation éventuelle lors de prochaines épidémies », souligne Jean-Pierre Akili Mali.

Pourquoi ces essais sont-ils cruciaux ?

La souche Ebola Zaïre bénéficie déjà de vaccins et de traitements validés. En revanche, la souche Bundibugyo ne dispose toujours d’aucun vaccin ni traitement homologué.

C’est pourquoi les autorités sanitaires congolaises, l’INRB, l’OMS et Africa CDC ont lancé ces essais cliniques. Les chercheurs espèrent enrichir l’arsenal thérapeutique contre Ebola. Ils veulent également améliorer les stratégies de prévention lors des prochaines épidémies.

Une lueur d’espoir pour l’Ituri et le monde

L’épidémie continue de progresser. Toutefois, ces essais représentent une véritable source d’espoir. Ils pourraient offrir de nouvelles solutions aux populations de l’Ituri et aux autres régions confrontées à cette souche.

Le recrutement des volontaires continue. Parallèlement, les équipes poursuivent leurs recherches. Enfin, chaque nouveau participant rapproche un peu plus les chercheurs de leur objectif. À Bunia, la science progresse chaque jour avec l’ambition de vaincre un jour la souche Bundibugyo.

Ebola en Ituri : colère des équipes de riposte à Bunia, les agents réclament le paiement de leurs primes de risque

La tension ne faiblit pas au sein des équipes engagées dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Ce mercredi, Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, a été le théâtre d’une nouvelle manifestation des agents de la riposte, venus dénoncer le non-paiement de leurs primes de risque après plusieurs semaines d’attente.

Malgré la présence des forces de l’ordre, les protestataires ont maintenu leur mobilisation, estimant que leurs revendications restent sans réponse alors qu’ils figurent parmi les premiers exposés à l’épidémie.

Les agents de la riposte dénoncent des semaines d’impayés

Munis de sifflets, de banderoles et scandant des slogans, des hygiénistes, agents de surveillance, sensibilisateurs et plusieurs autres intervenants de la riposte se sont rassemblés devant le Centre de traitement Ebola (CTE) de Bunia avant d’entamer leur mouvement de protestation.

Les manifestants affirment travailler depuis plusieurs semaines sans percevoir leurs primes de risque, alors qu’ils interviennent quotidiennement dans la prise en charge des patients, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés et les enterrements dignes et sécurisés.

« Nous risquons nos vies chaque jour pour sauver la population, mais nous sommes abandonnés. Nous travaillons sans être payés pendant que nos familles souffrent. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés », ont déclaré plusieurs manifestants.

Pour ces agents, le retard dans le paiement de leurs rémunérations devient de plus en plus difficile à supporter, tant sur le plan professionnel que familial.

Une mobilisation qui s’inscrit dans une série de protestations

Cette nouvelle manifestation intervient après plusieurs mouvements de grogne enregistrés ces derniers jours au sein de la riposte contre Ebola.

Des prestataires avaient déjà exprimé leur mécontentement à l’Hôpital général de référence de Bunia ainsi qu’à l’Hôpital général de Rwampara, où ils réclamaient également le paiement de leurs primes.

Malgré le dispositif sécuritaire mis en place autour du rassemblement, les agents ont poursuivi leur mouvement, estimant ne plus être en mesure d’assurer pleinement leurs missions dans les conditions actuelles.

Une crise sociale au cœur de la lutte contre Ebola

Cette montée de la contestation intervient alors que l’Ituri demeure l’épicentre de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.

Selon les chiffres officiels du ministère de la Santé, l’épidémie a déjà causé 753 décès confirmés et s’est propagée dans cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.

Les revendications répétées des équipes de terrain suscitent de vives inquiétudes quant à leurs répercussions sur les opérations de riposte. Une poursuite des perturbations pourrait fragiliser la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades ainsi que les autres interventions essentielles mises en œuvre pour contenir la propagation du virus.

En attendant une réaction des autorités sanitaires, les agents mobilisés espèrent que leurs revendications seront rapidement prises en compte afin d’éviter un ralentissement des activités de lutte contre l’une des épidémies les plus préoccupantes que connaît actuellement la RDC.

Ebola en RDC : L’OMS tire la sonnette d’alarme – « Le vrai bilan est deux à quatre fois plus élevé »

C’est un chiffre qui glace le sang et qui a secoué la conférence de presse de l’Organisation mondiale de la santé, ce mardi 14 juillet. Alors que le bilan officiel fait état de 1 926 infections et 702 décès en République démocratique du Congo, l’OMS estime que la réalité du terrain est bien plus sombre. Selon ses projections, le nombre réel de cas serait au moins le double, voire plus de quatre fois supérieur aux données officielles. Une annonce qui transforme une épidémie déjà critique en une catastrophe sanitaire aux contours encore flous.

C’est un cri d’alarme lancé depuis Genève, mais dont l’écho résonne jusqu’aux confins de la forêt congolaise. Ce mardi, Chikwe Ihekweazu, le patron du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, a brisé le silence sur une vérité que beaucoup soupçonnaient : les chiffres officiels ne reflètent qu’une partie de l’iceberg. « D’après nos projections, l’ampleur de l’épidémie représente au moins deux à quatre fois le nombre de cas recensés », a-t-il déclaré, le visage grave.

Une déclaration qui prend tout son sens alors que l’épidémie, décrétée il y a deux mois en Ituri, a désormais essaimé dans quatre autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. Vingt cas ont également été répertoriés en Ouganda voisin, transformant une crise locale en menace régionale.

Une progression fulgurante qui défie la riposte

Face aux journalistes, Chikwe Ihekweazu, tout juste de retour d’une mission dans l’est de la RDC, n’a pas mâché ses mots. « Il s’agit désormais de la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée, et celle qui connaît la progression la plus rapide en un seul mois de toutes les épidémies que nous avons gérées. » Un constat alarmant qui souligne un écart cruel : malgré les efforts, l’épidémie continue de « devancer » les autorités nationales et les partenaires internationaux.

Le responsable onusien a pointé du doigt le symptôme le plus inquiétant de cette défaillance : de nombreux nouveaux cas sont en réalité des personnes décédées au sein de leur communauté, sans jamais avoir pu approcher un centre de santé. Un échec de détection précoce qui alimente la propagation silencieuse du virus.

Des progrès encourageants mais insuffisants

Pourtant, tout n’est pas noir dans ce tableau apocalyptique. L’OMS veut croire à une lueur d’espoir. Le taux de suivi des cas contacts a grimpé à près de 80 %, signe que la traque du virus s’organise. 700 lits sont désormais disponibles pour traiter les malades, et le nombre de laboratoires capables de diagnostiquer Ebola est passé de un à quatorze.

Sur le plan thérapeutique, la science avance. Deux traitements sont actuellement testés sur le terrain. Et une annonce majeure se prépare : l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, en partenariat avec l’agence française ANRS MIE et l’ONG Alima, doit bientôt lancer un essai clinique de prophylaxie post-exposition (PPE) utilisant l’antiviral obeldesivir. Un espoir pour les personnes en contact avec des cas confirmés, qui pourraient bénéficier d’un rempart avant même d’être malades.

La course contre la montre continue

Mais le message de Chikwe Ihekweazu reste sans équivoque : « Nous devons détecter les cas plus tôt. Nous devons renforcer et accélérer la recherche des contacts. Nous devons veiller à ce que les établissements de santé soient accessibles, sûrs et dignes de la confiance des communautés. » Un plaidoyer qui résonne comme un ultimatum.

Alors que l’Ituri concentre encore plus de 90 % des cas, la menace grandit à l’horizon. La RDC, déjà éprouvée par des décennies de conflits et de crises, se retrouve une fois de plus en première ligne. Et cette fois, le virus pourrait bien avoir pris une longueur d’avance. La prochaine bataille se jouera dans les villages reculés, là où les malades meurent sans être comptés, et où la confiance est un médicament aussi rare que les lits d’hôpital.

Grève des médecins en RDC : le SYMECO durcit le ton et rejette les propositions du gouvernement

La crise qui secoue le secteur de la santé en République démocratique du Congo est loin de connaître son épilogue. Malgré plusieurs rencontres entre les représentants syndicaux et le gouvernement, le Syndicat des médecins du Congo (SYMECO) a décidé de maintenir son mouvement de grève dans les structures sanitaires publiques, estimant que les engagements pris par les autorités restent insuffisants pour répondre aux attentes des médecins.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 13 juillet 2026, le syndicat affirme que les négociations engagées ces dernières semaines n’ont pas permis de restaurer la confiance entre les deux parties, laissant planer l’incertitude sur la reprise normale des activités dans les établissements de santé publics.

Le SYMECO dénonce des réponses insuffisantes du gouvernement

Pour les responsables du SYMECO, les réunions organisées le 23 juin au ministère des Finances puis le 7 juillet au ministère de la Santé publique n’ont pas apporté de solutions concrètes aux principales revendications des médecins.

Le syndicat continue notamment de réclamer l’intégration de la totalité de la paie complémentaire dans les rémunérations du troisième trimestre 2026, le paiement des arriérés de salaires, la reprise de l’alignement à la prime de risque professionnel ainsi que la mécanisation et la régularisation administrative des médecins encore en attente.

À l’issue des assemblées générales d’évaluation organisées les 10 et 11 juillet, les membres du SYMECO ont voté la poursuite de la grève, invoquant une crise de confiance persistante avec les autorités.

Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social, le syndicat invite le gouvernement à ouvrir des discussions directes et transparentes avec l’ensemble des quatre syndicats représentant les médecins afin de parvenir à un accord durable.

Le SYMECO appelle également ses membres à rester mobilisés dans le respect des lois de la République et sollicite le soutien de la population dans ce qu’il présente comme une lutte pour de meilleures conditions de travail et une amélioration du système de santé publique.

Le gouvernement assure avoir déjà pris plusieurs engagements

Face à la poursuite de la grève, le gouvernement affirme avoir enregistré des avancées importantes sur plusieurs dossiers prioritaires.

Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 sous la présidence du chef de l’État Félix Tshisekedi, une note présentée au nom du ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, actuellement en mission à Bunia, a dressé un état d’avancement des engagements pris envers les médecins. C’est le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, qui en a assuré la présentation.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, l’exécutif s’est engagé à intégrer la totalité de la paie complémentaire dans l’état liquidatif à partir du troisième trimestre 2026, à procéder à l’alignement de 200 médecins et à faire du secteur de la santé une priorité dans les opérations de mécanisation conduites par la Fonction publique.

Le gouvernement prévoit également d’accélérer le traitement des dossiers administratifs concernant les médecins relevant des régimes particuliers, notamment ceux de la Police nationale congolaise (PNC), des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Il entend aussi poursuivre l’assainissement du fichier de la paie afin de garantir une gestion plus transparente des rémunérations.

Un bras de fer qui se poursuit

Malgré ces annonces, le SYMECO estime que les promesses gouvernementales ne suffisent plus et réclame désormais des actes concrets. Tant que les mesures attendues ne seront pas effectivement mises en œuvre, le mouvement de grève devrait se poursuivre dans plusieurs établissements sanitaires publics du pays.

Ce nouveau bras de fer entre les médecins et le gouvernement intervient dans un contexte où le système de santé congolais fait déjà face à d’importants défis. Une issue rapide aux négociations apparaît donc essentielle pour éviter que cette crise sociale ne se répercute davantage sur la prise en charge des patients à travers le pays.