Kwilu : un patron de régie financière convoqué devant les députés pour “mauvaise gestion flagrante”

Bandundu, 29 avril – Dans l’hémicycle provincial du Kwilu, ce mercredi, l’air sentait la poudre parlementaire. Pas de cris ni de bagarres. Mais un vote. Froid. Sans appel.

Sur les 31 députés que compte l’Assemblée provinciale, 22 ont levé la main pour dire oui. Oui à l’interpellation du directeur général de la Direction générale des recettes du Kwilu, Égide Wawende. L’homme qui tient les cordons de la bourse provinciale va devoir s’expliquer. Devant ses juges politiques.

À l’origine de cette procédure, un élu du territoire de Masimanimba, Yerkis Muzama, n’a pas mâché ses mots. Il invoque la mission sacrée de l’Assemblée : contrôler. Et derrière le mot poli « contrôle » se cache une accusation autrement plus brutale : « mauvaise gestion flagrante ».

Une régie financière au cœur de la tempête.

La Direction générale des recettes du Kwilu n’est pas une administration ordinaire. C’est elle qui capture l’argent de la province – les impôts, les taxes, les redevances. Sans elle, pas de routes, pas de salaires, pas d’écoles. C’est le cœur financier du Kwilu.

Alors quand un député parle de « mauvaise gestion flagrante », les oreilles s’ouvrent. Et quand 22 collègues approuvent son appel, les sourcils se lèvent.

Yerkis Muzama est formel : les griefs sont nombreux. Il refuse encore d’en détailler la liste publique, mais promet de les dérouler « devant l’intéressé ». Sous-entendu : en séance, face au directeur général, les preuves sur la table.

Un précédent qui fait tache d’encre.

Cette interpellation n’est pas un événement isolé. Dans plusieurs provinces congolaises, les élus commencent à sortir de leur rôle de simples voteurs de budgets. Ils veulent contrôler. Et si besoin, sanctionner.

Le Kwilu, en autorisant cette convocation, envoie un signal : plus personne n’est intouchable. Pas même le patron des recettes.

« Ce n’est pas une chasse aux sorcières, c’est une exigence de redevabilité », souffle un député présent, qui a voté pour mais préfère garder l’anonymat.

Que risque Égide Wawende ?

Pour l’instant, une convocation. Mais à l’issue des auditions, plusieurs scénarios sont possibles. L’Assemblée provinciale pourrait :

  • se contenter d’un blâme et de recommandations ;

  • exiger des réformes structurelles au sein de la régie ;

  • ou, dans un cas extrême, recommander la suspension ou le remplacement du directeur général.

Dans tous les cas, son avenir à la tête de la Direction générale des recettes du Kwilu est désormais suspendu à cette épée de Damoclès parlementaire.

Bandundu retient son souffle.

La plénière de ce mercredi restera dans les annales. Non parce qu’elle était bruyante – elle ne l’a pas été – mais parce qu’elle a posé un acte : celui de la reddition des comptes.

Les prochains jours diront si Égide Wawende se présente, s’il apporte des réponses convaincantes, et si les 22 députés resteront unis ou se diviseront devant ses explications.

Une chose est sûre : la politique provinciale congolaise change de ton. Ce n’est plus seulement qui gouverne, mais comment on gère l’argent. Et au Kwilu, ce mercredi, le contrôle parlementaire a gagné une bataille.

 La suite de cette affaire se jouera à huis clos, ou peut-être en séance publique. Dans tous les cas, les contribuables du Kwilu, eux, seront aux aguets.

Nord-Kivu : 80 jeunes détenus dans des conditions « dégradantes » à Rutshuru, 8 morts signalés

Plus de 80 jeunes croupissent dans la prison centrale de Kanyangavi, à Rutshuru, selon un rapport publié mardi 28 avril 2026 par l’ONG « Badilika » (Changer en français) à Beni. L’organisation dénonce des actes de torture, une insalubrité extrême, la privation de nourriture, l’interdiction des visites familiales et l’absence de soins médicaux appropriés. Au moins huit décès en détention ont déjà été recensés. « Badilika » met directement en cause l’administration mise en place par la rébellion AFC-M23, qui contrôle ce territoire du Nord-Kivu depuis plusieurs mois.

Kanyangavi : diarrhées aiguës, infections et soins inexistants

Le rapport dresse un état des lieux sanitaires alarmant. Plusieurs détenus souffrent de diarrhées sévères et d’affections dermatologiques sans accès aux traitements. L’établissement pénitentiaire ne disposerait ni de personnel médical qualifié, ni de médicaments de base. Cette situation viole l’ensemble de règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Nelson Mandela », qui imposent aux autorités détentrices de garantir la santé des prisonniers.

Une administration rebelle pointée du doigt

Badilika vise nommément l’administration territoriale dirigée par Ephrem Izabayo Kabasha. Installé le 16 mars 2026 par l’AFC/M23, ce responsable est accusé d’avoir aggravé l’insécurité et la crise humanitaire.

L’ONG recense des atteintes répétées aux droits fondamentaux : droit à la vie, à l’intégrité physique, à la liberté d’expression et de circulation. Des cas d’enlèvements, d’intimidations et de menaces ciblant jeunes, membres de la société civile et humanitaires sont documentés. Ces derniers seraient régulièrement soupçonnés, sans preuve, de liens avec des groupes armés.

20 arrestations en 40 jours dans le groupement de Bukoma

Le rapport table sur 20 jeunes au moins, interpellés, notamment du 16 mars au 26 avril 2026, dans le groupement de Bukoma. Les autorités locales les accusent d’appartenir à des groupes armés actifs dans le Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour l’ONG, « certains civils n’ont d’autre choix que d’intégrer les rangs de l’AFC-M23 pour échapper aux exactions ». Ils seraient ensuite transférés vers les centres de formation de Runyonyi et Chanzu. Des exécutions sommaires de recrues qualifiées « indisciplinées » y auraient été commises, poursuit-elle.

Pression fiscale et musellement des humanitaires

Dans la foulée, « Badilika » fustige un alourdissement de la fiscalité locale imposée par le même mouvement rebelle. Cette pression, renchérit la structure, aggrave la précarité des ménages déjà éprouvés par le conflit. Les acteurs humanitaires et de la société civile subissent eux aussi des entraves : interrogatoires répétés, menaces et saisie de leur matériel de travail. Ces restrictions compliquent l’acheminement de l’aide et la documentation des abus.

Les exigences de Badilika : soins urgents et observateurs indépendants

L’ONG formule en effet quatre demandes immédiates à l’AFC-M23 :

– Arrêt des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions extrajudiciaires.
– Accès urgent aux soins pour tous les détenus de Kanyangavi.
– Ouverture des lieux de détention aux observateurs indépendants et aux organisations humanitaires.
– Levée des restrictions imposées aux ONG et à la société civile.

« Badilika » exhorte également Kinshasa à intensifier ses actions diplomatiques, politiques et sécuritaires pour restaurer l’autorité de l’État à Rutshuru. Elle demande à la Communauté Internationale de renforcer la surveillance des violations des droits humains dans ce territoire.

Le territoire de Rutshuru est sous contrôle de la rébellion AFC-M23 depuis fin 2022. Plusieurs rapports de l’ONU et d’ONG internationales ont déjà documenté des exactions contre les civils dans cette zone. Le Parc des Virunga, frontalier de l’Ouganda et du Rwanda, reste un épicentre des tensions armées au Nord-Kivu.

18 millions de dollars par qualifié : la FIFA met le paquet pour un Mondial 2026 historique

Vancouver, 28 avril – L’argent, le pouvoir, et le ballon rond. Au cœur du Congrès de la FIFA, ce mardi, la musique a changé. Elle sonne désormais comme un rouleau compresseur de billets verts.

Le Conseil de l’instance mondiale du football, réuni à Vancouver – l’une des villes hôtes du prochain Mondial – a dégainé une annonce qui va faire le tour de la planète sportive. Chacun des 48 pays qualifiés pour la phase finale de la Coupe du Monde 2026 empochera 18 145 833 dollars américains. Soit une augmentation de 15 % par rapport aux éditions précédentes.

Gianni Infantino, président de la FIFA, ne cache pas sa satisfaction : « La FIFA est fière d’afficher la situation financière la plus solide de son histoire. »

Traduction : les caisses débordent. Et l’argent va couler vers les fédérations.

Comment cet argent est-il réparti ?

La manne se décompose en trois parties :

  1. Fonds de préparation : en hausse de 1,5 million à 2,5 millions USD. De quoi affiner les réglages, organiser des matches amicaux, préparer les joueurs dans des conditions dignes de ce nom.

  2. Fonds liés à la qualification : 10 millions USD, contre 9 millions auparavant. Une prime directe pour le simple fait d’être parmi l’élite mondiale.

  3. Autres contributions : plus de 16 millions USD pour couvrir les frais logistiques (transports, hébergements, staffs) et un nombre accru de billets offerts aux délégations.

Au total, l’enveloppe globale destinée aux associations participantes avoisinera les 900 millions de dollars. Le reste des revenus irriguera le développement du football dans les 211 associations membres.

Une Coupe du Monde à 48 : la liste des qualifiés.

Le Mondial 2026, organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, accueillera pour la première fois 48 nations. Voici les heureux élus, zone par zone.

Afrique (10) – La CAF à l’honneur :
RDC, Sénégal, Algérie, Cameroun, Côte d’Ivoire, Égypte, Maroc, Nigeria, Tunisie, Cap-Vert.
À noter : la présence de la RDC, qui retrouve la scène mondiale.

Europe (16) – Le Vieux Continent en force :
France, Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, Portugal, Croatie, Pays-Bas, Suisse, Autriche, Écosse, Bosnie-Herzégovine, Tchéquie, Suède, Turquie, Norvège.

Amérique du Sud (6) – La CONMEBOL classique :
Argentine (championne en titre), Brésil, Uruguay, Colombie, Équateur, Bolivie.

Asie (9) – L’AFC monte en puissance :
Japon, Iran, Ouzbékistan, Irak, Arabie Saoudite, Australie, Qatar, Jordanie, Corée du Sud.

CONCACAF (5) – Hors pays hôtes :
Panama, Costa Rica, Curaçao, Haïti, Honduras.
S’ajoutent les trois co-organisateurs : États-Unis, Canada, Mexique.

Océanie (1) – Le grand saut :
Nouvelle-Zélande.

Deux annonces qui font le buzz.

Mais l’argent ne fait pas tout. Le Conseil de la FIFA a aussi frappé fort sur le plan disciplinaire et humanitaire.

Nouvelle règle disciplinaire : les joueurs qui quittent délibérément le terrain ou se couvrent la bouche pour communiquer (souvent pour masquer des messages à caractère politique ou commercial) seront passibles d’une exclusion temporaire. La FIFA veut reprendre la main sur l’image du jeu.

Solidarité : l’équipe féminine des réfugiées afghanes sera autorisée à participer aux compétitions organisées par la FIFA. Une décision lourde de sens, dans un contexte où les femmes afghanes ont été privées de sport par les autorités talibanes.

Un Mondial sous le signe de l’argent et de l’histoire.

Jamais une Coupe du Monde n’aura été aussi riche. Jamais elle n’aura réuni autant de nations. Et jamais elle n’aura tenté de concilier business, discipline et droits humains de cette manière.

À Vancouver, Gianni Infantino a conclu : « C’est un nouvel exemple illustrant comment les ressources de la FIFA sont réinvesties dans le football. »

Il reste à voir si ce réinvestissement profitera aussi au spectacle sur le terrain. Réponse à l’été 2026, sur les pelouses d’Amérique du Nord.

En attendant, les 48 qualifiés peuvent déjà rêver : 18 millions de dollars les attendent. Et pour certains, peut-être, la gloire éternelle.

RDC : Kinshasa ouvre un sommet pour financer durablement la gratuité de l’école

Cap sur 2030. Le ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC) a ouvert, mardi 28 avril 2026 à Kinshasa, un segment politique de haut niveau. L’objectif est clair : trouver des solutions durables pour financer l’éducation.

Pendant trois jours, autorités, partenaires et experts se réunissent à l’Hôtel Hilton de la Gombe. Ensemble, ils cherchent des réponses concrètes face au déficit de financement.

Une nouvelle stratégie en préparation

Ces assises préparent la stratégie sectorielle intérimaire 2026-2030. Parallèlement, elles évaluent les résultats de la stratégie 2016-2025.

Ainsi, le gouvernement veut consolider les acquis. Il cherche aussi à améliorer l’efficacité des dépenses publiques. L’enjeu reste majeur : mobiliser plus de ressources tout en renforçant leur gestion.

Placée sous le leadership de la Première ministre Judith Suminwa, la rencontre vise un dialogue stratégique. En effet, les participants doivent repenser les mécanismes de financement.

Suminwa insiste sur l’efficacité des dépenses

Dès l’ouverture, Judith Suminwa a fixé le cap. Selon elle, le capital humain constitue une priorité nationale. La gratuité de l’enseignement reste une réforme clé.

Cependant, elle appelle à plus de rigueur. « Chaque franc investi doit produire un impact réel », a-t-elle affirmé.

De plus, elle insiste sur trois points : la soutenabilité financière, la qualité de l’enseignement et l’efficacité des investissements.

Réforme salariale et gestion des enseignants

Les travaux ont débuté avec la restitution des ateliers techniques. Ensuite, les partenaires ont pris la parole.

La représentante de l’UNICEF, Maryam Silla, a invité à passer à l’action. Selon elle, il faut transformer les analyses en décisions politiques.

Dans ce contexte, un point majeur a émergé. Le vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, a annoncé une mesure importante. Environ 4 000 enseignants pourraient partir à la retraite.

Ainsi, le gouvernement espère mieux maîtriser la masse salariale. En même temps, il veut améliorer la gestion des effectifs.

Une vision orientée vers les résultats

La ministre Raïssa Malu a défendu une approche claire. Pour elle, une nation construit son avenir par des choix assumés.

Elle appelle donc à des décisions concrètes. Selon elle, chaque investissement doit produire des résultats visibles.

Autrement dit, les progrès doivent se mesurer dans les écoles, dans les classes et dans les apprentissages.

Optimiser les financements et diversifier les leviers

Le deuxième panel s’est concentré sur l’optimisation des ressources. Les échanges ont impliqué la vice-ministre des Finances, la Banque mondiale et plusieurs acteurs provinciaux.

Les participants ont insisté sur deux priorités. D’une part, mobiliser davantage de ressources internes. D’autre part, améliorer la gouvernance financière.

En parallèle, les partenaires ont plaidé pour une meilleure coordination de l’aide extérieure. L’objectif est d’aligner les financements sur les priorités nationales.

Les discussions ont aussi abordé d’autres secteurs clés. Il s’agit notamment de la formation professionnelle, de la recherche et de l’innovation. Ces domaines restent essentiels pour l’emploi des jeunes.

Vers un nouveau pacte pour l’éducation

Enfin, ce sommet marque une orientation stratégique. Le gouvernement veut considérer l’éducation comme un investissement prioritaire.

Pour y parvenir, il envisage un nouveau pacte national. Celui-ci reposera sur une responsabilité partagée entre l’État, les partenaires et le secteur privé.

La future stratégie 2026-2030 devra être ambitieuse. Elle devra aussi rester réaliste et orientée vers les résultats.

À terme, l’objectif est simple : transformer durablement le système éducatif congolais.

Migrants, orpillages et silences d’État : la RDC sous pression sur tous les fronts

Bunia, 28 avril – Dans l’Ituri déchirée par les armes, une autre guerre, plus sourde, ne cesse de s’écrire : celle de l’or sale.

Ce mardi, devant le gouverneur militaire, le lieutenant-général Luboya Nkashama Johnny, quatorze hommes avancent, encadrés par des soldats. Onze visages asiatiques. Trois visages congolais. Tous les mains liées. Tous accusés d’un même crime : exploiter illicitement les minerais du territoire de Djugu depuis près de deux ans.

Le porte-parole de l’armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, assène les faits sans fioritures : « Ils exploitaient illégalement les minerais depuis 2024. C’est un manque à gagner pour la RDC. »

Mais l’affaire, déjà grave en soi, prend une dimension bien plus sombre à mesure que le gouverneur ouvre la bouche.

Nizi, SOKIMO et l’ombre des groupes armés.

Les sites en question ne sont pas n’importe quelles cavités dans la terre. Ils appartiennent à SOKIMO, la Société minière et industrielle du Kivu, ancienne fierté de l’État congolais. Or, depuis des années, cette zone de Nizi, dans le territoire de Djugu, est une poudrière. Groupes armés, milices communautaires, trafiquants : tout le monde veut sa part du gisement.

Selon le gouverneur Luboya, ces exploitations illégales prospèrent précisément là où l’État vacille. « Ces pratiques prospèrent dans les zones fragilisées par l’insécurité et contribuent à l’instabilité », a-t-il martelé.

Un militaire ivre et une attaque imminente.

Puis vient la révélation qui transforme l’arrestation en scandale d’État. Alors que les services de sécurité pénètrent sur le site, ils tombent sur un militaire congolais en état d’ébriété. Présent sur place. Sans mission officielle. Le gouverneur, furieux, exige des sanctions : « Il devra être identifié et sanctionné avec son commandant. »

Ce n’est pas tout. Dans la foulée de l’interpellation, une délégation officielle a failli être prise pour cible. « La délégation n’était plus en sécurité, car un groupe armé s’était déjà organisé pour attaquer. C’est très grave », a dénoncé le lieutenant-général.

L’enquête, promise, ne s’arrêtera pas à ces quatorze arrestations. Luboya a réclamé des investigations « jusqu’au bout » sur les dossiers de Nizi et d’Aru, une autre zone sensible.

Le cercle vicieux : insécurité nourrit or sale, or sale nourrit insécurité.

Ce mardi 28 avril, devant la presse, le gouverneur militaire a voulu frapper un grand coup. Il a félicité ses services. Mais il a aussi prévenu les habitants : dénoncez, abstenez-vous des activités illégales.

Car le schéma est connu, documenté, tragique : les groupes armés protègent les exploitations illégales, perçoivent des taxes parallèles, achètent des armes, recrutent des enfants. Et l’or, transformé en lingots, quitte la RDC sans un centime pour le trésor public.

Ces onze Chinois et trois Congolais ne sont peut-être que la partie émergée de l’iceberg. Derrière eux, c’est tout un système qu’il faudra démanteler.

La justice congolaise, saisie, va devoir montrer les dents. L’Ituri, elle, attend autre chose que des promesses : elle attend que l’État reprenne ses mines, chasse les milices, et fasse vraiment respecter la loi.

Violences xénophobes en Afrique du Sud : l’ambassade de la RDC ordonne la vigilance maximale à ses ressortissants

L’alerte est lancée. Face à la résurgence des violences xénophobes du mouvement « Dudula », l’ambassade de la RDC à Pretoria appelle les congolais vivant en Afrique du Sud à la plus grande prudence. Dans un communiqué, la représentation diplomatique congolaise vise explicitement le Kwazulu-Natal, le Cap occidental et d’autres provinces.

Cette interpellation fait suite aux agressions attribuées aux groupes Sud-Africains qui pourchassent des migrants africains, accusés d’accepter des salaires dérisoires et de « voler » des emplois. Des ressortissants congolais figurent parmi les victimes de ces exactions récurrentes.

Les consignes de sécurité de l’ambassade aux congolais

L’ambassade de la RDC recommande à ses ressortissants d’éviter tout attroupement ou toute interaction avec les manifestants « Dudula ». Elle préconise de limiter les déplacements non essentiels et d’assurer une veille stricte des communications officielles. Les domiciles et lieux d’activité des congolais doivent renforcer leurs dispositifs de sécurité.

Aux opérateurs économiques, l’ambassade suggère d’évaluer l’ajustement des horaires, voire la suspension temporaire des activités durant les journées à risque. L’objectif est de préserver les personnes et leurs biens. En outre, la représentation diplomatique « affirme collaborer étroitement avec les autorités sud-africaines pour garantir la protection de ses ressortissants ».

Dudula : un mouvement anti-étrangers qui gagne du terrain depuis 2021

Le mouvement « Dudula » (repousser en zoulou), a émergé en 2021 à Soweto. Il cible les migrants africains, principalement zimbabwéens, mozambicains, nigérians, somaliens et congolais. Ses partisans les accusent de faire baisser les salaires et d’alimenter la criminalité.

Selon Human Rights Watch, les attaques « Dudula » ont causé au moins 12 morts entre mars 2022 et avril 2023.

Des vidéos diffusées depuis une semaine montrent des agressions physiques massives dans plusieurs villes. La province du Gauteng redoute une extension des violences en marge de la célébration du « Freedom Day ».

Le taux de chômage en Afrique du Sud atteint 32,9 % au 1er trimestre 2026. Un terreau fertile pour les tensions xénophobes.

Un cycle de violences xénophobes meurtrières depuis 2008

Les attaques actuelles s’inscrivent dans une série noire. En mai 2008, des émeutes xénophobes à Johannesburg, à Durban et au Cap avaient fait 62 morts et 100 000 déplacés. Les victimes étaient majoritairement zimbabwéennes, mozambicaines, nigérianes, congolaises et somaliennes.

De nouvelles flambées ont secoué le pays en 2015, 2019 et 2022. Elles se sont traduites par des pillages de commerces tenus par des étrangers noirs, accusés sans preuve d’appartenir à des réseaux de vol, de prostitution ou de drogue. En septembre 2019, les violences avaient provoqué la mort de 12 personnes et le rapatriement d’urgence de 640 nigérians.

En 2024, l’Afrique du Sud accueillait 2,9 millions de migrants internationaux, dont 85 % originaires d’Afrique. Les Zimbabwéens représentent 1 million de personnes, les Mozambicains 350 000.

Pour calmer les tensions, le Gouvernement sud-africain a condamné ces violences mais peine à les enrayer, selon Amnesty International.

États généraux des Postes & Télécoms, le grand virage numérique de la RDC

Pendant trois jours, la capitale congolaise change de tempo. Plus question seulement de politique ou de sécurité. Ici, au cœur des États généraux du secteur des Postes et Télécommunications, c’est le numérique qui tient la dragée haute. Le thème ne laisse aucun doute : « Postes et télécommunications, vecteurs de la croissance économique et du développement ».

Dans la salle, des experts, des régulateurs, des opérateurs télécoms. Devant eux, une feuille de route stratégique nationale à écrire, à court, moyen et long terme. L’ambition affichée ? Connecter les 145 territoires du pays. Réduire les fractures numériques qui creusent les inégalités entre Kinshasa et le fin fond du Maniema. Et pour cela, réformer la loi, réguler plus profondément.

Le Président pose le cap 2030.

En ouvrant le forum, Félix Tshisekedi a choisi les mots qui décoiffent. « Aucun pays ne peut prétendre à la croissance, à la compétitivité ou à la souveraineté en restant en marge des grands flux numériques, logistiques et informationnels. » Une mise en garde, mais aussi une promesse.

Le chef de l’État a martelé l’objectif : faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030. Pas un slogan, dit-il, mais une cohérence avec les priorités gouvernementales. « Il nous revient d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. »

Désenclaver un pays-continent.

Tshisekedi a ensuite tapé là où ça fait mal : la connectivité territoriale. « Dans un pays‑continent comme le nôtre, relier les territoires, connecter les provinces, désenclaver les zones rurales et rapprocher les citoyens des services essentiels constituent une exigence de cohésion nationale. » Une formule qui résonne comme un programme. Car comment parler de croissance sans routes numériques ? Comment bâtir une souveraineté sans mailler le territoire de fibres, d’antennes, de bureaux de poste rénovés ?

Un sous-texte brûlant : l’affaire MTN Rwanda.

Ces États généraux n’arrivent pas dans un ciel serein. Il y a deux mois à peine, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a instruit une prise en charge technique d’un dossier explosif : l’utilisation illégale des fréquences congolaises par MTN Rwanda. Décision prise après une audience accordée au ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, accompagné du patron de l’ARPTC et des grands opérateurs (Airtel, Orange, Vodacom).

Ce contentieux plane sur les travaux. Il rappelle à tous que le numérique est aussi une bataille de souveraineté. Que les fréquences, comme le cuivre ou le cobalt, ne s’abandonnent pas.

Trois jours pour dessiner la route.

Jusqu’au 29 avril, les experts vont plancher. À la sortie, une feuille de route ambitieuse est attendue. Avec des échéances courtes, moyennes, longues. Avec des indicateurs. Avec, espèrent les opérateurs présents, une régulation plus claire et des investissements massifs.

Kinshasa, pour une fois, ne parle pas de guerre. Elle parle de débit, de latence, de fibre optique, de facteur rural. Une autre bataille, tout aussi décisive pour l’avenir de 100 millions de Congolais.

RDC – USA – Rwanda : Les coulisses d’un double accord historique – Les recommandations secrètes de l’Assemblée nationale enfin dévoilées

Kinshasa, le 27 avril – Alors que la République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans ses relations extérieures, l’Assemblée nationale a donné son feu vert, ce lundi, à deux projets de ratification majeurs. Le premier lie Kinshasa à Washington dans un partenariat stratégique. Le second, plus délicat, scelle un accord de paix avec Kigali, voisin longtemps perçu comme un adversaire.

Mais derrière ce double vote en apparence technique se cache une pression politique forte. Le président de l’Assemblée nationale, empêché, n’a pas pour autant gardé le silence. Par l’intermédiaire du rapporteur Jacques Djoli, ses recommandations ont été lues en séance plénière, fruit de consultations intenses avec les forces vives de la nation.

Avec les États-Unis : un accord économique sous conditions

Le député Aimé Boji, qui a porté la voix des sages, a formulé trois injonctions claires au gouvernement :

1. Améliorer d’urgence le climat des affaires – pour que l’investissement américain ne reste pas une promesse vide.
2. Sensibiliser la population à l’accord – car un texte ignoré du peuple est un texte voué à l’échec.
3. Créer une task force nationale et multisectorielle – chargée du suivi et de l’évaluation, afin d’éviter que ce partenariat ne sombre dans l’oubli administratif.

Ces exigences traduisent une méfiance bienveillante : oui à l’ouverture, mais pas sans gouvernance.

Avec le Rwanda : un dialogue de paix sous tension

L’accord avec le Rwanda est plus sensible. Il touche aux racines des conflits qui ensanglantent l’Est congolais. Là encore, les recommandations sont sans ambiguïté :

· Réviser le CONOPS (concept d’opérations) – avec un calendrier actualisé et des mesures correctives.
· Instaurer une task force interinstitutionnelle – pour assurer un suivi rigoureux.
· Garantir des critères stricts pour l’intégration conditionnelle des ex-combattants dans l’armée nationale.
· Développer des programmes de sensibilisation à destination des populations locales, premières victimes des violences.

Chaque terme est pesé. Chaque mécanisme, conçu pour éviter les dérives passées.

Et maintenant ? Direction le Sénat

Les deux projets de loi adoptés ne s’arrêtent pas là. Conformément à la procédure législative en vigueur, ils vont être transmis au Sénat pour une seconde lecture. Une autre bataille politique s’annonce. Mais une certitude demeure : la RDC, sous pression interne et externe, tente de jouer sur deux tableaux – la coopération économique avec l’Amérique, et la paix fragile avec son voisin rwandais.

Reste à savoir si les task forces et les calendriers suffiront à transformer les promesses en réalités.

 

Coupe du monde 2026 : billet en poche, visa pas sûr – l’ambassade US alerte les supporters congolais

Houston, Texas, 17 juin 2026. Le stade vibre. Des milliers de voix chantent à l’unisson. Les Léopards de la RDC entrent sur la pelouse face au Portugal. Et dans les tribunes, 5 000 supporters congolais rêvent d’être là. Leurs billets sont en poche. Mais ce lundi 27 avril, l’ambassade des États-Unis en RDC a cassé l’ambiance d’une phrase glaciale : « Vous avez votre billet, mais vous devez aussi avoir un visa. »

L’avertissement est tombé comme un couperet. Trop de fans, à travers le monde, ont cru par le passé qu’un simple sésame pour le stade ouvrait automatiquement les portes des États-Unis. Grave erreur. La déception, elle, n’a pas de visa.

« Comme tous les demandeurs de visa, les titulaires de billets sont tenus de passer par un processus de vérification et de démontrer qu’ils remplissent les conditions requises. Commencez vos démarches dès maintenant », insiste l’ambassade.

Un sésame prioritaire, mais pas automatique

Bonne nouvelle, toutefois : la FIFA a pensé à vous. Son système FIFA PASS permet aux détenteurs de billets officiels d’accéder à des rendez-vous prioritaires pour leurs demandes de visa. Une voie rapide, dans un embouteillage mondial.

Mais attention : prioritaire ne signifie pas automatique. Les vérifications seront strictes. Liens familiaux, professionnels, financiers avec la RDC, absence de velléités migratoires, moyens suffisants pour le séjour… Le consul américain examinera chaque dossier à la loupe. Et il dira oui… ou non.

5 000 billets, 5 000 espoirs

Le gouvernement congolais l’a annoncé : près de 5 000 billets ont été réservés aux supporters des Léopards pour ce match historique. Une foule immense. Une responsabilité énorme.

Les modalités d’attribution seront bientôt dévoilées par la FECOFA. Les spéculateurs sont prévenus : la main de l’État veille. Mais au-delà du billet, c’est le visa qui fait peur. Car sans lui, pas d’avion. Pas d’avion, pas de stade. Pas de stade, pas de rêve.

Le compte à rebours est lancé

L’ambassade ne dit pas autre chose : le temps presse. Il faut remplir les formulaires, rassembler les papiers, payer les frais, se présenter à l’entretien, attendre la réponse. Des semaines, parfois. Et les refus, hélas, existent.

Imaginez : votre billet est dans la poche. Votre maillot des Léopards est prêt. Vous avez économisé des mois. Et deux semaines avant le match, la valise encore vide, on vous annonce que le visa est refusé. Le cauchemar.

Un appel à la mobilisation

L’ambassade américaine ne fait pas du zèle. Elle fait son travail : prévenir pour ne pas avoir à guérir. Derrière le message officiel, il y a une supplique : organisez-vous, anticipez, ne partez pas trop tard.

Car l’été 2026 sera brûlant à Houston. Les Léopards auront besoin de leurs supporters – ces 5 000 voix qui feront trembler le stade. Mais pour être dans les gradins, il faudra d’abord convaincre le consul.

Le billet est dans la poche. Le visa, lui, se mérite. L’ambassade a donné l’alerte. À 5 000 supporters congolais de jouer leur propre match, celui des formalités. Première mi-temps : les démarches. Deuxième mi-temps : l’avion. Coup d’envoi immédiat. Ne tardez plus.

Ituri : un enfant de 5 ans meurt dans l’incendie d’une mini-station à Mambasa

Mambasa, lundi 27 avril 2026. Dans le village de Katanga, près de Makumo, la nuit a viré au drame. Une mini-station de carburant a pris feu. Très vite, les flammes ont tout englouti.

Au lever du jour, les habitants ont fait une découverte insoutenable. Un enfant de 5 ans a perdu la vie dans l’incendie. Il dormait dans un kiosque au moment du sinistre. Malgré les tentatives pour le sauver, le feu a été plus rapide.

Preresi Mamboro, président de la Nouvelle société civile congolaise en chefferie de Babila-Babombi, a confirmé l’information.
« Un enfant de 5 ans est mort dans un kiosque d’une mini-station. L’incendie s’est déclaré dans cette zone. Pour l’instant, nous ignorons son origine », a-t-il expliqué.

Une nuit fatale

Très vite, une question s’impose : pourquoi cet enfant dormait-il dans un kiosque de station-service ? Dans ces zones reculées de l’Ituri, les conditions de vie restent précaires. Souvent, les familles manquent d’espace. Les enfants dorment là où ils trouvent refuge.

Cette nuit-là, le danger s’est invité sans prévenir. Le feu s’est propagé brutalement. Les secours sont intervenus, mais trop tard.

Dégâts et appel à la vigilance

En plus du drame humain, l’incendie a causé d’importants dégâts matériels. La mini-station semble détruite. Plusieurs kiosques voisins pourraient aussi avoir été touchés.

Face à cette situation, la société civile tire la sonnette d’alarme. Preresi Mamboro appelle les parents à redoubler de vigilance.
Selon lui, surveiller les enfants peut éviter ce type de tragédie.

Cependant, la réalité reste plus complexe. Dans certaines zones de l’Ituri, la pauvreté et l’insécurité compliquent le quotidien. Les enfants se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes.

Une origine encore inconnue

Pour l’instant, les autorités n’ont pas identifié la cause du feu. Plusieurs hypothèses circulent. Il pourrait s’agir d’une fuite de carburant, d’un court-circuit ou encore d’un geste imprudent.

Une enquête devra faire la lumière sur ce drame.

Une tragédie de plus en Ituri

Ce drame ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Dans cette province, les populations vivent sous pression permanente. Les conflits armés, les déplacements et la pauvreté aggravent les risques au quotidien.

Par ailleurs, les mini-stations artisanales restent dangereuses. Elles fonctionnent souvent sans normes de sécurité. Ainsi, elles exposent directement les habitants, surtout les plus jeunes.

À Katanga, un enfant a perdu la vie dans les flammes. Derrière ce drame, c’est toute une réalité qui refait surface. En Ituri, survivre reste un combat de chaque jour.