Bandundu, 29 avril – Dans l’hémicycle provincial du Kwilu, ce mercredi, l’air sentait la poudre parlementaire. Pas de cris ni de bagarres. Mais un vote. Froid. Sans appel.
Sur les 31 députés que compte l’Assemblée provinciale, 22 ont levé la main pour dire oui. Oui à l’interpellation du directeur général de la Direction générale des recettes du Kwilu, Égide Wawende. L’homme qui tient les cordons de la bourse provinciale va devoir s’expliquer. Devant ses juges politiques.
À l’origine de cette procédure, un élu du territoire de Masimanimba, Yerkis Muzama, n’a pas mâché ses mots. Il invoque la mission sacrée de l’Assemblée : contrôler. Et derrière le mot poli « contrôle » se cache une accusation autrement plus brutale : « mauvaise gestion flagrante ».
Une régie financière au cœur de la tempête.
La Direction générale des recettes du Kwilu n’est pas une administration ordinaire. C’est elle qui capture l’argent de la province – les impôts, les taxes, les redevances. Sans elle, pas de routes, pas de salaires, pas d’écoles. C’est le cœur financier du Kwilu.
Alors quand un député parle de « mauvaise gestion flagrante », les oreilles s’ouvrent. Et quand 22 collègues approuvent son appel, les sourcils se lèvent.
Yerkis Muzama est formel : les griefs sont nombreux. Il refuse encore d’en détailler la liste publique, mais promet de les dérouler « devant l’intéressé ». Sous-entendu : en séance, face au directeur général, les preuves sur la table.
Un précédent qui fait tache d’encre.
Cette interpellation n’est pas un événement isolé. Dans plusieurs provinces congolaises, les élus commencent à sortir de leur rôle de simples voteurs de budgets. Ils veulent contrôler. Et si besoin, sanctionner.
Le Kwilu, en autorisant cette convocation, envoie un signal : plus personne n’est intouchable. Pas même le patron des recettes.
« Ce n’est pas une chasse aux sorcières, c’est une exigence de redevabilité », souffle un député présent, qui a voté pour mais préfère garder l’anonymat.
Que risque Égide Wawende ?
Pour l’instant, une convocation. Mais à l’issue des auditions, plusieurs scénarios sont possibles. L’Assemblée provinciale pourrait :
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se contenter d’un blâme et de recommandations ;
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exiger des réformes structurelles au sein de la régie ;
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ou, dans un cas extrême, recommander la suspension ou le remplacement du directeur général.
Dans tous les cas, son avenir à la tête de la Direction générale des recettes du Kwilu est désormais suspendu à cette épée de Damoclès parlementaire.
Bandundu retient son souffle.
La plénière de ce mercredi restera dans les annales. Non parce qu’elle était bruyante – elle ne l’a pas été – mais parce qu’elle a posé un acte : celui de la reddition des comptes.
Les prochains jours diront si Égide Wawende se présente, s’il apporte des réponses convaincantes, et si les 22 députés resteront unis ou se diviseront devant ses explications.
Une chose est sûre : la politique provinciale congolaise change de ton. Ce n’est plus seulement qui gouverne, mais comment on gère l’argent. Et au Kwilu, ce mercredi, le contrôle parlementaire a gagné une bataille.
La suite de cette affaire se jouera à huis clos, ou peut-être en séance publique. Dans tous les cas, les contribuables du Kwilu, eux, seront aux aguets.










