Léopards vs Three Lions : la RDC peut-elle mordre l’Angleterre et entrer dans la légende ?

Le 28 juin 2026 a changé le destin du football congolais. Pour la première fois de son histoire, la République démocratique du Congo a franchi la phase de groupes d’une Coupe du monde. Une qualification arrachée dans la douleur, mais aussi dans le caractère.

Mais désormais, une autre question s’impose : les Léopards peuvent-ils recréer l’exploit face à l’Angleterre ?

Une qualification historique qui a tout changé

Face à l’Ouzbékistan, la RDC a écrit l’une des pages les plus fortes de son histoire récente. Menés 1-0 à la pause, les Léopards ont complètement renversé la situation pour s’imposer 3-1.

Yoane Wissa, encore lui, a porté l’équipe avec un doublé. Fiston Mayele, entré en jeu, a ajouté sa pierre à l’édifice. Une victoire qui propulse la RDC parmi les meilleurs troisièmes et ouvre les portes des huitièmes de finale.

Ce succès n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une dynamique : une équipe capable de souffrir, de résister… puis de frapper.

Angleterre – RDC : le choc du déséquilibre… ou de l’inattendu ?

Sur le papier, l’histoire semble déjà écrite. L’Angleterre fait partie des favoris du Mondial 2026, avec un effectif riche, expérimenté et habitué aux grands rendez-vous.

La RDC, elle, arrive en outsider total, classée loin derrière et attendue par peu de monde.

Mais c’est précisément là que naît la question centrale : et si ce déséquilibre était une illusion ?

Car les Léopards possèdent un atout rarement évoqué à ce niveau : une familiarité avec le football anglais. Plusieurs cadres évoluent ou ont évolué en Premier League :

  • Chancel Mbemba (Newcastle)
  • Axel Tuanzebe (Manchester United, Aston Villa)
  • Arthur Masuaku et Aaron Wan-Bissaka (West Ham)
  • Noah Sadiki (Sunderland)
  • Edo Kayembe (Watford)
  • Yoane Wissa (Brentford / Newcastle)

Autrement dit, la RDC ne découvre pas l’intensité anglaise. Elle la vit déjà.

Les clés d’un possible nouvel exploit

Pour répéter l’exploit, la RDC devra d’abord rester fidèle à ce qui l’a amenée jusque-là : une discipline collective solide et une capacité à encaisser sans rompre.

Face à l’Angleterre, le scénario sera différent : moins de ballon, plus de souffrance, et très peu d’occasions.

Dans ce contexte, trois éléments deviennent essentiels :

  • une défense parfaitement organisée
  • une gestion intelligente des transitions
  • une efficacité maximale sur chaque opportunité

Car contre un géant, chaque détail devient une occasion historique… ou une erreur fatale.

Croire sans se tromper de réalité

Oui, la RDC est outsider. Oui, l’Angleterre reste favorite. Mais les huitièmes de finale ne sont pas une science exacte.

Les grandes surprises du football naissent souvent dans ce type de match : une équipe disciplinée, un plan clair, et un moment qui change tout.

Les Léopards ne partent pas avec les statistiques. Ils partent avec autre chose : une dynamique, une confiance née de l’exploit, et une absence de complexe.

Alors la vraie question n’est peut-être pas seulement : peuvent-ils recréer l’exploit ?

Mais plutôt : l’Angleterre est-elle prête à affronter une équipe qui n’a plus peur de rien ?

Coupe du Monde 2026 : Le Maroc, premier pays africain qualifié en 8e de finale

Le Maroc est devenu, mardi 30 juin 2026, le premier pays africain à se qualifier pour les 8e de finale de la Coupe du Monde 2026. Les Lions de l’Atlas ont disposé des Pays-Bas à l’issue d’un match très engagé comptant pour les 16e de finale. Menés après l’ouverture du score de Gakpo à la 72e minute, les marocains ont égalisé dans le temps additionnel par Issa Diop à la 90e+1. La décision est intervenue lors de la séance des tirs au but, remportée 3-2 par le Maroc.

Cette victoire confirme la solidité mentale d’une équipe déjà demi-finaliste lors de l’édition 2022 au Qatar, un statut qui pèse désormais dans les grands rendez-vous.

Premier du continent en 8e après l’élimination de l’Afrique du Sud

Avec cette qualification, le Maroc devient le premier pays africain à obtenir son ticket pour l’étape suivante du Mondial 2026. Il devance ainsi l’Afrique du Sud, éliminée en 16e de finale contre le Canada. Le continent tient déjà son étendard pour la suite de la compétition.

7 autres nations africaines attendues, la Côte d’Ivoire ouvre le bal

La performance marocaine s’inscrit dans un contexte inédit pour l’Afrique. Au total, 7 autres sélections africaines entreront bientôt en lice pour leurs matches des 16e de finale. La Côte d’Ivoire poursuivra la série ce même jour à 18 heures contre la Norvège. Jamais le football africain n’avait affiché autant de représentants encore en course à ce stade d’une Coupe du Monde dans les éditions précédentes.

Le Maroc a ouvert la voie et donné le ton. L’objectif est désormais de faire de ce Mondial 2026 celui de la confirmation du football africain sur la scène mondiale.

30 juin 1960 : quand Lumumba flinguait le colonialisme en direct devant le roi Baudouin

Ce 30 juin 1960, le protocole avait tout prévu. La cérémonie devait suivre un déroulement parfaitement maîtrisé. Les autorités avaient programmé des discours convenus, des poignées de main solennelles et des échanges protocolaires.

Patrice Lumumba en décida autrement. Premier ministre du Congo tout juste indépendant, il bouleversa le scénario. Devant le roi Baudouin, les dignitaires belges et les représentants du jeune État, il déchira le voile des convenances. Il rappela la violence de la colonisation. Sa voix grave porta un réquisitoire implacable. La salle applaudit longuement. En revanche, le souverain belge et son entourage restèrent figés.

« Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c’est par la lutte que l’indépendance a été conquise », lança-t-il. Pour lui, personne n’avait offert cette indépendance. Le peuple congolais l’avait conquise au prix de lourds sacrifices. Dès les premiers mots, Lumumba donna le ton. Cette journée marquait la fin d’un monde et le début d’une revanche historique.

« Nous avons souffert, mais tout cela est désormais fini »

Le Premier ministre ménagea rarement son auditoire. Il rappela le long calvaire du peuple congolais sous la domination belge. Il évoqua le travail forcé, les salaires de misère, les insultes, les coups, le tutoiement imposé, les terres spoliées, la justice inégalitaire, les fusillades et les cachots.

« Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. »

Un profond souffle de libération parcourut alors l’assistance.

Lumumba ne se limita pas à dénoncer le passé. Il dessina aussi l’avenir. Il promit une justice sociale, des lois plus justes, la garantie des libertés fondamentales et la fin des discriminations.

« Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté », affirma-t-il. Il rêvait d’un Congo fort, capable de devenir le « centre de l’Afrique tout entière ».

Une souveraineté sans concession

Sur le plan international, Lumumba adopta une ligne claire. Il salua la décision de la Belgique de ne pas empêcher l’indépendance. Cependant, il fixa immédiatement les limites de la coopération.

Le Congo accepterait les partenariats étrangers uniquement lorsqu’ils respecteraient sa souveraineté. Aucun pays ne pourrait lui imposer sa politique. Il souhaitait bâtir une relation fondée sur un traité entre États libres, égaux et indépendants.

À l’intérieur du pays, il appela également à l’unité nationale. Il dénonça les divisions tribales qui affaiblissaient le Congo et nuisaient à son image à l’étranger.

Dans le même temps, il tendit la main à l’opposition. Il demanda aussi le respect des étrangers. Toutefois, il avertit que les autorités expulseraient ceux dont le comportement porterait atteinte aux intérêts du pays.

Son message tenait en une conviction forte : « Un gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays. »

Un discours devenu un symbole de l’indépendance

Lumumba conclut son intervention par un hommage aux combattants de la liberté nationale.

« Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive le Congo indépendant et souverain ! »

La salle lui réserva une longue ovation. Pourtant, son destin bascula quelques mois plus tard. Des adversaires l’assassinèrent avec la complicité présumée de la Belgique et des États-Unis.

Depuis, ce discours dépasse le simple cadre de l’indépendance. Il symbolise la naissance d’une nation. Il nourrit aussi une mémoire où se mêlent fierté, douleur et résistance.

Aujourd’hui encore, alors que la RDC célèbre ses 66 ans d’indépendance, les paroles de Lumumba continuent de résonner. Elles rappellent l’importance de la dignité, de l’unité nationale et d’une souveraineté pleinement assumée. Ce combat reste plus actuel que jamais.

66e anniversaire de la RDC : Tshisekedi annonce 319 millions USD pour la riposte d’Ebola en Ituri

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a annoncé, ce mardi 30 juin 2026, la mobilisation de 319 millions de dollars américains pour faire face à la résurgence de l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo. C’était lors de son discours à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Les premiers moyens nécessaires ont été mobilisés en urgence par le Gouvernement pour appuyer les opérations sur le terrain, limiter la propagation et sauver des vies.

Pour Félix Tshisekedi, la santé demeure une priorité essentielle de l’action publique. Aucune Nation, précise-t-il, ne peut prétendre à une prospérité durable sans un système de santé solide, accessible et résilient. C’est dans cet esprit que le pays a renforcé ses infrastructures sanitaires, les capacités de son personnel et la surveillance épidémiologique, avec l’expertise reconnue de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).

Les efforts engagés par le Gouvernement Congolais interviennent alors que le pays fait face à la résurgence de l’épidémie causée par la souche Bundibugyo.

Ituri en alerte : Rwampara, Mongwalu et Bunia touchées

Cette nouvelle épidémie touche principalement les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia, dans la province de l’Ituri. En ces circonstances douloureuses, le Président Congolais a adressé la compassion de la Nation aux familles qui ont perdu leurs proches, ainsi qu’à toutes les personnes touchées. Fort de l’expérience acquise, le pays dispose aujourd’hui de capacités renforcées pour prévenir, détecter, isoler, prendre en charge et protéger les populations.

Dans la foulée, Félix Tshisekedi a salué le courage des médecins, chercheurs, infirmiers, techniciens de laboratoire, agents de santé communautaires, équipes de surveillance, autorités provinciales, coutumières, partenaires techniques et financiers, ainsi que des communautés locales.

« Ebola n’est ni une rumeur ni une honte. C’est une urgence sanitaire qui exige responsabilité, solidarité et vérité », a-t-il déclaré. En outre, il a demandé de respecter les consignes, observer l’hygiène, signaler tout cas suspect, éviter les pratiques à risque et ne pas céder à la désinformation.

Confiance et action rapide au plus près des populations

« La force de la RDC résidera dans la confiance, la discipline collective, la solidarité nationale et la capacité de l’État à agir rapidement, efficacement et au plus près des populations », a indiqué Félix Tshisekedi.

Avec les 319 millions USD annoncés, la riposte contre Ebola Bundibugyo en Ituri devient une urgence budgétaire et sanitaire de premier plan.

Pour garantir l’efficacité des sommes mobilisées, le Chef de l’État a insisté sur la coordination avec les partenaires techniques et financiers. Il a rappelé que la riposte s’appuie sur une surveillance communautaire active pour détecter tôt tout nouveau cas.

Cette approche, combinée aux capacités renforcées de l’INRB, vise à contenir l’épidémie dans la durée et à éviter toute propagation au-delà des zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia.

Francophonie : quatre candidats, un fauteuil, et des tensions diplomatiques en toile de fond

Ce mardi 30 juin, les salons du ministère français des Affaires étrangères à Paris accueillent une première dans l’histoire de la Francophonie. Pour la première fois depuis la création de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), il y a 56 ans, les ministres des 53 États membres de plein droit auditionnent publiquement les quatre candidats au poste de secrétaire général.

Cette évolution découle de la réforme institutionnelle adoptée en mars 2022. Désormais, chaque candidat doit répondre à un appel à candidatures, déposer un programme six mois avant le sommet électif et présenter sa vision stratégique lors d’une audition publique.

Chaque postulant dispose de 45 minutes. Il consacre 20 minutes à son projet, échange ensuite pendant 20 minutes avec les délégations, puis bénéficie de cinq minutes de transition. L’ordre alphabétique rythme cette journée, présidée par le vice-Premier ministre cambodgien Prak Sokhonn. Son pays accueillera le Sommet de Phnom Penh le 16 novembre prochain. Derrière le protocole, les États membres arbitrent pourtant des enjeux géopolitiques majeurs.

Louise Mushikiwabo défend son bilan

Arrivée en 2019, la Rwandaise Louise Mushikiwabo brigue un troisième mandat. Elle met en avant la modernisation de l’institution, le virage numérique, le soutien à l’entrepreneuriat francophone et une présence renforcée dans les économies émergentes.

Elle défend une Francophonie « réformée mais stable ». Selon elle, l’organisation a traversé les crises sans perdre son identité. Toutefois, son mandat reste marqué par les tensions entre le Rwanda et la RDC. Kinshasa lui reproche régulièrement sa proximité avec Kigali, accusé de soutenir la rébellion du M23 dans l’Est du Congo. Ce contexte pourrait influencer les délibérations.

Juliana Lumumba veut refonder la Francophonie

L’ancienne ministre congolaise Juliana Lumumba incarne une rupture. Elle place sa campagne sous le signe de la « refondation profonde ». Son projet vise une Francophonie plus proche des peuples, des sociétés civiles et des jeunes. Ces derniers représentent aujourd’hui la majorité des 396 millions de francophones.

Elle souhaite également rééquilibrer la gouvernance de l’organisation en faveur de l’Afrique. En effet, le continent concentre désormais le plus grand nombre de locuteurs francophones. Son message trouve donc un écho dans un contexte où l’Afrique revendique davantage de reconnaissance sur les plans démographique, culturel et politique.

Coumba Ba et Dacian Cioloș proposent deux approches différentes

La Mauritanienne Coumba Ba mise sur son expérience diplomatique et sa connaissance des dossiers africains. Elle privilégie le consensus et le dialogue. Son ambition consiste à faire de la Mauritanie un trait d’union entre les différentes sensibilités de l’espace francophone.

De son côté, l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș est le seul candidat non africain. Il apporte un profil européen et technique. Fort de son expérience à la Commission européenne, il défend une Francophonie tournée vers l’innovation économique, les partenariats internationaux et le renforcement du français comme langue d’affaires.

Une élection sous l’ombre des tensions entre la RDC et le Rwanda

La compétition se déroule dans un climat diplomatique particulièrement tendu. La crise sécuritaire dans l’Est de la RDC continue d’alimenter les débats. Plusieurs États accusent le Rwanda de soutenir la rébellion du M23. Cette situation plane sur les auditions.

Plusieurs capitales francophones appellent à un choix capable de préserver l’unité de l’organisation. Elles espèrent également que l’élection contribuera à apaiser les rivalités régionales.

Le 16 novembre, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Phnom Penh désigneront le ou la future secrétaire générale pour le mandat 2027-2030. Cette personnalité devra incarner une Francophonie en pleine mutation. Elle devra aussi concilier héritage diplomatique, modernité et nouvelles ambitions. En attendant, cette journée parisienne fait déjà entrer l’OIF dans une nouvelle ère. Elle marque l’avènement d’une compétition plus transparente et plus ouverte.

Lettre de Denis Mukwege à Félix Tshisekedi : un réquisitoire sans concession contre sa gouvernance

À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, Denis Mukwege a choisi de s’adresser directement au président Félix Tshisekedi. Dans une lettre au ton particulièrement ferme, le Prix Nobel de la Paix passe au crible près de sept années de gouvernance et dénonce une série de choix politiques, diplomatiques et sécuritaires qui, selon lui, ont conduit le pays dans une impasse.

S’il rappelle avoir accueilli avec espoir l’alternance politique après le départ de Joseph Kabila, le gynécologue congolais estime aujourd’hui que ces attentes ont été profondément déçues.

Mukwege énumère les promesses non tenues de Félix Tshisekedi

Dès les premières lignes de sa lettre, Denis Mukwege revient sur les engagements pris par Félix Tshisekedi au début de son mandat. Il cite notamment la création d’un Tribunal pénal spécial chargé de juger les crimes documentés dans le Rapport Mapping des Nations unies, un projet qui, selon lui, n’a jamais vu le jour malgré les promesses présidentielles.

Le Prix Nobel critique également l’instauration de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. À ses yeux, le choix de confier ces provinces à des gouverneurs militaires dont certains sont mentionnés dans le Rapport Mapping ne pouvait produire les résultats espérés.

Il reproche aussi au chef de l’État d’avoir privilégié des accords sécuritaires avec des pays voisins, notamment le Burundi et l’Ouganda, estimant que cette stratégie d’externalisation de la sécurité nationale s’est révélée contre-productive.

Le M23, l’EAC et les processus de paix au cœur des critiques

Pour Denis Mukwege, les erreurs de gouvernance ont favorisé le retour du M23 et compliqué davantage la recherche d’une solution durable à la crise dans l’est du pays.

Il accuse le pouvoir d’avoir multiplié les initiatives diplomatiques sans véritable coordination, évoquant les processus de l’EAC, de la SADC, de l’Union africaine, de Luanda, de Doha et de Washington. Selon lui, cette succession de cadres de négociation a davantage entretenu la confusion qu’elle n’a permis de rétablir la paix.

Le Prix Nobel critique également l’adhésion de la RDC à la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC), estimant que plusieurs États membres défendent avant tout leurs intérêts économiques et géostratégiques plutôt que la protection des populations civiles congolaises.

Il estime en outre que le processus de Nairobi, puis celui de Doha, ont contribué à présenter la crise dans l’Est comme un conflit interne, alors qu’il considère qu’il s’agit avant tout d’une agression extérieure.

« Une impasse politique, diplomatique et sécuritaire »

Denis Mukwege revient aussi sur la pression exercée contre la MONUSCO pour accélérer son retrait de l’est de la RDC. Une position qu’il juge préoccupante et qui l’amène à s’interroger sur les intérêts réellement défendus par les autorités congolaises.

Enfin, il regrette l’abandon des réformes prévues dans le cadre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, notamment la restructuration des FARDC. Selon lui, l’absence de réforme profonde de l’appareil sécuritaire a considérablement aggravé la crise.

« Votre incapacité à restructurer les FARDC et l’échec de votre gouvernance sécuritaire ont en grande partie contribué au pourrissement de la situation, plongeant le pays dans une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent et conduisant largement la RDC dans une impasse politique et diplomatique », écrit-il.

Par cette lettre, Denis Mukwege livre l’une des critiques les plus sévères formulées contre le pouvoir de Félix Tshisekedi depuis le début de son mandat. Un texte qui relance le débat sur le bilan du chef de l’État en matière de gouvernance, de sécurité et de diplomatie, alors que la situation dans l’est du pays demeure particulièrement préoccupante.

Kasaï : L’Assemblée provinciale réclame la suspension immédiate du maire de Tshikapa après avoir déchiré la Constitution

L’Assemblée provinciale du Kasaï a recommandé à l’unanimité la suspension immédiate du maire de la ville de Tshikapa, Faustin Lumuluabu. En cause, ce dernier a déchiré publiquement un exemplaire de la Constitution lors d’un meeting tenu lundi 29 juin 2026. Les élus jugent le geste « très grave », dans un contexte où le pays débat de la révision ou du changement de la loi fondamentale. La décision, votée sans voix contre, a été transmise au Gouverneur du Kasaï, seule autorité habilitée à l’exécuter.

En séance plénière, le président de l’organe délibérant du Kasaï a été ferme.

« Cela peut apparaître anodin pour certains, mais je vous dis que c’est un acte très grave. Heureusement qu’il y a des députés actifs qui ont déjà déposé sur ma table une interpellation adressée au maire de la ville », a-t-il déclaré.

Et de renchérir : « Votre bureau vous demande de recommander au Gouverneur ce qui suit : la suspension immédiate du maire de la ville pour des faits graves. Personne ne peut déchirer la Constitution de la République ».

De Kasaï à Kinshasa : L’affaire s’inscrit dans un débat national

Si les faits se sont produits à Tshikapa, la portée est nationale. La Constitution est au cœur des discussions en République démocratique du Congo. Le camp présidentiel plaide pour adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles. Face à lui, l’opposition accuse le pouvoir de vouloir accorder un troisième mandat au Président Félix Tshisekedi.

Le geste du maire est perçu comme un signal dans la bataille y afférente. L’Assemblée provinciale du Kasaï veut ainsi marquer sa ligne : l’atteinte à la loi fondamentale vaut une sanction immédiate. La réaction rapide des élus provinciaux montre à quel point ce sujet cristallise le climat politique, de Tshikapa jusqu’à Kinshasa.

66e anniversaire de l’indépendance de la RDC : Tshisekedi pose la souveraineté comme condition aux accords de Washington et Doha

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, s’est adressé à la Nation, ce mardi 30 juin 2026, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Il a d’emblée déploré que cette année encore, la fête nationale intervient dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est. L’agression, l’activisme des groupes armés, les terroristes, les violences contre les civils, les déplacements forcés, les pillages, les prédations économiques et les violations du droit international sont les crimes qui caractérisent la vie des populations du Nord-Kivu, Sud-Kivu, l’Ituri, Tanganyika, Maniema et toutes les zones meurtries.

Le Chef de l’État a pensé aux familles endeuillées, déplacées, femmes victimes de violences, enfants privés d’école, paysans, commerçants et jeunes privés de perspectives par la guerre. Félix Tshisekedi a assuré que leur sécurité demeure une priorité absolue de son action. Il a également profité de cette occasion pour rendre hommage aux Forces Armées, à la Police nationale, aux services de sécurité et aux jeunes patriotes « Wazalendo » engagés légalement pour le retour de la paix dans cette contrée de la République.

« À vous qui tenez les lignes, qui défendez nos frontières et protégez nos populations, la Nation reconnaissante vous dit merci »,, a-t-il déclaré. Pour lui, leur courage est le rempart de la souveraineté.

Washington, Doha, Montreux : La diplomatie comme responsabilité

Tshisekedi a rappelé que les démarches de 2025 avaient ouvert une espérance et replacé la tragédie congolaise au cœur des agendas régionaux et internationaux. Il en a tiré une vérité essentielle. À l’en croire, « aucune paix durable dans la région des Grands Lacs ne peut se bâtir contre la souveraineté de la RDC, ni au détriment de la dignité de son peuple ».

Dans la foulée, le Président Congolais a justifié sa stratégie diplomatique qu’il considère comme le choix de la responsabilité et de la maîtrise pour mettre fin aux souffrances.

Il a en effet posé ses exigences. Selon lui, les Accords de Washington, les discussions de Doha et les engagements de Montreux n’ont de sens que s’ils produisent des résultats concrets. Il faut pour cela, poursuit-il, obtenir le silence des armes, la fin du soutien aux groupes armés, le retrait des forces étrangères non invitées, le désarmement, le retour digne des déplacés, la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’État et la justice pour les victimes.

« La RDC reste engagée en faveur de la paix et demeure ouverte au dialogue lorsqu’il est sincère et équilibré », a-t-il précisé.

Pour une paix juste, sans compromis

Dans son speech, Tshisekedi a rejeté toute paix au rabais. Il a affirmé que la paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense à ceux qui prennent les armes, ni un compromis sur la souveraineté, la justice ou l’intégrité territoriale.

« La paix que nous recherchons est une paix juste : une paix qui respecte les frontières, restaure l’autorité de l’État, sanctionne les crimes. C’est cette paix-là que nous voulons. C’est cette paix-là que nous défendons », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le Chef de l’État a remercié les partenaires qui accompagnent les efforts congolais. Les États-Unis d’Amérique, l’État du Qatar, l’Union Africaine, les Nations-Unies, la SADC, l’EAC, la CIRGL, ainsi que tous les pays amis engagés pour la paix dans la région sont placés au devant de la scène.

66 ans d’indépendance : Tshisekedi tend la main à l’opposition mais prévient – « La Constitution n’est pas un objet de convenance »

Ce 30 juin 2026, la République démocratique du Congo souffle ses 66 bougies. Et pour la première fois depuis longtemps, le discours présidentiel n’a pas été qu’une litanie commémorative. Devant une Nation marquée par les guerres à l’Est, les tensions politiques et les débats enflammés sur l’avenir de la Loi fondamentale, Félix Tshisekedi a choisi la double posture : celle du père rassembleur et du gardien inflexible du temple institutionnel.

« Mes très chers compatriotes, soixante-six ans après l’indépendance, la République démocratique du Congo demeure debout. Debout malgré les guerres, les convoitises, les blessures de l’histoire », a-t-il lancé, saluant la résilience d’un peuple qui, selon lui, n’a jamais renoncé à sa dignité. Mais très vite, le ton s’est durci : l’indépendance politique, a-t-il rappelé, n’est qu’une étape. « Notre devoir, désormais, est d’en faire une souveraineté pleinement vécue, concrète et irréversible », a-t-il martelé.

Sécurité à l’Est : « Votre douleur est celle de toute la République »

Le Chef de l’État n’a pas éludé le drame qui ensanglante les provinces orientales. Il a adressé un message personnel aux familles endeuillées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Tanganyika, du Maniema. « Vous n’êtes pas oubliés. Votre douleur est celle de toute la République, et votre sécurité demeure une priorité absolue de mon action », a-t-il promis, alors que les affrontements avec l’AFC/M23 – soutenu par le Rwanda – et les ADF continuent de faire des milliers de déplacés. Une déclaration qui sonne comme un engagement, mais que les observateurs attendent désormais de voir se concrétiser sur le terrain, alors que les initiatives diplomatiques peinent à produire des effets tangibles.

Constitution : le débat est ouvert, mais pas à n’importe quel prix

C’est sur le terrain politique que le discours a pris toute sa saveur. Alors que le pays est coupé en deux camps : la Coalition Article 64 (C64), qui défend l’ordre constitutionnel actuel, et la Coalition pour le Changement de la Constitution (C4), qui réclame des réformes, Tshisekedi a joué l’équilibriste. Il a reconnu la légitimité du débat – « le désaccord est naturel, la contradiction est utile » – mais a immédiatement posé ses limites.

« Aucune ambition personnelle ou partisane ne vaut plus que la paix de tous ; aucune divergence politique ne doit être plus forte que l’unité de la République », a-t-il averti. Et d’ajouter, en écho aux rumeurs de révision constitutionnelle : « La Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un objet de convenance. En débattre exige sérénité, rigueur, transparence et un sens élevé de l’intérêt général. »

Une manière de calmer les ardeurs des uns sans braquer les autres, tout en rappelant son rôle de « garant de la Nation », chargé d’écouter, d’apaiser, mais aussi de clarifier quand cela s’impose.

« Pays solutions » : le pari des ressources critiques

Sur le plan économique, le Président a esquissé une vision ambitieuse. Fort de ses gisements de cobalt, de cuivre, de coltan ou de lithium, la RDC n’est plus, selon lui, perçue comme un « territoire de crises », mais comme un « pays solutions » sur la scène internationale. Une repositionnement stratégique qui, espère-t-il, permettra de transformer les richesses du sous-sol en levier de développement durable – à condition, a-t-il sous-entendu, que l’unité nationale et la culture du travail remplacent la résignation et la division.

« Ce Congo ne se construira ni par la résignation, ni par la division, ni par l’attente passive. Il se construira par le travail, la discipline, l’unité, la probité et le sursaut patriotique », a-t-il conclu, sur un ton solennel, avant de souhaiter une bonne fête à tous les Congolais. Reste à savoir si ce message de fermeté et d’ouverture parviendra à apaiser les esprits, ou si la bataille autour de la Constitution ne fait que commencer. Une chose est sûre : le chef de l’État a posé ses marqueurs, et la balle est désormais dans le camp des forces politiques.

Ebola en RDC : Le Gouvernement interdit tout rassemblement de masse à Kinshasa

Le Gouvernement provincial de Kinshasa a annoncé l’interdiction de tout rassemblement de masse sur l’ensemble de la ville jusqu’à nouvel ordre. La mesure, issue d’une correspondance datée du 27 juin 2026, vise à lutter contre toute contamination et à bloquer la propagation du virus Ebola. L’action est purement préventive, prise sous instruction du Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemin Shabani.

Outre Kinshasa, la correspondance s’adresse également aux autorités provinciales de la Tshopo, Haut-Uele et Bas-Uele. Ces provinces sont ciblées en raison de leur proximité avec les zones impactées ou de leurs flux de population.

Pour l’exécutif national, l’objectif est d’empêcher tout attroupement susceptible de favoriser la circulation du virus. Les services de sécurité, de santé et de décentralisation de ces 4 provinces sont mis en état d’alerte et doivent appliquer strictement les consignes.

Bien plus, le communiqué exige de placer en observation toute personne présentant des symptômes liés à l’épidémie d’Ebola. Chaque cas suspect doit faire l’objet d’un rapport officiel immédiat aux entités compétentes. Cette rigueur administrative traduit la volonté du Gouvernement de couper court à toute chaîne de transmission.

Quarantaine de 21 jours après l’alerte d’un cas en France

Cette série de mesures fait suite au récent communiqué du Gouvernement de la République démocratique du Congo. En effet, une quarantaine de 21 jours a été imposée à toute personne venant des zones affectées, avant tout déplacement national ou international.

La décision a été déclenchée après qu’un médecin, en provenance de Kinshasa et de passage en Ituri, épicentre de l’épidémie en RDC, a présenté des symptômes d’Ebola une fois arrivé en France.

Cet incident a rappelé la vulnérabilité des grands axes de transit comme Kinshasa, même en l’absence de cas local. Pour la mégalopole, centre économique et point d’entrée principal du pays, cette décision vise à protéger plus de 17 millions d’habitants avant toute alerte.