Kinshasa : Tshisekedi nomme un militaire pour en finir avec l’insalubrité

Le Président Félix Tshisekedi fait de la propreté de Kinshasa une priorité d’État. Lors du Conseil des ministres du 29 mai 2026, le Chef de l’État a nommé le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik à la tête d’une Task Force dédiée. Objectif : enrayer l’insalubrité qui freine l’attractivité de la capitale et pèse sur la santé des 17 millions de Kinois.

La donne change. C’est un officier supérieur qui va conduire le chantier. Le Lieutenant-Général Kasongo Kabwik doit imposer discipline, coordination et exécution entre province, communes et services techniques. Cette décision marque le passage des discours aux actes.

Kinshasa bascule en mode opérationnel après des années d’opérations « Kin Bopeto » sans effet durable.

L’assainissement, levier économique et sanitaire

Pour l’exécutif, une ville propre dépasse l’esthétique. Les déchets et caniveaux bouchés provoquent des maladies évitables, trafic bloqué et des investisseurs refroidis.

En nettoyant la capitale, le gouvernement vise trois effets directs : protéger la santé publique, fluidifier la circulation et restaurer la confiance des partenaires économiques.

Zando illustre l’urgence du terrain

Six jours avant la décision présidentielle, Félix Tshisekedi inspectait déjà le marché central de Kinshasa, communément appelé « Zando », le 23 mai 2026. L’infrastructure rénovée peut accueillir 50 000 acheteurs par jour mais reste inaccessible. Les avenues Plateau, de l’École, du Marché, des Marais et Rwakadingi sont toujours occupées par le commerce informel, empêchant toute ouverture.

Le Chef de l’État a rappelé la directive de libérer toutes les voies d’accès. Face aux étalages persistants, il a prévenu que les contrevenants verraient leurs marchandises saisies.

Bien plus, Félix Tshisekedi a dénoncé la transformation de l’avenue Rwakadingi en dépotoir public et exigé des autorités urbaines qu’elles rétablissent l’ordre sans délai.

Un défi urbain qui dépasse Zando

Au-delà du marché central, Kinshasa lutte contre une insalubrité chronique. La population dénonce régulièrement l’accumulation des immondices et l’incivisme. C’est ce constat global que la Task Force du 29 mai 2026 doit traiter, avec mandat de coordination pour éviter l’éparpillement des efforts.

Ebola en RDC : Londres injecte 20 millions de livres pour stopper la propagation

Le Royaume-Uni poursuit son aide financière vis-à-vis de Kinshasa. Londres vient d’annoncer une aide d’urgence de 20 millions de livres sterling dans le cadre de la lutte contre Ebola en RDC. L’annonce a été faite par Jenny Chapman, ministre britannique du Développement international et de l’Afrique, après un entretien avec le Président Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine.

Cette aide permet de financer la prise en charge des patients, équiper les hôpitaux et coordonner les équipes de riposte dans les zones touchées.

Le geste place le Royaume-Uni aux côtés des partenaires internationaux mobilisés pour éviter une crise sanitaire régionale. L’OMS, l’UA, l’UE et plusieurs ONG sont déjà à pied d’œuvre.

Une enveloppe ciblée sur le terrain

Les 20 millions de livres ne resteront pas sur le papier. Ils sont fléchés vers l’action directe :

Soins aux malades : Financement des centres de traitement et des équipements médicaux,

Renfort des hôpitaux : Formation du personnel et amélioration des capacités d’isolement,

Surveillance : Déploiement de dispositifs pour détecter plus vite les nouveaux cas,

Coordination : Appui logistique aux équipes qui interviennent dans les foyers épidémiques.

Cet appui arrive alors que les autorités congolaises intensifient leur stratégie de riposte. L’enjeu est clair : couper la chaîne de transmission avant qu’Ebola ne franchisse les frontières.

Kinshasa-Londres : au-delà de l’urgence sanitaire

L’entretien entre le Président congolais et la ministre britannique n’a pas porté que sur Ebola. D’après la présidence congolaise, les deux responsables ont évoqué la coopération à long terme. Santé, développement et résilience des systèmes sanitaires africains : Londres veut aider la RDC à mieux encaisser les chocs futurs.

C’est un signal politique fort. Le Royaume-Uni ne se contente pas d’envoyer des fonds d’urgence. Il s’inscrit dans une logique de partenariat durable avec l’Afrique centrale. Pour Kinshasa, chaque soutien extérieur compte dans une région où les épidémies reviennent par cycles.

Au final, l’addition des efforts vise un seul but : éviter le scénario d’une propagation transfrontalière. En Afrique centrale, un virus non maîtrisé devient vite un problème régional. D’où l’urgence de financer la réponse rapide dès les premiers foyers.

Le défi reste immense, mais l’alignement des partenaires donne un peu d’air aux équipes médicales congolaises.

Journée mondiale de l’hygiène menstruelle : à l’INA de Kinshasa, des filles brisent le tabou et reprennent leur dignité

Ce 28 mai 2026, dans l’enceinte prestigieuse de l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa, les murs n’ont pas vibré au rythme des tambours ou des chorégraphies. Ils ont résonné d’une parole longtemps étouffée : celle des règles, du corps, de la dignité.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, en partenariat avec l’ONG Solidarité Plus Forever, a organisé une matinée de sensibilisation placée sous le thème :
« Ensemble pour un monde adapté aux règles ».

Derrière ce titre doux se cache une ambition immense : faire des menstruations une question de santé publique, d’égalité des chances, et plus jamais de honte.

Une centaine d’élèves, cinq provinces éducationnelles, un même combat

Dans la salle, une centaine de jeunes filles, venues des cinq provinces éducationnelles de Kinshasa. À leurs côtés : des chefs d’établissement, des personnalités publiques, des partenaires techniques et financiers. Tous réunis pour un même objectif : briser le silence qui enferme trop de fillettes dans leur propre corps.

Pendant des heures, on a échangé, témoigné, débattu. Un panel d’experts a rappelé des vérités simples mais souvent ignorées : l’hygiène menstruelle, c’est la santé. C’est la dignité. C’est l’éducation. Et sans elle, des milliers de filles manquent l’école chaque mois.

« Une fille qui a ses règles ne devrait jamais avoir à choisir entre sa fierté et ses études. »
— Intervenante lors du panel

Raïssa Malu : « Une école inclusive, c’est une école sans tabou »

Présente aux côtés des jeunes filles, la Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a réaffirmé avec force l’engagement du gouvernement congolais.

Son message était clair : construire des écoles inclusives, sûres et respectueuses des besoins spécifiques des apprenantes. Avec un objectif non négociable : qu’aucune fille, nulle part en RDC, ne soit privée de son droit à l’éducation à cause des menstruations.

Des toilettes adaptées, de l’eau propre, des personnels formés, des kits d’hygiène disponibles : derrière ces réalités concrètes se joue la liberté des filles.

« Un monde adapté aux règles, c’est un monde où aucune élève n’abandonne l’école par manque de moyens ou par peur du regard des autres. »
— Ministre Raïssa Malu

Des kits d’hygiène distribués : un geste simple, une révolution discrète

Mais ce matin-là, à l’INA, on n’a pas seulement parlé. On a agi.

Au terme des échanges, un important lot de kits d’hygiène menstruelle a été distribué aux centaines d’élèves présentes. Des serviettes lavables, du savon, des sous-vêtements, des petites affiches explicatives… Des objets du quotidien qui, dans les mains de ces jeunes filles, deviennent des outils de liberté.

Les sourire se sont élargis. Les regards ont changé. Certaines filles ont glissé leur kit dans leur sac comme un trésor. Et c’en était un.

Une promesse pour l’avenir : que les règles ne soient plus jamais un frein

Cette matinée à l’INA n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique portée par le gouvernement congolais, la société civile et les partenaires internationaux : faire des menstruations un sujet normal, banal, accessible.

Parce que quand une fille peut gérer ses règles en toute dignité, elle reste à l’école. Quand elle reste à l’école, elle grandit. Quand elle grandit, elle change sa vie. Et parfois, elle change le pays.

« Aujourd’hui, j’ai compris que mes règles ne sont pas une faiblesse. C’est juste la vie. Et la vie, on l’apprivoise. »
— Témoignage d’une élève de 15 ans, venue de la province éducationnelle de Tshangu

À Kinshasa, le 28 mai 2026 restera gravé comme le jour où une centaine de jeunes filles ont repris leur dignité. Pas avec des discours grandioses, mais avec des mots justes, des gestes simples, et des kits d’hygiène distribués comme autant de promesses. La route est encore longue. Mais ce matin-là, à l’INA, un monde adapté aux règles a cessé d’être un rêve. Il est devenu un engagement.

« Pas de troisième mandat ! » : à Kinshasa, la rue s’embrase contre le changement de Constitution

Ce jeudi 28 mai, Kinshasa a retrouvé des airs de front. Dans la commune populaire de Masina, à l’est de la capitale congolaise, la contestation politique est descendue des salons climatisés pour enfler le bitume – littéralement.

Dès l’avant-midi, une centaine de jeunes se réclamant de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (Ecide) – le parti de l’opposant Martin Fayulu – ont investi le boulevard Lumumba. Leur point de départ : le quartier 3. Leur objectif : rejoindre la permanence du parti située près du saut-de-mouton Pascal.

Mais avant d’y parvenir, ils ont décidé de marquer les esprits.

Pneus enflammés et barricades : le boulevard Lumumba paralysé

En quelques minutes, la circulation a été lourdement perturbée. Les manifestants ont érigé des barricades de fortune avec des branchages, des tôles et tout ce qui leur tombait sous la main. Sur la chaussée, des pneus ont été incendiés, crachant une fumée noire dans le ciel de Kinshasa.

Motards, conducteurs de taxis, commerçants : tout le quartier a retenu son souffle.

Pendant de longues minutes, aucun véhicule ne pouvait passer. Les klaxons se mêlaient aux cris des protestataires, donnant à cette matinée une ambiance électrique, presque théâtrale, mais terriblement réelle.

« Pas de troisième mandat à Félix Tshisekedi ! Pas de changement de Constitution ! »

Les slogans, scandés en lingala, ont résonné le long du boulevard. Une langue que tout Kinshasa comprend. Un message que personne ne peut ignorer.

L’opposition sonne la révolte : « ville morte » annoncée le 3 juin

Ces barricades ne sont peut-être qu’un apéritif. L’opposition a déjà programmé un acte plus fort : une journée « ville morte » prévue le 3 juin prochain à Kinshasa.

L’objectif est clair : dire non à toute révision constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Son deuxième mandat, légal, s’achève en 2028. Mais l’opposition est convaincue que le chef de l’État veut changer les règles du jeu en cours de route.

Dans leur ligne de mire également : la gestion de la crise sécuritaire avec le Rwanda et le président Paul Kagame. Certains responsables politiques parlent désormais sans détour de « rébellion contre la Constitution ».

Au Parlement aussi, le bras de fer s’intensifie

La tension ne se limite pas aux artères de Kinshasa. Elle a gagné l’hémicycle.

La veille, mercredi 27 mai, les députés du groupe « Ensemble » – seule force d’opposition à l’Assemblée nationale – ont boycotté l’examen d’une proposition de loi portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy.

Ce texte, jugé recevable sous réserve d’amendements par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ), porte sur les modalités d’organisation d’un référendum. Pour l’opposition, c’est une manœuvre de plus pour ouvrir la voie à un changement constitutionnel.

Le boycott est clair : pas de débat, pas de légitimité.

Une rue qui gronde, un régime sous pression

À Masina, les pneus ont fini par s’éteindre. La circulation a repris. Mais l’onde de choc, elle, ne retombe pas.

L’opposition joue son va-tout. Entre la rue, le Parlement et l’appel à la paralysie de Kinshasa, le message est limpide : toute tentative de révision constitutionnelle se heurtera à une résistance populaire.

Reste à savoir si le pouvoir répondra par la fermeté, le dialogue… ou le silence.

Une certitude : le climat politique congolais n’a jamais été aussi électrique depuis l’alternance de 2019.

Entre les barricades de Masina et le boycott à l’Assemblée nationale, la contestation du changement constitutionnel reprend des couleurs – et des flammes. Avec l’appel à une « ville morte » le 3 juin, l’opposition met la pression maximale. Kinshasa retient son souffle. Et les prochains jours diront si la rue parvient à dicter son tempo au pouvoir.

ADESCO : Christian Ilunga Mutombo prend la tête du parti à Mahagi

L’Alliance des Démocrates Socialistes Congolais (ADESCO) a nommé monsieur Christian Ilunga Mutombo au poste de président fédéral pour le territoire de Mahagi. L’annonce a été faite par l’intéressé, le 26 mai 2026, suite à un communiqué signé par la formation politique. Le jeune entrepreneur congolais remercie la direction nationale pour cette marque de confiance.

Cette nomination place Christian Ilunga Mutombo à la tête de la coordination politique du parti. Il prend les rênes d’un territoire stratégique de l’Ituri. Il promet de s’atteler immédiatement à la tâche pour redynamiser l’ADESCO localement et provincialement.

Un mandat axé sur la mobilisation et le travail de terrain

Dans son message, le nouveau président fédéral décrit sa mission comme une « responsabilité lourde », mais aussi un « engagement ferme » envers la population et les valeurs du parti.

Ses priorités sont claires :

Renforcer l’implantation de l’ADESCO dans tout le territoire de Mahagi et dans la province de l’Ituri,

Mobiliser la jeunesse autour du projet politique,

Promouvoir les valeurs démocratiques défendues par le parti,

Accompagner la vision de la haute direction nationale pour le développement de la province et du pays.

« La période est au travail concret plutôt qu’aux discours », a-t-il souligné. C’est un signal adressé aux militants et à la base.

L’ADESCO cherche à s’ancrer davantage en Ituri

Cette nomination s’inscrit dans une dynamique de structuration du parti dans l’Est de la RDC. En confiant la coordination de Mahagi à cet opérateur économique, l’ADESCO cherche à consolider sa présence et à préparer le terrain en vue des prochaines échéances politiques.

Le nouveau responsable remercie le secrétaire général et l’ensemble de la direction du parti pour leur confiance. Il annonce en effet une mise au travail immédiate pour donner un nouvel élan à l’ADESCO sur le terrain.

Ebola Bundibugyo : l’OMS envoie 4,6 tonnes de matériel médical à Bunia – et son patron lance un cri d’alarme

Jeudi 28 mai 2026. Bunia, chef-lieu de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola. Dans un ballet silencieux mais vital, des camions franchissent les portes des structures sanitaires. À l’intérieur : 4,6 tonnes de fournitures médicales et plus de 2 000 tests de diagnostic RadiOne.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de passer à la vitesse supérieure. Ces équipements, déployés en plein cœur de la zone rouge, visent une mission simple mais cruciale : renforcer les laboratoires face à une souche rare, mystérieuse, et particulièrement insidieuse : le virus Ebola Bundibugyo.

Pour l’instant, aucun vaccin homologué. Aucun traitement spécifique approuvé. Alors, dans ce vide thérapeutique, le diagnostic rapide devient une arme absolue.

« Chaque test, chaque trousse peut faire la différence entre une chaîne de transmission brisée et une catastrophe silencieuse. »
— Source OMS Ituri

Tedros à Kinshasa puis Bunia : un DG sur le front, la main tendue

Ce déploiement massif n’est pas un hasard. Il intervient à la veille d’un événement majeur : l’arrivée en RDC du Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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Son agenda est lourd de sens. Après Kinshasa, il posera le pied à Bunia. Objectif : palper la réalité du terrain, témoigner de la solidarité internationale et surtout, insuffler une dynamique politique et médicale alors que l’épidémie n’a que treize jours de déclaration officielle.

Mais Tedros ne viendra pas les mains vides. Il portera une voix que beaucoup redoutent et que d’autres espèrent.

« Collision catastrophique » : quand la guerre dévore la riposte

La veille de l’arrivée de l’aide médicale, le patron de l’OMS a choisi les mots les plus lourds de sens. Pas de langue de bois.

« L’Est de la RDC est désormais confronté à une collision catastrophique de maladie et de conflit. »

Il pointe une réalité brutale : les affrontements armés provoquent des déplacements massifs. Des milliers de personnes exposées au virus s’entassent dans des camps surpeuplés. Les corridors de confinement, essentiels pour stopper Ebola, sont coupés. Les soignants, héros du quotidien, risquent leur vie sous les bombes. Parfois, ils n’ont même plus accès aux malades.

Et sans accès humanitaire, impossible d’isoler les cas, impossible d’instaurer la confiance.

« Nous ne pouvons pas instaurer la confiance au sein de la communauté ni isoler les malades pendant que des bombes tombent. »
— Tedros Adhanom Ghebreyesus

Un appel urgent au cessez-le-feu : la vie contre les armes

Alors, face à l’urgence, le chef de l’OMS lance un cri retentissant : cessez-le-feu immédiat dans l’Est de la RDC.

Pas pour des raisons politiques. Pour une raison biologique, humanitaire, vitale.

Il exhorte toutes les parties belligérantes à faire d’une chose leur priorité absolue : la survie humaine. Parce que sans trêve, les équipes médicales ne peuvent pas tracer les contacts. Sans trêve, les laboratoires ne peuvent pas tourner. Sans trêve, Ebola Bundibugyo, cette souche sans vaccin, continuera de frapper dans l’ombre.

L’OMS est claire : « Il sera impossible de freiner la propagation sans amélioration des conditions sécuritaires. »

Une épidémie sous haute tension, un peuple à bout de force

Depuis le 15 mai 2026, la RDC vit sous le régime d’une urgence de santé publique de portée internationale. L’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu sont en première ligne. Mais derrière le virus, un autre monstre rôde : l’insécurité chronique, les déplacements, et une insécurité alimentaire aiguë qui touche plus de 26 millions de personnes.

La malnutrition, l’entassement, la faiblesse des services de santé : tout cela forme un terreau explosif où Ebola prospère en silence.

Pourtant, malgré ce tableau apocalyptique, les autorités sanitaires congolaises refusent de baisser les bras. Elles le répètent avec une fierté lucide : la RDC a une connaissance approfondie d’Ebola. Elle a forgé son expérience dans le feu des épidémies précédentes. Et cette fois encore, elle tient.

La lueur dans la tempête : l’optimisme résilient de Kinshasa

Car oui, les difficultés d’accès sont majeures. Oui, les bombes compliquent le traçage. Mais les premiers patients guéris existent. Les communautés, malgré la peur, commencent à collaborer. Et l’arrivée des tests RadiOne, conjuguée au déploiement annoncé d’anticorps monoclonaux américains, pourrait changer l’équilibre des forces.

L’OMS n’est pas seule. Le gouvernement congolais non plus. Et derrière les chiffres, il y a des vies qui se battent.

« Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à l’invisible. Mais c’est peut-être la première fois que nous devons aussi faire face aux armes en même temps. »
— témoignage d’un soignant à Bunia

Dans l’Est de la RDC, deux urgences s’entrechoquent : une épidémie sans vaccin et une guerre sans pitié. L’OMS vient de jeter sur la balance 4,6 tonnes de matériel et la visite historique de son directeur général. Mais le vrai game-changer, celui qui fera basculer l’histoire, reste entre les mains des hommes : un cessez-le-feu. Parce qu’arrêter Ebola, c’est d’abord arrêter de tirer.

RDC : Tshisekedi annonce un soutien annuel de 2 millions USD au profit du championnat national de football

Le Président Félix Tshisekedi a reçu, mercredi 28 mai, à la Cité de l’Union Africaine, le nouveau comité de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), dirigé par Véron Mosengo-Omba. Au cœur des échanges : les facteurs de blocage du football congolais et les solutions concrètes à y apporter.

Au regard des discussions, le Chef de l’État a validé un soutien financier annuel de 2 millions de dollars américains. L’objectif est simple : couvrir les frais de déplacement des équipes engagées au championnat national de football.

Transport, sécurité et formation des jeunes au centre des discussions

La délégation de la FECOFA a détaillé les priorités du moment. Le transport des clubs arrive en tête, suivi de la sécurité dans les enceintes sportives, du renforcement des ligues provinciales et de l’encadrement des jeunes joueurs.

Sur la sécurité, un séminaire dédié devrait être organisé dans les prochaines semaines. Il visera à harmoniser les protocoles d’accueil et de gestion des matchs afin de réduire les incidents en tribunes et d’améliorer l’expérience des supporters.

Le comité a aussi insisté sur les compétitions scolaires. Pour la FECOFA, elles constituent un vivier direct pour repérer les talents à l’intérieur du pays et structurer la relève. L’idée est de créer un pipeline clair entre les écoles, les académies et les clubs professionnels.

Un appui présidentiel pour relancer la dynamique du football national

En recevant la nouvelle équipe dirigeante, Félix Tshisekedi a réaffirmé l’engagement de l’exécutif national à accompagner la relance du football. Il considère la discipline comme un levier d’unité et de visibilité pour la RDC sur la scène africaine et internationale.

Du côté de la FECOFA, la feuille de route mise sur trois piliers : transparence dans la gestion, crédibilité des instances sectorielles et développement durable du football local. Le comité entend s’appuyer sur ce soutien pour accélérer la professionnalisation des structures et redonner confiance aux acteurs du milieu.

Un coup de pouce à un championnat en perte de vitesse

Le championnat national traverse une période difficile. Entre les désengagements de sponsors, les coûts de transport élevés et les calendriers perturbés, plusieurs clubs peinent à boucler la saison sans renoncer à des déplacements. Résultats : des forfaits, des matchs délocalisés et une baisse de compétitivité qui se ressent jusque dans les classements de la Confédération Africaine de Football.

L’aide de 2 millions USD annoncée par Félix Tshisekedi vise précisément ce point de blocage. Concrètement, ça signifie plus de matchs joués, des calendriers respectés et une meilleure régularité dans la compétition.

L’impact va au-delà de la logistique. Un championnat stable redonne de la valeur aux droits TVA, attire plus facilement des partenaires privés et rend le produit football plus crédible auprès des diffuseurs et des sponsors.

Dans ce contexte, l’appui présidentiel agit comme un amortisseur immédiat. Il ne remplace pas une réforme structurelle du financement du football, mais il permet de stabiliser le championnat national, le temps que la FECOFA mette en place les réformes sur la gouvernance et la génération de revenus propres.

RDC : la justice ouvre l’enquête pour une présumée tentative de corruption à la Formation Professionnelle

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a saisi le procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour enquêter sur une présumée tentative de corruption impliquant un faux agent au secrétariat général des Petites et Moyennes Entreprises. L’information a été rendue publique à travers un communiqué daté du 27 mai 2026, signé par la cellule de communication du ministère de la Justice.

D’après le document, l’homme aurait contacté les responsables du ministère de la Formation Professionnelle en se réclamant d’un mandat officiel falsifié. Il aurait proposé de faciliter le traitement et le décaissement rapide d’ordres de paiement en souffrance au niveau de la Banque Centrale du Congo (BCC).

En contrepartie, il réclamait un pourcentage sur les sommes débloquées. Le ministère précise que si ces faits sont confirmés, ils entrent dans la catégorie de la tentative de corruption, telle que définie et sanctionnée par le code pénal congolais.

De tels agissements, précise le communiqué, « portent atteinte à la crédibilité et à l’intégrité des institutions financières nationales ». Aucun nom n’a été cité, et l’identité du présumé faussaire reste inconnue à ce stade.

La ligne dure de Guillaume Ngefa contre la corruption

Cette saisine intervient dans un contexte où le ministère de la Justice, sous la direction du ministre Guillaume Ngefa, multiplie les signaux contre les pratiques frauduleuses au sein de l’administration.

Depuis sa prise de fonctions, Guillaume Ngefa a fait de la lutte contre la corruption et de l’assainissement des services publics une priorité. Plusieurs dossiers à caractère financier ont été transmis au parquet, et des instructions fermes ont été données pour accélérer le traitement des affaires impliquant des agents publics.

Pour le gouvernement, l’objectif est de restaurer la confiance des citoyens et des partenaires dans le fonctionnement des institutions. La décision d’agir rapidement sur ce dossier de la Formation Professionnelle s’inscrit dans cette dynamique de tolérance zéro face aux tentatives d’extorsion et de détournement.

L’enquête judiciaire devra désormais établir les faits, identifier les auteurs et déterminer les responsabilités.

Ebola en RDC : un premier miraculé face à la souche Bundibugyo

C’est une nouvelle qui aurait pu éclater en fanfare, mais qui a choisi la voie de la discrétion. Mercredi 27 mai, dans la province de l’Ituri, épicentre de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, un patient a franchi les portes du centre de traitement. Non pas comme un malade de plus, mais comme le premier survivant de cette flambée provoquée par la redoutable souche Bundibugyo.

Pas de caméras, pas de discours solennel sur place. Juste la vie qui reprend ses droits, loin du tumulte. À la demande de sa famille, aucun cliché n’a été diffusé. Mais son départ de l’isolement résonne comme un coup de tonnerre dans le silence des structures sanitaires de l’Est.

« À ce jour, nous venons de libérer une première personne qui quitte officiellement le centre de traitement guérie de ce virus que certains spéculaient comme sans issue. »
— Richard Fosting, Incident Manager adjoint de l’INSP

Sous le feu des spéculations : la victoire d’une médecine sans vaccin

Car il faut comprendre le contexte. Cette épidémie n’est pas comme les autres. La souche Bundibugyo, rare et méconnue, défie la science : aucun vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé n’existe à ce jour contre elle. Alors, quand les rumeurs enflent et que le doute s’installe, chaque guérison devient une promesse.

Et celle-ci est la première d’une série, promettent les autorités sanitaires :

« Dès la semaine prochaine, nous allons encore vous présenter d’autres guéris, de façon solennelle. »

Une déclaration qui résonne comme un manifeste de résilience, alors que l’épidémie, déclarée officiellement le 15 mai, est encore en phase de croissance active.

Ituri, terre de tous les combats : entre insécurité et espoir médical

Depuis plusieurs semaines, les équipes de riposte s’activent sur plusieurs fronts : Mongbwalu, Bunia, Rwampara. L’Ituri, mais aussi les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, voient les cas confirmés dépasser la centaine. Les défis sont immenses : zones instables, résistances communautaires, accès logistique complexe.

Pourtant, malgré l’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, les autorités congolaises préparent l’arrivée prochaine d’un anticorps monoclonal américain, destiné à des essais cliniques. Une lueur thérapeutique qui pourrait changer la donne.

La lutte ne fait que commencer, mais la première victoire appartient désormais à l’histoire.

Une épidémie sous haute tension, une population qui résiste

Les équipes sanitaires ne lâchent rien. Traçage des contacts, isolement des cas suspects, sensibilisation porte-à-porte… Chaque jour, elles remontent le fil invisible du virus. Et chaque jour, cette première guérison silencieuse devient un étendard.

Car si la science tâtonne encore face à cette variante rare, les cœurs, eux, ont déjà choisi leur camp : celui de la vie.

Dans l’Est de la RDC, là où l’insécurité le dispute à l’urgence sanitaire, un premier patient a ouvert la voie. Sans tambour ni trompette, mais avec une force tranquille. Cette 17e épidémie d’Ebola n’a pas livré tous ses secrets, mais elle vient de perdre son aura d’invincibilité.

Et ça, c’est une histoire qui mérite d’être lue. Jusqu’à la prochaine guérison.

Ebola : visas canadiens suspendus pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud pendant 90 jours

Ottawa serre sa politique migratoire face à Ebola. À compter du 27 mai 2026, le Canada suspend pour 90 jours plusieurs documents d’immigration et ceux déjà approuvés pour les voyageurs venant de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. La mesure vise les visas et certaines autorisations électroniques de voyage.

Cette décision s’applique immédiatement aux zones touchées par la résurgence du virus Ebola de souche Bundibugyo. L’objectif affiché est clair : réduire le risque d’importation du virus sur le territoire canadien.

Quarantaine obligatoire et contrôles renforcés à l’arrivée

Les voyageurs en provenance des zones classées à haut risque devront respecter une quarantaine obligatoire de 21 jours. La mesure s’applique même en l’absence de symptômes.

Pour les personnes présentant des signes suspects, Ottawa prévoit des évaluations médicales renforcées dès l’atterrissage. Les autorités canadiennes insistent sur le caractère temporaire et préventif du dispositif.

Un risque jugé faible, mais une vigilance accrue

Selon le Canada, « le risque pour la population reste faible à ce stade. Mais la multiplication des cas en Afrique centrale justifie un renforcement des contrôles aux frontières ».

Plusieurs pays occidentaux ont déjà opté pour des mesures similaires. Les États-Unis ont récemment mis en place des restrictions pour les voyageurs ayant séjourné dans ces trois pays au cours des 21 derniers jours.

Des répercussions économiques et sociales en vue

Ces mesures vont peser sur les échanges entre le Canada et les pays africains. Les chambres de commerce et les communautés de la diaspora s’attendent à un ralentissement des voyages d’affaires et des transferts. L’impact pourrait également se faire sentir sur les secteurs de l’éducation et bien d’autres services.

La situation sanitaire en RDC

Lors du briefing presse du mardi 26 mai 2026, le ministre congolais de la santé a tracé un bilan de 101 cas confirmés, environ 220 décès probables. Il a également parlé de 1000 personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola, 3600 personnes identifiées autours des cas suspects et confirmés ainsi que 230 patients qui reçoivent des soins dans les centres de traitement. Les provinces touchées par la maladie sont l’Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

Le Dr Roger Kamba a dans la foulée souligné que la situation reste suivie de près au niveau national. Les autorités congolaises poursuivent la mobilisation des équipes de riposte.

Bien plus, le ministre de tutelle a rappelé l’importance de la surveillance communautaire et de la vaccination ciblée pour limiter la propagation.