Sud-Ubangi : MSF traite 1.478 cas de rougeole à Karawa et soutient la vaccination de masse

La structure « Médecins Sans Frontières » annonce avoir soigné 1.478 malades de la rougeole depuis le 30 mars, dont 184 présentaient une malnutrition. Les équipes ont aussi pris en charge 2.192 enfants de moins de cinq ans atteints de paludisme. Six formations sanitaires appuyées par MSF opèrent dans les aires de santé les plus affectées de Karawa.

Prise en charge tous âges et campagne vaccinale lancée le 21 avril

MSF traite la rougeole sans limite d’âge à Karawa. L’organisation cible aussi les enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition aiguë. Pour le paludisme, l’intervention concerne les moins de cinq ans. Ces actions complètent la campagne de vaccination de masse démarrée le 21 avril 2026 par le ministère de la Santé publique.

La riposte combine soins curatifs et prévention pour casser la chaîne de transmission.

Flambée à Bokonzi : MSF intervient depuis fin janvier

Bokonzi, autre coin du Sud-Ubangi, fait aussi face à une poussée épidémique de rougeole. Les équipes d’urgence de MSF sont présentes depuis fin janvier 2026. En coordination avec les autorités sanitaires, elles mènent vaccination et sensibilisation communautaire. L’objectif est de protéger les enfants et de limiter la diffusion du virus dans cette zone de santé.

4.189 cas et 71 décès depuis janvier dans toute la province

L’épidémie a été déclarée officiellement le mercredi 18 février 2026. Elle touche l’ensemble des 16 zones de santé du Sud-Ubangi. Depuis janvier 2026, la Division Provinciale de la Santé (DPS) recense 4.189 cas et 71 décès. Les moins de cinq ans restent les plus vulnérables.

La décision a suivi une réunion du Comité de coordination des urgences de santé publique. Y participaient le Gouverneur, le Ministre provincial de la Santé, celui de l’Éducation, le chef de la Division Provinciale de la Santé, le responsable provincial du Programme Élargi de Vaccination et les partenaires techniques et financiers.

Une campagne couplée rougeole-polio

Le Comité a évalué les préparatifs de la vaccination intégrée rougeole-poliomyélite lancée le 23 mars dernier. La RDC figure parmi les 22 pays prioritaires pour l’élimination de la rougeole, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. En 2024, le pays avait déjà notifié plus de 311.000 cas suspects de rougeole.

Par ailleurs, la situation sur terrain exige d’intensifier les soins et d’élargir la couverture vaccinale. En 2025, la couverture VAR1 atteignait 94% selon les données administratives, mais seulement 81% selon les cibles ajustées.
La 2e dose VAR2 restait à 60% en administratif et 46% en ajusté, or deux doses sont indispensables pour assurer une protection durable.

Sans accès renforcé aux centres de santé et sans mobilisation communautaire, le contrôle durable reste compromis.

Traiter la rougeole en urgence au Sud-Ubangi a 4 impacts majeurs :

– Sauver des vies immédiatement : surtout chez les enfants malnutris. La rougeole tue 1 à 3% des cas en RDC, mais jusqu’à 10% chez les enfants malnutris.

– Casser la chaîne de transmission dans une province à faible couverture : le virus de la rougeole a un R0 de 12 à 18. Un malade contamine 12 à 18 personnes non vaccinées.
– Éviter l’effondrement des structures de santé locales : Avec 4.189 cas et 71 décès depuis janvier dans 16 zones de santé, les hôpitaux de référence sont saturés.
– Limiter les séquelles à long terme et le coût économique : 30% des survivants gardent des séquelles telles que la cécité, surdité, malnutrition chronique et retard cognitif.

Vaccination à Mbandaka : le PEV abandonne le porte-à-porte pour les écoles

Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) change de méthode dans la ville de Mbandaka. L’ancienne stratégie du porte-à-porte est abandonnée. La campagne de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite se fait désormais dans les écoles et les centres de santé. Objectif : toucher plus d’enfants en moins de temps.

Le médecin-chef d’antenne du PEV à Mbandaka, le Dr Douglas Nkoy Isanjola l’assume. La cible principale est essentiellement constituée d’enfants en âge scolaire.

« Nous administrons le vaccin rougeole-rubéole aux enfants âgés de 6 mois à 14 ans. Étant donné que de nombreux enfants de 3 à 5 ans fréquentent déjà l’école maternelle, il est plus facile de les atteindre dans leurs établissements. Quant aux plus jeunes, notamment ceux de moins de 3 ans, ils sont pris en charge dans les centres de santé et les sites communautaires », a-t-il déclaré.

Pourquoi le PEV Mbandaka mise sur les écoles en 2026

Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la RDC a enregistré 311 000 cas de rougeole et 6 045 décès en 2023. L’Équateur reste une province à haut risque. La polio dérivée vaccinale circule encore. En 2024, 106 cas de PVDV2 ont été notifiés en RDC.

La stratégie fixe, d’après le PEV à Mbandaka, réduit les coûts logistiques. Elle évite les enfants absents lors du porte-à-porte. Elle touche d’un coup les classes entières. La division provinciale de la santé de l’Équateur a indiqué la formation de 184 équipes pour couvrir 22 aires de santé.

Elikya 2 : 727 élèves vaccinés après sensibilisation des parents

L’école primaire Elikya 2 illustre la méthode. 727 élèves sont inscrits. La direction a prévenu les familles un mois avant.

« (…) Nous avons d’abord sensibilisé les parents, qui ont été réceptifs. Ensuite, nous avons informé les élèves sur les risques liés à ces maladies. Pour assurer une bonne participation, nous avons également adressé des messages aux parents via les cahiers de communication », a expliqué la directrice de cet établissement, la religieuse Rachelle Ngoya.

Chaîne du froid solaire : les vaccins gardés entre 2°C et 8°C

Le PEV maintient la qualité des doses. Les équipes utilisent des glacières et des boîtes isothermes. La température reste entre 2°C et 8°C. Un local de stockage solaire sécurise les stocks à Mbandaka. La structure évite toute rupture de chaîne du froid qui pourrait détruire l’efficacité du vaccin rougeole.

Ratissage prévu 27-28 avril 2026 pour les enfants manqués

D’après le programme, une opération de rattrapage a démarré dimanche 27 avril 2026. Elle dure deux jours. Les vaccinateurs retournent dans les écoles et les aires de santé. But : récupérer les absents et les refus temporaires.

Le PEV vise 95% de couverture pour stopper la circulation des virus. Le seuil de l’OMS pour la rougeole est à 95%. La RDC était à 65% en 2023.

Sans forte couverture, les flambées repartent. La rougeole tue 1 enfant sur 100 non vaccinés. La polio paralyse 1 cas sur 200.

Ituri : 1,4 million d’enfants ciblés par la campagne anti-polio lancée à Bunia

Le Gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya, a lancé, mardi 21 avril 2026, à Bunia, la campagne de vaccination contre la poliomyélite. L’opération cible 1,4 million d’enfants de 0 à 59 mois. Elle dure trois jours. L’objectif : « zéro enfant non vacciné ».

Une campagne en porte-à-porte dans 36 zones de santé

La campagne de vaccination vise les enfants de 0 à 59 mois. Le chef de la Division provinciale de la santé, Marcel Lola Lolawi, l’a confirmé. Le but est de renforcer leur immunité contre la poliomyélite.

Les équipes utilisent la stratégie de porte-à-porte. Elles vont dans les foyers, les camps et les sites miniers. Cette méthode vise les enfants directement dans leur milieu de vie. Au total, 36 zones de santé sont couvertes. Elles touchent les cinq territoires de l’Ituri.

Les autorités sanitaires demandent aux parents de collaborer. C’est une solution efficace pour une couverture maximale.

Des résultats en hausse malgré les défis locaux

La surveillance a été renforcée. L’Ituri compte 32 sites de suivi des Paralysies Flasques Aiguës. Le délai de notification est passé à 7 jours depuis 2023.

Les chiffres baissent. L’Ituri est passée de 11 cas en 2022 à 6 en 2023, puis 2 en 2024. Zéro cas en 2025. La couverture VPO3 est montée de 62% en 2022 à 73% en 2024 selon les données LQAS du Programme Élargi de Vaccination (PEV). La cible est de 80% fin 2026.

Pourquoi l’Ituri reste une province à haut risque ?

L’OMS classe l’Ituri parmi les 12 provinces prioritaires de RDC pour la poliomyélite.

Trois facteurs sont énumérés :

– La couverture vaccinale reste faible : elle était de 68% pour le VPO3 en 2023 selon le PEV RDC. L’OMS exige 80% pour bloquer le virus,
– L’insécurité complique tout : les conflits des CODECO, Zaïre et ADF ont causé 1,6 million de déplacés en 2024 selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Les enfants déplacés ratent les doses,
– L’accès est difficile : 40% des aires de santé de Djugu, Mahagi et Irumu sont peu accessibles selon la Division Provinciale de la Santé (DPS) de l’Ituri.

Riposte du ministère de la Santé

Le Ministère de la Santé pilote la riposte via le Programme Élargi de Vaccination. L’Ituri applique la stratégie nationale « objectif zéro polio ».

Depuis 2022, la RDC utilise le nouveau vaccin oral nVPO2. Il mute moins que l’ancien. L’Ituri a organisé 6 tours entre 2023 et 2025. Chaque tour vise 1,4 million d’enfants. La stratégie de porte-à-porte est obligatoire en Ituri. Elle permet de rattraper les enfants « zéro dose ».

Le Ministère a lancé « l’opération zéro enfant non vacciné » en 2023. L’Ituri est prioritaire. Le budget de 2024 pour la province est estimé à 2,1 millions de dollars américains financés par Gavi.

Dans les zones rouges, les vaccinateurs sont escortés. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et la MONUSCO ont organisé 14 escortes en 2024 à Djugu et Irumu. Des cliniques mobiles ciblent les déplacés. 312 000 enfants déplacés ont été vaccinés en 2024 à Bunia, Drodro et Roe selon la DPS.

Pour contrer les rumeurs, le Ministère agit avec les chefs coutumiers et les églises. La campagne « zéro dose » a été déployée à Mahagi et Aru en 2024.

La vaccination de cette année doit être une réponse efficace. L’enjeu sera d’atteindre chaque enfant en zone isolée. Le succès repose sur deux leviers : des vaccinateurs mobilisés et des familles engagées. Seule cette alliance peut faire de la campagne un vrai bouclier pour tous les enfants de l’Ituri.

Expulsés des États-Unis vers Kinshasa : l’OIM se désolidarise de l’accord Trump-RDC et pose ses conditions

L’Organisation Internationale des Migrations (OIM) affirme ne jouer aucun rôle dans les accords bilatéraux tels que celui conclu entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis. Dans un communiqué publié lundi 20 avril 2026, l’agence onusienne précise qu’elle se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les « normes minimales de protection » ne sont pas garanties.

Cette mise au point intervient alors que Kinshasa a fait appel à l’OIM pour assurer l’assistance humanitaire d’un premier contingent de 15 migrants refoulés du sol américain. L’accueil de ce groupe s’inscrit dans une entente négociée entre l’administration Trump et la RDC.

L’OIM renvoie aux États la gestion des accords bilatéraux

L’Organisation Internationale des Migrations précise que « les questions relatives aux termes ou au champ d’application de tout accord bilatéral doivent être adressées aux autorités gouvernementales compétentes ».

Au-delà de ce cadrage, l’agence onusienne indique pouvoir proposer une aide au retour volontaire aux migrants qui en font la demande, conformément à son mandat et aux cadres juridiques applicables.

Cette assistance, dit-elle, reste conditionnée aux besoins identifiés et aux évaluations menées au cas par cas. Seuls les départs « strictement volontaires » entrent dans le périmètre d’action de l’agence onusienne chargée des migrations.

Dans ce contexte, l’OIM précise également que ces retours reposent « sur le libre consentement préalable et éclairé des personnes concernées ».

Un court séjour encadré par la loi congolaise

Selon le Gouvernement congolais, ce cadrage s’applique à la phase opérationnelle initiale du nouvel accord avec Washington. Dans ce cadre, 15 personnes sont arrivées vendredi 17 avril dernier à Kinshasa pour « un court séjour ». Ce séjour s’aligne sur « la législation nationale relative à l’entrée et au séjour des étrangers, ainsi que des engagements internationaux librement souscrits par la RDC ».

Kinshasa rejette les accusations des tierces personnes sur leur prétendue installation durable en territoire congolais. Le Gouvernement exclut « une quelconque relocalisation permanente ». Il qualifie ce fait d’un dispositif revêtant un caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps.

Nombre total et nationalités inconnus

Le flou persiste autour de l’accord entre Washington et Kinshasa. Le volume total de migrants à recevoir n’est pas communiqué. Les pays d’origine des personnes déjà présentes à Kinshasa ne sont pas non plus précisés.

Lors de son passage à TV5, la Première Ministre, Judith Suminwa, a qualifié ce dispositif d’« un service » rendu par la RDC aux États-Unis. Contre toute attente, elle admet ne pas connaître les nationalités des personnes arrivées dans le contingent initial, encore moins le nombre exact.

Cette sortie médiatique a suscité un tollé dans l’opinion nationale. L’opposition, la société civile et les organisations de défense des droits humains, expriment toutes leurs craintes. Elles redoutent une répétition des faits de 1994 dans l’Est de la RDC.

Alors que le Zaïre à l’époque (actuelle RDC) avait ouvert sa frontière pour accueillir les Tutsis fuyant le génocide rwandais, cette aide humanitaire est aujourd’hui à la base de l’agression du Kivu.

Depuis plus de 30 ans, des crimes se reproduisent dans cette contrée. Des morts sont comptés au quotidien, des déplacements massifs et plusieurs cas des viols des filles et des femmes. La responsabilité du Rwanda est établi dans différents rapports des organisations internationales. Mais aucune solution durable n’est apportée pour les innocentes populations locales.

Nord-Kivu : 56 cas suspects, 6 morts à Walikale – le choléra progresse, la riposte piétine

Ils ont fui les balles du Masisi. Ils pensaient trouver la paix à Walikale. Ils ont trouvé le choléra. Depuis mars 2026, la zone de santé de Kibua, dans le territoire enclavé de Walikale au Nord-Kivu, comptabilise 56 cas suspects de la maladie hydrique. Et déjà 6 morts. Derrière ces chiffres, il y a des enfants qui se vident de leur eau en quelques heures. Des mères qui regardent, impuissantes. Et des soignants qui n’ont plus rien pour sauver.

Ntoto, Langira, Kilungu. Trois noms de secteurs qui résonnent désormais comme un glas. C’est là que l’épidémie frappe le plus fort. Le médecin chef de la zone de santé de Kibua, le Dr Yves Tsongo Bikunde, ne mâche pas ses mots : la cause, c’est la guerre. Les familles qui arrivent du territoire voisin de Masisi, où les affrontements entre l’AFC-M23 et les FARDC ne faiblissent pas, s’entassent dans des sites de fortune. Promiscuité. Absence de latrines. Pas d’eau potable. Le cocktail parfait pour que le vibrion cholérique se propage à la vitesse d’un feu de brousse.

« Nous avons pris en charge certains cas, mais avec des moyens insuffisants », lance le médecin. Un cri d’alarme à peine voilé. Car sur le terrain, la réalité est cruelle : il manque des intrants pour la réhydratation, du Ringer lactate, des cathéters, des antibiotiques. Des basiques. Du matériel qui ne devrait jamais manquer dans une zone à risque.

Des enfants de plus de cinq ans en première ligne

Les données locales sont glaçantes : les enfants de plus de cinq ans figurent parmi les principales victimes. Le choléra ne fait pas de détail. Une diarrhée explosive, des vomissements, et la déshydratation guette. En quelques heures, sans soins, l’enfant bascule. La létalité dépasse alors 10 %. Avec une prise en charge rapide, elle tombe sous 1 %. Mais à Kibua, rien n’est rapide. Les routes sont mauvaises. L’insécurité rôde. Et les ambulances manquent de carburant.

Les équipes de la Croix-Rouge, elles, sont sur le pont. Elles désinfectent les habitations, sensibilisent porte à porte. Mais sans eau propre, sans savon, sans latrines d’urgence, leur travail est un pansement sur une hémorragie.

Walikale, le territoire oublié

Walikale est l’un des territoires les plus vastes et les plus inaccessibles du Nord-Kivu. À l’ouest de Goma, ses routes sont des pièges. L’insécurité y est chronique. Et depuis janvier 2026, les vagues de déplacés venus du Masisi et de Rutshuru n’ont cessé de grossir, saturant des capacités locales déjà exsangues.

Aujourd’hui, à Kibua, les sites de Ntoto, Langira et Kilungu sont des bombes à retardement. Des milliers de personnes vivent sans latrines, sans eau courante, sans rien. Chaque pluie charrie les excréments vers les sources. Chaque poignée de main peut être mortelle.

Les besoins urgents listés par Kibua

Pour stopper l’hécatombe, la zone de santé a dressé une liste. Elle attend les partenaires humanitaires. Voici ce dont elle a besoin, immédiatement :

  • Intrants médicaux : sels de réhydratation orale, Ringer lactate, cathéters, antibiotiques (selon protocole OMS).

  • Eau et assainissement : chlore en poudre et comprimés, jerricans, bladders, kits de chloration domiciliaire.

  • Hygiène : savon, seaux avec robinet, kits WASH pour les ménages et les sites de déplacés.

  • Latrines d’urgence : construction et vidange dans les trois secteurs touchés.

  • Logistique : carburant pour les ambulances et les chaînes de froid, transport des échantillons vers le laboratoire.

  • Sensibilisation : mégaphones, affiches, relais communautaires.

Sans cette aide, prévient le Dr Tsongo, les 56 cas suspects ne seront que le début.

Le choléra, vieux démon du Nord-Kivu

La province du Nord-Kivu connaît des épidémies récurrentes de choléra, surtout autour des lacs Kivu et Édouard. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) le répète inlassablement : eau potable, assainissement et vaccination réactive sont les trois piliers. Mais à Walikale, aucun de ces piliers ne tient debout.

Les autorités sanitaires locales rappellent les gestes barrières : boire de l’eau traitée, se laver les mains au savon, cuire les aliments, et courir au centre de santé dès les premiers signes de diarrhée. Des conseils de bon sens. Mais quand on n’a pas de savon, quand l’eau vient d’une mare, quand le centre de santé est à trois heures de marche et qu’il n’a plus de médicaments… le bon sens devient un luxe.

Montreux, la paix au ralenti

Cette flambée de choléra survient alors que Kinshasa et l’AFC-M23 négocient à Montreux, en Suisse, sous médiation qatarie. L’objectif affiché : un cessez-le-feu durable et la réouverture des axes humanitaires vers les zones enclavées comme Walikale. La résolution 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, elle, réclame toujours le retrait de « toutes les forces étrangères non invitées » du sol congolais.

Le lien entre sécurité et santé n’a jamais été aussi visible. Tant que les combats déplacent des populations et bloquent les routes, le choléra trouvera à Kibua, Ntoto, Langira et Kilungu un terrain fertile. Les diplomates discutent. Les médecins, eux, enterrent des enfants.

Les USA et la RDC unissent leurs microscopes contre les épidémies

Kinshasa, 25 février 2026 – Il ne s’agissait pas seulement de discours et de signatures au bas d’un compte-rendu. Ce mercredi, dans une salle de la capitale congolaise, se jouait peut-être l’une des partitions les plus importantes pour l’avenir de millions de Congolais. Sous les projecteurs, non pas des stars, mais des techniciens, des médecins et des diplomates, un message clair a été envoyé : la guerre contre les maladies se gagnera ensemble.

L’ambassade des États-Unis et le gouvernement congolais ont donné le coup d’envoi d’un atelier stratégique, bien loin des protocoles figés. L’objectif ? Tailler sur mesure le costume de l’aide américaine, via les célèbres CDC (Centers for Disease Control and Prevention), pour qu’il épouse parfaitement les réalités et les urgences sanitaires de la RDC.

Le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis, Ian J. McCary, a planté le décor avec la précision d’un clinicien. Loin de se contenter de louer une coopération, il en a détaillé les organes vitaux. « Notre coopération a contribué à des systèmes de surveillance des maladies plus performants, des réseaux de laboratoires élargis et renforcés, ainsi qu’à une meilleure capacité de préparation », a-t-il énuméré, dressant le portrait d’un corps médical congolais progressivement équipé pour résister aux chocs épidémiques.

Mais derrière l’énumération des succès, c’est une philosophie qui s’exprime : celle d’un partenariat qui ne se contente pas de transférer des fonds, mais qui construit des fondations. Le représentant américain a insisté sur la fierté de son pays à « se tenir aux côtés » de la RDC, une image de soutien actif, presque fraternel, dans la lutte contre les ennemis invisibles que sont les virus et les bactéries.

  • Face à lui, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noella Ayeganagato, a endossé le rôle de garant de cette alliance. Avec une formule qui a fait mouche, elle a évoqué « une confiance mutuelle durable » entre les deux nations, un partenariat qui dépasse le simple cadre technique pour toucher à l’essentiel : la santé des populations. En réaffirmant « l’attachement » de Kinshasa à ce partenariat stratégique, elle a envoyé un signal fort : la RDC est prête à prendre le gouvernail de sa propre santé publique, guidée par la boussole de ses priorités nationales.

Le véritable architecte de cette synergie, Delayo Zomahoun, directeur pays du CDC, a levé le voile sur la mécanique de cette revue annuelle. Avec une honnêteté intellectuelle rare, il a expliqué que cet atelier n’était pas un « simple exercice technique », mais la réponse à un souhait légitime du ministère congolais de la Santé : plus de visibilité, plus de transparence, et un alignement parfait entre l’argent investi et les besoins réels de la population.

« Cette revue reflète également une vision stratégique interne du CDC : être réellement en phase avec les priorités nationales », a-t-il insisté. Une déclaration qui sonne comme une promesse : celle de mettre la puissance technique et financière américaine au service d’une vision 100 % congolaise.

Au-delà des mots, c’est tout un système qui se met en ordre de marche. De la surveillance des maladies dans les coins les plus reculés de la forêt équatoriale au renforcement des laboratoires de Kinshasa, en passant par la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, ce partenariat revisité est un bouclier que l’on forge contre les épidémies de demain.

Pendant que le monde regarde ailleurs, Kinshasa est en train de devenir, discrètement mais sûrement, un laboratoire géant de la coopération sanitaire. Un endroit où la diplomatie ne se contente pas de parler, mais où elle soigne.

Judith Suminwa s’apprête à offrir son nom et sa pierre à un géant médical de 50 millions USD

Kisantu, ce lundi 23 février 2026, s’apprête à vivre un moment historique. Sous le ciel généreux du Kongo Central, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’avance pour enfoncer la première pelle dans la terre promise. Cette pelletée, symbolique mais lourde de sens, marque le lancement des travaux des Cliniques universitaires de l’Université Kongo (UK).

Le nom de l’édifice est déjà choisi et résonne comme un hommage mérité. Ces cliniques porteront celui de la Cheffe du Gouvernement, première femme à accéder à ce poste en RDC et première personnalité originaire du Kongo Central à occuper cette fonction suprême. L’université de sa terre natale a voulu immortaliser cette double consécration dans le béton et l’acier.

6,7 millions de dollars pour poser la première brique

Au-delà du symbole, les chiffres donnent la mesure de l’ambition. Le premier module des cliniques représente un investissement de 6,7 millions de dollars. À cette somme s’ajouteront 2,5 millions pour équiper l’établissement des technologies médicales les plus modernes.

Les engins de chantier devront tourner rapidement et efficacement. Le premier module doit être terminé en un an et six mois, afin de sortir de terre une structure qui ne ressemblera en rien à un simple dispensaire.

Une faculté de médecine qui prend le large

Parallèlement, l’Université Kongo a pris une décision stratégique : sa faculté de médecine, actuellement à Kisantu, sera délocalisée vers Luangu. Sur un terrain de 24 hectares, un nouveau pôle de formation verra le jour.

Le projet ne se limite pas à un bâtiment. L’ambition vise à créer un véritable « pool médical » intégré, comprenant :

  • Les Cliniques universitaires

  • Une faculté de médecine moderne

  • Une faculté de médecine bucco-dentaire

  • Un Institut supérieur technique médical (ISTM)

  • Une École de santé publique

  • Un grand laboratoire de production pharmaceutique

  • Un centre spécialisé dans les maladies tropicales

Cinq ans pour bâtir un rêve à 50 millions

La vision est ambitieuse et précise. La réalisation complète du complexe est prévue sur cinq ans, pour un coût total de 50 millions de dollars. Ce projet doit faire de l’Université Kongo la référence incontournable de la formation médicale en Afrique centrale.

« Notre faculté de médecine a grandement besoin d’une unité de formation et de recherche », explique le recteur, le Professeur Germain Kuna Maba Mambuku. « Ces cliniques joueront un rôle fondamental pour la recherche, mais aussi pour améliorer les services de santé à la communauté. »

3 000 lits pour soigner et former

Le projet reste centré sur l’essentiel : le soin. Les polycliniques prévues offriront 3 000 lits, intégrant tous les services médicaux nécessaires pour répondre aux besoins d’une population souvent démunie, tout en servant de terrain d’apprentissage pour les futurs médecins.

Financement participatif : un pari audacieux

Comment financer un projet de cette envergure ? L’Université Kongo mise sur l’innovation et la transparence. Le recteur détaille le mécanisme :
« Toutes les personnalités qui veulent participer à cette aventure contribueront. Ceux qui investiront deviendront co-propriétaires du projet. »

Concrètement, 40 % du montant total sera collecté via une plateforme de financement participatif, ouverte à tous, tandis que les 60 % restants proviendront d’investisseurs volontaires. Ce modèle repose sur la confiance et l’attachement des Congolais, au pays comme à l’étranger, à un projet qui dépasse le cadre universitaire.

Judith Suminwa, marraine d’un héritage

En posant cette première pierre, la Première ministre ne pose pas seulement un bloc de béton. Elle pose la première pierre d’un héritage. Une femme qui a ouvert la voie et qui, par ce geste, contribue à former une médecine congolaise de qualité, sur place, pour soigner sur place.

Pour l’Université Kongo, ce lundi 23 février 2026 marque un tournant. Pour le Kongo Central, une promesse. Pour la RDC, une étape supplémentaire vers un système de santé digne de ce nom.

Le compte à rebours a commencé. Dans dix-huit mois, le premier module devra sortir de terre. Dans cinq ans, le rêve des 50 millions de dollars devra devenir réalité. D’ici là, les promoteurs comptent sur la mobilisation de tous. À Kisantu, on soigne, on forme, on bâtit. Pour demain.

Selon l’OMS, 38% des cancers sont évitables (tabac, infections, alcool)

Une étude choc de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle que 37,8% des nouveaux cas de cancers diagnostiqués dans le monde en 2022 – soit près de 7,1 millions de personnes – étaient liés à des causes évitables. Ces conclusions, publiées dans la revue Nature, pointent du doigt des facteurs de risque bien connus sur lesquels il est possible d’agir.

L’analyse, qui a examiné 30 facteurs de risques dans 185 pays, identifie le tabac comme la principale cause évitable, responsable à lui seul de 15% des nouveaux cas de cancer à l’échelle mondiale. Viennent ensuite des infections (10%), comme le papillomavirus ou Helicobacter pylori, et la consommation d’alcool (3%).

Trois familles de cancers particulièrement concernées

Les cancers considérés comme les plus évitables sont ceux du poumon (tabac, pollution), de l’estomac (infection à H. pylori) et du col de l’utérus (papillomavirus). Pour ce dernier, le Dr Andre Ilbawi de l’OMS affirme que son éradication n’est « pas un rêve ». « Pour la première fois, on pourrait l’éliminer totalement. Ça passe par la vaccination, le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses », explique-t-il, notant que 65% des femmes vivent désormais dans des pays où la vaccination est possible.

Des mesures simples et efficaces

Face à ce constat, l’agence onusienne plaide pour des politiques de prévention éprouvées, comme la hausse des taxes sur l’alcool et le tabac, la promotion de l’activité physique, la lutte contre la pollution de l’air et la généralisation des vaccinations.

Le message est clair : si le vieillissement et d’autres facteurs génétiques continueront de causer des cancers, une large part de l’épidémie mondiale est évitable par des changements de comportement et des politiques de santé publique courageuses. La balle est désormais dans le camp des gouvernements et des individus.

Le Gouvernement interdit la chirurgie BBL pour raisons de sécurité

KINSHASA – Le gouvernement congolais a pris une mesure radicale pour protéger la santé des citoyens. Ce mercredi 26 novembre, lors de son passage à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé Publique, Roger Kamba, a officiellement annoncé l’interdiction de la pratique des chirurgies esthétiques de type BBL (Brazilian Butt Lift) sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo.

Cette décision, qui prend effet immédiatement, répond aux interrogations du député Guy Mafuta sur la prolifération des interventions esthétiques à Kinshasa. Le ministre a justifié cette interdiction par un constat alarmant : l’absence de personnel médical qualifié pour réaliser ces opérations délicates.

Une mesure de protection face à un vide médical

« Dans 17 provinces du pays, il n’existe aucun médecin dûment formé et disponible pour pratiquer ce type d’opération », a déclaré Roger Kamba, soulignant les risques graves et les complications vitales associés à ces chirurgies lorsqu’elles sont pratiquées par du personnel non qualifié.

Le ministre a été particulièrement direct dans son analyse : « Les cliniques [qui pratiquent ces interventions] ne sont pas médicales. Il n’y a aucun chirurgien spécialiste en chirurgie esthétique en RDC. Nous ne pouvons pas leur demander d’exercer car elles ne sont pas médicales. »

Double offensive sanitaire : BBL et choléra

La même séance parlementaire a permis au ministre Kamba de répondre aux préoccupations du député Yangotikala concernant la recrudescence de l’épidémie de choléra dans le pays. Le gouvernement présente ainsi un front sanitaire actif sur deux tableaux : la régulation des pratiques médicales à risque et la lutte contre les épidémies traditionnelles.

Cette interdiction des BBL marque une volonté du gouvernement de reprendre le contrôle sur un secteur médical parfois informel, quitte à priver la population d’interventions considérées comme non essentielles face aux enjeux de sécurité sanitaire.

Le vaccin anti-Rougeole Rubéole désormais gratuit

KINSHASA – Le geste est simple, la piqûre, rapide. Mais son impact pourrait sauver des milliers de vies. Ce mercredi, le gouvernement congolais a lancé une campagne nationale de vaccination contre la rougeole et la rubéole. Gratuit, le nouveau vaccin combiné cible tous les enfants de 9 mois à 14 ans, alors que l’épidémie a déjà emporté 794 jeunes vies depuis janvier.

Une urgence sanitaire nationale

Le ministre de la Santé, Roger Kamba, ne cache pas l’urgence. Devant les médias réunis, il dresse un constat alarmant : 51 812 cas de rougeole et rubéole recensés depuis le début de l’année. Derrière ces chiffres glacials, des salles de consultation surchargées, des mères anxieuses et des infirmières débordées.

« La rougeole touche principalement les plus jeunes, provoquant fièvre, éruptions cutanées et complications respiratoires pouvant conduire au décès », explique le ministre, martelant chaque mot. Il insiste sur les risques pour les femmes enceintes, où la rubéole peut provoquer avortements et malformations fœtales.

Quatre provinces en première ligne

La campagne démarre en quatre vagues. Le Grand Katanga, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé et l’Ituri constituent les premières zones ciblées. Objectif : vacciner 30 000 enfants dans ces régions particulièrement touchées. Les équipes médicales se déploient déjà, bravant souvent des conditions logistiques précaires pour atteindre les villages les plus reculés.

Dans les centres de santé, le personnel s’active. Chaque flacon de vaccin représente une victoire potentielle contre ces maladies qui font des ravages dans les communautés les plus vulnérables. Le gouvernement promet que aucun enfant ne sera laissé de côté, même dans les zones d’accès difficile.

Un espoir pour les familles

Pour des millions de parents congolais, cette annonce sonne comme un soulagement. Dans un pays où les dépenses de santé pèsent lourd sur les budgets familiaux, la gratuité du vaccin change la donne. Elle pourrait enfin briser la chaîne de transmission qui maintient ces maladies endémiques.

Le ministre Kamba le rappelle : ce vaccin combiné viendra renforcer le calendrier vaccinal national. Une avancée majeure pour un système de santé souvent mis à rude épreuve, et un signal fort dans la lutte pour la survie des enfants congolais.

Alors que les premières doses sont administrées, un espoir renaît. Celui de voir enfin reculer ces maladies qui, depuis trop longtemps, volent l’enfance aux plus jeunes.

Massacre de Lemera : le jour où le Dr Mukwege a basculé

BUKAVU – La nuit du 6 octobre 1996 aurait pu être une nuit comme les autres à l’hôpital de Lemera. Elle est devenue l’événement qui allait changer le visage de la médecine congolaise. Vingt-neuf ans plus tard, le Dr Denis Mukwege se souvient, la voix empreinte d’une émotion intacte.

La nuit de l’horreur

« Des patients abattus dans leur lit à bout portant. Le personnel, incapable de fuir, exécuté de sang-froid. » Sur son compte X, le Prix Nobel de la paix 2018 décrit avec une précision glaçante le massacre qui a coûté la vie à plus de trente personnes. Lui-même échappe de justesse à la mort.

« Je ne pouvais pas imaginer que ce n’était que le début », écrit celui qui allait devenir le célèbre « réparateur des femmes ».

L’exil fondateur

Contraint de fuir Lemera, le médecin refuse d’abandonner. Trois ans après le drame, il pose les fondations de l’hôpital de Panzi à Bukavu. Ce qui n’était qu’un modeste dispensaire deviendra un centre mondialement reconnu pour la prise en charge des victimes de violences sexuelles.

Sa première patiente à Panzi ? « Une victime de viol ayant reçu un coup de feu dans ses organes génitaux. » Le Dr Mukwege se souvient : « La violence macabre ne connaissait aucune limite. »

Le combat inachevé

Près de trois décennies plus tard, le constat est amer. « Cette violence malheureusement ne s’est jamais arrêtée », déplore-t-il, alors que l’Est de la RDC continue de brûler.

Lemera n’est pas qu’un souvenir. C’est le point de départ d’un combat qui a valu au gynécologue la reconnaissance mondiale, mais aussi de multiples menaces. Aujourd’hui encore, il continue de plaider pour la vérité et la justice, portant la mémoire des victimes comme un étendard.

Dans les couloirs de Panzi, où des milliers de femmes ont retrouvé espoir, l’écho de Lemera résonne toujours. Rappel douloureux que les héros naissent souvent dans l’horreur, et que les plus belles légumes poussent sur les terres les plus meurtries.

Kinshasa reçoit un appui stratégique américain pour contrer les urgences de santé

À Kinshasa, le Centre des opérations des urgences de santé publique (COUSP) et l’Institut national de santé publique (INSP) ont reçu ce jeudi des matériels numériques de surveillance offerts par les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Cette dotation illustre la solidité du partenariat RDC-USA dans le domaine de la santé publique.

Pour le docteur Dieudonné Mwamba, directeur général de l’INSP, cette remise est une « cérémonie hautement significative » :

« Elle traduit l’excellence de la collaboration entre la RDC et les États-Unis, notamment à travers les appuis multiformes dans la gestion des urgences de santé publique. Votre présence témoigne de votre volonté de renforcer nos systèmes de surveillance, de préparation et de réponse aux épidémies. »

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Le docteur Christian Ngandu, coordonnateur du COUSP, a salué l’appui américain dans la riposte à la rougeole, à l’épidémie de Mpox (variole du singe), aux inondations dans quatre provinces, ainsi qu’aux luttes contre l’anthrax et le choléra. Grâce à ce soutien, la RDC peut mener des tests rapides, renforcer la vaccination et améliorer la gestion des alertes sanitaires.

De son côté, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a réaffirmé l’engagement de Washington :

« Notre partenariat avec l’INSP et le centre d’urgence est essentiel. Les États-Unis ont été un partenaire précieux dès le début et continueront de l’être. Les résultats obtenus sont impressionnants, même si beaucoup reste à faire. »

Cette collaboration stratégique vise à améliorer la détection précoce des menaces sanitaires et à renforcer la capacité de riposte à travers tout le territoire congolais.

Les États-Unis offrent plus de 550.000 USD d’équipements pour renforcer la surveillance sanitaire

Jeudi, au Centre des opérations des urgences de santé publique (COSUP) à Kinshasa, la République démocratique du Congo recevra un important don des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Cette remise officielle d’équipements et de matériels numériques de surveillance, d’une valeur de 554.000 dollars américains, vise à moderniser le système de santé et à renforcer les capacités épidémiologiques, tant au niveau national que provincial.

Un partenariat pour moderniser la réponse aux épidémies

Selon le communiqué de presse annonçant l’événement, ces outils serviront à améliorer la collecte, l’analyse et la transmission des données sanitaires. L’objectif principal est de renforcer la surveillance sanitaire en RDC, notamment face à la menace persistante du Mpox. Grâce à cet appui, le COSUP pourra réagir plus rapidement et coordonner efficacement la riposte lors des urgences de santé publique.

Un geste qui renforce la coopération RDC–USA

Ce soutien illustre l’engagement des États-Unis dans la lutte contre les épidémies en Afrique centrale. En misant sur des solutions numériques de pointe, les CDC contribuent à la prévention, à la détection précoce et au contrôle des maladies. Pour la RDC, ce partenariat représente une étape clé vers un système de santé plus résilient et capable d’anticiper les crises sanitaires.

Choléra en RDC : Kinshasa lance l’alerte et promet une riposte urgente

Kinshasa, 10 juillet 2025 — L’épidémie de choléra en RDC continue de s’aggraver, avec une recrudescence inquiétante des cas à Kinshasa et dans plusieurs provinces du pays. Lors d’un point de presse tenu ce jeudi, le ministre de la Santé, Dr Roger Samuel Kamba, a présenté un état des lieux préoccupant et les mesures urgentes engagées par le gouvernement.

« À Kinshasa, 25 zones de santé sur 35 ont déjà enregistré des cas. Chaque semaine, environ 130 nouvelles infections sont signalées, souvent accompagnées de décès », a déclaré le ministre.

Une riposte fragilisée par l’insécurité

Dans les provinces de l’Est, notamment au Sud-Kivu, la riposte reste limitée. « Le Sud-Kivu est la deuxième province la plus touchée sur les 17. L’insécurité et l’absence de moyens logistiques, comme les bateaux sur le Tanganyika, compliquent l’acheminement des intrants médicaux », a-t-il expliqué.

À Bukavu, sous contrôle rebelle, la situation devient critique. Le gouvernement promet d’intervenir, malgré les obstacles sécuritaires.

Appel à la vigilance communautaire

Le ministre appelle la population à la vigilance :

« Au moindre symptôme — vomissements, diarrhées — rendez-vous à l’hôpital. Évitez l’automédication, buvez de l’eau propre, lavez-vous les mains. Appelez le numéro vert 151. »

À ce jour, trois centres de traitement sont déjà opérationnels à Kinshasa : Ngiri-Ngiri, camp Kokolo et Pakadjuma. Deux autres, Mama Koko et Renaissance (ex Mama Yemo), seront ouverts dans les prochaines heures.

L’Unicef en renfort

L’Unicef a déployé des systèmes de gestion d’incidents dans la province de Tshopo, la plus touchée. Ce soutien se poursuit au Maniema et à Kinshasa, avec la distribution de kits médicaux contre le choléra et la rougeole.

« Les habitants de Tshopo vivent près des rivières et utilisent de l’eau contaminée. Cela favorise la propagation rapide du choléra », a expliqué Mariame Sylla, représentante de l’Unicef en RDC.

Avec une épidémie de choléra en RDC qui progresse rapidement, les autorités sanitaires appellent à une mobilisation collective et une discipline stricte des populations pour enrayer la flambée.

Résurgence du Choléra à Mbandaka, alerte sanitaire en Équateur

La résurgence de l’épidémie de choléra a été officiellement confirmée ce samedi 28 juin 2025 par le vice-gouverneur de la province de l’Équateur, Thomas Boyenge Ifaso, à travers un communiqué adressé à la population. La ville de Mbandaka est au centre de cette nouvelle alerte sanitaire qui inquiète les autorités locales.

Selon le communiqué, 14 cas suspects ont été enregistrés depuis le 24 juin, dont un décès confirmé. Les malades sont actuellement pris en charge dans deux structures sanitaires principales : l’hôpital général de référence de Wangata et celui d’Air Kongo.

Une réponse rapide pour contenir la propagation

Les patients, pour la plupart arrivés de Kinshasa par baleinière, nécessitent également un appui nutritionnel en plus des soins médicaux. Face à cette situation, un Comité provincial de coordination de la lutte contre le choléra a été activé pour une réponse rapide et ciblée.

Ce comité, mis en place en collaboration avec la Division provinciale de la santé, concentre ses efforts dans les quatre zones de santé affectées : Mbandaka, Wangata, Bolenge et Lukolela. La province de l’Équateur compte en tout 18 zones de santé, ce qui laisse craindre une possible extension de l’épidémie de choléra.

Des mesures sanitaires renforcées et des appels à la vigilance

Les autorités sanitaires ont également décidé de renforcer les mesures de prévention. Toutes les baleinières et bateaux en provenance ou à destination de Mbandaka font désormais l’objet d’une désinfection systématique. L’opération est coordonnée par les services d’hygiène aux frontières, en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC.

La population est appelée à respecter strictement les règles d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains avec du savon et la purification de l’eau avant toute consommation. Le vice-gouverneur exhorte également les habitants à signaler sans délai tout cas suspect aux services de santé les plus proches.

Vaccination contre la poliomyélite en RDC : campagne nationale du 26 au 30 juin

Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) annonce une campagne nationale de vaccination contre la poliomyélite en RDC, prévue du 26 au 30 juin 2025. Cette opération cruciale vise à protéger les enfants contre la poliomyélite et à stopper la circulation active du virus dans les zones à risque.

Les provinces concernées sont les suivantes :

  • Kinshasa et Lomami : campagne du 26 au 28 juin, pour les enfants âgés de 0 à 5 ans ;

  • Tshopo et Maniema : campagne du 28 au 30 juin, élargie aux enfants de 0 à 15 ans.

Une approche de proximité pour atteindre tous les enfants

Durant ces cinq jours, les équipes de vaccination — composées de vaccinateurs et de mobilisateurs — se rendront dans les ménages, écoles, mosquées, églises, marchés, parkings et autres lieux de rassemblement pour sensibiliser les familles et administrer les vaccins.

L’objectif est clair : renforcer l’immunité collective et éviter toute résurgence de cette maladie invalidante.

Une stratégie de communication sur le long terme

Pour soutenir ses actions, la République Démocratique du Congo s’est dotée d’un plan stratégique de communication pour la vaccination 2026-2030. Ce plan vise à maintenir une couverture vaccinale élevée et équitable, en particulier chez les enfants, afin de prévenir les maladies évitables par la vaccination.

Variole du singe en RDC : 100.000 doses de vaccin reçues de la France

Le gouvernement congolais, par l’entremise du ministère de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, a reçu 100.000 doses du vaccin MVA-BN contre la variole du singe (Mpox), envoyées par la France. Ce don, réceptionné au cours de la semaine épidémiologique 24, s’inscrit dans le cadre d’un partenariat bilatéral renforcé entre Paris et Kinshasa.

Cette livraison vient soutenir les efforts déjà en cours pour freiner la propagation du virus, qui touche plusieurs provinces du pays. Elle marque une étape importante dans la stratégie nationale de lutte contre la variole du singe en RDC.

Une campagne de vaccination en pleine expansion

En plus du vaccin MVA-BN, la RDC utilise également le vaccin japonais LC16m8. La campagne a été lancée le 14 juin 2025 à Bumbu, à Kinshasa, et se déploie progressivement dans les zones les plus touchées.

Le ministère a précisé que la vaccination cible désormais les enfants dès l’âge d’un an, une décision prise pour freiner la chaîne de transmission dans les foyers les plus exposés.

Parallèlement, une feuille de route nationale est en cours de finalisation pour garantir une extension progressive et coordonnée de la couverture vaccinale sur tout le territoire.

Des signes encourageants sur le terrain

Lors de la réunion épidémiologique du 23 juin, les autorités sanitaires ont annoncé une baisse des cas de variole du singe en RDC ainsi qu’un recul du taux de positivité des prélèvements. Ces signaux montrent que les efforts conjoints du gouvernement, des partenaires internationaux et du personnel de santé commencent à porter leurs fruits.

Gratuité maternité en RDC : enjeux pour la couverture santé universelle

Face à une montée de tensions avec les structures sanitaires partenaires, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a convoqué une réunion stratégique ce 18 juin 2025 à Kinshasa. En jeu : le bilan de la gratuité de la maternité dans le cadre de la couverture santé universelle (CSU) en RDC, un programme lancé en avril 2023.

Cette rencontre, tenue avec les responsables d’hôpitaux publics et privés, visait à désamorcer les incompréhensions. Car malgré ses ambitions, la gratuité maternité couverture santé universelle RDC peine à convaincre. Les retards de paiement gouvernementaux bloquent le fonctionnement normal des structures.

Structures en retrait, services en danger

Plusieurs institutions confessionnelles – l’Église du Christ au Congo (ECC), l’Armée du Salut ou encore le BDOM de Kinshasa – ont déjà suspendu leur participation au programme. Leurs plaintes : non-remboursement des frais engagés, manque de clarté budgétaire, et absence de suivi régulier.

Lors de la réunion, Roger Kamba a reconnu les retards. Il a promis un paiement accéléré des arriérés et annoncé un mécanisme d’évaluation trimestrielle pour mieux piloter la CSU.

Reconstruire la confiance pour sauver la CSU

Chaque structure a partagé ses réussites, mais aussi ses difficultés. Des recommandations concrètes ont émergé : renforcement de la coordination, transparence dans les flux financiers, et contrôle continu des performances.

La gratuité maternité couverture santé universelle RDC est une politique clé pour la santé publique. Mais sans financement fiable et engagement mutuel, elle risque de s’effondrer. Le gouvernement saura-t-il regagner la confiance des prestataires ? La suite des paiements en dira long.

PHATKIN livre son premier lot de médicaments antituberculeux en RDC

La République démocratique du Congo vient de franchir un cap majeur dans sa lutte contre la tuberculose. Le gouvernement a officiellement réceptionné, lundi à Kinshasa, un premier lot de médicaments antituberculeux de première ligne produits localement par le laboratoire congolais PHATKIN.

Ce lot permettra de traiter 47 438 patients répartis dans 13 provinces du pays. Il marque une étape cruciale dans le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), en réduisant la dépendance aux importations.

Un virage vers la souveraineté sanitaire

Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a salué une avancée stratégique pour le système de santé congolais :

« C’est une étape décisive vers notre souveraineté sanitaire. »

Cette production locale s’inscrit dans le Plan national de développement sanitaire 2024–2033, qui encourage la montée en puissance de l’industrie pharmaceutique congolaise. L’objectif est clair : renforcer la résilience sanitaire, sécuriser l’approvisionnement, réduire les coûts logistiques et garantir un accès durable aux traitements.

Une dynamique soutenue par la présidence

Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo soutient cette orientation depuis plusieurs années. Il en a fait un pilier de sa gouvernance. La production de médicaments sur le sol congolais s’impose désormais comme une réponse durable aux défis de santé publique.

« Produire nos propres médicaments, c’est garantir un avenir plus sûr pour nos patients », a conclu le ministre Roger Kamba.

Choléra en RDC : Une épidémie persistante, plus de 350 morts, que faut-il faire pour l’éradiquer ?

La République démocratique du Congo est confrontée à une épidémie de choléra persistante depuis plusieurs mois. Déclarée par le ministère de la Santé publique, la maladie touche six provinces : le Haut-Katanga, le Tanganyika, la Tshopo, le Kongo Central, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Des cas sont également documentés dans la capitale, Kinshasa.

Depuis janvier 2025, plus de 18 000 cas ont été enregistrés, avec 350 décès, soit un taux de létalité de 2 %, supérieur à la norme de l’OMS. Une alerte sanitaire majeure pour un pays où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste un défi quotidien.

Quelles réponses pour stopper l’épidémie ?

Interrogé par un de nos confrère, le Dr Richard Kitenge, Chef de Section des Opérations au Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique et Responsable des opérations choléra, explique :

« Le choléra n’est pas une fatalité. C’est une maladie liée à l’eau contaminée, à l’hygiène défaillante. Stopper sa propagation exige une réponse multisectorielle : traitement rapide des cas, approvisionnement en eau potable, assainissement, et surtout, prévention communautaire. »

Selon lui, les mécanismes clés à renforcer sont :

  • La distribution massive d’eau chlorée dans les zones affectées

  • L’assainissement des latrines et des marchés

  • Le traitement rapide des cas dans des centres spécialisés

  • Le renforcement des capacités du personnel de santé

  • La surveillance épidémiologique en temps réel

  • La communication de proximité avec les communautés

Prévention : les gestes simples qui sauvent des vies

Pour se protéger du choléra, chaque citoyen peut agir. Voici les principales mesures de prévention recommandées par les autorités sanitaires et l’OMS :

  • Boire uniquement de l’eau traitée ou bouillie
    Laver régulièrement les mains à l’eau propre et au savon, surtout avant de manger ou après les toilettes
    Bien cuire les aliments et éviter ceux vendus dans des conditions insalubres
    Nettoyer et désinfecter les ustensiles de cuisine
    Utiliser des latrines et éviter de déféquer à l’air libre
    Garder son environnement propre, surtout autour des sources d’eau

Idjwi : un exemple de mobilisation communautaire

Dans le territoire d’Idjwi, au Sud-Kivu, des travailleurs communautaires appuyés par l’UNICEF mènent des campagnes de sensibilisation sur le choléra et la mpox dans des lieux stratégiques comme les stations de motos-taxis et les écoles. Leur action contribue à diffuser les bons gestes pour prévenir la maladie.

Un remerciement particulier à la Banque mondiale pour son soutien à ces interventions vitales, qui renforcent la résilience des communautés locales face aux épidémies.

Tant que l’accès à l’eau potable et à l’hygiène de base reste limité, le choléra continuera de menacer la vie de milliers de Congolais. Il est urgent d’unir les efforts : autorités sanitaires, partenaires techniques, communautés locales… Le combat contre le choléra est aussi celui de la dignité humaine.

Choléra en Afrique : Réunion d’urgence de l’Union Africaine — Tshisekedi en première ligne

Le mercredi 4 juin 2025, à Kinshasa, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a participé à une réunion d’urgence de l’Union Africaine.
Cette session s’est tenue par visioconférence, sous l’initiative du Président zambien Hakainde Hichilema.

Objectif : réagir face à l’épidémie de choléra qui frappe actuellement plusieurs pays du continent. L’Angola, le Soudan, le Sud-Soudan et la RDC figurent parmi les plus touchés.

Connu pour son engagement, le président Hichilema est reconnu par ses pairs comme champion de la lutte contre le choléra en Afrique. Il a convoqué cette réunion avec le soutien du CDC Afrique (Centres africains de contrôle et de prévention des maladies).

Les échanges ont porté sur plusieurs urgences.
Les chefs d’État présents ont été appelés à prendre des engagements fermes :

  • Renforcement de la surveillance épidémiologique,

  • Accès élargi à l’eau potable,

  • Lancements de campagnes de vaccination,

  • Et surtout, la mise en place d’un plan d’action d’urgence multisectoriel.

Le Président Tshisekedi a réaffirmé l’engagement de la RDC à coopérer dans la lutte régionale contre cette crise. Il a appelé à une solidarité renforcée entre les États africains, estimant que seule une réponse coordonnée et rapide pourra endiguer la propagation de la maladie.

Alors que le choléra continue de s’étendre, cette mobilisation des dirigeants africains marque un tournant crucial dans la gestion de la crise.

RDC – Iran : des opportunités pharmaceutiques inédites au cœur de l’Expo Iran 2025

Lors de la 7e édition de l’Expo Iran, organisée du 28 avril au 2 mai 2025 à Téhéran, l’entreprise iranienne Baravand, spécialisée dans la fabrication de matériels médicaux, a exprimé sa satisfaction. Elle a établi des liens solides avec une vingtaine de partenaires internationaux venus de divers continents.

« Plusieurs délégués ont manifesté un intérêt réel pour nos équipements médicaux, notamment les tables d’opération, sièges de dentisterie et lits adaptés aux patients comateux », a déclaré Gholamali Rezaei, responsable chez Baravand. Ces partenaires ont promis de poursuivre les échanges en ligne, en vue de conclure des accords concrets.

La RDC, terre de plantes médicinales : une opportunité pour l’industrie iranienne

Toujours dans le cadre de l’exposition, Mehdi Pourmohammadi, vice-président de l’entreprise iranienne Sinarad, a mis en avant une perspective de collaboration inédite avec la République démocratique du Congo.

« En RDC, les plantes à vertu médicinale sont abondantes. Nous disposons d’équipements modernes en inox, capables de les transformer en médicaments à grande échelle. Une coopération dans ce domaine serait bénéfique », a-t-il affirmé à nos sources.

Vers une alliance pharmaceutique stratégique RDC-Iran ?

Ces échanges ouvrent la voie à une coopération médicale et pharmaceutique entre la RDC et l’Iran. Les technologies iraniennes pourraient valoriser les ressources naturelles congolaises, encore largement sous-exploitées dans le secteur pharmaceutique.

Cette alliance pourrait non seulement dynamiser l’industrie de la santé en RDC, mais aussi renforcer la position de l’Iran comme acteur technologique sur le continent africain.

Nord-Kivu : l’Anthrax refait surface

Une alerte sanitaire vient de frapper la province du Nord-Kivu. Le gouverneur militaire, Evariste Kakule, a annoncé officiellement, mardi 15 avril 2025, l’apparition d’une épidémie d’Anthrax, aussi appelée fièvre de charbon.

Dans un communiqué, il explique que cette maladie grave et infectieuse est provoquée par une bactérie présente dans le sol. Elle touche principalement les animaux, mais peut également infecter et tuer des humains.

Trois voies de transmission ont été identifiées :

  • Cutanée : par contact direct avec des animaux ou produits d’origine animale contaminés.

  • Digestive : par la consommation de viande d’animaux infectés ou morts.

  • Respiratoire : par inhalation des spores de la bactérie.

Par voie cutanée, les symptômes incluent des papules, des vésicules, puis une infection sévère. Par inhalation, les malades souffrent de fièvre, de maux de gorge, de toux, de douleurs thoraciques et de détresse respiratoire. Après ingestion, les signes les plus fréquents sont des douleurs abdominales et une diarrhée sanglante.

Pour faire face à la propagation, le gouverneur appelle à la vigilance maximale. Il exhorte les habitants à ne pas toucher ni consommer de viande suspecte, à respecter strictement les règles d’hygiène, à désinfecter les locaux et matériels contaminés, et à consulter immédiatement un centre de santé au moindre symptôme.

« Toute personne présentant un des signes évoqués doit être conduite sans délai à un établissement sanitaire », a insisté l’autorité provinciale.

La province est en état d’alerte. Les autorités sanitaires sont mobilisées pour éviter une propagation incontrôlée de cette épidémie zoonotique.

Kalemie lance une nouvelle phase de vaccination : 1 million d’enfants protégés contre la poliomyélite

Le 9 avril 2025, la ville de Kalemie, chef-lieu du Tanganyika, a lancé la campagne de vaccination contre la poliomyélite. Cette phase vise à vacciner plus d’un million d’enfants âgés de 0 à 59 mois dans toute la province. L’objectif est de lutter contre une maladie qui reste un problème majeur de santé publique.

Sensibilisation à travers un spectacle théâtral

Lors du lancement, un spectacle théâtral a été présenté pour sensibiliser la population. Ce moment fort a souligné l’importance de la vaccination pour la protection des enfants. Le message était clair : la vaccination est le moyen le plus efficace pour prévenir la poliomyélite.

Engagement des parents pour un succès garanti

Le représentant des partenaires humanitaires a insisté sur l’importance de l’implication des parents. Selon lui, leur participation active est essentielle pour garantir le succès de cette campagne. Il a encouragé les familles à prendre part à ce processus de vaccination afin de garantir la santé de leurs enfants.

Le ministre de la santé réaffirme l’engagement du gouvernement

Le ministre provincial de la santé, Benoît Muhiya, a réaffirmé la détermination du gouvernement provincial à lutter contre la poliomyélite. Il a insisté : « Le gouvernement est fermement engagé à éliminer cette maladie. Il est crucial que les parents fassent vacciner leurs enfants pour renforcer leur système immunitaire. »

Vaccination symbolique pour rappeler l’urgence d’agir

Pour marquer l’importance de cette campagne, une vaccination symbolique a eu lieu, avec quelques enfants vaccinés en présence des autorités. Ce geste a illustré l’engagement des autorités et des partenaires pour un avenir sans poliomyélite.

Objectif ultime : éradiquer la poliomyélite en RDC

Cette phase de vaccination de cinq jours fait partie d’un effort national pour éradiquer la poliomyélite en République Démocratique du Congo. Elle représente une avancée majeure dans la lutte contre les maladies infectieuses. Les autorités congolaises et les partenaires humanitaires travaillent sans relâche pour protéger les enfants et renforcer le système de santé national.

Cette campagne de vaccination est une étape importante vers l’éradication de la poliomyélite. Les actions entreprises aujourd’hui visent à offrir un avenir plus sain aux enfants du Tanganyika et de toute la République Démocratique du Congo.

La Suisse renforce la Néonatologie sur l’Île d’Idjwi

Ce jeudi 3 avril 2025, l’ambassadeur de Suisse en RDC, Chasper Sarott, a réaffirmé l’engagement de son pays dans le secteur de la santé en annonçant un renforcement des infrastructures médicales pour lutter contre la mortalité néonatale Sur l’île d’Idjwi au Sud-Kivu l’hôpital de Kihumba a bénéficié d’une augmentation de la capacité d’accueil de sa maternité ainsi que d’un équipement moderne en néonatologie

Grâce à cette initiative la Suisse a permis à la maternité de doubler sa capacité d’accueil et d’acquérir des incubateurs et autres matériels médicaux destinés aux soins des nouveau-nés Une avancée cruciale pour cette île enclavée où l’accès aux soins demeure un défi majeur

La coopération helvétique continue d’apporter des solutions concrètes au secteur de la santé en RDC en ciblant les zones les plus vulnérables Avec cette nouvelle intervention sur l’île d’Idjwi la Suisse confirme son rôle clé dans l’amélioration des soins maternels et néonataux dans le pays

Vaccination en RDC : Un million d’enfants non protégés, le gouvernement tire la sonnette d’alarme

Un constat alarmant. En RDC, un million d’enfants n’ont reçu aucun vaccin, tandis que deux millions n’ont reçu que partiellement leurs doses. C’est le cri d’alerte lancé par le ministre de la Santé, Roger Kamba, lors de l’ouverture du 4ᵉ Forum National sur la Vaccination et l’Éradication de la Poliomyélite, mercredi 5 mars à Kinshasa.

Des efforts colossaux, mais une couverture vaccinale insuffisante

Placée sous le thème « Immunisation, Nutrition et Lutte contre le Cancer du Col de l’Utérus », cette rencontre vise à identifier des solutions concrètes pour accélérer la vaccination. Malgré un financement annuel de plus de 18 millions de dollars pour l’achat de vaccins et le renforcement des infrastructures, le système sanitaire congolais reste fragile, en raison du manque de structures adaptées, des conflits et de la désinformation.

Un enjeu crucial pour la santé publique

Le Dr Polydore Mbongani Kabila, coordonnateur du Conseil National de la Couverture Santé Universelle (CNCSU), a rappelé que la vaccination permet non seulement de prévenir les maladies infectieuses, mais aussi certains cancers, comme celui du col de l’utérus.

L’objectif : éradiquer la polio d’ici 2030

Ce forum de deux jours réunissant ministres, gouverneurs, parlementaires et partenaires internationaux – Gavi, UNICEF, Fondation Bill & Melinda Gates – devrait aboutir à des recommandations clés, notamment le renforcement du Plan Mashako II, un programme visant à relancer la vaccination et atteindre les enfants « zéro dose ».

Avec une couverture vaccinale encore loin des 90 % recommandés par l’OMS, la RDC doit intensifier ses efforts pour protéger sa population contre des maladies évitables.

Une première biopsie osseuse scanno-guidée réalisée à Kinshasa

Le Centre Médical Diamant de Limete (CMDLimete) a marqué une avancée majeure dans le domaine de la radiologie interventionnelle en réalisant, pour la première fois ce jeudi  en République démocratique du Congo , une biopsie osseuse scanno-guidée . Cette technique innovante améliore considérablement la précision et la rapidité des diagnostics médicaux , notamment pour les pathologies osseuses .

Selon un communiqué officiel du centre médical, cette première intervention témoigne du progrès technologique dans le secteur de la santé en RDC. La biopsie osseuse scanno-guidée repose sur l’ imagerie médicale en temps réel , permettant d’effectuer des micro-prélèvements osseux avec une précision de 100 % , essentielle pour un diagnostic anatomopathologique fiable et un traitement ciblé des maladies osseuses.

Cette innovation ouvre la voie à une meilleure prise en charge des patients nécessitant des analyses approfondies, tout en particulier les risques d’erreurs diagnostiques. Le CMDLimete se positionne ainsi comme un acteur clé du développement de la radiologie interventionnelle en RDC, contribuant à l’amélioration des soins médicaux spécialisés dans le pays.

Alerte sanitaire en RDC : Une mystérieuse maladie foudroyante fait plus de 50 morts en un mois

Une maladie inconnue et extrêmement mortelle frappe le nord-ouest de la République Démocratique du Congo (RDC). En moins d’un mois, elle a déjà fait plus de 50 morts et infecté plus de 400 personnes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport alarmant le 24 février, révélant 419 cas enregistrés depuis le 21 janvier, dont 53 décès. Les experts sanitaires tentent désespérément d’identifier cette maladie qui se propage à une vitesse inquiétante.

Les premiers cas liés à la consommation de chauves-souris

L’épidémie a débuté dans la ville de Boloko, où trois enfants sont morts dans les 48 heures après avoir mangé une chauve-souris. Les victimes présentaient des symptômes de fièvre hémorragique, notamment une forte fièvre, des frissons et des douleurs musculaires. Ces cas ont immédiatement alerté les autorités sanitaires locales, qui ont lancé une enquête pour comprendre l’origine de la maladie.

La consommation de chauves-souris, bien que courante dans certaines régions, pose un risque sanitaire majeur. Ces animaux sont connus pour être des réservoirs de virus dangereux, comme Ebola ou la rage. Cette pratique alimentaire, combinée à un manque d’infrastructures sanitaires, crée un terrain propice à l’émergence de maladies zoonotiques.

Une maladie qui tue en moins de 48 heures

Le Dr Serge Ngalebato, directeur médical de l’hôpital de Bikoro, a exprimé son inquiétude face à la rapidité avec laquelle la maladie entraîne la mort. « L’intervalle entre l’apparition des symptômes et le décès ne dépasse pas 48 heures dans la majorité des cas », a-t-il déclaré à l’Associated Press.

Les symptômes rapportés incluent :

  • Une fièvre élevée
  • Des frissons intenses
  • Des douleurs musculaires et articulaires
  • Une fatigue extrême

Cette rapidité d’évolution rend la maladie particulièrement difficile à traiter et à contenir. Les équipes médicales sur place sont débordées, et les hôpitaux manquent de ressources pour faire face à l’afflux de patients.

Les tests écartent Ebola et d’autres fièvres hémorragiques

Pour identifier l’agent pathogène responsable, les experts ont envoyé des échantillons de 13 patients à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa. Les résultats préliminaires ont écarté des maladies connues comme Ebola, le virus de Marburg ou d’autres fièvres hémorragiques virales.

Cependant, 56 % des cas testés se sont révélés positifs au paludisme, selon le site d’information congolais Actualite.cd. Cette découverte soulève des questions sur la nature exacte de la maladie. S’agit-il d’une nouvelle souche de paludisme particulièrement virulente ? Ou d’une co-infection avec un autre agent pathogène encore non identifié ? Les recherches se poursuivent pour répondre à ces questions cruciales.

Une tendance inquiétante des maladies animales-humaines

Cette épidémie s’inscrit dans une tendance préoccupante en Afrique. Les maladies zoonotiques, transmises des animaux aux humains, ont augmenté de plus de 60 % au cours de la dernière décennie, selon un rapport de l’OMS publié en 2022.

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation :

  • La déforestation, qui rapproche les humains des animaux sauvages
  • La consommation de viande de brousse, souvent non contrôlée
  • Le manque d’infrastructures sanitaires dans les zones rurales

Les chauves-souris, souvent consommées dans certaines régions, sont des réservoirs de virus dangereux. Leur manipulation et leur consommation sans précautions suffisantes exposent les populations à des risques sanitaires majeurs.

Une situation similaire en 2024

Cette nouvelle épidémie rappelle une situation similaire survenue fin 2024. À l’époque, une maladie grippale mystérieuse avait causé des dizaines de morts avant d’être identifiée comme une forme sévère de paludisme. Environ 500 personnes avaient été infectées, et 149 avaient perdu la vie.

Ces épidémies répétées soulignent l’importance de renforcer les systèmes de surveillance et de prévention des maladies en RDC. Le pays, déjà confronté à des défis sanitaires majeurs comme Ebola et le paludisme, doit faire face à de nouvelles menaces émergentes.

L’OMS en action

Face à cette urgence sanitaire, l’OMS a dépêché une équipe d’experts sur le terrain pour identifier l’agent pathogène responsable. Les autorités locales et internationales redoublent d’efforts pour contenir la propagation de l’épidémie et éviter une crise sanitaire majeure.

Les actions en cours incluent :

  • L’isolement des patients infectés
  • La sensibilisation des populations aux risques liés à la consommation de viande de brousse
  • Le renforcement des capacités des hôpitaux locaux

Cette nouvelle épidémie en RDC met en lumière les défis sanitaires auxquels le pays est confronté. Alors que les experts tentent d’identifier la maladie, il est crucial de renforcer les systèmes de santé et de prévention pour éviter de futures crises. La collaboration entre les autorités locales, l’OMS et les organisations internationales sera déterminante pour protéger les populations et endiguer cette menace.

Choléra : L’Épidémie frappe durement le Haut-Katanga, un appel à la mobilisation

Depuis le début de l’année 2025, la province du Haut-Katanga fait face à une épidémie de choléra d’une intensité sans précédent. En seulement quelques semaines, 1 505 cas ont été signalés, entraînant 37 décès, soit un taux de létalité de 2,5 %. La situation devient critique, car pratiquement toutes les zones de santé sont désormais touchées.

Le ministre provincial de la Santé, Dr Joseph Nsambi, a confirmé cette aggravation lors d’une déclaration mardi 18 février 2025. Il a précisé que le nombre de cas était bien dernière plus élevé que l’année à la même période, où les cas n’avaient pas dépassé les 800.

La mobilisation des autorités locales

Face à cette crise, les autorités provinciales ont pris des mesures immédiates. Elles ont organisé une réunion d’urgence avec les bourgmestres des communes et les responsables des services publics, notamment la Regideso. L’objectif de cette réunion : renforcer la lutte contre l’épidémie et responsabiliser les acteurs locaux.

Le ministre Joseph Nsambi a souligné l’importance de l’implication des bourgmestres. « Les bourgmestres doivent piloter les comités locaux de lutte contre l’épidémie », a-t-il insisté. Selon lui, des actions concrètes doivent être mises en place pour assainir les rues, les marchés et les quartiers, curer les rivières et canalisations, et renforcer les campagnes de sensibilisation sur l’hygiène.

La priorité : la prévention et les soins

Le Dr Nsambi a rappelé que la lutte contre le choléra repose avant tout sur la prévention. Il a exhorté la population à adopter des gestes simples mais essentiels, comme se laver les mains avec du savon après chaque passage aux toilettes et avant de manger, boire de l’eau propre, bien cuire et conserver les aliments, et éviter l’auto-médication. Il a également précisé que toute personne souffrant de diarrhée aiguë doit consulter immédiatement un centre de santé.

Les autorités ont également mis en place une mesure clé : la prise en charge gratuite des personnes atteintes du choléra dans les centres de traitement à Lubumbashi. Le ministre a rassuré que cette prise en charge se faisait en partenariat avec les organisations internationales.

Une crise qui exige l’implication de tous

Face à l’ampleur de la crise, la mobilisation générale est cruciale. Le ministre de la Santé a souligné que la lutte contre l’épidémie ne pourra réussir que si tout le monde, à commencer par les autorités locales et la population, s’engage activement.

le CICR lance une alerte sur une crise humanitaire sans précédent

Dans un communiqué publié le 28 janvier, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’inquiète de l’impact dévastateur des affrontements armés dans et autour de Goma, Nord-Kivu. Ces combats intenses provoquent un afflux massif de blessés dans les structures médicales soutenues par l’organisation, comme l’hôpital CBCA Ndosho.

Depuis le début de janvier, plus de 600 blessés, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont été pris en charge par le CICR. « Les blessés arrivent par moto, bus ou grâce aux volontaires de la Croix-Rouge congolaise, souvent grièvement touchés par des balles ou des éclats d’obus. Les équipes chirurgicales travaillent sans relâche, mais les patients s’entassent, parfois couchés à même le sol », explique Myriam Favier, cheffe de la sous-délégation du CICR à Goma.

L’organisation dénonce l’utilisation d’artillerie dans des zones densément peuplées, comme les camps de déplacés et les quartiers urbains. Des incidents tragiques, notamment l’attaque du camp de Rusayo où des dizaines de civils réfugiés ont perdu la vie, illustrent l’ampleur de la crise.

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Appel au respect du droit humanitaire

Le CICR exhorte les parties au conflit à respecter les structures médicales et le personnel soignant. « Un accès humanitaire sécurisé est indispensable pour répondre aux besoins urgents : eau potable, nourriture, soins de santé et électricité », insiste François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC.

Cependant, la situation se dégrade encore davantage avec le pillage de l’entrepôt médical du CICR à Goma. « Nous condamnons fermement cet acte alors que la survie des blessés dépendait des fournitures qui y étaient stockées », a déclaré François Moreillon sur son compte X.

Malgré les bombardements incessants, les équipes du CICR poursuivent leurs efforts pour sauver des vies, mais appellent à une protection urgente des infrastructures médicales et des civils pris au piège dans ce conflit meurtrier.