Judith Suminwa clôt sa tournée américaine sur une note économique

La Première ministre congolaise a conclu sa visite officielle par des rencontres ciblées avec des investisseurs et des think tanks, capitalisant sur le succès du premier Forum économique bilatéral.

WASHINGTON – Jeudi 16 octobre 2025, Judith Suminwa Tuluka a achevé sa mission diplomatique et économique aux États-Unis par une série d’engagements stratégiques. Après avoir représenté le président Félix Tshisekedi au premier Forum économique et d’investissement RDC–USA, la cheffe du gouvernement a enchaîné les échanges avec des investisseurs, des groupes de réflexion influents et des médias internationaux. Par cette démarche, elle a réaffirmé sa volonté d’ouvrir la RDC à des partenariats économiques durables et transparents.

Des partenariats concrets et un plaidoyer d’influence

Parmi les moments forts de cette dernière journée figurait une séance de travail avec Rendeavour, le développeur de la zone économique spéciale de Kiswishi (SEZ), située dans le Haut-Katanga. Ce projet privé, premier du genre en RDC, illustre la stratégie nationale de diversification économique. Avec son usine Pepsi déjà en activité et ses pôles industriels, commerciaux et résidentiels, Kiswishi se veut une vitrine du renouveau congolais. Judith Suminwa a salué cette réussite et réaffirmé le soutien total de son gouvernement à ces initiatives porteuses de transformation.

Par ailleurs, la Première ministre a rencontré une délégation de l’Atlantic Council, dirigée par Rama Yade. Les discussions ont porté sur le renforcement du dialogue politique entre Kinshasa et Washington et sur l’accompagnement des réformes économiques en cours. Les représentants du think tank ont salué la clarté et la cohérence de la vision portée par la cheffe du gouvernement.

En outre, Judith Suminwa a échangé avec le Réseau des Femmes Leadership Congolaises – USA (CWLN-USA). Elle a souligné le rôle essentiel de la diaspora dans le développement du pays, particulièrement dans les secteurs de la santé, de la finance et de la technologie. Ces femmes ont présenté leurs projets en faveur de l’autonomisation économique et de l’éducation des jeunes filles.

Enfin, pour amplifier le message de son gouvernement, la Première ministre a accordé plusieurs interviews à Reuters, Politico et au Washington Examiner. Elle y a défendu les efforts de la RDC pour consolider la paix, attirer les investissements et renforcer sa crédibilité économique.

Cette tournée américaine, la première du genre pour une Première ministre congolaise, symbolise une nouvelle étape dans la diplomatie économique du pays. En passant des déclarations d’intention à des partenariats concrets, Judith Suminwa positionne la RDC comme un acteur africain ambitieux, prêt à construire des alliances solides et équitables.

RDC-Brésil : une alliance des « poumons verts » pour la justice climatique

Lors d’une visite officielle à Brasilia, les ministres de l’Environnement de la RDC et du Brésil ont scellé un partenariat stratégique, se présentant comme les « poumons verts » de la planète pour exiger justice climatique et financements équitables.

Brasilia – Dans les salons feutrés du pouvoir brésilien, une alliance est née. Le mercredi 15 octobre, la ministre congolaise de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, et son homologue brésilienne, Marina Silva, ont orchestré un rapprochement stratégique. Au cœur des discussions : la préparation de la COP30 et la construction d’un front commun pour une justice climatique qui reconnaisse enfin le rôle vital de leurs forêts.

Face à la crise climatique, les deux géants forestiers ont réaffirmé leur statut de puits de carbone planétaire. « Nous constituons les deux poumons verts du monde », a lancé Marina Silva, appuyant son propos par une métaphore biologique saisissante. « Des études satellitaires montrent que chaque fois que la chaleur désertique augmente, nos zones forestières réagissent comme un cœur qui bat. Elles participent ainsi à l’équilibre du système climatique. » Une image forte pour des écosystèmes qui régulent le climat bien au-delà de leurs frontières.

La RDC présente ses ambitions vertes

Pour Marie Nyange Ndambo, cette reconnaissance scientifique doit se traduire en actions concrètes. Elle a exposé les priorités de Kinshasa, alignées sur la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa. Le programme « La Forêt, c’est Nous » et le projet « Couloir Vert Kivu-Kinshasa » visent une gestion responsable des ressources naturelles, au bénéfice des populations locales souvent laissées pour compte.

Cette rencontre a acté une volonté commune : peser ensemble dans les négociations climatiques. Les deux pays veulent désormais travailler main dans la main pour mobiliser des financements justes et équitables, à la hauteur des services écologiques rendus à l’humanité. Le mécanisme financier « Tropical Forest Forever Facility (TFFF) », dont le lancement est prévu à la COP30 à Belém, sera le premier jalon concret de cette collaboration.

En marge des discussions, la RDC a aussi annoncé son intention d’utiliser les dernières technologies de surveillance forestière par satellite. Un mémorandum d’entente a été signé avec des partenaires techniques internationaux. Il marque une étape clé dans la lutte contre la déforestation et la gestion transparente de ce bien commun mondial.

Par cette alliance, le Brésil et la RDC envoient un message clair à la communauté internationale : les « poumons verts » de la planète entendent bien faire valoir leurs droits et obtenir les moyens de poursuivre leur rôle régulateur essentiel. La COP30 s’annonce comme le théâtre de cette nouvelle diplomatie climatique offensive.

RDC et Afrique de l’Est : le PAM réduit son aide face à une famine imminente

GENÈVE – Le silence, après le départ des humanitaires, est le plus lourd à porter. Ce mercredi 15 octobre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a publié un communiqué qui ressemble à un constat d’échec planétaire. Face à un effondrement historique des financements, l’agence onusienne lance un avertissement glaçant : l’assistance vitale pour des millions d’êtres humains est sur le point de s’éteindre.

En République démocratique du Congo, en Somalie et au Soudan du Sud, la ligne d’urgence se dérobe. Six opérations cruciales risquent l’interruption pure et simple d’ici la fin de l’année. Une décision déchirante, un retrait forcé qui laisse des communautés entières au bord du précipice.

La RDC : L’Aide en Lambeaux

En RDC, les chiffres donnent le vertige. Le PAM doit réduire son aide de 2,3 millions à seulement 600 000 bénéficiaires. Un goulot d’étranglement humanitaire dans un pays où 28 millions de personnes luttent quotidiennement contre la faim aiguë. La région instable de l’Est, avec ses 10,3 millions d’âmes en détresse, est la première sacrifiée sur l’autel des déficits budgétaires. Le constat de l’agence est d’une simplicité cruelle : « Chaque réduction de ration signifie un enfant qui se couche le ventre vide, une mère qui saute un repas. » Une litanie de privations qui se compte en vies suspendues.

Somalie et Soudan du Sud : L’Hémorragie Silencieuse

Le scénario se répète, implacable, ailleurs sur le continent. En Somalie, l’effondrement est spectaculaire : de 2,2 millions de personnes secourues, le nombre de bénéficiaires est tombé à 350 000 en l’espace d’une seule année. Une hémorragie silencieuse.

Au Soudan du Sud, les rations, déjà squelettiques, ne couvrent plus que 50% à 70% des besoins essentiels. Dans les entrepôts, les réserves de céréales, de légumineuses et d’huile – ces denrées de base qui tiennent la mort à distance – sont au plus bas.

« Plus de Filet de Sécurité »

Ross Smith, directeur de la réponse d’urgence du PAM, pose des mots sur le drame. Sa voix porte l’écho d’une amertume professionnelle. Il déplore « la suppression totale de l’aide, la réduction des rations et la durée d’assistance ». Puis, il lâche une phrase qui résonne comme un glas : « Nombre de personnes se retrouvent sans filet de sécurité ni aire d’atterrissage. » Abandonnées en plein vol.

L’alerte est maximale. L’agence onusienne alerte sur une « marée montante de faim aiguë » et presse donateurs et gouvernements d’agir. La directrice exécutive Cindy McCain lance un ultimatum chiffré : sans nouveaux fonds, « 13,7 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la faim urgente sous peu. »

Dans les couloirs de la Genève humanitaire, le compte à rebours a commencé. La question n’est plus de savoir qui aura faim, mais combien seront laissés-pour-compte.

Braquage déjoué à Kinshasa : Crépitements de balles et tension au rond-point Victoire

KINSHASA – Ce jeudi matin, la routine du rond-point Victoire a volé en éclats. Vers 9h30, les crépitements secs d’armes automatiques ont déchiré l’air, transformant ce carrefour stratégique entre Kasa-Vubu et Kalamu en théâtre d’une violente confrontation. Des échanges de tirs nourris ont opposé les forces de l’ordre à un groupe de braqueurs retranchés dans une agence de la Rawbank. l’agence Rawbank, prise pour cible par un groupe de braqueurs déterminés.

Selon les premiers témoignages, les criminels, lourdement armés, avaient choisi leur cible avec précision. Mais leur plan a tourné court lorsque les éléments des Forces armées et de la Police nationale congolaise, alertés avec célérité, ont encerclé le périmètre. Le bourgmestre de Kalamu, Charly Luboya, joint téléphoniquement, confirme le scénario : « Certains ont fui, un des leurs a été arrêté – disons leur chauffeur – et d’autres sont retenus à l’intérieur de la banque par les agents de l’ordre ».

La tension palpable

Rapidement, les renforts affluent. Plusieurs véhicules de police prennent position autour de l’immeuble bancaire, tandis que des éléments de l’armée, en tenue de combat, se déploient avec méthode. La tension devient palpable dans ce quartier habituellement animé. « Les balles continuent à pleuvoir dans ce coin de la capitale », rapporte le bourgmestre, alors que des centaines de curieux, malgré les risques, se massent à distance pour assister à l’assaut.

Peu avant 10h30, après près d’une heure de siège .Les forces de l’ordre, professionnelles, verrouillent l’accès au bâtiment. Les policiers en tenue bleue se postent stratégiquement, protégés par leurs véhicules blindés, tandis que les militaires préparent l’assaut final. Chaque détonation fait sursauter la foule, maintenue à distance de sécurité.

La fin des hostilités

la Rawbank a fait parvenir un communiqué officiel : l’incident sécuritaire est « maîtrisé ». Les assaillants ont été « neutralisés » grâce à la « réactivité exemplaire des autorités et à la coordination des équipes de sécurité de la banque ». Le bilan est rassurant : « Aucun blessé n’est à déplorer parmi le personnel ou les clients présents sur place ».

L’établissement bancaire salue le « professionnalisme » et « l’efficacité » des forces de sécurité, tout en remerciant la population pour son « calme » et sa « coopération ». Le périmètre reste néanmoins temporairement sécurisé, le temps que les autorités procèdent aux constats d’usage.

Ce braquage avorté témoigne de la recrudescence de l’insécurité dans la capitale congolaise, mais aussi de la capacité de réaction des forces de l’ordre. Alors que la nuit tombe sur Kinshasa, le rond-point Victoire retrouve peu à peu son calme, marqué par les stigmates d’une journée qui aurait pu tourner au drame.

Transition Madagascar : les promesses du colonel Randrianirina

ANTANANARIVO – Le colonel Mikaël Randrianirina se prépare à prêter serment ce vendredi devant la Haute Cour constitutionnelle. À la veille de cette étape décisive, il s’efforce de justifier son ascension au sommet de l’État. Selon lui, le changement de régime « s’inscrit dans un cadre légal et constitutionnel », loin de toute idée de coup d’État.

« Aucune violence n’a été commise, aucun palais n’a été attaqué », répète-t-il, comme pour dissiper les doutes. Cette communication maîtrisée contraste avec la vitesse des événements qui l’ont propulsé sur le devant de la scène politique malgache.

Le futur président de la transition annonce déjà la composition de son gouvernement. Il promet une équipe « à majorité civile », tout en assurant une représentation équilibrée entre civils et militaires. Une manière de répondre aux accusations de prise de contrôle de l’armée. « Nous voulons restaurer la confiance entre les institutions et le peuple. C’est une refondation, pas une confiscation du pouvoir », insiste-t-il.

Une transition sous surveillance internationale

Aucune élection n’est prévue pour l’instant. Le colonel justifie ce report par la nécessité de réformer la CENI et de nettoyer les listes électorales. Cette période de transition lui permettra de consolider son autorité, tout en préparant de nouvelles règles du jeu politique.

Sur la scène internationale, il tente de calmer les inquiétudes. La suspension de Madagascar par l’Union africaine ? « Une réaction normale », tranche-t-il, tout en évoquant des discussions en cours avec la SADC. Une mission de cette organisation est attendue autour du 20 octobre pour évaluer la situation sur le terrain.

Ancien élève de l’Académie militaire d’Antsirabe, originaire d’Androy, Randrianirina s’est longtemps présenté comme un simple officier exécutant. Mais depuis la chute du président Andry Rajoelina, il s’impose comme l’homme fort du pays. Sa déclaration du 15 octobre – « La crise a assez duré » – a marqué le tournant. Le lendemain, la Haute Cour a confirmé la vacance du pouvoir, légitimant ainsi son contrôle.

Ce vendredi, en prêtant serment, le colonel Randrianirina deviendra officiellement le chef de la transition. Reste à savoir si ses promesses de refondation tiendront face aux réalités du pouvoi

Naissance à Nairobi d’un front anti-Tshisekedi

NAIROBI – Loin du tumulte de Kinshasa, l’ancien président Joseph Kabila a repris son rôle de rassembleur. Les 14 et 15 octobre, il a convoqué des figures politiques et de la société civile congolaise pour un conclave sur « l’avenir du Congo ». De cette rencontre est né un nouveau front : le « Mouvement Sauvons la RDC ».

Les participants, unanimes face à une situation jugée « alarmante », ont dressé le portrait d’un pays en crise. Ils dénoncent une « crise multiforme » mêlant dérives politiques, économiques et sociales. Dans leur déclaration finale, ils critiquent sévèrement le président Félix Tshisekedi, l’accusant d’avoir « violé la Constitution », « restreint l’espace démocratique » et « instrumentalisé la justice à des fins politiques ».

Une stratégie claire et un appel au peuple

Le choix de Nairobi n’est pas anodin. En organisant ce rassemblement à l’étranger, le mouvement affirme sa dimension panafricaine et son intention de porter le combat au-delà des frontières. Son objectif : mettre fin à la tyrannie, restaurer la démocratie et favoriser la réconciliation nationale.

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Le mouvement rejette le « monologue politique » du président Tshisekedi et demande un « dialogue inclusif et sincère », parrainé par les Églises. Ainsi, il se pose comme interlocuteur légitime face au pouvoir. Sous les acronymes Tobikisa Ekolo, Tuokowe Taifa et Tupandishayi Ditunga, l’offensive vise à coordonner les actions des partis et forces sociales opposés au régime.

Autour de Joseph Kabila, des figures de l’ancien régime, telles que Raymond Tshibanda, Matata Ponyo et Michel Mwika Banza, ont appelé au retrait immédiat des troupes étrangères et à la mobilisation populaire pour résister à ce qu’ils qualifient de dictature.

Dans les rues de Nairobi, la naissance du « Mouvement Sauvons la RDC » marque un nouveau chapitre de l’opposition congolaise, ouvertement défiant le pouvoir en place. Le duel politique entre Tshisekedi et l’ombre de son prédécesseur entre désormais dans une phase décisive.

L’État face à ses fantômes : la justice Congolaise en quête d’une arme absente

KINSHASA – Sous les hauts plafonds du Palais du Peuple, le silence se fait lourd, presque palpable. Ce mercredi de rentrée judiciaire, la solennité des robes écarlates et noires ne parvient pas à masquer le poids d’un constat accablant. D’une voix ferme, portée par l’écho des lieux, le procureur général Firmin Mvonde lance un assaut frontal contre un vide juridique qui paralyse la République : l’absence d’une infraction autonome pour l’enrichissement illicite.

Face aux plus hautes autorités judiciaires du pays, le magistrat transforme sa traditionnelle « mercuriale » en un réquisitoire implacable. Il dépeint l’enrichissement illicite non comme un délit technique, mais comme le symptôme flagrant, la manifestation ostentatoire d’un mal qui ronge les institutions. « Un accroissement injustifié du patrimoine d’un agent public par rapport à ses revenus légaux », martèle-t-il, définissant ainsi le contour d’un crime presque parfait, car si visible, et pourtant, si difficile à punir.

Le procès d’un vide législatif

Dans l’auditoire, ses paroles résonnent comme un aveu d’impuissance et un appel à la révolte. Sans ce texte spécifique, comment traquer ces fortunes qui jaillissent du néant ? Comment demander des comptes à ceux dont le train de vie défie toute logique salariale ? « L’intérêt de la répression de l’enrichissement illicite se trouve dans la gravité des faits commis », insiste-t-il, soulignant l’urgence d’une prise de conscience face à l’ampleur de ce fléau.

Mais Firmin Mvonde n’est pas qu’un procureur qui dénonce. C’est un stratège qui propose. Conscient des failles, il esquisse l’architecture d’une contre-offensive judiciaire. Il plaide pour la création d’un Corps de magistrats spécialisés, une unité d’élite capable de traquer les flux financiers opaques et les patrimoines inexplicables. Cette phalange, formée aux arcanes de la finance, serait l’embryon d’un futur « parquet financier », une arme lourde dans la guerre que mène l’État contre la délinquance économique.

Une justice en recomposition

Ce discours, puissant et rare, ne résonne pas dans le vide. Il s’inscrit dans u  n   n moment de tension et d’attentes, alors que la population exige toujours plus de transparence et de reddition des comptes. Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, présent, écoute. La justice, par la voix de son procureur général, affirme sa volonté d’accompagner « les efforts du président pour l’établissement d’un État de droit ».

Dans l’ombre de ce combat contre l’enrichissement illicite, d’autres batailles se dessinent. Le bâtonnier national, Michel Shebele Makoma, monte à son tour à la tribune pour fustiger une autre entrave : la « procédure de la prise à partie », qu’il décrit comme un « véritable handicap », une « voie détournée pour faire annuler les décisions judiciaires ». Un autre front juridique s’ouvre, témoignant des multiples réformes nécessaires pour dépoussiérer l’appareil judiciaire.

Le premier président de la Cour, Élie Léon Kabeya, enfonce le clou en pointant du doigt une autre ombre au tableau : la profession d’avocat. Il évoque, sans détour, les « avocats corrupteurs » et ceux qui montent des « stratégies de dénonciation mensongère ». Son vœu ? Un réexamen en profondeur de la loi sur le barreau, pour retrouver les « vertus qui ne se négocient pas ».

Ce jour-là, au Palais du Peuple, la rentrée judiciaire a transcendé le simple rituel protocolaire. Elle est devenue le théâtre d’une introspection nationale. Firmin Mvonde, en brandissant l’étendard de la lutte contre l’enrichissement illicite, n’a pas seulement dénoncé une faille juridique. Il a mis en lumière le paradoxe d’une République qui voit ses fantômes, mais qui, privée de la bonne arme, ne peut encore les faire disparaître. Le chemin vers la rédemption judiciaire est long, mais le premier acte, celui de la parole, vient d’être franchi.

Kinshasa s’apprête à vibrer pour les éliminatoires africaines de basket

La capitale congolaise vibrera du 19 au 21 octobre 2025. Kinshasa reçoit le tour préliminaire des éliminatoires de la Basketball Africa League (BAL) et de la Women’s Basketball League Africa (WBLA). Les matchs auront lieu au gymnase de la Police Nationale Congolaise (PNC), dans la commune de Lingwala.

La RDC sera représentée par trois clubs : CNSS (Kinshasa) et Makomeno (Lubumbashi) chez les dames, et New Generation (Kinshasa) chez les messieurs. Ces équipes affronteront plusieurs clubs venus de la sous-région d’Afrique centrale. L’objectif est de se qualifier pour les phases finales 2025-2026 de la BAL et de la WBLA.

Trois jours de basket intense et un rendez-vous pour les fans

Les matchs débuteront dès dimanche 19 octobre, et la Fédération de Basketball du Congo (FEBACO), en coordination avec FIBA Afrique, publiera prochainement le calendrier complet. Pendant trois jours, le gymnase de la PNC promet des rencontres intenses et une ambiance électrique.

Pour Kinshasa, ce tournoi « Road to BAL » représente une opportunité unique de briller sur la scène continentale. Les supporters congolais pourront encourager leurs équipes locales et suivre des moments forts pour le basket national.

Le M23/AFC accuse Kinshasa d’avoir violé le cessez-le-feu

À peine l’encre de l’accord de Doha avait-elle séché que la confiance s’effritait déjà. Le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo/M23 accuse le gouvernement congolais d’avoir violé le cessez-le-feu, moins de 24 heures après la signature du Mécanisme conjoint de surveillance et de vérification, le mardi 14 octobre 2025.

Dans un communiqué au ton ferme, le M23 affirme que les forces coalisées du régime de Kinshasa ont mené, dès le lendemain, d’intenses bombardements sur des zones civiles et sur plusieurs de leurs positions dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon le mouvement, ces attaques auraient été conduites à l’aide de drones et d’avions de combat SUKHOI-25, suivies d’assauts terrestres à Kadasomwa, Lumbishi et Kasake.

Une accusation grave qui fragilise le processus de Doha

Pour l’AFC/M23, ces offensives constituent « une trahison cynique » du processus de paix de Doha, signé sous la médiation du Qatar, des États-Unis et de l’Union africaine. Le mouvement estime que Kinshasa aurait délibérément choisi la voie des armes, au mépris des engagements pris devant la communauté internationale.

« Cette attitude belliqueuse démontre à la face du monde que le régime de Kinshasa a tourné le dos au processus de paix », dénonce le M23, évoquant un bilan humain lourd et des bombardements ayant touché des civils. Le groupe rebelle parle d’“atrocités” aggravant une crise humanitaire déjà aiguë dans l’Est du pays.

Appel à la communauté internationale et avertissement du M23

Face à ce qu’il qualifie de “sabotage du processus de paix”, le M23 en appelle directement aux observateurs du Mécanisme de surveillance et de vérification – à savoir le Qatar, les États-Unis et l’Union africaine – afin qu’ils constatent ces violations présumées et interviennent pour éviter une reprise généralisée des hostilités.

Dans le même communiqué, le mouvement réaffirme son “engagement indéfectible à défendre la population congolaise par tous les moyens”, tout en réitérant sa solidarité envers les civils pris dans les combats.

Entre diplomatie et méfiance : le fragile équilibre de Doha

Ces accusations surviennent alors que la signature du Mécanisme de vérification M23 Doha, saluée comme une avancée diplomatique majeure, devait marquer le retour de la confiance entre les deux camps.
Mais à peine 24 heures plus tard, la flamme de la paix vacille déjà, laissant planer une question lourde de sens : le processus de Doha survivra-t-il à sa première épreuve ?

la RDC signe un accord énergétique de 1,5 milliard $ avec Hydro-Link

Sous les lumières de Washington, la République Démocratique du Congo (RDC) vient de franchir une étape déterminante dans la modernisation de son secteur énergétique. En marge du Forum économique USA–RDC, le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a signé ce mardi un protocole d’accord d’une valeur de 1,5 milliard de dollars avec la société américaine Hydro-Link.

Ce partenariat, centré sur la construction d’une ligne de transport d’électricité reliant l’Angola à la RDC, ambitionne de réduire le déficit énergétique national et d’alimenter durablement les zones minières et industrielles du pays. Une infrastructure stratégique qui s’inscrit dans la vision du gouvernement congolais d’ériger l’énergie en moteur de développement.

Hydro-Link, un partenaire américain au cœur du redressement énergétique

« Ce partenariat s’inscrit dans la dynamique du Programme d’Actions du Gouvernement, notamment son pilier 5, visant à améliorer l’accès à l’eau et à l’électricité pour tous », a déclaré le ministre Aimé Sakombi Molendo lors de la cérémonie.

Pour Hydro-Link, spécialiste américain des infrastructures énergétiques en Afrique, ce projet marque une collaboration de long terme avec Kinshasa. L’entreprise apportera à la fois son expertise technique et son appui financier pour concrétiser ce chantier prioritaire.

Selon les premières estimations, les travaux de construction devraient démarrer au premier semestre 2026, une fois les études de faisabilité et les procédures réglementaires achevées.

Une alliance stratégique entre Washington et Kinshasa

Cet accord énergétique USA-RDC illustre le renforcement du partenariat économique entre les États-Unis et la République Démocratique du Congo, fondé sur des investissements durables et le développement d’infrastructures stratégiques.

Le Forum économique USA–RDC, qui réunit dirigeants politiques, investisseurs et chefs d’entreprise des deux pays, vise à bâtir des ponts économiques solides dans les secteurs de l’énergie, des mines, de l’agriculture et du numérique.

En misant sur la proximité énergétique de l’Angola et sur la technologie américaine, la RDC espère sécuriser son approvisionnement électrique, soutenir la croissance industrielle et accélérer son intégration régionale.

Un pas vers la transformation énergétique de la RDC

Avec cet accord énergétique USA-RDC, Kinshasa envoie un signal fort : celui d’un pays décidé à transformer ses ressources en puissance économique. En connectant ses ambitions à la technologie américaine et à l’énergie angolaise, la RDC choisit la voie d’une coopération pragmatique et durable, où le courant du progrès semble enfin prêt à circuler.