Arrestation de Seth Kikuni : ses avocats dénoncent un enlèvement et des tortures

KINSHASA – Le collectif des avocats de l’opposant Seth Kikuni a révélé, ce lundi 20 octobre, les conditions troublantes de son interpellation. Samedi dernier, le président du parti Piste a été arrêté à l’aéroport de N’Djili par des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Ses défenseurs parlent d’une « violation flagrante de la Constitution ».

Selon eux, l’opposant n’a reçu aucune information sur les motifs de son arrestation ni sur son droit à l’assistance d’un avocat. Ces manquements graves violent les procédures légales et jettent une ombre sur les pratiques des services de sécurité.

Les avocats affirment que leur client a passé plusieurs heures dans une cellule souterraine, sans aération et plongée dans l’obscurité. Ils dénoncent un « traitement cruel, inhumain et dégradant », contraire à la Constitution congolaise et aux traités internationaux.

De plus, les agents de l’ANR auraient confisqué les téléphones de Seth Kikuni et l’auraient forcé à révéler ses mots de passe. Une atteinte grave à sa vie privée, selon le collectif.

Une arrestation à connotation politique

Les interrogatoires de l’ANR auraient porté uniquement sur la réunion de Nairobi à laquelle Seth Kikuni a participé avec d’autres forces politiques et sociales. Pour ses proches, cette orientation confirme le caractère politique de l’affaire.

Les avocats exigent la restitution immédiate des téléphones de leur client et le respect strict de ses droits fondamentaux. Ils dénoncent un « acharnement politique » contraire aux principes démocratiques.

Cette arrestation intervient dans un climat politique tendu. La participation de figures d’opposition à des rencontres à l’étranger semble de plus en plus surveillée. L’affaire Seth Kikuni relance ainsi le débat sur la liberté d’action des opposants et le respect des droits humains en République Démocratique du Congo.

Deuil national : Bonette Élombe, l’institutrice qui dansait le savoir, n’est plus

KINSHASA – Un silence lourd a remplacé les chants et les rires. La communauté éducative congolaise pleure, ce lundi 20 octobre, la disparition soudaine de Bonette Élombe. Cette enseignante, devenue une étoile médiatique grâce à sa pédagogie joyeuse et ses vidéos virales sur les réseaux sociaux, s’est éteinte, laissant orphelins des centaines d’élèves et une nation entière qui voyait en elle le visage rayonnant de l’école de demain.

Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a fait part de sa « profonde tristesse » dans une publication Sur le compte X, saluant la mémoire d’une « enseignante dévouée, passionnée par son métier et admirée pour sa manière exemplaire de transmettre le savoir ». Une perte qui résonne bien au-delà des murs de son école de Yolo Sud.

Une star de la pédagogie joyeuse

Bonette Élombe n’était pas une institutrice ordinaire. Elle était un tourbillon de vie. Dans sa classe, les leçons se transformaient en spectacles. Elle accueillait chaque matin ses élèves avec des chants, des danses rythmées et une énergie contagieuse. Sa salle de classe n’était pas un lieu de contrainte, mais un espace de joie et de motivation où le savoir s’apprenait dans la bonne humeur.

C’est cette approche unique, chaleureuse, humaine et profondément inspirante, qui l’a propulsée sur le devant de la scène. Ses vidéos, devenues virales sur TikTok et autres plateformes, ont transcendé les frontières. Le monde entier a découvert cette femme souriante, à la voix douce, capable de captiver les enfants dans des conditions matérielles souvent difficiles.

Une vocation, un héritage

Fille d’enseignante, Bonette Élombe avait embrassé cette profession par passion. Pour elle, enseigner n’était pas un simple emploi, mais une vocation, un sacerdoce. Son engagement et son style unique avaient fait d’elle une « véritable ambassadrice » du Projet d’Amélioration de la Qualité de l’Enseignement Primaire (PEQIP), qu’elle « incarnait avec fierté et conviction ».

Sa notoriété avait attiré l’attention de plusieurs personnalités publiques, séduites par sa capacité à redonner le goût d’apprendre. La députée nationale Christelle Vuanga figurait parmi celles qui avaient salué son travail, citée par plusieurs médias confirmant la triste nouvelle.

Une onde de choc nationale

L’annonce de son décès s’est répandue comme une traînée de poudre, provoquant une vague d’émotion dans tout le pays. Les élèves, ses premiers admirateurs, sont sous le choc. « Entre larmes et silence », la communauté congolaise pleure celle qui était « bien plus qu’une maîtresse : une mère, une confidente et une source de motivation ».

Son héritage, lui, ne s’éteint pas. Ses vidéos, largement partagées, demeureront le témoignage vibrant d’une vie consacrée à faire aimer l’école. Elle laisse derrière elle un défi : celui de perpétuer cette flamme pédagogique, cette conviction que le savoir peut, et doit, se transmettre avec bonheur. La classe de Bonette Élombe est silencieuse, mais son écho, lui, résonnera longtemps.

COP30 : la RDC consulte sa nation pour forger une position commune

KINSHASA – À un an de la Conférence mondiale sur le climat (COP30), la République Démocratique du Congo ne veut pas arriver les mains vides. Le pays, considéré comme un poumon mondial et gardien d’immenses ressources naturelles, organise en amont un grand forum national du 27 au 31 octobre dans sa capitale. L’ambition est claire : construire une position de négociation unifiée et puissante, forgée par la concertation la plus large.

Ce rendez-vous multisectoriel et inclusif, acté lors du dernier Conseil des ministres, vise à mobiliser l’ensemble des forces vives du pays – société civile, secteur privé, scientifiques et communautés locales – autour d’un enjeu planétaire dont la RDC entend être un acteur majeur, et non plus un simple spectateur.

Une feuille de route pour le monde

L’objectif officiel est de « préparer, de manière concertée, la participation du pays » à la COP30. Concrètement, les travaux devraient déboucher sur plusieurs livrables stratégiques. Parmi les résultats attendus figurent en bonne place l’élaboration d’une feuille de route consolidée, un document qui servira de boussole aux négociateurs congolais.

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Il s’agit aussi de garantir une meilleure appropriation nationale des politiques climatiques et, surtout, de mettre en avant les solutions congolaises sur la scène internationale. La RDC ne veut plus seulement être vue comme un pays à protéger, mais comme un partenaire proposant des modèles de gestion durable et de justice climatique.

« La Forêt c’est Nous », un programme au cœur des débats

Au centre des discussions : la forêt. Le forum sera l’occasion de vulgariser le programme « La Forêt c’est Nous », présenté comme un axe majeur de la stratégie nationale. Cette initiative incarne la volonté de lier protection des écosystèmes – avec la célèbre forêt du bassin du Congo – et développement des populations locales.

Pour porter cette voix avec force, la ministre en charge du dossier a sollicité et obtenu le soutien du gouvernement pour un appui technique et politique. Le Conseil des ministres a exprimé son ferme soutien à cette initiative, qualifiée de « jalon essentiel » dans la préparation du pays.

Alors que les projecteurs se braqueront bientôt sur la COP30, la RDC commence par allumer les siens en interne. Ce forum est un test : celui de sa capacité à unir ses fils autour d’un projet commun pour le climat, et à transformer son immense capital naturel en une influence diplomatique déterminante.

Bataille pour le « perchoir » : l’après-Kamerhe divise la majorité

KINSHASA – Vingt-cinq jours se sont écoulés depuis la chute de Vital Kamerhe, contraint de quitter la présidence de l’Assemblée nationale sous la pression de 262 députés. Un quart de siècle après sa démission, destinée à éviter une destitution humiliante, la bataille pour lui succéder au « perchoir » bat son plein, dévoilant les fractures et les ambitions au sein de la majorité présidentielle.

L’enjeu est de taille : qui dirigera la chambre basse du Parlement, institution clé dans l’équilibre des pouvoirs ? La question agite les couloirs de Palais du Peuple, où les stratégies se dessinent et les candidatures commencent à émerger, dans un suspense soigneusement entretenu.

L’UNC, affaiblie mais déterminée

Premier acteur de ce jeu d’échecs : l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe. Bien que son leader ait été contraint à la démission, le parti, toujours membre de la coalition de l’Union sacrée du président Félix Tshisekedi, ne compte pas abandonner la prestigieuse présidence sans combattre.

Officiellement, l’UNC n’a pas encore désigné de champion. Mais dans les cercles politiques, deux noms reviennent avec insistance. Le premier est celui d’Aimé Boji Sangara, ministre de l’Industrie et ancien ministre du Budget. Homme discret et bien introduit dans l’entourage du chef de l’État, il incarne la voie du consensus. Face à lui, Baudouin Mayo Mambeke, ancien vice-Premier ministre, a déjà officialisé ses ambitions. Il se présente comme le gardien de l’héritage de Kamerhe et fustige ceux qu’il juge moins loyaux.

L’UDPS, tenté par la reconquête

Mais la partie ne se jouera pas qu’à l’UNC. Au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti présidentiel, des voix s’élèvent pour revendiquer le poste. Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, président intérimaire de l’Assemblée et cadre de l’UDPS, a récemment rappelé une logique simple : « L’UDPS peut décider d’occuper la présidence de l’Assemblée nationale ». Selon lui, la règle non écrite de l’Union sacrée « veut que le parti qui compte le plus de députés prenne la présidence ».

D’autres noms circulent également, comme celui de Christophe Mboso, 83 ans, poussé par ses partisans qui mettent en avant sa fidélité indéfectible à Tshisekedi. Les députés « pétitionnaires », à l’origine de la chute de Kamerhe, pourraient aussi présenter leur propre candidat.

Tshisekedi, l’arbitre suprême

Dans cette foire d’empoigne, un homme aura le dernier mot : le président de la République lui-même. Proches du pouvoir et analystes s’accordent sur un point : Félix Tshisekedi, en sa qualité « d’autorité morale » de l’Union sacrée, sera l’arbitre final.

Sa décision, attendue dans les prochains jours, devra trancher sur la base de plusieurs critères : la représentation régionale pour assurer un équilibre géopolitique, la fidélité au chef de l’État, et la nécessité de préserver la cohésion de sa majorité. Alors que l’UNC tente de se relever et que l’UDPS est en position de force, le choix du locataire du palais de la Nation est plus qu’une simple nomination : c’est un acte politique qui définira les nouveaux équilibres du pouvoir à Kinshasa.

Classement FIFA : La RDC tient son rang et son destin en main

ZURICH – Le classement mondial de la FIFA, publié ce vendredi 17 octobre, n’a pas fait de vagues pour la République Démocratique du Congo. À l’issue d’une trêve internationale ayant inclus 173 rencontres, les Léopards conservent leur 60e place au palmarès planétaire et leur 11e position sur le continent africain. Une stabilité qui masque mal l’enjeu crucial qui se profile à l’horizon.

Derrière cette immobilité statistique se cache une réalité bien plus dynamique : les deux victoires arrachées lors de la dernière fenêtre FIFA en septembre (1-0 à chaque fois) ont été décisives. Elles ont non seulement assuré le maintien au classement, mais elles ont surtout offert le sésame tant convoité : une place parmi les quatre meilleurs deuxièmes des éliminatoires africains, et donc un ticket pour les barrages de la Coupe du Monde 2026.

Le choc contre le Cameroun se précise

L’attente principale autour de cette mise à jour était la confirmation des affiches des barrages. Le verdict est désormais tombé, scellé par la froide logique des chiffres. La RDC, 60e mondiale, affrontera le Cameroun, 54e. Une confrontation lourde d’histoire et de rivalité, un duel entre voisins centrafricains qui promet d’être explosif.

Selon le principe établi par la FIFA, le mieux classé des barragistes, le Nigeria (41e), affrontera le moins bien classé, le Gabon (77e). La route des Léopards passe donc inévitablement par les Lions Indomptables, ressuscitant de vieux démons et d’anciennes batailles.

Une stabilité à double tranchant

Si le classement n’a pas bougé, le contexte, lui, a radicalement changé. Le mois de septembre a vu une RDC appliquée et efficace, remportant ses matchs sans briller mais avec l’essentiel : les trois points. Sous la direction de Sébastien Desabre, l’équipe a montré une solidité défensive qui a payé.

Cependant, ce maintien à la 60e place place les Léopards dans une position ambiguë. Elle acte une certaine régularité, mais elle rappelle aussi que l’équipe peine à franchir un palier dans la hiérarchie mondiale et africaine, loin derrière le Maroc (11e), le Sénégal (18e) ou même l’Égypte (32e).

Alors que l’Espagne consolide sa première place mondiale, reléguant l’Argentine à la deuxième position devant la France, la RDC, elle, reste campée dans son rang. Le prochain classement, attendu le 21 novembre, aura une saveur particulière : il sera le dernier avant le choc angoissant et excitant contre le Cameroun. Pour les Léopards, le vrai classement à viser n’est plus celui de la FIFA, mais une place dans le Mondial 2026. Et pour cela, il faudra dominer le lion à sa porte.

Michael Randrianirina, du cachot au palais : l’étonnant destin du « colonel de la refondation »

ANTANANARIVO – Il y a un an, il cuisinait et jouait au football en résidence surveillée, accusé de complot contre l’État. Ce vendredi 17 octobre 2025, le colonel Michael Randrianirina, 51 ans, devient le « président de la refondation » de Madagascar. Originaire de l’aride région d’Androy, son parcours épouse les soubresauts de l’histoire récente de la Grande Île.

Né en 1974 à Sevohipoty, Randrianirina s’engage d’abord comme gouverneur de l’Androy entre 2016 et 2018. Cette expérience lui permet de connaître intimement les difficultés d’une des régions les plus pauvres du pays.

En novembre 2023, son destin bascule. Le général Richard Ravalomanana, alors allié du président Rajoelina et président du Sénat, ordonne son arrestation pour complot avant les élections controversées. Randrianirina reste en résidence surveillée dans un hôpital militaire avec son complice présumé, Thierry Rampanarivo. Début 2024, la justice le condamne à un an de prison avec sursis pour atteinte à la sûreté de l’État.

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Libéré en février 2024, le colonel décrit une vie d’officier « dans l’ombre » : il travaille à la maison, cuisine et joue au football. Cette période ne freine pas son ambition. Selon l’analyste Velomahanina Razakamaharavo, son « attitude courageuse » et son image d’homme de foi issu de l’Église luthérienne renforcent sa légitimité.

Le ralliement populaire et la refondation

Le tournant survient en octobre 2025. Quand le collectif Gen Z descend dans les rues d’Antananarivo, Randrianirina refuse de réprimer les manifestants. Le 12 octobre, il demande même à ses troupes : « Ne tirez pas sur nos amis, nos frères, nos sœurs ».

En trois jours, le président Rajoelina s’exile. L’Assemblée nationale le destitue et l’armée prend le contrôle du pays. Investi devant la Haute Cour Constitutionnelle et décoré de la Grand Croix de première classe de l’Ordre national, Randrianirina promet d’organiser des élections dans « 18 à 24 mois maximum ».

Cependant, la communauté internationale reste prudente. L’ONU condamne un changement inconstitutionnel de pouvoir, tandis que l’Union africaine suspend Madagascar de ses instances. La France appelle à entendre les « aspirations profondes du peuple malgache ».

Homme de foi et de terrain, Randrianirina incarne désormais les espoirs d’une jeunesse lasse des coupures d’eau et d’électricité et du pillage des ressources. De sa cellule d’hôpital militaire au palais de la refondation, il a connu une ascension fulgurante et improbable. Le pays observe maintenant s’il saura transformer l’essai et écrire un nouveau chapitre pour Madagascar.

Madagascar : Michael Randrianirina investi « président de la refondation »

ANTANANARIVO – Vendredi 17 octobre 2025, l’histoire de Madagascar a bifurqué. Dans l’enceinte sobre de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), le colonel Michael Randrianirina est devenu le « président de la refondation ». Trois jours après la destitution d’Andry Rajoelina par l’Assemblée nationale et la prise de contrôle par l’armée, un nouveau chapitre s’ouvre sur la Grande Île, né d’un mouvement de protestation inédit et d’un putsch militaire.

Vêtu d’un costume civil mais arrivé juché sur un véhicule blindé, entouré de militaires armés et masqués, le nouvel homme fort a prêté serment. Le contraste était saisissant. Cette première prestation de serment à la HCC, organisée par « souci de sobriété », visait à ancrer dans le marbre de la loi une légitimité née dans la rue.

Un pouvoir né de la rue

Dans son discours inaugural, le colonel Randrianirina a dressé un réquisitoire sévère contre l’ancien régime. Dénonçant un « régime autoritaire » ayant plongé le pays « dans l’obscurité pendant des années », il a promis une « rupture avec le passé ». Son allocution a sonné comme un écho aux griefs de la jeunesse malgache, descendue dans les rues depuis le 25 septembre pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité et réclamer un changement radical.

« Malheureusement, 65 ans après son indépendance, Madagascar figure encore parmi les pays les plus pauvres du monde », a-t-il lancé, dénonçant les « injustices, pillages des ressources et détournements de biens publics ». Le nouveau président a salué cette « jeunesse audacieuse » victime de ces abus, majoritairement issue de la Génération Z, qui a forcé le destin du pays.

Entre légitimité constitutionnelle et soutien militaire

La cérémonie, bien que sobre, n’en était pas moins significative. La présence de diplomates – français, suisse, allemand, ainsi que des représentants britanniques, chinois et de l’Union européenne – et d’anciennes figures politiques comme l’ex-président Marc Ravalomanana, envoyait un signal : la communauté internationale observe.

Pourtant, derrière les apparences constitutionnelles, la réalité du pouvoir reste teintée de militarisme. L’arrivée du colonel en blindé, escorté de soldats, rappelait le soutien crucial de l’armée – celui-là même qui, sous son impulsion, avait refusé de « tirer sur nos amis, nos frères, nos sœurs » manifestants.

Les défis de la refondation

Le nouveau pouvoir promet de « réparer les torts » subis par les victimes de la répression et de garantir les libertés fondamentales. Mais des doutes persistent. Un petit rassemblement s’est formé devant la HCC pour rappeler au régime naissant de « continuer à écouter la voix du peuple ».

Madagascar entre ainsi dans une période de transition incertaine, portée par les espoirs d’une génération et la poigne d’un colonel. La « refondation » est annoncée ; son accomplissement reste à écrire.

FMI-Banque Mondiale: André Wameso porte la voix de la RDC aux Assemblées annuelles

Washington— Sous les dorures sobres des salles de conférence du siège du Fonds monétaire international (FMI), André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), prend part depuis le 13 octobre aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Ces rencontres, qui réunissent chefs d’État, ministres, gouverneurs de banques centrales et représentants de la société civile, visent à dresser un diagnostic lucide des défis économiques mondiaux et à proposer des pistes de coopération renforcée.

Les échanges, nourris par l’ombre persistante des crises successives, ont mis en lumière une série de constats :

  • la montée des drames humanitaires liés à la fragilité et aux conflits ;

  • la nécessité de consolider le lien entre paix et développement ;

  • le rôle central des politiques intérieures pour contenir l’inflation ;

  • et l’alourdissement du fardeau de la dette, qui menace la croissance à long terme.

Le G24 plaide pour une solidarité internationale accrue

Lors de la 114ᵉ réunion du Groupe des 24 (G24), dont la RDC est membre actif, les participants ont adopté une série de recommandations ambitieuses. L’objectif : soutenir les pays vulnérables, assainir la gestion de la dette et préserver l’indépendance des banques centrales.
Les membres ont notamment exhorté la communauté internationale à maintenir son engagement envers les États fragiles ou touchés par des conflits, et à honorer leurs promesses d’aide pour faciliter reconstruction et développement durable.

Le communiqué final souligne que les tensions commerciales mondiales et les incertitudes géopolitiques pèsent lourdement sur les pays émergents et en développement (PEPD). La baisse des exportations, la diminution des devises et la volatilité des marchés accentuent la vulnérabilité de leurs économies. « La croissance reste bridée, et les perspectives demeurent trop faibles pour effacer les séquelles laissées par la succession des chocs », avertit le rapport.

Renforcer les institutions, préserver l’indépendance monétaire

Les représentants du G24 ont insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance des banques centrales, condition indispensable pour garantir la crédibilité de la politique monétaire. Ils appellent à rationaliser les dépenses publiques, à renforcer la transparence de la dette et à promouvoir des réformes structurelles favorisant la croissance portée par le secteur privé.

Les délégués ont également recommandé la création de mécanismes de financement concessionnels et la mise en œuvre de réformes globales sur la viabilité des finances publiques. Ces efforts, estiment-ils, doivent aller de pair avec un renouveau de la coopération internationale, afin de rétablir un environnement commercial stable, transparent et propice au développement durable.

Créé en 1971 par le Groupe des 77, le G24 permet aux pays en développement de coordonner leurs positions face aux grandes puissances économiques. Ses réunions, traditionnellement organisées avant celles du FMI, offrent un espace stratégique pour faire entendre la voix du Sud global dans les décisions financières internationales.

Vers une nouvelle prorogation de l’état de siège dans l’Est

Le gouvernement congolais a officiellement demandé au Parlement de prolonger l’état de siège dans l’Est du pays. Une requête présentée ce jeudi au Sénat qui souligne la persistance de l’insécurité dans ces régions.

KINSHASA – La procédure est devenue malheureusement familière. Ce jeudi 16 octobre 2025, dans la salle des conférences internationales du Palais du Peuple, le ministre d’État de la Justice, Guillaume Ngefa A. Andali, est venu plaider la cause d’une mesure d’exception : la prorogation de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Devant les sénateurs présidés par l’Honorable Sama Lukonde, le ministre a relayé la requête officielle du Président de la République, déjà appuyée lors du 72ᵉ Conseil des ministres. Il a justifié cette demande en rappelant les atrocités qui continuent de déchirer l’Est du pays, nécessitant le maintien de ce régime spécial.

« La partie Est du pays reste meurtrie par des atrocités qui ont nécessité la poursuite de cette mesure exceptionnelle », a déclaré le ministre Ngefa, soumettant aux sénateurs le projet de loi de prorogation.

En réponse, le Président du Sénat a adopté une posture à la fois collaborative et méthodique. Il a rassuré le ministre de la Justice quant à l’examen sérieux de cette demande, tout en insistant sur la nécessaire diligence parlementaire. La question sera d’abord examinée « en profondeur » par les commissions permanentes de la Défense et Sécurité et des Relations extérieures, avant un vote en séance plénière.

Cette démarche souligne la volonté affichée du gouvernement de consolider la paix et l’autorité de l’État dans des provinces en proie à une insécurité chronique. Elle témoigne aussi de la difficulté persistante à trouver une solution durable à la crise qui frappe cette région depuis des années, où l’état de siège semble être devenu la norme plutôt que l’exception.

RDC et FMI : la diplomatie financière porte ses fruits

Le ministre des Finances a obtenu un nouveau décaissement du FMI après la revue du programme de crédit, récompensant les progrès de la RDC en matière de réformes structurelles et de stabilité économique.

WASHINGTON – La diplomatie financière congolaise a marqué un point ce jeudi 16 octobre 2025. Au siège du Fonds monétaire international (FMI), le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a achevé avec succès la deuxième revue du programme de Facilité Élargie de Crédit (FEC). Ce résultat ouvre la voie à un nouveau décaissement en faveur de la République démocratique du Congo.

Des réformes saluées et une économie en progrès

Lors de son entretien avec Abebe Aemro Selassie, directeur du Département Afrique du FMI, le ministre a souligné les performances économiques du pays. La croissance reste soutenue, tandis que l’inflation a reculé à 7,7 %, contre 23,8 % en décembre 2023. Ces résultats confirment la solidité de la politique économique menée par le gouvernement congolais.

Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi, le gouvernement poursuit ses réformes structurelles. Celles-ci reposent sur trois priorités : la transparence, la rigueur budgétaire et la mobilisation accrue des recettes internes.

De plus, le directeur du Département Afrique du FMI a salué la gouvernance financière du gouvernement congolais. Il a toutefois encouragé Kinshasa à maintenir la discipline budgétaire et à renforcer la coordination entre les politiques budgétaires et monétaires.

Par ailleurs, le ministre Doudou Fwamba a réaffirmé la volonté du gouvernement de préserver la stabilité macroéconomique et de consolider les acquis obtenus grâce au partenariat avec le FMI. Cette collaboration vise un objectif clair : améliorer durablement les conditions de vie de la population.

Cette rencontre, organisée en marge des Assemblées annuelles du FMI, confirme le retour en force de la RDC sur la scène financière internationale. Le nouveau décaissement attendu renforcera les réserves de change du pays et soutiendra les programmes de développement en cours, témoignant de la crédibilité retrouvée de l’économie congolaise.