Kinshasa : Martin Fayulu blessé lors de la manifestation de la C64 contre le changement de la Constitution

Martin Fayulu a été blessé ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa lors de la manifestation organisée par la coalition « C64 » de l’opposition. Visage ensanglanté, le président de l’ECiDé a été touché à la tête devant l’esplanade du Palais du Peuple. La C64 est descendue dans la rue pour protester contre l’initiative de changement de la Constitution animée par le régime de Félix Tshisekedi. Celle-ci dénonce un projet qu’elle qualifie d’attaque contre les acquis démocratiques.

La veille, jeudi 11 juin, une réunion technique s’est tenue entre le Gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba et une délégation de l’opposition. L’objet : fixer l’itinéraire de la marche du 12 juin. Au terme des échanges, Daniel Bumba a demandé à la C64 d’organiser sa manifestation au terrain Assossa à Kasavubu. L’exécutif provincial a jugé l’esplanade du Palais du Peuple « inviolable ». La coalition a maintenu son intention de converger vers le Palais du Peuple, symbole du pouvoir.

Un front d’opposition élargi autour de Fayulu

Fayulu ne mène pas seul ce combat. Il est aux côtés de Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund. Ensemble, ils disent non à tout changement constitutionnel. Le mot d’ordre est clair : préserver la Constitution de 2006. Le refus du changement de la loi fondamentale fait consensus dans leurs rangs.

Pour sa part, Joseph Kabila a apporté son soutien à la démarche de l’opposition. Jeudi 11 juin dernier, l’ancien Président a appelé toutes les couches sociales au sursaut national. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « complot contre la Nation, la République et la démocratie ». Sa sortie renforce le camp du non au changement constitutionnel et complique l’équation politique pour le pouvoir en place.

Tensions entre manifestants et forces de l’ordre

La manifestation a finalement atteint le Palais du Peuple malgré l’itinéraire proposé par l’Hôtel de ville. Des tensions ont éclaté sur place entre les manifestants et les forces de l’ordre. L’incident impliquant Martin Fayulu illustre le climat de crispation autour du dossier constitutionnel.

Le rapport de force entre droit de manifester et maintien de l’ordre public reste au centre des interrogations à Kinshasa.

le mégaprojet agro-industriel de Mbanza-Ngungu séduit les bailleurs, plus de 20 000 emplois en perspective

La République démocratique du Congo veut tourner une nouvelle page de son histoire agricole. À Kinshasa, le gouvernement a franchi une étape importante dans la concrétisation du Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu, un projet ambitieux présenté comme l’un des futurs moteurs de la transformation économique du pays.

Jeudi 11 juin 2026, le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a réuni autour d’une même table les principaux partenaires techniques et financiers internationaux afin de mobiliser les ressources nécessaires au lancement effectif de cette initiative stratégique située dans la province du Kongo Central.

L’objectif est clair : faire émerger un puissant pôle agricole capable de réduire la dépendance alimentaire du pays, stimuler la transformation locale et créer des milliers d’emplois.

Un projet géant pour révolutionner l’agriculture congolaise

Avec une superficie estimée à près de 105 000 hectares, le Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu se présente comme l’un des projets agricoles les plus ambitieux jamais envisagés en RDC.

Pensé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) avec le Groupe Mole, le projet vise à produire, transformer et commercialiser à grande échelle plusieurs cultures stratégiques, notamment le manioc, le maïs, le riz, le blé et la canne à sucre.

À terme, les installations devraient permettre de transformer jusqu’à 700 000 tonnes de produits agricoles chaque année. Une partie importante de cette production sera valorisée localement à travers des unités industrielles destinées à fabriquer de la farine, du sucre raffiné, de l’éthanol et d’autres produits à forte valeur ajoutée.

Pour les autorités, il s’agit d’un levier essentiel pour réduire les importations alimentaires qui coûtent chaque année des milliards de dollars à la RDC.

Banque mondiale, BAD et FIDA prêts à accompagner le projet

La réunion organisée à Kinshasa a réuni plusieurs institutions de premier plan, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’Agence française de développement (AFD), l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) ainsi que la Cellule de suivi des projets et programmes de la Présidence de la République.

Les échanges ont permis aux partenaires de prendre connaissance des détails du projet et d’évaluer les opportunités de financement.

Selon les responsables présents, le projet répond aux priorités actuelles de développement agricole et de sécurité alimentaire en Afrique. Les partenaires ont particulièrement insisté sur la nécessité d’approfondir les études de faisabilité et de confirmer la viabilité économique de l’investissement avant le lancement opérationnel.

Guy Ngeleza, représentant de la Banque mondiale, a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner la RDC dans les différentes étapes de structuration du projet.

Plus de 20 000 emplois et une nouvelle vision pour la sécurité alimentaire

Au-delà des infrastructures agricoles, le Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu porte une ambition plus large : contribuer à la transformation structurelle de l’économie congolaise.

Selon les projections présentées lors de cette rencontre, le projet pourrait générer plus de 20 000 emplois directs et indirects tout en améliorant les revenus des producteurs agricoles locaux.

Pour Muhindo Nzangi Butondo, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement visant à moderniser l’agriculture nationale et à exploiter davantage le potentiel des terres arables congolaises.

« Il est temps de transformer notre agriculture et de valoriser le potentiel du sol congolais pour créer de la richesse et des emplois », a souligné le ministre.

De son côté, le directeur général du Groupe Mole, Gandi Mole, s’est félicité des avancées enregistrées lors de cette séance de travail. Selon lui, les discussions ont permis d’harmoniser la compréhension du projet entre les différents acteurs et de clarifier les prochaines étapes essentielles, notamment la sécurisation foncière et l’achèvement des études techniques.

Si les financements attendus se concrétisent, Mbanza-Ngungu pourrait devenir dans les prochaines années l’un des plus grands pôles agro-industriels d’Afrique centrale et un symbole du renouveau agricole de la RDC.

Coupe du Monde 2026 : L’Afrique du Sud, premier pays africain en lice, battue 2-0 par le Mexique

L’Afrique du Sud a lancé la campagne africaine à la Coupe du Monde 2026. Premier pays du continent à entrer en lice, les Bafana Bafana affrontaient le Mexique, pays hôte, au stade Azteca devant plus 80 000 spectateurs. Le verdict est tombé : défaite 2-0. La rencontre a été marquée par trois expulsions, dont deux pour les sud-africains. Une entrée difficile pour l’un des ambassadeurs de l’Afrique qui termine le match à 9 contre 10.

Un match plié dès la 9e minute

Dès la 9e minute, Julian Quinones a profité d’une erreur défensive pour donner l’avantage au Mexique. Menés d’entrée, les Bafana Bafana ont vu leur situation se compliquer à la 50e avec l’expulsion de Sphephelo Sithole. Réduits à 10, les Sud-Africains ont encaissé un second but à la 67e par Raul Jimenez. Themba Zwane a ensuite écopé d’un second carton rouge à la 84e, laissant l’Afrique du Sud à 9 joueurs. La suspension de C. Montes pour le Mexique est intervenue à la 90e+2.

Le poids du symbole continental et l’avantage de l’Azteca

Être le premier pays africain à jouer à cette Coupe du Monde 2026 place l’Afrique du Sud sous les projecteurs du continent. La défaite 2-0 face au Mexique à l’Azteca intervient dans un contexte marqué par les expulsions. Jouer le pays hôte dans son stade mythique représente l’un des défis les plus relevés du premier tour. L’Afrique du Sud a dû composer avec l’infériorité numérique pendant plus de 40 minutes.

Avec cette défaite 2-0, l’Afrique du Sud démarre la compétition avec zéro point et un goal-average de -2. Le Mexique prend la tête du Groupe A avec 3 points. Les cartons rouges privent les Bafana Bafana de deux joueurs cadres pour les prochaines rencontres. Les deux matchs restants deviennent décisifs, alors que la sélection devra composer avec des effectifs réduits pour espérer une qualification.

Le Maroc, le Sénégal, la RDC et les autres nations du continent joueront dans les prochains jours. Le tournoi est encore long et les prochains matchs permettront au continent de montrer sa valeur sur la scène mondiale.

RDC : Joseph Kabila rejette le changement de la Constitution et lance un appel au sursaut national

Dans un message au peuple congolais signé le 11 juin 2026, Joseph Kabila Kabange, Président de la République honoraire, marque sa « ferme opposition » au projet de changement de la Constitution. L’ancien chef de l’État estime que le pouvoir vient de lever toute ambiguïté sur ses intentions avec l’adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale. Pour lui, il ne s’agit plus de rumeurs ou d’allégations comme en 2015 et 2016. Le projet est désormais « assumé, revendiqué et publiquement défendu ». Kabila parle d’un « complot contre la Nation, la République et la démocratie ».

Pour Joseph Kabila, la Constitution représente « l’expression suprême du pacte républicain qui unit les diverses composantes de la Nation congolaise ». Elle constitue selon lui le fondement même du vivre-ensemble. Changer cette Constitution reviendrait donc à toucher au socle de la cohésion nationale. L’ancien Président parle de « trahison de son serment constitutionnel » par le régime en place. « Personne ne pourra prétendre demain qu’il ne savait pas », prévient-il.

Article 64 alinéa 1 : Kabila rappelle le devoir de résistance

Joseph Kabila se réfère directement à l’article 64, alinéa premier de la Constitution. Cet article dispose que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation de la Constitution ». L’ancien Président insiste : il ne s’agit pas seulement d’un droit, mais d’un « devoir patriotique ». Sur cette base, il justifie sa prise de position et appelle à l’action.

Par ailleurs, l’autorité morale du Front Commun pour le Congo (FCC) en appelle à un « sursaut national » et à la mobilisation de « toutes les forces vives de la Nation ». Il exhorte chaque congolais à soutenir massivement toutes les initiatives et à participer activement à toutes les actions annoncées ou à venir par les forces politiques et sociales engagées dans la défense de la Constitution et des acquis démocratiques. Des acquis qu’il qualifie de « fruit inaliénable d’énormes sacrifices consentis par notre peuple des années durant ».

« Ces entités doivent être autant de cellules de résistance citoyenne et de défense de la démocratie », lance-t-il.

Diagnostic sévère : risque de « soudanisation » du pays

Depuis son adresse du 23 mai 2025, Joseph Kabila dit observer une dégradation constante de l’état de la Nation. Il avait alors proposé une « thérapie de choc en douze points ». Aujourd’hui, il tire à nouveau la sonnette d’alarme contre le risque de « soudanisation » du pays, c’est-à-dire son implosion si rien n’est entrepris rapidement. Il décrit une gouvernance « arrogante, liberticide, prédatrice et profondément discriminatoire » à l’égard de plusieurs catégories de citoyens, en violation de toutes les règles établies.

« Un pas décisif vient d’être franchi vers la consolidation de la tyrannie et l’instauration d’un pouvoir sans limite prévisible, ni perspective crédible d’alternance politique démocratique », souligne-t-il. Il compare le pays à une « véritable cocotte-minute, prête à exploser, parce que privé de la respiration démocratique indispensable à sa stabilité et à sa cohésion ».

L’ancien Président élargit le débat au-delà des partis. « Ce qui est en jeu dépasse en effet les intérêts des partis politiques ou des individus. Ce qui est en jeu, c’est la survie même du Congo. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir des générations futures », décrit-il.

« Les États ont pour principale motivation de leur action internationale, la promotion et la défense de leurs intérêts. Aucun partenaire, quelle que soit sa bienveillance et sa bonne volonté, ne peut s’en préoccuper plus que nous et ne le fera certainement pas à notre place », conclut-il.

Classement FIFA : Les Léopards gardent leur 9e place africaine avant la Coupe du Monde 2026

À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a dégainé son classement mensuel. Bonne opération pour la RDC. Les Léopards conservent leur 9e rang africain et pointent à la 46e place mondiale avec 1474,43 points. Un statut solide malgré un mois mitigé sur le terrain.

Les Congolais ont enchaîné deux matchs amicaux : un nul vierge arraché face au Danemark, puis une défaite 1-2 concédée devant le Chili. Pas de quoi faire chuter le drapeau congolais. La RDC tient son rang dans le Top 10 africain à l’aube du Mondial.

Le Maroc trône, l’Afrique de l’Ouest domine

Au sommet du continent, rien ne bouge. Le Maroc continue de régner sur l’Afrique. Les Lions de l’Atlas plantés à la 7e place mondiale avec 1755,10 points confirment leur suprématie. Derrière, le Sénégal 15e mondial avec 1684,07 points garde son fauteuil de dauphin. Le Nigeria 26e mondial 1585,02 points, l’Algérie 28e 1571,03 points et l’Égypte 29e 1562,37 points complètent le Top 5 africain. Une hiérarchie qui reflète la domination des sélections régulières sur la scène internationale.

Voici le Top 10 africain publié par la FIFA :

1er en Afrique (7e mondial) : Maroc — 1755,10 points
2e en Afrique (15e mondial) : Sénégal — 1684,07 points
3e en Afrique (26e mondial) : Nigeria — 1585,02 points
4e en Afrique (28e mondial) : Algérie — 1571,03 points
5e en Afrique (29e mondial) : Égypte — 1562,37 points
6e en Afrique (33e mondial) : Côte d’Ivoire — 1540,87 points
7e en Afrique (44e mondial) : Cameroun — 1481,24 points
8e en Afrique (45e mondial) : Tunisie — 1476,41 points
9e en Afrique (46e mondial) : RD Congo — 1474,43 points
10e en Afrique (55e mondial) : Mali — 1455,59 points

Le prochain classement FIFA tombera le 20 juillet 2026. Et là, tout s’accélère. Chaque sélection engagée à la Coupe du Monde 2026 aura l’occasion de modifier positivement sa place, tant au niveau africain que mondial.

Pour les Léopards, l’enjeu est clair : transformer ce 46e rang mondial en tremplin. Sortir des poules, enchaîner les points, grimper dans la hiérarchie. Le nul contre le Danemark a montré du caractère défensif. La défaite contre le Chili a révélé des axes de progression. À Chancel Mbemba et ses coéquipiers de saisir l’opportunité historique.

L’ebola frappe, les médecins se retirent : la RDC au bord du gouffre sanitaire

La République démocratique du Congo se retrouve confrontée à une équation sanitaire particulièrement préoccupante. Alors que le pays tente de contenir une nouvelle flambée d’Ebola, les médecins du secteur public ont décidé de déposer le stéthoscope.

Depuis ce jeudi 11 juin 2026, le Syndicat libre des médecins (SYLIMED) a lancé une grève illimitée à travers l’ensemble du territoire national. Une mobilisation qui intervient dans un contexte déjà fragile et qui fait craindre de lourdes conséquences pour des millions de patients.

Les médecins dénoncent des promesses non tenues

Derrière ce mouvement social se cachent des revendications anciennes que les praticiens estiment avoir été trop longtemps ignorées.

Les médecins réclament notamment une revalorisation de leurs salaires, de meilleures conditions de travail, davantage de moyens pour les structures sanitaires ainsi que la mécanisation et l’alignement de plus de 2 000 médecins sur la liste de paie de l’État. Ils exigent également l’accélération des promotions et des montées en grade.

Pour André Kasongo, secrétaire général du SYLIMED, la situation est devenue intenable. Selon lui, il n’est plus acceptable que des médecins exercent pendant plusieurs années sans bénéficier d’une promotion ou subissent régulièrement des retards dans le paiement de leurs rémunérations.

Même si les syndicats ont assuré que les services d’urgence continueront à fonctionner afin de prendre en charge les cas les plus critiques, la grève touche l’ensemble des structures sanitaires publiques du pays. Une situation qui risque de fragiliser davantage un système de santé déjà soumis à de fortes pressions.

Ebola refait surface et complique davantage la crise

Le déclenchement de cette grève intervient au moment où la RDC lutte contre sa 17e épidémie d’Ebola, déclarée le 15 mai 2026.

Les autorités sanitaires et les partenaires internationaux sont mobilisés pour freiner la propagation du virus, identifié comme appartenant à la souche Bundibugyo. Les provinces du nord-est du pays figurent parmi les zones les plus affectées.

Face à cette recrudescence des cas, les équipes médicales et humanitaires ont renforcé leurs dispositifs de surveillance et de prise en charge. Des centres spécialisés ont notamment été adaptés à Goma et à Bunia afin d’isoler et de traiter les patients infectés.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère le risque épidémique comme élevé aux niveaux national et régional, ce qui accentue les inquiétudes autour de l’impact potentiel de la grève sur la riposte sanitaire.

Un bras de fer décisif pour l’avenir du système de santé

Cette double crise place désormais le gouvernement congolais sous une pression considérable. D’un côté, les autorités doivent poursuivre la lutte contre Ebola. De l’autre, elles sont appelées à trouver rapidement un terrain d’entente avec les représentants des médecins afin d’éviter une paralysie prolongée des services publics de santé.

Au-delà des revendications salariales, les syndicats mettent en avant la nécessité d’investir durablement dans les ressources humaines du secteur médical. Pour eux, l’amélioration des conditions de travail constitue un préalable indispensable à une prise en charge efficace des patients et à la gestion des urgences sanitaires.

Si aucun compromis n’est trouvé dans les prochains jours, la RDC pourrait se retrouver confrontée à une situation particulièrement délicate, où la pénurie de personnel médical viendrait compliquer davantage la lutte contre une épidémie déjà préoccupante.

À l’heure où les besoins en soins augmentent dans plusieurs régions du pays, l’issue des négociations entre le gouvernement et les médecins pourrait déterminer la capacité du système de santé congolais à traverser cette nouvelle zone de turbulences.

TENASOSP à Kinshasa : « L’école doit devenir le premier maillon de l’emploi » (Daniel Bumba)

Ce jeudi 11 juin 2026, le Complexe Scolaire Estonnac Mobokoli, le centre Province de Kinshasa-Funa Selembao 31, est devenu l’épicentre de l’éducation congolaise. Le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a prononcé un discours à l’occasion du lancement officiel du Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP). La cérémonie s’est déroulée en présence du Ministre d’État à l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu.

Dès l’entame, Daniel Bumba a planté le décor. Il souhaite que cette activité scolaire dépasse largement le cadre d’un simple test national.

« La tenue de l’activité d’aujourd’hui s’inscrit dans la vision du Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a placé l’éducation au cœur des priorités de sa vision », a-t-il souligné. L’ambition est claire : bâtir une école qui répond aux défis du 21e siècle. Pour Kinshasa, Daniel Bumba entend du TENASOSP un outil stratégique de développement, grâce à ce mécanisme d’orientation qui aligne formation et besoins du pays.

Orienter selon les aptitudes, pas selon la routine

Le TENASOSP cible les élèves du cycle terminal de l’enseignement de base, en 8ème année. Son mécanisme est inédit.

« Le TENASOSP dégage le profil psychologique de l’élève grâce à une batterie combinée d’items de connaissances scolaires et de tests psychotechniques et permet d’orienter rationnellement l’élève selon ses aptitudes, ses goûts et les besoins réels du marché vers les humanités », a expliqué l’autorité provinciale. Cette déclaration du Gouverneur rappelle la volonté du système éducatif congolais de mettre fin à l’orientation par défaut ou par pression sociale. Il laisse plutôt place à une logique scientifique qui met l’enfant au centre de son propre projet.

Le défi : transformer le diplôme en passeport vers la dignité

Le Gouverneur a ensuite recentré le débat sur l’employabilité.

« Le défi de notre temps n’est pas seulement de scolariser les enfants, mais de faire en sorte que chaque enfant scolarisé puisse demain trouver sa place dans l’économie nationale », a-t-il martelé.

Cette phrase résume la nouvelle philosophie de Kinshasa. L’école doit former des bâtisseurs, des créateurs et des acteurs économiques.

D’une voix ferme, il a renchérit : « C’est pourquoi je le dis avec force aujourd’hui : Finie l’époque où nos enfants étudiaient pour le chômage. Désormais, Kinshasa orientera progressivement sa jeunesse vers les compétences qui construisent l’avenir. L’école doit devenir le premier maillon de la chaîne de l’emploi, l’orientation doit devenir le pont entre l’éducation et l’économie ; et le diplôme doit redevenir un passeport vers la dignité ».

1,6 million de candidats, un pari national

L’ampleur du lancement force l’admiration. Selon les chiffres du ministère de tutelle, la République démocratique du Congo a lancé le TENASOSP 2026 avec plus de 1,6 million de candidats. Un chiffre record qui témoigne de la confiance des parents et des élèves dans ce nouveau dispositif. Malgré l’insécurité dans certaines régions du pays, les élèves participent massivement à cette épreuve décisive pour leur orientation scolaire et professionnelle.

Le TENASOSP 2026 est lancé. Le message de Daniel Bumba est passé : orienter, former et employer. Mais la balle est désormais dans le camp de l’économie nationale. Si l’école devient le premier maillon de la chaîne de l’emploi, encore faut-il que les secteurs productifs ouvrent leurs portes. L’orientation est le pont, le diplôme est le passeport. Reste à construire la destination.

TENASOSP 2026 : plus de 1,6 million d’élèves lancés vers leur avenir, les filles en première ligne

La République démocratique du Congo a vécu ce jeudi 11 juin un moment clé pour l’avenir de sa jeunesse. Sur toute l’étendue du territoire national, plus de 1,6 million d’élèves ont pris part au Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP), une évaluation devenue incontournable dans le parcours éducatif des élèves de 8ᵉ année de l’éducation de base.

Le lancement officiel a été effectué à Kinshasa par la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, au Complexe scolaire Lestonnac-Mobokoli dans la commune de Selembao. Au-delà des chiffres impressionnants, cette édition 2026 illustre les ambitions d’un système éducatif en pleine transformation, avec une participation féminine en constante progression.

Plus de 1,6 million de candidats pour construire l’avenir de la RDC

Cette année, 1 654 905 élèves sont attendus dans les centres de passation répartis à travers la RDC ainsi qu’à Luanda et Cabinda, en Angola. Parmi eux, près de 48 % sont des filles, un chiffre qui témoigne des avancées réalisées en matière d’accès des jeunes filles à l’éducation.

Pour Raïssa Malu, cette hausse du nombre de candidats constitue un signal encourageant pour le pays. Comparée à l’édition précédente, l’épreuve enregistre plus de 65 000 candidats supplémentaires.

La ministre a salué les efforts engagés pour maintenir davantage d’enfants sur les bancs de l’école et a insisté sur l’importance de la présence des filles dans le système éducatif.

Selon elle, le TENASOSP ne doit pas être perçu comme une simple formalité administrative. Cette évaluation représente une étape déterminante dans la construction du parcours académique et professionnel des élèves, tout en répondant aux besoins futurs du développement national.

Dans l’Est, des milliers d’élèves défient l’insécurité pour passer leurs épreuves

L’un des moments les plus marquants de cette cérémonie de lancement a été le message adressé aux élèves vivant dans les zones affectées par les conflits armés et les déplacements de populations.

La ministre a rendu hommage à ces jeunes qui, malgré un contexte sécuritaire difficile, ont choisi de poursuivre leur parcours scolaire. Elle a souligné que leur participation au TENASOSP symbolise la résilience, le courage et l’espoir d’une génération qui refuse de renoncer à son avenir.

Cette réalité est particulièrement visible dans la province éducationnelle du Sud-Kivu 1, qui englobe la ville de Bukavu ainsi que les territoires de Walungu, Kabare, Kalehe et Idjwi.

Malgré les défis sécuritaires persistants dans certaines de ces zones, 75 127 élèves prennent part aux épreuves. Les statistiques révèlent une tendance remarquable : les filles y sont majoritaires.

Selon les chiffres communiqués par l’inspectrice chargée de l’équivalence, Ciregereza Nabuci Chantal, la province compte 38 923 filles, soit 52 % des candidats, contre 36 204 garçons représentant 48 %.

Les épreuves se déroulent dans 188 centres de passation, dont 60 à Bukavu et 128 répartis dans les différents territoires de la province.

Le TENASOSP, un outil stratégique pour l’orientation des élèves

Mis en place en 2022 dans le cadre des réformes du système éducatif congolais, le TENASOSP vise à mieux orienter les élèves à la fin du cycle de base.

Pendant deux jours, les candidats sont évalués afin d’identifier leurs compétences, leurs aptitudes et leurs centres d’intérêt. Les résultats permettront de les orienter vers les humanités générales ou vers les filières professionnelles les plus adaptées à leur profil.

À travers cette réforme, les autorités entendent renforcer l’adéquation entre la formation des jeunes et les besoins réels du marché de l’emploi ainsi que du développement national.

Alors que des milliers d’élèves composent dans les salles de classe de Kinshasa, Bukavu, Goma, Lubumbashi ou encore Mbuji-Mayi, le TENASOSP 2026 apparaît comme bien plus qu’un simple test. Il représente un carrefour décisif où se dessinent les ambitions, les talents et l’avenir de toute une génération appelée à construire la RDC de demain.

Kinshasa : Daniel Bumba donne 48 heures pour la démolition d’une kermesse illégale à Bandalungwa

Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, exige du bourgmestre de Bandalungwa la démolition et l’évacuation immédiate d’une kermesse installée dans l’enceinte même de la maison communale. La décision émane d’une instruction ferme transmise au ministre provincial des Infrastructures, Travaux Publics, Affaires Foncières, Urbanisme et Habitat, Alain Tshilungu. Dans cette correspondance du 9 juin 2026, la mesure sonne comme un rappel à l’ordre. À Kinshasa, le patrimoine administratif n’est plus négociable.

Le compte à rebours est lancé. Le bourgmestre dispose de 48 heures pour exécuter la mesure. Passé ce délai, le gouvernement provincial se réserve le droit d’intervenir d’office. Démolition aux frais des organisateurs de cette occupation « irrégulière », sans préjudice d’autres sanctions administratives ou légales. « L’inaction coûtera cher à ceux qui défient l’autorité de la Ville », souligne le document.

Un domaine public détourné de sa mission

Pour le ministre Alain Tshilungu, l’installation ne relève pas d’un simple débordement festif. Elle compromet la vocation initiale du site, met en danger la sécurité des usagers et des agents, et paralyse le fonctionnement des services communaux.

La maison communale étant le cœur battant de l’administration locale, précise le ministre, la laisser envahir, c’est ouvrir la porte à tous les abus.

Daniel Bumba trace la ligne rouge

En visant Bandalungwa, le Gouverneur envoie un signal fort à toutes les communes de Kinshasa. Sous son mandat, l’anarchie spatiale n’a plus droit de cité. Daniel Bumba choisit désormais la fermeté contre l’occupation illégale des espaces publics, même quand elle se déguise en événement populaire.

L’exécutif provincial se veut une nouvelle doctrine : restaurer l’autorité de l’État, protéger le patrimoine et sécuriser les agents. Bandalungwa devient ainsi le premier test de cette ligne dure.

Au-delà de Bandalungwa, cette fermeté s’inscrit dans une dynamique nationale. Sur instruction du Président de la République, Kinshasa s’est lancée dans une vaste opération de salubrité et de récupération des emprises publiques. Routes, avenues, espaces verts : l’objectif est de redonner à la capitale son visage de « Kin la belle ».

La décision du Gouverneur Bumba n’est donc pas isolée. Elle est le prolongement local d’une volonté présidentielle : zéro tolérance pour l’occupation anarchique, zéro compromis pour la salubrité.

52 ans d’attente, trois monstres à défier, une nation à soulever : le calendrier choc des Léopards au Mondial 2026

Le jour tant attendu est enfin arrivé. Ce jeudi 11 juin 2026, la Coupe du monde de la FIFA s’ouvre officiellement en Amérique du Nord. Pendant plus d’un mois, les regards de la planète football seront tournés vers les États-Unis, le Canada et le Mexique. Mais pour les Congolais, cette édition a une saveur toute particulière.

Après plus d’un demi-siècle d’absence, la République démocratique du Congo retrouve enfin la plus prestigieuse compétition du football mondial. Cinquante-deux ans après l’épopée du Zaïre en 1974, les Léopards sont de retour parmi l’élite. Une qualification historique qui fait renaître les rêves de tout un peuple.

À l’occasion du coup d’envoi du Mondial 2026, la rédaction de JDK vous propose de découvrir les dates clés et les rendez-vous qui attendent les hommes de Sébastien Desabre lors de cette aventure que les supporters congolais espèrent mémorable.

Le grand retour des Léopards face à des géants du football mondial

Le tirage au sort n’a pas réservé un chemin facile à la RDC. Placés dans le groupe K, les Léopards devront se mesurer à trois adversaires aux profils très différents.

Le premier défi s’annonce colossal. Le mercredi 17 juin, les Congolais défieront le Portugal, l’une des grandes puissances du football européen. Une entrée en matière qui permettra immédiatement de mesurer les ambitions réelles de cette sélection congolaise.

Quelques jours plus tard, la RDC croisera la route de la Colombie. Les Sud-Américains figurent parmi les équipes les plus redoutées du tournoi et cette rencontre pourrait déjà peser lourd dans la course à la qualification.

Enfin, les Léopards termineront leur phase de groupes face à l’Ouzbékistan, novice à ce niveau de compétition mais animé par l’ambition de créer la surprise pour sa première participation à une Coupe du monde.

Le calendrier complet de la RDC

Journal de Kinshasa
© Journal de Kinshasa
Mercredi 17 juin 2026
Portugal – RD Congo
Stade de Houston
18h00, heure de Kinshasa

Mercredi 24 juin 2026
Colombie – RD Congo
Stade de Guadalajara
03h00, heure de Kinshasa

Dimanche 28 juin 2026
RD Congo – Ouzbékistan
Stade d’Atlanta
00h30, heure de Kinshasa

Une génération prête à écrire l’histoire

Si la RDC revient aujourd’hui sur la scène mondiale, ce n’est pas le fruit du hasard. Depuis son arrivée à la tête de la sélection en 2022, Sébastien Desabre a profondément transformé l’équipe nationale.

Le technicien français a bâti un groupe discipliné, solidaire et capable de rivaliser avec les meilleures nations. Autour des cadres Chancel Mbemba, Arthur Masuaku, Yoane Wissa, Simon Banza et Cédric Bakambu, une nouvelle génération ambitieuse a progressivement pris confiance.

Parmi les joueurs les plus attendus figure justement Cédric Bakambu. À 35 ans, l’attaquant disputera la première Coupe du monde de sa carrière. Leader du vestiaire et référence offensive des Léopards depuis plus d’une décennie, il symbolise parfaitement la résilience de cette sélection qui n’a jamais cessé de croire à son retour au sommet.

Dans les cages, Lionel Mpasi représente également une valeur sûre. Le héros de la CAN 2023 sera l’un des piliers d’une défense qui s’est montrée particulièrement solide durant les qualifications.

Plus qu’un tournoi, l’espoir de tout un peuple

La dernière participation congolaise à une Coupe du monde remonte à 1974, lorsque le pays évoluait encore sous le nom de Zaïre. Depuis, plusieurs générations de supporters ont attendu ce moment.

Aujourd’hui, les Léopards débarquent en Amérique du Nord avec une mission simple : tourner une page de l’histoire et écrire un nouveau chapitre.

L’objectif minimum sera de décrocher la première victoire congolaise dans un Mondial. Mais dans un format élargi à 48 équipes, les rêves sont plus grands. Une qualification pour les seizièmes de finale apparaît désormais à portée de main.

Au-delà du football, cette Coupe du monde représente aussi un puissant symbole d’unité pour des millions de Congolais à travers le pays et la diaspora. Pendant quelques semaines, les difficultés du quotidien laisseront place à une même passion, un même maillot et un même espoir.

Cinquante-deux ans après leur unique apparition sur la scène mondiale, les Léopards ont rendez-vous avec leur histoire. Et tout un peuple espère les voir rugir à nouveau parmi les plus grandes nations du football.