« Un chien peut-il diriger un pays ? » : À Houston, Tshisekedi règle ses comptes avec Kabila

Houston, Texas. La nuit est encore chaude, les échos des chants des supporters congolais résonnent encore dans les rues de la ville américaine. Les Léopards viennent d’offrir à leur pays le premier point de leur histoire en Coupe du monde, un exploit arraché face au Portugal de Cristiano Ronaldo. La fête est belle. L’ambiance, euphorique.

Mais dans une salle de Houston, loin des projecteurs du stade, le président Félix Tshisekedi a choisi ce moment de liesse nationale pour livrer un tout autre discours. Un discours qui, s’il a commencé par célébrer les héros du terrain, a rapidement pris un tour politique d’une rare virulence.

« Quand nous avons dit qu’un chien pouvait nous diriger, nous avons ouvert la voie aux ennemis », a lancé le chef de l’État devant des Congolais médusés.

« Ce chien-là » : une attaque frontale contre Kabila

En quelques mots, Félix Tshisekedi a franchi une ligne rouge. Jamais, dans ses précédentes sorties publiques, le président n’avait employé des termes aussi insultants à l’égard de son prédécesseur, Joseph Kabila. Le qualifier de « chien », c’est non seulement une humiliation personnelle, c’est aussi un acte politique lourd de conséquences dans un pays où les tensions entre les deux camps n’ont cessé de croître.

L’ancien président, qui a dirigé la RDC pendant près de deux décennies, n’a pas encore réagi officiellement. Mais ses proches dénoncent déjà une « dérapage inadmissible » et une « tentative de détourner l’attention des véritables problèmes du pays ».

Pour les observateurs, cette sortie intervient dans un contexte particulièrement tendu. La RDC traverse une crise sécuritaire dramatique dans l’est du pays, où les groupes armés, dont certains soutenus par le Rwanda voisin, continuent de semer la terreur. Sur le plan politique, les relations entre Tshisekedi et Kabila sont glaciales depuis la rupture de leur coalition en 2020.

« Ils nous ont infiltrés » : l’ombre du Rwanda plane

Le président congolais n’a pas seulement attaqué son prédécesseur. Il a également dressé un portrait sombre des menaces qui pèsent sur la nation, évoquant une infiltration massive des « ennemis de la République ».

« Il y a encore des sorciers. On pensait qu’ils n’étaient qu’au Rwanda, alors qu’ils nous ont infiltrés », a-t-il affirmé, sans toutefois apporter de preuves concrètes.

Une déclaration qui fait écho aux accusations récurrentes de Kinshasa contre Kigali, accusé de soutenir les rebelles du M23 dans l’est congolais. Mais en liant directement cette menace à la gouvernance de Joseph Kabila, Tshisekedi cherche manifestement à délégitimer l’héritage politique de son prédécesseur.

« Les Léopards ont fait notre fierté » : le football comme exutoire

Avant d’en arriver à ces attaques, le chef de l’État avait pourtant commencé son discours sur une note plus consensuelle, célébrant avec émotion la performance des Léopards.

« Les Léopards ont fait notre fierté. Aujourd’hui, tout le monde qui a peur de Cristiano Ronaldo a vu comment on a joué, un pays qui a la guerre comme le nôtre », a-t-il déclaré, visiblement ému par l’exploit des hommes de Sébastien Desabre.

Le président a même fait une promesse aux supporters congolais : « J’ai demandé à la FIFA si nous sortons de la poule, ils vont ajouter des billets pour les Congolais qui sont ici. Ne craignez rien. Nous donnerons des moyens à notre ambassadeur. »

Un engagement qui, sur le moment, a fait vibrer la salle. Mais qui a été rapidement éclipsé par la charge politique qui a suivi.

La diaspora prise entre fierté et malaise

Pour les Congolais de la diaspora présents à Houston, le moment a été ambigu. Certains ont applaudi, voyant dans les mots du président une forme de catharsis, une manière de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas du régime Kabila.

D’autres, en revanche, ont ressenti un profond malaise. « Je suis venu pour célébrer les Léopards, pas pour assister à un règlement de comptes politique », confie un supporteur, encore sous le choc.

« Ce n’est pas le moment de diviser les Congolais. On a enfin une raison d’être fiers, de se rassembler. Pourquoi gâcher ça avec des attaques personnelles ? »

Un appel à l’unité qui sonne comme un paradoxe

Au milieu de ses attaques, Tshisekedi a également lancé un vibrant appel à l’unité nationale. « Soyez unis. Qu’ils ne vous trompent pas, qu’ils n’utilisent pas le régionalisme pour vous avoir. Refusez de trahir votre pays », a-t-il martelé.

Un appel qui, dans la bouche d’un président qui vient de traiter son prédécesseur de « chien », sonne comme un paradoxe. Comment prêcher l’unité tout en insultant celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans ? Comment appeler à la réconciliation nationale tout en creusant un peu plus le fossé politique ?

La politique comme jeu dangereux

Au-delà de la polémique, cette sortie présidentielle interroge sur la stratégie de Félix Tshisekedi. À quelques mois d’échéances politiques importantes, le chef de l’État semble jouer une carte risquée : celle de la radicalisation.

En attaquant frontalement Kabila, il cherche peut-être à galvaniser sa base, à apparaître comme un président fort face à un adversaire affaibli. Mais ce faisant, il prend le risque d’exacerber les tensions dans un pays déjà fragile.

Pour l’instant, le discours de Houston a surtout réussi à faire oublier, pour quelques heures, la prestation historique des Léopards. Et c’est peut-être là le plus grand dommage.

Car à Houston, ce mercredi 17 juin 2026, il y avait une histoire à écrire : celle d’une nation qui, pour la première fois, marquait son premier but en Coupe du monde et décrochait son premier point. Une histoire de fierté, de résilience et de rassemblement.

Il y aura aussi, désormais, une autre histoire : celle d’un président qui, au lieu de célébrer cette unité retrouvée, a préféré raviver les blessures du passé. Une occasion manquée, peut-être. Une faute politique, assurément.

Que retiendra-t-on de cette soirée texane ? Le but de Wissa ou l’insulte de Tshisekedi ? Le premier point historique ou la première polémique présidentielle ?

Le football, cette fois, aura montré ses deux visages : celui qui rassemble et celui qui divise. Et dans le cœur des Congolais, la fierté d’un exploit sportif tentera de résister au poids des mots prononcés ce soir-là.

Yoane Wissa entre dans la légende, la RDC écrit l’une des plus belles pages de son histoire en Coupe du monde

Ce mercredi 17 juin 2026 restera à jamais gravé dans les annales du football congolais. Dans le chaudron du NRG Stadium de Houston, face à la légende vivante Cristiano Ronaldo et sa Seleção, Yoane Wissa a écrit la plus belle page de l’histoire des Léopards.

Le temps additionnel de la première période s’écoulait lentement (45e+5). Un corner joué en combinaison par Mukau et Masuaku. Le ballon, déposé avec une précision chirurgicale au deuxième poteau. Et Wissa, jaillissant comme un éclair, qui reprend victorieusement le cuir. 1-1. L’explosion.

À cet instant précis, l’attaquant de Newcastle ne savait pas encore qu’il venait d’inscrire le premier but de l’histoire de la République démocratique du Congo en phase finale de Coupe du monde. Un moment d’éternité qui effaçait d’un seul geste 52 années de frustration et la page blanche laissée par la génération de 1974.

« C’est l’histoire du Congo : continuer à avancer même quand ça ne va pas »

Après le coup de sifflet final, Wissa, encore sous le choc de l’émotion, s’est livré à cœur ouvert au micro de Top Congo.

« Mon but représente beaucoup. C’est beaucoup de travail, beaucoup d’abnégation, beaucoup de résilience. Une grosse fierté parce qu’on montre une belle image aujourd’hui de résilience, de combativité, face à ces joueurs », a-t-il confié, la voix empreinte de fierté.

L’ancien Lorientais a ensuite détaillé la combinaison qui a fait basculer l’histoire : « C’est un corner qui est joué intelligemment à deux entre Arthur Masuaku et Mukau. Mukau fixe et Masuaku, je sais que souvent il le met au deuxième poteau. Moi, j’essaie de ne pas rester hors jeu et je saute. C’est beau d’émotion. »

Mais au-delà de la performance individuelle, Wissa a tenu à rappeler la portée collective de cet exploit. Lui qui a raté la Coupe d’Afrique des nations à cause d’une blessure a trouvé dans cette nuit texane une forme de rédemption.

« J’ai raté la CAN à cause de la blessure. Cela a été une année très compliquée pour moi physiquement et émotionnellement. Ce soir, c’est une grande fierté pour moi. Aujourd’hui, je me rattrape de la plus belle manière. »

Et d’ajouter, avec une gravité qui force le respect : « Même si ça ne va pas, continuer à avancer, c’est l’histoire de notre vie, c’est l’histoire du Congo. Ce soir, on sait qu’on ne se bat pas seulement pour les 26 joueurs qui sont là, mais pour les 100 millions de Congolais. »

Une opposition politique unie derrière les Léopards

L’onde de choc de cette performance historique a dépassé le simple cadre sportif pour toucher l’âme de toute une nation. Les leaders de l’opposition congolaise, souvent divisés sur le terrain politique, se sont retrouvés unis pour saluer l’exploit des Léopards.

Martin Fayulu a remercié les joueurs pour avoir offert au peuple congolais « un précieux moment de répit et de fierté », estimant que la première mission était accomplie.

Moïse Katumbi a salué un « très bon début » qui ouvre « des perspectives encourageantes pour la suite du tournoi ».

Delly Sesanga, imagé, a affirmé que les Léopards avaient réussi « à mains nues » à faire tomber le Portugal.

Jean-Marc Kabund, plus sobre, a simplement adressé ses félicitations.

Théophile Mbemba, lui, a rendu hommage à un match « héroïque » et a établi un parallèle avec la situation politique du pays. « La prestation de l’équipe démontre que le talent congolais est capable de rivaliser avec les meilleures nations lorsqu’il bénéficie des moyens nécessaires et d’un environnement fondé sur le mérite », a-t-il déclaré, avant de regretter que « les mêmes exigences ne soient pas appliquées à la gestion de la nation ».

Cristiano Ronaldo tourne déjà la page

Côté portugais, la déception était palpable mais la réaction, digne. Cristiano Ronaldo, buteur en 5e minute sur une passe de Bernardo Silva, a rapidement pris la parole sur les réseaux sociaux pour appeler son équipe à se projeter vers l’avenir.

« Ce n’était pas le départ que nous voulions, mais cela est loin d’être terminé. Tête levée et focus sur le prochain match », a écrit le quintuple Ballon d’Or sur X.

João Neves, jeune milieu portugais buteur pour sa première Coupe du monde, partageait l’analyse de son capitaine : « Je suis content, c’est mon premier Mondial. À la fin, ce qui nous a manqué, c’est la victoire. On va analyser le match et continuer. On a encore deux matches à jouer. »

La RDC croit désormais en ses rêves

Ce match nul, arraché avec les tripes, a une portée bien plus grande qu’un simple point au classement. Pour la RDC, c’est une victoire morale, une preuve que 52 ans d’attente n’ont pas émoussé l’âme combattante des Léopards.

Les hommes de Sébastien Desabre ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec les plus grands. Ils ont montré qu’ils pouvaient marquer. Et surtout, ils ont redonné à tout un peuple une raison de croire.

Le prochain défi ? Leurs deux autres adversaires du groupe K. Mais après avoir tenu tête au Portugal, les Léopards savent désormais que l’impossible n’est qu’une question de volonté. Et à Houston, cette nuit-là, ils ont prouvé que le football pouvait être, comme l’a si bien dit Wissa, « l’histoire du Congo » qui continue de s’écrire, pas à pas, but après but.

Portugal 1-1 RDC : Les léopards arrachent un match nul historique en coupe du Monde 2026

Cest fait, c’est historique. La République démocratique du Congo termine sur un match nul 1-1 face au Portugal ce mercredi 17 juin 2026 au NRG Stadium de Houston. Menés dès la 6e minute par Joao Neves, les Léopards ont répondu dans les arrêts de jeu de la première période par Yoane Wissa 45+5’. L’attaquant de Newcastle vient d’inscrire le tout premier but de l’histoire de la RDC en phase finale de Coupe du Monde, 52 ans après la seule participation du pays en 1974. Face à Cristiano Ronaldo et la Seleçao championne de Ligue des Nations 2025, les Congolais ont arraché un point qui a le goût de la victoire.

5-3-2 de Desabre : un bloc bas qui a tenu face à Ronaldo

Sébastien Desabre avait choisi la sécurité avec un 5-3-2, et son plan a fonctionné jusqu’au bout. Après l’ouverture du score de l’équipe adverse, la RDC n’a pas sombré. Chancel Mbemba capitaine, associé à Kapuadi et Tuanzebe dans une défense à 3, a verrouillé l’axe face à Ronaldo et Joao Felix. Wan-Bissaka et Masuaku en pistons ont multiplié les efforts défensifs tout en lançant les rares contres.

Au milieu, Moutoussamy en sentinelle devant Mukau et Edo Kayembe a coupé les transmissions vers Bruno Fernandes. Ce bloc bas discipliné a permis aux Léopards de rester dans le match et de punir le Portugal sur une transition éclair conclue par Wissa. Une copie tactique propre face à un cador européen.

Yoane Wissa, l’homme qui a brisé 52 ans de malédiction

Un nom, une date, une légende : Yoane Wissa. Son but restera à jamais comme le premier de la RDC en Coupe du Monde FIFA. 52 ans après 1974 et des défaites sans marquer, Wissa a effacé la malédiction.

C’est le symbole d’un pays qui revient sur la plus grande scène du football mondial et refuse de faire de la figuration. Pour des millions de Congolais qui réclament la paix dans l’Est du pays, Wissa a offert une parenthèse de fierté nationale.

Le résultat final 1-1 dit tout : la RDC a présenté bonne figure contre le Portugal. Face à Ronaldo, Bernardo Silva et Ruben Dias, Mbemba, Bakambu, Wissa et toute l’équipe ont montré discipline, solidarité et ambition. 52 ans après son retour, la RDC ne joue pas les touristes dans ce groupe K.

Le message est clair : après 52 ans d’absence, la RDC est revenue pour marquer l’histoire, pas pour la subir. Le prochain match est prévu contre la Colombie le 24 juin prochain.

Portugal–RD Congo : l’ambassadeur portugais annonce un duel explosif et célèbre 500 ans d’amitié

L’heure approche pour les Léopards de la RDC. Ce mercredi, la République démocratique du Congo défie le Portugal pour son entrée en scène à la Coupe du monde 2026, dans une rencontre qui suscite déjà une forte attente des deux côtés.

Invité de Radio Okapi quelques heures avant le coup d’envoi, l’ambassadeur du Portugal en RDC, Mario Gomes, n’a pas caché son enthousiasme. Pour le diplomate, cette affiche a tout d’un grand rendez-vous mondial.

« Ce sera un grand match : d’un côté, l’expérience de Cristiano Ronaldo, de l’autre, la jeunesse et l’irrévérence de l’équipe congolaise », a-t-il déclaré.

Selon lui, la rencontre promet d’être particulièrement disputée, tant les deux sélections disposent d’arguments capables de faire basculer le résultat.

Des Léopards qui connaissent bien le football portugais

Si le Portugal part avec le statut de favori, Mario Gomes estime que les Léopards possèdent des atouts non négligeables. Plusieurs internationaux congolais ont en effet évolué dans le championnat portugais ou y ont été formés.

Le diplomate cite notamment des clubs prestigieux comme le FC Porto, le SC Braga ou encore le FC Famalicão.

Cette proximité avec le football lusitanien pourrait, selon lui, rendre la tâche plus compliquée aux coéquipiers de Cristiano Ronaldo, les Congolais connaissant déjà certains mécanismes tactiques portugais.

Au-delà du football, un match chargé d’histoire

Mais pour l’ambassadeur, cette rencontre dépasse largement le cadre sportif. Il y voit une occasion unique de célébrer les relations historiques qui unissent le Portugal et la RDC depuis plusieurs siècles.

« Plus important que le résultat, ce sera une opportunité de célébrer l’amitié entre le Portugal et le Congo », a-t-il affirmé.

Évoquant plus de 500 ans de liens entre les deux nations, Mario Gomes a adressé un message de respect et d’amitié au peuple congolais, tout en assumant son soutien à son pays.

« Aux Congolais, je voudrais transmettre toute notre amitié. Mais ce soir, mes racines sont portugaises. J’espère un bon match et que le meilleur gagne », a-t-il conclu.

À quelques heures du coup d’envoi, une chose est certaine : au-delà de l’enjeu sportif, ce Portugal RD Congo s’annonce comme un rendez-vous chargé d’émotion, d’histoire et de passion.

Coupe du Monde 2026 : Kinshasa dans la fièvre ambiante avant le match RDC-Portugal

La République démocratique du Congo retrouve la Coupe du Monde après 52 ans d’absence. À Kinshasa, la capitale vibre déjà au rythme des Léopards. Dès l’aube, les marchés, les arrêts de bus et les carrefours se parent de bleu, jaune et rouge. Vendeurs ambulants, chauffeurs, écoliers et fonctionnaires, toute la ville arbore les insignes du drapeau national. Les taxis-bus et véhicules privés suivent la tendance, métamorphosés en carrosses patriotiques. La ville entière s’est faite stade, en prélude au coup d’envoi contre le Portugal.

Ce premier match face au Portugal n’est pas une rencontre ordinaire. Il scelle le retour de la RDC sur la plus grande scène du football mondial, plus d’un demi-siècle après sa dernière participation.

Houston accueillera les Fauves Congolais face à une sélection portugaise réputée pour sa maîtrise technique et son palmarès européen. Mais à Kinshasa, le gigantisme de l’adversaire n’entame en rien l’ardeur populaire. Dans les rues de Gombe, de Ngaliema ou de Bandalungwa, l’espoir l’emporte sur la raison statistique. La fierté nationale transcende l’écart de réputation entre les deux sélections.

Confiance populaire : « Nous sommes confiants »

Interrogés dans la fièvre ambiante, les Kinois affichent une foi inébranlable. « Nous sommes confiants. À défaut de gagner ce match nous allons faire un match nul », lance un chauffeur décorant son bus aux couleurs nationales.

Un vendeur ambulant, drapeau noué au cou, martèle : « La victoire sera congolaise ce soir. Nos joueurs n’ont rien à envier. Ils évoluent dans les mêmes championnats européens ».

Un passager, foulard tricolore au vent, place sa confiance en Cédric Bakambu : « Il doit ouvrir le score pour nous ». Entre prudence et audace, le peuple congolais rêve sans complexe face à la Seleçao.

Sur les murs de Kinshasa, les portraits des Léopards rivalisent avec les couleurs du drapeau. La nation entière s’est érigée en 12e homme, déterminée à pousser ses ambassadeurs vers l’exploit, malgré le statut de favori accordé au Portugal sur papier.

Ambiance Kinoise : un peuple mobilisé pour l’histoire

À quelques heures du coup d’envoi, Kinshasa retient son souffle. Chaque congolais soutient les Léopards à sa manière, dans une ferveur collective rare.

La capitale, réputée pour sa passion viscérale du football, promet une ambiance vibrante dès le coup de sifflet. Le football, parfois, réserve des surprises cruelles aux grandes nations. Le Cap-Vert l’a prouvé en tenant l’Espagne en échec.

Les Léopards entendent écrire leur propre page d’histoire ce 17 juin 2026 à Houston. Le décor est planté, la nation est debout, le rêve est permis.

Ebola en Ituri : 7 nouvelles guérisons, un espoir qui renaît à Rwampara

Le mardi 16 juin 2015 restera une date mémorable pour la zone de santé de Rwampara, dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri. Sept personnes ont quitté le centre de traitement Ebola (CTE) la tête haute, un certificat de guérison entre les mains. Parmi elles, un bébé, quatre femmes et deux hommes. Des survivants qui incarnent la résilience d’une communauté durement éprouvée.

« Se rendre à temps, c’est la clé de la survie »

Le docteur Patrick Mugisa, médecin-chef de zone de Rwampara, ne cache pas sa satisfaction. Pour lui, ces guérisons ne sont pas le fruit du hasard : elles sont la preuve que la détection précoce sauve des vies.

« Ces personnes guéries d’Ebola se sont vite présentées dans notre structure sanitaire après les premiers symptômes de cette maladie. C’est grâce à cette souplesse qu’elles ont suivi un traitement médical et voilà, elles ont guéri. »

Le médecin insiste sur un message crucial : « Se rendre à temps dans un centre de traitement facilite grandement la prise en charge et augmente les chances de survie. » Un appel à la vigilance lancé à toute la population, alors que la lutte contre l’épidémie se poursuit dans la région.

Un suivi médical rigoureux pour les survivants

Si ces sept vainqueurs du virus ont quitté l’hôpital, leur combat n’est pas tout à fait terminé. Le docteur Mugisa précise qu’ils bénéficieront désormais d’un contrôle sanitaire mensuel, afin de s’assurer qu’aucune complication ne survient.

Mais l’information la plus rassurante vient peut-être de cette déclaration : « Ces guéris d’Ebola ne représentent plus un danger pour la communauté. » Un message essentiel pour lutter contre la stigmatisation dont souffrent souvent les survivants de la maladie à virus Ebola.

Un appel à la responsabilité collective

Alors que ces guérisons apportent une bouffée d’oxygène à la région, le docteur Mugisa reste en alerte. Il appelle les habitants à maintenir les mesures barrières et à consulter sans délai en cas de symptômes suspects.

Chaque jour qui passe est une victoire contre le virus. Chaque guérison, un pas de plus vers l’éradication de la maladie. Ce mardi, à Rwampara, sept vies ont repris leur cours. Sept sourires ont illuminé un centre de traitement. Sept raisons de croire que l’espoir est toujours plus fort que l’épidémie.

RDC : L’opposition annonce une marche le 8 juillet pour exiger la démission de Félix Tshisekedi

La coalition C64 annonce une marche nationale le 8 juillet prochain. C’était à l’occasion d’une réunion tenue mardi 16 juin 2026 à Kinshasa pour évaluer le sit-in du week-end dernier. Le point de chute est symbolique : le Palais de la Nation, siège institutionnel du Président de la République. L’opposition exige la démission immédiate de Félix Tshisekedi, accusé de « trahison » de son serment constitutionnel. Cette annonce marque une rupture dans la stratégie de contestation, qui passe du sit-in à une marche offensive vers le cœur du pouvoir exécutif.

Le cœur de l’accusation portée par Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo et Moïse Katumbi est institutionnel. La C64 reproche à Félix Tshisekedi de vouloir forcer un troisième mandat en lançant un processus de référendum pour réviser la Constitution de 2006.

Pour l’opposition, cette manœuvre viole l’article 220 verrouillé et brise le consensus démocratique bâti après 2018. En visant le Palais de la Nation le 8 juillet, la coalition entend défendre non seulement l’alternance, mais l’architecture même de l’État de droit.

Martin Fayulu fixe la doctrine politique de la coalition

Figure de proue de la C64, Martin Fayulu pose les termes du conflit politique. « En entrant en rébellion contre la Constitution, Monsieur Félix Tshisekedi rompt avec le pacte républicain qui unit notre Nation. Dès lors, il ne peut prétendre incarner l’État de droit et doit en tirer les conséquences : la démission », a-t-il signifié. La C64 se présente ainsi comme gardienne du contrat social, face à ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire ».

12 juin : la répression qui nourrit la mobilisation du 8 juillet

La décision de marcher le 8 juillet s’enracine directement dans la répression du vendredi 12 juin dernier. Ce jour-là, la police nationale a violemment empêché les opposants d’atteindre l’esplanade du Palais du Peuple. Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont été blessés, tout comme plusieurs manifestants.

L’opposition affirme avoir enregistré des morts, version contestée par le gouvernement provincial de Kinshasa qui nie tout bilan mortel. Ce précédent « sanglant » crée un climat d’incertitude autour de l’autorisation administrative de la marche vers le Palais de la Nation. La C64 y voit une preuve supplémentaire de « l’usage disproportionné de la force pour museler la contestation démocratique ».

À trois semaines de la marche annoncée, la RDC entre dans une phase de tension politique aiguë. Le débat sur le changement de la Constitution occupe tout l’espace public et oppose deux lectures irréconciliables. D’un côté, la C64 défend l’intangibilité des règles et l’alternance comme pilier de la démocratie. De l’autre, le pouvoir plaide pour des réformes institutionnelles.

La marche du 8 juillet vers le Palais de la Nation devient donc le test grandeur nature de ce rapport de force. Entre revendication de démission pour « trahison » et volonté de réformes, Kinshasa se prépare à une confrontation politique majeure dont l’issue dessinera l’avenir institutionnel du pays.

« Nous voulons les 16es de finale » : Desabre lance le rêve congolais avant le choc historique face au Portugal

Pendant 52 ans, tout un peuple a attendu ce moment. Ce mercredi 17 juin 2026, la République démocratique du Congo retrouve enfin la Coupe du monde et s’apprête à défier l’une des plus grandes nations du football mondial : le Portugal.

Au NRG Stadium de Houston, les Léopards vont disputer leur premier match du groupe K face à la Seleção de Cristiano Ronaldo. Un rendez-vous historique qui marque le retour de la RDC sur la scène mondiale, plus d’un demi-siècle après sa seule participation au Mondial sous les couleurs du Zaïre en 1974.

À la veille de cette rencontre, Sébastien Desabre a envoyé un message clair : ses joueurs ne sont pas venus aux États-Unis pour admirer leurs adversaires.

Desabre : « Nous sommes challengers, et cela nous convient »

En conférence de presse, le sélectionneur français a reconnu la supériorité théorique du Portugal, considéré comme l’un des favoris de la compétition. Mais il refuse de voir son équipe arriver en victime.

Pour lui, la RDC possède des qualités capables de lui permettre de rivaliser avec les Portugais.

« Nous avons beaucoup de respect pour le Portugal, mais nous sommes très forts et nous imposerons notre style de jeu. C’est un travail d’équipe, il ne s’agit pas seulement de Cristiano Ronaldo. »

Desabre estime même que le statut d’outsider constitue un avantage pour son groupe.

« Dans le football, rien n’est jamais joué d’avance. Il y a un favori et un challenger. Nous serons les challengers et cette position nous convient parfaitement. »

Le technicien français rappelle surtout que la compétition ne se résume pas à ce seul rendez-vous face au Portugal. Derrière cette affiche, la RDC devra également affronter la Colombie et l’Ouzbékistan dans un groupe particulièrement relevé.

« Notre objectif est d’obtenir trois ou quatre points afin d’accéder au tour suivant. Nous avons construit notre stratégie sur l’ensemble des trois matchs de groupe. »

Une équipe portée par 120 millions de Congolais

Si les Léopards abordent cette Coupe du monde avec sérénité, ils savent aussi qu’ils porteront les espoirs de toute une nation.

Le sélectionneur assure que ses joueurs mesurent parfaitement l’importance de l’événement.

« Les joueurs sont très motivés. Ils savent qu’ils seront suivis par plus de 120 millions de Congolais. »

Après quatre années de travail avec le même staff et une génération qui a grandi ensemble, Desabre considère déjà cette qualification comme une récompense.

« Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est le fruit de quatre années de travail. Notre première victoire, c’est d’être présents. Mais maintenant, nous voulons aller plus loin. »

L’objectif est assumé : franchir pour la première fois le premier tour d’une Coupe du monde.

« Nous voulons voir les seizièmes de finale. »

Ronaldo respecté, mais pas craint

Face à la RDC se dressera l’une des plus grandes légendes du football mondial : Cristiano Ronaldo.

À 41 ans, le capitaine portugais continue d’incarner le principal danger offensif de la Seleção. Mais pour Desabre, il serait dangereux de réduire le Portugal à son seul numéro 7.

« Un seul individu ne peut pas arrêter Ronaldo. C’est collectivement qu’il faut l’arrêter. »

Le sélectionneur congolais s’est même montré admiratif envers celui qu’il considère comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire.

« C’est sans doute l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Mais le Portugal possède énormément d’autres qualités. »

Avec Bruno Fernandes, Bernardo Silva, Vitinha, Rafael Leão ou encore João Neves, les Portugais disposent d’un effectif capable d’aller très loin dans la compétition.

« Pour moi, le Portugal a les qualités pour atteindre au minimum le dernier carré de cette Coupe du monde. »

Malgré Ebola et l’absence des supporters, les Léopards restent concentrés

La préparation de la RDC n’a pourtant pas été de tout repos.

L’épidémie d’Ebola qui touche certaines régions du pays a entraîné plusieurs modifications dans le programme de préparation des Léopards. Le stage initialement prévu à Kinshasa a dû être annulé et de nombreux supporters n’ont pas obtenu l’autorisation de voyager vers les États-Unis.

Une situation qui a particulièrement touché le groupe.

« Nous sommes très tristes que beaucoup de nos supporters n’aient pas pu faire le déplacement. Ils nous ont accompagnés partout pendant les qualifications. »

Malgré ces difficultés, Desabre assure que son équipe est restée concentrée sur son objectif.

« Nous avons dû nous adapter plusieurs fois, changer nos plans, mais mentalement cela ne nous a posé aucun problème. »

Ce mercredi soir à Houston, les Léopards ne joueront donc pas seulement un match de football. Ils porteront avec eux les rêves de millions de Congolais qui attendent ce retour depuis plus de cinq décennies.

Et dans le camp congolais, une conviction domine avant le coup d’envoi : la RDC n’est pas venue à la Coupe du monde pour faire de la figuration.

52 ans plus tard, les Léopards ont rendez-vous avec l’histoire face au Portugal

Ce n’est pas un match. C’est un retour. Après un demi-siècle d’absence, la RDC plonge dans l’arène mondiale avec un seul objectif : ne pas être la victime expiatoire de Cristiano Ronaldo. Le Portugal, lui, joue son éternel tête-à-tête avec l’Afrique. Mais cette fois, les Léopards ont des crocs.

Ronaldo et la malédiction africaine : pourquoi le Portugal tremble toujours face au continent

Il y a un mystère portugais en Coupe du monde. Depuis 2006, la Seleção tombe systématiquement sur une nation africaine. Et à chaque fois, le match est un combat. Le Maroc, l’Angola, la Côte d’Ivoire, le Ghana… aucun n’a été balayé. Certains ont même fait tomber le géant européen.

En 2022, Cristiano Ronaldo a vécu l’un des pires cauchemars de sa carrière : assis sur le banc, impuissant, il regarde le Maroc l’éliminer en quarts de finale. Ce soir, à Houston, les Léopards veulent être le prochain cauchemar du numéro 7. Mais pour cela, ils devront écrire une page que personne n’attend.

La génération de l’audace : ces joueurs qui ont déjà vaincu l’impossible

Pour comprendre la force de cette équipe congolaise, il faut regarder derrière elle. Pour décrocher son billet pour les États-Unis, la RDC a éliminé le Cameroun, le Nigeria, puis la Jamaïque en barrage intercontinental. Un chemin de croix. Une équipe de guerriers.

« L’audace et la joie arrivent », a lancé Brian Cipenga.

Cédric Bakambu, lui, parle de « sacrifices et de volonté de progresser ».

Derrière les mots, il y a une certitude : cette équipe ne vient pas pour faire de la figuration. Avec un bloc défensif solide (Mbemba, Wan-Bissaka, Tuanzebe) et une attaque de fusée (Wissa, Bakambu, Elia), les Léopards ont les armes pour punir la principale faiblesse du Portugal : sa défense poreuse.

Privés de public, pas de ferveur : quand un peuple vibre à 10 000 kilomètres

À Kinshasa, il sera 18 heures. Les rues seront désertes. Les bars, pleins à craquer. Mais dans les tribunes de Houston, les supporters congolais seront rares. Les visas, les billets d’avion, les coûts : le rêve américain s’est arrêté au guichet. Un crève-cœur.

Mais la RDC, c’est 100 millions d’âmes. Et ce soir, toutes vibreront en synchro. Loin, très loin, mais avec la même intensité. Les Léopards le savent : ils jouent pour eux, mais aussi pour tous ceux qui n’ont pas pu faire le voyage. Un peuple entier, suspendu à un ballon.

Coupe du Monde 2026 : La France renverse le Sénégal 3-1 dans un match à intensité élevée

Un match à intensité élevée entre la France et le Sénégal. Lors de leur première journée, ce mardi 16 juin au stade New York/New Jersey, les deux équipes se répondent. La première mi-temps a affiché une légère domination du champion d’Afrique en titre. Les Lions imposent leur pressing, confisquent le ballon et se montrent plus tranchants. Le vice-champion du monde répond par des éclairs offensifs. 0-0 à la pause, score logique tenant compte de l’intensité de la rencontre.

C’est au retour des vestiaires que la France renverse la situation. Les Bleus haussent le ton physiquement et techniquement. Le pressing devient plus haut, les transitions plus tranchantes. Kylian Mbappé ouvre le score à la 66e minute d’une frappe croisée. La domination sénégalaise de la première période s’efface. La France prend l’ascendant et impose son rythme face au champion d’Afrique.

Piqué au vif, le Sénégal recule. Bradley Barcola aggrave la marque à la 82e minute peu après son entrée. Sur une accélération, il prend de vitesse la défense et ajuste le gardien. Le break fait mal aux Lions. Le stade bascule côté Bleu. Sadio Mané et ses coéquipiers subissent désormais les vagues françaises.

Le Sénégal ne capitule pas. Entré en deuxième mi-temps, Ismaila Mbaye sauve l’honneur à la 90+5e minute. Il surgit au point de penalty et réduit l’écart d’une frappe sèche. Un sursaut d’orgueil tardif mais symbolique avant le coup de sifflet final du résultat 3-1.

Dans la foulée, Kylian Mbappé scelle le succès à la 90+6e minute. Son doublé de la soirée le propulse à 58 réalisations. Il devient officiellement le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. L’intensité du match n’a jamais baissé. Face au champion d’Afrique, le vice-champion du monde signe un résultat 3-1 de prestige. Les Lions sortent la tête haute, les Bleus avec une victoire et un record pour l’attaquant du Real Madrid.