Coupe du Monde 2026 : L’Espagne domine la Belgique 2-1 et obtient son ticket de demi-finale

Au terme d’un quart de finale très engagé, ce vendredi 10 juillet 2026, l’Espagne a battu la Belgique 2-1 et se qualifie pour les demi-finales de la Coupe du Monde 2026. Après avoir mené au score puis accroché, la sélection espagnole a fait parler sa maîtrise technique et sa patience pour faire craquer des Diables Rouges valeureux mais émoussés. Un dénouement cruel pour la Belgique, libérateur pour une Espagne qui retrouve enfin les sommets et confirme qu’elle compte bien jouer un rôle majeur dans cette compétition.

Le scénario a tenu les supporters en haleine jusqu’à la dernière minute. Fabián Ruiz a ouvert le score dès la 30e minute pour l’Espagne d’une frappe sèche qui a trompé le gardien belge. Loin de s’effondrer, la Belgique a réagi avec caractère. Charles De Ketelaere a égalisé à la 41e minute, relançant totalement la rencontre. Alors que le match se dirigeait vers la prolongation, Mikel Merino a surgi à la 88e minute pour crucifier la défense belge d’une reprise clinique. Le champion du monde 2010 a refusé le piège des 30 minutes suivantes et a choisi de finir le travail dans le temps réglementaire.

Une domination espagnole écrasante sur le plan statistique

Les chiffres traduisent une supériorité nette de l’Espagne, avec 68% de possession contre seulement 32% pour la Belgique. Elle a aussi bombardé la cage adverse avec 18 tirs dont 8 cadrés, contre 5 tirs et 2 cadrés côté belge. Ce contrôle permanent a permis aux espagnols d’imposer leur rythme, de faire courir les belges et de les épuiser physiquement. Même si les Diables Rouges ont fait preuve de solidité et d’efficacité sur leurs rares occasions, ils n’ont jamais réussi à inverser la tendance. Cette démonstration de maîtrise collective rappelle le plus bel héritage du football espagnol : la patience, la circulation et la punition finale.

Cap sur la France : un choc européen le 14 juillet en demi-finale

Après avoir écarté la Belgique, la Roja retrouvera l’équipe de France en demi-finale le 14 juillet prochain. Un choc entre deux nations de football qui promet des étincelles. Les Bleus, solides depuis le début du tournoi, représenteront un tout autre défi avec leur puissance athlétique et leur efficacité en contre. Pour l’Espagne, il faudra hausser encore le curseur et transformer cette domination en réalisme face à une équipe habituée des grands rendez-vous.

Désormais, un Espagne-France va sûrement enflammer la planète foot, avec en jeu une place en finale de la Coupe du Monde.

Lubumbashi : le Village des opportunités ouvre une nouvelle voie à la jeunesse congolaise

Pendant trois jours, Lubumbashi ne sera pas seulement la capitale économique de la République démocratique du Congo. Elle devient aussi le point de rencontre de milliers de jeunes venus chercher bien plus qu’une simple exposition : une opportunité de transformer leur avenir.

Ce jeudi 9 juillet 2026, la ministre de la Jeunesse et Éveil patriotique, Grâce Kutino, a officiellement lancé la deuxième phase du Village des opportunités, une initiative qui ambitionne de rapprocher les jeunes des possibilités de formation, d’emploi, d’entrepreneuriat et d’innovation.

Présenté comme une plateforme nationale, ce rendez-vous rassemble institutions publiques, entreprises privées, partenaires techniques et financiers ainsi que porteurs de projets autour d’un même objectif : faire de la jeunesse congolaise un véritable moteur du développement.

Un espace où les talents rencontrent les opportunités

À travers cette initiative, le gouvernement souhaite créer un pont entre les ambitions des jeunes et les structures capables de les accompagner.

« Le Village des opportunités constitue une plateforme nationale de promotion des talents, de valorisation des initiatives des jeunes et de mise en relation entre les demandeurs d’opportunités et les acteurs du développement », a déclaré la ministre Grâce Kutino lors de la cérémonie d’ouverture.

Mais, selon elle, ce village ne se limite pas à un espace d’exposition.

Il se veut également un cadre d’éveil citoyen, d’engagement et de responsabilisation, où les jeunes sont invités à développer leur esprit d’initiative tout en renforçant leur patriotisme.

« Le Village des opportunités n’est pas seulement un espace d’exposition, mais un cadre d’éveil, d’engagement et de construction d’une jeunesse consciente de son rôle dans le développement du pays », a insisté la ministre.

Trois jours pour rapprocher les jeunes des acteurs du développement

Du 9 au 11 juillet, le site de l’événement se transforme en un vaste carrefour d’échanges.

Les participants peuvent rencontrer des entreprises, découvrir des programmes de financement, bénéficier d’informations sur les formations disponibles et échanger avec des structures d’accompagnement susceptibles de soutenir leurs projets entrepreneuriaux.

Pour les jeunes présents, l’initiative représente une occasion rare de retrouver, en un seul lieu, les principaux acteurs susceptibles de les accompagner dans leurs parcours professionnels ou dans la concrétisation de leurs idées d’entreprise.

La ministre a profité de cette rencontre pour réaffirmer l’engagement du gouvernement à placer la jeunesse au cœur de la stratégie de développement économique et social de la RDC.

« Le Gouvernement réaffirme son engagement à faire de la jeunesse un acteur majeur du développement économique et social du pays », a-t-elle souligné.

Une ambition nationale portée par le Chef de l’État

Après une première édition organisée à Kinshasa en décembre 2025, le Village des opportunités poursuit désormais son déploiement en province.

Cette extension répond à la volonté du président Félix Tshisekedi d’offrir aux jeunes de toutes les provinces un accès équitable aux dispositifs d’accompagnement, aux programmes d’emploi et aux opportunités d’entrepreneuriat.

À travers cette initiative, les autorités espèrent faire émerger une génération capable d’innover, de créer des emplois et de participer activement à la transformation économique du pays.

Au-delà des stands et des conférences, le Village des opportunités se présente ainsi comme un symbole : celui d’une jeunesse que le gouvernement veut voir passer du statut de demandeuse d’opportunités à celui d’actrice du développement national.

Ebola en RDC : quatre vaccins prometteurs pourraient tout changer dans trois mois

Au cœur de la riposte contre Ebola, une nouvelle porte s’entrouvre. Alors que la République démocratique du Congo poursuit son combat contre la 17ᵉ épidémie du virus, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce des avancées qui pourraient changer le cours de la lutte.

En mission à Bunia, dans la province de l’Ituri, principal épicentre de l’épidémie, le Directeur exécutif du Programme de gestion des urgences sanitaires de l’OMS, Dr Chikwe Ihekweazu, a révélé ce jeudi 9 juillet 2026 que quatre candidats vaccins contre la souche Bundibugyo poursuivent actuellement leurs essais cliniques avec des résultats jugés encourageants.

Si le calendrier scientifique est respecté, ces vaccins pourraient être disponibles dans environ trois mois, offrant un nouvel espoir aux équipes médicales et aux populations exposées.

Des essais prometteurs, mais la vigilance reste de mise

Pour l’OMS, cette avancée est le fruit d’une mobilisation internationale sans précédent des chercheurs et des partenaires scientifiques engagés dans la lutte contre Ebola.

« Les essais cliniques des quatre vaccins se poursuivent de manière satisfaisante. Si les résultats restent conformes aux attentes, nous pourrions disposer de ces vaccins dans environ trois mois », a déclaré le Dr Chikwe Ihekweazu.

Même si cette perspective nourrit l’optimisme, les autorités sanitaires rappellent que la riposte ne peut pas attendre l’arrivée de ces nouveaux outils. La bataille contre Ebola continue chaque jour sur le terrain grâce aux mécanismes déjà en place.

L’OMS appelle les communautés à rester mobilisées

En attendant la validation définitive des vaccins, l’Organisation mondiale de la Santé insiste sur l’importance des mesures de prévention qui ont déjà permis de limiter la propagation du virus lors des précédentes flambées.

La détection rapide des cas, le suivi rigoureux des personnes contacts, l’isolement des malades et l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés demeurent les piliers de la stratégie actuelle.

« Les vaccins représentent un immense espoir, mais la riposte continue aujourd’hui avec les outils dont nous disposons déjà. La vigilance des communautés demeure essentielle », a rappelé le responsable de l’OMS.

Une épidémie qui continue de frapper l’Ituri

Malgré les progrès enregistrés dans la prise en charge des patients, l’épidémie reste particulièrement préoccupante.

Selon les dernières données officielles, la RDC totalise 1 759 cas confirmés, 600 décès et près de 750 personnes guéries depuis le début de cette 17ᵉ flambée d’Ebola. La province de l’Ituri demeure le principal foyer de transmission, où les équipes sanitaires poursuivent leurs interventions dans un contexte souvent marqué par des défis logistiques et sécuritaires.

L’arrivée potentielle de ces quatre vaccins contre la souche Bundibugyo pourrait constituer un tournant majeur dans la riposte. Si les essais cliniques confirment leur efficacité, la RDC disposerait d’un nouvel arsenal pour contenir une maladie qui, depuis plusieurs décennies, met régulièrement à l’épreuve son système de santé et la résilience de ses communautés.

RDC : Ebuteli met en place Landila pour évaluer les engagements de l’exécutif

Comment mesurer les engagements du gouvernement au-delà des discours ? Comment permettre aux citoyens de savoir si les promesses faites se traduisent réellement en actions ? C’est à ces questions qu’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, entend désormais répondre avec Landila, une nouvelle plateforme officiellement lancée ce jeudi 9 juillet 2026 à Kinshasa.

Son nom, qui signifie « suivre » en kikongo, résume toute son ambition : placer l’action gouvernementale sous le regard permanent des citoyens.

Longtemps, le suivi de l’exécutif était intégré à Talatala, l’outil d’Ebuteli consacré au contrôle de l’activité parlementaire. Mais face à l’intérêt grandissant du public pour les travaux de l’Assemblée nationale, cette dimension avait progressivement été reléguée au second plan. Avec Landila, Ebuteli remet désormais le gouvernement au cœur de son dispositif de veille citoyenne.

55 engagements déjà passés au crible

Bien plus qu’une simple plateforme numérique, Landila se présente comme un véritable tableau de bord de l’action gouvernementale.

Le baromètre identifie les engagements inscrits dans les documents officiels, suit leur niveau de mise en œuvre à travers les décrets adoptés, les projets lancés, les budgets exécutés et évalue les résultats obtenus dans les différents secteurs concernés.

Pour cette première phase pilote, six ministères stratégiques sont passés sous surveillance : les Mines, l’Économie nationale, le Genre, Famille et Enfant, la Justice, l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, ainsi que la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Au total, 55 engagements gouvernementaux feront l’objet d’un suivi régulier.

« Landila est le dernier-né de nos instruments de contrôle de l’action publique. Il s’inscrit dans la continuité de notre travail visant à éclairer le débat public grâce à des recherches rigoureuses, des données vérifiées et un dialogue informé entre les citoyens et les dirigeants », a expliqué le directeur exécutif d’Ebuteli, Fred Bauma.

Créer un pont entre les citoyens et les institutions

Au-delà des chiffres, Landila poursuit une ambition démocratique : renforcer la transparence et la redevabilité des institutions publiques.

Pour Ebuteli, l’objectif est de permettre aux Congolais de suivre concrètement les performances du gouvernement, de disposer d’informations fiables pour nourrir le débat public et d’encourager une culture d’évaluation permanente de l’action publique.

Fred Bauma rappelle que Landila complète désormais une série de quatre outils développés par l’organisation pour rapprocher les institutions des citoyens.

« Ces plateformes ne sont pas de simples outils numériques. Elles alimentent le débat public, favorisent le dialogue avec les institutions et contribuent à rapprocher les citoyens de ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné.

Le lancement de Landila a également été marqué par la présentation d’une note d’analyse consacrée aux réformes législatives en RDC, avec l’ambition d’ouvrir un dialogue entre les membres du gouvernement, les parlementaires, les chercheurs et les acteurs de la société civile sur les moyens d’améliorer la mise en œuvre des politiques publiques.

Un projet soutenu par les partenaires internationaux et salué par le gouvernement

Le développement de Landila bénéficie du soutien de la Commission européenne et de la coopération suédoise, à travers l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida).

Présente lors de la cérémonie, Joëlle Riziki, chargée des programmes Démocratie, Droits humains et État de droit à l’ambassade de Suède en RDC, a salué une initiative qui, selon elle, renforce les valeurs démocratiques, la transparence et la participation citoyenne.

Le gouvernement congolais a lui aussi apporté son soutien à cette nouvelle plateforme. Représentant l’exécutif, la vice-ministre de l’Intérieur Eugénie Tshela Kamba a estimé que Landila constitue un outil important pour améliorer la gouvernance et accompagner les ambitions de la RDC en matière de paix, de sécurité et de développement institutionnel.

La cérémonie s’est conclue par un panel consacré à une question centrale : « Comment accélérer la mise en œuvre des réformes législatives ? ». Autour de la table figuraient notamment le ministre d’État Guy Loando Mboyo, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, le conseiller politique de la Première ministre Kayamba Tshitshi, le politologue Christian Moleka et le chercheur Ithiel Batumike.

Avec Landila, Ebuteli entend désormais transformer le suivi de l’action gouvernementale en un véritable exercice de citoyenneté. En rendant les engagements de l’exécutif plus lisibles et plus mesurables, l’institut espère contribuer à instaurer une culture de responsabilité publique où chaque promesse pourra être confrontée aux résultats obtenus.

Mondial 2026 : La France met fin au rêve africain et élimine le Maroc 2-0 en quart de finale

Dernier représentant du continent, le Maroc a été éliminé en quart de finale de la Coupe du Monde 2026, dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 juillet 2026, par une France clinique et souveraine. Les Bleus se sont imposés 2-0 grâce à deux éclairs signés Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé. Une victoire nette qui propulse la France en demi-finale et qui met un terme au parcours historique des Lions de l’Atlas dans ce Mondial.

Sur la pelouse, le match a tourné à sens unique. La France a imposé son rythme, sa technique et son réalisme. Le vice-champion du monde en titre a pris le dessus dans tous les secteurs de jeu, de la relance à la finition. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 22 tirs à 5 et 9 tirs cadrés à 1 en faveur des poulains de Didier Deschamps. Étouffés par le pressing et la maîtrise technique française, les marocains n’ont jamais trouvé la solution pour inquiéter la défense adverse. Un seul tir cadré en 90 minutes, c’est le reflet d’une équipe marocaine méconnaissable, loin du visage conquérant et solidaire affiché depuis le début de la compétition.

Mbappé et Dembélé, le coup de grâce en 6 minutes

C’est en l’espace de 6 minutes que la France a plié la rencontre. Malgré son penalty raté en première mi-temps, Kylian Mbappé a fait parler sa vitesse et son sang-froid à la 60e minute pour ouvrir le score. C’est la preuve de son mental d’acier. Six minutes plus tard, à la 66e minute, Ousmane Dembélé a doublé la mise d’une frappe chirurgicale, assommant définitivement les espoirs marocains. Deux génies, deux buts, et une qualification en poche. Cette paire offensive a une nouvelle fois démontré pourquoi elle fait partie des plus redoutables au monde. Le Maroc, qui avait surpris le monde entier en 2022, n’a pas eu les ressources physiques et mentales pour renverser la tendance.

Fin de parcours pour le dernier Africain

Avec cette défaite, le Maroc quitte la Coupe du Monde 2026 la tête haute mais avec des regrets. Il faut rappeler la belle performance des Lions de l’Atlas dans ce tournoi : un match nul 1-1 d’entrée contre le Brésil, puis une qualification héroïque en seizième de finale contre les Pays-Bas à l’issue de la séance des tirs au but. Après avoir porté les couleurs de tout un continent jusqu’en quart de finale, Hakimi et ses coéquipiers n’ont pas réussi à rééditer l’exploit de l’édition précédente. Le Maroc laisse néanmoins une trace positive : un parcours courageux et une équipe qui aura fait vibrer l’Afrique entière. Le rêve continental s’arrête donc aux portes du dernier carré.

La France vise désormais le dernier carré

Fort de cette victoire, la France se tourne déjà vers la demi-finale. Les Bleus affronteront le vainqueur du match Espagne-Angleterre prévu ce soir du vendredi 10 juillet 2026. Avec un Mbappé des grands soirs et un Dembélé décisif, Didier Deschamps peut aborder cette prochaine échéance avec confiance. L’objectif est clair : aller chercher une nouvelle finale et pourquoi pas un troisième titre mondial. Le parcours est encore long, mais la France a envoyé un message fort en éteignant le rêve africain avec autorité.

Kinshasa : Le cortège de Martin Fayulu attaqué devant le Palais de Justice, 3 blessés graves (Prince Epenge)

Le cortège de Martin Fayulu, président du parti de l’opposition ECiDé et figure de la coalition Article 64 pour l’ordre constitutionnel (C64), a été pris pour cible ce jeudi 9 juillet 2026, devant le Palais de Justice à Kinshasa. Selon Prince Epenge, l’attaque est survenue alors que l’opposant rentrait de la conférence de presse organisée au CEPAS. Des individus présentés comme des membres de la « Force du Progrès », les jeunes du parti présidentiel UDPS, sont pointés comme responsables. « Trois militants ont été grièvement blessés » et évacués d’urgence vers l’hôpital Olympic.

Réunis devant les journalistes, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, les représentants de Moïse Katumbi et Matata Ponyo ont fait le point sur leur position après la rencontre avec Évariste Ndayishimiye, Président du Burundi et Président en exercice de l’Union Africaine (UA). Sur ce, les opposants se disent ouverts à un dialogue politique, mais posent une condition préalable : l’abandon public et définitif du projet de changement de la Constitution par le Président Félix Tshisekedi. Un projet que la C64 qualifie de « dangereux », dans un contexte où une partie du territoire national reste occupée.

L’attaque du cortège de Fayulu intervient donc dans un climat de forte tension entre le pouvoir et l’opposition, sur fond de revendications constitutionnelles et de mobilisation annoncée.

Rencontre avec Ndayishimiye : la C64 pose ses conditions au dialogue

Pour l’opposition, c’est le Chef de l’État Burundais qui a initié la rencontre, dans le cadre des consultations qu’il mène sur la crise en République démocratique du Congo, après ses échanges avec Félix Tshisekedi.

Pour la circonstance, les dirigeants de la C64 disent avoir dressé un diagnostic sévère de la situation. Pour eux, la crise congolaise est à la fois militaire, sécuritaire et constitutionnelle ; mais aussi une crise de gouvernance et de légitimité des institutions.

En effet, cette structure de l’opposition dénonce « l’échec » des processus de Nairobi, Luanda, Doha et Washington, accusés de n’avoir traité que la dimension militaire. Ils ont également exigé la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites à caractère politique et le respect des libertés publiques comme préalables à tout dialogue sincère.

« Que personne ne se méprenne. En acceptant cette invitation, la C64 n’a ni négocié ses convictions, ni marchandé son combat », ont-ils insisté. C’est dans cette logique que la coalition a confirmé la tenue d’une grande marche pacifique le 22 juillet 2026 vers le Palais de la Nation.

Après la journée ville morte du 3 juin et le sit-in du 12 juin 2026, la C64 appelle à une mobilisation massive pour dire non au coup d’État constitutionnel, à la confiscation de la souveraineté populaire et à la mauvaise gouvernance. Bien plus, elle exigera la démission de Félix Tshisekedi « pour trahison de son serment constitutionnel ».

Dialogue politique en RDC : la Coalition C64 pose ses conditions et durcit le ton face au pouvoir

À Kinshasa, le ton est monté d’un cran. Réunie ce jeudi 9 juillet devant la presse, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a envoyé un message sans ambiguïté au pouvoir : il n’y aura aucun dialogue politique tant que le projet de révision de la Constitution ne sera pas définitivement abandonné.

Face aux journalistes, les responsables de la plateforme ont également tenu à lever toute équivoque sur leur récente rencontre avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, médiateur dans le dossier congolais en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Contrairement aux informations ayant circulé ces derniers jours, ils assurent ne pas avoir sollicité cette entrevue.

Selon eux, c’est le chef de l’État burundais qui a souhaité les consulter dans le cadre des discussions engagées avec les différentes forces politiques congolaises afin d’explorer les voies d’une sortie de crise.

Une crise qui dépasse la guerre dans l’Est

Devant leur interlocuteur, les dirigeants de la C64 disent avoir dressé un tableau préoccupant de la situation que traverse la République démocratique du Congo.

À leurs yeux, la crise actuelle ne peut être réduite aux affrontements armés qui secouent l’est du pays. Ils évoquent une crise politique, institutionnelle et sécuritaire beaucoup plus profonde, estimant que les différents processus de paix engagés jusqu’à présent n’ont pas produit les résultats espérés.

Selon la coalition, les initiatives diplomatiques successives ont échoué parce qu’elles se sont concentrées sur les conséquences de la crise sans s’attaquer, selon leur analyse, à ses causes institutionnelles et constitutionnelles.

Des préalables jugés incontournables avant tout dialogue

Pour la C64, un véritable dialogue national ne pourra voir le jour que si plusieurs conditions sont réunies.

La plateforme exige notamment un renoncement public et définitif au projet de révision de la Constitution, la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites qu’elle considère comme politiquement motivées ainsi que le rétablissement des libertés publiques.

Les responsables de la coalition affirment que le président Évariste Ndayishimiye s’est engagé à transmettre fidèlement ces revendications aux autorités congolaises dans le cadre de la médiation conduite sous l’égide de l’Union africaine.

Cap sur la mobilisation du 22 juillet

En attendant une éventuelle évolution des discussions, la Coalition Article 64 ne compte pas relâcher la pression.

Elle confirme le maintien de la marche pacifique prévue le 22 juillet à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays. Présentée comme une mobilisation citoyenne, cette manifestation entend défendre l’ordre constitutionnel, dénoncer le projet de révision de la Constitution et porter les revendications de la plateforme auprès des autorités.

À travers cette double stratégie — dialogue sous conditions et mobilisation populaire — la C64 cherche désormais à peser davantage dans le débat politique national, au moment où les initiatives de médiation se multiplient pour tenter de sortir la RDC d’une crise qui continue d’alimenter les tensions sur les plans politique, institutionnel et sécuritaire.

Procès des généraux : la Haute Cour militaire entre dans une phase décisive, la défense contre-attaque

Après une première audience consacrée à l’identification des prévenus, la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo ouvre, ce jeudi 9 juillet 2026, un nouveau chapitre d’un procès qui retient l’attention du pays.

Face aux juges comparaissent plusieurs figures de l’ancienne hiérarchie militaire congolaise, parmi lesquelles les généraux d’armée Christian Tshiwewe Songesa, ancien chef d’état-major général des FARDC et ancien conseiller militaire du président Félix Tshisekedi, ainsi que John Numbi Banza Ntambo, ancien inspecteur général des FARDC, actuellement en fuite. Ils sont poursuivis aux côtés de plusieurs officiers supérieurs et de Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC.

Au cœur de cette audience, les magistrats militaires examineront les mémoires uniques déposés par les avocats de la défense, une étape procédurale qui pourrait influencer la suite des débats avant même l’examen du fond du dossier.

Complot, trahison et terrorisme : des accusations d’une extrême gravité

L’acte d’accusation dressé par l’auditeur général des FARDC est particulièrement lourd.

Les prévenus doivent répondre de chefs d’accusation parmi les plus graves du droit pénal militaire : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre ainsi qu’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Ces poursuites interviennent dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, alors que la RDC fait toujours face à la guerre dans l’Est du pays, où les autorités accusent le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23. Les dossiers impliquant des officiers généraux sont désormais suivis avec une attention particulière, les autorités affichant leur volonté de sanctionner tout acte susceptible de porter atteinte à la sécurité de l’État.

La défense dénonce les arrestations et prépare sa riposte

Pour les avocats des prévenus, cette audience marque le véritable début de la bataille judiciaire.

À travers leurs mémoires uniques, ils entendent contester la régularité des procédures engagées contre leurs clients. Les conseils devraient notamment dénoncer les circonstances des arrestations et les conditions de détention de plusieurs accusés. Des demandes de liberté provisoire ou de comparution en homme libre pourraient également être soumises à la Haute Cour.

« Lorsqu’un prévenu dépose un mémoire unique, il devient demandeur par incident. C’est désormais à l’accusation de répondre aux moyens que nous soulevons », avait expliqué Me Papy Niango Iziamay Munshemvula à l’issue de la précédente audience.

Même détermination du côté de Me Parfait Kanyanga, avocat du général Christian Tshiwewe, qui assure que la défense est prête à faire valoir l’ensemble de ses arguments avant que le procès n’aborde le fond de l’affaire.

Des absents toujours recherchés par la justice militaire

Si plusieurs prévenus étaient présents lors de l’ouverture des débats, trois d’entre eux demeurent introuvables.

Il s’agit du général d’armée John Numbi, de l’ancien directeur général du CEEC Pascal Nyembo Muyumba et du colonel Tshinabo Kenge Christophe. Considérés comme étant en fuite, ils font l’objet d’une procédure par défaut, conformément aux dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire, à la demande de l’auditeur général des FARDC, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi.

Présidée par le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, cette affaire s’annonce comme l’un des procès les plus sensibles de ces dernières années. Au-delà du sort judiciaire des accusés, les décisions qui seront rendues pourraient constituer un signal fort sur la volonté des institutions congolaises de faire répondre les hauts responsables militaires devant la justice lorsque des accusations portant sur la sûreté de l’État sont soulevées.

ONU : Judith Suminwa sonne l’alarme, « les violences sexuelles sont une arme de guerre, il est temps d’agir »

Sous les lumières du siège des Nations unies à New York, la République démocratique du Congo a porté, ce mercredi 8 juillet 2026, un message empreint de gravité et d’urgence. À la tribune de la 10190ᵉ séance du Conseil de sécurité, consacrée aux violences sexuelles liées aux conflits, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a exhorté la communauté internationale à dépasser le temps des déclarations pour entrer dans celui de l’action.

Présidant cette réunion de haut niveau dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, la cheffe du Gouvernement a rappelé que les violences sexuelles ne sont pas des dommages collatéraux de la guerre, mais une stratégie délibérée utilisée pour terroriser les populations, provoquer des déplacements forcés et briser durablement le tissu social.

« Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur après qu’elle a eu lieu. Elle doit être de prévenir les conditions qui la rendent possible », a-t-elle lancé devant les membres du Conseil de sécurité.

De la résolution 1325 aux actes : Judith Suminwa réclame un changement de cap

Plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, Judith Suminwa estime que l’heure est venue de mesurer les engagements à l’aune des résultats obtenus sur le terrain.

Si cette résolution historique a permis de reconnaître les femmes comme des actrices essentielles de la prévention des conflits, de la médiation, de la gouvernance et de la reconstruction, elle juge que sa mise en œuvre demeure largement insuffisante.

Pour la Première ministre, la participation des femmes ne peut se limiter à une présence symbolique autour des tables de négociation. Elle doit leur garantir un véritable pouvoir d’influence. De la même manière, la protection des survivantes ne peut être dissociée de leur droit à la justice, tandis que les résolutions du Conseil de sécurité doivent se traduire par des mandats opérationnels, des budgets adaptés, des mécanismes de sanctions efficaces et des politiques nationales ambitieuses.

S’attaquer aux racines des conflits pour mettre fin aux violences

S’appuyant sur le rapport présenté par Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée des violences sexuelles en période de conflit, Judith Suminwa a mis en lumière la progression inquiétante des cas recensés dans plusieurs régions du monde.

Elle a souligné que, dans l’est de la RDC, ces crimes prospèrent sur fond de présence de groupes armés, de forces étrangères – notamment le Rwanda selon les autorités congolaises – et d’économies illicites alimentées par l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Pour mettre fin à cette spirale, la cheffe du Gouvernement a appelé la communauté internationale à frapper les réseaux qui financent les conflits : exploitation illégale des minerais, trafic d’armes, criminalité transnationale et impunité. Selon elle, démanteler ces systèmes constitue la condition indispensable pour prévenir durablement les violences sexuelles.

Judith Suminwa a également salué le travail du Groupe informel d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité ainsi que celui de la PSVI Alliance, réaffirmant l’engagement de la RDC à faire de la lutte contre les violences sexuelles un pilier de son agenda de paix.

Les enfants nés du viol et le FONAREV au cœur du plaidoyer congolais

L’un des moments les plus marquants de son intervention a concerné les enfants nés des violences sexuelles commises pendant les conflits.

Pour Judith Suminwa, ces enfants ne doivent plus être considérés comme une conséquence secondaire de la guerre, mais comme des citoyens titulaires de droits fondamentaux. Leur accès à une identité juridique, à la nationalité, à l’éducation, aux soins de santé, aux réparations et à une protection contre la stigmatisation constitue, selon elle, un impératif de justice.

La Première ministre a également présenté les efforts entrepris par la RDC pour accompagner les victimes, notamment à travers le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), mis en place sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.

Alors que les initiatives diplomatiques peinent encore à ramener une paix durable dans l’est du pays, où les affrontements entre groupes armés persistent, le plaidoyer porté par Judith Suminwa à New York réaffirme la volonté de la RDC de replacer les survivantes au centre des politiques internationales. Pour Kinshasa, protéger les femmes, rendre justice aux victimes et prévenir ces crimes ne relèvent plus seulement d’une obligation morale, mais d’une condition indispensable à une paix durable.

Sénat RDC : Kinshasa et Ankara scellent un pacte sécuritaire historique

Ce jeudi 9 juillet 2026, le Palais du Peuple accueille une séance qui pourrait marquer une nouvelle étape dans la politique sécuritaire de la République démocratique du Congo. Les sénateurs sont appelés à se prononcer sur le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération sécuritaire conclu entre Kinshasa et Ankara, un texte qui traduit l’ambition du gouvernement de consolider ses alliances face à des menaces devenues aussi bien régionales que mondiales.

Face aux élus de la Chambre haute, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, défendra un partenariat présenté comme un levier essentiel pour renforcer les capacités de la RDC dans la lutte contre la criminalité organisée et les défis sécuritaires du XXIᵉ siècle.

Déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, le texte franchit désormais l’avant-dernière étape de son parcours législatif avant son adoption définitive et sa ratification.

Un partenariat pour faire face aux nouvelles menaces

Dans un monde où les frontières ne suffisent plus à contenir les réseaux criminels, Kinshasa et Ankara veulent désormais parler d’une même voix.

L’accord prévoit une coopération renforcée dans plusieurs domaines sensibles. Au premier rang figurent la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et les réseaux criminels internationaux, mais également le blanchiment de capitaux, la traite des êtres humains ainsi que les trafics de stupéfiants et d’armes.

L’objectif affiché est clair : intensifier les échanges d’informations, renforcer les mécanismes de coopération entre les deux États et améliorer la capacité de réponse face à des organisations criminelles dont les activités dépassent largement les frontières nationales.

Pour les autorités congolaises, ce rapprochement avec la Turquie s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser les outils de sécurité et à développer des partenariats internationaux capables d’accompagner les efforts du pays dans la préservation de sa stabilité.

Les Zones économiques spéciales également au cœur des débats

La sécurité ne sera toutefois pas le seul sujet majeur de cette plénière.

Les sénateurs examineront également le projet de loi portant révision du régime des Zones économiques spéciales (ZES), défendu par le ministre de l’Entrepreneuriat et des Petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba.

Cette réforme ambitionne d’adapter le cadre juridique des ZES afin de renforcer leur attractivité auprès des investisseurs et d’accélérer l’industrialisation de la RDC. Son examen, aux côtés de l’accord sécuritaire avec la Turquie, illustre la volonté du gouvernement d’avancer simultanément sur deux priorités : renforcer la sécurité nationale tout en créant un environnement plus favorable au développement économique.

À travers cette double séquence législative, le Sénat se retrouve au cœur de deux dossiers stratégiques qui pourraient influencer durablement la trajectoire sécuritaire et économique du pays.