À Luanda, Floribert Anzuluni transmet à João Lourenço le message de Tshisekedi sur la paix

La diplomatie congolaise poursuit ses consultations autour du processus de paix dans l’Est du pays. Mercredi à Luanda, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, accompagné du Haut représentant du chef de l’État, Sumbu Sita, a été reçu par le président angolais João Lourenço, à qui il a transmis un message spécial de Félix-Antoine Tshisekedi consacré aux dernières évolutions du processus de paix.

Derrière cette rencontre, un dossier occupe une place particulière : la reddition volontaire des combattants des FDLR et la mise en œuvre du protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement du mouvement.

Kinshasa veut tenir ses engagements de Washington

En qualité d’envoyés spéciaux du président Tshisekedi, Floribert Anzuluni et Sumbu Sita ont présenté aux autorités angolaises les avancées enregistrées depuis la publication du protocole encadrant le processus de reddition volontaire des FDLR.

Au sortir de son audience avec João Lourenço, le ministre congolais a insisté sur la volonté de Kinshasa de respecter les engagements pris dans le cadre des accords de paix conclus à Washington avec le Rwanda, sous médiation américaine.

« La RDC est déterminée à respecter ses engagements pris dans le cadre des accords de paix de Washington qui ont été signés avec le Rwanda sous la médiation américaine », a déclaré Floribert Anzuluni.

Pour Kinshasa, il s’agit désormais de maintenir les partenaires régionaux informés des avancées du processus et de préparer les prochaines étapes.

Les FDLR au cœur des prochaines étapes

Le ministre de l’Intégration régionale a notamment indiqué que Kinshasa mettait à jour ses différents partenaires sur les évolutions intervenues depuis la publication du protocole de reddition volontaire.

« Nous présentons également la feuille de route pour les étapes suivantes. C’est un élément extrêmement important à ce stade », a-t-il ajouté.

Cette feuille de route doit permettre de préciser la suite du processus, alors que Kinshasa cherche à démontrer que la question des FDLR peut être traitée à travers un mécanisme de désarmement et de démobilisation encadré.

La rencontre de Luanda intervient ainsi dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les échanges avec leurs partenaires régionaux autour de la mise en œuvre des engagements de paix.

Pourquoi Luanda reste un passage diplomatique important ?

Le choix de Luanda n’est pas anodin. L’Angola reste impliqué dans les efforts diplomatiques visant à favoriser une sortie de crise dans l’Est du pays. La rencontre entre João Lourenço et les envoyés de Félix Tshisekedi permet donc à Kinshasa de présenter directement l’état d’avancement du processus et de rechercher un accompagnement régional pour les prochaines étapes.

Mais une question demeure : la reddition volontaire des FDLR pourra-t-elle être menée jusqu’au bout et vérifiée efficacement, alors que les tensions militaires et diplomatiques restent fortes dans l’Est ?

Pour Kinshasa, la réponse passe désormais par la mise en œuvre concrète des engagements pris. Et à Luanda, le message transmis au président angolais se veut clair : le processus doit se poursuivre, avec une feuille de route précise pour les prochaines étapes.

Kinshasa : le gouvernement lance plus de 400 zones de décharge pour endiguer les immondices

La ville de Kinshasa va se doter de plus de 400 zones de regroupement des déchets. Le projet est porté par le gouvernement provincial, à travers le ministère des Infrastructures et Travaux publics, dans le cadre de la vision du gouverneur Daniel Bumba. L’objectif est de doter la capitale d’un système structuré de collecte face à l’amoncellement des immondices. Les travaux sont déjà lancés sur plusieurs sites.

L’initiative répond à un chiffre alarmant. La capitale produit chaque jour plus de 15 000 tonnes de déchets ménagers. Une production qui dépasse largement les capacités actuelles de collecte et d’évacuation.

Pour y répondre, l’exécutif provincial veut construire un maillage moderne et efficace de points de stockage temporaire avant l’évacuation finale.

Ces futures infrastructures serviront de transit. Les ordures collectées dans les quartiers y seront regroupées avant d’être acheminées vers les centres d’enfouissement technique de Mpasa.

Le site situé au croisement des avenues Saio et Ngiri-Ngiri, dans la commune de Ngiri-Ngiri, illustre l’avancement du chantier. Selon l’autorité urbaine, les travaux y sont déjà à un stade avancé.

Sur le terrain, le modèle est standardisé. Les sites seront progressivement déployés dans les 24 communes. Chaque zone est clôturée par un mur en béton armé. Elle comprend des bacs à ordures, un système d’éclairage et un portail d’accès sécurisé.

D’après l’Hôtel de ville, l’aménagement vise à encadrer les points de dépôt, à sécuriser les lieux et à mettre fin aux décharges sauvages qui envahissent les avenues.

Après l’acquisition récente de camions-bennes, le gouverneur Daniel Bumba veut ainsi boucler la chaîne. De la collecte de proximité à l’évacuation vers Mpasa, l’objectif est de bâtir un circuit intégré. Un système qui fait défaut à Kinshasa depuis plusieurs années.

Un défi historique pour la capitale

Cet effort s’inscrit dans une série d’actions menées par l’exécutif provincial pour lutter contre l’insalubrité chronique.

Avant ce projet de 400 zones, Daniel Bumba avait lancé l’opération « Kinshasa Ezo Bonga » et renforcé la régie d’assainissement. L’idée est de passer d’interventions ponctuelles de curage des caniveaux à une politique durable de salubrité.

À Kinshasa, la question des déchets dépasse la simple propreté. Elle touche directement à la santé publique, aux inondations en saison des pluies et à l’image de la ville.

En structurant enfin le maillon le plus faible, à savoir le regroupement de proximité, les autorités tentent de poser les bases d’une mégapole estimée à près de 17 millions d’habitants, qui ne peut plus se gérer avec des dépotoirs à ciel ouvert.

Immigration canadienne : Ottawa prolonge de 60 jours l’entrée pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud

Le Canada a décidé de prolonger ses mesures temporaires d’immigration liées à l’épidémie d’Ebola jusqu’au 27 novembre 2026. L’annonce a été faite le 28 septembre 2026 par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). L’objectif du gouvernement fédéral est de limiter tout risque d’introduction et de propagation du virus sur le territoire canadien.

Sont visées toutes les personnes dont le dossier d’immigration indique comme dernier lieu de vie la République démocratique du Congo, l’Ouganda ou le Soudan du Sud. En effet, la mesure ne s’applique pas en fonction de la nationalité, mais du dernier pays de résidence déclaré au moment de la demande.

Cette décision constitue une seconde reconduction. Le dispositif avait été instauré le 26 mai 2026 pour une période initiale de 90 jours, puis prolongé jusqu’au 28 septembre. La prolongation actuelle maintient le cadre déjà en place sans créer de nouvelles catégories de restrictions.

Selon l’IRCC, le traitement des dossiers se poursuit malgré la suspension. Les nouvelles demandes et les dossiers déjà déposés continuent d’être examinés sur le plan administratif.

En revanche, aucune décision finale ne peut être rendue tant que les restrictions sont en vigueur. Les documents déjà approuvés, comme les visas de résident temporaire, les permis d’études ou de travail et les autorisations de voyage électronique (AVE), restent suspendus et ne permettent pas d’embarquer vers le Canada.

Des règles sanitaires distinctes à la frontière

Au-delà du volet immigration, des mesures frontalières spécifiques restent applicables.

Pour la RDC, depuis le 20 juillet 2026, tout ressortissant étranger ayant séjourné sur le territoire congolais au cours des 21 jours précédant son voyage ne peut ni entrer, ni embarquer, ni transiter par le Canada, sauf exceptions prévues pour les citoyens canadiens et les résidents permanents.

Pour l’Ouganda et le Soudan du Sud, le régime est moins strict. Les personnes autorisées à entrer doivent se soumettre à une surveillance sanitaire et à une quarantaine obligatoire de 21 jours à compter de leur arrivée. Elles doivent également se présenter à un agent de contrôle frontalier et signaler tout symptôme. Cette différence de traitement reflète le niveau de risque épidémiologique jugé plus élevé pour la RDC.

Origine de la décision : l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo

La décision canadienne s’appuie sur la situation épidémiologique en Afrique centrale. L’épidémie actuelle est due au virus Ebola de souche Bundibugyo, déclarée en RDC le 15 mai 2026 avec l’Ituri comme épicentre.

Selon les données rendues publiques le 27 septembre par les autorités sanitaires congolaises, 8 116 cas confirmés ont été recensés, dont 3 924 décès et 2 088 guérisons, avec sept provinces touchées. Pendant ce temps, l’Organisation Mondiale de la Santé considère toujours l’événement comme une urgence de santé publique de portée internationale.

L’Ouganda a pour sa part clôturé son épisode épidémique le 27 août 2026 après 42 jours sans nouveau cas. Le bilan final s’établit à 20 cas confirmés et 2 décès, majoritairement liés à des cas importés depuis la RDC.

Le Soudan du Sud n’a confirmé aucun cas à ce jour, mais il reste classé à haut risque en raison de la mobilité des populations et de la porosité de ses frontières avec la RDC.

Par ailleurs, Ottawa indique que la mesure sera réévaluée en continu en fonction de l’évolution de l’épidémie.

De nouveaux dirigeants nommés à la tête de l’ARSPE et de l’OCE

Le secteur de l’eau en République démocratique du Congo connaît un renouvellement à la tête de deux établissements publics. Le président de la République a nommé de nouveaux membres des conseils d’administration de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE) et de l’Office congolais des eaux (OCE).

Les ordonnances présidentielles ont été lues mardi 29 septembre 2026 à la télévision nationale.

Nouvelle équipe dirigeante à l’ARSPE

À l’ARSPE, Aimé Munzimba est nommé président du conseil d’administration. Il sera accompagné de Joseph Ndakomewa, Serge Olombi et Jean-Pierre Lokonga comme membres du conseil.

L’équipe dirigeante comprend également Yves Mbumba, nommé directeur général, ainsi que Benjamin Kibungu, directeur général adjoint.

Créée en 2022, l’ARSPE est chargée de réguler, contrôler et suivre les activités des exploitants et opérateurs du secteur de l’eau. L’établissement intervient également dans la fixation des structures tarifaires et l’examen des demandes de tarifs dans le secteur de l’eau potable.

L’OCE renouvelle également sa direction

L’Office congolais des eaux connaît lui aussi une nouvelle composition de sa gouvernance. Kabeya Mukendi prend la présidence du conseil d’administration, tandis qu’Emmanuel Ngwamashi devient directeur général et Abraham Itshudu directeur général adjoint.

Achille Ondolandu, Jenny Feza et Paty Kibungu complètent le nouveau conseil d’administration.

Établissement public à caractère scientifique et technique, l’OCE intervient notamment dans l’élaboration des plans de gestion des eaux et la préservation du patrimoine hydrique de la RDC.

Les ministres compétents ont été chargés de l’exécution de ces ordonnances présidentielles, chacune dans son secteur de tutelle.

Léopards : Desabre libère 12 joueurs et mise sur les nouveaux face à l’Ouganda

Après les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027, les Léopards de la RDC changent de rythme. Après leurs victoires contre la Guinée équatoriale et le Zimbabwe, les Congolais poursuivent leur rassemblement à Johannesburg, en Afrique du Sud, avec deux matchs amicaux face à l’Ouganda, les 2 et 5 octobre 2026.

Pour ces deux rencontres, le sélectionneur Sébastien Desabre a décidé de réorganiser son groupe afin d’accorder davantage de temps de jeu aux joueurs moins utilisés et aux nouveaux venus.

Douze joueurs remis à la disposition de leurs clubs

Plusieurs cadres ayant disputé les rencontres officielles ont été libérés. Douze joueurs sont concernés : Wan-Bissaka, Arthur Masuaku, Axel Tuanzebe, Meschack Elia, Samuel Moutoussamy, Edo Kayembe, Ngal’ayel Mukau, Théo Bongonda, Yoane Wissa, Fiston Mayele, Brian Cipenga et Nathanaël Mbuku.

Cette décision permet au staff technique de poursuivre le travail avec un groupe davantage tourné vers l’évaluation des nouvelles options.

Desabre veut voir les nouveaux à l’œuvre

Certains joueurs avaient déjà intégré le rassemblement sans avoir eu l’occasion de disputer les premières rencontres. Le sélectionneur souhaite désormais leur donner du temps de jeu face à l’Ouganda.

« On avait d’autres joueurs dans les tribunes, c’était important qu’ils viennent, qu’ils s’imprègnent d’un match en Afrique. On avait fait venir Mokio, Mavididi, Ndezi […] Il y a 14 joueurs qui vont quitter le rassemblement. On va donner la chance à tout le monde sur ces deux matchs, voir tout le monde évoluer. On va continuer avec 23 joueurs pour la 2e semaine », avait expliqué Sébastien Desabre après la victoire contre le Zimbabwe à Harare.

Les deux amicaux doivent ainsi permettre au technicien français d’observer plusieurs profils dans des conditions de match et de mesurer leur capacité à s’intégrer au dispositif des Léopards.

Johannesburg, nouvelle étape avant les prochaines échéances

Avec ces changements, la deuxième semaine du rassemblement prend une dimension différente. Après avoir sécurisé leurs premières journées de qualification à la CAN 2027, les Léopards disposent désormais de deux rendez-vous pour élargir leur réservoir de joueurs.

Les rencontres contre l’Ouganda, prévues les 2 et 5 octobre à Johannesburg, serviront donc de laboratoire à Sébastien Desabre avant les prochaines échéances internationales.

ONU : Kinshasa veut suspendre les Casques bleus rwandais jusqu’au retrait des forces de Kigali de la RDC

À New York, la RDC a choisi de déplacer le débat. Mardi 29 septembre 2026, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay n’a pas seulement dénoncé la persistance du conflit dans l’Est congolais. Il a posé une question de cohérence au cœur même du système de maintien de la paix : un pays dont Kinshasa accuse les forces d’être engagées sur le territoire congolais peut-il, dans le même temps, continuer à envoyer des contingents sous le drapeau bleu de l’ONU ?

La réponse de la RDC est désormais clairement formulée. Kinshasa demande la suspension de toute nouvelle participation, tout nouveau déploiement et toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies, jusqu’à ce que le retrait des forces rwandaises du territoire congolais soit vérifié.

Derrière cette demande, le Gouvernement congolais invoque une exigence de cohérence, de crédibilité et d’éthique pour les opérations de paix. Pour Kinshasa, les engagements internationaux ne peuvent pas être appliqués à géométrie variable.

Zénon Mukongo : « Ces exigences sécuritaires sont vitales et non négociables »

Dans la salle du Conseil de sécurité, Zénon Mukongo Ngay a replacé cette demande dans le cadre de la résolution 2773, adoptée à l’unanimité en février 2025. Celle-ci appelle notamment le M23 à cesser les hostilités et à se retirer des zones qu’il contrôle, tandis qu’elle demande aux Forces de défense rwandaises de mettre fin à leur soutien au mouvement et de se retirer du territoire congolais.

Or, selon Kinshasa, ces engagements restent largement inexécutés.

« Force est de constater que ces obligations demeurent largement inexécutées par Kigali », a déclaré l’ambassadeur congolais devant le Conseil de sécurité.

Quelques heures plus tard, le diplomate congolais a également dénoncé ce qu’il considère comme une gestion administrative, territoriale et démographique préoccupante des zones contrôlées par le M23/AFC. Kinshasa affirme notamment disposer d’informations faisant état de déplacements et de transferts de populations dans des localités vidées de leurs habitants. Ces allégations ont été présentées par la RDC comme un sujet nécessitant l’attention des mécanismes compétents de l’ONU.

Le ton s’est voulu particulièrement ferme : « Ces exigences sécuritaires sont vitales et non négociables. Aucun obstacle ne peut nous en détourner », a encore déclaré Zénon Mukongo Ngay.

Mais au-delà de la formule diplomatique, une question demeure : que vaut une résolution du Conseil de sécurité si les parties concernées peuvent continuer à agir sans que son application soit effectivement vérifiée ?

FDLR : Kinshasa veut montrer qu’elle agit aussi sur son propre front

La RDC ne s’est toutefois pas présentée devant le Conseil de sécurité uniquement comme une partie réclamant des mesures contre Kigali.

Zénon Mukongo Ngay a également rappelé les engagements pris par Kinshasa concernant les FDLR. Le diplomate a notamment évoqué le processus de désarmement volontaire et le protocole conclu le 30 mai 2026 autour du désarmement, de la démobilisation et du cantonnement des combattants concernés.

Selon Kinshasa, trois autres groupes — le CNRD, le FPP et le RUD — ont rejoint le 29 août la démarche de dépôt volontaire des armes. La RDC prépare par ailleurs une opération de neutralisation des FDLR dans la zone NAI-1 et demande au Conseil de sécurité ainsi qu’à la MONUSCO d’en accompagner et d’en vérifier la mise en œuvre.

La logique défendue par Kinshasa est donc la suivante : si la RDC est appelée à neutraliser les groupes armés présents sur son territoire, elle réclame en retour que le retrait des forces étrangères soit lui aussi vérifiable.

C’est là que se joue une partie du bras de fer diplomatique.

Car si le désarmement des FDLR est présenté par Kigali comme une question de sécurité nationale, Kinshasa affirme de son côté que cette question ne peut servir à justifier indéfiniment la présence de forces rwandaises sur le sol congolais.

Pinga, nouveau point de tension

Le débat diplomatique a pris une dimension militaire avec l’affaire de Pinga.

Selon la délégation congolaise, une frappe de drone de type TB2 a visé le 28 septembre une position congolaise dans cette localité du territoire de Walikale. Kinshasa attribue cette attaque aux Forces de défense rwandaises et avance un bilan de cinq morts et huit blessés graves. La RDC demande toutefois que les faits soient vérifiés par les mécanismes compétents, notamment le mécanisme conjoint de vérification élargie avec l’appui de la MONUSCO.

Cette demande de vérification est importante. Elle place l’incident dans le même cadre que celui réclamé par Kinshasa pour le retrait des forces rwandaises : des faits établis, des mécanismes de contrôle et des responsabilités clairement documentées.

Et c’est peut-être là que se trouve le véritable enjeu de cette nouvelle passe d’armes devant le Conseil de sécurité.

Le Rwanda maintient, lui aussi, ses propres exigences

Face aux accusations congolaises, Kigali défend une lecture différente de la crise.

Le représentant permanent du Rwanda à l’ONU, Martin K. Ngoga, a réaffirmé le 29 septembre l’engagement de son pays en faveur des processus diplomatiques en cours et insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre effective des accords conclus entre Kinshasa et Kigali.

Le désaccord ne porte donc pas seulement sur les faits militaires. Il porte aussi sur l’ordre dans lequel les engagements doivent être exécutés, les mécanismes chargés de les vérifier et les garanties exigées par chacune des parties.

D’un côté, Kinshasa demande que le retrait des forces rwandaises soit vérifié avant toute nouvelle participation de contingents rwandais aux missions de paix de l’ONU. De l’autre, Kigali continue de mettre en avant ses préoccupations sécuritaires et la nécessité de mécanismes de vérification dans le processus de paix.

Une question désormais posée au Conseil de sécurité

La demande congolaise dépasse donc le seul cadre de la relation RDC-Rwanda. Elle touche directement à la crédibilité du système international de maintien de la paix.

Jusqu’où le Conseil de sécurité peut-il aller pour faire appliquer ses propres résolutions ? Et surtout, peut-il demander à un État de contribuer à des opérations de paix tout en examinant, dans le même temps, des accusations mettant en cause ses forces dans un conflit voisin ?

Pour Kinshasa, la réponse passe désormais par une mesure précise : geler toute nouvelle participation, tout déploiement ou toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix de l’ONU jusqu’à la vérification du retrait des forces rwandaises de la RDC.

Le débat est donc posé. Reste à savoir si le Conseil de sécurité choisira de transformer cette demande en décision concrète — ou si la question rejoindra la longue liste des désaccords qui entourent depuis des années la crise dans l’Est de la RDC.

RDC : Raïssa Malu publie le bilan semestriel du secteur de l’éducation

La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a publié ce mardi 29 septembre 2026 le rapport semestriel de redevabilité couvrant la période de janvier à juin 2026. À Kinshasa, ce document fait le point sur les réalisations du secteur éducatif, les chantiers en cours et les défis qui restent à relever dans les établissements scolaires de la République démocratique du Congo.

56 écoles et 21 infrastructures lancées

Parmi les principales avancées présentées dans le rapport figure le versement d’une première tranche de bourses scolaires dans la province du Kasaï.

Le ministère fait également état du lancement des travaux de construction ou de réhabilitation de 56 écoles primaires publiques. À cela s’ajoutent 21 infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement, destinées à améliorer les conditions d’accueil des élèves.

La préparation du déploiement de 78 cantines scolaires pilotes figure également parmi les actions engagées au cours du premier semestre.

Plus de 23 000 enseignants concernés par le réajustement de la prime

Sur le volet des ressources humaines, le rapport indique que la prime de gratuité a été réajustée en faveur de 23 675 enseignants.

Le ministère a parallèlement poursuivi l’harmonisation des fichiers de paie. Cette démarche vise à fiabiliser les données relatives aux personnels et à améliorer le suivi des rémunérations dans le secteur éducatif.

Sur le plan pédagogique, le Cadre d’orientations curriculaires a été validé, tout comme plusieurs instruments destinés à la formation des enseignants. Ces mesures doivent accompagner les efforts engagés pour renforcer la qualité de l’enseignement.

Des défis encore à relever

Le rapport met toutefois en évidence plusieurs contraintes. Le ministère souligne notamment la nécessité de mobiliser davantage de ressources financières pour les investissements dans l’éducation.

La situation des enfants vivant dans les zones touchées par les crises constitue également une préoccupation. Le maintien de leur accès à l’école reste un enjeu majeur pour le système éducatif.

Pour Raïssa Malu, la redevabilité doit permettre de suivre précisément l’avancement des engagements pris par le ministère. La démarche consiste à « rendre compte des réalisations, reconnaître les difficultés et préciser les décisions à prendre », a-t-elle souligné.

Les résultats enregistrés entre juillet et septembre 2026 feront l’objet d’une présentation distincte, précise le ministère.

RDC : l’Assemblée nationale valide le projet de loi anticorruption et proroge l’état de siège

L’Assemblée nationale a franchi, lundi 28 septembre 2026, une première étape dans le renforcement du dispositif de lutte contre la corruption en République démocratique du Congo. Réunis en plénière, les députés nationaux ont déclaré recevable, à l’unanimité, le projet de loi présenté par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa.

La même séance, présidée par le premier vice-président de la Chambre basse, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, a également permis l’adoption du projet de loi autorisant la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Un nouveau cadre juridique contre la corruption

Présenté au nom du gouvernement, le projet de loi sur la lutte contre la corruption compte 144 articles. Il entend répondre aux insuffisances du cadre juridique actuel, malgré l’existence de plusieurs textes portant notamment sur le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les dispositions pertinentes du Code pénal.

Le texte s’inspire des standards internationaux, notamment de la Convention des Nations unies contre la corruption. Il repose sur quatre axes : la prévention, la détection, la répression et le recouvrement des avoirs illicites.

Sur le volet préventif, le projet prévoit notamment la déclaration obligatoire de patrimoine pour les agents de l’État, avec des sanctions en cas de non-déclaration. Il encadre également certaines pratiques liées au financement des partis politiques, interdit l’utilisation des biens publics à des fins politiques et introduit des dispositions relatives aux conflits d’intérêts.

Le texte prévoit aussi des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires et auprès de la population. Il renforce, par ailleurs, les missions de l’organe national de coordination de la lutte contre la corruption.

Détection, sanctions et récupération des avoirs

Le projet prend en compte la complexité croissante des mécanismes utilisés dans les affaires de corruption, notamment le recours à des intermédiaires, aux sociétés-écrans et à des circuits financiers complexes.

Il prévoit ainsi, dans les conditions fixées par la loi, le recours à des techniques spéciales d’enquête. Les témoins, victimes, experts, dénonciateurs et lanceurs d’alerte de bonne foi devraient également bénéficier d’un dispositif de protection.

Sur le plan pénal, le texte élargit les incriminations et renforce les sanctions financières. Il prévoit aussi la responsabilité des personnes morales impliquées dans des faits de corruption.

Le régime applicable à l’enrichissement illicite est également renforcé, avec notamment une inversion de la charge de la preuve, sous réserve du respect des principes constitutionnels et des garanties du procès équitable. Le projet prévoit en outre de renforcer les peines d’inéligibilité et d’accès aux fonctions publiques.

Mais au-delà des condamnations, le gouvernement veut surtout faciliter la récupération des fonds détournés. Le texte renforce ainsi les mécanismes de gel, de saisie, de confiscation et de recouvrement des avoirs issus de la corruption.

« Que sert-il de condamner l’auteur d’un acte de corruption si les milliards détournés restent introuvables ? », a lancé Guillaume Ngefa devant les députés, avant d’ajouter : « La corruption ne doit pas être un investissement ».

Le texte renvoyé en commission

Les échanges en plénière ont permis aux députés de formuler plusieurs observations et propositions. Ils ont notamment insisté sur le renforcement des institutions chargées de lutter contre la corruption, la protection des magistrats et l’amélioration de leurs conditions de travail.

Les élus ont également plaidé pour des institutions de contrôle plus efficaces, une meilleure traçabilité des opérations, ainsi que des mécanismes plus performants de recouvrement des avoirs illicites.

Déclaré recevable à l’unanimité, le projet de loi a été renvoyé à la Commission politique, administrative et judiciaire (PAJ) pour un examen approfondi. La commission devra intégrer les observations formulées par les députés avant le retour du texte en plénière.

L’état de siège également prorogé

Après l’examen du projet de loi anticorruption, l’Assemblée nationale s’est penchée sur le texte portant autorisation de prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Cette séance s’est ouverte dans un contexte marqué par plusieurs drames. Au nom de l’Assemblée nationale et du bureau, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu a présenté ses condoléances aux Forces armées de la RDC et aux familles touchées par le crash aérien survenu le 25 septembre à Kenge, dans le Kwango, ainsi que par le naufrage sur le lac Tanganyika et les pluies diluviennes ayant causé plusieurs pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.

Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes.

RGPH-2 : Guylain Nyembo lance la cartographie censitaire avant le dénombrement de 2027

Le Deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo. Ce lundi 28 septembre 2026, à Kinshasa, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, a lancé la cartographie censitaire, opération préalable au dénombrement général prévu en juillet 2027.

« Avant de compter la population, il y a un préalable à satisfaire : savoir précisément où elle se trouve », a expliqué Guylain Nyembo lors du briefing de presse organisé avec le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya.

Localiser les ménages avant de compter la population

La cartographie censitaire consiste à identifier et géolocaliser les bâtiments, à répertorier les ménages et à délimiter les zones de dénombrement. Chaque zone sera ensuite confiée à un agent recenseur afin de faciliter la collecte des données et de limiter les risques d’omission ou de double comptage.

À Kinshasa, 1 868 opérateurs cartographes ont été formés à partir du 9 septembre dans 35 sites. Le Gouvernement mise également sur le recrutement local, avec la possibilité de déposer des candidatures sur papier dans les zones confrontées à des difficultés de connexion.

Les autorités locales et les responsables religieux seront par ailleurs associés à la sensibilisation des populations afin de faciliter l’adhésion des ménages à l’opération.

Un recensement évalué à 192 millions USD

Le dénombrement général est annoncé pour juillet 2027, après la phase de cartographie. L’ensemble de l’opération est évalué à 192 millions de dollars américains, un montant qui couvre notamment la formation et le déploiement des agents, la collecte des données ainsi que leur traitement.

Dans les zones enclavées ou confrontées à l’insécurité, le Gouvernement prévoit de recourir à différents moyens technologiques. « Nous utiliserons tous les moyens disponibles, notamment les technologies satellitaires ainsi que l’appui de nos partenaires », a précisé Guylain Nyembo.

Des données pour mieux planifier les politiques publiques

Le RGPH-2 doit permettre d’actualiser les données sur le nombre d’habitants et leur répartition sur le territoire national. Pour les autorités, ces informations doivent notamment servir à mieux dimensionner les services publics, orienter les investissements et affiner les indicateurs économiques.

Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a ainsi souligné que les résultats du recensement pourront contribuer à « mieux planifier l’aménagement » du territoire et à rapprocher l’action publique des besoins réels de la population.

Le Gouvernement distingue par ailleurs le RGPH des opérations d’identification civile menées par l’Office national d’identification de la population (ONIP) et de l’enrôlement électoral organisé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le recensement vise à connaître l’ensemble de la population et les caractéristiques des ménages, y compris les personnes qui ne figurent pas sur les listes électorales.

Quarante-deux ans après le recensement de 1984, qui avait dénombré environ 30 millions d’habitants, la RDC prépare ainsi une nouvelle photographie démographique de son territoire.

Yoane Wissa entre dans l’histoire : 14 buts et une 3e place parmi les légendes des Léopards

Yoane Wissa a franchi un cap historique. L’attaquant de Newcastle a inscrit son 14e but sous les couleurs de la République démocratique du Congo, lundi 28 septembre à Harare. Il rejoigne ainsi Shabani Nonda et Trésor Mputu sur la troisième marche du podium des meilleurs buteurs de l’histoire des Léopards.

L’exploit a eu lieu lors de la victoire 2-1 de la RDC sur le Zimbabwe, en deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027. Dans l’antre des Warriors, c’est Wissa qui a montré la voie en ouvrant le score à la 30e minute de jeu.

Un but qui vaut une place au panthéon

Cette réalisation n’est pas anodine. Avec 14 unités au compteur, le natif de Villeneuve-Saint-Georges s’installe désormais aux côtés de deux monuments du football congolais.

Le classement des buteurs des Léopards s’établit désormais ainsi :
– Dieumerci Mbokani : 22 buts
– Cédric Bakambu : 21 buts
– Shabani Nonda : 14 buts
– Trésor Mputu : 14 buts
– Yoane Wissa : 14 buts

Plus qu’un simple chiffre, ce but confirme la montée en puissance d’un joueur devenu indispensable dans le dispositif offensif de Sébastien Desabre.

Desabre peut compter sur son atout offensif

Sur la pelouse de Harare, la RDC a fait preuve d’une maîtrise totale. Dominateurs dans le jeu, les Léopards n’ont concédé qu’une brève frayeur avant d’assurer l’essentiel. Un succès qui porte la marque de l’efficacité retrouvée, incarnée par Wissa.

Depuis son retour de la dernière Coupe du Monde où il avait trouvé le chemin des filets à trois reprises, l’ancien Lorientais enchaîne les performances de haut vol. Son sens du placement et son sang-froid font de lui le finisseur que la RDC attendait.

À 30 ans, avec une carrière européenne au sommet et une régularité impressionnante, Yoane Wissa a désormais les deux légendes Nonda et Mputu dans son viseur immédiat.

À ce rythme, les records de Bakambu et Mbokani ne relèvent plus de l’utopie.