Rentrée scolaire 2026-2027 en RDC : entre espoir, Ebola et défis sécuritaires, des millions d’élèves retrouvent le chemin de l’école

Le coup de cloche a retenti ce mardi 1er septembre aux quatre coins de la République démocratique du Congo. À Kinshasa, dans la commune de N’Sele, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a officiellement lancé l’année scolaire 2026-2027. Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a participé à cette cérémonie.

Pourtant, derrière les uniformes soigneusement repassés, les cartables retrouvés et les salles de classe rouvertes, cette rentrée raconte une autre histoire. Elle révèle celle d’un pays où l’école demeure un symbole d’espoir malgré les épidémies, l’insécurité, les difficultés économiques et les infrastructures défaillantes.

D’un bout à l’autre du territoire, les réalités divergent. Certaines écoles ont accueilli des élèves en nombre. En revanche, d’autres n’ont vu revenir qu’une poignée d’enfants.

Une année placée sous le signe de l’exécution et de la qualité

Depuis l’Institut Technique Agricole et Vétérinaire de N’Sele (ITAV), Raïssa Malu a donné le ton. Selon elle, cette nouvelle année scolaire devra produire des résultats concrets.

Le gouvernement met en avant plusieurs priorités. Il veut améliorer la qualité des apprentissages. Il prévoit aussi de réformer les programmes scolaires, de renforcer les pratiques pédagogiques et de poursuivre la formation des enseignants.

Par ailleurs, les autorités annoncent le déploiement de 78 cantines scolaires. Elles comptent également développer les clubs de veille citoyenne et renforcer les dispositifs sanitaires.

Face aux enseignants, la ministre a rappelé que l’élève devait rester au cœur de leur mission.

« Soyez présents dans vos classes, enseignez avec exigence, respectez l’éthique de votre profession et veillez à ce que les enfants apprennent », a-t-elle insisté.

Elle a également promis de poursuivre les efforts destinés à améliorer progressivement leurs conditions sociales.

Enfin, Raïssa Malu a déclaré ouverte l’année scolaire sur toute l’étendue du territoire national.

Ebola bouleverse la rentrée dans plusieurs provinces

Cette rentrée intervient toutefois dans un contexte sanitaire particulièrement sensible.

L’épidémie de maladie à virus Ebola touche toujours plusieurs provinces. Parmi elles figurent l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele.

Selon les chiffres communiqués, plus de 6 041 cas confirmés ont été recensés en trois mois. L’épidémie a également causé près de 2 900 décès.

Dans plusieurs écoles, les mesures de prévention apparaissent désormais dès le portail.

Au Complexe scolaire Pierre Jacques Dufort, à Kinshasa, chaque élève se lave les mains avant d’entrer. Ensuite, un thermo-flash contrôle sa température.

Pour certains parents, ces dispositifs restent néanmoins insuffisants.

« Nous avons mis du désinfectant dans le sac de notre enfant pour qu’il puisse l’utiliser à l’école », confie Rosine Biyik.

En Ituri, les inquiétudes restent encore plus vives.

L’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), qui représente les 21 communautés de la province, avait demandé le report de la rentrée jusqu’au mois d’octobre. L’organisation voulait laisser davantage de temps pour maîtriser la situation sanitaire.

Toutefois, le gouvernement a maintenu le calendrier national.

Raïssa Malu a assuré que les écoles des zones concernées appliqueraient des dispositifs renforcés. Elle a également indiqué que l’enseignement à distance pourrait être activé lorsque les circonstances l’exigeraient.

Enfin, la ministre a invité les établissements à rendre un hommage respectueux aux victimes innocentes des violences qui frappent certaines régions du pays.

Une rentrée aux visages multiples à travers le pays

À mesure que la journée avançait, une réalité s’imposait : la rentrée ne présentait pas partout le même visage.

À Mambasa, une école attend toujours son toit

Dans le groupement Babila Teturi, territoire de Mambasa, les élèves reprennent les cours sous une toiture… absente.

Un vent violent a emporté le toit de l’École primaire de Teturi il y a près de six mois.

Malgré plusieurs alertes adressées aux autorités territoriales et provinciales, aucune réhabilitation n’a encore commencé.

Pour la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), cette situation fragilise davantage une population déjà éprouvée par les incursions meurtrières des combattants ADF.

« Laisser une école sans toiture revient à fragiliser davantage l’avenir de nos enfants », alerte son coordonnateur Grâce Kakundo Kasamba.

À Ngandanjika, les cartables attendent encore

Dans la province de Lomami, plusieurs salles de classe sont restées partiellement vides.

Les difficultés restent avant tout économiques.

De nombreux parents expliquent qu’ils n’ont pas encore réuni les moyens nécessaires pour acheter les fournitures scolaires après une saison agricole peu productive.

Certains préfèrent donc attendre la semaine suivante avant d’envoyer leurs enfants à l’école.

Le sous-proved André Kabunda Madika appelle pourtant les familles à ne plus retarder la reprise.

« Même avec les anciens uniformes, l’essentiel est que les enfants ne perdent pas les cours », insiste-t-il.

Kinshasa : une reprise progressive

Dans plusieurs établissements de la capitale, la rentrée reste encore timide.

Au Collège Saint-Georges de Kintambo, seuls 300 élèves sur les 1 600 attendus étaient présents.

Au Collège Saint Jean-Baptiste de Bumbu, près de 600 élèves ont repris les cours dès la première journée. L’établissement en attendait pourtant 1 500.

Au Lycée Motema Mpiko, la préfète Godelieve Molula a promis aux parents un véritable partenariat éducatif à l’approche du jubilé des 60 ans de l’établissement.

Des provinces plus mobilisées

À Kananga, les responsables du Complexe scolaire Les Enfants d’Israël se réjouissent d’une forte présence des élèves dès le premier jour.

À Boma, le ministre provincial de l’Éducation a présenté cette rentrée comme « le début d’une nouvelle aventure ».

En revanche, plusieurs chefs d’établissements de Mbandaka évoquent une reprise ralentie. Ils l’expliquent notamment par le calendrier de milieu de semaine, les incertitudes sociales et les retards de paiement de certains agents de l’État.

Malgré les épreuves, l’école reste une promesse d’avenir

Au-delà des statistiques de présence et des cérémonies officielles, cette rentrée scolaire conserve une forte portée symbolique.

Dans les territoires affectés par la guerre, sous la menace des groupes armés ou confrontés aux déplacements de populations, des milliers d’enfants voient encore leur scolarité interrompue.

Dans les provinces frappées par Ebola, apprendre signifie désormais vivre avec des gestes barrières devenus quotidiens.

Pour le gouvernement, la promesse reste inchangée. Il veut garantir le droit à l’éducation de chaque enfant congolais. Il cherche aussi à créer les conditions permettant le retour à l’école de ceux qui en sont encore privés.

Ce mardi 1er septembre, des millions d’élèves ont franchi le portail de leur établissement avec des réalités différentes, mais un même objectif : reprendre le chemin des apprentissages. Entre résilience, prudence et espérance, la RDC ouvre une nouvelle année scolaire qui devra relever bien plus que le seul défi de l’enseignement.

Justice : Denise Dusauchoy interpellée en Tanzanie sur mandat d’arrêt de la RDC

Le ministère d’État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux annonce l’arrestation de Denise Dusauchoy. Elle a été interpellée le 30 août 2026 en République-Unie de Tanzanie par les autorités locales, en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par la justice congolaise.

Dans son communiqué du 31 août 2026, le ministère de tutelle précise que cette interpellation s’inscrit dans le cadre de la coopération judiciaire internationale et concerne des dossiers pénaux en cours d’instruction à Kinshasa.

Cette arrestation fait suite à une série de démarches judiciaires engagées depuis plusieurs mois par Kinshasa.

« Entre octobre et novembre 2025, le Procureur Général près la Cour de cassation avait déjà transmis aux autorités judiciaires belges trois commissions rogatoires internationales », souligne la justice congolaise. Ces actes de procédure, poursuit-elle, concernaient des dossiers ouverts au Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe visant Denise Dusauchoy et d’autres personnes. Des mandats d’arrêt internationaux avaient alors été émis dans le cadre de ces mêmes procédures.

En effet, la justice congolaise salue ce qu’elle qualifie de « qualité et d’efficacité » de la collaboration entre la RDC et la Tanzanie.

« Cette opération démontre que les mécanismes d’entraide pénale régionale fonctionnent dans le respect des procédures », note le Gouvernement congolais.

Ce succès diplomatico-judiciaire intervient alors que la RDC multiplie les demandes d’entraide pour des affaires financières et pénales transfrontalières. La Tanzanie, pays frontalier et membre de la SADC et de l’EAC comme la RDC, est un partenaire stratégique dans l’exécution des mandats internationaux.

Toutefois, le ministère note que l’arrestation de Denise Dusauchoy constitue un acte de procédure judiciaire et ne préjuge en rien de sa culpabilité.

L’intéressée demeure bénéficiaire de la présomption d’innocence jusqu’à l’intervention d’une décision judiciaire définitive.

Après son transfèrement vers Kinshasa, l’intéressée devra donc être entendue par les magistrats instructeurs du parquet de la Gombe pour des faits lui reprochés.

Kinshasa : Daniel Bumba impose de nouvelles règles de circulation routière

Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a acté, lundi 31 août, le lancement d’un nouveau plan de régulation de la circulation routière dans la capitale. Il s’agit d’un dispositif d’envergure qui prévoit la remise en service de plus de 200 kilomètres de voiries et le déploiement d’une nouvelle signalisation urbaine. À travers ce nouveau plan de mobilité, Kinshasa passe dorénavant à l’offensive contre les embouteillages.

La phase pilote démarrera dans les prochains jours dans la commune de la Gombe et sur l’axe stratégique aéroport de N’djili – centre-ville, deux zones parmi les plus engorgées de la mégalopole.

C’est le ministre provincial des Transports et de la Mobilité urbaine, Jésus-Noël Sheke, qui a dévoilé les contours de cette réforme à l’issue d’une réunion de haut niveau présidée par le Gouverneur lui-même.

EÉtaient présents à cette séance de travail les responsables de l’exécutif provincial, des experts en mobilité, les responsables de la Police de circulation routière et les délégués des associations de chauffeurs.

Une stratégie pour désengorger la capitale

Pour Daniel Bumba, l’objectif est de fluidifier le trafic et restaurer la mobilité dans une ville de plus de 17 millions d’habitants où se déplacer est devenu un calvaire quotidien. La réhabilitation de ces 200 km de voiries secondaires doit permettre de créer des voies de délestage et de réduire la pression sur les artères principales comme le Boulevard du 30 Juin ou l’avenue de la Libération.

Ce plan s’inscrit dans la vision du Gouverneur de faire de Kinshasa une ville plus respirable. Il ne s’agit pas seulement de réparer des routes, mais de repenser les flux. Les nouvelles réglementations incluront des sens uniques revisités, des horaires pour les poids lourds et une meilleure canalisation des transports en commun.

Le choix de la Gombe comme zone test n’est pas anodin. Cœur administratif et économique, la commune concentre les bureaux, les ambassades et un trafic intense aux heures de pointe. Le second axe, N’djili – centre-ville, est la principale porte d’entrée de la capitale, empruntée quotidiennement par des milliers de kinois.

Après cette phase d’expérimentation, le dispositif sera progressivement étendu aux 24 communes, selon le ministre Sheke.

Sensibilisation avant répression

Le gouvernement provincial a obtenu le feu vert pour lancer une vaste campagne de sensibilisation. Avant toute mesure coercitive, les kinois seront informés des nouveaux sens de circulation, des interdictions et du nouveau code de conduite.

Pour accompagner ce changement, des centaines de panneaux de signalisation modernes seront installés à travers la ville. Un manque criant qui contribuait jusqu’ici à l’anarchie routière.

Les prochaines semaines seront donc décisives. Entre pédagogie et fermeté, Daniel Bumba joue une partie de sa crédibilité sur ce chantier de la mobilité, l’une des principales attentes de la population kinoise.