Santé publique : L’Éthiopie forme 20 diplômés de santé grâce au programme SPARK-NCD et devient le 3e pays africain certifié

L’Éthiopie rejoint le cercle restreint des pays africains ayant certifié 20 agents diplômés de santé de première ligne dans le cadre du programme SPARK-NCD. L’annonce a été saluée par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) qui félicitent le Gouvernement fédéral éthiopien pour cette avancée majeure dans la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT).

Cette certification marque une étape importante pour Addis-Abeba qui mise désormais sur des ressources humaines qualifiées et des données fiables pour faire face à la montée des MNT sur son territoire.

Le programme SPARK-NCD vise à doter les pays africains d’équipes capables de surveiller, analyser et riposter face aux maladies non transmissibles comme le diabète, l’hypertension ou les cancers. Avec cette première cohorte de 20 professionnels, l’Éthiopie démontre sa volonté de structurer une riposte nationale basée sur la preuve.

Les maladies non transmissibles représentent aujourd’hui environ 40% des décès en Afrique. Former des agents de terrain est donc vital. Sans données locales et sans personnel instruit, soulignent les experts du secteur, il est impossible de prévenir efficacement ces maladies qui pèsent de plus en plus sur les systèmes de santé.

Sélectionnés dans l’ensemble des régions du pays, ces nouveaux agents de santé ont reçu une formation pointue. Ils maîtrisent désormais la surveillance des MNT, l’analyse de situation et l’investigation de foyers épidémiques.

Le choix d’une couverture nationale est stratégique. Cela permet d’avoir des points focaux partout et d’éviter que les zones rurales restent en marge. L’objectif est de rapprocher l’expertise du terrain pour détecter tôt et agir vite.

Dans la foulée, Africa CDC a également rendu hommage au ministre d’État à la Santé, le Dr Dereje Duguma, pour son rôle moteur. Selon l’organisation continentale, son engagement en faveur du partenariat et de la collaboration est essentiel pour assurer la montée en échelle et la durabilité du programme SPARK-NCD en Éthiopie. Le soutien politique de haut niveau est un facteur clé de réussite. Sans portage ministériel, ce type de programme peine à être intégré dans les budgets et les politiques nationales de santé.

Avec cette première vague de diplômés, l’Éthiopie devient le 3e pays africain à atteindre ce jalon après le lancement du programme SPARK-NCD. L’enjeu est désormais de capitaliser sur cet acquis pour élargir la formation et ancrer les pratiques dans la routine du système de santé. Pour Africa CDC, l’ambition est de faire de SPARK-NCD un standard. L’idée est de passer d’un projet pilote à une stratégie nationale durable, avec des agents formés, des données utilisables et des décisions de santé publique mieux orientées.

Christophe Lecourtier à Kinshasa : L’AFD pose ses valises et ses ambitions pour la RDC

Ce déplacement ne laisse personne indifférent à Kinshasa. Pour la première fois depuis sa prise de fonctions en mai 2026, le directeur général du Groupe Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, a foulé le sol congolais ce lundi 13 juillet. Cette visite de trois jours marque une nouvelle étape dans la coopération entre la France et la République démocratique du Congo. Entre la lutte contre Ebola, les projets urbains et une enveloppe de près d’un demi-milliard d’euros, l’AFD confirme sa volonté d’accompagner durablement le développement du pays.

Dans le monde feutré des diplomates et des institutions financières, certaines visites revêtent une portée particulière. Celle de Christophe Lecourtier en fait partie. À peine entré en fonction, il a choisi la République démocratique du Congo pour sa première mission bilatérale. Ce choix envoie un signal fort aux autorités congolaises. En effet, la France veut accélérer ses projets et renforcer son action sur le terrain par l’intermédiaire de l’AFD.

Une arrivée sous le signe de la santé et de la mémoire

Le programme du directeur général de l’AFD s’annonce chargé. Il prévoit des rencontres avec les autorités ainsi que plusieurs inaugurations. Toutefois, sa visite à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a immédiatement donné le ton.

Mardi matin, Christophe Lecourtier s’est rendu dans cette institution de référence. Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure mondiale de la virologie, l’y a accueilli.

« C’est vraiment pour moi un honneur de rencontrer le professeur Jean-Jacques Muyembe, qui est très célèbre sur tous les continents », a déclaré Christophe Lecourtier.

Il s’est également rendu dans ce centre où les chercheurs combattent la 17ᵉ épidémie d’Ebola. L’INRB joue un rôle majeur pour la RDC. De plus, il protège l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. « Ce rôle de sentinelle, vous le jouez finalement pour nous tous », a insisté le directeur général. Il a aussi salué le travail de séquençage et de prévention réalisé par les équipes congolaises.

500 millions d’euros et un nouveau bâtiment pour l’INRB

Cette visite ne s’est pas limitée à une séquence protocolaire. Au contraire, elle a mis en valeur plus de quarante ans de coopération entre la France et l’INRB.

Christophe Lecourtier a également confirmé la construction prochaine d’un nouveau bâtiment administratif. Les plans de ce projet sont déjà prêts. « J’espère que l’année prochaine, il sera construit », a-t-il déclaré. Il a ainsi réaffirmé la volonté de poursuivre cette coopération.

Par ailleurs, l’engagement financier de l’AFD en RDC atteint un niveau important. Le groupe prévoit jusqu’à 500 millions d’euros pour la période 2022-2025. Ces financements concernent notamment l’aménagement urbain, la voirie, le développement territorial, l’eau et l’assainissement.

En outre, l’AFD a mobilisé près de 80 millions d’euros pour le secteur de la santé au cours de la dernière période.

Une coopération qui dépasse la simple relation bilatérale

Le professeur Jean-Jacques Muyembe a salué cette visite. « C’est un grand honneur que Christophe Lecourtier commence sa mission par la visite de l’INRB. Cela veut dire qu’il y a vraiment des liens très forts », a-t-il affirmé.

Il a ensuite appelé au renforcement du réseau de laboratoires sur l’ensemble du territoire congolais.

Pour Christophe Lecourtier, cette mission porte également un message destiné à la communauté internationale. « Dans ce monde d’aujourd’hui, qu’il s’agisse des enjeux climatiques ou des enjeux de santé, nous sommes tous les citoyens d’une même planète, confrontés aux mêmes risques et avec l’exigence absolue de travailler ensemble. »

Enfin, la rencontre s’est achevée sur une note symbolique. Le directeur général de l’AFD a reçu les vœux de l’INRB à l’occasion de la fête nationale française du 14 juillet. Ce geste illustre la solidité des relations entre les deux partenaires. Pendant trois jours, Kinshasa devient ainsi le cœur d’une coopération qui entend construire l’avenir.

RDC : À l’Académie militaire égyptienne, le VPM Guy Kabombo accélère le programme de formation des FARDC

Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a séjourné du 8 au 11 juillet 2026 à l’Académie militaire égyptienne, pour accélérer la mise en œuvre du programme de renforcement des capacités opérationnelles des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Cette mission fait suite à la récente visite en Egypte du Président Congolais, Félix Tshisekedi.

Accompagné d’une forte délégation d’officiers supérieurs et généraux en charge des écoles militaires congolaises, le VPM a lancé la phase opérationnelle d’un partenariat visant à professionnaliser davantage l’armée congolaise.

En entretien bilatéral avec son homologue égyptien, le lieutenant-général Ashraf Salem Zaher, le ministre congolais a présenté quatre (4) domaines prioritaires pour structurer la coopération militaire entre Kinshasa et le Caire. Cette démarche axée sur des résultats concrets doit permettre de consolider les acquis en matière de formation et d’accroître l’efficacité des FARDC sur le terrain.

Avec l’Égypte, la RDC mise sur un partenaire disposant d’une expertise reconnue en formation militaire et en doctrine de défense. Le Caire forme déjà des officiers de plusieurs pays africains et dispose d’infrastructures modernes adaptées aux besoins des armées en opérations.

Une mission pour passer à la vitesse supérieure

Cette visite de travail intervient dans la ligne droite de la diplomatie militaire initiée par le Chef de l’État Congolais. La présence du ministre de tutelle au Caire vient verrouiller les détails techniques et pédagogiques du programme déjà engagé par Félix Tshisekedi.

L’enjeu est clair. La RDC veut passer de la coopération déclarative à une coopération exécutable. Avec la pression sécuritaire dans l’Est du pays, marquée par l’agression rwandaise à travers ses supplétifs de l’AFC-M23, Kinshasa veut des officiers mieux formés, des unités plus aguerries et une chaîne de commandement plus solide. L’idée est d’harmoniser les curricula, d’identifier les besoins en instructeurs égyptiens et de planifier les prochains contingents d’officiers congolais à former.

Par ailleurs, la RDC et l’Égypte veulent bâtir un partenariat durable. Il ne s’agit plus seulement d’envoyer des stagiaires, mais de co-construire une doctrine de formation adaptée aux défis congolais. Pour les FARDC, gagner en professionnalisme est une condition pour restaurer l’autorité de l’État et sécuriser l’ensemble du territoire national.

Paix dans l’Est de la RDC : Museveni reçoit le ministre Anzuluni à Kisozi avec un message de Tshisekedi

Le Président Ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, a reçu, lundi 13 juillet 2026, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, à la ferme présidentielle de Kisozi, située à 150 kilomètres de Kampala. Porteur d’un message spécial du Président Félix Tshisekedi, le ministre est venu saluer l’engagement de Kampala en faveur du retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Floribert Anzuluni a d’abord transmis les salutations du Président Tshisekedi. Il a ensuite souligné la volonté de Kinshasa de maintenir un dialogue étroit avec l’Ouganda sur la situation sécuritaire dans l’Est.

Cette visite intervient dans un contexte où la diplomatie bilatérale reste un levier clé. L’Ouganda, pays frontalier et partenaire dans les opérations militaires conjointes, joue un rôle direct dans la stabilisation des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Museveni : « La paix régionale est un préalable à la prospérité »

De son côté, le Président Museveni a réaffirmé la position de l’Ouganda. Selon lui, la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs sont indispensables pour le développement des populations. Le Président ougandais a assuré de la détermination de son pays à poursuivre la coopération avec la RDC et avec les autres partenaires régionaux pour faire face aux défis sécuritaires.

Dans un message posté sur son compte X, il a déclaré : « La paix et la stabilité dans notre région restent essentielles pour la prospérité de nos peuples, et nous continuerons de travailler ensemble avec nos partenaires régionaux pour relever les défis auxquels est confronté l’Est du Congo ». Ce discours s’inscrit dans la continuité de l’engagement ougandais depuis le lancement des opérations conjointes FARDC-UPDF.

Le cadre de la Grande Commission Mixte RDC-Ouganda

Cette rencontre intervient deux mois après la 9e session de la Grande Commission Mixte tenue en mai dernier à Kampala. Ce cadre bilatéral permet aux deux pays de coordonner leurs actions sur la sécurité, le commerce, les infrastructures et l’intégration régionale.

La Commission Mixte est l’outil institutionnel qui structure le partenariat entre Kinshasa et Kampala. Elle vise à transformer la coopération sécuritaire en opportunités économiques, notamment via les routes et les échanges transfrontaliers.

Avec cette audience à Kisozi, Kinshasa et Kampala confirment leur volonté de parler d’une seule voix sur la crise de l’Est. L’objectif est clair : harmoniser les initiatives diplomatiques et sécuritaires pour obtenir des résultats concrets sur le terrain. Pour la RDC, le soutien de l’Ouganda reste stratégique dans la recherche d’une paix durable et dans la relance des activités économiques dans les provinces frontalières.

RDC : Tshisekedi nomme le Dr Steve Ahuka manager terrain de la riposte contre Ebola

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé, lundi 13 juillet 2026, à la Cité de l’Union africaine, la 4e réunion de la Task Force nationale de riposte contre l’épidémie d’Ebola. Le Chef de l’État a pour l’occasion nommé le Dr Steve Ahuka au poste de manager terrain de la riposte.

Face à la persistance de ce virus en Ituri et à la menace de son extension, le Gouvernement tient à accélérer la coordination sur le terrain alors que la République démocratique du Congo déplore déjà 1 900 cas de contamination et 700 décès selon les derniers bilans officiels.

La désignation du Dr Steve Ahuka intervient dans un contexte jugé préoccupant par les autorités. L’épidémie, d’abord concentrée en Ituri, montre des signes de propagation vers d’autres provinces autrefois épargnées. En confiant la gestion opérationnelle à un expert reconnu, Félix Tshisekedi veut imprimer un nouveau rythme à la riposte. Le manager terrain aura pour mission de superviser directement les équipes, d’assurer la traçabilité des cas contacts et de lever les blocages logistiques.

Le Gouvernement mise sur la sensibilisation communautaire

Le ministre de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Kamba, a dressé un état des lieux devant la Task Force. Il a salué l’impact des campagnes de sensibilisation menées dans les zones touchées et dans les communautés à risque.

Selon lui, les efforts inlassables du Gouvernement commencent à porter leurs fruits avec une meilleure adhésion des populations aux mesures de prévention. Isolement des malades, enterrements sécurisés, traçage : la mobilisation communautaire reste la première ligne de défense.

En République démocratique du Congo, la défiance et la désinformation ont souvent freiné la riposte. Renforcer la confiance locale est donc vu comme une bonne stratégique autant que le volet médical.

Les États-Unis réaffirment leur soutien financier

Pour sa part, le Chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis en RDC, M. Lan J. McCary a renouvelé l’engagement de Washington. Premier partenaire de la RDC dans la lutte contre Ebola, les États-Unis ont déjà consacré plus de 600 millions de dollars au financement des interventions.

Avec la fatigue des bailleurs après le Covid-19, le maintien de ce financement est crucial. Il envoie aussi un signal politique fort de solidarité internationale autour de la RDC.

Avec cette 4e réunion de la Task Force et la nomination d’un manager terrain, la riposte contre Ebola entre dans une nouvelle phase. Le Président Tshisekedi veut éviter toute propagation nationale et protéger les acquis obtenus dans les précédentes épidémies. La priorité est désormais de casser les chaînes de transmission, sécuriser les zones frontalières et garantir une communication cohérente.

Par ailleurs, le pays se prépare à intensifier les interventions dans les prochains jours pour endiguer la résurgence avant qu’elle ne prenne une ampleur régionale.

Grève des médecins en RDC : le SYMECO durcit le ton et rejette les propositions du gouvernement

La crise qui secoue le secteur de la santé en République démocratique du Congo est loin de connaître son épilogue. Malgré plusieurs rencontres entre les représentants syndicaux et le gouvernement, le Syndicat des médecins du Congo (SYMECO) a décidé de maintenir son mouvement de grève dans les structures sanitaires publiques, estimant que les engagements pris par les autorités restent insuffisants pour répondre aux attentes des médecins.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 13 juillet 2026, le syndicat affirme que les négociations engagées ces dernières semaines n’ont pas permis de restaurer la confiance entre les deux parties, laissant planer l’incertitude sur la reprise normale des activités dans les établissements de santé publics.

Le SYMECO dénonce des réponses insuffisantes du gouvernement

Pour les responsables du SYMECO, les réunions organisées le 23 juin au ministère des Finances puis le 7 juillet au ministère de la Santé publique n’ont pas apporté de solutions concrètes aux principales revendications des médecins.

Le syndicat continue notamment de réclamer l’intégration de la totalité de la paie complémentaire dans les rémunérations du troisième trimestre 2026, le paiement des arriérés de salaires, la reprise de l’alignement à la prime de risque professionnel ainsi que la mécanisation et la régularisation administrative des médecins encore en attente.

À l’issue des assemblées générales d’évaluation organisées les 10 et 11 juillet, les membres du SYMECO ont voté la poursuite de la grève, invoquant une crise de confiance persistante avec les autorités.

Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social, le syndicat invite le gouvernement à ouvrir des discussions directes et transparentes avec l’ensemble des quatre syndicats représentant les médecins afin de parvenir à un accord durable.

Le SYMECO appelle également ses membres à rester mobilisés dans le respect des lois de la République et sollicite le soutien de la population dans ce qu’il présente comme une lutte pour de meilleures conditions de travail et une amélioration du système de santé publique.

Le gouvernement assure avoir déjà pris plusieurs engagements

Face à la poursuite de la grève, le gouvernement affirme avoir enregistré des avancées importantes sur plusieurs dossiers prioritaires.

Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 sous la présidence du chef de l’État Félix Tshisekedi, une note présentée au nom du ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, actuellement en mission à Bunia, a dressé un état d’avancement des engagements pris envers les médecins. C’est le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, qui en a assuré la présentation.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, l’exécutif s’est engagé à intégrer la totalité de la paie complémentaire dans l’état liquidatif à partir du troisième trimestre 2026, à procéder à l’alignement de 200 médecins et à faire du secteur de la santé une priorité dans les opérations de mécanisation conduites par la Fonction publique.

Le gouvernement prévoit également d’accélérer le traitement des dossiers administratifs concernant les médecins relevant des régimes particuliers, notamment ceux de la Police nationale congolaise (PNC), des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Il entend aussi poursuivre l’assainissement du fichier de la paie afin de garantir une gestion plus transparente des rémunérations.

Un bras de fer qui se poursuit

Malgré ces annonces, le SYMECO estime que les promesses gouvernementales ne suffisent plus et réclame désormais des actes concrets. Tant que les mesures attendues ne seront pas effectivement mises en œuvre, le mouvement de grève devrait se poursuivre dans plusieurs établissements sanitaires publics du pays.

Ce nouveau bras de fer entre les médecins et le gouvernement intervient dans un contexte où le système de santé congolais fait déjà face à d’importants défis. Une issue rapide aux négociations apparaît donc essentielle pour éviter que cette crise sociale ne se répercute davantage sur la prise en charge des patients à travers le pays.

Affaire FRIVAO : la Cour de cassation reporte au 27 juillet le procès de Constant Mutamba

Le procès très attendu de l’ancien ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, n’aura finalement pas connu son épilogue ce lundi à Kinshasa. Après plusieurs échanges devant la Cour de cassation, les juges ont décidé de reporter l’affaire au 27 juillet prochain, laissant aux prévenus le temps d’examiner le dossier et de préparer leur défense.

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Cette décision concerne également Chançard Bolukola, ancien coordonnateur du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Tous deux sont poursuivis dans une affaire de présumé détournement de fonds destinés à indemniser les victimes congolaises des exactions commises par l’Ouganda sur le territoire de la RDC.

La Cour privilégie le respect des droits de la défense

En annonçant le renvoi de l’affaire, le président de la composition, le magistrat Jean Ubulu, a expliqué que la juridiction entend garantir un procès équitable.

« La cause est renvoyée au 27 juillet pour permettre aux deux prévenus, Chançard Bolukola et Constant Mutamba, de lire le dossier afin de préparer leur propre défense avec l’appui de leurs avocats », a-t-il déclaré à l’audience.

Cette décision donne ainsi plusieurs jours supplémentaires aux deux prévenus pour prendre connaissance de l’ensemble des pièces versées au dossier avant la reprise des débats sur le fond.

Constant Mutamba évoque une audition dans sa chambre d’hôpital

L’audience a également été marquée par les déclarations de Constant Mutamba, qui a contesté les conditions dans lesquelles il affirme avoir été entendu par des magistrats alors qu’il était hospitalisé.

Selon l’ancien garde des Sceaux, il n’aurait jamais reçu régulièrement sa citation à comparaître. Il a raconté que trois magistrats s’étaient rendus dans sa chambre d’hôpital alors qu’il suivait un traitement médical.

« J’ai reçu trois magistrats dans ma chambre d’hôpital. Je ne pouvais même pas parler. Ils m’ont trouvé pratiquement en tenue d’Adam, en train de recevoir mes traitements. Ils m’ont posé deux questions qui n’ont rien à voir avec les faits repris dans la citation à comparaître », a déclaré Constant Mutamba.

Il affirme n’avoir répondu à aucune de ces questions et souhaite désormais consulter le procès-verbal afin de vérifier les déclarations qui y auraient été consignées.

Ces affirmations ont constitué l’un des temps forts de l’audience. Par l’intermédiaire de ses avocats, l’ancien ministre insiste sur la nécessité d’obtenir l’intégralité du dossier avant de présenter sa défense devant la haute juridiction.

Le FRIVAO, un dossier hautement sensible

Au-delà de la procédure judiciaire, cette affaire touche un sujet particulièrement sensible en République démocratique du Congo. Le FRIVAO a été créé pour indemniser les victimes congolaises des activités illicites et des exactions commises par l’Ouganda, conformément aux décisions rendues dans le contentieux ayant opposé les deux États devant les juridictions internationales.

Toute suspicion de détournement ou de mauvaise gestion des ressources destinées à ces victimes suscite une forte émotion au sein de l’opinion publique, tant les attentes autour de ce mécanisme de réparation sont importantes.

Le 27 juillet, la Cour de cassation reprendra l’examen du dossier. Cette prochaine audience pourrait marquer un tournant dans une procédure suivie de près, non seulement en raison de la personnalité de l’ancien ministre Constant Mutamba, mais aussi des enjeux financiers et symboliques liés à la gestion des fonds destinés aux victimes congolaises.

À l’ONU, la RDC lance une réflexion internationale sur la gouvernance des ressources naturelles au service de la paix ce lundi 13 juillet

Sous sa présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies, la République démocratique du Congo ouvre ce lundi 13 juillet 2026 une réflexion internationale de haut niveau sur la gouvernance des ressources naturelles. La réunion, organisée selon la formule « Arria », sera présidée par la ministre Congolaise des Affaires Étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Elle vise à faire des minerais stratégiques non seulement un moteur de croissance, mais aussi un instrument de prévention des conflits et de consolidation de la paix.

Au siège de l’ONU, Kinshasa va plaider pour un cadre mondial plus cohérent fondé sur la traçabilité, la transparence et une meilleure répartition des bénéfices.

Placée sous le thème : « La lacune normative concernant les ressources naturelles et la paix : fondements et perspectives », cette rencontre réunit les membres du Conseil de sécurité, les États membres, les organisations régionales, les partenaires internationaux, la société civile, le monde académique et le secteur privé. L’objectif est d’examiner les perspectives d’un cadre normatif plus cohérent pour la gouvernance des ressources naturelles.

Si de nombreux mécanismes de traçabilité, de diligence raisonnable et de lutte contre le financement des conflits existent déjà, ils restent fragmentés et insuffisamment articulés. La RDC propose en effet de combler cette lacune en articulant davantage gouvernance des ressources, paix et sécurité internationales. Pour Kinshasa, les ressources ne doivent plus être vues uniquement comme des facteurs de conflit, mais aussi comme des leviers de stabilité.

Des minerais stratégiques au centre des tensions mondiales

L’initiative intervient dans un contexte marqué par une demande mondiale croissante en minerais critiques comme le cobalt, le cuivre, le lithium et le coltan, et par la persistance de conflits alimentés par l’exploitation illicite. La RDC, premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur pour de nombreux minerais stratégiques, veut porter une approche plus harmonisée. Celle-ci serait fondée sur quatre piliers : la transparence, la traçabilité, la responsabilité partagée et une répartition plus équitable des bénéfices issus de l’exploitation.

« L’ambition est que les États producteurs comme l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement en tirent profit », a précisé l’État Congolais. En outre, c’est une manière pour lui de reprendre la main sur le récit international autour de ses ressources et de proposer des solutions concrètes au lieu de subir les diagnostics extérieurs.

Un temps fort de la présidence congolaise à l’ONU

Cette réunion constitue l’un des temps forts de la présidence congolaise du Conseil de sécurité pour le mois de juillet 2026. Elle s’inscrit dans une séquence diplomatique qui culminera le 22 juillet 2026 avec un débat public de haut niveau présidé par le Président Félix Tshisekedi. Le thème retenu est : « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

En portant ce sujet au plus haut niveau, la RDC entend démontrer que la gestion responsable des ressources naturelles peut jouer un rôle direct non seulement dans le développement économique, mais aussi dans la prévention des conflits. C’est un plaidoyer pour un multilatéralisme plus efficace et plus juste.

Par cette initiative, la République démocratique du Congo réaffirme son engagement en faveur d’un ordre international où les ressources naturelles ne sont plus seulement perçues comme des sources de tensions.

La vision portée par Kinshasa est celle d’un développement durable et d’une prospérité partagée, où la gouvernance responsable devient la norme. Le message est adressé autant aux partenaires qu’aux investisseurs : la paix et la stabilité passent aussi par une gestion équitable des richesses du sous-sol.

Avec cette démarche, la RDC cherche à transformer la contrainte de ses ressources en opportunité diplomatique et à imposer un nouveau standard international.

Constant Mutamba de retour devant la Cour de cassation : un nouveau procès qui ravive les tensions autour du FRIVAO

L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba Tungunga, s’apprête à franchir une nouvelle fois les portes de la Cour de cassation. Ce lundi 13 juillet, il sera fixé sur son sort dans une affaire brûlante qui écorne un peu plus l’image d’un homme qui fut le symbole de la lutte contre l’impunité. Retour sur un feuilleton judiciaire où se mêlent millions de dollars, accusations de gabegie et appels au secours politiques.

C’est un retour au palais que l’on attendait, mais que l’ancien ministre redoutait sans doute. À quelques mois d’intervalle, le voilà de nouveau plongé dans la tourmente judiciaire. Après avoir été condamné à trois ans de prison ferme pour la gestion calamiteuse d’un chantier de prison à Kisangani, Constant Mutamba Tungunga est aujourd’hui convoqué pour une autre affaire tout aussi emblématique : celle du Fonds de réparation des indemnisations des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).

Un passif lourd et une nouvelle mise en cause

Pour comprendre l’ampleur de ce nouveau procès, il faut replonger dans le premier dossier qui a scellé la chute du bouillant juriste. La Cour de cassation l’avait reconnu coupable de détournement de deniers publics dans le cadre de la construction d’une prison centrale à Kisangani. Un projet estimé à plus de 19 millions de dollars américains qui, selon les juges, n’a jamais abouti à sa destination finale, laissant un trou béant dans les finances de l’État.

Aujourd’hui, c’est un autre trou noir qui est examiné. Constant Mutamba est soupçonné de tentative de détournement au sein du FRIVAO, une structure censée réparer les préjudices subis par les populations victimes des guerres ougandaises. L’audience de ce lundi promet d’être explosive, car les enjeux ne sont pas seulement financiers ; ils touchent à la mémoire des victimes de guerre.

« C’est un procès politique » : la défense par l’offensive

Dans une atmosphère électrique, l’ancien ministre ne se présente pas les mains vides. Il a récemment publié une lettre manuscrite d’une tonalité dramatique, dans laquelle il évoque un « 3ᵉ procès politique » monté de toutes pièces contre lui. Malgré un état de santé qu’il décrit comme critique, Constant Mutamba jure qu’il sera présent à l’audience.

Sa stratégie est claire : transformer ce tribunal en scène médiatique. Il a sollicité, par la même plume, une retransmission en direct du procès sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) et sur d’autres chaînes. « Que les victimes de la guerre de Kisangani et tout le peuple congolais sachent la vérité ! », clame-t-il, tentant de placer la justice sous le feu des projecteurs pour déjouer, selon lui, un complot.

Une audience sous haute tension

Alors que la Cour de cassation s’apprête à examiner les faits relatifs à la gestion du FRIVAO, la question demeure : s’agit-il d’une simple erreur de gestion ou d’une tentative orchestrée de dilapider les fonds destinés aux sinistrés de guerre ? Pour les avocats de la partie civile, il ne fait aucun doute que l’ex-ministre a outrepassé ses droits. Pour ses soutiens, il est la victime d’un système qui cherche à faire taire un homme qui en savait trop.

Ce lundi 13 juillet, les bancs de la Cour de cassation seront donc le théâtre d’une confrontation à trois niveaux : judiciaire, politique et mémoriel. Une chose est sûre, en choisissant de réclamer la caméra pour filmer ses juges, Constant Mutamba signe un acte de bravade. Mais dans ce jeu dangereux, c’est peut-être la transparence qu’il redoute le plus qui finira par lui être fatale.

Éducation : Engen DRC lance un programme de bourses scolaires pour élargir son soutien aux élèves congolais

Engen DRC, filiale du groupe Vivo Energy, renforce son engagement dans l’éducation en République démocratique du Congo. La société pétrolière a annoncé le lancement d’un programme de bourses scolaires destiné à soutenir l’excellence académique et à élargir l’accès à l’éducation à Kinshasa. L’initiative s’inscrit dans la politique de responsabilité sociétale de l’entreprise. L’objectif est d’accompagner la formation de la future élite congolaise.

Depuis 2009, Engen DRC finance la scolarité de 100 élèves par an dans 4 écoles de Kinshasa. Dans un communiqué daté du 8 juillet 2026, la société dit mettre en place cette année un concours pour attribuer les bourses à un plus grand nombre d’établissements. Elle ambitionne de toucher plus d’élèves tout en appliquant des critères de sélection plus rigoureux et transparents.

La bourse n’est pas seulement financière. Elle est pensée comme un package complet pour garantir de bonnes conditions d’apprentissage.
Engen DRC prend en charge l’intégralité des frais scolaires, la fourniture de matériel scolaire et les uniformes et tenues de sport.

Comme bonus, les élèves de 2ème année des Humanités des écoles retenues pourront effectuer un stage au sein d’Engen DRC. C’est une manière pour cette société pétrolière de les initier au monde professionnel et de créer un pont entre l’école et l’entreprise. Les bénéficiaires seront appelés à découvrir les métiers des hydrocarbures et développer des compétences pratiques.

Qui peut postuler ? Les critères d’éligibilité

Le programme cible uniquement le cycle secondaire et technique des écoles publiques conventionnées.
Pour être retenues, les écoles doivent justifier de résultats exemplaires aux examens nationaux au cours des 3 dernières années.

Pour les élèves, il faut avoir obtenu au moins 70% l’année scolaire précédente et réussir un test d’admission organisé dans le cadre de la bourse

Le processus se fait donc en deux temps : d’abord la sélection des écoles, puis celle des élèves.

Ci-dessous, les dates clés communiquées par Engen DRC :

– Appel à candidatures Écoles : 8 au 20 juillet 2026,
– Sélection des écoles : 21 au 25 juillet 2026,
– Appel à candidatures Élèves : 27 juillet au 8 août 2026,
– Sélection des élèves : 10 au 25 août 2026,
– Signature du protocole et remise des fournitures : 31 août 2026,
– Rentrée scolaire : 1er septembre 2026.

Les écoles intéressées doivent déposer leur dossier au siège d’Engen DRC abrité dans la ville de Kinshasa.

Avec le coût de la scolarité et du matériel qui pèse sur les ménages, les parents congolais estiment que ce type de programme privé vient en appui aux efforts engagés pour réduire les abandons scolaires.