FIFA : sous pression, Gianni Infantino convoque une réunion de crise au Maroc après l’échec de son projet de réforme

Le climat est électrique au sommet de la FIFA. Quelques jours seulement après avoir été contraint de retirer son projet…

Le climat est électrique au sommet de la FIFA. Quelques jours seulement après avoir été contraint de retirer son projet controversé d’ouverture de l’instance aux investisseurs privés, son président, Gianni Infantino, tente de reprendre la main. Ce mercredi, le dirigeant italo-suisse a réuni plusieurs hauts responsables de la Fédération internationale de football au siège africain de l’organisation, à Salé, près de Rabat, dans une rencontre organisée loin des regards.

À huis clos, cette réunion intervient alors que la gouvernance d’Infantino traverse l’une des périodes les plus délicates depuis son arrivée à la tête de la FIFA il y a dix ans.

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Une réunion à huis clos dans un contexte de fortes tensions

Selon plusieurs sources, la rencontre s’est tenue au sein du complexe Mohammed VI de Salé, qui abrite le bureau régional de la FIFA pour l’Afrique.

Aucune conférence de presse n’a été organisée et les discussions se sont déroulées dans la plus grande discrétion. Plusieurs véhicules officiels ont été aperçus à l’entrée du site, sans qu’aucun détail ne soit communiqué sur l’ordre du jour.

Le choix du Maroc intrigue les observateurs. Si aucune explication officielle n’a été donnée, le royaume coorganisera la Coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Gianni Infantino y séjournait déjà la semaine précédente à l’occasion de la Fête du Trône.

Le projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs a déclenché une fronde

À l’origine de cette crise figure le projet de création de la FIFA Forward Enterprise (FFE), une société externe chargée de gérer les activités commerciales de la FIFA ainsi que les compétitions majeures, notamment la Coupe du monde, avec l’entrée d’investisseurs privés au capital.

Révélé la semaine dernière, ce projet a immédiatement suscité une vive opposition au sein du football mondial.

Face aux critiques, la FIFA a finalement renoncé à cette réforme dans la nuit de vendredi à samedi.

Pour de nombreux dirigeants, cette initiative risquait de transformer profondément le modèle économique de l’organisation et d’accroître l’influence d’intérêts privés sur la gestion du football mondial.

Arsène Wenger et plusieurs dirigeants prennent leurs distances

L’abandon du projet n’a pas suffi à apaiser les tensions.

Plusieurs personnalités influentes de la FIFA ont publiquement pris leurs distances avec Gianni Infantino.

Parmi elles figure Arsène Wenger, directeur du développement mondial du football au sein de l’organisation, dont les critiques se sont ajoutées à celles d’autres responsables.

Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, a lui aussi exprimé son malaise dans une lettre adressée aux employés de l’institution. Il y évoque « une série d’événements tristes et condamnables » et se félicite que le projet ait finalement été abandonné.

Quelques jours auparavant, Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, avait présenté sa démission en affirmant s’opposer « catégoriquement » à cette réforme.

L’UEFA menace, plusieurs fédérations retirent leur soutien

La contestation dépasse désormais les murs de la FIFA.

L’UEFA et la Concacaf, qui avaient déjà rejeté le projet de FIFA Forward Enterprise, remettent désormais en cause la gouvernance du président de l’instance.

L’UEFA affirme avoir perdu confiance en Gianni Infantino et envisage une action en justice contre la FIFA. Avant le retrait du projet, la confédération européenne avait même brandi la menace d’un boycott de la Coupe du monde.

De son côté, la Concacaf réclame une remise à plat complète de la gouvernance de l’organisation.

À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2027 à Rabat, ces critiques prennent une dimension particulière.

Si Gianni Infantino demeure, pour l’heure, le seul candidat officiellement déclaré à sa propre succession, plusieurs fédérations nationales, notamment celles de la Finlande, du pays de Galles, de la Serbie et de la Suède, ont déjà annoncé le retrait de leur soutien.

Le président de la Fédération jordanienne, le prince Ali ben Al Hussein, est allé plus loin en accusant publiquement Gianni Infantino de « chantage », affirmant avoir reçu des pressions politiques en échange d’un soutien électoral.

À un peu plus de six mois du scrutin présidentiel, cette succession de critiques fragilise l’autorité du dirigeant de la FIFA. La réunion organisée au Maroc apparaît ainsi comme une tentative de restaurer l’unité au sein de l’organisation. Reste à savoir si elle suffira à convaincre les fédérations membres, dont les voix seront déterminantes lors de l’élection de 2027.

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