473 millions USD investis : comment l’ONU a financé plus de 31 000 emplois et des projets sociaux en 2025

Le système des Nations unies renforce son engagement en République démocratique du Congo. En 2025, 473,4 millions de dollars américains ont été mobilisés pour financer des projets de développement dans plusieurs secteurs stratégiques, allant de l’emploi à la gouvernance, en passant par l’inclusion financière, la protection sociale et la résilience climatique.

Ce bilan a été présenté mercredi 15 juillet à Kinshasa lors de la publication du premier rapport annuel du Cadre de coopération de développement durable (CCDD) 2025-2029, principal instrument de partenariat entre le gouvernement congolais et les agences des Nations unies.

Des centaines de millions de dollars pour soutenir l’économie et les populations vulnérables

Devant les partenaires institutionnels, Damien Mama, coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies en RDC, a indiqué que ces ressources proviennent des partenaires techniques et financiers mobilisés pour accompagner la mise en œuvre du CCDD.

Selon lui, cette première année d’exécution a permis d’enregistrer des avancées dans plusieurs domaines prioritaires, notamment la transformation économique, le renforcement de la gouvernance, le développement du capital humain ainsi que la protection de l’environnement.

Dans le secteur économique, l’ONU a soutenu la création d’emplois, le développement des compétences, l’entrepreneuriat, l’accès aux services financiers et le renforcement des chaînes de valeur, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes et aux communautés les plus vulnérables.

Les résultats présentés dans le rapport illustrent cette dynamique :

  • 31 414 emplois créés ;
  • 110 683 personnes ayant accédé aux services financiers numériques ;
  • 15 025 ménages intégrés dans des mécanismes d’inclusion financière ;
  • 47 000 jeunes, femmes et acteurs communautaires formés pour améliorer leur employabilité ;
  • 90 jeunes entreprises accompagnées par des programmes de mentorat ;
  • 30 jeunes entrepreneurs incubés dans les secteurs de l’entrepreneuriat et de l’agrobusiness ;
  • Plus de 20 000 petits exploitants agricoles appuyés.

Justice, administration et identité numérique également renforcées

Le rapport met également en avant les progrès réalisés dans le renforcement des institutions publiques.

Grâce à l’appui du système des Nations unies, 41 juridictions ont été digitalisées, 15 établissements pénitentiaires modernisés numériquement et 174 439 enfants enregistrés dans le système d’état civil digitalisé.

Cinq réformes nationales portant sur la justice, la sécurité et l’inclusion ont également été adoptées au cours de cette première année d’exécution du Cadre de coopération.

Pour Damien Mama, ces réalisations démontrent la volonté commune du gouvernement congolais et des Nations unies de renforcer la protection des populations tout en améliorant la gouvernance et l’accès aux services publics.

Des résultats encourageants, mais des financements encore insuffisants

Malgré ces avancées, le rapport souligne que les financements restent en deçà des besoins.

Sur un coût global estimé à 1,35 milliard de dollars, seuls 473,4 millions de dollars, soit 35 % des ressources attendues, ont été mobilisés en 2025.

Le système des Nations unies estime toutefois que cette première année constitue un signal positif. Selon le rapport, cette performance témoigne de la confiance des partenaires techniques et financiers et confirme la pertinence du Cadre de coopération comme outil stratégique de développement.

Adopté en 2024 pour la période 2025-2029, le CCDD aligne les interventions des agences onusiennes sur les priorités du gouvernement congolais et les Objectifs de développement durable (ODD). Son ambition est d’accélérer la transformation économique, de renforcer l’État de droit, d’investir dans le capital humain et de soutenir la transition écologique afin de bâtir un développement plus inclusif et durable.

Le gouvernement dévoile sa stratégie pour recenser les populations des zones sous contrôle du M23

La République démocratique du Congo veut tourner une page de son histoire statistique. Alors que l’insécurité continue de bouleverser une partie de l’Est du pays, le gouvernement refuse de laisser des millions de Congolais en marge du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).

Face aux sénateurs puis aux députés nationaux, jeudi 16 juillet, le ministre du Plan, Guylain Nyembo, a dévoilé une stratégie qui mise sur les nouvelles technologies pour relever ce défi. Satellites, cartographie numérique et intelligence démographique seront mis à contribution afin de produire des données fiables, y compris dans les territoires où les équipes de terrain ne peuvent pas circuler librement.

Des satellites pour compter les Congolais jusque dans les zones sous occupation

Interpellé sur la faisabilité du recensement dans les territoires affectés par les combats et l’occupation du M23, Guylain Nyembo s’est voulu rassurant. Selon lui, aucune province ne sera écartée de cette vaste opération nationale.

Le ministre a expliqué que le gouvernement adoptera une approche hybride. Dans les zones sécurisées, les agents recenseurs travailleront selon les méthodes classiques. En revanche, dans les régions où persistent des poches d’insécurité, les autorités s’appuieront sur l’intelligence informatique et l’imagerie satellitaire afin d’obtenir des données aussi précises que possible.

Cette méthode, qualifiée d’« intelligence démographique », permettra de compléter les informations recueillies sur le terrain grâce à des technologies déjà utilisées dans plusieurs pays confrontés à des conflits, notamment l’Irak et l’Afghanistan.

Une cartographie numérique au cœur du projet

Pour le ministre du Plan, la réussite du RGPH-2 repose avant tout sur la cartographie censitaire actuellement en cours de réalisation.

Cette étape doit permettre de disposer d’une représentation actualisée du territoire national et d’identifier avec précision les ménages, y compris dans les zones difficiles d’accès. Les informations collectées serviront ensuite de base aux opérations d’identification menées par l’Office national d’identification de la population (ONIP).

L’objectif est de bâtir une base de données moderne et fiable, indispensable pour accompagner les politiques publiques et améliorer la connaissance de la population congolaise.

Un investissement de 192 millions de dollars pour préparer l’avenir

Au-delà de son aspect statistique, le gouvernement présente ce recensement comme un levier stratégique pour le développement de la RDC.

Les données qui seront collectées permettront d’orienter les décisions publiques dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, les infrastructures ou encore l’aménagement du territoire.

Sur le plan financier, Kinshasa a déjà mobilisé une première enveloppe nationale de 30 millions de dollars sur un budget global estimé à 192 millions de dollars, avec l’appui attendu des partenaires techniques et financiers.

En parallèle, plus de 15 000 agents recenseurs sont en cours de recrutement à travers le pays. Après leur formation, ils seront progressivement déployés sur l’ensemble du territoire national.

Au-delà du comptage de la population, le RGPH-2 ambitionne également de renforcer durablement les capacités de la RDC dans les domaines de la statistique, de la cartographie et des technologies numériques, avec l’espoir de disposer enfin d’un portrait démographique fiable pour mieux planifier le développement du pays.

Mondial 2026 : L’Argentine crucifie l’Angleterre 2-1 dans une demi-finale de légende

L’Argentine s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du Monde 2026 ce mercredi 15 juillet. Au terme d’un match fou et d’une intensité rare, l’Albiceleste a renversé l’Angleterre 2-1, avec un but décisif inscrit à la 90e minute +2. Un scénario digne des plus grandes demi-finales de l’histoire, où la tension, le talent et la dramaturgie se sont mêlés jusqu’au dernier souffle. Les Three Lions, pourtant devant au score, ont vu leurs rêves s’envoler sur un ultime coup de théâtre.

Dès l’entame, le ton a été donné. Deux nations au football opposé, deux philosophies qui se sont répondues coup pour coup. L’Angleterre, pragmatique et verticale, a choisi de procéder par transitions rapides. L’Argentine, elle, a imposé sa maîtrise avec 64% de possession et 14 tirs au total. La rencontre s’est décantée à la 55e minute. Sur une action limpide, A. Gordon a trompé le portier argentin et offert l’avantage aux anglais. Le Stade a alors vibré, convaincu de voir les Lions rugir jusqu’au bout.

L’Angleterre avait parfaitement verrouillé les espaces. Avec seulement 36% de possession mais 3 tirs cadrés sur 6 tentatives, elle appliquait un plan chirurgical. Mais en Coupe du Monde, mener contre l’Argentine de Lionel Messi n’est jamais une garantie.

L’Albiceleste met le siège et trouve la faille

Piquée au vif, l’Argentine a alors haussé le curseur. Sous l’impulsion de son milieu, elle a installé un siège méthodique dans le camp anglais. Les vagues se sont succédées, les combinaisons se sont faites plus tranchantes. La récompense est arrivée à la 85e minute. Fernández, d’une frappe précise, est venu punir une défense qui reculait trop. 1-1. Le match basculait. Tout allait dans le sens des prolongations. C’était sans compter sur le tempérament argentin, cette capacité à croire jusqu’au bout que le destin pouvait basculer.

Avec une nette domination, l’Argentine a logiquement fini par faire céder la muraille anglaise. C’était la loi des nombres et la loi du courage.

Le coup de grâce à la 90+2′ et une explosion Albiceleste

Et puis vint ce temps additionnel qui restera dans les annales. À la 90e minute +2, sur une dernière offensive de Messi, L. Martínez surgit. D’un geste de tueur, il crucifie l’Angleterre et envoie tout un peuple dans une liesse indescriptible. 2-1. Le coup de sifflet final retentit quelques minutes plus tard sur une apothéose. L’Argentine file en finale, l’Angleterre s’écroule, foudroyée par la cruauté du football.

Il ne s’agit pas que d’une qualification. C’est un message. Cette Argentine a l’âme des champions. Elle sait souffrir, elle sait attendre, et elle sait frapper quand il le faut. Une marque des grandes équipes.

Une demi-finale au parfum de finale de Coupe du Monde

Au-delà du score, cette rencontre restera comme un spectacle total. Du rythme, des duels, de la technique et surtout une tension dramatique digne d’une finale. L’Angleterre sort la tête haute mais le cœur brisé. L’Argentine, elle, poursuit son rêve d’une troisième étoile avec certitude. Le rendez-vous est désormais pour ce dimanche 19 juillet contre l’Espagne.

Kinshasa : Coup de filet à Ngaliema – Plus de 50 « Kuluna » arrêtés dans une opération de bouclage

Cette opération a redonné espoir aux habitants de Ngomba-Kinkusa, dans la commune de Ngaliema. Mercredi, la police du regroupement municipal de Lukunga a lancé un vaste bouclage dans le secteur de Masisi. Les agents ont interpellé plus de cinquante présumés bandits urbains. Cette intervention répond à plusieurs semaines d’insécurité. Toutefois, elle met aussi en lumière les difficultés auxquelles la police fait face.

Dans les ruelles de Ngaliema, le calme était devenu rare. Depuis plusieurs semaines, les habitants subissaient les agissements des célèbres « Kuluna ». Ces jeunes délinquants multipliaient les actes de vandalisme et les braquages. Mercredi, la police est finalement passée à l’action.

« Ils semaient la terreur » : le ras-le-bol des riverains

L’officier de police judiciaire Eugène Libaku a présenté les raisons de cette opération. « Nous avons été confrontés à plusieurs actes de vandalisme et d’insécurité ces derniers temps dans notre secteur de Dikuta, où les jeunes délinquants semaient la terreur », a-t-il déclaré.

Face à la multiplication des plaintes, la hiérarchie a décidé d’intervenir. Elle a alors ordonné ce vaste bouclage. Les policiers ont ensuite interpellé plus de cinquante jeunes hommes. Ils les soupçonnent d’avoir participé à des actes criminels ou les ont arrêtés à la suite de signalements.

Par conséquent, les forces de l’ordre les ont conduits au poste de police. Les riverains ont ainsi retrouvé un peu de tranquillité.

« Nous travaillons comme des robots » : le cri du cœur des policiers

Cependant, cette opération ne résout pas les difficultés auxquelles les policiers sont confrontés. Eugène Libaku a d’ailleurs exprimé son inquiétude. « Nous travaillons jour et nuit, presque comme des robots. C’est cette insuffisance du personnel qui permet à ces jeunes de poursuivre leurs actes de vandalisme. »

Ce constat soulève une question importante. Cette opération suffira-t-elle à freiner durablement le phénomène Kuluna à Ngaliema ?

Les policiers restent prudents. Ils réclament davantage d’effectifs. En outre, ils demandent des équipements adaptés afin d’assurer leurs missions dans de meilleures conditions.

Un appel aux autorités pour pérenniser la lutte

L’officier de police a lancé un appel direct aux autorités compétentes. « Renforcez nos effectifs et dotez-nous des équipements nécessaires afin d’améliorer notre travail et lutter contre l’insécurité à Ngaliema. »

L’arrestation de plus de cinquante présumés bandits constitue un signal fort. Toutefois, elle ne suffira pas à elle seule à faire disparaître l’insécurité qui touche plusieurs quartiers de Kinshasa.

Sans renforts humains ni moyens matériels supplémentaires, la police risque de revoir apparaître les mêmes réseaux. D’autres groupes pourraient également prendre le relais.

À Ngaliema, les habitants accueillent donc cette opération avec satisfaction. Néanmoins, ils restent prudents. Ils savent que la lutte contre les Kuluna demandera du temps. Enfin, ils espèrent aussi des politiques publiques, des emplois et une justice capable d’accompagner durablement les efforts des forces de l’ordre.

Ebola en Ituri : colère des équipes de riposte à Bunia, les agents réclament le paiement de leurs primes de risque

La tension ne faiblit pas au sein des équipes engagées dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Ce mercredi, Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, a été le théâtre d’une nouvelle manifestation des agents de la riposte, venus dénoncer le non-paiement de leurs primes de risque après plusieurs semaines d’attente.

Malgré la présence des forces de l’ordre, les protestataires ont maintenu leur mobilisation, estimant que leurs revendications restent sans réponse alors qu’ils figurent parmi les premiers exposés à l’épidémie.

Les agents de la riposte dénoncent des semaines d’impayés

Munis de sifflets, de banderoles et scandant des slogans, des hygiénistes, agents de surveillance, sensibilisateurs et plusieurs autres intervenants de la riposte se sont rassemblés devant le Centre de traitement Ebola (CTE) de Bunia avant d’entamer leur mouvement de protestation.

Les manifestants affirment travailler depuis plusieurs semaines sans percevoir leurs primes de risque, alors qu’ils interviennent quotidiennement dans la prise en charge des patients, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés et les enterrements dignes et sécurisés.

« Nous risquons nos vies chaque jour pour sauver la population, mais nous sommes abandonnés. Nous travaillons sans être payés pendant que nos familles souffrent. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés », ont déclaré plusieurs manifestants.

Pour ces agents, le retard dans le paiement de leurs rémunérations devient de plus en plus difficile à supporter, tant sur le plan professionnel que familial.

Une mobilisation qui s’inscrit dans une série de protestations

Cette nouvelle manifestation intervient après plusieurs mouvements de grogne enregistrés ces derniers jours au sein de la riposte contre Ebola.

Des prestataires avaient déjà exprimé leur mécontentement à l’Hôpital général de référence de Bunia ainsi qu’à l’Hôpital général de Rwampara, où ils réclamaient également le paiement de leurs primes.

Malgré le dispositif sécuritaire mis en place autour du rassemblement, les agents ont poursuivi leur mouvement, estimant ne plus être en mesure d’assurer pleinement leurs missions dans les conditions actuelles.

Une crise sociale au cœur de la lutte contre Ebola

Cette montée de la contestation intervient alors que l’Ituri demeure l’épicentre de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.

Selon les chiffres officiels du ministère de la Santé, l’épidémie a déjà causé 753 décès confirmés et s’est propagée dans cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.

Les revendications répétées des équipes de terrain suscitent de vives inquiétudes quant à leurs répercussions sur les opérations de riposte. Une poursuite des perturbations pourrait fragiliser la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades ainsi que les autres interventions essentielles mises en œuvre pour contenir la propagation du virus.

En attendant une réaction des autorités sanitaires, les agents mobilisés espèrent que leurs revendications seront rapidement prises en compte afin d’éviter un ralentissement des activités de lutte contre l’une des épidémies les plus préoccupantes que connaît actuellement la RDC.

Forum africain de l’eau : à N’Djamena, Félix Tshisekedi dévoile sa vision pour transformer les ressources hydriques en moteur de développement

C’est un discours qui a marqué les esprits, ce mercredi 15 juillet 2026, à N’Djamena. Devant un parterre de dirigeants et d’experts réunis pour le Forum africain de l’eau, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, n’a pas seulement parlé de canalisations et de robinets. Il a esquissé une véritable révolution hydrique pour le continent, avec des objectifs chiffrés, une vision industrielle et un appel vibrant à repenser la gouvernance de l’or bleu.

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Le Tchad, pays sahélien où l’eau est une denrée rare et précieuse, offrait un cadre plus que symbolique pour ces assises. En prononçant son allocution, le Chef de l’État congolais a rappelé une évidence trop souvent oubliée : l’eau n’est pas un sujet isolé, mais le fil rouge du développement durable.

Cinq orientations pour sortir de l’impasse

Face à la crise hydrique qui menace une partie croissante du continent africain, Félix Tshisekedi a posé cinq piliers pour une gestion renouvelée des ressources en eau. Il a d’abord appelé à une intégration des politiques publiques, martelant que l’on ne peut plus concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme et l’environnement.

« Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a-t-il lancé, invitant ses pairs à dépasser les silos administratifs pour adopter une approche systémique.

Le second pilier, tout aussi crucial, est celui de la gouvernance et de la transparence. Le président congolais a plaidé pour des institutions plus performantes, une meilleure redevabilité et une gestion transparente des infrastructures hydriques, gage de confiance pour les citoyens et les investisseurs.

L’industrialisation au service de l’eau

Mais la proposition la plus audacieuse du Chef de l’État a sans doute été celle de faire de l’eau un véritable levier d’industrialisation. « Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il déclaré, balayant l’idée d’une Afrique condamnée à n’être qu’importatrice de technologies hydriques.

Pour concrétiser cette vision, Tshisekedi a appelé à une mobilisation massive des ressources publiques, privées et internationales, tout en insistant sur la nécessité de préparer des projets « techniquement mûrs et financièrement structurés » pour attirer les financements.

Les objectifs ambitieux de la RDC pour 2035

Fort de l’immense potentiel hydrique de son pays – qui abrite le plus grand réservoir d’eau douce d’Afrique –, le Président Tshisekedi a annoncé des objectifs nationaux qui font date :

60 % de la population congolaise aura accès à l’eau potable d’ici 2035 ;

50 % bénéficiera de services d’assainissement et d’hygiène adéquats ;

80 % des écoles et établissements de santé disposeront d’infrastructures hydriques et sanitaires.

Des chiffres ambitieux qui contrastent avec la situation actuelle, marquée par un accès encore très limité dans les zones rurales et péri-urbaines. Mais le Chef de l’État a affiché sa détermination : l’eau est une priorité stratégique pour la RDC.

Un appel à la conscience collective

L’événement a été ouvert par le Président tchadien, le Maréchal Idriss Deby Itno, hôte du Forum. Ce dernier a souhaité que ces assises soient « le momentum d’une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités ».

Le message est passé : l’eau n’est plus une simple question humanitaire ou environnementale. C’est un enjeu de souveraineté, de développement économique et de paix sociale. En proposant cette feuille de route, Félix Tshisekedi a placé la RDC en locomotive d’une ambition continentale. Reste à transformer les paroles en actes, et les projets en réalité, pour que l’or bleu irrigue enfin durablement l’avenir de l’Afrique.

Félix Tshisekedi à N’Djamena : la RDC porte ses ambitions hydriques au Forum africain de l’eau

La République démocratique du Congo veut faire entendre sa voix sur l’un des défis les plus cruciaux du continent : l’accès à l’eau. Invité par son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, le président Félix-Antoine Tshisekedi est arrivé ce mercredi 15 juillet à N’Djamena pour prendre part au Forum africain de l’eau, organisé jusqu’au 16 juillet.

Ce rendez-vous continental réunit plusieurs dirigeants africains, experts et partenaires internationaux autour d’un objectif commun : accélérer le développement des infrastructures hydrauliques et trouver des solutions durables face aux défis croissants de la sécurité hydrique et du changement climatique.

La RDC veut valoriser son immense potentiel en eau

À travers cette participation, Félix Tshisekedi entend mettre en avant les atouts de la République démocratique du Congo, considérée comme l’un des pays les plus riches en ressources en eau douce sur le continent.

Face à une demande croissante en eau potable et aux effets du changement climatique, Kinshasa souhaite partager son expérience tout en contribuant aux réflexions sur une gestion plus durable des ressources hydriques en Afrique.

Le Chef de l’État devrait également plaider pour des investissements renforcés dans les infrastructures hydrauliques, afin d’améliorer durablement l’accès à l’eau pour les populations africaines.

Un forum stratégique pour relever les défis climatiques

Le Forum africain de l’eau se veut une plateforme de concertation destinée à mobiliser des engagements concrets en faveur de la sécurité hydrique.

Les échanges porteront notamment sur le financement des infrastructures, la gestion durable des ressources en eau, l’adaptation aux effets du changement climatique et le renforcement de la coopération entre les États africains.

Pour la RDC, cette rencontre constitue aussi une opportunité de valoriser son potentiel hydraulique comme levier de développement économique, de production énergétique et d’intégration régionale.

Kinshasa et N’Djamena veulent renforcer leur coopération

Au-delà des travaux du Forum, la visite de Félix Tshisekedi revêt également une dimension diplomatique.

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, le président congolais doit s’entretenir en tête-à-tête avec son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno. Les discussions devraient porter sur le renforcement des relations bilatérales ainsi que sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie et du développement.

Pour cette visite de travail, le Chef de l’État est accompagné du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, ainsi que du directeur général de la Regideso, signe de l’importance accordée aux questions liées à l’approvisionnement en eau et à la modernisation des infrastructures hydrauliques.

En participant à ce forum, la RDC ambitionne de conforter son rôle d’acteur incontournable dans les discussions africaines sur la gestion durable de l’eau, un enjeu devenu stratégique pour le développement économique, la résilience climatique et le bien-être des populations du continent.

À l’ONU, la RDC dénonce le pillage de ses minerais et interpelle la communauté internationale sur le rôle du Rwanda

Alors que les minerais critiques sont devenus l’un des piliers de la transition énergétique mondiale, la République démocratique du Congo a choisi la tribune des Nations unies pour lancer un message fort. Devant les États membres réunis à New York, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a affirmé que, pour la RDC, l’exploitation des minerais stratégiques ne relève plus uniquement de l’économie, mais constitue désormais un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité et de paix.

À l’occasion de la réunion de haut niveau consacrée aux minéraux critiques, organisée à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, Kinshasa a dénoncé le lien entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et la poursuite du conflit dans l’est du pays.

Rubaya, symbole du lien entre minerais et conflit armé

Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie congolaise a pris l’exemple de Rubaya, dans le Nord-Kivu, l’un des plus importants gisements mondiaux de coltan.

Selon elle, cette zone illustre parfaitement la manière dont l’exploitation illicite des minerais finance les groupes armés et affaiblit l’autorité de l’État congolais.

« Pour des pays comme le mien, il ne s’agit plus seulement d’une question de développement. L’exploitation illicite affaiblit l’autorité de l’État, érode la souveraineté et peut s’accompagner d’une violation de l’intégrité territoriale », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

La ministre a rappelé que les mines de Rubaya représenteraient environ 15 % de la demande mondiale de tantale. S’appuyant sur les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, elle a indiqué qu’au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été introduites clandestinement au Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23, générant près de 800 000 dollars par mois au profit du mouvement rebelle.

Kinshasa dénonce l’absence de sanctions contre les forces rwandaises

La RDC a également critiqué ce qu’elle considère comme une réponse insuffisante de la communauté internationale face aux accusations visant le Rwanda.

Thérèse Kayikwamba Wagner a regretté que les Forces de défense rwandaises (RDF) ne fassent toujours pas l’objet de sanctions des Nations unies, malgré les éléments documentés par les experts onusiens.

« Malgré ces preuves accablantes, les Forces de défense rwandaises ne sont toujours pas soumises aux sanctions des Nations unies », a dénoncé la ministre.

Pour Kinshasa, cette situation révèle les limites du système international actuel, qui traite encore trop souvent les ressources naturelles comme un simple enjeu de développement, alors qu’elles alimentent directement les conflits armés dans certaines régions du monde.

Une gouvernance mondiale plus équitable des minerais critiques

Profitant de la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies, la ministre a plaidé pour un nouveau cadre international reliant plus étroitement la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.

La RDC estime que les pays producteurs doivent bénéficier davantage de la valeur créée autour des minerais stratégiques indispensables aux batteries, aux véhicules électriques et aux technologies de la transition énergétique.

Kinshasa appelle notamment à des partenariats intégrant le développement des infrastructures, le transfert de technologies, la transformation locale des minerais, la formation des compétences et un meilleur accès aux financements internationaux.

La cheffe de la diplomatie congolaise a également insisté sur une responsabilité partagée de tous les acteurs de la chaîne de valeur, des exploitants miniers jusqu’aux industriels et aux pays consommateurs.

Concernant la traçabilité des minerais, elle a estimé que celle-ci devait permettre de combattre efficacement la fraude, la contrebande et le financement des groupes armés, sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes.

Entre avancées diplomatiques et blocage sur le terrain

Cette prise de position intervient alors que la RDC poursuit plusieurs initiatives diplomatiques autour de la crise dans l’est du pays.

Le partenariat stratégique conclu avec les États-Unis sur les minerais critiques et l’accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali avaient nourri l’espoir d’une désescalade militaire. Le texte prévoit notamment le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que la neutralisation des FDLR par la RDC.

Pourtant, ces engagements peinent encore à produire des résultats concrets.

Le 4 juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait indiqué espérer un retrait des troupes rwandaises avant la mi-juillet. Mais au 15 juillet 2026, aucun désengagement officiel des Forces de défense rwandaises n’avait été constaté dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Pendant ce temps, les rebelles continuent de contrôler Goma, Bukavu et plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les affrontements se poursuivent. Les discussions menées à Doha sous la médiation du Qatar restent dans l’impasse, illustrant le fossé qui persiste entre les engagements diplomatiques et la réalité sécuritaire sur le terrain.

Pour Kinshasa, la réussite de la transition énergétique mondiale ne pourra être pleinement reconnue que si elle profite également aux pays qui fournissent les minerais indispensables à cette révolution industrielle. Comme l’a rappelé Thérèse Kayikwamba Wagner devant les Nations unies, le véritable succès ne se mesurera pas uniquement au nombre de batteries ou de véhicules électriques produits, mais aussi à la capacité de garantir davantage de paix, de souveraineté et de prospérité aux populations vivant sur les terres qui rendent cette transition possible.

Coupe du Monde 2026 : L’Espagne corrige la France 2-0 et file en finale

L’Espagne a mis fin au rêve français. La Roja s’est imposée 2-0 face à la France ce mardi 14 juillet 2026 en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, au terme d’une rencontre totalement maîtrisée. Mikel Oyarzabal a ouvert le score sur penalty avant que Pedro Porro ne double la mise. Au terme des 90 minutes, les espagnols valident leur billet pour la finale du dimanche 19 juillet prochain.

Dès les premières minutes, l’Espagne a imposé son identité de jeu. Possession, passes courtes, projections rapides et pressing coordonné ont asphyxié une équipe de France en manque d’inspiration. La vice-championne du monde 2022 a peiné à exister collectivement. Le milieu de terrain français, privé de solutions, n’a jamais réussi à inverser la tendance face à une Roja entreprenante et solidaire. Le penalty transformé par Oyarzabal à la 22e minute a enfoncé davantage les Bleus, contraints de courir après le score sans jamais trouver la faille.

Des statistiques qui confirment la domination

La supériorité espagnole s’est confirmée au fil des minutes et dans les statistiques. Avec 51% de possession de balle, 10 tirs tentés dont 2 cadrés, la sélection de Luis de la Fuente a fait preuve d’une redoutable efficacité. En face, la France a affiché 14 tirs pour 4 cadrés, tout en illustrant un manque de réalisme et de percussion dans les 30 derniers mètres. Le deuxième but inscrit par Porro à la 58e minute a scellé le sort de la rencontre et confirmé l’emprise totale des espagnols sur cette demi-finale. La défense française, souvent prise de vitesse, n’a pas trouvé les ressources pour contenir les vagues offensives adverses.

Un coup d’arrêt brutal pour les Bleus

Cette défaite sonne comme un coup d’arrêt brutal pour les Bleus. Après une finale disputée en 2022, la France quitte la compétition sur une prestation décevante, marquée par l’absence de liant et de leadership. Aucun cadre n’a su porter l’équipe dans les moments difficiles. Le visage affiché ce soir ne correspondait pas aux exigences d’un dernier carré mondial. La correction s’annonce nécessaire, autant sur le plan tactique que dans les choix humains, pour préparer les prochaines échéances internationales. La marche était trop haute ce soir pour une équipe apparue émoussée et sans répondant.

L’Espagne vise désormais le sacre mondial

L’Espagne, elle, poursuit son chemin et rêve désormais du sacre. Qualifiée pour la finale de la Coupe du Monde 2026 prévue le dimanche 19 juillet, la Roja attend désormais de connaître son adversaire à l’issue de la seconde demi-finale opposant l’Argentine à l’Angleterre ce mercredi 15 juillet 2026. Portée par une génération talentueuse et un collectif cohérent, la championne du monde 2010 va aborder ce défi avec la certitude de ses forces et l’ambition d’ajouter une deuxième étoile à son palmarès. Le rendez-vous est fixé et la finale s’annonce déjà comme le point d’orgue d’un Mondial 2026 riche en rebondissements.

Ebola en RDC : L’OMS tire la sonnette d’alarme – « Le vrai bilan est deux à quatre fois plus élevé »

C’est un chiffre qui glace le sang et qui a secoué la conférence de presse de l’Organisation mondiale de la santé, ce mardi 14 juillet. Alors que le bilan officiel fait état de 1 926 infections et 702 décès en République démocratique du Congo, l’OMS estime que la réalité du terrain est bien plus sombre. Selon ses projections, le nombre réel de cas serait au moins le double, voire plus de quatre fois supérieur aux données officielles. Une annonce qui transforme une épidémie déjà critique en une catastrophe sanitaire aux contours encore flous.

C’est un cri d’alarme lancé depuis Genève, mais dont l’écho résonne jusqu’aux confins de la forêt congolaise. Ce mardi, Chikwe Ihekweazu, le patron du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, a brisé le silence sur une vérité que beaucoup soupçonnaient : les chiffres officiels ne reflètent qu’une partie de l’iceberg. « D’après nos projections, l’ampleur de l’épidémie représente au moins deux à quatre fois le nombre de cas recensés », a-t-il déclaré, le visage grave.

Une déclaration qui prend tout son sens alors que l’épidémie, décrétée il y a deux mois en Ituri, a désormais essaimé dans quatre autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. Vingt cas ont également été répertoriés en Ouganda voisin, transformant une crise locale en menace régionale.

Une progression fulgurante qui défie la riposte

Face aux journalistes, Chikwe Ihekweazu, tout juste de retour d’une mission dans l’est de la RDC, n’a pas mâché ses mots. « Il s’agit désormais de la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée, et celle qui connaît la progression la plus rapide en un seul mois de toutes les épidémies que nous avons gérées. » Un constat alarmant qui souligne un écart cruel : malgré les efforts, l’épidémie continue de « devancer » les autorités nationales et les partenaires internationaux.

Le responsable onusien a pointé du doigt le symptôme le plus inquiétant de cette défaillance : de nombreux nouveaux cas sont en réalité des personnes décédées au sein de leur communauté, sans jamais avoir pu approcher un centre de santé. Un échec de détection précoce qui alimente la propagation silencieuse du virus.

Des progrès encourageants mais insuffisants

Pourtant, tout n’est pas noir dans ce tableau apocalyptique. L’OMS veut croire à une lueur d’espoir. Le taux de suivi des cas contacts a grimpé à près de 80 %, signe que la traque du virus s’organise. 700 lits sont désormais disponibles pour traiter les malades, et le nombre de laboratoires capables de diagnostiquer Ebola est passé de un à quatorze.

Sur le plan thérapeutique, la science avance. Deux traitements sont actuellement testés sur le terrain. Et une annonce majeure se prépare : l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, en partenariat avec l’agence française ANRS MIE et l’ONG Alima, doit bientôt lancer un essai clinique de prophylaxie post-exposition (PPE) utilisant l’antiviral obeldesivir. Un espoir pour les personnes en contact avec des cas confirmés, qui pourraient bénéficier d’un rempart avant même d’être malades.

La course contre la montre continue

Mais le message de Chikwe Ihekweazu reste sans équivoque : « Nous devons détecter les cas plus tôt. Nous devons renforcer et accélérer la recherche des contacts. Nous devons veiller à ce que les établissements de santé soient accessibles, sûrs et dignes de la confiance des communautés. » Un plaidoyer qui résonne comme un ultimatum.

Alors que l’Ituri concentre encore plus de 90 % des cas, la menace grandit à l’horizon. La RDC, déjà éprouvée par des décennies de conflits et de crises, se retrouve une fois de plus en première ligne. Et cette fois, le virus pourrait bien avoir pris une longueur d’avance. La prochaine bataille se jouera dans les villages reculés, là où les malades meurent sans être comptés, et où la confiance est un médicament aussi rare que les lits d’hôpital.