La coalition C64 reporte sa plainte contre le président Tshisekedi

L’opposition congolaise n’ira finalement pas au contentieux ce mardi 9 juin 2026. La coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a annoncé, dans un communiqué publié lundi soir, le report du dépôt de sa plainte contre le président de la République, Félix Tshisekedi. Motif invoqué : l’apparition, « au cours des derniers jours », de nouveaux éléments juridiques et factuels que la coalition souhaite intégrer à son dossier, ainsi que des pièces supplémentaires récemment recueillies.

 « Détermination inébranlable » malgré le report

Dans ce texte signé par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Floribert Sesanga, la coalition réaffirme sa « détermination inébranlable à défendre l’ordre constitutionnel et l’État de droit ». Les cinq ténors de l’opposition promettent de poursuivre, « avec responsabilité, rigueur et fermeté », toutes les actions nécessaires à l’accomplissement de leur mission « dans l’intérêt supérieur de la République ».

Ce report intervient dans un contexte tendu. Le 3 juin dernier, C64 avait observé une journée ville morte à Kinshasa. La coalition avait alors annoncé le dépôt d’une plainte à charge du chef de l’État, qu’elle accuse de « coup d’État contre la Constitution ». Un sit-in est également toujours prévu le 12 juin prochain devant le Parlement, pour exiger des députés nationaux le retrait de la proposition de loi Ngondakoy, qui fixe les conditions d’organisation d’un référendum en RDC.

RDC-Chili : l’ultime test des Léopards avant le Mondial 2026

Alors que les Léopards affûtent leurs armes avant la Coupe du monde 2026, leur dernier match de préparation a pris une tournure inattendue. Prévue en Espagne, la rencontre entre la République démocratique du Congo et le Chili a finalement été délocalisée en France après une décision controversée des autorités espagnoles.

Ce mardi 9 juin, c’est donc au stade de la Source d’Orléans que les Congolais affronteront la Roja chilienne dans un contexte marqué par une vive polémique autour de l’épidémie d’Ebola en RDC.

Une interdiction qui fait polémique en Espagne

À l’origine, ce duel de préparation devait se tenir à La Línea de la Concepción, dans le sud de l’Espagne. Mais à quelques jours du coup d’envoi, le maire de la ville, Juan Franco, a signé un décret interdisant l’organisation du match.

L’élu espagnol a justifié sa décision par un principe de précaution lié à l’épidémie d’Ebola qui touche certaines régions de la RDC. Une décision qui a rapidement suscité des interrogations, d’autant plus que les autorités sanitaires européennes avaient estimé que le risque de propagation était inexistant.

Malgré ces assurances médicales, les organisateurs ont été contraints de trouver une solution de repli dans l’urgence afin d’éviter l’annulation pure et simple de cette rencontre internationale.

Orléans accueille le dernier galop d’essai des Léopards

La France a finalement accepté d’accueillir la rencontre. Les Léopards et la sélection chilienne se retrouveront donc à Orléans pour un match disputé à huis clos.

Le coup d’envoi sera donné à 18 heures, heure française. Aucun supporter ne pourra assister à la rencontre et aucune accréditation ne sera délivrée aux médias, un choix qui renforce encore davantage le caractère particulier de ce rendez-vous.

Pour le sélectionneur congolais et son groupe, l’essentiel reste ailleurs : peaufiner les derniers réglages avant le plus grand défi de leur saison.

La Coupe du monde 2026 en ligne de mire

Ce face-à-face contre le Chili représente le dernier test grandeur nature de la RDC avant son entrée dans la compétition mondiale.

Les Léopards restent sur un match nul encourageant face au Danemark (0-0) disputé le 3 juin en Belgique. Après cette ultime répétition générale en France, la délégation congolaise prendra la direction des États-Unis pour débuter son aventure mondiale.

Le premier rendez-vous est fixé au 17 juin face au Portugal au NRG Stadium de Houston, dans le groupe K. La RDC enchaînera ensuite avec la Colombie le 24 juin à Zapopan, au Mexique, avant de défier l’Ouzbékistan dans la nuit du 27 au 28 juin à Atlanta.

À quelques jours du coup d’envoi du Mondial, les Léopards savent que chaque minute compte. Et malgré la polémique qui a entouré ce déplacement forcé, l’objectif reste inchangé : arriver prêts pour écrire une nouvelle page de l’histoire du football congolais.

Maniema : le président de l’Assemblée provinciale destitué, la questure sauvée in extremis

L’hémicycle de l’Assemblée provinciale du Maniema a retenu son souffle, ce lundi 8 juin 2026. Au bout d’un vote aussi bref que décisif, Junior Kibungi Mutanga a cessé d’être le président de l’institution. Sur les 14 députés présents, 13 ont voté sa destitution. Un seul s’est abstenu. Aucune voix contre.

Un verdict implacable qui sonne comme un désaveu cinglant à l’encontre de celui qui dirigeait l’organe délibérant provincial. Plusieurs semaines de tensions, de manœuvres et de pétitions viennent de trouver leur épilogue.

Mais la séance réservait une autre surprise, tout aussi politique, quoique d’une tout autre nature.

Le questeur sauve les meubles

Visé par la même procédure de déchéance, le questeur Assani Os Noel a, lui, été blanchi. Les 14 députés présents ont unanimement rejeté la pétition initiée contre lui. Un vote en blancseing qui lui permet de conserver son poste, contrairement à son désormais ex-président.

Un maintien qui en dit long sur les équilibres fragiles et les alliances changeantes au sein de l’hémicycle provincial. À l’heure où la poussière retombe, une certitude demeure : la questure incarne désormais un pôle de stabilité, là où la présidence vacille.

Les racines d’une chute annoncée ?

Pour comprendre ce lundi de chaos politique, il faut remonter au 11 mai 2026. Ce jour-là, un groupe de députés provinciaux déposait une pétition de déchéance visant l’intégralité du bureau de l’Assemblée. En cause : une « mauvaise gestion » et une « incapacité à assurer efficacement la conduite de l’institution », selon les mots des pétitionnaires.

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase remonte à une plénière explosive, consacrée à l’interpellation du gouverneur du Maniema, Moïse Kabwankubi. Lors de cette séance, le décompte des voix à main levée avait été vigoureusement contesté par plusieurs députés. Le climat était déjà électrique. Il ne demandait qu’à exploser.

Un bureau d’âge pour gérer la crise

Face à la montée des tensions, un bureau d’âge avait été mis en place pour tenter de gérer la crise institutionnelle. Une solution provisoire, mais qui aura permis d’organiser le vote de destitution dans des conditions jugées régulières.

Désormais, un vide présidentiel s’ouvre à la tête de l’Assemblée provinciale. Dans les prochains jours, les élus devront procéder à l’élection d’un nouveau président. Un scrutin sous haute surveillance, alors que les équilibres politiques restent fragiles et que les ambitions personnelles pourraient ressurgir.

Un nouveau chapitre sous tension

Ce vote met fin à plusieurs semaines de psychodrame politique au sein de l’organe délibérant provincial. Mais il ouvre aussi un nouveau chapitre, tout aussi incertain, dans la crise qui secoue le Maniema.

Reste à savoir si cette secousse politique permettra d’assainir le fonctionnement de l’institution ou si, au contraire, elle ne fera qu’exacerber les rivalités. Une chose est sûre : les regards sont désormais tournés vers la questure, seule entité rescapée, et vers la prochaine élection présidentielle de l’Assemblée.

Séisme meurtrier aux Philippines : 31 morts, des écoles écroulées en plein jour de rentrée

7h37, l’heure où la terre a rugi

Ce lundi, a 7h37 précises. L’heure où des milliers d’écoliers philippins reprenaient le chemin des classes, sacs sur le dos, sourires aux lèvres. L’heure aussi où la terre, soudain, a décidé de tout briser.

Un séisme de magnitude 7,8 a secoué l’île de Mindanao, dans le sud de l’archipel, à 55 kilomètres de profondeur, selon l’institut géologique américain (USGS). L’épicentre ? À environ 24 kilomètres au large de la province de Sarangani. Trop près. Bien trop près.

En quelques secondes, le décor bascule. Les répliques s’enchaînent – plus d’une dizaine, dont une de magnitude 6,5 – et le cauchemar commence.

Une école qui s’écroule sous les cris d’enfants

La vidéo, authentifiée par l’AFP, est insoutenable. Dans la cour d’une école de la province de Davao du Sud, des écoliers hagards lèvent les yeux. Derrière eux, un bâtiment de leur établissement plie, craque, puis s’effondre dans un nuage de poussière.

« Seigneur, il s’est vraiment effondré ! Il s’est vraiment effondré ! » hurle un témoin.

Ce jour-là devait être celui de la rentrée scolaire. Le président Ferdinand Marcos Jr, informé en direct, suspend aussitôt les cours dans les zones touchées de Mindanao. Mais pour certains, le drame a déjà frappé.

Ailleurs, à General Santos, un autre bâtiment – celui d’un fast-food de plusieurs étages – se disloque sous l’objectif d’un téléphone portable. À l’intérieur, des employés et des clients pris au piège.

Bilan provisoire : 31 morts, et la terre qui continue de trembler

Les autorités locales peinent encore à chiffrer l’ampleur du désastre. À cette heure, on dénombre au moins 31 morts, 134 blessés et une douzaine de disparus. Mais ces chiffres, préviennent les secouristes, pourraient grimper rapidement.

À General Santos, des équipes s’activent dans les décombres d’un supermarché populaire. Deux employés gisent sous les gravats. Les secouristes tentent d’atteindre leurs corps, mais les blocs de béton cèdent mal.

Dans la municipalité de Glan, province de Sarangani, le bilan est déjà lourd : 14 morts. Non pas écrasés par les bâtiments, mais engloutis par un glissement de terrain survenu immédiatement après la secousse. Des maisons entières ensevelies.

« Un glissement de terrain s’est produit immédiatement après le séisme, et de nombreuses vies ont été perdues », confie Rene Punzalan, responsable local de la gestion des catastrophes, la voix brisée.

“80 % de la population est montée vers les hauteurs”

À Kiamba, ville côtière située à proximité immédiate de l’épicentre, c’est la panique. L’alerte au tsunami a été déclenchée par le Centre d’alerte du Pacifique (PTWC), menaçant non seulement les Philippines, mais aussi l’Indonésie, Taïwan et jusqu’au Japon.

« Mettez-vous à l’abri sur un terrain plus élevé dès maintenant. N’attendez pas. Votre vie est plus importante que tout ce que vous laissez derrière vous », a martelé le président Marcos Jr.

Les habitants ont obéi. À Kiamba, 50 000 personnes ont fui vers les hauteurs. « À l’heure actuelle, 80 % de la population est montée vers les hauteurs », précise Agripino Dacera, responsable régional de la gestion des catastrophes.

Dans l’après-midi, l’alerte tsunami a finalement été levée. Mais la peur, elle, reste accrochée aux ventres.

Aéroport fermé, communications coupées : le défi du secours

À General Santos, l’aéroport reste fermé jusqu’à nouvel ordre. Une vidéo authentifiée par l’AFP montre des morceaux de plafond effondrés sur la zone de récupération des bagages. Symbole d’un pays paralysé, suspendu entre deux secousses.

Le plus grand défi, expliquent les autorités locales, est aujourd’hui l’absence de communication. L’électricité est coupée dans plusieurs zones. Impossible d’évaluer l’étendue réelle des dégâts, ni de joindre certaines municipalités isolées.

« Il est difficile d’obtenir des informations », admet Rene Punzalan, alors que les recherches continuent sous une chaleur accablante.

La ceinture de feu frappe encore

Les Philippines vivent avec les séismes. Situées sur la célèbre “ceinture de feu du Pacifique”, elles subissent presque quotidiennement des tremblements de terre. Mais celui-ci, par sa puissance et son timing – un jour de rentrée scolaire –, porte une charge émotionnelle particulière.

En octobre 2025, un puissant séisme avait déjà frappé le centre du pays, faisant 76 morts. Cette fois encore, la nature rappelle sa loi : imprévisible, brutale, impitoyable.

Alors que la nuit tombe sur Mindanao, les secouristes continuent de fouiller. Sous les gravats, des vies peut-être encore à sauver. À quelques kilomètres, dans les hauteurs, des familles entières veillent, serrées les unes contre les autres, à l’abri des vagues mais pas de l’angoisse. Le jour le plus long ne fait que commencer.

OCC : Julien Paluku dresse le contrat de rigueur des nouveaux patrons – “Tolérance zéro contre le coulage”

À quelques heures de leur installation officielle, les nouveaux mandataires de l’Office congolais de contrôle (OCC) savent désormais à quoi s’en tenir. Lundi 8 juin, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a procédé à une notification aussi solennelle que directe : la rigueur ne sera pas une option, mais une obligation.

Prévue ce mardi 9 juin, la prise de fonction de la nouvelle équipe dirigera désormais une institution stratégique pour l’économie nationale. Car l’OCC, rappelons-le, est le gardien de la conformité des produits importés et exportés en RDC. Un rempart pour le consommateur congolais, une vitrine pour les produits locaux, et un verrou contre les entrées frauduleuses.

Cohésion ou chaos : le ministre pose ses conditions

Dès l’ouverture de la séance de travail, Julien Paluku a mis les points sur les « i ». Pas de place pour les luttes intestines : le Conseil d’administration et la Direction générale doivent impérativement naviguer en parfaite symbiose.

« J’ai appelé à une cohésion totale entre le Conseil d’administration et la Direction générale, condition sine qua non pour relever les défis actuels », a martelé le ministre.

Une injonction claire, adressée à des dirigeants souvent tentés par des querelles internes qui finissent par paralyser l’action publique. Cette fois, le message a valeur d’avertissement.

Lutte anticorruption : tolérance zéro et sanctions à la clé

Mais le cœur de l’allocution ministérielle a porté sur un fléau qui ronge les finances publiques : la corruption et le coulage des recettes.

« Engager une lutte effrénée contre la corruption et appliquer la tolérance zéro face au coulage des recettes publiques », a exhorté Julien Paluku.

Pour que ces mots ne restent pas vains, le ministre a préconisé un système de sanctions positives et négatives : des récompenses pour les méritants, des conséquences pour les défaillants. Avec un principe clé : “l’homme qu’il faut à la place qu’il faut”. Finies les nominations de complaisance, place à la compétence.

Des laboratoires modernes pour asseoir la crédibilité de l’OCC

Au-delà de la gouvernance, l’ambition est aussi technique. Julien Paluku a exigé une accélération de la construction de laboratoires à travers le pays — des infrastructures indispensables pour certifier localement la qualité des produits congolais.

Objectif affiché : faire de l’OCC « la vitrine de la certification des produits congolais pour les marchés national et international ». Un défi de taille dans un environnement où la contrefaçon et les produits non conformes inondent encore trop souvent le marché.

Capital humain : mieux payer, mieux former, mieux motiver

Autre pilier de la feuille de route : l’amélioration substantielle des conditions de travail. Le ministre a insisté sur la nécessité de remettre l’humain au centre du dispositif. Car sans agents motivés et bien formés, aucun laboratoire, aussi moderne soit-il, ne suffira à redresser l’institution.

Une révision des grades et des recrutements est également attendue, afin d’adapter les effectifs aux besoins réels de l’OCC. Plus question de gonfler artificiellement les salaires ou de multiplier les postes sans utilité stratégique.

Une évaluation à mi-parole pour éviter les dérives

Pour transformer ces belles intentions en actes tangibles, les nouveaux mandataires devront soumettre une matrice de planification pour le second semestre 2026. Ce document servira de base à une évaluation à mi-parcours.

Une façon pour le ministère de garder la main sur le volant, et de s’assurer que les promesses de rigueur et de performance ne restent pas lettre morte. Reste désormais à savoir si cette feuille de route, aussi exigeante soit-elle, survivra aux premiers obstacles du terrain.

Coupe du monde 2026 : New World TV dépossède Canal+ des droits TV en Afrique francophone

Coup de tonnerre à quelques jours du coup d’envoi. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a officialisé le transfert des droits de diffusion de la Coupe du monde 2026 à New World TV pour l’Afrique francophone. La chaîne béninoise décroche l’exclusivité sur l’intégralité des rencontres. C’est la fin de l’ère pour Canal+. Détenteur historique du monopole depuis plus de dix ans sur les grandes compétitions, le câble français se voit écarté du tournoi. Pour ses abonnés, la pilule passe mal à moins d’une semaine du 11 juin.

Trois pays hôtes, 48 sélections, 104 matchs au programme. La planète football aura les yeux rivés sur l’Amérique du Nord du 11 juin au 19 juillet 2026. Et c’est New World TV qui tiendra la télécommande pour des millions de foyers francophones.

C’est un pari audacieux pour la chaîne béninoise. Cette dernière devra faire ses preuves non seulement sur la retransmission, mais aussi sur l’ambiance : plateaux, reportages, immersion dans les stades. Car un Mondial se vit autant dans les tribunes que sur la pelouse.

La toile s’est enflammée dès l’annonce. Les abonnés Canal+ dénoncent une décision brutale. Beaucoup s’équipaient déjà pour vibrer devant leur écran.

New World TV face à l’examen du siècle

Pour New World TV, c’est l’heure de vérité. La chaîne s’offre une vitrine mondiale pour s’imposer comme un acteur majeur du sport en Afrique. Si elle tient son engagement technique et éditorial, elle pourrait transformer l’essai et élargir durablement son audience.

Le défi dépasse le signal. Il faudra capter l’âme du tournoi, les légendes qui naissent, les stars qui s’illuminent. Le 11 juin, tout le continent jugera. Le ballon roulera, et l’histoire s’écrira en direct.

Risque financier pour Canal+

Cette rupture met Canal+ face à un risque réel : un exode d’abonnés et un manque à gagner conséquent pendant la période la plus regardée de l’année.

Plusieurs amoureux du ballon rond s’indignent. Pour eux, priver un client du Mondial, c’est lui couper le souffle. En sport-business, l’émotion fait l’abonnement. Et la frustration peut coûter plus cher que les droits eux-mêmes.

Ebola en RDC : 515 cas, 91 morts… l’est du Congo sous tension sanitaire

L’épidémie de maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) continue sa progression silencieuse mais implacable dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon le dernier rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP), publié ce dimanche 7 juin, 515 cas confirmés ont été enregistrés depuis le début de la crise dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Pire encore : 91 décès sont désormais à déplorer parmi les cas confirmés, portant le taux de létalité globale à 17,7 %. Derrière ces chiffres froids se cache une réalité humaine dramatique, faite de familles brisées et de systèmes de santé locaux poussés à leurs limites.

283 patients en isolement, 27 nouvelles contaminations en 24 heures

Les équipes sur le terrain tentent d’endiguer la propagation, mais le virus semble garder une longueur d’avance. En l’espace d’une seule journée, 27 nouveaux cas confirmés ont été recensés. Actuellement, 283 patients sont placés en isolement ou hospitalisés, tandis que 12 personnes seulement ont été déclarées guéries depuis le début de l’épidémie — un contraste saisissant qui illustre la violence de la souche et les défis de la prise en charge précoce.

25 zones de santé infectées : l’Ituri en première ligne

Sur les 104 zones de santé que compte le pays, 25 sont désormais touchées. L’Ituri reste la province la plus meurtrie, avec 17 zones de santé affectées sur 36, parmi lesquelles Aru, Bunia, Komanda, Mambasa, Mongbwalu, Nyankunde ou encore Rwampara. Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ne sont pas épargnés, témoignant d’une extension géographique préoccupante bien au-delà du foyer initial.

Dans le Nord-Kivu, la zone de santé de Katwa constitue le principal épicentre actif : 11 cas confirmés et 8 décès. Viennent ensuite Beni (5 cas, 3 décès), Butembo (4 cas, 2 décès), Miti-Murhesa (3 cas, 1 décès) et Oicha (2 cas, 2 décès). Goma, pourtant habituée à jouer les vigies sanitaires, compte désormais 1 cas confirmé. À Kalunguta et Kyondo, la mort a aussi frappé : chaque cas signalé y a été fatal.

Une riposte sous tension : insécurité, rumeurs et accès difficile

Ces chiffres alarmants surviennent dans un contexte déjà explosif. Sur le terrain, les équipes de riposte se heurtent à l’insécurité persistante dans certaines zones de l’Ituri, à des difficultés logistiques majeures pour atteindre les communautés isolées, ainsi qu’à un fléau parallèle : les rumeurs et la désinformation qui freinent la sensibilisation et la vaccination.

Malgré tout, les autorités sanitaires maintiennent un appel urgent à la population : signaler immédiatement tout cas suspect, respecter les gestes barrières, et se fier aux messages officiels. Car dans cette guerre contre un ennemi invisible, chaque heure compte, chaque vie suspendue au bout d’un test de laboratoire.

À l’heure où ces lignes sont écrites, l’INSP insiste sur un point : l’épidémie n’est pas maîtrisée. La vigilance reste la seule arme collective à la portée de tous.

RDC : L’Union Européenne finance 5 millions d’euros de laboratoires anti-Ebola

L’Union Européenne (UE) met la main au portefeuille pour combattre l’épidémie d’Ebola. Dimanche 7 juin 2026, Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la gestion des crises, a atterri à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, avec une enveloppe supplémentaire de 5 millions d’euros pour ériger des plateformes de diagnostic régional.

La somme, selon la cheffe de mission européenne, servira à équiper les provinces les plus frappées afin de réduire les délais d’analyse. Cette nouvelle contribution s’additionne aux fonds déjà engagés par l’UE pour mailler l’Ituri et les autres provinces affectées des centres capables de détecter le virus plus vite et avec plus de précision.

Hadja Lahbib décrit une situation à bout de souffle. Elle déplore le fait que l’Ituri soit coincé entre l’épidémie et l’insécurité chronique. Déplacements de population, infrastructures sanitaires fragiles, épuisement des habitants; tous les ingrédients d’une résurgence sont réunis.

Cette problématique provoque une indignation des experts du secteur sanitaire : tant que la sécurité ne revient pas, le virus garde une longueur d’avance.

Confiance à reconstruire, soignants à soutenir

Sur place, Mme Lahbib a serré des mains. Elle a encouragé les médecins, infirmiers et agents de santé qui tiennent l’hôpital debout malgré les coupures réseau et la méfiance d’une partie de la population. Elle a en effet promis de muscler la pédagogie communautaire, car sans adhésion locale, aucun test ne sert. Plus les labos se rapprochent des villages, plus les populations acceptent de se faire dépister.

Dans la foulée, la commissaire européenne a salué les cas de guérison enregistrés. Le facteur clé, selon elle, c’est la vitesse. Installer des unités de test au plus près des foyers permet d’isoler un cas suspect en quelques heures, pas en quelques jours. Chaque heure gagnée augmente les chances de survie. L’UE mise donc sur la déconcentration des moyens.

Ponts aériens et renforts : l’Europe verrouille la logistique

L’aide ne s’arrête pas au chèque. L’Union Européenne envoie des spécialistes et renforce les rotations aériennes vers Bunia. L’idée est simple : faire arriver plus vite les équipes, les réactifs et les équipements de protection.

Ce dispositif s’inscrit dans la stratégie globale des partenaires internationaux destinée à stopper la circulation du virus maintenant et viser son éradication totale pour sécuriser durablement l’Est de la RDC.

Ouganda dicte sa loi à Kinshasa : un général congolais limogé sur injonction de Muhoozi

Kampala a exigé sa tête. Kinshasa a obtempéré. En Ituri, le général Luboya Nkashama laisse place à Kasongo Mulumba. Une nomination qui en dit long sur les rapports de force secrets qui régissent la traque des ADF

C’est un coup de théâtre militaire qui en dit long sur les coulisses de la guerre dans l’Est. Ce vendredi 5 juin 2026, sans tambour ni trompette, Kinshasa a annoncé le remplacement du gouverneur militaire de l’Ituri. Le Général-Major Luboya Nkashama quitte ses fonctions. Officiellement, aucune raison n’est avancée. Officieusement, son départ était réclamé depuis des mois par un homme qui ne porte pas d’uniforme congolais : le Général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) et fils du président Yoweri Museveni.

Son successeur ? Le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, un stratège du renseignement et des opérations, jusqu’ici en appui à la 31e région militaire. Un profil technique, discret, mais rompu aux arcanes de la guerre secrète.

Derrière ce changement de nom, une question brûlante : la RDC cède-t-elle à la pression ougandaise, ou pose-t-elle un acte de realpolitik assumé ?

Un limogeage qui sent la poudre : Luboya avait fermé la porte aux Ougandais

Pour comprendre ce qui vient de se jouer, il faut remonter quelques mois en arrière, dans les maquis infranchissables de l’Ituri. Les troupes ougandaises et congolaises y mènent des opérations conjointes contre les ADF (Forces démocratiques alliées), cette nébuleuse rebelle responsable de milliers de morts civils.

Mais sur le terrain, tout ne se passait pas comme prévu. Selon des rapports concordants, le Général Luboya Nkashama aurait interdit aux soldats ougandais l’accès à certains points stratégiques de sa province. Motif officieux : protéger la souveraineté nationale. Motif réel : une méfiance viscérale entre armées qui se soupçonnent mutuellement de vouloir étendre leur influence.

Sauf que Kampala n’a pas apprécié.

Le Général Muhoozi Kainerugaba, homme fort de l’UPDF et figure aussi controversée que charismatique, est monté au créneau. Il a menacé ouvertement de retirer les troupes ougandaises de la région de Lubero si le gouverneur de l’Ituri n’était pas remplacé. Un ultimatum à peine voilé, adressé directement à Kinshasa.

« Nous ne combattons pas pour que nos soldats soient traités comme des intrus », aurait-il soufflé dans un cercle proche.

Kinshasa a visiblement compris le message.

Kasongo Mulumba : un homme de l’ombre pour une mission de feu

Le nouveau patron de l’Ituri n’est pas un inconnu pour les initiés. Le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby avait déjà été désigné en juillet 2025 comme responsable des opérations et du renseignement au sein de la 31e région militaire, travaillant en étroite collaboration avec le Général-Major Nyembo Abdallah.

Son profil est celui d’un technocrate de la guerre, plus à l’aise dans l’analyse du renseignement que dans les déclarations fracassantes. Un atout dans une province où les groupes armés – ADF en tête, mais aussi milices communautaires – brouillent sans cesse les pistes.

Sa nomination est un signal. Kinshasa mise sur la coordination, la discrétion et l’efficacité opérationnelle, là où Luboya incarnait peut-être une ligne plus souverainiste. L’objectif : apaiser Kampala, relancer les patrouilles conjointes, et surtout, pacifier une Ituri qui ne demande qu’à exploser.

Une province martyre, un équilibre régional fragile

L’Ituri n’est pas une province comme les autres. C’est un laboratoire de la violence congolaise, déchirée depuis des années entre conflits ethniques, rébellions importées et ingérences étrangères. Les ADF y sévissent aux côtés d’autres milices locales, et les populations civiles paient le prix fort – déplacements massifs, massacres, enlèvements.

Dans ce chaos, les opérations conjointes avec l’Ouganda sont à la fois une nécessité militaire et une pomme de discorde diplomatique. Kinshasa a besoin des troupes de Muhoozi pour traquer les ADF, mais redoute que Kampala ne profite de sa présence pour étendre son emprise économique et stratégique sur la région.

Le limogeage de Luboya rééquilibre provisoirement la balance. Mais à quel prix ?

Muhoozi, l’homme qui fait trembler Kinshasa

Impossible de clore ce récit sans s’arrêter un instant sur celui qui a provoqué cette crise. Le Général Muhoozi Kainerugaba n’est pas un officier ordinaire. Fils du président ougandais Yoweri Museveni, commandant de l’UPDF, il est aussi un influenceur impétueux, capable de tweeter des menaces le matin et des déclarations d’amitié le soir.

Son poids sur la scène régionale est tel que Kinshasa ne peut se permettre de l’ignorer. En exigeant le départ de Luboya, il a envoyé un message clair : l’Ouganda ne se contentera pas d’être un simple auxiliaire des FARDC. Il entend peser sur les décisions, y compris celles qui touchent à la hiérarchie militaire congolaise.

Cette ingérence, aussi brutale soit-elle, est le prix à payer pour une coopération militaire sans laquelle la traque des ADF serait quasiment impossible.

Une nouvelle ère pour l’Ituri ?

Reste à savoir si le Général Kasongo Mulumba parviendra là où son prédécesseur a échoué : concilier l’inconciliable. Protéger la souveraineté congolaise sans froisser Kampala. Traquer les ADF sans nourrir les rancœurs locales. Pacifier l’Ituri sans tomber dans les pièges des milices.

Sa feuille de route est vertigineuse. Et le temps, lui, presse. Les populations civiles, prises en étau entre les balles des rebelles et les tractations diplomatiques, attendent un seul signe : la paix.

Ce changement de commandement est peut-être le début d’une nouvelle stratégie. Ou peut-être simplement une reddition de plus face aux diktats régionaux. L’avenir de l’Ituri se jouera sur le terrain, loin des décrets de nomination.

Mais une chose est sûre : à Kampala, on a déjà gagné une bataille. Reste à savoir si Kinshasa saura en gagner la guerre.

Ils sont venus, ils sont repartis : l’énigme des migrants de Trump en RDC

Ils étaient quinze, arrivés en catimini le 17 avril. Moins de deux mois plus tard, plus de la moitié a déjà plié bagage. Simple coïncidence ou fin programmée d’un bras de fer politique ?

C’était une annonce qui avait fait grincer des dents, de Kinshasa à Bruxelles, en passant par les salons feutrés de l’opposition congolaise. Le 17 avril 2026, les autorités de la RDC admettaient sur leur sol quinze migrants en provenance des États-Unis – des ressortissants de pays tiers, ni congolais, ni américains, placés là comme dans une antichambre de l’exil.

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Le gouvernement avait martelé : « transitoire, temporaire, limité dans le temps ». Promesse tenue. Ce vendredi 5 juin, le ministère de la Communication a livré un bilan sec, presque clinique : plus de la moitié a déjà quitté le territoire.

« À ce jour, plus de la moitié des quinze ressortissants admis sur le territoire national le 17 avril 2026 ont déjà quitté la RDC pour regagner leurs pays d’origine. D’autres départs interviendront incessamment. »

Traduction : la parenthèse congolaise se referme. Aussi vite qu’elle s’était ouverte.

Un dispositif né dans la discrétion, mort dans l’indifférence officielle

Dès son annonce, ce mécanisme d’accueil temporaire avait tout d’une énigme. Pourquoi la RDC, pays déjà fragilisé par des décennies de crises humanitaires, accepterait-elle de jouer les salles d’attente pour des migrants rejetés par l’Amérique de Donald Trump ? Et surtout, quels étaient ces quinze voyageurs sans nom ?

Le gouvernement n’a jamais détaillé leurs nationalités, ni les critères de leur sélection. Seule certitude : ils étaient sous statut temporaire, logés, surveillés, puis reconduits vers une destination finale – leur pays d’origine ou une autre terre d’accueil.

Aujourd’hui, la moitié est déjà repartie. Les autres suivront. « Incessamment », promet le communiqué.

Le ministère de la Communication a tenu à rappeler, comme pour conjurer toute critique :

« Ces évolutions confirment le caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps de ce mécanisme, tel qu’annoncé dès son lancement. »

Une mise au point qui ressemble étrangement à un plaidoyer.

L’opposition dénonce un marché avec Trump : Kinshasa répond par la souveraineté

Car dans l’ombre de ce dispositif discret, une bataille politique faisait rage. Dès avril, plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme une atteinte à la souveraineté nationale. Leur thèse : Kinshasa aurait conclu un arrangement tacite avec l’administration Trump pour se faire bien voir de Washington, quitte à servir de plaque tournante migratoire.

Le gouvernement, lui, a toujours balayé ces allégations. Dans son communiqué du 5 juin, il réaffirme « son attachement au respect de la souveraineté nationale, des lois de la République et des intérêts supérieurs de la Nation ».

Une formulation qui sonne comme un rempart rhétorique contre les accusations de complaisance.

Au Parlement, l’affaire avait provoqué quelques remous. Plusieurs élus avaient réclamé un débat de fond sur les contours et les implications de ce dispositif. Un débat qui, à ce jour, n’a jamais eu lieu. Silence radio dans l’hémicycle. Comme si le sujet, trop sensible, avait été relégué aux oubliettes de l’agenda politique.

Le paradoxe congolais : terre d’accueil sous conditions

Ce bref épisode migratoire met en lumière un paradoxe qui habite la RDC depuis des années. D’un côté, le pays est l’un des plus généreux d’Afrique en matière d’accueil de réfugiés – des centaines de milliers de déplacés rwandais, burundais, centrafricains et sud-soudanais ont trouvé refuge sur son sol. De l’autre, il peine à maîtriser sa propre souveraineté face aux pressions diplomatiques des grandes puissances.

L’affaire des quinze migrants américains est, à sa manière, un miroir grossissant de cette tension permanente. Un jeu d’équilibriste entre humanité et realpolitik, entre nécessité de plaire à Washington et impératif de ne pas braver l’opinion publique nationale.

Le gouvernement a choisi de jouer la montre. Les migrants sont repartis. Le calme est revenu. Reste une question en suspens : ce dispositif temporaire était-il un test ? Et si oui, que préparent les autorités pour la suite ?

Le silence parlementaire, dernier mystère de cette affaire

Aucune réaction officielle de l’opposition, ce vendredi, après l’annonce des départs. Aucune convocation d’urgence, aucune déclaration fracassante. Seul le communiqué gouvernemental, lisse et rassurant, occupe l’espace médiatique.

Pourtant, l’absence de débat parlementaire reste une anomalie dans une démocratie qui se veut vibrante. Quinze migrants, ce n’est rien. Mais le précédent, lui, pourrait peser lourd. Si un accord similaire venait à être renouvelé – avec plus de personnes, plus de visibilité –, les mêmes critiques reviendraient, plus acerbes.

Le gouvernement le sait. C’est sans doute pourquoi il insiste sur le caractère unique et provisoire de cette opération.

Les quinze sont presque tous partis. L’épure se referme. Et l’histoire retiendra simplement qu’un vendredi de juin, Kinshasa a rendu sa copie migratoire à Washington, avant de tourner la page.

Mais dans les couloirs feutrés de la diplomatie, les accords ne meurent jamais vraiment. Ils s’endorment. En attendant le prochain réveil.