À quelques heures de leur installation officielle, les nouveaux mandataires de l’Office congolais de contrôle (OCC) savent désormais à quoi s’en tenir. Lundi 8 juin, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a procédé à une notification aussi solennelle que directe : la rigueur ne sera pas une option, mais une obligation.
Prévue ce mardi 9 juin, la prise de fonction de la nouvelle équipe dirigera désormais une institution stratégique pour l’économie nationale. Car l’OCC, rappelons-le, est le gardien de la conformité des produits importés et exportés en RDC. Un rempart pour le consommateur congolais, une vitrine pour les produits locaux, et un verrou contre les entrées frauduleuses.
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Cohésion ou chaos : le ministre pose ses conditions
Dès l’ouverture de la séance de travail, Julien Paluku a mis les points sur les « i ». Pas de place pour les luttes intestines : le Conseil d’administration et la Direction générale doivent impérativement naviguer en parfaite symbiose.
« J’ai appelé à une cohésion totale entre le Conseil d’administration et la Direction générale, condition sine qua non pour relever les défis actuels », a martelé le ministre.
Une injonction claire, adressée à des dirigeants souvent tentés par des querelles internes qui finissent par paralyser l’action publique. Cette fois, le message a valeur d’avertissement.
Lutte anticorruption : tolérance zéro et sanctions à la clé
Mais le cœur de l’allocution ministérielle a porté sur un fléau qui ronge les finances publiques : la corruption et le coulage des recettes.
« Engager une lutte effrénée contre la corruption et appliquer la tolérance zéro face au coulage des recettes publiques », a exhorté Julien Paluku.
Pour que ces mots ne restent pas vains, le ministre a préconisé un système de sanctions positives et négatives : des récompenses pour les méritants, des conséquences pour les défaillants. Avec un principe clé : “l’homme qu’il faut à la place qu’il faut”. Finies les nominations de complaisance, place à la compétence.
Des laboratoires modernes pour asseoir la crédibilité de l’OCC
Au-delà de la gouvernance, l’ambition est aussi technique. Julien Paluku a exigé une accélération de la construction de laboratoires à travers le pays — des infrastructures indispensables pour certifier localement la qualité des produits congolais.
Objectif affiché : faire de l’OCC « la vitrine de la certification des produits congolais pour les marchés national et international ». Un défi de taille dans un environnement où la contrefaçon et les produits non conformes inondent encore trop souvent le marché.
Capital humain : mieux payer, mieux former, mieux motiver
Autre pilier de la feuille de route : l’amélioration substantielle des conditions de travail. Le ministre a insisté sur la nécessité de remettre l’humain au centre du dispositif. Car sans agents motivés et bien formés, aucun laboratoire, aussi moderne soit-il, ne suffira à redresser l’institution.
Une révision des grades et des recrutements est également attendue, afin d’adapter les effectifs aux besoins réels de l’OCC. Plus question de gonfler artificiellement les salaires ou de multiplier les postes sans utilité stratégique.
Une évaluation à mi-parole pour éviter les dérives
Pour transformer ces belles intentions en actes tangibles, les nouveaux mandataires devront soumettre une matrice de planification pour le second semestre 2026. Ce document servira de base à une évaluation à mi-parcours.
Une façon pour le ministère de garder la main sur le volant, et de s’assurer que les promesses de rigueur et de performance ne restent pas lettre morte. Reste désormais à savoir si cette feuille de route, aussi exigeante soit-elle, survivra aux premiers obstacles du terrain.



