Numérisation de l’enseignement en RDC : le ministère déploie 6 modules digitaux

Le ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC) accélère la numérisation de l’enseignement en République Démocratique du Congo. Cette initiative vise 100% des écoles publiques d’ici 2027. Après 9 jours de mission, les experts ont présenté, lundi 20 avril 2026, au total 6 modules digitalisés. Ces outils ciblent les enseignants et directeurs d’écoles en fonction.

L’atelier s’est tenu au Royal Hôtel à Kinshasa. Il a permis d’évaluer les résultats des 9 jours de mission. Les participants ont identifié les acquis à consolider. Ensuite, ils ont défini les prochaines étapes du projet.

Numérisation de l’enseignement en RDC : 6 modules prioritaires déjà digitalisés

La mission a digitalisé 6 modules clés :

– Lecture, écriture et mathématiques pour renforcer les bases,
– Pédagogies inclusives pour mieux accueillir tous les élèves,
– Leadership scolaire pour les directeurs d’écoles,
– Initiation au numérique pour maîtriser les nouveaux outils.

Une formation continue plus souple et accessible

Mme Christelle Nsambu, directrice à la Direction de l’Éducation à la Vie Courante (DEVC), a représenté son secrétaire général à cette activité. Elle parle d’une avancée majeure pour la formation continue. Ainsi, les nouveaux outils sont plus souples. Ils sont aussi mieux adaptés aux réalités du terrain.

Selon elle, la numérisation de l’enseignement en RDC élargit la couverture de formation. Elle améliore aussi les pratiques en classe et la gestion des écoles. Enfin, elle modernise les dispositifs institutionnels et renforce le pilotage national.

« L’engagement du ministère est de soutenir les initiatives visant au renforcement des capacités des acteurs éducatifs, dans une logique de gouvernance renforcée », a-t-elle conclu dans son speech.

L’UNESCO salue une avancée stratégique

Isaias Barrett Da Rosa représente l’UNESCO en RDC. Le protagoniste a qualifié cette démarche « d’avancée stratégique majeure ». Les modules lèvent les contraintes géographiques et logistiques. Ils offrent des formations flexibles et inclusives. Ils s’adaptent aux zones isolées. Ces zones manquent souvent de compétences.

Ces modules forment un socle essentiel, ajoute-t-il. Ils améliorent les pratiques de classe. Ils placent l’enseignant et le directeur au cœur du changement.

Un projet soutenu par l’UNESCO dans le Kongo-Central

La mission de 9 jours s’est déroulée du 12 au 20 avril 2026. Elle a eu lieu à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo-Central. Elle s’inscrit dans le projet EFFICACE avec l’appui de l’UNESCO. L’organisation réaffirme donc son soutien technique aux autorités congolaises.

Ensuite, le ministère prévoit d’étendre la numérisation de l’enseignement en RDC à 6 nouvelles provinces. La phase 2 ciblera l’enseignement technique. Le déploiement utilisera les tablettes déjà distribuées par l’UNESCO en 2025.

L’action de la Ministre Raïssa Malu pour la transition numérique de l’école congolaise

À l’African Digital Innovation Summit 2025 de Kinshasa, la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a exposé l’approche numérique de la RDC pour l’éducation. Elle présente le secteur éducatif comme le moteur clé de la révolution technologique nationale.

Plan quinquennal 2024-2029 comme colonne vertébrale

Cette vision s’appuie sur le Plan quinquennal 2024-2029. Le document fixe cinq axes : concertation avec les acteurs, consolidation administrative, appui à la formation des enseignants, équité d’accès et déploiement des outils numériques.

Pour concrétiser cette feuille de route, Kinshasa mise prioritairement sur la formation à distance. Les leçons tirées de la pandémie de COVID-19 ont accéléré ce choix. Le dispositif « Apprendre à la maison », d’abord pensé pour les élèves en zones de crise ou déplacés, est appelé à se généraliser.

Avant sa nomination, Raïssa Malu a piloté 5 ans l’unité du Projet PEQPESU au sein du ministère de l’EPST, avec l’appui de la Banque Mondiale. Physicienne de formation, elle a créé Pleniscience en 2006 pour l’appui en maths et physique, puis lancé en 2014 la Semaine de la science et des technologies en lien avec le ministère.

Durant la présidence congolaise de l’Union Africaine 2021-2022, elle a coordonné les travaux sur le numérique et les technologies spatiales pour l’Agenda 2063. Ce travail a débouché sur le premier Forum AfGSEP sur le progrès géospatial et socio-économique, organisé avec l’UNESCO et le ministère de l’EPST.

RDC-Turquie : Kabombo reçu par son homologue Güler à Ankara – les FARDC se dotent de l’expertise militaire turque

Ankara, mardi 21 avril 2026. Les honneurs militaires résonnent sous le ciel turc. Me Guy Kabombo Muadiamvita, vice-Premier ministre et patron de la Défense nationale congolaise, a été reçu avec la pompe due aux grands alliances. Son hôte : Yaşar Güler, son homologue turc, au ministère de la Défense nationale. En toile de fond, une ambition partagée par deux chefs d’État – Recep Tayyip Erdoğan et Félix Antoine Tshisekedi – : faire des FARDC une armée moderne, capable de relever les défis sécuritaires de l’Est congolais.

Ce n’est pas une première rencontre. Les deux hommes se connaissent. Ils ont déjà croisé leurs dossiers, échangé leurs experts, signé des accords. Mais cette visite, inscrite dans le prolongement direct du partenariat stratégique entre Kinshasa et Ankara, a une saveur particulière. Elle intervient à un moment où la RDC cherche désespérément à accélérer la montée en puissance de ses forces armées, confrontées sur le terrain à des groupes armés bien équipés et à une ingérence étrangère persistante.

Un tête-à-tête, puis les experts

Le protocole a été respecté. D’abord, un huis clos entre Kabombo et Güler. Un moment privilégié pour aborder les sujets sensibles, ceux qu’on ne dit pas devant les caméras. Ensuite, les deux hommes ont rejoint leurs équipes d’experts sectoriels. Objectif : passer des paroles aux actes, des accords aux réalisations concrètes.

Le message de Kinshasa est clair : la RDC ne veut plus seulement acheter des armes. Elle veut monter en compétence. Se former. Transférer des technologies. Et, à terme, développer sa propre industrie de défense.

Trois axes stratégiques pour un partenariat d’avenir

Le partenariat entre la RDC et la Turquie repose sur trois piliers. Guy Kabombo les a rappelés avec solennité :

  1. La capacitation militaire opérationnelle : former les soldats congolais, améliorer leur savoir-faire sur le terrain, leur apprendre à utiliser les équipements modernes.

  2. Le transfert des compétences : faire venir des experts turcs, envoyer des officiers congolais se former en Turquie, créer une dynamique d’échange durable.

  3. L’accompagnement progressif du déploiement de l’industrie de défense nationale congolaise : le point le plus ambitieux. Kinshasa ne veut plus dépendre éternellement de l’extérieur. Elle veut, à terme, produire ses propres munitions, entretenir ses propres équipements, voire fabriquer du matériel militaire.

Un contrat AFRIDEX-MKE : le tournant décisif

Kabombo ne cache pas sa satisfaction. Il se félicite particulièrement de la signature du contrat entre AFRIDEX, l’entreprise publique congolaise dédiée à la défense, et MKE (Makine ve Kimya Endüstrisi), l’un des fleurons de l’industrie militaire turque. Un accord qu’il qualifie de « tournant décisif » dans le renforcement des équipements militaires au profit des FARDC.

Mais le VPM congolais ne s’arrête pas là. Il a plaidé pour l’accélération de la mise en œuvre des accords signés en 2022. Ceux-ci portent, d’une part, sur l’industrie de la défense, et d’autre part, sur un protocole d’aide financière. Autrement dit : les textes existent. Il faut maintenant que les moyens suivent.

La Turquie dit oui, mais à quel prix ?

De son côté, Yaşar Güler a exprimé la volonté de la Turquie d’accompagner la RDC dans la modernisation de son appareil de défense. Tout en développant, précise-t-il, des initiatives « mutuellement bénéfiques ». La formule diplomatique cache une réalité : Ankara n’est pas une œuvre de charité. La Turquie vend son expertise, ses drones, ses équipements. Et elle attend, en retour, des contreparties – économiques, diplomatiques, ou stratégiques.

Rien d’anormal dans les relations internationales. Mais Kinshasa devra veiller à ne pas troquer une dépendance contre une autre.

Une visite guidée chez MKE, et un hommage à Atatürk

Après les discours et les poignées de main, place au terrain. Le VPM congolais a effectué une visite guidée de la société MKE, cette entreprise publique turque de défense qui pourrait bien devenir un partenaire clé pour la RDC. Ateliers, chaînes de production, laboratoires… Kabombo a pu voir de ses yeux ce que l’industrie turque sait faire.

Enfin, geste symbolique mais lourd de sens, Me Guy Kabombo s’est incliné devant le mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur et premier président de la République de Turquie. Un hommage respectueux, presque obligé pour tout visiteur d’État. Mais aussi un message : la RDC reconnaît la puissance et l’histoire de son partenaire. Et elle espère, à son tour, écrire une page de sa propre histoire militaire.

Un partenariat à concrétiser sur le terrain

Les déclarations officielles sont enthousiastes. Les poignées de main, fermes. Les contrats, signés. Mais la vraie bataille se jouera ailleurs. Dans les camps d’entraînement des FARDC, où les instructeurs turcs devront transmettre leur savoir. Sur les lignes de front du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les soldats congolais devront utiliser ces nouveaux équipements. Et dans les usines congolaises, où l’industrie de défense nationale devra un jour produire.

La route est longue. Mais Kinshasa a choisi son cap. Et Ankara semble décidée à l’accompagner.

Congo-Brazzaville : Anatole Collinet Makosso démissionne, Sassou N’Guesso ouvre la voie à un nouveau gouvernement

Les rouages de l’État congolais s’actionnent. Mardi 21 avril 2026, une page se tourne à Brazzaville. Anatole Collinet Makosso, Premier ministre, a officiellement présenté la démission de son gouvernement au président de la République, Denis Sassou N’Guesso. Un geste attendu, presque rituel, mais chargé de sens : il ouvre la voie à une nouvelle équipe pour le prochain quinquennat.

La nouvelle est tombée par un communiqué du cabinet présidentiel. La démission intervient en application de l’article 83 de la Constitution du 25 octobre 2015. Un texte qui prévoit que, après chaque élection présidentielle, le gouvernement sortant doit remettre sa démission au Chef de l’État. Les élections des 12 et 15 mars 2026 ont eu lieu. L’investiture du président réélu s’est déroulée le 16 avril dernier. Le calendrier institutionnel est respecté à la lettre.

Une démission acceptée, un travail salué

Denis Sassou N’Guesso n’a pas tardé. Il a immédiatement accepté la démission de son Premier ministre. Mais avant de tourner la page, il a tenu à saluer le travail accompli. Pendant cinq ans, de 2021 à 2026, l’équipe gouvernementale a œuvré. Elle a mis en œuvre le projet de société « Ensemble, poursuivons la marche ». Ce slogan, martelé durant la campagne, a guidé l’action du gouvernement sortant.

Le président a voulu marquer sa reconnaissance. Un geste politique autant qu’institutionnel, qui souligne la continuité et la stabilité recherchées par le pouvoir brazzavillois.

Makosso : « Prêt à continuer de servir »

De son côté, Anatole Collinet Makosso n’a pas fait dans la surenchère. Il a exprimé sa gratitude au Chef de l’État pour la confiance placée en lui tout au long de son mandat. Sobre, fidèle à sa réputation d’homme d’appareil, il a affirmé sa disponibilité à continuer de servir la République si nécessaire. Une formule de style, peut-être. Mais aussi une porte laissée entrouverte. Makosso sera-t-il reconduit ? Ou un nouveau visage prendra-t-il la tête de la future équipe ?

Rien n’a filtré. Le suspense demeure.

Affaires courantes : l’État ne s’arrête pas

En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, les membres sortants ont été chargés d’expédier les affaires courantes. Une mesure classique pour assurer la continuité de l’État. Les ministres restent à leur poste, mais sans prendre de décisions majeures. Ils gèrent le quotidien, les urgences, les dossiers déjà engagés. Le temps que le président choisisse ses nouveaux hommes de confiance.

Cette démission, conforme à la tradition institutionnelle après chaque élection présidentielle, n’a donc rien d’une surprise. Elle est le mécanisme prévu par la loi. Mais elle marque néanmoins un moment clé : l’ancien mandat est définitivement clos. Le nouveau peut commencer.

Quelle équipe pour le prochain quinquennat ?

La question qui brûle toutes les lèvres à Brazzaville est désormais : à quoi ressemblera le prochain gouvernement ? Denis Sassou N’Guesso, réélu pour un nouveau mandat, va-t-il opérer un remaniement profond ? Va-t-il reconduire Anatole Collinet Makosso, ou miser sur un profil nouveau ?

Les spéculations vont bon train. Certains évoquent l’entrée de jeunes cadres. D’autres parient sur la stabilité et la continuité. Une certitude : le président a désormais la main. Il prendra le temps nécessaire pour composer une équipe à son image. Fidèle. Expérimentée. Capable de poursuivre « la marche » entamée il y a cinq ans.

En attendant, les ministres sortants expédient les affaires courantes. Les dossiers ne manquent pas. Et la machine étatique, un instant ralentie, reprend déjà son rythme.

Expulsés des États-Unis vers Kinshasa : l’OIM se désolidarise de l’accord Trump-RDC et pose ses conditions

L’Organisation Internationale des Migrations (OIM) affirme ne jouer aucun rôle dans les accords bilatéraux tels que celui conclu entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis. Dans un communiqué publié lundi 20 avril 2026, l’agence onusienne précise qu’elle se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les « normes minimales de protection » ne sont pas garanties.

Cette mise au point intervient alors que Kinshasa a fait appel à l’OIM pour assurer l’assistance humanitaire d’un premier contingent de 15 migrants refoulés du sol américain. L’accueil de ce groupe s’inscrit dans une entente négociée entre l’administration Trump et la RDC.

L’OIM renvoie aux États la gestion des accords bilatéraux

L’Organisation Internationale des Migrations précise que « les questions relatives aux termes ou au champ d’application de tout accord bilatéral doivent être adressées aux autorités gouvernementales compétentes ».

Au-delà de ce cadrage, l’agence onusienne indique pouvoir proposer une aide au retour volontaire aux migrants qui en font la demande, conformément à son mandat et aux cadres juridiques applicables.

Cette assistance, dit-elle, reste conditionnée aux besoins identifiés et aux évaluations menées au cas par cas. Seuls les départs « strictement volontaires » entrent dans le périmètre d’action de l’agence onusienne chargée des migrations.

Dans ce contexte, l’OIM précise également que ces retours reposent « sur le libre consentement préalable et éclairé des personnes concernées ».

Un court séjour encadré par la loi congolaise

Selon le Gouvernement congolais, ce cadrage s’applique à la phase opérationnelle initiale du nouvel accord avec Washington. Dans ce cadre, 15 personnes sont arrivées vendredi 17 avril dernier à Kinshasa pour « un court séjour ». Ce séjour s’aligne sur « la législation nationale relative à l’entrée et au séjour des étrangers, ainsi que des engagements internationaux librement souscrits par la RDC ».

Kinshasa rejette les accusations des tierces personnes sur leur prétendue installation durable en territoire congolais. Le Gouvernement exclut « une quelconque relocalisation permanente ». Il qualifie ce fait d’un dispositif revêtant un caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps.

Nombre total et nationalités inconnus

Le flou persiste autour de l’accord entre Washington et Kinshasa. Le volume total de migrants à recevoir n’est pas communiqué. Les pays d’origine des personnes déjà présentes à Kinshasa ne sont pas non plus précisés.

Lors de son passage à TV5, la Première Ministre, Judith Suminwa, a qualifié ce dispositif d’« un service » rendu par la RDC aux États-Unis. Contre toute attente, elle admet ne pas connaître les nationalités des personnes arrivées dans le contingent initial, encore moins le nombre exact.

Cette sortie médiatique a suscité un tollé dans l’opinion nationale. L’opposition, la société civile et les organisations de défense des droits humains, expriment toutes leurs craintes. Elles redoutent une répétition des faits de 1994 dans l’Est de la RDC.

Alors que le Zaïre à l’époque (actuelle RDC) avait ouvert sa frontière pour accueillir les Tutsis fuyant le génocide rwandais, cette aide humanitaire est aujourd’hui à la base de l’agression du Kivu.

Depuis plus de 30 ans, des crimes se reproduisent dans cette contrée. Des morts sont comptés au quotidien, des déplacements massifs et plusieurs cas des viols des filles et des femmes. La responsabilité du Rwanda est établi dans différents rapports des organisations internationales. Mais aucune solution durable n’est apportée pour les innocentes populations locales.

Shabani Nonda :l’ancien Léopard veut « nettoyer » la Fecofa et révolutionner le football congolais

Mardi 21 avril 2026, une date que les amoureux du football congolais risquent de retenir. Ce jour-là, un ancien gladiateur des pelouses européennes a franchi la porte de la Fédération congolaise de football association (Fecofa) non pas pour un match de gala, mais pour déposer une candidature. Shabani Nonda, l’ancien attaquant des Léopards, entre officiellement en lice pour la présidence. Son objectif : rompre avec les pratiques décriées et insuffler une nouvelle dynamique à un sport roi malade de sa gouvernance.

« Pour moi, c’est un jour spécial. Je suis venu déposer ma candidature comme candidat à la présidence de la FECOFA. » La phrase, sobre, prononcée avec la détermination d’un attaquant qui s’apprête à tirer un penalty décisif, résume l’ambition de l’homme. Shabani Nonda n’est pas un rookie de la politique sportive. Il a porté le maillot des grandes heures. Il a connu les stades bondés de Kinshasa, les vestiaires de Monaco, de Rome ou d’Istanbul. Et aujourd’hui, il dit vouloir mettre cette expérience au service d’un football congolais qui piétine.

Un projet en trois axes : base, infrastructures, réformes

Derrière la déclaration d’intention, il y a un programme. Nonda ne vient pas seulement avec son nom et sa gloire passée. Il décline son projet autour de trois priorités qui, si elles sont appliquées, pourraient changer la donne :

  1. Le développement du football à la base : là où tout commence, là où les talents s’éveillent. Trop longtemps négligé, le football des jeunes est la grande oubliée des politiques successives.

  2. La construction d’infrastructures dans toutes les provinces : fini le centralisme kinois. Nonda promet de sortir le ballon des terrains en terre battue et des vestiaires sans toit.

  3. Les réformes structurelles : un mot fourre-tout qui, dans sa bouche, signifie transparence, lutte contre la gabegie, et professionnalisation de la gestion.

Le diagnostic est partagé par tous les observateurs : le football congolais manque cruellement d’infrastructures adéquates. Les centres de formation sont rares, souvent vétustes. Les ligues provinciales agonisent faute de moyens. Et l’équipe nationale, malgré un vivier de talents impressionnant, peine à rivaliser avec les cadors du continent.

Une candidature qui relance le débat

L’annonce de Nonda ne tombe pas dans un vide politique. Elle intervient dans un contexte marqué par des critiques récurrentes sur la gestion du football national. Les affaires de détournements, les élections contestées, les mandats prolongés sans bilan convaincant… Les supporteurs, eux, n’en peuvent plus. Ils réclament du changement. Ils veulent des dirigeants qui ont connu le terrain, pas des gestionnaires en costume-cravate ignorant tout des crampons.

Nonda joue sur cette corde. Ancien joueur, il incarne une forme de légitimité populaire. Mais attention : le monde des fédérations est impitoyable. Les réseaux d’influence, les alliances provinciales, les promesses de postes et de financements… Tout cela forme un labyrinthe où bien des glorieux anciens se sont perdus.

Une course ouverte, une attente immense

La course à la présidence de la Fecofa s’annonce ouverte. D’autres candidats, issus du sérail ou de l’ombre, devraient se déclarer dans les prochains jours. Mais Nonda a déjà marqué un point : celui de la rupture. En posant sa candidature avec un discours clair et des axes concrets, il force ses adversaires à sortir du flou.

Reste une question, la seule qui vaille : un ancien joueur, aussi brillant soit-il, peut-il vraiment transformer une fédération engluée dans ses routines ? La réponse est entre ses mains. Et dans celles des électeurs.

Nord-Kivu : 56 cas suspects, 6 morts à Walikale – le choléra progresse, la riposte piétine

Ils ont fui les balles du Masisi. Ils pensaient trouver la paix à Walikale. Ils ont trouvé le choléra. Depuis mars 2026, la zone de santé de Kibua, dans le territoire enclavé de Walikale au Nord-Kivu, comptabilise 56 cas suspects de la maladie hydrique. Et déjà 6 morts. Derrière ces chiffres, il y a des enfants qui se vident de leur eau en quelques heures. Des mères qui regardent, impuissantes. Et des soignants qui n’ont plus rien pour sauver.

Ntoto, Langira, Kilungu. Trois noms de secteurs qui résonnent désormais comme un glas. C’est là que l’épidémie frappe le plus fort. Le médecin chef de la zone de santé de Kibua, le Dr Yves Tsongo Bikunde, ne mâche pas ses mots : la cause, c’est la guerre. Les familles qui arrivent du territoire voisin de Masisi, où les affrontements entre l’AFC-M23 et les FARDC ne faiblissent pas, s’entassent dans des sites de fortune. Promiscuité. Absence de latrines. Pas d’eau potable. Le cocktail parfait pour que le vibrion cholérique se propage à la vitesse d’un feu de brousse.

« Nous avons pris en charge certains cas, mais avec des moyens insuffisants », lance le médecin. Un cri d’alarme à peine voilé. Car sur le terrain, la réalité est cruelle : il manque des intrants pour la réhydratation, du Ringer lactate, des cathéters, des antibiotiques. Des basiques. Du matériel qui ne devrait jamais manquer dans une zone à risque.

Des enfants de plus de cinq ans en première ligne

Les données locales sont glaçantes : les enfants de plus de cinq ans figurent parmi les principales victimes. Le choléra ne fait pas de détail. Une diarrhée explosive, des vomissements, et la déshydratation guette. En quelques heures, sans soins, l’enfant bascule. La létalité dépasse alors 10 %. Avec une prise en charge rapide, elle tombe sous 1 %. Mais à Kibua, rien n’est rapide. Les routes sont mauvaises. L’insécurité rôde. Et les ambulances manquent de carburant.

Les équipes de la Croix-Rouge, elles, sont sur le pont. Elles désinfectent les habitations, sensibilisent porte à porte. Mais sans eau propre, sans savon, sans latrines d’urgence, leur travail est un pansement sur une hémorragie.

Walikale, le territoire oublié

Walikale est l’un des territoires les plus vastes et les plus inaccessibles du Nord-Kivu. À l’ouest de Goma, ses routes sont des pièges. L’insécurité y est chronique. Et depuis janvier 2026, les vagues de déplacés venus du Masisi et de Rutshuru n’ont cessé de grossir, saturant des capacités locales déjà exsangues.

Aujourd’hui, à Kibua, les sites de Ntoto, Langira et Kilungu sont des bombes à retardement. Des milliers de personnes vivent sans latrines, sans eau courante, sans rien. Chaque pluie charrie les excréments vers les sources. Chaque poignée de main peut être mortelle.

Les besoins urgents listés par Kibua

Pour stopper l’hécatombe, la zone de santé a dressé une liste. Elle attend les partenaires humanitaires. Voici ce dont elle a besoin, immédiatement :

  • Intrants médicaux : sels de réhydratation orale, Ringer lactate, cathéters, antibiotiques (selon protocole OMS).

  • Eau et assainissement : chlore en poudre et comprimés, jerricans, bladders, kits de chloration domiciliaire.

  • Hygiène : savon, seaux avec robinet, kits WASH pour les ménages et les sites de déplacés.

  • Latrines d’urgence : construction et vidange dans les trois secteurs touchés.

  • Logistique : carburant pour les ambulances et les chaînes de froid, transport des échantillons vers le laboratoire.

  • Sensibilisation : mégaphones, affiches, relais communautaires.

Sans cette aide, prévient le Dr Tsongo, les 56 cas suspects ne seront que le début.

Le choléra, vieux démon du Nord-Kivu

La province du Nord-Kivu connaît des épidémies récurrentes de choléra, surtout autour des lacs Kivu et Édouard. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) le répète inlassablement : eau potable, assainissement et vaccination réactive sont les trois piliers. Mais à Walikale, aucun de ces piliers ne tient debout.

Les autorités sanitaires locales rappellent les gestes barrières : boire de l’eau traitée, se laver les mains au savon, cuire les aliments, et courir au centre de santé dès les premiers signes de diarrhée. Des conseils de bon sens. Mais quand on n’a pas de savon, quand l’eau vient d’une mare, quand le centre de santé est à trois heures de marche et qu’il n’a plus de médicaments… le bon sens devient un luxe.

Montreux, la paix au ralenti

Cette flambée de choléra survient alors que Kinshasa et l’AFC-M23 négocient à Montreux, en Suisse, sous médiation qatarie. L’objectif affiché : un cessez-le-feu durable et la réouverture des axes humanitaires vers les zones enclavées comme Walikale. La résolution 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, elle, réclame toujours le retrait de « toutes les forces étrangères non invitées » du sol congolais.

Le lien entre sécurité et santé n’a jamais été aussi visible. Tant que les combats déplacent des populations et bloquent les routes, le choléra trouvera à Kibua, Ntoto, Langira et Kilungu un terrain fertile. Les diplomates discutent. Les médecins, eux, enterrent des enfants.

RDC : Bukavu alerte sur l’implantation d’une base militaire rwandaise à Mumosho et réclame un retrait immédiat

À seulement 20 kilomètres au nord de Bukavu, sur la route nationale 2 qui relie la capitale du Sud-Kivu à Goma, un camp sort de terre. Des militaires rwandais, récemment entrés sur le sol congolais, aménagent une base. L’information, étayée par « des témoignages concordants des habitants », a été lâchée comme une bombe par le gouvernement provincial. Didier Lunganywa Bashizi, ministre provincial et porte-parole de l’exécutif, ne mâche pas ses mots : c’est un acte d’« extrême gravité ».

Mumosho, chefferie de Kabare, territoire de Kabare. Un nom qui risque de rester gravé dans les annales de la guerre à l’Est. Car ce n’est pas seulement une base de plus. C’est une implantation en territoire déjà sous occupation de la rébellion AFC-M23, soutenue par Kigali. Pour Bukavu, la boucle est bouclée : l’ennemi extérieur et ses supplétifs locaux creusent désormais leurs tranchées côte à côte, à quelques encablures de la ville.

L’exécutif provincial du gouverneur Jean-Jacques Purusi adopte un ton qui ne souffre aucune ambiguïté. Dans sa communication, il dénonce une « violation flagrante de la souveraineté de la République démocratique du Congo » , une « atteinte grave à l’intégrité territoriale », et une « provocation manifeste envers l’État congolais ».

Mais au-delà des mots, c’est une stratégie que Bukavu dit avoir démasquée : l’installation progressive d’une « administration de fait adossée à une force étrangère » dans la province.

Trois demandes, une seule urgence

Face à ce qu’elle considère comme une escalade inacceptable, la province du Sud-Kivu formule trois exigences, nettes et sans appel :

  1. L’arrêt immédiat des travaux de ce camp militaire.

  2. Le départ sans condition de l’ensemble des forces étrangères présentes sur le sol congolais.

  3. L’adoption par l’exécutif national de mesures urgentes pour rétablir l’autorité de l’État dans cette partie du territoire.

Le message est clair : il ne s’agit pas d’une simple escarmouche diplomatique. C’est un ultimatum adressé à Kinshasa autant qu’à Kigali. La province attend des actes, et vite.

Mumosho, la clé de Bukavu

Pour comprendre la gravité de l’alerte, il faut regarder la carte. Mumosho n’est pas un village perdu. Il se trouve sur la route nationale 2, l’artère vitale entre Bukavu et Goma. Celui qui contrôle Mumosho contrôle les flux entre les deux capitales de l’Est. Celui qui y installe une base militaire peut, à loisir, fermer l’accès nord de Bukavu, étrangler la ville, la préparer à un siège.

La chefferie de Kabare est sous emprise de l’AFC/M23 depuis plusieurs mois. Les rebelles, alliés à d’autres groupes armés comme les Twirwaneho, ont élargi leur influence vers des secteurs riches en ressources minières. Certes, ils ont quitté Uvira en janvier 2026. Mais ils tiennent toujours des positions solides à Mwenga, Kabare, Kalehe, Fizi, Walungu et même Idjwi. L’implantation rwandaise à Mumosho transforme une occupation rebelle en une mainmise étrangère pérenne.

Une provocation au lendemain de Montreux ?

La chronologie est explosive. La semaine dernière, à Montreux, sous médiation qatarie, le gouvernement congolais et l’AFC-M23 paraphaient des engagements communs sur l’aide humanitaire, l’échange de détenus et la protection des civils. La MONUSCO, de son côté, se disait prête à soutenir le mécanisme de vérification du cessez-le-feu.

Et pendant que les diplomates signent, des militaires rwandais creusent des tranchées à Mumosho.

Pour Bukavu, c’est plus qu’une provocation. C’est une preuve que Kigali joue double jeu. D’un côté, des promesses à la table des négociations. De l’autre, une militarisation illégale de zones peuplées, qui expose les civils au danger et prépare le terrain pour une présence étrangère durable.

Le droit international contre la realpolitik

Les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies sont formelles : elles exigent le départ de « toutes les forces étrangères non invitées » du territoire congolais. La MONUSCO, mandatée pour protéger les civils et soutenir la stabilisation, se dit prête à accompagner le suivi du cessez-le-feu.

Mais sur le terrain, les Casques bleus pourront-ils constater ce que les habitants de Mumosho voient déjà ? Et que feront-ils si la réponse est oui ?

Bukavu, elle, ne compte pas attendre. Le gouvernement provincial promet de continuer à « documenter ces violations » et à œuvrer aux côtés du président Félix Tshisekedi pour défendre l’intégrité territoriale. Mais les habitants de Mumosho, eux, veulent savoir : qui protégera leurs enfants quand les premiers tirs retentiront ?

Une paix à reconstruire, une souveraineté à sauver

L’alerte de Bukavu est un signal d’alarme. Elle rappelle que les beaux textes signés en Suisse ne valent que ce que pèsent les baïonnettes sur le terrain. Et qu’à Mumosho, les baïonnettes sont rwandaises.

L’exécutif provincial le dit sans détour : il s’oppose à « toute manœuvre visant à pérenniser une présence étrangère en RDC ». Reste à savoir si Kinshasa, les Nations unies et la communauté internationale entendront cet appel avant qu’il ne soit trop tard.

Burundi-RDC : à partir du 23 avril, un pont humanitaire pour le retour volontaire des réfugiés Congolais

Ils ont fui la guerre, les massacres et la peur. Pendant des mois, parfois des années, ils ont survécu dans des camps au Burundi. Là-bas, ils ont tout laissé derrière eux. Pourtant, un nouveau chapitre s’ouvre à partir du 23 avril 2026.

Le gouvernement burundais et le HCR annoncent un programme de retour vers la République démocratique du Congo. Ensemble, ils encadrent cette opération sensible. Ainsi, un communiqué conjoint fixe les premières règles.

Avant tout, une condition s’impose : le volontariat total. En effet, aucun réfugié ne sera forcé de rentrer. Chaque personne devra choisir librement, en connaissance de cause. Ce principe vise à protéger les plus vulnérables.

Ensuite, une étape obligatoire est prévue : l’enregistrement. L’ONPRA et le HCR organisent ce processus. Grâce à cela, les retours seront mieux structurés et évitent les désordres.

Un retour encadré mais très sélectif

Le programme ne concerne pas tous les réfugiés de la même manière. D’abord, les familles avec enfants scolarisés sont prioritaires. Ensuite, les personnes vulnérables bénéficient d’une attention particulière. Enfin, certains agents publics congolais figurent aussi parmi les premiers concernés.

Ces choix ciblent principalement le Sud-Kivu. Cette province reste fortement touchée par les conflits armés. Toutefois, les autorités espèrent y favoriser une stabilisation progressive.

Par ailleurs, le Burundi garantit la protection des réfugiés jusqu’à leur départ. Il continue aussi à fournir une assistance dans les camps. Ce soutien reste essentiel, car les ressources diminuent progressivement.

Sud-Kivu : entre retour et incertitudes sécuritaires

Cependant, rentrer ne signifie pas forcément retrouver la paix. Dans le Sud-Kivu, les groupes armés restent actifs. De plus, plusieurs zones restent difficiles d’accès.

Ainsi, le programme ne promet pas un retour simple. Il garantit plutôt un retour encadré et sécurisé. Pour cela, le HCR et ses partenaires mettent en place une logistique spécifique.

En parallèle, les autorités parlent d’une étape importante pour la stabilisation régionale. Pourtant, les humanitaires restent prudents. Ils rappellent que les retours dans les Grands Lacs ont souvent été complexes.

Une opération attendue, entre espoir et prudence

Le 23 avril marque donc un tournant. Progressivement, les premiers convois quitteront les camps. Dans les familles, les décisions restent difficiles. Certains veulent rentrer rapidement. D’autres hésitent encore.

Ainsi, la peur de l’inconnu s’oppose au désir du retour. Pourtant, beaucoup espèrent retrouver leurs terres et reconstruire leur vie.

Pour le Burundi, ce programme teste sa capacité humanitaire. Pour la RDC, il s’agit d’un défi d’accueil et de stabilité. Enfin, pour le HCR, c’est une mission d’équilibre entre protection et solutions durables.

Au final, chaque départ raconte une histoire de survie. Et chaque retour ouvre la possibilité d’un nouveau départ.

la MONUSCO pose 4 conditions de fer au cessez-le-feu et tend la main au nouveau mécanisme de paix

Ils ont signé à Montreux. Mais sur le terrain, la poudre n’a pas fini de parler. Alors que Kinshasa et l’AFC-M23 viennent de parapher des textes historiques en Suisse sous l’égide du Qatar, la MONUSCO sort de sa réserve. Dans un communiqué daté du dimanche 19 avril 2026, la mission onusienne ne se contente pas de saluer l’accord. Elle énonce quatre conditions non négociables. Et propose son bras armé pour le suivi.

Derrière les mots policés des diplomaties, il y a la réalité crue de l’Est congolais. Les textes communs paraphés à Montreux ne sont pas anodins : ils couvrent l’aide humanitaire d’urgence, la libération et l’échange de détenus, ainsi que la protection des biens essentiels des populations civiles. Les deux camps ont même promis de transmettre des plans concrets aux facilitateurs qataris pour la suite. Une lueur d’espoir. Mais la MONUSCO sait que les promesses s’effacent vite dans la boue des tranchées.

C’est pourquoi elle pose un préalable : le cessez-le-feu ne sera crédible que si quatre conditions sont réunies.

Les quatre garde-fous de l’ONU

Première exigence : l’arrêt immédiat des drones offensifs. Depuis 2024, les deux camps s’accusent mutuellement d’utiliser ces oiseaux de mort autour de Sake, Kibumba et Goma. L’ONU n’a pas oublié le 11 mars 2026, quand une frappe de drone a pulvérisé la résidence de Karine Buisset, une humanitaire française de l’UNICEF, dans le quartier Himbi à Goma. Elle n’a pas survécu. Ce jour-là, la guerre a pris un visage que les caméras n’ont pas pu filmer.

Deuxième condition : fin du brouillage et de l’usurpation des signaux GPS. Entre janvier et mars 2025, le « spoofing » a transformé le ciel de Goma en piège à avions. Des vols humanitaires et militaires ont été perturbés, désorientés, menacés. Dans une région où chaque cargaison de médicaments ou de farine peut sauver des milliers de vies, brouiller le signal, c’est tuer par proxy.

Troisième point, et non des moindres : la pleine liberté de mouvement pour le personnel et les moyens de la MONUSCO. Chiffres à l’appui : 37 incidents d’entrave à ses patrouilles au Nord-Kivu entre janvier et mars 2026. 37 fois où des Casques bleus ont été bloqués, empêchés de protéger, retardés alors que des villages brûlaient.

Quatrième exigence : l’utilisation sûre des aéroports et de l’espace aérien. L’aéroport de Goma, verrouillé stratégique, est fermé. Il l’a été à plusieurs reprises entre 2024 et 2025. Aujourd’hui, les combats le maintiennent sous cloche. Résultat : pas d’évacuations sanitaires, pas d’aide humanitaire massive, pas de rotation des troupes. La MONUSCO exige un corridor aérien sécurisé. Une question de vie ou de mort.

Le MSVC : la nouvelle cheville ouvrière de la paix

Au-delà des conditions, la MONUSCO fait une offre concrète. Elle se dit prête, en vertu de son mandat (résolutions 2773 et 2808), à soutenir les premières missions du Mécanisme de Supervision et de Vérification du Cessez-le-feu (MSVC/COVM). Logistique, techniques, renseignement : l’ONU va mobiliser ses moyens pour que ce mécanisme, baptisé MCVE+, ne reste pas un énième comité mort-né.

L’objectif est clair : faire baisser les violences, protéger les civils, et « favoriser le rétablissement progressif de l’autorité de l’État dans l’Est de la RDC ». Des mots qui résonnent comme un aveu : l’autorité de l’État, aujourd’hui, ne pèse pas lourd face aux kalachnikovs.

Une médiation qatarie sous haute tension

Rappelons le cadre : ces pourparlers de Montreux sont conduits par le Qatar, qui a repris le flambeau après l’échec des processus régionaux. La Suisse offre son sol neutre et sécurisé. Autour de la table : Kinshasa, l’AFC-M23, les États-Unis, le Togo, l’Union africaine… et la MONUSCO. Tous remercient les facilitateurs. Mais les sourires des photos officielles ne font pas taire les armes.

La MONUSCO conclut son communiqué par un appel solennel : « Maintenez l’élan. Traduisez ces avancées en résultats concrets sur le terrain. » Sous-entendu : les populations civiles n’attendent plus de protocoles. Elles attendent de ne plus avoir peur chez elles.

James Swan, le nouveau chef de la MONUSCO, défie l’enfer des ADF entre Beni et l’Ituri

Beni, terre de tous les dangers. C’est par cette ville meurtrie, capitale provisoire du Nord-Kivu, que James Swan a choisi de débuter son baptême du feu. À peine installé dans son fauteuil de Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, le nouveau chef de la MONUSCO quitte les palais kinois pour la boue des routes de l’Est. Objectif : voir l’enfer en face.

Lundi 20 avril 2026, l’air lourd de Beni n’a rien de celui des ambassades. Ici, le décor est planté par les cendres encore chaudes des attaques des Forces démocratiques alliées (ADF). Ces rebelles, affiliés à l’État islamique, continuent de labourer la terreur malgré les offensives conjointes avec l’Ouganda. Swan ne vient pas faire un discours. Il vient écouter les autorités provinciales, les acteurs politiques, mais surtout la société civile. Celle qui ramasse chaque matin les corps des civils massacrés.

Mais le nouveau patron de la MONUSCO ne s’arrêtera pas là. L’Ituri l’appelle. Plus précisément le territoire de Mambasa, où les ADF viennent de frapper de nouveau. Bilan : morts, villages vidés, et une marée humaine qui grossit. Selon le gouvernement, des milliers de déplacés internes errent désormais, fuyant vers Kisangani, ville sous pression où les abris de fortune poussent comme des champignons toxiques. L’eau, la faim, les maladies : le cortège habituel du chaos humanitaire.

Un mandat revu à la hausse de l’urgence

Pourquoi ce déplacement si tôt ? Parce que James Swan a une feuille de route explosive : la résolution 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, valable jusqu’au 20 décembre 2026. Contrairement aux années précédentes, le retrait progressif de la MONUSCO est suspendu. La guerre en a décidé autrement. La dégradation sécuritaire en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu est telle que l’ONU a dû faire machine arrière.

Les chiffres donnent le vertige : 11 500 militaires, 600 observateurs, 443 policiers, 1 270 unités de police constituées. Une armée bleue pour protéger les civils, surveiller le cessez-le-feu… et épauler un nouvel échiquier diplomatique né des Accords de Washington (juin 2025) et de Doha (novembre 2025).

Mais la réalité sur le terrain est plus sale que les textes. La résolution 2808 ne mâche pas ses mots : elle condamne l’offensive du M23 au Sud-Kivu, soutenue par la Force de défense rwandaise, avec la prise d’Uvira comme symbole de la honte. Le Conseil exige un retrait immédiat. En même temps, Kinshasa est sommé de cesser tout soutien aux FDLR. Une pression à double tranchant.

Swan, l’homme de la dernière chance ?

À son arrivée à Kinshasa, James Swan avait promis une seule priorité : mettre en œuvre le mandat. Protéger les civils. Désamorcer les conflits. Créer les conditions d’une paix durable. Des mots que les Congolais de Beni et de Mambasa ont trop souvent entendus. Mais cette fois, le temps presse. La résolution 2773 (2025) fixe des objectifs clairs : stabiliser les institutions de l’État. Pas une option. Une urgence.

Alors que la nuit tombe sur Beni, James Swan s’apprête à rencontrer ceux qui ont tout perdu. Les déplacés. Les mères qui ne savent plus où enterrer leurs enfants. Les jeunes qui hésitent entre l’exil et l’enrôlement.

La question n’est plus de savoir si la MONUSCO peut encore sauver l’Est. La question est : le monde laissera-t-il James Swan essayer ?