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Shabani Nonda :l’ancien Léopard veut « nettoyer » la Fecofa et révolutionner le football congolais

Mardi 21 avril 2026, une date que les amoureux du football congolais risquent de retenir. Ce jour-là, un ancien gladiateur…

Mardi 21 avril 2026, une date que les amoureux du football congolais risquent de retenir. Ce jour-là, un ancien gladiateur des pelouses européennes a franchi la porte de la Fédération congolaise de football association (Fecofa) non pas pour un match de gala, mais pour déposer une candidature. Shabani Nonda, l’ancien attaquant des Léopards, entre officiellement en lice pour la présidence. Son objectif : rompre avec les pratiques décriées et insuffler une nouvelle dynamique à un sport roi malade de sa gouvernance.

« Pour moi, c’est un jour spécial. Je suis venu déposer ma candidature comme candidat à la présidence de la FECOFA. » La phrase, sobre, prononcée avec la détermination d’un attaquant qui s’apprête à tirer un penalty décisif, résume l’ambition de l’homme. Shabani Nonda n’est pas un rookie de la politique sportive. Il a porté le maillot des grandes heures. Il a connu les stades bondés de Kinshasa, les vestiaires de Monaco, de Rome ou d’Istanbul. Et aujourd’hui, il dit vouloir mettre cette expérience au service d’un football congolais qui piétine.

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Un projet en trois axes : base, infrastructures, réformes

Derrière la déclaration d’intention, il y a un programme. Nonda ne vient pas seulement avec son nom et sa gloire passée. Il décline son projet autour de trois priorités qui, si elles sont appliquées, pourraient changer la donne :

  1. Le développement du football à la base : là où tout commence, là où les talents s’éveillent. Trop longtemps négligé, le football des jeunes est la grande oubliée des politiques successives.

  2. La construction d’infrastructures dans toutes les provinces : fini le centralisme kinois. Nonda promet de sortir le ballon des terrains en terre battue et des vestiaires sans toit.

  3. Les réformes structurelles : un mot fourre-tout qui, dans sa bouche, signifie transparence, lutte contre la gabegie, et professionnalisation de la gestion.

Le diagnostic est partagé par tous les observateurs : le football congolais manque cruellement d’infrastructures adéquates. Les centres de formation sont rares, souvent vétustes. Les ligues provinciales agonisent faute de moyens. Et l’équipe nationale, malgré un vivier de talents impressionnant, peine à rivaliser avec les cadors du continent.

Une candidature qui relance le débat

L’annonce de Nonda ne tombe pas dans un vide politique. Elle intervient dans un contexte marqué par des critiques récurrentes sur la gestion du football national. Les affaires de détournements, les élections contestées, les mandats prolongés sans bilan convaincant… Les supporteurs, eux, n’en peuvent plus. Ils réclament du changement. Ils veulent des dirigeants qui ont connu le terrain, pas des gestionnaires en costume-cravate ignorant tout des crampons.

Nonda joue sur cette corde. Ancien joueur, il incarne une forme de légitimité populaire. Mais attention : le monde des fédérations est impitoyable. Les réseaux d’influence, les alliances provinciales, les promesses de postes et de financements… Tout cela forme un labyrinthe où bien des glorieux anciens se sont perdus.

Une course ouverte, une attente immense

La course à la présidence de la Fecofa s’annonce ouverte. D’autres candidats, issus du sérail ou de l’ombre, devraient se déclarer dans les prochains jours. Mais Nonda a déjà marqué un point : celui de la rupture. En posant sa candidature avec un discours clair et des axes concrets, il force ses adversaires à sortir du flou.

Reste une question, la seule qui vaille : un ancien joueur, aussi brillant soit-il, peut-il vraiment transformer une fédération engluée dans ses routines ? La réponse est entre ses mains. Et dans celles des électeurs.

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