Judith Suminwa crée la polémique sur les migrants et les « préférences » aux entreprises américaines

Une interview suffit parfois à provoquer une tempête. Invitée le 18 avril 2026 sur TV5 Monde, Judith Suminwa Tuluka s’est exprimée sans détour sur deux dossiers sensibles : l’accueil de migrants venus des États-Unis et les partenariats économiques avec Washington.

En qualifiant cet accueil de « service rendu à l’Amérique », elle a immédiatement suscité des réactions. Par ailleurs, son évocation de « préférences » accordées à certaines entreprises étrangères a accentué la controverse. Très vite, les réseaux sociaux se sont enflammés.

De retour de Washington après les réunions du FMI et de la Banque mondiale, la Première ministre a abordé plusieurs sujets. Toutefois, deux déclarations ont particulièrement retenu l’attention.

Migrants et ressources : des propos qui interrogent

D’abord, la question migratoire a cristallisé les critiques. Selon la cheffe du gouvernement, la RDC accueille temporairement des demandeurs d’asile venus d’Amérique latine, après leur passage aux États-Unis.

Elle insiste sur un point : les autorités américaines prennent en charge leur séjour. Pourtant, l’expression « service rendu à l’Amérique » a choqué. En conséquence, de nombreux internautes ont dénoncé une atteinte à la dignité nationale.

Ensuite, plusieurs zones d’ombre persistent. Quelle est la durée du séjour ? Quel cadre juridique encadre cet accord ? Quelles contreparties existent réellement ? Faute de réponses claires, la méfiance grandit.

Dans un second temps, les propos sur les investissements miniers ont ravivé les inquiétudes. La Première ministre a évoqué une possible « préférence » pour certaines entreprises, selon les avantages proposés.

Certains observateurs redoutent un déséquilibre. En effet, les ressources minières restent un pilier stratégique pour la RDC. D’autres, en revanche, y voient une approche pragmatique pour attirer des capitaux étrangers.

Une communication gouvernementale sous pression

Au-delà du fond, c’est surtout la forme qui pose problème. À l’ère des réseaux sociaux, chaque mot pèse lourd. Ainsi, la formule employée a été jugée maladroite, voire préjudiciable à l’image du pays.

Rapidement, l’opposition a dénoncé un alignement excessif sur les États-Unis. De son côté, la société civile exige plus de transparence sur les accords évoqués.

Malgré ces critiques, Judith Suminwa Tuluka maintient sa ligne. Elle affirme vouloir combiner fermeté et développement. Néanmoins, cet épisode fragilise sa communication politique.

En définitive, cette interview relance un débat de fond. Elle pose des questions sur la souveraineté, la gestion des ressources et la stratégie diplomatique du pays.

Désormais, le gouvernement devra clarifier ses positions. Sans cela, les critiques risquent de s’intensifier. Dans un contexte aussi sensible, chaque déclaration compte — et ses effets sont immédiats.

Accords de Washington : les États-Unis dénoncent les violations du Rwanda et menacent de sanctions

Intervenant mercredi 15 avril 2026 lors de la 10 136e séance du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, l’ambassadrice adjointe des États-Unis auprès des Nations unies, Tammy K. Bruce, a exprimé la déception de son pays. Quel motif invoque-t-elle ? Le Rwanda continue d’exacerber les conflits dans l’Est de la RDC, violant ainsi les accords de Washington qu’il a pourtant signés. Elle a réaffirmé l’urgence d’un retrait « immédiat » des troupes rwandaises, et n’a pas exclu de nouvelles sanctions.

Les États-Unis, médiateurs dans la crise entre la RDC et le Rwanda, et parrains de l’accord de paix de Washington signé entre les deux États, tiennent au respect des engagements pris. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre.

La déception américaine

Tammy K. Bruce s’est montrée sans équivoque : les États-Unis sont « très déçus ». Voici sa déclaration : « Nous sommes très déçus par le fait que le Rwanda continue d’exacerber le conflit, ce qui constitue une violation directe de ses obligations au titre des accords de Washington. »

Elle a réaffirmé les appels américains à un retrait immédiat des troupes rwandaises. Elle a également rappelé l’importance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de la RDC, des éléments qui doivent être respectés à tout prix.

Des sanctions déjà en place, d’autres possibles

Le mois dernier, les États-Unis ont proposé des sanctions ciblées contre les forces de défense du Rwanda et quatre généraux responsables de la déstabilisation. Une première salve, qui pourrait être suivie d’autres.

Tammy K. Bruce a prévenu : « Nous n’avons pas peur de réfléchir à d’autres outils pour promouvoir la reddition des comptes pour ceux qui mettent en péril la paix. »

Les sanctions américaines peuvent prendre plusieurs formes : gel des avoirs, interdiction de visa, interdiction d’exportation d’armes, restriction des échanges commerciaux. Le Rwanda, petit pays dépendant de l’aide internationale, reste vulnérable. « Ceux et celles qui sapent la paix devraient s’attendre à ce que des conséquences leur soient opposées », a martelé la diplomate.

Les accords de Washington : une lettre morte ?

L’accord de paix de Washington, signé en grande pompe en présence des présidents Tshisekedi et Kagame, et du président américain Donald Trump, prévoyait plusieurs mesures : le retrait des troupes rwandaises de la RDC, le désarmement des FDLR, la fin du soutien au M23, et un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire.

Cependant, sur le terrain, les violations se multiplient. Les troupes rwandaises sont toujours présentes. Le M23 continue ses offensives. Les FDLR ne sont pas désarmés. Par ailleurs, les deux parties s’accusent mutuellement.

Les autres médiations au point mort

Outre les accords de Washington, une autre médiation est en cours : celle du Qatar, qui tente de rapprocher le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 (soutenue par le Rwanda). Les discussions de Doha ont connu un net ralentissement. Un nouveau round a été organisé en Suisse, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Malgré cela, les avancées restent limitées.

L’objectif de cette médiation consiste à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit : restauration de l’autorité de l’État, réintégration des groupes armés, justice transitionnelle, développement.

La situation sur le terrain : des tensions persistantes

Malgré les accords, la situation dans l’Est de la RDC reste explosive. Au Nord-Kivu, le M23 contrôle toujours une grande partie des territoires de Rutshuru, Masisi, Nyiragongo. Les FARDC mènent des offensives limitées, sans succès décisif. Au Sud-Kivu, le M23 a étendu son emprise sur les territoires de Kalehe, Walungu, Shabunda. Des combats ont lieu près de la ville de Bukavu. En Ituri, des groupes armés (CODECO, ADF, etc.) continuent leurs exactions, sans lien direct avec le conflit RDC-Rwanda.

Des milliers de civils fuient les combats. Les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones de conflit. Les violences sexuelles, les enlèvements, les meurtres deviennent monnaie courante.

Les appels à la responsabilité

Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris. L’Union européenne, l’Union africaine, la France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine, ont tous appelé au calme et au dialogue. Pourtant, ces appels semblent impuissants face aux intérêts géopolitiques, économiques et sécuritaires en jeu.

Les causes profondes du conflit

Le conflit dans l’Est de la RDC ne date pas d’hier. Il puise ses racines dans plusieurs causes profondes. D’abord, les ressources naturelles : l’Est de la RDC regorge d’or, de coltan, de cassitérite, de tungstène. Ces minerais financent les groupes armés et attirent les convoitises étrangères. Ensuite, l’instabilité politique : la RDC a connu des décennies de guerres, de dictature, de corruption. L’État reste faible, l’armée dysfonctionnelle, la justice corrompue. Par ailleurs, les tensions ethniques persistent : les conflits entre Hutu, Tutsi, Hema, Lendu sont régulièrement instrumentalisés par les élites politiques et militaires. Enfin, les ingérences étrangères compliquent la donne : le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie ont tous, à un moment ou à un autre, soutenu des groupes armés en RDC, pour des raisons de sécurité, d’influence, ou de prédation.

Le rôle des États-Unis

Les États-Unis, en tant que médiateurs et parrains des accords de Washington, portent une responsabilité particulière. Ils ont imposé des sanctions, menacé d’en imposer d’autres, et tenté de faire pression sur le Rwanda. Néanmoins, leur marge de manœuvre reste limitée. Le Rwanda demeure un allié stratégique dans la région (lutte contre l’islamisme en Somalie, stabilisation au Mozambique). Les États-Unis ne souhaitent pas rompre complètement leurs relations avec Kigali. De plus, la Chine, rivale des États-Unis, est très présente au Rwanda (infrastructures, mines). Pékin pourrait profiter d’un affaiblissement de l’influence américaine pour renforcer la sienne.

L’avenir de la paix dans les Grands Lacs

L’avenir de la paix dans les Grands Lacs reste incertain. Les accords de Washington et de Doha constituent des bases, mais elles ne suffisent pas. Il faut une volonté politique réelle des parties, une pression internationale constante, et des moyens financiers pour la mise en œuvre. La RDC doit réformer son armée, restaurer son autorité, lutter contre la corruption, et offrir des perspectives à sa jeunesse. Le Rwanda, quant à lui, doit retirer ses troupes, cesser de soutenir le M23, et accepter une médiation impartiale. Enfin, la communauté internationale doit faire preuve d’unité, de fermeté et de cohérence : pas de double discours, pas de compromis avec les bourreaux, pas de marchandage avec les ressources naturelles.

L’appel de l’ambassadrice américaine

Tammy K. Bruce a conclu son intervention par un appel solennel : le respect des engagements, le retrait des troupes, la paix. Les mots portent une certaine force. Reste à savoir s’ils seront suivis d’actes. Les États-Unis ont montré qu’ils pouvaient sanctionner. Ils peuvent aller plus loin. Mais le feront-ils ? L’avenir le dira.

En attendant, les civils de l’Est de la RDC continuent de mourir, de fuir, de souffrir. Ils ne demandent pas des discours, ils réclament la paix. Une paix juste, durable, respectueuse de leurs droits. Les accords de Washington et de Doha offrent des outils. La communauté internationale doit les utiliser. Les parties doivent faire des compromis. L’ambassadrice américaine a parlé. Maintenant, place aux actes. Pour la paix dans les Grands Lacs. Pour la dignité des populations. Pour l’avenir de toute une région.

Kinshasa accueille l’Université d’été du Conseil de l’Europe dédiée à la jeunesse

Un événement international pour la jeunesse se prépare à Kinshasa. La République démocratique du Congo accueillera, en juillet prochain, l’organisation de l’Université d’été du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, un colloque international destiné à la jeunesse. Dans cette perspective, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a présidé ce mercredi 15 avril 2026 à Kinshasa une réunion préparatoire avec Claudio Costanza, chef adjoint de la coordination de la sécurité sur le terrain du Conseil de l’Europe. L’objectif : harmoniser les positions sur la logistique et la sécurité de l’événement.

La rencontre s’est déroulée dans une salle de réunion du ministère, en présence des cadres et experts. L’ambiance était à la fois cordiale et résolument tournée vers l’action.

Une volonté politique affirmée

D’entrée de jeu, le ministre Samuel Mbemba a réaffirmé la détermination du gouvernement à mobiliser les moyens logistiques, humains et financiers nécessaires au bon déroulement de cette initiative.

Il a souligné la volonté politique des autorités congolaises, estimant qu’elles entendent soutenir activement l’événement, notamment à travers la prise en charge des participants.

« La RDC est honorée d’accueillir cette Université d’été. C’est une reconnaissance de nos efforts en matière de promotion des droits humains et de dialogue avec la jeunesse », a déclaré le ministre.

Un espace d’échanges et de réflexion

L’Université d’été du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe est un colloque international qui réunit des jeunes venus de divers pays, dont la RDC.

Objectifs :

  • Échanges : permettre aux jeunes de différents horizons (Europe, Afrique, Moyen-Orient) de se rencontrer, de discuter, de partager leurs expériences.

  • Réflexion : approfondir les thématiques liées aux droits humains, à la démocratie, à la paix, au développement durable.

  • Formation : proposer des ateliers, des conférences, des débats, animés par des experts internationaux.

  • Réseautage : créer des liens durables entre les participants, pour des projets futurs.

Le Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, basé à Lisbonne (Portugal), œuvre à promouvoir le dialogue, la solidarité et la sensibilisation entre les régions du Nord et du Sud.

Logistique et sécurité : les garanties congolaises

En réponse aux préoccupations soulevées par Claudio Costanza, notamment en matière de logistique et de sécurité, Samuel Mbemba a assuré que les institutions congolaises travaillent en synergie.

  • Logistique : hébergement, restauration, transport, salles de conférence, équipements audiovisuels, tout sera mis en œuvre pour accueillir les participants dans les meilleures conditions.

  • Sécurité : la police nationale, les services de renseignement, et l’armée seront mobilisés pour garantir la sécurité des participants et du personnel, pendant toute la durée de l’événement.

Le ministre a insisté : la RDC a l’habitude d’organiser des manifestations internationales (sommet de la Francophonie, conférences de l’ONU, etc.). Elle dispose d’une expertise et de ressources.

La satisfaction du Conseil de l’Europe

Satisfait des garanties apportées, Claudio Costanza a salué l’implication des autorités congolaises.

« Nous avons discuté des aspects logistiques et sécuritaires liés à l’organisation de l’Université d’été. L’objectif est de réunir des jeunes autour d’un forum consacré aux questions des droits de l’homme », a-t-il déclaré.

Le chef adjoint de la coordination de la sécurité sur le terrain a également visité les sites potentiels pour l’événement : universités, centres de conférence, hôtels. Il s’est dit impressionné par la qualité des infrastructures.

Les thèmes de l’Université d’été

L’Université d’été 2026, dont le programme détaillé sera publié prochainement, abordera plusieurs thèmes.

  • Droits humains : situation en RDC et dans le monde, mécanismes de protection, rôle de la société civile.

  • Démocratie et gouvernance : élections, participation citoyenne, lutte contre la corruption.

  • Paix et sécurité : résolution des conflits, prévention des violences, réconciliation nationale.

  • Développement durable : objectifs de l’ONU, transition écologique, emploi des jeunes.

  • Numérique : accès aux technologies, protection des données, lutte contre la désinformation.

Des experts internationaux (Conseil de l’Europe, ONU, Union européenne, universités) animeront les sessions. Des jeunes Congolais, sélectionnés sur dossier, participeront aux débats.

La participation congolaise

Le gouvernement congolais a décidé de prendre en charge les frais de participation des jeunes Congolais sélectionnés (transport, hébergement, restauration). Une manière de favoriser l’accès à cet événement aux jeunes de toutes les provinces, y compris les plus défavorisés.

Un appel à candidatures sera lancé dans les prochaines semaines. Les critères : âge (18-30 ans), engagement associatif, intérêt pour les droits humains, maîtrise du français ou de l’anglais.

Des quotas seront prévus pour les jeunes filles, les personnes handicapées, et les jeunes de l’Est du pays (touché par les conflits).

Accueillir l’Université d’été du Centre Nord-Sud est un honneur, mais aussi une responsabilité. La RDC, souvent critiquée pour sa situation des droits humains, peut montrer sa face positive : une jeunesse dynamique, une société civile active, une volonté politique de progrès.

L’événement est aussi une opportunité de promouvoir l’image du pays à l’international. Des journalistes étrangers sont attendus. Des retombées médiatiques sont espérées.

Enfin, l’Université d’été pourrait créer une dynamique durable. Les jeunes Congolais formés lors de cette session pourraient devenir des ambassadeurs des droits humains, des relais de la démocratie, des acteurs du changement.

Les préparatifs s’accélèrent

La réunion de ce mercredi 15 avril a marqué le lancement officiel des préparatifs. Une task force a été mise en place, composée de représentants du ministère des Droits humains, du ministère des Affaires étrangères, du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Jeunesse, et du Comité national d’organisation.

Un calendrier a été arrêté :

  • Mai 2026 : lancement de l’appel à candidatures, sélection des jeunes, réservation des sites.

  • Juin 2026 : finalisation du programme, formation des encadreurs, tests de sécurité.

  • Juillet 2026 : tenue de l’Université d’été (dates précises à confirmer).

Le budget est en cours d’évaluation. Le gouvernement congolais contribuera pour une part, le Conseil de l’Europe pour l’autre. Des partenaires (ONU, UE, Banque mondiale) sont sollicités.

Un message d’espoir

L’organisation de cette Université d’été est un message d’espoir. Dans un pays souvent associé à la guerre, à la pauvreté, à la corruption, la RDC montre qu’elle peut aussi être un espace de dialogue, de formation, de partage.

Les jeunes Congolais, qui représentent plus de 60% de la population, sont l’avenir du pays. Leur donner les moyens de s’informer, de se former, de s’engager, c’est investir dans la paix et le développement.

L’Université d’été du Centre Nord-Sud est une étape. Une étape vers une société plus ouverte, plus démocratique, plus respectueuse des droits humains.

Le ministre Samuel Mbemba, le Conseil de l’Europe, les partenaires internationaux, les jeunes participants : tous sont engagés dans cette aventure.

Rendez-vous en juillet à Kinshasa. Les débats promettent d’être passionnants. Les rencontres, enrichissantes. Et l’espoir, palpable.

La RDC, malgré ses difficultés, se tourne vers l’avenir. Avec ses jeunes, sa volonté, et le soutien de la communauté internationale.

L’Université d’été n’est qu’un début. Mais un début prometteur. Pour la jeunesse congolaise, pour les droits humains, pour la démocratie. Un début à ne pas manquer.

ONU : le Conseil de sécurité exige le retrait immédiat du M23 et de l’armée rwandaise de la RDC

Le Jeudi 15 avril 2026 à New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une session spéciale sur la situation dans la région des Grands Lacs. Une dizaine de pays ont pris la parole. Tous ont unanimement demandé le retrait immédiat du M23 et de l’armée rwandaise du sol congolais. Pourtant, le représentant du Rwanda a dénoncé un « discours de haine » contre les rwandophones, tandis que son homologue congolais a rejeté les allégations sur les FDLR. Sur le terrain, la situation reste tendue.

Pourquoi cette session spéciale ?

La France et les États-Unis ont convoqué cette session spéciale pour faire le point sur l’évolution du conflit dans l’Est de la RDC. À cet endroit, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon Kinshasa, contrôlent plusieurs territoires.

Unanimité sur le retrait

Les pays membres du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie, etc.) ont affiché une unité remarquable. Tous ont condamné l’offensive du M23. Tous ont exigé son retrait des zones occupées. Enfin, tous ont demandé le départ des troupes rwandaises du territoire congolais.

Le représentant de la France a parlé d’« agression inacceptable ». Celui des États-Unis a évoqué des « preuves accablantes » du soutien militaire rwandais au M23. Le Royaume-Uni a appelé à des « sanctions ciblées » contre les responsables rwandais. Même la Chine, pourtant alliée traditionnelle du Rwanda, a appelé au « respect de l’intégrité territoriale de la RDC » et au « retrait des forces étrangères ».

La position du Rwanda

Le représentant permanent du Rwanda auprès des Nations unies, Ernest Rwamucyo, a dénoncé un « discours de haine contre les rwandophones ». Il a expliqué, une fois encore, que les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), toujours présents en RDC, continuent de constituer un danger pour la sécurité intérieure du Rwanda.

Selon Kigali, les FDLR représentent une menace existentielle. Ce groupe armé rassemble d’anciens génocidaires hutus rwandais, qui ont fui leur pays après le génocide de 1994. Ces derniers préparent, selon Kigali, un retour armé au Rwanda. Ainsi, le Rwanda affirme avoir le droit de se défendre, y compris en poursuivant les FDLR sur le territoire congolais. Néanmoins, Kinshasa et la communauté internationale rejettent cette argumentation.

La réplique congolaise

Le représentant permanent de la RDC à l’ONU, Zénon Mukongo Ngay, a qualifié les allégations rwandaises d’« incohérentes et non justifiées ». Il a affirmé que la RDC dispose des moyens suffisants pour protéger sa population. Voici ce qu’il a martelé : « Pour l’essentiel, vous n’avez pas le droit de venir protéger les populations congolaises sur leur territoire. La République démocratique du Congo est suffisamment outillée pour assurer la sécurité de ses propres populations. »

Il a ajouté une pique cinglante : « C’est un pays qui compte, du reste, 450 tribus, alors que le vôtre n’en compte que deux. Vous n’arrivez pas à les gérer, et vous souhaitez venir gérer nos 450 tribus ? » Cette déclaration choc a suscité des réactions contrastées. Certains y ont vu une défense légitime de la souveraineté nationale. D’autres l’ont jugée maladroite, voire xénophobe.

Sur le terrain, la guerre continue

Pendant que les diplomates discutaient à New York, les armes continuaient de tuer dans l’Est de la RDC. En effet, les affrontements entre l’armée congolaise (FARDC) et le M23, appuyé par le Rwanda, se sont intensifiés.

Des combats ont éclaté au Nord-Kivu (territoires de Masisi, Rutshuru, Nyiragongo) et au Sud-Kivu (territoires de Kalehe, Walungu). Des civils ont perdu la vie, d’autres ont été blessés. Des milliers de personnes ont fui leurs maisons. Le cessez-le-feu négocié à Doha, puis à Washington, subit des violations régulières. Les belligérants s’accusent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements.

L’appel de l’envoyé de l’ONU

L’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU dans la région des Grands Lacs, Huang Xia, a tiré la sonnette d’alarme. Il a appelé toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat. Voici sa déclaration : « Je conclus par un appel aux deux parties : aucune résolution, aucune médiation, aucun mécanisme de vérification ne pourra aboutir si les parties directement concernées ne choisissent pas la voie de la paix. »

Il a ensuite appelé la RDC, le Rwanda et tous les acteurs concernés, notamment l’AFC/M23, à « reprendre un dialogue franc, à réduire immédiatement les tensions et à veiller à la mise en œuvre effective, sans délai, de l’ensemble de leurs engagements ». Par ailleurs, Huang Xia a rappelé que la revitalisation de l’accord-cadre d’Addis-Abeba (2013) demeure essentielle pour s’attaquer aux causes profondes du conflit. Cet accord, signé par 11 pays de la région, prévoit la non-ingérence, le respect de la souveraineté, et la fin du soutien aux groupes armés.

Les réactions internationales

La session spéciale du Conseil de sécurité a provoqué des réactions dans les capitales.

À Kinshasa, le gouvernement s’est félicité de « l’unanimité internationale contre l’agression rwandaise ». Le président Tshisekedi a appelé à des sanctions contre Kigali, et à un retrait immédiat des troupes rwandaises.

À Kigali, en revanche, le gouvernement a dénoncé une « mise en scène » et des « mensonges ». Le Rwanda a réaffirmé son droit à se défendre, et a accusé la RDC de collaborer avec les FDLR.

À Washington, la Maison-Blanche a menacé de nouvelles sanctions contre le Rwanda si les troupes ne se retirent pas rapidement. Les États-Unis ont également appelé la RDC à accélérer le désarmement des FDLR.

À Bruxelles, l’Union européenne a suspendu une partie de son aide au Rwanda, en signe de protestation. Cependant, les divisions entre États membres (France, Allemagne, Belgique d’un côté ; Hongrie, Autriche de l’autre) limitent la portée des mesures.

Les défis de la paix

Cette session spéciale du Conseil de sécurité a montré une unité de principe (retrait du M23 et du Rwanda), mais des divisions sur les moyens (sanctions, dialogue, médiation). Le Rwanda, soutenu par la Chine et certains pays africains, ne cède pas. Il continue de nier son implication, et de justifier ses actions par la menace des FDLR.

La RDC, elle, ne parvient pas à désarmer les FDLR, ni à restaurer son autorité dans l’Est. Les FARDC souffrent d’un mauvais équipement, d’une formation insuffisante, et parfois de corruption. Les groupes armés locaux (Maï-Maï, Nyatura, etc.) prolifèrent, profitant du chaos. Ainsi, les civils se retrouvent pris en étau.

L’accord-cadre d’Addis-Abeba, solution oubliée ?

L’accord-cadre d’Addis-Abeba, signé en 2013, reste la feuille de route la plus complète pour la paix dans les Grands Lacs. Voici ses principales dispositions :

  • Le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États,

  • La non-ingérence dans les affaires internes,

  • La fin du soutien aux groupes armés,

  • Le désarmement des FDLR,

  • La réforme du secteur de la sécurité,

  • La justice transitionnelle,

  • Le développement économique.

Pourtant, cet accord n’a jamais reçu une mise en œuvre pleine et entière. Les pays signataires (Angola, Burundi, RDC, Rwanda, Ouganda, Tanzanie, etc.) ont privilégié leurs intérêts nationaux au détriment de la paix régionale. L’envoyé de l’ONU, Huang Xia, a appelé à sa revitalisation. Cet appel risque de rester lettre morte, tant les tensions restent vives.

L’urgence humanitaire

Pendant que les diplomates discutent, les civils meurent. Depuis le début de l’année 2026, plus de 700 000 personnes ont fui les combats dans l’Est de la RDC. Le nombre total de déplacés internes atteint désormais 6,7 millions.

Les besoins restent immenses : nourriture, eau, soins, abris, protection. Les organisations humanitaires manquent de fonds, et d’accès aux zones sinistrées. La session spéciale du Conseil de sécurité a adopté une déclaration appelant à un accès humanitaire sans entrave. Mais sur le terrain, les routes sont coupées, les zones sont minées, les groupes armés pillent les convois.

L’impasse

La situation dans l’Est de la RDC semble dans une impasse. Le Rwanda ne retire pas ses troupes. Le M23 ne dépose pas les armes. La RDC ne parvient pas à rétablir son autorité. Enfin, la communauté internationale reste divisée.

Une fois de plus, les civils paient le prix fort : des milliers de morts, des millions de déplacés, des violences sexuelles, des enfants soldats. Cette session spéciale du Conseil de sécurité aura au moins eu le mérite de rappeler les principes : souveraineté, intégrité territoriale, non-ingérence, paix.

Reste à savoir si les parties respecteront ces principes. L’histoire de la région des Grands Lacs n’incite pas à l’optimisme. Pourtant, l’espoir, parfois, renaît.

En attendant, les diplomates retournent dans leurs capitales. Les soldats retournent au front. Les civils, eux, n’ont nulle part où aller. Ils subissent. Ils endurent. Ils espèrent. Malgré tout.

Enseignement secondaire en RDC : l’enquête qui bouscule les pratiques pédagogiques

Un constat sans appel. La Cellule indépendante d’évaluation des acquis scolaires (CIEAS) a publié les résultats de son enquête sur les pratiques pédagogiques des enseignants du niveau secondaire en République démocratique du Congo. 855 enseignants ont été observés dans 425 écoles. Le résultat n’est pas encourageant : le cadre de travail est correct, mais le feedback aux élèves et leur autonomie doivent être renforcés. Désormais, le ministère de l’Éducation nationale veut une « école centrée sur l’élève ».

L’évaluation de terrain s’est tenue en 2025. Elle a été réalisée avec l’appui du Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF), financé par la Banque mondiale. L’étude, baptisée « TEACH Secondary », visait à analyser de façon structurée les pratiques des enseignants, pour améliorer la qualité de l’enseignement en RDC.

Une méthodologie rigoureuse

L’enquête a mobilisé des enquêteurs spécialement formés. Ils ont observé 855 enseignants dans 425 écoles réparties sur l’ensemble du territoire.

  • 60 % des écoles sont en milieu urbain,

  • 40 % en milieu rural.

Au total, 5 880 enseignants du secondaire sont concernés par les résultats de l’enquête (même si tous n’ont pas été observés directement). La répartition par genre : 24 % de femmes, 76 % d’hommes.

L’enquête a également pris en compte 39 530 élèves, dont 53 % de filles et 47 % de garçons. Une classe compte en moyenne 46 élèves, un chiffre élevé qui rend difficile l’individualisation de l’enseignement.

Les points forts : un cadre de travail correct

L’enquête révèle que les enseignants du secondaire en RDC ont une capacité modérée à créer un bon cadre d’apprentissage.

  • Ils fixent des règles de comportement positives,

  • Ils mènent les leçons de manière structurée,

  • Ils vérifient si les élèves comprennent (questions, exercices).

Autant de points positifs, qui montrent que la majorité des enseignants maîtrise les bases du métier.

Les faiblesses : peu de feedback, peu d’autonomie

Mais les points faibles sont préoccupants.

Le feedback : les enseignants donnent peu de retours constructifs aux élèves. Ils commentent rarement les erreurs, et valorisent peu les réussites. L’élève sait qu’il a faux, mais ne comprend pas toujours pourquoi, ni comment s’améliorer.

L’esprit critique : les enseignants développent peu la capacité des élèves à analyser, à critiquer, à argumenter. L’enseignement reste souvent frontal, descendant.

L’autonomie : les enseignants proposent rarement des choix aux élèves (sujets, méthodes, partenaires). Ils encouragent peu la persévérance face aux difficultés. La collaboration entre élèves est peu développée.

En résumé, l’école congolaise forme encore des élèves passifs, qui attendent que le maître donne la réponse, plutôt que des apprenants actifs, capables de chercher par eux-mêmes.

Vers une pédagogie active centrée sur l’apprenant

Lors de l’atelier de restitution des résultats, la directrice adjointe du cabinet de la ministre d’État, Aurence Kabasele, a tiré les conséquences.

« Nous ne pouvons plus nous contenter d’un enseignement fondé sur la transmission mécanique des connaissances. Notre système éducatif doit évoluer vers une pédagogie active, inclusive et centrée sur l’apprenant », a-t-elle déclaré.

C’est un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de « remplir des têtes vides », mais de « former des esprits critiques, créatifs, capables de s’adapter à un monde en mutation ».

Un outil d’aide à la décision

Pour l’inspecteur général de l’Éducation nationale, Hubert Kimbonza Sefu, cette enquête a une portée stratégique. Les résultats servent d’outil d’aide à la décision, pour orienter les politiques éducatives, la formation continue des enseignants, et l’accompagnement pédagogique.

Concrètement, le ministère va :

  • Renforcer la formation initiale et continue des enseignants, en insistant sur les techniques de feedback, de questionnement, de gestion de classe participative.

  • Mettre à disposition des outils pédagogiques (guides, fiches, vidéos) pour aider les enseignants à adopter des pratiques plus actives.

  • Revoir les programmes scolaires pour les rendre plus centrés sur les compétences (savoir-faire, savoir-être) que sur les connaissances (savoir).

  • Former les inspecteurs à évaluer les enseignants non seulement sur leur maîtrise de la matière, mais aussi sur leurs pratiques pédagogiques.

Le Plan quinquennal comme cadre

Cette initiative s’inscrit dans le deuxième axe du Plan quinquennal 2024-2029 du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Cet axe prévoit :

  • L’amélioration de la qualité des apprentissages,

  • La révision des programmes scolaires,

  • L’intégration des compétences du XXIe siècle (pensée critique, créativité, collaboration, résolution de problèmes),

  • L’intégration des thématiques émergentes (technologies de l’information, développement durable, éducation à la citoyenneté).

Les enseignants ne sont pas oubliés : le Plan quinquennal prévoit de les préparer à répondre aux défis actuels, par des formations adaptées et un accompagnement de proximité.

La formation des directeurs provinciaux

Cette enquête s’inscrit dans un mouvement plus large de réforme de l’éducation. Du 7 au 9 avril dernier, le ministère a organisé à Kinshasa un atelier de renforcement des capacités en gestion administrative pour les 60 directeurs provinciaux de l’Éducation nationale (PROVED).

Objectif : améliorer la gouvernance du secteur éducatif, outiller les responsables sur les mécanismes de gestion et de pilotage, et assurer une meilleure coordination des politiques sur l’ensemble du territoire.

La ministre Raïssa Malu a rappelé que l’ambition est de faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence en Afrique.

La synergie entre vision politique et exécution administrative

Raïssa Malu a mis en exergue l’importance de la synergie entre vision politique et exécution administrative. L’éducation occupe une place stratégique dans la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Elle a appelé à « consolider la gouvernance administrative de la RDC, conformément à l’axe 3 du Plan stratégique ». Un appel à la rigueur, à la transparence, à l’efficacité.

La rupture et la Nouvelle Citoyenneté

Enfin, la ministre a réitéré son vœu de transformer profondément les mentalités. Cela exige des acteurs du secteur « une rupture totale avec l’inertie et une adhésion rigoureuse aux valeurs de la Nouvelle Citoyenneté, véhiculées notamment par le Serment du Citoyen ».

L’école ne doit pas seulement instruire, mais aussi éduquer à la citoyenneté, à la responsabilité, à l’intégrité. Les enseignants sont les premiers ambassadeurs de ces valeurs.

Les défis de la mise en œuvre

La mise en œuvre de ces réformes ne sera pas sans défis.

Moyens financiers : former 5 880 enseignants, réviser les programmes, produire des outils pédagogiques, tout cela a un coût. La RDC dépend de l’aide internationale (Banque mondiale, UE, etc.) pour financer ces réformes.

Résistances : certains enseignants, formés à l’ancienne, seront réticents à changer leurs pratiques. Il faudra les convaincre, les former, les accompagner.

Évaluation : comment mesurer l’impact de ces réformes ? De nouvelles enquêtes TEACH Secondary seront nécessaires dans quelques années, pour voir si les pratiques ont évolué.

Contextes difficiles : dans les zones reculées ou en conflit, appliquer une pédagogie active est un défi (manque de matériel, classes surpeuplées, insécurité).

L’espoir d’une école nouvelle

Malgré ces défis, l’espoir est permis. L’enquête TEACH Secondary a mis en lumière les faiblesses du système. Le ministère a pris conscience du problème. Des solutions sont proposées. Des moyens sont débloqués.

Les enseignants, les inspecteurs, les directeurs provinciaux, les partenaires internationaux : tous sont mobilisés pour une école nouvelle, centrée sur l’élève, tournée vers l’avenir.

Les élèves congolais, eux, attendent. Ils attendent des enseignants qui les encouragent, qui leur donnent envie d’apprendre, qui les préparent à la vie.

L’enquête TEACH Secondary est un diagnostic. Le Plan quinquennal est un remède. Reste à appliquer le traitement. Pour que l’école congolaise, enfin, devienne ce qu’elle devrait toujours être : un lieu d’épanouissement, de découverte, de réussite pour tous.

EXETAT et TENASOSP 2026 : des frais ajustés aux réalités de chaque province

L’examen national approche. En République démocratique du Congo, les frais de participation à l’Examen d’État (EXETAT) et au Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP) pour l’édition 2025-2026 varient selon les provinces. Fixés par les gouverneurs, les montants vont de 30 000 à 100 000 francs congolais (FC) selon le niveau et le cycle. Une décentralisation tarifaire qui vise à garantir l’équité et l’égalité des chances entre les candidats, en tenant compte des réalités économiques et logistiques de chaque région.

Les dates des épreuves ont également été communiquées. Le TENASOSP se déroulera les jeudi 11 et vendredi 12 juin 2026 sur l’ensemble du territoire. L’EXETAT, quant à lui, débutera le 4 mai 2026 avec la dissertation pour le cycle long, puis les épreuves techniques, l’oral de français, la pratique professionnelle, et enfin la session ordinaire prévue du 22 au 25 juin 2026.

Une décentralisation tarifaire pour l’équité

Conformément à la loi en vigueur, les montants des frais sont fixés par les gouverneurs de province, en fonction des réalités économiques et des contraintes logistiques de chaque juridiction.

L’objectif est de ne pas pénaliser les candidats des provinces les plus pauvres, où le coût de la vie est plus bas, tout en permettant aux provinces plus riches de financer l’organisation des examens dans de bonnes conditions.

La décentralisation administrative, inscrite dans la Constitution de 2006, trouve ici une application concrète. Les provinces ont gagné en autonomie, notamment en matière éducative. Elles peuvent adapter les règles nationales à leurs contextes locaux.

Calendrier officiel du TENASOSP 2026

Le TENASOSP, test qui permet d’orienter les élèves de la 8e année (anciennement 2e secondaire) vers les sections générales, techniques ou professionnelles, se déroulera sur deux jours.

  • Jeudi 11 juin 2026 : épreuves écrites (français, mathématiques, culture générale)

  • Vendredi 12 juin 2026 : épreuves spécifiques selon les options

Le test a lieu dans tous les établissements scolaires publics et privés agréés, sur toute l’étendue du territoire.

Calendrier de l’EXETAT 2026

L’Examen d’État, qui sanctionne la fin du cycle secondaire (6e secondaire), se déroule en plusieurs phases.

Pour le cycle long (humanités générales, pédagogie, arts, etc.) :

  • Dissertation : 4 mai 2026

  • Épreuves techniques (mathématiques, sciences, langues, etc.) : 5 mai 2026

  • Oral de français : du 6 au 9 mai 2026 (épreuve individuelle devant un jury)

  • Pratique professionnelle (pour les options techniques) : du 11 au 18 mai 2026

  • Session ordinaire (épreuves écrites nationales) : du 22 au 25 juin 2026

Pour le cycle court (formation professionnelle) :

  • Rédaction : 4 mai 2026

  • Pratique professionnelle : du 11 au 18 mai 2026

  • Session ordinaire : du 22 au 25 juin 2026

Grille des frais par province

Les frais varient considérablement d’une province à l’autre. Voici un aperçu.

Province TENASOSP EXETAT hors session EXETAT session ordinaire
Bas-Uélé 50 000 FC 75 000 FC 75 000 FC
Équateur 40 000 FC 96 000 FC 86 000 FC
Haut-Katanga 40 000 FC 100 000 FC 60 000 FC
Haut-Lomami 30 000 FC 80 000 FC 55 000 FC
Haut-Uélé 35 000 FC 60 000 FC 55 000 FC
Ituri 30 000 FC 75 000 FC 50 000 FC
Kasaï 35 000 FC 70 000 FC 55 000 FC
Kasaï Central 46 000 FC 72 000 FC 55 000 FC

Le Kasaï-Oriental applique une tarification spécifique selon les cycles. Pour l’EXETAT, la hors session coûte 52 000 FC pour le cycle long et 40 000 FC pour le cycle court. La session ordinaire est fixée à 42 000 FC (cycle long) et 40 000 FC (cycle court).

Les écarts sont parfois importants. L’Équateur facture 96 000 FC pour la hors session, tandis que l’Ituri n’en demande que 75 000 FC. Le Haut-Katanga est la province la plus chère pour la hors session (100 000 FC), mais la moins chère pour le TENASOSP (40 000 FC) après le Haut-Lomami et l’Ituri (30 000 FC).

La justification des écarts

Les autorités provinciales justifient ces écarts par plusieurs facteurs.

  • Niveau de vie local : le coût de la vie est plus élevé à Lubumbashi (Haut-Katanga) qu’à Bunia (Ituri). Les frais doivent être adaptés.

  • Logistique : organiser un examen dans des zones enclavées (haut-Uélé, Ituri) coûte plus cher que dans des centres urbains bien desservis (Kinshasa, Lubumbashi).

  • Disponibilité des correcteurs : dans certaines provinces, il faut faire venir des correcteurs d’ailleurs, ce qui augmente les coûts.

  • Volonté politique : certains gouverneurs veulent favoriser l’accès à l’éducation en fixant des frais bas. D’autres privilégient la qualité de l’organisation, quitte à augmenter les frais.

La question de l’égalité des chances

La décentralisation tarifaire soulève une question : ne crée-t-elle pas des inégalités entre les candidats ?

Un élève de l’Itouri paie 30 000 FC pour le TENASOSP, tandis qu’un élève du Kasaï Central en paie 46 000. Le premier est avantagé. Mais à l’inverse, l’élève du Haut-Katanga paie 100 000 FC pour la hors session EXETAT, contre 52 000 au Kasaï-Oriental. Le second est avantagé.

Les disparités sont complexes. Certains candidats pourraient être tentés de s’inscrire dans une province voisine où les frais sont plus bas. Les autorités doivent veiller à éviter les fraudes (fausses résidences, inscriptions multiples).

L’idéal serait des frais nationaux uniformes, mais la réalité économique des provinces ne le permet pas. La solution actuelle, imparfaite, est au moins pragmatique.

Les frais sont officiels

Tous les frais EXETAT 2026 et TENASOSP 2026 mentionnés sont officiels. Les autorités provinciales compétentes ont validé chaque montant, après concertation avec les directions provinciales de l’éducation, les syndicats d’enseignants, et les associations de parents.

Les candidats doivent se renseigner auprès de leurs écoles ou des directions provinciales pour connaître les montants exacts dans leur province. Des cas particuliers (élèves en situation de handicap, orphelins, etc.) peuvent bénéficier d’exonérations.

L’enjeu de la gratuité

Le gouvernement congolais a instauré la gratuité de l’enseignement primaire public. Mais au secondaire, des frais sont encore demandés. L’EXETAT et le TENASOSP représentent un coût non négligeable pour les familles.

Des associations de parents plaident pour la gratuité totale de ces examens, ou au moins pour une prise en charge par l’État. Le gouvernement, lui, argue que les budgets de l’éducation sont limités, et que la participation des familles est nécessaire.

Le débat est loin d’être clos.

Les dates à retenir

Pour les candidats, les dates sont plus importantes que les frais.

  • TENASOSP : 11 et 12 juin 2026

  • EXETAT (début des épreuves) : 4 mai 2026

  • EXETAT (session ordinaire) : 22 au 25 juin 2026

La réussite à ces examens ouvre les portes de l’enseignement supérieur (pour l’EXETAT) ou permet une orientation vers des filières professionnelles (pour le TENASOSP).

Préparation et sérénité

Le ministère de l’Éducation nationale appelle les candidats à la sérénité. Les frais sont fixés, les dates sont connues. Il ne reste plus qu’à réviser.

Les écoles sont invitées à organiser des séances de révision, des simulations d’examen, et à soutenir les élèves en difficulté.

Les parents sont encouragés à motiver leurs enfants, à leur fournir un cadre de travail propice, et à ne pas ajouter de stress inutile.

L’enjeu est de taille. L’EXETAT et le TENASOSP sont des moments clés dans la vie des jeunes Congolais. Ils déterminent, en partie, leur avenir.

Avec des frais adaptés aux réalités locales, le gouvernement espère que tous les candidats, où qu’ils vivent, auront les mêmes chances de réussite. L’égalité des chances ne se décrète pas. Elle se construit, avec des moyens, une volonté politique, et l’implication de tous.

Les examens de 2026 seront un test. Pour les élèves, bien sûr. Mais aussi pour le système éducatif congolais, qui doit prouver qu’il peut organiser des épreuves nationales de qualité, dans un pays continental aux défis immenses.

Rendez-vous en mai et juin. Les plumes et les calculatrices chaufferont. Les résultats, eux, tomberont en juillet. Et la vie, pour des milliers de jeunes, prendra un nouveau tournant.

Judith Suminwa à Washington : le potentiel hydraulique de la RDC au service de la sécurité mondiale

En marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a participé le 15 avril 2026 au lancement de l’initiative mondiale « Water Forward ». Accompagnée d’une délégation ministérielle de haut niveau, elle a plaidé pour faire du potentiel hydraulique exceptionnel de la RDC un levier de solution aux crises majeures de l’humanité : stress hydrique, transition énergétique et sécurité alimentaire.

Un patrimoine hydrique au service du monde

La RDC dispose de l’une des plus importantes réserves mondiales d’eau douce, un atout qui en fait un pilier de la sécurité environnementale et alimentaire globale. Selon les données internationales, l’eau soutient 1,7 milliard d’emplois dans le monde, un chiffre qui donne la mesure des enjeux.

« Le potentiel hydraulique congolais ne constitue pas seulement un atout national, mais une offre de solution concrète aux problèmes internationaux », a souligné la Première ministre.

Cette ressource stratégique place la RDC au cœur des discussions sur la résilience climatique et la décarbonation de l’économie mondiale, alors que les pénuries d’eau menacent déjà plusieurs régions du globe.

La RDC, « pays solution » face aux crises globales

L’initiative « Water Forward », lancée ce 15 avril, vise à coordonner les réformes mondiales autour de la gouvernance de l’eau. Pour la RDC, cette plateforme est une opportunité d’accélérer la transformation de ses systèmes hydrauliques en moteurs de création d’emplois et de stabilité économique.

Judith Suminwa a décliné cette vision autour de trois axes :

Axe stratégique Objectif pour la RDC
Eau et énergie Développement hydroélectrique pour l’industrie et les ménages
Eau et agriculture Sécurisation des récoltes et réduction de la dépendance alimentaire
Eau et climat Valorisation des forêts et des bassins comme puits de carbone

 

Cette approche s’inscrit dans la stratégie plus large du « Pays-Solution », où la RDC met en avant ses ressources (eau, minerais critiques, forêts) comme des leviers de réponse aux dérèglements climatiques mondiaux.

Des projets structurants soutenus par la Banque mondiale

Tout au long de son séjour à Washington, la Première ministre a multiplié les séances de travail avec les dirigeants de la Banque mondiale. Les discussions ont porté sur trois chantiers prioritaires :

  1. Le développement d’infrastructures majeures : modernisation des réseaux de distribution d’eau et renforcement de la capacité hydroélectrique (notamment sur le fleuve Congo et ses affluents).

  2. Les réformes prioritaires et le climat des affaires : amélioration de la gouvernance sectorielle pour attirer des investissements massifs et durables, publics comme privés.

  3. La valorisation du « Pays-Solution » : construction d’un récit et d’un portefeuille de projets bancables autour des ressources naturelles congolaises.

Pourquoi l’eau est devenue un enjeu géopolitique majeur

Le timing de cette intervention n’est pas anodin. Plusieurs signaux mondiaux convergent :

  • Stress hydrique croissant : des régions entières (Afrique du Nord, Moyen-Orient, Inde, Californie) subissent des pénuries récurrentes.

  • Transition énergétique : l’hydroélectricité est une énergie pilotable et bas-carbone, complémentaire du solaire et de l’éolien.

  • Sécurité alimentaire : l’agriculture irriguée dépend directement de la disponibilité en eau douce.

Dans ce contexte, le bassin du Congo, avec ses fleuves, lacs et nappes phréatiques, apparaît comme une infrastructure naturelle d’intérêt mondial. Sa préservation et sa valorisation dépassent le cadre national.

Les prochaines étapes pour la RDC

La participation de Judith Suminwa à « Water Forward » n’est qu’une étape. Pour que le potentiel hydraulique congolais devienne réellement un levier de développement, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • Sécuriser les financements : mobiliser la Banque mondiale, la SFI et les bailleurs bilatéraux.

  • Renforcer les capacités institutionnelles : former les régulateurs et opérateurs du secteur de l’eau et de l’électricité.

  • Protéger les bassins versants : lutter contre la déforestation et les pollutions minières.

  • Développer des partenariats public-privé : attirer les opérateurs internationaux pour la construction de barrages et de stations de traitement.

Une vision stratégique pour la RDC et le monde

En positionnant le potentiel hydraulique congolais au cœur de la sécurité mondiale, Judith Suminwa envoie un signal fort : la RDC n’entend plus être seulement un fournisseur de matières premières, mais un acteur de solutions globales. L’initiative « Water Forward » lui offre une tribune pour porter cette ambition.

Reste à transformer le discours en actes. Les prochains mois seront décisifs pour que les projets structurants évoqués à Washington sortent des cartons et commencent à irriguer l’économie congolaise – et, à terme, à contribuer à la résilience hydrique de la planète.

Négociations avec l’AFC/M23 : Jean-Félix Mupande dément toute participation

Sa présence sur la liste des délégués de l’AFC/M23 a surpris plus d’un observateur. En effet, Jean-Félix Mupande, ancien directeur général du Cadastre Minier (CAMI), figurait comme expert dans la délégation rebelle engagée dans les négociations avec le gouvernement congolais en Suisse. Pourtant, depuis les États-Unis, l’intéressé a tenu à clarifier sa position. Dans une vidéo enregistrée le 14 avril 2026 depuis le Colorado, il affirme n’avoir aucun lien avec ce processus et rejette catégoriquement toute participation aux discussions de Genève.

Comment l’affaire a éclaté

L’affaire a éclaté lorsque la liste des douze membres de la délégation de l’AFC/M23 est devenue publique. Parmi les six experts figurait le nom de Jean-Félix Mupande, une personnalité respectée dans le secteur minier congolais. Une telle présence, si elle s’était confirmée, aurait donné une certaine crédibilité à la rébellion. Pourtant, l’intéressé a rapidement réagi.

Une vidéo pour rétablir la vérité

Dans une séquence vidéo enregistrée depuis le Colorado, Jean-Félix Mupande s’adresse directement à l’opinion publique. Il insiste sur sa présence actuelle en laboratoire, loin de toute activité diplomatique. Voici ce qu’il déclare pour couper court aux spéculations : « Je t’envoie cette vidéo pour te montrer que je suis au laboratoire actuellement, au moment où tout le monde pense que je suis parti à Genève. »

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/paix-en-rdc-la-rebellion-afc-m23-devoile-sa-delegation-pour-les-pourparlers-en-suisse/

L’image le montre effectivement dans un laboratoire, entouré d’équipements scientifiques. Une preuve, selon lui, qu’il n’a jamais quitté les États-Unis.

« Je n’ai jamais été contacté »

Jean-Félix Mupande affirme n’avoir jamais été approché pour prendre part à ces négociations. Aucune autorité ni aucun représentant ne l’a sollicité, selon ses propres mots. « Il faudrait que tu saches que je n’ai jamais été contacté », insiste-t-il, rejetant toute idée d’implication, directe ou indirecte, dans ce processus politique. Par conséquent, il dément formellement toute adhésion à l’AFC/M23, tout lien avec la rébellion, et toute participation aux pourparlers de Genève.

Des activités académiques incompatibles avec la politique

Actuellement engagé dans ses travaux académiques à la Colorado School of Mines, le chercheur souligne l’incompatibilité entre ses activités scientifiques et une éventuelle participation à des pourparlers politiques. « Il n’a jamais été dans mes intentions d’abandonner mes activités académiques pour aller participer à des négociations », précise-t-il avec fermeté.

Jean-Félix Mupande reste un scientifique reconnu. Il travaille sur la pétrologie (l’étude des roches), un domaine éloigné de la politique congolaise. De plus, il a obtenu des financements pour ses recherches et ne souhaite pas compromettre sa carrière.

Une utilisation de son nom à des fins stratégiques ?

Face à la présence de son nom sur la liste des délégués, Jean-Félix Mupande évoque une possible manœuvre visant à renforcer la crédibilité du mouvement. « Si ce nom est apparu sur cette liste, il est probable que l’autre partie ait cherché à se renforcer avec des experts », analyse-t-il, suggérant qu’une tierce personne aurait pu mentionner son nom sans son consentement.

En clair, l’AFC/M23 aurait utilisé son nom, sa réputation, sans l’en informer, pour donner plus de poids à sa délégation. Une pratique courante dans les négociations : on ajoute des noms ronflants, parfois sans les contacter, pour impressionner l’adversaire.

Un appel à être laissé en paix

Souhaitant se tenir à l’écart des polémiques, Jean-Félix Mupande réaffirme son engagement exclusif dans la recherche scientifique. « Ces roches n’ont rien à voir avec la politique », tranche-t-il, avant de lancer un appel clair : « Si vous pouvez me laisser en paix et me laisser continuer à faire ce que je fais. »

Ce message s’adresse à la fois à la rébellion, qui a utilisé son nom sans son accord, et aux médias, qui ont relayé l’information sans vérification.

Les conséquences de cette affaire pour l’AFC/M23

Cette affaire embarrasse l’AFC/M23. La rébellion s’est laissée prendre en flagrant délit de manipulation. Elle a tenté de gonfler artificiellement sa délégation avec des noms connus, sans s’assurer de leur accord. Ainsi, cela affaiblit sa crédibilité, à quelques jours du début des négociations en Suisse. Le gouvernement congolais pourrait exiger des clarifications, voire refuser de négocier avec une délégation dont la composition est frauduleuse.

Jean-Félix Mupande, lui, n’a pas fini d’être interrogé. Des journalistes, des diplomates, des avocats vont chercher à le contacter. Il devra peut-être fournir des preuves supplémentaires de son absence de lien avec l’AFC/M23. Pourtant, son nom restera associé à cette polémique, même s’il n’est pas responsable. Une injustice, mais un risque connu pour les personnalités publiques.

Quelle est la position de l’AFC/M23 ?

L’AFC/M23 n’a pas encore réagi officiellement. Cependant, selon des sources proches de la rébellion, la liste des délégués aurait été établie dans l’urgence, sans vérification préalable. Certains noms auraient été proposés par des tiers, ou repris d’anciennes listes. Jean-Félix Mupande, qui a occupé des fonctions importantes (directeur général du CAMI), aurait été contacté indirectement, par des intermédiaires, mais n’aurait pas répondu. Dès lors, l’AFC/M23 pourrait présenter des excuses, ou maintenir sa liste en expliquant que les délégués sont libres de refuser.

La suite des négociations

Les pourparlers entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 doivent reprendre en Suisse, sous médiation qatarie. L’ordre du jour comprend : cessez-le-feu, retrait des troupes, désarmement, retour des déplacés, réformes politiques. Néanmoins, la polémique sur la composition de la délégation rebelle pourrait perturber le début des discussions. Le gouvernement pourrait exiger une nouvelle liste, avec des noms vérifiés. Le Qatar, médiateur, appelle les deux parties à la responsabilité. L’enjeu reste trop important (la paix dans l’Est) pour être compromis par une querelle de personnes.

Un scientifique malgré lui

Jean-Félix Mupande, lui, retourne à ses roches. Il n’a jamais voulu de cette publicité. Il n’a jamais souhaité être mêlé à la politique congolaise, encore moins à une rébellion. Voici son profil : chercheur, professeur, expert. Il travaille dans un laboratoire, au Colorado, à des milliers de kilomètres de Genève et de Goma.

Son seul crime : avoir un nom connu, une réputation solide, et des compétences recherchées. L’AFC/M23 a voulu l’utiliser. Il s’y oppose fermement.

Désormais, il demande qu’on le laisse en paix. Il souhaite pouvoir continuer ses recherches, enseigner, publier, loin des intrigues, des manipulations, des mensonges. L’affaire aura au moins eu le mérite de clarifier sa position. Jean-Félix Mupande n’est pas un rebelle. Il n’est pas un négociateur. Il n’est pas un expert au service de l’AFC/M23. Non : il est un scientifique. Et il veut le rester.

Les roches, elles, ne mentent pas. Elles ne trahissent pas. Elles n’utilisent pas les noms sans consentement. Peut-être est-ce pour cela qu’il les préfère à la politique. On le comprend. Et on espère qu’on le laissera, désormais, tranquille.

RDC : la CENI dépose son rapport annuel 2024-2025 à l’Assemblée nationale

Un exercice de transparence. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a reçu, mardi 14 avril 2026, le rapport annuel d’activités de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) des mains de son président, Denis Kadima. Le document, qui couvre la période 2024-2025, fait le point sur l’organisation des scrutins, la mise à jour du fichier électoral et la préparation des élections locales. Il sera désormais examiné par les députés nationaux, qui devront se prononcer sur la gestion de l’institution et l’utilisation des fonds publics.

La cérémonie s’est déroulée à la salle des Congrès du Palais du Peuple à Kinshasa, en présence des membres du bureau de la chambre basse : le premier vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, le rapporteur Jacques Djoli Eseng’ekeli, la questeure Shimene Polipoli et la questre adjointe Grâce Neehma.

Une obligation légale et un exercice de redevabilité

Le dépôt du rapport annuel n’est pas un geste anodin. Il répond à une double exigence.

L’obligation légale, d’abord. La loi organique n°13/012 du 19 avril 2013 sur l’organisation de la CENI dispose, en son article 28, que la Commission doit transmettre ses rapports d’activités aux institutions de la République, dont l’Assemblée nationale.

L’exercice de redevabilité, ensuite. La CENI, qui gère des fonds publics considérables (plus de 1,5 milliard de dollars pour les élections de 2023), doit rendre des comptes aux représentants du peuple. Le rapport annuel est un outil de transparence et de bonne gouvernance.

Denis Kadima, en personne, a remis le document à Aimé Boji Sangara. Un geste symbolique, qui montre la volonté de la CENI de coopérer avec le Parlement.

Le bilan de la CENI selon Denis Kadima

Dans son rapport, le président de la CENI a passé en revue les principales actions de son institution.

Les avancées : organisation des élections de 2023 (présidentielle, législatives, provinciales), mise en place du fichier électoral biométrique, formation des agents, déploiement du matériel, publication des résultats.

Les défis : retards dans le paiement des fournisseurs, difficultés logistiques (transport du matériel, accès aux zones reculées), tensions politiques (contestations des résultats, violences post-électorales), insécurité dans l’Est (empêchant la tenue des scrutins dans certaines zones).

Denis Kadima a également félicité Aimé Boji Sangara pour son élection récente à la tête de l’Assemblée nationale. Il lui a souhaité plein succès dans sa mission à la deuxième institution de la République.

L’Assemblée nationale exerce son rôle de contrôle

En recevant ce rapport, le bureau de l’Assemblée nationale réaffirme son rôle de contrôle des institutions d’appui à la démocratie. Il agit dans le strict respect des textes légaux en vigueur.

Les députés ne sont pas des simples chambres d’enregistrement. Ils doivent vérifier que la CENI a bien utilisé les fonds publics, respecté les lois, et organisé des scrutins libres et transparents.

Le rapport annuel sera examiné en commission, puis débattu en plénière. Les députés pourront poser des questions, demander des documents complémentaires, et formuler des recommandations.

Trois points clés à débattre

L’examen parlementaire du rapport de la CENI portera sur trois points clés.

1. La gestion de la CENI : les députés vont analyser la gouvernance de l’institution, le respect des procédures, la gestion des ressources humaines, et les éventuels conflits d’intérêts.

2. L’utilisation des fonds publics : la CENI a dépensé des centaines de millions de dollars pour les élections de 2023. Les députés vont vérifier que l’argent a été utilisé conformément aux règles (marchés publics, contrôles internes, audits). Ils chercheront à détecter d’éventuels détournements ou gaspillages.

3. L’avancement du processus électoral : les élections locales (gouverneurs, vice-gouverneurs, conseillers communaux) sont en cours. La mise à jour du fichier électoral est un chantier permanent. Les députés vont évaluer les progrès réalisés, et identifier les obstacles.

État d’avancement des scrutins provinciaux

La CENI a récemment ouvert la campagne électorale pour l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru. La liste définitive des candidatures a été publiée. La Commission a fait une mise au point sur le budget d’organisation du scrutin.

D’autres provinces devraient suivre dans les prochains mois. Mais l’insécurité dans l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri) complique la tenue des élections. La CENI doit trouver des solutions (vote par anticipation, report, etc.) tout en respectant les délais constitutionnels.

Cadre légal actualisé pour les scrutins à venir

Le rapport annuel 2024-2025 de la CENI mentionne la préparation des élections locales en cours. La mise à jour du fichier électoral est un chantier clé.

La CENI doit enregistrer les nouveaux majeurs, radier les décédés, corriger les doublons, et intégrer les données biométriques (photos, empreintes). Un fichier électoral fiable est la condition sine qua non de scrutins crédibles.

La Commission a également actualisé son cadre légal (lois, règlements, manuels de procédure) pour tenir compte des enseignements des élections passées.

Les enjeux actuels du processus électoral en RDC

Plusieurs enjeux pèsent sur le processus électoral en RDC.

Logistique et financement : la CENI communique spécifiquement sur les budgets, comme pour le Sankuru. Les défis logistiques (transport, stockage, déploiement du matériel) et financiers (mobilisation des fonds, maîtrise des coûts) restent au cœur du processus.

Redevabilité : la CENI vient de déposer son rapport annuel à l’Assemblée nationale. Les députés vont l’examiner, et pourront demander des comptes. Un signal de transparence envoyé aux partenaires internationaux (Union européenne, États-Unis, ONU).

Sécurité : l’accord stratégique RDC-États-Unis, signé en décembre 2025, visait notamment à répondre à la crise sécuritaire provoquée par les rebelles de l’AFC/M23 (soutenus par le Rwanda). L’insécurité dans l’Est impacte le processus électoral (empêchement des campagnes, destruction des bureaux de vote, déplacement des électeurs).

La suite de la procédure

Le rapport de la CENI va maintenant être examiné par la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée nationale. Cette commission pourra auditionner Denis Kadima et ses collaborateurs, et demander des documents complémentaires.

Elle rédigera ensuite un rapport, qui sera soumis à la plénière. Les députés voteront sur les conclusions de la commission, et pourront adopter des résolutions (approbation de la gestion, critiques, recommandations).

Le gouvernement, lui, devra prendre en compte ces résolutions dans sa propre évaluation de la CENI, et dans la préparation des prochains scrutins.

Un test pour la CENI et pour l’Assemblée nationale

Le dépôt du rapport annuel est un test pour la CENI, qui doit prouver sa transparence et son efficacité. C’est aussi un test pour l’Assemblée nationale, qui doit montrer sa capacité à contrôler les institutions, sans complaisance ni démagogie.

Les députés ont l’occasion de faire œuvre utile, en vérifiant la gestion des fonds publics, en identifiant les failles du système électoral, et en proposant des améliorations.

Les citoyens congolais, eux, attendent des actes. Ils veulent des élections libres et transparentes, des institutions fiables, et des dirigeants responsables.

Le rapport annuel de la CENI est une pièce du puzzle. Il appartient aux députés de jouer leur rôle. Pour la démocratie congolaise, pour la crédibilité des institutions, pour l’avenir du pays.

Motion de défiance contre Shabani : le député Laddy Yangotikala se met en retrait de son parti

Un geste fort. Le député national Laddy Yangotikala Senga, initiateur de la motion de défiance contre le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a annoncé son retrait temporaire de ses fonctions politiques au sein de son parti. Objectif : se consacrer pleinement à la procédure parlementaire en cours. Dans un message publié sur Facebook, l’élu de Kisangani-Ville justifie sa décision par « la gravité de la situation sécuritaire » qui touche plusieurs villes du pays, de Beni à Lubumbashi, en passant par Kisangani et Boma.

La motion de défiance, déposée le 13 avril 2026, secoue la majorité présidentielle. Jamais un député de l’Union sacrée n’avait osé défier aussi ouvertement un membre du gouvernement. En se mettant en retrait de son parti, Laddy Yangotikala franchit un nouveau cap.

« Un esprit de responsabilité et d’engagement républicain »

Dans son post, le député affirme agir « dans un esprit de responsabilité et d’engagement républicain ». Il précise vouloir se consacrer entièrement à la démarche engagée visant la déchéance du ministre de l’Intérieur.

« Je fais ce choix pour agir avec toute la détermination et la disponibilité nécessaires afin que la sécurité des Congolais redevienne une priorité réelle et effective », a-t-il déclaré.

Laddy Yangotikala est président ad intérim de l’Action des Volontaires pour la Relève Patriotique (AVRP), un parti politique membre de l’Union sacrée. En se retirant temporairement de ses fonctions, il évite tout conflit d’intérêts, et montre qu’il met son mandat de député au-dessus de ses responsabilités partisanes.

Une insécurité généralisée

Le député justifie sa motion par « la gravité de la situation sécuritaire » que traverse le pays. Selon lui, la criminalité et l’insécurité atteignent un niveau préoccupant dans plusieurs villes.

Il cite notamment :

  • Beni : les groupes armés (ADF, M23, etc.) sévissent dans la région, les attentats et les massacres de civils sont fréquents.

  • Butembo : ville commerçante du Nord-Kivu, touchée par les violences et les enlèvements.

  • Kisangani : sa propre circonscription, où l’insécurité grandissante inquiète les habitants.

  • Lubumbashi : la capitale économique du pays, confrontée à une recrudescence des vols à main armée et des kidnappings.

  • Boma et Moanda : villes portuaires du Kongo-Central, où la criminalité transfrontalière (contrebande, trafic de drogue, immigration clandestine) est en hausse.

Les populations vivent dans la peur, dénonce le député. Les opérations de police (Ndobo, etc.) n’ont pas endigué le phénomène. L’État est défaillant. Les autorités locales sont parfois complices.

Une procédure parlementaire en cours

La motion de défiance a été déposée le 13 avril 2026. Elle a été déclarée recevable par le bureau de l’Assemblée nationale, puis envoyée à la commission de l’Intérieur pour examen.

La commission doit auditionner le ministre Shabani, recueillir des témoignages, et rédiger un rapport. Ce rapport sera soumis à la plénière, qui votera la motion à la majorité simple.

Si la motion est adoptée, le président Tshisekedi devra limoger le ministre. Si elle est rejetée, le ministre sera conforté, mais sa position restera fragile.

Laddy Yangotikala, en se retirant de ses fonctions partisanes, montre sa détermination. Il entend mener cette procédure jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte.

Les réactions politiques

La décision du député a suscité de nombreuses réactions.

  • Soutien : certains députés de l’opposition, et même quelques membres de la majorité, saluent le courage de Laddy Yangotikala. Ils estiment que l’insécurité est un sujet trop grave pour être traité avec légèreté, et que le ministre Shabani doit rendre des comptes.

  • Critiques : d’autres, au sein de l’Union sacrée, accusent le député de vouloir déstabiliser le gouvernement, de jouer un jeu personnel, ou de faire le jeu de l’opposition.

  • Attentisme : la plupart des députés attendent de voir l’évolution de la procédure avant de se positionner.

Le ministre Shabani, lui, n’a pas encore réagi officiellement. Ses proches affirment qu’il est serein, qu’il a confiance en la justice parlementaire, et qu’il répondra point par point aux accusations.

Les enjeux de la motion

La motion de défiance contre Jacquemain Shabani est un test pour la majorité présidentielle. Si elle échoue, le gouvernement sera conforté, mais la question de l’insécurité restera posée. Si elle réussit, ce sera un désaveu cinglant pour le ministre, et pour le président Tshisekedi qui l’a nommé.

Les enjeux sont aussi politiques. Laddy Yangotikala, en se mettant en retrait de son parti, se pose en homme d’État, au-dessus des considérations partisanes. Un profil qui pourrait lui servir dans l’avenir, pour une candidature à un poste plus élevé.

L’opposition, elle, observe. Si la motion échoue, elle pourra dénoncer le « verrouillage » de l’Assemblée nationale par la majorité. Si elle réussit, elle pourra revendiquer le mérite d’avoir inspiré cette initiative.

La suite de la procédure

La commission de l’Intérieur doit auditionner le ministre Shabani dans les prochains jours. Laddy Yangotikala, en tant qu’initiateur, pourra être entendu, et pourra présenter ses preuves (statistiques, témoignages, rapports).

La commission rédigera ensuite son rapport, qui sera soumis à la plénière. Le vote pourrait avoir lieu d’ici la fin du mois d’avril.

En attendant, le député Laddy Yangotikala se consacre désormais exclusivement à cette mission. Il a quitté temporairement ses fonctions au sein de l’AVRP, et se tient à la disposition de l’Assemblée nationale.

Un appel à l’unité

Dans son message, le député a appelé ses collègues à l’unité et à la responsabilité. « La sécurité des Congolais n’est pas une affaire de parti, c’est une affaire nationale », a-t-il écrit.

Il a invité les députés de tous bords à soutenir sa motion, ou au moins à ne pas la bloquer par des manœuvres politiciennes. « L’heure est grave. Les citoyens meurent. Les familles sont en deuil. Nous devons agir. »

Un appel qui pourrait être entendu, ou ignoré. L’Assemblée nationale, souvent critiquée pour son manque de sérieux et son clientélisme, a l’occasion de montrer qu’elle est capable de jouer son rôle de contre-pouvoir.

L’issue de la motion dépendra de la capacité de Laddy Yangotikala à convaincre ses collègues, et de la pression de l’opinion publique.

Un précédent ?

Quelle que soit l’issue de cette motion, elle constitue un précédent. Jamais un député de la majorité n’avait défié aussi ouvertement un ministre. Jamais un député ne s’était mis en retrait de son parti pour se consacrer à une procédure parlementaire.

Laddy Yangotikala a montré qu’un élu pouvait agir avec indépendance et courage. Il a montré que l’Assemblée nationale pouvait être une arène de débats sérieux, et non une simple chambre d’enregistrement.

Les prochains jours diront si cette motion aboutira, ou si elle sera étouffée. Mais une chose est sûre : Laddy Yangotikala a marqué les esprits. Et l’insécurité, trop longtemps négligée, est désormais au cœur du débat politique congolais.

Le député a fait son devoir. Reste aux autres à faire le leur. Pour la sécurité des Congolais, pour la crédibilité des institutions, pour l’avenir de la démocratie.