Guy Kabombo en mission à Muanda : restructuration militaire et lutte contre les fake news

MUANDA – Le Vice-Premier ministre de la Défense nationale, Me Guy Kabombo Muandiamvita, a enchaîné les visites stratégiques ce mercredi dans la ville de Muanda, au Kongo Central. Au programme : restructuration de la base navale, lutte contre la désinformation et remontée en puissance de l’armée congolaise.

Une base navale en transformation

À la base navale de Banana, le ministre a présidé un briefing décisif. Première annonce majeure : la nécessité de délocaliser cette base vers le camp Kindofula. « Le Vice-Premier ministre a insisté sur l’accélération des travaux de construction de la deuxième phase de Kindofula », rapporte-t-on sur place.

L’objectif est double : libérer l’espace pour faire avancer les travaux du port en eau profonde de Banana, projet stratégique pour la RDC, et moderniser les infrastructures militaires. Le ministre a également promis des « solutions urgentes » pour les demandes du commandant de la base, incluant le déplacement des élèves, la dotation d’ambulances et la construction d’un centre de santé.

Chasse aux fake news à la mairie

Dans un geste inédit, Me Kabombo s’est rendu à la mairie de Muanda pour vérifier en personne des allégations virales sur les réseaux sociaux. Ces rumeurs prétendaient que certains élèves avaient été renvoyés du camp Baki en raison de leur appartenance linguistique.

« Après vérification sur place, il s’agissait du renvoi des tierces personnes qui se faisaient passer pour des recrus alors qu’il n’en était pas le cas », a constaté le ministre, démontrant la détermination du gouvernement à combattre la désinformation qui mine le moral des troupes.

Soutien aux futurs cadres de l’armée

Le ministre a ensuite tenu une « causerie morale » avec les stagiaires sous-officiers et les recrues en formation au centre d’instruction de Kitona. Au nom du président Félix Tshisekedi, il a encouragé ces jeunes à « combattre pour la nation en cette période d’agression ».

Sans langue de bois, les élèves militaires ont soulevé leurs préoccupations : amélioration de la qualité de formation, dotation en matériel moderne et conditions sociales. Le VPM a promis de transmettre ces doléances au président de la République et à la Première ministre Judith Suminwa.

Un message fort pour les femmes soldats

Enfin, le ministre a rencontré les militaires évacués de Goma, leur assurant le soutien du gouvernement en attendant leur redéploiement. Un message particulier a été adressé à la Première ministre de la part d’une PMF (Police Militaire Féminine) sollicitant son soutien pour « défendre la patrie contre les agresseurs et assurer la protection des femmes victimes d’agression sexuelle à l’Est ».

Cette visite marathon démontre la volonté du gouvernement de redynamiser l’armée congolaise sur tous les fronts : infrastructure, formation et moral des troupes, alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires majeurs dans l’Est du pays.

La recette inédite du gouvernement pour opérer la métamorphose économique

KINSHASA – La République Démocratique du Congo entre dans une ère de transformation radicale. Ce mercredi, lors de la 10ᵉ édition de l’Expo Béton, le ministre d’État Guylain Nyembo a dévoilé la feuille de route gouvernementale pour reconstruire le pays autour d’un investissement pharaonique de 100 milliards de dollars. Un projet placé sous le signe de l’audace et de la planification rigoureuse.

Une vision articulée autour de 6 piliers stratégiques

Face à un parterre de décideurs et sous le haut patronage de la Première ministre Judith Suminwa, représentante personnelle du président Félix Tshisekedi, le ministre a présenté une approche structurée et inclusive :

  • Valorisation du capital humain : Former et impliquer les Congolais dans la reconstruction nationale

  • Projets structurants : Mise en œuvre ambitieuse du PDL-145T, un programme de développement local aux impacts nationaux

  • Bonne gouvernance : Transparence et efficacité comme leviers de confiance

  • Rationalisation des investissements publics : Optimiser chaque dollar investi

  • Attractivité économique : Faire de la RDC une destination privilégiée pour les investisseurs

  • Coordination de l’aide extérieure : Mettre la coopération internationale au service des priorités congolaises

Une RDC qui « n’avance pas en se plaignant, mais avec détermination »

« La RDC ne se plaint pas ; elle avance avec résilience, détermination et dignité sur la voie de son développement », a affirmé Guylain Nyembo, résumant l’état d’esprit qui anime le gouvernement.

Pour lui, le pays doit désormais miser sur un leadership économique fort et une synergie public-privé pour transformer son immense potentiel en richesses tangibles et durables.

Alors que l’Expo Béton consacre son édition anniversaire à cette ambition nationale, un message fort est envoyé aux partenaires techniques et financiers : la RDC a choisi de reprendre en main son destin, avec une vision claire, des projets concrets et une détermination sans faille. La reconstruction ne sera pas qu’une affaire de béton, mais bien une métamorphose humaine, économique et institutionnelle.

Judith Suminwa dévoile un plan de 100 milliards $ pour « rebâtir le pays »

KINSHASA – La Première ministre Judith Suminwa a frappé fort. Ce mercredi, elle a annoncé un plan d’investissement de 100 milliards de dollars américains pour transformer en profondeur les infrastructures de la République Démocratique du Congo. Cette annonce a marqué l’ouverture de la 10e édition du Salon Expo Béton, un événement désormais incontournable pour le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Devant un public de professionnels et de décideurs réunis au Centre culturel de Kinshasa, la cheffe du gouvernement a appelé à l’unité et à l’action. « Le thème de cette édition — Catalyser une transformation audacieuse pour le XXIe siècle — n’est pas une incantation. C’est un cadre mobilisateur, un contrat collectif et un devoir de résultat », a-t-elle affirmé.

Judith Suminwa a dessiné les grandes lignes d’une vision modernisatrice : infrastructures durables, développement urbain, corridors économiques et zones économiques spéciales.

Expo Béton, vitrine d’une nouvelle ambition congolaise

Le président d’Expo Béton, Jean Bamanisa, a salué la « maturité » de cet événement devenu « une institution incontournable du secteur de la construction ». Selon lui, la RDC entre dans une phase où elle veut passer « des paroles aux actes » en matière de développement.

L’idée de ce projet pharaonique avait été soumise au président Félix Tshisekedi dès le mois de mai. « Nous étions convaincus que la RDC ne s’éterniserait pas dans les conflits. Sous son leadership, le pays aspire désormais à un développement concret », a déclaré Bamanisa.

Le plan, estimé à 100 milliards de dollars, repose sur quatre axes majeurs :

  • Le développement des villes et des corridors économiques ;

  • La création de zones économiques spéciales ;

  • La modernisation des réseaux de transport ;

  • La construction d’infrastructures durables et résilientes.

Malgré les tensions persistantes à l’Est, le gouvernement congolais veut envoyer un message clair : le Congo choisit la croissance et la reconstruction. Expo Béton devient ainsi le symbole d’un pays qui croit à sa renaissance et mise sur ses propres ressources pour bâtir l’avenir.

Coup d’État avorté en RDC : le procès explosif qui attend les Américains

WASHINGTON/KINSHASA – L’affaire Malanga prend une nouvelle tournure. Les Américains Marcel Malanga et Tyler Thompson, condamnés à mort en RDC puis graciés, devront finalement être jugés par la justice fédérale américaine. Leur procès, prévu pour avril 2026, s’annonce explosif.

Retour sur les faits. Dans la nuit du 19 mai 2024, un commando armé dirigé par Christian Malanga, père de Marcel, attaque le Palais de la Nation à Kinshasa. La scène, filmée en direct, montre des hommes décidés à renverser le pouvoir. La riposte des forces loyalistes est immédiate : Christian Malanga est abattu et plusieurs complices, dont trois ressortissants américains, sont arrêtés.

Parmi eux : Marcel Malanga, Tyler Thompson et Benjamin Zalman-Polun. Leur condamnation à mort par un tribunal militaire congolais en septembre 2024 choque l’opinion internationale.

Un procès sous tension et sous secret défense

En avril 2025, le président Félix Tshisekedi accorde une grâce présidentielle, commuant leur peine en prison à perpétuité. Ce geste diplomatique permet leur rapatriement aux États-Unis, où le ministère de la Justice lance immédiatement de nouvelles poursuites.

Les chefs d’accusation sont lourds :

  • complot pour fournir un soutien à une force rebelle,

  • complot pour utiliser des armes de destruction massive,

  • complot pour bombarder des bâtiments gouvernementaux,

  • complot pour tuer ou enlever des personnes à l’étranger.

Mais le dossier se distingue par sa dimension secrète. Des sources judiciaires confirment la présence de documents classifiés, susceptibles d’imposer des audiences à huis clos. Cette confidentialité rendra la défense particulièrement complexe, notamment pour l’accès aux preuves collectées en RDC.

Dans l’Utah, les familles de Marcel Malanga et Tyler Thompson affirment qu’ils ont été « manipulés » et « trompés » sur la nature réelle de leur mission. Cet argument pourrait devenir central lors du procès.

À mesure que s’approche avril 2026, une certitude se dessine : ce procès ne sera pas seulement judiciaire. Il révélera aussi les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Washington, et lèvera peut-être le voile sur l’une des tentatives de déstabilisation les plus audacieuses de l’histoire récente de la RDC.

l’ExpoBéton 2025, vitrine de la reconstruction et des ambitions industrielles

KINSHASA – La capitale congolaise s’anime pour la 10ᵉ édition d’ExpoBéton 2025, un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs des infrastructures, de l’énergie et de la construction en RDC.

À la veille de l’ouverture, le promoteur Jean Bamanisa Saidi a dévoilé les ambitions de cette édition anniversaire. « Cette édition est placée sous le signe de la reconstruction et du développement durable de la RDC », a-t-il déclaré sur Radio Okapi.

Dans un contexte marqué par les défis d’urbanisation et de relance économique, ExpoBéton 2025 veut servir de catalyseur d’idées et de solutions concrètes. Les discussions porteront sur la modernisation des infrastructures publiques et le développement durable des grandes villes du pays.

Des infrastructures à la hauteur des ambitions congolaises

Jean Bamanisa a rappelé la priorité du forum : investir dans des infrastructures résilientes et durables. Pour lui, la qualité des constructions conditionne la croissance économique et l’intégration régionale de la RDC.

Depuis dix ans, ExpoBéton 2025 réunit entrepreneurs, investisseurs, décideurs publics et experts internationaux. L’édition 2025 s’annonce comme la plus ambitieuse, à l’image des besoins massifs en infrastructures du pays.

Alors que Kinshasa s’apprête à accueillir des centaines de professionnels, les attentes sont grandes. Les participants espèrent voir émerger des innovations, des partenariats et surtout une nouvelle dynamique de reconstruction nationale. Dans un pays où le déficit infrastructurel reste important, ExpoBéton 2025 incarne plus que jamais l’espoir d’une transformation durable et inclusive.

Massacre de Lemera : le jour où le Dr Mukwege a basculé

BUKAVU – La nuit du 6 octobre 1996 aurait pu être une nuit comme les autres à l’hôpital de Lemera. Elle est devenue l’événement qui allait changer le visage de la médecine congolaise. Vingt-neuf ans plus tard, le Dr Denis Mukwege se souvient, la voix empreinte d’une émotion intacte.

La nuit de l’horreur

« Des patients abattus dans leur lit à bout portant. Le personnel, incapable de fuir, exécuté de sang-froid. » Sur son compte X, le Prix Nobel de la paix 2018 décrit avec une précision glaçante le massacre qui a coûté la vie à plus de trente personnes. Lui-même échappe de justesse à la mort.

« Je ne pouvais pas imaginer que ce n’était que le début », écrit celui qui allait devenir le célèbre « réparateur des femmes ».

L’exil fondateur

Contraint de fuir Lemera, le médecin refuse d’abandonner. Trois ans après le drame, il pose les fondations de l’hôpital de Panzi à Bukavu. Ce qui n’était qu’un modeste dispensaire deviendra un centre mondialement reconnu pour la prise en charge des victimes de violences sexuelles.

Sa première patiente à Panzi ? « Une victime de viol ayant reçu un coup de feu dans ses organes génitaux. » Le Dr Mukwege se souvient : « La violence macabre ne connaissait aucune limite. »

Le combat inachevé

Près de trois décennies plus tard, le constat est amer. « Cette violence malheureusement ne s’est jamais arrêtée », déplore-t-il, alors que l’Est de la RDC continue de brûler.

Lemera n’est pas qu’un souvenir. C’est le point de départ d’un combat qui a valu au gynécologue la reconnaissance mondiale, mais aussi de multiples menaces. Aujourd’hui encore, il continue de plaider pour la vérité et la justice, portant la mémoire des victimes comme un étendard.

Dans les couloirs de Panzi, où des milliers de femmes ont retrouvé espoir, l’écho de Lemera résonne toujours. Rappel douloureux que les héros naissent souvent dans l’horreur, et que les plus belles légumes poussent sur les terres les plus meurtries.

RDC-Rwanda : le bras de fer silencieux qui bloque le retour des réfugiés

GENÈVE – Derrière les beaux discours diplomatiques, une réalité cruelle persiste : des centaines de milliers de Congolais errent en exil tandis que leur terre natale reste sous la coupe de combattants. À la tribune des Nations Unies, Kinshasa a jeté un pavé dans la mare en posant des conditions inflexibles pour le retour de ses réfugiés.

Les trois lignes rouges de Kinshasa

La position congolaise, portée par le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani à Genève, est sans équivoque : pas de retour sous la botte du M23. Le gouvernement exige trois préalables non-négociables :

  1. Un cessez-le-feu effectif

  2. La restauration de l’autorité de l’État congolais

  3. La vérification de la nationalité des candidats au retour

« Ce retour que nous souhaitons durable devra être accompagné des activités de réintégration et de reconstruction post-conflit », a précisé le ministre, soulignant la nécessité d’une « cohabitation pacifique » entre rapatriés et communautés locales.

L’énorme défi humanitaire

Les chiffres donnent le vertige. Rien qu’en Ouganda, plus de 600 000 Congolais survivent dans des camps de réfugiés. Neuf pays voisins au total abritent des exilés fuyant les violences dans l’Est de la RDC.

Pendant ce temps, sur le terrain, la rébellion du M23 – soutenue selon Kinshasa par Kigali – continue son expansion. Un terrible paradoxe : plus le conflit s’étend, plus le nombre de déplacés augmente, et plus le retour devient impossible.

Les accord qui n’avancent pas

La situation est d’autant plus frustrante qu’un accord tripartite RDC-Rwanda-HCR a été signé il y a trois mois à Addis-Abeba. Objectif affiché : faciliter le rapatriement volontaire. Mais sur le terrain, rien ne bouge.

La question des réfugiés reste l’une des pommes de discorde les plus explosives entre Kinshasa et Kigali, capable à elle seule de faire capoter les processus de paix américain et qatari.

Alors que les diplomates débattent à Genève, des milliers de familles congolaises attendent dans la précarité. Leur espoir ? Que la communauté internationale trouve la clé pour briser l’impasse. Leur crainte ? Que leur exil ne devienne… éternel.

Révélation à Mbuji-Mayi : le campus de toutes les ruptures est né

MBUJI-MAYI – Ils attendaient ce jour depuis des générations. Ce lundi 6 octobre, des milliers d’étudiants ont vu leur rêve devenir réalité : fini les cours dans les églises, les entrepôts et les salles d’écoles primaires ! Le président Félix Tshisekedi inaugurait le joyau tant attendu : le nouveau campus de l’Université officielle de Mbuji-Mayi.

Le choc de la modernité

Imaginez : 16 auditoires dernier cri, 2 amphithéâtres grandioses, 154 chambres étudiantes… Le complexe universitaire qui s’élève désormais au quartier Kansele n’est pas qu’un simple bâtiment. C’est une déclaration de guerre contre la précarité académique qui durait depuis l’époque coloniale !

« Passer du bricolage à la dignité » : le recteur de l’UOM, l’abbé Apollinaire Cibaka, ne cache pas son émotion. Son université entre enfin dans le 21ème siècle.

La fin de la « honte » estudiantine

« Nous étions la risée de la région », confie un étudiant, les yeux brillants de fierté retrouvée. « Terminé les cours dans les temples et les entrepôts ! Aujourd’hui, nous avons un campus de standard international. »

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Le message est clair : la RDC investit enfin dans son avenir. Pendant 36 mois, les travaux ont transformé un terrain vague en un écrin du savoir qui fait déjà pâlir d’envie bien des universités de la sous-région.

Une révolution qui s’étend

Attention : Mbuji-Mayi n’est que le début ! La ministre de l’Enseignement supérieur l’annonce : Kananga et Bunia préparent leurs propres perles académiques. Le gouvernement envoie un signal fort : l’éducation n’est plus la parente pauvre des politiques publiques.

Alors que le président Tshisekedi arpentait les couloirs flambant neufs, une certesse s’imposait : ici, dans le Kasaï-Oriental, une page de l’histoire éducative congolaise vient de se tourner. L’ère de la précarité universitaire appartient définitivement au passé. Place à l’excellence !

CAF à Kinshasa : la Confédération africaine renoue avec les bénéfices et vise plus haut

Ce lundi 6 octobre 2025, Kinshasa vibrait au rythme du football continental. Sous le ciel chaud de la capitale congolaise, les drapeaux des 54 fédérations flottaient fièrement devant la Concession Kemecha, théâtre de la 47ᵉ Assemblée générale ordinaire de la Confédération africaine de football (CAF).
Dans les allées, un ballet d’élégance : dirigeants, anciens joueurs, légendes et techniciens. Parmi eux, Jean-Florent Ibenge, figure emblématique du football congolais, est apparu sous les applaudissements nourris d’un public conquis.

L’ouverture officielle a été marquée par le discours vibrant de Judith Suminwa, Première ministre de la RDC, qui a salué « la foi inébranlable du Congo dans le football ».

« Notre pays traverse des moments sombres, mais le football apporte la joie et la lumière », a-t-elle lancé avec émotion, avant d’adresser une pensée émue aux compatriotes « sous le joug des envahisseurs ».

Motsepe : « Le Congo doit accueillir la CAN »

Sur la tribune, Patrice Motsepe, président de la CAF, a pris la parole, visiblement ému par l’accueil congolais.

« J’aime le Congo, je me sens chez moi à Kinshasa. Mon père admirait Lumumba. Ce pays a tout pour organiser la CAN ou la CHAN », a-t-il déclaré, déclenchant une salve d’applaudissements.

À ses côtés, Gianni Infantino, président de la FIFA, a salué « l’engagement du gouvernement congolais pour la relance du football africain ».
Motsepe, lui, a tracé l’avenir avec optimisme :

« Nous avons une vision. Celle de générer un milliard de dollars de revenus pour le football africain d’ici huit ans, de renforcer le football féminin et d’appuyer nos jeunes talents. »

Une CAF en plein renouveau

L’événement de Kinshasa 2025 n’a pas seulement célébré la passion du ballon rond : il a consacré le retour à la rentabilité financière de la CAF.
Selon le rapport présenté, l’institution enregistre un bénéfice net de 9,48 millions de dollars pour l’exercice 2023-2024, après des années de turbulences. Ses revenus atteignent désormais 166,4 millions de dollars, portés par 16 nouveaux partenaires commerciaux.

Cette embellie se traduit concrètement :

  • 81 millions de dollars alloués aux compétitions,

  • 35 millions au développement du football,

  • 19 millions à l’organisation des tournois,

  • 21 millions à la gouvernance et à l’administration.

Les dotations ont été revalorisées de manière spectaculaire :

  • Le vainqueur de la Ligue des Champions CAF percevra 4 millions de dollars (+60 %).

  • La Ligue des Champions Féminine offrira désormais 600 000 dollars à son champion.

  • Le CHAN 2024 bénéficie d’une cagnotte globale de 10,5 millions, dont 3,5 millions pour le vainqueur.

  • La CAN 2023 en Côte d’Ivoire avait déjà atteint un record de 32 millions de dollars en primes.

Kinshasa, symbole d’un continent qui croit encore

Au-delà des chiffres, Kinshasa aura incarné l’âme du football africain : celle d’un continent qui, malgré ses blessures, refuse de cesser de rêver.
Dans son discours de clôture, Motsepe a lancé un message porteur d’espérance :

« Nous travaillons pour que, bientôt, un pays africain remporte la Coupe du monde. »

Sous les applaudissements, la salle s’est levée.
Le rideau est tombé sur une Assemblée historique, marquée par la fierté congolaise et l’ambition d’une Afrique qui, une fois encore, veut briller par son talent et son unité.

« Muganga » : un film poignant qui brise le silence sur les violences en RDC

KINSHASA – La salle du Centre culturel et artistique des Pays d’Afrique centrale retenait son souffle ce dimanche 5 octobre. L’avant-première du film « Muganga, celui qui soigne » a plongé le public dans l’intimité des survivantes des violences sexuelles en RDC. Le film met en lumière le combat du Dr Denis Mukwege avec une force rare.

Une fiction ancrée dans la réalité

Réalisé par Marie-Hélène Roux et produit par Cynthia Pinet, ce long métrage franco-congolais reconstitue le quotidien d’un hôpital inspiré de Panzi, à Bukavu. Loin du documentaire, la fiction raconte avec pudeur « la guerre du corps » et célèbre la résilience des femmes victimes de violences.

Cynthia Pinet a précisé : « Ce n’est pas un documentaire, mais une fiction inspirée de la réalité ». Elle a porté ce projet pendant dix ans, affrontant de nombreux refus d’acteurs internationaux réticents à aborder ce sujet dérangeant. Elle insiste : « Les gens ne veulent pas en parler, mais il faut le faire. Le silence tue. »

Le cri d’alarme du Dr Mukwege

Ému, le Prix Nobel de la Paix 2018 a salué le film comme un hommage vivant. « Nous devons prendre conscience que notre survie dépend de notre sursaut », a-t-il lancé. Il rappelle que depuis plus d’un siècle, le peuple congolais subit les pires violences. Avec plus de six millions de morts et l’indifférence internationale, « Muganga » devient un outil de mémoire et de sensibilisation.

Le docteur Mukwege a ajouté : « Ce film nous appelle à ne pas accepter la disparition programmée de notre peuple. Les femmes ont une capacité extraordinaire de porter la vie même au cœur du désastre. Elles détiennent la clé de notre renaissance. »

Une œuvre qui interpelle et éveille les consciences

Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a qualifié le film d’« œuvre déstabilisante » qui réveille les consciences. Il souligne : « Il traduit l’horreur vécue par des milliers de femmes congolaises et interpelle sur notre responsabilité collective. » Les autorités souhaitent désormais rendre le film accessible au plus grand nombre.

À travers « Muganga », Marie-Hélène Roux offre un miroir à la conscience nationale et internationale. Plus qu’un film, c’est un appel vibrant à la justice, à la paix et à la reconnaissance des crimes qui ensanglantent l’Est du Congo depuis trop longtemps. Le Congo, meurtri mais debout, montre qu’il n’a pas dit son dernier mot.