RDC : La C64 qualifie de « nul et non avenu » l’arrêt de la Cour Constitutionnelle sur la loi portant organisation du référendum

La Coalition Article 64 rejette catégoriquement l’arrêt rendu le mardi 28 juillet 2026 par la Cour Constitutionnelle. Dans son communiqué publié ce mercredi 29 juillet, à Kinshasa, l’opposition déclare « nul et non avenu » la décision validant la loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo. Elle indique de cet appareil judiciaire, dont la composition aurait été « régulièrement corrompue » par le régime de Félix Tshisekedi, a rendu un arrêt politique, dépourvu de légitimité et d’indépendance.

Selon la C64, cet arrêt confirme un « complot contre l’ordre constitutionnel » et ouvre la voie à la balkanisation du pays. Elle accuse en effet la Haute Cour d’être en « complicité » avec le Chef de l’État dans une « criminelle entreprise de renversement de l’ordre constitutionnel », tout en estimant qu’elle s’est transformée en « caisse de résonance » du pouvoir et a commis une « haute trahison en validant un texte frappé pour plus du quart de ses articles de réserves d’interprétation ».

Dans leur dénonciation, Fayulu, Kabund, Katumbi, Matata et Sesanga vont plus loin et y voient un « grave signal d’alerte ». Ils affirment que le peuple congolais n’acceptera ni le contournement de la Constitution, ni la personnalisation des institutions, ni un changement de Constitution, ni un troisième mandat. Référence faite à son communiqué du 20 juillet 2026, la coalition confirme la tenue d’une suite d’actions de terrain le 15 août 2026.

« Aucune institution n’est au-dessus de la Constitution », denoncent ces opposants. Ils entendent positionner le débat sur le respect strict de la loi fondamentale. C’est dans ce cadre qu’ils envisagent reprendre les manifestations, alors un moyen de refaire de la mobilisation un test de la volonté populaire face à une décision judiciaire qu’ils qualifient de « forfaiture ».

En dénonçant une justice « inféodée », l’opposition cherche à alerter l’opinion nationale et internationale sur les risques d’instabilité.

Au cœur de la crise politique se trouve la question de la révision ou du changement de la Constitution. Depuis plusieurs mois, les débats autour d’un possible référendum sur la loi fondamentale alimentent les tensions entre le pouvoir et l’opposition.

L’opposition accuse Félix Tshisekedi de vouloir toucher aux articles verrouillés pour effacer les garde-fous démocratiques conquis en 2006. Pour elle, l’arrêt de la Cour ne fait que légaliser une démarche déjà engagée pour ouvrir la voie à un troisième mandat.

RDC : Sona Kamitatu claque la porte d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi

La sénatrice honoraire Sona Kamitatu a claqué la porte du parti « Ensemble pour la République ». Dans sa lettre de démission adressée au président national, Moïse Katumbi, ce mercredi 29 juillet 2026, elle a estimé que l’environnement actuel au sein de cette formation politique « n’offre plus le cadre » permettant de défendre les idées et les valeurs qui fondent son engagement. Une décision prise, selon elle, après « une longue réflexion, dont elle mesure le poids et la gravité ».

« Je suis entrée en politique dès l’âge où l’on choisit ses fidélités, avec la conviction que la liberté, la démocratie et la place des jeunes et des femmes dans la conduite des affaires publiques ne sont pas des ornements d’un discours, mais l’objet même du combat », a-t-elle déclaré. Pour elle, ces principes ne peuvent plus s’exprimer pleinement aujourd’hui au sein d’Ensemble pour la République.

« L’environnement qui prévaut aujourd’hui au sein du parti n’offre plus, à mes yeux, le cadre où les idées et les valeurs qui fondent mon engagement puissent s’exprimer et servir », a-t-elle poursuivi. La sénatrice honoraire tient à préciser que ce constat « n’est ni un reproche ni un désaveu », mais « une lecture faite en âme et conscience ».

Malgré son départ, Sona Kamitatu exprime sa reconnaissance à Moïse Katumbi : « Je tiens à vous exprimer ma gratitude pour la confiance que vous m’avez témoignée, pour l’appui que vous m’avez accordé et pour les attentions toutes paternelles dont vous m’avez constamment entourée. Elles ne s’effaceront pas ».

Et de renchérir : « Je continuerai, dans un autre cadre, à défendre ce que j’ai toujours défendu : les libertés publiques, l’exigence démocratique, et le droit des jeunes et des femmes de notre pays à n’être pas seulement le nombre dans nos assemblées, mais la voix qui s’y fait entendre ».

Le départ de Sona Kamitatu intervient dans un contexte politique tendu et marque une perte pour « Ensemble pour la République ». Figure connue pour son plaidoyer en faveur des jeunes et des femmes, elle quitte le parti « sans amertume plutôt que de demeurer sans conviction ». Reste à savoir quel sera son prochain cadre politique pour porter ce combat.

Ebola à Butembo : en 48 heures, deux structures de santé incendiées, la peur gagne du terrain

À Butembo, la riposte contre Ebola se retrouve une nouvelle fois confrontée à un adversaire aussi difficile à combattre que le virus lui-même : la rumeur. En l’espace de 48 heures, deux structures sanitaires ont été incendiées dans la ville du Nord-Kivu, sur fond d’accusations non étayées visant des soignants et des responsables d’établissements de santé. Alors que l’épidémie progresse rapidement dans la région, ces attaques ravivent le spectre de la défiance qui avait déjà lourdement entravé la lutte contre Ebola lors de la précédente flambée.

Le dernier incident s’est produit dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet au Centre hospitalier Crinovic, situé à Kavikene, dans le quartier Congo ya Sika, en commune de Vulamba.

Selon Jean-Baptiste Musayi, président de la société civile de cette commune, des hommes non identifiés se seraient présentés une première fois aux alentours de 21 heures devant l’établissement. Ils auraient proféré des menaces à l’encontre du responsable du centre, l’accusant de tuer des patients sous couvert de la lutte contre Ebola.

Les individus sont ensuite revenus vers une heure du matin avant de passer à l’acte. Deux salles de la structure ont été incendiées, dont le laboratoire, qui contenait du matériel. Aucun blessé n’a toutefois été enregistré.

Des rumeurs qui alimentent la colère et la violence

Cette attaque est survenue seulement deux jours après l’incendie d’un autre établissement sanitaire de la ville. Dans la nuit du dimanche au lundi 27 juillet, le poste de santé Zawadi, également connu sous le nom de Mapendo, situé dans la cellule Kyaghala, en commune de Bulengera, avait été pris pour cible par des hommes non identifiés.

Selon des leaders communautaires contactés par des médias locaux, le responsable de cette structure, un soignant, était depuis plusieurs jours la cible de rumeurs l’accusant de déclarer volontairement des patients comme atteints d’Ebola, voire de les contaminer, afin de faciliter leur transfert vers le Centre de traitement Ebola (CTE) de Katwa, où il serait employé.

Ces accusations auraient notamment pris de l’ampleur après le décès de plus de 15 patients ayant fréquenté le poste de santé Zawadi avant leur transfert au CTE.

Pour les responsables communautaires, aucune preuve factuelle ne vient cependant étayer ces allégations. Ils évoquent plutôt l’hypothèse d’une contamination survenue au sein de la structure après la prise en charge d’un premier cas d’Ebola, dans des conditions qui n’auraient pas respecté les protocoles de prévention et de contrôle des infections.

Le climat de suspicion n’en reste pas moins préoccupant. Face aux menaces, le responsable du poste de santé avait d’ailleurs suspendu ses activités avant que l’établissement ne soit finalement incendié.

Butembo replonge dans le souvenir douloureux de la précédente épidémie

Ces deux attaques rappellent une réalité bien connue dans cette partie du Nord-Kivu : lors d’une épidémie, la bataille sanitaire se joue aussi sur le terrain de la confiance.

Butembo avait déjà été confrontée à ce phénomène lors de la dixième épidémie d’Ebola, qui s’était déroulée entre août 2018 et juin 2020. À l’époque, les rumeurs et la méfiance envers les équipes de riposte avaient nourri une forte résistance et provoqué plusieurs attaques contre les acteurs sanitaires, compliquant considérablement les efforts pour contenir la maladie.

Cette nouvelle flambée intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Butembo est aujourd’hui l’épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola au Nord-Kivu. Les deux zones de santé de la ville comptabilisent à elles seules 220 cas confirmés sur les 325 recensés dans l’ensemble de la province au 27 juillet.

À l’échelle nationale, l’épidémie a déjà enregistré 3 360 cas en seulement deux mois et demi, témoignant d’une progression particulièrement rapide de la maladie.

Alors que les équipes sanitaires poursuivent leur travail pour contenir la propagation du virus, les autorités et les acteurs communautaires se retrouvent donc face à un double défi : combattre Ebola, mais aussi déconstruire les rumeurs qui fragilisent la confiance envers les structures de santé.

Car à Butembo, une question devient de plus en plus urgente : comment vaincre une épidémie lorsque la peur, la désinformation et la méfiance risquent de devenir, elles aussi, des obstacles à la riposte ?

ARE : en 100 jours, la nouvelle équipe revendique un virage historique et 2,3 milliards USD d’investissements dans l’électricité

Cent jours auront suffi pour que la nouvelle équipe dirigeante de l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité (ARE) affiche ses premières ambitions. Au terme de cette période, l’institution revendique un bilan qu’elle qualifie d’historique, marqué à la fois par une profonde réorganisation interne, l’accélération du traitement des dossiers énergétiques et la mobilisation annoncée de 2,3 milliards de dollars américains d’investissements. Une première étape qui entend poser les bases d’une nouvelle ère pour la régulation du secteur électrique en République démocratique du Congo.

Sous la conduite du président du Conseil d’administration, Jean-Marie Beya, de la directrice générale Soraya Aziz-Moto et du directeur général adjoint Marco Kuyu, la nouvelle équipe affirme avoir engagé une série de réformes destinées à faire de l’ARE une institution plus moderne, plus efficace et davantage tournée vers les besoins des acteurs du secteur.

Une ARE en pleine transformation, entre digitalisation et réorganisation

Au cours de ces 100 premiers jours, l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité dit avoir accéléré sa modernisation à travers plusieurs réformes internes.

L’institution met notamment en avant la numérisation des procédures administratives, la mise en place d’une plateforme de gestion électronique du courrier et la dématérialisation des archives. Le traitement des plaintes des consommateurs a également été digitalisé grâce à la création d’un espace numérique permettant de déposer et de suivre les réclamations en ligne.

Cette transformation s’accompagne de l’instauration d’un nouvel organigramme, de la révision de la grille salariale et de l’amélioration de la couverture médicale des agents. L’ARE affirme également avoir procédé à l’aménagement de nouveaux espaces destinés au Conseil d’administration et à la Direction générale, tout en améliorant les conditions de travail du personnel.

À travers ces réformes, la nouvelle direction entend renforcer l’efficacité de l’institution, améliorer la transparence de ses procédures et rapprocher davantage l’ARE des différents acteurs du secteur électrique.

2,3 milliards USD d’investissements : l’ARE accélère le traitement des projets énergétiques

C’est toutefois sur le terrain des investissements que l’institution met en avant l’un de ses résultats les plus significatifs.

En seulement 100 jours, l’ARE affirme avoir examiné 45 projets énergétiques, dont 30 liés à la production et à l’importation d’électricité et 15 concernant la commercialisation et l’accès au réseau.

Ces différents dossiers représentent, selon les chiffres communiqués par l’institution, un volume d’investissements estimé à 2,30 milliards de dollars américains, pour une capacité additionnelle annoncée de 2 684,838 MW.

L’ARE considère ce résultat comme particulièrement significatif, estimant que ce volume d’investissements et de capacité supplémentaire équivaut à l’ensemble des activités enregistrées entre 2020 et le premier trimestre 2026.

Cette accélération du traitement des dossiers traduit, selon la nouvelle administration, la volonté de rendre le secteur électrique congolais plus attractif pour les investisseurs et de favoriser l’émergence de nouvelles capacités de production.

Tarification, sécurité et protection des consommateurs au cœur des priorités

La nouvelle équipe dirigeante met également en avant des avancées dans la régulation tarifaire et la protection des consommateurs.

L’ARE indique avoir traité 12 dossiers tarifaires en 100 jours, contre seulement quatre durant toute l’année 2025. L’institution annonce également avoir délivré 18 avis favorables pour l’obtention de titres énergétiques et procédé à l’inspection de 16 ouvrages, afin de vérifier leur conformité aux normes de sécurité.

La protection des consommateurs figure également parmi les chantiers engagés. Avec la digitalisation du traitement des plaintes, l’ARE souhaite offrir aux usagers un moyen plus rapide et plus transparent de faire entendre leurs préoccupations et de suivre l’évolution de leurs dossiers.

Une nouvelle gouvernance pour renforcer la crédibilité de l’institution

Sur le plan institutionnel, l’ARE affirme avoir engagé un audit interne dont les résultats sont attendus prochainement. Elle fait également état de la certification de ses états financiers et d’un renforcement de son autonomie financière, notamment à la suite de la signature de deux arrêtés ministériels par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi.

Pour la nouvelle administration, ces mesures doivent contribuer à renforcer la gouvernance et la crédibilité de l’institution, dans un secteur où les enjeux d’investissement, d’accès à l’électricité et de régulation demeurent considérables.

Soraya Aziz-Moto : « Les fondations sont désormais posées »

À l’occasion de la présentation de ce bilan, la directrice générale Soraya Aziz-Moto a estimé que ces 100 premiers jours avaient permis de poser les fondations d’une transformation appelée à s’inscrire dans la durée.

L’ambition affichée est désormais de bâtir une autorité de régulation « moderne, crédible et impartiale », capable de rassurer les investisseurs, de défendre les intérêts des consommateurs et d’accompagner le développement du secteur électrique congolais.

Entre digitalisation, réforme administrative, amélioration des conditions de travail et accélération des investissements, la nouvelle équipe de l’ARE veut ainsi imprimer sa marque. Reste désormais à transformer ces premiers résultats annoncés en réalisations concrètes sur le terrain : la RDC tient-elle enfin le début d’un nouveau chapitre pour son secteur électrique ?

RDC : Le Gouvernement et le PAM s’accordent sur un nouveau plan pour la sécurité alimentaire et les cantines scolaires

La Première Ministre, Judith Suminwa, a reçu, mardi 28 juillet 2026, le Directeur exécutif adjoint du Programme Alimentaire Mondial (PAM), Carl Skau à Kinshasa. Au cœur des échanges, le renforcement de la coopération entre le Gouvernement Congolais et l’agence onusienne autour de la sécurité alimentaire, de la nutrition, des cantines scolaires et de la riposte contre l’épidémie d’Ebola.

En effet, les deux parties ont convenu de bâtir le prochain Plan stratégique pays du PAM en République démocratique du Congo. Ce document va définir les priorités d’intervention de l’agence pour les quatre (4) prochaines années, soit de 2027 à 2030.

Avec plus de 25 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë selon l’IPC de décembre 2025, la RDC reste l’un des plus grands foyers de crise alimentaire au monde. Le nouveau plan vise donc à cibler davantage les zones de conflit et les ménages vulnérables.

Vers 1 million d’enfants dans les cantines scolaires

Au cours de leurs échanges, le Gouvernement et le PAM ont ambitionné d’accélérer le Programme national de cantines scolaires. Ensemble, ils veulent atteindre près d’un million d’enfants. Les deux partenaires promeuvent un approvisionnement en produits locaux.

Ce modèle « Home Grown School Feeding » est déjà soutenu par la FAO et le PAM en Afrique. En achetant auprès des petits producteurs locaux, l’État stimule l’agriculture familiale, réduit les coûts de transport et garantit des repas plus frais aux élèves, tout en créant un débouché stable pour les coopératives agricoles.

Le PAM réaffirme son appui dans la riposte Ebola

Dans un autre registre, le PAM a confirmé son assistance logistique, alimentaire et le transport aérien humanitaire dans le cadre de la riposte contre la 17e épidémie d’Ebola qui sévit une partie de la population congolaise. Ainsi, l’agence met à disposition sa flotte aérienne et sa chaîne logistique pour acheminer vivres, médicaments et personnels dans les zones d’accès difficile. Ce n’est pas une première pour cette structure onusienne. Face à des épidémies récurrentes en RDC, le PAM a toujours joué un rôle central dans la logistique et bien d’autres moyens nécessaires.

À noter que cette rencontre traduit la volonté du Gouvernement Congolais et du Programme Alimentaire Mondial de renforcer la sécurité alimentaire et de développer le capital humain. L’objectif est d’apporter des réponses durables aux défis humanitaires en République démocratique du Congo.

En liant aide d’urgence, nutrition scolaire et achats locaux, le partenariat cherche à passer d’une logique d’assistance à une logique de résilience et de développement.

Ebola en RDC : à Bunia, la FAO renforce la traque des maladies animales avec 17 motos et une jeep

Bunia, 28 juillet 2026. Dans une province où la lutte contre Ebola mobilise toutes les forces disponibles, chaque moyen supplémentaire peut faire la différence. Sur le terrain, là où les distances sont longues et les accès parfois difficiles, la surveillance sanitaire ne peut se contenter de bonnes intentions. Elle a besoin de moyens pour aller au plus près des populations et détecter rapidement les menaces.

C’est dans ce contexte que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a remis, ce mardi à Bunia, 17 motos et une jeep Toyota à la Division provinciale de la pêche et de l’élevage de l’Ituri.

Une dotation présentée comme une avancée importante pour renforcer la surveillance des maladies animales transmissibles à l’homme, notamment les zoonoses, alors que la province reste au cœur de la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

L’Ituri se dote de nouveaux moyens pour traquer les zoonoses

La cérémonie de remise s’est déroulée sous la présidence du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo.

Pour l’autorité provinciale, cette dotation marque une étape particulière dans le renforcement du dispositif sanitaire de la province.

« C’est la première fois que notre province bénéficie d’une dotation de cette envergure », a-t-il déclaré, saluant des moyens de mobilité qui doivent permettre aux équipes déployées dans les différents territoires de mieux surveiller les maladies animales susceptibles d’être transmises à l’être humain.

Au-delà des véhicules, l’objectif est aussi d’accélérer la circulation de l’information.

Sur le terrain, les équipes pourront ainsi améliorer la collecte et la remontée des données épidémiologiques, un élément essentiel pour détecter rapidement l’apparition de nouvelles maladies et permettre une réaction plus efficace des autorités sanitaires.

Cette démarche s’inscrit dans l’approche « One Health », ou « Une seule santé », qui considère que la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement sont étroitement liées.

Dans une province confrontée à une épidémie d’Ebola, cette approche prend une dimension particulière.

17 motos pour rapprocher la surveillance du terrain

Pour les responsables provinciaux, l’arrivée de ces moyens logistiques doit permettre de mieux couvrir les territoires de l’Ituri.

Selon les responsables du projet, chaque territoire bénéficiera de deux motos : l’une destinée au Service national de surveillance épidémiologique et l’autre à l’inspection territoriale de la pêche et de l’élevage.

Sur les 17 motos annoncées, 15 seront remises immédiatement aux équipes concernées.

Les deux dernières devront attendre la construction du laboratoire vétérinaire prévue par la FAO. Une fois cette infrastructure disponible, elles viendront compléter le dispositif.

Le chef de la Division provinciale de la pêche et de l’élevage, l’ingénieur Fiston Kabaseke, a salué l’appui de la FAO et du gouvernement congolais, tout en lançant un message clair aux bénéficiaires.

Ces équipements, a-t-il rappelé, sont des biens de l’État destinés exclusivement au service de la population.

Il a ainsi appelé les agents à en assurer une gestion rigoureuse et responsable, afin que ces moyens puissent remplir leur mission sur le terrain et contribuer durablement à la protection des communautés.

Un appui important, mais des besoins encore loin d’être comblés

Si cette dotation est accueillie favorablement, elle ne règle pas pour autant l’ensemble des difficultés logistiques auxquelles sont confrontées les équipes sanitaires de l’Ituri.

Les responsables provinciaux estiment que les besoins restent considérables, notamment pour les interventions dans les zones difficiles d’accès.

Ils plaident ainsi pour l’acquisition d’un véhicule tout-terrain supplémentaire, qui permettrait de renforcer la mobilité des équipes et d’améliorer leur capacité à intervenir rapidement sur le terrain.

Car dans la lutte contre les maladies transmissibles de l’animal à l’homme, le temps peut être décisif.

À l’heure où l’Ituri est déjà mobilisée face à Ebola, le renforcement de la surveillance animale apparaît donc comme un autre front à ne pas négliger.

Avec ses 17 motos, sa jeep et bientôt son laboratoire vétérinaire, la province veut désormais mieux anticiper les menaces sanitaires avant qu’elles ne franchissent la frontière invisible entre l’animal et l’être humain.

Reste une question : ces nouveaux moyens permettront-ils à l’Ituri de gagner la course contre les prochaines épidémies avant qu’elles ne prennent de l’ampleur ?

Les FDLR désarment-ils enfin ? Kinshasa annonce une avancée majeure, mais la paix reste suspendue à plusieurs inconnues

Kinshasa, 28 juillet 2026. Dans une salle du studio Mama Angebi de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), une question concentre toutes les attentions.

Elle empoisonne depuis des années les relations entre Kinshasa et Kigali : celle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Ce mardi, le gouvernement congolais a annoncé une évolution qu’il présente comme une étape importante vers la paix. Après plusieurs mois de démarches, les FDLR auraient signé un protocole sur leur démilitarisation, leur démobilisation et leur cantonnement.

Cette annonce intervient alors que la République démocratique du Congo traverse toujours une grave crise sécuritaire. De plus, les processus de paix engagés ces derniers mois peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain.

Face aux journalistes, les ministres de l’Intégration régionale et de la Communication et Médias, Floribert Anzuluni et Patrick Muyaya, ont replacé cette nouvelle étape dans son contexte.

Pour Kinshasa, la question des FDLR ne peut désormais plus justifier la présence militaire rwandaise en RDC.

Mais derrière cette annonce, une interrogation demeure : cette fois, le processus de paix est-il réellement en train de changer de dimension ?

Kinshasa annonce un protocole de démilitarisation des FDLR

C’est Floribert Anzuluni qui a dévoilé cette évolution lors du briefing de presse.

Le ministre de l’Intégration régionale a annoncé que les FDLR avaient signé, après un long processus, un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement.

Pour le gouvernement congolais, cette étape s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires pris entre la RDC et le Rwanda. Les États-Unis ont facilité l’accord de paix entre les deux pays.

Au cœur de ce dispositif figure le CONOPS. Ce mécanisme opérationnel doit traduire les engagements des deux parties en actions concrètes.

Selon Floribert Anzuluni, le Rwanda s’est engagé à retirer ses forces du territoire congolais. De son côté, Kinshasa devait neutraliser la menace que Kigali attribue aux FDLR.

« Par neutralisation, nous entendons réduire ce que le Rwanda qualifie de menace », a expliqué le ministre.

Kinshasa affirme désormais avoir franchi une étape importante dans cette direction.

Le gouvernement congolais rappelle avoir d’abord privilégié la sensibilisation et la reddition volontaire des combattants. Avec l’appui de la MONUSCO, les autorités ont mené des actions pour encourager les membres des FDLR à déposer les armes.

Elles souhaitaient aussi les intégrer dans un processus de démobilisation.

Cependant, Kinshasa juge les premiers résultats insuffisants. Le gouvernement affirme donc avoir renforcé sa présence militaire dans le Nord-Kivu.

Deux bataillons auraient notamment rejoint Walikale.

Selon Floribert Anzuluni, cette pression militaire aurait accéléré les discussions avec les responsables politiques et militaires des FDLR.

Ces échanges auraient finalement conduit à la signature du protocole annoncé.

Les FDLR au cœur du bras de fer entre Kinshasa et Kigali

Si le gouvernement congolais salue cette évolution, il maintient toutefois sa ligne de défense face aux accusations de Kigali.

Depuis le début du conflit dans l’Est de la RDC, le Rwanda présente la présence des FDLR comme une menace majeure pour sa sécurité nationale.

Kinshasa rejette cette lecture. Les autorités congolaises considèrent cet argument comme un prétexte pour justifier l’intervention militaire rwandaise sur le territoire congolais.

Floribert Anzuluni l’a encore répété devant la presse.

Selon lui, la RDC considère depuis longtemps la question des FDLR comme une « manipulation ». Cette stratégie viserait, selon Kinshasa, à masquer les véritables objectifs de l’agression dont le pays serait victime.

Le ministre évoque notamment le contrôle et l’exploitation des ressources naturelles de la RDC.

Par ailleurs, Floribert Anzuluni a rappelé les différentes positions adoptées par Kigali au fil des années sur la présence de ses forces en RDC.

Il estime que plusieurs rapports internationaux ont progressivement rendu cette présence difficile à nier.

Pour Kinshasa, la signature du protocole par les FDLR pose donc désormais une question centrale au Rwanda.

Si la menace des FDLR diminue réellement, quel motif Kigali avancera-t-il désormais pour justifier le maintien de ses forces sur le territoire congolais ?

C’est précisément sur ce terrain que le gouvernement congolais veut désormais placer le débat.

Kinshasa répond aux autres arguments avancés par Kigali

De son côté, Patrick Muyaya a également rejeté les arguments régulièrement avancés par Kigali.

Le ministre de la Communication et Médias a évoqué trois questions. Il a cité le discours de haine et la stigmatisation des Banyamulenge. Il a ensuite mentionné la question des réfugiés. Enfin, il a rappelé la menace attribuée aux FDLR.

Selon lui, Kinshasa estime avoir déjà enregistré des avancées sur ces différents dossiers.

Par conséquent, le gouvernement congolais considère que ces arguments ne peuvent plus justifier la poursuite du conflit.

Cette position renforce donc le bras de fer diplomatique entre les deux capitales.

D’un côté, Kinshasa affirme avoir répondu aux préoccupations sécuritaires avancées par Kigali. De l’autre, les autorités congolaises attendent désormais des actes concrets sur le retrait des forces rwandaises.

Washington, Doha et le dialogue national : une paix encore fragile

L’annonce intervient pourtant dans un contexte où la paix reste fragile.

Les accords de Washington entre Kinshasa et Kigali n’ont pas encore permis de faire taire les armes. De même, le processus de Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 peine encore à produire une accalmie durable.

Sur le terrain, les tensions persistent. En outre, les différentes parties continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris.

Dans ce contexte, la signature du protocole de démilitarisation des FDLR constitue une avancée annoncée par Kinshasa.

Cependant, son impact réel dépendra désormais de sa mise en œuvre.

La question du retrait des forces rwandaises reste notamment au cœur des attentes congolaises.

Mais un autre dossier sensible s’ajoute à cette équation : celui du dialogue national voulu par Félix Tshisekedi.

Le dialogue national s’invite dans cette nouvelle séquence politique

La Coalition Article 64 (C64) avait fixé au 15 août une échéance aux autorités.

Elle demandait la concrétisation de l’engagement présidentiel en faveur d’un dialogue inclusif.

Patrick Muyaya a toutefois rappelé la position du chef de l’État. Félix Tshisekedi n’entend pas se laisser dicter son calendrier par un ultimatum.

Pour le porte-parole du gouvernement, le dialogue aura bien lieu. Toutefois, le président de la République en fixera le calendrier en fonction des impératifs du moment.

Cette nouvelle séquence politique intervient alors que le pays cherche un consensus national.

L’objectif consiste notamment à faire face à la guerre dans l’Est et aux nombreuses crises qui traversent la société congolaise.

Le gouvernement veut ainsi faire du dialogue un instrument de rassemblement. Il souhaite mobiliser les forces politiques et sociales autour d’un objectif présenté comme prioritaire : faire front contre l’agression rwandaise.

L’Est de la RDC attend toujours des résultats concrets

Pendant ce temps, les discussions se poursuivent dans les salons diplomatiques et les salles de conférence.

Sur le terrain, toutefois, les populations de l’Est continuent de vivre au rythme de l’insécurité et des déplacements.

L’annonce de la démilitarisation des FDLR ouvre donc une nouvelle fenêtre d’espoir.

Reste maintenant à savoir si cette étape produira des effets concrets.

Il faudra aussi vérifier si les engagements pris à Washington peuvent enfin déboucher sur une accalmie durable.

Pour les millions de Congolais qui attendent depuis des années le retour de la paix, la véritable question dépasse désormais les accords et les protocoles.

Elle ne consiste plus seulement à savoir qui a signé quel accord.

Elle est beaucoup plus simple, et infiniment plus urgente : quand les armes finiront-elles enfin par se taire dans l’Est de la RDC ?

RDC : Le Président Tshisekedi lance le Programme national « Excellentia RDC » et octroie des bourses à 185 lauréats

Au total 185 finalistes de l’Examen d’État 2026, issus des 26 provinces de la République démocratique du Congo, ont reçu, mardi 28 juillet 2026, la bourse universitaire « Excellentia RDC ». La première édition du Programme national a été lancée au Centre Culturel et artistique des Pays d’Afrique Centrale (CCPAC) par le Président de la République, Félix Tshisekedi, en présence de la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi.

Le programme est mis en œuvre avec l’appui de la Fondation « Lona » dirigée par la Première dame et du Gouvernement. L’objectif est de récompenser le mérite et de soutenir les meilleurs élèves du pays.

Au nom des boursiers, Gemima Ntela Nsamba s’est exprimée au sujet des efforts consentis par les organisateurs du programme pour assurer leur avenir.

« Cette bourse représente bien plus qu’un soutien pour poursuivre nos études. Elle témoigne de la volonté de l’État Congolais d’investir dans son capital humain, de promouvoir le mérite et de donner à sa jeunesse les moyens de réaliser ses ambitions académiques et de construire son avenir », a-t-elle déclaré, tout en saluant l’engagement de la Fondation « Lona » et du Gouvernement dans l’institutionnalisation dudit programme.

La Fondation « Lona » travaille en collaboration avec le ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (ESURSI). Ce partenariat couvre l’organisation du test national, la désignation des examinateurs, la supervision des épreuves et le suivi administratif des candidats.

De son côté, la ministre de l’ESURSI, Marie-Thérèse Somba, a remercié le Président Tshisekedi pour avoir placé l’éducation au centre du développement national.

À l’en croire, le programme poursuit 3 objectifs :

– Promouvoir l’excellence chez les finalistes,
– Investir dans l’éducation de la jeunesse pour former une nouvelle élite,
– Accompagner les lauréats dans leurs études supérieures en RDC et à l’étranger en garantissant l’égalité des chances sans discrimination.

Bien plus, le Programme national « Excellentia RDC » vise à valoriser le mérite et l’excellence académique. Il s’inscrit dans la formation d’une nouvelle génération de cadres pour contribuer au développement scientifique, technologique et socio-économique de la RDC.

Ebola : l’Ouganda tourne la page, la RDC toujours dans la tourmente… quand le cauchemar prendra-t-il fin ?

Kampala, 28 juillet 2026. De l’autre côté de la frontière, le soulagement est enfin là. Après des semaines d’angoisse, l’Ouganda a officiellement déclaré, ce mardi, la fin de son épidémie d’Ebola Bundibugyo. Quarante-deux jours sans nouveau cas ont suffi aux autorités sanitaires pour tourner cette page douloureuse.

Mais à quelques kilomètres de là, le scénario est tout autre.

En République démocratique du Congo, le virus continue de gagner du terrain. Alors que Kampala célèbre la fin de l’épidémie, Kinshasa fait face à une flambée qui a déjà fait 3 262 cas et 1 437 décès en un peu plus de deux mois.

Deux pays voisins. Une même souche du virus. Mais deux réalités radicalement différentes.

Et derrière le soulagement ougandais, une inquiétude demeure : combien de temps encore la RDC devra-t-elle attendre avant de pouvoir, elle aussi, pousser un véritable soupir de soulagement ?

En Ouganda, 42 jours sans nouveau cas mettent fin à l’épidémie

L’annonce est tombée ce mardi comme une éclaircie après plusieurs semaines de tension.

Le ministre ougandais de la Santé, Chris Baryomusi, a officiellement déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola dans son pays.

« Le ministère de la Santé est ravi d’annoncer que l’Ouganda a officiellement déclaré la fin de l’épidémie 2026 de maladie à virus Ebola. Aujourd’hui, l’Ouganda est exempt d’Ebola », a-t-il déclaré, cité par l’agence Chine nouvelle.

Cette déclaration intervient après une période de surveillance de 42 jours sans nouveau cas, à compter de la sortie du dernier patient, le 16 juin dernier.

Au total, l’Ouganda a enregistré 20 cas confirmés au cours de cette flambée. Parmi les personnes infectées, 18 ont guéri, tandis que deux sont décédées.

Le dernier patient atteint d’Ebola, un ressortissant congolais, avait quitté l’hôpital le 22 juin.

Les autorités ougandaises affirment également avoir identifié toutes les chaînes de transmission et suivi les contacts jusqu’au terme de leur période d’observation. Aucune transmission communautaire inexpliquée n’a été détectée.

Les analyses génomiques ont par ailleurs confirmé que le virus appartenait à la souche Bundibugyo.

Pour l’Ouganda, cette maîtrise de la flambée est aussi le résultat d’une expérience accumulée au fil des années. Le pays a déjà affronté plusieurs épidémies d’Ebola depuis 2000 et affirme avoir développé une expertise lui permettant de réagir rapidement face au virus.

Mais cette victoire sanitaire reste fragile.

Kampala ferme le chapitre, mais garde les yeux rivés sur la RDC

Car si l’Ouganda peut officiellement déclarer la fin de son épidémie, ses autorités ne baissent pas pour autant la garde.

La raison est simple : juste de l’autre côté de la frontière, la situation reste extrêmement préoccupante.

L’épidémie qui sévit en RDC est désormais considérée comme la plus grave jamais enregistrée dans le pays en termes de vitesse de propagation. En un peu plus de deux mois, 3 262 cas ont été recensés et 1 437 personnes ont perdu la vie.

La comparaison avec la précédente grande flambée est particulièrement saisissante.

Entre 2018 et 2020, la RDC avait enregistré 3 470 cas et 2 287 décès sur près de trois années.

Aujourd’hui, l’épidémie actuelle approche déjà le nombre de cas enregistré lors de cette précédente crise, mais en un temps nettement plus court.

Face à cette situation, Kampala maintient donc une surveillance renforcée dans les zones frontalières. Des équipes d’intervention rapide restent mobilisées et des dispositifs de dépistage continuent de fonctionner.

Les deux pays ont également renforcé leur coopération sanitaire.

Un protocole d’accord prévoit notamment une réponse transfrontalière conjointe. L’Ouganda indique avoir installé deux laboratoires mobiles ainsi que deux unités de traitement Ebola de 80 lits à Aru et Kasenyi, dans le nord-est de la RDC.

L’objectif est de contribuer à contenir le virus là où il frappe le plus durement.

Car l’expérience ougandaise rappelle une réalité implacable : une épidémie peut être déclarée terminée dans un pays, tout en continuant de menacer ses voisins.

La RDC face à une course contre la montre

La fin de l’épidémie en Ouganda constitue donc une bonne nouvelle, mais elle ne signifie pas que la région est sortie d’affaire.

Bien au contraire.

Tant que le virus continuera de circuler activement en RDC, le risque de nouveaux cas transfrontaliers restera présent.

Pour les autorités congolaises et leurs partenaires sanitaires, la bataille se poursuit sur plusieurs fronts : surveillance épidémiologique, recherche des contacts, prise en charge des malades, renforcement des capacités des structures sanitaires et développement de nouveaux outils médicaux contre la souche Bundibugyo.

Pendant ce temps, le bilan continue de s’alourdir.

L’Ouganda peut désormais regarder derrière lui et célébrer une victoire sanitaire durement acquise. La RDC, elle, reste plongée dans une crise qui semble encore loin de son épilogue.

Et alors qu’un pays voisin retrouve progressivement une vie normale, une question finit par s’imposer, aussi simple que vertigineuse :

Après avoir vu l’Ouganda vaincre cette nouvelle flambée, après 3 262 cas et 1 437 vies déjà perdues, quand viendra enfin le jour où la République démocratique du Congo pourra, elle aussi, tourner la page d’Ebola et souffler à nouveau ?

Référendum en RDC : la Cour constitutionnelle valide la loi, mais impose des réserves sur 13 articles

Après plusieurs semaines d’attente, l’heure de vérité a enfin sonné. Dans une atmosphère politique particulièrement tendue, la Cour constitutionnelle a rendu, ce mardi, sa décision sur la loi portant modalités d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Dans la salle d’audience, l’attention était entièrement tournée vers le président de la Haute Cour, Dieudonné Kamuleta, dont la prise de parole allait enfin lever le voile sur le sort réservé à ce texte au cœur de toutes les controverses.

La réponse est tombée : la loi référendaire est conforme à la Constitution.

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Mais le feu vert de la Cour n’est pas sans conditions. La Haute juridiction a assorti sa décision de 13 réserves d’interprétation concernant plusieurs dispositions du texte. Des garde-fous qui devront impérativement être pris en compte lors de l’application de la loi.

La décision ouvre ainsi la voie à la promulgation du texte par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, tout en maintenant une vigilance particulière sur la manière dont certaines de ses dispositions devront être interprétées.

La Cour constitutionnelle tranche : « La loi est conforme à la Constitution »

L’audience publique présidée par Dieudonné Kamuleta aura finalement livré son verdict.

« La Cour déclare conforme à la Constitution la loi référendaire adoptée par les deux chambres du Parlement », a déclaré le président de la Cour constitutionnelle.

La Haute Cour a ainsi jugé recevable la requête introduite par le chef de l’État et s’est déclarée compétente pour examiner le texte adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Dans son arrêt, la juridiction constitutionnelle précise toutefois que la conformité de la loi est assortie de réserves portant sur les articles 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 14, 19, 21, 23 et 43.

Ces dispositions ne pourront donc être appliquées indépendamment de l’interprétation donnée par la Cour.

La décision ordonne par ailleurs que la loi soit publiée au Journal officiel, accompagnée de l’arrêt de la Haute Cour. L’objectif est clair : permettre à tous les acteurs chargés de son application de tenir compte des réserves formulées par les juges constitutionnels.

Autrement dit, la Cour valide la loi dans son ensemble, mais encadre l’application de certaines de ses dispositions.

Le feu vert attendu après la saisine de Félix Tshisekedi

Cette décision intervient après une procédure engagée directement par le président de la République.

Le 30 juin dernier, dans son adresse à la Nation à l’occasion de la commémoration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, Félix Tshisekedi avait annoncé avoir transmis la loi à la Cour constitutionnelle.

Le chef de l’État avait choisi de saisir la Haute Cour avant toute promulgation, conformément à l’article 160, alinéa 3, de la Constitution.

À l’époque, Félix Tshisekedi avait défendu la régularité du processus législatif, rappelant que le Parlement exerce ses prérogatives constitutionnelles en « débattant, délibérant et légiférant ».

La saisine de la Cour avait alors placé le texte au centre d’une attente particulièrement forte.

D’un côté, le camp présidentiel défend la légitimité de la démarche et présente le référendum comme un mécanisme de consultation populaire prévu par la Constitution.

De l’autre, une partie de l’opposition et de la société civile redoute que cette initiative ne constitue le prélude à une réforme institutionnelle plus profonde, notamment à une modification de certaines dispositions de la Constitution.

Les opposants au projet craignent notamment que le processus ne soit utilisé, à terme, pour permettre à Félix Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle des deux mandats.

Le camp présidentiel rejette ces accusations et affirme que la réforme envisagée répond avant tout à la nécessité d’améliorer le fonctionnement des institutions de la République.

Un feu vert, mais des réserves qui pourraient peser lourd

Avec cette décision, une nouvelle étape vient donc d’être franchie.

La conformité de la loi à la Constitution étant désormais reconnue par la Haute Cour, le président de la République peut poursuivre la procédure de promulgation.

Mais les 13 réserves d’interprétation pourraient rapidement devenir un point central du débat.

Les motivations détaillées de l’arrêt sont particulièrement attendues. Elles permettront de comprendre précisément les limites posées par la Cour et la manière dont les articles concernés devront être appliqués.

Dans un contexte politique où chaque disposition du texte est scrutée avec attention, ces précisions pourraient avoir une importance considérable.

La Cour constitutionnelle rappelle ainsi que la possibilité d’organiser un référendum ne peut s’exercer en dehors du cadre constitutionnel. Même lorsqu’une loi est déclarée conforme, son application doit respecter les principes et garanties consacrés par la Constitution.

Le verdict de ce mardi marque donc une double avancée.

Il met fin au suspense sur la conformité de la loi référendaire et ouvre la voie à sa promulgation. Mais il rappelle également que le référendum, s’il doit être organisé, devra se dérouler dans les limites strictes fixées par la Loi fondamentale.

La prochaine bataille pourrait désormais se déplacer du prétoire vers le terrain politique. Car si la Cour constitutionnelle a donné son feu vert à la loi, le débat sur son opportunité et sur les conséquences politiques d’un éventuel référendum est, lui, loin d’être terminé.