RDC : Après sa rencontre avec Tshisekedi, le CEFOCK annonce une offensive diplomatique pour la reconnaissance du GENOCOST dès la rentrée parlementaire en France

Une vaste campagne de sensibilisation sur le génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST) sera lancée en France dès la prochaine rentrée parlementaire. C’est ce qu’a indiqué le Collectif des élus français originaires du Congo-Kinshasa (CEFOCK), à l’issue d’une audience leur accordé par le Président de la République, Félix Tshisekedi, mardi 4 août 2026, à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa. L’objectif est de porter la mémoire du GENOCOST au cœur du débat public français et international.

En effet, le CEFOCK prévoit de déployer des actions de mémoire, des conférences et un travail de plaidoyer ciblé auprès des collectivités territoriales, des institutions de la République française et de la diaspora congolaise.

Bien plus, il s’agit pour ces élus, qui font le pont entre les deux pays, de briser le silence médiatique et politique autour des massacres commis en République démocratique du Congo. En s’appuyant sur leur ancrage local en France, ils veulent faire du GENOCOST une question de politique publique, et non plus un sujet traité uniquement par les ONG.

Un partenariat stratégique avec la CIA-VAR

Pour donner du poids à cette démarche, le CEFOCK travaillera main dans la main avec la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR). Cette structure gouvernementale congolaise est chargée de la documentation, de la réparation et de la mémoire des victimes.

Ce partenariat vise deux cibles. D’abord promouvoir le devoir de mémoire pour que l’histoire des victimes ne tombe pas dans l’oubli. Ensuite, renforcer la reconnaissance officielle des victimes du génocide congolais, afin d’ouvrir la voie à des mécanismes de justice et de réparation.

Pour sa part, le Chef de l’État a salué cette initiative qui vient « renforcer la diplomatie mémorielle » portée par Kinshasa sur la scène internationale.

La diaspora en première ligne du combat

Cette annonce intervient dans un contexte où la RDC intensifie son plaidoyer pour que la communauté internationale reconnaisse et qualifie de « génocide » les crimes commis sur son sol depuis 1996. Le rôle de la diaspora est ici déterminant. Élue au sein des conseils municipaux, départementaux et régionaux français, la communauté congolaise dispose désormais de relais institutionnels pour faire entendre sa voix.

Avec le CEFOCK, elle passe d’une posture de témoignage à une posture d’action politique. En ciblant les élus locaux et nationaux français, la campagne pourrait exercer une pression concrète pour une reconnaissance parlementaire du GENOCOST en France, à l’image de ce qui a été fait pour d’autres génocides.

Cette mobilisation de la diaspora fait écho aux actions posées au pays. Dimanche 2 août dernier, à Kinshasa, Journée nationale consacrée au GENOCOST, le Président Tshisekedi a présidé une cérémonie d’hommage aux victimes. À cette occasion, il a annoncé le lancement des travaux de construction du Musée national du GENOCOST et d’un mémorial dédié.

Un signal fort du Chef de l’État pour institutionnaliser le devoir de mémoire en RDC. Entre les initiatives intérieures et l’offensive diplomatique portée par le CEFOCK en France, Kinshasa aligne désormais les leviers pour faire reconnaître le génocide lié à la prédation des ressources naturelles en RDC.

Est de la RDC : Aimé Boji réclame un tribunal international pour juger trois décennies de crimes impunis

Ils sont nés sous les tirs, ont grandi au milieu des déplacements forcés, et n’ont connu de la paix que le nom. Dans l’est de la République démocratique du Congo, une génération entière n’a jamais respiré l’air d’une stabilité durable. Trente années de conflits, d’atrocités, de viols systématiques et de pillages ont façonné un paysage de désolation où la mort est devenue une compagne quotidienne.

Ce mardi 4 août, au siège de l’Assemblée nationale, une voix s’est élevée pour briser ce silence assourdissant. Aimé Boji, président de l’institution parlementaire, a lancé un appel solennel : la création d’un tribunal international pour juger les auteurs de ces crimes qui ensanglantent la partie orientale du pays depuis trois décennies. Un plaidoyer qui résonne comme un cri de justice pour des millions de victimes abandonnées à leur sort.

« Dix millions de morts » : le réquisitoire d’Aimé Boji

Dans une déclaration ferme et mesurée, le speaker du Parlement congolais a dressé un bilan accablant de ce que l’est du pays a enduré. Des chiffres vertigineux qui donnent le vertige et interpellent la conscience internationale.

« Trente ans après le génocide rwandais, la RDC porte encore les stigmates d’une tragédie qui n’a que trop duré : 10 millions de morts, massacres, viols, déplacements et pillage. Une génération n’a connu que la guerre. Il est temps de rendre justice. Un Tribunal international s’impose. »

Des mots qui portent le poids de l’histoire. Aimé Boji ne se contente pas d’énumérer des statistiques ; il incarne la mémoire d’un peuple meurtri, dont les souffrances n’ont jamais été pleinement reconnues par la communauté internationale. En appelant à une justice internationale, il place la RDC dans une posture exigeante : celle d’un État qui réclame réparation pour ses citoyens, face à des crimes qui ne sauraient rester impunis.

Un dossier qui ressurgit : le Rapport Mapping comme boussole

L’appel d’Aimé Boji s’inscrit dans un long feuilleton judiciaire et diplomatique. Depuis des années, les organisations de défense des droits humains, les associations de victimes et certains acteurs politiques réclament la mise en place d’un mécanisme judiciaire international ou hybride pour juger les crimes commis dans l’est.

Le Rapport Mapping des Nations unies, publié en 2010, avait déjà posé les bases de cette revendication. Ce document accablant a recensé 617 incidents graves susceptibles de constituer des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, voire des actes de génocide, commis entre 1993 et 2003. Un inventaire macabre qui documente des massacres systématiques, des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, et le pillage organisé des ressources naturelles.

Mais quinze ans après ce rapport, l’impunité demeure la règle. Aucune juridiction nationale ou internationale n’a permis de juger les principaux responsables de ces exactions. La proposition d’Aimé Boji relance ainsi un débat qui, malgré les années, reste d’une brûlante actualité.

Une offensive diplomatique congolaise en marche

Cette prise de position du président de l’Assemblée nationale intervient dans un contexte diplomatique intense. Les autorités congolaises multiplient les initiatives pour obtenir une reconnaissance internationale des exactions commises dans l’est du pays. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer, mais de convaincre la communauté internationale de passer à l’action.

La création d’un tribunal international est devenue un cheval de bataille pour plusieurs acteurs politiques et associatifs. Au-delà de la dimension judiciaire, elle revêt une portée symbolique forte : celle d’une réparation historique pour des populations qui ont été les grandes oubliées des conflits africains.

Pour les défenseurs de cette initiative, une juridiction spécialisée permettrait d’établir les responsabilités, de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves, et surtout, d’offrir une reconnaissance officielle et une réparation aux victimes. Un enjeu crucial pour briser le cycle de l’impunité et poser les bases d’une paix durable.

L’est de la RDC : un théâtre de crimes sans fin

Depuis plus de trente ans, les provinces orientales de la RDC – Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Tanganyika – sont le théâtre d’une violence multiforme. Des groupes rebelles nationaux et étrangers, des milices communautaires, des forces régulières et des armées voisines s’y affrontent dans une guerre complexe où les civils paient le plus lourd tribut.

Massacres de populations, viols collectifs, déplacements massifs, pillage des ressources : la liste des atrocités est interminable. Le conflit a fait des millions de morts, des millions de déplacés, et a laissé des séquelles psychologiques profondes dans des communautés entières. Dans certaines zones, les enfants n’ont jamais connu autre chose que l’état d’urgence et la peur.

La proposition d’Aimé Boji, en ce sens, ne se limite pas à une question juridique. Elle est une réponse politique à un échec collectif : celui de la communauté internationale, qui n’a pas su, ou pas voulu, mettre fin à ce qu’aucun qualificatif ne saurait décrire pleinement.

Quand la justice devient une exigence de paix

L’appel d’Aimé Boji à la création d’un tribunal international est plus qu’une déclaration politique. C’est un acte de mémoire. Un rappel solennel que les millions de victimes de l’est de la RDC n’ont pas été des dommages collatéraux, mais des êtres humains dont la dignité a été bafouée, et dont le sang crie encore justice.

Mais au-delà de la rhétorique, la question demeure : ce tribunal verra-t-il enfin le jour, ou restera-t-il une promesse vide, une énième résolution non suivie d’effets ? La communauté internationale, prise dans ses propres contradictions et son pragmatisme diplomatique, n’a jamais montré un empressement à juger les crimes commis dans cette partie du monde.

Pourtant, comme le rappelle l’histoire, aucune paix durable ne peut se construire sur des cendres non pleurées. Les véritables transitions ne s’écrivent pas dans le silence, mais dans la confrontation avec le passé. Les victimes de l’est de la RDC attendent moins des mots que des actes. Attendent moins des promesses que des condamnations. Attendent enfin que la justice, sous une forme ou une autre, vienne laver les stigmates d’une génération sacrifiée sur l’autel des intérêts géostratégiques.

Car en RDC, comme ailleurs, la réconciliation n’est pas un cadeau que l’on fait aux vaincus. C’est un devoir que les puissants doivent aux faibles. Et le temps, lui, ne guérit pas tout. Il ensevelit parfois les vérités que la justice seule peut exhumer.

Alain Bolodjwa claque la porte de la Coalition Article 64 – « Je ne cautionne pas ce dialogue avec ceux qui bafouent la Constitution »

Ils étaient unis dans la rue, dressés contre ce qu’ils percevaient comme un coup de force constitutionnel. Mais la convergence des luttes a ses limites. Ce lundi, sur un espace X animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, la rupture a été consommée.. Alain Bolodjwa, figure de l’opposition radicale congolaise, a annoncé son retrait de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64).

Un départ qui n’est pas un simple changement d’adresse militante. C’est un signal adressé à ceux qui, au sein de la plateforme, ont choisi la voie du dialogue avec le pouvoir de Kinshasa. Bolodjwa, lui, ne transige pas. Il est venu pour défendre la Constitution, pas pour négocier avec ceux qu’il accuse de la piétiner.

« L’environnement est devenu malsain » : les raisons d’un divorce

Dans une déclaration sans concession, Alain Bolodjwa a justifié son départ par un constat amer : la Coalition Article 64 aurait, selon lui, dérivé de sa mission originelle. La suspension des actions de mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle, consécutive à l’annonce d’un dialogue national inclusif par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

« Nous défendons l’idée selon laquelle on ne va pas indéfiniment continuer de faire des dialogues avec des gens qui posent des actes en violation de la loi et de la Constitution. J’ai tenté de mener ce combat en interne pour sensibiliser les uns et les autres par rapport à cet enjeu. Apparemment, l’environnement était devenu malsain. Pour permettre à nos amis de continuer dans leur combat que je considère légitime, je préfère ne pas être là, parce que cela risque d’apparaître comme une compromission. »

L’opposant, fidèle à sa réputation d’intransigeant, a martelé un message clair : il n’est pas venu quémander un compromis, mais défendre l’ordre constitutionnel. Et pour lui, la simple idée d’un dialogue avec un régime qu’il juge en infraction avec la Loi fondamentale est une trahison des principes qui ont fondé la coalition.

La stratégie contestée : le 12 juin, un rendez-vous manqué

Au-delà du dialogue, c’est toute la stratégie de la C64 que Bolodjwa remet en cause. L’opposant a vivement critiqué le « bicéphalisme » de certains sociétaires, qui insistaient sur une date symbolique – le 12 juin – pour une action dont il ne comprenait ni la pertinence ni l’urgence.

« J’avais posé la question : pourquoi le 12 juin, ça représente quoi, quel en est l’objectif ? Et pourtant, les gens savaient que l’Assemblée nationale allait examiner la loi en date du 8. Ça a vidé dans une certaine mesure la substance. »

Un constat d’échec tactique qui, conjugué à l’annonce du dialogue national, a convaincu Bolodjwa que la coalition avait perdu sa boussole. Il ne retrouve plus, dit-il, la philosophie de son parti politique dans la nouvelle démarche de la C64.

Le dialogue comme piège ? Les craintes de l’opposant

Pour Alain Bolodjwa, le dialogue national inclusif annoncé par le chef de l’État n’est qu’un leurre. Une manœuvre destinée à légitimer une révision constitutionnelle qu’il juge anticonstitutionnelle. En acceptant de suspendre leurs actions pour laisser place à des discussions, les leaders de la C64 auraient, selon lui, offert une victoire politique au régime.

Son départ est aussi un acte de lucidité : il refuse de cautionner un processus qui, à ses yeux, ne peut qu’entériner un changement de la Loi fondamentale. « Je ne suis pas venu pour quémander le dialogue, mais je suis venu pour défendre l’ordre constitutionnel », a-t-il répété, comme un mantra.

Une marche avortée et un calendrier sous tension

La rupture de Bolodjwa intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. À deux jours d’une marche qui devait exiger, entre autres, la démission du président Félix Tshisekedi pour « trahison de son serment constitutionnel », la C64 avait surpris son monde en annonçant le report de cette action. Motif invoqué : donner une chance au dialogue national, impulsé par les principales confessions religieuses après leur entretien avec le chef de l’État.

Mais la Cour constitutionnelle a depuis statué : la loi sur les référendums est conforme à la Constitution. Une décision qui a relancé la dynamique contestataire. La C64 a alors fixé un nouvel ultimatum au président : organiser un dialogue national inclusif d’ici le 15 août. Une date butoir qui pourrait bien être le prochain champ de bataille.

 La solitude de l’intransigeant

En quittant la Coalition Article 64, Alain Bolodjwa assume pleinement son isolement. Il se revendique comme celui qui, au sein de l’opposition congolaise, a le plus farouchement combattu le président Tshisekedi. Une fierté qui confine à l’obsession, mais qui témoigne d’une cohérence politique rare dans un paysage marqué par les compromis et les retournements.

Son départ, au-delà du simple fait divers politique, révèle les fractures profondes qui traversent l’opposition congolaise. Faut-il dialoguer avec un pouvoir accusé de dérive autoritaire ? Faut-il, au contraire, radicaliser la lutte dans la rue ? La C64 a choisi une voie médiane. Bolodjwa, lui, a choisi celle de l’intransigeance.

La question qui brûle les lèvres des observateurs est désormais celle-ci : le pari de la C64 – suspendre la mobilisation pour ouvrir un dialogue – paiera-t-il ? Ou bien la stratégie de Bolodjwa, celle du refus catégorique, s’avérera-t-elle, à terme, la plus prophétique ?

Une certitude demeure : la bataille pour la Constitution congolaise est loin d’être terminée. Et chaque départ, chaque rupture, redessine les lignes d’un affrontement qui, dans les prochains mois, pourrait bien connaître son dénouement. Car à Kinshasa comme à l’intérieur du pays, la question n’est plus de savoir si la Loi fondamentale sera révisée, mais à quel prix et au nom de quelle légitimité.

40 ans du Mouvement des Mamans Catholiques en RDC : Suminwa réaffirme l’engagement du Gouvernement pour l’autonomisation économique des femmes

La Première Ministre, Judith Suminwa, a pris part, lundi 3 août 2026, à la cérémonie d’ouverture du jubilé de rubis marquant les 40 ans du Mouvement des Mamans Catholiques (MMC). L’activité s’est tenue sous le thème : « 40 ans de savoir-faire et de transmission : les mamans catholiques au cœur de la famille, de l’Église et de la société ».

Le jubilé a été l’occasion de mettre en avant les piliers de l’action du MMC. Le premier axe s’est concentré à la célébration de 40 années d’engagement spirituel et social, tandis que le deuxième axe s’est fixé sur la promotion du leadership féminin et de l’entrepreneuriat des femmes.

Le troisième axe s’est focalisé sur la valorisation du rôle des mamans catholiques dans la famille, l’Église et la société. Enfin, le quatrième et dernier axe a abordé l’appel à l’unité, à la paix et à la transmission des valeurs aux jeunes générations.

Devant des milliers de membres venus de tous les diocèses, la Cheffe du Gouvernement a salué le parcours du mouvement fondé en 1986. Elle a rendu hommage à l’engagement spirituel, social et éducatif des mamans catholiques à travers la République démocratique du Congo, notamment dans l’accompagnement des familles, l’éducation et la solidarité.

Dans son discours, Judith Suminwa a aussi salué la contribution des mamans catholiques au développement de la RDC et a insisté sur la nécessité de capitaliser sur leur expertise et leur ancrage communautaire pour porter les politiques publiques.

Le Gouvernement Suminwa mise sur l’autonomisation économique des femmes

Au-delà de la célébration, Judith Suminwa a réaffirmé l’engagement de son Gouvernement pour l’autonomisation économique des femmes.

Inscrite dans le Programme d’Actions 2024-2028, cette priorité se traduit par des actions concrètes. C’est le cas du Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC), qui a mis en place une ligne de crédit dédiée aux femmes avec des conditions préférentielles.

Bien plus, le Gouvernement a œuvré pour l’adoption d’une loi au Sénat fixant à 30% la représentation minimale des femmes dans les institutions publiques. D’autres chantiers sont ouverts, notamment l’accès au foncier agricole pour les femmes rurales et l’alphabétisation financière.

Somme toute, l’Exécutif national a tracé la trajectoire pour les prochaines années. Il s’agit de renforcer le leadership féminin et de garantir aux femmes l’accès aux postes de décision.

Léopards de la RDC : L’épopée mondiale attire les binationaux – Huit nouveaux talents prêts à rejoindre la tanière

Cinquante-deux années d’attente, d’espérances déçues, de rêves enfouis. Et soudain, l’explosion. La RDC, terre de football longtemps endormie, a rugi sur la scène mondiale. Les Léopards, fiers et conquérants, ont non seulement foulé les pelouses de la Coupe du monde 2026, mais ils ont écrit une page d’histoire qui résonne encore dans les travées des stades et les cœurs des Congolais.

Première victoire en Mondial. Première qualification pour la phase à élimination directe. Un parcours qui a fait taire les sceptiques et enflammé une nation tout entière. Mais l’onde de choc de cette épopée ne s’arrête pas aux frontières du terrain. Elle a traversé les océans, atteint les vestiaires des plus grands clubs européens, et fait naître une envie irrésistible chez ceux qui, jusqu’alors, hésitaient à endosser le maillot bleu et rouge.

Un Mondial qui change tout : l’Angleterre, le Portugal et une légende en marche

Sur les pelouses américaines, les Léopards ont marché sur l’eau. Face au Portugal de Cristiano Ronaldo, ils ont tenu tête, accrochant un match nul précieux (1-1). Contre la Colombie, une défaite amère (1-0) mais sans démérite. Et puis, l’exploit : une victoire historique contre l’Ouzbékistan (3-1), la première de leur histoire en Coupe du monde. Un moment de grâce qui leur a offert un billet pour les seizièmes de finale, un territoire inexploré pour la sélection congolaise.

Face à l’Angleterre, les Léopards ont touché les étoiles du bout des doigts. Menant au score dès la 7e minute, ils ont fait trembler l’ogre britannique. Mais le football est parfois cruel : deux coups du sort en onze minutes (75e et 86e) ont brisé le rêve. Score final : 2-1 pour les Three Lions. Une défaite qui a le goût d’une victoire morale, et qui a prouvé au monde que la RDC avait sa place parmi les grandes nations du football.

Huit binationaux frappent à la porte : l’effet Desabre

Cette performance magistrale n’est pas passée inaperçue dans les salons feutrés des clubs européens. Invité sur les ondes de la RTNC 2, le Team Manager des Léopards, Dodo Landu, a lâché une bombe médiatique : huit joueurs binationaux ont officiellement exprimé leur volonté de représenter la République démocratique du Congo.

Un chiffre qui témoigne de l’attractivité retrouvée de la sélection nationale. La belle épopée américaine, couplée au travail de fond mené par le sélectionneur Sébastien Desabre, a transformé l’image des Léopards. Fini le temps où les binationaux hésitaient à rejoindre une sélection en perte de vitesse. Aujourd’hui, la RDC est perçue comme un projet ambitieux, une équipe en pleine ascension capable de rivaliser avec les meilleurs.

Dodo Landu, sans dévoiler les identités de ces huit joueurs, s’est montré optimiste quant à l’évolution de leurs dossiers. Les négociations avancent, et les premiers feuillets administratifs se remplissent. Les supporters congolais retiennent leur souffle, imaginant déjà les renforts de luxe qui pourraient étoffer l’effectif.

Une liste actualisée en août pour préparer la CAN 2027

Le calendrier s’accélère. Sébastien Desabre doit dévoiler une liste actualisée au cours du mois d’août, dans la perspective des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2027. Un rendez-vous crucial : la RDC affrontera la Guinée équatoriale en septembre, et le sélectionneur entend bien capitaliser sur la dynamique positive du Mondial.

Cette liste pourrait intégrer certaines des nouvelles recrues binationales, à condition que les formalités administratives soient bouclées à temps. Une perspective qui offre des options tactiques inédites au staff technique, avec des profils variés susceptibles de renforcer chaque ligne de l’équipe.

Le suspens Kambwala-Bondo : deux dossiers en attente

Mais tout n’est pas encore joué. Dodo Landu a tenu à tempérer les ardeurs en évoquant les situations administratives de deux joueurs très attendus : Willy Kambwala (Villarreal) et Warren Bondo (Milan AC). Les deux jeunes talents, évoluant dans des clubs prestigieux, ne sont pas encore officiellement intégrés à la sélection congolaise.

Leurs dossiers, complexes, nécessitent des procédures qui prennent du temps. Les deux joueurs devront patienter avant de pouvoir fouler les pelouses sous le maillot des Léopards. Un suspense qui alimente les conversations des supporters, impatients de voir ces pépites rejoindre la tanière.

 La Renaissance des Léopards, un héritage en construction

Les Léopards de la RDC ne sont plus une simple équipe de football. Ils sont devenus un symbole. Celui d’un pays qui, malgré les crises, les conflits et les incertitudes, parvient à se rassembler autour d’un ballon rond pour vibrer à l’unisson.

Ce parcours mondial, au-delà des statistiques et des victoires, a redessiné les contours du football congolais. Il a prouvé que la RDC pouvait rivaliser avec les grandes nations, que ses joueurs avaient le niveau pour briller sur la scène internationale. Et surtout, il a ouvert une porte jusqu’alors entrouverte : celle de l’attractivité.

Les huit binationaux qui frappent à la porte de la sélection sont les premiers bénéficiaires de cette révolution. Ils viennent chercher ce que la RDC offre désormais : un projet, une ambition, une aventure humaine et sportive unique. Mais cette dynamique ne doit pas être un feu de paille. Elle doit s’inscrire dans la durée, portée par des infrastructures, une formation et une vision à long terme.

Car les Léopards ont rendez-vous avec l’histoire. Et cette fois, ils comptent bien ne pas laisser passer leur chance. Que ce soit à travers Willy Kambwala, Warren Bondo, ou les huit anonymes qui rêvent de rejoindre l’aventure, une certitude demeure : le football congolais est entré dans une nouvelle ère. Celle de l’audace, du talent et de la conquête.

Butembo : Quatre nouveaux survivants d’Ebola témoignent – « La maladie existe, nous en sommes la preuve vivante »

Ce dimanche 2 août 2026, au Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Katwa, une scène rare et bouleversante s’est jouée sous le regard ému du personnel médical. Quatre patients, dont deux membres du personnel soignant, ont franchi la porte de la survie. Ils sortent guéris, mais marqués à jamais par l’étreinte du virus qui a failli les emporter.

Pour les deux soignants contaminés sur leur lieu de travail, cette délivrance a un goût amer. Ils avaient contracté la maladie en soignant des malades, victimes de leur dévouement dans des structures sanitaires où le danger guette chaque geste, chaque contact. Mais ce matin-là, ce n’est pas l’ombre de la mort qui planait sur le centre, c’est celle de l’espoir.

L’air vibrait d’une émotion palpable lorsque les survivants, encore frêles mais debout, ont adressé un message à la communauté : un cri du cœur mêlé d’avertissement et de gratitude.

« Nous en sommes le témoignage vivant » : le plaidoyer des rescapés

Le docteur Raymond Kamwanga, médecin à l’hôpital de Katwa, a d’abord salué le courage des équipes qui ont œuvré sans relâche pour arracher ces vies à la mort. Il a saisi cette occasion pour lancer un appel solennel à ses pairs : le respect rigoureux des mesures barrières reste la seule digue face à la contamination des soignants.

Mais ce sont les mots des guéris eux-mêmes qui ont ébranlé l’assistance. L’un d’eux, la voix encore nouée par l’émotion, a pris la parole :

« Nous remercions tous ceux qui ont contribué à notre guérison. Nous étions malades d’Ebola et avons été contaminés pendant nos prestations. Nous remercions le personnel soignant ainsi que l’ONG Medair pour les services rendus au CTE. À tous ceux qui pensent que la maladie n’existe pas, nous leur demandons d’y croire, car nous en sommes un témoignage vivant. »

Et d’ajouter, à l’adresse de ses collègues soignants :

« À nos collègues prestataires de soins, nous rappelons l’importance de respecter les mesures barrières lors de la prise en charge des malades. Nous devons tout mettre en œuvre pour combattre cette maladie. Ici, au CTE, il n’y a rien à craindre. C’est une structure comme tant d’autres. Si vous vous sentez malade, il faut aller directement à l’hôpital avant l’apparition des hémorragies. Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de guérison sont élevées. »

Un message de vie, porté par ceux qui ont dansé avec la mort et qui en sont revenus.

Des guérisons qui s’ajoutent à l’espoir

Ces quatre nouvelles rémissions viennent gonfler les rangs déjà fournis des survivants du CTE de Katwa. La veille, deux enfants avaient déjà quitté ce centre spécialisé, portant à six le nombre de guérisons en deux jours. Ces victoires, aussi modestes soient-elles, portent la signature de l’ONG Medair et de ses partenaires, dont l’engagement aux côtés du ministère de la Santé transforme chaque jour l’impossible en possible.

Pourtant, dans les couloirs du centre, les équipes soignantes ne baissent pas la garde. Les autorités sanitaires martèlent un message de prévention qu’elles savent être une question de survie : fièvre, vomissements, diarrhée – dès l’apparition de ces symptômes, la consultation immédiate s’impose. Car chaque heure perdue, chaque hésitation alimentée par la peur ou les rumeurs, peut basculer un destin.

L’épicentre résiste : Butembo, chiffres et défis

Butembo, poumon économique du Nord-Kivu, demeure le cœur battant de cette 17e épidémie. La ville totalise à elle seule 220 cas confirmés sur les 325 enregistrés dans la province au 27 juillet. Des chiffres qui donnent le vertige : en seulement deux mois et demi, cette flambée a déjà touché 3 360 personnes, selon le bilan officiel.

Pourtant, une lueur d’espoir subsiste dans cette hécatombe. 760 personnes guéries ont quitté les centres de traitement depuis le mois de mai. Mais le tribut est lourd : 1 621 décès sur un total de 3 674 malades, un rapport qui rappelle la cruauté d’un virus qui n’a que faire des frontières.

Aucune nouvelle zone de santé du Nord-Kivu n’a enregistré de cas entre le 30 et le 31 juillet, une accalmie relative qui ne doit pas masquer la vigilance de rigueur. Les équipes de sensibilisation poursuivent leur travail de fourmi, affrontant les rumeurs, les résistances communautaires et la défiance envers les centres de traitement.

 La survie au prix de la vigilance

Au CTE de Katwa, ce dimanche, la fête était discrète mais sincère. Les quatre guéris, silhouettes encore amaigries, ont quitté le centre avec un carnet de route : témoigner, convaincre, sauver.

Leur histoire, tragique et magnifique, porte un enseignement universel : la guérison d’Ebola est possible, mais elle exige une course contre la montre. Chaque patient qui franchit les portes du centre à un stade précoce augmente ses chances de revoir les siens. Chaque soignant qui respecte les gestes barrières se protège et protège sa communauté.

Mais au-delà de la science et des protocoles, c’est la confiance qui demeure le carburant de la riposte. Confiance envers les structures de santé, confiance envers les messages de prévention, confiance envers ces soignants qui, comme ceux de Katwa, continuent de se battre, parfois au péril de leur propre vie. Car en Ituri comme au Nord-Kivu, la victoire contre Ebola ne se gagnera pas seulement dans les laboratoires et les centres de traitement. Elle se gagnera dans le cœur des communautés, là où la peur cède enfin la place à l’espoir.

Haut-Katanga : Félix Tshisekedi inaugure le nouveau Palais de Justice de Lubumbashi, symbole de la modernisation judiciaire

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a inauguré, samedi 1er août 2026, le nouveau Palais de Justice de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Dressé au cœur de la capitale cuprifère, cet édifice imposant se veut la matérialisation d’une justice plus proche, plus digne et plus efficace.

L’événement, empreint de solennité, a réuni les plus hautes autorités judiciaires, politiques et coutumières de la région, venues saluer ce qu’elles qualifient déjà de « tournant historique » pour l’appareil judiciaire congolais.

Pensé pour répondre aux standards internationaux, le nouveau Palais de Justice s’étend sur 3 891 m² et offre un cadre de travail inédit. L’infrastructure abrite 65 bureaux, 3 grandes salles d’audience équipées, des espaces de documentation et d’archivage, ainsi qu’un espace spécifiquement dédié au Tribunal pour enfants. Cette dernière disposition marque une avancée majeure dans la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi, conformément aux engagements de la RDC en matière de protection de l’enfance.

Bien plus, l’édifice répond aux besoins des acteurs du secteur. Magistrats, avocats, greffiers et justiciables évolueront désormais dans un environnement conçu pour garantir davantage la sérénité du procès et le respect de la dignité humaine.

Un investissement 100% congolais, un signal fort

L’ouvrage a été entièrement construit sur fonds propres du Trésor public.

Dans son discours, Félix Tshisekedi a souligné que l’inauguration de cet édifice traduit « la capacité de l’État à porter des investissements publics majeurs pour moderniser le secteur judiciaire ».

Selon les analystes, c’est un message politique, notamment celui d’une volonté de rompre avec des décennies de délabrement et de donner aux institutions judiciaires les moyens matériels de leur indépendance et de leur crédibilité. Pour le Haut-Katanga, c’est aussi la promesse d’un désengorgement des dossiers et d’une accélération du traitement des affaires.

Depuis son accession à la magistrature suprême en 2019, Le Président Félix Tshisekedi a fait de la refondation de la justice l’un des piliers de son action. Le Gouvernement s’attèle en effet à redorer l’image d’une institution longtemps gangrenée par la corruption, le manque de moyens et la méfiance populaire. Cette dynamique s’est traduite aussi par la construction de cette infrastructure.

À travers cette inauguration, l’État Congolais démontre qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais d’une brique supplémentaire dans l’édifice d’une justice restaurée, crédible et respectée, à la hauteur des aspirations du peuple à l’équité et à la sécurité juridique.

Ituri : Colère des « Anges Gardiens » de Mongbwalu – Salaires impayés et primes réduites, la riposte Ebola au bord de l’implosion

Ils affrontent chaque jour la fièvre hémorragique, manipulent des fluides contaminés, veillent au chevet de mourants qu’ils tentent de ramener à la vie. Mais ce lundi 3 août 2026, à Mongbwalu, ce n’est pas le spectre d’Ebola qui a embrasé la cité minière du territoire de Djugu. Ce sont les pneus calcinés par ceux-là mêmes qui, depuis des mois, incarnent la dernière ligne de défense contre l’épidémie.

Dès les premières lueurs de l’aube, l’Hôpital général de référence de Mongbwalu a basculé dans une atmosphère insurrectionnelle. Infirmiers en blouses usées, agents d’entretien, hygiénistes et techniciens de laboratoire – tous les maillons de la chaîne de riposte – ont érigé des barricades devant l’entrée principale. Leur mot d’ordre ? Un cri de détresse sociale mêlé à une légitime colère : trois mois de salaires – mai, juin, juillet – dorment encore dans les caisses vides de l’administration.

« 24 heures pour payer, sinon la grève sèche »

Dans un ballet chaotique, les manifestants ont enflammé des pneus usagés, dont la fumée noire s’est élevée comme un signal d’alarme au-dessus du centre commercial de Mongbwalu. Des calicots, brandis tels des étendards de la révolte, portaient un ultimatum sans équivoque :

« Nous exigeons le paiement de nos salaires des mois de mai, juin et juillet. Nous accordons 24 heures aux autorités compétentes pour régulariser la situation, faute de quoi nous déclencherons une grève sèche. »

La tension était à son comble lorsque les forces de l’ordre sont intervenues. Face à une foule déterminée, la Police nationale congolaise (PNC) a dégainé ses moyens de dispersion : gaz lacrymogènes à profusion et tirs de sommation pour dissuader tout débordement. Le centre-ville a retenu son souffle, le temps que les artères commerçantes se vident, paralysées par ce face-à-face entre ceux qui soignent et ceux qui maintiennent l’ordre.

Double peine : les primes de risque amputées de moitié

Mais les arriérés de salaire ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La veille, dimanche 2 août, une autre déflagration avait secoué le monde médical de la région. Réunis au sein du Centre de traitement Ebola (CTE) du CME, les personnels des sites d’Elikya, de Rwampara et de Lita avaient dénoncé une mesure jugée « inacceptable » : la réduction de leur prime journalière de risque, brutalement divisée par deux, passant de 25 à 12 dollars américains.

Pour ces hommes et ces femmes qui côtoient quotidiennement la charge virale, cette décision relève de l’outrage. Dans un mémorandum adressé au Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ils ont rappelé, preuves à l’appui, leur engagement total : soins palliatifs, injections de traitements expérimentaux, analyses de laboratoire en conditions extrêmes, et jusqu’à l’accompagnement funéraire des défunts. Un travail de l’ombre, indispensable, dont la rémunération se trouve désormais inférieure à celle accordée à d’autres maillons de la riposte pourtant moins exposés.

Un élu local tente d’éteindre l’incendie social

Alors que les responsables de la coordination Ebola observaient un silence assourdissant, une voix s’est élevée pour tenter de conjurer le pire. Jean-Pierre Bikilisende, député provincial élu de Mongbwalu, a appelé à une désescalade immédiate.

« Je demande à la coordination de la riposte d’être en communication avec les agents commis à la riposte, parce que ces gens font un grand travail pour la communauté. S’il y a du retard par rapport à leurs droits, ils doivent en être informés », a-t-il lancé, conscient que l’heure n’est plus aux atermoiements.

L’élu a plaidé pour une régularisation rapide des arriérés, soulignant que ces professionnels évoluent dans un environnement déjà miné par l’insécurité chronique de l’Ituri. Selon lui, laisser pourrir ce conflit social, c’est prendre le risque de voir s’effondrer tout le dispositif de lutte contre la 17e épidémie – dont Mongbwalu reste l’épicentre historique.

Le talon d’Achille de la riposte

Au moment où ces lignes sont écrites, le silence des autorités sanitaires demeure assourdissant. Aucune déclaration officielle n’est encore venue apaiser les esprits ou annoncer un déblocage des fonds. Dans les couloirs du CTE, l’angoisse côtoie la colère : que deviendront les patients si la grève sèche est déclenchée ? Que pèsera un malade d’Ebola face à un soignant qui n’a plus de quoi nourrir sa famille ?

Cette crise sociale, bien plus qu’un simple conflit salarial, révèle les fragilités structurelles d’un système de santé congolais en zone de conflit. Un système où l’on demande à des héros de suer sang et eau contre un tueur invisible, tout en les privant du minimum vital qui reconnaît leur sacrifice. Les pneus brûlés de Mongbwalu ne sont pas seulement un symbole de révolte : ils sont le miroir ardent d’une nation qui, pour vaincre Ebola, devra d’abord apprendre à honorer ceux qui se tiennent en première ligne. Car en Ituri, le véritable ennemi n’est peut-être pas le virus, mais l’ingratitude d’un État qui, faute de moyens, abandonne ses anges gardiens à leur propre désespoir.

Banque Centrale du Congo : André Wameso relance le sport corporatif et place le bien-être des agents au cœur de sa gouvernance

La scène a surpris plus d’un observateur. Habitué aux réunions stratégiques et aux décisions de politique monétaire, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a troqué le costume officiel pour une tenue de sport. Entouré de centaines d’agents de l’institution, il a donné le coup d’envoi de la relance des activités sportives corporatives de la Banque centrale, mettant ainsi en avant une autre facette de son management : celle d’une gouvernance qui mise sur le capital humain.

Après plusieurs années d’interruption, cette initiative marque le retour d’une tradition qui a longtemps contribué à renforcer les liens entre les agents de la Banque Centrale du Congo, tout en encourageant un mode de vie plus sain.

André Wameso affiche un management de proximité

Dès les premières heures de la matinée, l’ambiance était bien différente de celle qui règne habituellement dans les locaux de la BCC, à la Gombe. Les impératifs du quotidien ont laissé place à une marche de cohésion où dirigeants et collaborateurs ont évolué côte à côte, sans protocole ni barrières hiérarchiques.

En participant personnellement à cette activité, le gouverneur André Wameso a envoyé un signal fort sur sa vision du management. Plus qu’un simple événement sportif, cette journée traduisait une volonté de rapprocher les équipes, de favoriser les échanges entre collègues et de consolider la culture institutionnelle.

« Voir le Gouverneur participer à nos côtés, sans le formalisme habituel, est un signal fort. Cela nous rappelle que nous poursuivons tous un même objectif, au-delà de nos fonctions respectives », a confié un agent de la Direction de la communication à l’issue de la marche.

À travers cette démarche, la Banque Centrale entend promouvoir un environnement de travail où la cohésion et l’engagement collectif deviennent des leviers de performance.

Les clubs sportifs historiques de la BCC retrouvent leurs couleurs

La relance ne s’est pas limitée à une simple marche symbolique. La Banque Centrale du Congo a officiellement redonné vie aux clubs sportifs qui ont marqué son histoire et contribué, pendant des années, à l’épanouissement de son personnel.

Parmi les disciplines remises à l’honneur figure le club de nzango « Les Kangourous », véritable référence au sein de l’institution, notamment auprès du personnel féminin. Les passionnés de football retrouvent le COFLO, tandis que les basketteurs renouent avec le club FALANGA.

Les clubs de natation, de marche sportive ainsi que le Judo Club BCC reprennent également leurs activités, offrant aux agents un large éventail de disciplines adaptées à leurs capacités et à leurs préférences.

Cette diversification répond à une logique d’inclusion, permettant à chaque employé de pratiquer une activité physique dans un cadre propice au bien-être et à l’épanouissement.

Faire du capital humain un levier de performance institutionnelle

Au-delà de l’aspect sportif, cette relance traduit une orientation stratégique clairement assumée par la Direction générale de la Banque Centrale du Congo : investir dans les femmes et les hommes qui font fonctionner l’institution.

Dans un contexte où la sédentarité, le stress professionnel, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires constituent des défis croissants pour les organisations, la promotion de l’activité physique apparaît comme un véritable outil de prévention.

La BCC considère que des agents en meilleure santé sont également plus disponibles, plus performants et davantage capables de relever les exigences d’une institution au cœur de la stabilité financière du pays.

En réactivant ses activités sportives corporatives, la Banque Centrale du Congo ne signe donc pas seulement le retour d’une tradition. Elle ouvre un nouveau chapitre de sa gouvernance, où le bien-être des agents, la cohésion des équipes et le développement du capital humain deviennent des piliers essentiels de la performance institutionnelle et de la qualité du service public.

Affaire Vally Amisi : Bénie Mukena Mwepu arrêté à Brazzaville, les formalités de transfert vers Kinshasa en cours

Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé, dimanche 2 août 2026, l’interpellation à Brazzaville de Bénie Mukena Mwepu. Le suspect est recherché par les autorités de la République démocratique du Congo dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après le décès de Vally Amisi, survenu à Kinshasa le 9 avril 2026. Les formalités de transfert vers Kinshasa sont en cours.

« Cette arrestation est le fruit de la coopération judiciaire entre le ministère de la Justice de la République démocratique du Congo et le ministère de la Justice de la République du Congo, dans le cadre des mécanismes d’entraide judiciaire existant entre les deux pays », a souligné Guillaume Ngefa dans un communiqué.

Les investigations menées sous l’autorité du parquet compétent ont permis d’orienter les recherches vers la personne interpellée. « Les faits, initialement présentés comme un enlèvement, font l’objet d’une information judiciaire et sont susceptibles de recevoir diverses qualifications juridiques », poursuit le document, tout en précisant que seules les juridictions sont compétentes de les déterminer.

En effet, les formalités judiciaires et administratives requises en vue du transfèrement de l’intéressé vers Kinshasa sont actuellement en cours. Selon la justice congolaise, cela se fait dans le strict respect des lois de la République, des accords de coopération judiciaire applicables, ainsi que des droits et garanties reconnus à toute personne mise en cause.

Toutefois, la justice rappelle que Bénie Mukena Mwepu « bénéficie pleinement de la présomption d’innocence, et que seule une décision définitive de justice est susceptible d’établir sa responsabilité pénale éventuelle ».

Par ailleurs, le Gouvernement de la RDC réaffirme sa détermination à lutter contre l’impunité, « dans le respect des principes de légalité, des droits de la défense et des exigences d’un procès équitable ».

Pour rappel, le meurtre de Vally Amisi, jeune entrepreneur et vice-président du club de football Nouvelle Vie Bomoko FC, a profondément ému Kinshasa après la découverte de son corps sans vie le 10 avril 2026, dans un hôtel abrité dans la commune de la Gombe.

Les vidéos de surveillance ont orienté les recherches vers un proche et collaborateur de la victime, Bénie Mukena Mwepu. Son arrestation à Brazzaville permettra enfin à la justice de Kinshasa d’établir les responsables dans cette affaire qui a provoqué l’indignation dans l’opinion publique.