À Genève, la RDC affiche ses ambitions et mise sur son boom numérique

À Genève, en Suisse, la République démocratique du Congo s’apprête à porter haut la voix de l’Afrique centrale dans les instances de décision internationales. Lors d’une réunion de haut niveau menée par le ministère des Postes et Télécommunications et les équipes de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), Kinshasa a dévoilé les piliers de sa candidature au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT).

L’enjeu dépasse le simple cadre diplomatique : la RDC entend peser directement sur les arbitrages mondiaux qui façonneront l’avenir du haut débit, de la couverture satellitaire et de la transition numérique.

Une feuille de route axée sur la résilience et l’inclusion

Pour convaincre ses partenaires internationaux, la délégation congolaise met en avant une stratégie globale axée sur la modernisation des réseaux et l’équité d’accès. La feuille de route de Kinshasa s’articule autour de priorités majeures :

  • Infrastructures et interconnexion : Renforcer la résilience des réseaux et étendre l’interconnexion transfrontalière pour désenclaver la sous-région.

  • Gestion du spectre et haut débit : Assurer une attribution harmonisée des fréquences pour accélérer le déploiement des technologies fixes, mobiles et satellitaires.

  • Inclusion et sécurité : Réduire la fracture numérique et promouvoir un accès universel, sûr et abordable pour toutes les couches de la population.

Des chiffres records pour appuyer la candidature congolaise

La légitimité de la démarche congolaise s’appuie sur une dynamique sectorielle en forte accélération. Les données publiées par l’ARPTC démontrent l’explosion des usages et l’extension rapide de la couverture sur le territoire national :

  • Bond de la fibre optique : Le réseau de type BBN a enregistré une hausse spectaculaire de 73,63 %, passant de 11 382 à 19 762 kilomètres.

  • Téléphonie mobile : Le marché compte désormais près de 73,9 millions d’abonnements actifs, en progression de 15,6 %.

  • Internet mobile : Le nombre d’utilisateurs grimpe à 37 millions d’abonnés (+12,3 %).

  • Poids économique : Le chiffre d’affaires du secteur franchit la barre des 2,39 milliards de dollars américains, en hausse de 14,6 %.

Transformer le potentiel en bénéfices concrets

Si ces indicateurs macroéconomiques témoignent du potentiel colossal du marché congolais, les défis restent immenses. L’ambition affichée à l’UIT doit servir de levier pour répondre aux besoins locaux : étendre le réseau dans les zones rurales isolées, faire baisser les coûts d’accès et garantir la stabilité des connexions pour les entreprises.

En sollicitant un siège au Conseil de l’UIT, la RDC entend transformer sa dynamique interne en influence internationale, garantissant ainsi que les spécificités et les priorités de l’Afrique centrale soient prises en compte dans les grandes orientations mondiales du numérique.

RIF 2026 : la RDC veut transformer ses corridors de transit en moteurs de développement économique

La République démocratique du Congo veut faire de ses corridors de transport de véritables leviers de croissance, et non de simples voies de transit. C’est l’ambition portée par la troisième édition du RDC Transport Infrastructure & Logistics Investment Forum (RIF 2026), lancée le lundi 26 octobre à Kinshasa par le Think Tank RDC STRATÉGIE. Jusqu’au 28 octobre, responsables publics, investisseurs, opérateurs économiques et experts échangent sur le financement des infrastructures, la souveraineté logistique et la connexion des marchés en Afrique centrale.

Placée sous le thème « Corridors stratégiques, souveraineté logistique et intégration régionale : bâtir la puissance infrastructurelle de l’Afrique centrale », cette rencontre entend rapprocher les projets des financements et renforcer leur contribution au développement économique.

Des corridors au service de l’économie congolaise

À l’ouverture du forum, le président du Think Tank RDC STRATÉGIE, Bodom Matungulu, a appelé à repenser la vocation des corridors de transport. Pour lui, la RDC ne doit pas se limiter à acheminer les marchandises vers les pays voisins ou les marchés internationaux. Elle doit aussi tirer profit de ces infrastructures pour développer ses propres activités économiques.

« Nous ne voulons pas seulement être un pays traversé par des corridors où nous transportons des marchandises, mais nous voulons que ces corridors soient réellement des corridors de développement », a-t-il déclaré.

Cette vision repose notamment sur une meilleure connexion entre les bassins agricoles, les zones minières, les pôles industriels et les marchés régionaux. Elle vise également à soutenir les entreprises congolaises et à encourager la transformation locale des ressources.

« Le cuivre doit pouvoir voyager ; la valeur ajoutée doit aussi pouvoir rester », a insisté Bodom Matungulu. Cette orientation place la création de valeur au cœur des investissements, avec un accent particulier sur la formation, l’entrepreneuriat et le contenu local.

Jean-Pierre Bemba plaide pour des infrastructures intégrées et compétitives

Présent à la cérémonie d’ouverture, le vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a souligné le rôle des infrastructures dans la transformation économique du pays.

Il a appelé à faire des corridors des instruments de désenclavement, de compétitivité et d’intégration régionale. Pour atteindre cet objectif, les réseaux de transport doivent relier efficacement les bassins de production aux marchés, les zones minières aux unités de transformation et les pôles industriels aux sources d’énergie.

Le développement des infrastructures ne suffit toutefois pas, selon le membre du gouvernement. L’amélioration des procédures administratives, des services douaniers et de la coordination entre les États constitue également un enjeu majeur pour fluidifier les échanges et réduire les coûts logistiques.

« Notre responsabilité commune est de donner à cette ambition un contenu concret : des infrastructures interconnectées, des services fiables, des coûts maîtrisés et des possibilités économiques accessibles à nos populations », a-t-il affirmé.

Le vice-Premier ministre a ainsi invité les participants à identifier les connexions stratégiques à renforcer, les bassins de production à mieux desservir et les réformes susceptibles d’améliorer la circulation des marchandises.

Corridors Atlantique, de Lobito et réseau fluvial : les connexions à renforcer

La position géographique de la RDC au cœur du continent ne garantit pas, à elle seule, son intégration économique. Encore faut-il relier efficacement ses différents réseaux de transport et faciliter l’accès aux marchés régionaux.

Dans cette perspective, Bodom Matungulu a évoqué plusieurs axes stratégiques, dont le corridor Atlantique, le corridor de Lobito, les ouvertures vers l’Afrique orientale et australe ainsi que le réseau fluvial du Congo.

Leur meilleure articulation pourrait faciliter le transport des marchandises, améliorer l’approvisionnement des bassins de production et intensifier les échanges avec les pays voisins.

Cette ambition suppose également de coordonner les infrastructures de transport avec les installations de stockage, les plateformes logistiques, les réseaux énergétiques et les services numériques. L’enjeu est de rendre les chaînes logistiques plus performantes et de favoriser l’émergence d’activités économiques autour des corridors.

Le financement au cœur des trois jours de travaux

Le RIF 2026 s’organise autour de trois axes : « Décider, construire et financer ». La première journée a notamment été consacrée au lancement officiel et aux enjeux géostratégiques des corridors logistiques en Afrique centrale, avec un panel ministériel portant sur la vision stratégique des infrastructures, la connectivité régionale et les projets transnationaux.

Les échanges réunissent des représentants d’entreprises, des responsables du secteur des transports et de la logistique ainsi que des experts. Ils doivent notamment permettre de cerner les obstacles qui freinent la circulation des marchandises et la compétitivité des infrastructures.

La troisième journée prévoit un accent particulier sur le financement des projets et la clôture du forum, avec la remise des RIF AWARDS 2026.

À travers cette rencontre, le Think Tank RDC STRATÉGIE souhaite rapprocher les décideurs publics, les opérateurs économiques et les partenaires financiers autour de projets répondant aux besoins des populations.

Emploi et entreprises locales : les retombées attendues

Pour les organisateurs, la réussite des corridors ne se mesure pas uniquement à la longueur des routes construites ou au volume des marchandises transportées. Elle dépend aussi des bénéfices économiques et sociaux générés pour les populations.

Bodom Matungulu a ainsi insisté sur l’intégration de la formation, du contenu local et de l’entrepreneuriat dans la conception des projets. Les investissements doivent, selon cette approche, contribuer au développement des petites et moyennes entreprises congolaises, au transfert de compétences et à la création d’opportunités pour les jeunes.

L’objectif est de faire des infrastructures un moteur de production, d’emplois et de transformation locale, plutôt qu’un simple moyen d’acheminer les ressources vers d’autres marchés.

Une plateforme régionale lancée en 2022

Le RIF 2026 s’inscrit dans la continuité des rencontres organisées par le Think Tank RDC STRATÉGIE depuis 2022. Selon Bodom Matungulu, la deuxième édition, tenue en 2024, avait rassemblé plus de 250 acteurs et formulé une cinquantaine de recommandations dans les domaines des transports, de la logistique et de l’énergie.

Pour cette troisième édition, l’organisation entend renforcer le suivi de ces recommandations et favoriser leur traduction en projets concrets. Elle ambitionne également de consolider le forum comme une plateforme régionale de dialogue sur les infrastructures, la souveraineté logistique et l’intégration économique.

Des délégations de plusieurs pays, notamment de l’Angola, de la République du Congo et de la Tanzanie, prennent part aux travaux. Leur participation souligne la dimension régionale des discussions, alors que la coopération entre les États reste déterminante pour connecter les réseaux de transport et faciliter les échanges en Afrique centrale.

Kinshasa : Engen DRC investit plus de 1,5 million de dollars dans une nouvelle station à N’Sele

Engen DRC poursuit son expansion à Kinshasa. Membre du groupe Vivo Energy, l’entreprise a inauguré, jeudi 22 octobre 2026, une nouvelle station-service à Terre-Jaune, dans la commune de la N’Sele. Évaluée à plus de 1,5 million de dollars américains, cette infrastructure vise à rapprocher les produits et services de l’entreprise des habitants de cette partie périphérique de la capitale congolaise.

La cérémonie d’inauguration a réuni plusieurs autorités provinciales. Parmi les personnalités présentes figuraient Levi Mbuta, président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Bob Amisso, ministre provincial de la Jeunesse représentant le gouverneur, ainsi que Franck Mbo, bourgmestre de la commune de la N’Sele.

Au-delà de l’ouverture d’un nouveau point de vente, cet investissement illustre la volonté d’Engen DRC de renforcer son réseau et de participer au développement économique local.

Engen DRC mise sur un partenariat de plus de 13 ans

La nouvelle station de Terre-Jaune est le fruit d’un partenariat de plus de 13 ans entre Engen DRC et l’entreprise locale Nazareth. Cette collaboration illustre le rôle des partenariats entre multinationales et entrepreneurs congolais dans le développement des activités économiques.

Pour Moussa Konaté, directeur général d’Engen DRC, cette inauguration représente bien plus qu’une nouvelle implantation commerciale.

« Cette cérémonie représente bien plus que l’ouverture d’un nouveau point de vente. Elle symbolise l’aboutissement d’une relation de confiance, la concrétisation d’une ambition commune et surtout la démonstration de ce qu’un partenariat durable entre une entreprise multinationale et un entrepreneur local peut produire de meilleur », a-t-il déclaré.

À travers cette nouvelle infrastructure, Engen DRC entend consolider sa présence dans la capitale tout en valorisant une collaboration avec un partenaire local. L’entreprise mise ainsi sur la continuité de cette relation pour soutenir son développement et créer davantage de valeur.

N’Sele : Engen DRC veut rapprocher ses services des habitants

L’implantation de cette station à Terre-Jaune répond également à un objectif de proximité. Engen DRC souhaite permettre aux habitants des quartiers périphériques d’accéder à des produits et services de qualité, sans que leur lieu de résidence constitue un obstacle.

« Ce n’est pas parce qu’on vit à la N’Sele qu’on n’a pas droit aux mêmes produits que quelqu’un qui vit à la Gombe », a souligné Moussa Konaté.

Cette déclaration traduit la volonté de l’entreprise de proposer une offre plus accessible dans différents quartiers de Kinshasa. En renforçant son maillage territorial, Engen DRC entend se rapprocher de sa clientèle et améliorer l’expérience des usagers.

Pour l’entreprise, cette expansion s’inscrit dans une stratégie plus large. Elle vise à accompagner l’évolution de la capitale et à répondre aux besoins d’une population répartie sur un territoire urbain en pleine croissance.

Un investissement au service de l’économie locale

Avec plus de 1,5 million de dollars mobilisés, la nouvelle station représente un investissement significatif dans le secteur de la distribution des produits pétroliers à Kinshasa.

Engen DRC affirme également vouloir contribuer à la création de richesses et d’emplois, tout en participant à la transformation de l’environnement économique local. Ces ambitions s’inscrivent dans une logique de développement à long terme, fondée sur l’investissement et le renforcement des activités commerciales.

« Chaque investissement de cette nature est une marque de confiance dans le pays. Il témoigne de la volonté de notre entreprise d’entreprendre et de créer de la valeur pour l’avenir », a insisté le directeur général.

Toutefois, les retombées concrètes de cette nouvelle implantation, notamment en matière d’emplois créés, devront être appréciées à partir des résultats enregistrés par la station au fil de son exploitation.

Les autorités provinciales saluent une nouvelle infrastructure

Représentant le gouverneur de Kinshasa lors de la cérémonie, le ministre provincial de la Jeunesse, Bob Amisso, a salué l’initiative d’Engen DRC d’implanter un point de vente dans cette zone périphérique de la capitale.

Selon lui, cette infrastructure contribue à améliorer les services proposés à la population et à renforcer l’attractivité économique de la ville.

Le ministre a également appelé les responsables de la station à maintenir des standards élevés en matière de service et de sécurité.

« Nous invitons les responsables de cette station à faire de la satisfaction du client, du professionnalisme et de la sécurité leur priorité permanente », a-t-il déclaré.

De son côté, l’entreprise Nazareth s’est félicitée des retombées positives de son partenariat avec Engen DRC. Cette collaboration de plus de 13 ans trouve ainsi un nouveau prolongement avec l’ouverture de la station de Terre-Jaune.

À travers cet investissement, Engen DRC renforce son implantation à Kinshasa et mise sur la proximité avec les consommateurs. Pour la N’Sele, cette nouvelle infrastructure vient étoffer l’offre de services disponibles, tandis que le partenariat avec Nazareth illustre les possibilités de coopération entre acteurs internationaux et entreprises locales.

L’ARSP certifie 55 inspecteurs pour renforcer les contrôles de la sous-traitance

L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) renforce ses capacités de contrôle en République démocratique du Congo. Mercredi 21 octobre 2026, à Kinshasa, l’institution a remis leurs certificats à 55 inspecteurs formés pour veiller à l’application de la législation sur la sous-traitance.

La cérémonie, organisée à Kertel Suites, dans la commune de la Gombe, s’est déroulée sous le patronage du ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des petites et moyennes entreprises (PME), Justin Kalumba Mwana-Ngongo. Le directeur général de l’ARSP, Juan Ted Beleshayi Kasanda, a remis les certificats aux récipiendaires, en présence notamment du président du conseil d’administration, Fely Samuna, et du directeur général adjoint, Ramazani Mwarabu.

Cette certification marque une nouvelle étape dans la professionnalisation des contrôles. L’objectif est de mieux détecter les manquements à la réglementation et de renforcer l’efficacité des inspections sur le terrain.

L’ARSP mise sur la rigueur et l’intégrité

Lors de son intervention, Juan Ted Beleshayi Kasanda a insisté sur les exigences auxquelles les nouveaux inspecteurs devront répondre dans l’exercice de leurs fonctions. Il a notamment mis en avant trois principes : le professionnalisme, l’intégrité et le respect strict des procédures.

Le directeur général les a appelés à réaliser des analyses rigoureuses, à établir des constats précis et à produire des rapports fiables. Il les a également mis en garde contre les pressions et les tentatives de corruption auxquelles ils pourraient être confrontés.

« Votre crédibilité dépendra de la précision de vos connaissances, de la qualité de vos rapports, de votre impartialité et de votre respect scrupuleux des procédures », a-t-il souligné.

Pour le responsable de l’ARSP, la qualité des contrôles repose autant sur la maîtrise des textes que sur la capacité des inspecteurs à agir avec impartialité. La certification doit ainsi permettre de renforcer les compétences des équipes chargées de constater les éventuelles infractions à la législation.

Un enjeu pour l’accès des entreprises congolaises aux marchés

Le renforcement des inspections intervient dans un secteur stratégique pour la participation des entreprises congolaises aux opportunités économiques. En veillant à l’application des règles de sous-traitance, l’ARSP entend contribuer à un meilleur encadrement des pratiques des entreprises et à une application plus effective de la législation.

Les 55 inspecteurs certifiés sont désormais appelés à mettre en pratique les compétences acquises lors de leur formation. Leur mission consistera notamment à identifier les irrégularités, à documenter les manquements constatés et à mener leurs contrôles dans le respect des procédures légales.

L’enjeu est également de renforcer la transparence dans les relations entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants, tout en favorisant la participation des opérateurs économiques congolais aux marchés.

Justin Kalumba salue l’initiative

Prenant également la parole, le ministre Justin Kalumba Mwana-Ngongo a salué l’initiative de l’équipe dirigeante de l’ARSP et félicité les inspecteurs certifiés. Il a souligné l’importance de traduire les réformes engagées en résultats concrets pour l’économie nationale.

Avec cette nouvelle équipe d’inspection, l’ARSP entend consolider son dispositif de contrôle et renforcer l’application des règles encadrant la sous-traitance privée.

La portée de cette initiative dépendra désormais de son application sur le terrain : des inspections crédibles, des rapports solides et des contrôles impartiaux devront permettre de mesurer les progrès réalisés dans le respect de la législation et la promotion des entreprises congolaises.

625 millions de dollars de la Banque mondiale : à l’Assemblée nationale, 334 voix contre une pour un pari sur les femmes, l’école et les enfants

625 millions de dollars américains. C’est le montant des financements que la République démocratique du Congo entend mobiliser pour soutenir plusieurs secteurs clés de son économie et renforcer la protection des populations. Lundi 19 octobre 2026, l’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape en adoptant quatre projets de loi portant ratification d’accords de financement conclus avec l’Association internationale de développement (IDA), une institution du Groupe de la Banque mondiale.

Réunis en séance plénière sous la présidence d’Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de la Chambre basse, les députés ont approuvé les quatre textes par 334 voix pour, une voix contre et aucune abstention. Les projets ont été examinés article par article avant leur adoption en seconde lecture.

Derrière ce vote, quatre priorités se dessinent : développer les petites entreprises, faciliter l’accès à l’éducation, lutter contre la malnutrition et renforcer la capacité du pays à faire face aux catastrophes naturelles. Autant de chantiers qui touchent directement les ménages, les entrepreneurs et les finances publiques.

Mais au-delà de l’adoption parlementaire, une autre question se pose : comment ces ressources se traduiront-elles concrètement en emplois, en services accessibles et en meilleures conditions de vie ?

Entrepreneuriat et éducation : 400 millions USD pour deux secteurs clés

La première enveloppe, de 200 millions USD, est destinée au projet d’autonomisation des femmes entrepreneures et de mise à niveau des micro, petites et moyennes entreprises, baptisé TRANSFORME.

Ce programme vise à renforcer les capacités de production des entreprises, avec une attention particulière portée à celles dirigées par des femmes. L’objectif est de favoriser leur développement, de stimuler l’activité économique et de soutenir la création d’emplois.

Dans une économie où les petites structures jouent un rôle important dans les activités commerciales et productives, l’accès aux financements et l’amélioration des capacités opérationnelles peuvent contribuer à consolider le tissu entrepreneurial. L’impact réel dépendra toutefois des entreprises effectivement accompagnées et de leur capacité à pérenniser leur activité.

Le deuxième financement, également évalué à 200 millions USD, concerne le Projet d’urgence pour l’équité et le renforcement du système éducatif (PERSE).

Cette enveloppe doit notamment contribuer à réduire les dépenses scolaires supportées par les ménages, à améliorer l’accès à l’enseignement primaire et à renforcer le fonctionnement du système éducatif congolais.

Ensemble, TRANSFORME et PERSE concentrent 400 millions USD, soit près de 64 % du montant total adopté. Cette répartition place l’entrepreneuriat et l’éducation au premier plan des interventions financées par ces nouveaux accords.

Le pari économique est double : soutenir les capacités productives aujourd’hui tout en contribuant au développement du capital humain sur le long terme.

Nutrition : 75 millions USD pour les enfants et les femmes

Le troisième financement porte sur 75 millions USD supplémentaires destinés au Projet multisectoriel de nutrition et de santé (PNMS).

Les interventions doivent cibler principalement les enfants âgés de 0 à 23 mois ainsi que les femmes enceintes et allaitantes, des groupes particulièrement vulnérables aux conséquences de la malnutrition.

L’enjeu dépasse la seule prise en charge sanitaire. Une nutrition insuffisante durant les premières années de vie peut compromettre le développement des enfants et affecter durablement leur potentiel d’apprentissage. À l’échelle économique, ces conséquences peuvent aussi peser sur la productivité future et les perspectives de développement du pays.

Le financement vise ainsi à renforcer les interventions en matière de nutrition et de santé. Son efficacité devra notamment se mesurer à la couverture des populations ciblées, à l’accès aux services et à l’évolution des résultats sanitaires.

Catastrophes naturelles : 150 millions USD pour renforcer la préparation

La quatrième enveloppe, de 150 millions USD, est consacrée au projet régional REPAIR, axé sur la préparation aux situations d’urgence et la reprise inclusive.

Ce dispositif doit permettre à la RDC de renforcer ses capacités financières et institutionnelles pour répondre plus rapidement aux catastrophes naturelles et aux autres chocs susceptibles d’affecter les populations.

Pour les finances publiques, la préparation aux crises constitue un enjeu majeur. Les catastrophes peuvent endommager les infrastructures, perturber les activités économiques et imposer des dépenses imprévues aux pouvoirs publics comme aux ménages.

Disposer de mécanismes de réponse mieux préparés peut contribuer à limiter les interruptions de services et à accélérer le relèvement des communautés touchées. Encore faut-il que les ressources soient accessibles au moment opportun et que les dispositifs prévus fonctionnent effectivement sur le terrain.

625 millions USD : un financement à distinguer des résultats obtenus

Si les quatre projets de loi ont reçu le feu vert des députés, l’adoption des textes ne signifie pas, à elle seule, que la totalité des 625 millions USD a déjà été décaissée ou dépensée.

Les financements de l’IDA sont généralement accordés à des conditions concessionnelles, plus favorables que celles de nombreux emprunts commerciaux. Toutefois, lorsqu’ils prennent la forme de prêts, ils constituent des engagements financiers pour l’État, contrairement aux dons.

Cette distinction est essentielle pour apprécier la portée économique de ces accords. Les montants autorisés, les décaissements effectifs et les résultats obtenus correspondent à des étapes différentes de l’exécution des programmes.

Pour la RDC, le suivi de ces financements devra donc porter sur plusieurs indicateurs : le nombre d’entreprises accompagnées, les emplois créés ou consolidés, l’évolution de l’accès à l’éducation, les résultats des interventions nutritionnelles et les capacités mobilisées face aux situations d’urgence.

La transparence dans la gestion des fonds, la qualité du suivi administratif et le respect des calendriers d’exécution seront également déterminants.

Le véritable enjeu : transformer les financements en retombées concrètes

Avec ces quatre ratifications, la RDC confirme son recours aux financements du développement pour soutenir des priorités économiques et sociales. Les ressources prévues couvrent des besoins différents, mais complémentaires : renforcer les entreprises, améliorer l’éducation, protéger les populations vulnérables et mieux préparer le pays aux crises.

Le vote du 19 octobre constitue une étape institutionnelle importante. Il ne représente cependant que le début du parcours pour les résultats attendus.

La portée de ces 625 millions USD se mesurera à leur mise en œuvre : des entreprises capables de se développer, des familles bénéficiant d’un meilleur accès à l’école, des enfants mieux protégés contre la malnutrition et des communautés moins vulnérables aux catastrophes.

Pour les pouvoirs publics congolais, le défi ne consiste donc pas seulement à mobiliser des financements. Il s’agit aussi de garantir que chaque programme produise des effets vérifiables et durables sur l’économie et les conditions de vie de la population.

Judith Suminwa veut faire des femmes des actrices de l’intelligence artificielle

Les femmes africaines doivent prendre leur place dans la révolution numérique, et ne plus se contenter d’utiliser des technologies conçues ailleurs. C’est le message lancé par la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, lors de l’ouverture, jeudi 8 octobre 2026 à Kinshasa, de la 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines (FIEF).

Organisée pour la première fois en RDC, cette rencontre réunit près de 300 participantes venues des 26 provinces congolaises et de 17 pays africains. Au Chapiteau du Palais du Peuple, les discussions portent notamment sur le leadership féminin, l’entrepreneuriat, l’intelligence artificielle, les droits des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre. Les travaux se poursuivent jusqu’au dimanche 11 octobre.

« Développer leurs propres applications » : le défi numérique lancé aux femmes

Pour Judith Suminwa, l’enjeu dépasse le simple accès aux nouvelles technologies. Les femmes et les jeunes filles doivent pouvoir acquérir les compétences nécessaires pour concevoir des solutions numériques, lancer leurs propres projets et participer aux décisions qui encadrent ces innovations.

« Les femmes et les jeunes filles ne doivent pas être seulement les utilisatrices des innovations conçues ailleurs. Elles doivent pouvoir se former, entreprendre, développer leurs propres applications et contribuer à la gouvernance de ces outils », a déclaré la cheffe du gouvernement.

Cette ambition suppose, selon elle, de rapprocher la formation des besoins réels des femmes, de faciliter l’accès aux équipements et de multiplier les partenariats scientifiques et professionnels.

La Première ministre a également insisté sur une exigence : les opportunités offertes par l’intelligence artificielle ne doivent pas rester réservées aux femmes vivant dans les grandes villes.

Les femmes des provinces et des zones rurales au cœur des priorités

Derrière l’ambition numérique, une question demeure : comment garantir que les femmes de toutes les régions bénéficient de cette transformation ?

Judith Suminwa a appelé à accorder une attention particulière aux femmes des provinces et des territoires ruraux, souvent confrontées à des difficultés de connexion, au manque d’équipements et à un accès limité à la formation.

« Les difficultés de connexion, d’équipement ou de formation ne peuvent constituer des barrières à l’ambition technologique », a-t-elle martelé.

Pour la cheffe du gouvernement, l’inclusion numérique ne consiste donc pas seulement à ouvrir l’accès aux technologies. Elle exige aussi de fournir les moyens de les maîtriser et de permettre aux femmes d’en tirer des avantages concrets dans leurs activités et leurs communautés.

Entrepreneuriat féminin : dépasser les discours pour lever les obstacles

Au-delà du numérique, le forum entend également s’attaquer aux freins qui limitent l’autonomisation économique des femmes.

L’accès au financement, aux marchés, à la terre, aux ressources productives et aux réseaux professionnels reste un enjeu majeur. À ces difficultés s’ajoutent les violences basées sur le genre et les mariages précoces, qui continuent de compromettre les possibilités offertes aux femmes et aux jeunes filles.

Judith Suminwa a ainsi plaidé pour des politiques d’égalité capables de produire des résultats tangibles dans les villages, les quartiers, les écoles et les centres de santé.

Elle a également appelé au renforcement de la coopération africaine, notamment à travers le partage d’expertise, le mentorat et les partenariats entre entrepreneures et organisations de différents pays.

L’ambition est de faire de cette coopération un levier durable de développement, plutôt qu’un simple échange d’expériences limité à la durée du forum.

Micheline Ombae Kalama appelle à des engagements concrets

Marraine de cette 12ᵉ édition, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a elle aussi insisté sur la nécessité de transformer les échanges en actions concrètes.

L’innovation, l’intelligence artificielle et l’entrepreneuriat doivent, selon elle, devenir des instruments d’émancipation pour les femmes et les jeunes filles.

Les travaux abordent également la paix, la réparation, la lutte contre les violences basées sur le genre et la participation des femmes aux processus de paix. Autant de questions qui rappellent que le leadership féminin ne se limite pas à la sphère économique ou technologique.

Du Burkina Faso à la RDC, un forum qui veut s’inscrire dans la durée

La promotrice du FIEF, Justine Nana, a rappelé le chemin parcouru depuis la création de l’initiative en 2015 à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. À ses débuts, le rendez-vous portait le nom de Forum des jeunes filles leaders et ne réunissait que six participantes.

Depuis, l’initiative s’est progressivement étendue à plusieurs pays africains.

Pour Justine Nana, cette évolution doit désormais s’accompagner d’un suivi concret après les rencontres. Elle a évoqué la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’un réseau de référentes provinciales afin de soutenir les jeunes filles dans les mois suivant le forum.

« Le FIEF n’est pas un forum de plus dans un agenda déjà chargé. C’est un mouvement qui préfère écouter, province par province, pays par pays, ce dont les femmes et les jeunes filles ont réellement besoin », a-t-elle affirmé.

De son côté, Nathalie Kambala, coordinatrice de l’ONGD Femme main dans la main pour le développement intégral (FMMDI), a présenté le forum comme un espace de dialogue et de coopération destiné à transformer les rencontres en engagements durables. Grâce Lula, directrice exécutive du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), a également souligné l’importance de la collaboration entre femmes leaders, entrepreneures et jeunes générations.

Quatre jours pour transformer les idées en initiatives

Prévue jusqu’au dimanche 11 octobre, cette 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines ambitionne de renforcer les capacités des femmes et des jeunes filles africaines, tout en favorisant leur participation à la transformation numérique, au développement économique, à la gouvernance et à la consolidation de la paix.

À Kinshasa, le message de Judith Suminwa est sans équivoque : pour prendre toute leur place dans l’avenir du continent, les femmes doivent pouvoir accéder aux technologies, les maîtriser et participer à leur conception.

Reste désormais à traduire cette ambition en formations accessibles, en financements, en partenariats et en opportunités réelles, notamment pour celles qui vivent loin des grands centres urbains. C’est aussi à l’aune de ces résultats que se mesurera la portée de ce forum.

Kinshasa : « pas de pénurie », assure le gouvernement, mais pourquoi les files devant les stations ne désemplissent-elles pas ?

Il suffit de longer certaines stations-service de Kinshasa pour comprendre que quelque chose cloche. Des voitures à l’arrêt, des moteurs coupés, des automobilistes qui patientent, scrutent la pompe, puis finissent par renoncer et tentent leur chance plus loin. Pourtant, du côté du pouvoir, le discours est catégorique : il n’y a pas de pénurie.

Dans un communiqué daté du 6 octobre 2026, le ministère des Hydrocarbures affirme que « les stocks de carburants disponibles à Kinshasa sont largement suffisants pour couvrir l’ensemble des besoins de la capitale ». Une position qui n’est pas nouvelle : elle reprend celle exprimée le 8 septembre dernier par la ministre d’État chargée des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo.

Des stocks pleins, des pompes en retard

Comment expliquer, alors, ces files persistantes ? Le ministère propose une lecture qui repose sur une distinction essentielle : celle entre ce qui existe dans la ville et ce qui arrive réellement à la pompe. Le carburant peut être disponible, sans parvenir à temps aux points de vente. Le coupable désigné : les embouteillages, qui ralentissent le dernier maillon de la chaîne, la distribution.

Le ministère reconnaît d’ailleurs des difficultés temporaires dans la desserte de certaines stations. Pour les automobilistes, cela se traduit par une attente prolongée ou par une course d’une station à l’autre. Pour les distributeurs, par un renouvellement des stocks plus compliqué.

Autre facteur avancé : la panique. L’afflux soudain de conducteurs vers les stations en cours d’approvisionnement accentue les files et engorge leurs abords. Le ministère appelle donc les consommateurs à garder leur calme et à ne pas céder aux rumeurs.

La riposte : livrer quand la ville dort

Face à ce nœud logistique, les autorités ont choisi de contourner l’obstacle plutôt que de l’affronter. Les livraisons sont intensifiées, notamment grâce à des rotations de nuit, « pour réapprovisionner rapidement les stations en proie à des difficultés de desserte », précise le communiqué. L’idée : acheminer les produits quand la circulation est moins dense, et remettre plus vite les stations en situation de servir.

L’enjeu dépasse le simple confort des automobilistes. Sur le plan économique, la régularité des livraisons compte autant que la disponibilité globale du carburant. Chaque heure passée à chercher une pompe, c’est une heure d’activité en moins pour un chauffeur, un retard de plus pour un commerçant attendant sa marchandise.

La suite dira si les rotations de nuit suffiront à faire disparaître les files. Car pour les Kinois, la vraie mesure de l’abondance ne se lit pas dans un communiqué : elle se lit au bout du tuyau, quand le réservoir se remplit sans attendre.

Lusaka : le Corridor de Lobito change de vitesse, la RDC veut en être la locomotive

Lusaka, 5 octobre 2026. Un couloir de quelques milliers de kilomètres, et tout un continent qui retient son souffle. Ce lundi, à Lusaka, le président zambien Hakainde Hichilema a ouvert les travaux de la deuxième réunion de coordination du Corridor de Lobito, l’un des chantiers d’intégration économique les plus scrutés d’Afrique australe et centrale.

Dans la salle, la délégation de la République démocratique du Congo avance avec un message clair : le pays ne veut pas être un simple point de passage, mais un acteur central de la route.

Une délégation de poids

Kinshasa a envoyé trois ministres, signe de l’importance accordée au dossier :

  • Guylain Nyembo, Ministre d’État en charge du Plan, qui conduit la délégation ;
  • John Banza Lunda, Ministre des Infrastructures et Travaux publics ;
  • Julien Paluku Kahongya, Ministre du Commerce extérieur.

Un chiffre qui donne le vertige

Dans les discussions, un chiffre domine tous les autres : 70 % de la production mondiale de cobalt devrait passer par ce couloir. Une proportion qui place le Corridor de Lobito au cœur de la chaîne d’approvisionnement des industries mondiales, et la RDC au centre du jeu.

Mais un tel flux exige des infrastructures à la hauteur. D’où l’insistance sur les besoins en énergie et en routes, afin de lever les difficultés rencontrées par les acteurs privés engagés dans le projet.

De Luanda à Lusaka : l’heure du bilan

Cette deuxième réunion fait suite à la première, organisée en février 2026 à Luanda, en Angola. Au programme, un état des lieux des avancées réalisées depuis. Pour les participants, le temps des promesses cède la place à celui des résultats.

L’axe Dilolo-Sakania, priorité absolue

Pour la RDC, un tronçon concentre les attentes : l’axe Dilolo-Sakania, présenté comme une nécessité majeure. Le raccordement des routes congolaises au corridor est vu comme le moyen de créer de la richesse et de faire émerger plusieurs entités du pays.

Plus qu’un couloir de minerais

L’ambition affichée dépasse le simple transport de matières premières. Les discussions portent aussi sur :

  • la transformation locale des produits avant leur exportation ;
  • l’exploitation des zones agricoles ;
  • la transformation et la création de nouvelles villes ;
  • l’inscription du corridor dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ;
  • le développement de routes connectées pour soutenir la croissance économique, la paix, les opportunités et la stabilité.

La réponse attendue de Kinshasa

Lors de la première séance, consacrée aux « Investissements dans le secteur des infrastructures », le ministre John Banza Lunda doit présenter la réponse de la RDC dans ce secteur jugé stratégique. C’est l’un des moments forts de la rencontre, très attendu par les partenaires.

Les travaux se clôtureront mardi 6 octobre 2026. D’ici là, une question reste en suspens : le Corridor de Lobito sera-t-il l’autoroute de la prospérité partagée, ou une route de plus par laquelle les richesses s’en vont ? La RDC, elle, a choisi son camp : celui de la transformation sur place.

De la CEE à la ZLECAF — Le jour où l’Afrique a dit non à 45 ans d’attente

Bruxelles, un vendredi d’octobre. Le Parlement européen, temple de la démocratie continentale, accueille un événement qui pourrait bien changer la face des relations entre deux continents. Sous le haut patronage de l’institution, l’EuropAfrica Investment Forum 2026, organisé par CREDASSUR GROUP et présidé par Mme Esther MISHENG, rassemble décideurs, ministres, sénateurs et investisseurs. Le thème résonne comme un défi : « Zone de libre-échange Europe-Afrique, commerce UE-Afrique et intégration régionale ».

Ce vendredi 2 octobre, les esprits sont affûtés. Les enjeux sont colossaux. Et le message, lui, est limpide.

L’Afrique n’attendra pas 45 ans

Il y a des comparaisons qui frappent. Celle-ci est imparable. L’Europe, pour construire son union douanière, a mis plus de quatre décennies. Du Traité de Rome en 1957, qui fonde la Communauté Économique Européenne (CEE), au Traité de Maastricht en 1992, puis à la monnaie unique en 2002, il a fallu du temps. Beaucoup de temps. Trop de temps, diraient certains.

L’Afrique, elle, a choisi d’accélérer. Entrée en vigueur en 2019, ratifiée par la RDC en 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) avance à un rythme qui impressionne. En sept ans à peine, le continent a posé les jalons d’un marché unifié. Un signal fort. Une rupture avec les lenteurs du passé.

Sept ans, des avancées majeures

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Cinquante-quatre des cinquante-cinq pays africains ont signé l’accord de la ZLECAF. Une quasi-unanimité qui témoigne d’une volonté politique rare. Mieux : l’intégration progressive des concessions tarifaires dans les lois de finances nationales est désormais amorcée. Autrement dit, les États ne se contentent plus de signer des accords. Ils les traduisent dans leur droit.

Mais l’avancée la plus spectaculaire est peut-être ailleurs. Elle porte un nom : PAPSS, le Système panafricain de paiement et de règlement. De plus en plus de banques centrales y adhèrent, permettant de régler les transactions transfrontalières directement en monnaies locales. Fini, le passage obligé par le dollar ou l’euro. Une révolution silencieuse. Une manière, pour l’Afrique, de reprendre la main sur sa souveraineté financière.

Trois leviers pour un partenariat gagnant-gagnant

Les réflexions stratégiques du forum ont accouché de trois leviers. Trois clés pour refonder la relation UE-Afrique.

Premier levier : booster le commerce intra-africain. Aujourd’hui, il ne représente que 15 à 17 % des échanges du continent. Un chiffre marginal, presque indécent. À titre de comparaison, il atteint 60 % en Asie et 70 % en Europe. L’Afrique a donc un immense potentiel inexploité. Un gisement de croissance qui n’attend que d’être activé.

Deuxième levier : sortir du modèle extractif. Pendant des décennies, l’Afrique a exporté ses matières premières pour importer des produits finis. Un déséquilibre qui a appauvri le continent. Il s’agit désormais d’attirer des investissements industriels à l’échelle continentale. Et un exemple s’impose : celui des batteries et des véhicules électriques. La RDC possède le cobalt, l’un des métaux stratégiques de la transition énergétique. Et si, demain, elle ne vendait plus seulement le minerai, mais les batteries elles-mêmes ?

Troisième levier : accélérer l’industrialisation. Cela passe par le financement conjoint de grands programmes énergétiques et d’infrastructures. Le méga-projet INGA, avec son potentiel hydroélectrique colossal, est dans toutes les têtes. Pour le réaliser, il faut canaliser les fonds de l’initiative Global Gateway, ces 150 milliards d’euros annoncés en 2024 par l’Union européenne. Une manne qui, si elle est bien orientée, pourrait transformer le continent.

Les visages d’un sommet pas comme les autres

Autour de la table, des personnalités de premier plan. Mme Justine Nthomeng Majara, Vice-Première ministre du Lesotho. M. Koen Doens, représentant la Commission européenne. M. Louis Michel, Ministre d’État belge et figure historique de la coopération euro-africaine. L’Honorable Mme Lindiwe Dlamini, Présidente du Sénat d’Eswatini. Et Julien PALUKU, Ministre du Commerce Extérieur de la RDC, qui incarne à lui seul l’ambition d’un pays au cœur de la ZLECAF.

Dans la salle, d’autres visages familiers. SE Ali Yakoub Mahamoud, Ambassadeur de l’Union africaine auprès de l’UE. Les sénateurs congolais Modeste Bahati Lukwebo et Vicky Katumwa. La sénatrice belge Marie-Claire Mvumbi. André Flahaut, Ministre d’État belge. Benoît Cassart, député européen. Tous réunis par une même conviction : l’heure n’est plus à la charité, mais au partenariat.

Un marché de 1,3 milliard de consommateurs

Il y a un chiffre qui donne le vertige. La ZLECAF, c’est un marché unifié de 1,3 milliard de consommateurs. Trois fois la population de l’Union européenne. Avec un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars. Un espace économique qui, s’il fonctionne, change la donne mondiale.

Pour les investisseurs directs étrangers et les industriels, l’opportunité est immense. Ils peuvent dimensionner leurs usines pour desservir non pas un pays, mais deux continents. Une manière de construire une prospérité partagée. Et, en filigrane, une réponse à la question migratoire : ce n’est pas avec des murs qu’on arrêtera les flux, mais avec des emplois. Le développement, voilà la vraie solution.

Le forum de Bruxelles n’a pas seulement produit des discours. Il a accouché d’une recommandation forte : l’organisation d’une réunion conjointe entre la Commission européenne et la Commission de l’Union africaine pour élaborer une nouvelle feuille de route stratégique. Une manière de passer des paroles aux actes.

Surtout, un cap a été fixé. Le modèle de coopération doit dépasser le simple volet commercial — la baisse des tarifs douaniers — pour intégrer le développement industriel et la souveraineté économique. C’est à ce prix que la relation Europe-Afrique se refondera. C’est à ce prix que la ZLECAF deviendra une réalité tangible.

À Bruxelles, ce vendredi 2 octobre 2026, l’Afrique a parlé d’égal à égal. Et l’Europe a semblé prête à l’écouter. Reste l’essentiel : transformer les paroles en actes. Car l’Afrique, elle, a déjà montré qu’elle n’attendrait pas 45 ans.

De nouveaux dirigeants nommés à la tête de l’ARSPE et de l’OCE

Le secteur de l’eau en République démocratique du Congo connaît un renouvellement à la tête de deux établissements publics. Le président de la République a nommé de nouveaux membres des conseils d’administration de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE) et de l’Office congolais des eaux (OCE).

Les ordonnances présidentielles ont été lues mardi 29 septembre 2026 à la télévision nationale.

Nouvelle équipe dirigeante à l’ARSPE

À l’ARSPE, Aimé Munzimba est nommé président du conseil d’administration. Il sera accompagné de Joseph Ndakomewa, Serge Olombi et Jean-Pierre Lokonga comme membres du conseil.

L’équipe dirigeante comprend également Yves Mbumba, nommé directeur général, ainsi que Benjamin Kibungu, directeur général adjoint.

Créée en 2022, l’ARSPE est chargée de réguler, contrôler et suivre les activités des exploitants et opérateurs du secteur de l’eau. L’établissement intervient également dans la fixation des structures tarifaires et l’examen des demandes de tarifs dans le secteur de l’eau potable.

L’OCE renouvelle également sa direction

L’Office congolais des eaux connaît lui aussi une nouvelle composition de sa gouvernance. Kabeya Mukendi prend la présidence du conseil d’administration, tandis qu’Emmanuel Ngwamashi devient directeur général et Abraham Itshudu directeur général adjoint.

Achille Ondolandu, Jenny Feza et Paty Kibungu complètent le nouveau conseil d’administration.

Établissement public à caractère scientifique et technique, l’OCE intervient notamment dans l’élaboration des plans de gestion des eaux et la préservation du patrimoine hydrique de la RDC.

Les ministres compétents ont été chargés de l’exécution de ces ordonnances présidentielles, chacune dans son secteur de tutelle.

Or et coltan de l’Est de la RDC : Amnesty accuse le M23 d’un trafic vers le Rwanda et évoque de possibles crimes de guerre

Derrière les smartphones et les batteries qui alimentent l’économie mondiale, un rapport d’Amnesty International décrit une chaîne d’approvisionnement que l’organisation qualifie d’entachée de violences et de contrebande. Publiée ce lundi 21 septembre 2026, l’enquête affirme avoir documenté l’acheminement clandestin d’or et de coltan extraits dans des zones contrôlées par le M23, dans l’est de la République démocratique du Congo, vers le Rwanda.

Au-delà du trafic de minerais, l’organisation de défense des droits humains affirme avoir recueilli des témoignages faisant état d’exécutions, de torture, de travail forcé et de recrutements sous la contrainte dans plusieurs sites miniers. Selon Amnesty, ces faits pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international.

Des circuits de contrebande documentés entre Lomera, Rubaya et le Rwanda

L’enquête s’appuie sur des entretiens menés auprès de 26 personnes, parmi lesquelles des mineurs artisanaux, des propriétaires de puits, des spécialistes du secteur minier et des proches de victimes. L’organisation indique également avoir analysé des photographies, des vidéos et d’autres éléments recueillis sur les sites concernés.

Au Sud-Kivu, Amnesty affirme avoir retracé un circuit reliant la mine d’or de Lomera, dans le territoire de Kabare, au Rwanda.

Plusieurs témoins décrivent le transport de sacs de terre aurifère, appelés localement « robotas », jusqu’au lac, où ils seraient chargés sur de petites embarcations en direction de Kamembe, dans l’ouest du Rwanda.

« Nous avons vu des bateaux chargés de robotas très tôt le matin. Tous les matins, ils venaient avec des négociants du Rwanda », rapporte un mineur cité par Amnesty International.

Au Nord-Kivu, l’organisation affirme également avoir documenté le transfert de coltan extrait dans la zone de Rubaya, un important bassin minier aujourd’hui contrôlé par le M23.

Selon Amnesty, les volumes de minerais qui quitteraient ces territoires pourraient engager la responsabilité de plusieurs acteurs intervenant tout au long de cette chaîne d’approvisionnement.

Exécutions, torture et travail forcé : le rapport décrit de graves exactions

L’enquête ne s’arrête pas aux circuits commerciaux.

Amnesty International affirme avoir recueilli des informations sur l’exécution de 18 mineurs artisanaux dans les sites de Rubaya et de Lomera.

Selon les témoignages cités, certaines victimes auraient été battues à mort, d’autres tuées par balle ou retrouvées mortes après avoir été enlevées.

L’organisation documente également des cas présumés de torture, de détentions arbitraires, de passages à tabac et de travail forcé imposé aux mineurs.

Plusieurs témoins affirment que certains travailleurs auraient été contraints de rester sous terre pendant plusieurs jours sans interruption, tandis que d’autres disent avoir été frappés pour avoir demandé des pauses ou refusé de céder leur production.

Amnesty évoque également l’existence de cellules de détention souterraines, appelées ndake, où des mineurs auraient été enfermés et battus à plusieurs reprises.

Selon l’organisation, ces violences auraient aussi servi à alimenter le recrutement forcé au profit du M23.

Amnesty appelle à suspendre les achats de minerais en provenance du Rwanda

Au regard des éléments qu’elle dit avoir recueillis, Amnesty International estime que le pillage de l’or et du coltan dans ces zones pourrait constituer un crime de guerre.

L’organisation va plus loin en affirmant que la participation éventuelle de ressortissants ou de responsables rwandais au trafic pourrait engager leur responsabilité pénale si les conditions prévues par le droit international étaient réunies.

« Le Rwanda continue de profiter illégalement des ressources minérales de la RDC », affirme Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

En conséquence, l’organisation demande aux États et aux entreprises de suspendre leurs achats d’or et de coltan provenant du Rwanda — ou de fournisseurs qui s’y approvisionnent — tant que les autorités rwandaises n’auront pas démontré, selon Amnesty, que ces minerais ne proviennent plus de circuits illicites liés à la RDC.

Elle appelle également l’Union africaine, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux à renforcer les mécanismes de contrôle des chaînes d’approvisionnement et à éviter tout accord minier concernant des sites contrôlés par le M23 tant que des observateurs indépendants ne pourront pas y accéder librement.

Kigali et le M23 n’ont pas répondu aux sollicitations d’Amnesty

Selon le rapport, ni le M23 ni les autorités rwandaises n’ont répondu aux demandes de commentaires adressées par Amnesty International avant la publication de l’enquête.

Ces conclusions s’inscrivent dans un contexte où les accusations visant le soutien du Rwanda au M23 continuent d’alimenter les tensions diplomatiques dans la région des Grands Lacs, tandis que la question de la traçabilité des minerais critiques demeure au cœur des débats sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Parlement : budget 2027, loi référendaire… les deux chambres verrouillent le calendrier de la session de septembre

Au lendemain de l’ouverture solennelle de la session ordinaire de septembre, les deux chambres du Parlement congolais ont enclenché la phase de coordination. Réunis mercredi 16 septembre à Kinshasa, les bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat ont entrepris d’harmoniser leurs programmes afin d’établir un calendrier commun pour une session dominée par les grands dossiers budgétaires et législatifs.

Co-présidée par Aimé Boji Sangara et Jean-Michel Sama Lukonde, cette concertation marque le point de départ d’une organisation destinée à synchroniser les travaux des deux chambres avant leur examen par les Conférences des présidents puis leur adoption en séance plénière.

Budget 2027 et loi référendaire au sommet des priorités

Au cœur des discussions figure l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2027, considéré comme l’un des principaux rendez-vous de cette session parlementaire.

La rapporteure du Sénat, Néfertiti Ngudianza, a également cité la future loi référendaire parmi les textes prioritaires, aux côtés de la poursuite des activités de contrôle parlementaire.

Pour les deux chambres, l’objectif est de disposer d’un agenda cohérent permettant d’éviter les chevauchements et de faciliter l’avancement simultané des principaux textes.

Plus de 42 dossiers législatifs attendent encore leur examen

Au-delà des nouvelles initiatives gouvernementales, le Parlement devra également résorber un important stock de textes en attente.

Selon le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, les échanges ont porté sur la rationalisation du calendrier ainsi que sur l’identification des dossiers prioritaires.

Parmi eux figurent le projet de loi portant reddition des comptes, les nouvelles initiatives transmises par le Gouvernement, le suivi des réserves d’interprétation formulées par la Cour constitutionnelle, ainsi que les arriérés hérités des sessions de mars et de juin.

Au total, plus de 42 matières restent à examiner. À ces dossiers s’ajoutent les travaux des commissions permanentes, les missions de contrôle parlementaire et plusieurs rapports destinés aux plénières.

Un calendrier harmonisé avant validation des deux chambres

À l’issue de cette concertation, un projet de calendrier commun a été arrêté par les bureaux des deux chambres.

Ce document sera désormais transmis aux Conférences des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui devront l’examiner avant son inscription aux plénières respectives pour adoption.

Même après cette validation, le calendrier pourra être ajusté au cours de la session afin de tenir compte des contraintes législatives ou de nouvelles priorités gouvernementales.

Avec cette coordination en amont, le Parlement congolais cherche à donner davantage de cohérence à une session où les arbitrages budgétaires, le contrôle de l’action gouvernementale et l’apurement des dossiers en attente devraient rythmer les travaux des prochains mois.

Budget 2027 : Judith Suminwa peaufine un projet historique de 24,8 milliards de dollars avant son adoption

Le compte à rebours est lancé. À quelques jours de l’échéance constitutionnelle du 15 septembre, le gouvernement de Judith Suminwa accélère les derniers arbitrages sur le projet de loi de finances 2027.

Le texte pourrait atteindre 24,8 milliards de dollars. Un niveau inédit dans l’histoire budgétaire récente de la République démocratique du Congo.

Réunie jeudi à l’Immeuble du Gouvernement, la Première ministre a présidé une séance préparatoire. Cette rencontre intervient avant le Conseil des ministres prévu vendredi sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi.

L’exécutif doit désormais finaliser les derniers paramètres du budget avant sa transmission au Parlement.

Les derniers réglages avant le Conseil des ministres

Après plusieurs semaines de conférences budgétaires, le gouvernement entre dans la dernière ligne droite.

Le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a présenté les principaux agrégats du projet. Les membres du gouvernement ont ensuite examiné les prévisions. Ils ont également formulé leurs observations.

L’objectif reste clair : adopter le texte dans les délais constitutionnels, puis le transmettre à l’Assemblée nationale.

« Nous avions une réunion préparatoire à la réunion du Conseil des ministres de demain autour du Président de la République, où nous allons adopter le projet de budget 2027 qui devra être envoyé à l’Assemblée nationale pour examen », a déclaré le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Ainsi, le gouvernement veut respecter le calendrier tout en consolidant les équilibres du prochain exercice budgétaire.

Éducation, sécurité et infrastructures parmi les priorités

Au-delà du montant annoncé, le gouvernement veut utiliser ce budget pour financer ses principales priorités.

L’éducation occupe notamment une place importante. L’exécutif prévoit de poursuivre la gratuité de l’enseignement de base. Il envisage aussi d’étendre progressivement cette mesure aux élèves de 7ᵉ et de 8ᵉ année.

« Les impératifs de sécurité sont pris en compte, mais le vœu du Président de la République est de voir les élèves de 7ᵉ et de 8ᵉ être aussi pris en charge par le processus de gratuité », a précisé Patrick Muyaya.

Par ailleurs, les infrastructures restent au centre des projections. La couverture santé universelle figure également parmi les secteurs prioritaires.

Le gouvernement compte aussi renforcer sa réponse aux urgences humanitaires. Ces différents besoins pèseront donc dans les arbitrages finaux.

Un budget record de 24,8 milliards de dollars

Avec une enveloppe annoncée à 24,8 milliards de dollars, le projet de loi de finances 2027 franchirait un nouveau seuil.

Le gouvernement attribue cette progression aux réformes engagées pour améliorer la mobilisation des recettes. Il mise notamment sur l’élargissement de l’assiette fiscale et sur une meilleure efficacité des mécanismes de collecte.

« C’est la preuve qu’il y a une véritable dynamique économique engagée dans le pays. C’est la preuve aussi que les réformes et la stratégie mises en place par le Président de la République, et pilotées par la Première Ministre, donnent davantage de résultats », a affirmé Patrick Muyaya.

Selon l’exécutif, cette dynamique doit permettre au pays de mieux exploiter son potentiel économique.

Toutefois, l’enjeu ne se limite pas à l’augmentation de l’enveloppe. Le gouvernement devra aussi démontrer sa capacité à transformer ces ressources en investissements et en services publics.

La reddition des comptes 2025 au menu

Les discussions ont également porté sur l’exercice budgétaire précédent.

Le gouvernement a examiné le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025, présenté par la vice-ministre des Finances.

Cette étape permet de comparer les prévisions avec les réalisations effectives. Elle donnera aussi aux parlementaires une meilleure visibilité sur l’exécution des finances publiques.

En parallèle, l’exécutif poursuit la préparation du budget consolidé 2026. Le gouvernement le présente comme une première depuis 2015.

Ce document doit rapprocher les données financières de l’administration centrale et des provinces. Il permettra ainsi d’obtenir une lecture plus complète de la situation des finances publiques.

L’Assemblée nationale attendue pour la prochaine étape

L’adoption du projet en Conseil des ministres ouvrira une nouvelle séquence. Le Parlement devra alors examiner les grandes orientations du budget 2027.

Le gouvernement devra surtout défendre la crédibilité de ses prévisions de recettes. Il devra aussi convaincre sur sa capacité à exécuter les dépenses annoncées.

Car derrière le chiffre de 24,8 milliards de dollars, l’enjeu reste concret : financer davantage d’infrastructures, renforcer les services publics et répondre aux besoins de la population.

Avec ce projet proche de 25 milliards de dollars, Judith Suminwa veut donc afficher une nouvelle ambition budgétaire.

Reste maintenant l’épreuve des chiffres. Le véritable test se jouera lors de l’exécution du budget et sur les résultats obtenus sur le terrain.

China Mining 2026 : à Tianjin, la RDC défend une stratégie minière tournée vers la transformation locale

La République démocratique du Congo veut convaincre que son avenir minier ne se résume plus aux volumes extraits. À la 28ᵉ China Mining Conference and Exhibition, organisée du 10 au 12 septembre 2026 à Tianjin, le gouvernement congolais met en avant une nouvelle ambition : attirer des investissements capables de transformer localement les minerais, de développer des industries et de créer davantage de valeur sur le territoire national.

Conduite par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, la délégation congolaise participe à ce rendez-vous qui réunit des gouvernements, des groupes miniers, des industriels, des institutions financières, des chercheurs et des investisseurs venus de plusieurs pays.

La transformation locale au cœur du message congolais

Placée sous le thème « Coopération gagnant-gagnant, verte et intelligente », cette édition intervient dans un contexte où la RDC cherche à repositionner son secteur minier au-delà du simple rôle de fournisseur de matières premières.

Lors du Forum RDC–Chine, organisé en marge de la conférence, Louis Watum Kabamba a défendu une approche fondée sur la création de valeur ajoutée locale.

Pour le ministre, la performance du secteur ne doit plus être évaluée uniquement au tonnage produit, mais aussi à sa capacité à générer des emplois qualifiés, à favoriser le transfert de technologies et à renforcer les entreprises congolaises.

Un potentiel géologique mis en vitrine

La participation congolaise s’appuie également sur un espace d’exposition destiné à présenter les opportunités offertes par le sous-sol congolais.

Plusieurs établissements placés sous la tutelle du ministère des Mines, notamment le CAMI, le CEEC, le SGNC, le SAEMAPE, l’IGM, la CTCPM, la Gécamines et le FOMIN, y présentent leurs missions ainsi que les possibilités d’investissement dans l’exploration, l’exploitation et la transformation des minerais.

Les échanges portent notamment sur le potentiel géologique du pays, le développement des chaînes de valeur industrielles et les perspectives offertes aux investisseurs internationaux.

Miser sur le partenariat industriel avec la Chine

À Tianjin, Kinshasa met également en avant la complémentarité entre les ressources minérales congolaises et l’expertise chinoise dans les infrastructures, la logistique, la transformation industrielle et les technologies minières.

Cette stratégie s’inscrit dans une orientation plus large des autorités congolaises, qui cherchent à attirer des capitaux capables d’accompagner l’industrialisation du secteur plutôt que de soutenir uniquement l’exportation des minerais.

À travers cette présence à la China Mining Conference 2026, la RDC entend ainsi renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux et promouvoir un modèle où l’exploitation minière devient un moteur de transformation industrielle, de création d’emplois et de développement économique durable.

Banque Centrale du Congo : André Wameso relance le sport corporatif et place le bien-être des agents au cœur de sa gouvernance

La scène a surpris plus d’un observateur. Habitué aux réunions stratégiques et aux décisions de politique monétaire, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a troqué le costume officiel pour une tenue de sport. Entouré de centaines d’agents de l’institution, il a donné le coup d’envoi de la relance des activités sportives corporatives de la Banque centrale, mettant ainsi en avant une autre facette de son management : celle d’une gouvernance qui mise sur le capital humain.

Après plusieurs années d’interruption, cette initiative marque le retour d’une tradition qui a longtemps contribué à renforcer les liens entre les agents de la Banque Centrale du Congo, tout en encourageant un mode de vie plus sain.

André Wameso affiche un management de proximité

Dès les premières heures de la matinée, l’ambiance était bien différente de celle qui règne habituellement dans les locaux de la BCC, à la Gombe. Les impératifs du quotidien ont laissé place à une marche de cohésion où dirigeants et collaborateurs ont évolué côte à côte, sans protocole ni barrières hiérarchiques.

En participant personnellement à cette activité, le gouverneur André Wameso a envoyé un signal fort sur sa vision du management. Plus qu’un simple événement sportif, cette journée traduisait une volonté de rapprocher les équipes, de favoriser les échanges entre collègues et de consolider la culture institutionnelle.

« Voir le Gouverneur participer à nos côtés, sans le formalisme habituel, est un signal fort. Cela nous rappelle que nous poursuivons tous un même objectif, au-delà de nos fonctions respectives », a confié un agent de la Direction de la communication à l’issue de la marche.

À travers cette démarche, la Banque Centrale entend promouvoir un environnement de travail où la cohésion et l’engagement collectif deviennent des leviers de performance.

Les clubs sportifs historiques de la BCC retrouvent leurs couleurs

La relance ne s’est pas limitée à une simple marche symbolique. La Banque Centrale du Congo a officiellement redonné vie aux clubs sportifs qui ont marqué son histoire et contribué, pendant des années, à l’épanouissement de son personnel.

Parmi les disciplines remises à l’honneur figure le club de nzango « Les Kangourous », véritable référence au sein de l’institution, notamment auprès du personnel féminin. Les passionnés de football retrouvent le COFLO, tandis que les basketteurs renouent avec le club FALANGA.

Les clubs de natation, de marche sportive ainsi que le Judo Club BCC reprennent également leurs activités, offrant aux agents un large éventail de disciplines adaptées à leurs capacités et à leurs préférences.

Cette diversification répond à une logique d’inclusion, permettant à chaque employé de pratiquer une activité physique dans un cadre propice au bien-être et à l’épanouissement.

Faire du capital humain un levier de performance institutionnelle

Au-delà de l’aspect sportif, cette relance traduit une orientation stratégique clairement assumée par la Direction générale de la Banque Centrale du Congo : investir dans les femmes et les hommes qui font fonctionner l’institution.

Dans un contexte où la sédentarité, le stress professionnel, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires constituent des défis croissants pour les organisations, la promotion de l’activité physique apparaît comme un véritable outil de prévention.

La BCC considère que des agents en meilleure santé sont également plus disponibles, plus performants et davantage capables de relever les exigences d’une institution au cœur de la stabilité financière du pays.

En réactivant ses activités sportives corporatives, la Banque Centrale du Congo ne signe donc pas seulement le retour d’une tradition. Elle ouvre un nouveau chapitre de sa gouvernance, où le bien-être des agents, la cohésion des équipes et le développement du capital humain deviennent des piliers essentiels de la performance institutionnelle et de la qualité du service public.

Lubumbashi : la RDC inaugure trois nouvelles usines et accélère sa stratégie de réindustrialisation

La République démocratique du Congo poursuit son ambition de bâtir une économie davantage tournée vers la transformation locale. À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, le gouvernement a inauguré, ce lundi 6 juillet 2026, trois nouvelles unités industrielles destinées à renforcer la production nationale, créer des milliers d’emplois et réduire progressivement la dépendance du pays aux importations de produits manufacturés.

Portés par le groupe Vinmart, ces investissements marquent une nouvelle étape dans la stratégie de réindustrialisation RDC, qui vise à valoriser les matières premières sur le territoire national plutôt qu’à les exporter à l’état brut.

Trois nouvelles usines pour produire « Made in Congo »

Les nouvelles infrastructures industrielles couvrent des secteurs stratégiques pour l’économie congolaise.

La Société de Transformation de Fer (SOTRAFER) a officiellement lancé la première usine de fabrication de tubes carrés en République démocratique du Congo. Avec une capacité de production de 1 500 tonnes par mois, cette unité approvisionnera notamment les secteurs du bâtiment, des infrastructures et des mines, jusque-là largement dépendants des importations.

Deux autres unités, exploitées par Mining Engineering Services (MES), sont spécialisées dans la fabrication de câbles électriques armés et de transformateurs électriques. Ces équipements sont considérés comme essentiels au développement des infrastructures énergétiques et industrielles du pays.

La cérémonie d’inauguration a été coprésidée par le ministre intérimaire de l’Industrie et ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, et le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, en présence du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, ainsi que des dirigeants du groupe Vinmart.

Le gouvernement mise sur l’industrialisation et l’emploi

Pour les autorités congolaises, ces investissements traduisent la volonté d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale.

Au nom du gouvernement, Justin Kalumba Mwana Ngongo a salué les investissements consentis par le groupe Vinmart, estimant qu’ils répondent à la vision du président Félix Tshisekedi consistant à transformer localement les richesses du pays afin de renforcer sa souveraineté économique.

Le groupe industriel met également en avant son impact sur l’emploi. Selon les chiffres présentés lors de l’inauguration, ses différentes activités ont déjà permis la création de 20 000 à 25 000 emplois directs et près de 200 000 emplois indirects.

S’appuyant sur ces résultats, Julien Paluku Kahongya a plaidé pour un accompagnement accru de l’État en faveur de l’industrie nationale. Il a notamment appelé à des mesures de protection du marché intérieur, à un allègement de certaines charges fiscales ainsi qu’à une promotion plus offensive des produits « Made in Congo » sur les marchés national, régional et international.

« Aujourd’hui, nous célébrons une victoire pour la souveraineté économique et industrielle de la RDC », a déclaré le ministre, invitant les autres provinces à s’inspirer de cette dynamique.

Vinmart voit plus grand avec une future Zone économique spéciale

Au-delà de ces trois nouvelles unités de production, le groupe Vinmart affiche des ambitions plus larges pour le développement industriel du Haut-Katanga.

Représentant le directeur général du groupe, Charles Tshibanda, directeur général de Clean Congo SAS, a annoncé un projet de création d’une Zone économique spéciale sur le site industriel de Lubumbashi, accompagnée de corridors industriels intégrés.

L’objectif est de créer un véritable écosystème industriel capable d’attirer de nouveaux investisseurs, de mutualiser les infrastructures de production et d’améliorer la compétitivité des entreprises congolaises.

Ces nouvelles usines s’inscrivent dans une stratégie plus globale visant à réduire progressivement les importations de produits manufacturés, à développer la valeur ajoutée locale et à renforcer la place de Lubumbashi comme principal pôle industriel de la République démocratique du Congo.

Au-delà de la production, ces investissements devraient également stimuler la sous-traitance locale, favoriser le transfert de compétences et contribuer à l’émergence d’une industrie congolaise plus compétitive, capable de répondre à une part croissante des besoins du marché national tout en visant, à terme, les marchés régionaux.

Félix Tshisekedi : “Je ne braderai jamais les richesses de la RDC”

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a fermement défendu les récents accords conclus avec les États-Unis. Alors que certaines voix s’inquiètent d’un possible « bradage » des ressources naturelles congolaises, le chef de l’État a tenu à rassurer : souveraineté et intérêts nationaux restent intangibles.

C’est une mise au point que beaucoup attendaient. Depuis l’annonce des partenariats stratégiques entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, les interrogations fusent. Que contiennent exactement ces accords ? La RDC a-t-elle cédé une partie de son contrôle sur ses minerais stratégiques ? Le président Félix Tshisekedi a choisi de répondre frontalement, mercredi à Kinshasa, face à la presse nationale et internationale.

« Ces accords ne constituent ni une délégation de souveraineté, ni une transaction sur le dos du peuple congolais », a-t-il martelé, d’emblée.

Le chef de l’État a tenu à dissiper tout malentendu : les engagements pris avec Washington sont avant tout sécuritaires et économiques. Leur objectif prioritaire, selon lui, est de « faire taire les armes » dans l’Est du pays, en proie à une violence chronique causée par des groupes armés soutenus de l’étranger.

« Ils n’ont de sens qu’en ce qu’ils doivent contribuer concrètement à faire taire les armes, à mettre fin au soutien aux groupes armés, à restaurer pleinement l’autorité de l’État et à sécuriser nos frontières », a-t-il insisté.

« Je ne serai jamais le président qui brade les richesses nationales »

Sur le volet économique, c’est sans doute le point le plus sensible. La RDC possède d’immenses réserves de cobalt, de cuivre, de lithium – des minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale. Or, certains craignent que les accords avec Washington n’ouvrent la voie à une exploitation à bas coût et sans bénéfice local.

Face à ces inquiétudes, Félix Tshisekedi a été catégorique :

« Je ne serai jamais le président qui va brader les richesses nationales. Ma vision est très claire : nos richesses doivent d’abord servir à notre pays et à son peuple. »

Le président a également dénoncé le modèle qui a prévalu jusqu’ici : celui de l’extraction brute, de l’exportation sans transformation locale, laissant les populations locales dans la pauvreté.

« Ce modèle n’est plus acceptable », a-t-il tranché.

Désormais, la ligne directrice est claire : investissements responsables, infrastructures structurantes, unités de transformation locale, emplois pour la jeunesse, et gouvernance transparente des ressources.

« Ce que nous voulons, ce sont des partenariats qui servent d’abord les intérêts du peuple congolais », a résumé le chef de l’État.

Un partenariat assumé, ni alignement ni substitution de dépendance

Autre crainte récurrente : la RDC ne risque-t-elle pas de remplacer une dépendance par une autre, en se rapprochant trop étroitement de Washington ?

Là encore, Félix Tshisekedi a voulu rassurer. Selon lui, ce partenariat stratégique avec les États-Unis « n’est dirigé contre personne, il ne constitue ni un alignement idéologique, ni une substitution de dépendance ».

Il s’agit, a-t-il précisé, d’un choix souverain, fondé sur une convergence d’intérêts clairement identifiée. Le président congolais a rappelé que Kinshasa entend diversifier ses partenariats économiques et sécuritaires, sans se couper du reste du monde.

Sur le plan énergétique, il a également évoqué la nécessité de construire davantage d’infrastructures pour permettre une première transformation locale des minerais, faute de pouvoir maîtriser toute la chaîne de valeur.

« Nous pouvons, grâce à la construction de plus d’infrastructures énergétiques, commencer un début de transformation, ajouter de la valeur à ces minerais et permettre la création de richesses qui vont bénéficier à notre pays, à notre peuple », a-t-il conclu.

Un discours de fermeté face aux critiques internes

Ces déclarations interviennent dans un climat politique où l’opposition et une partie de la société civile congolaise restent vigilantes face à toute forme d’influence étrangère, notamment sur les ressources minières.

En défendant publiquement ces accords, Félix Tshisekedi tente de reprendre la main sur le récit : non pas une capitulation économique, mais une opportunité de développement. Reste à savoir si les actes suivront les paroles, et si les fameuses « unités de transformation locale » verront enfin le jour.

En attendant, le chef de l’État aura au moins marqué un point : celui de la clarté affichée. « Garant de la nation, je n’aurais accepté aucun accord, aucun partenariat qui porterait atteinte à la souveraineté de la RDC », a-t-il réaffirmé.

Un message adressé autant à ses concitoyens qu’aux partenaires internationaux.

Prix du carburant à l’Est de la RDC : le gouvernement tranche pour stabiliser l’essentiel et protéger le pouvoir d’achat

Ce mardi 5 mai 2026, la République démocratique du Congo change de braquet sur l’un de ses dossiers les plus sensibles : le prix de l’essence et du carburant d’aviation dans sa partie Est. Pénuries chroniques, tensions logistiques, menace sur le pouvoir d’achat… Face à la fragilité de la région, le gouvernement riposte par une mesure forte, technique et politique.

Par un arrêté ministériel signé la veille, le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé ce mardi une nouvelle structure des prix des carburants terrestres et du Jet A1 (carburant d’aviation domestique). Texte officiel : l’arrêté n°010/CAB/VPM/MIN-ECONAT/DMS/TNM/2026, daté du 4 mai 2026, applicable immédiatement dans six provinces de la Zone Est.

Les provinces concernées : Haut-Uele, Bas-Uele, Ituri, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

À combien l’essence est-elle désormais vendue ?

Le nouveau prix à la pompe repose sur un taux de change fixé à 2 300 francs congolais (FC) pour un dollar américain. L’administration l’assure : ce taux n’est pas anodin. Il vise à lisser l’impact des fluctuations monétaires sur un marché régional déjà sous tension.

Si les montants unitaires par litre varient selon les zones et les types de carburant (super, gasoil, pétrole lampant, Jet A1), l’arrêté précise que chaque prix intègre désormais l’intégralité des composantes de la chaîne :

  • prix moyen frontière,

  • charges logistiques (transport terrestre souvent long et risqué),

  • marges des distributeurs,

  • taxes fiscales et parafiscales (TVA, droits de douane),

  • contribution au Fonds national d’entretien routier (FONER).

Une transparence comptable que les opérateurs pétroliers réclamaient depuis des mois.

Sous pression, la Première ministre avait préparé le terrain

Ces nouvelles dispositions ne tombent pas du ciel. Le 23 mars 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait anticipé la crise en préconisant des mesures dérogatoires : suspension des frais CGW (redevance sur les hydrocarbures) et réduction de moitié des frais perçus par l’Office congolais de contrôle (OCC).

Objectif ? Alléger les coûts fixes pour les importateurs et distributeurs, et ainsi fluidifier l’approvisionnement sans répercuter la facture sur le consommateur final.

C’est sur cette base que le Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP) – réuni à Kinshasa le 16 avril 2026 – a formulé ses recommandations. Le nouvel arrêté d’application remplace ainsi un précédent texte (n°009 du 16 avril 2026) jugé insuffisant face à l’urgence sécuritaire et logistique dans l’Est.

Pourquoi l’Est, toujours l’Est ?

La région orientale de la RDC concentre des défis exceptionnels : axes routiers dégradés, insécurité persistante, éloignement des ports d’approvisionnement (Dar-es-Salaam, Mombasa). Résultat : les prix à la pompe y ont longtemps flirté avec des sommets rendant la vie quotidienne hors de prix – du transport de marchandises à la mobilité des ménages, en passant par les évacuations sanitaires par avion.

Avec cette réforme, le gouvernement affiche un objectif clair : améliorer la desserte du marché, redonner de l’air aux activités économiques, et surtout protéger le pouvoir d’achat des populations. Derrière le jargon technique des « charges logistiques » et de la « TVA », il y a le prix d’un trajet en moto-taxi à Bunia, d’une pirogue à essence sur le lac Kivu, ou d’un vol humanitaire vers Goma.

Qui va appliquer ces mesures sur le terrain ?

L’exécution de l’arrêté est confiée à deux fers de lance de l’administration congolaise :

  • le Secrétaire général à l’Économie nationale, chargé de la coordination des prix et du suivi des marges des distributeurs,

  • le Directeur général des Douanes et accises (DGDA), qui veillera à l’application correcte des droits de douane révisés.

Le ton est ferme : pas de décision « cosmétique ». Le gouvernement entend sanctionner les déviations. Une cellule de contrôle mobile pourrait être déployée dans les zones frontalières sensibles, où les trafics de carburant faussent parfois le marché local.

Économie, sécurité et quotidien : un réglage sous haute tension

Cette annonce intervient dans un contexte où la région des Grands Lacs reste sous tension. Stabiliser le prix du carburant, c’est aussi stabiliser une variable stratégique pour les forces armées, les missions de l’ONU, les ONG internationales et les flottes locales de transport.

Reste une inconnue : les opérateurs pétroliers du Nord-Kivu et de l’Ituri, longtemps en discussion avec Kinshasa, joueront-ils le jeu ? Le gouvernement mise sur la confiance retrouvée. Les premiers retours, ce mardi matin, semblent positifs. Mais dans l’Est congolais, une mesure économique ne vaut que par sa capacité à résister aux chocs du réel.

Kinshasa-Brésil : un partenariat pour l’agriculture et la mobilité urbaine

Kinshasa, vendredi 24 avril 2026. Au cabinet du gouverneur, une rencontre qui pourrait changer le visage de la capitale. Daniel Bumba a reçu l’ambassadeur du Brésil en RDC, Roberto Parente. Pas une visite de courtoisie. Pas une poignée de main protocolaire. Une réunion de travail, dense, concrète, tournée vers l’action. Au menu : la mobilité urbaine et l’agriculture. Deux défis immenses pour une ville de près de 20 millions d’habitants.

Le Brésil n’est pas un partenaire comme les autres. C’est un géant agricole, un laboratoire de mobilité urbaine, un pays qui a transformé ses mégapoles et ses campagnes. Et c’est cette expertise que Kinshasa veut capter.

« Le Brésil et la RDC présentent des réalités proches, ce qui ouvre la voie à une collaboration fructueuse », a déclaré Roberto Parente.

Des réalités proches, en effet. Des populations nombreuses. Des villes saturées. Des campagnes à valoriser. Une agriculture familiale qui attend son décollage. Un besoin urgent d’infrastructures.

L’agriculture pour nourrir Kinshasa

Premier volet du partenariat : l’agriculture. Kinshasa est une ville qui importe massivement son alimentation. Légumes, viande, poisson, céréales : tout vient de l’intérieur du pays ou de l’étranger, souvent au prix fort. Pendant ce temps, les terres fertiles des provinces alentour restent sous-exploitées.

L’ambassadeur Parente a annoncé le lancement prochain d’une coopération bilatérale destinée à appuyer le gouvernement provincial dans la réalisation de projets de valorisation agricole. Objectif : produire plus, produire mieux, produire local.

Pour les Kinois, cela pourrait signifier des marchés mieux approvisionnés, des prix plus stables, et une sécurité alimentaire renforcée. Pour les agriculteurs des environs, des débouchés sûrs et des revenus améliorés.

La mobilité urbaine pour désengorger Kinshasa

Deuxième priorité : la mobilité urbaine. Kinshasa étouffe. Ses artères sont saturées. Les embouteillages monstres paralysent la vie économique et sociale. Le gouverneur Daniel Bumba en a fait un chantier prioritaire de son mandat.

Le Brésil a des solutions à partager. Ses grandes villes – São Paulo, Rio de Janeiro – ont connu les mêmes maux. Elles ont développé des systèmes de transport en commun, des voies réservées, des technologies de régulation du trafic.

L’ambassadeur a évoqué des projets structurants en matière d’infrastructures. Des pistes concrètes de collaboration ont déjà été identifiées. Elles feront l’objet d’un travail conjoint dans les prochaines semaines.

Une nouvelle dynamique de coopération

Cette audience ouvre une nouvelle page entre Kinshasa et Brasilia. Jusqu’ici, les relations entre la RDC et le Brésil étaient restées discrètes. Mais le géant sud-américain semble décidé à renforcer sa présence en Afrique, et la RDC – par sa taille, son poids démographique, ses ressources – est un partenaire naturel.

Pour Daniel Bumba, c’est aussi une manière de diversifier les alliances de la capitale. Kinshasa travaille déjà avec la Chine, la Turquie, les États-Unis, l’Union européenne. Le Brésil apporte une expertise différente, un regard neuf, des solutions parfois plus adaptées aux réalités du Sud global.

Des projets à fort impact pour les Kinois

L’ambassadeur Parente a parlé de « projets à fort impact pour la population kinoise ». Une formule qui n’est pas anodine. Car à Kinshasa, les grands projets ont trop souvent bénéficié aux opérateurs économiques sans changer concrètement la vie des habitants.

Cette fois, l’accent semble mis sur l’utilité sociale. Mieux circuler. Mieux manger. Deux aspirations simples, mais si difficiles à réaliser dans une mégapole africaine.

Le travail ne fait que commencer. Les prochaines étapes verront les équipes techniques des deux pays se rencontrer, affiner les projets, chercher les financements. Mais l’impulsion est là. La volonté politique, aussi.

Maniema : Kindu accueille une conférence historique sur l’agriculture, l’environnement et le tourisme

Le Maniema sort de l’ombre. Ce mercredi 8 avril 2026, la ville de Kindu, chef-lieu de la province, a ouvert ses portes à sa toute première conférence sur l’agriculture, l’environnement, le tourisme et l’eau. Pendant trois jours, du 8 au 10 avril, plus de 500 participants nationaux et internationaux vont plancher sur les moyens de valoriser les richesses de cette région encore méconnue. L’objectif est clair : attirer des investissements étrangers, créer des emplois et faire du Maniema un pôle de développement durable.

L’amphithéâtre de l’Université de Kindu, situé à Lwama, a servi de cadre à cet événement inédit. C’est la ministre nationale de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, qui a donné le coup d’envoi des travaux, en présence des autorités politico-administratives, d’experts, d’acteurs de la société civile et de partenaires techniques et financiers venus de plusieurs provinces.

Placée sous le haut patronage du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette conférence marque un tournant pour la province du Maniema, longtemps restée à l’écart des grands rendez-vous du développement.

Un diagnostic sans complaisance

Dans son allocution d’ouverture, le gouverneur Mussa Kabwankubi Moïse a donné le ton. L’heure n’est pas aux discours convenus, mais à l’action.

« Nous voulons établir un diagnostic sans complaisance des secteurs clés : agriculture, environnement, tourisme et eau. C’est à partir de cette analyse que nous identifierons les problèmes majeurs et les solutions adaptées », a-t-il déclaré.

Le gouverneur a insisté sur les immenses potentialités du Maniema. Une province riche en ressources naturelles, en terres agricoles fertiles, en eau abondante, en biodiversité exceptionnelle. Pourtant, elle reste enclavée, sous-équipée, et sa population vit souvent dans la précarité.

« Le Maniema a un rôle à jouer dans la stabilité climatique de notre pays et du monde », a ajouté l’autorité provinciale, appelant à une mobilisation collective pour sortir la province de son isolement.

Une « grande première » saluée par la ministre

Pour la ministre Marie Nyange Ndambo, cette conférence est une « grande première ». Une occasion unique de mettre en lumière une province qu’elle décrit comme une « terre d’opportunités ».

La ministre, qui a parcouru le pays pour promouvoir la protection de l’environnement, a salué l’initiative du gouverneur et des autorités locales. Elle a rappelé que le développement durable passe par la valorisation des ressources locales, l’implication des communautés, et la coopération entre les secteurs public et privé.

« Le Maniema a tout pour réussir, a-t-elle déclaré. Il suffit de croire en ses potentialités et de travailler ensemble pour les concrétiser. »

Quatre secteurs, un même combat

Pendant trois jours, experts, autorités, opérateurs économiques et acteurs de la société civile vont réfléchir sur des pistes concrètes pour un développement durable et inclusif du Maniema.

Quatre secteurs sont à l’honneur.

1. L’agriculture : le Maniema dispose de terres fertiles et d’un climat favorable. Pourtant, l’agriculture reste traditionnelle, peu mécanisée, peu productive. L’enjeu est d’attirer des investissements pour moderniser les exploitations, former les agriculteurs, développer les filières (maïs, riz, manioc, café, cacao, etc.) et connecter les producteurs aux marchés.

2. L’environnement : le Maniema abrite des forêts denses, des réserves naturelles, une biodiversité unique. La pression démographique et l’exploitation illégale des ressources menacent cet équilibre fragile. L’objectif est de promouvoir une gestion durable des forêts, de lutter contre la déforestation, de développer des projets de conservation et de valoriser les écosystèmes.

3. Le tourisme : le Maniema possède un potentiel touristique immense : chutes, grottes, paysages, culture locale. Mais l’absence d’infrastructures, l’enclavement et l’insécurité freinent le développement de ce secteur. La conférence vise à identifier les sites à promouvoir, à encourager l’investissement hôtelier, et à former les acteurs locaux.

4. L’eau : le Maniema est traversé par de nombreux fleuves et rivières, dont le célèbre Congo. L’eau est une ressource abondante, mais mal exploitée. L’enjeu est de développer l’hydroélectricité, d’améliorer l’accès à l’eau potable, et de promouvoir une gestion intégrée des ressources en eau.

Attirer les investisseurs

L’objectif ultime de cette conférence est d’attirer des investisseurs étrangers. Le Maniema a besoin de capitaux pour moderniser ses infrastructures, développer ses filières, créer des emplois.

Les autorités provinciales ont préparé des dossiers de projets bancables, dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, du tourisme, de l’environnement. Ils seront présentés aux investisseurs potentiels, nationaux et internationaux.

Le gouverneur Mussa Kabwankubi a promis un environnement des affaires sécurisé, des facilités administratives, et un accompagnement personnalisé aux investisseurs sérieux. Un message destiné à rassurer les capitaux étrangers, souvent frileux face aux risques perçus en RDC.

Un rôle dans la stabilité climatique

Le gouverneur a également évoqué un enjeu planétaire : le climat. Le Maniema, avec ses forêts, ses tourbières, ses écosystèmes, joue un rôle crucial dans la régulation du climat régional et mondial.

La déforestation et la dégradation des sols libèrent du carbone et contribuent au réchauffement. À l’inverse, la protection des forêts et la gestion durable des terres permettent de stocker le carbone et de lutter contre le changement climatique.

Le Maniema peut donc prétendre à des financements internationants au titre de la REDD+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts). Un levier supplémentaire pour attirer des investissements et développer des projets verts.

Une dynamique à confirmer

Cette première conférence est un signal fort. Elle montre que le Maniema, souvent oublié, entend prendre son destin en main. Elle témoigne de la volonté des autorités locales de sortir de l’ornière, de valoriser les potentialités de la province, et de créer les conditions d’un développement durable.

Reste à savoir si les recommandations issues de ces trois jours de travaux seront suivies d’effets. Si les investisseurs seront au rendez-vous. Si les projets sortiront de terre. Si les emplois seront créés. Si la pauvreté reculera.

Le chemin est long. Les défis sont immenses. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la prise de conscience collective. Celui de la mobilisation des acteurs. Celui de l’espoir, peut-être.

Kindu, pour quelques jours, est devenue la capitale de l’agriculture, de l’environnement, du tourisme et de l’eau en RDC. Et si cette dynamique se poursuivait, le Maniema pourrait bien devenir un modèle pour d’autres provinces.

L’avenir le dira. En attendant, les 500 participants planchent, échangent, se projettent. Et le Maniema, lentement, sort de l’ombre.

Félix Tshisekedi préside la Conférence des gouverneurs sur l’agriculture

La ville de Bandundu vibre au rythme des tambours et des fanfares. Ce mardi 24 mars 2026, le président Félix Tshisekedi est arrivé dans le chef-lieu de la province du Kwilu pour présider la 13e session de la Conférence des gouverneurs. Sous un soleil de plomb, une foule enthousiaste a accueilli le chef de l’État, venu débattre d’un sujet stratégique : la transformation des secteurs agricole, pastoral et halieutique pour relier les campagnes aux marchés urbains.

L’avion présidentiel s’est posé en début d’après-midi sur le tarmac de l’aéroport de Bandundu. À la descente de la passerelle, Félix Tshisekedi a été accueilli par une impressionnante délégation : la Première ministre, plusieurs membres du gouvernement, le président du Sénat, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des autorités militaires, policières, et une myriade d’élus nationaux et provinciaux.

Mais c’est sur l’avenue de l’Aviation que l’émotion était à son comble. Dès les premières heures de la matinée, les habitants de Bandundu s’étaient massés sur les trottoirs. Enfants, jeunes et adultes, venus parfois de quartiers éloignés, attendaient patiemment le passage du cortège présidentiel.

Une ambiance de fête populaire

Dès que le convoi s’est engagé sur l’avenue, l’ambiance est montée d’un cran. Fanfares municipales, tambourinaires traditionnels et sifflets ont accompagné chaque mètre parcouru par le chef de l’État. Les visages souriaient, les mains saluaient, les voix s’enrouaient à force de scander des chants de bienvenue.

L’espace public s’est paré de couleurs vives. Drapeaux de partis politiques, affiches à l’effigie du président, calicots aux messages d’encouragement : tout a été déployé pour marquer l’importance de cette visite. La foule, dense et compacte, a pris d’assaut les deux côtés de la route, laissant juste le passage au convoi officiel.

Un dispositif sécuritaire renforcé

Cet engouement populaire s’accompagne d’une vigilance accrue des forces de l’ordre. Depuis plusieurs jours, la ville de Bandundu a vu ses effectifs sécuritaires renforcés. Des patrouilles régulières sillonnent les artères principales, et des hélicoptères effectuent des rondes aériennes pour surveiller les abords des lieux stratégiques.

Un dispositif à la mesure de l’événement. La Conférence des gouverneurs est l’un des rendez-vous institutionnels majeurs de l’année, réunissant l’ensemble des autorités provinciales autour du chef de l’État.

L’agriculture au cœur des débats

Le choix de Bandundu pour cette 13e session n’est pas un hasard. Le Kwilu, province agricole par excellence, incarne les enjeux de développement rural que le gouvernement entend promouvoir.

Le thème retenu cette année est ambitieux : « Transformation des secteurs agricole, pastoral et halieutique : développement rural et connexion aux marchés urbains ». Une problématique cruciale pour un pays qui dispose d’un potentiel agricole immense, mais qui importe encore une grande partie de ses denrées alimentaires.

Pendant deux jours, les gouverneurs des 26 provinces échangeront sur les moyens de moderniser l’agriculture, de soutenir les éleveurs et les pêcheurs, et de créer des corridors économiques entre les zones de production et les centres urbains.

L’ouverture officielle des assises était prévue dans l’après-midi, au siège du gouvernement provincial. Félix Tshisekedi doit y prononcer un discours d’orientation, avant de laisser place aux travaux des commissions.

Une visite symbolique pour le Kwilu

Pour les habitants de Bandundu, cette visite présidentielle est bien plus qu’un simple événement protocolaire. C’est une reconnaissance. Longtemps considérée comme une province oubliée, enclavée et dépourvue d’infrastructures, le Kwilu voit dans cette Conférence un signe de l’attention renouvelée de Kinshasa.

Les yeux sont tournés vers les annonces qui seront faites. Routes, électrification, soutien aux coopératives agricoles : les attentes sont nombreuses. La foule massée sur l’avenue de l’Aviation l’a montré : derrière les chants et les drapeaux, c’est un espoir de développement qui s’exprime.

Les assises se poursuivront jusqu’à mercredi. À l’issue des travaux, une déclaration finale devrait fixer les grandes orientations pour l’année à venir. En attendant, Bandundu profite de son heure de gloire, sous les tambours et les fanfares, au rythme de la fierté retrouvée.

La RDC signe un contrat majeur pour son port sec de Kwala en Tanzanie et sécurise son corridor central

Jeudi 12 mars 2026, une signature est venue consolider l’ambition logistique de la République démocratique du Congo sur la scène régionale. À Dar es Salaam, le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a paraphé un contrat de concession avec la société Boston Developers Ltd pour le développement du port sec congolais de Kwala, en Tanzanie. Une étape décisive pour désengorger la chaîne d’approvisionnement du pays et offrir un souffle nouveau à son commerce extérieur.

La cérémonie, empreinte de solennité, s’est déroulée en présence du ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa. Les deux hommes ont salué ce nouveau jalon dans le renforcement de la coopération économique bilatérale, scellant par cet accord la volonté commune de fluidifier les échanges entre l’océan Indien et le cœur du continent.

45 hectares pour le fret congolais

Si le ministère des Transports est resté discret sur les clauses précises de ce partenariat public-privé, l’enjeu est clair : doter la RDC d’une plateforme logistique souveraine sur le corridor central. Dans ce vaste complexe de Kwala, situé à environ 90 kilomètres du port maritime de Dar es Salaam, la RDC dispose désormais d’une emprise de 45 hectares pour y développer ses propres installations.

Ce port sec ne sera pas un simple entrepôt. Il est conçu comme un outil stratégique intégré. Il doit permettre de faciliter les opérations de dédouanement, d’améliorer la traçabilité du fret congolais, aussi bien à l’import qu’à l’export, et de contribuer à la lutte contre la fraude, ce fléau qui gangrène les circuits commerciaux régionaux. L’objectif est de reprendre le contrôle de la chaîne logistique et d’en chasser les pratiques informelles.

Le temps, cette variable stratégique

Le projet congolais s’inscrit dans la dynamique plus large de la plateforme logistique de Kwala, inaugurée avec faste par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan le 31 juillet 2025. Ce hub régional, doté d’une connexion au chemin de fer à écartement standard (SGR) et d’installations de stockage modernes, est promis à un bel avenir.

Pour les pays enclavés d’Afrique centrale, dont la RDC est le géant, cette infrastructure est une promesse de renaissance logistique. Les autorités tanzaniennes l’assurent : les délais de transit, qui pouvaient s’étirer sur 15 à 16 jours entre Dar es Salaam et l’arrière-pays, pourraient être réduits à seulement 5 ou 6 jours. Un bond en avant qui transforme l’équation économique pour les importateurs et exportateurs, réduisant les coûts de stockage et accélérant la rotation des marchandises.

Katosho, la porte d’entrée vers l’Est

La stratégie congolaise ne s’arrête pas à Kwala. Dans le cadre de cette coopération logistique élargie, la RDC bénéficie également d’un site à Katosho, situé à Kigoma, sur les rives tanzaniennes du lac Tanganyika. Cette position est cruciale : elle constitue la porte d’entrée naturelle pour les échanges commerciaux avec l’est de la RDC, reliant par voie lacustre les provinces de l’Est au corridor central.

L’ambition de Kinshasa est claire : sécuriser ses corridors d’approvisionnement, améliorer la fluidité de son commerce extérieur et réduire les coûts logistiques. Il s’agit de donner aux opérateurs économiques congolais des outils compétitifs pour intégrer les chaînes de valeur régionales.

Boston Developers, le partenaire choisi

La sélection du partenaire privé, annoncée en 2025 par Jean-Pierre Bemba, s’est donc portée sur Boston Developers Ltd. Présentée comme une entreprise internationale active dans l’ingénierie, la construction et le développement de projets d’infrastructures, elle aura la lourde tâche de transformer les 45 hectares de Kwala en un port sec performant et moderne.

Ce contrat de concession marque ainsi le passage de la promesse à la réalisation. Il reste désormais à bâtir, à équiper et à faire fonctionner cette fenêtre ouverte sur l’océan Indien. Pour la RDC, l’enjeu est existentiel : faire de cette fenêtre une porte grande ouverte sur la prospérité.

4,8 millions d’euros, des maillots et des soupçons : l’affaire AS Monaco-RDC atterrit à Monaco

L’onde de choc partie de Paris a traversé la Méditerranée. Depuis le 17 février 2026, le dossier épineux du contrat de sponsoring liant la République démocratique du Congo à l’AS Monaco est officiellement entre les mains de la justice monégasque. Après plusieurs mois d’analyse, le Parquet national financier (PNF) s’est déclaré incompétent géographiquement et a transmis la plainte à la Principauté. Une décision qui rebat les cartes dans cette affaire aux ramifications multiples.

Une plainte qui remonte à septembre 2025

Tout commence le 4 septembre 2025. Ce jour-là, Me Hervé Diakiese, avocat au barreau de Paris, dépose une plainte qui va faire trembler les sphères du football et de la diplomatie sportive. Les chefs d’accusation sont lourds : « blanchiment de capitaux », « détournement de fonds publics » et « corruption » .

Derrière cette procédure, deux citoyens congolais résidant en France. Ils ont choisi l’anonymat, par « craintes de représailles », précise leur conseil. Leur cible ? Un contrat signé fin juin 2025 entre l’AS Monaco et la République démocratique du Congo. Montant du partenariat : 4,8 millions d’euros sur trois ans, soit 1,6 million par saison .

Le ministre congolais des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, est directement visé. C’est lui qui a localement assuré la promotion de ce « partenariat premium RD Congo, Cœur de l’Afrique ». Un accord qui devait, selon les termes officiels, « contribuer au développement du football congolais et amplifier le rayonnement international de la RDC » .

Le PNF se dessaisit, Monaco prend le relais

Pendant plusieurs mois, le Parquet national financier analyse le dossier. Les experts parisiens épluchent les contrats, tentent de déterminer leur compétence. Finalement, leur conclusion tombe, implacable : ils ne peuvent pas traiter cette affaire.

« Ce dossier a fait l’objet d’une dénonciation officielle auprès des autorités monégasques », explique sobrement le PNF. La raison invoquée est simple : absence de « compétence géographique » . Le contrat lie un club monégasque à un État étranger. Même si l’AS Monaco évolue dans le Championnat de France, son siège social, ses comptes, sa juridiction de rattachement sont à Monaco.

Désormais, le parquet de la Principauté est saisi. Sollicité par les médias, il n’a pas donné suite aux demandes d’information. Silence radio, pour l’instant.

Un contrat qui interroge dès sa signature

Dès l’annonce de ce partenariat, les critiques avaient fusé. Comment un pays comme la RDC, avec des millions de déplacés, un championnat national à l’agonie et des infrastructures délabrées, pouvait-il investir près de 5 millions d’euros dans un club européen ?

Les associations de la société civile congolaise s’étaient immédiatement émues. « Le championnat national est à l’agonie, le pays n’a pas d’infrastructures dignes de ce nom », dénonçaient-elles dès juin 2025 . René Mukalay, journaliste sportif congolais, n’avait pas mâché ses mots : « Le football congolais est mort. Il y a un vrai problème d’organisation, d’infrastructures, de formation et d’argent. Et un ministre a convaincu le gouvernement qu’il fallait mettre plusieurs millions d’euros pour mettre le nom de la RDC sur la vareuse de l’AS Monaco. C’est une blague » .

Un tik-tokeur avait même pointé du doigt l’état de délabrement des toilettes du Stade des martyrs de Kinshasa, symbole criant des priorités inversées .

L’AS Monaco se défend, le contexte sécuritaire interroge

Contacté précédemment par L’Équipe, l’AS Monaco avait tenu à se défendre. Le club assure avoir « pris toutes les précautions d’usage avant la conclusion de cet accord ». Plusieurs échanges et rencontres se sont tenus, et les représentants du partenaire ont fait part d’un « fort intérêt quant à la visibilité qu’un club comme le nôtre permet d’acquérir » .

Pourtant, le contexte sécuritaire en RDC jette une ombre sur ces arguments touristiques. Le ministère français des Affaires étrangères indique sur son site que « les voyages sont déconseillés sur l’ensemble du territoire » de la RDC pour les touristes, et que « les conditions de sécurité ne sont pas réunies » . Difficile, dans ces conditions, de vendre du rêve balnéaire ou des safaris photo.

D’autres contrats, d’autres polémiques

L’accord avec l’AS Monaco n’est pas un cas isolé. La RDC a également conclu des partenariats avec deux autres géants européens : l’AC Milan et le FC Barcelone . Pour le club catalan, les montants évoqués donnent le vertige : plus de 40 millions d’euros sur quatre ans .

L’ONG Amnesty International s’était émue, évoquant l’utilisation du football comme plateforme pour « blanchir les violations des droits humains » en RDC . Olivier Kamitatu, opposant politique, avait qualifié ces dépenses de « probablement l’une des décisions les plus scandaleuses que les autorités de la RDC n’aient jamais prises », rappelant que près de 28 millions de Congolais souffrent de la faim .

Un modèle rwandais qui fait débat

Cette stratégie de nation-branding par le football s’inspire ouvertement du modèle rwandais. Depuis 2018, « Visit Rwanda » est affiché sur les maillots du PSG, d’Arsenal et de l’Atlético Madrid. Une stratégie payante sur le plan touristique : deux ans après son lancement, les revenus liés au tourisme avaient bondi de 42% au Rwanda .

Mais Jean-Baptiste Guegan, géopolitologue du sport, nuance : « Il est évident que la symétrie entre la stratégie de la RDC et la stratégie rwandaise est manifeste. La vraie question est : est-ce que cela peut fonctionner ? Cela a fonctionné avec le Rwanda. La RDC veut changer l’image du pays associée à la guerre. Mais le risque est que les Congolais commencent à questionner l’utilité de cet argent alors qu’il pourrait être investi dans des hôpitaux et des écoles » .

Me Diakiese : « Si le parquet ne poursuit pas, nous saisirons un juge »

Du côté des plaignants, la transmission du dossier à Monaco n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Me Diakiese qualifie cette étape de « positive », même s’il rappelle que « l’AS Monaco joue dans le Championnat de France », une allusion discrète à ce qu’il considère peut-être comme un abandon de compétence trop rapide.

Surtout, l’avocat prépare déjà la suite. « Si le parquet ne poursuit pas, nous avons suffisamment d’arguments pour entamer une autre étape et saisir un juge d’instruction », prévient-il . Une menace claire : si la voie pénale monégasque ne donne pas satisfaction, une plainte avec constitution de partie civile pourrait être déposée, forçant la désignation d’un magistrat instructeur.

Un contrat suspendu ?

Selon certaines sources, le contrat de naming aurait été suspendu le temps de l’enquête. AfricaSoccer.com évoque une « mise en attente » de l’accord, Monaco ne devant pas afficher le branding congolais sur ses maillots tant que l’enquête n’est pas conclue . Une information qui, si elle était confirmée, montrerait que le club prend ses distances le temps que la justice fasse son œuvre.

L’ombre du Rwanda et du M23

Il est impossible d’évoquer ces contrats sans les replacer dans le contexte géopolitique régional. Les tensions entre la RDC et le Rwanda, ravivées par le soutien de Kigali au M23, donnent une dimension supplémentaire à cette affaire.

Mercredi, le Conseil rwandais du développement a officialisé la rupture du partenariat liant Arsenal au programme « Visit Rwanda ». En toile de fond, les accusations de prédation autour des minerais de sang et les violences dans l’est de la RDC . Difficile, pour les clubs européens, de naviguer sans dommages dans ces eaux troubles.

Ironie du sort, la RDC, en voulant singer son voisin rwandais, se retrouve aujourd’hui confrontée aux mêmes écueils. La même stratégie, les mêmes critiques, les mêmes risques judiciaires.

Conclusion : une affaire à suivre

Le ballon est désormais dans le camp monégasque. La justice de la Principauté va devoir se saisir de ce dossier explosif. Elle examinera l’origine des fonds, leur traçabilité, la réalité des contreparties offertes par le contrat. Elle entendra peut-être les témoins, les experts, les parties civiles potentielles.

Pendant ce temps, en RDC, le championnat national reste à l’agonie. Les infrastructures sportives vieillissent. Et des millions de Congolais continuent de se demander si leur argent, celui de l’État, est bien utilisé.

L’affaire AS Monaco-RDC n’est pas qu’une histoire de football. C’est l’histoire d’un pays qui cherche sa place dans le monde, qui veut soigner son image, mais qui doit d’abord guérir ses plaies intérieures. La justice, désormais, dira si les moyens employés pour ce rayonnement étaient légitimes.

RDC à Mining Indaba : « Finis les minerais bruts, place à l’industrialisation locale »

CAPE TOWN – La République démocratique du Congo a frappé un grand coup ce mercredi à la Mining Indaba 2026, le plus grand rendez-vous mondial des investisseurs miniers. Lors du traditionnel « DRC Breakfast », le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dévoilé une stratégie industrielle ambitieuse qui entend sortir le pays du piège de l’exportation de matières premières brutes.

Devant un parterre de parlementaires, diplomates et investisseurs, le ministre a résumé la nouvelle doctrine congolaise en une phrase : « Nous ne voulons plus exporter nos minerais pour les importer transformés. »

« Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique »

Placée sous le thème « Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique en faveur des investissements en amont et en aval en RDC » , la conférence-déjeuner a servi de vitrine pour la vision présidentielle de Félix Tshisekedi, coordonnée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Le message est clair : la RDC, qui détient des réserves stratégiques mondiales en cobalt, lithium, cuivre et coltan, entend désormais transformer localement une part croissante de sa production pour capter la valeur ajoutée et créer des emplois.

Trois piliers pour une révolution industrielle

Louis Watum Kabamba a articulé sa feuille de route autour de trois axes majeurs :

  1. Développement des chaînes de valeur des batteries : la RDC se positionne comme un futur hub de la fabrication de précurseurs et de batteries électriques, en partenariat avec la Zambie et dans le cadre de la Zone économique spéciale.

  2. Formalisation du secteur artisanal : intégration des creuseurs dans un cadre structuré et durable, pour mettre fin à l’exploitation informelle et aux circuits illicites.

  3. Attractivité des investissements : renforcement de la sécurité juridique, alignement sur les standards ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) et lutte accrue contre la fraude minière.

« La paix par la prospérité »

Au-delà du discours économique, le ministre a établi un lien explicite entre industrialisation et stabilité. « Nos ressources doivent contribuer durablement à la paix et à la prospérité du peuple congolais », a-t-il déclaré, répondant implicitement à ceux qui accusent les richesses minières d’alimenter les conflits.

Un signal fort aux investisseurs internationaux

Avec cette offensive de communication à Cape Town, Kinshasa envoie un signal clair aux majors du secteur et aux fonds souverains : la RDC n’est plus seulement une terre d’extraction, elle veut devenir un atelier de transformation.

Le pays mise sur sa position dominante dans les minerais critiques de la transition énergétique pour négocier en position de force et imposer un nouveau modèle de partenariat, moins prédateur et plus équitable.

Reste à concrétiser cette ambition par des réformes législatives, des infrastructures énergétiques fiables et une sécurisation du climat des affaires. Le discours de Cape Town a posé les fondations. Le chantier, lui, ne fait que commencer.

Inga 3 : la RDC dévoile le projet aux investisseurs à Washington

Cette initiative vise à mobiliser les acteurs du secteur privé international autour d’un partenariat public-privé. Le projet Inga 3 est présenté comme un levier majeur de transformation pour la RDC et l’Afrique tout entière.

« Il s’agit de présenter la vision stratégique du projet, son importance pour le pays et son potentiel économique », souligne le communiqué officiel.

Un géant énergétique pour l’Afrique

Le projet Inga 3 ambitionne de produire plus de 11 000 MW d’électricité. Ce chiffre en fait l’un des projets hydroélectriques les plus ambitieux au monde.

Les impacts attendus sont nombreux :

  • Accès accru à l’énergie pour les foyers et les industries,

  • Baisse du coût de production,

  • Création d’emplois massifs,

  • Hausse des recettes fiscales,

  • Intégration énergétique régionale, notamment via les réseaux de la SADC et de l’Afrique centrale.

Défis à relever pour concrétiser Inga 3

Mais le succès du projet dépend de plusieurs conditions :

  • Une sécurisation juridique robuste,

  • Une gouvernance transparente,

  • Une structure financière adaptée aux exigences des bailleurs de fonds.

La RDC souhaite bâtir une coalition internationale autour d’Inga 3, en attirant financements, technologies et expertises nécessaires.

RDC–FMI : Les voyants au vert malgré la guerre

Malgré les défis liés au contexte sécuritaire, la République démocratique du Congo affiche une résilience économique qui suscite l’optimisme. Les indicateurs du cadre macro-économique sont au vert, ouvrant la voie à la conclusion de la première revue des programmes de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), dans le cadre de l’accord signé avec le Fonds Monétaire International.

C’est ce qu’a révélé la Troïka politique du jeudi 17 avril, tenue au Centre financier de Kinshasa, sous la présidence du ministre des Finances, Doudou Fwamba, et du ministre d’État au Budget, Aimé Boji.

Cette réunion stratégique a également permis aux experts congolais de préparer activement la participation de la RDC aux prochaines Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale. L’objectif est clair : préserver la crédibilité et l’image du pays auprès de ses partenaires économiques.

Selon Félicien Mulenda, coordonnateur du Comité technique de suivi et d’évaluation des réformes (CTR), la plupart des critères quantitatifs ont été respectés, malgré une hausse des dépenses sécuritaires imposée par la guerre. Ce seul écart, justifié par l’urgence de défendre l’intégrité nationale, n’entame en rien les avancées enregistrées.

Mieux encore, la stabilité économique reste assurée. L’inflation est sous contrôle et le taux de change demeure relativement stable. Des performances qui, selon Mulenda, illustrent la vision du Président Félix Tshisekedi pour une gouvernance économique rigoureuse, résiliente et tournée vers l’avenir.

Cobalt, richesses cachées et nouveaux alliés – La stratégie audacieuse de Judith Suminwa

Le 14 avril 2025, aux Émirats Arabes Unis, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a porté haut la vision économique de la RDC. À Abu Dhabi, en marge de l’AIM 2025, elle a défendu les réformes en cours et lancé un appel vibrant aux investisseurs mondiaux.

Dans une interview exclusive à CNN Economic, elle a abordé la question stratégique du cobalt, ce minéral tant convoité. Face à la flambée des prix, la RDC a décidé de suspendre temporairement ses exportations. Objectif : réévaluer les offres étrangères et négocier aux prix du marché.

« Nous voulons un partenariat gagnant-gagnant, pas un pillage déguisé », a-t-elle lancé avec fermeté.

Diversification tous azimuts

Consciente des enjeux géopolitiques, Judith Suminwa a précisé que la RDC ne souhaite plus dépendre d’un seul bloc économique. Des entreprises venues de tous horizons frappent désormais à la porte congolaise, attirées par les ressources minérales stratégiques : cobalt, cuivre, lithium, mais aussi les potentiels agricoles et énergétiques du pays.

« Nous avons 80 % de terres arables encore inexploitées », a-t-elle souligné.
« Et une richesse en eau qui peut transformer l’Afrique centrale en hub énergétique vert. »

Une vision portée par la jeunesse

Avec ses 120 millions d’habitants, dont 60 % ont moins de 25 ans, la RDC mise sur une jeunesse dynamique. L’éducation gratuite au primaire marque le début d’une transformation profonde. Judith Suminwa incarne cette ambition : première femme à diriger un gouvernement congolais, elle envoie un signal fort à toutes les jeunes filles du pays.

« L’éducation est notre arme de reconstruction massive », affirme-t-elle.

Le Congo prêt à choisir ses alliés

Dans ses échanges avec les médias et les autorités émiraties, la cheffe du gouvernement a insisté sur l’importance d’un commerce plus juste et transparent. Le Congo n’est plus à vendre. Il choisit ses partenaires, ses prix, et surtout son avenir.

UBA s’installe à Matadi : une expansion stratégique face à la concurrence

Le mardi 25 mars 2025 marque une étape clé pour United Bank for Africa (UBA) en République démocratique du Congo. Après Kinshasa et Lubumbashi, la banque nigériane poursuit son expansion en inaugurant sa première agence à Matadi, chef-lieu du Kongo Central.

Désormais 12ᵉ institution financière agréée dans la ville, UBA fait face à une concurrence déjà bien installée. Un défi que la banque entend relever avec des stratégies adaptées, comme l’a souligné Gisèle Bondo, directrice générale adjointe d’UBA en RDC :

« Nous avons mis en place des stratégies solides pour nous imposer sur ce marché concurrentiel. De plus, nous avons pris en compte les attentes des autorités locales en intégrant la main-d’œuvre de Matadi dans notre projet. »

L’inclusion bancaire des habitants du Kongo Central est une priorité pour les autorités locales, qui comptent sur UBA pour accompagner les entrepreneurs et moderniser les services financiers.

« Nous espérons qu’UBA jouera un rôle clé en facilitant l’accès aux services bancaires et en promouvant la digitalisation, conformément à la vision du Chef de l’État. » — Ministre provincial des Finances du Kongo Central.

Un marché en pleine évolution

Avant l’arrivée d’UBA, le secteur bancaire de Matadi affichait déjà une croissance notable, avec une augmentation de 20% du crédit client entre 2021 et 2024, selon les chiffres de la Banque centrale.

Située sur l’avenue de la Poste, numéro 7, la nouvelle agence ambitionne d’être un levier pour le développement économique local, en facilitant l’accès aux financements et en accompagnant les entrepreneurs du Kongo Central vers une économie plus digitalisée et inclusive.

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Apple suspend l’approvisionnement en minerais en provenance du Rwanda et de la RDC

À la suite des plaintes déposées par la RDC le 16 décembre 2024, Apple a annoncé avoir cessé l’approvisionnement en minerais en provenance du Rwanda et de la RDC. Le géant américain est accusé par Kinshasa d’utiliser des minerais exploités illégalement dans ses produits. Ces minerais, appelés 3T, comprennent le tungstène, l’étain, et le tantale, qui sont extraits à l’est de la RDC et exportés via le Rwanda.

Une décision prise après la plainte de la RDC

Suite à la plainte de la RDC, Apple a indiqué qu’elle avait pris des mesures, mais sa communication reste floue. La firme précise avoir informé ses fournisseurs que leurs fonderies et raffineries devaient suspendre l’approvisionnement en minerais 3T en provenance du Rwanda et de la RDC. Apple ajoute que cette instruction a été donnée « plus tôt dans l’année », sans préciser de date exacte, ni fournir davantage de détails.

Les rebelles du M23 et l’impact sur les mines

En février 2024, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle de la mine de coltan dans la ville de Rubaya, à l’est de la RDC. Deux mois plus tard, la RDC adressait des mises en demeure à Apple, l’accusant de se fournir en minerais provenant de zones contrôlées par des groupes armés.

Réactions de la RDC et prudence demandée

L’avocat de la RDC, William Bourdon, a exprimé sa satisfaction tout en appelant à la prudence. « C’est sans précédent qu’une entreprise aussi puissante qu’Apple prenne publiquement l’engagement de « faire le ménage » dans les conditions d’approvisionnement en minerais », a-t-il déclaré. Toutefois, il insiste sur la nécessité de vérifications et de transparence: « Il faut rester extrêmement prudent, parfois les entreprises prennent des engagements sans les tenir », a-t-il précisé.

Un précédent pour d’autres entreprises ?

Cette plainte pourrait marquer le début d’une longue série de poursuites contre les entreprises technologiques qui s’approvisionnent en minerais des conflits. Le département d’État américain, début juillet 2024, avait exprimé ses préoccupations quant à l’exploitation illicite de certains minerais dans la région des Grands Lacs.

Rawbank célèbre les 50 ans du « Rumble in the Jungle » et inspire la jeunesse congolaise

La Rawbank, première banque commerciale de la République démocratique du Congo, a marqué mercredi à Kinshasa le cinquantenaire du légendaire combat de boxe « Rumble in the Jungle » entre Muhammad Ali et George Foreman, survenu le 30 octobre 1974. Cet événement emblématique de l’histoire sportive a été célébré avec des expositions photos et une visite guidée, invitant le public à revivre cette rencontre historique qui a fasciné le monde entier.

Cette initiative s’inscrit dans le programme « We Act » de Rawbank, qui vise à soutenir la jeunesse congolaise en lui offrant des outils pour devenir des acteurs du changement dans le pays. Par ce programme, Rawbank favorise l’entrepreneuriat, la formation et le leadership, avec l’ambition de forger une nouvelle génération de leaders dédiés à la transformation socio-économique de la RDC.

Rawbank va ainsi « au-delà d’une banque », en se positionnant comme un pilier de développement social et de progrès. Le choix de Muhammad Ali comme figure emblématique de cette commémoration souligne des valeurs telles que la résilience, le courage et l’inspiration – des qualités que Rawbank souhaite transmettre aux jeunes Congolais.