RDC : Raïssa Malu lance les préparatifs d’une Table ronde nationale sur l’éducation inclusive des enfants handicapés

La ministre d’Etat, ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a reçu, ce jeudi 6 août 2026, une délégation de la Fédération Nationale des Associations des Personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO). Venue solliciter l’appui du Gouvernement, cette structure prépare une Table ronde nationale inclusive sur l’éducation des enfants handicapés en République démocratique du Congo. La rencontre se tiendra du 11 au 13 août 2026 à Kinshasa avec les ministères concernés, les partenaires techniques et les agences des Nations Unies.

A l’issue de l’audience, Raïssa Malu a salué l’initiative portée par la FENAPHACO. Elle a demandé aux organisateurs de formuler des recommandations précises et applicables pour améliorer la prise en charge des élèves vivant avec handicap dès la rentrée scolaire 2026-2027. À travers cette demande, la ministre entend obtenir un plan d’action avec des mesures budgétaires, pédagogiques et infrastructurelles qui tiennent compte des réalités des écoles congolaises.

Dans la foulée, Raïssa Malu a instruit l’équipe d’experts de son ministère d’accompagner les préparatifs de la Table ronde nationale. Leur mission sera notamment d’harmoniser les données, identifier les gaps et proposer un cadre technique pour les discussions. Cet accompagnement vise à garantir que les décisions issues de la rencontre puissent être traduites rapidement en directives ministérielles et en projets pilotes dans les provinces.

Selon l’équipe d’organisation, la Table ronde nationale permettra aussi d’identifier des solutions durables aux défis de l’éducation inclusive, c’est-à-dire l’accès aux bâtiments, formation des enseignants, manuels adaptés, transport scolaire et lutte contre la stigmatisation. Pour la FENAPHACO, cette rencontre doit déboucher sur un engagement clair du Gouvernement et des partenaires afin que plus aucun enfant handicapé ne soit laissé en marge du système éducatif.

Un enjeu de droit et d’égalité des chances

En République démocratique du Congo, des milliers d’enfants vivant avec handicap restent encore hors du système scolaire. Au-delà de l’aspect humanitaire, l’éducation inclusive est aussi une obligation légale et un levier pour l’égalité des chances. En soutenant cette Table ronde, le Gouvernement réaffirme sa volonté d’aligner la politique éducative nationale sur les engagements internationaux de la RDC en matière de droits des personnes handicapées.

Depuis sa nomination, la ministre Raïssa Malu a fait de l’inclusion scolaire une priorité de son mandat. Le ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a notamment lancé des campagnes de sensibilisation dans les écoles, à l’exemple du renforcement de la formation des enseignants aux techniques d’accompagnement des élèves à besoins spécifiques. Les efforts consentis dans ce secteur visent à poser les bases d’une politique éducative plus équitable, capable d’intégrer tous les enfants dans le système formel dès la rentrée scolaire 2026-2027.

Shadary et Minaku enfin transférés à l’auditorat militaire après 200 jours d’opacité

C’est une séquence judiciaire longtemps attendue qui s’ouvre à Kinshasa. Après plus de 200 jours passés dans les geôles des services de sécurité, les autorités ont transféré ce jeudi 6 août les deux hauts responsables du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, à l’auditorat militaire général. Ce déferrement ouvre enfin la phase judiciaire d’un dossier resté, jusqu’ici, entouré d’un quasi-silence.

En janvier 2026, des hommes armés, en tenue civile et en uniforme, ont arrêté les deux dirigeants à leurs domiciles de Kinshasa. Depuis cette interpellation, aucun juge ne les avait entendus. Leurs avocats dénoncent une détention prolongée sans contrôle judiciaire. De leur côté, plusieurs organisations de défense des droits humains s’inquiètent du respect des garanties fondamentales.

Une audition annoncée, une procédure qui soulève des questions

Selon une source proche du dossier, les autorités prévoyaient d’entendre les deux cadres du parti de Joseph Kabila ce jeudi. Finalement, elles ont reporté l’audition au vendredi 7 août à 10 heures. Elles voulaient ainsi éviter un attroupement de militants devant l’auditorat militaire, comme lors d’une précédente convocation.

Cependant, cette procédure continue de susciter des interrogations.

« On leur demande d’être là demain matin, à 10 heures, pour les mettre dans un véhicule et les amener là où ils seront interrogés », rapporte la même source.

Elle s’interroge ensuite : « Pour une audition censée être publique, pourquoi les conduire dans des espaces privés, alors que la justice officielle est censée se tenir dans les bâtiments de l’État ? »

Entre-temps, les autorités ont transféré le dossier du Conseil national de cyberdéfense (CNC) vers la justice militaire. Pourtant, elles n’ont toujours notifié aucune charge officielle aux deux responsables. Elles n’ont pas non plus présenté un calendrier précis de la procédure.

Les critiques se multiplient

L’opacité qui entoure cette affaire alimente de nombreuses réactions. Ainsi, l’opposant en exil Claudel André Lubaya a vivement critiqué la procédure dans une publication sur le réseau social X.

Il qualifie les arrestations « d’enlèvements nocturnes ». Selon lui, cette détention viole les principes de l’État de droit ainsi que les dispositions de la Constitution.

L’opposant affirme également que les autorités détiennent Aubin Minaku depuis le 18 janvier sans décision judiciaire rendue publique. Il soutient aussi que les services de sécurité l’ont privé de tout contact avec sa famille et ses avocats pendant plusieurs mois.

Par ailleurs, Claudel André Lubaya évoque le cas d’autres membres du PPRD, notamment Dunia Kilanga. D’après lui, ces derniers subissent les mêmes conditions de détention.

« Une démocratie ne peut tolérer que des citoyens soient ainsi relégués dans les angles morts de la justice », a-t-il martelé. Il appelle donc le président Félix Tshisekedi à mettre fin à ce qu’il considère comme des détentions arbitraires.

Un tournant judiciaire, mais encore de nombreuses zones d’ombre

Le transfert d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku vers l’auditorat militaire général constitue un tournant dans cette affaire. En effet, ce dossier nourrit depuis plusieurs mois le débat politique en République démocratique du Congo.

Cette évolution intervient dans un contexte de fortes tensions entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et les proches de Joseph Kabila. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a suspendu les activités du PPRD.

Pour l’heure, les autorités judiciaires n’ont toujours pas précisé les infractions reprochées aux deux responsables. Elles n’ont pas davantage détaillé les prochaines étapes de la procédure.

L’audition prévue vendredi pourrait apporter les premiers éléments de réponse. Toutefois, de nombreuses zones d’ombre persistent. Comme le rappelle QuotInfo, « dans un État de droit, toute privation de liberté doit reposer sur des faits clairement établis et respecter les garanties judiciaires ». Faute de précisions, le soupçon d’une justice instrumentalisée à des fins politiques continuera d’alimenter le débat.

Kinshasa : Le Gouvernement provincial annonce la construction imminente du boulevard Étienne Tshisekedi

Le Gouvernement provincial de Kinshasa annonce le lancement imminent des travaux de construction du boulevard Étienne Tshisekedi. Cette nouvelle infrastructure de 2 074 mètres reliera le boulevard Triomphal à la place Bakayau, dans la commune de Bandalungwa. Pensé pour désengorger la capitale, cette infrastructure s’inscrit dans le programme « Kinshasa Ezo Bonga » du Gouverneur Daniel Bumba.

D’après les détails de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, le projet prévoit 8 voies, soit 4 dans chaque sens pour absorber le flux de véhicules qui saturent l’axe ouest de la ville. Le chantier comprend aussi la construction d’un pont-cadre sur la rivière Basoko et d’un canal de drainage long de 1 140 mètres. L’objectif est double, d’abord améliorer la mobilité, ensuite lutter contre les inondations récurrentes dans les communes traversées.

Au-delà de la route, le projet mise sur le confort des piétons et des usagers de transport en commun. Des trottoirs pavés, des arrêts de bus aménagés, un éclairage public moderne et une signalisation routière complète sont prévus.

Ce programme représente une rupture pour la capitale qui manque cruellement d’infrastructures urbaines structurantes. Il vise à passer d’une ville subie à une ville planifiée, avec des voiries capables de supporter la croissance démographique.

Baptisé en hommage à Étienne Tshisekedi, père de l’actuel Président de la République, Félix Tshisekedi, ce boulevard a une forte portée symbolique. Fondateur de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure historique de l’opposition sous le régime de Mobutu, celui qui a été surnommé « le Sphinx de Limete » a incarné le combat pour la démocratie en République démocratique du Congo. Pour certains observateurs politiques, le nommer sur une grande artère de la mégapole revient à inscrire son héritage dans le paysage urbain.

Sur le plan technique, les travaux seront coordonnés par le ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, Alain Tshilungu. Pour les habitants de Bandalungwa et des communes voisines, l’impact est de réduire les embouteillages, favoriser les déplacements plus sûrs la nuit grâce à l’éclairage public et une meilleure évacuation des eaux de pluie.

Si les délais sont respectés, le boulevard Étienne Tshisekedi pourrait alors devenir l’un des axes structurants de la nouvelle mobilité kinoise.

Ebola Bundibugyo : Tshisekedi mobilise le Gouvernement, l’OMS et Africa CDC pour renforcer la riposte

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a dirigé, mercredi 5 août 2026, à la Cité de l’Union Africaine, une réunion stratégique consacrée à la riposte contre l’épidémie d’Ebola de souche « Bundibugyo », pour accélérer les actions sur le terrain et éviter une propagation. Autour du Chef de l’État, étaient présents la Première Ministre, Judith Suminwa, les ministres sectoriels impliqués dans la riposte, le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus et le Directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya.

Les échanges ont placé la mobilisation communautaire inclusive au centre de la nouvelle stratégie. Selon l’OMS, vaincre Ebola passe d’abord par la sensibilisation des communautés. À l’en croire, il faut impliquer les leaders religieux, chefs coutumiers et mouvements de jeunes dans la sensibilisation de porte-à-porte. L’enjeu est de briser la méfiance et de faire remonter rapidement les cas suspects. Pour les experts, une population informée et actrice de la riposte réduit le risque de contamination et de stigmatisation des malades.

Renforcer la surveillance et protéger les soignants

Une autre priorité abordée est le renforcement du système de surveillance épidémiologique. L’OMS recommande en effet de traquer chaque alerte, de tester plus vite et de rapatrier les patients dans des centres de traitement. Le but est d’éviter les décès à domicile, qui favorisent la circulation du virus.

Parallèlement, la protection du personnel de santé a été soulignée. Dotations en équipements, formation aux procédures et appui psychosocial sont jugés indispensables pour maintenir les équipes en première ligne.

OMS et Africa CDC saluent les efforts de Kinshasa

Au terme de la séance, l’OMS et Africa CDC ont reconnu les progrès déjà accomplis par la République démocratique du Congo. Les deux institutions ont réitéré leur engagement à fournir un appui technique et opérationnel, notamment par les experts de terrain, les laboratoires, la logistique et les vaccins si nécessaire. Pour eux, la riposte ne peut réussir sans un partenariat constant avec le Gouvernement Congolais.

Cette réunion de haut niveau souligne que la lutte contre la 17è épidémie d’Ebola est une priorité nationale. En réunissant Gouvernement, OMS et Africa CDC, le Président Tshisekedi veut donner une impulsion politique pour débloquer les moyens et aligner tous les acteurs. La RDC, déjà éprouvée par plusieurs épidémies, mise cette fois sur une approche plus précoce, plus communautaire et mieux coordonnée pour couper la chaîne de transmission.

Ebola : Kinshasa renforce son dispositif après l’interception d’un bateau suspect

Un vent de panique a soufflé sur Kinshasa ce mercredi 5 août. Les autorités ont intercepté un bateau de transport de passagers à une soixantaine de kilomètres de la capitale. Peu auparavant, un passager qui avait quitté l’embarcation est décédé après avoir présenté des symptômes évocateurs d’Ebola. Cette alerte est survenue alors que l’épidémie qui frappe l’est de la République démocratique du Congo approche des 4 000 cas confirmés.

Dès les premières heures, les autorités sanitaires ont réagi. Elles ont déployé un laboratoire mobile afin de tester tous les passagers encore à bord, ainsi que les membres d’équipage. En parallèle, elles ont instauré un cordon sanitaire autour du bateau.

Le ministre de la Santé, Roger Kamba, s’est toutefois voulu rassurant lors d’une intervention télévisée. « Nous n’avons pas dit que c’était Ebola. Nous avons dit qu’il y a eu un cas suspect pour lequel nous sommes prudents. » À ce stade, les autorités n’ont signalé aucun autre décès parmi les passagers ou les membres d’équipage.

Une alerte venue du nord-ouest, une mobilisation immédiate

L’alerte est partie de la zone de santé de Pimu, dans la province de la Mongala, à plus de 1 200 kilomètres de Kinshasa. Après avoir quitté le bateau, le passager a développé de la fièvre et de la diarrhée. Il s’est ensuite rendu dans un centre de santé, où il est décédé.

Dès la réception du signalement, les autorités ont suivi la trace du bateau. Celui-ci provenait de la Tshopo, l’une des cinq provinces touchées par l’épidémie. Elles l’ont finalement intercepté à l’approche de Kinshasa.

Les équipes sanitaires ont installé un laboratoire mobile à proximité du navire. Elles ont ensuite lancé le dépistage de tous les voyageurs. Par ailleurs, des spécialistes de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), dirigés par le professeur Jean-Jacques Muyembe, ont réalisé les prélèvements et les analyses.

En outre, les autorités ont acheminé d’autres embarcations ainsi que du personnel supplémentaire. Leur objectif consistait à évacuer progressivement les passagers après les tests. Elles ont également renforcé le dispositif de sécurité autour du bateau.

Le gouvernement appelle à la vigilance, pas à la panique

Lors d’une conférence de presse conjointe, Roger Kamba et Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ont répondu aux rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux. Certaines évoquaient plusieurs décès à bord. D’autres situaient, à tort, la zone de santé de Pimu à Kinshasa.

« Il n’y a pas eu d’autres morts sur ce bateau », a insisté Roger Kamba.

De son côté, Patrick Muyaya a rappelé qu’aucun résultat de laboratoire ne permettait encore de confirmer ou d’écarter la piste d’Ebola. Il a également souligné que d’autres maladies pouvaient provoquer des symptômes similaires.

Enfin, le directeur général de l’Institut national de santé publique, Dieudonné Mwamba, a invité les habitants de Kinshasa à garder leur calme. Il a rappelé que la capitale ne figure pas parmi les provinces touchées par l’épidémie.

Une riposte nationale renforcée

Cette alerte est survenue le même jour que la réunion de haut niveau présidée par Félix Tshisekedi à Kinshasa. Le chef de l’État a réuni les principaux acteurs engagés dans la lutte contre Ebola afin de renforcer la riposte nationale.

Autour de la table figuraient notamment le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, Jean Kaseya. Ensemble, ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique, la mobilisation communautaire et la protection du personnel de santé.

Les participants ont également décidé d’accélérer la détection des malades. Ils souhaitent aussi réduire le nombre de décès enregistrés à domicile ou dans les communautés.

Une épidémie toujours plus préoccupante

Pourtant, malgré cette mobilisation, Médecins sans frontières (MSF) a lancé une nouvelle alerte mercredi. L’organisation estime que la situation dans l’est de la RDC reste « plus critique que jamais ». Selon elle, l’épidémie continue de progresser à un rythme alarmant. À ce jour, aucun ralentissement n’apparaît.

D’après les dernières données officielles arrêtées mardi, la RDC comptabilise 3 973 cas confirmés. Le pays enregistre également 1 801 décès et 776 guérisons depuis la déclaration de l’épidémie, le 15 mai.

Cette flambée, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, constitue désormais la plus importante jamais enregistrée dans le pays. En outre, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe encore contre cette souche. Dès lors, chaque nouvelle alerte, même loin de l’épicentre, reste prise très au sérieux par les autorités sanitaires.

FRIVAO : le procès du détournement de 325 millions de dollars reporté à la mi-août

L’audience tant attendue devant la Cour de cassation, prévue ce mercredi 5 août 2026 dans l’affaire du présumé détournement des fonds alloués au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), a été brutalement renvoyée. Selon le président de la composition, l’absence inopinée de l’un des membres de la Cour empêche la formation de jugement de siéger dans des conditions régulières. Le procès est désormais reprogrammé au mercredi 19 août 2026.

Un contretemps qui survient alors que les principaux acteurs du dossier, avocats, parties civiles et représentants du ministère public, étaient déjà en place, prêts à en découdre sur le fond. Cette affaire, qui porte sur des millions de dollars américains versés par l’Ouganda à la RDC à titre de réparations, est devenue un symbole des dérives dans la gestion des fonds publics congolais.

Les absents et les présents : un procès à géométrie variable

Si l’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, faisait une nouvelle fois défaut, son coaccusé, Chançard Bolukola, ancien coordonnateur du FRIVAO, était bien présent, entouré de ses avocats. À ses côtés, Bernard Kalombola Lisendja, ancien président du conseil d’administration du FRIVAO suspendu, a également fait une apparition remarquée. Bien que détenu à la prison centrale de Makala, ce dernier s’est constitué partie civile dans cette procédure, tout comme l’État congolais, également représenté par ses conseils.

Ce procès est l’épilogue d’une instruction qui s’est achevée le 31 juillet dernier. Lors de cette audience, en l’absence de Constant Mutamba, les juges avaient déjà entendu Chançard Bolukola sur les modalités et les motivations des indemnisations financées par les 325 millions de dollars versés par Kampala. Le ministère public avait alors pointé du doigt plusieurs décaissements litigieux, notamment 14 millions de dollars versés à une société privée pour la réhabilitation d’une centrale hydroélectrique, ou encore 4 millions alloués au zoo de Kisangani, qui n’avait initialement sollicité que 700 000 dollars.

Un système de défense qui vacille

Face à ces accusations, Chançard Bolukola a opposé une fin de non-recevoir. Il a soutenu avoir géré les fonds en stricte conformité avec les orientations du conseil d’administration et de son ministre de tutelle. Pour preuve de sa bonne foi, il a affirmé avoir dirigé l’établissement sans percevoir de salaire fixe, mais seulement des primes, une déclaration qu’il présente comme un gage de son attachement à la bonne gouvernance.

Constant Mutamba, quant à lui, poursuivi pour des décaissements contestés, dont un paiement de 14,3 millions de dollars en faveur de Congo Energy, avait déjà plaidé la nullité de la procédure lors de sa première comparution le 13 juillet, arguant n’avoir jamais reçu de citation régulière ni eu accès au dossier.

Un ancien ministre déjà lourdement condamné

Ce procès s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà chargé pour Constant Mutamba. Le 2 septembre 2025, il avait été condamné à trois ans de travaux forcés, ainsi qu’à cinq ans de privation de ses droits civiques, dans une affaire de détournement de fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani. Cette peine, bien inférieure aux dix ans requis par le ministère public, avait été assortie d’une restitution de 19 millions de dollars et d’une exclusion définitive de toute fonction publique.

En attendant le 19 août : les enjeux d’un verdict historique

Le report du procès au 19 août offre un sursis tactique aux différentes parties, mais ne fait que retarder un verdict très attendu. Pour les victimes des exactions ougandaises, ce procès est bien plus qu’une simple affaire de détournement : il s’agit de la transparence dans l’usage d’une indemnisation qui devait réparer des décennies de pillages et de violences.

Le ministère public devra, lors de la prochaine audience, exposer l’ensemble des éléments constitutifs des infractions reprochées, tandis que les parties civiles et les prévenus livreront leurs ultimes plaidoiries. La Cour de cassation devra alors trancher, au terme d’un procès qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité financière en RDC.

FIFA : sous pression, Gianni Infantino convoque une réunion de crise au Maroc après l’échec de son projet de réforme

Le climat est électrique au sommet de la FIFA. Quelques jours seulement après avoir été contraint de retirer son projet controversé d’ouverture de l’instance aux investisseurs privés, son président, Gianni Infantino, tente de reprendre la main. Ce mercredi, le dirigeant italo-suisse a réuni plusieurs hauts responsables de la Fédération internationale de football au siège africain de l’organisation, à Salé, près de Rabat, dans une rencontre organisée loin des regards.

À huis clos, cette réunion intervient alors que la gouvernance d’Infantino traverse l’une des périodes les plus délicates depuis son arrivée à la tête de la FIFA il y a dix ans.

Une réunion à huis clos dans un contexte de fortes tensions

Selon plusieurs sources, la rencontre s’est tenue au sein du complexe Mohammed VI de Salé, qui abrite le bureau régional de la FIFA pour l’Afrique.

Aucune conférence de presse n’a été organisée et les discussions se sont déroulées dans la plus grande discrétion. Plusieurs véhicules officiels ont été aperçus à l’entrée du site, sans qu’aucun détail ne soit communiqué sur l’ordre du jour.

Le choix du Maroc intrigue les observateurs. Si aucune explication officielle n’a été donnée, le royaume coorganisera la Coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Gianni Infantino y séjournait déjà la semaine précédente à l’occasion de la Fête du Trône.

Le projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs a déclenché une fronde

À l’origine de cette crise figure le projet de création de la FIFA Forward Enterprise (FFE), une société externe chargée de gérer les activités commerciales de la FIFA ainsi que les compétitions majeures, notamment la Coupe du monde, avec l’entrée d’investisseurs privés au capital.

Révélé la semaine dernière, ce projet a immédiatement suscité une vive opposition au sein du football mondial.

Face aux critiques, la FIFA a finalement renoncé à cette réforme dans la nuit de vendredi à samedi.

Pour de nombreux dirigeants, cette initiative risquait de transformer profondément le modèle économique de l’organisation et d’accroître l’influence d’intérêts privés sur la gestion du football mondial.

Arsène Wenger et plusieurs dirigeants prennent leurs distances

L’abandon du projet n’a pas suffi à apaiser les tensions.

Plusieurs personnalités influentes de la FIFA ont publiquement pris leurs distances avec Gianni Infantino.

Parmi elles figure Arsène Wenger, directeur du développement mondial du football au sein de l’organisation, dont les critiques se sont ajoutées à celles d’autres responsables.

Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, a lui aussi exprimé son malaise dans une lettre adressée aux employés de l’institution. Il y évoque « une série d’événements tristes et condamnables » et se félicite que le projet ait finalement été abandonné.

Quelques jours auparavant, Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, avait présenté sa démission en affirmant s’opposer « catégoriquement » à cette réforme.

L’UEFA menace, plusieurs fédérations retirent leur soutien

La contestation dépasse désormais les murs de la FIFA.

L’UEFA et la Concacaf, qui avaient déjà rejeté le projet de FIFA Forward Enterprise, remettent désormais en cause la gouvernance du président de l’instance.

L’UEFA affirme avoir perdu confiance en Gianni Infantino et envisage une action en justice contre la FIFA. Avant le retrait du projet, la confédération européenne avait même brandi la menace d’un boycott de la Coupe du monde.

De son côté, la Concacaf réclame une remise à plat complète de la gouvernance de l’organisation.

À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2027 à Rabat, ces critiques prennent une dimension particulière.

Si Gianni Infantino demeure, pour l’heure, le seul candidat officiellement déclaré à sa propre succession, plusieurs fédérations nationales, notamment celles de la Finlande, du pays de Galles, de la Serbie et de la Suède, ont déjà annoncé le retrait de leur soutien.

Le président de la Fédération jordanienne, le prince Ali ben Al Hussein, est allé plus loin en accusant publiquement Gianni Infantino de « chantage », affirmant avoir reçu des pressions politiques en échange d’un soutien électoral.

À un peu plus de six mois du scrutin présidentiel, cette succession de critiques fragilise l’autorité du dirigeant de la FIFA. La réunion organisée au Maroc apparaît ainsi comme une tentative de restaurer l’unité au sein de l’organisation. Reste à savoir si elle suffira à convaincre les fédérations membres, dont les voix seront déterminantes lors de l’élection de 2027.

Génocide, guerres et pillages : La RDC obtient un calendrier judiciaire contre le Rwanda à la CIJ

Au cœur de La Haye, le majestueux Palais de la Paix a vibré d’une solennité inhabituelle ce mardi 4 août 2026. La Cour internationale de Justice (CIJ), plus haute instance judiciaire des Nations unies, a franchi un cap décisif dans l’affaire qui oppose la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda. Par une ordonnance rendue dans le calme de la capitale néerlandaise, le président de la Cour a fixé les grandes échéances d’une procédure écrite. Celle-ci s’annonce déjà comme l’une des plus complexes de l’histoire de l’institution.

Une procédure à deux vitesses pour un dossier hors norme

L’ordonnance découle d’une réunion préparatoire organisée le 20 juillet dernier avec les représentants des deux États. Elle établit un calendrier judiciaire précis. D’abord, Kinshasa, qui a saisi la CIJ le 26 juin 2026, dispose jusqu’au 4 octobre 2027 pour déposer son mémoire. Ensuite, Kigali devra remettre son contre-mémoire au plus tard le 4 décembre 2028. Ce délai de dix-huit mois répond à une demande des avocats rwandais, qui ont invoqué l’ampleur des accusations.

Cependant, derrière ces dates se joue un véritable bras de fer procédural. Le coagent de la RDC, Ivon Mingashang, a défendu un délai de douze mois. Selon lui, l’affaire présente une complexité exceptionnelle. Elle porte sur des événements qui s’étendent sur près de trois décennies. Elle mobilise également le droit international humanitaire, la Convention sur le génocide ainsi que plusieurs traités relatifs aux discriminations raciales et à l’égard des femmes.

De son côté, la défense rwandaise a insisté sur une exigence claire. Elle réclame un exposé complet des griefs avant toute réponse sur le fond. Les conseils de Kigali souhaitent recevoir un mémoire détaillant les faits, les preuves et les réparations demandées. Ainsi, la procédure pourrait rapidement atteindre plusieurs centaines de pages.

Une requête aux allures de réquisitoire contre l’agression rwandaise

L’offensive judiciaire de la RDC ne date pas d’hier. Lors de son séjour à La Haye, le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa, a déposé une requête introductive d’instance particulièrement étoffée. Par ce document, Kinshasa assigne le Rwanda devant la CIJ pour des violations présumées de quatre grandes conventions internationales. Il s’agit de la Convention sur le génocide (1948), de la Convention sur l’élimination de la discrimination raciale (1965), de la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (1979) et de la Convention contre la torture (1984).

Selon le gouvernement congolais, les faits remontent à 1994, au lendemain du génocide rwandais. Les Forces armées rwandaises (APR/RDF) et leurs alliés auraient alors lancé des opérations sur le territoire congolais. En conséquence, plusieurs camps de réfugiés, villages et centres urbains de l’Est auraient subi des attaques. Ces violences auraient provoqué des pertes humaines massives, des déplacements forcés et d’immenses souffrances.

De l’AFDL au M23, une succession de conflits

Par ailleurs, Kinshasa élargit son argumentation aux différentes guerres qui ont secoué la RDC. La requête évoque les conflits successifs et accuse Kigali d’avoir soutenu, contrôlé ou dirigé plusieurs groupes rebelles.

L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et, aujourd’hui, le M23/AFC figurent parmi les mouvements cités. Pour la RDC, ces groupes s’inscrivent dans une même stratégie régionale.

Cette accusation constitue l’un des piliers du dossier congolais. Désormais, Kinshasa entend la défendre devant la plus haute juridiction internationale. En parallèle, le pays poursuit ses actions sur les plans militaire et diplomatique.

Vers une riposte judiciaire totale

Cette offensive judiciaire s’inscrit dans une stratégie plus large impulsée par le président Félix Tshisekedi. Face à la résurgence du M23/AFC et à l’intensification des violences dans l’Est, le chef de l’État souhaite agir sur plusieurs fronts.

Ainsi, le gouvernement veut renforcer l’action judiciaire internationale. Il entend également documenter le pillage des ressources naturelles. Enfin, il veut poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

À travers cette démarche, Kinshasa espère obtenir des réparations pour les millions de victimes. Toutefois, l’enjeu dépasse la seule question des indemnisations. La RDC cherche aussi à faire reconnaître une responsabilité internationale. Une telle décision pourrait modifier durablement les équilibres géopolitiques dans la région des Grands Lacs.

Désormais, le compte à rebours est lancé. Les équipes d’avocats, d’historiens et d’experts en droit international vont examiner des milliers de documents, de témoignages et de rapports. D’ici 2027, tous les regards se tourneront vers La Haye. C’est là que la justice internationale tentera d’apporter une réponse juridique à l’une des pages les plus sombres de l’histoire contemporaine de l’Afrique.

Alerte Ebola à Kinshasa : Un bateau sous haute surveillance accoste à Maluku avec 200 passagers à bord

Ils ont quitté Kisangani, insouciants, portés par les eaux majestueuses du fleuve Congo. Deux cents passagers, des marchands, des familles, des voyageurs en quête d’un avenir meilleur dans la capitale. Mais le voyage, qui devait n’être qu’une traversée ordinaire sur l’artère fluviale du pays, s’est mué en une course contre la mort.

Car à bord, la mort a embarqué. Silencieuse, invisible, insidieuse. Un passager a succombé à la maladie à virus Ebola entre le 19 et le 21 juillet, alors que le bateau remontait lentement les méandres du fleuve. Depuis, l’engin est devenu un objet de traçage, une bombe à retardement flottante que les autorités sanitaires tentent de désamorcer.

Ce mercredi 5 août, avant-midi, le navire a accosté au port de Maluku, à Kinshasa. Mais il n’était pas seul. La force navale l’escortait, silencieuse et menaçante. À terre, un dispositif de crise se déployait. L’alerte était donnée.

Débarquement sous haute tension : police, tentes et agents de l’OMS

Sur les quais de Maluku, l’atmosphère est à la fois calme et électrique. Une présence policière imposante encadre les opérations, assurant la sécurité et prévenant tout risque de fuite. Des tentes, semblables à des champignons blancs surgis du sol, ont été érigées en urgence pour accueillir les passagers. Lieux d’isolement, de triage, de contrôle : chaque voyageur sera examiné, interrogé, tracé.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est sur le pont. L’agence onusienne, aux côtés du ministère congolais de la Santé, a renforcé les capacités de préparation à ce point d’entrée stratégique. Objectif : être prêt à une éventuelle riposte face au virus Bundibugyo, une souche d’Ebola moins connue mais tout aussi redoutable.

La scène est digne d’un film catastrophe. Mais ici, point de fiction. Chaque minute compte. Chaque contact potentiel doit être identifié. Car dans l’est du pays, la Tshopo, province de départ, totalise déjà sept cas confirmés et cinq décès. Et le fleuve, cette veine bleue qui irrigue le pays, pourrait bien devenir le vecteur d’une propagation incontrôlée.

Le mystère du bateau : un traçage complexe

Le rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), couvrant la situation au 3 août, est lacunaire. Il ne précise ni le nom du bateau, ni son itinéraire exact, ni sa destination finale. Pas plus qu’il n’établit un lien formel avec une éventuelle propagation vers d’autres provinces. Le nombre de passagers ou de contacts potentiellement concernés reste également flou.

Mais une certitude demeure : la traçabilité du décès survenu à bord est devenue une priorité absolue. Les autorités sanitaires cherchent à reconstituer le puzzle des contacts, à remonter le fil de cette contamination qui pourrait avoir eu lieu avant même l’embarquement.

Et les défis s’accumulent. Le rapport évoque une « résistance persistante des contacts à haut risque » dans la province de la Tshopo, refusant de se soumettre aux mesures d’isolement. S’y ajoute une pré-rupture des équipements de protection individuelle et des intrants de laboratoire, fragilisant encore une riposte déjà sous tension.

La menace fluviale : un risque majeur pour la capitale

Dans leur analyse des principaux défis, les autorités sanitaires ont identifié un facteur de propagation particulièrement inquiétant : la forte mobilité des populations et le risque de diffusion fluviale. Le fleuve Congo, artère vitale du pays, est aussi une autoroute potentielle pour le virus. De Kisangani à Kinshasa, en passant par les nombreux ports et villages qui jalonnent ses rives, les possibilités de contamination sont innombrables.

C’est pour cette raison que le renforcement des points d’entrée et de la coordination est devenu une priorité. Chaque bateau, chaque passager, chaque marchandise peut être porteur du virus. Et Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, ne peut pas se permettre une flambée épidémique.

La présence de l’OMS à Maluku n’est pas un hasard. C’est le signe d’une vigilance accrue, d’une prise de conscience que la lutte contre Ebola ne se gagne pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi sur les berges, aux portes des villes.

 Le fleuve, trait d’union ou vecteur de mort ?

Les 200 passagers du bateau, désormais sous surveillance, sont les témoins d’un drame qui aurait pu être bien plus grand. Leur débarquement à Maluku, sous escorte et contrôle, marque un tournant dans la riposte contre Ebola en RDC. Pour la première fois, le risque de diffusion fluviale se matérialise aux portes de la capitale.

Mais cette arrivée est aussi un révélateur. Celui des fragilités d’un système de santé qui, malgré les leçons des épidémies passées, reste en état d’alerte permanent. Les équipements de protection qui s’épuisent, les contacts qui résistent, les informations qui manquent – autant de failles que le virus pourrait exploiter.

Le virus Bundibugyo, moins médiatisé que son cousin Zaïre, est pourtant tout aussi mortel. Et le fleuve Congo, qui a vu naître tant de civilisations, pourrait bien devenir le théâtre d’une nouvelle tragédie si la vigilance venait à faiblir. Alors que les passagers sont pris en charge, que les contacts sont tracés, une question demeure : combien d’autres bateaux, combien d’autres voyageurs portent en eux cette menace invisible ?

Car en RDC, la lutte contre Ebola ne se joue pas seulement dans les laboratoires ou les centres de traitement. Elle se joue sur les routes, sur les rivières, dans les marchés et les villages. Et chaque passager, chaque contact, chaque déplacement peut être le maillon qui fera basculer une épidémie naissante en catastrophe nationale.

RDC : Christian Bosembe annonce la fermeture imminente de TikTok pour stopper la propagande de l’AFC-M23

Le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), Christian Bosembe, passe à l’offensive. Il annonce le blocage imminent des comptes TikTok utilisés pour faire la propagande de la rébellion de l’AFC-M23 en République démocratique du Congo. Selon lui, des échanges sont déjà en cours avec la direction du réseau social pour concrétiser cette mesure.

Pour le régulateur, il est inadmissible qu’un « terroriste » comme Corneille Nangaa dispose d’une tribune numérique dans un pays en guerre. Il accuse en effet la plateforme de laisser prospérer des contenus qui menacent la sécurité nationale.

« Un compte d’Al-Qaïda serait-il accepté aux USA ? »

Christian Bosembe ne mâche pas ses mots. Il dit avoir interrogé les responsables de tiktok.

« Un compte du Hezbollah fonctionnerait-il en France ? Un compte d’Al-Qaïda serait-il toléré aux États-Unis ? », a-t-il questionné. À l’en croire, la réponse est non. Or, en RDC, poursuit-il, la propagande de chefs rebelles accusés de crimes contre les civils circule librement.

Dans ce cadre, le président du CSAC dénonce une tolérance qu’il juge « grave » et « indigne » d’un État qui se respecte. Face à l’absence de réponse satisfaisante de TikTok, il a décidé de trancher.

Le régulateur justifie sa décision par sa mission de protection de l’ordre public et de la cohésion nationale. Il cite en exemple le Gabon, qui a déjà procédé à la fermeture de TikTok sur son territoire.

Pour rappel, les rebelles de l’AFC-M23 sont accusés de tuer des populations civiles dans l’Est de la RDC. Ce mouvement provoque des déplacements massifs et installe la terreur dans les communautés. Selon Kinshasa, ces opérations sont menées sous la coordination du Rwanda pour piller des ressources minières congolaises. Pour Bosembe, couper les relais numériques de la rébellion est une urgence.

« À un moment donné, il faudrait que l’État Congolais se respecte tout simplement. Et pour que l’État Congolais se respecte, il faut fermer ces réseaux », martèle le président du CSAC.

Au-delà de TikTok, cette annonce ouvre le débat sur la souveraineté numérique en RDC. Dans un contexte de guerre médiatique, Kinshasa veut reprendre la main sur les plateformes accusées de servir de caisse de résonance à l’ennemi. La décision du CSAC pourrait marquer un tournant dans la régulation des réseaux sociaux en période de conflit.