480 kilomètres de bitume et un pont géant sur le Lualaba : la RDC signe le contrat de sa révolution routière

Ce mercredi 3 juin 2026 restera gravé dans les annales des infrastructures congolaises. Au cœur de Kinshasa, sous les projecteurs d’une salle bondée, le Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a posé sa plume sur trois contrats historiques. En face de lui : trois géants chinois du BTP. Sur le papier : une autoroute moderne à 2×2 voies, un pont de 714 mètres enjambant le Lualaba, et la promesse d’une connectivité totale entre l’Est et l’Ouest de la RDC. La fièvre du bitume gagne le pays.

Ce n’est pas un simple ruban coupé. C’est une artère qui s’ouvre. Une promesse de désenclavement pour des millions de Congolais coincés entre des pistes impraticables et l’absence d’infrastructures. Le projet s’inscrit sous la haute vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo : faire de la RDC un espace sans rupture, où les routes ne s’arrêtent plus à la boue et aux saisons des pluies.

« La RN2 est l’exemple parfait de notre nouvelle approche : bâtir des routes modernes qui intègrent dès la conception des dispositifs innovants », a martelé le Ministre, le regard tourné vers l’horizon.

Une autoroute ultra-moderne pour matérialiser la « connectivité totale »

Imaginez une ligne droite de bitume, large, lisse, capable d’absorber les flux de camions, de bus et de véhicules légers sans s’essouffler. Une véritable autoroute, la première du genre en RDC. Reliant à terme Mbuji-Mayi, le cœur diamantifère du pays, à Bukavu, porte orientale des Grands Lacs.

Ce rêve est en train de devenir béton.

Les trois contrats signés ce mercredi concernent le bitumage de 206 kilomètres supplémentaires sur la RN2, de Mbanga jusqu’à la rivière Lualaba. Ces 206 kilomètres sont divisés en deux lots d’environ 100 kilomètres chacun, confiés aux mastodontes chinois China First Highway Engineering Company Limited et Sinohydro Bureau 14, associés au Groupement China Jiangxi International Economic.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car ces 206 kilomètres viennent s’ajouter aux 280 kilomètres déjà en cours entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga. Au total, ce sont 480 kilomètres de route modernisée qui vont mailler l’espace entre le Kasaï-Oriental et le Maniema.

480 kilomètres. L’équivalent d’une traversée de la Belgique du nord au sud. Une distance qui, aujourd’hui, se compte en jours de souffrance sur des pistes défoncées. Demain, en heures de roulage confortable.

Le troisième plus grand pont sur le fleuve Congo : un colosse d’acier sur le Lualaba

Mais le clou du spectacle, l’élément qui a fait lever les sourcils et écarquiller les yeux, c’est l’annonce d’un pont de 714 mètres linéaires sur la rivière Lualaba. Une structure massive, impressionnante, qui viendra se poser en travers du deuxième plus long fleuve d’Afrique.

Avec ses 714 mètres, ce pont deviendra le troisième plus long jamais jeté sur le fleuve Congo. Seuls les ponts de Matadi et de Kinshasa le dépasseront. Une prouesse technique signée par les mêmes entreprises qui bâtissent les plus grands ouvrages d’art du monde.

Et là encore, le Ministre a tenu à marquer le coup : « Cet ouvrage aura l’avantage d’intégrer 2×2 voies de circulation. » Pas de rétrécissement, pas de goulot d’étranglement. Une fluidité totale d’un bout à l’autre de l’axe.

Des routes qui pensent à demain : fibre optique et énergie électrique

L’une des grandes forces de ce projet, c’est sa vision à long terme. Les routes ne seront pas de simples rubans de bitume. Elles intégreront dès leur conception des réservations pour le déploiement de la fibre optique et le transport de l’énergie électrique.

Traduction : à terme, ces corridors routiers deviendront également des autoroutes numériques et énergétiques. Les villages isolés pourront être connectés à Internet haut débit. Les villes étapes pourront être raccordées au réseau électrique national. La route devient alors bien plus qu’une route : un vecteur de développement global.

John Banza Lunda ne s’y est pas trompé. Devant les caméras, il a insisté sur cette dimension : « Nous ne construisons pas seulement pour aujourd’hui. Nous construisons pour les générations futures. »

Transparence et rigueur : un appel d’offres exemplaire

Ce projet, financé par la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), a été soumis à une procédure d’une rigueur exemplaire. Dès le début de l’année 2025, les études techniques ont été lancées. Puis est venu le temps de l’appel d’offres international, ouvert à tous, sans favoritisme.

Les offres ont été évaluées d’abord sur le plan technique, puis financièrement. Résultat : un coût extrêmement compétitif, autour de 150 millions USD pour les 206 kilomètres de route, et 37 millions USD pour le pont.

Des chiffres qui, selon le Ministre, sont « exceptionnels au vu des normes exigées ». Une preuve que la concurrence internationale, bien menée, profite au contribuable congolais.

Calendrier : mobilisation immédiate, premiers coups de pioche en octobre

L’enthousiasme retombé, place au pragmatisme. Les contrats signés, une période de mobilisation de quatre mois s’ouvre désormais. Le temps pour les entreprises chinoises d’acheminer leurs engins, d’installer leurs bases de vie, de recruter la main-d’œuvre locale.

Le démarrage effectif des travaux est fixé au mois d’octobre 2026. D’ici là, une réunion de cadrage technique est prévue dès la semaine prochaine. Une présentation officielle du projet aura également lieu en présence des gouverneurs et des députés des provinces concernées : Kasaï-Oriental, Lomami, Maniema et Sud-Kivu.

Ces élus locaux attendent cette route comme le Messie. Car le tracé stratégique de la RN2 va désenclaver leurs territoires, ouvrir des débouchés agricoles, faciliter le commerce, désengorger des villes étouffées par l’absence d’alternative.

Une page se tourne, une nouvelle s’écrit

La RDC a longtemps traîné le boulet de ses infrastructures délabrées. Les routes, quand elles existent, ressemblent plus à des champ de mines qu’à des voies de circulation. Les ponts, souvent vétustes, s’effondrent régulièrement sous le poids des camions surchargés.

Avec ce projet porté par la Banque mondiale et exécuté par des entreprises de premier rang, Kinshasa envoie un signal fort : le temps du rattrapage a commencé. L’autoroute Mbuji-Mayi – Bukavu deviendra le symbole d’une renaissance, la première pierre d’un réseau moderne qui, demain, maillera tout le pays.

Alors, certes, le chantier sera titanesque. Certes, il faudra surmonter les obstacles logistiques, les pluies diluviennes, les terrains instables. Mais l’engagement est là. Les signatures sont fraîches. Et l’espoir, immense.

Dans quelques années, quand les premiers véhicules emprunteront cette autoroute flambant neuve, que les camions franchiront le pont de 714 mètres sans broncher, on se souviendra de ce 3 juin 2026. Ce jour où la RDC a cessé de rêver ses routes pour enfin les construire.

Stade de Sclessin en fusion : les Léopards joueront à domicile… en Belgique !

Ce mercredi 3 juin, quelque chose d’extraordinaire se prépare à Liège. Ce n’est ni un match de gala, ni une finale européenne. C’est bien mieux : une simple rencontre amicale entre la République démocratique du Congo et le Danemark. Pourtant, l’affiche a déclenché une fièvre jaune d’une intensité rare. Les guichets sont fermés. Les billets ont tous disparu. Le stade sera plein comme un œuf. Et dans les travées de Sclessin, ce soir, ce sont des milliers de cœurs congolais qui battront à l’unisson.

L’information est tombée comme un coup de tonnerre dans le ciel gris liégeois : tous les billets mis en vente ont trouvé preneur avant même la veille du match. Mardi soir, le dernier sésame s’est arraché, refermant définitivement les portes à tout retardataire. Les organisateurs, presque submergés par l’afflux, n’ont pu que constater l’évidence : « L’engouement du public a été remarquable. »

Remarquable ? Le mot est faible. C’est une véritable marée humaine qui s’apprête à déferler sur l’enceinte du Standard de Liège.

La diaspora congolaise en ordre de bataille

Car ne nous y trompons pas : derrière cette ruée vers les gradins, c’est tout un peuple qui s’est reconnu. Loin de Kinshasa, de Lubumbashi ou de Kisangani, la diaspora congolaise de Belgique, d’Allemagne, de France et des Pays-Bas a répondu présent. Comme à chaque sortie des Léopards sur le sol européen, l’appel des couleurs nationales a agi comme un électrochoc.

Ce soir, le Stade de Sclessin ne sera pas un stade neutre. Il sera congolais. Totalement, viscéralement congolais.

Les tambours résonneront. Les chants en lingala, swahili et tshiluba enflammeront les tribunes. Les maillots jaunes, verts et rouges formeront une mosaïque vivante, un soleil d’Afrique éclatant sous la lumière tamisée d’une soirée belge.

Le Danemark prévenu : l’ambiance sera chaude

Face à eux, le Danemark. Une équipe sérieuse, robuste, habituée des grandes scènes européennes. Mais ce soir, les Danois devront affronter bien plus que onze Léopards sur le terrain. Ils devront dompter un douzième homme déchaîné, cette marée humaine qui soufflera, sifflera, poussera ses protégés vers l’exploit.

Les hommes du sélectionneur congolais l’ont bien compris : ce match amical n’a rien d’anodin. C’est une répétition générale avant les grandes échéances à venir. Une occasion en or de jauger leur progression face à une nation réputée pour sa discipline tactique. Et avec un tel soutien, rien ne semble impossible.

Consignes strictes pour un show sans accroc

Mais une telle ferveur ne s’organise pas sans rigueur. Les organisateurs ont déployé un dispositif à la hauteur de l’événement. Les portes ouvriront dès 18h30 (16h30 GMT), soit une heure et demie avant le coup d’envoi prévu à 20h00 (18h00 GMT). De quoi permettre aux milliers de spectateurs de s’installer sans précipitation.

Petite révolution pour les habitués : les sacs à dos et grands bags sont formellement interdits. Seuls les sacs à main et pochettes de format A4 maximum seront tolérés, et encore, après inspection minutieuse. Les célèbres e-tickets, eux, devront impérativement être imprimés pour fluidifier les contrôles.

La sécurité avant tout. Mais l’ambiance, assurément, n’en pâtira pas.

Une fête au-delà du sport

À 20h00, quand l’arbitre donnera le coup d’envoi, le Stade de Sclessin retiendra son souffle. Puis il explosera. Chaque dribble, chaque tacle, chaque frappe sera acclamé comme un but. Et si, d’aventure, les Léopards parvenaient à faire plier le mur danois, ce serait une liesse indescriptible.

Mais au-delà du résultat, cette soirée restera gravée comme un symbole. Celui d’une nation fière, unie par-delà les frontières. Celui d’un football congolais qui, doucement mais sûrement, reprend sa place parmi les valeurs montantes du continent.

Les billets sont épuisés. Les cœurs, eux, débordent.

Alors, ce soir, tous les regards se tournent vers Liège. Pas seulement pour voir jouer les Léopards. Mais pour entendre rugir la fierté congolaise. Ce soir, le Stade de Sclessin sera jaune comme le soleil, vert comme l’espérance, rouge comme la passion. Et le Danemark n’aura qu’à bien se tenir.

Depuis Liège, le cœur battant aux couleurs de la RDC.

Ville morte à Kinshasa : Grand marché fermé, les commerçants choisissent la prudence (Situation 9 heures)

Le Grand marché de Kinshasa, cœur commercial des communes de Kinshasa, Barumbu et Gombe, est resté fermé ce mercredi 3 juin 2026 jusqu’à 9 heures. Des expatriés et plusieurs commerçants congolais ont baissé leurs rideaux, suivant l’appel à la ville morte lancé par l’opposition contre la révision constitutionnelle. Au détail comme au gros, seuls quelques étalages sont visibles. Beaucoup de vendeurs hésitent encore à ouvrir. Cette prudence traduit l’inquiétude qui plane sur l’axe commercial le plus fréquenté de la capitale.

Commerce au ralenti, hésitation des vendeurs

Le constat est identique dans les galeries et boutiques de détail. Quelques étals ont osé s’installer, mais la majorité des commerçants attendent de voir l’évolution de la journée.

Pour plusieurs observateurs, ce comportement répond directement au mot d’ordre de l’opposition : paralyser l’économie pour forcer le pouvoir à renoncer au changement de la Constitution. D’autres par contre y voient une mesure de sécurité face à l’incertitude.

Le Grand marché, baromètre économique de Kinshasa, donne donc le ton d’une ville partagée entre obéissance au mot d’ordre et besoin de travailler.

Transport en mouvement, contraste avec les boutiques

Contrairement aux magasins, le secteur du transport ne suit pas la Ville morte à Kinshasa. Taxis, bus et motos roulent depuis les premières heures. Chauffeurs et receveurs ont pris la route tôt pour assurer le déplacement des Kinois. Ce contraste montre que l’impact de l’appel varie selon les secteurs.

Si le commerce marque le pas, la mobilité reste assurée, limitant pour l’instant une paralysie totale de la ville.

Agents de l’État sommés de reprendre le service

Le gouvernement ne reconnaît pas la ville morte. Le Vice-premier ministre en charge de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé à l’ordre tous les agents et fonctionnaires de l’État.

Dans une correspondance datée du 1er juin dernier, Jean-Pierre Lihau a prévenu que toute absence sans motif valable sera sanctionnée conformément aux règles de la Fonction publique. L’État veut maintenir l’administration debout et éviter que l’appel de l’opposition ne paralyse les services publics.

La journée reste par ailleurs sous haute observation, entre commerces fermés et État mobilisé.

Washington serre la vis dans l’est de la RDC : deux chefs du renseignement des FDLR et du M23 dans le viseur américain

Ce n’est pas un simple communiqué de plus. C’est un coup de semonce. Mercredi 3 juin 2026, les États-Unis ont dégainé une arme qu’ils maîtrisent mieux que quiconque : la puissance de leur système financier. Cette fois, la cible n’est pas un gouvernement, mais deux hommes, deux cerveaux de l’ombre, deux architectes du chaos qui ensanglante l’est de la République démocratique du Congo depuis trop longtemps.

Gustave Kubwayo, alias « Colonel Sirkoof ». John Imani Nzenze. Le premier est un chef du renseignement des FDLR, cette nébuleuse issue des génocidaires rwandais en exil. Le second est l’homme de l’ombre du M23, le bras armé de la rébellion qui éventre le Nord-Kivu. Le Département du Trésor américain vient de les prendre dans ses filets. Sanctions ciblées. Avoirs gelés. Interdiction formelle pour tout citoyen ou entité américaine de commercer avec eux.

Traduction : ces hommes deviennent, du jour au lendemain, des parias financiers sur la scène internationale.

Deux profils, une même mécanique de destruction

Plongeons dans les trajectoires glaçantes de ces deux cibles. Gustave Kubwayo n’est pas un simple soldat. Il dirige une unité de renseignement des FDLR. Derrière ce titre technique se cache une réalité brute : il est l’un de ceux qui organisent, planifient et exécutent la terreur. Les FDLR, rappelons-le, traînent une histoire lourde comme le génocide des Tutsi au Rwanda. Mais sur le terrain congolais, ils sont devenus des prédateurs ordinaires : massacres de civils, viols systématiques, pillages, travail forcé. Kubwayo est l’un de leurs stratèges.

De l’autre côté du miroir sanglant, John Imani Nzenze. Lui aussi est un homme de l’ombre. Chef du renseignement du M23, il est l’un des plus proches collaborateurs de Sultani Makenga, le commandant militaire redouté de la rébellion. Le M23 n’a pas besoin de présentation : en quelques mois, ses hommes ont conquis des territoires entiers, déplacé des centaines de milliers de civils, semé la mort et la désolation. Nzenze, c’est le regard froid, l’oreille qui collecte, l’intelligence qui anticipe et frappe.

Deux ennemis jurés, deux groupes opposés sur le terrain ? Peu importe aux yeux de Washington. Tous deux partagent une même responsabilité : alimenter l’instabilité dans la région des Grands Lacs. Tous deux ont du sang sur les mains.

Une sanction qui parle plus fort que des bombes

Que signifie concrètement cette décision ? D’abord, le gel immédiat de tous leurs avoirs présents sur le sol américain. Ensuite, une interdiction absolue pour toute entreprise ou citoyen des États-Unis d’entretenir des liens financiers ou commerciaux avec ces hommes. Et comme le dollar reste la monnaie du monde, cette interdiction aura des répercussions bien au-delà des frontières américaines. Les banques européennes, asiatiques ou africaines qui travaillent avec le système financier américain devront choisir leur camp.

C’est une sanction étouffoir. Une asphyxie programmée. Moins spectaculaire qu’un raid militaire, mais infiniment plus vicieuse et efficace à long terme.

Washington l’a bien compris : frapper les chefs militaires, c’est bien. Mais frapper les chefs du renseignement, c’est encore mieux. Parce qu’eux sont les nerfs invisibles de la guerre. Sans eux, plus d’information, plus de coordination, plus de stratégie. Les États-Unis ne visent pas seulement les bras armés. Ils visent les cerveaux.

Un signal équilibré dans une région inflammable

Cette double sanction est aussi un message politique fort. En désignant à la fois un cadre des FDLR et un responsable du M23, Washington affiche une position d’équilibre. Pas de parti pris. Pas de complaisance. Les bourreaux sont partout, et ils seront traqués partout.

C’est une réponse cinglante à ceux qui accusent parfois les États-Unis de fermer les yeux sur certaines exactions selon leurs alliés du moment. Ici, le message est limpide : quiconque alimente la violence dans l’est de la RDC, quelle que soit sa bannière, devra rendre des comptes.

Cette annonce survient dans un contexte de tensions explosives. Au Nord-Kivu, en Ituri, les populations continuent de fuir. Des villages entiers sont réduits en cendres. Les camps de déplacés regorgent d’enfants aux joues creusées par la faim. Les initiatives diplomatiques régionales se multiplient – processus de Nairobi, médiations angolaises, déploiement de la force régionale – mais la machine à tuer, elle, ne s’arrête pas.

Une nouvelle ère de la pression financière ?

Les États-Unis ne découvrent pas les sanctions. Mais leur usage dans le contexte congolais prend une tournure nouvelle. Fini le temps où Washington se contentait de déclarations solennelles ou de reports d’aide. Désormais, on frappe au portefeuille. On frappe dans l’intime des réseaux financiers des groupes armés.

Reste à savoir si cette mesure aura un effet dissuasif réel. Les FDLR et le M23 ont jusqu’ici prospéré grâce à des circuits parallèles, à des soutiens régionaux discrets, à des filières d’approvisionnement qui ne passent pas nécessairement par Wall Street. Mais priver ces responsables d’accès au système bancaire international, c’est aussi compliquer leurs voyages, leurs traitements médicaux, l’éducation de leurs enfants, leurs alliances avec de potentiels parrains étrangers.

C’est une forme lente d’étouffement. Une guerre d’usure diplomatique.

L’espoir fragile des populations congolaises

Au-delà des considérations géopolitiques, c’est aux Congolais qu’il faut penser. Aux mères de Goma qui tremblent pour leurs filles. Aux pêcheurs de l’Édouard dont les pirogues sont réquisitionnées. À ces millions de déplacés qui vivent sous des bâches, dans la boue, avec pour seul horizon la peur au ventre.

Pour eux, cette annonce est un signe. Faible peut-être, insuffisant certainement. Mais un signe tout de même : le monde regarde. Le monde ne baisse pas les bras. Et les bourreaux, même bien planqués dans leurs quartiers généraux secrets, ne sont plus intouchables.

Washington a tiré une nouvelle salve dans la guerre économique contre l’impunité. Reste à savoir si cette balle financière atteindra vraiment ses cibles – ou si elle se perdra, comme tant d’autres, dans les brumes du Kivu.

Kinshasa, suspendue entre deux souffles : quand la « ville morte » révèle une capitale sous tension

Ce mercredi 3 juin, Kinshasa a retenu son souffle. À l’appel de l’opposition, protestant contre un éventuel changement de Constitution et un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, la mégapole s’est réveillée sous tension. Entre écoles désertes, artères sous contrôle militaire et activités au ralenti, nos reporters ont arpenté une capitale aux allures de poudrière.

Sous les blindés, une ville qui résiste

Dès les premières lueurs du jour, un décor inhabituel s’impose aux habitants. Aux rond-points Ngaba, Victoire, UPN, Selembao, et sur l’emblématique boulevard du 30 Juin, l’œil du passant heurte sans cesse le métal froid des blindés. La police et l’armée, déployées en masse, quadrillent chaque carrefour stratégique. Objectif : prévenir tout dérapage.

Pourtant, la vie ne s’est pas totalement éteinte. Au rond-point Ngaba, quelques taxis-bus et boutiques résistent, malgré une affluence timide. Même frémissement à Victoire, où motards et piétons bravent la consigne, tandis que d’autres commerces restent obstinément fermés.

À Masina, le marché de la Liberté voit encore des vendeuses étaler leurs marchandises, mais l’habituel tumulte a laissé place à un silence de plomb. « On travaille, mais le cœur n’y est pas », murmure une marchande, l’œil rivé sur l’entrée du quartier.

Écoles silencieuses, parents inquiets

C’est peut-être dans l’enceinte des établissements scolaires que la « ville morte » se lit le mieux. À Kalamu, les écoles catholiques Monseigneur Moke, Sainte-Marie Goretti et Saint Vincent de Paul affichent des salles quasi vides. Les parents, par crainte de débordements ou par soutien au mot d’ordre, ont massivement gardé leurs enfants à la maison.

« Je ne prends pas le risque. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans les rues aujourd’hui », confie une mère devant les grilles closes.

Dans l’est de la capitale, la politique s’invite dans le bitume

Pendant ce temps, dans le district de Tshangu, la température monte autrement. À Kimbanseke et Masina, la Garde républicaine déploie des armes lourdes autour des maisons communales. Les forces de sécurité bloquent les principales issues vers le boulevard Lumumba.

Mais dans ce décor sécurisé, deux camps s’observent. Au marché Pascal, des jeunes se réclamant de l’ECIDé de Martin Fayulu tentent de réveiller l’ambiance en faisant exploser des pétards. Quelques centaines de mètres plus loin, sous une tente aux couleurs de l’UDPS, d’autres jeunes, se disant « Forces du progrès », scandent en boucle : « Ti na troi » – allusion directe à un troisième mandat du président sortant.

Transports, assainissement et ordres venus d’en haut

Malgré l’appel à la paralysie, certaines structures refusent de plier. À N’sele, les associations de chauffeurs ont reçu une consigne claire : rouler. « Nous avons reçu l’ordre du gouvernement. Nous sommes apolitiques, mais nous respectons les institutions », affirme Gola Ndala, président de l’ACCO Efobank.

Dans le même secteur, le chef du quartier Mikonga, Tonton Ngaliema, a même lancé une opération de salongo. Balai à la main, il martèle : « Nous ne répondons pas à l’opposition. Mon bureau est ouvert, mes collaborateurs sont là. »

À Mariano, frontière entre Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri, des jeunes en chasubles à l’effigie du ministre Doudou Fwamba et du président Tshisekedi se relaient pour curer les caniveaux. Un nettoyage politique, sous l’œil des blindés.

Banques ouvertes, fourrières en maraude

Contre toute attente, l’agence Rawbank, récemment braquée près de la Place des Artistes, a rouvert ses portes. Quelques clients patientent devant les distributeurs. Symbole, pour certains, d’une normalité forcée. Au rond-point Victoire, les agents de la fourrière municipale sont à l’œuvre : « On enlève les épaves, comme chaque jour », lance l’un d’eux, sous le regard amusé de policiers postés en faction.

Vers un après-midi sous haute tension ?

Jusqu’en milieu de journée, aucun incident majeur n’a été signalé. Pas de manifestation massive, pas de heurts. Mais cette accalmie reste fragile. À N’sele, quelques bus Transco circulent encore, presque seuls sur les axes. La plupart des Kinois sont restés chez eux, retenant leur souffle.

Car ce mercredi 3 juin, Kinshasa n’est pas vraiment morte. Elle retient son souffle. Et dans l’air moite de la capitale, une question flotte : jusqu’où ira cette guerre d’influence entre le pouvoir et la rue ?

Ville morte ce 3 juin 2026 : un début de journée encore calme à Gombe (Situation 8 heures)

Jusqu’à 8 heures, ce mercredi 3 juin 2026, Kinshasa ne donne pas l’impression d’être paralysée malgré l’appel à la ville morte lancé par l’opposition. La rédaction du Journal de Kinshasa, qui a fait la ronde de l’avenue 24 novembre et de quelques périphériques de la commune de la Gombe, constate que la circulation reste fluide. Plusieurs Kinois vaquent librement à leurs occupations, les transports en commun circulent et les vendeurs ambulants sont en mouvement comme un jour ordinaire.

Si la vie économique tourne encore, une précision attire l’attention : seuls les élèves en uniformes scolaires sont de plus en plus rares dans les rues et devant les établissements. Ce détail confirme un impact partiel de la consigne sur le secteur éducatif, alors que commerces et taxis continuent de fonctionner.

La situation est pour l’heure « comme toujours », selon les observations de terrain, mais le dispositif sécuritaire reste visible aux points stratégiques de la Gombe et des communes voisines.

Rejet du projet de référendum

L’opposition a appelé à paralyser toutes les activités ce 3 juin pour manifester le rejet vis-à-vis du projet de loi sur le référendum et le changement de la constitution par le pouvoir en place.

Regroupée au sein de la plateforme « C64 », elle veut faire de cette journée un signal fort contre la révision constitutionnelle portée par le régime Tshisekedi. Cette mobilisation politique explique la prudence observée chez certains parents et commerçants, même si la ville ne s’est pas encore arrêtée.

Incertitude pour la suite de la journée

Jusqu’à 8 heures, Gombe, alors siège des institutions de l’État, garde donc un visage normal. Reste à savoir si les heures qui suivent vont évoluer autrement. L’opposition pourrait miser sur une montée de la pression dans l’avant-midi, tandis que les autorités appellent au calme et à la poursuite des activités.

Somme toute, le constat de cette matinée pourrait basculer selon l’ampleur de la mobilisation dans les autres grandes villes du pays et même à Kinshasa.

Prétendue suspension des cours ce 3 juin : le ministère de l’Éducation dément la rumeur

Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a réagi à un document viral sur les réseaux sociaux. Le texte y relatif annonçait la fermeture des écoles et l’arrêt des cours le mercredi 3 juin 2026. L’ampleur prise par la rumeur a poussé les autorités habilitées à publier un démenti officiel : « Aucune décision de suspension des activités scolaires n’a été prise par le gouvernement de la République ».

« Le communiqué annonçant la fermeture des écoles et la suspension des cours est faux. Les élèves, les enseignants ainsi que l’ensemble du personnel scolaire sont attendus dans leurs établissements respectifs comme à l’accoutumée », a précisé le ministère de tutelle.

Ce document tient pour stopper la panique et protéger le calendrier scolaire de la désinformation.

Bien plus, le démenti renchérit : « (…) Les cours se tiendront normalement le mercredi 3 juin 2026 sur toute l’étendue du territoire national ».

Le ministère appelle par ailleurs à la vigilance et recommande de ne se fier qu’aux canaux officiels face aux fausses informations.

Depuis le 2 juin 2026, un « faux communiqué » circulait, signé au nom de la Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu. Il décrétait une suspension exceptionnelle des cours le 3 juin 2026 à cause de tensions dans la capitale.

Appel à la ville morte du 3 juin 2026

La date du mercredi 3 juin 2026 est sous tension en République démocratique du Congo. L’opposition, regroupée au sein de la plateforme « C64 », a appelé à une « ville morte » dans la capitale et dans d’autres grandes villes.

Fayulu, Sesanga, Kabund, Matata, Katumbi et les autres opposants protestent contre la proposition de loi portant organisation d’un référendum et révision constitutionnelle. Les initiateurs dénoncent un passage en force du régime Tshisekedi et réclament le retrait du texte. Cette mobilisation politique explique la circulation de rumeurs sur la fermeture des écoles et la suspension des cours en cette date.

16 ans après l’assassinat de Chebeya : une réforme judiciaire ouvre la voie à un procès contre le général John Numbi

Ce lundi 1er juin 2026, dans une salle de Kinshasa tendue comme un arc, la Voix des sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a rendu hommage à ses martyrs. Floribert Chebeya Bahizire et son chauffeur Fidèle Bazana Edadi ont été assassinés il y a seize ans, jour pour jour. Mais derrière les bougies et les discours, une colère intacte et un espoir nouveau.

Car cette seizième commémoration est différente des précédentes. Pour la première fois, la VSV estime que les conditions juridiques sont réunies pour exiger, non plus une promesse, mais un procès.

« Malgré les avancées sous le régime de Félix Tshisekedi, la justice ne sera pleinement rendue que lorsque le général d’armée John Numbi Banza Tambo, principal suspect, cessera d’échapper aux tribunaux. »

Devant la presse, Rostin Manketa, secrétaire exécutif de la VSV, parle d’une voix ferme mais mesurée. Il sait que ce dossier, qualifié de « crime d’État » par son organisation, est un test pour la jeune démocratie congolaise.

Une réforme qui change la donne

Jusqu’ici, un obstacle procédural semblait infranchissable : comment juger un général d’armée quand aucun magistrat de grade égal ou supérieur n’est disponible ? Cette question, brandie pendant des années par certains comme un bouclier, vient de tomber.

L’ordonnance-loi n°26/003 du 31 janvier 2026 a modifié les articles 35 et 67 du Code judiciaire militaire. Désormais, en cas d’insuffisance de magistrats du grade requis, le premier président de la Haute Cour Militaire peut désigner des juges de grade inférieur pour connaître des affaires impliquant des prévenus de grade supérieur.

Rostin Manketa l’explique sans détour :

« Cette réforme autorise la désignation des magistrats de grade inférieur pour juger des prévenus de grade supérieur au sein de la même catégorie. Ainsi, le principal verrou qui « protégeait » le général John Numbi a sauté. »

Pour la VSV, cette avancée législative représente une « opportunité historique ». Et l’ONG martèle un point essentiel : l’absence physique du général Numbi, actuellement en cavale, ne doit plus rien bloquer. Un procès par contumace, juste et équitable, est tout à fait possible.

Djadjidja, Mwilambwe et les autres : les angles morts d’un dossier toujours ouvert

Mais l’affaire Chebeya ne se résume pas à un seul nom. La VSV plaide également pour que soit statué sur le sort judiciaire de plusieurs personnes déjà détenues dans ce dossier, parfois depuis des années sans jugement. C’est le cas du général Zelwa Katanga, alias « Djadjidja », et d’autres prévenus.

« Il faut mettre fin à une situation assimilable à une détention prolongée sans jugement », insiste Rostin Manketa.

Autre préoccupation majeure : la sécurité du colonel Paul Mwilambwe. Cet officier est considéré par la VSV comme un « témoin clé ». Ses révélations passées ont déjà éclairé plusieurs zones d’ombre entourant les circonstances du double assassinat. Mais aujourd’hui, il se trouverait à Kinshasa sans aucune protection, après avoir été démis de ses fonctions à Boma, dans la province du Kongo-Central.

L’ONG craint pour sa vie. Et rappelle que sans lui, la « manifestation de la vérité » pourrait rester incomplète.

 Le rappel des faits – une nuit qui n’a jamais livré tous ses secrets

Pour comprendre l’urgence, il faut retourner seize ans en arrière. Le 1er juin 2010, Floribert Chebeya est convoqué à l’Inspection générale de la police à Kinshasa. Selon plusieurs témoignages concordants, il devait y rencontrer son supérieur hiérarchique, le général John Numbi.

Il ne reviendra jamais.

Le lendemain, son corps est découvert dans sa propre voiture, à Mitendi, dans la périphérie ouest de Kinshasa. Ses poignets portent encore les traces de menottes. Celui de son chauffeur, Fidèle Bazana, n’a jamais été retrouvé.

Des arrêts ont été rendus. Des condamnations ont eu lieu. Mais pour les familles des victimes, pour la VSV, et pour tous ceux qui luttent contre l’impunité en RDC, une question demeure, lancinante et insupportable : pourquoi les vrais commanditaires de cet assassinat sont-ils encore libres ?

« Un procès équitable est possible, avec ou sans Numbi »

La VSV conclut son plaidoyer par une déclaration qui résonne comme un défi lancé à la justice congolaise :

« La tenue d’un procès équitable demeure possible avec ou sans la présence physique du principal suspect. L’essentiel est que la manifestation de la vérité et la lutte contre l’impunité puissent suivre leur cours. »

Reste à savoir si Kinshasa, seize ans après, osera enfin franchir le pas. La réforme est là. Les conditions sont réunies. Les regards sont tournés vers les juges. Et vers l’histoire.

Appel à la ville morte du 3 juin : le gouvernement prévient et décrète des sanctions disciplinaires contre les fonctionnaires

Le gouvernement sort l’artillerie lourde face à la ville morte annoncée par l’opposition pour le mercredi 3 juin 2026. Le Vice-premier ministre, ministre de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a ordonné le déploiement immédiat de missions d’inspection dans tous les services publics à partir du 2 juin 2026. Dans son communiqué, il annonce des sanctions disciplinaires contre les agents qui s’absenteront, durant la période concernée, sans motif légalement valable. Parallèlement, chaque administration doit tenir et conserver des listes de présence quotidiennes, signées et prêtes pour vérification. Les rapports des deux premiers trimestres de l’année en cours doivent atteindre le ministère de tutelle au plus tard le 20 juin 2026.

Les chefs de service tenus responsables du bon fonctionnement

Jean Pierre Lihau appelle les autorités des administrations publiques de Kinshasa à diffuser la note, veiller au respect strict des instructions et prendre toute mesure disciplinaire appropriée en cas de manquement. L’objectif est de garantir la continuité des services publics malgré l’appel à la mobilisation politique.

Bien plus, le document rappelle les règles établies par la Constitution, déclarant l’Administration publique apolitique, neutre et impartiale.

« Le Code de conduite de l’Agent Public va plus loin à son article 10 : l’agent s’abstient de toute activité politique, ne prend position pour aucun parti et n’utilise pas sa fonction à des fins partisanes », souligne le communiqué.

La C64 et l’appel à la ville morte

L’appel à la journée ville morte a été décrété par l’opposition regroupée au sein de la coalition « C64 ». L’objectif est de paralyser les activités à Kinshasa et dans d’autres localités pour protester contre la proposition de loi sur le référendum constitutionnel.

L’opposition qualifie ce processus référendaire de « suicidaire » pour l’unité du pays et accuse le Président Félix Tshisekedi de rébellion contre la Constitution actuelle.

D’après les acteurs de cette mobilisation politique, leur action populaire vise un double objectif. D’abord, faire pression sur le pouvoir pour stopper la révision constitutionnelle. Ensuite, mobiliser la population face à la persistance de l’état de siège et de la rébellion dans l’Est du pays.

Les organisateurs appellent les habitants à rester à la maison et à fermer boutiques, écoles et transports pour marquer leur désapprobation.

Au-delà du contexte politique, le gouvernement rappelle que la présence effective au poste constitue une obligation essentielle pour tout agent des services publics. Le message est ferme : l’Administration doit fonctionner normalement le 3 juin 2026, indépendamment des mobilisations extérieures.

Kinshasa au cœur d’un sommet humanitaire : RDC, Burundi et HCR unis pour les réfugiés des Grands Lacs

Il y a des sommets qui sentent la poudre et la diplomatie froide. Celui qui s’ouvre ce 2 juin 2026 à Kinshasa a une autre odeur : celle du vécu, des frontières traversées dans l’urgence, des enfants nés en exil et des mères qui attendent, parfois depuis des années, de savoir si « rentrer » rime encore avec « maison ».

Pendant trois jours — du 2 au 4 juin — la capitale congolaise accueille la deuxième réunion de la Commission tripartite réunissant la République démocratique du Congo, le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Objectif : regarder en face la réalité des réfugiés des deux pays, et oser, enfin, des solutions durables.

Car les chiffres ne pleurent pas, mais ils racontent des vies suspendues. Des milliers de Congolais au Burundi. Des milliers de Burundais en RDC. Les mêmes routes, les mêmes peurs, la même question sans réponse : quand pourrons-nous recommencer quelque part, chez nous ou ailleurs ?

 Protéger, assister, rapatrier : les trois défis d’une même urgence

Dans les salles de réunion kinoises, les délégations gouvernementales — côté congolais comme burundais — serrent la même main que celle du HCR. Les discussions sont techniques, mais leurs échos sont humains. Au menu : les conditions de vie des réfugiés congolais installés au Burundi, et celles des réfugiés burundais vivant sur le sol congolais.

Les experts planchent sur des mécanismes précis :

  • Le rapatriement volontaire, mais en conditions sûres et dignes — un mot qui pèse souvent plus lourd qu’un traité.

  • L’intégration locale, quand le retour n’est pas possible ou souhaité.

  • Le renforcement de l’assistance aux communautés d’accueil, ces villages et quartiers qui, sans bruit, portent le poids de l’exil des autres.

Pour les participants, l’enjeu dépasse la simple aide humanitaire. Il s’agit de « garantir le respect des engagements internationaux » en matière de protection des réfugiés. Une phrase de droit, mais un combat de terrain.

 Une volonté commune dans une région marquée par les cicatrices

Pourquoi Kinshasa ? Parce que cette deuxième réunion dans la capitale congolaise n’est pas un hasard. Elle est un signal. Celui d’une volonté commune — entre la RDC, le Burundi et le HCR — de ne plus laisser la région des Grands Lacs subir les crises migratoires sans réponse coordonnée.

Les premières conclusions sont attendues avec impatience par les acteurs humanitaires sur le terrain. Car derrière les communiqués finaux, il y a des familles entières qui attendent de savoir si elles pourront un jour poser leurs valises quelque part sans avoir peur du lendemain.

À l’issue des trois jours de travaux, les engagements pris devraient orienter les futures actions en faveur de milliers de réfugiés. Pas une promesse de plus. Une feuille de route. Enfin.