FECOFA : nouvelle défection en série, la présidentielle déjà pliée ?

KINSHASA – Coup de théâtre, mais plus vraiment une surprise. Ce mercredi 6 mai 2026, Bosco Mwehu Beya Kofela, président du comité de gestion de la Linafoot et candidat déclaré à la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), a claqué la porte. Dans une lettre adressée à la commission électorale, il annonce son retrait « libre et volontaire » pour « raisons personnelles ». Deux mots qui, dans le microcosme footballistique congolais, pèsent soudainement très lourd.

Son départ intervient quelques jours seulement après celui de Shabani Nonda, l’emblématique ancien capitaine des Léopards. Deux désistements en une semaine. Deux candidats qui disent renoncer « librement ». Et une question qui brûle toutes les lèvres : l’élection du 20 mai est-elle déjà jouée d’avance ?

« Libre et volontaire » : la formule qui fâche

Bosco Mwehu a tenu à le préciser noir sur blanc : « Ce désistement est fait de manière libre, volontaire et sans réserves. En conséquence, je renonce à toutes prétentions liées à ladite procédure. »

Une insistance qui, dans le contexte actuel, en dit long. Car en coulisses, personne n’y croit vraiment.

Rappel des faits : il y a quelques jours, Shabani Nonda avait déjà jeté l’éponge après avoir été recalé avec cinq autres postulants. Motif officiel ? « Raisons personnelles ». Motif officieux ? Un soupçon grandissant d’une élection écrite d’avance pour favoriser un seul homme.

Véron Mosengo-Omba : l’homme de la FIFA, mais aussi de Tshisekedi ?

Cet homme, c’est Véron Mosengo-Omba. Directeur Afrique de la FIFA, homme de confiance de Gianni Infantino… et présenté par plusieurs sources comme le candidat du président Félix Tshisekedi lui-même.

Un profil si puissant qu’il écrase la concurrence, même avant le premier tour. Mais la méthode, elle, fait grincer des dents.

Désormais, sur la ligne de départ, un seul adversaire semble encore tenir : Jean-Didier Massamba. Officiellement retenu. Officiellement en lice. Mais face à la vague de défections, son maintien tient presque du miracle.

« Mascarade électorale » : la presse étrangère s’en mêle

Les critiques ne viennent pas seulement de Kinshasa. Elles traversent les frontières.

Le journaliste d’investigation Romain Molina parle sans détour de « mascarade électorale » et de « pressions » persistantes. Selon lui, l’objectif serait clair : laisser le seul Véron Mosengo-Omba se présenter, pour assurer sa victoire avec la bénédiction de son « ami Gianni Infantino ».

Même analyse du côté de Stanis Bujakera Tshiamala, qui relaie les préoccupations d’observateurs de plus en plus nombreux face à ce qui apparaît comme une « élection verrouillée ».

Un comité de normalisation, des irrégularités, et un scrutin qui divise

Le processus électoral se déroule sous la supervision d’un comité de normalisation instauré par la FIFA depuis avril 2023 – et prolongé à plusieurs reprises. Un comité censé assainir et pacifier. Mais qui, aujourd’hui, est accusé par certains de laisser faire.

Plusieurs irrégularités ont déjà été relevées lors de l’examen des dossiers. Des recours ont été introduits. Mais rien n’y fait : sauf nouveau rebondissement, l’élection est maintenue au 20 mai prochain.

Massamba, dernier rempart ou prochaine défection ?

À ce stade, un seul homme semble encore pouvoir incarner l’opposition : Jean-Didier Massamba. Mais les paris sont ouverts. Dans une atmosphère aussi délétère, beaucoup murmurent que son désistement n’est qu’une question de jours.

« Vu la tournure des événements », glisse un observateur, « son retrait ne surprendrait personne. »

Alors, scrutin biaisé ou hasard des calendriers ? Les soupçons, eux, ne se retirent pas. Eux aussi sont restés en lice.

Affaire à suivre. Mais pour beaucoup, le 20 mai, il n’y aura peut-être même pas de match.

Orange RDC pose ses couleurs sur les Léopards : un partenariat qui sent la Coupe du monde

KINSHASA – Ambiance de gala, ce mercredi 6 mai 2026, à l’hôtel Sultani. Sous les projecteurs d’une salle bondée de personnalités du sport et des affaires, la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) et Orange RDC ont scellé un accord qui pourrait bien changer la donne pour les Léopards. Un partenariat modeste sur le papier, mais aux airs de révolution silencieuse.

Le stylo à peine reposé, les discours ont fusé. Et tous ont dit la même chose : ici, on ne parle pas seulement de sponsoring. On parle de retour aux sources, de fierté nationale, et peut-être même de Coupe du monde.

« Un retour à la maison » : l’émotion d’Orange RDC

C’est Brutus Sadou Diakite, directeur général d’Orange RDC, qui a livré la formule la plus forte de la matinée : « Ce partenariat est un retour à la maison. »

L’entreprise, historique dans le paysage footballistique africain, ne découvre pas le terrain. Mais en République démocratique du Congo, ce rapprochement avec la FECOFA a une saveur particulière. Orange ne veut pas juste coller son logo sur un maillot. L’ambition affichée est claire : accompagner la RDC à la Coupe du monde.

« Le football doit devenir un véritable levier de développement pour le pays », a martelé le patron d’Orange RDC, sous les applaudissements d’une assistance conquise.

Maillots, survêtements et quiz : le contrat décrypté

Derrière l’émotion, des engagements concrets. Présenté par Guy Losendjo, directeur général de LG Conseil, l’accord prévoit :

  • Une visibilité exclusive d’Orange RDC sur les équipements de toutes les sélections nationales (toutes catégories confondues) : maillots de match, survêtements d’entraînement.

  • Des initiatives numériques inédites, dont des quiz interactifs destinés aux jeunes et aux supporters pour tester leurs connaissances sur les Léopards, la Coupe du monde et l’histoire du football congolais.

De quoi allier présence sur le terrain et engagement digital, dans l’ADN d’Orange.

« Modeste mais solide » : la prudence lucide de la FECOFA

Côté FECOFA, on ne crie pas victoire trop vite, mais on savoure. La secrétaire générale, Lyly Tshimpumpu, a tenu à saluer « un appui important dans un contexte de difficultés financières ».

Son discours, teinté de réalisme, a marqué les esprits :

« Ce premier partenariat reste encore modeste. Mais il constitue une base solide pour une coopération plus large dans l’avenir. »

En clair : les Léopards reprennent des couleurs. Et Orange RDC entend bien les mener loin.

Le fanion contre le maillot : une cérémonie symbole

La signature s’est achevée dans la ferveur des symboles. Échange de fanions entre les deux parties. Puis un geste plus fort encore : Lyly Tshimpumpu a remis un maillot officiel des Léopards à Brutus Sadou Diakite.

Sous les flashes, l’instant avait des allures de baptême. Le premier match de cette nouvelle alliance venait de débuter.

Reste à savoir si, sur le terrain, les Léopards sauront répondre à l’appel. Mais une chose est sûre : ils seront désormais mieux habillés pour y parvenir.

Goma sous haute tension : la France joue sa carte africaine pour débloquer l’humanitaire

NAIROBI / PARIS – Les projecteurs mondiaux se braquent sur Nairobi. Les 11 et 12 mai 2026, la capitale kényane accueille le sommet Africa Forward, une grande messe économique censée célébrer « les partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance ». Mais dans les coulisses, un dossier brûlant éclipse les contrats et les investissements : la guerre fantôme qui déchire l’Est de la République démocratique du Congo.

Paris ne s’y trompe pas. Invitée aux côtés du Kenya, la France fait du conflit régional l’une de ses priorités diplomatiques. Objectif affiché : renouveler son soutien aux processus de paix, sans chercher à imposer sa propre solution. Mais l’urgence, elle, ne se négocie pas.

« Rouvrir Goma » : l’impératif humanitaire français

Lors d’un briefing de presse organisé mercredi 6 mai par visioconférence, l’Élysée a été interrogé par Le Potentiel sur les attentes concrètes de ce sommet. Le message a fusé, clair et répété : la réouverture de l’aéroport international de Goma, au Nord-Kivu, n’est plus une option, mais une nécessité absolue.

Pourquoi cet aéroport ? Parce qu’il est la clé de voûte de l’aide humanitaire dans une région exsangue. Sans vols, pas de médicaments, pas de nourriture, pas d’évacuations. Paris dit avoir déjà lancé cet appel sans succès. Quelques discussions sous médiation qatarie ont eu lieu. Mais aucune avancée significative. Jusqu’ici.

« Il faut faire entendre la voix des populations civiles et répondre à leurs besoins les plus urgents », a martelé le délégué de l’Élysée, en plaçant l’humain au centre du jeu diplomatique.

Washington, Doha, Montreux : l’écheveau des médiations

La France affirme soutenir simultanément deux processus parallèles :

  • Le processus de Washington : centré sur les tensions directes entre Kinshasa et Kigali.

  • Le processus de Doha : consacré aux discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

Sur le papier, les rendez-vous se multiplient. Dans les faits, la roue patine.

Dernier espoir en date : les négociations de Montreux, tenues du 13 au 17 avril 2026. Une médiation sous haute tension réunissant la RDC, l’AFC/M23, les États-Unis, le Qatar et le Togo (pour l’Union africaine). Dix jours avaient été accordés pour un geste fort : la libération de prisonniers symboliques.

Délai expiré. Résultat : aucune libération. Aucune mesure concrète. Le climat de confiance, déjà fragile, s’est encore fissuré.

Cessez-le-feu sur papier, combats sur le terrain

Conséquence immédiate : dans l’Est congolais, les armes continuent de parler. Kinshasa et l’AFC/M23 s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu. Les affrontements ne faiblissent pas. Les déplacés non plus.

Même diagnostic du côté du processus de Washington : après plusieurs rencontres diplomatiques, les divergences d’interprétation des engagements signés ralentissent dangereusement la mise en œuvre des décisions. Les parties lisent le même texte, mais ne parlent pas la même langue.

L’Afrique d’abord : la ligne rouge de l’Élysée

Face à ce constat, Paris reste prudent. L’Élysée le répète : Africa Forward n’a pas vocation à imposer une « solution miracle ». La France dit vouloir privilégier l’appui aux initiatives africaines, estimant que les solutions durables doivent venir du continent lui-même.

Une position élégante… mais qui ne répond pas à l’urgence. Car à Goma, les populations n’attendent ni sommets ni communiqués. Elles attendent un avion humanitaire.

195 millions de dollars disparus : le fantôme de l’indemnisation ougandaise hante la RDC

C’est un chiffre qui donne le vertige : 195 millions de dollars américains promis aux victimes, mais seulement 28 millions réellement distribués. Le reste ? Évanoui dans les méandres d’une gestion qualifiée de « systémique » et opaque. Mardi 5 mai 2026, devant le Sénat congolais, le ministre de la Justice a tiré la sonnette d’alarme sur le FRIVAO, ce fonds censé panser les plaies des exactions commises par l’Ouganda dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’institution, créée après la condamnation historique de Kampala par la Cour internationale de Justice (CIJ) – 325 millions de dollars à verser en cinq annuités de 65 millions –, devait incarner la réparation. Elle est devenue, selon les propres mots du ministre, « un nid de dysfonctionnements, de rétro-commissions et de détournements ».

« Vraies, fausses et fictives » : le grand bazar des victimes

Devant les sénateurs, le ton est monté. « Sur 195 millions disponibles, seuls 28 millions ont effectivement atteint les vraies, les fausses et les victimes fictives », a-t-il lâché, ajoutant une expression qui en dit long : « sans compter les opérations retours » – un euphémisme pour désigner des fonds reversés en sous-main à des réseaux occultes.

Preuve la plus accablante : la flambée du nombre de bénéficiaires. Pour la seule ville de Kisangani, épicentre des réparations, le fichier est passé de 3 000 victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 selon certaines sources. Une « inflation artificielle et incontrôlée », dénonce le ministre, qui évoque désormais des « victimes fictives » introduites dans la base de données par des fraudeurs bien organisés.

Redressement sous haute tension : audit, suspensions et procès

Face à l’hémorragie, le gouvernement sort la sulfateuse. Un plan de redressement d’urgence a été présenté :

  • Audit indépendant du fichier des bénéficiaires, pour séparer le vrai du faux.

  • Suspension immédiate des responsables actuels de la gestion du fonds.

  • Réorganisation complète des organes dirigeants du FRIVAO.

  • Poursuites judiciaires contre les réseaux présumés de détournement et d’extorsion.

Les paiements ne reprendront que par étapes : d’abord des indemnisations collectives, puis individuelles, après vérification minutieuse de chaque dossier. Parallèlement, l’État cherche à mobiliser des ressources complémentaires pour ne pas laisser les victimes légitimes sur le carreau.

Une vérité qui dérange : 154 millions encaissés, 106 victimes payées

Un document confidentiel consulté en janvier 2026 par ACTUALITE.CD bouscule encore davantage la narration. Selon la coordination intérimaire du FRIVAO, l’État congolais aurait déjà reversé au mécanisme 154,7 millions de dollars après retenues. Mais à l’arrivée du comité intérimaire en août 2024, seules 106 victimes avaient été indemnisées… tandis que le fonds avait déjà perçu plus de 105 millions.

Autrement dit, l’argent est entré. Mais il ne sortait pas. Ou alors, il sortait par la petite porte.

Entre impunité et espoir : que reste-t-il des victimes ?

Alors que le gouvernement promet une « reprise progressive et contrôlée » des indemnisations, une question brûle les lèvres des milliers de rescapés du conflit : où sont passés les 167 millions de dollars manquants ? La réponse, désormais, est entre les mains des juges et des auditeurs. Mais pour beaucoup, le FRIVAO est déjà devenu le symbole d’une réparation confisquée.

En attendant, les vraies victimes, elles, n’ont toujours pas vu la couleur de leur dû.

Portugal : Le Boeing fantôme de Bemba saisi au Portugal

Il trône, silencieux et rouillé, sur le tarmac de l’aéroport de Faro, dans le sud du Portugal. Dix-neuf ans d’immobilité. Dix-neuf ans de vent salin, de soleil brûlant et de nuit fraîches. Un Boeing 727-100, propriété de Jean-Pierre Bemba, actuel vice-Premier ministre et ministre des Transports de la République démocratique du Congo, vient d’être officiellement saisi par les autorités portugaises.

La nouvelle est tombée ce mercredi 6 mai 2026, au lendemain d’une conférence de presse présidentielle qui avait déjà agité Kinshasa. Mais cette fois, le drame se joue à 6 000 kilomètres de la capitale congolaise. Et il a un goût amer de guérilla administrative et de séquelle judiciaire jamais refermée.

Mise en demeure ignorée : le compte à rebours a expiré

Tout avait pourtant été clair. Début mars 2026, l’autorité aéronautique portugaise avait adressé une ultime mise en demeure au propriétaire de l’appareil, immatriculé… ou plutôt désormais désimmatriculé de fait. Deux injonctions :

  1. Récupérer l’avion sous soixante jours – une opération logistique titanesque pour un quadragénaire des airs qui n’a plus roulé une turbine depuis l’ère George W. Bush.

  2. Régler une facture de stationnement calculée sur près de deux décennies.

Le montant ? Près d’un million d’euros – soit environ 2,7 milliards de francs congolais au taux actuel.

Jean-Pierre Bemba n’a pas répondu. Pas plus qu’il n’a fait enlever l’appareil. L’échéance est désormais dépassée. Et le Portugal, qui a adopté un décret-loi spécifique pour traiter le cas des « avions abandonnés », a actionné la saisie.

2008 : quand la CPI gelait les ailes de Bemba

Pour comprendre cette étrange odyssée statique, il faut remonter à 2008. Cette année-là, Jean-Pierre Bemba, alors ancien vice-président de la RDC et leader du MLC, est dans le collimateur de la Cour pénale internationale (CPI). Les juges de La Haye le poursuivent pour des crimes commis par ses hommes en Centrafrique.

Le bureau du procureur demande alors à plusieurs pays – dont le Portugal – de geler et saisir les biens de Bemba. Son Boeing 727, stationné tranquillement à Faro depuis un voyage antérieur (certaines sources évoquent des liaisons avec l’Afrique australe), est immobilisé sur place.

Sauf que la CPI, une fois saisie, n’a pas organisé l’enlèvement. Et le Portugal, sans consigne claire de démantèlement, a laissé l’avion là. Un an. Puis cinq. Puis dix. Puis dix-neuf.

« C’est à la CPI de payer », martèlent les proches de Bemba

Contacté par nos soins, Jean-Pierre Bemba n’a pas souhaité s’exprimer publiquement. Mais son entourage, lui, ne mâche pas ses mots.

« L’affaire a été déclenchée par le bureau du procureur de la CPI. C’est donc à la Cour pénale internationale d’en assumer toutes les conséquences, y compris la facture de stationnement et la logistique d’enlèvement. »

Un argument juridiquement osé, mais politiquement assumé. Les proches du ministre rappellent avec insistance que Jean-Pierre Bemba a été acquitté en 2018 par la Chambre d’appel de la CPI. Pour eux, la persistance de cette saisie liée à une procédure éteinte est une anomalie.

Un symbole gênant pour le ministre des Transports

L’ironie du sort n’échappe à personne dans les cercles kinois : l’homme chargé de la politique aéronautique de la RDC – qui supervise la flotte nationale, les aéroports et la sécurité des vols – laisse pourrir son propre avion sur un tarmac étranger. Un Boeing 727, certes ancien, qui aurait pu être revendu, démantelé ou même exposé. Il rouille, muet.

« C’est une image désastreuse pour la crédibilité du secteur des transports en RDC », glisse un expert aéronautique basé à Lubumbashi, sous couvert d’anonymat. « Si vous n’êtes pas capable de gérer votre propre patrimoine aéronautique, comment allez-vous réformer la toute puissante Régie des voies aériennes (RVA) ? »

Faro, cimetière d’avions oubliés ?

L’aéroport de Faro, surtout connu pour ses touristes britanniques et allemands en quête de plages, abrite en réalité un petit boneyard discret. Plusieurs appareils commerciaux y sont cloués au sol pour des raisons juridiques, administratives ou techniques.

Mais le cas Bemba est devenu, avec les années, un dossier épineux entre Lisbonne et Kinshasa. Les relations diplomatiques entre les deux pays, correctes mais sans ferveur particulière, ne facilitent pas un règlement amiable.

Le décret-loi portugais sur les avions abandonnés, adopté pour nettoyer les aéroports nationaux, permet désormais aux autorités de déclasser, démonter ou vendre aux enchères tout appareil non réclamé après une procédure régulière.

Que va-t-il advenir du Boeing 727 ?

La saisie signale le début de la fin pour ce vétéran des airs. Plusieurs scénarios :

  • La vente aux enchères : l’avion serait cédé au plus offrant, probablement un ferrailleur ou un collectionneur fortuné (très peu probable vu l’état).

  • Le démantèlement sur place : les pièces détachées (moteurs, trains d’atterrissage, avionique) pourraient être revendues.

  • Le recyclage pur et simple : la carcasse fondue pour l’aluminium et l’acier.

Dans tous les cas, la facture de stationnement d’un million d’euros sera – sauf accord diplomatique exceptionnel – imputée au propriétaire d’origine avant tout transfert de propriété. La justice portugaise devra trancher.

Bemba : silence à Kinshasa, colère froide

À Kinshasa, où Jean-Pierre Bemba occupe un poste stratégique au sein du gouvernement Suminwa, l’affaire est un sujet délicat. Aucun communiqué officiel. Aucune déclaration. Seul le mutisme, rompu en coulisses par des proches qui estiment que la CPI doit « assumer sa propre pagaille ».

Mais sur le tarmac silencieux de Faro, le Boeing 727-100 ne bronche plus. Il attend la grue, le chalumeau ou la grâce improbable d’un accord de dernière minute.

Une chose est certaine : cette histoire ne fait que commencer. Et elle risque bien de faire atterrir Jean-Pierre Bemba, malgré lui, devant une nouvelle forme de tribunal – celui de l’opinion et des contribuables portugais.

Prix du carburant à l’Est de la RDC : le gouvernement tranche pour stabiliser l’essentiel et protéger le pouvoir d’achat

Ce mardi 5 mai 2026, la République démocratique du Congo change de braquet sur l’un de ses dossiers les plus sensibles : le prix de l’essence et du carburant d’aviation dans sa partie Est. Pénuries chroniques, tensions logistiques, menace sur le pouvoir d’achat… Face à la fragilité de la région, le gouvernement riposte par une mesure forte, technique et politique.

Par un arrêté ministériel signé la veille, le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé ce mardi une nouvelle structure des prix des carburants terrestres et du Jet A1 (carburant d’aviation domestique). Texte officiel : l’arrêté n°010/CAB/VPM/MIN-ECONAT/DMS/TNM/2026, daté du 4 mai 2026, applicable immédiatement dans six provinces de la Zone Est.

Les provinces concernées : Haut-Uele, Bas-Uele, Ituri, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

À combien l’essence est-elle désormais vendue ?

Le nouveau prix à la pompe repose sur un taux de change fixé à 2 300 francs congolais (FC) pour un dollar américain. L’administration l’assure : ce taux n’est pas anodin. Il vise à lisser l’impact des fluctuations monétaires sur un marché régional déjà sous tension.

Si les montants unitaires par litre varient selon les zones et les types de carburant (super, gasoil, pétrole lampant, Jet A1), l’arrêté précise que chaque prix intègre désormais l’intégralité des composantes de la chaîne :

  • prix moyen frontière,

  • charges logistiques (transport terrestre souvent long et risqué),

  • marges des distributeurs,

  • taxes fiscales et parafiscales (TVA, droits de douane),

  • contribution au Fonds national d’entretien routier (FONER).

Une transparence comptable que les opérateurs pétroliers réclamaient depuis des mois.

Sous pression, la Première ministre avait préparé le terrain

Ces nouvelles dispositions ne tombent pas du ciel. Le 23 mars 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait anticipé la crise en préconisant des mesures dérogatoires : suspension des frais CGW (redevance sur les hydrocarbures) et réduction de moitié des frais perçus par l’Office congolais de contrôle (OCC).

Objectif ? Alléger les coûts fixes pour les importateurs et distributeurs, et ainsi fluidifier l’approvisionnement sans répercuter la facture sur le consommateur final.

C’est sur cette base que le Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP) – réuni à Kinshasa le 16 avril 2026 – a formulé ses recommandations. Le nouvel arrêté d’application remplace ainsi un précédent texte (n°009 du 16 avril 2026) jugé insuffisant face à l’urgence sécuritaire et logistique dans l’Est.

Pourquoi l’Est, toujours l’Est ?

La région orientale de la RDC concentre des défis exceptionnels : axes routiers dégradés, insécurité persistante, éloignement des ports d’approvisionnement (Dar-es-Salaam, Mombasa). Résultat : les prix à la pompe y ont longtemps flirté avec des sommets rendant la vie quotidienne hors de prix – du transport de marchandises à la mobilité des ménages, en passant par les évacuations sanitaires par avion.

Avec cette réforme, le gouvernement affiche un objectif clair : améliorer la desserte du marché, redonner de l’air aux activités économiques, et surtout protéger le pouvoir d’achat des populations. Derrière le jargon technique des « charges logistiques » et de la « TVA », il y a le prix d’un trajet en moto-taxi à Bunia, d’une pirogue à essence sur le lac Kivu, ou d’un vol humanitaire vers Goma.

Qui va appliquer ces mesures sur le terrain ?

L’exécution de l’arrêté est confiée à deux fers de lance de l’administration congolaise :

  • le Secrétaire général à l’Économie nationale, chargé de la coordination des prix et du suivi des marges des distributeurs,

  • le Directeur général des Douanes et accises (DGDA), qui veillera à l’application correcte des droits de douane révisés.

Le ton est ferme : pas de décision « cosmétique ». Le gouvernement entend sanctionner les déviations. Une cellule de contrôle mobile pourrait être déployée dans les zones frontalières sensibles, où les trafics de carburant faussent parfois le marché local.

Économie, sécurité et quotidien : un réglage sous haute tension

Cette annonce intervient dans un contexte où la région des Grands Lacs reste sous tension. Stabiliser le prix du carburant, c’est aussi stabiliser une variable stratégique pour les forces armées, les missions de l’ONU, les ONG internationales et les flottes locales de transport.

Reste une inconnue : les opérateurs pétroliers du Nord-Kivu et de l’Ituri, longtemps en discussion avec Kinshasa, joueront-ils le jeu ? Le gouvernement mise sur la confiance retrouvée. Les premiers retours, ce mardi matin, semblent positifs. Mais dans l’Est congolais, une mesure économique ne vaut que par sa capacité à résister aux chocs du réel.

Examen d’État 2026 : l’anglais oral, un sésame obligatoire pour tous les finalistes en RDC

C’est désormais officiel : plus aucun candidat à l’Examen d’État en République démocratique du Congo ne pourra décrocher son diplôme sans avoir planché, au moins une fois, en anglais oral. Une petite révolution silencieuse, mais radicale, introduite à partir de la 59e édition.

Ce mardi 5 mai 2026, alors que les épreuves hors session battent leur plein sur l’ensemble du territoire national, une annonce de taille a secoué les bancs des centres d’examen : l’évaluation de l’anglais parlé devient obligatoire pour tous les finalistes, toutes sections confondues.

Jusqu’ici réservée à certaines filières littéraires ou linguistiques, la pratique orale de la langue de Shakespeare s’impose désormais comme un passage incontournable du sésame final. Une décision que l’Inspecteur général de l’Éducation nationale, Hubert Kimboza, justifie sans détour : « Renforcer les compétences linguistiques des jeunes Congolais, dans un monde où l’anglais est la clé des échanges économiques et numériques. »

Une réforme en deux temps : oral et défense de stage

Mais cette mouture 2026 ne s’arrête pas à l’anglais. Autre innovation majeure : l’instauration de la défense des rapports de stage pour certaines filières. Les sections pédagogique et sociale sont les premières concernées. Finies les simples remises de documents administratifs. Désormais, les candidats devront présenter et soutenir leur rapport de stage devant un jury, dans une mise en situation professionnelle.

Objectif affiché, selon l’Inspection générale : valoriser les compétences pratiques et sortir de la logique purement théorique.

Sur le terrain, les filières techniques à l’épreuve du concret

Deuxième jour des épreuves hors session, ce mardi. Dans les ateliers et laboratoires, les candidats des filières techniques – électricité, électronique, commerciale et gestion – sont soumis aux traditionnelles épreuves pratiques. Montage de circuits, diagnostic de pannes, études de cas commerciaux : une mise en application directe des connaissances acquises tout au long de l’année.

Selon les premiers remontages, aucun incident majeur n’a été signalé. La veille, l’épreuve de dissertation s’est déroulée « sans accroc sur toute l’étendue du pays », a tenu à rassurer Hubert Kimboza.

Calendrier : deux semaines d’épreuves hors session

Les épreuves hors session s’étaleront sur quatorze jours, couvrant l’ensemble des 26 provinces de la RDC. Un rythme soutenu, mais rodé. Le troisième jour sera consacré aux langues : français écrit et, grande première, anglais oral pour tous.

À l’issue de cette période, les superviseurs nationaux remettront un rapport complet à l’Inspection générale. Document stratégique, il permettra d’évaluer la fluidité du processus, d’identifier les centres ayant rencontré des difficultés logistiques, et de proposer des ajustements pour les éditions futures.

Enjeu pédagogique ou pari risqué ?

Sur le terrain, les avis divergent. Si beaucoup saluent la modernisation du système éducatif congolais, certains enseignants s’interrogent sur l’état de préparation des candidats, notamment dans les zones rurales où l’accès à un enseignement oral de l’anglais reste limité.

L’administration centrale assure toutefois que des mesures d’accompagnement ont été déployées en amont. Reste à savoir, dans quelques semaines, si cette réforme tiendra ses promesses – ou creusera un peu plus les inégalités scolaires.

Une seule certitude : à partir de 2026, en RDC, on n’entre plus à l’Examen d’État sans savoir baragouiner un minimum d’anglais oral.

Sud-Ubangi : MSF traite 1.478 cas de rougeole à Karawa et soutient la vaccination de masse

La structure « Médecins Sans Frontières » annonce avoir soigné 1.478 malades de la rougeole depuis le 30 mars, dont 184 présentaient une malnutrition. Les équipes ont aussi pris en charge 2.192 enfants de moins de cinq ans atteints de paludisme. Six formations sanitaires appuyées par MSF opèrent dans les aires de santé les plus affectées de Karawa.

Prise en charge tous âges et campagne vaccinale lancée le 21 avril

MSF traite la rougeole sans limite d’âge à Karawa. L’organisation cible aussi les enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition aiguë. Pour le paludisme, l’intervention concerne les moins de cinq ans. Ces actions complètent la campagne de vaccination de masse démarrée le 21 avril 2026 par le ministère de la Santé publique.

La riposte combine soins curatifs et prévention pour casser la chaîne de transmission.

Flambée à Bokonzi : MSF intervient depuis fin janvier

Bokonzi, autre coin du Sud-Ubangi, fait aussi face à une poussée épidémique de rougeole. Les équipes d’urgence de MSF sont présentes depuis fin janvier 2026. En coordination avec les autorités sanitaires, elles mènent vaccination et sensibilisation communautaire. L’objectif est de protéger les enfants et de limiter la diffusion du virus dans cette zone de santé.

4.189 cas et 71 décès depuis janvier dans toute la province

L’épidémie a été déclarée officiellement le mercredi 18 février 2026. Elle touche l’ensemble des 16 zones de santé du Sud-Ubangi. Depuis janvier 2026, la Division Provinciale de la Santé (DPS) recense 4.189 cas et 71 décès. Les moins de cinq ans restent les plus vulnérables.

La décision a suivi une réunion du Comité de coordination des urgences de santé publique. Y participaient le Gouverneur, le Ministre provincial de la Santé, celui de l’Éducation, le chef de la Division Provinciale de la Santé, le responsable provincial du Programme Élargi de Vaccination et les partenaires techniques et financiers.

Une campagne couplée rougeole-polio

Le Comité a évalué les préparatifs de la vaccination intégrée rougeole-poliomyélite lancée le 23 mars dernier. La RDC figure parmi les 22 pays prioritaires pour l’élimination de la rougeole, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. En 2024, le pays avait déjà notifié plus de 311.000 cas suspects de rougeole.

Par ailleurs, la situation sur terrain exige d’intensifier les soins et d’élargir la couverture vaccinale. En 2025, la couverture VAR1 atteignait 94% selon les données administratives, mais seulement 81% selon les cibles ajustées.
La 2e dose VAR2 restait à 60% en administratif et 46% en ajusté, or deux doses sont indispensables pour assurer une protection durable.

Sans accès renforcé aux centres de santé et sans mobilisation communautaire, le contrôle durable reste compromis.

Traiter la rougeole en urgence au Sud-Ubangi a 4 impacts majeurs :

– Sauver des vies immédiatement : surtout chez les enfants malnutris. La rougeole tue 1 à 3% des cas en RDC, mais jusqu’à 10% chez les enfants malnutris.

– Casser la chaîne de transmission dans une province à faible couverture : le virus de la rougeole a un R0 de 12 à 18. Un malade contamine 12 à 18 personnes non vaccinées.
– Éviter l’effondrement des structures de santé locales : Avec 4.189 cas et 71 décès depuis janvier dans 16 zones de santé, les hôpitaux de référence sont saturés.
– Limiter les séquelles à long terme et le coût économique : 30% des survivants gardent des séquelles telles que la cécité, surdité, malnutrition chronique et retard cognitif.

Sénat RDC : une plénière sous haute tension qui met ministres et finances publiques sur le grill

Lundi 4 mai 2026, la convocation tombe, sèche et précise. Le Bureau du Sénat de la République démocratique du Congo appelle ses membres à une session plénière exceptionnelle dès le lendemain, mardi 5 mai à 13 heures, dans la prestigieuse salle des Conférences internationales du Palais du Peuple.

À l’ordre du jour : trois dossiers brûlants qui touchent aussi bien à l’avenir de la jeunesse qu’à la mémoire des victimes et à l’argent public. Trois ministres sur la sellette. Une opposition qui reprend des couleurs. Et un pays qui retient son souffle.

Universités en crise, cultes sous contrôle, milliards à rendre : les trois fronts explosifs

Premier round : l’enseignement supérieur dans le viseur

La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation technologique, Marie-Thérèse Sombo (nommée en début de législature), devra répondre à une question orale avec débat initiée par le sénateur Pungwe Mbuyu Patrice.

Objet : la politique nationale d’amélioration de la qualité de l’enseignement. Dans un contexte où les universités publiques croulent sous le poids des grèves récurrentes et des infrastructures vétustes, les sénateurs veulent des actes, pas des vœux pieux.

Deuxième round : permis de culte et indemnisation des victimes ougandaises

C’est le sénateur Muya Muboyayi Clément qui mène l’attaque. Sa cible : le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux.
Deux sujets sensibles :

  • La régularité juridique des permis de culte délivrés aux associations confessionnelles. Dans un pays où certaines églises sont accusées de dérives sectaires, la question fait mouche.

  • La gestion du FRIVAO (Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda). Un dossier douloureux : des milliards de dollars attendus pour des populations toujours en attente de justice.

Troisième round : finances publiques – biens spoliés et provinces exsangues

Le sénateur Vunabandi Kanyamihigo Célestin a préparé une double question orale avec débat au ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde.
Au programme :

  • La situation des engagements financiers du gouvernement vis-à-vis des provinces (arriérés, dotations non versées).

  • La gestion des biens dits « zaïrianisés » – ces propriétés confisquées sous Mobutu dont le sort juridique et financier reste un véritable feuilleton politico-économique.

Un Sénat qui reprend la main ou une simple mise en scène ?

Les observateurs politiques y voient un signal : après des mois de relative discrétion, la chambre haute de la RDC semble redécouvrir son rôle de contrôle. Question orale avec débat, questions d’actualité, interpellations croisées : le registre parlementaire est complet.

Mais dans les couloirs du Palais du Peuple, certains murmurent que ces auditions risquent de n’être que des passes d’armes sans lendemain, faute de sanctions réelles. À moins que l’opinion publique, elle, ne transforme l’essai.

Car dans un pays où l’indice de perception de la corruption (Transparency International 2025 : 19/100) reste catastrophique, chaque mot prononcé en séance sera ausculté, tweeté, commenté.

Le mardi a 13 heures, les projecteurs s’allumeront sur la salle des Conférences internationales. Ministres, sénateurs, conseillers : tous savent qu’ils jouent une partition sous haute tension. Pour les millions de Congolais qui suivent ces débats à la radio ou sur les réseaux sociaux, une seule question demeure : après les belles déclarations, viendront les actes ?

RDC : sanctions américaines contre Joseph Kabila, le PPRD crie au « complot » et l’UDPS marche pour son arrestation

La tension monte autour de Joseph Kabila. Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) Diaspora a dénoncé les sanctions américaines visant l’ex-président, qualifiant la mesure de « tentative d’assassinat politique ». Dans la rue ce lundi 4 mai, l’UDPS exige au contraire l’arrestation immédiate de l’ancien Chef de l’État, accusé par Washington de soutenir le M23.

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a sanctionné Joseph Kabila, le 25 avril 2026, pour « soutien matériel au groupe armé M23 » dans l’Est de la RDC. La mesure gèle ses avoirs aux États-Unis et interdit toute transaction avec des citoyens américains.

Sanctions américaines contre Joseph Kabila : le PPRD Diaspora rejette les accusations

Dans ce document, le PPRD Pôle Diaspora s’en prend au « régime de Kinshasa » qui fêterait ces sanctions comme une « condamnation politique ». Le parti de Kabila rappelle que « l’OFAC n’est pas un tribunal ».

Le PPRD nie en bloc les accusations américaines. Il s’appuie sur le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC qui, selon lui, « n’a établi aucun élément public et contradictoire démontrant que Joseph Kabila aurait organisé ou financé une entreprise armée contre la RDC ».

Le parti de l’ex-président met en garde Félix Tshisekedi en convoquant l’histoire de Mobutu.

« Soutenu pendant des décennies, puis lâché lorsque les intérêts ont changé, Bill Richardson fut envoyé pour lui [Mobutu] signifier que son temps était terminé », écrit le PPRD.

L’UDPS appelle à l’emprisonnement de Kabila

Ce lundi 4 mai 2026, des milliers de militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ont marché à Kinshasa. Parti au pouvoir, l’UDPS exige l’arrestation de Joseph Kabila et salue les sanctions américaines comme « des mesures ciblant le fils aîné du Rwanda », selon une banderole brandie par les manifestants.

La marche a relié le siège de l’UDPS à Limete jusqu’au Palais du peuple. Le Secrétaire Général Augustin Kabuya a réclamé « un procès rapide pour haute trahison ».

Ces sanctions interviennent alors que les combats entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23 se poursuivent au Nord-Kivu. Washington accuse Kabila d’avoir « fourni des fonds et un appui logistique » à la rébellion depuis son exil. Pendant ce temps, la résidence de Kabila est inconnue du grand public.

Joseph Kabila visé par Washington, l’Est de la RDC sous tension

Joseph Kabila rejoint Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa sur la liste SDN. Les sanctions incluent l’interdiction de visa américain et le gel des actifs.

Pour sa part, le Gouvernement Tshisekedi a « salué des mesures qui isolent les acteurs de la guerre », selon un communiqué du Ministère des Affaires étrangères du 26 avril 2026.

L’ONU estime que le conflit dans l’Est a fait 7,1 millions de déplacés en avril 2026. Le M23 contrôle plusieurs localités du Rutshuru. Les États-Unis conditionnent leur aide militaire à la RDC à des « progrès contre l’impunité ».

Le PPRD dénonce une manœuvre pour « neutraliser une figure qui dérange sans procès ». Il réclame « une médiation équilibrée, un dialogue inclusif et le respect de la Constitution ». L’UDPS refuse tout dialogue et exige des poursuites.

En visant Joseph Kabila, Washington durcit sa ligne contre les anciens réseaux au pouvoir. La balle est désormais dans le camp de la justice congolaise, sous pression de la rue et de la Communauté Internationale.