Sport




FECOFA : nouvelle défection en série, la présidentielle déjà pliée ?

KINSHASA – Coup de théâtre, mais plus vraiment une surprise. Ce mercredi 6 mai 2026, Bosco Mwehu Beya Kofela, président…

KINSHASA – Coup de théâtre, mais plus vraiment une surprise. Ce mercredi 6 mai 2026, Bosco Mwehu Beya Kofela, président du comité de gestion de la Linafoot et candidat déclaré à la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), a claqué la porte. Dans une lettre adressée à la commission électorale, il annonce son retrait « libre et volontaire » pour « raisons personnelles ». Deux mots qui, dans le microcosme footballistique congolais, pèsent soudainement très lourd.

Son départ intervient quelques jours seulement après celui de Shabani Nonda, l’emblématique ancien capitaine des Léopards. Deux désistements en une semaine. Deux candidats qui disent renoncer « librement ». Et une question qui brûle toutes les lèvres : l’élection du 20 mai est-elle déjà jouée d’avance ?

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



« Libre et volontaire » : la formule qui fâche

Bosco Mwehu a tenu à le préciser noir sur blanc : « Ce désistement est fait de manière libre, volontaire et sans réserves. En conséquence, je renonce à toutes prétentions liées à ladite procédure. »

Une insistance qui, dans le contexte actuel, en dit long. Car en coulisses, personne n’y croit vraiment.

Rappel des faits : il y a quelques jours, Shabani Nonda avait déjà jeté l’éponge après avoir été recalé avec cinq autres postulants. Motif officiel ? « Raisons personnelles ». Motif officieux ? Un soupçon grandissant d’une élection écrite d’avance pour favoriser un seul homme.

Véron Mosengo-Omba : l’homme de la FIFA, mais aussi de Tshisekedi ?

Cet homme, c’est Véron Mosengo-Omba. Directeur Afrique de la FIFA, homme de confiance de Gianni Infantino… et présenté par plusieurs sources comme le candidat du président Félix Tshisekedi lui-même.

Un profil si puissant qu’il écrase la concurrence, même avant le premier tour. Mais la méthode, elle, fait grincer des dents.

Désormais, sur la ligne de départ, un seul adversaire semble encore tenir : Jean-Didier Massamba. Officiellement retenu. Officiellement en lice. Mais face à la vague de défections, son maintien tient presque du miracle.

« Mascarade électorale » : la presse étrangère s’en mêle

Les critiques ne viennent pas seulement de Kinshasa. Elles traversent les frontières.

Le journaliste d’investigation Romain Molina parle sans détour de « mascarade électorale » et de « pressions » persistantes. Selon lui, l’objectif serait clair : laisser le seul Véron Mosengo-Omba se présenter, pour assurer sa victoire avec la bénédiction de son « ami Gianni Infantino ».

Même analyse du côté de Stanis Bujakera Tshiamala, qui relaie les préoccupations d’observateurs de plus en plus nombreux face à ce qui apparaît comme une « élection verrouillée ».

Un comité de normalisation, des irrégularités, et un scrutin qui divise

Le processus électoral se déroule sous la supervision d’un comité de normalisation instauré par la FIFA depuis avril 2023 – et prolongé à plusieurs reprises. Un comité censé assainir et pacifier. Mais qui, aujourd’hui, est accusé par certains de laisser faire.

Plusieurs irrégularités ont déjà été relevées lors de l’examen des dossiers. Des recours ont été introduits. Mais rien n’y fait : sauf nouveau rebondissement, l’élection est maintenue au 20 mai prochain.

Massamba, dernier rempart ou prochaine défection ?

À ce stade, un seul homme semble encore pouvoir incarner l’opposition : Jean-Didier Massamba. Mais les paris sont ouverts. Dans une atmosphère aussi délétère, beaucoup murmurent que son désistement n’est qu’une question de jours.

« Vu la tournure des événements », glisse un observateur, « son retrait ne surprendrait personne. »

Alors, scrutin biaisé ou hasard des calendriers ? Les soupçons, eux, ne se retirent pas. Eux aussi sont restés en lice.

Affaire à suivre. Mais pour beaucoup, le 20 mai, il n’y aura peut-être même pas de match.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP