Société




Kinshasa : la C64 maintient sa marche du 15 septembre contre le référendum

La tension politique monte à Kinshasa à la veille de la rentrée parlementaire. La Coalition Article 64 (C64) maintient son…

La tension politique monte à Kinshasa à la veille de la rentrée parlementaire. La Coalition Article 64 (C64) maintient son appel à une manifestation pacifique prévue le mardi 15 septembre 2026, une mobilisation qu’elle présente comme une réponse au débat autour de la loi sur le référendum et à toute perspective de modification de la Constitution.

Le choix de la date donne à cette initiative une portée symbolique. Le rassemblement est annoncé le même jour que l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, alors que le texte relatif au référendum doit revenir devant les chambres pour une nouvelle délibération.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Une coalition réunissant plusieurs figures de l’opposition

La C64 rassemble plusieurs leaders de l’opposition congolaise, parmi lesquels Martin Fayulu (ECiDé), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Delly Sesanga (Envol), Jean-Marc Kabund (A.Ch.) et Augustin Matata Ponyo (LGD).

Dans son appel à mobilisation, la coalition invite ses militants et sympathisants à converger vers le Palais du Peuple, après des rassemblements prévus dans plusieurs quartiers de la capitale.

Les organisateurs annoncent également des mobilisations dans d’autres provinces du pays.

Le référendum au cœur des revendications

Au centre des revendications figure le réexamen de la loi fixant les modalités d’organisation du référendum.

La C64 soutient que cette procédure maintient ouverte la possibilité d’une réforme constitutionnelle susceptible, selon elle, de remettre en cause les équilibres institutionnels.

La coalition affirme s’appuyer notamment sur les articles 70 et 220 de la Constitution, qu’elle invoque pour défendre la durée du mandat présidentiel et le principe de limitation du nombre de mandats.

Dans ses communications, elle rejette toute perspective de révision constitutionnelle ou de recours au référendum qui pourrait, selon son analyse, ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

Il s’agit d’une position politique exprimée par la coalition d’opposition et non d’un fait établi concernant les intentions du président de la République.

Le gouvernement évoque une mise en conformité juridique

Le débat s’est intensifié après la décision du président Félix Tshisekedi de renvoyer au Parlement la loi sur le référendum.

Le texte avait déjà été adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat, avant d’être déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle.

La haute juridiction avait toutefois formulé des réserves d’interprétation portant sur treize articles.

Selon les explications avancées par le pouvoir, le renvoi vise à intégrer ces réserves afin de renforcer la clarté juridique du texte et d’éviter des ambiguïtés lors de son application.

La CNDH appelle à privilégier la prévention

À quarante-huit heures de la manifestation, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a lancé un appel à toutes les parties.

L’institution rappelle que les articles 25 et 26 de la Constitution garantissent les libertés de réunion et de manifestation.

Elle demande notamment au ministère de l’Intérieur, au gouverneur de Kinshasa et à la Police nationale congolaise de privilégier le dialogue avec les organisateurs, de sécuriser les itinéraires annoncés et de prévenir toute introduction d’armes ou d’objets dangereux.

La CNDH insiste également sur la protection des manifestants comme des personnes ne prenant pas part au rassemblement.

Un test politique sous haute surveillance

L’institution met en garde contre les risques de provocations, d’infiltrations et de violences.

Elle rappelle que les forces de sécurité devront respecter les principes de nécessité, de proportionnalité et de responsabilité dans l’usage de la force, tandis que les organisateurs sont appelés à préserver le caractère pacifique de la mobilisation.

Au-delà de la manifestation elle-même, la journée du 15 septembre apparaît comme un test du rapport de force entre l’opposition et le pouvoir.

À ce stade, les informations disponibles permettent d’établir l’annonce de la marche, les revendications de la C64 ainsi que les appels à la prévention formulés par la CNDH. En revanche, son déroulement, son niveau de participation et son éventuel bilan ne peuvent être établis avant la tenue effective de la mobilisation.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP