Tshisekedi tacle Kabila : « Il a été le fossoyeur de notre alternance »

Le Président Congolais, Félix Tshisekedi, durcit le ton contre Joseph Kabila. Mercredi 6 mai, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le Chef de l’État a dénoncé l’attitude de son prédécesseur. Il l’accuse, en effet, d’avoir trahi l’alternance historique de 2019 en basculant dans la rébellion.

« Un vrai gâchis » pour l’alternance de 2019

Le Président de la République dit d’abord regretter la voie choisie par Joseph Kabila. Il rappelle ensuite que les deux hommes avaient réussi la première passation pacifique du pouvoir en RDC après près de 60 ans. Pour Félix Tshisekedi, cet héritage politique ne devait donc pas être détruit.

Il estime, par ailleurs, que l’histoire retiendra désormais un double rôle de Kabila. D’abord celui d’artisan de l’alternance démocratique. Puis celui qui a sapé cette avancée.

Il déplore, dans la foulée, que Kabila ait « pris des armes contre son propre pays » en entrant dans la clandestinité.

Tshisekedi justifie les sanctions américaines

Félix Tshisekedi soutient, en outre, les sanctions financières imposées par Washington contre l’ancien Président de la RDC. Le Trésor américain vise Joseph Kabila pour son appui présumé aux rebelles du M23.

« Les Américains ont vu ce que je voyais depuis plusieurs années », a affirmé Tshisekedi. Il assure, de plus, détenir des preuves depuis fin 2023.

Selon lui, le refus du Front Commun pour le Congo (FCC) de participer aux élections de 2023 cachait déjà un plan de déstabilisation. Le but, poursuit-il, était d’empêcher le scrutin et de forcer un dialogue politique.

« Je n’irai pas prendre les armes contre mon successeur »

Sans citer Kabila, Tshisekedi a, cependant, lancé une pique claire. Il promet de se mettre à la disposition de son successeur après son mandat. Il exclut, du reste, formellement de recourir aux armes contre lui.

Plusieurs analystes voient, aussi, dans cette sortie une réponse directe à Joseph Kabila.

L’ex-président est, en effet, accusé par Kinshasa de soutenir l’AFC/M23. Ce groupe armé occupe Goma et Bukavu depuis plusieurs mois. Kabila a, d’ailleurs, été condamné à mort par la justice congolaise.

Investiture manquée et rupture de confiance

Félix Tshisekedi a révélé, par la suite, avoir invité Kabila à son investiture pour son second mandat. L’ancien Président ne s’est pas présenté. Il aurait, selon lui, quitté le pays en secret. Tshisekedi souligne, en plus, que les deux hommes avaient pour habitude de se prévenir de leurs déplacements. Or, cette pratique a été rompue.

Contexte : guerre dans l’Est et pression sur le mandat

Cette conférence intervient, toutefois, dans un climat tendu. L’Est de la RDC reste en guerre.

Parallèlement, Tshisekedi est soupçonné par l’opposition de préparer un troisième mandat. L’article 220 de la Constitution de 2006 interdit, pourtant, plus de deux quinquennats.

De son côté, Tshisekedi a, néanmoins, laissé entrevoir le 6 mai une possible révision constitutionnelle.

Le paysage politique congolais s’annonce pas très bien. D’après le programme, les élections sont prévues en 2028. Plus que deux ans séparent le pays de ces échéances qui font déjà couler beaucoup d’encre et de salive.

Guillaume MAVUDILA

Kinshasa : La RFCK démarre la 2e phase du contrôle technique et gèle les amendes jusqu’au « bouclage généralisé »

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a officiellement lancé la seconde échéance du contrôle technique obligatoire depuis le 1er avril 2026. Dans un communiqué signé le 7 mai, son directeur général Joseph Kasinzi Mafolo appelle tous les propriétaires de véhicules à régulariser rapidement leur situation. Ensuite, la régie déclenchera la phase de « recouvrement forcé ».

Afin d’éviter des sanctions immédiates, la RFCK accorde une « période de courtoisie routière » aux usagers concernés. Pendant cette phase, les équipes suspendent les contrôles de vignettes ainsi que les procès-verbaux dans toute la ville. Toutefois, cette mesure prendra fin lors du « bouclage généralisé ». Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, fixera personnellement la date de cette opération.

Qui doit se conformer au contrôle technique ?

La RFCK cible plusieurs catégories d’usagers. Elle demande aux particuliers, aux entreprises, aux organismes internationaux et aux ambassades accréditées à Kinshasa de mettre leurs véhicules en règle.

La mesure concerne les voitures, mais aussi les motos à deux, trois et quatre roues.

Par ailleurs, les véhicules administratifs de moins de 20 tonnes ne bénéficient d’aucune exemption. Les services publics doivent donc présenter ces engins dans les centres agréés par la RFCK. Sinon, ils risquent des sanctions pendant les opérations de recouvrement.

Le « bouclage généralisé » inquiète les automobilistes

Le terme désigne une vaste opération de contrôle systématique annoncée par l’Hôtel de Ville. Lors des précédentes campagnes, les équipes mixtes RFCK-Police immobilisaient immédiatement les véhicules dépourvus de vignette valide avant leur mise en fourrière.

Selon le Code de la route congolais, un conducteur sans contrôle technique valide risque une amende comprise entre 50 000 et 100 000 francs congolais. En plus de cette sanction financière, les autorités peuvent placer le véhicule en fourrière.

C’est pourquoi la RFCK encourage les usagers à anticiper. Dans son communiqué, elle demande aux propriétaires de soumettre volontairement leurs véhicules au contrôle afin d’éviter « tout désagrément ».

Kinshasa veut assainir son parc automobile

Cette seconde échéance s’inscrit dans la politique d’assainissement du trafic lancée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki depuis son investiture en juin 2024.

Selon la Direction Générale des Impôts, Kinshasa compte plus de 1,2 million de véhicules enregistrés. Pourtant, moins de 30 % respecteraient les règles du contrôle technique, d’après les estimations publiées en 2024 par la Fédération des Entreprises du Congo.

Les autorités veulent ainsi réduire les accidents liés aux défaillances mécaniques. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la Santé classe la RDC parmi les dix pays africains affichant le plus fort taux de mortalité routière. En 2023, le pays enregistrait 33,7 décès pour 100 000 habitants.

Où effectuer le contrôle technique ?

La RFCK dispose actuellement de sept centres homologués. Ils se situent à Gombe, Limete, Masina, Ngaliema, Mont-Ngafula, N’djili et Kintambo.

Pour le moment, les autorités n’ont pas encore annoncé la date du recouvrement forcé. L’Hôtel de Ville attend d’abord d’évaluer le niveau d’adhésion volontaire des automobilistes.

Des agents formés avant les opérations de terrain

Avant cette nouvelle échéance, la RFCK a renforcé les capacités de ses inspecteurs et contrôleurs. Fin avril 2026, la régie a organisé une formation de cinq jours à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Cette session visait notamment à harmoniser les procédures de contrôle et à limiter les abus sur le terrain.

D’après le communiqué final publié le 2 mai 2026, près de 150 agents ont suivi un recyclage sur trois modules : l’utilisation des nouveaux appareils de diagnostic, la déontologie professionnelle et la gestion des conflits avec les usagers.

Lors de la clôture, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a insisté sur une « tolérance zéro contre le rançonnement » pendant les opérations de recouvrement forcé.

Enfin, cette formation s’inscrit dans la feuille de route 2024-2028 de l’exécutif provincial. Les autorités veulent redorer l’image de la RFCK, souvent critiquée pour des cas de tracasseries pendant les contrôles de 2023 et 2024.

En septembre 2024, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves (LIZADEEL) avait d’ailleurs dénoncé plusieurs « perceptions illégales » sur certains axes routiers de Kinshasa.

Sang et minerais au cœur de l’Europe : Bruxelles sommée de mettre le Rwanda au banc des accusés

Au Parlement européen, jeudi 8 mai 2026, une voix s’est élevée plus fort que les habituelles déclarations de bonnes intentions. Celle de la République démocratique du Congo et de ses partenaires, qui refusent désormais une Europe timorée face au bain de sang qui ravage l’Est du pays.

Dans l’hémicycle bruxellois, les échanges se sont révélés tendus. Ce climat ne venait pas de la forme, mais plutôt du poids des faits. Depuis plusieurs mois, la région des Grands Lacs subit des violences armées répétées. Derrière les tirs se trouvent des hommes armés. Derrière eux apparaissent des commanditaires. Enfin, derrière ces réseaux se cache un système bien identifié : l’exploitation incontrôlée des minerais qui finance les groupes armés. Pourtant, face à cette réalité, l’Union européenne donne encore l’image d’une spectatrice trop discrète.

« L’UE devrait emboîter le pas aux États-Unis »

Un appel clair a ainsi été lancé aux eurodéputés réunis dans la capitale belge. Les intervenants pointent directement l’armée rwandaise et « tous ses complices », accusés de crimes répétés contre les populations civiles de l’Est congolais.

Cette fois, le message ne laisse aucune place à l’ambiguïté : l’Union européenne doit adopter des sanctions similaires à celles des États-Unis. Jusqu’à présent, Washington a affiché une ligne plus ferme. De son côté, Bruxelles reste encore prudente.

Cependant, les revendications ne s’arrêtent pas à la seule question sécuritaire. En parallèle, une autre bataille se joue dans l’ombre : celle de la traçabilité des minerais.

« Soutenir la justice et traquer les minerais illicites »

« L’ Europe devrait aussi s’impliquer davantage », insistent les représentants congolais et leurs alliés, « afin de soutenir la justice et la traçabilité des minerais rachetés illicitement par des entreprises européennes. »

Cette déclaration dérange, car elle touche directement aux intérêts économiques internationaux. Derrière chaque téléphone ou chaque batterie pourrait se cacher une part de minerais extraits dans des zones de conflit. De plus, certaines chaînes d’approvisionnement passeraient encore par des circuits criminels souvent ignorés.

Ces préoccupations ont notamment été portées devant Hilde Vautmans, députée européenne et présidente de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique–Union européenne. Aux côtés de plusieurs collègues, elle a entendu des témoignages alarmants sur les violations des droits humains. Elle a également mesuré la fragilité d’un processus de paix désormais menacé.

Une pression diplomatique qui s’intensifie

Au-delà des discours diplomatiques, une certitude s’impose progressivement : le débat européen ne fait que commencer. Désormais, la question n’est plus de savoir si l’Europe doit agir, mais plutôt comment et jusqu’où elle ira.

Sanctions ciblées, contrôle renforcé des minerais stratégiques ou encore activation de la justice internationale : toutes les options semblent désormais ouvertes.

Reste maintenant à savoir si les institutions européennes accepteront de franchir un cap politique majeur. Pendant ce temps, l’Est de la RDC continue de s’enfoncer dans la crise et n’a plus le luxe d’attendre.

Génocide au Rwanda : la justice française rouvre le dossier d’Agathe Habyarimana, 19 ans d’instruction ne suffisent pas

Mercredi 6 mai, la cour d’appel de Paris a créé un véritable coup de théâtre judiciaire. Après dix-neuf ans d’instruction, elle a infirmé le non-lieu prononcé en 2025 en faveur d’Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Exilée en France, l’ancienne première dame conserve le statut de témoin assisté. Toutefois, les investigations pour « complicité de génocide et crimes contre l’humanité » reprennent désormais. Cette décision ravive les plaies encore vives du génocide des Tutsi de 1994.

Ce feuilleton judiciaire dure depuis près de deux décennies. Mercredi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a estimé que l’enquête devait continuer contre Agathe Habyarimana, 83 ans. Installée en France depuis 1998, elle fait l’objet de poursuites depuis 2007 pour des faits imprescriptibles.

En annulant le non-lieu rendu le 21 août 2025 par deux juges d’instruction, la cour relance donc une procédure qui divise toujours autant. À l’époque, les magistrats présentaient l’ancienne première dame comme une « victime » de l’attentat ayant coûté la vie à son mari.

L’« Akazu » au cœur des accusations

Les parties civiles, parmi lesquelles la Fédération internationale pour les droits humains, l’association Survie et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, accusent Agathe Habyarimana d’avoir joué un rôle central au sein de l’« Akazu ».

Ce cercle proche du pouvoir hutu radical est soupçonné d’avoir planifié et orchestré le génocide des Tutsi. Selon l’ONU, les massacres ont fait plus de 800 000 morts entre avril et juillet 1994.

L’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, abattu au-dessus de l’aéroport de Kigali dans des circonstances jamais totalement élucidées, reste considéré comme l’élément déclencheur des massacres.

Selon l’accusation, Agathe Habyarimana participait aussi à des réunions préparatoires d’actes génocidaires. Les enquêteurs évoquent notamment l’établissement de listes de personnalités tutsies et de Hutus modérés à éliminer.

« Les parties civiles et le parquet estiment qu’il existait suffisamment d’éléments pour un renvoi devant une cour d’assises », a déclaré Emmanuel Daoud, avocat de la FIDH.

Une décision saluée par les parties civiles, contestée par la défense

Patrick Baudouin, avocat de la FIDH, a accueilli la décision avec « une grande satisfaction ». Selon lui, il s’agit « d’une victoire pour la vérité, pour la justice et contre une impunité qui prévalait depuis des années ». Il dénonce également des « considérations politiques » qui auraient freiné l’instruction.

L’avocat estime aussi que le non-lieu représentait une décision « incompréhensible » et « injustifiée ». Il salue donc un tournant important pour les victimes du génocide.

D’après lui, Agathe Habyarimana se trouvait « au cœur de la préparation du plan génocidaire » et occupait une place importante dans l’Akazu.

À l’inverse, Philippe Meilhac, avocat d’Agathe Habyarimana, critique vivement la décision de la cour d’appel. Il parle d’un choix « incompréhensible » et décrit le dossier comme « vide ».

« Dix juges d’instruction se sont succédé dans ce dossier et sont tous arrivés à la même conclusion », a-t-il rappelé. Selon lui, aucun élément sérieux ne permet d’étayer les accusations visant sa cliente.

L’avocat estime également que la procédure risque de s’enliser encore davantage. Il affirme même que certains acteurs, « à Kigali comme à Paris », préféreraient voir sa cliente mourir sous le statut de témoin assisté.

« C’est un jour sombre pour la justice française », a-t-il conclu.

Quelle suite pour l’enquête ?

Depuis 2016, Agathe Habyarimana bénéficie du statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de témoin simple et celui de mise en examen.

Désormais, les parties civiles espèrent une reprise active de l’instruction. Elles souhaitent notamment de nouvelles auditions de l’ancienne première dame ainsi que d’éventuelles investigations complémentaires au Rwanda.

La France, où plusieurs procédures liées au génocide des Tutsi restent en cours, refuse toujours les demandes d’extradition d’Agathe Habyarimana vers Rwanda.

Ce nouveau rebondissement intervient alors que la mémoire du génocide demeure extrêmement sensible, trente-deux ans après les faits. Pour les victimes et leurs descendants, cette décision représente peut-être un nouvel espoir. Pour la défense, elle marque une nouvelle épreuve. Une chose reste certaine : ce dossier judiciaire est loin d’être refermé.

2 138 détenus pour 500 places : la MONUSCO tend la main à la prison surpeuplée de Bunia

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la prison centrale de Bunia étouffe littéralement sous le poids de sa propre population carcérale. Conçue pour 500 personnes, elle en accueille aujourd’hui 2 138. Face à cette situation alarmante, la MONUSCO a décidé d’agir à son échelle, en fournissant des équipements de sécurité et des matériaux pour améliorer les conditions de vie, notamment celle des femmes détenues.

C’est une goutte d’eau dans un océan de détresse, mais elle symbolise une volonté de ne pas abandonner ceux que la société a mis à l’écart. Ce jeudi 7 mai, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé sur son compte X (ex-Twitter) avoir remis cinq extincteurs et dix-sept sacs de ciment à la prison centrale de Bunia, située dans la province de l’Ituri.

Derrière ces chiffres modestes se cache une réalité bien plus lourde : celle d’une maison d’arrêt vétuste, surpeuplée et dangereuse, où l’État de droit bute sur le mur du manque de moyens.

Une surpopulation carcérale « alarmante »

Les chiffres donnent le vertige. La prison centrale de Bunia a été bâtie pour héberger environ 500 détenus. Aujourd’hui, elle en compte 2 138, parmi lesquels 52 femmes et 48 mineurs. Un ratio insoutenable qui transforme chaque recoin en lieu de promiscuité, et chaque jour en épreuve.

Dans ce contexte, les risques d’incendie sont permanents. Les cinq extincteurs offerts par la MONUSCO, via les contingents du Secteur Nord et l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire, permettront de renforcer la réaction rapide face aux départs de feu – une priorité absolue dans des infrastructures souvent vétustes et mal entretenues.

Quant aux dix-sept sacs de ciment, leur destination est symboliquement forte : ils serviront à aménager la cour du quartier des femmes. Un espace aujourd’hui transformé en bourbier dès la première pluie, rendant toute hygiène quasi impossible. Une dalle en ciment changera concrètement le quotidien des détenues, leur offrant un lieu plus propre et plus digne.

« Un pas vers des conditions de détention plus humaines »

La MONUSCO ne découvre pas les prisons congolaises. Depuis plusieurs années, son Unité d’appui à l’administration pénitentiaire forme le personnel et participe à la réhabilitation de certaines infrastructures. À Bunia, le Colonel Camille Nzonzi, directeur de l’établissement, avait déjà salué par le passé les initiatives de la Mission onusienne.

Cet appui modeste mais concret s’inscrit dans la mission globale de la MONUSCO : protéger les civils et consolider la paix. Cela passe aussi, reconnaît l’ONU, par l’amélioration des conditions de détention.

« Dans un pays en quête de stabilisation, la manière dont on traite les personnes privées de liberté est un indicateur essentiel de l’état de droit », rappellent discrètement les observateurs internationaux.

Le défi persistant de la surpopulation carcérale

Reste que l’ampleur du défi dépasse de loin une livraison de ciment et d’extincteurs. La surpopulation carcérale est chronique en RDC, et Bunia n’est malheureusement pas un cas isolé. Faute de jugements rapides, de diversions pénales ou de constructions nouvelles, les prisons congolaises continuent d’étouffer.

Mais pour les 52 femmes incarcérées à Bunia, ces dix-sept sacs de ciment représentent plus qu’un matériau de construction : ils incarnent la première pierre d’un peu d’humanité retrouvée. Et les cinq extincteurs, une chance de survivre à un incendie qui, sans eux, serait peut-être fatal.

Un geste modeste, certes. Mais dans l’univers étouffant d’une prison surpeuplée, chaque bouffée d’air compte.

Félix Tshisekedi : “Je ne braderai jamais les richesses de la RDC”

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a fermement défendu les récents accords conclus avec les États-Unis. Alors que certaines voix s’inquiètent d’un possible « bradage » des ressources naturelles congolaises, le chef de l’État a tenu à rassurer : souveraineté et intérêts nationaux restent intangibles.

C’est une mise au point que beaucoup attendaient. Depuis l’annonce des partenariats stratégiques entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, les interrogations fusent. Que contiennent exactement ces accords ? La RDC a-t-elle cédé une partie de son contrôle sur ses minerais stratégiques ? Le président Félix Tshisekedi a choisi de répondre frontalement, mercredi à Kinshasa, face à la presse nationale et internationale.

« Ces accords ne constituent ni une délégation de souveraineté, ni une transaction sur le dos du peuple congolais », a-t-il martelé, d’emblée.

Le chef de l’État a tenu à dissiper tout malentendu : les engagements pris avec Washington sont avant tout sécuritaires et économiques. Leur objectif prioritaire, selon lui, est de « faire taire les armes » dans l’Est du pays, en proie à une violence chronique causée par des groupes armés soutenus de l’étranger.

« Ils n’ont de sens qu’en ce qu’ils doivent contribuer concrètement à faire taire les armes, à mettre fin au soutien aux groupes armés, à restaurer pleinement l’autorité de l’État et à sécuriser nos frontières », a-t-il insisté.

« Je ne serai jamais le président qui brade les richesses nationales »

Sur le volet économique, c’est sans doute le point le plus sensible. La RDC possède d’immenses réserves de cobalt, de cuivre, de lithium – des minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale. Or, certains craignent que les accords avec Washington n’ouvrent la voie à une exploitation à bas coût et sans bénéfice local.

Face à ces inquiétudes, Félix Tshisekedi a été catégorique :

« Je ne serai jamais le président qui va brader les richesses nationales. Ma vision est très claire : nos richesses doivent d’abord servir à notre pays et à son peuple. »

Le président a également dénoncé le modèle qui a prévalu jusqu’ici : celui de l’extraction brute, de l’exportation sans transformation locale, laissant les populations locales dans la pauvreté.

« Ce modèle n’est plus acceptable », a-t-il tranché.

Désormais, la ligne directrice est claire : investissements responsables, infrastructures structurantes, unités de transformation locale, emplois pour la jeunesse, et gouvernance transparente des ressources.

« Ce que nous voulons, ce sont des partenariats qui servent d’abord les intérêts du peuple congolais », a résumé le chef de l’État.

Un partenariat assumé, ni alignement ni substitution de dépendance

Autre crainte récurrente : la RDC ne risque-t-elle pas de remplacer une dépendance par une autre, en se rapprochant trop étroitement de Washington ?

Là encore, Félix Tshisekedi a voulu rassurer. Selon lui, ce partenariat stratégique avec les États-Unis « n’est dirigé contre personne, il ne constitue ni un alignement idéologique, ni une substitution de dépendance ».

Il s’agit, a-t-il précisé, d’un choix souverain, fondé sur une convergence d’intérêts clairement identifiée. Le président congolais a rappelé que Kinshasa entend diversifier ses partenariats économiques et sécuritaires, sans se couper du reste du monde.

Sur le plan énergétique, il a également évoqué la nécessité de construire davantage d’infrastructures pour permettre une première transformation locale des minerais, faute de pouvoir maîtriser toute la chaîne de valeur.

« Nous pouvons, grâce à la construction de plus d’infrastructures énergétiques, commencer un début de transformation, ajouter de la valeur à ces minerais et permettre la création de richesses qui vont bénéficier à notre pays, à notre peuple », a-t-il conclu.

Un discours de fermeté face aux critiques internes

Ces déclarations interviennent dans un climat politique où l’opposition et une partie de la société civile congolaise restent vigilantes face à toute forme d’influence étrangère, notamment sur les ressources minières.

En défendant publiquement ces accords, Félix Tshisekedi tente de reprendre la main sur le récit : non pas une capitulation économique, mais une opportunité de développement. Reste à savoir si les actes suivront les paroles, et si les fameuses « unités de transformation locale » verront enfin le jour.

En attendant, le chef de l’État aura au moins marqué un point : celui de la clarté affichée. « Garant de la nation, je n’aurais accepté aucun accord, aucun partenariat qui porterait atteinte à la souveraineté de la RDC », a-t-il réaffirmé.

Un message adressé autant à ses concitoyens qu’aux partenaires internationaux.

Troisième mandat : Delly Sesanga dénonce un coup de force “par plébiscite” et appelle à la mobilisation générale

Dans une déclaration cinglante publiée ce jeudi 7 mai, le président du parti Envol, Delly Sesanga, a vivement réagi aux récentes déclarations du chef de l’État Félix Tshisekedi. Ce dernier n’a pas exclu, mercredi à Kinshasa, la possibilité d’un nouveau mandat « si le peuple le demande ». Une position que l’opposant qualifie de « manœuvre à découvert » pour un troisième mandat déguisé.

L’onde de choc venue de la cité de l’Union africaine n’a pas tardé à se propager dans la classe politique congolaise. En moins de vingt-quatre heures, les réactions s’enchaînent. La plus virulente est sans doute celle de Delly Sesanga, ancien candidat à la présidentielle de 2023 et figure de l’opposition.

« Les masques sont tombés », a-t-il martelé dans un communiqué au ton grave. Accusant directement Félix Tshisekedi de vouloir désormais « manœuvrer à découvert pour un troisième mandat par plébiscite », l’élu dénonce ce qu’il perçoit comme une tentative de déstabilisation institutionnelle.

« La RDC ne peut pas se permettre un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir », a-t-il averti, avant de lancer un appel solennel : « Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive. »

L’ombre de Lumumba pour rappeler le devoir d’histoire

Pour donner davantage de poids à son message, Delly Sesanga a convoqué l’une des figures tutélaires du Congo : Patrice Emery Lumumba. « Le Congo est un grand pays, disait Lumumba. Il exige de ses dirigeants grandeur, dignité et responsabilité. »

Une référence qui n’a rien d’anodin. L’opposant y voit un rappel des exigences éthiques et constitutionnelles qui devraient guider tout chef d’État. « Cela se mesure par le respect de la Constitution, des institutions et de la stabilité nationale, non par la recherche frauduleuse d’une prolongation des mandats », a-t-il insisté.

Sesanga met également en garde contre un retour aux « pratiques du passé », celles qui ont conduit le pays au chaos. Sans citer directement l’ère Mobutu, l’allusion est limpide. « Une nation ne se dirige pas par des discours, des promesses ou des plébiscites, mais par le respect de la parole donnée, des institutions et de la démocratie. »

L’UDPS accusée de reniement historique

L’opposant n’a pas hésité à retourner l’arme de l’histoire contre le parti désormais au pouvoir, l’UDPS. « C’est un reniement du combat de son père, qui a combattu Mobutu. Ce dernier s’est éternisé au pouvoir et a exercé un pouvoir personnel », a-t-il déclaré, visant directement Félix Tshisekedi.

Et d’ajouter, dans une formule choc : « Félix Tshisekedi a de nouveau tué les martyrs qui ont donné de leur vie pour protéger la Constitution. » Une charge émotionnellement forte, qui entend rappeler les souffrances endurées par les militants de l’UDPS sous l’ancien régime.

Delly Sesanga rejoint ainsi d’autres voix de l’opposition, comme celle de Claudel André Lubaya, qui a fermement rejeté toute idée de troisième mandat au nom de la « volonté populaire ». Lubaya a notamment invoqué les articles 218, 64 et 220 de la Constitution pour rappeler l’intangibilité de certaines dispositions légales.

Un contexte politique sous tension

Ces passes d’armes surviennent au lendemain d’une conférence de presse très remarquée de Félix Tshisekedi. Devant la presse kinoise, le président congolais a non seulement évoqué la possibilité d’un troisième mandat « si le peuple le demande », mais il a également laissé entendre que la guerre dans l’Est du pays pourrait influencer le calendrier électoral de 2028.

Une déclaration que le pouvoir présente comme une « continuité assumée » d’un projet de longue date porté par l’UDPS. L’opposition, elle, y voit une dérive autoritaire programmée.

Dans ce climat de défiance croissante, Delly Sesanga conclut son message par une mise en garde solennelle : « Le sens de l’Histoire impose aux dirigeants d’éviter un retour aux pratiques politiques du passé. » Reste à savoir si cet appel sera entendu par la rue, par la communauté internationale, ou s’il restera une voix isolée dans le tumulte politique congolais.

RDC : Félix Tshisekedi rend hommage à Fally Ipupa et promet une décoration nationale

C’est depuis la Cité de l’Union Africaine, à Kinshasa, que le Président Félix Tshisekedi a tressé des lauriers à Fally Ipupa, mercredi 6 mai 2026. En marge de sa conférence de presse, le Chef de l’État a tenu à saluer l’exploit réalisé par l’artiste pour son double concert au Stade de France. Un geste d’État pour une victoire artistique qui transcende les frontières.

Le Président a d’abord annoncé la reconnaissance de la Nation.

« J’ai promis de décorer au nom de la République, l’artiste Fally Ipupa dès qu’il sera de retour au pays », a-t-il déclaré, solennel.

La promesse est claire : la République honorera celui qui a fait vibrer Saint-Denis. Et le regret affleure : « Si mon agenda l’avait permis, j’aurais été là-bas », confie-t-il, témoignant de l’ampleur de l’événement.

L’artiste, ambassadeur du soft power congolais

Au-delà de la décoration, c’est une véritable ode à la performance que Félix Tshisekedi a livrée. Il a salué un exploit qui hisse la rumba congolaise au firmament mondial.

Pour le Chef de l’État, Fally Ipupa incarne ce « soft power » culturel dont la RDC a besoin. Sa musique devient « diplomatie », son rythme devient drapeau. Le Président voit en lui l’ambassadeur d’une nation qui chante, qui danse et qui rayonne.

Un double Stade de France historique

Les 2 et 3 mai 2026 ont marqué l’histoire. Devant plus de 120 000 âmes, deux soirs successifs, Fally Ipupa a dompté le Stade de France. Il devient ainsi le premier musicien africain francophone, de surcroît congolais, à se produire dans cette enceinte mythique.

L’Aigle a fait preuve d’une prouesse vocale, scénique et identitaire. Pendant près de deux heures trente, rumba, afro pop et modernité se sont enlacées pour célébrer une culture en majesté.

Un appel à l’unité des artistes congolais

Loin de s’arrêter à un seul nom, Félix Tshisekedi a élargi son soutien à toute la constellation musicale congolaise. Il a invité chaque Congolais à porter les artistes qui se produisent à l’étranger. Il a cité, nommément, Koffi Olomidé, Werrason et Ferré Gola, appelant à « mettre un terme à la haine dans ce secteur et valoriser la rumba congolaise ». Un appel à l’unité pour que la mélodie l’emporte sur la discorde.

Bien plus, ce retour triomphal des artistes congolais sur les grandes scènes européennes trace une voie. Il signe la reconquête.

La RDC renoue avec sa vocation première : être la plaque tournante de la musique africaine. De Kinshasa à Paris, le fil ne s’est jamais rompu. Aujourd’hui, il se tend, plus fort, pour redonner à la Nation son trône musical.

L’apolitisme qui n’exclut pas la reconnaissance

Fally Ipupa prouve qu’on peut tracer son sillon loin des chapelles politiques et récolter, pourtant, les honneurs de la République. Ni drapeau partisan, ni serment d’allégeance : seule l’œuvre parle. Et l’État répond.

Grâce à sa carrière élogieuse, « Efandjo » démontre qu’une guitare peut être plus éloquente qu’un discours, et qu’un refrain peut unir là où les mots divisent. Son apolitisme n’est pas indifférence, c’est une autre forme de patriotisme : celui qui hisse le drapeau congolais sur les scènes du monde, sans demander autre chose que la lumière des projecteurs.

La reconnaissance promise par Félix Tshisekedi scelle une vérité : la culture, quand elle est grande, transcende les clivages et force le respect des institutions.

RDC : Tshisekedi conditionne un 3e mandat par la demande populaire explicite

« Si le peuple veut que je puisse avoir un troisième mandat, je l’accepterai tant que Dieu me donnera la vie ». Le Président Félix Tshisekedi n’a pas fermé la porte à une candidature en 2028, mercredi 6 mai 2026, lors de sa conférence de presse à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa. Il conditionne toutefois toute révision de la Constitution à une consultation populaire par référendum.

La phrase qui relance le débat constitutionnel

Interrogé sur une possible révision de la Constitution pour briguer un nouveau mandat, le Chef de l’État a lié sa décision à la volonté du peuple. Il a rappelé que l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) avait promis dès 2006 de changer la loi fondamentale une fois au pouvoir.

« L’UDPS avait dit en 2006 que lorsqu’elle arriverait au pouvoir, elle changerait la Constitution. Nous ne l’avons pas encore fait », a déclaré Félix Tshisekedi.

Il ajoute que toute modification passera par le peuple : « Si révision il y a, ce sera par référendum et consultation du peuple ».

Le Président a toutefois précisé qu’il ne porte pas lui-même cette ambition. Il a indiqué ne pas souhaiter, de sa propre initiative, briguer un troisième mandat. Sa position reste liée à une demande populaire explicite.

Dans la foulée, Félix Tshisekedi a appelé à la prudence face aux slogans de ses partisans. Il a demandé de ne pas prêter attention aux mots inventés par certains soutiens pour réclamer un troisième mandat. Il rappelle que seule la volonté du peuple exprimée par référendum compte.

Cette position intervient alors que plusieurs cadres de l’Union Sacrée évoquent publiquement une révision constitutionnelle depuis début 2025.

La Constitution actuelle, adoptée en 2006, limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Félix Tshisekedi, élu en 2018 et réélu en 2023, achève son second mandat en décembre 2028.

Contexte politique : sécurité dans l’Est et élections de 2028

Félix Tshisekedi a lié l’organisation des scrutins de 2028 à la situation sécuritaire.

« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections », a-t-il prévenu lors de la même conférence de presse.

Les combats persistent dans le Nord-Kivu et l’Ituri malgré les processus de Luanda et de Nairobi. Au niveau international, le Gouvernement négocie d’une part, avec les rebelles du M23, sous la médiation de Doha. D’autre part, des accords politiques et économiques ont été signés à Washington, sous l’administration Trump, entre Kinshasa et Kigali.

La feuille de route pour le processus électoral 2025-2028 a été dévoilée en avril 2025, par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

Dans ce document, la CENI a détaillé les étapes clés menant aux préparatifs et à l’organisation des scrutins combinés de 2028.

Les étapes et les dates sont présentées de la manière suivante :

– Début de la cartographie électorale : 2025,
– Actualisation du fichier électoral : 2026,
– Révision des listes électorales : 2027,
– Formation des agents électoraux : 2027,
– Sensibilisation des électeurs : 2027-2028,
– Élections générales : 16 décembre 2028.

Mais les signaux liés à ce processus sont faibles compte tenu de la situation actuelle.

Tshisekedi veut quitter le pouvoir en laissant un pays en paix

Le Chef de l’État a évoqué son bilan souhaité. Il a affirmé son désir de quitter le pouvoir en laissant un pays pacifié. Il place la fin de la guerre dans l’Est comme priorité de son second mandat.

Félix Tshisekedi a répété que « la restauration de la paix reste la condition pour des élections crédibles en 2028 ».

Réactions attendues après la déclaration du 6 mai 2026

La déclaration de Félix Tshisekedi relance le débat sur la succession de 2028. L’opposition dénonce depuis plusieurs mois un « glissement » du calendrier électoral. Pour sa part, la majorité présidentielle défend une adaptation de la Constitution « aux réalités du pays ».

Aucun projet de loi de révision n’a été déposé au Parlement à ce jour. Le dernier référendum en RDC date de décembre 2005 pour l’adoption de la Constitution actuelle. C’était sous le Président Kabila, aujourd’hui en adversité avec son successeur, Félix Tshisekedi.

 

Formation des enseignants : le Ministère de l’Éducation valide l’évaluation du programme des Humanités Pédagogiques Rénovées

Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a validé, lundi 4 mai 2026, les résultats de l’évaluation de base des Humanités Pédagogiques Rénovées (HPR). L’atelier, organisé avec le projet EFFICACE et l’UNESCO, a aussi diffusé les résultats du Test d’Orientation Professionnelle et Vocationnelle (TOPROV) passé par les élèves de HP1. L’objectif : améliorer durablement la qualité de l’enseignement en RDC en refondant la formation initiale et continue des enseignants.

La DIFORE-BG a coordonné les travaux. Étaient présents : le Secrétariat général du MINEDU-NC, les directions centrales, les partenaires techniques et financiers, la société civile, l’UNICEF et Save the Children. Les directions techniques DNOSP, CIEAS et CELTA ont aussi contribué.

Réforme et formation des enseignants en RDC : des résultats pour ajuster la stratégie

L’évaluation de base a ciblé les Humanités Pédagogiques Rénovées, les écoles témoins et les Écoles Primaires d’Application (EPA). Elle mesure le niveau de compétences des enseignants avant le déploiement complet du programme transitoire des HPR. Les données recueillies fixent des indicateurs de suivi pour piloter la réforme.

Le Test d’Orientation Professionnelle et Vocationnelle a été administré aux élèves de première année des Humanités Pédagogiques. Il sert à mieux orienter les futurs enseignants vers la filière pédagogique.

Projet EFFICACE : équité, genre et numérique au cœur de la formation

La réforme s’inscrit dans le projet Éducation des Filles, Formation Initiale et Continue des enseignants et Appui à la Continuité de l’Éducation (EFFICACE). L’approche est globale. Elle repense la formation des enseignants en intégrant trois axes : l’équité et le genre, l’inclusion scolaire, et l’usage du numérique dans les pratiques pédagogiques.

L’État congolais et ses partenaires techniques et financiers veulent un corps enseignant qualifié, aligné sur les standards internationaux.

Le taux d’encadrement en RDC était de 1 enseignant pour 37 élèves au primaire en 2024, contre 1 pour 40 recommandés par l’UNESCO.

5 axes analysés pour évaluer la formation des enseignants

Les discussions ont porté sur le contexte de l’évaluation situationnelle. Le cadre d’analyse couvrait cinq dimensions :

– Conditions initiales de formation des futurs enseignants,
– Pratiques pédagogiques des formateurs en instituts,
– Professionnalisation du métier d’enseignant,
– Connaissances et compétences des élèves-maîtres,
– Mécanismes de gouvernance du secteur.

Dans la foulée, les présentations thématiques ont lancé des échanges entre participants pour valider les résultats.

Les recommandations clés pour renforcer les HPR

L’atelier a dégagé six actions prioritaires pour ajuster la mise en œuvre :

– Instaurer un appui pédagogique régulier et structuré aux enseignants,
– Intégrer les pratiques réflexives dans la formation des enseignants,
– Renforcer le suivi des enseignants avec des outils standardisés,
– Améliorer la collaboration entre HPR, EPA et inspecteurs,
– Garantir l’accès à des stages pratiques de qualité pour les élèves-maîtres,
– Renforcer l’inclusion et l’équité dans les cursus de formation.

Déploiement des HPR : 12 écoles pilotes puis extension en 2026-2027

La réforme des Humanités Pédagogiques Rénovées a démarré en 2025-2026. Une première cohorte de 12 établissements teste le nouveau programme dans l’Équateur, le Kongo-Central et le Kasaï.

La deuxième phase débutera durant l’année scolaire 2026-2027. Elle touchera les provinces du Kwilu et du Tanganyika. L’objectif est de généraliser le modèle HPR à l’échelle nationale.

Lien avec le plan quinquennal 2024-2029 de l’éducation

Cette réforme applique le 3e principe directeur du plan quinquennal 2024-2029 du secteur éducatif congolais. Ce principe priorise la formation continue des enseignants et des inspecteurs pour relever la qualité de l’enseignement.

Le plan vise un taux de réussite au TENAFEP de 80% d’ici 2029 contre 67% en 2024.