Santé




Ebola en RDC : le Plan de riposte à 1,3 milliard de dollars officiellement lancé – entre espoir et urgence absolue

La riposte contre la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo entre dans une nouvelle phase. Alors que le…

La riposte contre la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo entre dans une nouvelle phase. Alors que le gouvernement congolais et ses partenaires ont chiffré à 1,3 milliard de dollars les besoins pour les six prochains mois, les premiers engagements financiers commencent à se concrétiser. Une mobilisation encore loin de couvrir l’ensemble des besoins, mais qui traduit la volonté de plusieurs partenaires internationaux de passer des appels à l’action aux financements effectifs.

Le signal est intervenu cette semaine, après le lancement, vendredi 4 septembre à Kinshasa, du Plan multisectoriel révisé de réponse de 180 jours. Présenté par les autorités congolaises avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du système des Nations unies, d’Africa CDC et d’autres partenaires, ce plan doit permettre d’intensifier les opérations de surveillance, de prise en charge, de recherche des contacts et de mobilisation communautaire.

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L’enjeu est considérable. Au 2 septembre, la RDC comptait 6 342 cas signalés et 3 072 décès. L’épidémie touche désormais 60 zones de santé dans six provinces, tandis que la majorité des décès surviennent encore dans les communautés, parfois chez des personnes qui n’avaient pas été identifiées comme contacts.

1,3 milliard de dollars : l’appel qui met les partenaires face à leurs responsabilités

Mardi 1er septembre, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, cette épidémie est déjà la deuxième plus importante jamais enregistrée et la plus rapide observée à ce jour.

Face à cette progression, l’OMS avait appelé les États membres et les partenaires internationaux à accélérer leur soutien financier. Le plan gouvernemental congolais nécessite 1,3 milliard de dollars pour six mois, une enveloppe destinée à maintenir et renforcer l’ensemble de la réponse.

« Plus on tarde, plus le coût en vies humaines et en ressources est élevé », avait averti le patron de l’OMS, appelant les États membres à « accroître et accélérer » leurs contributions.

Le message est désormais suivi de premiers actes.

Du besoin massif aux financements approuvés

Quelques jours seulement après cet appel, le Royaume-Uni a annoncé un nouveau financement de plus de 50 millions de livres sterling, soit environ 67,56 millions de dollars, pour soutenir la riposte en RDC. Cette nouvelle contribution porte à 78 millions de livres l’engagement total britannique contre Ebola.

Lire l’article :https://www.journaldekinshasa.com/ebola-en-rdc-loms-tire-la-sonnette-dalarme-et-reclame-13-milliard-de-dollars-pour-eviter-lhecatombe/

Les fonds doivent notamment financer la surveillance de la maladie, le soutien aux agents de santé de première ligne, la prévention et le contrôle des infections, l’accès aux traitements, la mobilisation communautaire ainsi que les inhumations sûres et dignes.

Le Royaume-Uni a également déployé des experts en santé publique dans la région afin d’appuyer les opérations de surveillance, de prévention et de préparation.

Cette contribution britannique intervient alors que le Japon a, lui aussi, approuvé une aide d’urgence de 5 millions de dollars destinée à renforcer la prévention des épidémies et les actions de riposte contre Ebola.

Cette enveloppe japonaise sera mise en œuvre avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Elle doit notamment soutenir la prévention, la santé, l’eau, l’assainissement, l’hygiène et l’aide alimentaire.

Ces annonces donnent ainsi une première traduction financière à l’appel lancé par l’OMS. Elles montrent surtout que la mobilisation internationale commence à prendre forme, alors que les besoins restent largement supérieurs aux montants déjà annoncés.

Une riposte qui ne peut plus attendre

Le lancement du nouveau plan gouvernemental intervient donc dans un contexte où chaque retard peut peser lourdement sur l’évolution de l’épidémie.

La stratégie prévoit de renforcer la surveillance épidémiologique, la recherche et le suivi des contacts, la prise en charge des patients, la communication des risques, l’engagement des communautés ainsi que les capacités logistiques et la préparation des provinces exposées.

Mais la question financière demeure centrale.

À Kinshasa, le coordonnateur résident du système des Nations unies, Damien Mama, a insisté sur la nécessité de disposer de ressources « suffisantes, flexibles et prévisibles » pour soutenir à la fois la réponse à Ebola et les autres interventions humanitaires essentielles.

Pour les autorités congolaises, la bataille ne se limite d’ailleurs plus aux structures sanitaires. L’ampleur de l’épidémie impose une réponse multisectorielle impliquant les communautés, les acteurs humanitaires, les partenaires techniques et les bailleurs.

Les premiers millions ne suffisent pas encore

Le contraste est désormais clairement établi : 1,3 milliard de dollars nécessaires pour six mois, contre plusieurs dizaines de millions déjà annoncés par certains partenaires.

Le Royaume-Uni et le Japon figurent parmi les premiers contributeurs à renforcer concrètement leur soutien. Ces financements permettront d’alimenter plusieurs volets essentiels de la riposte. Toutefois, ils ne représentent encore qu’une partie des ressources nécessaires à la mise en œuvre complète du plan.

L’enjeu des prochaines semaines sera donc de transformer la mobilisation diplomatique et les promesses de soutien en financements effectivement disponibles sur le terrain.

Car derrière les montants annoncés se trouve une urgence très concrète : identifier plus rapidement les cas, retrouver les contacts, prendre en charge les malades, sécuriser les communautés et éviter de nouvelles transmissions.

À ce stade, le financement devient ainsi l’un des principaux fronts de la lutte contre Ebola en RDC. L’appel à 1,3 milliard de dollars est lancé. Les premiers financements sont approuvés. Reste désormais à combler l’écart entre les besoins et les ressources disponibles avant que cet écart ne se traduise en vies supplémentaires perdues.

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