RDC à Mining Indaba : « Finis les minerais bruts, place à l’industrialisation locale »

CAPE TOWN – La République démocratique du Congo a frappé un grand coup ce mercredi à la Mining Indaba 2026, le plus grand rendez-vous mondial des investisseurs miniers. Lors du traditionnel « DRC Breakfast », le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dévoilé une stratégie industrielle ambitieuse qui entend sortir le pays du piège de l’exportation de matières premières brutes.

Devant un parterre de parlementaires, diplomates et investisseurs, le ministre a résumé la nouvelle doctrine congolaise en une phrase : « Nous ne voulons plus exporter nos minerais pour les importer transformés. »

« Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique »

Placée sous le thème « Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique en faveur des investissements en amont et en aval en RDC » , la conférence-déjeuner a servi de vitrine pour la vision présidentielle de Félix Tshisekedi, coordonnée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Le message est clair : la RDC, qui détient des réserves stratégiques mondiales en cobalt, lithium, cuivre et coltan, entend désormais transformer localement une part croissante de sa production pour capter la valeur ajoutée et créer des emplois.

Trois piliers pour une révolution industrielle

Louis Watum Kabamba a articulé sa feuille de route autour de trois axes majeurs :

  1. Développement des chaînes de valeur des batteries : la RDC se positionne comme un futur hub de la fabrication de précurseurs et de batteries électriques, en partenariat avec la Zambie et dans le cadre de la Zone économique spéciale.

  2. Formalisation du secteur artisanal : intégration des creuseurs dans un cadre structuré et durable, pour mettre fin à l’exploitation informelle et aux circuits illicites.

  3. Attractivité des investissements : renforcement de la sécurité juridique, alignement sur les standards ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) et lutte accrue contre la fraude minière.

« La paix par la prospérité »

Au-delà du discours économique, le ministre a établi un lien explicite entre industrialisation et stabilité. « Nos ressources doivent contribuer durablement à la paix et à la prospérité du peuple congolais », a-t-il déclaré, répondant implicitement à ceux qui accusent les richesses minières d’alimenter les conflits.

Un signal fort aux investisseurs internationaux

Avec cette offensive de communication à Cape Town, Kinshasa envoie un signal clair aux majors du secteur et aux fonds souverains : la RDC n’est plus seulement une terre d’extraction, elle veut devenir un atelier de transformation.

Le pays mise sur sa position dominante dans les minerais critiques de la transition énergétique pour négocier en position de force et imposer un nouveau modèle de partenariat, moins prédateur et plus équitable.

Reste à concrétiser cette ambition par des réformes législatives, des infrastructures énergétiques fiables et une sécurisation du climat des affaires. Le discours de Cape Town a posé les fondations. Le chantier, lui, ne fait que commencer.

La RDC réélue au Conseil de paix et sécurité de l’UA avec 44 voix

ADDIS-ABEBA – La République démocratique du Congo a obtenu un score sans appel ce mercredi 11 février 2026. Réélue au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) avec 44 voix sur 48 lors du scrutin organisé dans la capitale éthiopienne, Kinshasa entame un deuxième mandat consécutif au sein de cette instance stratégique.

Le ministère congolais des Affaires étrangères, qui a annoncé la nouvelle, rappelle que ce nouveau mandat fait suite à celui entamé le 1er avril 2024. La RDC avait déjà exercé la présidence tournante du CPS à deux reprises : en novembre 2024 et en janvier 2026.

Un organe au cœur de l’architecture sécuritaire africaine

Le Conseil de paix et de sécurité est l’organe décisionnel permanent de l’Union africaine. Véritable colonne vertébrale de l’architecture de paix continentale, il est chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits en Afrique. Sa composition restreinte – quinze membres élus selon une répartition géographique – en fait une instance particulièrement influente.

Une marque de confiance et un outil stratégique

Cette réélection avec un score de 91,6 % des suffrages constitue un signal politique fort. Elle témoigne de la crédibilité diplomatique acquise par Kinshasa auprès des capitales africaines, malgré les tensions régionales persistantes.

Pour la RDC, directement engagée dans plusieurs crises sécuritaires – notamment l’agression rwandaise dans sa partie orientale et le processus de pacification du Grand Bandundu –, siéger au CPS offre une position stratégique. Kinshasa pourra peser davantage sur les décisions continentales concernant son propre dossier, mais aussi contribuer à la stabilisation d’autres foyers de tension sur le continent.

Une présence renforcée dans l’agenda africain

Cette réélection s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large pour la RDC, qui accueille par ailleurs le Médiateur de l’UA pour la crise des Grands Lacs (Faure Gnassingbé) et travaille en étroite coordination avec la présidence angolaise de l’UA.

Alors que se prépare le 39e Sommet des chefs d’État prévu dans les prochains jours à Addis-Abeba, ce mandat renouvelé offre à Kinshasa une tribune supplémentaire pour défendre sa vision de la paix et de la sécurité sur le continent. Le message est clair : la RDC entend jouer un rôle de premier plan dans les affaires africaines.

Kwango : le gouvernement engrange une avancée majeure dans la pacification du Grand Bandundu

MULOSI, Kwango – Ce week-end, le ministre délégué à la Défense, Eliezer Ntambwe Mposhi, a reçu un important lot d’armes. Des miliciens Mobondo les ont remises volontairement à Mulosi. Ainsi, ce geste marque une avancée dans la pacification du Grand Bandundu. La région subit des violences communautaires depuis août 2022.

Sous un soleil de plomb, la population a accueilli le ministre avec ferveur. D’ailleurs, beaucoup y voient un signe d’espoir. Dans cette zone meurtrie par les tensions Teke-Yaka, la visite rassure.

Les FARDC partiront après la paix

Devant habitants et ex-combattants, Eliezer Ntambwe a parlé sans détour. Il a mêlé fermeté et apaisement.

Il a déclaré que les FARDC quitteront la zone dès le retour durable de la paix. Ensuite, la police prendra le relais. Il a aussi demandé la confiance de la population. Donc, le gouvernement trace une sortie de crise claire : désarmement, apaisement, puis relève policière.

Les chefs Mobondo soutiennent le désarmement

Les leaders Mobondo ont, eux aussi, appelé à déposer les armes. Ainsi, ils veulent clore le conflit Teke-Yaka. Ils ont demandé de remettre tout le matériel militaire. De plus, ils ont averti que l’État sanctionnera les récalcitrants.

Par conséquent, ce positionnement montre un soutien croissant au processus de paix. Pourtant, le conflit a déjà causé de lourdes pertes humaines et des milliers de déplacés.

Nouveau geste à Kimbandinga 3

Ensuite, la délégation a rejoint Kimbandinga 3, bastion du leader Mille Esprits. Là encore, des combattants ont remis armes et munitions. En parallèle, le ministre a distribué vivres et biens essentiels. Puis, il a réaffirmé sa volonté de poursuivre la pacification.

Une région profondément marquée

Depuis août 2022, les violences opposent agriculteurs Yaka et éleveurs Teke. Ainsi, attaques et représailles ont rythmé le quotidien. Des villages ont brûlé. De nombreuses familles ont fui. Donc, la cohésion sociale reste fragile.

Cependant, ces remises d’armes changent la dynamique. Beaucoup d’habitants veulent désormais la paix.

Le ministre a annoncé un retour prochain. Il veut consolider les avancées. Désormais, les attentes se concentrent sur la reconstruction, le retour des déplacés et le déploiement de la police.

En somme, le Grand Bandundu entrevoit une accalmie. Toutefois, seule l’application concrète des promesses garantira une paix durable.

Dialogue national en RDC : l’ONU salue la médiation Angolaise

KINSHASA – L’ONU met un pied dans l’effort de médiation intra-congolaise. À l’issue de consultations avec les forces politiques et sociales de la RDC et les autorités nationales, le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a salué ce mardi 11 février la disponibilité de l’Angola à contribuer à l’organisation d’un dialogue national inclusif.

« Nous avons pris note avec beaucoup d’intérêt de la disponibilité de l’Angola à aider à l’organisation d’un dialogue inclusif », a déclaré le haut responsable onusien, soulignant qu’« un grand nombre de formations politiques ont des attentes en ce sens ».

Une tierce partie jugée « essentielle »

Pour Jean-Pierre Lacroix, la clé de la réussite d’un tel dialogue réside dans l’implication d’un médiateur extérieur crédible. « L’apport d’une tierce partie, et l’Angola peut effectivement jouer ce rôle, est essentiel pour atteindre cet objectif », a-t-il affirmé.

Cette déclaration constitue un soutien explicite des Nations unies à la diplomatie angolaise dans le dossier congolais, renforçant le rôle déjà central joué par Luanda, via le président João Lourenço, à la tête de l’Union africaine.

La MONUSCO en appui technique

Au-delà du dialogue, le responsable onusien a réaffirmé le rôle de la MONUSCO dans l’accompagnement des progrès sécuritaires. « L’importance cruciale est que les efforts diplomatiques s’intensifient pour concrétiser les engagements, en particulier sur le cessez-le-feu », a-t-il insisté.

Il a précisé que la Mission onusienne se tient « prête, disponible et proactive » pour appuyer ces avancées, notamment en matière de vérification du respect des trêves, conformément à son mandat.

Un signal envoyé à Kinshasa et aux acteurs politiques

Cette prise de position intervient à un moment où les appels à un dialogue intercongolais se multiplient, alors que les processus de paix externes (Washington, Doha) peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. En validant la piste angolaise, l’ONU envoie un signal clair à Kinshasa : la communauté internationale est prête à soutenir une solution endogène, pourvu qu’elle soit inclusive et sincère.

Reste désormais à transformer cette « disponibilité » angolaise en une feuille de route concrète, acceptée par le pouvoir et les différentes forces politiques. Jean-Pierre Lacroix achève sa visite sur cette note d’espoir, mais aussi d’exigence.

Tshisekedi lance l’offensive pour une administration au mérite

KINSHASA – Le président Félix Tshisekedi a lancé mardi une réforme profonde de la fonction publique. Devant les promotions de l’École Nationale d’Administration (ENA), il a fixé une feuille de route claire. Son objectif : bâtir une administration moderne et efficace. Ainsi, il veut rompre avec les pratiques du passé.

Tshisekedi mise sur le mérite

Dans son discours, le chef de l’État a redéfini la richesse nationale. Selon lui, la RDC doit d’abord compter sur son capital humain. « La plus grande richesse, c’est le génie humain », a-t-il affirmé. Ensuite, il a promis de promouvoir le mérite.

Par ailleurs, il a dénoncé le clientélisme. Il a aussi critiqué la lenteur et l’inefficacité administratives. Pour lui, ces dérives affaiblissent l’État. Donc, la réforme devient urgente pour restaurer la confiance des citoyens.

Trois actions concrètes pour réformer l’État

Le président ne s’est pas limité aux paroles. Il a donné des instructions précises au gouvernement. Il exige un plan rapide et concret.

D’abord, il veut déployer l’ENA dans toutes les provinces. Ainsi, les services publics se rapprocheront des citoyens.
Ensuite, il demande la construction d’un campus moderne pour l’ENA. Selon lui, l’excellence mérite un cadre adapté.
Enfin, il souhaite ouvrir la formation continue aux agents publics. Cette mesure doit renforcer leurs compétences.

L’objectif reste clair : professionnaliser l’administration sur tout le territoire.

Un symbole fort et un message de fermeté

La cérémonie a aussi marqué l’entrée de la 10ᵉ promotion « Général Mamadou Ndala ». Ce choix rend hommage à l’officier disparu. Les nouveaux énarques doivent incarner intégrité et discipline. De plus, ils devront lutter contre la corruption.

Le ministre Jean-Pierre Lihau a présenté un bilan positif. En dix ans, l’ENA a formé 842 administrateurs civils. De plus, 900 postes ont accueilli la 9ᵉ promotion. Ces chiffres montrent une progression vers la méritocratie.

Par ailleurs, le ministre a envoyé un signal fort. Il a suspendu l’Inspecteur général du Travail après des propos jugés graves. Une enquête est en cours. Donc, le gouvernement veut imposer une nouvelle éthique.

En conclusion, Félix Tshisekedi place l’ENA au cœur de la refondation de l’État. Il mise sur des cadres compétents et méritants. Toutefois, le vrai défi reste l’application des réformes. La réussite dépendra de leur exécution sur le terrain.

Violentes manifestations après des déguerpissements à Pakadjuma

KINSHASA – La capitale congolaise a vécu une journée de violentes tensions ce mardi 10 février. La colère des habitants du bidonville de Pakadjuma, délogés la veille par les bulldozers de l’hôtel de ville, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, conduisant au blocage de l’axe stratégique des Poids Lourds et à l’incendie d’un poste de police.

Une artère vitale paralysée

Le mouvement de protestation a débuté par l’érection de barricades et de pneus enflammés sur la route des Poids Lourds à Kingabwa, dans la commune de Limete. Cet axe majeur, crucial pour l’approvisionnement de Kinshasa, a été complètement paralysé, perturbant gravement l’activité économique.

L’intervention de la Police nationale congolaise (PNC) a été nécessaire pour disperser les manifestants et dégager la chaussée. Selon des témoins sur place, les forces de l’ordre ont eu recours à des tirs de gaz lacrymogène et à des tirs par balle. Un jeune homme aurait été blessé par balle, bien qu’aucun bilan officiel n’ait été communiqué.

Un poste de police réduit en cendres

La violence a atteint son paroxysme lorsque des individus non identifiés ont attaqué et incendié le sous-commissariat de police du quartier BAT, toujours dans la commune de Limete. Plusieurs motos et une société de production d’eau potable ont également été vandalisées ou pillées.

« Le sous-commissariat a été attaqué puis incendié. Plusieurs motos ont été brûlées et une société a été pillée », a confirmé un témoin, Philémon Kawele. La bourgmestre de Limete, Nathalie Aziza, a reconnu plusieurs actes de violence contre des biens publics et privés.

La cause de la colère : un déguerpissement brutal

La colère des habitants trouve sa source dans une opération de démolition menée lundi 9 février par les autorités urbaines. Leur objectif : dégager l’emprise de la voie ferrée de l’Office national des transports (ONATRA) en vue de sa réhabilitation.

Des centaines de familles, installées dans ce bidonville de la périphérie de la Gombe, parfois à même les rails, se sont ainsi retrouvées du jour au lendemain sans abri, leurs habitations de fortune réduites en gravats par des bulldozers.

Circulation rétablie, mais crise humanitaire persistante

Si la circulation a été rétablie sur la route des Poids Lourds et qu’un calme précaire règne désormais, la crise humanitaire, elle, est lancinante. Les organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme sur le sort des familles déguerpies, livrées à elles-mêmes sans solution de relogement ou d’accompagnement.

Cette explosion de violence met en lumière les tensions sociales chroniques à Kinshasa, où l’urbanisation incontrôlée, les opérations d’aménagement sans dialogue et l’extrême précarité créent un mélange explosif. Les autorités, qui assurent suivre la situation « de près », sont désormais face à un double défi : achever leurs projets d’infrastructure et répondre à l’urgence sociale qu’ils ont contribué à créer.

Stade Tata Raphaël fermé : la FECOFA menace de relégation les clubs violents

KINSHASA – Le football congolais est à la croisée des chemins. Réunis en urgence ce lundi 9 février, les responsables du sport national ont tiré la sonnette d’alarme après les actes de vandalisme ayant conduit à la fermeture du stade Tata Raphaël et perturbé le championnat.

Lors de cette réunion cruciale, le ministre des Sports Didier Budimbu, la FECOFA et la Linafoot ont pris des décisions radicales pour mettre un terme à la violence dans les enceintes sportives. Le message est clair : « il n’y aura plus de complaisance ».

Une reprise du championnat sous conditions

Première annonce : le championnat national n’est pas arrêté, mais sa reprise est soumise à une condition sine qua non. Chaque club devra signer un acte d’engagement formel par lequel il assume pleinement la responsabilité du comportement de ses supporters.

« Les actes de vandalisme sont l’œuvre des supporters. Chaque club doit désormais en assumer la responsabilité », a insisté la Linafoot. Les matchs sont en cours de reprogrammation, et un calendrier officiel sera publié prochainement.

Sanctions renforcées : jusqu’à la relégation

La FECOFA a annoncé un véritable tournant dans sa politique disciplinaire. Finies les simples amendes financières, jugées inefficaces. Désormais, les sanctions pourront aller jusqu’au retrait de points en championnat, voire à la relégation en Ligue 2.

« Il faut protéger l’image du football congolais, aujourd’hui sérieusement affectée », a déclaré Lily Tshimpumpu, secrétaire générale du Comité de normalisation de la FECOFA.

Une stratégie à double détente

Les autorités jouent sur deux tableaux :

  • La prévention par l’engagement contractuel des clubs

  • La répression par des sanctions exemplaires contre les clubs et les supporters violents

Cette approche vise à créer une responsabilisation en cascade : les instances tiennent les clubs pour responsables, qui doivent à leur tour contrôler leurs supporters.

Un enjeu qui dépasse le sport

Cette crise intervient alors que le pays envisage d’accueillir des événements internationaux, comme le tournoi de l’UNIFFAC prévu au stade Tata Raphaël. La crédibilité du football congolais, et plus largement sa capacité à organiser des compétitions majeures, est en jeu.

Les prochains jours seront décisifs. Si les clubs acceptent de jouer le jeu de la responsabilisation, le championnat pourrait reprendre rapidement. Dans le cas contraire, le football congolais risque de s’enliser dans une crise dont les conséquences pourraient être durables, tant sur le plan sportif qu’économique.

Yoka-Bakole 2 à Kinshasa ? Un projet qui prend forme

KINSHASA – Et si le « Rumble in the Jungle » avait un héritier ? L’idée d’un combat revanche entre Tony Yoka et Martin Bakole, organisé cette fois à Kinshasa, est passée du statut de rumeur à celui de projet concret. Le champion olympique franco-congolais en a discuté ce lundi 9 février avec le ministre des Sports et Loisirs, Me Didier Budimbu, lors d’une visite officielle en RDC.

Battu aux points par le colosse congolais en mai 2022 à Paris, Tony Yoka souhaite prendre sa revanche sur la terre de ses origines. Ce combat, s’il se réalise, dépasserait le simple cadre sportif. Il symboliserait le retour de la RDC sur la scène mondiale de la boxe lourde, plus de cinquante ans après le mythique affrontement entre Mohamed Ali et George Foreman.

Un projet pour le développement de la boxe congolaise

La discussion avec le ministre Budimbu ne portait pas uniquement sur le super-combat. Tony Yoka, accompagné de son père, a présenté un programme structurant pour la boxe congolaise.

Le projet se concentre sur :

  • La détection de jeunes talents.

  • Leur formation.

  • Leur préparation aux compétitions internationales.

Le ministère a salué l’initiative et y voit une opportunité pour relancer la boxe et utiliser le sport comme levier d’insertion sociale. De plus, des partenaires internationaux ont déjà manifesté leur intérêt pour soutenir ce programme.

Un événement mondial en perspective

Organiser ce duel à Kinshasa représente un défi logistique et sécuritaire, mais aussi une vitrine unique pour la capitale congolaise. L’événement attirerait l’attention du monde entier et raviverait la flamme pugilistique du pays.

Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite. La date, le lieu exact – le stade des Martyrs est souvent évoqué – et les conditions financières et organisationnelles restent à négocier entre les promoteurs, les boxeurs et les autorités.

Cependant, la simple évocation du projet a déjà électrisé les passionnés. Elle illustre la volonté de Tony Yoka de se racheter après sa première défaite et l’ambition de la RDC de renouer avec son glorieux passé de capitale mondiale de la boxe. Les prochaines semaines diront si ce rêve peut devenir réalité.

« Le Rwanda, bénéficiaire de l’insécurité » : le coup de gueule de Kinshasa

KINSHASA/PARIS – Le ton est monté d’un cran dans la guerre médiatique et diplomatique qui entoure la crise dans l’Est de la RDC. Dans un entretien accordé à TV5 Monde, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a livré une charge virulente contre le Rwanda, l’accusant sans détour d’être « le principal bénéficiaire de cette insécurité organisée ».

Son diagnostic est sans appel : la paix est impossible tant que les intérêts stratégiques et économiques de Kigali, qu’il désigne comme l’acteur central de l’instabilité, restent servis par la guerre. « Toute initiative sérieuse visant le retour durable de la paix dans l’Est de la RDC entre en contradiction frontale avec les intérêts du Rwanda », a-t-il martelé.

L’exploitation des ressources, cœur du conflit

Pour le porte-parole, le mobile du conflit est avant tout économique. Il a réaffirmé que l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises demeure le carburant de la crise, permettant au Rwanda, qu’il qualifie de « pays périphérique », de se financer et d’exister sur la scène internationale.

Un dialogue national conditionné au retrait rwandais

Sur la question sensible d’un dialogue national incluant toutes les communautés, dont les Banyamulenge, Patrick Muyaya a posé des conditions préalables inflexibles. Aucun dialogue interne n’est possible, selon lui, « dans un contexte d’occupation et d’agression ».

Il a conditionné toute discussion à un cessez-le-feu vérifiable, au retrait total et inconditionnel des forces rwandaises du sol congolais, et au respect strict des accords de Washington et de Doha. « Ce n’est pas un dialogue entre Congolais qui mettra fin à l’agression rwandaise », a-t-il tranché, identifiant clairement l’origine externe du mal.

Appel à l’unité et rappel de la souveraineté congolaise

Le ministre a profité de cette tribune internationale pour lancer un appel solennel à l’unité nationale. Il a rappelé que les Banyamulenge sont des Congolais à part entière, appelés à vivre en RDC et non à servir de « prétexte à une ingérence étrangère ».

Il a également mis en avant le poids stratégique de la RDC, géant de la Francophonie et détenteur des minerais critiques pour la transition énergétique mondiale, contrastant avec ce qu’il présente comme la posture déstabilisatrice d’un voisin.

Un récit destiné à l’opinion internationale

Cet entretien musclé sur une chaîne internationale s’inscrit dans une stratégie de communication offensive de Kinshasa. Il vise à « déconstruire le récit mensonger du Rwanda » sur la scène mondiale, à forcer les partenaires internationaux à prendre parti, et à raffermir le front interne à la veille du sommet de l’Union africaine.

Le message est clair : pour Kinshasa, la clé de la paix ne se trouve pas dans de nouvelles négociations entre Congolais, mais dans une pression internationale suffisante pour contraindre Kigali à cesser son « agression ». La balle est désormais dans le camp des capitales occidentales et africaines, sommées de choisir entre deux récits irréconciliables.

Soupçons de détournement : le gouverneur du Kongo Central entendu par la justice

KINSHASA – La justice congolaise avance dans une affaire financière sensible. Le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, s’est présenté lundi 9 février au parquet général près la Cour de cassation. Les magistrats l’ont entendu dans une enquête sur un présumé détournement de deniers publics. Les montants évoqués varient entre un et cinquante millions de dollars.

À la sortie de l’audition, son avocat Me Espoir Saisi a voulu calmer les esprits. Il décrit un climat « apaisé ». Il affirme aussi que les rumeurs de détournement « ont été balayées ». Selon lui, son client est rentré chez lui en « citoyen libre ».
Cependant, les autorités judiciaires n’ont pris aucune décision finale. L’enquête continue.

Une affaire née à l’été 2025

L’affaire débute le 15 août 2025. Ce jour-là, l’Inspection générale des finances (IGF) lance une mission de contrôle. Elle agit sur instruction de la Présidence de la République. Les inspecteurs examinent la gestion de la redevance pétrolière et des recettes des péages du Kongo Central.

Les enquêteurs signalent alors plusieurs irrégularités. Ils évoquent un détournement de plus d’un million de dollars.
Toutefois, certaines voix locales contestent ce chiffre. Joseph Mabanga, président de la cohésion des notables du Kongo Central, parle plutôt d’un montant proche de 50 millions de dollars.

Une procédure validée par l’Assemblée provinciale

La procédure judiciaire franchit ensuite une étape politique. Le 28 janvier, le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central autorise l’ouverture d’une instruction contre le gouverneur.
Cette décision suit un réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation, daté du 23 janvier. Le magistrat y demandait l’autorisation de poursuites.

Un dossier suivi de près

Cette audition intervient dans un contexte de lutte affichée contre la corruption. Beaucoup y voient un test pour l’indépendance et la rapidité de la justice face à un haut responsable politique.

D’un côté, la défense parle d’apaisement. De l’autre, la justice poursuit ses vérifications.
Désormais, les magistrats devront comparer les conclusions de l’IGF, les estimations de la société civile et les arguments de la défense. L’enjeu reste majeur pour cette province stratégique du Kongo Central.