L’alerte est lancée. Face à la résurgence des violences xénophobes du mouvement « Dudula », l’ambassade de la RDC à Pretoria appelle les congolais vivant en Afrique du Sud à la plus grande prudence. Dans un communiqué, la représentation diplomatique congolaise vise explicitement le Kwazulu-Natal, le Cap occidental et d’autres provinces.
Cette interpellation fait suite aux agressions attribuées aux groupes Sud-Africains qui pourchassent des migrants africains, accusés d’accepter des salaires dérisoires et de « voler » des emplois. Des ressortissants congolais figurent parmi les victimes de ces exactions récurrentes.
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Les consignes de sécurité de l’ambassade aux congolais
L’ambassade de la RDC recommande à ses ressortissants d’éviter tout attroupement ou toute interaction avec les manifestants « Dudula ». Elle préconise de limiter les déplacements non essentiels et d’assurer une veille stricte des communications officielles. Les domiciles et lieux d’activité des congolais doivent renforcer leurs dispositifs de sécurité.
Aux opérateurs économiques, l’ambassade suggère d’évaluer l’ajustement des horaires, voire la suspension temporaire des activités durant les journées à risque. L’objectif est de préserver les personnes et leurs biens. En outre, la représentation diplomatique « affirme collaborer étroitement avec les autorités sud-africaines pour garantir la protection de ses ressortissants ».
Dudula : un mouvement anti-étrangers qui gagne du terrain depuis 2021
Le mouvement « Dudula » (repousser en zoulou), a émergé en 2021 à Soweto. Il cible les migrants africains, principalement zimbabwéens, mozambicains, nigérians, somaliens et congolais. Ses partisans les accusent de faire baisser les salaires et d’alimenter la criminalité.
Selon Human Rights Watch, les attaques « Dudula » ont causé au moins 12 morts entre mars 2022 et avril 2023.
Des vidéos diffusées depuis une semaine montrent des agressions physiques massives dans plusieurs villes. La province du Gauteng redoute une extension des violences en marge de la célébration du « Freedom Day ».
Le taux de chômage en Afrique du Sud atteint 32,9 % au 1er trimestre 2026. Un terreau fertile pour les tensions xénophobes.
Un cycle de violences xénophobes meurtrières depuis 2008
Les attaques actuelles s’inscrivent dans une série noire. En mai 2008, des émeutes xénophobes à Johannesburg, à Durban et au Cap avaient fait 62 morts et 100 000 déplacés. Les victimes étaient majoritairement zimbabwéennes, mozambicaines, nigérianes, congolaises et somaliennes.
De nouvelles flambées ont secoué le pays en 2015, 2019 et 2022. Elles se sont traduites par des pillages de commerces tenus par des étrangers noirs, accusés sans preuve d’appartenir à des réseaux de vol, de prostitution ou de drogue. En septembre 2019, les violences avaient provoqué la mort de 12 personnes et le rapatriement d’urgence de 640 nigérians.
En 2024, l’Afrique du Sud accueillait 2,9 millions de migrants internationaux, dont 85 % originaires d’Afrique. Les Zimbabwéens représentent 1 million de personnes, les Mozambicains 350 000.
Pour calmer les tensions, le Gouvernement sud-africain a condamné ces violences mais peine à les enrayer, selon Amnesty International.



