Politique




Xénophobie en Afrique du Sud : la cheffe de la diplomatie congolaise attendue au « front » parlementaire

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. L’heure est grave. Derrière les murs de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo,…

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. L’heure est grave. Derrière les murs de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, une question domine tous les débats : que font les autorités congolaises pour protéger leurs ressortissants confrontés à la vague xénophobe qui frappe l’Afrique du Sud ?

Cet après-midi, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, devra répondre devant les députés nationaux.

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Jeudi, depuis le perchoir, Aimé Boji Sangara a annoncé la décision du Bureau de la chambre basse. Ainsi, les élus ont invité d’urgence la cheffe de la diplomatie congolaise afin d’éclairer la représentation nationale sur ce dossier sensible.

Une diaspora congolaise sous pression

Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud connaît une série de manifestations hostiles aux migrants africains. Dans plusieurs townships de Johannesburg, Pretoria et Le Cap, des ressortissants congolais subiraient des discriminations et parfois même des violences.

Par ailleurs, certains commerces auraient été pillés tandis que plusieurs familles vivent désormais dans la peur.

Face à cette situation, Aimé Boji Sangara a exprimé son indignation devant les députés. « Ces comportements portent atteinte à la dignité humaine », a-t-il déclaré. Ensuite, il a rappelé les principes de libre circulation et d’intégration défendus par l’Union africaine.

Cependant, le président de l’Assemblée nationale ne s’est pas limité à une simple condamnation. Il a également proposé l’envoi d’une délégation parlementaire congolaise en Afrique du Sud.

L’objectif serait double : consulter les parlementaires sud-africains et renforcer la protection des Congolais vivant sur place. En même temps, Kinshasa souhaite préserver ses relations diplomatiques avec Pretoria.

Pretoria sous pression diplomatique

La RDC n’est pas le seul pays africain à réagir. Mercredi déjà, Pretoria a dû répondre à plusieurs accusations de xénophobie venues d’autres capitales africaines.

Le Nigeria ainsi que le Ghana ont aussi exprimé leurs inquiétudes après des incidents visant leurs ressortissants.

Dans ce contexte tendu, l’audition de Thérèse Kayikwamba Wagner prend une importance particulière. Les députés attendent désormais des réponses concrètes.

Combien de Congolais vivent actuellement en Afrique du Sud ? Combien ont été victimes d’agressions ? Quelles démarches diplomatiques Kinshasa a-t-il déjà engagées ? Enfin, quelles garanties Pretoria peut-elle offrir ?

Autant de questions que les élus comptent poser à la ministre cet après-midi.

Une séance très attendue à Kinshasa

Dans quelques heures, la cheffe de la diplomatie congolaise fera donc face aux députés. Cette fois, l’attente est immense et la tension palpable.

Derrière les chiffres et les communiqués officiels, il y a surtout des vies bouleversées. Beaucoup de Congolais avaient choisi l’Afrique du Sud pour y construire leur avenir. Aujourd’hui, certains n’osent plus sortir de chez eux. D’autres ont perdu leurs commerces ou leurs biens.

Par conséquent, la réponse des autorités congolaises sera observée bien au-delà des frontières de la RDC. Fermeté diplomatique, protection consulaire et initiatives parlementaires : Kinshasa joue désormais sa crédibilité sur ce dossier.

Au-delà de la crise actuelle, cette affaire touche aussi à l’idée d’une Afrique unie et solidaire. Or, cette vision vacille aujourd’hui sous les effets de la xénophobie et des tensions régionales.

À Kinshasa, l’Assemblée nationale retient désormais son souffle pendant que la diaspora congolaise attend des actes forts.

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