Offensive diplomatique, militaire et médiatique face à l’agression rwandaise

Lors d’un briefing tenu le jeudi 9 janvier 2025 sur les fronts militaire, diplomatique et médiatique, les autorités congolaises ont présenté une évaluation globale de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). La Ministre des Affaires Étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et le Porte-parole des FARDC, le Général-Major Sylvain Ekenge, ont exposé les progrès et défis dans cette lutte contre l’agression étrangère.

Isolement diplomatique du Rwanda

La Ministre Thérèse Kayikwamba Wagner a souligné l’isolement croissant du Rwanda sur la scène internationale. Elle a précisé que même les alliés historiques du Rwanda, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ont exprimé leur désaccord face à la présence de troupes rwandaises en RDC. Pour la première fois en trois ans, le Royaume-Uni a explicitement nommé le Rwanda comme acteur direct du conflit.

Elle a également cité le rapport des experts de l’ONU confirmant l’implication massive de plus de 4000 soldats rwandais en RDC, accompagnée d’une administration illégale, du pillage de ressources naturelles, et de violations du droit international. « 150 tonnes de coltan exportées frauduleusement, générant 800 000 USD par mois », a-t-elle dénoncé, rappelant les souffrances infligées au peuple congolais.

Progrès militaires des FARDC

Le Général-Major Sylvain Ekenge a détaillé les avancées des FARDC sur le terrain. À Ngungu, la cité est désormais sous contrôle total, tandis que des combats intenses se poursuivent à Masisi. Sur l’axe Saké, les forces congolaises ont repoussé les troupes spéciales rwandaises grâce à une coordination efficace des moyens terrestres, aériens et d’artillerie.

« Trente ans d’agression », ça suffit !a-t-il martelé, rappelant la détermination des FARDC à libérer chaque portion de territoire occupée. Malgré les renforts incessants des forces rwandaises et du M23, l’armée congolaise affirme infliger des pertes significatives à l’ennemi, tout en maintenant un moral élevé parmi ses troupes.

Appel à l’unité nationale

Le Ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a rappelé que cette guerre concerne tous les Congolais, où qu’ils soient. Il a invité à la vigilance face à la désinformation, dénonçant « l’empire du mensonge » propagé sur les réseaux sociaux. « Les premiers défenseurs de la RDC sont les Congolais eux-mêmes », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation collective.

Face à l’agression persistante, les autorités congolaises redoublent d’efforts sur tous les fronts pour défendre la souveraineté nationale et restaurer la paix dans l’Est du pays.

Un rapport de l’ONU révèle une coordination entre le Rwanda, le M23 et l’AFC

Un rapport accablant du groupe d’experts des Nations unies, publié ce mercredi, dévoile des liens directs entre les autorités politico-militaires rwandaises, le général Sultani Makenga, leader militaire du M23, et Corneille Nangaa, chef de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Ce document met en lumière une stratégie d’occupation et d’exploitation à long terme des territoires conquis dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis avril 2024, le Mouvement du 23 mars (M23), avec le soutien des Forces de défense rwandaises (RDF), a intensifié son expansion territoriale malgré les accords de cessez-le-feu. Le rapport onusien affirme que Sultani Makenga demeure à la tête du commandement militaire global du M23 et reçoit un appui logistique et des instructions de la RDF et des services de renseignement rwandais.

Parallèlement, l’AFC de Corneille Nangaa collabore étroitement avec le M23, bien que les deux entités conservent une certaine autonomie. « L’AFC dépend de l’autorisation de Makenga pour ses opérations », indique le rapport. Cette coalition mène des campagnes de recrutement auprès des groupes armés locaux dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tout en installant des administrations parallèles dans les territoires sous leur contrôle.

Le rapport souligne également l’implication de figures historiques telles que René Abandi et Jean-Marie Runiga, ce dernier étant sous sanctions internationales, pour renforcer les alliances. Ces efforts visent à structurer des administrations civiles et militaires, consolidant ainsi l’emprise de la coalition sur les zones occupées.

Les experts de l’ONU alertent sur les conséquences de cette coalition, qui « remodèle durablement le paysage politique et militaire congolais », tout en alimentant les tensions régionales. Le soutien présumé des autorités rwandaises compromet les efforts de stabilisation dans l’Est de la RDC et exacerbe les crises humanitaires et sécuritaires.

La RDC renforce sa stratégie de défense face à la crise sécuritaire à l’Est

Le mercredi, à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Commandant suprême des Forces armées (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC), a dirigé une réunion élargie du Conseil supérieur de la défense. Cette session cruciale a permis de faire le point sur la situation opérationnelle dans tout le pays, en particulier dans les provinces de l’Est, théâtre de tensions persistantes.

Aux côtés de la Première ministre Judith Suminwa, des officiers supérieurs et des responsables des forces de sécurité, le nouveau Chef d’État-major général, Jules Banza Mwilambwe, a dévoilé les grandes lignes de sa vision stratégique. Il a notamment mis en avant la montée en puissance des FARDC pour reprendre le contrôle des territoires occupés par des forces hostiles.

Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a déclaré : « Nos troupes ont repris l’initiative sur le terrain. Dans les jours à venir, les pans de territoire occupés seront récupérés un à un. »

Les discussions ont également porté sur les dimensions diplomatiques et judiciaires de la crise. Le porte-parole a souligné l’isolement croissant du Rwanda, jugé peu engagé dans les efforts de paix à l’Est de la RDC. Dans ce contexte, la ministre des Affaires étrangères a reçu des directives précises pour intensifier les démarches diplomatiques.

Par ailleurs, le Conseil a décidé de poursuivre les actions judiciaires à l’encontre des comportements et attitudes susceptibles de fragiliser l’unité nationale et de nuire au soutien des FARDC.

Cette réunion témoigne de l’engagement renouvelé des autorités congolaises à restaurer l’intégrité territoriale et à renforcer l’unité nationale face aux défis sécuritaires.

Les FARDC et les Wazalendo lancent une contre-offensive pour reprendre Masisi-centre au M23

Les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), soutenues par leurs alliés les Wazalendo, ont intensifié leur offensive contre les rebelles du M23 ce mercredi 8 janvier, dans le but de reconquérir Masisi-centre, une zone stratégique située dans le Nord-Kivu. Selon des sources locales, les premiers bruits d’explosions et de tirs ont été entendus dès 7 heures locales, autour du sommet de Kahongole, une colline dominant le territoire de Masisi.

La position stratégique de Kahongole, perdue par les FARDC après le Nouvel An, fait l’objet de violents affrontements, alors que les forces congolaises et leurs alliés cherchent à la reprendre. La situation reste très tendue et volatile, notamment autour des localités de Sake, Bweremana et Ngungu, où des tirs résonnent toujours.

Des informations recueillies sur le terrain indiquent que l’armée congolaise a réussi à reconquérir le centre de Ngungu mardi 7 janvier au soir, mais les rebelles du M23 restent toujours présents dans la région et tentent de reprendre le contrôle de la localité. De violents combats ont eu lieu entre 14 heures et 23 heures locales autour de Sake et Bweremana, notamment sur les collines de Kihuli et de Ndumba.

Les affrontements entre les FARDC et les rebelles du M23 continuent de perturber la stabilité de la région, exacerbant les tensions dans le Nord-Kivu, déjà affecté par une longue histoire de conflits armés.

 

L’Armée congolaise repousse le M23 après de violents combats près de Sake

Le mardi 7 janvier 2025, de violents combats ont éclaté dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) entre les Forces armées de la RDC (FARDC), soutenues par les groupes armés locaux dits wazalendo, et les rebelles du M23, appuyés par le Rwanda. Ces affrontements ont principalement eu lieu aux abords de Sake, une ville stratégique située à une vingtaine de kilomètres de Goma.

Selon le colonel Guillaume Ndjike Kaiko, porte-parole de l’opération Sukola II au Nord-Kivu, l’armée a mené une contre-offensive qui lui a permis de récupérer plusieurs positions clés précédemment occupées par les rebelles. « Des pertes importantes côté ennemi » ont également été rapportées, a-t-il ajouté.

Les combats ont débuté dans la matinée autour de la colline des « Trois antennes » et dans la localité de Kimoka, des zones stratégiques pour le contrôle de Sake. Des sources locales ont confirmé la reprise de cette colline par les FARDC, marquant un point d’étape crucial dans leur offensive. Les affrontements, utilisant des armes lourdes et légères, se sont poursuivis jusqu’à tard dans la nuit, selon la société civile locale.

Dans le territoire voisin de Masisi, l’armée, appuyée par les wazalendo, a également repris le contrôle des villages de Ruzirantaka, Kabingo, Kadahangwa et Kashovu, situés à moins de cinq kilomètres de Ngungu. Ces gains interviennent après que le M23 a pris le week-end dernier la ville de Masisi, chef-lieu du territoire du même nom.

La situation reste tendue dans cette région, où les affrontements entre les FARDC et le M23 continuent de provoquer des déplacements massifs de populations, accentuant la crise humanitaire dans l’est de la RDC.

Nouvelle tentative du M23 à Sake : La cité stratégique en proie à de violents affrontements

Des affrontements violents secouent depuis ce matin, mardi 7 janvier 2025, les collines surplombant Sake, une cité clé située à 20 kilomètres de Goma, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu). Les combats opposent les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise (RDF), aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), appelés « wazalendo ».

Une attaque repoussée mais des tensions persistantes

Selon des sources locales, le M23 a lancé l’assaut tôt ce matin, visant à s’emparer de Sake. Cependant, les forces loyalistes ont réussi à repousser cette offensive. « Depuis 4h00, les affrontements font rage dans les zones de Kiuli, Kimoka et aux alentours de trois antennes à Sake. Les combats se poursuivent, mais les positions restent inchangées », rapporte Ismaël Matungulu, journaliste déplacé.

Un climat de psychose parmi les habitants

La population de Sake, déjà marquée par des mois de déplacements, vit une nouvelle vague de panique. Les habitants, estimés à 20% à être retournés dans la région, fuient à nouveau vers Goma. « C’est la débandade, les détonations sont insupportables », confie Prince Sabuni, habitant de la zone.

Silence des autorités et condamnations internationales

Alors que les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur cette attaque, l’Union européenne et les États-Unis ont fermement condamné l’occupation de Masisi et des zones environnantes par le M23, appelant au respect du cessez-le-feu et à un retrait immédiat des rebelles. Ils exhortent également le Rwanda à cesser tout soutien au M23 et à retirer ses troupes du territoire congolais.

Passation de commandement aux FARDC : Le général Tshiwewe cède son poste au lieutenant-général Jules Banza

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a présidé ce lundi la cérémonie de passation de commandement entre le général d’armées Christian Tshiwewe, chef d’état-major général sortant des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), et son successeur, le lieutenant-général Jules Banza. Cet événement a eu lieu au siège de l’état-major des FARDC à Kinshasa, avec un impressionnant défilé des différentes unités de l’armée, dont la Police militaire, les forces terrestres, navales et aériennes, ainsi que la Garde républicaine.

Dans son allocution, le général Tshiwewe a exprimé sa gratitude envers le Président Tshisekedi pour la confiance placée en lui tout au long de ses fonctions à la tête des FARDC et a également salué sa désignation en tant que conseiller militaire. Il a appelé toutes les unités de l’armée à soutenir le nouveau chef d’état-major général, le lieutenant-général Jules Banza, pour assurer la continuité de la mission de défense et de sécurité.

Le lieutenant-général Jules Banza, quant à lui, a prêté serment devant le Président Tshisekedi, jurant de remplir ses fonctions avec loyauté, honneur et dévouement. Le général Tshiwewe, après deux années de service dans un contexte marqué par des tensions et la recrudescence des activités rebelles dans l’Est du pays, a quitté son poste en pleine crise sécuritaire, notamment face aux actions du mouvement M23 soutenu par le Rwanda.

La cérémonie a symbolisé un moment clé dans la transition au sein des FARDC, une armée confrontée à des défis majeurs en matière de sécurité, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les groupes armés, dont le M23, continuent de semer la terreur.

Le lieutenant-général Jules Banza, nouvellement promu à la tête des FARDC, devra désormais s’attaquer à la restauration de la paix et de la sécurité dans ces régions en proie au chaos, tout en travaillant à moderniser et renforcer les forces armées congolaises.

Le M23 s’empare de Masisi : inquiétudes et critiques sur l’état de siège en RDC

Le samedi 4 janvier, après quatre jours d’intenses combats, les rebelles du M23 ont pris le contrôle de Masisi centre, chef-lieu du territoire du même nom, dans le Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les agglomérations voisines de Katale et Lushebere sont également tombées aux mains des rebelles, semant la désolation parmi les habitants.

Critiques envers l’état de siège

Face à cette situation, la société civile, par la voix de Guel Mamlaka, président au Nord-Kivu, remet en question l’efficacité de l’état de siège instauré pour rétablir la sécurité. Il estime que cette mesure a montré ses limites et appelle à sa levée pour permettre aux officiers militaires de se consacrer pleinement aux opérations militaires.

Selon lui, « tous les territoires sont envahis », citant également la présence des ADF à Beni. « L’état de siège n’a pas rempli son rôle », déplore-t-il, évoquant une gestion insuffisante de la crise sécuritaire par les autorités.

Le M23 justifie son offensive

Dans une publication sur X, le porte-parole politique du M23, Laurence Kanyuka, a affirmé que leur offensive sur Masisi était une réponse à des attaques planifiées par l’armée congolaise dans la région. Le M23 menace de poursuivre ses opérations sur tous les territoires d’où décollent les avions des FARDC, citant notamment les aéroports de Goma et de Kavumu.

Repli stratégique des FARDC

Suite à la chute de Masisi, les FARDC et les milices locales des Wazalendo se sont repliées vers l’ouest, près de la limite avec le Sud-Kivu. Constantin Kanane, général autoproclamé des Wazalendo, attribue cette défaite à la négligence des autorités militaires, pointant leur lenteur à répondre aux besoins logistiques des troupes sur le terrain.

« Les Wazalendo sont déterminés à repousser l’ennemi, mais l’inaction des autorités compromet nos efforts. Quand l’ennemi attaque, nous échouons faute de soutien adéquat », a-t-il déclaré.

Appel à la mobilisation populaire

Jérôme Musiromi, habitant de Masisi, appelle le gouvernement à admettre ses limites et à encourager les citoyens à se prendre en charge, y compris par les armes. « Il faut impliquer policiers, soldats et démobilisés pour défendre notre territoire », exhorte-t-il, exprimant sa douleur de voir l’ennemi s’étendre sans réelle résistance.

Cette prise de Masisi illustre une fois de plus la complexité des conflits dans l’est de la RDC, exacerbés par l’instabilité régionale et l’inefficacité des mesures gouvernementales.

Goma : Deux femmes tuées et deux blessés graves au camp des déplacés de Rego

Dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 décembre 2024, un drame a frappé le camp des déplacés de Rego, situé dans le quartier Lac Vert, à l’ouest de Goma. Un militaire a tué par balle sa femme et une visiteuse avant de prendre la fuite. Un homme et son enfant ont également été blessés lors d’une attaque distincte.

Un double meurtre par un militaire en fuite

Le chef de quartier Lac Vert, Dedesi Mitima, a expliqué que le militaire s’en est pris à sa femme, âgée de 38 ans, et à une amie de celle-ci. Après les avoir tuées dans leur cabane, il a fui vers Mubambiro, dans le territoire de Nyiragongo.

« Il est arrivé vers 20h30, semble-t-il déjà informé des activités de sa femme, commerçante de boissons alcoolisées et de chanvre. Il a tiré sur elle et son amie sans hésiter », a déclaré Dedesi Mitima.

Un homme et son enfant gravement blessés

Plus tard, des inconnus armés ont attaqué un homme et son enfant dans le même camp. Tous deux ont été grièvement blessés. Ils ont été transportés à l’hôpital, mais leur état reste critique.

Une insécurité persistante dans les camps de déplacés

Ces violences soulèvent des inquiétudes croissantes dans les camps de déplacés autour de Goma. Les organisations humanitaires dénoncent la présence d’hommes armés qui compliquent leurs interventions.

Le mois dernier, un chef de bloc et un enfant de trois ans avaient été tués par un milicien dans le camp de Lushagala, également à l’ouest de Goma.

Goma : un chauffeur de taxi abattu en pleine rue à Kyeshero

Un nouvel acte de criminalité urbaine a endeuillé la ville de Goma dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 décembre 2024, mettant fin à une période de relative accalmie.

Les faits

Un jeune chauffeur de taxi a été retrouvé mort ce mardi matin dans le quartier Kyeshero, près du rond-point Kituku, à l’ouest de la ville. Selon des témoins, la victime a été criblée de balles lors d’une fusillade survenue aux environs de minuit.

Le corps sans vie de la victime a été conduit à la morgue de l’hôpital provincial par la police et les membres de l’association des chauffeurs de taxis, sous une vive émotion.

Contexte

Cet assassinat survient alors que le maire de Goma s’était récemment félicité de la baisse des crimes ciblés dans la ville. Ce drame relance la question de la sécurité urbaine dans cette région déjà marquée par une forte instabilité.

La CENCO lance un appel à la paix : « Ma priorité, c’est la paix »

À l’approche de Noël, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a publié le lundi 23 Décembre 2024 un message fort adressé à la nation et à la communauté internationale. Sous le thème « Ma priorité, c’est la paix », les évêques congolais ont exhorté à un engagement collectif pour construire un pacte social dédié à la paix et au bien-vivre ensemble en République Démocratique du Congo (RDC) ainsi que dans la région des Grands Lacs.

Une situation critique à résoudre

Les évêques dénoncent une crise humanitaire sans précédent. En effet, un rapport récent de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) révèle que 27 millions de Congolais souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. De plus, 5,7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.

Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri restent les plus touchées par les conflits armés. Elles comptent à elles seules 4 millions de déplacés internes, soit une proportion alarmante de leurs populations. Par ailleurs, des conflits intercommunautaires, comme ceux entre les Lengo et les Mbole dans la Tshopo, continuent d’aggraver la situation.

Une solution basée sur un pacte social

Pour faire face à cette crise, la CENCO propose un pacte social pour la paix. Ce pacte repose sur trois piliers : la justice, la réconciliation et la solidarité. Les évêques appellent toutes les parties prenantes, tant nationales qu’internationales, à soutenir cette démarche.

« L’engagement pour une paix durable doit devenir une priorité collective. », insistent les évêques.

Ce pacte sera coordonné par un secrétariat technique. Celui-ci identifiera les acteurs clés et proposera des solutions concrètes pour instaurer une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.

Appel à la communauté internationale

La CENCO invite la communauté internationale à jouer un rôle actif. Selon les évêques, il est essentiel de soutenir les initiatives locales tout en veillant à ce que toutes les voix soient entendues de manière équitable.

« Que cet appel trouve un écho favorable auprès de ceux qui peuvent transformer ce vœu en une réalité. », ont-ils ajouté.

Une démarche inspirée par le Pape François

Les évêques se réfèrent au message du Pape François pour la 58e Journée mondiale de la paix. Ce message rappelle l’importance de la miséricorde et de la fraternité comme fondements de la réconciliation.

Pour conclure, la CENCO implore l’intercession de Notre Dame de la Paix. Les évêques exhortent chaque Congolais à devenir un artisan de paix pour contribuer à un avenir meilleur.

Lubero : Les FARDC consolident leurs positions face aux offensives des rebelles du M23

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) maintiennent ce lundi 23 décembre leur contrôle sur les localités de Ndoluma et Mambasa, situées dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), malgré les assauts répétés des rebelles du M23.

« La situation demeure volatile dans la zone, et le risque de reprise des affrontements reste élevé »,
rapportent des sources militaires.

Les FARDC poursuivent leur avancée stratégique en visant la reprise d’Alimbongo, une localité clé tombée entre les mains des rebelles il y a une semaine. De leur côté, les éléments du M23 tentent de progresser vers Mambasa et Ndoluma, mais se heurtent à la résistance des forces armées.

Ce matin, des affrontements ont éclaté autour de Mambasa, à 60 kilomètres de Lubero-Centre, localité toujours sous contrôle des FARDC.

« Les rebelles ont tenté de nous déloger, mais nos troupes ont riposté avec des hélicoptères de combat et de l’artillerie lourde »,
a précisé une source au sein des FARDC.

La tension reste palpable dans cette zone stratégique du Nord-Kivu, où l’armée congolaise continue de mobiliser ses forces pour contrer l’avancée des rebelles du M23.

Nord-Kivu : les FARDC reprennent Ndoluma et progressent vers Alimbongo

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris, samedi 21 décembre, le contrôle de la localité de Ndoluma, située à environ 60 kilomètres de Lubero centre, dans la province du Nord-Kivu. Cette victoire fait suite à des affrontements intenses avec les rebelles du M23 dans le sud du territoire de Lubero.

Des affrontements ont de nouveau éclaté ce dimanche 22 décembre entre les FARDC et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda. Selon des sources militaires locales, les rebelles ont lancé une attaque sur le village de Kitsumbiro avec pour objectif d’atteindre Lubero centre. Cependant, les FARDC, appuyées par des avions de chasse, ont repris l’avantage.

« Au moment où je vous parle, nous progressons vers la localité stratégique d’Alimbongo, tombée entre les mains des rebelles du M23 il y a une semaine, » a déclaré Pascal B., un officier des FARDC.

Ce dimanche matin, l’artillerie et les hélicoptères de combat des FARDC ont intensément pilonné les positions ennemies autour d’Alimbongo.

Des sources concordantes confirment que l’armée congolaise avance rapidement en direction d’Alimbongo, localité stratégique occupée par les rebelles depuis une semaine.

« La situation reste tendue dans la zone, mais les FARDC sont déterminées à reprendre chaque village occupé par les rebelles, » ont ajouté des responsables militaires.

La reprise de Ndoluma et l’avancée vers Alimbongo marquent une étape importante dans la lutte des FARDC pour restaurer la souveraineté de l’État sur les territoires sous contrôle des rebelles du M23.

Opération Ndobo : 21 kulunas condamnés à mort

L’opération Ndobo, lancée pour traquer les kulunas (bandits urbains), a connu une nouvelle étape importante le mercredi 18 décembre 2024. Lors d’une audience foraine en flagrance, le tribunal de grande instance (TGI) de Kalamu, à Kinshasa, a prononcé plusieurs condamnations, poursuivant ainsi la lutte contre l’insécurité en milieu urbain.

Des verdicts sévères pour les bandits urbains

Au total, 40 prévenus détenus dans les cachots du parquet de Kalamu ont été jugés :

  • 21 kulunas ont été condamnés à la peine de mort pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort, ainsi que pour association de malfaiteurs.
  • 7 délinquants urbains ont écopé de 10 ans de servitude pénale grâce à des circonstances atténuantes.
  • 8 mineurs identifiés parmi les prévenus ont vu leurs dossiers renvoyés aux juridictions compétentes pour mineurs, le TGI s’étant déclaré incompétent pour les juger.
  • 7 prévenus ont été acquittés, faute de preuves suffisantes pour établir leur culpabilité.

Des attentes du côté de la justice militaire

En parallèle, le verdict concernant un autre groupe de kulunas déférés à la justice militaire est attendu dans les prochains jours, preuve de la volonté des autorités d’accélérer les procédures judiciaires liées à cette opération.

Une traque sans relâche

L’opération Ndobo, également appelée « traque des kulunas », est menée sous la supervision du chef de la Police, le Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo. Elle se traduit par des opérations de bouclage dans plusieurs quartiers de Kinshasa, visant à rétablir la sécurité urbaine et à réduire le taux de criminalité lié aux gangs.

Cette initiative, saluée par une partie de la population, démontre une fermeté accrue des autorités face à l’insécurité croissante dans la capitale de la RDC.

Kisangani : 450 mille usd alloués pour réhabiliter le centre de formation de Kapalata

Le mercredi 17 décembre 2024, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani, a officiellement lancé les travaux de réhabilitation du Centre de formation de la police à Kapalata, dans la ville de Kisangani, située dans la province de Tshopo, en République démocratique du Congo (RDC).

Cette initiative, promise il y a cinq mois, marque un tournant pour la modernisation de cette école de police. Lors de la cérémonie, le ministre a remis symboliquement un chèque de près de 450 mille dollars américains, un financement provenant entièrement du gouvernement congolais, pour permettre une exécution rapide des travaux.

Une promesse tenue

La réhabilitation de cette grande école s’inscrit dans la continuité de la promesse faite par Jacquemain Shabani lors de sa mission d’itinérance en août dernier. À cette occasion, il avait constaté l’état délabré des infrastructures, comparant l’école à « un enfant abandonné ». Cette situation nécessitait une intervention urgente pour restaurer cet établissement stratégique.

Un délai de 60 jours pour les travaux

Lors de son allocution, le Vice-Premier ministre a demandé à la génie de la police de réaliser les travaux dans un délai record de 60 jours, soulignant l’importance de ces infrastructures pour la formation des recrues.

Une avancée saluée par les autorités locales

Le gouverneur de la province de Tshopo, Paulin Lendongalia, a exprimé sa gratitude envers le gouvernement et le ministre Shabani pour leur engagement. Il a souligné que cette réhabilitation permettra d’améliorer les conditions de formation des 2 200 nouvelles recrues déjà identifiées, car, selon lui, « il n’y a pas de formation sans infrastructures adaptées ».

Un impact majeur pour la sécurité

Ce projet contribue non seulement à résoudre le problème du sous-effectif de la police, mais aussi à renforcer la sécurité nationale grâce à une formation de qualité pour les nouvelles générations d’agents.

Le M23 s’empare de la localité de Mbingi après une offensive dans le Sud de Lubero

Les rebelles du M23 ont pris le contrôle, ce mercredi après-midi, de la localité de Mbingi, chef-lieu de la chefferie de Batangi, située à 50 kilomètres de Lubero-Centre. Cette nouvelle avancée fait suite à une série d’offensives menées depuis dimanche dans le sud de Lubero.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), après un bref échange de tirs, ont battu en retraite, abandonnant Mbingi aux assaillants. Selon des sources locales, les militaires congolais se sont retrouvés presque encerclés, les rebelles ayant déjà pris le contrôle des axes stratégiques de Kaseghe et d’Alimbongo, coupant ainsi les principales voies d’accès vers la localité.

Depuis le début de cette offensive, le M23 a également conquis successivement les villages de Matembe, Butsorovya, Mambasa et Alimbongo, élargissant progressivement son emprise dans cette région. La situation demeure extrêmement tendue, et les habitants vivent dans une grande incertitude face à ces nouvelles avancées des rebelles.

Les rebelles du m23 atteignent mambasa : situation préoccupante dans le Nord-Kivu

Les rebelles du M23 ont atteint Mambasa, chef-lieu de la chefferie des Bamate, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Selon les informations recueillies, après des combats intenses durant la nuit du lundi au mardi 17 décembre, les habitants ont découvert la présence des rebelles appuyés par Kigali à Mambasa au matin. Pendant ce temps, l’armée congolaise et ses supplétifs wazalendo se sont repliés à Ndoluma.

« Les rebelles sont déjà chez nous à Mambasa. Nous l’avons constaté ce matin, » confirme le Mwami Sondoli Mukosasenge, chef de la chefferie des Bamate.

fuite des populations vers des zones sûres

Alors que la situation devient de plus en plus tendue, un renfort militaire en provenance de Beni se dirigeait vers Lubero. Cependant, aucun combat n’a été signalé entre Mambasa et Ndoluma au cours de l’avant-midi du mardi. D’après des habitants et notables locaux, plusieurs villages, dont Mambasa, Ndoluma, Kitsombiro, Bikara et Katondi, se vident de leurs populations, qui se dirigent vers des zones jugées plus sûres comme Kimpese, Kasugho, ou encore Butembo, plus au nord.

« Quand nous voyons comment Matembe, Alimbongo et Mambasa sont tombés en si peu de temps, nous craignons qu’ils nous atteignent. Nous avons décidé de quitter la zone, d’évacuer nos proches, » déclare M. Syakomia, un notable de Kitsombiro, qui a quitté son village ce matin pour Butembo.

tensions et pillages signalés

Les habitants déplorent également des actes de pillage commis par les FARDC, notamment sur l’axe Mambasa-Kitsombiro. Certains notables exigent que l’armée se concentre sur la protection des civils plutôt que de se livrer à ce genre d’agissements.

« Ils doivent sécuriser nos populations et non se livrer à ces genres d’actes, » a également exprimé le Mwami Sondoli Mukosasenge.

menace sur butembo, capitale commerciale du nord-kivu

Avec la prise de Mambasa, les rebelles se trouvent désormais à 90 km de Butembo, principale ville commerciale du Nord-Kivu, menaçant ainsi la stabilité de cette zone stratégique pour l’économie de la région.

« La situation est critique, et nous devons nous préparer à toute éventualité, » a conclu un habitant de Butembo.

Table ronde à kisangani pour la paix entre mbole et lengola

Le ministère de l’Intérieur organise, du 17 au 19 décembre, une table ronde à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, afin de restaurer la paix entre les communautés Mbole et Lengola. Cette initiative, voulue par le Chef de l’État, réunit les représentants des communautés ethniques, les chefs coutumiers, les acteurs de la société civile, les leaders religieux et les autorités politico-administratives de la province.

Des discussions sur les causes du conflit

Selon les organisateurs, ce forum de trois jours se penchera sur les causes profondes du conflit entre les Mbole et les Lengola, qui a éclaté en octobre 2022. Cette rencontre vise à proposer des mesures concrètes pour rétablir la confianceet assurer une cohésion durable, afin de permettre le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine.

Les conséquences humaines et matérielles de ce conflit sont alarmantes. Des sources de la société civile rapportent :

« Plus de 800 morts et 10.000 déplacés ont été enregistrés depuis plus d’une année. Des écoles, des maisons d’habitation et d’autres infrastructures socio-économiques ont été détruites lors des affrontements. »

Une situation humanitaire préoccupante

Les déplacés vivent actuellement dans des conditions précaires, hébergés dans des familles d’accueil ou sur des sites comme la paroisse Sainte Marthe, Saint Gabriel et le bureau communal de Kisangani. Nombre d’entre eux sont contraints à mendier pour survivre. Ils n’aspirent qu’à une paix durable pour retourner dans leurs villages et subvenir à leurs besoins grâce aux produits de leurs champs.

Une table ronde après l’annulation des contrats

Ce forum intervient dans un contexte particulier, marqué par l’annulation récente des contrats de la société CAP-Congopar la ministre des Affaires foncières, considérée comme l’élément déclencheur de ce conflit meurtrier.

L’espoir est grand que cette rencontre aboutisse à des solutions durables pour garantir la paix, la cohésion sociale et le développement de la Tshopo.

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L’Union Européenne exprime sa déception après l’échec des pourparlers de Luanda

L’Union européenne, par la voix de son Représentant spécial pour la Région des Grands Lacs, Johan Borgstam, a exprimé sa déception suite à l’échec des pourparlers de Luanda. Cette position a été partagée, lundi à Kinshasa, lors d’un échange avec la ministre d’État en charge des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), Thérèse Wagner Kayikwamba.

« Nous avons eu un échange très franc (…) Et pour moi, ça a aussi été une possibilité de partager la déception du côté de l’Union européenne pour ce qui vient de se passer à Luanda. », a déclaré Johan Borgstam au terme de la rencontre.

L’Union européenne a réaffirmé son engagement fort en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs, en mettant un accent particulier sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

« Ça a aussi été une opportunité pour moi de rappeler la position très claire et très ferme de l’Union européenne par rapport à la présence de troupes rwandaises sur le sol congolais, c’est-à-dire que ces troupes doivent se retirer. », a-t-il ajouté avec fermeté.

Cette déclaration survient dans un contexte de tensions persistantes et d’appels renouvelés à un retrait immédiat des troupes rwandaises présentes en territoire congolais, un point central des négociations de Luanda.

Thérèse Kayikwamba pointe le refus du Rwanda et rejette tout dialogue avec le M23

Dimanche 15 décembre, lors du briefing de presse sur le processus de Luanda, la Ministre d’État et des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner (@RDCongoMAE), a dénoncé l’attitude du Rwanda, qu’elle accuse d’avoir fait capoter les négociations.

« En arrivant à Luanda, le Chef de l’État a tenu à saluer les efforts de la médiation angolaise. Les Présidents Tshisekedi et Lourenço étaient mobilisés pour la paix, mais le Président rwandais n’a même pas daigné répondre à l’invitation de son homologue angolais. »

Alors que les discussions étaient proches d’un accord de paix, la partie rwandaise a introduit de nouvelles conditions, notamment la demande d’un dialogue direct entre le gouvernement congolais et le M23. Une demande catégoriquement rejetée par Kinshasa.

« Nous étions si proches de conclure un accord de paix, mais le Rwanda a choisi la voie de la guerre », a affirmé Mme Kayikwamba avant d’ajouter :
« Nous étions quasiment à la fin de l’examen du projet d’accord proposé par la médiation angolaise, lorsque de nouvelles conditions ont été introduites par la partie rwandaise : conditionner la signature de l’accord à un dialogue direct entre le gouvernement de la RDC et les M23. Ce que nous avons rejeté. »

La Ministre d’État a par ailleurs fermé la porte à toute négociation avec le groupe armé M23, rappelant que la RDC a définitivement tourné cette page :

« La RDC ne discutera pas avec le M23, qui doit rejoindre le processus de Nairobi, un cadre spécifique dédié aux questions liées aux groupes armés. »

processus de Luanda: Uhuru Kenyatta invité à faire le point sur le processus de Nairobi

Lors du tête-à-tête de ce dimanche en Angola entre les présidents Félix Tshisekedi et Joâo Lourenço, la médiation a convié l’ancien chef d’État kenyan, Uhuru Kenyatta, à présenter un état des lieux du processus de Nairobi et à établir un lien avec celui de Luanda.

En sa qualité de Facilitateur du processus de Nairobi, Uhuru Kenyatta avait pour mission d’organiser des consultations avec les groupes armés afin de préparer leur démobilisation, leur désarmement et leur réinsertion sociale.

« Le groupe terroriste M23 a quitté la table des négociations, privilégiant la voie des armes », a rappelé Uhuru Kenyatta, soulignant ainsi l’impasse actuelle dans les pourparlers.

Cette jonction entre les processus de Nairobi et de Luanda vise à renforcer les efforts pour stabiliser l’Est de la RDC, tout en appelant les groupes armés à revenir à la table des négociations.

Luanda accueille une rencontre décisive entre Tshisekedi et Kagame

Le Président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame se rencontreront ce dimanche à Luanda, en Angola. Cette réunion intervient dans le cadre des négociations pour un accord de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région secouée par des violences depuis trois ans. Le groupe terroriste M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, y mène des attaques répétées.

Une médiation sous l’égide de l’Union africaine

Placée sous la médiation du Président angolais João Lourenço, désigné par l’Union africaine, cette rencontre suscite de grands espoirs. Elle vise à poser les bases d’une solution durable pour mettre fin à l’insécurité dans cette zone stratégique.

Un tournant potentiel pour la stabilité régionale

Depuis des mois, les initiatives régionales se multiplient. Toutefois, cette réunion pourrait marquer un tournant décisif. Pour les observateurs, un accord de paix nécessitera des engagements clairs des deux parties et un dialogue constant.

Une étape cruciale pour l’avenir

En conclusion, la rencontre de Luanda constitue une étape cruciale dans la quête de stabilité dans l’Est de la RDC. Les résultats attendus auront un impact majeur sur l’avenir de la région.

Le Gouvernement intensifie la lutte contre le banditisme et promet des solutions pour la circulation routière

Le 12 décembre 2024, le Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, a co-animé un point de presse avec le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Cette rencontre intervient au lendemain du discours du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, devant le Congrès.

Une lutte renforcée contre le banditisme urbain

Le Vice-Premier Ministre a mis en avant les efforts du Gouvernement pour éradiquer le banditisme urbain, notamment à travers l’opération « Ndobo », visant les « kulunas » dans la ville de Kinshasa. Depuis son lancement, 784 individus ont été interpellés et jugés en flagrance dans le cadre d’audiences foraines, respectant les lois en vigueur.

Shabani Lukoo a également insisté sur l’importance de programmes de réinsertion pour les jeunes impliqués dans ces actes. Il a cité l’initiative de Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, comme un exemple concret de réhabilitation, conformément à la vision du Président Tshisekedi.

Des solutions pour la circulation à Kinshasa

La question des embouteillages à Kinshasa a également été abordée. Shabani Lukoo a annoncé des mesures pour améliorer la fluidité de la circulation, issues d’une réunion interministérielle impliquant plusieurs acteurs, dont le Vice-Premier Ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba. Ces propositions seront examinées en Conseil des ministres.

Il a par ailleurs appelé les Kinois à relativiser ce problème, rappelant que l’aménagement du territoire joue un rôle clé. Actuellement, seulement 40 % des 12 000 km² de la ville sont exploités.

Révision de la Constitution : une nécessité pour le progrès

Enfin, le Vice-Premier Ministre s’est prononcé en faveur d’une révision de la Constitution, affirmant qu’elle doit évoluer avec le pays pour mieux répondre aux attentes des citoyens. Il a souligné que la paix et la stabilité sont des conditions essentielles pour que les Congolais bénéficient pleinement des lois et des réformes en cours.

Ce briefing illustre l’engagement du Gouvernement à répondre aux défis de sécurité et d’aménagement urbain. La lutte contre le banditisme et les mesures pour fluidifier la circulation témoignent de la volonté des autorités de créer un cadre de vie meilleur pour les habitants de Kinshasa.

Est de la RDC : L’ Afrique du Sud et l’Angola renforcent leur coopération pour la paix en RDC

Lors d’une visite d’État à Pretoria le jeudi 12 décembre 2024, le président angolais João Lourenço et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa ont réaffirmé leur engagement à collaborer étroitement pour la pacification de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), région en proie à la violence depuis plus de deux décennies en raison de l’activisme des groupes armés soutenus par le Rwanda.

Cyril Ramaphosa a salué le rôle constructif de João Lourenço, médiateur au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et facilitateur du processus de Luanda. Il a également insisté sur l’importance de « faire taire les armes en Afrique » pour garantir la stabilité et le développement économique du continent. « En tant que pays africains, nous devons être à l’avant-garde de la promotion de la résolution pacifique des conflits », a-t-il souligné.

Un sommet tripartite Angola-RDC-Rwanda attendu

João Lourenço a annoncé qu’un sommet tripartite réunissant les présidents de l’Angola, de la RDC et du Rwanda se tiendra le dimanche 15 décembre à Luanda. Ce sommet pourrait aboutir à un accord de paix définitif entre Kinshasa et Kigali. « Des progrès significatifs ont été réalisés dans les négociations« , a-t-il déclaré, ajoutant que des réunions techniques et ministérielles ont renforcé l’espoir d’une solution durable.

La RDC appelle au respect des engagements

Lors d’une session au Conseil de sécurité de l’ONU, Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, a dénoncé l’inaction du Rwanda dans le cadre du mécanisme de vérification ad hoc renforcé, tout en condamnant les violences perpétrées par le M23 et les forces rwandaises. Malgré ces violations, la RDC reste engagée dans le processus de Luanda, appelant au retrait des troupes rwandaises et à la neutralisation des FDLR.

« La communauté internationale doit exiger le respect des engagements pour mettre fin à cette guerre, qui aggrave une crise humanitaire dramatique », a-t-elle plaidé.

Une situation toujours préoccupante

Malgré les efforts diplomatiques, la situation sur le terrain reste critique. Le M23 poursuit son avancée dans le Nord-Kivu, occupant de vastes zones à Walikale, Masisi, Rutshuru et Nyiragongo. Sur place, l’Afrique du Sud soutient les FARDC à travers la mission SAMIDRC, déployée par la SADC pour traquer les rebelles et rétablir la paix.

Nations unies : appel urgent pour un mécanisme de prévention de la torture en RDC

Le Sous-comité des Nations unies pour la prévention de la torture (SPT) a exhorté, mercredi 11 décembre, la République démocratique du Congo (RDC) à accélérer l’établissement d’un mécanisme national de prévention (MNP) de la torture, à la suite de sa première visite officielle dans le pays du 1er au 7 décembre.

« Les progrès réalisés par la RDC dans la mise en place de son mécanisme national de prévention (MNP) sont très encourageants, mais une mise en œuvre rapide est essentielle », a déclaré Hamet Saloum Diakhaté, chef de la délégation du SPT, dans un communiqué publié mercredi.

Un outil indispensable pour lutter contre la torture

Selon la délégation, ce mécanisme est crucial pour améliorer les « déplorables conditions de détention » observées au cours de leur mission, et constitue un levier essentiel pour prévenir les actes de torture et les mauvais traitements.

La RDC, qui a ratifié le Protocole facultatif à la Convention contre la torture (OPCAT) en 2010, s’est engagée à mettre en place un MNP indépendant chargé de surveiller les lieux de privation de liberté. Cependant, ce processus reste inachevé malgré les obligations internationales.

Des rencontres et des visites de terrain

Durant son séjour, le SPT a tenu des réunions de haut niveau avec des responsables politiques et institutionnels, notamment le ministre de la Justice, la ministre des Droits humains, les présidents du Sénat et de la Commission des droits de l’homme, ainsi que des membres de la société civile, des diplomates et des agences onusiennes.

La délégation a également mené des inspections inopinées dans plusieurs lieux de détention à Kinshasa, notamment des prisons, des commissariats de police et les cachots du Palais de Justice. Ces visites ont permis d’interroger en toute confidentialité des détenus, des agents pénitentiaires, des policiers et du personnel médical.

« La surpopulation carcérale s’étend aux cellules des commissariats et tribunaux, qui ne sont pas adaptés à des détentions au-delà de 48 heures. Cette situation découle principalement d’un recours excessif à la détention provisoire pour des périodes trop longues », a déploré Diakhaté.

Un rapport pour guider les réformes

À la fin de sa mission, le SPT soumettra un rapport confidentiel aux autorités congolaises, contenant des recommandations pour prévenir la torture et améliorer les conditions de détention. Il a encouragé le gouvernement congolais à rendre ce rapport public afin de faciliter sa mise en œuvre.

Créé en 2007, le SPT est mandaté pour effectuer des visites inopinées dans divers lieux de détention à travers les États parties à l’OPCAT. À ce jour, il a mené des missions dans plus de 80 pays.

La délégation présente en RDC était composée de quatre membres : Hamet Saloum Diakhaté (Sénégal), Hamida Dridi (Tunisie), Jakub Czepek (Pologne) et Julia Kozma (Autriche).

Conseil de Sécurité de l’ONU : Thérèse Kayikwamba Wagner plaide pour une paix durable en RDC

Le lundi 9 décembre, lors de la 9804e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Ministre d’État des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, a présenté un tableau préoccupant de la situation sécuritaire à l’est du pays, tout en réitérant l’engagement de Kinshasa envers une paix durable.

Au cours de son intervention, elle a mis en lumière les graves violations des droits humains, les violences, les bombardements, et les déplacements massifs de populations, qui continuent de marquer l’est de la RDC. La Ministre a fermement dénoncé le refus du Rwanda de respecter ses engagements internationaux, ainsi que les violations répétées du cessez-le-feu, entravant ainsi les efforts de paix.

Mme Kayikwamba Wagner a également rappelé l’importance du processus de paix en cours sous la médiation de l’Angola et a plaidé pour le renouvellement du mandat de la MONUSCO. Selon elle, cette mission reste essentielle pour renforcer la stabilité régionale, malgré les défis liés à son retrait progressif.

Elle a salué les avancées réalisées dans des provinces comme le Sud-Kivu, tout en soulignant la nécessité d’un mécanisme ad hoc pour garantir une paix durable et prévenir de nouvelles escalades de violence.

Lubero en flammes : Les FARDC face à l’offensive du M23 sur plusieurs fronts

Depuis le dimanche 8 décembre, l’armée congolaise (FARDC) a repris le contrôle de Luofu, un village stratégique du territoire de Lubero, ouvrant l’accès à des axes majeurs reliant Kaseghe et Matembe.

Cependant, les combats entre les FARDC et les rebelles du M23, appuyés par le Rwanda, s’intensifient. Ce lundi 9 décembre marque le huitième jour consécutif de violents affrontements dans le sud de Lubero, où l’armée résiste sur quatre fronts majeurs : Matembe, Kaseghe, Mighobwe et Kibaku.

Matembe, un point d’ancrage stratégique, reste âprement disputé. Les rebelles, qui occupent encore certains villages, ont lancé une offensive depuis ces zones dans l’espoir de progresser vers des centres névralgiques comme Lubero-Centre. En réponse, les FARDC ont érigé des centres de résistance et déployé des tactiques de défense mobile pour contenir l’avancée ennemie.

Alors que les affrontements continuent de secouer la région, les regards se tournent vers Luanda, en Angola. Le 15 décembre, le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame participeront à un sommet tripartite aux côtés du président angolais João Lourenço. Cette réunion cruciale vise à désamorcer les tensions dans l’est de la RDC.

Nord-Kivu : le M23 renforce sa présence dans le territoire de Masisi

Au cours des trois dernières semaines, au moins cinq villages sont tombés sous le contrôle des rebelles du M23 dans le groupement Mufunyi-Kibabi. Ces localités se trouvent à proximité de la zone minière de Rubaya, en territoire de Masisi (Nord-Kivu).

Les villages concernés incluent Shugi, Kinigi, Kaniro et Mululu. Des sources locales ont confirmé ces informations ce 6 décembre.

Des affrontements violents

La prise de ces villages est survenue après quatre jours d’affrontements intenses. Les combats ont opposé les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, aux miliciens locaux des groupes VDP/Wazalendo, alliés aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Selon ces mêmes sources, les affrontements se rapprochent progressivement du secteur voisin de Katoyi, dans le territoire de Masisi.

Un contexte préoccupant

La région de Rubaya, riche en ressources minières, reste stratégique pour les groupes armés. Ces derniers cherchent à renforcer leur contrôle territorial et économique dans l’est de la RDC.

Ces récents développements accentuent les tensions locales et soulignent la fragilité des efforts de pacification dans cette zone en proie à l’insécurité.

L’avancée du M23 dans le Masisi représente une menace majeure pour les populations locales. Une réponse urgente est nécessaire pour contenir cette progression et éviter une aggravation de la crise humanitaire.

Reprise des combats entre les FARDC et le M23 dans le sud de Lubero

Les affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les combattants du M23, soutenus par le Rwanda selon les autorités congolaises, ont repris ce mardi 3 décembre 2024 dans le sud de Lubero, au Nord-Kivu.

Selon le lieutenant Reagan Mbuyi, porte-parole des opérations du Front-Nord, les forces loyalistes ont infligé de lourdes pertes à l’ennemi tout en maintenant leurs positions.

« Hier, les affrontements ont cessé aux environs de 16 heures pour reprendre ce matin. Les combats se concentrent désormais du côté de Hutwe, où les FARDC asphyxient l’ennemi, qui tente de percer certaines lignes de front », a-t-il déclaré.

Lignes de front sous contrôle des FARDC

Le lieutenant Mbuyi a précisé que les lignes stratégiques, notamment à Mathembe, sur la colline Kasinga, et à Hutwe, demeurent sous contrôle des FARDC.

« Les lignes de front n’ont pas bougé. Hier, l’ennemi a largué deux bombes à l’aveuglette, à 7 kilomètres de l’hôpital général de référence d’Alimbongo, sans causer de dégâts matériels ni humains. »

Pertes importantes pour le M23

Les FARDC rapportent avoir infligé de lourdes pertes aux rangs des forces adverses, avec plusieurs morts et blessés comptabilisés.

Cette nouvelle intensification des combats intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, marqué par des incursions récurrentes du M23 et des accusations réitérées contre Kigali pour son soutien présumé à ces groupes armés.

La RDC et le Rwanda devant la Cour africaine des droits de l’homme en février 2025

La République démocratique du Congo (RDC) poursuivra le Rwanda devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples le 12 février 2025, une juridiction relevant de l’Union africaine. Ce procès s’inscrit dans une série d’initiatives judiciaires internationales visant à dénoncer les violations perpétrées par le Rwanda et son président, Paul Kagame, sur le sol congolais.

Un procès aux enjeux historiques

À la différence de l’audience du 26 septembre 2024 devant la Cour de justice de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), qui portait sur des différends régionaux, cette nouvelle démarche s’inscrit dans une perspective plus globale. Elle vise à établir les responsabilités du Rwanda dans des décennies de conflits marqués par :

  • L’agression répétée de la RDC,
  • Le pillage systématique des ressources naturelles,
  • Les violences sexuelles infligées aux femmes et enfants,
  • Les massacres des populations civiles.

Des efforts sans précédent

Le vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba, en charge du contentieux international, a souligné l’importance et l’ampleur de cette démarche :

« Depuis des décennies d’agression, de pillage de nos minerais, de viols et de massacres, jamais le Rwanda et Paul Kagame n’ont été poursuivis à travers des procès réels à tous les niveaux comme aujourd’hui. Nous avons désormais trois procès en cours. »

Ces initiatives traduisent une volonté claire de la RDC de mobiliser les instances internationales pour lutter contre l’impunité qui entoure les conflits dans l’Est du pays.

Vers une reconnaissance des droits des peuples affectés

En saisissant la juridiction de l’Union africaine, la RDC cherche à ouvrir une nouvelle voie pour la reconnaissance des droits des victimes et à poser les bases d’une éventuelle poursuite devant la Cour pénale internationale (CPI).