RDC : la Justice ouvre une enquête sur les violences des manifestations du 15 septembre

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les violences des manifestations du 15 septembre 2026. Dans un communiqué daté du 21 septembre, il a saisi le Procureur général près la Cour de cassation pour faire la lumière sur les débordements survenus à Kinshasa et dans d’autres villes du pays.

Selon le document, l’instruction devra couvrir l’ensemble des faits signalés lors des manifestations organisées par l’opposition. Le ministre cite notamment des actes de violence, des blessures, des destructions de biens, des allégations de décès et des interpellations intervenues en marge des rassemblements.

Une enquête pour établir les responsabilités

D’après Guillaume Ngefa, les investigations devront s’appuyer sur des éléments de preuve recueillis conformément à la loi. L’objectif est donc de déterminer les circonstances exactes des incidents et, le cas échéant, d’identifier les responsabilités pénales.

De plus, le ministre de tutelle insiste sur le caractère impartial de la procédure. « Cette démarche est menée sans préjuger de l’issue des procédures qui seront engagées par le Parquet général », a souligné le communiqué.

Le rappel des garanties constitutionnelles

Dans ce contexte politique tendu, le patron de la Justice a tenu à rappeler un principe fondamental.

« Toute personne interpellée ou mise en cause dans ce dossier bénéficie des garanties prévues par la Constitution, notamment la présomption d’innocence et le respect strict des droits de la défense », a martelé Guillaume Ngefa.

Ce que dénonce l’opposition

Pour rappel, dans un communiqué conjoint publié après la marche du 15 septembre, les leaders de l’opposition avaient dressé un bilan d’un mort et d’une dizaine de blessés.

Les signataires, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Delly Sesanga, avaient directement mis en cause les combattants de la « Force du progrès » de l’UDPS et des agents du Service national.

En outre, ces opposants avaient pointé du doigt des éléments de la Garde républicaine et de la Police nationale congolaise, qu’ils soupçonnaient d’avoir tendu un piège à leur activité politique.

Face à ces faits, ils avaient réclamé une enquête indépendante pour établir clairement les responsabilités.

Un test pour l’État de droit

Finalement, cette décision s’inscrit dans la volonté affichée par le gouvernement de faire de l’État de droit un pilier de son action. En confiant le dossier à la Cour de cassation, l’exécutif veut garantir une procédure crédible.

Par conséquent, l’ouverture de cette enquête judiciaire est désormais attendue comme un baromètre. Les organisations de défense des droits humains et la société civile espèrent qu’elle permettra de faire toute la lumière sur ces événements et d’éviter l’impunité.

ONU-UA : à New York, la RDC s’invite au cœur des discussions sur la paix en Afrique

À New York, la crise dans l’est de la République démocratique du Congo s’est invitée au cœur des discussions entre l’Union africaine et les Nations unies. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, ont coprésidé une réunion de haut niveau consacrée au renforcement de la coopération entre les deux organisations.

La rencontre, tenue ce 21 septembre à New York, intervient à la veille de l’ouverture du débat général de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale. Cette séquence internationale doit réunir les dirigeants et hauts responsables du monde entier autour des principaux dossiers de coopération multilatérale.

La situation dans l’Est de la RDC examinée à New York

Parmi les crises abordées lors de la réunion ONU-UA figurait la situation en République démocratique du Congo. Selon le compte rendu de l’Union africaine, les échanges ont porté sur l’évolution de la crise congolaise et sur le soutien à la médiation conduite par le Togo.

La RDC a ainsi été examinée aux côtés d’autres foyers de crise du continent, notamment au Sahel, en Libye, au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie. Les deux institutions ont également insisté sur la nécessité de renforcer la diplomatie préventive et les mécanismes africains de médiation.

L’UA et l’ONU ont par ailleurs réaffirmé leur volonté de disposer des moyens nécessaires pour favoriser des solutions africaines aux crises du continent. Cette approche place la médiation et les mécanismes régionaux au centre de leur coopération en matière de paix et de sécurité.

Une feuille de route africaine pour accompagner le processus de paix

Cette séquence diplomatique intervient alors que l’Union africaine poursuit ses efforts pour accompagner le processus de paix dans l’Est de la RDC.

En juillet 2026, le panel de facilitateurs de l’UA avait adopté une feuille de route de six mois, couvrant la période de juillet à décembre. Le dispositif prévoit notamment un travail sur la coordination politique, l’analyse de la situation sécuritaire, l’accès humanitaire, le dialogue avec les groupes armés, la coopération économique régionale et la question des ressources naturelles.

Le plan prévoit également une implication accrue de la société civile, des femmes et des jeunes. Il doit permettre au panel de facilitateurs et au Secrétariat conjoint indépendant de mieux accompagner le processus de médiation et de coordonner les différentes initiatives diplomatiques engagées dans la région.

Cette démarche vise notamment à assurer une meilleure articulation avec les processus de Washington et de Doha, ainsi qu’avec les initiatives régionales et internationales consacrées à la crise congolaise.

L’ONU et l’UA veulent renforcer leur front commun

Au-delà du dossier congolais, la rencontre de New York a porté sur plusieurs enjeux stratégiques pour le continent africain. L’UA et l’ONU ont notamment discuté de la réforme de l’architecture financière internationale, de la viabilité de la dette et d’une meilleure valorisation des ressources minérales critiques africaines.

Les deux organisations ont également souligné l’importance de renforcer leur coopération institutionnelle. Elles doivent notamment poursuivre leurs travaux sur une feuille de route commune au-delà de 2026.

Pour l’Union africaine, cette coopération doit aussi permettre à l’Afrique de peser davantage dans les décisions internationales. À l’ouverture de sa participation à l’UNGA81, Mahmoud Ali Youssouf avait notamment placé parmi ses priorités une représentation africaine plus forte dans les instances internationales et une plus grande capacité du continent à prendre en charge ses propres enjeux de paix, de sécurité et de développement.

À New York, la question congolaise s’inscrit donc dans une équation diplomatique plus large : renforcer les mécanismes africains de médiation tout en consolidant le soutien international aux efforts visant à ramener la paix dans l’Est de la RDC.

Or et coltan de l’Est de la RDC : Amnesty accuse le M23 d’un trafic vers le Rwanda et évoque de possibles crimes de guerre

Derrière les smartphones et les batteries qui alimentent l’économie mondiale, un rapport d’Amnesty International décrit une chaîne d’approvisionnement que l’organisation qualifie d’entachée de violences et de contrebande. Publiée ce lundi 21 septembre 2026, l’enquête affirme avoir documenté l’acheminement clandestin d’or et de coltan extraits dans des zones contrôlées par le M23, dans l’est de la République démocratique du Congo, vers le Rwanda.

Au-delà du trafic de minerais, l’organisation de défense des droits humains affirme avoir recueilli des témoignages faisant état d’exécutions, de torture, de travail forcé et de recrutements sous la contrainte dans plusieurs sites miniers. Selon Amnesty, ces faits pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international.

Des circuits de contrebande documentés entre Lomera, Rubaya et le Rwanda

L’enquête s’appuie sur des entretiens menés auprès de 26 personnes, parmi lesquelles des mineurs artisanaux, des propriétaires de puits, des spécialistes du secteur minier et des proches de victimes. L’organisation indique également avoir analysé des photographies, des vidéos et d’autres éléments recueillis sur les sites concernés.

Au Sud-Kivu, Amnesty affirme avoir retracé un circuit reliant la mine d’or de Lomera, dans le territoire de Kabare, au Rwanda.

Plusieurs témoins décrivent le transport de sacs de terre aurifère, appelés localement « robotas », jusqu’au lac, où ils seraient chargés sur de petites embarcations en direction de Kamembe, dans l’ouest du Rwanda.

« Nous avons vu des bateaux chargés de robotas très tôt le matin. Tous les matins, ils venaient avec des négociants du Rwanda », rapporte un mineur cité par Amnesty International.

Au Nord-Kivu, l’organisation affirme également avoir documenté le transfert de coltan extrait dans la zone de Rubaya, un important bassin minier aujourd’hui contrôlé par le M23.

Selon Amnesty, les volumes de minerais qui quitteraient ces territoires pourraient engager la responsabilité de plusieurs acteurs intervenant tout au long de cette chaîne d’approvisionnement.

Exécutions, torture et travail forcé : le rapport décrit de graves exactions

L’enquête ne s’arrête pas aux circuits commerciaux.

Amnesty International affirme avoir recueilli des informations sur l’exécution de 18 mineurs artisanaux dans les sites de Rubaya et de Lomera.

Selon les témoignages cités, certaines victimes auraient été battues à mort, d’autres tuées par balle ou retrouvées mortes après avoir été enlevées.

L’organisation documente également des cas présumés de torture, de détentions arbitraires, de passages à tabac et de travail forcé imposé aux mineurs.

Plusieurs témoins affirment que certains travailleurs auraient été contraints de rester sous terre pendant plusieurs jours sans interruption, tandis que d’autres disent avoir été frappés pour avoir demandé des pauses ou refusé de céder leur production.

Amnesty évoque également l’existence de cellules de détention souterraines, appelées ndake, où des mineurs auraient été enfermés et battus à plusieurs reprises.

Selon l’organisation, ces violences auraient aussi servi à alimenter le recrutement forcé au profit du M23.

Amnesty appelle à suspendre les achats de minerais en provenance du Rwanda

Au regard des éléments qu’elle dit avoir recueillis, Amnesty International estime que le pillage de l’or et du coltan dans ces zones pourrait constituer un crime de guerre.

L’organisation va plus loin en affirmant que la participation éventuelle de ressortissants ou de responsables rwandais au trafic pourrait engager leur responsabilité pénale si les conditions prévues par le droit international étaient réunies.

« Le Rwanda continue de profiter illégalement des ressources minérales de la RDC », affirme Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

En conséquence, l’organisation demande aux États et aux entreprises de suspendre leurs achats d’or et de coltan provenant du Rwanda — ou de fournisseurs qui s’y approvisionnent — tant que les autorités rwandaises n’auront pas démontré, selon Amnesty, que ces minerais ne proviennent plus de circuits illicites liés à la RDC.

Elle appelle également l’Union africaine, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux à renforcer les mécanismes de contrôle des chaînes d’approvisionnement et à éviter tout accord minier concernant des sites contrôlés par le M23 tant que des observateurs indépendants ne pourront pas y accéder librement.

Kigali et le M23 n’ont pas répondu aux sollicitations d’Amnesty

Selon le rapport, ni le M23 ni les autorités rwandaises n’ont répondu aux demandes de commentaires adressées par Amnesty International avant la publication de l’enquête.

Ces conclusions s’inscrivent dans un contexte où les accusations visant le soutien du Rwanda au M23 continuent d’alimenter les tensions diplomatiques dans la région des Grands Lacs, tandis que la question de la traçabilité des minerais critiques demeure au cœur des débats sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Sénat : la Conférence des présidents fixe ce lundi le cap de la session budgétaire 2026

Au Sénat, l’heure est à l’organisation des prochains mois de travaux parlementaires. La Conférence des présidents de la Chambre haute est convoquée ce lundi 21 septembre à 12 heures au Palais du Peuple pour arrêter le calendrier de la session ordinaire de septembre 2026, une étape décisive avant l’examen des principaux textes attendus d’ici décembre.

Selon un communiqué adressé aux sénateurs membres de cette instance, la réunion portera sur l’examen et l’adoption du projet de calendrier qui structurera les travaux de la Chambre haute au cours des prochaines semaines.

Le budget 2027 au cœur de la session de septembre

Ouverte le 15 septembre 2026, conformément à l’article 115 de la Constitution, la session ordinaire de septembre est traditionnellement considérée comme la session budgétaire du Parlement congolais.

L’un de ses principaux rendez-vous sera l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2027, un texte appelé à fixer les orientations financières de l’État pour l’année suivante.

Au-delà des questions budgétaires, plusieurs dossiers majeurs devraient également rythmer les débats, notamment le dialogue national, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et d’autres questions liées à la vie politique et institutionnelle du pays.

Une étape clé avant les débats en plénière

La Conférence des présidents joue un rôle central dans la préparation des travaux parlementaires.

Cette instance détermine les matières qui seront inscrites à l’ordre du jour avant leur examen par l’Assemblée plénière du Sénat.

Une fois validé par la Conférence des présidents, le projet de calendrier sera soumis aux sénateurs réunis en plénière pour son adoption définitive.

Le calendrier devra ensuite organiser l’enchaînement des travaux législatifs, des activités de contrôle parlementaire et des autres dossiers appelés à être examinés jusqu’au 15 décembre, date de clôture de la session prévue par la Constitution.

Une coordination renforcée entre les deux chambres

Cette réunion s’inscrit dans une démarche plus large de coordination entre le Sénat et l’Assemblée nationale.

Le 17 septembre, les bureaux des deux chambres du Parlement s’étaient déjà réunis afin d’harmoniser leurs programmes et de définir une feuille de route commune pour cette session.

L’objectif affiché est d’assurer une meilleure synchronisation des travaux sur les grands textes attendus, en particulier ceux liés au budget de l’État, tout en maintenant un calendrier cohérent sur les autres dossiers d’intérêt national.

Avec cette réunion de la Conférence des présidents, le Sénat entre ainsi dans la phase opérationnelle d’une session qui devrait concentrer les principaux arbitrages législatifs et budgétaires de la fin de l’année.

Décès de Miguel Masaisai : le député Michel Moto Muhima soulève des zones d’ombre

Le décès du jeune cycliste et athlète congolais Miguel Masaisai, survenu vendredi 18 septembre 2026 en République du Congo, provoque une vague d’indignation au sein de l’opinion nationale.

Alors que le pays pleure la disparition d’un symbole de paix, plusieurs personnalités rendent hommage au combat qu’il menait pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC. Parmi elles, la voix du député national Michel Moto Muhima se distingue en posant des questions dérangeantes sur les circonstances de cette tragédie.

Pour l’élu de Walikale au Nord-Kivu, la version officielle de l’accident de la route ne suffit pas. Il exige des éclaircissements.

« Où est le camion qui l’aurait percuté ? Dans quel état se trouvent ses occupants ? Y a-t-il des traces de manœuvres de freinage de leur part ? », s’est interrogé le député Michel Moto Muhima.

Une prise de position qui vient alimenter le débat sur un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis l’annonce du drame.

Une enquête réclamée pour lever le doute

Pour le parlementaire, seule une enquête indépendante pourra donner les informations essentielles sur ce drame.

« Nous savons que nous sommes tous des cibles potentielles. Mais la lutte continue », a-t-il conclu.

Cette déclaration s’ajoute à une longue liste de congolais qui s’indignent face aux circonstances de la tragédie. Pour beaucoup, le message que portait Miguel Masaisai gênait les ennemis de la RDC.

Un périple de 14 000 km pour la paix

Miguel Masaisai est décédé des suites d’un accident de la route près de Ouesso, à la frontière entre la République du Congo et le Cameroun, alors qu’il était en pleine exécution de son ambitieux périple de paix « Pedals for Peace ».

Natif du Nord-Kivu, il avait quitté Goma le 1er mai 2026 pour rallier Rabat au Maroc en parcourant 14 000 kilomètres à vélo. Sa mission portait un message d’espoir et de paix pour les populations de l’Est de la RDC, confrontées à l’agression rwandaise.

Selon les premiers témoignages, Miguel Masaisai aurait été victime d’une panne de vélo avant de monter à bord d’un taxi qui a subi un accident fatal impliquant tous ses occupants.

Pour de nombreux observateurs à Walikale et à Goma, Miguel Masaisai n’était plus un simple athlète, mais un ambassadeur de la résilience de l’Est. Son parcours, suivi par des milliers de jeunes, faisait de lui une cible symbolique dont la disparition brutale ne peut être traitée comme un simple fait divers routier.

En attendant les conclusions de l’enquête, le périple « Pedals for Peace » s’impose déjà comme un héritage. Il rappelle que la quête de la paix pour l’Est de la RDC se mène aussi à coups de pédales.

Bien plus, l’interpellation du député Michel Moto Muhima traduit une exigence populaire : que la vérité soit établie pour que le combat de Miguel Masaisai ne s’arrête pas à Ouesso.

Journée internationale de la paix 2026 : Antonio Guterres lance un appel mondial à « investir dans la paix »

Dans un monde traversé par les conflits, les crises humanitaires et les fractures sociales, l’Organisation des Nations unies veut rappeler que la paix ne se décrète pas uniquement autour des tables de négociation. À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée ce lundi 21 septembre, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelle les citoyens, les communautés et les États à faire de la paix un engagement quotidien.

Placée sous le thème « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour », l’édition 2026 met à l’honneur celles et ceux qui, souvent loin des projecteurs, construisent la stabilité au sein de leurs communautés.

« Aujourd’hui, dans un contexte d’une instabilité vertigineuse, la quête de la paix peut sembler insurmontable, mais elle n’a jamais été aussi urgente », souligne António Guterres.

Pour l’ONU, la paix va bien au-delà de l’absence de guerre

Dans son message, le chef des Nations unies défend une conception plus large de la paix.

Selon lui, elle ne se limite pas à la fin des conflits armés. Elle repose également sur la sécurité, la dignité, les opportunités et la coopération qui façonnent la vie quotidienne des populations.

Cette vision place les initiatives locales au cœur de la construction d’une paix durable. L’édition 2026 rend ainsi hommage aux « artisans quotidiens de la paix », ces citoyens qui contribuent, à travers leurs actions, à renforcer la cohésion sociale et la stabilité dans leurs quartiers, leurs écoles ou leurs villages.

Pour António Guterres, ces engagements constituent le socle d’une paix capable de résister aux crises.

Chacun est appelé à devenir un artisan de la paix

Au-delà des institutions, le secrétaire général invite chaque citoyen à agir concrètement.

Il encourage chacun à consacrer du temps pour aider une autre personne, à faire entendre sa voix en faveur d’un changement positif ou encore à créer des espaces de dialogue entre générations, notamment à travers des « cercles de paix » animés par des jeunes.

L’ONU appelle également les citoyens à utiliser les réseaux sociaux pour mettre en lumière des initiatives inspirantes sous le mot-dièse #InvestInPeace, afin de diffuser des récits porteurs d’espoir et de solidarité.

Investir dans la paix, un engagement quotidien

Pour les Nations unies, bâtir une paix durable suppose un investissement collectif qui dépasse les grandes conférences diplomatiques.

« La paix ne se construit pas seulement dans les salles de conférence », rappelle António Guterres, estimant qu’elle prend forme dans les salles de classe, les quartiers, les lieux de travail et partout où des femmes et des hommes choisissent le dialogue plutôt que la confrontation.

À travers cette Journée internationale de la paix 2026, l’ONU invite ainsi chacun à transformer des gestes parfois modestes en leviers de changement, avec l’ambition de faire de la paix une réalité pour tous, partout, chaque jour.

Kisangani : Christian Ilunga Mutombo mobilise une marée humaine pour la Constitution et les institutions

La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, a démontré son attachement aux institutions de la République démocratique du Congo.

À l’initiative de Christian Ilunga Mutombo, président fédéral de l’ADESCO pour le territoire de Mahagi en Ituri, une marée humaine a envahi les rues pour marquer son accord pour le changement de la Constitution.

Bien plus qu’une simple marche de soutien, les boyomais ont voulu envoyer un message politique clair. Ils ont marché pour dire également « Oui » au dialogue national et « Oui » au respect et au soutien des institutions de la République.

Le cortège est parti de la 15e Tshopo, où la population de cette contrée a massivement soutenu la démarche de l’organisateur, pour chuter à la place de la Poste, point de ralliement où un message fort a été adressé.

Connu pour son activisme aux côtés du pouvoir en place, le jeune entrepreneur et acteur politique a appelé la population à adhérer à la proposition de changement de la Constitution.

Selon lui, c’est une occasion historique pour le pays d’ajuster ses lois aux réalités actuelles.

« Kisangani a fait entendre sa voix »

Après la tenue de l’activité politique, le président fédéral du parti ADESCO a souligné que la marche du 19 septembre 2026 appartient désormais à l’histoire.

Il a tenu à remercier les boyomaises et boyomais qui se sont mobilisés dans le calme et la responsabilité pour exprimer leurs convictions.

« Ma profonde gratitude à tous les participants, aux organisateurs, aux équipes de mobilisation, aux autorités ainsi qu’aux services de sécurité pour leur accompagnement. Aujourd’hui, Kisangani a fait entendre sa voix dans la paix et la démocratie », a-t-il déclaré.

Cette démonstration de force dans la Tshopo confirme la dynamique nationale autour du débat sur la révision constitutionnelle et le futur dialogue national.

81ème Assemblée générale de l’ONU : Judith Suminwa représentera la RDC

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, représentera la République démocratique du Congo à la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New-York, du 22 au 26 septembre 2026.

Mandatée par le Président Félix Tshisekedi, elle participera aux travaux de haut niveau de cette instance mondiale. La 81ème session se tient sous le thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ».

Le contexte est lourd. En effet, les conflits armés, les inégalités croissantes et les urgences climatiques dominent l’agenda mondial.

Pour la nation congolaise, cette Assemblée est donc une opportunité majeure de repositionnement diplomatique.

Les enjeux majeurs pour Kinshasa à l’ONU

Trois dossiers prioritaires structureront le discours de la RDC.

Il s’agit d’abord de la paix et de la sécurité dans l’Est du pays. Cet enjeu est existentiel. Kinshasa entend porter devant la communauté internationale la question de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Par conséquent, la voix de Judith Suminwa à l’ONU sera très attendue sur l’efficacité des mécanismes régionaux et onusiens.

Ensuite, la RDC va se présenter comme pays-solution. Grâce à ses forêts du bassin du Congo et ses minerais stratégiques pour la transition énergétique, la RDC ne veut plus être perçue comme un problème. Au contraire, elle veut être reconnue comme une solution au défi climatique mondial.

Enfin, l’attractivité économique sera au cœur de l’agenda. En marge de l’Assemblée, Judith Suminwa aura des rencontres bilatérales avec des partenaires et des investisseurs. L’objectif est de transformer le capital diplomatique en partenariats économiques concrets.

Quel impact pour la RDC ?

La participation de Judith Suminwa à l’ONU a une portée hautement politique.

Sur le plan diplomatique, c’est la confirmation du leadership féminin à la tête du Gouvernement. De plus, cela consolide l’image de la RDC comme acteur incontournable du multilatéralisme.

Sur le plan stratégique, cette présence permet de faire entendre la voix de Kinshasa directement. Ainsi, la RDC pourra défendre ses intérêts et consolider ses alliances, conformément à ses engagements au sein des Nations Unies.

En somme, c’est une séquence où la nation congolaise joue sa crédibilité internationale.

Desabre annonce ses forfaits, salue une pelouse « hybride » et fixe le cap vers la CAN 2027

Le siège de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) avait des allures de salle de classe ce vendredi. Face à une nuée de journalistes, Sébastien Desabre, le sélectionneur-manager des Léopards de la République démocratique du Congo, s’est prêté à l’exercice de la conférence de presse. Un moment charnière à quelques jours de l’entrée en lice des Fauves dans les éliminatoires de la CAN 2027. Entre annonces de forfaits, satisfaction sur l’état de la pelouse et ambitions réaffirmées, le technicien français a livré un discours à la fois lucide et déterminé.

Trois forfaits et des remplaçants déjà prêts

Le premier sujet abordé fut celui des absences. Sans détour, Desabre a annoncé le forfait de Stanis Idumbo, blessé et éloigné des terrains pour trois semaines. « Il a été remplacé par Junior Kadile, présent sur la deuxième liste », a-t-il précisé. Un remplacement qui sonne comme une promotion pour l’ailier lensois, initialement convoqué pour les seuls matches amicaux.

Même son de cloche pour Noah Mbamba, également victime d’une blessure. Le jeune milieu de terrain cède sa place à Aaron Tshibola. Mais une bonne nouvelle vient équilibrer ce tableau : le retour dans la tanière de Samuel Essende, initialement placé sur la deuxième liste et finalement intégré à la première. « J’annonce le retour dans la tanière de Samuel Essende », a déclaré le sélectionneur, visiblement soulagé de pouvoir compter sur son attaquant.

Une chose est sûre : la profondeur de banc des Léopards sera mise à l’épreuve dès cette première fenêtre internationale.

Une pelouse hybride qui change la donne

Autre motif de satisfaction pour Sébastien Desabre : l’installation récente d’une pelouse hybride au Stade des Martyrs de Kinshasa. Un sujet loin d’être anecdotique pour un technicien qui prône un jeu technique et fluide.

« On ne peut pas jouer sur une pelouse qui ne répond pas aux normes requises. Je suis content pour cette pelouse hybride qui a été récemment implantée au stade des Martyrs. Cela sera de bon augure pour l’amélioration de la qualité de jeu que nous voulons développer », s’est-il réjoui.

Un satisfecit qui en dit long sur les attentes du staff technique. Car pour développer un football ambitieux, il faut d’abord un terrain digne de ce nom. Et à quelques jours du choc contre le Nzalang Nacional de la Guinée équatoriale, prévu le jeudi 24 septembre, cette nouvelle pelouse tombe à pic.

Desabre fixe le cap : « Nous visons le top 5 africain »

Interrogé sur ses ambitions à long terme, le sélectionneur des Léopards n’a pas éludé la question. Il a rappelé l’objectif fixé il y a quatre ans : qualifier la RDC pour la Coupe du monde, tout en imposant le respect du pays sur la scène africaine et mondiale.

« En 4 ans, mon objectif était de nous qualifier pour le Mondial et d’imposer le respect de la RDC sur les plans africain et mondial. Nous visons une place parmi les 5 meilleures nations du continent. Aujourd’hui, nous sommes septièmes, mais le but reste d’intégrer ce top. Il reste encore du travail, et c’est grâce au soutien de tous, à commencer par les supporters, que nous y arriverons », a-t-il martelé.

Mais avant de rêver au top 5 continental, il y a un obstacle immédiat : la CAN 2027. « Notre objectif primordial est de nous qualifier à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 2027, qui sera organisée conjointement par l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie. Mais ce n’est pas parce que nous avons participé à la Coupe du monde que nous allons nous qualifier facilement. On doit se battre et se concentrer pour obtenir notre visa qualificatif », a-t-il averti, refusant tout excès de confiance.

L’ombre de Bakambu et la force du collectif

Autre question sensible : l’absence de Cédric Bakambu sur la nouvelle liste. Desabre a tenu à clarifier sa décision : « C’est pour lui permettre de bien intégrer et avoir le temps de jeu avec son nouveau club, la formation américaine de San Diego FC. » Une gestion humaine et stratégique qui montre la volonté du sélectionneur de préserver ses cadres tout en préparant l’avenir.

Car Desabre le sait : son équipe a changé de dimension. Après un Mondial 2026 historique, les attentes sont immenses. « Je connais mon équipe, je connais mes joueurs et je connais aussi leurs valeurs intrinsèques. D’où ces résultats et ces performances que nous avons réalisés à la Coupe du Monde. Pour l’avenir, nous gardons le cap », a-t-il confié avec sérénité.

Deux amicaux pour préparer le choc

Durant cette trêve de quinze jours, une première dans l’histoire de la Confédération africaine de football (CAF), les Léopards disputeront deux matches officiels, mais également deux rencontres amicales, dont un match contre l’Ouganda en Afrique du Sud. De quoi peaufiner les automatismes et tester de nouvelles combinaisons avant le grand rendez-vous de septembre.

L’arrivée des joueurs convoqués est prévue dès le 20 septembre pour le premier groupe, et le 21 pour le second. Le compte à rebours est lancé. Et dans une tanière où la concurrence fait rage, chaque place se mérite.

Rendez-vous le 24 septembre au Stade des Martyrs. Les Léopards y entameront leur campagne. Et avec une pelouse hybride, un effectif revigoré et un sélectionneur déterminé, l’histoire ne demande qu’à être écrite.

Procès FRIVAO : Constant Mutamba condamné à 10 ans de travaux forcés

Après plusieurs reports et des semaines d’attente, le moment que les parties au procès attendaient est finalement arrivé. Ce vendredi 18 septembre 2026, la Cour de cassation de Kinshasa a rendu son verdict dans l’affaire FRIVAO, un dossier qui a placé l’ancien ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba, au cœur d’une importante procédure judiciaire.

Dans la salle d’audience, l’issue est désormais connue. Constant Mutamba est condamné à dix ans de travaux forcés. À ses côtés dans le box des accusés, Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), écope de sept ans de la même peine.

Le verdict vient ainsi refermer plusieurs mois de débats autour de la gestion de fonds destinés à indemniser les victimes congolaises des activités illicites de l’Ouganda.

Dix ans pour Constant Mutamba, sept pour Chançard Bolukola

La Cour de cassation n’a pas seulement fixé la durée des peines. Les deux condamnés sont également frappés par plusieurs mesures complémentaires.

Pendant cinq ans, Constant Mutamba et Chançard Bolukola sont privés de leurs droits de vote et d’éligibilité. Ils sont également exclus de toute fonction publique et déchus du droit à la réhabilitation.

Une décision lourde de conséquences pour l’ancien ministre de la Justice, dont le parcours politique et gouvernemental se retrouve désormais directement confronté à l’issue de cette procédure.

Mais le verdict prononcé ce vendredi ne correspond pas exactement aux réquisitions du ministère public.

Un verdict moins sévère que les réquisitions du parquet

Au cours du procès, le ministère public avait requis quinze ans de travaux forcés contre Constant Mutamba. La Cour de cassation a finalement retenu une peine de dix ans, soit cinq années de moins que celles demandées par le parquet.

Le dossier concernait des fonds évalués à plus de 20 millions de dollars américains, destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC.

Au fil des audiences, la gestion de ces sommes avait cristallisé l’attention autour du FRIVAO, un mécanisme créé précisément pour organiser la réparation des préjudices subis par les victimes congolaises.

Après plusieurs reports, la justice congolaise a donc livré sa décision. Le verdict tombe, les peines sont prononcées et l’affaire FRIVAO ouvre désormais un nouveau chapitre.