La lutte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) bénéficie d’un nouvel appui financier. Le Groupe de la Banque mondiale annonce un financement additionnel de 93 millions de dollars américains pour intensifier la riposte à l’épidémie et renforcer la préparation sanitaire dans les pays voisins. Avec cette nouvelle enveloppe, le montant total engagé par l’institution pour soutenir la réponse à cette urgence sanitaire atteint 426,6 millions de dollars.
Dans un communiqué publié le mardi 13 octobre 2026 à Washington, la Banque mondiale précise que cette somme se répartit entre deux volets : 80 millions de dollars destinés à soutenir la réponse du Gouvernement congolais et 13 millions consacrés à la préparation, à la coordination et à la sécurité sanitaire transfrontalière.
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Ce financement s’inscrit dans le cadre du programme régional de Préparation, Riposte et Résilience face aux Urgences Sanitaires (HEPRR), qui vise à renforcer les capacités des systèmes de santé face aux épidémies et aux autres crises sanitaires.
Surveillance, laboratoires et prise en charge : les priorités en RDC
Sur le terrain, les 80 millions de dollars supplémentaires doivent permettre de consolider plusieurs piliers de la riposte contre Ebola. Les investissements porteront notamment sur la surveillance épidémiologique, les capacités des laboratoires, la prise en charge clinique des patients, la prévention et le contrôle des infections, ainsi que la mobilisation des communautés dans les zones touchées.
Pour Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC, l’urgence de la situation impose une mobilisation rapide des ressources financières et de l’expertise technique.
« Les urgences sanitaires n’attendent pas, et nous non plus », a-t-il déclaré, rappelant l’engagement de l’institution aux côtés du Gouvernement congolais depuis les premiers jours de l’épidémie.
Au-delà des moyens financiers, l’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles afin d’améliorer la détection des cas, d’accélérer les interventions et de limiter les risques de propagation du virus.
Le délai de détection des cas réduit à un ou deux jours
La Banque mondiale met également en avant les progrès enregistrés grâce aux investissements déjà réalisés dans le cadre du programme HEPRR.
Selon les données communiquées par l’institution, le délai de détection des cas est passé de dix jours au début de l’épidémie à un ou deux jours en septembre 2026. Une évolution attribuée notamment au renforcement de la surveillance, des laboratoires et des dispositifs de préparation aux urgences sanitaires.
Le programme a aussi permis le déploiement d’experts techniques nationaux à Bunia, dans la province de l’Ituri, afin d’améliorer la coordination de la riposte provinciale.
À cela s’ajoutent la livraison de 104 plateformes de diagnostic Radione, de 70 000 tests destinés à détecter le virus Ebola de souche Bundibugyo, ainsi que de 340 tonnes de médicaments et d’équipements médicaux. Des véhicules ont également été financés pour faciliter la surveillance épidémiologique et les interventions sur le terrain.
Ces moyens doivent contribuer à consolider la réponse sanitaire dans les zones affectées et à améliorer la capacité des équipes à intervenir rapidement face aux nouveaux cas.
Les populations vulnérables également concernées
La riposte ne se limite pas à la lutte directe contre le virus. La Banque mondiale entend aussi réduire les conséquences de l’épidémie sur les populations les plus vulnérables.
Les financements doivent notamment contribuer au maintien des services de santé maternelle et infantile en Ituri, à la protection des moyens de subsistance des communautés touchées et à la poursuite des activités scolaires dans des conditions de sécurité appropriées.
Cette approche vise à éviter que l’urgence sanitaire ne fragilise davantage l’accès aux soins et les conditions de vie des populations concernées.
13 millions de dollars pour protéger les pays voisins
La mobilisation s’étend également au-delà des frontières congolaises. Sur les 93 millions de dollars annoncés, 13 millions seront consacrés au renforcement de la préparation sanitaire et de la coordination transfrontalière dans les 11 pays couverts par le programme HEPRR.
La Communauté de santé d’Afrique orientale, centrale et australe (ECSA-HC) et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) bénéficieront de cet appui pour intensifier leur assistance technique et renforcer la coopération régionale.
Les actions prévues comprennent l’amélioration des systèmes de surveillance et des laboratoires, la formation du personnel de santé, le déploiement de dispositifs numériques de contrôle sanitaire aux principaux points d’entrée et la réduction des risques de propagation de la maladie d’un pays à l’autre.
La Banque mondiale rappelle par ailleurs que l’Ouganda a officiellement déclaré la fin de son épidémie d’Ebola le 28 juillet 2026, avec l’appui de ses partenaires.
Avec cette enveloppe supplémentaire, la Banque mondiale entend donc agir sur deux fronts : renforcer la riposte en RDC et limiter les risques sanitaires dans la région. L’efficacité de cette mobilisation dépendra notamment de la capacité des acteurs concernés à transformer les ressources annoncées en interventions rapides et en une meilleure protection des populations.



