Les Léopards changent d’ère : qui sont les 13 nouveaux visages choisis par Sébastien Desabre ?

Une page se tourne dans l’histoire des Léopards. Quelques semaines après une Coupe du monde qui a marqué un tournant pour la République démocratique du Congo, Sébastien Desabre passe des intentions aux actes. Le sélectionneur ouvre officiellement un nouveau chapitre en intégrant treize nouveaux joueurs dans son groupe, un renouvellement d’ampleur qui traduit sa volonté d’élargir la concurrence avant les prochaines échéances.

Entre talents formés dans les plus grands championnats européens, jeunes pépites de la diaspora et joueurs en pleine ascension, cette première trêve post-Mondial ressemble à un vaste laboratoire. Derrière chaque convocation se cache une histoire, un pari et, peut-être, le futur visage des Léopards.

Une nouvelle génération prête à défendre les couleurs de la RDC

Le chantier du renouvellement commence jusque dans les cages. Profitant de l’absence de Lionel Mpasi, blessé, Nathan Ndibu décroche sa première convocation. Gardien des Aigles du Congo, il devient le seul représentant de la Linafoot parmi les nouveaux arrivants.

À 1,85 m, le portier compense son gabarit par des réflexes explosifs et une détente remarquable, qualités qui lui ont permis de se distinguer sur les scènes nationale et continentale. Même si ses débuts pourraient attendre, cette convocation symbolise l’ouverture de la sélection aux talents développés sur le sol congolais.

En défense, plusieurs profils étaient attendus depuis plusieurs mois.

Willy Kambwala, formé à Manchester United avant son passage à Villarreal, concrétise enfin son choix de représenter la RDC. À seulement 22 ans, le défenseur de Côme affiche un profil moderne : solide dans les duels grâce à son mètre 92, mais aussi capable de relancer proprement depuis l’arrière. Son arrivée nourrit déjà les espoirs d’une relève progressive de Chancel Mbemba.

Autre dossier remporté par la Fédération congolaise : Kevin Pedro. Le latéral droit de Saint-Étienne, convoité par l’équipe de France Espoirs, a finalement choisi les Léopards. À 20 ans, son explosivité, sa puissance dans les un-contre-un et son apport offensif en font un candidat crédible pour incarner l’avenir du couloir droit.

Sur le flanc gauche, Jordy Makengo apporte une expérience déjà solide après plus de soixante apparitions en Bundesliga avec Fribourg. Malgré son impressionnant gabarit de 1,91 m, il combine vitesse, endurance et capacité à multiplier les montées offensives.

Banzuzi, Mokio, Idumbo… les pépites qui font rêver

Le cœur du renouveau se situe sans doute au milieu de terrain.

Ezechiel Banzuzi était l’un des dossiers les plus attendus. Ancien international Espoirs néerlandais, le joueur du RB Leipzig rejoint officiellement les Léopards avec un profil de milieu box-to-box particulièrement recherché. Grand, puissant, technique et doté d’une excellente qualité de passe, il apporte une dimension supplémentaire dans l’entrejeu congolais.

À ses côtés, Noah Mbamba poursuit son ascension. Après avoir brillé à Dender, le joueur prêté par le Bayer Leverkusen à Lorient confirme son potentiel en Ligue 1. Son calme balle au pied, sa polyvalence et sa capacité à casser les lignes séduisent déjà les observateurs.

Le registre change complètement avec Stanis Idumbo. Plus petit gabarit de cette nouvelle vague, l’ailier monégasque mise sur sa technique, son dribble et sa créativité entre les lignes. Une blessure devrait toutefois repousser ses premiers pas sous les couleurs congolaises.

Parmi les surprises figure également Brandon Ndezi, milieu de Dijon. Longtemps discret, il arrive à maturité grâce à un excellent début de saison et offre un profil capable de résister à la pression tout en faisant progresser le jeu.

Puis il y a Jorthy Mokio. À seulement 18 ans, la pépite de l’Ajax représente déjà l’un des plus grands espoirs du football belge… devenu congolais. Son élégance du pied gauche, sa lecture du jeu et sa maturité impressionnante alimentent de grandes attentes autour de ses premières apparitions.

Enfin, Paris Maghoma prolonge une histoire familiale avec les Léopards. Plus d’une décennie après Jacques Maghoma, son grand frère, le milieu de Norwich s’apprête à écrire son propre chapitre sous le maillot congolais après un parcours de formation entre Tottenham et Brentford.

Mavididi, Pululu et Kadile : l’attaque entre expérience et promesses

Le secteur offensif concentre plusieurs arrivées très attendues.

Stephy Mavididi est sans doute la recrue qui fait le plus parler. Longtemps espéré par les supporters, l’ancien joueur d’Arsenal rejoint finalement les Léopards à 28 ans, après avoir privilégié l’Angleterre durant plusieurs années. Son explosivité et sa capacité à éliminer sur les ailes pourraient rapidement devenir des armes précieuses pour Desabre.

Junior Kadile, lui, débarque avec un profil de percussion pure. Révélé au Servette avant son arrivée à Lens, l’attaquant de 23 ans s’est illustré avec 12 buts et 17 passes décisives en Suisse, confirmant sa capacité à faire basculer un match par sa vitesse.

À Norwich, Anthony Musaba prépare lui aussi son installation définitive chez les Léopards. Inspiré par Ousmane Dembélé, l’ailier néerlando-congolais mise sur sa polyvalence et sa qualité de dribble pour convaincre lors des rencontres amicales.

Enfin, Afimico Pululu retrouve la sélection après une première convocation interrompue par une blessure. Ancien meilleur buteur de la Conference League avant son départ pour Al-Hazem, l’attaquant de 27 ans offre une option différente grâce à sa puissance, son instinct devant le but et sa capacité à évoluer sur plusieurs postes offensifs.

Plus qu’une révolution, un vaste casting pour préparer la CAN 2027

Derrière cette impressionnante vague de convocations, Sébastien Desabre ne cherche pas seulement à bouleverser son effectif. Son objectif est d’élargir durablement le vivier de la sélection, d’observer de nouveaux profils et d’installer une concurrence saine à chaque poste.

Les matchs amicaux serviront de première audition pour plusieurs recrues avant les échéances officielles. Certains deviendront peut-être des cadres, d’autres devront patienter ou confirmer.

Au-delà de la richesse de la diaspora congolaise, un signal fort émerge également avec la présence de Nathan Ndibu, unique représentant du championnat local. Pour les Léopards, l’avenir pourrait bien reposer sur l’alliance de ces deux forces : des talents formés à l’étranger et une formation nationale capable, elle aussi, de produire les internationaux de demain.

La reconstruction est lancée. Et la route vers la CAN 2027 commence désormais avec treize nouveaux noms qui rêvent de transformer une première convocation en une place durable dans la tanière des Léopards.

Tshopo : Christian Ilunga Mutombo à Kisangani pour la marche du 19 septembre

Le débat sur la réforme constitutionnelle gagne la Tshopo. Christian Ilunga Mutombo est arrivé à Kisangani, chef-lieu de la province, pour prendre part à la grande marche pacifique prévue ce samedi 19 septembre 2026 en faveur du changement de Constitution.

Cadre influent de l’Alliance des Démocrates Socialistes Congolais (ADESCO) et président fédéral du parti dans le territoire de Mahagi en Ituri, le jeune opérateur économique entend mobiliser la jeunesse boyomaise autour de l’initiative du changement de la Loi fondamentale.

Une marche du 15E Tshopo à la Place de la Poste

La marche pacifique de soutien au changement de Constitution débutera au rond-point du 15E Tshopo pour chuter à la place de la Poste, au centre-ville de Kisangani.

Aux côtés de Christian Ilunga Mutombo, plusieurs mouvements de jeunes et structures citoyennes sont attendus.

L’objectif affiché est de dire « Oui au changement de la Constitution » et d’apporter un soutien clair aux institutions en place dans ce processus jugé crucial pour l’avenir de la République démocratique du Congo.

Cette manifestation intervient alors que la question de la Constitution reste au cœur des débats politiques nationaux, divisant la classe politique entre partisans du maintien et défenseurs d’une nouvelle Loi fondamentale adaptée aux réalités actuelles.

Christian Ilunga Mutombo, un mobilisateur fidèle aux institutions

La présence de Christian Ilunga Mutombo à Kisangani confirme son engagement politique. L’entrepreneur s’est en effet illustré ces derniers mois comme l’un des relais les plus actifs de la jeunesse en faveur des réformes constitutionnelles.

Le 12 août dernier, il avait déjà pris part à la marche organisée par la ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino, à Kinshasa. Pour l’occasion, il avait mobilisé plusieurs centaines de jeunes de la capitale pour soutenir l’idée d’une révision, voire d’un changement intégral de la Constitution.

Homme de terrain, il se présente comme un acteur disposé à lutter pour tout projet visant à consolider les institutions et à accompagner la vision du Chef de l’État. Son arrivée à Kisangani est ainsi perçue comme un signal fort de l’extension de la campagne pro-réforme vers l’espace de la Grande Orientale.

Avec cette mobilisation du 19 septembre, l’ADESCO entend démontrer que l’adhésion au changement de Constitution ne se limite pas à Kinshasa, mais gagne progressivement les provinces.

Foot-RDC : Sébastien Desabre clarifie l’absence de Cédric Bakambu

Le sélectionneur des Léopards de la République démocratique du Congo, Sébastien Desabre, s’est présenté en conférence de presse ce vendredi 18 septembre 2026, au siège de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) à Kinshasa.

Cet exercice a permis au technicien français de faire le point sur plusieurs dossiers chauds qui touchent à l’avenir de la sélection nationale, entre renouvellement de l’effectif et objectifs pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2027).

Une absence qui faisait débat

L’absence très remarquée de Cédric Bakambu est parmi les sujets les plus sensibles abordés.

L’attaquant de 35 ans ne figure pas dans la liste des 29 joueurs convoqués pour entamer la campagne qualificative, une décision qui a suscité de nombreuses interrogations chez les supporters.

Face aux journalistes, Sébastien Desabre a tenu à couper court aux spéculations. Il a apporté une explication purement sportive, écartant toute idée de mise à l’écart ou de sanction disciplinaire à l’encontre de Bakagol.

« La raison de l’absence de Bakambu est sa signature tardive en club (San Diego). Nous avons échangé avec lui et il était préférable qu’il s’adapte et retrouve du temps de jeu. Puis, on verra si on peut faire appel à lui », a déclaré le sélectionneur national.

Cette mise au point se veut rassurante. Le staff technique a donc privilégié l’intérêt du joueur, estimant qu’une période d’adaptation était nécessaire pour lui permettre de retrouver son plein potentiel athlétique et son efficacité devant le but.

Un nouveau défi en MLS pour Bakambu

Cette situation s’explique par l’actualité récente de l’attaquant congolais. Cédric Bakambu a officiellement paraphé un nouveau contrat avec le San Diego FC, pensionnaire de la Major League Soccer, le 3 septembre 2026.

Arrivé libre après la fin de son aventure avec le Real Betis en Espagne, le buteur congolais s’est engagé jusqu’à la fin de la saison 2026, avec l’option de prolongation jusqu’à 2028.

La clarification du sélectionneur intervient dans un contexte de profond renouvellement chez les Léopards, marqué par l’arrivée de plusieurs nouveaux visages et le retour du gardien Dimitry Bertaud.

La RDC prépare deux rencontres amicales en octobre face à l’Ouganda avec une seconde liste de 24 joueurs.

Etihad Airways ouvre la RDC au Golfe : Kinshasa et Lubumbashi auront des vols directs vers Abu Dhabi dès mars 2027

La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’ouverture internationale. À partir de mars 2027, Etihad Airways reliera directement Abu Dhabi à Kinshasa, puis Abu Dhabi à Lubumbashi, ouvrant deux nouvelles portes d’entrée entre la RDC et le Golfe.

L’accord a été conclu ce jeudi 17 septembre à Abu Dhabi à l’issue d’une rencontre entre le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, et les dirigeants de la compagnie nationale des Émirats arabes unis. Les premiers vols sont annoncés pour le 13 mars 2027 vers Kinshasa et le 18 mars 2027 vers Lubumbashi.

Au-delà de l’ouverture de deux lignes aériennes, Kinshasa y voit un levier pour renforcer sa connectivité internationale et conforter son ambition de devenir un hub aérien régional.

Deux vols directs pour rapprocher la RDC du Golfe

Les discussions menées à Abu Dhabi ont débouché sur un engagement concret : l’ouverture de deux dessertes reliant directement les Émirats arabes unis aux deux principales plateformes économiques de la RDC.

La ligne Abu Dhabi-Kinshasa inaugurera cette nouvelle connexion le 13 mars 2027, avant l’entrée en service de la liaison Abu Dhabi-Lubumbashi cinq jours plus tard.

Le choix de ces deux destinations répond à une logique économique autant que géographique. Kinshasa concentre les fonctions politiques et administratives du pays, tandis que Lubumbashi demeure le principal centre minier et industriel du Haut-Katanga.

Les autorités congolaises estiment que ces liaisons devraient faciliter les déplacements des voyageurs, des investisseurs et des opérateurs économiques entre les deux pays.

Kinshasa veut devenir un hub aérien régional

Pour Jean-Pierre Bemba, cette avancée dépasse la simple ouverture de nouvelles lignes.

Le gouvernement inscrit cette initiative dans une stratégie visant à renforcer la place de la RDC au sein du réseau aérien africain et international. L’objectif affiché consiste à faire de Kinshasa une plateforme régionale capable de connecter davantage de destinations en Afrique centrale et au-delà.

Cette orientation rejoint la vision défendue par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui ambitionne de positionner la capitale congolaise comme un carrefour aérien régional.

Les modalités d’exploitation, notamment la fréquence des vols et les horaires, n’ont toutefois pas encore été détaillées.

Un partenariat qui s’inscrit dans un rapprochement plus large avec les Émirats

L’accord intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre Kinshasa et Abu Dhabi.

Ces dernières années, les deux pays ont multiplié les partenariats dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’énergie, les infrastructures, la sécurité et le développement du port en eau profonde de Banana.

L’annonce revêt également une dimension particulière après le report, en juin 2026, des vols d’Emirates vers la RDC en raison de contraintes sécuritaires et opérationnelles liées au contexte au Moyen-Orient.

Avec l’arrivée programmée d’Etihad Airways, la RDC espère désormais consolider sa présence sur les grandes routes aériennes reliant l’Afrique au Golfe.

Si le calendrier annoncé est respecté, les 13 et 18 mars 2027 marqueront ainsi une nouvelle étape dans la connectivité internationale du pays, avec deux liaisons directes susceptibles de soutenir les échanges commerciaux, les investissements et les déplacements entre la RDC et les Émirats arabes unis.

RDC : L’opposition annonce un mort après la marche du 15 septembre et charge le pouvoir

La Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) dresse le bilan d’un mort, des blessés et des arrestations massives lors de la marche du 15 septembre 2026 à Kinshasa et dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.

L’annonce a été faite via un communiqué d’évaluation du 17 septembre, où l’opposition salue la mobilisation et accable le régime.

Pour Fayulu, Kabund, Katumbi, Matata et Sesanga, la participation massive du peuple congolais à cette manifestation politique démontre son attachement à la Constitution, à la démocratie, à l’État de droit et aux principes républicains.

Toutefois, les opposants condamnent avec « la plus grande fermeté » ce qu’ils qualifient d’assassinat de Manassé Lomboto Bomengola. Le cadre du parti ADDCONGO aurait été tué le 15 septembre à Kinshasa pendant la marche.

Les organisateurs tiennent Félix Tshisekedi pour responsable de cet assassinat et de toutes les violations des droits de l’homme qui ont suivi. Ils pointent en même temps « la milice « Force du progrès » de l’UDPS, appuyée par la police et l’armée nationales ».

Un guet-apens organisé, selon l’opposition

Pour la C64, les conditions d’encadrement de la marche relèvent du piège.

« Si les autorités de la ville avaient imposé un itinéraire en promettant de garantir la sécurité, les manifestants seraient en réalité tombés dans un guet-apens malicieusement tendu par le régime », dénonce-t-elle.

La C64 affirme que l’opération a été « minutieusement exécutée par la police nationale, la garde républicaine et le service national, accompagnés de la milice Force du progrès ». C’est ainsi qu’elle exige que toute la lumière soit faite sur les responsabilités de chaque acteur impliqué.

Dans la foulée, la coalition de l’opposition dénonce les interdictions de manifestations publiques dans les provinces. Elle dit constater les répressions de rassemblements, les enlèvements, les arrestations, séquestrations et détentions arbitraires en violation de l’article 26 de la Constitution.

Ces faits, selon elle, sont intervenus à Lubumbashi, Kolwezi, Likasi, Kamina, Kananga, Kindu, Kalemie, Matadi, Mwene-Ditu, Kikwit, Boende, Businga, Mbandaka, Kisangani, Kenge, Tshikapa et ailleurs.

La C64, le pouvoir et son mode opératoire

La C64 s’interroge sur l’agenda d’un pouvoir qui aurait « recyclé dans les forces de l’ordre des membres issus des milices Force du progrès et Kamwina Nsapu pour agir sous-couvert de la police »

L’objectif, selon elle, est de « planifier et éliminer des membres de l’opposition en transformant le trajet d’une manifestation pacifique en champ de bataille rangé et sanglant ».

Les exigences de l’opposition

Par conséquent, la C64 exige d’abord la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de ces manifestations.

Ensuite, elle appelle à l’ouverture de poursuites pénales contre tous les auteurs de ces violations des droits humains.

Enfin, elle demande le démantèlement sans délai de la milice « Force du progrès » et l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les violences, ainsi que la condamnation judiciaire des auteurs de l’assassinat de Manassé Lomboto Bomengola.

En outre, la coalition déplore la « complaisance » dont bénéficieraient les autorités congolaises auprès des États-Unis et des pays de l’Union européenne, traditionnels défenseurs des principes démocratiques.

Fayulu et ses compagnons appellent à appliquer aux violations des libertés publiques et des droits fondamentaux en RDC « le même niveau d’exigence que celui qu’ils revendiquent dans leurs prises de position sur d’autres situations à travers le monde ».

Par ailleurs, les opposants appellent le peuple congolais à demeurer vigilant, en veille et mobilisé autour du calendrier d’actions qu’ils décréteront en exploitant toutes les possibilités qu’offre l’article 64, pour barrer la route au projet de changement de Constitution en vue d’octroyer un troisième mandat à Félix Tshisekedi.

Embouteillages à Kinshasa : Daniel Bumba déploie 3 500 agents pour fluidifier la circulation

À Kinshasa, la lutte contre les embouteillages entre dans une nouvelle phase. Le gouverneur de la capitale, Daniel Bumba, a lancé ce jeudi 17 septembre la formation des agents appelés à accompagner la mise en œuvre du nouveau plan de circulation.

La première vague concerne 280 agents. À terme, ils seront 3 500 à être progressivement déployés sur les principaux axes de la capitale pour appuyer la Police de circulation routière et accompagner les usagers dans l’application des nouvelles règles.

280 agents formés avant un déploiement progressif

La cérémonie de lancement marque le début d’un dispositif destiné à renforcer la régulation du trafic dans une ville où les embouteillages rythment quotidiennement les déplacements.

Ces agents auront pour mission d’appuyer les policiers chargés de la circulation et de faciliter l’application des nouvelles mesures arrêtées par les autorités provinciales à travers le ministère des Transports.

Lors du lancement, Daniel Bumba les a appelés à maîtriser les enseignements reçus afin de pouvoir, à leur tour, expliquer clairement les nouvelles dispositions aux conducteurs et aux autres usagers de la route.

L’objectif affiché est de rendre la circulation plus fluide et de réduire les ralentissements qui paralysent régulièrement plusieurs axes de Kinshasa.

Pas d’arrestations ni de contrôles pour les agents d’appui

Le gouverneur a toutefois tenu à définir clairement les limites de leurs prérogatives.

Les agents d’appui ne disposeront ni du pouvoir d’arrestation ni de celui d’effectuer des contrôles. Leur intervention sera principalement orientée vers l’accompagnement de la régulation du trafic et la sensibilisation des usagers.

Cette précision intervient alors que le nouveau dispositif doit progressivement prendre place sur le terrain.

Daniel Bumba a ainsi appelé les agents à respecter strictement leur cadre d’intervention et à éviter toute initiative dépassant leurs compétences.

Daniel Bumba menace de sanctions en cas de tracasseries

Le chef de l’exécutif provincial a également mis en garde contre d’éventuelles bavures ou pratiques de tracasserie.

Les agents qui outrepasseraient leurs prérogatives s’exposeraient à de lourdes sanctions, a prévenu l’autorité urbaine.

Avec cette première cohorte de 280 agents et un objectif de 3 500 déployés progressivement, Kinshasa mise donc sur un renforcement de la présence humaine sur ses axes routiers pour accompagner son nouveau plan de circulation.

Reste désormais à mesurer, sur le terrain, l’impact réel de ce dispositif sur les embouteillages et les conditions de déplacement des Kinois.

Après la marche du C64, Muyaya et Fayulu s’affrontent par déclarations interposées

La marche s’est arrêtée sur le boulevard Lumumba. Cependant, la bataille politique s’est déplacée sur le terrain des déclarations.

Deux jours après la manifestation organisée par la Coalition Article 64 (C64), le gouvernement et l’opposition défendent désormais deux récits opposés des violences survenues à Kinshasa.

D’un côté, Patrick Muyaya rejette les accusations visant le pouvoir. Il invite aussi l’opposition à rejoindre le dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi.

De l’autre, Martin Fayulu maintient ses accusations contre les autorités. Il conteste le bilan officiel et promet de poursuivre sa contestation devant les médias, dans les quartiers et devant la justice.

Patrick Muyaya défend l’action du gouvernement

En réagissant à la marche du 15 septembre, Patrick Muyaya a rappelé que le droit de manifester devait s’exercer dans le respect du maintien de l’ordre.

Le porte-parole du gouvernement rejette également les accusations selon lesquelles des militants de l’UDPS ou de la Force du Progrès auraient perturbé la mobilisation.

Le ministre dénonce ce qu’il qualifie de « tactique démodée de recourir au mensonge et à la manipulation ».

Il cite notamment un faux communiqué qui invitait, selon lui, les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école. À ses yeux, cette désinformation visait à semer la peur au sein de la population.

Par ailleurs, Patrick Muyaya appelle les acteurs politiques à rejoindre la dynamique du dialogue national annoncée par le président Félix Tshisekedi.

Selon lui, l’ordonnance publiée quelques jours plus tôt invite tous les Congolais, y compris l’opposition, à participer à un processus consacré à la défense de la patrie.

Martin Fayulu maintient sa version des événements

Lors d’un Space animé mercredi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Martin Fayulu est revenu sur le déroulement de la manifestation.

Le président de l’ECiDé affirme qu’il n’a jamais atteint le point de chute du cortège. Selon lui, plusieurs personnes qu’il présente comme membres de la Force du Progrès ont attaqué les manifestants à plusieurs reprises.

D’après son récit, les premiers affrontements ont commencé près des 15ᵉ et 16ᵉ rues. Ensuite, la situation se serait aggravée à la 10ᵉ rue.

Il affirme que des policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes. Il soutient aussi que des individus armés de machettes, de barres de fer, de bêches et de cocktails Molotov poursuivaient les manifestants.

Ces affirmations relèvent du témoignage de Martin Fayulu. Elles n’ont pas été établies par une enquête indépendante et font l’objet de versions contradictoires.

Son récit de la fuite et des affrontements

L’opposant raconte également avoir cherché refuge auprès de policiers. Puis, il dit avoir tenté de monter dans un minibus avant de quitter les lieux à bord d’un taxi-moto.

Il affirme par ailleurs avoir aperçu des éléments de la Garde républicaine affectés, selon lui, à la sécurité de Marthe Kasalu, mère du chef de l’État.

Toujours selon son témoignage, ces éléments auraient tiré en l’air pour disperser les manifestants.

Là encore, cette affirmation constitue une allégation formulée par Martin Fayulu. À ce stade, aucun élément indépendant rendu public ne la corrobore.

Le bilan officiel contesté

Martin Fayulu rejette également le bilan communiqué par le gouvernement provincial de Kinshasa. Les autorités faisaient état d’une faible affluence, de quelques blessés, de l’absence de décès et d’aucun dégât matériel.

Pour contester cette version, il cite notamment le cas de Manassé Lombo Tobomengola, présenté comme chargé de sécurité des ADD Congo.

Selon lui, son corps se trouverait à la morgue de Mabanga.

L’opposant évoque aussi son véhicule, qu’il décrit comme fortement endommagé. Il affirme enfin que plusieurs blessés ont été hospitalisés.

Ces éléments correspondent aux déclarations de Martin Fayulu. Ils contredisent le bilan officiel communiqué par les autorités provinciales.

Une offensive politique qui dépasse la marche

Au-delà des violences, Martin Fayulu annonce plusieurs initiatives.

Il prévoit des démarches judiciaires contre les responsables qu’il estime impliqués dans la gestion de la manifestation. Il réclame également des excuses publiques du gouverneur de Kinshasa.

En parallèle, il veut renforcer la présence de la C64 dans les quartiers grâce à des espaces de mobilisation citoyenne.

L’opposant s’en est aussi pris à l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi après les commentaires de ce dernier sur la mobilisation.

« Nicolas Kazadi devait se taire. Il doit nous dire comment il a quitté le gouvernement », a déclaré Martin Fayulu.

Il a ensuite formulé de graves accusations contre l’ancien ministre, qu’il qualifie de « l’un des plus grands voleurs de ce pays ».

Ces propos constituent des accusations politiques exprimées par Martin Fayulu. Ils ne correspondent pas, à eux seuls, à une constatation judiciaire de culpabilité.

Deux récits opposés après une même journée

Les déclarations de Patrick Muyaya et de Martin Fayulu prolongent désormais l’affrontement politique bien au-delà de la marche du 15 septembre.

Le gouvernement défend l’action des forces de sécurité. Il invite aussi l’opposition à participer au dialogue national voulu par Félix Tshisekedi.

L’opposition, de son côté, continue de dénoncer la gestion de la manifestation. Elle conteste le bilan officiel et annonce une riposte sur les plans politique, judiciaire et médiatique.

Ainsi, les versions des événements restent profondément opposées. La question des responsabilités dans les violences demeure donc l’un des principaux enjeux des prochains jours.

Le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) annonce sa troisième édition et dévoile ses ambitions

Cotonou, le 4 septembre 2026 – Le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) annonce la tenue de sa troisième édition, du 12 au 13 novembre 2026 à Cotonou, en République du Bénin. Après une précédente édition ayant rassemblé plus de 6 700 participants et plus de 3 000 professionnels, ce rendez-vous panafricain des industries culturelles et créatives revient autour d’une ambition forte : « Musique africaine : de la scène au pouvoir d’influence ».

Le SIMA 2026 bénéficie de l’appui de partenaires institutionnels et privés majeurs, parmi lesquels le Ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine du Bénin, le Ministère du Tourisme et du Commerce Extérieur du Bénin, l’Ambassade de France en Côte d’ivoire, la fondation BOAD ainsi que la SACEM, Sony Music et Warner Music Africa. Ces soutiens témoignent de l’intérêt croissant porté au développement et à la structuration des industries culturelles et créatives africaines.

Le choix du Bénin pour accueillir le SIMA, pour la deuxième fois consécutive s’inscrit dans la dynamique impulsée par le pays et qui vise à valoriser la place des industries culturelles et créatives dans les processus de transformation structurelle des économies et le rayonnement culturel du pays à l’échelle régionale et internationale.

Co-fondé en 2022 par l’entrepreneur culturel Mamby Diomandé et l’artiste-producteur Pit Baccardi, le SIMA s’affirme comme une plateforme de référence pour structurer, connecter et développer les écosystèmes créatifs africains. En plaçant la musique au cœur d’une réflexion plus large sur les transformations de la culture et des industries créatives, le SIMA entend également prendre en compte les mutations technologiques qui redessinent le secteur, de l’intelligence artificielle aux nouveaux modes de création, de diffusion et de consommation des contenus.

Dans un contexte où l’économie créative africaine pourrait générer jusqu’à 20 millions d’emplois à l’horizon 2030, l’édition 2026 entend franchir une nouvelle étape : contribuer à positionner la créativité africaine comme un véritable levier de soft power, de création de valeur et d’influence internationale.

« La musique africaine n’est plus seulement un phénomène culturel : elle est devenue une force d’influence. Notre enjeu est désormais de transformer cette influence en puissance économique durable. Le SIMA veut créer les connexions entre créateurs, investisseurs, institutions et marchés pour que la visibilité internationale de nos talents se traduise en données mesurables, en monétisation des contenus, en opportunités économiques, en emplois et création de valeur pour le continent. »,

Mamby Diomandé, co-fondateur du SIMA

 

Trois axes pour faire de la créativité une puissance économique

Pour répondre aux enjeux d’un marché mondial en pleine transformation, le SIMA 2026 articulera sa programmation autour de trois priorités.

Le premier axe porte sur la compétitivité et l’internationalisation, avec l’objectif de renforcer la performance économique des acteurs et de favoriser l’exportation des talents africains.

Le deuxième axe mise sur la synergie intersectorielle, en rapprochant la musique de la mode, du cinéma, du tourisme, du sport et des autres industries créatives afin de développer plus de revenus.

Enfin, le troisième axe concerne les politiques publiques en matière de propriété intellectuelle et les mécanismes de régulation, avec l’ambition de faire émerger des recommandations concrètes et de renforcer les cadres permettant au secteur de mieux capter la valeur qu’il génère.

Au-delà des débats et des échanges professionnels, le SIMA entend faire de la création un véritable moteur de connexion entre les acteurs de l’écosystème. À travers sa résidence artistique, ses sessions live et ses formats immersifs, le salon favorise les collaborations entre artistes, producteurs, professionnels et acteurs internationaux, tout en créant des passerelles entre les différents marchés africains et l’international.

 

Une semaine entre création, business et influence

Du 7 au 11 novembre 2026, le SIMA Lab. Music réunira artistes et beatmakers du continent autour d’une résidence artistique destinée à donner naissance à un EP collaboratif, avec une distribution envisagée par une major internationale.

Les 12 et 13 novembre 2026, les journées professionnelles et les panels réuniront les principaux acteurs de l’écosystème musical autour de grands enjeux qui façonnent l’avenir de l’industrie, parmi lesquels l’intelligence artificielle, les droits d’auteur, la mobilité, le financement et les nouvelles opportunités de marché.

À la croisée des industries culturelles et sportives, un temps fort sera également consacré à la convergence entre football et musique, deux puissants vecteurs d’influence du continent, avec la participation de dirigeants sportifs et de leaders d’opinion.

Dans cette dynamique, le Makaya, scène dédiée à la découverte, mettra à l’honneur les talents émergents du Togo, du Kenya, de Madagascar et d’autres pays du continent, offrant une nouvelle vitrine aux artistes de la relève. Le programme sera également marqué par la remise du Prix Hamed Bakayoko, distinction honorifique qui récompensera l’engagement d’un mécène en faveur du développement des industries culturelles et créatives en Afrique.

Le 14 novembre 2026, le SIMA prolongera l’expérience avec un circuit touristique organisé en collaboration avec Bénin Tourisme, invitant artistes, professionnels et invités internationaux à découvrir le patrimoine et les sites emblématiques du Bénin. Cette immersion offrira aux participants l’occasion de mieux appréhender la richesse culturelle, historique et touristique du pays hôte, tout en prolongeant les rencontres et les échanges au-delà du cadre professionnel du salon.

 

À propos du SIMA

Créé et initié par des experts de l’industrie musicale, le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) promeut l’industrie musicale africaine, forme les acteurs de son écosystème et favorise les rencontres d’affaires entre acteurs africains et internationaux. Véritable plateforme d’interconnexion des industries culturelles et créatives, le SIMA offre aux acteurs de l’écosystème un espace pour créer, apprendre, partager, se rencontrer et faire émerger de nouvelles collaborations, tout en contribuant à la réflexion sur les enjeux culturels, économiques et technologiques qui façonnent les industries créatives africaines et leur rayonnement international.

Pour en savoir plus : Site officiel du SIMA https://www.simaonline.net

 

Contacts presse :

Charles Assagba : +225 07 08 45 50 20 / ca@concerto-pr.com

Emmanuel Emian: +225 01 42 38 50 41; +225 01 41 17 12 30/ ee@concerto-pr.com

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Parlement : budget 2027, loi référendaire… les deux chambres verrouillent le calendrier de la session de septembre

Au lendemain de l’ouverture solennelle de la session ordinaire de septembre, les deux chambres du Parlement congolais ont enclenché la phase de coordination. Réunis mercredi 16 septembre à Kinshasa, les bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat ont entrepris d’harmoniser leurs programmes afin d’établir un calendrier commun pour une session dominée par les grands dossiers budgétaires et législatifs.

Co-présidée par Aimé Boji Sangara et Jean-Michel Sama Lukonde, cette concertation marque le point de départ d’une organisation destinée à synchroniser les travaux des deux chambres avant leur examen par les Conférences des présidents puis leur adoption en séance plénière.

Budget 2027 et loi référendaire au sommet des priorités

Au cœur des discussions figure l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2027, considéré comme l’un des principaux rendez-vous de cette session parlementaire.

La rapporteure du Sénat, Néfertiti Ngudianza, a également cité la future loi référendaire parmi les textes prioritaires, aux côtés de la poursuite des activités de contrôle parlementaire.

Pour les deux chambres, l’objectif est de disposer d’un agenda cohérent permettant d’éviter les chevauchements et de faciliter l’avancement simultané des principaux textes.

Plus de 42 dossiers législatifs attendent encore leur examen

Au-delà des nouvelles initiatives gouvernementales, le Parlement devra également résorber un important stock de textes en attente.

Selon le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, les échanges ont porté sur la rationalisation du calendrier ainsi que sur l’identification des dossiers prioritaires.

Parmi eux figurent le projet de loi portant reddition des comptes, les nouvelles initiatives transmises par le Gouvernement, le suivi des réserves d’interprétation formulées par la Cour constitutionnelle, ainsi que les arriérés hérités des sessions de mars et de juin.

Au total, plus de 42 matières restent à examiner. À ces dossiers s’ajoutent les travaux des commissions permanentes, les missions de contrôle parlementaire et plusieurs rapports destinés aux plénières.

Un calendrier harmonisé avant validation des deux chambres

À l’issue de cette concertation, un projet de calendrier commun a été arrêté par les bureaux des deux chambres.

Ce document sera désormais transmis aux Conférences des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui devront l’examiner avant son inscription aux plénières respectives pour adoption.

Même après cette validation, le calendrier pourra être ajusté au cours de la session afin de tenir compte des contraintes législatives ou de nouvelles priorités gouvernementales.

Avec cette coordination en amont, le Parlement congolais cherche à donner davantage de cohérence à une session où les arbitrages budgétaires, le contrôle de l’action gouvernementale et l’apurement des dossiers en attente devraient rythmer les travaux des prochains mois.

Dialogue, rue et justice : Martin Fayulu ouvre un nouveau front contre le pouvoir de Tshisekedi

Vingt-quatre heures après les violences qui ont interrompu la marche de la Coalition Article 64 (C64) à Kinshasa, Martin Fayulu refuse de refermer la séquence. Pour le président de l’ECiDé, la bataille ne se jouera plus uniquement dans la rue : elle se poursuivra aussi autour d’un dialogue national, devant la justice et sur le terrain politique.

Mercredi 16 septembre, l’opposant a multiplié les prises de parole, d’abord lors de la Journée nationale Justice et Paix organisée par la CENCO, puis au cours d’un Space animé par le journaliste Stanislas Bujakera. Au fil de ces interventions, il a dessiné une stratégie qui mêle contestation institutionnelle, mobilisation citoyenne et propositions sécuritaires, tout en formulant de nouvelles accusations contre le pouvoir.

Fayulu défend un dialogue incluant les acteurs armés

À Genève, le chef de l’État Félix Tshisekedi a récemment affiché sa volonté d’ouvrir un dialogue national. Mais à Kinshasa, le débat porte désormais sur une question plus sensible : qui devra y participer ?

Invité à intervenir devant la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Martin Fayulu a plaidé pour un dialogue qu’il qualifie de véritablement inclusif, estimant que l’ensemble des parties prenantes à la crise congolaise devrait y être associé, y compris les acteurs armés impliqués dans le conflit.

Selon lui, exclure les Congolais qui contrôlent aujourd’hui des portions du territoire risquerait d’aggraver la fragmentation du pays.

« Le Congo a des problèmes. Et pour résoudre ces problèmes, il faut un dialogue national inclusif. Même ceux qui font la guerre au Congo aujourd’hui. Si vous ne les associez pas à ce dialogue, c’est-à-dire que vous balkanisez le pays », a déclaré le président de l’ECiDé.

Pour appuyer son raisonnement, il affirme que l’option militaire n’a pas permis, selon lui, de reprendre les territoires contrôlés par l’AFC/M23 et estime qu’il faut désormais aborder les causes internes et externes de la crise dans un cadre politique élargi.

Doha, Washington : Fayulu veut un cadre unique de négociation

L’opposant a également évoqué les discussions en cours à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

Selon lui, les protocoles déjà négociés devraient être intégrés dans un processus national afin d’éviter que des accords conclus séparément ne soient ensuite contestés par d’autres composantes de la société congolaise.

Cette proposition intervient alors que Kinshasa continue de privilégier une architecture diplomatique articulée autour des discussions de Washington avec Kigali et des pourparlers de Doha avec l’AFC/M23, tout en défendant parallèlement un dialogue national destiné à renforcer la cohésion interne.

Une partie de l’opposition estime toutefois que ce processus gagnerait en légitimité s’il associait davantage d’acteurs politiques et sociaux.

Après les violences de Kinshasa, Fayulu promet une riposte sur tous les fronts

Au lendemain des affrontements du 15 septembre sur le boulevard Lumumba, Martin Fayulu a annoncé une nouvelle phase de mobilisation.

Lors du Space organisé par Stanislas Bujakera, il a assuré que la C64 utiliserait « tous les mécanismes » à sa disposition : manifestations, médias, travail de proximité dans les quartiers et actions judiciaires.

L’opposant soutient que les manifestants, auxquels la coalition avait donné des consignes de non-violence, auraient été attaqués après avoir été initialement encadrés par la police.

Il affirme avoir vu des individus munis, selon son récit, de cocktails Molotov, de machettes, de barres de fer et de bêches avant d’évoquer l’intervention d’éléments armés des forces de sécurité.

Ces accusations demeurent, à ce stade, les déclarations de Martin Fayulu et nécessitent des vérifications indépendantes pour établir les responsabilités des violences.

Il est allé plus loin en évoquant la présence d’éléments de la Garde républicaine qu’il dit avoir identifiés comme affectés à la sécurité de Marthe Kasalu, mère du chef de l’État.

« C’est extrêmement grave de voir un État sous-traiter la violence », a-t-il dénoncé.

Sur le plan judiciaire, il annonce vouloir engager des démarches contre les responsables qu’il estime impliqués, y compris devant des instances qu’il ne limite pas aux seules juridictions nationales.

De son côté, le gouvernement rappelle que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect du cadre légal.

L’Est de la RDC au cœur de son projet politique

Au-delà de la contestation immédiate, Martin Fayulu a également détaillé plusieurs propositions pour répondre à la crise sécuritaire dans l’Est.

Il préconise notamment le transfert du camp militaire Kokolo vers Beni afin d’y former une armée d’élite, la création d’une force spéciale d’intervention au sein des FARDC et le déploiement renforcé de dispositifs de surveillance le long des frontières orientales.

« Avec ces trois mesures, j’ai assuré l’intégrité territoriale de notre pays à partir de l’Est », a-t-il affirmé.

L’opposant a également évoqué l’existence possible d’un « accord secret » entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame visant, selon lui, à céder une partie du territoire congolais.

Aucun document n’a toutefois été présenté durant cet échange pour étayer cette affirmation, qui demeure une allégation de Martin Fayulu.

Une stratégie politique qui dépasse la rue

Sur le terrain politique, Fayulu a également écarté l’hypothèse d’un rapprochement entre la C64 et la plateforme « Sauvons la RDC », associée à l’ancien président Joseph Kabila.

S’il rappelle avoir cosigné en 2025 un communiqué commun avec Joseph Kabila, Delly Sesanga et Moïse Katumbi, il estime que cette convergence ponctuelle ne justifie pas une fusion des deux dynamiques.

À ses yeux, la C64 ne constitue pas une plateforme électorale mais une coalition politique dont la vocation est la défense de l’ordre constitutionnel et de l’intégrité territoriale.

À travers ses interventions du 16 septembre, Martin Fayulu cherche ainsi à déplacer la confrontation sur plusieurs terrains simultanément : la rue pour maintenir la pression, les quartiers pour structurer la mobilisation, les médias pour imposer son récit et la justice pour rechercher des responsabilités.

Reste désormais à savoir si cet appel à un dialogue plus inclusif trouvera un écho auprès des autres acteurs politiques, alors que le format, les participants et la médiation d’un éventuel dialogue national demeurent l’un des principaux sujets de fracture de la scène politique congolaise.