« Si le peuple veut que je puisse avoir un troisième mandat, je l’accepterai tant que Dieu me donnera la vie ». Le Président Félix Tshisekedi n’a pas fermé la porte à une candidature en 2028, mercredi 6 mai 2026, lors de sa conférence de presse à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa. Il conditionne toutefois toute révision de la Constitution à une consultation populaire par référendum.
La phrase qui relance le débat constitutionnel
Interrogé sur une possible révision de la Constitution pour briguer un nouveau mandat, le Chef de l’État a lié sa décision à la volonté du peuple. Il a rappelé que l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) avait promis dès 2006 de changer la loi fondamentale une fois au pouvoir.
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« L’UDPS avait dit en 2006 que lorsqu’elle arriverait au pouvoir, elle changerait la Constitution. Nous ne l’avons pas encore fait », a déclaré Félix Tshisekedi.
Il ajoute que toute modification passera par le peuple : « Si révision il y a, ce sera par référendum et consultation du peuple ».
Le Président a toutefois précisé qu’il ne porte pas lui-même cette ambition. Il a indiqué ne pas souhaiter, de sa propre initiative, briguer un troisième mandat. Sa position reste liée à une demande populaire explicite.
Dans la foulée, Félix Tshisekedi a appelé à la prudence face aux slogans de ses partisans. Il a demandé de ne pas prêter attention aux mots inventés par certains soutiens pour réclamer un troisième mandat. Il rappelle que seule la volonté du peuple exprimée par référendum compte.
Cette position intervient alors que plusieurs cadres de l’Union Sacrée évoquent publiquement une révision constitutionnelle depuis début 2025.
La Constitution actuelle, adoptée en 2006, limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Félix Tshisekedi, élu en 2018 et réélu en 2023, achève son second mandat en décembre 2028.
Contexte politique : sécurité dans l’Est et élections de 2028
Félix Tshisekedi a lié l’organisation des scrutins de 2028 à la situation sécuritaire.
« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections », a-t-il prévenu lors de la même conférence de presse.
Les combats persistent dans le Nord-Kivu et l’Ituri malgré les processus de Luanda et de Nairobi. Au niveau international, le Gouvernement négocie d’une part, avec les rebelles du M23, sous la médiation de Doha. D’autre part, des accords politiques et économiques ont été signés à Washington, sous l’administration Trump, entre Kinshasa et Kigali.
La feuille de route pour le processus électoral 2025-2028 a été dévoilée en avril 2025, par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
Dans ce document, la CENI a détaillé les étapes clés menant aux préparatifs et à l’organisation des scrutins combinés de 2028.
Les étapes et les dates sont présentées de la manière suivante :
– Début de la cartographie électorale : 2025,
– Actualisation du fichier électoral : 2026,
– Révision des listes électorales : 2027,
– Formation des agents électoraux : 2027,
– Sensibilisation des électeurs : 2027-2028,
– Élections générales : 16 décembre 2028.
Mais les signaux liés à ce processus sont faibles compte tenu de la situation actuelle.
Tshisekedi veut quitter le pouvoir en laissant un pays en paix
Le Chef de l’État a évoqué son bilan souhaité. Il a affirmé son désir de quitter le pouvoir en laissant un pays pacifié. Il place la fin de la guerre dans l’Est comme priorité de son second mandat.
Félix Tshisekedi a répété que « la restauration de la paix reste la condition pour des élections crédibles en 2028 ».
Réactions attendues après la déclaration du 6 mai 2026
La déclaration de Félix Tshisekedi relance le débat sur la succession de 2028. L’opposition dénonce depuis plusieurs mois un « glissement » du calendrier électoral. Pour sa part, la majorité présidentielle défend une adaptation de la Constitution « aux réalités du pays ».
Aucun projet de loi de révision n’a été déposé au Parlement à ce jour. Le dernier référendum en RDC date de décembre 2005 pour l’adoption de la Constitution actuelle. C’était sous le Président Kabila, aujourd’hui en adversité avec son successeur, Félix Tshisekedi.



