RDC-Ouganda : visas, sécurité, commerce… Tshisekedi et Museveni fixent le cap à Entebbe

Les Présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni ont scellé, lundi 11 mai 2026, une feuille de route ambitieuse pour les relations RDC-Ouganda. Au State House, ils ont acté la réciprocité des visas d’ici août 2026, salué l’opération Shujaa et ordonné l’application immédiate de plusieurs accords signés. Ainsi, un Comité mixte permanent d’experts pilotera le suivi.

Visas : réciprocité promise avant le 31 août 2026

Kinshasa accélère les procédures afin d’exempter les Ougandais de visa d’ici le 31 août 2026. De son côté, le Gouvernement congolais salue la suppression des visas décidée par l’Ouganda pour ses ressortissants en janvier 2024, à l’issue de la 8e Commission mixte.

Par ailleurs, les deux pays veulent supprimer toute exigence de visa dans un délai de trois mois.

Défense et économie : Shujaa, infrastructures et intégration régionale

Les deux Chefs d’État saluent les résultats des opérations militaires conjointes. Selon le communiqué, l’opération Shujaa a neutralisé plusieurs forces négatives et rétabli la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

En outre, Kinshasa et Kampala réaffirment leur soutien au processus de paix conduit par l’Union africaine. Ils rappellent également leurs rôles respectifs à la tête du Mécanisme régional de suivi et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

Sur le plan économique, Tshisekedi et Museveni constatent des avancées dans les infrastructures routières conjointes. L’axe Kasindi-Beni-Butembo reste essentiel pour la connectivité et les échanges commerciaux.

Afin de renforcer l’intégration dans la Communauté d’Afrique de l’Est, les deux dirigeants ordonnent trois mesures :

  • la suppression des barrières non tarifaires ;
  • la simplification des procédures douanières à Mpondwe et Goli ;
  • l’accélération des discussions sur les visas.

Par ailleurs, les deux pays abordent la gestion durable du Graben Albertin ainsi que des lacs Albert et Édouard. Des projets conjoints sont déjà prévus dans l’énergie, les hydrocarbures et l’électrification transfrontalière.

Cette rencontre vise aussi à soutenir l’industrialisation. De plus, la coopération agricole doit garantir la sécurité alimentaire et mieux valoriser les produits locaux.

Accords signés et prochain rendez-vous à Kinshasa

La visite s’est achevée avec la présentation des résultats de la 9e Grande Commission mixte. À cette occasion, plusieurs mémorandums d’entente et un protocole d’accord ont été signés. Ils concernent notamment le commerce, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme, le transport, la recherche et le sauvetage ainsi que l’administration publique.

En parallèle, un accord lie l’Autorité ougandaise des zones franches à l’Agence nationale de promotion des exportations de la RDC.

Les deux dirigeants ont ensuite instruit leurs ministres d’assurer l’application immédiate des mémorandums signés et des décisions issues de la 9e session. Ainsi, un Comité mixte permanent d’experts des deux pays a été créé pour garantir le suivi.

Enfin, le Président Tshisekedi a exprimé sa gratitude à Yoweri Museveni, au gouvernement et au peuple ougandais pour l’accueil réservé à sa délégation. De son côté, le Président Museveni a salué cette visite, estimant qu’elle renforce le destin commun des deux nations, de la CAE et de la région des Grands Lacs.

La 10e session de la Grande Commission mixte Ouganda-RDC se tiendra en mai 2028 à Kinshasa, à des dates qui seront fixées par voie diplomatique.

25 millions de dollars, la VAR et Shabani Nonda : le plan XXL de Mosengo-Omba pour ressusciter le foot congolais

C’est une phrase qui résume à elle seule l’état des lieux. Ce lundi 11 mai 2026, à Kinshasa, Véron Mosengo-Omba n’est pas venu faire de la politique. Il est venu poser des chiffres sur la table. Devant une assistance suspendue à ses lèvres, l’ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF) a déroulé le programme qui, si les urnes du 20 mai lui sourient, changera le visage du football congolais.

Son credo ? « FECOFA 2030 ». Un projet sur quatre ans. Un budget : 25,6 millions de dollars. Soit 6,4 millions par an. Une somme qui fait rêver – et qui interroge.

Car l’homme qui fut l’un des cadres du football africain le sait mieux que personne : en RDC, ce n’est pas l’argent qui a manqué par le passé. C’est la manière de le dépenser. Alors cette fois, promet-il, tout sera différent. Audits indépendants annuels. Comptes publiés. Contrôle renforcé des fonds FIFA et CAF. La promesse d’une fédération « plus organisée, crédible et tournée vers l’avenir ».

Où va passer l’argent ? Le détail qui tue

Mosengo-Omba ne s’est pas contenté de grandes déclarations. Il a livré une feuille de route chirurgicale, presque chirurgicale. Voici comment seront répartis les 25,6 millions :

  • Sélections nationales : 5 millions USD – pour que les Léopards retrouvent leur fierté.

  • Compétitions nationales : 4 millions USD – la Linafoot doit respirer.

  • Football de base : 4 millions USD – la pépinière des talents de demain.

  • Football féminin : 3 millions USD – un effort historique pour les 26 provinces.

  • Infrastructures : 2,3 millions USD – des stades, des terrains, du concret.

  • Formation des entraîneurs : 1,5 million USD – on n’a jamais de bons joueurs sans bons coachs.

  • Direction technique nationale : 1,2 million USD – la mémoire et la méthode.

  • Audits, digitalisation et réformes : 800 000 USD – pour que tout ce beau monde rende des comptes.

  • Arbitrage (dont introduction de la VAR) : 800 000 USD – la technologie au service du jeu.

La première année (2026) absorbera 5,5 millions. La dernière (2029) grimpera à 7,6 millions. Une montée en puissance logique pour un projet qui veut d’abord poser des fondations solides avant de construire l’étage.

D’où viendra l’argent ? Du programme FIFA Forward, des appuis de la CAF, des revenus propres de la FECOFA… et de partenariats publics à hauteur de 16 millions de dollars. C’est là que le bât blesse. Car promettre 16 millions de l’État, en RDC, c’est prendre un risque. Mais Mosengo-Omba a décidé d’y croire.

VAR, foot féminin et anciennes gloires : les annonces qui font vibrer

La VAR débarque en Linafoot

L’annonce  fait l’effet d’une bombe. La VAR sera instaurée en Linafoot Ligue 1 dès la saison prochaine. Finies les polémiques arbitrales à répétition, du moins l’espère-t-il. Avec un budget de 800 000 dollars dédié à l’arbitrage, le candidat veut faire entrer le football congolais dans le XXIe siècle. Petite révolution technologique dans un pays où certains stades manquent encore d’électricité. Le défi est immense. L’ambition, vertigineuse.

3 millions pour les Lionnes du foot

C’est l’autre engagement fort : 3 millions de dollars sur quatre ans pour le football féminin. Une enveloppe qui ne se limitera pas à quelques tournois éphémères. Mosengo-Omba veut soutenir les clubs, organiser des compétitions nationales et développer la formation dans les 26 provinces. Parce que le football congolais, dit-il, ne sera vraiment grand que quand les femmes y joueront leur partition.

Shabani Nonda et les anciennes gloires

Le candidat ne veut pas reconstruire seul. Il appelle à la rescousse Shabani Nonda et toutes les anciennes gloires du football congolais. L’idée est simple : mettre l’expérience et la légende au service de la reconstruction. Un geste symbolique fort, qui parle autant au cœur qu’à la raison. Car au pays des Léopards, le football se transmet de génération en génération – et parfois, les meilleurs formateurs sont ceux qui ont porté le maillot.

Entre pari et nécessité

Le 20 mai 2026, les électeurs de la FECOFA devront choisir. D’un côté, la continuité. De l’autre, ce pari colossal signé Mosengo-Omba. 25,6 millions de dollars, 3 millions pour le foot féminin, la VAR, des audits indépendants, Shabani Nonda comme ambassadeur… Le programme est séduisant. Presque trop.

Mais l’ancien secrétaire général de la CAF le sait : ce n’est pas en sortant des chiffres qu’on change un pays. C’est en les réalisant. L’argent public promis viendra-t-il ? La VAR tiendra-t-elle dans des stades sans électricité fiable ? Les anciennes gloires accepteront-elles de s’engager vraiment ?

Autant de questions sans réponses, pour l’instant. Ce que Mosengo-Omba a apporté ce lundi 11 mai, ce n’est pas une certitude. C’est une direction. Une boussole pointée vers l’ambition, là où trop souvent, la résignation a prévalu.

Le football congolais souffre. Il saigne. Il attend. Et peut-être, juste peut-être, que ce 25,6 millions est le premier vrai chiffre d’une renaissance.

Rendez-vous le 20 mai. Les Léopards, eux, n’ont plus le temps de patienter.

Rusizi : les rebelles reculent, l’armée avance – mais qui dit vrai ?

Ce week-end, la plaine de la Rusizi a tremblé. Pas sous les bombes, cette fois, mais sous le poids des silences stratégiques. Des mouvements de troupes, discrets mais massifs, ont été signalés sur les hauts plateaux du Sud-Kivu. D’un côté, l’AFC/M23 abandonne des positions. De l’autre, les FARDC les réinvestissent. Même scénario, mais deux lectures radicalement opposées.

Pour le mouvement rebelle soutenu par Kigali, ce repli n’a rien d’une fuite. Ce serait un geste délibéré. Une preuve de bonne foi dans le cadre du processus de paix. Pour Kinshasa, en revanche, ce recul porte un autre nom : celui d’une double pression – militaire et diplomatique – qui finit par payer.

Alors, recul tactique ou déroute annoncée ? La vérité, comme souvent dans cette guerre de l’information, se niche dans les détails d’une lettre.

Nangaa écrit à Rubio : « Washington est partial »

Le 7 mai 2026, une lettre quitte la main du coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa. Destinataire : le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Dans cette correspondance dont ACTUALITE.CD a eu connaissance, Nangaa ne mendie rien. Il énumère. Comme un avocat qui plaide sa bonne foi devant un jury qu’il sait déjà acquis à l’accusation.

« Retrait unilatéral du territoire de Walikale en mars 2025. Libération de plus de 1 350 détenus. Remise au CICR de plus de 5 000 éléments des FARDC et de leurs dépendants. Retrait de la ville d’Uvira. Ouverture de corridors humanitaires. »

Autant de « gestes consentis », écrit-il. Autant de preuves, selon lui, que son mouvement n’est pas l’intransigeant que l’on dépeint.

Mais la lettre prend un tour plus acide quand Nangaa accuse Washington de partialité. Depuis que les États-Unis et la RDC ont signé des accords sur les minerais critiques, le régime de Félix Tshisekedi bénéficierait, selon l’AFC/M23, d’une forme de « tolérance américaine ». Une asymétrie qui, écrit-il, « fragilise la crédibilité de la médiation ».

Et d’égrener les griefs : bombardements récurrents par drones et aviation sur les zones sous contrôle rebelle, non-respect par Kinshasa des engagements de Montreux (18 avril 2026), notamment la libération de 317 détenus promise dans les dix jours.

Une copie de la lettre a été envoyée au président togolais Faure Gnassingbé (médiateur de l’Union africaine), au ministre d’État qatari Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, à la facilitation suisse, et à Massad Boulos, conseiller spécial du président américain.

Ce que dit l’armée congolaise : « Ils reculent, nous avançons »

Pendant que Nangaa écrit, les FARDC agissent. Sur le terrain, la mécanique est implacable. L’armée confirme : ses forces se déploient dans des zones abandonnées par les combattants de l’AFC/M23.

De Sange jusqu’à Mutarule, les soldats congolais sont désormais présents. La dernière ligne du mouvement rebelle se trouverait aujourd’hui à Luvungi. Pour Kinshasa, ce recul n’est ni un cadeau ni un geste de paix. C’est le résultat d’une pression militaire qui serre, couplée à une pression diplomatique qui étrangle.

Les FARDC ne parlent pas de « repositionnement ». Elles parlent de reconquête. Et si les combats ne font pas la une cette semaine, la guerre, elle, n’a pas dit son dernier mot.

Quand le recul devient piège

Sur le papier, l’AFC/M23 recule. Dans les faits, le mouvement rebelle clame qu’il choisit de reculer. Différence subtile, mais cruciale. Car dans les guerres asymétriques, l’adversaire qui se retire en parlant de « geste de paix » ne désarme jamais vraiment. Il se prépare. Il se repositionne. Il attend.

Et pendant ce temps, les Américains regardent-ils ailleurs, distraits par leurs accords sur le coltan et le cobalt ? Les facilitateurs suisses et qataris peuvent-ils encore peser quand l’une des deux parties accuse l’arbitre de tricherie ?

La plaine de la Rusizi est redevenue silencieuse. Un silence lourd, celui d’avant l’orage. Les FARDC réinvestissent les positions. Nangaa écrit des lettres que personne ne veut entendre. Et sur les hauts plateaux du Sud-Kivu, la guerre retient son souffle.

Parce que reculer, parfois, ce n’est pas perdre. C’est choisir l’endroit où l’on frappera ensuite.

L’après conférence de presse de Tshisekedi : la Justice lance des poursuites pour outrages au Chef de l’État sur internet

Le ministère de la Justice a ordonné l’ouverture immédiate de poursuites judiciaires contre les auteurs de propos outrageants visant le Président de la République dans le cyberespace. La décision fait suite à une vague de publications injurieuses et menaçantes diffusées après la conférence de presse du 6 mai dernier.

Des infractions pénales non couvertes par la liberté d’expression

Dans un communiqué daté du 11 mai 2026, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, condamne « avec la plus grande fermeté » des agissements jugés d’une « particulière gravité ».

Le texte vise la diffusion répétée de contenus outrageants, injurieux, diffamatoires et menaçants à l’encontre du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Le document précise que ces actes ne relèvent pas de la liberté d’expression. Au regard du droit pénal congolais, ils constituent des infractions qualifiées et attentatoires à l’autorité de l’État. En outre, ils sont susceptibles de fragiliser la cohésion nationale ainsi que le respect des institutions.

Le Président, institution protégée par la loi

Le communiqué rappelle le statut du Président de la République. Garant de la Constitution, de l’unité nationale et du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le Chef de l’État incarne une institution dont l’intégrité, la dignité et l’honneur bénéficient d’une protection juridique renforcée.

Injonction aux parquets : traquer les auteurs jusqu’à l’étranger

Le Ministre de la Justice a donné injonction aux autorités judiciaires compétentes de déclencher sans délai l’action publique. L’objectif : identifier techniquement, numériquement et judiciairement les auteurs des publications visées.

Cette action judiciaire prend aussi en compte ceux opérant depuis l’étranger. Il s’agit de procéder à leur interpellation selon les procédures légales.

Cette démarche s’inscrit dans les obligations constitutionnelles, légales et internationales de la RDC en matière de protection des institutions et de lutte contre la cybercriminalité.

Mise en garde contre l’incitation à la haine

Le ministère met aussi en garde contre toute instrumentalisation de figures publiques à des fins d’incitation à la haine, de provocation à la violence ou d’atteinte à l’ordre public. Ces faits feront l’objet de poursuites, conformément à la loi.

Aussi, le document réaffirme sa détermination à assurer le respect de l’autorité de l’État, la protection des institutions républicaines et l’assainissement du cyberespace national.

Fally Ipupa salué, Ferre Gola au cœur de la polémique

Le communiqué ne détaille pas le contenu des propos incriminés. Mais tout porte à croire que tout part de la conférence de presse du 6 mai.

Face aux médias, le Président Félix Tshisekedi a tenu à saluer la performance de Fally Ipupa au Stade de France. Devant les caméras, il a promis de décorer l’artiste dès son retour à Kinshasa, qualifiant le concert d’événement « historique pour la culture congolaise ».

La déclaration a enflammé les réseaux sociaux. Dans la foulée, des dérapages ont fusé. Plusieurs internautes se réclamant fans de Ferre Gola ont publié des messages virulents.

Leurs propos, jugés déplacés, visaient directement le Chef de l’État.

Ferre Gola sort du silence après sa rencontre avec Augustin Kabuya

L’affaire a vite pris une tournure politique. Ferre Gola a été reçu par le Secrétaire Général de l’UDPS, Augustin Kabuya.

L’entretien portait sur les tensions nées après la sortie médiatique du Président Congolais. À la suite de cet échange, l’artiste a coupé court : « Il n’existe aucun malentendu ».

Ferre Gola est attendu ce soir sur le plateau de « Bosolo na Politik ». L’artiste sera l’invité du journaliste Israël Mutombo.

Hantavirus : 6 pays touchés, 40 % de mortalité – ce que vous devez savoir absolument

Tout a commencé au bord de la rivière Hantan, en Corée du Sud, dans les années 1970. C’est là que les scientifiques ont isolé pour la première fois cette famille de virus jusqu’alors inconnue. Ils l’ont appelée hantavirus.

Cinq décennies plus tard, ce nom résonne en urgence sur les téléphones du monde entier. Pourquoi ? Parce qu’un bateau de croisière, le MV Hondius, parti d’Ushuaïa (Argentine) le 1er avril 2026, s’est transformé en piège sanitaire flottant. Bilan à ce jour : trois morts, huit cas confirmés, deux probables, des passagers évacués sous confinement biologique.

L’OMS le dit clairement : *« Il ne s’agit pas d’une autre épidémie de COVID-19. »* Pourtant, le taux de létalité du hantavirus – jusqu’à 40 % pour la forme pulmonaire – suffit à glacer le sang. Parce que ce virus n’a besoin ni de métro ni de grande foule. Il lui suffit d’un grenier oublié, d’une cave mal aérée, d’une pincée de poussière.

Comment l’attrape-t-on ? La contamination invisible

Le hantavirus n’est pas un virus sociable. Il ne se transmet pas par une poignée de main ni par une toux dans les transports. Son mode de transmission est presque… domestique.

« La plupart des contaminations surviennent en inhalant des poussières souillées par les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. »

Autrement dit : un cabanon rouvert après l’hiver, une cave mal nettoyée, un grenier oublié depuis des mois. Vous aspirez tranquillement la poussière – et le virus pénètre vos poumons. Plus rarement, une morsure ou un contact direct avec un rongeur peut suffire.

La particularité terrifiante de la souche des Andes

Mais une souche spécifique change la donne : le virus des Andes, celui détecté à bord du MV Hondius. Sa particularité ? Elle peut se transmettre d’humain à humain.

Une rareté mondiale. Un cauchemar local. Cette transmission interhumaine a déjà été documentée au Chili et en Argentine, par contacts familiaux rapprochés. Avec une période d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines, le piège est à retardement. C’est pour cette raison que tous les passagers du Hondius sont considérés comme « contacts à haut risque » et surveillés 42 jours durant.

Les pays sous tension : où frappe le virus ?

Contrairement au COVID, le hantavirus n’a pas besoin des grandes métropoles. Il préfère les silences ruraux, les granges, les sous-sols. Mais certaines régions du monde sont devenues des épicentres.

Argentine : l’alerte maximale

L’Argentine est aujourd’hui sur le grill. La souche des Andes y circule activement. Historiquement présente en Patagonie, le virus a migré : la province de Buenos Aires a enregistré 42 cas à elle seule depuis juin 2025.

Entre 2025 et 2026, 101 cas ont été comptabilisés dans le pays, dont 32 mortels, selon Infobae. Pire : le taux de létalité augmente, et les chercheurs, comme le rapporte Nature, ne savent pas encore pourquoi.

 Les autres pays touchés par l’épidémie du MV Hondius

Le bateau a disséminé l’alerte sur plusieurs pays en quelques jours :

  • Pays-Bas : deux morts (un couple, le mari décédé en mer, l’épouse à Johannesburg).

  • France : une passagère testée positive à Paris, état dégradé, pronostic vital engagé.

  • Royaume-Uni : deux cas confirmés, un probable.

  • Allemagne : une passagère décédée à bord, confirmation post-mortem.

  • Suisse : un cas positif après rapatriement.

  • États-Unis : un passager américain testé positif, évacué en confinement biologique vers Omaha.

Au total, l’OMS recense six pays touchés directement par cette épidémie embarquée. Sans compter les zones historiquement à risque : Chili, Brésil, Uruguay, certains États américains (Nouveau-Mexique, Colorado), et même certaines régions d’Asie et d’Europe où sévit la forme rénale du virus.

Prévention : trois gestes qui peuvent sauver une vie

Aucun vaccin. Aucun traitement antiviral spécifique. Face au hantavirus, la médecine ne peut souvent que soulager les symptômes (fièvre, douleurs musculaires, détresse respiratoire) et attendre.

Alors la prévention devient l’arme absolue. Trois réflexes simples, mais vitaux.

1. Aérer avant d’agir

Avant de nettoyer un lieu fermé depuis longtemps (grange, chalet, remise), ouvrez grand les portes et fenêtres pendant au moins 30 minutes. Laissez l’air chasser les particules virales en suspension.

2. Nettoyer humide, jamais sec

Ne jamais balayer à sec. Ne jamais passer l’aspirateur sans filtre HEPA.
– Mouillez les sols avec une solution d’eau de javel diluée (1 volume d’eau de Javel pour 9 volumes d’eau).
– Laissez agir 15 minutes.
– Ramassez les déjections avec du papier humide, puis brûlez-les ou jetez-les dans un sac fermé.

3. Barrières physiques contre les rongeurs

Colmatez les trous, installez des grilles sur les aérations, stockez les aliments dans des contenants hermétiques. Ne transformez jamais votre cave ou votre grenier en garde-manger pour rongeurs.

L’alarme, pas la panique

Trois morts sur un bateau. Des passagers aspergés de désinfectant à la descente de l’avion. Une photo, devenue virale, montre un évacué du MV Hondius, masque FFP2 baissé sous le nez, dans un bus. Une image qui résume tout : la peur, la fatigue, et cette vérité brutale – nous n’avons pas tant appris que cela du COVID.

L’OMS insiste : faible risque épidémique, transmission peu efficace, pas de raz-de-marée sanitaire en vue. Mais le hantavirus n’a pas besoin de raz-de-marée pour tuer. Une cave mal aérée, un chalet rouvert trop vite, une pincée de poussière dans l’air : cela suffit.

Le virus n’est pas nouveau. Il n’est pas mystérieux. Il est juste patient. Il attend, accroché aux crottes d’un rongeur invisible, dans un recoin oublié du monde.

Ce que le MV Hondius nous rappelle, ce n’est pas l’arrivée d’une nouvelle peste. C’est l’éternelle fragilité d’un monde où même la poussière, parfois, porte la mort.

Et où la meilleure barrière n’est pas un vaccin, mais trois gestes simples, du bon sens, et une porte ouverte pour que l’air passe.

Nuit de braise à Makumo : 9 civils tués, des familles hantées par l’absence

Il était environ 19 h 30, dimanche 11 mai 2026, lorsque le silence de Makumo a volé en éclats. Dans cette paisible localité du centre de la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, l’horreur a frappé sans prévenir. Des hommes armés, présentés par des sources locales comme des rebelles ADF, ont déferlé sur le village. Leur objectif : semer la mort, et rien d’autre.

À l’aube de ce lundi 11 mai, le bilan provisoire est déjà insoutenable. Selon l’ONGDH Protection Plus, neuf corps sans vie ont été extraits des décombres. Cinq habitations, réduites en torches, achèvent de dessiner le portrait d’une communauté anéantie, en quelques dizaines de minutes à peine.

« Ils sont venus, ont brûlé, sont repartis – sans qu’un seul soldat ne bouge »

Dans une alerte publiée dans la matinée, l’ONG dénonce un mode opératoire désormais bien rodé par les assaillants : s’en prendre directement aux civils, dans un déchaînement de violence aveugle. Mais ce qui glace le plus le sang, c’est l’absence totale de réaction des forces de sécurité.

« Aucune réponse militaire. Rien. Pendant que les habitants hurlaient sous les flammes, les FARDC étaient invisibles. »

L’organisation est formelle : malgré la gravité de l’incursion, aucune patrouille, aucun coup de feu en riposte, aucune intervention. Dans la foulée, des familles errent encore entre les cendres, à la recherche de leurs proches disparus. La psychose est totale. Chaque ombre, chaque bruit de moteur au loin fait trembler les survivants.

« Fatigués d’enterrer leurs enfants dans l’indifférence » : le cri de Makumo

Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur de l’ONGDH Protection Plus, porte la voix d’un peuple à bout. Dans la déclaration que son organisation a rendue publique, les mots résonnent comme un glas :

« La population de Makumo crie sa détresse. Les habitants sont fatigués d’enterrer leurs frères, leurs enfants et leurs parents dans l’indifférence totale. »

Un cri de rage, aussi, mêlé à une lassitude viscérale. Car Makumo n’est pas un cas isolé. Ce nouveau massacre intervient à peine quelques jours après un assaut similaire attribué aux ADF à Biakato, toujours dans le territoire de Mambasa, où une dizaine d’autres civils avaient déjà péri. Et plus au nord, près d’Oicha, des dizaines de cultivateurs sont tombés ces dernières semaines, fauchés comme des épis dans leurs propres champs.

Une chute en forme de tombe ouverte

Alors que l’ONG appelle les autorités congolaises, les FARDC et les autorités provinciales à une intervention urgente pour protéger les civils, une question brûle les lèvres de tous, à Makumo comme ailleurs : combien de morts faudra-t-il encore avant que l’indifférence ne cède enfin la place à la protection ?

Au cœur de cette nuit du 11 mai 2026, les neuf victimes de Makumo ne sont pas des chiffres. Elles sont des pères, des mères, des enfants partis en fumée, tandis que les armes officielles restaient braquées vers le sol. Chaque maison incendiée est une promesse brisée. Chaque disparu, un rappel que, dans certaines régions du monde, l’horreur n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être lethale – juste silencieusement répétée.
Makumo brûle encore. Et personne, cette nuit-là, n’a éteint le feu.

 

SERNIE : trois jours d’audit pour renforcer « EDUSER », le cœur numérique de l’école congolaise

Le Service National d’Identification des Élèves (SERNIE) a bouclé mercredi 7 mai dernier, un atelier d’évaluation de trois jours sur la plateforme « EDUSER ». Objectif : muscler cet outil clé de la digitalisation du système éducatif face à la hausse des utilisateurs et des données.

L’initiative est portée par la directrice du SERNIE, Mme Mathilde Inzun On’Sak-Atom.

Un atelier technique pour corriger et anticiper

Du 5 au 7 mai 2026, agents du SERNIE, cadres du Secrétariat général à l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté et informaticiens ont passé EDUSER au scanner.

Le chef de division de l’identification, assurant l’intérim de la directrice à l’ouverture, a inscrit ces travaux dans la suite de la session de janvier 2026 sur les missions globales du service. L’enjeu : adapter EDUSER aux besoins réels du terrain.

Comment fonctionne EDUSER aujourd’hui

Un concepteur de la solution a détaillé l’architecture, les objectifs et les modules majeurs de l’application. S’en sont suivis des échanges directs avec les participants. Questions, retours d’expérience et constats ont nourri le diagnostic.

Le chef de bureau du développement des applications a mené une analyse technique pointue. Il s’est focalisé sur l’enregistrement des élèves, construction du numéro permanent et du numéro d’identification, codification des écoles et des élèves, procédure d’importation des données, présentation des statistiques, et enfin, les démonstrations pratiques pour illustrer le fonctionnement de certains modules.

Les failles identifiées et les pistes retenues

Les tests pratiques ont révélé des axes d’amélioration concrets. La commission digitalisation a demandé cinq évolutions majeures :

– Intégrer le statut physique de l’élève, dont le handicap,
– Ajouter la profession des parents ou tuteurs,
– Créer une fonction de désactivation de profil,
– Enrichir les tableaux de bord avec des filtres par niveau,
– Création des salles classe.

EDUSER : pourquoi l’audit était urgent

EDUSER gère l’identification, la codification et le suivi scolaire de millions d’élèves en République Démocratique du Congo.

Depuis son déploiement national, la plateforme centralise les numéros permanents et alimente les statistiques du ministère. La massification des données et l’arrivée de nouveaux établissements imposent un contrôle qualité régulier. Sans cela, le risque de doublons, de lenteurs ou de données incomplètes menace le pilotage du secteur.

Prochaine étape : une feuille de route technique

Le SERNIE doit maintenant arbitrer. La direction de Mme Inzun On’Sak-Atom va étudier les recommandations des experts pour bâtir un calendrier de mise à jour. Cette réforme vise une « EDUSER plus stable, plus complète et plus proche des réalités des écoles congolaises ».

Contexte : digitaliser pour mieux piloter

La RDC accélère la numérisation de son système éducatif. EDUSER est l’épine dorsale de cette stratégie. Elle sert de base à la planification scolaire, à la lutte contre les faux élèves et à la répartition des ressources.

L’audit de mai 2026 marque donc un tournant pour sécuriser et fiabiliser tout l’écosystème.

Le Sénat Congolais examine les accords qui pourraient réécrire l’histoire des Grands Lacs

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. Dans l’hémicycle du Sénat de la République démocratique du Congo, les débats prennent une dimension historique. Cette fois, les sénateurs examinent en seconde lecture les Accords de Washington, signés sous médiation américaine. Ces textes portent un double objectif : consolider la paix avec le Rwanda et renforcer le partenariat stratégique avec les États-Unis.

Face aux élus, Thérèse Kayikwamba Wagner défend personnellement les accords. À ses côtés, le ministre des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, accompagne les échanges. Le ton reste calme. Pourtant, l’enjeu politique et diplomatique est immense.

Un accord de paix sous haute tension

Le premier texte concerne l’Accord de paix RDC-Rwanda signé le 27 juin 2025. Officiellement, il prévoit la cessation des hostilités, le respect de l’intégrité territoriale ainsi qu’une coordination sécuritaire renforcée entre les deux pays.

En théorie, cet accord doit mettre fin à plusieurs décennies de tensions dans la région des Grands Lacs. Cependant, beaucoup restent prudents. L’Est congolais demeure marqué par les violences armées, les accusations de soutien aux groupes rebelles et les rivalités autour des ressources naturelles.

Ainsi, les optimistes espèrent une nouvelle ère diplomatique. À l’inverse, les sceptiques craignent un texte fragile, incapable de résister aux réalités du terrain.

Washington mise sur les minerais stratégiques congolais

Le second texte porte sur le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis. Cette fois, les discussions concernent principalement les minéraux critiques, l’énergie, les infrastructures et la sécurité.

Selon la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner, cet accord établit un cadre structuré de coopération avec des mécanismes conjoints de suivi. Elle insiste également sur le respect de la souveraineté nationale.

Derrière cet accord, un enjeu économique majeur apparaît clairement. Les États-Unis cherchent à sécuriser leur accès aux minerais stratégiques congolais, notamment le cobalt, le lithium et les terres rares, devenus essentiels pour la transition énergétique mondiale.

En échange, Washington promet des investissements, un soutien diplomatique et une coopération sécuritaire renforcée. Reste toutefois une question centrale : toutes les clauses seront-elles réellement respectées ?

Donald Trump au centre de la médiation

Le 4 décembre dernier, Donald Trump avait personnellement présidé la cérémonie de signature à Washington.

À cette occasion, Félix Tshisekedi et Paul Kagame avaient affiché une poignée de main hautement symbolique devant les caméras.

Plusieurs dirigeants africains avaient également participé à l’événement. Parmi eux figuraient Faure Gnassingbé, João Lourenço, Évariste Ndayishimiye et William Ruto.

L’Union africaine était également représentée, tout comme des émissaires du Qatar et des Émirats arabes unis.

À l’époque, l’administration Trump avait présenté ces accords comme « historiques » et capables de mettre fin à des décennies de conflit dans les Grands Lacs.

Le REIF, pilier économique des accords

Au-delà de la dimension sécuritaire, les accords reposent aussi sur un ambitieux projet économique : le Cadre d’intégration économique régionale, connu sous l’acronyme REIF.

Cette initiative soutenue par Washington vise à accélérer l’intégration économique entre la RDC et le Rwanda. Les discussions évoquent notamment des zones industrielles, des corridors logistiques et des mécanismes de coopération autour des ressources naturelles.

Pour le moment, plusieurs détails restent encore flous. Malgré cela, les promoteurs du projet parlent déjà d’une transformation économique majeure pour la région.

Parallèlement, Washington a signé avec Kinshasa un protocole élargi de coopération sécuritaire. Les États-Unis ont aussi conclu avec Kigali un « cadre pour une prospérité économique partagée ».

Les sénateurs congolais face à un choix historique

Au Sénat, l’examen de ces textes ne ressemble pas à une simple formalité parlementaire. En coulisses, plusieurs élus expriment déjà leurs inquiétudes.

Certains redoutent une influence excessive des États-Unis sur les décisions stratégiques congolaises. D’autres s’interrogent encore sur la sincérité du partenariat avec le Rwanda après des années de tensions régionales.

Face à ces critiques, Thérèse Kayikwamba Wagner tente de rassurer les sénateurs. La ministre répète que les accords respecteront pleinement la souveraineté nationale de la RDC.

Cependant, le débat reste loin d’être clos.

Entre espoir diplomatique et méfiance politique

Pour les promoteurs de ces accords, la région des Grands Lacs pourrait devenir un modèle de stabilité et de croissance économique. L’ambition séduit une partie de la classe politique congolaise.

Néanmoins, la réalité sécuritaire demeure fragile. Les conflits armés persistent dans l’Est du pays et les blessures historiques entre Kinshasa et Kigali restent profondes.

Ce vendredi 8 mai 2026, les sénateurs congolais savent donc qu’ils participent à un moment décisif. Leur vote pourrait ouvrir une nouvelle phase diplomatique pour la RDC. Mais il pourrait aussi raviver les doutes d’une population encore marquée par des décennies de crise.

Xénophobie en Afrique du Sud : la cheffe de la diplomatie congolaise attendue au « front » parlementaire

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. L’heure est grave. Derrière les murs de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, une question domine tous les débats : que font les autorités congolaises pour protéger leurs ressortissants confrontés à la vague xénophobe qui frappe l’Afrique du Sud ?

Cet après-midi, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, devra répondre devant les députés nationaux.

Jeudi, depuis le perchoir, Aimé Boji Sangara a annoncé la décision du Bureau de la chambre basse. Ainsi, les élus ont invité d’urgence la cheffe de la diplomatie congolaise afin d’éclairer la représentation nationale sur ce dossier sensible.

Une diaspora congolaise sous pression

Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud connaît une série de manifestations hostiles aux migrants africains. Dans plusieurs townships de Johannesburg, Pretoria et Le Cap, des ressortissants congolais subiraient des discriminations et parfois même des violences.

Par ailleurs, certains commerces auraient été pillés tandis que plusieurs familles vivent désormais dans la peur.

Face à cette situation, Aimé Boji Sangara a exprimé son indignation devant les députés. « Ces comportements portent atteinte à la dignité humaine », a-t-il déclaré. Ensuite, il a rappelé les principes de libre circulation et d’intégration défendus par l’Union africaine.

Cependant, le président de l’Assemblée nationale ne s’est pas limité à une simple condamnation. Il a également proposé l’envoi d’une délégation parlementaire congolaise en Afrique du Sud.

L’objectif serait double : consulter les parlementaires sud-africains et renforcer la protection des Congolais vivant sur place. En même temps, Kinshasa souhaite préserver ses relations diplomatiques avec Pretoria.

Pretoria sous pression diplomatique

La RDC n’est pas le seul pays africain à réagir. Mercredi déjà, Pretoria a dû répondre à plusieurs accusations de xénophobie venues d’autres capitales africaines.

Le Nigeria ainsi que le Ghana ont aussi exprimé leurs inquiétudes après des incidents visant leurs ressortissants.

Dans ce contexte tendu, l’audition de Thérèse Kayikwamba Wagner prend une importance particulière. Les députés attendent désormais des réponses concrètes.

Combien de Congolais vivent actuellement en Afrique du Sud ? Combien ont été victimes d’agressions ? Quelles démarches diplomatiques Kinshasa a-t-il déjà engagées ? Enfin, quelles garanties Pretoria peut-elle offrir ?

Autant de questions que les élus comptent poser à la ministre cet après-midi.

Une séance très attendue à Kinshasa

Dans quelques heures, la cheffe de la diplomatie congolaise fera donc face aux députés. Cette fois, l’attente est immense et la tension palpable.

Derrière les chiffres et les communiqués officiels, il y a surtout des vies bouleversées. Beaucoup de Congolais avaient choisi l’Afrique du Sud pour y construire leur avenir. Aujourd’hui, certains n’osent plus sortir de chez eux. D’autres ont perdu leurs commerces ou leurs biens.

Par conséquent, la réponse des autorités congolaises sera observée bien au-delà des frontières de la RDC. Fermeté diplomatique, protection consulaire et initiatives parlementaires : Kinshasa joue désormais sa crédibilité sur ce dossier.

Au-delà de la crise actuelle, cette affaire touche aussi à l’idée d’une Afrique unie et solidaire. Or, cette vision vacille aujourd’hui sous les effets de la xénophobie et des tensions régionales.

À Kinshasa, l’Assemblée nationale retient désormais son souffle pendant que la diaspora congolaise attend des actes forts.

« Coup d’État constitutionnel » : Martin Fayulu sonne l’alarme et promet une désobéissance populaire en 2028

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. Devant une presse nombreuse, Martin Fayulu n’a pas mâché ses mots. Dans une salle attentive, le président de l’ECiDé a dénoncé ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ». Selon lui, le président Félix Tshisekedi chercherait à modifier les règles du jeu politique à travers un projet de réforme constitutionnelle et un référendum controversé.

« Chers amis de la presse, je vous ai invités pour dénoncer le coup d’État que Félix Tshisekedi est en train d’orchestrer à travers sa tentative de changement de la Constitution et de référendum », a lancé l’opposant.

Sans décor officiel ni mise en scène particulière, Fayulu a livré un discours offensif. Il affirme vouloir empêcher le pays de basculer dans une crise institutionnelle majeure.

Une proposition de loi au cœur de la polémique

La principale cible de Martin Fayulu reste une proposition de loi référendaire portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy.

Pour certains observateurs, le texte paraît purement technique. Pourtant, l’opposant y voit un véritable « cheval de Troie juridique ».

Son argument repose sur une contradiction qu’il juge dangereuse. D’un côté, l’article 6 réaffirme l’intangibilité des articles 218 à 220 de la Constitution. Ces dispositions verrouillent notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.

Mais de l’autre, les articles 87 à 90 introduisent un mécanisme lié à un éventuel « dysfonctionnement majeur ». Selon Fayulu, cette formule pourrait permettre de contourner les limites constitutionnelles actuelles.

Une « porte dérobée » vers un troisième mandat ?

Pour le président de l’ECiDé, ces dispositions ouvrent une « porte dérobée » vers un maintien prolongé au pouvoir.

« On ne change pas les règles du jeu en plein match. Nous ne défendons pas seulement un texte, nous défendons la liberté d’expression, nous défendons le Congo et nous empêchons la balkanisation du pays », a-t-il insisté.

L’opposant estime qu’aucun consensus politique, aucune majorité parlementaire et même aucun référendum populaire ne pourraient justifier une remise en cause des articles protégés de la Constitution.

Fayulu accuse Tshisekedi d’utiliser la guerre

Martin Fayulu a également évoqué la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Depuis plusieurs mois, les violences armées plongent la région des Grands Lacs dans une situation explosive.

Cependant, l’opposant va plus loin. Selon lui, le pouvoir instrumentaliserait cette guerre pour préparer un glissement politique.

« Félix Tshisekedi est en train d’utiliser la guerre pour se pérenniser au pouvoir », a-t-il affirmé devant les journalistes.

Puis, il a posé une question lourde de sous-entendus : « À qui profite cette guerre ? »

À travers cette interrogation, Fayulu laisse entendre que le conflit pourrait servir de justification à un éventuel report des élections générales prévues en 2028.

Le souvenir brûlant de janvier 2015

Pour renforcer son message, Martin Fayulu a rappelé un épisode marquant de l’histoire politique congolaise : les manifestations de janvier 2015.

À l’époque, la rue s’était mobilisée contre une réforme de la loi électorale perçue comme favorable à Joseph Kabila. Finalement, sous la pression populaire, le Sénat avait reculé.

Aujourd’hui, l’opposant espère voir le même scénario se reproduire. Il demande aux députés de supprimer « purement et simplement » les articles 87 à 90 du texte contesté.

En outre, Fayulu estime que les promoteurs de cette proposition de loi devraient répondre de leurs actes devant la justice.

Un message clair pour l’élection de 2028

À la fin de sa conférence de presse, Martin Fayulu a fixé un horizon politique clair : l’élection présidentielle de 2028.

Dans un mélange de français et de kikongo, il a adressé un avertissement direct au chef de l’État : « Le peuple m’a donné une mission claire : « alinga alinga te, ako kende en 2028 » », autrement dit : « qu’il le veuille ou non, il devra partir en 2028 ».

Cette déclaration donne désormais une dimension nationale au débat. Derrière les discussions juridiques et les articles de loi, beaucoup voient une bataille décisive pour l’avenir de la démocratie congolaise.

Entre les partisans d’une réforme institutionnelle et les défenseurs de l’ordre constitutionnel actuel, le bras de fer politique ne fait donc que commencer.