Révélations de l’ONU : l’AFC/M23 empoche plus d’un million de dollars par mois grâce au sang des minerais

New York – Kinshasa, 6 mars 2026 – La salle du Conseil de sécurité de l’ONU a retenu son souffle, ce jeudi 5 mars, lorsque Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, a lâché le chiffre. Un chiffre qui donne la mesure du désastre : plus d’un million de dollars par mois. C’est la manne que la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda, tirerait de l’exploitation illégale des mines dans les territoires qu’elle contrôle dans l’Est de la RDC.

Un million de dollars. Chaque mois. De quoi acheter des armes, payer des combattants, soudoyer des officiels, et continuer à ensanglanter les collines du Nord et du Sud-Kivu.

« Depuis le début de la crise actuelle dans la région, la coalition AFC/M23 aurait engrangé plus d’un million de dollars par mois grâce à l’exploitation minière illicite et à la contrebande », a déclaré sans ambages Rosemary DiCarlo.

Des minerais qui valent de l’or… et du sang

Dans l’Est de la RDC, le sous-sol est un véritable magasin de luxe à ciel ouvert. Coltan, or, cobalt, cassitérite, wolframite… Tous ces minerais, essentiels à l’industrie électronique mondiale, sont présents en abondance. Et tous sont, en partie, contrôlés par des groupes armés qui les exploitent sans vergogne, dans des conditions de travail proches de l’esclavage, et les écoulent sur des marchés parallèles, via des réseaux de contrebande sophistiqués.

Pour l’AFC/M23, cette économie de guerre est devenue le principal moteur de sa machine de destruction. Elle permet non seulement de financer les opérations militaires, mais aussi de s’ancrer durablement dans les territoires conquis, en instaurant un système de prédation qui fait vivre des milliers de personnes, toutes prises en otage de ce commerce illicite.

La MONUSCO impuissante face au flot

Face à ce constat accablant, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) tente de réagir. Selon Rosemary DiCarlo, elle collabore avec les autorités congolaises et les partenaires régionaux pour tenter de réduire l’emprise des groupes armés sur les zones minières et perturber les chaînes d’approvisionnement illicites.

Mais la tâche est titanesque. Les circuits de contrebande sont complexes, mêlant trafiquants locaux, intermédiaires régionaux et acheteurs internationaux peu regardants sur la provenance des minerais. La traçabilité reste un défi majeur, et la gouvernance du secteur minier, minée par la corruption, peine à s’imposer.

Le paradoxe des ressources

L’intervention de Rosemary DiCarlo met en lumière un paradoxe cruel : les immenses richesses minières de la RDC, qui pourraient être un levier de développement et de paix, sont aujourd’hui le carburant de la guerre. Tant que les groupes armés continueront à tirer profit de ces ressources, les efforts de stabilisation resteront vains.

« La lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles constitue une étape essentielle pour rétablir la stabilité dans la région des Grands Lacs », a plaidé la haute responsable onusienne. Un appel à une meilleure coopération régionale, à un renforcement de la gouvernance, et à une transparence accrue dans la filière minière.

Mais pour l’instant, dans les collines du Kivu, les excavatrices continuent de gratter la terre. Et le sang, lui, continue de couler.

14 rebelles de Twirwaneho libérés à Kinshasa, la main tendue de Tshisekedi à la communauté Banyamulenge

Kinshasa, 5 mars 2026 – Ils étaient partis se battre, ils reviennent libres. Ce jeudi, au cœur de la capitale congolaise, un geste inattendu secoue le microcosme politico-judiciaire. Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a remis en liberté quatorze combattants du groupe Twirwaneho, une milice alliée à l’AFC/M23 active dans les conflits du Sud-Kivu.

Ces hommes s’étaient rendus volontairement à l’armée congolaise en décembre dernier, lors des violents combats pour le contrôle de la ville stratégique d’Uvira.

Devant une délégation de la communauté Banyamulenge vivant à Kinshasa, le ministre a tenu à expliquer la procédure. La cellule de communication de son ministère indique que les autorités ont d’abord mené les vérifications nécessaires. L’objectif était clair : déterminer si les personnes concernées avaient commis des faits susceptibles d’engager leur responsabilité pénale, conformément aux principes de l’État de droit.

Résultat : à ce stade, les enquêteurs n’ont retenu aucune charge individuelle contre eux.

Une libération sous haute surveillance

La cérémonie de libération s’est déroulée en présence des responsables de la justice militaire et des représentants du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion communautaire (P-DDR-CS). Ce cadre protocolaire montre que, si la main est tendue, elle reste ferme.

En effet, les quatorze hommes ne retournent pas simplement à la vie ordinaire. Désormais, le programme de réinsertion les place sous supervision afin de les accompagner vers une vie civile normale.

Pour la communauté Banyamulenge de Kinshasa, présente et émue, ce geste représente un signal fort. Ses représentants ont salué « la lutte effrénée du chef de l’État contre les discours de haine tribale ».

Dans un contexte où les tensions ethniques s’enflamment souvent à cause des conflits armés, la décision du président Félix Tshisekedi envoie un message clair : tous les Congolais ont leur place dans la République, à condition de déposer les armes.

Encourager les autres à suivre l’exemple

Selon la cellule de communication du Garde des Sceaux, cette cérémonie illustre la volonté du président de la République. Il souhaite encourager les Congolais encore engagés dans les groupes armés à abandonner la violence et à rejoindre le camp de la République.

Autrement dit, le gouvernement mise sur une stratégie de « porte ouverte ». L’objectif consiste à fragiliser les rangs des rébellions en offrant une alternative crédible à ceux qui veulent déposer les armes.

Twirwaneho, une milice complexe

Pour comprendre la portée de cette libération, il faut rappeler ce qu’est Twirwaneho. Ce groupe armé opère dans le Sud-Kivu depuis la fin des années 2000.

À l’origine, ses fondateurs l’avaient présenté comme une milice d’autodéfense de la communauté Banyamulenge. Cependant, au fil des années, le groupe est devenu un acteur majeur des conflits dans la région.

Dirigé par Michel Rukunda, également connu sous le nom de Makanika, il fait l’objet de multiples accusations dans des rapports des Nations unies. Ces documents évoquent notamment des violations des droits humains et le recrutement d’enfants soldats.

Par ailleurs, son alliance récente avec le M23 et l’AFC l’a transformé en rouage important de l’offensive qui déstabilise l’Est du pays.

Libérer quatorze de ses combattants représente donc un pari politique. Cependant, les autorités espèrent créer un effet d’entraînement. Elles veulent montrer que la reddition peut mener à la liberté, et non à la prison.

Reste à savoir si cet appel sera entendu. Dans les collines du Sud-Kivu, les armes continuent de parler.

Mais à Kinshasa, ce jeudi, ce sont les chaînes qui se sont tues.

La crème du football dans les grandes ligues européennes : le derby milanais et un test pour le Barça

Les mois décisifs de la saison de football européen approchent à grands pas. La moindre erreur peut coûter très cher, les équipes jouant donc à leur maximum avec le suspense qui dure jusqu’au bout du bout des parties.

Pour les passionnés de ballon rond, c’est un véritable déferlement d’émotions, et pour les parieurs, une excellente opportunité de se faire de l’argent avec 1xBet. L’essentiel est de se rappeler que les paris doivent être responsables et de ne pas se mettre en danger. 1xBet, le meilleur site de paris sportifs international, vous offre toujours les meilleures opportunités pour décrocher la timbale.

Paris Saint-Germain – AS Monaco, 6 mars

Ces deux équipes se sont croisées récemment en barrages de la Ligue des champions. Le PSG s’est qualifié alors, mais la tâche a été loin d’être facile pour les Parisiens : Monaco a mené au score dans les deux rencontres avant d’être accroché lors de la 2ᵉ manche et de rester en infériorité numérique par-dessus le marché.

Les Monégasques voudront confirmer leur niveau et prendre leur revanche lors de ce nouveau face-à-face. Les Parisiens ont une marge d’erreur très fine : ils ont trop attendu l’occasion de s’emparer de la tête du classement pour offrir à Lens une chance de s’approcher d’eux une autre fois. Le club de la capitale devrait aligner un collectif au sommet de sa forme et faire preuve d’une détermination sans faille – le match contre Chelsea en Ligue des champions aura lieu dans seulement cinq jours.

V1 – 1,304, X – 5,95, V2 – 8,3

Athletic Bilbao – FC Barcelone, 7 mars

Les champions d’Espagne faisant figure de favoris, les cotes indiquent que tout est possible dans ce match. Les Catalans seront certainement fatigués : l’équipe a connu un match très tendu contre l’Atlético en demi-finale de la Coupe d’Espagne. Koundé et Balde sont sortis sur blessure lors de la rencontre face au Real Madrid, alors qu’il ne faut pas s’attendre à voir Lewandowski sur le terrain. Pedri et Rafinha ont, eux aussi, labouré d’arrache-pied pour finalement se retrouver au bout du rouleau.

Dans le même temps, le retour de Frenkie de Jong devrait apporter de nouvelles idées au milieu de terrain. L’Athletic Bilbao a perdu ses chances de terminer dans le top 4 du championnat depuis un certain temps déjà, mais se préparera sans aucun doute à affronter un adversaire de taille. L’équipe a d’ailleurs accumulé assez de rancune pour aborder ce choc au mieux de sa forme : deux branlées douloureuses contre le Barça en championnat (4-0) et une manita (5-0) en Supercoupe d’Espagne pour corser cette addition déplorable.

V1 – 4,875, X – 4,675, V2 – 1,677

AC Milan – Inter, 8 mars

Dix longueurs séparent les deux troupes. Il semblerait que même en cas de revers, l’Inter ne court aucun risque. Cependant, il faut tenir compte non seulement du classement, mais aussi du calendrier. Le leader de Serie A affrontera l’Atalanta, la Fiorentina, la Roma et Como à venir. De plus, l’équipe de Chivu sera amputée de Lautaro Martínez, au moins en partie, lors de ces rencontres, sans oublier les difficultés rencontrées par l’Inter lors des grands rendez-vous de cette saison. La situation est donc loin d’être aussi simple.

Il en va de soi que, pour que la saison soit vraiment haletante, il est nécessaire que l’AC Milan récolte des points. Mais pour les supporters et les joueurs, une victoire, même dans un seul match, serait déjà très agréable. Nul doute que Max Allegri poussera ses pépites à se surpasser et donner le meilleur d’eux-mêmes.

V1 – 3,6, X – 3,04, V2 – 2,24

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Nord-Ubangi : 3 000 éleveurs semaient la terreur, l’armée déployée d’urgence

Dans les collines verdoyantes du Nord-Ubangi, la colère gronde plus fort que les troupeaux. Depuis des semaines, une ombre plane sur les villages. Celle de plus de 3 000 éleveurs Mbororo et de leurs 30 000 têtes de bétail qui, selon les habitants, se comportent moins en voisins qu’en conquérants.

Une crise qui remonte jusqu’à Kinshasa

Ce mercredi 5 mars, l’écho de cette crise est parvenu jusqu’au cabinet du vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita. Devant lui, le gouverneur du Nord-Ubangi a déroulé la litanie des exactions.

D’abord, des champs piétinés et transformés en désert de boue du jour au lendemain. Ensuite, des terres agricoles accaparées sans autre forme de procès. Enfin, une violence qui, désormais, n’épargne plus personne.

Le drame de trop s’est noué il y a quelques jours dans un champ, pour une dispute qui aurait dû être banale. Une altercation. Puis un coup de couteau. Et la vie d’un jeune homme de 23 ans qui s’est éteinte, fauchée par un éleveur.

Depuis, dans les agglomérations du Nord-Ubangi, l’inquiétude des populations a changé de visage. Déjà éprouvées par la crise économique, elles vivent désormais avec une peur viscérale, mêlée d’une rage sourde.

L’État promet de rétablir l’ordre

Face à cette situation, le vice-Premier ministre n’a pas hésité. Aussitôt informé, il a tranché : la sécurité ne se négocie pas.

Des mesures immédiates ont été ordonnées. Dans les prochaines heures, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) seront redéployées sur place. L’objectif est clair : restaurer l’ordre, protéger les civils et mettre un terme à ce que certains qualifient déjà d’« occupation silencieuse ».

Mais Guy Kabombo le sait : le problème dépasse un simple différend de voisinage. En effet, la cohabitation entre agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades constitue une poudrière dans plusieurs régions d’Afrique.

Ici, au Nord-Ubangi, elle a déjà explosé.

Le ministre a donc décidé d’élever le débat au plus haut niveau de l’État. Le dossier sera porté directement à la connaissance du Président de la République, Félix Tshisekedi.

Une situation jugée explosive

La veille, à Kinshasa, une réunion d’urgence avait déjà réuni les cadres du gouvernement central et ceux de l’exécutif provincial.

Autour de la table, le constat était unanime : la situation est explosive. Avec près de 30 000 têtes de bétail déambulant sur des terres non destinées au pastoralisme, les tensions communautaires ont atteint un point critique.

Désormais, tous les regards se tournent vers l’armée.

Dans les villages, entre la peur d’une nouvelle flambée de violence et l’espoir que l’État de droit reprenne ses droits, les habitants retiennent leur souffle. La restauration de l’ordre est en marche.

Reste à savoir si elle suffira à panser les plaies d’une cohabitation devenue impossible.

Gouvernance en RDC : À qui profite l’immunité ? Le cri d’alarme de la Cour des comptes

Palais du Peuple, Kinshasa – 3 mars 2026

Sous les ors et les dorures de l’hémicycle, l’atmosphère était solennelle, presque pesante. En effet, ce mardi-là, la République avait sorti ses plus beaux atours pour la rentrée judiciaire de la Cour des comptes.

Au premier rang, le Président Félix Tshisekedi, la Première ministre, les présidents du Parlement et tout l’état-major judiciaire du pays écoutaient attentivement. Pourtant, peu imaginaient que le discours qui allait suivre secouerait autant les certitudes.

Jimmy Munganga brise le silence sur l’impunité

Jimmy Munganga, Premier président de la Cour des comptes, s’avança alors à la tribune. Derrière ses lunettes, son regard trahissait la détermination d’un homme décidé à parler franchement.

Il évoqua d’abord la notion de « redevabilité ». Ce terme technique renvoie pourtant à une idée simple : tout gestionnaire public doit rendre des comptes.

Cependant, très vite, le ton changea. Sa voix devint plus grave. Le magistrat venait de toucher au cœur du problème.

« La question de la redevabilité ne saurait être close », lança-t-il, « sans évoquer la problématique préoccupante de l’impunité dont bénéficient les ministres et les gouverneurs. »

L’article 32 dans le viseur de la Cour des comptes

Aussitôt, un silence glacial s’abattit sur l’assemblée. En effet, Jimmy Munganga venait de briser un tabou.

Il pointait directement l’article 32 de la loi organique de la Cour. Selon lui, cette disposition agit comme un véritable bouclier juridique. Elle protège certains hauts responsables contre les poursuites pour fautes de gestion.

Ministres du gouvernement central, gouverneurs de province ou encore responsables des assemblées : tous échappent à la justice financière dans ce cadre précis.

« Cette disposition crée une discrimination manifeste », asséna-t-il. « Elle viole le principe constitutionnel de l’égalité des citoyens devant la loi. »

Dans la salle, certains ministres baissèrent les yeux. D’autres échangèrent des regards furtifs. Manifestement, le Premier président venait de poser une question explosive au cœur même de la République.

Un appel direct à réformer la loi

Pourtant, Jimmy Munganga ne s’arrêta pas là. Au contraire, il poursuivit son plaidoyer avec insistance.

Face au Chef de l’État, connu pour faire de la bonne gouvernance un pilier de son action, il demanda clairement une réforme.

« Nous devons rendre les ordonnateurs politiques justiciables devant la Cour pour leurs fautes de gestion », déclara-t-il. « Ainsi, nous restaurerons l’égalité devant la loi et renforcerons la lutte contre la criminalité financière. »

Une institution qui veut désormais peser

Pendant longtemps, la Cour des comptes était restée en retrait. Beaucoup la percevaient comme une institution discrète, presque invisible dans le paysage institutionnel congolais.

Cependant, depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, la situation a évolué. Aux côtés de l’Inspection générale des finances, la Cour a progressivement repris sa place dans le dispositif de contrôle de l’État.

Mais ce mardi, elle demandait davantage qu’un simple rôle consultatif. En réalité, elle revendiquait les moyens d’agir réellement.

Une question au cœur de la République

Car derrière les mots juridiques et les formules protocolaires, c’est une vieille histoire congolaise qui ressurgit. Celle des biens publics dilapidés, des détournements impunis et des privilèges qui protègent les puissants.

Ainsi, en demandant la suppression de l’article 32, la Cour des comptes ne s’adressait pas seulement au législateur.

En réalité, elle tendait un miroir à la République. Une question restait alors suspendue dans l’air : le pays est-il prêt à appliquer la même justice à tous ses responsables publics ?

TRANSCO : Un Départ Digne et une Nouvelle Ère pour le Transport à Kinshasa

Le mercredi 4 mars, dans l’effervescence de Kinshasa, les murs de la Société des Transports au Congo (TRANSCO) ont été témoins d’un événement rare. Pour la première fois, une page s’est tournée sans déchirure.

Dans la salle comble, entre cadres et agents retenant leur souffle, Solange Kabedi Odra, la directrice générale sortante, a passé le flambeau. Elle l’a fait avec la fierté tranquille de ceux qui préservent leur honneur.

Solange Kabedi quitte Transco « la tête haute »

Son regard était à la fois doux et déterminé lorsqu’elle a pris la parole. « Je suis heureuse », a-t-elle confié, brisant le silence.

« Ici, à Transco, on a l’habitude de voir les directeurs généraux suspendus. Moi, je sors la tête haute. On a simplement mis fin à mon intérim. »

Ainsi, cette phrase portait un poids particulier dans une entreprise longtemps secouée par les turbulences. Pourtant, ce départ s’est fait sans fracas. Au contraire, il s’est déroulé dans un climat de respect et de dignité.

Jérémie Kilubu Matondo affiche sa vision

Face à elle se tenait l’homme du renouveau. Jérémie Kilubu Matondo, nouveau patron intérimaire, n’a pas attendu pour fixer le cap.

D’abord, il a écarté toute idée de rivalité interne. Ensuite, il a choisi de regarder vers l’avenir. Avec une voix posée mais ferme, il a rappelé l’essentiel :

« Je suis là pour contribuer à la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi : assurer le mouvement de la population. Les guéguerres ne nous intéressent pas. Ici, on ne parlera que de solutions. »

Un appel à la continuité et à l’expérience

Puis, dans un geste d’élégance et de sagesse politique, il s’est tourné vers celle qui l’a précédé.

« Maman Directrice générale, vous serez toujours là. Nous aurons besoin de vos conseils. »

Ainsi, cette main tendue efface d’un coup les rancunes possibles. Surtout, elle ouvre la voie à une collaboration apaisée entre l’ancienne et la nouvelle équipe dirigeante.

Une nouvelle équipe pour relancer l’entreprise

À ses côtés, Kanto Luvuezo Luthanges, récemment nommé directeur général adjoint par le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba, l’épaulera dans cette mission.

Ensemble, ils devront redonner un souffle à ce géant du transport urbain.

Le défi : moderniser et rapprocher Transco des Kinois

La feuille de route est claire. Elle ressemble presque à un manifeste pour la renaissance de Transco.

D’abord, la nouvelle équipe veut redynamiser l’administration. Ensuite, elle prévoit de renforcer une flotte de bus vieillissante. Par ailleurs, elle promet d’instaurer une gestion plus transparente. Enfin, elle mise sur la modernisation de l’entreprise, notamment par la numérisation.

L’objectif ultime reste simple : redorer l’image de Transco. Mais surtout, il s’agit de rapprocher l’entreprise des Kinois, ces millions de navetteurs qui attendent chaque jour un transport digne de ce nom.

Un nouveau départ pour Transco

Ainsi, lorsque la cérémonie s’est achevée, un vent nouveau semblait souffler sur Transco.

Un vent de reconstruction. Un vent de collaboration.

Et peut-être, enfin, la promesse que le trajet quotidien de la population congolaise ne sera plus une épreuve, mais un service public à la hauteur des attentes.

Rubaya: 300 morts dans un nouvel éboulement, la terre avale encore ses enfants

Rubaya, 4 mars 2026 – La terre du Nord-Kivu n’a pas fini de pleurer. À peine un mois après la catastrophe du 29 janvier, qui avait déjà emporté plus de 400 vies, un nouveau pan de colline s’est effondré ce mardi 3 mars sur le site minier de Kasasa, dans le périmètre de Rubaya, territoire de Masisi. Le bilan provisoire, livré par la société civile locale, est effroyable : près de 300 morts.

Telesphore Mitondeke, rapporteur de la société civile forces vives du territoire de Masisi, a confirmé l’horreur à nos confrère d’actu30.cd : « Il y a eu certainement un éboulement dévastateur au niveau du site Kasasa, dans le périmètre minier de Rubaya. Le bilan provisoire fait état de près de 300 morts. »

Les chiffres, encore provisoires, pourraient s’alourdir. Les fouilles se poursuivent, mais elles sont lentes, dangereuses, entravées par l’instabilité du terrain. Chaque pelletée de terre peut révéler un corps, ou provoquer un nouvel éboulement.

Creuseurs, commerçants, anonymes : une faune humaine engloutie

Qui sont les victimes ? Des creuseurs artisanaux, d’abord. Ces hommes, parfois des enfants, qui s’enfoncent chaque jour dans les entrailles de la terre pour en arracher le coltan, ce minerai précieux qui fait tourner l’industrie électronique mondiale. Mais aussi des commerçants, venus vendre un peu de nourriture, du carburant, des cigarettes à ceux qui passent leur vie dans les trous. Et puis d’autres, des anonymes, des passants, des curieux, tous présents au mauvais endroit au mauvais moment.

Rubaya n’est pas un site minier comme les autres. C’est l’un des réservoirs mondiaux les plus importants de coltan. Chaque jour, des milliers de personnes y convergent, attirées par la promesse d’un revenu, d’une survie. Une ruée vers l’or gris qui se transforme trop souvent en tragédie.

Deux catastrophes en un mois : l’alerte était là

Le 29 janvier dernier, plus de 400 personnes avaient déjà péri dans un éboulement similaire. L’alerte avait été donnée. Des experts, des ONG, des responsables locaux avaient pointé du doigt les conditions d’exploitation dangereuses, l’absence de normes de sécurité, la fragilité des sols minés par des années de creusage anarchique. Rien n’a changé.

Un mois plus tard, le même drame se rejoue. Même décor, mêmes causes, mêmes victimes. La terre, gorgée d’eau par les pluies, fragilisée par les galeries souterraines, a cédé. Et des familles entières pleurent à nouveau leurs morts.

Un deuil national, et après ?

Face à cette répétition de l’horreur, les mots manquent. Les autorités locales appellent à l’aide, réclament des mesures de sécurité, une régulation stricte de l’exploitation minière artisanale. Mais dans une région en proie à l’insécurité, à la présence de groupes armés, à la pauvreté endémique, les moyens manquent.

Pendant ce temps, le coltan continue de sortir de terre. Il part pour l’étranger, transformé en téléphones, en ordinateurs, en consoles de jeux. Et derrière lui, il laisse des trous béants, des terres instables, et des centaines de morts oubliés.

Rubaya est devenue une terre deux fois maudite. Deux fois en un mois, elle a englouti ses enfants. Et rien ne dit qu’elle ne le fera pas une troisième fois.

Kush, Captagon, métamphétamines : l’Afrique de l’Ouest, nouveau laboratoire à ciel ouvert des drogues synthétiques

Dakar – Abuja – Freetown, 4 mars 2026 – Elles sont blanches, roses, parfois brunes. Elles se sniffent, s’avalent ou se fument. Leur point commun ? Elles tuent à petit feu. Ce 3 mars, l’Initiative mondiale contre le crime organisé (GI-TOC) a publié une cartographie terrifiante du marché des drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest. Le constat est sans appel : en cinq ans, la région est devenue un vaste laboratoire de production et de consommation de substances aussi diverses que dévastatrices.

Pendant des années, le tramadol régnait en maître. Cet opioïde bon marché, avalé par les chauffeurs routiers pour tenir les longues distances ou par les jeunes pour oublier le chômage, était le fléau numéro un. Mais le rapport de la GI-TOC montre que l’époque du tramadol seul est révolue. Aujourd’hui, c’est une avalanche chimique qui s’abat sur l’Afrique de l’Ouest.

Au Nigeria, les « Yahoo Boys », ces jeunes cybercriminels spécialisés dans les arnaques en ligne, ont trouvé leur carburant : la métamphétamine. Autrefois cantonnée au sud-est du pays, elle a désormais conquis le nord et s’infiltre dans toutes les grandes villes. Elle est là, partout, prête à griller les neurones de ceux qui la consomment pour rester éveillés devant leurs écrans.

En Sierra Leone, le kush fait des ravages. Une drogue de synthèse, cheap, ultra-addictive, qui plonge des milliers de jeunes dans une torpeur mortifère. Dans les ruelles de Freetown, les « kush addicts » sont devenus un spectacle quotidien, silhouettes fantomatiques errant à la recherche de leur dose.

Au Sénégal et en Gambie, l’ecstasy domine, emportant dans ses tourbillons une jeunesse en quête d’oubli. Partout, le marché explose.

Des laboratoires clandestins à portée de clic

Ce qui rend cette nouvelle vague de drogues si terrifiante, c’est sa facilité de production. Fini le temps où il fallait importer la drogue toute prête. Désormais, les « précurseurs » – ces produits chimiques nécessaires à la synthèse – arrivent d’Asie ou d’Europe, commandés sur Internet, livrés par des services de courrier classique, en petites quantités pour ne pas éveiller les soupçons. Une fois réceptionnés, ils sont assemblés sur place, dans des laboratoires clandestins qui poussent comme des champignons après la pluie.

Cette décentralisation de la production a permis l’entrée d’une myriade de petits trafiquants, rendant le marché « diffus et complexe », selon les termes du rapport. Pour les forces de l’ordre, c’est un cauchemar : comment détecter, identifier et saisir des substances dont la composition chimique varie sans cesse ?

Le Captagon, nouvelle menace à l’horizon

Mais le plus inquiétant est peut-être à venir. Depuis 2021, un nouveau venu a fait son apparition : le Captagon. Ce psychostimulant, de la famille des amphétamines, était jusqu’ici produit principalement en Syrie et destiné aux marchés arabes. Mais les producteurs syriens, confrontés à une saturation de leurs débouchés traditionnels, diversifient leurs routes. Et l’Afrique de l’Ouest est dans leur viseur.

Lucia Bird, Directrice de l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest et co-autrice du rapport, met en garde : « Notre enquête a mis en évidence des saisies répétées de Captagon, en Afrique de l’Ouest et au Moyen-Orient, mais à destination du continent. Cela montre bien qu’une nouvelle drogue synthétique s’apprête sans doute, encore une fois, à envahir le marché. »

Pour l’instant, la consommation de Captagon reste limitée, notamment en Sierra Leone. Mais les experts redoutent que les groupes armés sahéliens, toujours à la recherche de nouvelles sources de financement, ne s’emparent de ce trafic. Une hypothèse qui, si elle se confirmait, ajouterait une couche supplémentaire à l’instabilité chronique de la région.

L’Afrique de l’Ouest est à la croisée des chemins. D’un côté, des produits chimiques qui arrivent par flux tendus. De l’autre, des armées de jeunes désœuvrés, prêts à tout pour oublier leur quotidien. Entre les deux, des trafiquants sans foi ni loi. Le cocktail est explosif. Et il n’a pas fini de faire des victimes.

Sanctions américaines : Kigali contre-attaque et accuse Kinshasa de « distordre la réalité »

Kigali, 3 mars 2026 – Le ton est monté d’un cran. Moins de 24 heures après l’annonce des sanctions américaines visant l’armée rwandaise et quatre de ses généraux, le gouvernement de Paul Kagame a sorti l’artillerie lourde. Sur son compte X officiel, Kigali a publié une déclaration cinglante, rejetant en bloc les accusations et retournant la faute contre Kinshasa. La guerre diplomatique entre dans une nouvelle ère.

Le message est clair, presque martial : « Les sanctions imposées aujourd’hui par les États-Unis, qui ciblent injustement une seule partie au processus de paix, déforment la réalité et travestissent les faits du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. » D’entrée, le Rwanda pose le cadre : il est la victime d’une lecture partiale de la crise.

Pour Kigali, les vrais coupables sont ailleurs. Le communiqué énumère, comme un réquisitoire : « Les attaques de drones continues et indiscriminées, ainsi que les offensives terrestres, constituent des violations flagrantes des accords de cessez-le-feu par la RDC et continuent de coûter la vie à de nombreuses personnes. » Une accusation directe, qui vise les opérations des FARDC et de leurs alliés.

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Mais le Rwanda ne s’arrête pas là. Il dresse une liste noire de ceux qui, selon lui, combattent aux côtés de l’armée congolaise : « des mercenaires étrangers, des milices ethniques extrémistes soutenues par l’État (les Wazalendo), et la milice génocidaire FDLR, qui combat aux côtés des FARDC. » Des noms qui claquent comme des avertissements, surtout celui des FDLR, cet épouvantail régulièrement brandi par Kigali pour justifier ses interventions.

Le gouvernement rwandais rappelle également les engagements pris par Kinshasa dans le cadre des Accords de Washington : « La RDC s’est engagée à mettre fin, de manière irréversible et vérifiable, au soutien de l’État aux FDLR et aux milices associées, mais n’a pris aucune mesure en ce sens. » Une manière de dire : nous avons respecté notre part du contrat, eux non.

Pourtant, Kigali affiche sa bonne volonté. Le texte se veut ouvert à la poursuite du dialogue : « Le Rwanda est pleinement engagé dans le désengagement de ses forces, en tandem avec la mise en œuvre par la RDC de ses obligations. » Une phrase qui laisse une porte ouverte, mais qui conditionne clairement tout retrait rwandais à des actions concrètes de la part de Kinshasa.

Enfin, le Rwanda réaffirme son attachement au processus en cours : « Le Rwanda se félicite de la reprise du processus de mise en œuvre, y compris le Comité de surveillance conjoint, qui nécessite une approche équilibrée de la part de tous les partenaires. » Une façon discrète de tacler Washington, accusé de ne pas avoir été assez impartial.

Cette déclaration est un pavé dans la mare diplomatique. Elle montre que Kigali ne compte pas se laisser faire, que la machine de communication rwandaise est bien huilée, et que la guerre des mots sera aussi intense que celle des armes. Pendant que les généraux rwandais voient leurs avoirs gelés, leur gouvernement, lui, continue de marteler sa version de l’histoire.

Le face-à-face entre Kigali et Washington ne fait que commencer. Et la RDC, spectatrice de cet échange de tirs diplomatiques, observe, espérant que cette fois, la pression internationale fera enfin plier son puissant voisin.

Trump lâche Kagame et épingle ses généraux pour crimes de guerre déguisés

Washington – Kinshasa, 3 mars 2026 – Le couperet est tombé. Ce lundi, l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a frappé un grand coup. Dans le viseur : les Forces de défense rwandaises (FDR), l’armée du Rwanda, et quatre de leurs plus hauts responsables. Le motif ? Leur soutien indéfectible au M23, la rébellion qui ensanglante l’Est de la RDC. Une sanction qui sonne comme un réquisitoire.

Le communiqué américain est d’une rare violence verbale, pour un document diplomatique. Il accuse les FDR de soutenir activement, d’entraîner et de combattre aux côtés du M23, ce groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis et l’ONU, responsable de « violations des droits humains » et d’une « crise de déplacements massifs ».

« Les offensives du M23 n’auraient pas été possibles sans le soutien actif et la complicité des FDR », assène le Trésor. Une phrase qui balaie des années de dénégations rwandaises. La Maison-Blanche dit tout haut ce que les rapports d’experts de l’ONU répètent tout bas depuis des mois : l’armée rwandaise est dans le camp des rebelles, et elle y joue un rôle clé.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a mis un nom sur l’exigence américaine : « Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et du matériel des Forces de défense rwandaises. » Une injonction claire, appuyée par la signature du président Trump, qui se veut « le président de la paix ». Les accords de Washington, signés il y a quelques jours entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, n’auront donc pas suffi.

Car c’est bien le non-respect de ces accords qui a mis le feu aux poudres. Peu après la signature de la « Déclaration conjointe sur les Accords de Washington pour la paix et la prospérité », le M23 s’est emparé d’Uvira, ville stratégique à la frontière burundaise. Des civils tués, des milliers de déplacés, et une peur immense : celle de voir le conflit s’étendre à toute la région. Les FDR, elles, n’ont pas bougé. Pire, elles ont continué à appuyer les rebelles.

Quatre hauts gradés rwandais sont désormais dans le collimateur de l’OFAC. Leurs noms résonnent comme un Who’s who de la machine de guerre rwandaise :

  • Vincent Nyakarundi, chef d’état-major des FDR, commandant des forces terrestres.

  • Ruki Karusisi, général de division, ancien commandant des forces spéciales, superviseur des opérations en appui au M23.

  • Mubarakh Muganga, chef d’état-major, planificateur des opérations dans l’Est.

  • Stanislas Gashugi, nouveau commandant des forces spéciales, promu en mars 2025.

Tous voient leurs avoirs gelés aux États-Unis. Toute transaction avec eux est interdite. Une mise à l’index qui complique sérieusement la vie de l’état-major rwandais.

Les sanctions ne sont pas que symboliques. Elles visent à étrangler financièrement et logistiquement l’appui de Kigali au M23. En échange de ce soutien, rappelle le Trésor, le Rwanda a obtenu un accès aux zones minières de l’Est, ces collines riches en coltan, en or, en tantale, qui financent la guerre.

Cette décision américaine est un tournant. Elle place le Rwanda dans une position délicate, isolé sur la scène internationale. Elle conforte la RDC dans sa quête de justice et de reconnaissance. Mais elle pose aussi une question cruciale : les sanctions suffiront-elles à faire plier Paul Kagame ? Ou faudra-t-il aller plus loin, vers un embargo plus large, vers des pressions diplomatiques accrues ?

Ce lundi, à Washington, la machine s’est mise en marche. Dans les collines du Kivu, les armes, elles, continuent de parler.