Kolwezi, capitale de l’espoir : RDC, Zambie et HCR unissent leurs forces pour le retour de 11 500 réfugiés

Kolwezi, 10 mars 2026 – Dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo, une rencontre discrète mais cruciale se tient depuis ce mardi. Pendant trois jours, Kolwezi, capitale du cuivre, devient aussi celle de l’espoir pour des milliers de familles déracinées.

La 9ᵉ réunion tripartite entre la République démocratique du Congo, la Zambie et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est officiellement ouverte. Son objectif est clair : évaluer, planifier et accélérer le retour des réfugiés congolais.

Dans la salle de conférence, l’atmosphère reste solennelle mais constructive. En effet, derrière les discours protocolaires se cachent des chiffres parlants. Entre 2023 et 2025, 11 523 Congolais, soit 3 150 ménages, sont déjà rentrés depuis la Zambie vers la RDC. Toutefois, les autorités souhaitent maintenant amplifier ce mouvement de retour.

Le Lualaba, une terre d’hospitalité

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a ouvert les travaux en saluant « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui unit la RDC et la Zambie.

Elle a d’abord remercié le pays voisin pour avoir accueilli et protégé de nombreux Congolais contraints de fuir leur pays à cause des crises passées. Cependant, elle a aussi rappelé que le Lualaba reste lui-même une terre d’accueil.

Par le passé, la province a notamment hébergé des réfugiés angolais. Beaucoup d’entre eux ont pu rentrer chez eux dans des conditions dignes et sécurisées.

Une feuille de route dense pour les trois délégations

Durant cette réunion, les délégations doivent examiner plusieurs dossiers importants. Leur agenda prévoit notamment :

  • l’évaluation des recommandations issues de la 8ᵉ réunion tripartite ;

  • la présentation de la situation actuelle des réfugiés congolais en Zambie ;

  • l’analyse de la situation sécuritaire dans les zones de retour en RDC ;

  • l’examen de la situation des réfugiés zambiens présents en RDC ;

  • enfin, l’étude des modalités de rapatriement et de réintégration des Congolais.

Selon Éric Mukandila, la coopération entre les différentes parties reste essentielle. Il a donc insisté sur la nécessité de travailler étroitement ensemble afin de permettre aux réfugiés volontaires de rentrer dans les délais prévus.

Vers un groupe de travail pour les réfugiés zambiens

La réunion aborde aussi la question des réfugiés zambiens vivant en RDC. Ces derniers résident principalement dans les provinces du Haut-Katanga, du Lomami et du Lualaba.

Pour avancer sur ce dossier, les participants envisagent la création d’un groupe de travail chargé de leur enregistrement officiel. Cette mesure devrait permettre de clarifier leur situation administrative et d’appliquer les résolutions adoptées lors de la 14ᵉ session.

Le HCR encourage les efforts des deux États

Le représentant du HCR en RDC, Pierre Atchom, a salué les efforts déjà accomplis par les deux pays.

Il a notamment exprimé le souhait que les gouvernements de la RDC et de la Zambie poursuivent leur engagement afin de faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés.

Il a aussi remercié les autorités congolaises pour les facilités accordées à l’agence onusienne dans sa mission de protection internationale.

Selon lui, plusieurs mesures prises par le gouvernement contribuent déjà à renforcer la sécurité dans les zones de retour et à favoriser la cohésion sociale entre rapatriés et communautés locales.

Des actions concrètes sur le terrain

Au cours des cinq dernières années, le HCR a soutenu le gouvernement congolais à travers plusieurs initiatives.

L’agence a notamment mené :

  • un monitoring de la protection aux frontières ;

  • des programmes de protection communautaire ;

  • la construction et la réhabilitation d’écoles et de centres de santé ;

  • ainsi que des projets d’autonomisation économique.

Ces initiatives visent à renforcer la paix locale et à améliorer la sécurité alimentaire dans les zones concernées.

Trois jours pour préparer le retour

Les délégations poursuivront leurs travaux jusqu’au 12 mars. Pendant ces trois jours, elles vont négocier, planifier et coordonner leurs actions.

Leur objectif reste simple : permettre à ceux qui ont fui les conflits de rentrer chez eux dignement et durablement. Dans le même temps, les autorités veulent aussi régulariser la situation des réfugiés encore présents en RDC.

Ainsi, Kolwezi ne symbolise plus seulement la richesse minière du pays. La ville devient aussi une étape importante sur le chemin du retour et de la reconstruction.

P-DDRCS : 5 000 ex-combattants déjà désarmés et réinsérés, le pari de la paix en chiffres

Kinshasa, 9 mars 2026 – Ils étaient venus armés, ils reviennent outillés. Ce lundi 9 mars, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, et le coordonnateur national du Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, ont présenté le bilan d’un programme lancé par le président Félix Tshisekedi en juillet 2021.

Le chiffre clé : 5 000 anciens combattants ont été désarmés, démobilisés et réintégrés dans leurs communautés. Cinq mille vies transformées, cinq mille armes rendues silencieuses, cinq mille raisons d’espérer dans des régions marquées par des décennies de conflits.

Des opérations étendues sur plusieurs fronts

Le P-DDRCS ne se limite pas aux bureaux. Ses équipes interviennent directement dans les provinces les plus touchées par l’insécurité : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema et Tanganyika. Récemment, certaines activités ont même été étendues à Kinshasa, dans la commune de Maluku, ainsi qu’au Maï-Ndombe.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 1 546 ex-combattants désarmés en Ituri

  • 838 dans le Nord-Kivu

  • 653 dans le Tanganyika

Soit 875 éléments issus de différents groupes armés, sans compter les autres provinces. Parallèlement, le programme a récupéré près de 5 000 munitions, une quarantaine d’explosifs et plusieurs équipements militaires.

La réinsertion passe par le travail

Désarmer, c’est une étape. Réinsérer, c’est la suivante. Le programme ne se contente pas de collecter les armes. Après identification et enregistrement biométrique dans une base unique, les anciens combattants suivent des formations professionnelles et participent à des activités génératrices de revenus.

« L’objectif est d’offrir des alternatives durables afin que ces hommes et femmes puissent produire des biens et services tout en contribuant au développement local », expliquent les responsables.

Aujourd’hui, forgerons, agriculteurs, artisans et commerçants remplacent la lutte armée. Ils deviennent des acteurs du développement communautaire.

Une approche inclusive pour renforcer la paix

Le succès du P-DDRCS repose sur la mobilisation de la communauté. Leaders locaux, autorités traditionnelles, responsables religieux, femmes et jeunes participent à la sensibilisation. Ensemble, ils convainquent les membres des groupes armés d’abandonner la lutte et de rejoindre le programme.

Cette chaîne de confiance fait toute la différence sur le terrain.

Le cadre démocratique en arrière-plan

Lors du briefing, Patrick Muyaya a rappelé la position du gouvernement sur le débat constitutionnel :
« Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution est démocratique. Chacun a le droit de donner son point de vue. »

Ainsi, la consolidation de la paix s’accompagne d’un espace de dialogue ouvert.

Une vision présidentielle pour la RDC

Le P-DDRCS illustre la vision du président Félix Tshisekedi : renforcer la cohésion nationale et soutenir la reconstruction socio-économique.

Cinq mille anciens combattants réintégrés, c’est une étape majeure. Cependant, le chemin reste long : d’autres armes attendent d’être récupérées, et d’autres vies, reconstruites.

« Les Miss font leur Cinéma » : Femina Miss Congo 2026 met le 7e art à l’honneur pour sa grande finale

Kinshasa, 10 mars 2026 – Dans moins de deux semaines, le Gymnase du Stade Tata Raphaël va vibrer au rythme des paillettes et de la culture. Ce 21 mars, la grande finale de Femina Miss Congo 2026 désignera celle qui succédera à Nyota Weshanga. Mais avant de connaître le nom de la future reine de beauté, le comité d’organisation a levé un coin du voile sur l’ambiance de la soirée. Le thème retenu ? « Les Miss font leur Cinéma ». Un programme qui promet de conjuguer élégance et esthétique du septième art.

L’annonce, faite cette semaine, a déjà mis en émoi les passionnés de mode et de culture. Car derrière ce titre évocateur, se cache une ambition claire : célébrer le cinéma congolais sous toutes ses formes. Nathan Zawadi, président du comité Femina Miss Congo, explique que ce thème doit être compris dans un sens large. Les prestations des candidates s’inspireront de l’imaginaire cinématographique du pays, de ses esthétiques, de ses figures, de ses histoires.

Un nouveau nom, une nouvelle vision

Cette deuxième édition marque un tournant. Après deux années d’interruption, le concours renaît sous une nouvelle identité. Fini « Miss Écologie RDC », place à « Femina Miss Congo ». Un changement qui n’est pas qu’un simple effet de communication.

« Notre ambition est de construire une marque forte, portée par une identité claire et des valeurs solides », insiste Nathan Zawadi. Car, selon lui, la RDC ne se résume pas à ses seules forêts tropicales. Sa culture, sa diversité géographique et la richesse de sa population méritent tout autant d’être célébrées. « Avec Femina Miss Congo, nous voulons offrir une vitrine qui met en lumière toute la beauté et la grandeur de cette nation. »

De « Les gardiennes de la nature » au cinéma

La première édition, en 2023, avait choisi le thème « Les gardiennes de la nature », en phase avec l’orientation écologique du concours. Une époque où la défense de l’environnement était au cœur du projet. Pour 2026, le virage est résolument culturel. « Les Miss font leur Cinéma » promet d’emmener le public dans un voyage à travers l’imaginaire congolais, entre fiction, réalité et esthétique.

Une soirée sous le signe du spectacle

Au Gymnase Tata Raphaël, le public pourra assister à un véritable show. Les candidates défileront, danseront, incarneront des personnages, le tout dans des décors et des ambiances inspirés du septième art. De quoi offrir une soirée mémorable, à la croisée de la mode, du cinéma et de la culture.

Rendez-vous le 21 mars pour connaître celle qui portera la couronne de Femina Miss Congo 2026. En attendant, le mystère reste entier. Mais une chose est sûre : cette année, les miss feront leur cinéma. Et le public, lui, en prendra plein les yeux.

Tshisekedi à Chicago : « Jesse Jackson était un fils de l’Afrique, un ami de la RDC »

Chicago, 7 mars 2026 – Dans le South Side de Chicago, là où battait le cœur de la lutte pour les droits civiques, une foule recueillie a dit adieu à l’un de ses plus illustres fils. Ce samedi 7 mars, le siège de la Rainbow PUSH Coalition a accueilli la « Homegoing Celebration » du révérend Jesse Jackson. Et parmi les visages venus saluer sa mémoire, il y avait celui d’un président africain : Félix Tshisekedi.

Le choix de sa présence n’avait rien d’anodin. Car si Jesse Jackson était une icône américaine, il était aussi, comme l’a rappelé le chef de l’État congolais, « un fils de l’Afrique, un ami de la République démocratique du Congo ».

« Une voix contre l’indifférence »

Devant un parterre de personnalités politiques, religieuses et culturelles, Félix Tshisekedi a pris la parole pour rendre hommage à celui qui fut, selon lui, « une voix forte, claire, courageuse ». Une voix qui s’est levée contre la ségrégation, contre l’injustice, contre l’indifférence.

« Le Révérend Jesse Jackson fut, avant tout, une voix », a-t-il martelé, rappelant que le combat du leader américain reposait sur une conviction inébranlable : la dignité humaine ne se négocie pas.

Un ami de la RDC

Mais au-delà du militant des droits civiques, le président congolais a tenu à saluer l’homme qui, à plusieurs reprises, avait tendu la main à son pays. Jesse Jackson ne s’était pas contenté de suivre l’actualité congolaise de loin. Il s’était rendu sur place, à des moments décisifs, pour soutenir la transition démocratique, encourager le dialogue politique et plaider pour la paix.

Il s’était aussi préoccupé du sort des réfugiés et des déplacés, notamment dans l’Est de la RDC, cette région meurtrie par des décennies de violences armées. Pour Félix Tshisekedi, cet engagement aux côtés des plus vulnérables faisait de lui un allié précieux, un compagnon de route dans la quête de justice et de stabilité.

« I am somebody »

Le président a également rappelé le célèbre mantra de Jesse Jackson, « I am somebody » (« Je suis quelqu’un »), une proclamation qu’il a qualifiée de « l’une des plus grandes affirmations morales de notre temps ». Une phrase simple, mais qui résumait toute la philosophie du révérend : rappeler à chacun, surtout aux plus opprimés, qu’ils ont une valeur, une dignité, une place dans ce monde.

Un adieu solennel

Après le discours de Félix Tshisekedi, la cérémonie s’est poursuivie avec d’autres hommages. L’acteur Samuel L. Jackson a prononcé un éloge funèbre empreint d’émotion, tandis que le musicien Stevie Wonder a offert une prestation musicale qui a fait vibrer l’assistance.

Le révérend Jesse Jackson a ensuite été inhumé au Oak Woods Cemetery, à Chicago, où reposent déjà des figures historiques comme Ida B. Wells et Jesse Owens. Il rejoint ainsi le panthéon des grands noms qui ont marqué l’histoire américaine.

Pour Félix Tshisekedi, ce voyage à Chicago était plus qu’une simple présence protocolaire. C’était un geste de reconnaissance envers un homme qui, sans être Congolais, avait fait sienne la cause du peuple congolais. Un geste qui, au-delà des frontières, rappelle que les combats pour la justice et la dignité sont universels.

« Mbote Kinshasa » : La Fouine de retour au Festiras, un concert sous le signe de la paix et de la résilience

Kinshasa, 9 mars 2026 – « Mbote Kinshasa, le 7 juin je serai chez vous. » En quelques mots postés sur X, La Fouine a mis le feu aux poudres. Le rappeur français, originaire du Maroc, sera bien la tête d’affiche de la 5e édition du Festival du Rap et du Slam (Festiras), qui se tiendra en juin prochain dans la capitale congolaise. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue, tant l’artiste entretient une relation particulière avec la RDC.

Ce ne sera pas une première. En 2023, La Fouine avait déjà foulé le sol congolais, mais à Bukavu, au cœur de l’Est meurtri. Devant plus de 12 000 festivaliers, il avait livré un concert chargé d’émotion, portant un message de paix et d’espoir à une jeunesse qui vit au rythme des violences armées. Les images de ce moment avaient traversé le monde.

Un retour motivé par la reconnaissance

Aldor Chibembe, l’initiateur du Festiras, explique ce retour : « Le Festiras fait partie des événements qui ont fait le retour de La Fouine sur scène. Après ça, il a fait un grand retour. Ses images à Bukavu ont traversé le monde. L’artiste a été motivé et est resté reconnaissant envers le festival. »

Une reconnaissance mutuelle qui se concrétise par cette nouvelle participation. Mais cette fois, le contexte est particulier. Le thème de cette 5e édition est « Femme, paix et résilience », et le festival se veut résolument tourné vers la charité.

Une édition de solidarité avec l’Est

La Fouine l’a lui-même souligné dans son message : il viendra « en solidarité avec le peuple de l’Est de la RDC ». Une déclaration forte, qui va au-delà de la simple prestation artistique.

« Il sera sur scène pour une production humanitaire, c’est une édition de charité. Des actions seront faites après le festival dans la partie Est de la RDC », précise Aldor Chibembe. Le concert ne sera donc qu’un point de départ. Les retombées, elles, se feront sentir sur le terrain, là où les besoins sont les plus criants.

Un artiste engagé

Pour l’organisateur, l’engagement de La Fouine est sincère : « La Fouine connaît l’Est de la RDC et ce qui s’y passe. Il s’accapare ce combat, il essaie de donner de la force et faire le plaidoyer pour ses frères et sœurs africains pour qu’ils retrouvent la paix. »

Une dimension humanitaire qui colle parfaitement à l’ADN du Festiras. Depuis sa création en 2022 à Bukavu, ce festival n’a jamais été un simple rendez-vous musical. Il s’est construit comme un outil d’engagement social, offrant une tribune aux voix marginalisées, particulièrement dans une région meurtrie par les conflits.

Un festival qui a grandi

Au fil des éditions, le Festiras a élargi son champ d’action. Ateliers professionnels, formations techniques, initiatives citoyennes, découverte de talents locaux… L’événement est devenu un pont entre la culture urbaine et les enjeux de société.

L’édition 2025 avait marqué une étape symbolique avec son installation à Kinshasa, sous le thème « Porter la voix pour celles et ceux qu’on réduit au silence ». Une édition qui avait vu défiler des artistes de renom comme Ferre Gola, Alesh, Sista Becky, et déjà Youssoupha.

Un programme riche

Pour 2026, la programmation promet d’être à la hauteur. Aux côtés de La Fouine, d’autres slameurs et rappeurs monteront sur scène, avec une attention particulière pour les talents issus de l’Est. Concerts, slam, danse urbaine, arts visuels, gastronomie locale, scènes ouvertes, ateliers éducatifs : le Festiras est un véritable kaléidoscope culturel.

Mais au-delà de la fête, il y a le message. Celui de la résilience des femmes, de la quête de paix, de la force de la jeunesse. Et ce message, porté par la voix grave de La Fouine, résonnera jusqu’aux collines du Kivu.

Le 7 juin, à Kinshasa, le rap ne sera pas qu’une musique. Il sera un cri, un espoir, un combat.

« Fight Like a Girl » : quand des femmes de Goma transforment les blessures de la guerre en forces sur un ring

Kinshasa, 9 mars 2026 – Elles s’appellent femmes, filles, mères, survivantes. Depuis près de trente ans, l’Est de la République démocratique du Congo vit au rythme d’un conflit où les violences sexuelles servent souvent d’arme de guerre.

Pourtant, ce samedi 7 mars à Kinshasa, un autre récit a émergé. Cette fois, la lumière s’est posée sur la résilience, la force et la dignité retrouvée. Ce récit porte un nom : « Fight Like a Girl ».

Ce long-métrage, tourné à Goma avec une équipe congolaise, sud-africaine et américaine, raconte le parcours d’une survivante. Grâce à la boxe et au soutien d’un coach visionnaire, elle transforme la peur et la honte en force, leadership et autonomie.

La boxe comme chemin de reconstruction

Pour le réalisateur Matthew Leutwyler, l’origine du projet repose sur une histoire bien réelle.

« Il s’agit d’un club de boxe créé pour les femmes, particulièrement pour leur reconstruction après avoir été victimes du conflit. Ce sport leur permet de retrouver leur dignité et leur confiance », explique-t-il.

Au fil des entraînements, l’une de ces boxeuses a révélé un talent exceptionnel. Elle est ensuite revenue dans son pays pour participer au championnat national.

Ainsi, le scénario ne relève pas de la fiction. Il s’inspire directement du parcours de femmes qui ont trouvé dans le sport une manière de se relever.

Un nouveau récit pour les femmes de l’Est

L’actrice principale, Amamkele Lithemba Qamata, insiste sur la portée du message.

« Nous voulons montrer l’autonomisation des femmes après l’humiliation et la perte de dignité. Souvent, les gens gardent une vision négative des populations vivant dans les zones de conflit. Pourtant, ce film montre qu’au-delà de la guerre, la vie continue », explique-t-elle.

En effet, derrière les violences se cachent aussi des histoires d’amour, d’espoir et de reconstruction. Ces vies méritent d’être racontées autrement que par les chiffres des rapports humanitaires.

Des acteurs marqués par la réalité du conflit

L’une des grandes forces du film réside dans son authenticité.

Selon Amamkele Lithemba Qamata, de nombreux Congolais ont participé au tournage. Certains d’entre eux ont même vécu les violences évoquées à l’écran.

« Les personnes qui jouent dans ce film sont parfois celles qui ont connu ces violences. Et nous avons tourné à Goma, là même où ces drames se produisent », souligne l’actrice.

Cette immersion donne au film une puissance émotionnelle particulière.

« Congo Résilience », une initiative plus large

Les promoteurs ne veulent pas limiter ce projet au cinéma. Ils ont donc lancé l’initiative « Congo Résilience ».

Le programme poursuit plusieurs objectifs :

  • mettre en lumière la résilience des femmes de l’Est ;

  • encourager le dialogue entre Kinshasa, l’Est et les partenaires internationaux ;

  • développer de nouveaux contenus, notamment une docu-série ;

  • intégrer ces récits dans les programmes de prévention, protection et réintégration.

Le soutien d’un député du Sud-Kivu

Le député national Serge Bahati Maygende, élu du Sud-Kivu, soutient activement cette initiative.

« Ce récit met la femme au centre de la question de sa dignité. L’Est de la RDC ne doit pas être raconté uniquement à travers la peur et la destruction », explique-t-il.

Selon lui, la manière de raconter les événements influence la perception collective.

« Ce que nous montrons façonne notre manière de regarder nos blessures, mais aussi notre capacité à reconnaître notre force », ajoute-t-il.

Une sortie mondiale prévue en 2026

Le film connaîtra d’abord une première au Royaume-Uni à la fin du mois d’avril 2026.

Ensuite, les plateformes internationales comme Amazon et Apple diffuseront le long-métrage dès le mois de mai.

Cette sortie mondiale offrira une vitrine aux femmes de l’Est du Congo. Sur un ring de boxe ou devant une caméra, elles ont choisi de se battre.

À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, ce film dépasse largement le cadre du cinéma. Il s’impose comme un véritable manifeste.

Arusha : Museveni préside l’EAC, Kigali décroche un poste clé

Arusha, 8 mars 2026 – Sous le ciel clément de Tanzanie, les huit chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) se sont réunis samedi pour leur 25e sommet ordinaire. Au menu des festivités protocolaires : passation de pouvoir, nominations et grandes déclarations sur l’intégration régionale. Mais dans les couloirs feutrés du secrétariat général, une seule question taraudait les observateurs : comment cette nouvelle direction va-t-elle gérer le conflit qui oppose deux de ses membres, la RDC et le Rwanda ?

Le premier acte de ce sommet fut une passation de témoin attendue. Le président kényan William Ruto a cédé la présidence tournante de l’organisation à son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni. Un vétéran de la politique régionale, qui connaît mieux que personne les arcanes des Grands Lacs.

Mais le véritable temps fort de cette journée fut la nomination du nouveau secrétaire général. L’ambassadeur tanzanien Stephen Patrick Mbundi a été choisi pour diriger le secrétariat exécutif de l’EAC pour un mandat de cinq ans, non renouvelable. Il devient ainsi le 8e secrétaire général de l’histoire de la Communauté, succédant à la Kényane Veronica Mueni Nduva.

Son profil ? Un expert chevronné de l’intégration régionale, qui occupait jusqu’ici le poste de secrétaire permanent chargé des affaires de l’EAC au sein du ministère tanzanien des Affaires étrangères. Un technocrate, en somme, dont la tâche principale sera de veiller à la bonne application des règlements et directives adoptés par le Conseil des ministres.

Le Rwanda, un strapontin stratégique

L’autre information qui a fait réagir, surtout à Kinshasa, concerne la répartition des postes. Le Rwanda, pays voisin et opposant dans le conflit qui déchire l’Est de la RDC, a obtenu le poste de rapporteur. Un rôle qui, s’il n’a pas le poids exécutif du secrétaire général, permet néanmoins d’avoir un œil et une influence sur les procédures et les comptes rendus.

Pour la RDC, membre de l’EAC depuis seulement 2022, cette nomination est un signal ambigu. Alors que les troupes rwandaises sont régulièrement accusées de soutenir la rébellion du M23 sur son sol, voir Kigali occuper une position officielle au sein de l’instance régionale est une pilule amère à avaler.

Une communauté aux multiples visages

L’EAC, c’est aujourd’hui huit pays : Burundi, RDC, Kenya, Rwanda, Somalie, Soudan du Sud, Ouganda et Tanzanie. Près de 331 millions d’habitants, une superficie de 5,4 millions de km², un PIB cumulé de plus de 312 milliards de dollars. Un géant économique et démographique en devenir, mais un géant aux pieds d’argile, fragilisé par les rivalités internes.

La Somalie, dernier membre admis en novembre 2023, a officialisé son adhésion en déposant son instrument de ratification en mars 2024. L’EAC s’élargit, mais gérer cette diversité devient chaque jour plus complexe.

Quelle feuille de route pour Stephen Patrick Mbundi ?

Le nouveau secrétaire général hérite d’un dossier brûlant. Comment maintenir la cohésion régionale quand deux États membres se regardent en chiens de faïence ? Comment faire avancer l’intégration économique quand les frontières sont parfois des lignes de front ?

Sa nomination a été saluée par l’ensemble de la Communauté, mais les défis qui l’attendent sont colossaux. Il devra non seulement assurer la continuité administrative, mais aussi proposer des solutions pour apaiser les tensions et relancer la dynamique d’intégration.

Pour l’heure, les discours officiels célèbrent l’unité et la prospérité partagée. Mais à Goma, à Bunagana, à Kibumba, les armes continuent de parler. Et la nouvelle équipe dirigeante de l’EAC est attendue au tournant.

Fécofa : Veron Mosengo Omba, l’homme de la CAF, prêt à débarquer avec le « sésame » de la Présidence ?

Kinshasa, 9 mars 2026 – Le compte à rebours est lancé. Dans un peu plus d’un mois, le 11 avril, la Fédération congolaise de football association (Fécofa) devrait enfin élire son nouveau président. Un scrutin attendu comme le messie après des années de gestion sous tutelle. Mais à l’approche de l’échéance, une seule candidature officielle a été déclarée : celle d’Aziz Makukula. Pourtant, dans les coulisses, un autre nom circule avec insistance. Et pas n’importe lequel : Veron Mosengo Omba, l’actuel secrétaire général de la Confédération Africaine de Football (CAF).

L’homme est loin d’être un inconnu. Secrétaire général de la CAF, il est l’un des cadres les plus influents du football continental. Mais selon plusieurs sources concordantes, son avenir au sein de l’instance panafricaine serait compromis. Une enquête interne l’aurait visé, et il devrait bientôt quitter son poste. D’où ce revirement stratégique vers la Fécofa.

Le « sésame » présidentiel ?

Toujours selon nos sources, Veron Mosengo Omba aurait reçu des assurances de très haut niveau. Des personnalités de premier plan à travers le pays, et même « de la présidence », lui auraient donné le feu vert pour candidater. Un appui politique de poids qui, s’il se confirme, changerait radicalement la donne.

L’épineuse question de la nationalité

Mais le dossier Mosengo Omba comporte une zone d’ombre majeure : sa nationalité. Le poste de président de la Fécofa est statutairement réservé aux seuls Congolais. Or, Veron Mosengo Omba possède également la nationalité suisse. Selon nos informations, l’intéressé aurait récemment renoncé à cette dernière pour se conformer aux règles. C’est en tout cas ce qu’il devra prouver lors du dépôt de son dossier à la Commission électorale.

Cette version est toutefois contestée par un ancien dirigeant du football congolais, qui affirme sous le couvert de l’anonymat : « Sa pension de retraite est encore payée par la Suisse. On ne renonce pas à une nationalité comme ça du jour au lendemain. » Un argument de poids qui jette le doute sur la faisabilité juridique de sa candidature.

Un processus électoral sous haute tension

Ce feuilleton électoral n’est pas nouveau. Le processus avait déjà été avorté en novembre 2023, suite à des plaintes et contestations de certaines ligues. La CAF avait alors décidé de tout surseoir pour y voir plus clair, ce qui avait conduit à la nomination d’un second Comité de normalisation (Conor), dirigé aujourd’hui par Belinda Lutandila.

La FIFA avait initialement mis en place ce comité le 24 avril 2023 pour une durée de sept mois. Mais les prolongations se sont succédé, repoussant sans cesse l’échéance électorale. La mission principale de ce Conor : gérer les affaires courantes et, surtout, veiller au bon déroulement du processus électoral jusqu’à l’élection du nouveau comité exécutif.

Les Ligues nationales, autre casse-tête

Pour ajouter à la complexité, les élections aux Ligues nationales, initialement prévues en mars, viennent d’être repoussées à avril. Un nouveau contretemps qui alimente les spéculations sur une éventuelle nouvelle prolongation du calendrier.

Aziz Makukula, l’outsider

En attendant, Aziz Makukula reste, pour l’instant, le seul candidat officiel en lice. Un statut qui pourrait lui permettre de capitaliser sur l’incertitude entourant la candidature Mosengo Omba. Mais dans le football congolais, les jeux ne sont jamais faits avant le coup de sifflet final.

À un mois du scrutin, le feuilleton électoral de la Fécofa promet encore bien des rebondissements. Veron Mosengo Omba parviendra-t-il à prouver sa « congolité » ? Le feu vert présidentiel suffira-t-il à balayer les obstacles ? Réponse dans les prochaines semaines.

Washington resserre l’étau : nouveaux visas interdits pour les hauts gradés Rwandais

Washington – Kinshasa – Kigali, 6 mars 2026 – La pression monte d’un cran. Ce vendredi 6 mars, le département d’État américain a dégainé une nouvelle arme dans l’escalade diplomatique contre le Rwanda. Cette fois, ce ne sont pas les avoirs qui sont gelés, mais les visas. Plusieurs hauts responsables rwandais, dont les noms n’ont pas encore été dévoilés, sont désormais persona non grata sur le sol américain.

Le communiqué est clair, presque martial. Washington accuse ces responsables de « continuer à soutenir la rébellion du M23 » et de « violer les accords de Washington ». Des actions qui, selon les États-Unis, « alimentent la violence et sapent la stabilité de toute la région des Grands Lacs ».

Une loi imparable

Ces restrictions de visas s’appuient sur un levier juridique imparable : la section de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité qui permet au secrétaire d’État de déclarer inadmissible toute personne dont l’entrée pourrait avoir des « conséquences potentiellement graves pour la politique étrangère des États-Unis ». Une formulation suffisamment large pour englober à peu près n’importe quel responsable gênant. Cerise sur le gâteau : certains membres de leur famille peuvent également être visés.

Un ultimatum en deux points

Dans la foulée, les États-Unis ont rappelé les termes des accords de Washington à leurs deux signataires. À la RDC, il est demandé la « neutralisation immédiate du groupe armé FDLR et de ses affiliés ». Au Rwanda, le « retrait de ses troupes et de son matériel militaire du territoire congolais ». Deux exigences symétriques, mais dont le non-respect, côté rwandais, est désormais sanctionné.

Le département d’État prévient : « Les individus soupçonnés d’être responsables, complices ou directement ou indirectement engagés dans des actions visant à compromettre une paix durable dans la région des Grands Lacs feront face à des conséquences. » Une menace à peine voilée d’élargir encore la liste des personnes frappées.

Une escalade en deux temps

Cette annonce n’est pas un coup d’essai. Elle intervient quatre jours après une première salve de sanctions, le 2 mars, lorsque le département du Trésor avait inscrit la Rwanda Defence Force (RDF) elle-même, ainsi que quatre hauts gradés rwandais, sur la liste noire des personnes et entités sanctionnées.

Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK MUBARKH ») et Vincent Nyakarundi avaient vu leurs avoirs gelés et toute transaction avec des citoyens ou entreprises américaines interdite. Une mise à l’index financière qui complique sérieusement la vie de l’état-major rwandais.

Une porte de sortie temporaire

Le Trésor avait toutefois laissé une porte entrouverte, avec une licence générale autorisant jusqu’au 1er avril 2026 certaines opérations nécessaires à la cessation progressive des transactions impliquant la RDF. Un délai de grâce qui expire dans moins d’un mois.

Quelle issue ?

En cumulant sanctions financières et restrictions de visas, les États-Unis envoient un message sans ambiguïté à Paul Kagame : la communauté internationale, ou du moins son membre le plus puissant, ne tolérera pas éternellement le double jeu rwandais.

Reste à savoir si cette pression produira l’effet escompté. Kigali a jusqu’ici fait preuve d’une solide capacité de résistance aux critiques. Mais l’étau qui se resserre, combiné à l’isolement diplomatique croissant, pourrait finir par peser.

Dans l’Est de la RDC, les armes continuent de parler. À Washington, on espère que le langage des sanctions sera plus fort.

OCC : Christelle Muabilu dévoile son plan de guerre pour sauver l’office de la déliquescence

Kinshasa, 6 mars 2026 – Elle n’a pas perdu de temps. À peine installée dans son bureau, Christelle Muabilu, nouvelle Directrice générale intérimaire de l’Office congolais de contrôle (OCC), a convoqué les troupes. Ce jeudi 5 mars, cadres des directions centrales et provinciales, chefs d’agences et délégués syndicaux ont répondu présents à l’invitation. L’ordre du jour ? Poser les bases d’un « redressement » tant attendu.

Dans une maison qui, ces dernières années, a souffert de maux chroniques – gestion opaque, recettes en berne, discipline administrative en berne – l’arrivée d’une nouvelle patronne est toujours un moment de tension. Mais Christelle Muabilu a choisi la clarté. D’emblée, elle a planté le décor : il s’agit, ensemble, de « bâtir un avenir meilleur de l’OCC ». Et pour cela, pas de place pour l’improvisation. Elle a exigé lucidité, discipline, professionnalisme et un « sens élevé de responsabilité ».

Un diagnostic sans complaisance

La nouvelle directrice n’est pas venue avec des fleurs, mais avec une liste de chantiers prioritaires. Le constat est sévère : il faut renforcer la gouvernance, assainir la gestion financière, sécuriser les recettes, optimiser l’exploitation des services techniques, restaurer la discipline administrative et relancer la performance opérationnelle. Autant de défis qui, s’ils ne sont pas relevés, condamnent l’office à une lente agonie.

Cinq piliers pour une refondation

Pour concrétiser cette vision, Christelle Muabilu a dévoilé cinq piliers qui guideront son action :

  1. Le respect strict des textes légaux et réglementaires. Fin de l’arbitraire, place à l’État de droit interne.

  2. La sécurisation totale des recettes. Chaque franc dû à l’office doit rentrer, et rien ne doit fuiter.

  3. Le rétablissement de la discipline administrative. Les « initiatives parallèles non autorisées », ces petites combines qui minent l’institution, sont désormais interdites.

  4. La responsabilisation individuelle des agents. Chacun devra répondre de ses actes et de ses résultats.

  5. La rationalisation de l’exploitation. Faire mieux avec ce qu’on a, sans gaspillage.

Des mesures immédiates et concrètes

Dans l’urgence, la DG intérimaire a fixé des objectifs précis : assainir la gestion financière, stabiliser progressivement la paie pour revenir aux dates conventionnelles, et établir un état réel des effectifs, des charges et du niveau d’exploitation dans toutes les provinces. Pas de cache-misère, on veut voir la vérité en face.

La main tendue aux syndicats

Consciente que rien ne se fera sans les hommes et les femmes qui font tourner la machine, Christelle Muabilu a appelé la délégation syndicale à privilégier un esprit de collaboration. Elle veut fédérer, rassembler, emmener tout le monde vers la relance. « Ma mission s’inscrit dans l’intérêt général des travailleurs, car sans eux l’OCC n’existerait pas », a-t-elle déclaré, promettant une gestion « exigeante, équitable et engagée ».

Un hommage au président

Avant de conclure, la nouvelle patronne a tenu à saluer le président Félix Tshisekedi, pour la confiance qu’il accorde à la femme et à la jeunesse, dont elle se réclame. Une manière de rappeler que sa nomination s’inscrit dans une vision politique plus large, celle d’un renouvellement des cadres et d’une féminisation des responsabilités.

L’OCC entre dans une nouvelle ère. Reste à savoir si les paroles se transformeront en actes, et si la machine, grippée depuis trop longtemps, acceptera de redémarrer.