Libération des détenus de guerre : le gouvernement congolais et le CICR main dans la main

Kinshasa, 12 mars 2026 – Dans le ballet feutré des cabinets ministériels, certaines rencontres disent beaucoup de l’état d’un pays. Ce jeudi, dans son bureau de travail, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, S.E. Me Guy Kabombo Muadiamvita, a reçu M. Morillon, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Au menu des échanges : le sort des détenus de guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, une question aussi sensible qu’urgente.

Cette audience s’inscrit dans la continuité d’une coopération vieille de plus de quarante ans entre Kinshasa et l’organisation humanitaire genevoise. Un partenariat discret mais essentiel, qui tisse sa toile dans l’ombre des conflits pour tenter d’en atténuer les souffrances.

Le CICR, un intermédiaire neutre au cœur de la tourmente

À l’issue de l’entretien, M. Morillon a rappelé la nature profonde du travail de son institution en RDC. Le CICR n’est pas un simple prestataire d’aide humanitaire. Il est aussi, et surtout, un acteur engagé dans la promotion du droit international humanitaire et un intermédiaire neutre lorsque les armes parlent.

« Nous entretenons des relations constantes avec plusieurs ministères, notamment celui de la Défense nationale », a souligné le chef de délégation, évoquant les activités menées conjointement avec les Forces armées de la République démocratique du Congo. Parmi celles-ci, la formation des militaires congolais aux règles du droit international humanitaire occupe une place centrale. Former ceux qui portent l’uniforme aux limites à ne pas franchir, même en temps de guerre, c’est l’un des combats silencieux mais permanents du CICR.

Des détenus de guerre au cœur des préoccupations

Mais le sujet principal de cette rencontre était ailleurs. Il concernait directement la situation des personnes capturées lors des affrontements qui embrasent l’Est du pays. Prisonniers de guerre, détenus liés au conflit : leur sort est une équation complexe, mêlant impératifs sécuritaires, obligations légales et impératifs humanitaires.

Le CICR, fort de son rôle de neutralité, plaide pour un accès régulier à ces détenus, pour le suivi de leurs conditions de détention et, in fine, pour les modalités d’une éventuelle libération. Des sujets sensibles, qui touchent à la souveraineté de l’État et à la gestion des prisonniers par les autorités militaires. Que les deux parties aient accepté d’en discuter directement témoigne d’une volonté commune de ne pas laisser cette question en suspens.

Kabombo salue l’engagement humanitaire et appelle à plus de collaboration

Très réceptif aux arguments de son interlocuteur, Me Guy Kabombo Muadiamvita a tenu à saluer publiquement l’engagement du CICR sur le terrain congolais. Le ministre de la Défense a exprimé son soutien aux efforts déployés par l’organisation pour la protection de la vie et de la dignité des victimes des conflits armés, une préoccupation que le gouvernement dit partager.

Mais au-delà des paroles de circonstance, le Vice-Premier Ministre a formulé un vœu précis : voir cette collaboration humanitaire se renforcer davantage. Un signal adressé à la fois au CICR et à la communauté internationale, suggérant que Kinshasa est prêt à approfondir son partenariat avec les acteurs humanitaires, pour autant que ceux-ci respectent le cadre souverain de l’État congolais.

Ce jeudi 12 mars 2026, dans la quiétude d’un cabinet ministériel, ce sont donc les fantômes de l’Est qui ont été convoqués. Ceux des combattants capturés, des civils pris entre deux feux, et d’une guerre qui n’en finit pas de dicter sa loi. Entre le gouvernement et le CICR, le dialogue se poursuit, fragile mais nécessaire, pour qu’au milieu du chaos, un peu d’humanité trouve encore sa place.

Kinshasa identifie ses étrangers : la carte de résidence biométrique devient obligatoire

Kinshasa, 12 mars 2026 – C’est une petite révolution administrative qui s’amorce dans la capitale congolaise. Ce mercredi, dans le cadre solennel de l’Hôtel de ville, le gouvernement provincial de Kinshasa a donné le coup d’envoi d’une opération d’envergure : la délivrance des cartes de résidence destinées à tous les étrangers vivant sur le sol kinois. Un tournant dans la gestion migratoire et sécuritaire de la mégalopole africaine.

Derrière cette initiative, trois objectifs affichés par les autorités provinciales : mieux identifier les ressortissants étrangers, renforcer la sécurité publique et, enfin, améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Une manière de répondre à la fois aux défis urbains chroniques de la capitale et aux enjeux de contrôle d’une population étrangère dont le nombre exact reste, à ce jour, une inconnue statistique.

Sécurité et traçabilité : les promesses du biométrique

Présent à la cérémonie de lancement, le ministre provincial de la Sécurité publique, Jeannot Canon Larose, a détaillé les ambitions de ce nouveau dispositif. « Cette carte biométrique sécurisée permettra notamment de lutter contre l’immigration clandestine et de faciliter le suivi administratif des étrangers installés dans la capitale », a-t-il expliqué, insistant sur la dimension technologique du projet.

Car il ne s’agit pas d’un simple bout de papier. La nouvelle carte intègre des données biométriques qui rendent toute falsification extrêmement difficile. Un outil précieux pour les services de migration et de police, qui pourront désormais vérifier en un clin d’œil la régularité du séjour de toute personne étrangère croisée dans les rues de Kinshasa. Fini le temps des documents approximatifs et des statuts flous : l’ère de la traçabilité numérique commence.

Un coût variable selon les catégories

Mais cette modernisation a un prix. Et il varie. Les droits d’octroi de la carte, valable pour une durée de deux ans, oscillent entre 50 et 250 dollars américains. Une fourchette large qui s’explique par un système de catégorisation des demandeurs : étudiants, travailleurs, investisseurs, diplomates… Chaque statut correspond à un tarif spécifique, censé refléter la capacité contributive de chacun.

Reste à savoir comment cette mesure sera accueillie par la communauté étrangère, déjà confrontée aux multiples tracasseries administratives qui jalonnent le quotidien kinois. Pour les autorités, l’argument est simple : en échange de cette contribution, les étrangers obtiendront un titre de séjour officiel, reconnu et sécurisé, qui facilitera leurs démarches et attestera de leur situation régulière.

Des recettes supplémentaires pour une ville en quête de moyens

Car l’aspect financier n’est évidemment pas anodin. Le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, ne s’en cache pas : cette nouvelle carte de résidence doit aussi remplir les caisses de la province. « La mesure contribuera à accroître les ressources financières de la ville afin de faire face aux nombreux défis urbains », a-t-il souligné, évoquant sans les détailler les besoins criants d’une capitale aux infrastructures souvent défaillantes.

Pour garantir la fiabilité du système, l’exécution technique a été confiée à un partenaire privé, la société Hologram Identification Services. L’entreprise mettra en place un système numérique sécurisé permettant l’enregistrement des données et leur vérification électronique instantanée. Un gage de sérieux, espèrent les autorités, pour éviter les dysfonctionnements qui ont parfois entaché ce type d’opérations par le passé.

Ce mercredi 11 mars 2026, Kinshasa a donc franchi un pas décisif vers une gestion plus moderne et plus stricte de sa population étrangère. Reste à savoir si cette carte, présentée comme un outil de sécurité et de développement, parviendra à concilier contrôle administratif et respect des droits, dans une ville où cohabitent des milliers de ressortissants venus des quatre coins du continent et du monde.

Goma : l’Union africaine condamne et réclame une enquête impartial

Kinshasa, 12 mars 2026 – La communauté internationale retient son souffle, et l’Union africaine sort du silence.

Ce jeudi, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a publié un communiqué cinglant après la frappe de drone signalée à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Une attaque qui a coûté la vie à des civils, dont une travailleuse humanitaire de l’UNICEF, et causé d’importants dégâts dans des zones résidentielles.

« Une violation du droit international humanitaire »

Dans son message, Mahmoud Ali Youssouf ne mâche pas ses mots. Il condamne fermement « toute attaque mettant en danger la vie des civils et du personnel humanitaire », rappelant que ces actes constituent une violation flagrante du droit international humanitaire.

Le président de la Commission de l’UA rejoint ainsi les nombreuses voix qui, depuis plusieurs jours, s’élèvent sur la scène internationale – États européens, États-Unis, organisations onusiennes – pour dénoncer l’escalade de violence dans l’Est congolais.

Appel à la retenue et aux enquêtes

Face à ce drame, l’Union africaine martèle un message clair : « toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue » et « éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions ».

Mais au-delà des appels à la paix, l’UA insiste sur un point crucial : la nécessité d’une enquête impartiale pour faire la lumière sur les circonstances exactes de cette frappe. Qui a tiré ? Dans quelles conditions ? Pourquoi des civils et une employée de l’UNICEF ont-ils été touchés ?

Autant de questions auxquelles les autorités congolaises, après une longue période de silence, affirment désormais vouloir répondre. Le gouvernement a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville.

Un contexte de cessez-le-feu bafoués

Cette attaque intervient dans un climat régional explosif. Depuis des mois, les violations des cessez-le-feu se multiplient dans l’Est de la RDC, malgré les accords de Washington (décembre 2025) et l’engagement de Doha (juillet 2025) censés garantir un arrêt permanent des hostilités.

Le 5 mars, une déclaration conjointe de dix pays occidentaux – Belgique, Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis, ainsi que l’Union européenne – avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Ces États dénonçaient « l’utilisation de drones lors d’attaques militaires » et appelaient à une reprise urgente des négociations, rappelant qu' »il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit ».

Les humanitaires, cibles malgré elles

Cette frappe relance également le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires avaient été recensés en janvier 2026 dans l’Est – une baisse par rapport à décembre 2025, mais un chiffre qui reste alarmant.

La mort de cette employée de l’UNICEF, venue porter assistance aux populations déplacées, rappelle tragiquement que dans les conflits oubliés, ceux qui viennent aider sont trop souvent ceux qui paient le prix fort.

L’UA veut jouer son rôle

Dans son communiqué, Mahmoud Ali Youssouf réaffirme l’engagement de l’Union africaine à « travailler avec le gouvernement de la RDC, les partenaires régionaux et la communauté internationale pour faire progresser une solution politique durable ».

Un engagement qui reste à concrétiser sur le terrain. Car sur le papier, les initiatives diplomatiques se multiplient. Mais dans les collines du Nord-Kivu, les armes continuent de parler, et les civils continuent de mourir.

L’enquête réclamée par l’UA permettra-t-elle d’identifier les responsabilités et de relancer un processus de paix enlisé ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose est certaine : chaque jour qui passe sans réponse claire enterre un peu plus les espoirs de paix des populations de l’Est.

La communauté internationale regarde. Les civils, eux, continuent de tomber.

Nangaa sort de l’ombre et prévient : « Kinshasa veut nous décapiter, nous répondrons »

Goma, 11 mars 2026 – Le visage grave, la voix posée mais le ton menaçant. Au lendemain des frappes de drones qui ont secoué la ville de Goma et coûté la vie à trois personnes, dont une humanitaire française, Corneille Nangaa est sorti du silence. Le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a convoqué la presse pour livrer sa vérité, et surtout, pour adresser un avertissement sans équivoque au régime de Kinshasa.

Devant les caméras, Nangaa n’a pas mâché ses mots. Selon lui, les attaques répétées de ces derniers mois ne doivent rien au hasard. Elles obéissent à un plan précis, méthodique et sanglant. « Il est indéniable que la plupart des attaques successives perpétrées par le régime de Kinshasa ces derniers mois visent particulièrement les hautes personnalités politiques et militaires qui forment le leadership de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 mars », a-t-il asséné, désignant nommément les cibles de ce qu’il présente comme une entreprise de décapitation.

« Ils voulaient nous tuer tous »

Dans le détail, le chef rebelle a révélé que les frappes de ce mercredi 11 mars avaient délibérément visé le cœur du commandement de la rébellion. « Elles ont visé notamment le coordonnateur politique de l’AFC-M23, Corneille Nangaa Yobeluo, le coordonnateur militaire, le général Sultani Makenga, ainsi que les deux coordonnateurs adjoints, Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki », a-t-il énuméré, comme pour signifier que le régime de Félix Tshisekedi cherche à porter un coup fatal à l’état-major de l’insurrection.

Une accusation grave, qui place la rébellion en position de victime, mais aussi en situation de légitime défense. Car pour Nangaa, l’objectif de Kinshasa ne se limite pas à l’élimination des seuls rebelles. « L’objectif de Kinshasa est bien entendu de décapiter d’une part la révolution et d’autre part l’opposition politique au régime, d’affaiblir ses principaux piliers politiques et sécuritaires et de forcer l’intensification d’une guerre régionale généralisée », a-t-il développé, élargissant le spectre à toutes les voix dissidentes réfugiées dans les zones sous contrôle du M23.

La menace d’une escalade assumée

Face à ce qu’il qualifie d’« agressions répétitives et orgueilleuses », Corneille Nangaa a brandi la menace d’une riposte. Une menace qui pourrait faire basculer une région déjà meurtrie dans un chaos encore plus grand. « L’Armée Révolutionnaire Congolaise assumera son devoir de protéger les populations civiles sous sa protection. Toute escalade qui en résultera relèvera de la responsabilité exclusive du régime de Kinshasa », a-t-il prévenu, rejetant d’avance la faute sur son adversaire tout en promettant de défendre coûte que coûte les territoires conquis.

Une déclaration qui intervient dans un contexte où les appels à la retenue se multiplient sur la scène diplomatique. Quelques jours avant ces frappes, une coalition de pays occidentaux – Belgique, Danemark, France, Allemagne, États-Unis, entre autres – avait exprimé sa « profonde inquiétude » face aux violations des cessez-le-feu garantis par les Accords de Washington et l’engagement de Doha. Ces mêmes pays avaient dénoncé l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant en danger les populations civiles.

Humanitaires pris pour cible, la communauté internationale sous le choc

Justement, parmi les civils, il y a ceux qui paient le prix le plus lourd. L’attaque de ce mercredi a ravivé le douloureux débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans l’est de la RDC. Alors que l’OCHA avait récemment noté une baisse des incidents les affectant – 37 en janvier 2026 contre 48 en décembre 2025 –, la mort d’une employée de l’Unicef dans une frappe de drone a glacé le sang de la communauté internationale.

Les processus diplomatiques, portés par l’Union africaine et le Groupe de contact international, progressent sur le papier. Mais sur le terrain, les armes continuent de parler. Et ce mercredi 11 mars 2026, à Goma, ce ne sont pas des discussions qui sont tombées du ciel, mais des drones. Avec leur lot de morts, de menaces et de promesses de vengeance.

Reste une question, suspendue comme un nuage de fumée au-dessus du lac Kivu : jusqu’où ira cette escalade ?

Desabre dévoile sa liste, les Léopards à 90 minutes de l’histoire

Kinshasa, 11 mars 2026 – L’horloge tourne. Le 31 mars, les Léopards de la RDC disputeront un barrage intercontinental à Guadalajara, au Mexique. Une seule rencontre décidera du vainqueur, qui s’envolera pour la Coupe du Monde 2024 en Amérique du Nord.

Ce mercredi, le sélectionneur-manager Sébastien Desabre a dévoilé la liste des 26 joueurs retenus. Ces hommes porteront les espoirs de tout un peuple. Chaque choix, chaque décision comptera.

L’inconnue jamaïcaine ou le défi calédonien

Avant de préparer le jeu, il faut connaître l’adversaire. Les Léopards attendent le résultat du barrage opposant la Nouvelle-Calédonie à la Jamaïque. Deux styles radicalement différents s’annoncent :

  • Les Reggae Boyz, athlétiques et expérimentés sur la scène internationale.

  • La sélection calédonienne, novice mais ambitieuse, prête à écrire sa plus belle page.

Desabre et son staff devront analyser le futur adversaire pour adapter leur stratégie avec précision.

Les absents, les retours et les enjeux

Fecofa
© Fecofa
Une bonne nouvelle réchauffe le cœur des supporters : Simon Banza est de retour. L’attaquant a signé un doublé décisif avec son club, prouvant qu’il retrouve toute sa puissance. Dans un match où chaque occasion comptera, son instinct de buteur sera un atout précieux.

En revanche, deux absents surprennent : Nathanael Mbuku et Samuel Essende. Leur non-sélection suscite le débat et interroge sur les choix de Desabre, qui a visiblement priorisé l’expérience et la forme du moment.

Le groupe de 26 joueurs, mélange de jeunes pousses et de cadres aguerris, a désormais une mission : se préparer physiquement et mentalement pour ce qui s’annonce comme la plus grande soirée du football congolais depuis 1974.

Le 31 mars, sur la pelouse de Guadalajara, les Léopards ne joueront pas seulement un match. Ils joueront leur place dans l’histoire et la fierté d’une nation.

Allez les Léopards ! Le monde n’attend que vous.

Nuit de feu sur Goma : une frappe de drone tue une humanitaire Française

Goma, 11 mars 2026 – La nuit devait être calme, bercée par les clapotis du lac Kivu. Elle a été déchirée par le rugissement des drones et le souffle des explosions. Dans l’obscurité, entre mardi et mercredi, la ville de Goma, sous contrôle du M23, a vécu une nouvelle nuit de terreur.

Deux détonations. Deux impacts. Le premier drone, selon des sources concordantes, aurait terminé sa course dans les eaux sombres du lac, avalé par les profondeurs. Le second, lui, a trouvé sa cible. Il s’est écrasé sur une habitation du quartier de Katindo, un secteur résidentiel central où le pouvoir et l’argent ont tissé leurs toiles.

Quand les secours ont pu approcher les décombres fumants, ils ont découvert l’horreur. Trois corps sans vie. Et parmi eux, le visage d’une tragédie internationale : une humanitaire française, employée par l’Unicef, tuée dans ce qui devait être son refuge.

L’émoi jusqu’à Paris et Bruxelles

Aux premières lueurs de l’aube, l’information a fait l’effet d’une bombe diplomatique. Depuis Paris, le président Emmanuel Macron a brisé le silence avec une solennité funèbre. Dans un message diffusé sur le réseau social X, il a adressé à la famille de la victime « le soutien et l’émotion de la Nation ». Avant d’ajouter, comme un avertissement : il est impératif de respecter le droit humanitaire et de protéger ceux qui, au péril de leur vie, viennent en aide aux populations.

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/goma-sous-les-bombes-des-explosions-secouent-le-quartier-himbi-la-peur-sempare-de-la-population/

Même ton, même gravité, depuis Bruxelles. Hadja Lahbib, la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, a condamné sans détour cette frappe. « Une frappe de drone a touché un immeuble résidentiel à Goma, en RDC, où vivent des travailleurs humanitaires et du personnel de l’Union européenne », a-t-elle déclaré. Son message, cinglant, résonne comme un rappel à l’ordre : « Les travailleurs humanitaires ne doivent jamais être pris pour cibles. Le droit international humanitaire doit être respecté, toujours. »

Un quartier sous haute tension

Sur place, à Goma, le spectacle est saisissant. Vers 9 heures locales, une équipe du mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) ainsi que des casques bleus de la Monusco arpentent les lieux. De la résidence pulvérisée, une fumée âcre s’élève encore, mêlée à l’odeur de la mort et du béton calciné.

Le choix du quartier interroge. Katindo n’est pas un lieu anonyme. Il abrite plusieurs officiels et anciens dignitaires. Le complexe visé se trouve à une centaine de mètres à peine de la demeure d’Olive Kabila, l’épouse de l’ancien président Joseph Kabila. Ce dernier, récemment condamné à mort par la justice congolaise pour ses liens présumés avec la rébellion, n’était pas présent sur les lieux cette nuit. Mais la proximité est troublante.

La guerre des accusations

Dans ce climat surchauffé, chaque camp avance ses pions. L’AFC/M23, qui contrôle Goma, n’a pas attendu pour désigner un coupable. Le groupe rebelle accuse directement Kinshasa d’être le commanditaire de cette frappe. Une accusation grave, qui transforme cet événement en un casus belli potentiel.

Pour l’heure, les autorités de Kinshasa n’ont pas réagi officiellement. Mais dans l’est de la RDC, une certitude s’impose : la guerre a changé de dimension. Les drones, ces engins silencieux qui survolent désormais les villes, ne font plus la différence entre un poste militaire et un quartier résidentiel. Entre un combattant et une humanitaire endormie.

 alors que les drapeaux Français et Européens pourraient bientôt flotter en berne, Goma pleure ses morts et regarde, impuissante, un conflit qui s’invite jusque dans ses chambres à coucher. La communauté internationale, cette fois, est touchée au cœur. Reste à savoir quelle sera sa réponse.

Beni : l’aéroport vital de Mavivi dévoré par les flammes, un coup dur pour tout le Nord-Kivu

Beni, 11 mars 2026 – Une colonne de fumée noire et menaçante s’est élevée ce mercredi dans le ciel de Beni. Elle provenait de l’aéroport de Beni-Mavivi, une infrastructure vitale de la région, frappée par un incendie d’une rare violence.

Ce qui devait être une journée ordinaire s’est transformé en désastre. Les flammes ont commencé dans un restaurant situé à l’intérieur de l’aéroport. Rapidement, elles se sont propagées de bâtiment en bâtiment, alimentées par le vent et la malchance, créant un feu incontrôlable.

Destruction et chaos sur place

Josué Kapisa, chef de base, dresse un premier bilan catastrophique : « La salle d’honneur, la salle d’attente et plusieurs autres infrastructures ont été complètement détruites. » Les tôles sont tordues par la chaleur, les murs noircis. Ce qui était hier un lieu de passage et d’espoir n’est plus qu’un squelette calciné.

Sur le terrain, les pompiers et les services de secours luttent sans relâche pour circonscrire les foyers résiduels. Leur objectif est double : maîtriser le feu pour éviter que le désastre ne s’étende et évaluer l’étendue des dégâts. Pour l’instant, les autorités locales n’ont pas communiqué sur d’éventuelles victimes.

Une tragédie économique et logistique

L’aéroport de Beni-Mavivi n’est pas une infrastructure comme les autres. Il constitue le poumon de la province, déjà fragilisée par l’insécurité et les crises sanitaires. Par ses pistes atterrissent vivres, médicaments et marchandises. Par ses portes transitent voyageurs, acteurs humanitaires et forces de maintien de la paix.

Voir la salle d’honneur et la salle d’attente réduites en cendres, c’est couper ce cordon vital. L’économie locale vacille, les commerces perdent l’accès aux fournisseurs, et les familles voient s’éloigner la possibilité de partir ou de revenir. Ce mercredi 11 mars 2026, alors que les flammes achevaient de consumer l’aéroport, c’est une partie de l’avenir de Beni qui partait en fumée, laissant la ville face à un horizon plus sombre que jamais.

Comment Oligui Nguema veut faire de Libreville un carrefour de grandes rencontres

Le chantier du nouveau Palais des Congrès de Libreville entre dans sa phase finale, et le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, suit personnellement l’avancement des travaux. Depuis le début du mois de mars, il s’est rendu à plusieurs reprises sur le site, où il est accueilli par Nina Abouna, Commissaire générale aux expositions, ainsi que Selim Bora, Président du Groupe Summa, entreprise chargée de la construction. Ces visites répétées témoignent de l’importance stratégique accordée à ce projet, qui dépasse largement la simple livraison d’une infrastructure moderne.

Car le choix du lieu n’est pas anodin. Le Palais des Congrès s’élève sur l’ancien site de la Cité de la Démocratie, un espace profondément inscrit dans la mémoire politique du pays. C’est là que se sont tenus certains des moments les plus marquants de l’histoire contemporaine du Gabon, notamment la Conférence nationale de 1990, qui a ouvert une nouvelle ère institutionnelle. La disparition progressive des bâtiments au fil des années avait laissé un vide, presque une blessure symbolique, comme si un chapitre essentiel de la vie nationale s’était refermé sans être remplacé. En décidant de reconstruire à cet endroit précis, le Chef de l’État fait le choix d’une continuité assumée : redonner vie à un lieu où le pays a appris à débattre, à se transformer et à se projeter vers l’avenir.

Mais cette renaissance n’est pas seulement mémorielle. Elle s’inscrit dans une vision beaucoup plus large : celle de faire de Libreville un véritable carrefour de grandes rencontres internationales. Le futur Palais des Congrès, conçu selon les standards internationaux, doit devenir l’outil central d’une stratégie d’attractivité ambitieuse. Avec son auditorium de 3000 places, ses espaces modulables, ses équipements technologiques de pointe et sa capacité à accueillir des sommets de haut niveau, l’infrastructure est pensée pour repositionner le Gabon sur la carte des destinations capables d’abriter des conférences diplomatiques, économiques et institutionnelles d’envergure.

Partenaire
© Partenaire

Cette orientation répond à une volonté clairement exprimée par le Chef de l’État : développer le secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions) comme un levier de rayonnement et de croissance. Dans une région où peu de pays disposent d’infrastructures de cette ampleur, Libreville entend se distinguer et capter une partie des grands événements internationaux qui façonnent les dynamiques politiques et économiques du continent. Le Palais des Congrès devient ainsi la pierre angulaire d’une stratégie de soft power, destinée à renforcer l’influence du Gabon et à diversifier son économie.

Le Commissariat Général aux Expositions du Gabon (CGEG), dirigé par Nina Abouna, jouera un rôle déterminant dans cette transformation. Sa mission sera de structurer l’offre événementielle nationale, de professionnaliser l’accueil des délégations et de bâtir une véritable industrie MICE capable d’attirer durablement des rencontres internationales. L’inauguration du Palais, prévue début mai en présence de plusieurs chefs d’État, marquera le lancement officiel de cette nouvelle ambition.

À travers ce projet, le Gabon ne se contente pas de reconstruire un bâtiment : il réactive un symbole, affirme une vision et prépare l’avenir. Libreville aspire désormais à redevenir un lieu où l’on se rencontre, où l’on dialogue, où l’on décide et prend acte de la concrétisation des partenariat stratégiques. Un carrefour, au sens plein du terme.

Arno Mathieu Bilalongo

Goma sous les bombes : des explosions secouent le quartier Himbi, la peur s’empare de la population

Goma, 11 mars 2026 – La matinée était calme, presque banale, dans cette ville du Nord-Kivu habituée pourtant aux soubresauts de la guerre. Puis, vers 9 heures, le silence a volé en éclats. Des détonations, puissantes, rapprochées, ont déchiré l’air. Leur origine ? Le quartier Himbi, l’un des plus huppés de Goma, niché entre les rives du lac Kivu et les collines verdoyantes. En quelques secondes, la panique a saisi la population.

« Nous avons entendu plusieurs explosions ce matin. Les habitants ont eu très peur, mais pour l’instant nous ne connaissons pas l’origine exacte de ces drones », témoigne un acteur de la société civile joint par nos confrères  d’Actu30.cd, sous couvert d’anonymat. Le mot est lâché : drones. Une arme devenue tristement familière dans cette région où les frappes ciblées se multiplient.

Un quartier de puissants

Himbi n’est pas un quartier comme les autres. Ses villas cossues, ses rues bitumées, ses jardins fleuris abritent des personnalités influentes de la région et du pays. Des hommes d’affaires, des politiciens, des chefs de guerre. Selon des sources locales, des figures de proue de la rébellion AFC-M23, comme Corneille Nangaa ou Bertrand Bisimwa, y posséderaient des résidences ou y séjourneraient épisodiquement.

Autre présence de poids, et non des moindres : l’ancien président Joseph Kabila aurait également une propriété dans le secteur. Une information jamais officiellement confirmée, mais qui alimente les spéculations les plus folles.

Qui visait-on ?

Dans ce contexte, la question qui brûle toutes les lèvres est évidemment : qui était la cible de ces frappes ? Des responsables rebelles ? D’anciens dignitaires ? Des civils ? Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Ni les autorités militaires, ni le gouvernement provincial n’ont pris la parole. Le flou le plus complet règne sur les dégâts humains et matériels.

Ce silence alimente les rumeurs. Sur les réseaux sociaux, les hypothèses les plus folles circulent. Certains parlent d’une tentative d’assassinat, d’autres d’une frappe préventive de l’armée congolaise, d’autres encore d’un règlement de comptes entre groupes armés.

Goma, ville sous tension

Goma n’est pas une ville comme les autres. C’est une cité blessée, meurtrie par des années de guerre, de déplacements massifs, de violences. Chaque explosion, chaque coup de feu ravive les traumatismes. Les habitants vivent dans l’attente permanente du prochain drame.

Ce mercredi 11 mars, le drame a frappé Himbi. Mais pour l’instant, on ne sait pas encore qui est mort, qui est vivant, qui était visé. La ville retient son souffle, en attendant que les autorités daignent parler.

Le président de la FECOFOOT condamné à la prison à perpétuité pour avoir pillé 1,3 million de dollars

Brazzaville, 10 mars 2026 – Jean-Guy Blaise Mayolas, ancien président de la Fédération Congolaise de Football, a été condamné ce mardi à la réclusion criminelle à perpétuité. Le tribunal l’a reconnu coupable de blanchiment d’argent, détournement de fonds et faux en écriture. Huit mois d’enquête et un procès fleuve ont conduit à cette sentence qui secoue le football congolais.

Les magistrats ont reproché à Mayolas d’avoir détourné près de 1,3 million de dollars de fonds FIFA attribués pour soutenir le football national pendant la pandémie de COVID-19. Ces ressources devaient financer le développement du football féminin et la construction d’un centre technique. Au lieu de cela, l’argent a été siphonné et blanchi.

Une affaire familiale et des responsables supplémentaires condamnés

Absent lors de l’audience, Mayolas a été jugé par contumace. Le tribunal a prononcé la même peine contre son épouse et son fils, également impliqués dans le système de fraude. Cette affaire révèle que les dérives étaient profondément enracinées au sommet de la FECOFOOT.

D’autres responsables ont aussi été sanctionnés. Le secrétaire général, Badji Mombo Wantete, et le trésorier, Raoul Kanda, ont écopé de cinq ans de prison chacun. Leur rôle, moins central que celui du président, reste néanmoins suffisamment compromettant pour justifier ces peines.

Le mandat de Mayolas avait déjà été marqué par des tensions avec le ministre des Sports, Hugues Ngouelondélé, qui avaient paralysé le fonctionnement du football national. Ces conflits ont aggravé les dysfonctionnements et contribué à la chute des résultats sportifs.

Des conséquences pour le football congolais

Les dérives institutionnelles ont eu un impact immédiat sur le terrain. L’équipe nationale occupe désormais la 134ᵉ place au classement FIFA, un recul important pour un pays qui figurait parmi les nations respectables du continent. La sélection peine à retrouver un niveau compétitif, et la condamnation récente risque de compliquer davantage la reconstruction.

L’an dernier, Mayolas s’était illustré par une déclaration devenue virale. Il avait comparé le football à un jeu de dames, invitant les Congolais à ne pas s’y passionner. Aujourd’hui, ses mots résonnent différemment face aux conséquences judiciaires de sa gestion.

Désormais, Mayolas et sa famille sont traqués par la justice. Le football congolais, quant à lui, doit panser ses plaies et reconstruire sa crédibilité, loin des millions détournés et des promesses trahies.