Politique




RDC : la CENI dépose son rapport annuel 2024-2025 à l’Assemblée nationale

Un exercice de transparence. Le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a reçu, mardi 14 avril 2026, le rapport…

Un exercice de transparence. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a reçu, mardi 14 avril 2026, le rapport annuel d’activités de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) des mains de son président, Denis Kadima. Le document, qui couvre la période 2024-2025, fait le point sur l’organisation des scrutins, la mise à jour du fichier électoral et la préparation des élections locales. Il sera désormais examiné par les députés nationaux, qui devront se prononcer sur la gestion de l’institution et l’utilisation des fonds publics.

La cérémonie s’est déroulée à la salle des Congrès du Palais du Peuple à Kinshasa, en présence des membres du bureau de la chambre basse : le premier vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, le rapporteur Jacques Djoli Eseng’ekeli, la questeure Shimene Polipoli et la questre adjointe Grâce Neehma.

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Une obligation légale et un exercice de redevabilité

Le dépôt du rapport annuel n’est pas un geste anodin. Il répond à une double exigence.

L’obligation légale, d’abord. La loi organique n°13/012 du 19 avril 2013 sur l’organisation de la CENI dispose, en son article 28, que la Commission doit transmettre ses rapports d’activités aux institutions de la République, dont l’Assemblée nationale.

L’exercice de redevabilité, ensuite. La CENI, qui gère des fonds publics considérables (plus de 1,5 milliard de dollars pour les élections de 2023), doit rendre des comptes aux représentants du peuple. Le rapport annuel est un outil de transparence et de bonne gouvernance.

Denis Kadima, en personne, a remis le document à Aimé Boji Sangara. Un geste symbolique, qui montre la volonté de la CENI de coopérer avec le Parlement.

Le bilan de la CENI selon Denis Kadima

Dans son rapport, le président de la CENI a passé en revue les principales actions de son institution.

Les avancées : organisation des élections de 2023 (présidentielle, législatives, provinciales), mise en place du fichier électoral biométrique, formation des agents, déploiement du matériel, publication des résultats.

Les défis : retards dans le paiement des fournisseurs, difficultés logistiques (transport du matériel, accès aux zones reculées), tensions politiques (contestations des résultats, violences post-électorales), insécurité dans l’Est (empêchant la tenue des scrutins dans certaines zones).

Denis Kadima a également félicité Aimé Boji Sangara pour son élection récente à la tête de l’Assemblée nationale. Il lui a souhaité plein succès dans sa mission à la deuxième institution de la République.

L’Assemblée nationale exerce son rôle de contrôle

En recevant ce rapport, le bureau de l’Assemblée nationale réaffirme son rôle de contrôle des institutions d’appui à la démocratie. Il agit dans le strict respect des textes légaux en vigueur.

Les députés ne sont pas des simples chambres d’enregistrement. Ils doivent vérifier que la CENI a bien utilisé les fonds publics, respecté les lois, et organisé des scrutins libres et transparents.

Le rapport annuel sera examiné en commission, puis débattu en plénière. Les députés pourront poser des questions, demander des documents complémentaires, et formuler des recommandations.

Trois points clés à débattre

L’examen parlementaire du rapport de la CENI portera sur trois points clés.

1. La gestion de la CENI : les députés vont analyser la gouvernance de l’institution, le respect des procédures, la gestion des ressources humaines, et les éventuels conflits d’intérêts.

2. L’utilisation des fonds publics : la CENI a dépensé des centaines de millions de dollars pour les élections de 2023. Les députés vont vérifier que l’argent a été utilisé conformément aux règles (marchés publics, contrôles internes, audits). Ils chercheront à détecter d’éventuels détournements ou gaspillages.

3. L’avancement du processus électoral : les élections locales (gouverneurs, vice-gouverneurs, conseillers communaux) sont en cours. La mise à jour du fichier électoral est un chantier permanent. Les députés vont évaluer les progrès réalisés, et identifier les obstacles.

État d’avancement des scrutins provinciaux

La CENI a récemment ouvert la campagne électorale pour l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru. La liste définitive des candidatures a été publiée. La Commission a fait une mise au point sur le budget d’organisation du scrutin.

D’autres provinces devraient suivre dans les prochains mois. Mais l’insécurité dans l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri) complique la tenue des élections. La CENI doit trouver des solutions (vote par anticipation, report, etc.) tout en respectant les délais constitutionnels.

Cadre légal actualisé pour les scrutins à venir

Le rapport annuel 2024-2025 de la CENI mentionne la préparation des élections locales en cours. La mise à jour du fichier électoral est un chantier clé.

La CENI doit enregistrer les nouveaux majeurs, radier les décédés, corriger les doublons, et intégrer les données biométriques (photos, empreintes). Un fichier électoral fiable est la condition sine qua non de scrutins crédibles.

La Commission a également actualisé son cadre légal (lois, règlements, manuels de procédure) pour tenir compte des enseignements des élections passées.

Les enjeux actuels du processus électoral en RDC

Plusieurs enjeux pèsent sur le processus électoral en RDC.

Logistique et financement : la CENI communique spécifiquement sur les budgets, comme pour le Sankuru. Les défis logistiques (transport, stockage, déploiement du matériel) et financiers (mobilisation des fonds, maîtrise des coûts) restent au cœur du processus.

Redevabilité : la CENI vient de déposer son rapport annuel à l’Assemblée nationale. Les députés vont l’examiner, et pourront demander des comptes. Un signal de transparence envoyé aux partenaires internationaux (Union européenne, États-Unis, ONU).

Sécurité : l’accord stratégique RDC-États-Unis, signé en décembre 2025, visait notamment à répondre à la crise sécuritaire provoquée par les rebelles de l’AFC/M23 (soutenus par le Rwanda). L’insécurité dans l’Est impacte le processus électoral (empêchement des campagnes, destruction des bureaux de vote, déplacement des électeurs).

La suite de la procédure

Le rapport de la CENI va maintenant être examiné par la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée nationale. Cette commission pourra auditionner Denis Kadima et ses collaborateurs, et demander des documents complémentaires.

Elle rédigera ensuite un rapport, qui sera soumis à la plénière. Les députés voteront sur les conclusions de la commission, et pourront adopter des résolutions (approbation de la gestion, critiques, recommandations).

Le gouvernement, lui, devra prendre en compte ces résolutions dans sa propre évaluation de la CENI, et dans la préparation des prochains scrutins.

Un test pour la CENI et pour l’Assemblée nationale

Le dépôt du rapport annuel est un test pour la CENI, qui doit prouver sa transparence et son efficacité. C’est aussi un test pour l’Assemblée nationale, qui doit montrer sa capacité à contrôler les institutions, sans complaisance ni démagogie.

Les députés ont l’occasion de faire œuvre utile, en vérifiant la gestion des fonds publics, en identifiant les failles du système électoral, et en proposant des améliorations.

Les citoyens congolais, eux, attendent des actes. Ils veulent des élections libres et transparentes, des institutions fiables, et des dirigeants responsables.

Le rapport annuel de la CENI est une pièce du puzzle. Il appartient aux députés de jouer leur rôle. Pour la démocratie congolaise, pour la crédibilité des institutions, pour l’avenir du pays.

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