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Négociations avec l’AFC/M23 : Jean-Félix Mupande dément toute participation

Sa présence sur la liste des délégués de l’AFC/M23 a surpris plus d’un observateur. En effet, Jean-Félix Mupande, ancien directeur…

Sa présence sur la liste des délégués de l’AFC/M23 a surpris plus d’un observateur. En effet, Jean-Félix Mupande, ancien directeur général du Cadastre Minier (CAMI), figurait comme expert dans la délégation rebelle engagée dans les négociations avec le gouvernement congolais en Suisse. Pourtant, depuis les États-Unis, l’intéressé a tenu à clarifier sa position. Dans une vidéo enregistrée le 14 avril 2026 depuis le Colorado, il affirme n’avoir aucun lien avec ce processus et rejette catégoriquement toute participation aux discussions de Genève.

Comment l’affaire a éclaté

L’affaire a éclaté lorsque la liste des douze membres de la délégation de l’AFC/M23 est devenue publique. Parmi les six experts figurait le nom de Jean-Félix Mupande, une personnalité respectée dans le secteur minier congolais. Une telle présence, si elle s’était confirmée, aurait donné une certaine crédibilité à la rébellion. Pourtant, l’intéressé a rapidement réagi.

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Une vidéo pour rétablir la vérité

Dans une séquence vidéo enregistrée depuis le Colorado, Jean-Félix Mupande s’adresse directement à l’opinion publique. Il insiste sur sa présence actuelle en laboratoire, loin de toute activité diplomatique. Voici ce qu’il déclare pour couper court aux spéculations : « Je t’envoie cette vidéo pour te montrer que je suis au laboratoire actuellement, au moment où tout le monde pense que je suis parti à Genève. »

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L’image le montre effectivement dans un laboratoire, entouré d’équipements scientifiques. Une preuve, selon lui, qu’il n’a jamais quitté les États-Unis.

« Je n’ai jamais été contacté »

Jean-Félix Mupande affirme n’avoir jamais été approché pour prendre part à ces négociations. Aucune autorité ni aucun représentant ne l’a sollicité, selon ses propres mots. « Il faudrait que tu saches que je n’ai jamais été contacté », insiste-t-il, rejetant toute idée d’implication, directe ou indirecte, dans ce processus politique. Par conséquent, il dément formellement toute adhésion à l’AFC/M23, tout lien avec la rébellion, et toute participation aux pourparlers de Genève.

Des activités académiques incompatibles avec la politique

Actuellement engagé dans ses travaux académiques à la Colorado School of Mines, le chercheur souligne l’incompatibilité entre ses activités scientifiques et une éventuelle participation à des pourparlers politiques. « Il n’a jamais été dans mes intentions d’abandonner mes activités académiques pour aller participer à des négociations », précise-t-il avec fermeté.

Jean-Félix Mupande reste un scientifique reconnu. Il travaille sur la pétrologie (l’étude des roches), un domaine éloigné de la politique congolaise. De plus, il a obtenu des financements pour ses recherches et ne souhaite pas compromettre sa carrière.

Une utilisation de son nom à des fins stratégiques ?

Face à la présence de son nom sur la liste des délégués, Jean-Félix Mupande évoque une possible manœuvre visant à renforcer la crédibilité du mouvement. « Si ce nom est apparu sur cette liste, il est probable que l’autre partie ait cherché à se renforcer avec des experts », analyse-t-il, suggérant qu’une tierce personne aurait pu mentionner son nom sans son consentement.

En clair, l’AFC/M23 aurait utilisé son nom, sa réputation, sans l’en informer, pour donner plus de poids à sa délégation. Une pratique courante dans les négociations : on ajoute des noms ronflants, parfois sans les contacter, pour impressionner l’adversaire.

Un appel à être laissé en paix

Souhaitant se tenir à l’écart des polémiques, Jean-Félix Mupande réaffirme son engagement exclusif dans la recherche scientifique. « Ces roches n’ont rien à voir avec la politique », tranche-t-il, avant de lancer un appel clair : « Si vous pouvez me laisser en paix et me laisser continuer à faire ce que je fais. »

Ce message s’adresse à la fois à la rébellion, qui a utilisé son nom sans son accord, et aux médias, qui ont relayé l’information sans vérification.

Les conséquences de cette affaire pour l’AFC/M23

Cette affaire embarrasse l’AFC/M23. La rébellion s’est laissée prendre en flagrant délit de manipulation. Elle a tenté de gonfler artificiellement sa délégation avec des noms connus, sans s’assurer de leur accord. Ainsi, cela affaiblit sa crédibilité, à quelques jours du début des négociations en Suisse. Le gouvernement congolais pourrait exiger des clarifications, voire refuser de négocier avec une délégation dont la composition est frauduleuse.

Jean-Félix Mupande, lui, n’a pas fini d’être interrogé. Des journalistes, des diplomates, des avocats vont chercher à le contacter. Il devra peut-être fournir des preuves supplémentaires de son absence de lien avec l’AFC/M23. Pourtant, son nom restera associé à cette polémique, même s’il n’est pas responsable. Une injustice, mais un risque connu pour les personnalités publiques.

Quelle est la position de l’AFC/M23 ?

L’AFC/M23 n’a pas encore réagi officiellement. Cependant, selon des sources proches de la rébellion, la liste des délégués aurait été établie dans l’urgence, sans vérification préalable. Certains noms auraient été proposés par des tiers, ou repris d’anciennes listes. Jean-Félix Mupande, qui a occupé des fonctions importantes (directeur général du CAMI), aurait été contacté indirectement, par des intermédiaires, mais n’aurait pas répondu. Dès lors, l’AFC/M23 pourrait présenter des excuses, ou maintenir sa liste en expliquant que les délégués sont libres de refuser.

La suite des négociations

Les pourparlers entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 doivent reprendre en Suisse, sous médiation qatarie. L’ordre du jour comprend : cessez-le-feu, retrait des troupes, désarmement, retour des déplacés, réformes politiques. Néanmoins, la polémique sur la composition de la délégation rebelle pourrait perturber le début des discussions. Le gouvernement pourrait exiger une nouvelle liste, avec des noms vérifiés. Le Qatar, médiateur, appelle les deux parties à la responsabilité. L’enjeu reste trop important (la paix dans l’Est) pour être compromis par une querelle de personnes.

Un scientifique malgré lui

Jean-Félix Mupande, lui, retourne à ses roches. Il n’a jamais voulu de cette publicité. Il n’a jamais souhaité être mêlé à la politique congolaise, encore moins à une rébellion. Voici son profil : chercheur, professeur, expert. Il travaille dans un laboratoire, au Colorado, à des milliers de kilomètres de Genève et de Goma.

Son seul crime : avoir un nom connu, une réputation solide, et des compétences recherchées. L’AFC/M23 a voulu l’utiliser. Il s’y oppose fermement.

Désormais, il demande qu’on le laisse en paix. Il souhaite pouvoir continuer ses recherches, enseigner, publier, loin des intrigues, des manipulations, des mensonges. L’affaire aura au moins eu le mérite de clarifier sa position. Jean-Félix Mupande n’est pas un rebelle. Il n’est pas un négociateur. Il n’est pas un expert au service de l’AFC/M23. Non : il est un scientifique. Et il veut le rester.

Les roches, elles, ne mentent pas. Elles ne trahissent pas. Elles n’utilisent pas les noms sans consentement. Peut-être est-ce pour cela qu’il les préfère à la politique. On le comprend. Et on espère qu’on le laissera, désormais, tranquille.

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