La chute annoncée de Bahati Lukwebo ? Une pétition enclenche la procédure de destitution

Kinshasa, 17 mars 2026 – Le marbre froid de l’hémicycle du Sénat pourrait bientôt devenir glissant pour Modeste Bahati Lukwebo. En effet, le couperet reste en suspens. Une ombre de doute plane désormais sur son fauteuil. Le deuxième vice-président du Sénat vit-il ses dernières heures à ce poste stratégique ?

Ce mardi, un communiqué officiel signé par Nefertiti Ngudianza a marqué un tournant. Ainsi, le Bureau du Sénat annonce l’installation, dès ce mercredi 18 mars, d’une commission spéciale ad hoc. Celle-ci devra examiner la validité et le bien-fondé d’une pétition déposée contre le sénateur.

Derrière cette initiative se trouve Dany Kabongo. En effet, ce dernier a déposé son document en marge de la rentrée parlementaire du 16 mars. De plus, il affirme avoir recueilli 83 signatures, soit largement au-dessus du seuil requis.

Entre tensions politiques et accusations d’incompétence

Mais alors, que reproche-t-on réellement à Modeste Bahati Lukwebo ? Officiellement, la pétition évoque une « incompétence dans l’exercice de ses fonctions ». Toutefois, ce motif reste flou et laisse apparaître des tensions plus profondes.

En réalité, l’origine de cette crise remonte au 10 mars. Ce jour-là, Bahati Lukwebo a présenté ses excuses à ses collègues. Pourtant, quelques jours plus tôt, il avait pris position dans le débat sur la révision constitutionnelle. Il avait alors appelé à une discussion au sein de l’Union sacrée.

Cependant, cette sortie n’a pas été bien perçue. Immédiatement, Dany Kabongo lui a reproché un manque de respect envers le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Selon certains, un membre du présidium ne devait pas s’exprimer sans concertation préalable.

Par la suite, Bahati Lukwebo a tenté de calmer la situation. Il a expliqué que ses propos avaient été mal interprétés. Néanmoins, cette défense n’a pas suffi. Aujourd’hui, la contestation prend une nouvelle forme, avec une accusation directe d’incompétence.

Dès lors, les sénateurs devront trancher. La commission spéciale aura une mission claire. Elle devra déterminer si cette pétition constitue une manœuvre politique ou une démarche légitime.

Ainsi, à l’approche de cette échéance, la pression monte à Kinshasa. Une chose reste certaine : l’ombre d’une destitution plane désormais sur Modeste Bahati Lukwebo.

Coopération médiatique RDC-Chine : Kinshasa accueille un forum de haut niveau sur les médias et le numérique

La rentrée médiatique congolaise prendra des accents asiatiques. Kinshasa s’apprête à accueillir, les 18 et 19 mars 2026, un forum de haut niveau entre la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine. L’annonce a été faite vendredi par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, à l’issue du Conseil des ministres. Cette rencontre inédite place la coopération médiatique au cœur du partenariat stratégique entre les deux pays.

Selon le compte-rendu du gouvernement, près d’une centaine de participants sont attendus. La délégation chinoise comprendra environ 60 représentants : journalistes, experts des médias et responsables d’entreprises chinoises opérant en RDC. Du côté congolais, seront présents directeurs provinciaux de l’Agence congolaise de presse (ACP), journalistes publics et privés, chercheurs, experts en communication, ainsi que des acteurs institutionnels et économiques liés à la coopération bilatérale.

Deux jours pour renforcer la coopération et l’innovation

Le forum s’articule sur deux journées complémentaires. Le 18 mars, une cérémonie inaugurale ouvrira les discussions sur la coopération médiatique et diplomatique. Les intervenants débattront du rôle des médias dans l’accompagnement du partenariat sino-congolais, un axe central des relations bilatérales.

Le 19 mars, les travaux se concentreront sur la technique. Professionnels, experts et universitaires exploreront deux thèmes majeurs : la transformation numérique des médias et l’intégration des technologies émergentes dans la production d’information. Ces sujets répondent aux défis actuels liés à l’intelligence artificielle, aux données massives et aux nouveaux formats journalistiques.

Pour Patrick Muyaya, ce forum constitue une opportunité unique. Il permettra aux journalistes congolais de comparer leurs pratiques à celles des Chinois, de développer des collaborations techniques et éditoriales, et de s’ouvrir aux innovations venues d’Asie. Les Chinois, eux, souhaitent renforcer leur influence médiatique en Afrique centrale et consolider les liens avec la RDC, partenaire stratégique.

Ce forum illustre la diplomatie médiatique chinoise sur le continent. Après les infrastructures, les télécommunications et l’exploitation minière, Pékin investit désormais dans l’information et la communication. Pour Kinshasa, c’est une chance de diversifier ses partenariats médiatiques, jusqu’ici surtout tournés vers l’Europe et l’Occident.

Ces deux jours se tiendront à un moment crucial pour les médias congolais, confrontés à la transition numérique, aux défis économiques et à la question de l’indépendance éditoriale. Les technologies chinoises pourraient aider les organes de presse nationaux à se moderniser et à mieux structurer leur production.

Dans quelques jours, Kinshasa deviendra la capitale des échanges médiatiques sino-africains. Le rendez-vous envoie un signal fort : la RDC veut renforcer sa présence et son influence sur la scène médiatique internationale.

« On ne craint personne » : Sébastien Desabre lance le défi des barrages avant RDC-Mexique

Ils sont à 90 minutes (ou 120, ou une séance de tirs au but) de l’histoire. À quelques jours du barrage retour des qualifications pour la Coupe du monde 2026, le sélectionneur des Léopards de la RD Congo, Sébastien Desabre, a brisé la glace. Dans un entretien accordé à FIFA.com, le technicien français affiche une sérénité tranchante et une ambition dévorante. Le 31 mars à Guadalajara, au Mexique, son équipe jouera bien plus qu’un match : une renaissance.

Il faut remonter loin. Très loin. La dernière (et unique) fois que la RD Congo a foulé les pelouses d’une Coupe du monde, c’était en 1974 en Allemagne de l’Ouest. Le pays s’appelait encore le Zaïre, Mobutu régnait, et Sébastien Desabre n’était pas né. Cinquante-deux ans plus tard, le destin a confié au Français de 49 ans la mission de ramener les Léopards dans la lumière planétaire.

« Treize matches pour en arriver là »

Dans le micro de FIFA TV, la voix est posée, le discours rodé. Desabre ne se laisse pas griser par l’événement. Il rappelle le chemin parcouru depuis sa prise de fonction, il y a trois ans et demi. « On est très motivés. On est dans la continuité de notre objectif de base. Ce match de barrage sera notre treizième match depuis le début des qualifications. On peut dire que ça a été assez long. On a passé toutes les étapes. »

Treize matches. Un marathon africain fait de sueur, de doutes, de joies et de désillusions pour les autres. Les Léopards, eux, sont toujours là. Huitièmes de finaliste de la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, ils ont engrangé de l’expérience, de la confiance, et surtout une identité de jeu qui fait leur force.

Cagous ou Reggae Boyz, même combat

L’adversaire ? Il n’est pas encore connu. Ce sera le vainqueur de l’autre barrage intercontinental entre la Nouvelle-Calédonie (les Cagous) et la Jamaïque (les Reggae Boyz). Deux styles, deux cultures, deux mondes. Desabre a fait ses devoirs. « La Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie sont des équipes qu’on connaît bien. On les a scoutées. »

Mais le sélectionneur français ne veut pas tomber dans le piège de l’obsession adverse. « Pour l’instant, on est beaucoup plus focus sur nos joueurs. » Une déclaration qui en dit long sur la philosophie du staff : faire de cette équipe un bloc solide, imperméable aux aléas, capable de s’adapter sans se renier.

Et quand on lui demande s’il a une préférence entre les deux adversaires potentiels, la réponse claque comme un coup de semonce : « On ne craint personne. On va jouer notre chance à fond. À nous de faire a minima le même match de très haut niveau qu’on avait fait contre le Nigeria. »

Le Nigeria. Ce quart de finale de CAN perdu aux tirs au but mais gagné en stature. Ce match où les Léopards ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec les cadors du continent. Le modèle est posé.

Wissa de retour, le puzzle s’assemble

Pour préparer cette échéance cruciale, Desabre a dévoilé une liste de 26 joueurs. Avec un retour de poids : celui de Yoane Wissa. L’attaquant de Newcastle, blessé longuement et privé de CAN cet hiver, fait son grand retour dans le groupe. Un atout offensif de taille pour bousculer n’importe quelle défense.

Avant le choc du 31 mars à Guadalajara, les Léopards disputeront un match amical contre les Bermudes le 25 mars. L’occasion de peaufiner les derniers réglages, de tester des automatismes, et surtout de maintenir le groupe en condition dans cette période d’attente.

« Tout va s’arrêter au Congo »

Mais au-delà des considérations tactiques, Sébastien Desabre touche du doigt ce qui rend ce match si spécial. Le poids d’un peuple, l’attente de tout un pays. « Les Congolais sont fous de foot, il y a des gens qui souffrent au pays, et je sais que le 31 mars, tout va s’arrêter pour que les gens regardent le match. On espère donner aux Congolais le plaisir qu’ils méritent. »

Ces mots résonnent particulièrement dans une RDC meurtrie par les conflits à l’Est, les drames miniers, les incendies meurtriers. Le football, parfois, a ce pouvoir d’arrêter le temps, de suspendre les souffrances, d’offrir une respiration collective.

Le 31 mars, à Guadalajara, les Léopards ne joueront pas seulement leur place au Mexique et aux États-Unis pour la phase finale. Ils joueront une parenthèse de bonheur pour des millions de Congolais qui, l’espace d’un match, oublieront tout le reste pour ne vivre que par et pour le ballon rond.

Cinquante-deux ans d’attente. Treize matches de qualifications. Quatre-vingt-dix minutes, peut-être plus, pour écrire l’histoire. Sébastien Desabre et ses hommes ont rendez-vous avec leur destin. Et ils y vont sans peur.

« La beauté seule ne suffit pas » : Nathan Zawadi dévoile les coulisses de Femina Miss Congo

Vendredi 14 mars 2026, Kinshasa. Alors que l’actualité reste dominée par les crises sécuritaires, une note d’espoir émerge. Le concours Femina Miss Congo annonce son retour après deux années d’absence.

À cette occasion, Nathan Zawadi dévoile les ambitions de cette nouvelle édition. Dans un salon lumineux de Kinshasa, il affiche une vision claire. Le concours change de cap.

Désormais, l’objectif dépasse le simple défilé. L’organisation veut créer une véritable plateforme d’émancipation féminine. Ainsi, le projet met l’accent sur la formation et l’engagement.

Former des femmes leaders et engagées

Dès le départ, le message est direct. Femina Miss Congo ne se limite plus à la beauté.

« Nous voulons former des ambassadrices », explique Nathan Zawadi. Selon lui, les candidates doivent défendre des causes et représenter la République démocratique du Congo à l’international.

Pour atteindre cet objectif, le comité a mis en place plusieurs formations. Les candidates suivent des modules en communication, en leadership et en culture générale. En parallèle, le jury évalue leur engagement social.

Ainsi, chaque participante doit allier charme et intelligence. Elle doit aussi proposer un projet utile à la société.

Ce choix répond à une réalité. Aujourd’hui, la beauté seule ne suffit plus. Au contraire, les jeunes femmes doivent s’imposer comme des leaders.

Dans ce contexte, le concours devient un tremplin. Il aide les candidates à prendre confiance. Ensuite, il leur permet de gérer des projets concrets.

Le parcours de Nyota Weshanga illustre cette ambition. Depuis son sacre, elle s’engage pour l’environnement. Par ailleurs, elle a lancé sa marque « Makeup by Nyota ». Elle combine ainsi entrepreneuriat et engagement.

Une vitrine culturelle et une nouvelle génération de candidates

Cette édition marque aussi un tournant stratégique. Le concours abandonne l’ancien nom Miss Écologie RDC. Il devient Femina Miss Congo.

Ce changement reflète une ambition plus large. Désormais, l’événement valorise plusieurs domaines, notamment la culture et le leadership.

De plus, l’organisation introduit des nouveautés. Elle propose des ateliers, des échanges internationaux et une plateforme numérique. Ainsi, le public pourra suivre et soutenir les candidates.

Cette année, douze jeunes femmes participent à l’aventure. Le comité les sélectionne après un processus rigoureux. Les critères incluent la beauté, mais aussi le charisme et l’engagement.

En parallèle, la culture congolaise occupe une place centrale. Les candidates mettent en avant les traditions locales. Par exemple, elles valorisent le tissu Kuba, reconnu comme patrimoine national.

Les talents artistiques sont également encouragés. Les participantes présentent des projets liés à la musique, à la danse ou à l’artisanat.

Enfin, le concours veut changer l’image du pays. Trop souvent, la RDC apparaît à travers les conflits. Pourtant, elle regorge de talents et de créativité.

Ainsi, Femina Miss Congo devient une vitrine positive. Il met en lumière une jeunesse ambitieuse et engagée.

Au final, une seule candidate remportera la couronne. Cependant, toutes repartiront avec une expérience forte.

C’est toute la promesse du concours : former non pas une reine, mais une génération d’ambassadrices pour la RDC.

La RDC, l’Afrique du Sud et l’Angola signent un accord tripartite historique à Pretoria

Pretoria, vendredi 13 mars 2026. Dans les salons feutrés du Département des Relations Internationales et de la Coopération (DIRCO), l’Afrique australe vient de se doter d’un nouvel outil diplomatique. La République Démocratique du Congo, la République d’Angola et la République d’Afrique du Sud ont officialisé la création d’un Mécanisme Tripartite de Dialogue et de Coopération. Une signature qui scelle une volonté commune de parler d’une seule voix sur les grands enjeux régionaux.

Autour de la table, trois figures de la diplomatie du continent. Pour la RDC, S.E. Mme Noëlla Ayeganagato Nakwipone, Vice-Ministre des Affaires étrangères, a apposé sa signature aux côtés de ses homologues sud-africain et angolais : Ronald O. Lamola, Ministre des Relations Internationales et de la Coopération de l’Afrique du Sud, et l’Ambassadeur Téte António, Ministre des Relations Extérieures de l’Angola.

Un processus longuement mûri

Ce protocole d’accord n’est pas né d’une impulsion soudaine. Il est l’aboutissement d’un processus soutenu de consultations et de travaux techniques menés par les experts des trois pays. Des mois de discussions, d’ajustements et de négociations pour parvenir à un texte équilibré, capable d’embrasser la complexité des relations entre ces trois géants du sud-ouest africain.

Le choix de Pretoria pour abriter la signature n’est pas anodin. L’Afrique du Sud, puissance économique du continent, joue souvent le rôle de facilitateur et de pont entre les pays lusophones et francophones de la région.

Quatre piliers pour une coopération renforcée

Le mécanisme qui entre en vigueur repose sur quatre axes prioritaires, dessinant un partenariat à la fois large et profond.

Les affaires politiques et diplomatiques constituent le premier pilier. Les trois capitales s’engagent à coordonner leurs positions sur la scène internationale, à harmoniser leurs votes aux Nations unies et à porter des initiatives communes au sein de l’Union africaine.

La sécurité arrive en deuxième position, signe que la stabilité régionale reste une préoccupation majeure. Dans un contexte où l’Est de la RDC continue de saigner, où le terrorisme menace les côtes mozambicaines et où les trafics en tout genre prospèrent, la coopération sécuritaire devient vitale. Le mécanisme devrait permettre un échange de renseignements accru et des opérations coordonnées.

La promotion du commerce et des investissements constitue le troisième axe. Les trois pays représentent un marché de près de 200 millions de consommateurs. Pourtant, les échanges intra-régionaux restent bien en deçà de leur potentiel, entravés par des barrières douanières et logistiques. Ce protocole vise à lever ces obstacles et à créer un environnement propice aux affaires.

Enfin, le développement économique durable au bénéfice des populations vient couronner l’édifice. L’ambition affichée est que la croissance ne profite pas seulement aux élites, mais qu’elle irrigue l’ensemble du tissu social, créant des emplois et améliorant les conditions de vie.

Un signal fort pour la région

La signature de ce protocole intervient à un moment où la région des Grands Lacs et l’Afrique australe traversent des turbulences. Entre la crise persistante dans l’Est congolais, les tensions latentes et les défis économiques post-pandémie, ce mécanisme tripartite apparaît comme une tentative de construire un rempart de stabilité.

Pour Kinshasa, ce rapprochement avec Luanda et Pretoria est aussi une manière de consolider un axe diplomatique solide face aux ingérences extérieures dénoncées à répétition. L’Angola, médiateur historique dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, et l’Afrique du Sud, contributeur majeur aux missions de paix, sont des alliés naturels.

L’heure de la mise en œuvre

La signature n’est que la première pierre. Reste désormais à mettre en musique ce mécanisme. Des réunions périodiques au niveau ministériel sont prévues, ainsi que la création de groupes de travail techniques sur chacun des quatre piliers.

Les populations, elles, attendront de voir les effets concrets de cette coopération. Moins de violence à Goma, plus de commerce entre Kinshasa et Johannesburg, des investissements sud-africains en Angola, des projets de développement financés conjointement : voilà ce qui transformera un beau protocole en réussite tangible.

Pour l’heure, les trois diplomates ont posé pour la photo officielle, souriants, le document siglé entre les mains. Un instantané d’espoir dans un continent qui en a cruellement besoin.

Mort d’une humanitaire française à Goma : la France ouvre une enquête pour crime de guerre

Vendredi 13 mars 2026, Paris. Le Parquet national antiterroriste franchit une étape judiciaire majeure.

Il annonce l’ouverture d’une enquête de flagrance contre X pour « meurtre constitutif de crime de guerre ». Cette décision suit la mort, mercredi à Goma, d’une employée française de l’UNICEF.

Une frappe de drone, non revendiquée, a tué Karine Buisset. Ce drame projette le conflit de l’est de la République démocratique du Congo au cœur de la justice internationale.

Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité. Cette unité d’élite devra établir les circonstances exactes de l’attaque.

L’objectif est clair. D’abord, comprendre ce qui s’est réellement produit. Ensuite, tenir les proches de la victime informés de l’avancée de la procédure.

Une frappe de drone mortelle sur une résidence d’humanitaires

Mercredi, à l’aube, un engin explosif a frappé la résidence de Karine Buisset à Goma. L’explosion a détruit la maison où elle vivait.

La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a apporté des précisions. Selon elle, un drone a frappé un bâtiment abritant plusieurs travailleurs humanitaires.

La nouvelle a provoqué une onde de choc dans la communauté humanitaire. L’UNICEF s’est dite profondément bouleversée et indignée.

Karine Buisset consacrait sa vie à l’aide humanitaire. Elle travaillait au cœur d’une région marquée par des années de violence. Pourtant, elle n’était ni combattante ni actrice du conflit.

Accusations croisées et enjeu du droit international

Très vite, les accusations ont émergé. Le mouvement rebelle M23 a pointé la responsabilité de l’armée congolaise.

Selon son porte-parole, les Forces armées de la République démocratique du Congo auraient mené la frappe.

Cependant, le gouvernement congolais rejette cette version. Kinshasa affirme qu’il ne mènerait jamais une attaque contre des humanitaires.

Les autorités ont exprimé leur profonde tristesse après la mort de l’employée de l’UNICEF. Elles promettent également d’ouvrir une enquête nationale sur l’origine des explosions.

Malgré ces déclarations, l’intervention de la justice française change la situation. En effet, la qualification de crime de guerre active les mécanismes du droit international humanitaire.

Tuer un civil constitue une violation grave des conventions de Genève. La protection s’applique encore davantage aux travailleurs humanitaires.

L’enquête devra donc établir les responsabilités. Les enquêteurs analyseront les témoignages, les images et les trajectoires possibles du drone.

La mission s’annonce difficile. L’accès à la zone reste limité. De plus, la région demeure sous contrôle de forces belligérantes.

Pourtant, l’affaire dépasse déjà le cadre local. La mort de Karine Buisset symbolise les risques auxquels font face les humanitaires dans l’est congolais. Chaque jour, ces travailleurs tentent d’aider les populations prises au piège de la guerre.

Reste désormais une question essentielle : la vérité pourra-t-elle émerger du chaos du conflit ?

La RDC signe un contrat majeur pour son port sec de Kwala en Tanzanie et sécurise son corridor central

Jeudi 12 mars 2026, une signature est venue consolider l’ambition logistique de la République démocratique du Congo sur la scène régionale. À Dar es Salaam, le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a paraphé un contrat de concession avec la société Boston Developers Ltd pour le développement du port sec congolais de Kwala, en Tanzanie. Une étape décisive pour désengorger la chaîne d’approvisionnement du pays et offrir un souffle nouveau à son commerce extérieur.

La cérémonie, empreinte de solennité, s’est déroulée en présence du ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa. Les deux hommes ont salué ce nouveau jalon dans le renforcement de la coopération économique bilatérale, scellant par cet accord la volonté commune de fluidifier les échanges entre l’océan Indien et le cœur du continent.

45 hectares pour le fret congolais

Si le ministère des Transports est resté discret sur les clauses précises de ce partenariat public-privé, l’enjeu est clair : doter la RDC d’une plateforme logistique souveraine sur le corridor central. Dans ce vaste complexe de Kwala, situé à environ 90 kilomètres du port maritime de Dar es Salaam, la RDC dispose désormais d’une emprise de 45 hectares pour y développer ses propres installations.

Ce port sec ne sera pas un simple entrepôt. Il est conçu comme un outil stratégique intégré. Il doit permettre de faciliter les opérations de dédouanement, d’améliorer la traçabilité du fret congolais, aussi bien à l’import qu’à l’export, et de contribuer à la lutte contre la fraude, ce fléau qui gangrène les circuits commerciaux régionaux. L’objectif est de reprendre le contrôle de la chaîne logistique et d’en chasser les pratiques informelles.

Le temps, cette variable stratégique

Le projet congolais s’inscrit dans la dynamique plus large de la plateforme logistique de Kwala, inaugurée avec faste par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan le 31 juillet 2025. Ce hub régional, doté d’une connexion au chemin de fer à écartement standard (SGR) et d’installations de stockage modernes, est promis à un bel avenir.

Pour les pays enclavés d’Afrique centrale, dont la RDC est le géant, cette infrastructure est une promesse de renaissance logistique. Les autorités tanzaniennes l’assurent : les délais de transit, qui pouvaient s’étirer sur 15 à 16 jours entre Dar es Salaam et l’arrière-pays, pourraient être réduits à seulement 5 ou 6 jours. Un bond en avant qui transforme l’équation économique pour les importateurs et exportateurs, réduisant les coûts de stockage et accélérant la rotation des marchandises.

Katosho, la porte d’entrée vers l’Est

La stratégie congolaise ne s’arrête pas à Kwala. Dans le cadre de cette coopération logistique élargie, la RDC bénéficie également d’un site à Katosho, situé à Kigoma, sur les rives tanzaniennes du lac Tanganyika. Cette position est cruciale : elle constitue la porte d’entrée naturelle pour les échanges commerciaux avec l’est de la RDC, reliant par voie lacustre les provinces de l’Est au corridor central.

L’ambition de Kinshasa est claire : sécuriser ses corridors d’approvisionnement, améliorer la fluidité de son commerce extérieur et réduire les coûts logistiques. Il s’agit de donner aux opérateurs économiques congolais des outils compétitifs pour intégrer les chaînes de valeur régionales.

Boston Developers, le partenaire choisi

La sélection du partenaire privé, annoncée en 2025 par Jean-Pierre Bemba, s’est donc portée sur Boston Developers Ltd. Présentée comme une entreprise internationale active dans l’ingénierie, la construction et le développement de projets d’infrastructures, elle aura la lourde tâche de transformer les 45 hectares de Kwala en un port sec performant et moderne.

Ce contrat de concession marque ainsi le passage de la promesse à la réalisation. Il reste désormais à bâtir, à équiper et à faire fonctionner cette fenêtre ouverte sur l’océan Indien. Pour la RDC, l’enjeu est existentiel : faire de cette fenêtre une porte grande ouverte sur la prospérité.

Drame à Kakanda : Neuf creuseurs meurent dans un boulement, la Mine Artisanale Congolaise en Deuil

Mercredi 11 mars 2026, Kakanda. Dans le territoire de Lubudi, au cœur de la province du Lualaba, la terre a tremblé. Pas sous l’effet d’une secousse sismique, mais sous le poids d’une tragédie annoncée. À la carrière de Safi, nichée dans la concession de Boss Mining, un éboulement vient d’engloutir neuf vies. Neuf creuseurs, neuf pères de famille, neuf artisans d’une industrie qui fait la richesse du pays mais qui tue ses enfants dans l’indifférence des galeries.

L’information, confirmée ce jeudi par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale (SAEMAPE) à la radio onusienne, a plongé la région dans le silence lourd de la désolation. Encore une fois, le Lualaba, cette province aux entrailles d’or et de cuivre, ajoute un chapitre funeste à la longue litanie des accidents miniers.

Un Périmètre de Non-Droit

Ce drame n’est pas un accident. C’est l’aboutissement logique d’un système où l’urgence de survivre prime sur les règles les plus élémentaires de sécurité. La carrière de Safi, comme des centaines d’autres sites artisanaux à travers le pays, est un concentré de vulnérabilités. Des parois non consolidées, des techniques d’excavation approximatives, une absence criante d’équipements de protection : le décor était planté pour que la mort frappe.

Les témoignages rapportent un glissement de terrain soudain, sans avertissement. Les neuf creuseurs, courbés sous le poids de leur labeur, ont été piégés par une terre qui, en une fraction de seconde, est passée de pourvoyeuse de vie à tombeau collectif.

Chaque Vie Est Évitable

Face à ce constat d’échec, les experts du secteur minier ne décolèrent pas. « Chaque perte humaine dans ces conditions est évitable », martèle un spécialiste de la sécurité minière joint sur place. Le discours est rageur, mais les solutions sont connues. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais d’appliquer les fondamentaux.

Le cahier de doléances est pourtant clair : il faut imposer des contrôles stricts sur les méthodes d’excavation pour éviter les sapements dangereux. Il faut rendre obligatoire le port d’équipements de base, comme les casques et les bottes, et surtout, il faut former, former et former encore ces milliers d’hommes et de femmes qui descendent chaque jour dans ces gouffres sans filet.

Le Prix du Cobalt

L’exploitation minière artisanale est un pilier économique vital en RDC. Elle fait vivre des millions de personnes et alimente une chaîne d’approvisionnement mondiale avide de cobalt, de cuivre et d’or. Mais ce pilier repose sur des fondations de terre battue.

Chaque éboulement, chaque noyade dans une carrière inondée, chaque inhalation de poussière toxique est un rappel brutal du coût humain exorbitant de cette richesse. Tant que la rentabilité à court terme primera sur la sécurité des hommes, les périmètres miniers resteront des champs de mines.

Les autorités provinciales et nationales, tout comme les entreprises minières qui concèdent ces terrains, sont aujourd’hui mises face à leurs responsabilités. Il ne s’agit plus seulement de pleurer les morts, mais de bâtir un système où le droit à la vie ne s’arrête pas à l’entrée de la mine. À Kakanda, neuf familles attendent désormais que l’on rende justice à leurs disparus. Le reste du pays, lui, attend que l’on empêche que cela se reproduise.

L’Année de toutes les horreurs – L’ONU compte 18 000 victimes et dénonce l’emprise du M23

Jeudi 12 mars 2026, Kinshasa. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les négociations diplomatiques pour un échange de prisonniers, un autre document, autrement plus glaçant, était rendu public dans la capitale congolaise. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a dévoilé son rapport annuel, et les chiffres qu’il contient ont la froideur implacable de la tragédie. Ils racontent une année 2025 de basculement, où l’horreur a méthodiquement gagné du terrain, laissant derrière elle un tapis de 18 000 vies brisées.

Jamais, depuis des années, le pays n’avait connu une telle déflagration. Le rapport est formel : les violations des droits de l’homme ont bondi de 24 % par rapport à 2024. Un saut statistique qui n’est pas un accident de calcul, mais le reflet direct de la détérioration sécuritaire, principalement à l’Est. Le document détaille avec précision la mécanique de l’effroi : 6 169 cas documentés, mais surtout, 18 000 victimes. Derrière ce nombre, il y a des hommes, et de manière disproportionnée, des femmes (2 806) et des enfants (1 394), premières victimes des violences aveugles et des exactions ciblées.

Le M23, Épicentre de la Violence

Le rapport des Nations unies ne se contente pas de chiffrer l’horreur, il la nomme et l’assigne à responsabilité. Sans surprise, mais avec une gravité accrue, le document met en lumière le rôle prépondérant des groupes armés, auteurs de 71 % des violations. Et au sommet de cette pyramide de souffrance trône le mouvement AFC/M23.

Soutenu par l’armée rwandaise, le M23 est cité comme le principal auteur des exactions. Le rapport souligne que la prise fulgurante des villes stratégiques de Goma et Bukavu, ainsi que de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a agi comme un détonateur. La conquête territoriale s’est accompagnée d’un cortège de violences contre les populations civiles, prises en étau entre l’avancée rebelle et les ripostes.

Face à cette insurrection, les agents de l’État ne sortent pas indemnes du rapport. Ils sont impliqués dans 28 % des cas documentés. Si le bourreau principal est rebelle, les exactions commises par les forces gouvernementales ternissent également le tableau, complexifiant la lecture d’un conflit où la protection des civils est devenue la variable d’ajustement.

L’Arme du Viol : Une Hausse Vertigineuse

Parmi les tendances lourdes de ce rapport, une alerte rouge clignote avec insistance : celle des violences sexuelles liées au conflit. Le BCNUDH documente une augmentation effrayante de 59 %, avec 1 479 victimes recensées.

Ce chiffre est bien plus qu’une statistique. Il est la preuve que le viol, dans ce conflit, est devenu une arme de guerre systématique, un outil de terreur, de destruction des communautés et d’humiliation collective. Il témoigne d’une barbarie qui ne connaît pas de trêve et qui vise au cœur les femmes et les filles de l’Est, transformant leurs corps en champs de bataille.

L’Ombre Portée sur Kinshasa : L’Étranglement Civique

Mais le tableau apocalyptique dressé par l’ONU ne se limite pas aux seules zones de combat. Le rapport met en garde contre une autre dérive, plus silencieuse mais tout aussi destructrice pour l’État de droit : le rétrécissement de l’espace civique.

À Kinshasa et ailleurs, les défenseurs des droits humains, les journalistes et certains membres de l’opposition sont soumis à des pressions accrues. L’institution pointée du doigt est le Conseil national de cyberdéfense. Selon le BCNUDH, cet organe serait responsable d’arrestations et de détentions illégales visant des centaines de personnes.

Le rapport dénonce des privations arbitraires de liberté, aggravées par l’isolement total des détenus, coupés du monde et privés d’accès à leurs proches comme à leurs avocats. Un vide juridique et humain qui transforme la détention en disparition temporaire, alimentant un climat de peur et d’autocensure.

Alors que le gouvernement tente de gérer la crise militaire à l’Est, ce rapport du BCNUDH dresse le portrait d’un pays à la dérive humanitaire. Il juxtapose deux drames : celui des populations de l’Est, livrées aux violences des groupes armés, et celui des voix citoyennes de l’Ouest, progressivement étouffées. En 2025, la RDC n’a pas seulement subi une guerre ; elle a vu ses fondements humains et démocratiques s’effriter un peu plus chaque jour.

Échange de prisonniers : le CICR au cœur des négociations entre Kinshasa et la rébellion du M23

Un vent de tension et d’espoir mêlé souffle sur le processus de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ce jeudi 12 mars, dans le silence feutré d’un cabinet ministériel à Kinshasa, une rencontre discrète mais lourde de sens s’est tenue. Le Vice-Premier ministre de la Défense, Guy Kabombo, a reçu François Moreillon, le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en RDC. Au centre des discussions, une question brûlante : la libération des détenus de guerre, un enjeu humanitaire devenu le symbole des blocages persistants entre le gouvernement et la rébellion de l’AFC/M23.

Depuis plusieurs semaines, les lignes semblent vouloir bouger, mais avec la lenteur des glaciers et la fragilité du verre. La rencontre de Kinshasa fait écho à une annonce fracassante venue du Nord-Kivu. La semaine passée, depuis leur bastion de Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru, les rebelles de l’AFC/M23 ont proclamé une « libération » massive : plus de cinq mille éléments des Forces armées de la RDC (FARDC), capturés sur les différents fronts, seraient prêts à être « rapatriés » vers la capitale.

Dans leur communiqué, l’Alliance Fleuve Congo affirme avoir déjà remis ces prisonniers au CICR, l’organisation neutre par excellence. « Ceux-ci seront rapatriés vers Kinshasa sous la supervision du CICR », ont-ils déclaré, fixant au 2 mars 2026 la cérémonie officielle de cette remise. Un chiffre, 5000, qui, s’il se confirme, marquerait l’un des plus importants transferts de prisonniers depuis le début de l’escalade militaire.

Le CICR, Fil Tendu entre les Belligérants

Face à ces déclarations, François Moreillon a tenu un discours mesuré, propre à son rôle d’intermédiaire. Il confirme avoir pris connaissance du communiqué de l’AFC/M23 et réaffirme la position constante de son institution : « En tant qu’intermédiaire neutre, le CICR se tient prêt à accompagner une telle opération avec l’accord de toutes les parties. » Un prérequis essentiel qui souligne la complexité de la situation. Une opération humanitaire de cette envergure ne peut se faire sans le feu vert explicite du gouvernement congolais.

C’est précisément pour poser les bases de cet accord que la réunion du 12 mars était cruciale. Selon le cabinet du ministre, Guy Kabombo a tenu à saluer l’engagement du CICR et à réaffirmer son soutien aux efforts de l’organisation pour protéger la vie et la dignité des victimes. De son côté, M. Moreillon a rappelé l’ancrage historique de la Croix-Rouge en RDC, présente depuis plus de 40 ans, et la nature de ses relations avec le ministère de la Défense, qui couvrent aussi bien la formation au droit international humanitaire que ce rôle d’intermédiaire neutre dans le « processus de Doha ».

L’Ombre de Doha et l’Amertume des Rebelles

Cet échange s’inscrit dans le cadre fragile des accords de Doha. En mai 2025, une première opération avait déjà permis au CICR de transférer plus de 1300 militaires désarmés de Goma à Kinshasa. Un précédent qui laissait entrevoir une possible détente.

Mais aujourd’hui, la musique a changé. Sous les annonces de libération, la mélodie de la défiance persiste. L’AFC/M23, soutenue par Kigali, ne cache pas son amertume. Dans leurs récentes déclarations, les rebelles dénoncent ce qu’ils considèrent comme un blocage majeur : le refus obstiné de Kinshasa de libérer leurs propres camarades détenus. Ils évoquent des arrestations qu’ils jugent arbitraires, visant leurs combattants mais aussi des civils « en raison de leur simple faciès ».

Plus grave encore, ils accusent le gouvernement de violer continuellement le cessez-le-feu et d’avoir imposé une « guerre généralisée » qui prend pour cible, selon eux, les populations civiles et leurs biens. Ces accusations croisées jettent une ombre immense sur le processus humanitaire.

Alors que le CICR tente de tisser patiemment la corde diplomatique qui permettra de rapatrier ces 5000 soldats, la question reste entière : cette opération, si elle aboutit, sera-t-elle un pas vers la paix ou simplement un répit dans une guerre qui n’a pas dit son nom ? La réponse se trouve dans l’équilibre précaire que tentent de maintenir, à Kinshasa comme à Goma, les hommes de l’ombre et les diplomates.