Kindu bientôt reliée à Dar-es-Salam : le vol direct qui va transformer l’économie du Maniema

C’est une nouvelle qui fait souffler un vent d’espoir sur la province du Maniema. La Tanzanie a donné son feu vert pour l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Dar-es-Salam et Kindu, le chef-lieu provincial. Une décision qui, pour les opérateurs économiques locaux, sonne comme une révolution logistique. Fin du calvaire des transits forcés par Goma, baisse des coûts, exportations accélérées : le Maniema s’apprête à entrer dans une nouvelle ère économique.

L’annonce, faite en fin de semaine dernière par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) section Maniema, n’est pas passée inaperçue dans les milieux d’affaires de la région. Elle est le fruit d’une mission économique conjointe entre le gouvernement provincial et les opérateurs économiques locaux en Tanzanie. Un travail de longue haleine qui porte enfin ses fruits.

Selon Bolangi Mulamba Albert, premier vice-président de la FEC-Maniema, le dossier est aujourd’hui « à un stade très avancé ». Il ne manque plus que l’aval technique des services d’aviation pour que le projet devienne réalité.

La fin du calvaire des commerçants

Pour les commerçants de Kindu, l’actuelle situation logistique relève du parcours du combattant. Toute marchandise importée doit transiter par Goma, à des centaines de kilomètres au nord, avec son lot de ruptures de charge, de coûts supplémentaires et de délais imprévisibles.

Avec cette nouvelle ligne directe, le tableau change radicalement :

  • Achat direct : les commerçants pourront s’approvisionner directement à Dar-es-Salam, l’un des grands ports de l’océan Indien.

  • Transit supprimé : fin des ruptures de charge à Goma et des intermédiaires qui grèvent les marges.

  • Prix à la baisse : la simplification logistique devrait mécaniquement réduire les coûts de revient des marchandises, avec des répercussions positives pour les consommateurs locaux.

Une bouffée d’oxygène pour une province enclavée qui paie souvent très cher son isolement.

Le secteur minier en première ligne

Les opérateurs miniers du Maniema sont sans doute les plus grands bénéficiaires de cette avancée. La province regorge de ressources minières, mais leur exportation s’apparente aujourd’hui à un parcours semé d’embûches.

Amisi Hashimu, secrétaire et conseiller juridique de la chambre des Mines de la FEC, donne un chiffre qui en dit long : l’exportation des minerais via Kalemie, l’actuel point de sortie, prend entre six et sept mois.

« Pouvoir transporter les minerais directement de Kindu vers Dar-es-Salam est une excellente nouvelle pour nous. Nous souhaitons que ce projet se concrétise dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

Avec une liaison directe, les conteneurs de coltan, d’or ou d’autres minerais précieux pourront gagner le port tanzanien en quelques heures au lieu de plusieurs mois. Un gain de temps considérable qui améliore la compétitivité des produits congolais sur les marchés internationaux.

Le désenclavement, clé du développement

Au-delà des avantages économiques immédiats, c’est toute la stratégie de désenclavement du Maniema qui se concrétise avec cette ligne aérienne. Longtemps considérée comme une province isolée, difficile d’accès, Kindu devient désormais une porte d’entrée et de sortie vers l’océan Indien.

Pour les autorités provinciales, cette ouverture est un levier majeur pour attirer les investisseurs et dynamiser une économie locale qui tourne encore trop souvent au ralenti.

Reste à franchir la dernière étape : l’aval technique des services d’aviation tanzaniens et congolais. Mais les acteurs économiques du Maniema n’ont jamais été aussi proches du but. Après des années de frustration logistique, ils tiennent enfin la promesse d’une connexion directe avec l’un des hubs portuaires les plus importants d’Afrique de l’Est.

Pour les commerçants de Kindu, pour les mineurs qui extraient les richesses du sous-sol, pour les familles qui espèrent voir baisser le prix du riz et des produits de première nécessité, cette ligne aérienne n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et elle est désormais à portée d’aile.

Denis Mukwege dénonce une « dérive institutionnelle » après les démissions au sommet de l’État

La voix du prix Nobel de la paix s’élève dans le silence inquiet de la classe politique congolaise. Ce lundi 23 mars 2026, le docteur Denis Mukwege a pris la parole pour réagir à la vague de démissions qui secoue les hautes institutions du pays. Vital Kamerhe, Modeste Bahati : l’un après l’autre, les responsables politiques quittent leurs fonctions. Mais pour le célèbre gynécologue, derrière ces départs se cache une dérive plus profonde, celle d’une démocratie qui s’étouffe.

Dans un message publié ce lundi, le lauréat du prix Nobel de la paix 2018 ne cache pas son inquiétude. Il observe, depuis plusieurs semaines, un phénomène qui le trouble : des élus du peuple contraints de démissionner pour avoir exprimé un désaccord, notamment sur la question d’une éventuelle révision constitutionnelle.

« Ces démissions, bien que possibles en démocratie, soulèvent des inquiétudes quant à leurs motivations », écrit-il, pointant du doigt ce qu’il nomme une « dérive institutionnelle ».

L’« inversion des rôles » qui inquiète Mukwege

Le diagnostic du docteur Mukwege est sans appel. Il parle d’une « inversion des rôles », une formule lourde de sens dans un pays où l’équilibre des pouvoirs a toujours été fragile.

« Les représentants du peuple seraient sanctionnés pour avoir exprimé leur désaccord », déplore-t-il, en référence implicite aux déclarations controversées sur la modification de la Constitution qui ont valu à plusieurs responsables politiques de perdre leurs postes.

Pour le médecin de Panzi, la démocratie ne se résume pas à l’uniformité. Elle repose au contraire sur la pluralité des voix et la liberté de penser. En réduisant au silence ceux qui osent exprimer une opinion différente, la classe politique prend le risque de fragiliser les fondations mêmes du régime.

Un regret amer face à la loyauté affichée

Mais ce qui semble attrister le plus Denis Mukwege, c’est l’attitude des intéressés eux-mêmes. Après avoir démissionné, plusieurs responsables ont tenu à afficher leur loyauté au président de la République, renonçant en quelque sorte à défendre la position qui avait causé leur départ.

Le prix Nobel de la paix regrette ce qu’il perçoit comme un reniement. « Ils auraient dû assumer pleinement leur position initiale », estime-t-il, appelant les élus à faire preuve de « dignité et de courage ».

Un message adressé à la classe politique dans son ensemble : un élu ne doit pas sa survie à son obéissance, mais à sa capacité à défendre la volonté du peuple, même lorsque celle-ci heurte les intérêts du pouvoir.

Un appel au chef de l’État

Dans sa prise de parole, Denis Mukwege ne s’adresse pas seulement aux démissionnaires. Il interpelle directement le président de la République, l’invitant à faire preuve de hauteur.

« Le chef de l’État doit privilégier l’intérêt général plutôt que les influences de son entourage politique », écrit-il, une mise en garde contre la tentation de laisser la gouvernance se réduire aux calculs d’un cercle rapproché.

L’appel est clair : la nation congolaise a besoin d’un leadership qui transcende les querelles de clan et les luttes d’influence. Elle a besoin d’élus fidèles aux « valeurs républicaines » et à la « conscience nationale ».

Une démocratie en danger ?

L’inquiétude de Denis Mukwege résonne comme un signal d’alarme. Pour lui, la multiplication des démissions forcées n’est pas un simple remaniement. C’est le symptôme d’un malaise plus profond.

« L’uniformité politique fragilise la démocratie », met-il en garde. Dans un pays qui a connu des décennies de régimes autoritaires, l’avertissement ne doit pas être pris à la légère.

Alors que la RDC s’apprête à aborder des échéances électorales cruciales dans les années à venir, la question de la liberté d’expression des élus et de l’indépendance des institutions reste posée. Denis Mukwege, en brisant le silence, rappelle une évidence trop souvent oubliée : une démocratie ne se mesure pas à l’unanimité des voix, mais à la liberté de celles qui s’élèvent contre le courant.

Reste à savoir si cet appel sera entendu, ou si la « dérive institutionnelle » continuera son chemin, dans l’indifférence d’une classe politique trop occupée à sauver ses sièges pour penser à sauver la démocratie.

CAN 2025 : Patrice Motsepe brise le silence et défend la CAF face à la colère du Sénégal

La tempête fait rage au sommet du football africain. Deux jours après la décision choc de la commission d’appel de la CAF de retirer son titre de champion d’Afrique au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, le président de l’instance, Patrice Motsepe, a finalement pris la parole. Dans une vidéo de plus de six minutes, le dirigeant sud-africain tente d’éteindre l’incendie, alors que Dakar crie au complot et réclame une enquête internationale.

Depuis mardi, la Confédération africaine de football est sous pression. La décision de sa commission d’appel, qui a privé les Lions de la Teranga de leur sacre au profit du pays-hôte marocain, a déclenché une onde de choc sur le continent. Accusations de corruption, soupçons de favoritisme, menaces de recours : la CAF fait face à l’une des crises les plus graves de son histoire.

Patrice Motsepe a choisi la vidéo pour répondre, point par point, aux griefs formulés par Dakar.

Un héritage empoisonné

Le président de la CAF n’élude pas la gravité des événements survenus lors de cette finale chaotique. Il reconnaît que l’image de l’institution a été écornée.

« L’élément le plus important concernant ce qui s’est produit lors de ce match est que cela compromet le travail considérable accompli par la CAF pendant de nombreuses années pour garantir l’intégrité, le respect, l’éthique, la bonne gouvernance ainsi que la crédibilité des résultats de nos matches de football », a-t-il déclaré.

Mais Motsepe va plus loin. Il parle d’un « héritage du passé », évoquant les « soupçons et le manque de confiance » qui persistent. Une manière de dire que les maux dont souffre le football africain ne datent pas de son mandat, mais qu’il doit désormais les affronter.

L’indépendance des juges, argument clé

Sur le fond, le patron du football africain défend la légitimité du processus. Il voit même dans la contradiction entre les deux décisions rendues une preuve d’indépendance.

« Leur indépendance se reflète dans les décisions prises par les deux instances. La commission de discipline de la CAF, une seule instance, a pris une seule décision. La commission d’appel de la CAF a adopté une position totalement différente », s’est-il félicité.

Un argumentaire rodé : si les deux commissions avaient rendu le même verdict, on aurait pu parler de copinage. Le fait qu’elles divergent prouverait, selon Motsepe, que chacune a travaillé en toute autonomie.

Il insiste sur la composition de ces organes, réunissant « certains des juristes et magistrats les plus respectés du continent ». Et rappelle que la commission d’appel, présidée par un juge, est « complètement indépendante » de la Confédération.

Le Sénégal peut aller au TAS

Le message le plus important, peut-être, est celui adressé directement aux Sénégalais. Alors que Dakar a annoncé sa volonté de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS), Motsepe ouvre la porte.

« Chacune des 54 nations africaines a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts. Nous nous conformerons et respecterons la décision qui sera prise au plus haut niveau », a-t-il assuré.

Une déclaration qui vise à apaiser les tensions, tout en rappelant un principe fondamental : « Aucun pays africain ne sera traité d’une manière plus privilégiée, plus avantageuse ou plus favorable qu’un autre pays du continent africain. »

L’ombre de la corruption

Reste que les autorités sénégalaises ne se contenteront pas d’une simple promesse de neutralité. Mercredi, elles ont réclamé une enquête internationale face à des « soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF ».

Pour l’instant, Patrice Motsepe n’a pas répondu directement à ces accusations. Il se retranche derrière les procédures et l’indépendance des juges. Mais le malaise persiste.

Comment expliquer que deux instances distinctes, examinant les mêmes faits, puissent arriver à des conclusions aussi radicalement opposées ? La commission de discipline avait sanctionné les deux fédérations par des amendes, sans toucher au résultat sportif. La commission d’appel a, elle, carrément inversé le score et attribué le trophée au Maroc.

Un feuilleton loin d’être terminé

Pour l’heure, le Sénégal a perdu son titre sur tapis vert. Mais le combat judiciaire ne fait que commencer. La saisine du TAS pourrait durer des mois, et personne ne peut prédire l’issue de la bataille.

Une certitude : cette crise révèle les fractures profondes du football africain. Entre suspicions de favoritisme, héritage d’une gouvernance opaque et exigence de transparence, la CAF devra naviguer en eaux troubles.

Patrice Motsepe, lui, joue son va-tout. En défendant l’intégrité de ses institutions, en appelant au respect des procédures, il tente de préserver ce qui reste de la crédilité de son mandat. Mais le mal est profond, et la colère du Sénégal ne s’éteindra pas avec une simple vidéo de six minutes.

Le véritable arbitre de cette affaire s’appelle désormais le TAS. À Lausanne, les juges du sport planchent déjà sur ce qui pourrait devenir l’un des dossiers les plus sensibles de l’histoire du football africain.

Goma : l’ONU supplie pour la réouverture de l’aéroport, « verrou » de l’aide humanitaire au Nord-Kivu

C’est un cri d’alarme lancé depuis Goma. Bruno Lemarquis, coordonnateur résident et humanitaire des Nations unies en RDC, a plaidé ce mercredi 18 mars 2026 pour une réouverture, même partielle, de l’aéroport international de la ville. Fermé depuis janvier 2025 en raison de la guerre, cet accès stratégique est devenu le principal obstacle à l’acheminement de l’aide d’urgence vers des millions de sinistrés.

Dans un entretien accordé à Radio Okapi depuis Goma, le haut fonctionnaire onusien n’a pas mâché ses mots. La situation est simple : sans aéroport, l’aide humanitaire est au point mort. Et chaque jour qui passe, des vies sont en jeu.

« La réouverture de l’aéroport international de Goma, même limitée aux vols humanitaires, faciliterait grandement l’intervention au Nord-Kivu », a-t-il insisté.

Un détour par l’étranger pour sauver des vies

Le constat est absurde et tragique à la fois. Pour venir en aide aux populations de l’est de la RDC, les humanitaires doivent aujourd’hui emprunter des chemins de traverse. Ils transitent par les pays voisins, multipliant les distances, les délais et les coûts.

« Il est devenu extrêmement difficile pour les acteurs humanitaires d’atteindre la ville, car ils sont désormais obligés de transiter par des pays voisins », explique Bruno Lemarquis.

Cette situation a des conséquences concrètes sur l’aide elle-même. Ce ne sont pas seulement des personnes qui peinent à arriver, mais aussi des marchandises vitales.

« On sait, ça coûte beaucoup d’argent aussi pour se déplacer, parce qu’il faut passer par d’autres pays pour arriver à Goma. Donc ça faciliterait vraiment la vie des collègues, et puis éventuellement aussi du petit fret. Certains médicaments, des vaccins, etc., ça serait quand même beaucoup plus pratique et rapide s’il pouvait y avoir une reprise de petits vols humanitaires », a détaillé le coordonnateur.

Derrière ces mots techniques se cache une réalité brutale : des vaccins qui arrivent périmés, des médicaments qui manquent, des populations qui attendent, désespérément.

La politique, premier obstacle à la réouverture

Mais rouvrir un aéroport en pleine zone de conflit ne se décrète pas. Bruno Lemarquis le sait mieux que personne. Les conditions sont strictes et dépassent largement le cadre technique.

« Pour qu’il y ait réouverture de l’aéroport ou bien reprise de quelques vols, il faudra vraiment des garanties sécuritaires. Ça, c’est un point. Ensuite, il y a des aspects techniques. Ensuite, il y a des aspects plus administratifs, notamment la gestion de l’espace aérien souverain et puis la gestion de l’aéroport », a-t-il énuméré.

Autrement dit, tant que les belligérants ne s’entendront pas pour garantir la sécurité des vols, l’aéroport restera clos. C’est pourquoi le coordonnateur humanitaire appelle à inscrire ce dossier à l’ordre du jour des discussions politiques, notamment celles qui se tiennent à Doha entre les parties prenantes au conflit.

Un symbole d’espoir déjà posé en février

Pourtant, une lueur d’espoir existe. En février dernier, un hélicoptère de la MONUSCO a réussi à se poser à Goma. Une première depuis un an.

À son bord se trouvait Vivian van de Perre, cheffe par intérim de la mission onusienne, venue en appui au processus de paix engagé entre le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23.

À sa descente d’appareil, elle avait pris soin de souligner le symbole : « Il y a plus d’un an, le 26 janvier 2025, j’étais dans le dernier avion à atterrir à l’aéroport de Goma. Aujourd’hui, je suis dans le premier hélicoptère à y atterrir à nouveau et j’espère que c’est le début de la réouverture progressive de cet aéroport au bénéfice de la population. »

Cet atterrissage isolé n’a pas ouvert les vannes du trafic humanitaire. Mais il a prouvé une chose : techniquement, c’est possible. Politiquement, c’est une autre histoire.

L’urgence d’une décision

Pour Bruno Lemarquis, le temps presse. Chaque jour de fermeture supplémentaire aggrave une situation humanitaire déjà catastrophique dans l’est du pays. Les déplacés s’entassent dans des camps insalubres, les épidémies menacent, et la population civile paie le prix fort d’une guerre qui n’en finit pas.

La réouverture de l’aéroport de Goma ne réglera pas tout. Mais elle lèvera un verrou majeur. Elle permettra à l’aide d’affluer, aux équipes de tourner, aux vaccins d’arriver à temps.

Une question de volonté politique, disait Lemarquis. Et peut-être, tout simplement, d’humanité.

330 000 m³ d’eau potable par jour, le défi relevé de la station de l’Ozone

C’est une bouffée d’oxygène pour des millions de Kinois. Ce mercredi 18 mars 2026, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a inauguré les modules 2 et 3 du complexe industriel de traitement d’eau de l’Ozone, dans la commune de Ngaliema. Un projet d’envergure qui propulse la production quotidienne de la capitale à 330 000 m³ et améliore concrètement le quotidien de près de six millions d’habitants.

Sur les hauteurs de Ngaliema, les installations flambant neuves de la station de l’Ozone tournent désormais à plein régime. Le complexe, l’un des piliers de l’alimentation en eau de Kinshasa, vient de franchir un cap technique majeur avec la mise en service de deux unités supplémentaires.

Le ministre Aimé Sakombi Molendo a présidé la cérémonie avec la satisfaction de ceux qui livrent un projet attendu. Devant les ingénieurs de la REGIDESO et les représentants de la Banque mondiale, partenaire financier du projet, il a salué une « étape stratégique pour la santé et le bien-être des Kinois ».

Treize communes enfin soulagées

Derrière les chiffres techniques se cache une réalité humaine concrète. L’extension de la station de l’Ozone ne se mesure pas seulement en mètres cubes, mais en vies transformées.

Avec cette nouvelle capacité, ce sont précisément treize communes de la capitale qui voient leur approvisionnement sécurisé. De Ngaliema à Kimbanseke, en passant par Kintambo, Selembao, Mont-Ngafula, Bandalungwa, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu, Makala, Kalamu, Masina et Ndjili, le réseau gagne en stabilité.

Pour les familles, la promesse est simple et essentielle : moins de coupures, une eau de meilleure qualité, et la fin des longues corvées pour s’approvisionner. Dans une ville de plus de 15 millions d’habitants où l’accès à l’eau potable a longtemps relevé du parcours du combattant, l’amélioration est majeure.

Un financement international au service du quotidien

Ce projet n’aurait pas vu le jour sans un appui financier solide. La Banque mondiale a accompagné la réalisation de ces travaux, confiés à la CEP-O (Cellule des projets eau et assainissement) pour le compte de la REGIDESO S.A.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : moderniser en profondeur les infrastructures hydrauliques d’une capitale tentaculaire, dont la croissance démographique met sous pression constante les réseaux existants.

En portant la capacité de production à 330 000 m³ par jour, Kinshasa fait un pas décisif vers la sécurisation de son approvisionnement. La ville se dote d’infrastructures à la hauteur de son statut de mégalopole africaine, capable de répondre aux besoins essentiels de ses habitants.

Reste désormais à entretenir ce réseau, à étendre les branchements domestiques, et à poursuivre la lutte contre les fuites et les branchements sauvages qui grèvent le système. Mais pour aujourd’hui, les Kinois des treize communes concernées peuvent ouvrir leur robinet avec un peu plus de certitude. L’eau coule, plus abondante et plus propre. C’est ça, la promesse tenue.

Modeste Bahati jette l’éponge et démissionne du Sénat

La crise politique au sommet de l’État congolais connaît son épilogue. Modeste Bahati Lukwebo a officiellement remis sa démission de son poste de deuxième vice-président du Sénat, ce mercredi 18 mars 2026. Une décision qui intervient au lendemain du dépôt d’une pétition de destitution ayant recueilli une écrasante majorité de signatures.

C’est par une lettre sobre, adressée au président de la chambre haute Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, que l’ancien président du Sénat a tourné la page. Dans les couloirs de l’institution, l’information a circulé rapidement, mettant fin à plusieurs jours de spéculations et de tensions.

Joint par nos confrères d’ACTUALITE.CD aussitôt après avoir déposé sa lettre, Modeste Bahati a livré les motivations de son retrait. Avec un calme apparent, il explique avoir choisi la voie de l’apaisement :

« Je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues. De toutes les façons, quand on reçoit un mandat, on doit se préparer à le quitter à tout moment. »

Les causes d’une chute

La démission de Modeste Bahati ne tombe pas du ciel. Elle est l’aboutissement d’une séquence politique tendue, déclenchée par des déclarations controversées sur une possible révision constitutionnelle. Des propos qui ont été perçus par une partie de la classe politique comme un manque de respect envers les institutions.

La pétition de destitution, initiée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya de l’UDPS, avait cristallisé le mécontentement. Les griefs étaient multiples : accusations d’incompétence, manquements dans l’exercice de ses fonctions, et bien sûr cette fameuse sortie médiatique sur les textes fondamentaux du pays.

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Avec 83 signatures sur 109 sénateurs, le rapport de forces était sans appel. Bahati savait sa position intenable. « Comme il y a eu des incompréhensions à la suite de ma déclaration, je croyais avoir été compris en disant qu’il faut beaucoup travailler sur l’homme, sur sa mentalité et son comportement pour espérer que le texte soit bien appliqué », a-t-il tenté de justifier.

Lâché par les siens

Le plus dur, dans cette chute, a peut-être été ailleurs. Car Modeste Bahati n’a pas seulement fait face à l’hostilité de l’opposition ou de la majorité. Il a aussi vu son propre camp se désagréger.

Des membres de son regroupement politique, l’AFDC-A, avaient publiquement pris leurs distances. Certains appelaient ouvertement leur leader à « tirer les conséquences politiques » de ses actes. Une défection interne qui a privé Bahati de toute base solide pour résister.

« Je croyais m’être bien expliqué, mais voilà. Dans ma nature, je n’aime pas la confrontation, j’ai préféré déposer ma démission aujourd’hui », a-t-il confié, laissant percer une pointe d’amertume.

La fin d’un cycle

Pour celui qui a présidé le Sénat de 2019 à 2024 avant d’en devenir le deuxième vice-président lors des élections législatives de 2023, cette démission marque un tournant. Elle symbolise l’usure du pouvoir et la fragilité des positions acquises.

Bahati reste sénateur. Il conserve son mandat et son influence politique. Mais il sort affaibli de cette épreuve, et le message envoyé à la classe politique est clair : plus personne n’est intouchable.

Au Sénat, la procédure de destitution devient désormais caduque. Reste à savoir qui héritera du poste laissé vacant et comment cet épisode remodelera les alliances au sein de la chambre haute. Une certitude : la séquence aura montré que, dans la politique congolaise, le soutien d’hier n’est pas toujours celui de demain.

Modeste Bahati crie au complot et dénonce une tentative de « spoliation » de ses biens

La tension monte autour de l’une des figures influentes de la scène politique congolaise. Modeste Bahati Lukwebo, président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) et deuxième vice-président du Sénat, est dans la tourmente. Son parti dénonce, ce mercredi 18 mars 2026, une vaste campagne de dénigrement qui mêlerait pressions fiscales, menaces sécuritaires et manœuvres politiques pour l’abattre.

Dans un communiqué signé par son secrétaire général Guy-Richard Malongo, l’AFDC tire la sonnette d’alarme. Son autorité morale ferait l’objet d’un « acharnement » méthodique, à trois niveaux : politique, fiscal et sécuritaire. L’objectif, selon le parti, est clair : « le discréditer et le faire taire ».

Cette offensive intervient dans un contexte précis. Elle fait suite, selon la formation politique, à une récente sortie médiatique de Modeste Bahati sur la problématique du respect des textes en République démocratique du Congo. Une prise de parole qui aurait déplu, déclenchant des représailles organisées.

Des « faux redressements fiscaux » et des « projets macabres »

Le communiqué de l’AFDC ne fait pas dans la demi-mesure. Il évoque des « détracteurs » qui ne dorment pas, « concoctant des projets macabres sur fonds de jalousie, haine et méchanceté ».

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Le but ultime de ce complot présumé ? Rien de moins que la « spoliation pure et simple de l’ensemble du patrimoine immobilier, chèrement et honnêtement acquis par le Professeur Modeste Bahati et sa famille ». Une accusation grave, qui dépasse le simple règlement de comptes politique pour toucher à la sécurité des biens d’une figure majeure de l’establishment.

Selon l’AFDC, l’arsenal utilisé contre son président est rodé. Des « faux redressements fiscaux » seraient instrumentalisés par des services de l’État pour asphyxier financièrement le leader politique et justifier une mainmise sur ses biens.

Parallèlement, le volet sécuritaire serait activé. Le parti dénonce des « pressions et menaces » exercées sur ses élus. Députés, sénateurs et cadres de l’AFDC subiraient des tentatives de débauchage, avec pour objectif de « créer la dissidence » et d’affaiblir le groupe parlementaire de Bahati.

83 signatures pour une déchéance au Sénat

Le timing de ces accusations n’est pas anodin. La machine judiciaire du Sénat est déjà en marche contre le deuxième vice-président de la chambre haute.

Une pétition visant sa déchéance, initiée par le sénateur Dany Kabongo, est actuellement en cours de traitement. Le chiffre est implacable : elle a recueilli 83 signatures sur les 109 sénateurs que compte l’institution. Une majorité écrasante qui témoigne, à défaut d’une preuve de culpabilité, d’une défiance généralisée au sein de l’hémicycle.

Pour l’AFDC, cette pétition n’est qu’un instrument de plus dans une entreprise plus vaste de liquidation politique. Elle s’inscrirait dans le cadre de ce qu’ils nomment l’« acharnement » contre leur leader.

Un appel à la communauté internationale

Face à ce qu’il considère comme une offensive tous azimuts, le parti de Modeste Bahati change de braquet. Il ne s’adresse plus seulement aux institutions congolaises, dont il doute visiblement de l’impartialité, mais aussi à la communauté internationale.

L’AFDC « alerte » les partenaires étrangers de la RDC et appelle les Institutions de la République à « assurer les droits et la propriété privée » de son autorité morale. Un appel au secours qui vise à internationaliser l’affaire et à mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il garantisse l’intégrité physique et patrimoniale de l’opposant.

Reste à démêler, dans cette affaire, ce qui relève d’une véritable cabale politique, de règlements de comptes internes à la majorité, ou d’éventuelles procédures légitimes de contrôle des avoirs et de discipline parlementaire. Une certitude : le combat de Modeste Bahati ne fait que commencer, et l’issue de cette bataille influencera durablement les équilibres politiques au sommet de l’État congolais.

Jean-Marc Kabund alerte les États-Unis sur « l’urgence humanitaire » en RDC

La voix de l’opposition congolaise se fait entendre jusqu’à Washington. Ce mercredi 18 mars 2026, Jean-Marc Kabund A Kabund, président de l’Alliance pour le Changement, a reçu à sa résidence de Kingabwa une délégation de l’ambassade des États-Unis. Au menu des discussions : la détérioration dramatique de la situation sécuritaire dans l’Est du pays et l’urgence d’une réponse politique.

Dans le salon feutré de sa résidence kinoise, le ton était grave. Face aux représentants de la diplomatie américaine, Jean-Marc Kabund n’a pas mâché ses mots. Il a dressé un tableau sans concession de la réalité vécue par des millions de Congolais dans les provinces orientales, théâtre depuis des décennies de violences armées ininterrompues.

L’opposant a insisté sur un point : au-delà des considérations géopolitiques et des rivalités entre puissances, ce sont d’abord des vies humaines qui sont en jeu. Il a décrit des conditions de vie de plus en plus précaires pour les populations civiles, prises en étau entre les groupes armés, les violences communautaires et l’impuissance relative des forces de sécurité.

Un plaidoyer pour un dialogue « global et inclusif »

Pour Jean-Marc Kabund, l’urgence sécuritaire ne doit pas occulter la racine du mal. Il a réaffirmé avec force sa conviction : seule une solution politique permettra de sortir de l’ornière.

Selon lui, les frappes militaires et les opérations ponctuelles ne suffiront jamais à éradiquer un conflit aussi enraciné. La résolution durable passe impérativement par un dialogue politique global et inclusif. Un dialogue capable, a-t-il expliqué à ses interlocuteurs, de traiter les causes profondes de la crise : la marginalisation de certaines communautés, la gestion des ressources naturelles, et l’absence d’autorité de l’État dans de vastes zones du territoire.

Ce discours n’est pas nouveau chez le leader de l’Alliance pour le Changement. Mais le recevoir à son domicile, dans le cadre d’une consultation officielle, donne un poids particulier à ses analyses. La rencontre avec les Américains sonne comme une reconnaissance, par la première puissance mondiale, de la pertinence de sa position.

Le sens d’une rencontre

Cette visite s’inscrit dans une stratégie claire. Jean-Marc Kabund multiplie, depuis plusieurs mois, les consultations avec les partenaires internationaux de la RDC. Ambassades européennes, missions onusiennes, et maintenant États-Unis : l’opposant construit patiemment un réseau d’influence.

Son objectif est transparent : promouvoir une solution politique à la crise persistante dans l’Est, en faisant pression sur le pouvoir de Kinshasa pour qu’il accepte un cadre de négociation élargi. En recevant la délégation américaine, Kabund envoie un message à la fois à l’opinion nationale et au gouvernement : l’opposition a sa propre lecture de la crise, et elle entend peser sur les décisions à venir.

Pour Washington, ces consultations régulières avec les acteurs politiques locaux, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, répondent à une logique bien rodée : garder le pouls d’un pays stratégique, riche en minerais, et dont l’instabilité chronique menace de déborder sur toute l’Afrique des Grands Lacs.

Reste à savoir si ce plaidoyer pour un dialogue global trouvera un écho dans les hautes sphères du pouvoir congolais, et surtout, s’il pourra se traduire un jour par une amélioration concrète du sort des millions d’habitants de l’Est, qui attendent, dans l’angoisse et le dénuement, que la communauté internationale passe des paroles aux actes.

RDC-Rwanda : l’ultimatum diplomatique de Washington pour sauver la paix dans les Grands Lacs

La diplomatie américaine joue son va-tout. Cette semaine, au cœur du Département d’État à Washington, des négociateurs congolais et rwandais se font face. L’enjeu ? Éviter qu’une guerre ouverte ne déstabilise toute l’Afrique centrale et ne fasse exploser le marché mondial des minerais stratégiques. Les États-Unis, qui ont récemment frappé Kigali de sanctions, tentent de ranimer des accords de paix moribonds.

C’est un rendez-vous sous haute tension. Pour la première fois depuis les sanctions américaines du 2 mars 2026 contre l’armée rwandaise et plusieurs de ses hauts gradés, Kinshasa et Kigali s’assoient à la même table. Ces discussions, qui se tiendront sous l’égide du Conseil de sécurité nationale et du Bureau des affaires africaines, visent un objectif clair : rétablir d’urgence un dialogue politique et sécuritaire pour éviter une escalade régionale.

Derrière les façades solennelles des ambassades, les visages de la négociation se dévoilent. Côté rwandais, Mauro De Lorenzo et le brigadier-général Patrick Karuretwa mènent la danse. Face à eux, pour la RDC, Patrick Luabeya porte les espoirs fragiles d’un pays meurtri par des décennies de conflits dans sa région orientale.

Le nerf de la guerre : des milliards en minerais stratégiques

Si le monde retient son souffle, ce n’est pas uniquement par humanisme. Les experts sont formels : ces tensions pèsent lourdement sur l’économie régionale et, par ricochet, sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’est de la RDC est un scandale géologique. Sous ses collines verdoyantes se cachent des trésors convoités : du coltan, indispensable à nos smartphones et ordinateurs, du cobalt, nerf de la transition énergétique, et de l’or. Mais l’exploitation de ces richesses dépend de corridors sûrs et de relations diplomatiques stables.

Toute recrudescence des combats a un effet domino immédiat :

  • Les investisseurs étrangers, frileux, délaissent la région.

  • Les capitaux fuient vers des cieux plus calmes.

  • Le risque-pays s’envole, rendant les projets miniers impossibles à financer.

Pour le Rwanda, voisin petit mais influent, l’équation est tout aussi cruciale. Une paix durable dans l’est congolais garantirait le maintien de ses flux commerciaux et renforcerait son ancrage comme hub économique régional. La stabilité n’est pas un luxe, c’est une condition de survie économique.

L’ombre des sanctions et le poids de l’histoire

Cette médiation américaine ne tombe pas du ciel. Elle intervient dans un contexte de fermeté renouvelée de Washington. Le 2 mars, les États-Unis ont officiellement sanctionné l’armée rwandaise et plusieurs hauts gradés, accusés de soutenir des groupes armés déstabilisant l’est de la RDC. Une décision qui a envoyé un signal fort à Kigali, tout en ravivant les vieilles rancoeurs entre voisins.

En acceptant de venir à la table des négociations à peine deux semaines plus tard, les deux parties reconnaissent implicitement l’urgence de la situation. Pour Washington, cette médiation est bien plus qu’un geste diplomatique. C’est un levier stratégique. Il s’agit de prouver que les sanctions et le dialogue peuvent se conjuguer pour éviter que l’instabilité locale ne se transforme en crise régionale aux retombées internationales.

Deux minutes pour l’avenir

« En moins de deux minutes, l’avenir de la coopération RDC-Rwanda pourrait se décider, avec des implications directes sur la sécurité, les mines et l’économie mondiale », glissent les observateurs les plus avisés. Une formule qui résume l’extraordinaire concentration d’enjeux de ces pourparlers.

Il ne s’agit pas seulement de faire taire les armes. Il s’agit de savoir si l’Afrique des Grands Lacs peut enfin entrer dans une ère de coopération économique, ou si elle restera prisonnière d’un cycle infernal de violence et de prédation. La réponse se joue cette semaine à Washington, dans l’enceinte feutrée du Département d’État, loin des collines rouges du Kivu où, chaque jour, des vies sont suspendues aux décisions des puissants.

Congo-Belgique : 65 ans après l’assassinat de Lumumba, un dernier diplomate va enfin être jugé pour « crimes de guerre »

C’est un tournant judiciaire et historique. Soixante-cinq ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, la Belgique franchit une étape majeure. Ce mardi 17 mars 2026, la justice a ordonné le renvoi en procès d’Étienne Davignon.

Aujourd’hui âgé de 93 ans, il fait face à des accusations graves. Les magistrats le soupçonnent de participation à des crimes de guerre. Ainsi, la décision de la chambre du conseil de Bruxelles vise l’un des derniers témoins directs de cette page sombre de l’histoire.

Cependant, la procédure n’est pas encore terminée. La décision peut faire l’objet d’un appel. Néanmoins, si elle est confirmée, le procès pourrait s’ouvrir dès janvier 2027.

Un passé colonial rattrapé par la justice

En 1961, Étienne Davignon n’était qu’un jeune attaché au ministère belge des Affaires étrangères. Pourtant, il participait déjà aux échanges sensibles de l’époque.

Selon la justice, il aurait contribué aux décisions qui ont conduit au transfert de Patrice Lumumba vers le Katanga. Or, la Belgique soutenait alors cette sécession.

C’est dans cette province que des séparatistes katangais, appuyés par des mercenaires belges, ont exécuté Lumumba le 17 janvier 1961. Il avait seulement 35 ans. Ensuite, les responsables ont fait disparaître son corps dans l’acide.

Aujourd’hui, les chefs d’accusation restent lourds. Ils incluent la détention illégale, le transfert illicite, ainsi que des traitements inhumains et dégradants. Pour les parties civiles, les preuves écrites confirment l’existence d’une entreprise criminelle.

D’ailleurs, Christophe Marchand évoque une « entreprise criminelle étatique ». Selon lui, plusieurs documents diplomatiques renforcent cette thèse.

Une quête de vérité portée par la famille Lumumba

Du côté de la famille, l’émotion reste forte. Depuis 2011, les proches de Lumumba mènent ce combat judiciaire. À l’époque, ils ont déposé plainte à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort.

Au fil des années, l’enquête a connu plusieurs rebondissements. Cependant, aujourd’hui, Étienne Davignon reste le seul suspect encore en vie.

Présent à l’audience, Mehdi Lumumba exprime un soulagement. Selon lui, la Belgique commence enfin à regarder son passé en face.

De son côté, Juliana Lumumba précise la position familiale. Elle affirme que l’objectif n’est pas la vengeance. Au contraire, la famille cherche avant tout la vérité.

À Kinshasa, les autorités saluent aussi cette avancée. Patrick Muyaya insiste sur l’importance du travail de mémoire. Il appelle à établir toutes les responsabilités.

Si le procès se tient, il marquera une première historique. Pour la première fois, la justice pénale belge examinera le rôle direct de ses représentants dans cet assassinat.

Ainsi, cette décision ouvre une nouvelle phase. Elle pourrait mettre fin à des décennies d’impunité. Enfin, elle relance un combat essentiel : celui de rétablir la vérité historique.