Semaine Française de Kinshasa 2026 : la RDC et la France renforcent leurs liens économiques

Le rendez-vous est devenu incontournable. Du 22 au 24 avril 2026, Kinshasa accueillera la 9e édition de la Semaine Française de Kinshasa (SFK) au Pullman, en plein cœur de la capitale. Organisée autour du thème « RDC-France : Perspectives partagées », cette manifestation vise à favoriser les rencontres entre les communautés d’affaires française et congolaise. Conférences, rendez-vous B2B, sessions de networking : trois jours pour tisser des liens, explorer des opportunités et bâtir des partenariats durables.

La SFK est devenue au fil des ans un événement phare de l’agenda économique congolais. Lancée en 2014 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC), en partenariat avec l’ambassade de France en RDC, elle a su s’imposer comme un pont entre deux économies complémentaires.

Cette 9e édition s’annonce exceptionnelle, avec un programme riche et des axes stratégiques qui reflètent les atouts et les ambitions communes des deux pays.

Des axes stratégiques pour l’avenir

La Semaine Française de Kinshasa 2026 déclinera son thème principal en plusieurs sous-thèmes, couvrant les secteurs clés du développement.

1. La ville durable : construire des infrastructures résilientes et inclusives. Kinshasa, mégapole en pleine expansion, a des besoins immenses en logements, transports, assainissement. Les entreprises françaises ont une expertise reconnue dans ce domaine.

2. Le numérique : accélérer la transformation digitale pour le développement. La RDC, comme beaucoup de pays africains, a sauté dans l’ère du numérique avec le mobile money, les applications, les start-ups. Des opportunités de coopération existent.

3. L’énergie : développer des solutions d’énergie renouvelable pour une transition énergétique. La RDC dispose d’un potentiel hydroélectrique immense, mais aussi solaire, éolien, biomasse. La France, avec son parc nucléaire et ses investissements dans les renouvelables, est un partenaire de choix.

4. La logistique : favoriser l’émergence de nouvelles voies de communication pour renforcer la connectivité des territoires. Routes, voies ferrées, ports, aéroports : les besoins sont immenses. Les entreprises françaises (Bolloré, CMA CGM, etc.) sont présentes.

5. Les mines : valoriser les ressources minières de manière durable et équitable. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt, un minerai stratégique pour les batteries électriques. La France, engagée dans la transition énergétique, a besoin de ces ressources.

6. L’environnement : promouvoir une économie respectueuse de l’environnement et durable. La RDC abrite le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète. La protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique sont des priorités partagées.

Un programme riche et varié

Tout au long de la SFK, les participants pourront assister à des conférences animées par des experts français et congolais, participer à des rencontres B2B (business to business) pour identifier des partenaires, et profiter de sessions de networking pour élargir leur carnet d’adresses.

Des décideurs économiques, des entrepreneurs, des investisseurs, des représentants des secteurs public et privé seront présents. La SFK est une occasion unique de rencontrer ceux qui font l’économie de la RDC et de la France.

Les avantages de la SFK

La Semaine Française de Kinshasa offre de nombreux avantages aux participants.

  • Partenariat : établir des collaborations avec des entreprises locales et internationales.

  • Échanges sectoriels ciblés : bénéficier de panels et d’ateliers thématiques sur des secteurs clés.

  • Networking de haut niveau : rencontrer des décideurs, des entrepreneurs et des investisseurs lors des sessions de réseautage.

  • Expérience culturelle immersive : découvrir la culture et les valeurs congolaises à travers des activités et animations sur place.

  • Partage de savoirs et compétences : apprendre des experts et échanger des bonnes pratiques.

La CCIFC, une porte d’entrée sur le marché congolais

La Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC) est l’organisatrice de l’événement. Cette association sans but lucratif regroupe plus de 250 entreprises membres. Elle organise plus de 100 événements par an et a créé plus de 1000 connexions entre entreprises.

La CCIFC est une véritable chambre bilatérale, une porte d’entrée sur le marché congolais pour les entreprises françaises, et sur le marché français pour les entreprises congolaises.

Son rôle est d’accompagner les entreprises dans leur développement, de faciliter les rencontres, de promouvoir les opportunités d’investissement.

La 8e édition, un succès à réitérer

La 8e édition de la Semaine Française de Kinshasa s’est tenue du 24 au 26 avril 2024. Elle était axée sur les « leviers de la croissance en RDC ». Plusieurs participants ont témoigné avoir bénéficié d’un réseautage solide grâce à cet événement.

Des contrats ont été signés, des partenariats noués, des investissements débloqués. La SFK n’est pas une simple rencontre de convenance. C’est un véritable accélérateur d’affaires.

Kinshasa, carrefour des opportunités

En organisant la SFK, Kinshasa confirme son statut de carrefour économique en Afrique centrale. La ville, souvent décriée pour ses problèmes de circulation, d’insalubrité, d’insécurité, est aussi une place financière dynamique, un marché de plus de 15 millions de consommateurs, une porte d’entrée sur un pays aux ressources immenses.

Les entreprises françaises, présentes en RDC depuis des décennies (TotalEnergies, Orange, CFAO, Bolloré, etc.), le savent bien. Elles continuent d’investir, de se développer, de former des partenariats locaux.

La SFK est l’occasion de renforcer cette présence, d’explorer de nouveaux secteurs, de rencontrer de nouveaux partenaires.

Un pont vers de nouvelles opportunités

La Semaine Française de Kinshasa est bien plus qu’un salon. C’est un pont entre deux pays, deux cultures, deux économies. Un pont qui permet de partager des savoirs, de créer des synergies, de bâtir l’avenir.

La RDC a besoin d’investissements, de technologies, de compétences. La France a besoin de marchés, de matières premières, de relais de croissance. L’Afrique est l’avenir, et la RDC est une porte d’entrée sur cet avenir.

La SFK est une étape. Une étape vers plus de coopération, plus de développement, plus de prospérité partagée.

Rendez-vous du 22 au 24 avril

Le compte à rebours est lancé. Les inscriptions sont ouvertes. Les entreprises françaises et congolaises sont invitées à se joindre à cet événement unique.

Au programme : des conférences inspirantes, des rencontres B2B productives, du networking de qualité, et une immersion dans la culture congolaise.

La 9e Semaine Française de Kinshasa s’annonce comme un moment clé pour les relations économiques entre la France et la RDC. Un moment à ne pas manquer pour tous ceux qui croient en l’avenir de l’Afrique et en la force des partenariats internationaux.

Kinshasa, Pullman, du 22 au 24 avril 2026. Les perspectives sont partagées. Les opportunités, immenses. Rendez-vous pour les concrétiser.

Ituri : la RDC, la Corée du Sud et l’UNICEF s’allient pour protéger les enfants victimes des conflits

Une bouffée d’espoir pour les enfants de l’Ituri. Ce mercredi 9 avril 2026, à l’hôtel du Gouvernement à Kinshasa, le gouvernement congolais, en collaboration avec la République de Corée et l’UNICEF, a officiellement lancé le projet « Resilience for Children ». Doté de 5 millions de dollars financés par Séoul, ce programme vise à apporter une réponse structurelle et humanitaire aux mineurs frappés par la crise dans cette province du Nord-Est. Assistance immédiate, services sociaux durables, éducation d’urgence : les ambitions sont à la hauteur des défis.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont la ministre d’État aux Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Ève Bazaiba, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, l’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, et le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor.

Une alliance tripartite scellée pour répondre à une urgence humanitaire souvent négligée : celle des enfants de l’Ituri, victimes collatérales de violences intercommunautaires qui n’en finissent pas.

Une stratégie combinée pour des résultats concrets

Le projet « Resilience for Children » se distingue par une approche intégrée, combinant assistance immédiate et actions durables.

L’assistance immédiate vise plus de 30 000 personnes. Elle inclut :

  • Des soins de santé d’urgence,

  • Un soutien nutritionnel (lutte contre la malnutrition aiguë),

  • La distribution de biens essentiels (couvertures, kits d’hygiène, ustensiles de cuisine),

  • Des transferts monétaires pour permettre aux familles de subvenir à leurs besoins.

L’accès durable aux services sociaux de base comprend :

  • Le soutien psychosocial pour les enfants traumatisés par la violence,

  • La construction de points d’eau potable pour prévenir les maladies hydriques,

  • La réhabilitation d’infrastructures communautaires (écoles, centres de santé).

L’objectif est de stabiliser les zones de conflit, de permettre le retour des déplacés, et de créer les conditions d’un développement à long terme.

L’urgence d’agir en Ituri

Dans son discours, le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor, a rappelé l’urgence d’agir en Ituri. Les déplacements massifs de populations exacerbent les violations des droits de l’enfant. Les enfants sont exposés à la violence, aux recrutements forcés, aux séparations familiales, aux violences sexuelles.

L’Ituri, déjà meurtrie par des décennies de conflits intercommunautaires (notamment entre les communautés Hema et Lendu), connaît une résurgence des violences depuis plusieurs années. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées. Les besoins humanitaires sont immenses.

Le projet « Resilience for Children » vise à apporter une réponse à la hauteur de ces défis.

La Corée du Sud, partenaire engagé

L’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, a réaffirmé la volonté de son pays de contribuer au relèvement durable des communautés affectées. Séoul, qui a connu la guerre et la pauvreté, se sent solidaire des pays en développement.

Les 5 millions de dollars alloués à ce projet témoignent de l’engagement de la Corée du Sud en faveur de la protection des enfants dans les zones de conflit. Un geste salué par les autorités congolaises.

« La Corée du Sud n’oublie pas que son développement a été soutenu par la communauté internationale. Aujourd’hui, c’est à notre tour de donner », a déclaré l’ambassadeur.

L’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence

Présente à la cérémonie, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, a insisté sur l’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence. Pour elle, l’éducation ne peut pas attendre la fin des conflits.

Elle a plaidé pour le déploiement de l’enseignement à distance afin de briser le cycle de déscolarisation imposé par les crises. Les radios communautaires, les tablettes, les smartphones, les kits scolaires d’urgence : autant d’outils pour permettre aux enfants déplacés de continuer à apprendre.

« Un enfant qui n’est pas scolarisé est un enfant vulnérable, exposé aux recrutements forcés, aux violences, à l’exploitation », a martelé Raïssa Malu. « L’éducation est une protection. »

Une approche fondée sur les droits de l’enfant

Le projet « Resilience for Children » se distingue également par son approche fondée sur les droits de l’enfant. Les mineurs ne sont pas considérés comme de simples bénéficiaires passifs, mais comme des acteurs de leur propre développement.

Le programme prévoit la participation active des mineurs via des clubs d’enfants et des « gouvernements scolaires ». Ces structures permettent aux enfants d’exprimer leurs besoins, de participer aux décisions qui les concernent, et de développer des compétences civiques.

Une innovation qui pourrait faire école dans d’autres provinces.

L’extension progressive du modèle

Pour Kinshasa, l’ambition dépasse les frontières de l’Ituri. L’approche fondée sur des résultats mesurables et la participation communautaire pourrait être étendue à d’autres provinces touchées par les épidémies (choléra, Ebola, Covid-19) et les aléas climatiques (inondations, glissements de terrain).

Le suivi rigoureux du projet, avec des indicateurs précis et des évaluations régulières, devrait permettre de transformer ce projet pilote en une réussite pérenne, capable d’attirer de nouveaux financements internationaux.

« Nous voulons prouver que cela marche, pour ensuite convaincre d’autres partenaires de nous rejoindre », a expliqué une source proche du gouvernement.

Un avenir plus stable pour les enfants du Nord-Est

Avec ce projet, la RDC et ses partenaires espèrent non seulement panser les plaies immédiates, mais surtout offrir un avenir plus stable aux enfants du Nord-Est du pays.

L’Ituri, terre de violence et de déplacements, pourrait devenir un laboratoire d’innovation sociale. Les enfants, premières victimes des conflits, pourraient devenir les premiers bénéficiaires d’une politique de protection renforcée.

Le chemin est long. Les défis sont immenses. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la mobilisation internationale. Celui de l’engagement politique. Celui de l’espoir, peut-être.

Une réponse structurelle à une crise chronique

Le projet « Resilience for Children » se veut une réponse structurelle, et non pas seulement une énième opération humanitaire d’urgence. Il s’agit de reconstruire les systèmes de protection de l’enfance, de renforcer les capacités des acteurs locaux, de créer les conditions d’un développement durable.

L’UNICEF apporte son expertise technique. La Corée du Sud apporte les financements. Le gouvernement congolais apporte la volonté politique. Une combinaison gagnante, en théorie.

Reste à savoir si cette belle mécanique fonctionnera sur le terrain. Si les 5 millions de dollars seront utilisés à bon escient. Si les enfants de l’Ituri sentiront vraiment la différence.

L’enjeu : passer de l’intention à l’action

La cérémonie de lancement s’est achevée dans une atmosphère d’optimisme prudent. Les discours ont été beaux, les engagements solennels. Mais l’enjeu est désormais de passer de l’intention à l’action.

Les prochains mois diront si « Resilience for Children » tient ses promesses. Si les 30 000 personnes assistées reçoivent effectivement l’aide annoncée. Si les points d’eau sont construits. Si les enfants retournent à l’école.

L’Ituri, province martyre, mérite mieux que des promesses. Ses enfants méritent un avenir. Un avenir sans violence, sans peur, sans déplacement. Un avenir où ils pourront grandir, apprendre, rêver.

Le projet « Resilience for Children » est une pièce du puzzle. Il reste à assembler les autres. Avec la volonté politique, la mobilisation internationale, et l’engagement des communautés, l’Ituri pourrait bien, un jour, sortir de l’ornière.

En attendant, les enfants de l’Ituri attendent. Ils attendent que les 5 millions de dollars se transforment en écoles, en centres de santé, en eau potable. Ils attendent que les discours deviennent réalité. Ils attendent que l’espoir, enfin, l’emporte sur la désolation.

RDC:61 victimes de violences sexuelles liées aux conflits en janvier 2026

Le 6 avril 2026, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits humains (BCNUDH) a publié son rapport sur les violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) en RDC pour le mois de janvier 2026. Au moins 46 cas ont été recensés, touchant 61 victimes : 39 femmes, 21 filles et un homme. Ce chiffre représente une baisse de 59 % par rapport au mois précédent (147 victimes). Cependant, l’ONU précise que cette diminution reflète surtout la sous-documentation causée par l’insécurité et les difficultés d’accès aux victimes. Sur le terrain, la situation demeure bien plus grave.

Le document expose un constat accablant : les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme arme de guerre, et l’impunité reste la règle. Les auteurs sont multiples et souvent difficiles à identifier.

Qui sont les auteurs ?

Le BCNUDH distingue deux catégories principales : les groupes armés et les agents étatiques.

  • Les groupes armés représentent 52 % des cas, soit 32 victimes. En tête, le M23 (21 victimes : 13 femmes et 8 filles), suivi des Nyatura (4 victimes), des Raïa Mutomboki (3 victimes) et des ADF (2 femmes).
  • Les agents étatiques comptent pour 46 % des cas, soit 28 victimes. Les FARDC sont responsables de 25 cas (15 femmes, 9 filles et 1 homme), la PNC de 2 cas (deux femmes), et un responsable de l’État chargé des mines et de l’énergie d’un cas (une fille).

Ainsi, ces violences ne se limitent pas aux groupes rebelles. Les forces de l’ordre, censées protéger les civils, participent également aux abus, un constat particulièrement inquiétant pour l’État congolais.

Une escalade du conflit

L’intensification des combats dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, provoquée par l’AFC-M23 soutenue par le Rwanda, a engendré un désastre humanitaire. Depuis janvier 2026, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.

Dans ce contexte, les violences sexuelles se multiplient. Les femmes et les filles deviennent des cibles faciles. Toutefois, les hommes ne sont pas épargnés, comme le montre le cas d’une victime masculine.

Pourquoi les chiffres baissent-ils ?

Selon le BCNUDH, la baisse apparente de 59 % des cas documentés en janvier s’explique par un manque de documentation. Beaucoup de victimes n’ont pas accès aux services d’enregistrement, et les humanitaires ne peuvent pas atteindre certaines zones.

De plus, l’insécurité, les routes coupées et la présence de groupes armés freinent la collecte d’informations. Par conséquent, la réalité reste bien plus sombre que les chiffres ne le laissent paraître.

Répartition géographique des violences

  • Nord-Kivu : 54 % des cas (22 femmes, 11 filles). Les combats intenses entre FARDC et M23 causent de lourdes souffrances pour les civils.
  • Sud-Kivu : 36 % des cas (13 femmes, 9 filles). L’insécurité et les déplacements massifs affectent fortement la population.
  • Ituri : 10 % des cas (4 femmes, 1 fille, 1 homme). Après des années de conflits intercommunautaires, la région connaît une résurgence des violences.

Violences sexuelles : un outil de représailles

Le BCNUDH souligne que ces violences servent souvent de représailles entre les parties au conflit. Le 21 janvier, à Loda/Sanduku (territoire de Djugu, Ituri), quatre militaires des FARDC ont violé une fillette de 9 ans en la menaçant de mort.

Une enfant violée par ceux censés la protéger : ce crime illustre la barbarie persistante du conflit.

Des soins encore insuffisants

Malgré la gravité de la situation, 30 victimes sur 46 ont reçu des soins médicaux appropriés. Ce progrès reste toutefois limité. Dans les zones reculées, l’accès aux soins demeure restreint, la prise en charge psychologique reste quasi inexistante, et l’accès à la justice se transforme en véritable parcours du combattant.

Le rapport appelle donc à renforcer les efforts pour garantir soins et justice à toutes les victimes.

Des conséquences dramatiques

Les violences sexuelles provoquent des impacts dévastateurs : traumatismes durables, grossesses non désirées, maladies sexuellement transmissibles, stigmatisation sociale et décès.

De plus, l’insécurité et l’inaccessibilité des routes compliquent l’aide humanitaire. Les besoins sont immenses, alors que les ressources restent limitées.

Appel à un accès humanitaire sécurisé

Les acteurs humanitaires continuent de fournir soins d’urgence, aide alimentaire et assistance vitale. Cependant, leurs interventions se heurtent à l’insécurité et au manque d’accès. L’ONU insiste : il faut garantir un accès humanitaire rapide et sécurisé, sans obstacles ni menaces. Jusqu’à présent, cet appel reste largement ignoré.

Les initiatives de paix stagnent

Le processus de Washington et l’implication du Qatar n’ont pas amélioré la situation. Le gouvernement congolais, le Rwanda et l’AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement.

Malgré les engagements pris, le conflit dicte encore la vie dans l’Est. Les organisations internationales exhortent toutes les parties à mettre fin aux armes et à protéger les populations.

Un combat loin d’être terminé

Le BCNUDH tire une nouvelle sonnette d’alarme : les violences sexuelles liées aux conflits persistent. Les victimes sont souvent très jeunes et les auteurs nombreux, y compris au sein des forces de l’ordre. L’impunité demeure la norme.

La baisse des cas documentés ne reflète qu’une partie de la réalité. Elle masque de nombreuses victimes invisibles et des crimes non rapportés.

Pour y remédier, le combat exige une volonté politique forte, des ressources financières et une mobilisation internationale. En attendant, les 61 victimes de janvier 2026 – ainsi que toutes celles des mois précédents – attendent justice et reconnaissance.

Leur seul crime : être nées dans une région en guerre. Leur seule faute : être vulnérables. Leur seul espoir : que l’ONU et la communauté internationale entendent enfin leur voix.

Félix Tshisekedi lance une conférence historique pour révolutionner les infrastructures

Un tournant décisif s’opère. Ce mercredi 8 avril 2026, au Centre Culturel et Artistique des pays d’Afrique Centrale (CCAPAC) à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a ouvert la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP). Pendant trois jours, plus de 500 acteurs publics, privés et partenaires techniques réfléchissent à un objectif clair : moderniser les infrastructures de la République démocratique du Congo à l’horizon 2034. Un défi immense, surtout dans un pays où seulement 2 % des routes sont revêtues.

D’emblée, le contexte impose l’urgence. En effet, la 13e Conférence des gouverneurs a récemment mis en lumière plusieurs faiblesses : enclavement des provinces, dégradation du réseau routier, insuffisance des voies ferrées, sous-équipement portuaire et déficit énergétique. Par conséquent, ces lacunes freinent l’intégration du marché national et ralentissent la production. Le constat est clair : le modèle actuel atteint ses limites.

Une vision tournée vers la modernisation

Les assises s’articulent autour d’un thème ambitieux : « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif ». À travers ce choix, le gouvernement affiche une orientation nette.

D’abord, il veut rompre avec la gestion d’urgence. Ensuite, il cherche à instaurer une véritable culture de planification. Ainsi, il devient essentiel d’anticiper, de normer et d’entretenir les ouvrages sur le long terme. En parallèle, les autorités intègrent désormais les enjeux climatiques, technologiques et économiques.

Dans cette logique, la RDC entend s’aligner sur les dynamiques africaines. Notamment, les corridors logistiques et les chaînes de valeur régionales occupent une place centrale. Dès lors, le pays peut tirer profit de sa position stratégique pour renforcer son intégration régionale.

Félix Tshisekedi fixe le cap

Lors de son discours, Félix Tshisekedi a posé les bases de cette ambition. Selon lui, les infrastructures dépassent largement leur fonction matérielle. Elles constituent, en réalité, « l’ossature même de l’État ».

Il a insisté : elles structurent le territoire, facilitent les échanges et soutiennent l’économie. De plus, elles renforcent la cohésion nationale et attirent les investissements. Autrement dit, elles conditionnent le développement global du pays.

Dans la foulée, le président a lancé un appel clair. Il refuse un simple forum de discussions. Au contraire, il exige des décisions concrètes. Il a donc exhorté les participants à privilégier l’action, l’innovation et la durabilité.

Des projets structurants en ligne de mire

Pour traduire cette vision en actes, le gouvernement mise sur plusieurs projets clés.

D’une part, il prévoit de moderniser le réseau ferroviaire en adoptant l’écartement standard. Cette évolution permettra d’augmenter la capacité et la vitesse des trains. D’autre part, le port en eau profonde de Banana doit devenir une plateforme stratégique pour les échanges régionaux.

Par ailleurs, les autorités veulent connecter les différents modes de transport. L’objectif reste simple : créer un système intégré, fluide et efficace. Grâce à cela, la RDC pourra mieux capter les opportunités offertes par la ZLECAf.

Des défis encore majeurs

Malgré ces ambitions, les obstacles restent nombreux. Le ministre des Infrastructures, John Banza, a rappelé quelques chiffres alarmants. Aujourd’hui, à peine 2 % des routes sont revêtues. De plus, une grande partie du réseau ferroviaire reste inutilisable.

En outre, les infrastructures portuaires manquent d’équipements modernes. À cela s’ajoute une couverture énergétique et numérique insuffisante. Face à ces défis, le gouvernement vise un objectif précis : connecter les 26 provinces pour stimuler l’économie et réduire le coût de la vie.

Une mobilisation nationale et internationale

Pour y parvenir, la conférence réunit plus de 500 participants. Parmi eux figurent des experts, des acteurs privés et des partenaires comme la Banque mondiale ou la BAD.

Ensemble, ils travaillent sur des solutions concrètes. Les échanges portent notamment sur le financement, l’innovation, la maintenance et la résilience climatique. À l’issue des travaux, une feuille de route claire devrait voir le jour.

Un pari sur l’avenir

Reste une question essentielle : cette conférence débouchera-t-elle sur des résultats concrets ? Par le passé, plusieurs annonces n’ont pas abouti. Toutefois, le contexte actuel change la donne.

D’un côté, la concurrence régionale s’intensifie. De l’autre, la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives. Ainsi, la pression pour agir devient plus forte.

Cap sur 2034

À long terme, l’objectif est clair : transformer profondément le pays d’ici 2034. Il s’agit de désenclaver les territoires, de stimuler la croissance et de créer des emplois.

Le chemin reste long, certes. Cependant, une dynamique est enclenchée. Désormais, la réussite dépendra de la capacité à passer des promesses aux réalisations.

En somme, la RDC joue gros. Mais si les engagements se concrétisent, cette conférence pourrait marquer le début d’un véritable tournant.

Kinshasa : le marché Zando renaît, 11 000 étals à attribuer

Un vent nouveau souffle sur le marché Central de Kinshasa. Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, l’emblématique « Zando » s’apprête à rouvrir ses portes. Le gouvernement de la ville a lancé ce mardi 7 avril 2026, au Jardin botanique de Kinshasa, les opérations de souscription pour l’attribution des 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides. Un tournant décisif pour stimuler l’économie de la capitale, sécuriser la gestion des espaces commerciaux, et offrir aux Kinois un hub moderne répondant à leurs attentes.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités urbaines, sous le regard attentif des commerçants et des médias. L’enthousiasme était palpable. Après des mois de travaux, « Zando » renaît de ses cendres, plus beau, plus fonctionnel, plus sécurisé.

Pour le gouverneur Daniel Bumba, présent à l’événement, ce lancement marque une étape historique. « Nous tournons une page douloureuse de l’histoire du commerce informel à Kinshasa. Désormais, les commerçants pourront exercer leur activité dans des conditions dignes et sécurisées », a-t-il déclaré.

Conditions d’éligibilité : qui peut postuler ?

Pour éviter les dérives et garantir une attribution transparente, la ville de Kinshasa a fixé des conditions d’éligibilité claires.

Le candidat doit :

  • Être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais (les étrangers doivent disposer d’une carte de résident valide).

  • Avoir au moins 18 ans.

  • Avoir obligatoirement la qualité de commerçant, c’est-à-dire être détenteur d’une patente valide, d’un RCCM (Registre du commerce et du crédit mobilier), ou d’une fiche de recensement des activités économiques et artisanales pour l’exercice 2026.

  • Disposer de la preuve de paiement de l’impôt foncier (IF) ou de l’impôt sur le revenu locatif (IRL) pour obtenir le quitus fiscal.

Ces conditions visent à formaliser le secteur informel, à encourager les commerçants à se mettre en règle, et à garantir que seuls les professionnels sérieux obtiennent un étal.

Lieu et calendrier des inscriptions

Les inscriptions sont ouvertes du 7 au 20 avril 2026 sur le site du Jardin botanique de Kinshasa, de 8h30 à 16h30.

Les commerçants intéressés doivent se rendre sur place, munis des documents requis, pour remplir leur dossier de candidature. Les autorités ont promis un traitement rapide et transparent.

Au total, 11 000 étals sont disponibles. Un nombre important, mais qui risque d’être insuffisant face à la demande. Les autorités appellent donc les commerçants à se faire connaître rapidement.

Des infrastructures modernes pour les Kinois

Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, le marché de « Zando » est aujourd’hui un hub commercial répondant aux attentes des citoyens de la place.

Les visiteurs découvriront :

  • De jolis bâtiments modernisés, aux façades colorées et aux allées propres.

  • Des chambres froides pour une meilleure conservation des produits périssables (viande, poisson, produits laitiers).

  • Des étals sécurisés, avec des systèmes de verrouillage et de surveillance.

  • Des magasins spacieux, permettant aux commerçants d’exposer leurs marchandises dans de bonnes conditions.

  • Des kiosques pour la vente de produits spécifiques (pain, journaux, téléphonie).

L’objectif est de faire de Zando un marché modèle, capable de concurrencer les grandes surfaces et de redonner ses lettres de noblesse au commerce de proximité.

Les avantages de la réouverture de Zando

La réouverture du marché Zando apporte de nombreux avantages à la ville de Kinshasa.

1. Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins adaptés aux besoins actuels.

2. Création de milliers d’emplois : commerçants, vendeurs, livreurs, agents de sécurité, personnels d’entretien… Zando va générer une multitude d’emplois directs et indirects.

3. Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes permettront de conserver les produits périssables et de réduire les pertes, garantissant ainsi une meilleure disponibilité des denrées.

4. Formalisation du secteur informel : en obligeant les commerçants à se mettre en règle (patente, RCCM, quitus fiscal), la ville de Kinshasa pourra collecter des impôts et des taxes, et mieux contrôler l’activité économique.

5. Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé, propre et bien organisé, c’est un cadre agréable pour les acheteurs, et une fierté pour les habitants de Kinshasa.

Les défis à relever

Malgré ces avancées, des défis restent à relever. Les autorités de Kinshasa sont appelées à garantir le bon fonctionnement de cet espace, notamment avec une gestion plus transparente, structurée et cohérente.

Il faudra notamment :

  • Éviter les conflits d’attribution : la tentation sera grande pour certains de vouloir accaparer plusieurs étals, ou d’utiliser des prête-noms. La ville devra être vigilante.

  • Maintenir la propreté et la sécurité : un marché moderne peut vite se dégrader si l’entretien n’est pas assuré. Des équipes dédiées devront être mobilisées.

  • Lutter contre la concurrence déloyale : le marché informel, plus flexible, pourrait tenter de reprendre ses droits autour de Zando. La police et les services municipaux devront être présents.

  • Impliquer les commerçants dans la gestion : pour que Zando devienne vraiment leur marché, les commerçants doivent être associés aux décisions, via des comités de gestion participative.

Un symbole de renaissance

Au-delà des chiffres et des infrastructures, Zando est un symbole. Celui d’une Kinshasa qui se modernise, qui se transforme, qui ose investir dans son avenir.

Le marché Central, autrefois vétuste et insalubre, est devenu un lieu moderne, attractif, porteur d’espoir. Pour les milliers de commerçants qui y travailleront, c’est une nouvelle vie qui commence. Pour les millions de Kinois qui y feront leurs courses, c’est une promesse de qualité, de sécurité, de fiabilité.

Les prochains jours diront si l’attribution des étals se déroule sans heurts. Les prochains mois diront si Zando tient ses promesses. Mais une chose est sûre : Kinshasa a relevé un défi majeur. Et elle peut en être fière.

La réouverture de Zando, c’est la preuve que la capitale congolaise, malgré ses difficultés, est capable de projets ambitieux. C’est la preuve que le commerce, le travail, l’entrepreneuriat, peuvent être des moteurs de développement. C’est la preuve que l’avenir, malgré tout, se construit.

Les 11 000 étals sont prêts. Les commerçants sont impatients. Les Kinois sont curieux. Que le nouveau Zando ouvre ses portes, et que la fête commence.

Mandala City : l’ex-Kuluna construisent une cité moderne pour l’État congolais

Douze mois ont suffi. En un an, le Service national de la République démocratique du Congo a transformé une zone quasi inhabitée de Kaniama Kasese en une cité moderne. Baptisée « Mandala City », en hommage au chef coutumier qui a cédé le terrain, cette infrastructure de haut standing impressionne. Surtout, d’anciens Kuluna ont construit l’ensemble. Ainsi, le projet incarne à la fois une réussite architecturale et sociale.

En effet, le projet s’est déroulé de mars 2025 à mars 2026. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik l’a ensuite présenté officiellement. Visiblement satisfait, il a salué le travail accompli par ces jeunes. Désormais, il les appelle les « bâtisseurs de la nation ».

« Cette cité peut accueillir le Conseil des ministres et d’autres activités de haut niveau », a-t-il affirmé. De plus, il a insisté sur un point clé : ces ex-Kuluna ont réalisé l’ouvrage de bout en bout.

Une cité moderne pensée pour l’État

D’abord, Mandala City se distingue par sa conception. Elle comprend 24 appartements modernes. Chaque unité dispose de trois chambres, d’un salon et d’une salle à manger. Au total, la cité offre 72 chambres.

Ensuite, les concepteurs ont intégré une grande salle de conférence. Celle-ci peut accueillir des réunions stratégiques, notamment le Conseil des ministres. Par ailleurs, ils ont aménagé un bureau dédié au président de la République. Un restaurant moderne complète l’ensemble.

En outre, le projet ne s’arrête pas là. Les équipes construisent encore des infrastructures de loisirs. Parmi elles : un terrain de basketball, un terrain de volleyball, une piscine et un court de tennis. Ainsi, Mandala City devient un espace complet, à la fois professionnel et résidentiel.

Une réinsertion sociale spectaculaire

Cependant, l’essentiel se joue ailleurs. Derrière les bâtiments, il y a des parcours de vie transformés. En effet, les ouvriers ne viennent pas du circuit classique. Le Service national a recruté et formé d’anciens Kuluna.

Autrefois associés à la violence urbaine, ces jeunes ont changé de trajectoire. D’abord, ils ont appris les métiers du bâtiment. Ensuite, ils ont travaillé sur le chantier pendant douze mois. Progressivement, ils ont acquis des compétences et une discipline.

Aujourd’hui, le résultat est visible. La cité se dresse fièrement. Mais surtout, chaque mur raconte une transformation. Ces jeunes ont remplacé la violence par le travail. Ils ont retrouvé une dignité.

Un modèle porté par le Service national

Par conséquent, cette réalisation confirme le rôle croissant du Service national. À l’origine, cette structure encadrait la jeunesse. Désormais, elle participe activement au développement du pays.

Sous la direction du lieutenant-général Kasongo Kabwik, les projets se multiplient. Le Service national construit des routes, des écoles et des centres de santé. En parallèle, il poursuit sa mission sociale.

Ainsi, il forme les jeunes en difficulté. Il leur offre un métier. Et surtout, il leur donne une seconde chance. Le modèle de Kaniama Kasese montre que cette approche fonctionne.

Un symbole pour l’avenir de la RDC

Par ailleurs, le nom « Mandala City » porte un message fort. Il rend hommage au chef coutumier Mandala, qui a cédé le terrain. Ce geste a permis la réalisation du projet.

Dans un contexte où les conflits fonciers restent fréquents, cette collaboration marque un précédent. Elle prouve qu’il est possible de concilier tradition et modernité.

Enfin, Mandala City ouvre des perspectives. Le Service national envisage déjà d’autres projets similaires. L’objectif reste clair : moderniser les infrastructures tout en réinsérant les jeunes.

Ainsi, cette cité devient une vitrine pour la RDC. Elle montre un pays capable de construire, d’innover et de transformer sa jeunesse. Plus qu’un simple projet immobilier, Mandala City incarne une vision.

Et surtout, elle rappelle une chose essentielle : derrière chaque chantier, il peut y avoir une seconde chance.

Kinshasa accepte d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis

La République démocratique du Congo a dit oui. Le dimanche 5 avril 2026, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accueil temporaire pour des migrants expulsés des États-Unis.

Ces personnes, non congolaises, séjourneront à Kinshasa avant leur retour vers leur pays d’origine. Toutefois, cet accord soulève déjà des questions. En effet, plusieurs pays africains ont été critiqués pour leur participation à ce programme.

Le ministère de la Communication a confirmé l’information. Selon lui, les États-Unis apporteront un soutien logistique et technique. Ainsi, l’État congolais ne supportera aucun coût direct. Par ailleurs, les autorités ont déjà choisi des sites d’hébergement dans la capitale.

Cependant, plusieurs zones d’ombre persistent. Combien de migrants sont concernés ? Combien de temps resteront-ils ? Et surtout, quelles garanties protègent leurs droits ?

Un dispositif progressif et encore flou

Pour l’instant, le gouvernement ne donne aucun chiffre officiel. Néanmoins, une source évoque un dispositif « limité » et « progressif ». Les autorités privilégient une gestion au cas par cas.

Par conséquent, il reste difficile d’évaluer l’ampleur réelle du programme. À titre de comparaison, le Rwanda a accueilli plusieurs centaines de migrants. De son côté, Kinshasa assure que son engagement restera modeste.

Un accueil temporaire sous conditions

Selon les autorités, les migrants ne resteront pas durablement. Leur séjour pourrait durer entre trois et six mois. Ensuite, ils devraient regagner leur pays d’origine.

Ainsi, la RDC se positionne comme un pays de transit. Toutefois, cette promesse soulève des doutes. Dans d’autres pays, les retours restent parfois difficiles à organiser. Par exemple, certains États refusent de reprendre leurs ressortissants.

De plus, les autorités congolaises n’ont pas précisé de solution alternative en cas de blocage.

Les premières arrivées sont attendues avant fin avril 2026. Le gouvernement promet un processus progressif et maîtrisé. En parallèle, il affirme pouvoir suspendre le dispositif si nécessaire.

Entre solidarité et enjeux diplomatiques

Pour justifier cet accord, les autorités évoquent un devoir de solidarité. Elles parlent aussi de renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité.

Cependant, la question des contreparties reste floue. Un rapport américain mentionne des compensations financières pour certains pays. Le Rwanda ou l’Eswatini auraient reçu des paiements.

Dans le cas de la RDC, le gouvernement affirme que le Trésor public ne sera pas sollicité. Mais il ne détaille pas les autres formes de soutien.

Sur le plan juridique, Kinshasa affirme respecter le droit international. Les autorités citent notamment la Convention de Genève de 1951 et la Convention contre la torture. Pourtant, les modalités concrètes restent imprécises.

La question du non-refoulement inquiète aussi. Ce principe interdit de renvoyer une personne vers un pays dangereux. Le gouvernement assure qu’aucune expulsion risquée n’aura lieu. Malgré cela, certaines ONG restent prudentes.

Enfin, le contexte africain reste contrasté. Le Nigeria refuse ce type d’accord. À l’inverse, le Ghana ou l’Ouganda ont déjà coopéré.

Dans ce paysage, la RDC fait un choix stratégique. Elle affiche sa solidarité internationale. Mais elle insiste aussi sur un point : ce dispositif ne sera ni permanent, ni une externalisation des politiques migratoires américaines.

Procès Balanganayi : 10 ans de prison requis contre le médecin accusé de violences sur une patiente

La sentence pourrait être lourde. Ce vendredi 3 avril 2026, devant le tribunal de grande instance de Kinkole, à l’Est de Kinshasa, le parquet a requis dix ans de servitude pénale principale contre le docteur David Balanganayi. Le médecin est poursuivi pour coups et blessures, torture et enregistrement non autorisé de l’intimité de sa patiente, Dorcas Moya, pendant son accouchement à l’hôpital général de référence de Kinkole. Une affaire qui a choqué l’opinion publique et mobilisé les associations féminines. Le verdict est désormais très attendu.

L’audience de ce vendredi était décisive. Après l’audition des témoins et les plaidoiries des parties civiles, le ministère public a dévoilé ses réquisitions. Elles sont sans appel.

« Vous condamnerez le prévenu David Balanganayi à 10 ans de servitude pénale principale et une amende de 100.000 dollars américains payable en francs congolais pour l’infraction de torture », a requis le magistrat du parquet.

Mais ce n’est pas tout. Le parquet a également demandé :

  • 5 ans de prison pour l’infraction d’enregistrement de l’intimité de la victime, assortis d’une amende de 25 millions de francs congolais.

  • 5 ans de servitude pénale principale pour coups et blessures aggravés.

  • La condamnation aux frais d’instance et, à défaut de paiement dans les délais, la contrainte par corps.

Le réquisitoire du parquet est clair : le docteur Balanganayi doit être puni sévèrement pour ses actes. Le cumul des peines pourrait atteindre des sommets, même si le tribunal devra décider si elles s’exécutent de manière concurrente ou consécutive.

Un million de dollars réclamés par la partie civile

Du côté de la victime, les avocats de Dorcas Moya n’ont pas été en reste. Ils ont réclamé une somme faramineuse à titre de dommages et intérêts.

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« Il vous plaira de déclarer cette action recevable et pleinement fondée. Il s’agit d’un médecin de l’État congolais dont les fautes ont été commises dans l’exercice de ses fonctions. En conséquence, nous sollicitons la condamnation au paiement d’une somme d’un million de dollars, payable en francs congolais pour dommages et intérêts sur base de l’article 258 du code civil livre 3 », a plaidé l’avocat de la partie civile.

Un million de dollars. Une somme qui peut sembler astronomique, mais qui reflète l’ampleur du préjudice subi par Dorcas Moya. La jeune femme a été victime de violences physiques, de torture, et d’un enregistrement de son intimité sans son consentement, diffusé ensuite sur les réseaux sociaux.

L’état de la victime : un témoignage clé

L’audience de vendredi a également entendu un témoin crucial : le docteur Éloge Ilunga, médecin à l’hôpital Diamant, où Dorcas Moya a été transférée après son calvaire à Kinkole.

Son témoignage va à l’encontre de la thèse de l’urgence défendue par le docteur Balanganayi. Selon ce dernier, il aurait agi sous l’emprise de l’état de nécessité, la vie de la patiente étant en danger.

« Nous avons reçu le vendredi passé Mme Dorcas Moya avec un état observé et des signes vitaux stables, c’est-à-dire que le statut intégral de la patiente par rapport à son physique ou son état était stable. Sa vie n’était pas en danger. Elle n’était donc pas dans un état d’urgence. Elle était admise en chambre », a déclaré le docteur Ilunga.

Un témoignage qui fragilise considérablement la défense du médecin accusé. Si la vie de Dorcas Moya n’était pas en danger au moment de son transfert, la justification de l’état de nécessité devient difficile à soutenir.

La défense joue son va-tout

Face à ces réquisitions sévères et à ce témoignage accablant, la défense du docteur Balanganayi devra trouver les mots pour sauver son client. Plaidera-t-elle la clémence ? Contestera-t-elle l’évaluation des préjudices ? Mettra-t-elle en cause l’organisation de l’hôpital de Kinkole ?

Les avocats du médecin ont déjà indiqué que leur client avait agi pour sauver une vie, et que les coups administrés l’avaient été dans un contexte d’urgence absolue. Mais le témoignage du docteur Ilunga contredit directement cette version.

Le tribunal devra départager les deux récits. Et sa décision aura des conséquences au-delà de ce seul procès.

Une affaire exemplaire

L’affaire Balanganayi est devenue un symbole. Symbole de la lutte contre les violences obstétricales, souvent invisibles, souvent impunies. Symbole du combat des femmes pour que leur parole soit entendue, leur corps respecté, leur dignité protégée.

La Première Dame Denise Nyakeru, qui a pris en charge la victime, a salué la mobilisation. Les associations féminines, présentes en nombre lors des audiences, appellent à une condamnation exemplaire.

Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, ce sera un signal fort envoyé à l’ensemble du corps médical : la violence sur les patientes, même sous couvert d’urgence médicale, ne sera plus tolérée.

Le verdict très attendu

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il devrait être rendu dans les prochains jours, peut-être dès la semaine prochaine.

Dorcas Moya, qui a comparu lors de l’audience, attend avec impatience la décision des juges. Son avocat a réclamé justice, et réparation.

Le docteur Balanganayi, détenu depuis le début de l’affaire, risque la prison ferme, une amende lourde, et la destruction de sa carrière médicale.

Au-delà des peines, c’est la mémoire de la victime, et la dignité de toutes les femmes qui accouchent, qui est en jeu. Le tribunal de Kinkole, tribunal de proximité, va rendre une décision qui aura une résonance nationale.

Une chose est sûre : l’affaire Balanganayi ne s’arrêtera pas au verdict. Elle a ouvert une brèche dans le mur du silence qui entoure trop souvent les violences obstétricales. Et cette brèche, plus rien ne pourra la refermer.

Procès Balanganayi : le verdict attendu ce vendredi après un report lié à la fête nationale

L’affaire qui secoue Kinshasa depuis plusieurs semaines touche à sa fin. Le verdict du procès du docteur David Balanganayi, accusé de violences sur une patiente dans une salle d’accouchement de l’hôpital général de référence de Kinkole, sera rendu ce vendredi 3 avril 2026. Initialement prévue mercredi 1er avril, la troisième audience a dû être reportée. La raison : le gouvernement congolais avait décrété cette journée chômée et payée sur l’ensemble du territoire pour célébrer la qualification historique des Léopards à la Coupe du monde 2026. Une fête nationale qui a suspendu le cours de la justice, mais seulement pour quelques jours.

L’information du report a été communiquée par Faustin Bukasa, avocat principal de la défense, via un média de la place. Selon lui, l’annonce gouvernementale n’a laissé d’autre choix au tribunal que de décaler l’audience. Une décision logistique, sans incidence sur le fond du dossier.

Le procès, qui a débuté il y a plusieurs jours, a déjà connu deux audiences riches en rebondissements. La première a permis d’identifier le prévenu et d’entendre les chefs d’accusation. La deuxième a vu défiler des témoins clés : le médecin directeur de l’hôpital, des médecins témoins, ainsi que la grand-mère de la victime. Des experts ont également été entendus, livrant des analyses parfois contradictoires sur la déontologie médicale et l’état de nécessité.

La victime sera présente avant le verdict

Ce vendredi, l’audience s’annonce décisive. Pour la première fois, Dorcas Mulema, la patiente victime des violences, comparaîtra à la barre. Son témoignage, attendu avec une grande impatience, pourrait faire basculer le délibéré.

Depuis le début de l’affaire, la jeune femme est prise en charge par la fondation de la Première Dame, Denise Nyakeru, qui a condamné les faits et appelé la justice à établir les responsabilités. Son état de santé, physique et psychologique, a été jugé suffisamment stable pour lui permettre de témoigner.

Le ministère public, qui a requis des peines sévères, verra ses arguments confortés ou infirmés par la parole de la victime. La défense, elle, maintiendra la thèse de l’état de nécessité, déjà plaidée lors des précédentes audiences.

Une affaire qui divise l’opinion publique

Le procès Balanganayi a suscité une intense émotion dans la capitale et au-delà. La vidéo devenue virale, montrant le médecin administrant des coups à une patiente allongée sur une table d’accouchement, a choqué l’opinion. Les réactions se sont multipliées, y compris au plus haut niveau de l’État.

Les organisations féminines et de défense des droits humains sont montées au créneau. Pour elles, les actes du docteur Balanganayi constituent une violence obstétricale inadmissible, une forme de torture que rien ne saurait justifier. Elles réclament des sanctions sévères, voire exemplaires, pour dissuader d’autres professionnels de santé d’adopter de tels comportements.

Mais une partie des professionnels de la santé a également pris la parole. Leur position est plus nuancée. Ils reconnaissent que les coups portés sont condamnables, mais ils insistent sur le contexte : une urgence vitale, une patiente refusant obstinément des soins nécessaires, une équipe médicale dépassée. Pour eux, le docteur Balanganayi a peut-être dérapé, mais il a agi avec l’intention de sauver une vie. Certains appellent à un « recadrage » plutôt qu’à une sanction lourde.

Un procès aux enjeux multiples

Au-delà du cas individuel, ce procès soulève des questions de fond. Jusqu’où peut aller un médecin pour sauver un patient ? La contrainte physique est-elle jamais justifiable ? Comment concilier urgence médicale et consentement éclairé ?

La réponse du tribunal sera scrutée. Elle déterminera non seulement le sort du docteur Balanganayi, mais aussi, dans une certaine mesure, les pratiques médicales en RDC. Une condamnation sévère enverrait un signal fort : les violences obstétricales ne seront plus tolérées. Une relaxe ou une peine légère pourrait être interprétée comme un blanc-seing donné à des méthodes brutales.

L’affaire a également une dimension politique. La Première Dame, Denise Nyakeru, s’est personnellement impliquée, en prenant en charge la victime et en appelant à la justice. Une position qui n’est pas sans rappeler son engagement de longue date pour les droits des femmes et contre les violences sexuelles.

Le poids du symbole

Le fait que le verdict soit rendu le vendredi 3 avril, deux jours après la fête nationale du football, n’est probablement qu’une coïncidence. Mais elle n’est pas anodine. Le pays a célébré l’exploit des Léopards, symbole d’unité et de fierté nationale. Aujourd’hui, la justice s’apprête à trancher un dossier qui divise la nation.

Les deux affaires n’ont rien à voir, bien sûr. Mais elles montrent, chacune à leur manière, les contradictions de la société congolaise : capable d’une joie collective immense, mais aussi traversée par des violences intimes, parfois invisibles.

Les attentes avant le délibéré

Ce vendredi, l’audience commencera par l’audition de Dorcas Mulema. Ses mots pèseront lourd. Ensuite, les avocats plaideront, avant que le juge ne se retire pour délibérer. Le verdict pourrait tomber dans la foulée, ou être mis en délibéré pour une date ultérieure.

Les organisations féminines seront présentes, nombreuses, pour soutenir la victime et appeler à une condamnation. La défense, elle, comptera sur les éléments techniques et le contexte d’urgence pour obtenir l’indulgence du tribunal.

Quelle que soit la décision, elle ne mettra pas fin au débat. Mais elle posera un jalon. Dans un pays où les violences faites aux femmes sont encore trop souvent impunies, ce procès a valeur d’exemple. La justice congolaise, cette fois, est attendue au tournant.

Le1er avril déclaré jour férié pour célébrer la qualification historique des Léopards

La joie n’aura pas attendu. Au lendemain de l’exploit retentissant des Léopards au Mexique, la République démocratique du Congo s’offre une journée de liesse nationale. Le gouvernement a décrété ce mercredi 1er avril 2026 chômé et payé sur l’ensemble du territoire. Une décision exceptionnelle pour permettre à tout un peuple de célébrer, dans l’unité et la ferveur, le retour de sa sélection nationale en Coupe du monde, 52 ans après sa dernière participation.

L’information a été relayée par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, sur son compte X. Il a partagé le communiqué officiel du ministère de l’Emploi et du Travail, qui acte cette mesure d’exception.

« Suite à la qualification historique des Léopards de la République démocratique du Congo pour la Coupe du Monde 2026, le Ministère de l’Emploi et Travail informe l’opinion publique que la journée du mercredi 1er avril 2026 est déclarée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national », précise le document.

Une instruction de la Première ministre

Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Selon Patrick Muyaya, elle fait suite à une instruction directe de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Celle-ci a chargé le ministre du Travail de prendre les dispositions nécessaires pour que le peuple congolais puisse célébrer cette victoire « dans l’unité, la ferveur et la fierté nationale ».

Un geste fort, qui traduit l’importance accordée par les plus hautes autorités du pays à cet exploit sportif. Le président Félix Tshisekedi, dont le ministre des Sports Didier Budimbu avait salué l’action la veille, a pleinement soutenu cette initiative.

Un symbole d’unité nationale

La qualification des Léopards a un goût particulier. Elle intervient après des années de désillusions, notamment en 2018 et 2022, où la RDC était passée tout près du sésame. Elle survient aussi dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et politiques.

Offrir une journée de célébration à l’ensemble du pays, c’est permettre à chaque Congolais, où qu’il se trouve, de partager un moment de joie collective. Dans les rues de Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Bukavu, des foules se sont spontanément rassemblées dès l’annonce du résultat. Cette journée fériée officialise et prolonge la liesse populaire.

Une victoire née dans la nuit

Le match décisif, entamé le 31 mars à Guadalajara, s’est prolongé jusqu’aux premières heures du 1er avril, heure congolaise. Un décalage horaire qui donne une dimension presque symbolique à cette date. C’est en effet le 1er avril que le but d’Axel Tuanzebe a définitivement scellé le sort de la rencontre, après 90 minutes intenses et des prolongations haletantes.

Ainsi, le jour férié coïncide avec le moment exact de la qualification. Une coïncidence qui renforce encore le caractère exceptionnel de cette date dans le calendrier national.

52 ans après, la fierté retrouvée

Il aura fallu attendre 52 ans. Depuis la triste campagne de 1974, où le Zaïre (ancien nom du pays) avait perdu ses trois matchs sans marquer le moindre but, la RDC n’avait plus jamais foulé les pelouses d’une Coupe du monde. Des générations de joueurs ont tenté, sans succès, de briser cette malédiction.

Cette génération, celle de Sébastien Desabre, l’a fait. Avec un parcours exceptionnel : élimination du Cameroun, du Nigeria, puis de la Jamaïque. Une campagne de qualification bâtie sur le mental, la solidarité et un collectif soudé.

Une célébration qui dépasse le cadre sportif

En déclarant cette journée chômée et payée, le gouvernement envoie un message clair : cette victoire appartient à tous les Congolais. Elle est un motif de fierté nationale, un moment de réconciliation autour d’un même drapeau.

Dans un pays souvent divisé, souvent meurtri, la liesse populaire qui s’annonce ce mercredi dépasse largement le cadre du football. C’est une parenthèse de joie, un instant d’unité, une respiration collective.

Les rues de Kinshasa ont commencé à se remplir dès les premières heures de la journée. Des bus bondés, des drapeaux flottant par les fenêtres, des groupes de jeunes scandant les noms des héros de Guadalajara. L’ambiance est à la fête, et elle durera jusqu’au bout de la nuit.

Le début d’une nouvelle ère

Cette qualification n’est pas une fin. C’est le début d’une nouvelle ère pour le football congolais. La Coupe du monde, l’été prochain, sera l’occasion de montrer que cette génération n’est pas un feu de paille. Le groupe K, avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan, offre un défi de taille. Mais après avoir dompté le Cameroun, le Nigeria et la Jamaïque, les Léopards ne craignent plus rien.

En attendant, ce 1er avril 2026 restera gravé dans la mémoire collective comme le jour où la RDC a célébré, en grande pompe, son retour sur la scène mondiale. Le jour où un peuple, uni, a dit merci à ses Léopards. Le jour où l’histoire, enfin, a changé de camp.

Procès Balanganayi : nouveaux témoignages et renvoi au 1er avril,

L’instruction de l’affaire qui secoue Kinshasa a continué ce lundi 30 mars devant le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole. Accusé d’avoir frappé une patiente dans une salle d’accouchement, le docteur David Balanganayi a de nouveau répondu aux questions des juges. L’audience, marquée par les témoignages de la direction médicale de l’hôpital de Kinkole, a été renvoyée au mercredi 1er avril. Ce jour-là, la victime, Dorcas Soraya Mulema, aujourd’hui prise en charge par la Première Dame Denise Nyakeru, comparaitra à son tour. Les plaidoiries débuteront également, avant un délibéré très attendu.

L’audience s’est tenue en salle foraine, à l’Esplanade de la maison communale de la Nsele. Les juges ont entendu des témoins clés : le médecin directeur de l’hôpital, le responsable du staff médical et plusieurs experts. L’atmosphère était tendue. Les gradins étaient remplis de femmes venues soutenir la victime et de curieux attirés par cette affaire devenue emblématique de la lutte contre les violences obstétricales.

Deux visions de l’urgence médicale

L’audience a mis en lumière deux interprétations des mêmes faits. Le médecin directeur a rappelé un principe clair : la déontologie interdit d’administrer des coups à une patiente pour la contraindre à recevoir des soins. Cette position fragilise la défense du docteur Balanganayi, qui justifie ses actes par l’urgence et l’absence d’alternative.

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En revanche, le docteur Samy Tessi, responsable du staff médical, a nuancé les faits. Il a expliqué que la victime « avait rendu le travail difficile au personnel durant toutes les phases de l’accouchement et après ». Selon lui, le prévenu a agi par nécessité, car le transfert de la patiente vers un autre établissement aurait pris trop de temps.

Ces deux visions reflètent les tensions au sein de l’hôpital de Kinkole : le respect des règles déontologiques d’un côté, et la réalité des urgences médicales avec des moyens limités de l’autre.

La défense maintient sa ligne

Le docteur Balanganayi a réaffirmé sa thèse. Selon lui, les coups étaient la seule option face à un refus obstiné de la patiente ; sans intervention immédiate, sa vie aurait été en danger. Ses avocats ont demandé des conditions de détention dignes pour leur client, détenu au cachot du parquet de Kinkole depuis plusieurs jours.

Le cœur de la défense reste l’« état de nécessité ». Le ministère public, pour sa part, conteste cette thèse et maintient les accusations de torture, tentative de meurtre et coups et blessures aggravés.

La victime comparaitra mercredi

Le tribunal a renvoyé l’affaire au mercredi 1er avril. Cette audience verra la comparution de Dorcas Soraya Mulema, la victime, ainsi que le début des plaidoiries.

Actuellement prise en charge à l’hôpital Diamant, la jeune femme bénéficie du soutien de la Première Dame Denise Nyakeru. Le ministère public a soutenu le renvoi, rappelant que cette affaire engage aussi la responsabilité de l’institution médicale publique.

Une audience foraine sous haute tension

L’audience foraine a permis à un large public d’assister aux débats. Cependant, elle a également accentué l’émotion autour de l’affaire. La diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux avait déjà provoqué un tollé dans la capitale. L’image d’un médecin frappant une patiente dans une salle d’accouchement a choqué au-delà des frontières de la RDC.

La Première Dame a exprimé son soutien à la victime, soulignant que le dossier touche à la dignité des femmes, à l’éthique médicale et à l’image du pays.

Les attentes des associations féminines

Les associations de défense des droits des femmes ont suivi cette audience avec attention. L’AVIFEM (Agence nationale de lutte contre les violences faites à la femme, à la jeune et petite fille) a rappelé son exigence de « tolérance zéro ».

Pour elles, ce procès est symbolique. Une condamnation du docteur Balanganayi enverrait un signal fort : les violences obstétricales ne sont plus acceptables. À l’inverse, une relaxe pourrait être perçue comme un encouragement à la brutalité.

Mercredi 1er avril, Dorcas Soraya Mulema viendra témoigner. Sa parole confrontée à celle du prévenu pourrait faire basculer le procès. Les avocats plaideront tour à tour : la défense soulignant la nécessité médicale, l’accusation dénonçant un acte de torture.

Le juge devra trancher entre deux récits : un médecin pris dans une urgence vitale ou un homme ayant frappé une femme vulnérable.

Quel que soit le verdict, cette affaire marque déjà un tournant. Elle rappelle que la salle d’accouchement doit rester un lieu de vie, de soin et de respect, jamais de violence.

Le procès du médecin accusé de violences sur une patiente se poursuit sous haute tension

L’affaire qui choque la République démocratique du Congo entre dans une phase décisive. Ce lundi 30 mars 2026, la deuxième audience du procès en flagrance du docteur David Balanganayi Kayembe se tient au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole. L’audience se déroule en salle foraine, à l’Esplanade de la maison communale de la Nsele. Accusé de violences sur une patiente dans une salle d’accouchement, le médecin fait face à la justice. De nombreuses femmes défenseuses des droits humains sont venues soutenir la victime et réclamer des sanctions exemplaires.

La vidéo de l’incident, devenue virale sur les réseaux sociaux, a provoqué une onde d’indignation dans tout le pays. À cette audience, les débats ont porté sur les auditions des responsables de l’hôpital général de référence de Kinkole. Ils ont témoigné des circonstances du drame et des pratiques médicales en situation d’urgence.

La direction de l’hôpital témoigne

Le docteur Samy Tessi, médecin chef de staff, a livré un témoignage détaillé. Il a rappelé les conditions difficiles de l’accouchement. Selon lui : « Cette accouchée a mis le personnel médical à rude épreuve pendant et après le travail. »

Face à une urgence – une hémorragie post-partum laissant à peine deux heures de survie à la patiente – l’équipe a suivi la procédure standard. « L’équipe doit obtenir le consentement éclairé de la patiente. Dans ce cas, avec des déchirures importantes, l’idéal était d’agir rapidement pour arrêter l’hémorragie », a expliqué le médecin.

Mais que faire si la patiente refuse toute intervention ? Le docteur Tessi mentionne deux alternatives : solliciter l’aide d’un proche influent ou envisager un transfert vers un autre établissement. Il conclut : « Notre médecin a fait de son mieux pour sauver la vie de la patiente dans une situation critique. »

La défense : une pratique médicale légale

Le docteur Balanganayi, déjà détenu au parquet de Kinkole, a été entendu à son tour. Il a réaffirmé que ses gestes étaient conformes à la pratique médicale.

« L’administration de stimulations physiques, dans le jargon médical, est légale. On le fait pour les nouveau-nés. Si cela sauve la vie d’un bébé, pourquoi pas celle d’une adulte ? » a-t-il soutenu.

Selon lui, les contraintes physiques relevaient d’un « état de nécessité ». La vie de la patiente était en danger et aucune autre option n’était possible.

Le ministère public conteste cette thèse. Il maintient les accusations de torture, tentative de meurtre et coups et blessures aggravés.

Les associations féminines mobilisées

Le procès attire une grande affluence. Plusieurs dizaines de femmes, membres d’associations de défense des droits humains, assistent aux débats. L’AVIFEM (Agence nationale de lutte contre les violences faites à la femme, à la jeune et petite fille) est particulièrement présente.

Mathy Matshingi Sheshi, directrice provinciale, explique : « Nous sommes dans la campagne Tolérance Zéro contre les auteurs de tels crimes. Nous suivons l’évolution du procès pour voir comment les responsabilités seront établies. »

Elle insiste : « Ce n’est pas seulement l’affaire du docteur Balanganayi. Il faut examiner toute la chaîne de responsabilité, y compris la diffusion de la vidéo. »

La directrice se dit rassurée par l’état de santé de la victime mais réclame une sanction exemplaire.

Un procès sous haute tension

La première audience avait permis l’identification du prévenu et la présentation des chefs d’accusation. Cette deuxième audience marque un tournant avec l’audition des témoins et le début des débats sur le fond.

Le tribunal, installé en audience foraine pour accueillir un large public, gère l’afflux de spectateurs. Les avocats de la défense et les représentants du ministère public s’opposent sur la qualification des faits.

La défense argue d’un contexte d’urgence et d’une absence d’intention criminelle. Pour elle, le médecin a agi dans un dilemme tragique, ses gestes visant à sauver une vie.

L’accusation, en revanche, dénonce un acte de violence inacceptable dans une salle d’accouchement. Selon elle, l’état de nécessité ne justifie pas les coups.

Une affaire symbolique

Au-delà du cas individuel, ce procès revêt une portée symbolique. Il met en lumière les violences obstétricales encore trop fréquentes. La vidéo virale rappelle la brutalité de certains gestes médicaux et le manque de consentement éclairé.

Les associations féminines voient une opportunité de poser des limites. « Tolérance zéro », répète l’AVIFEM. Une condamnation du docteur enverrait un signal fort au corps médical. À l’inverse, une relaxe pourrait être perçue comme un blanc-seing à des pratiques jugées archaïques.

La suite du procès

D’autres témoins doivent encore être entendus, notamment les membres de l’équipe médicale présents lors de l’accouchement. Le tribunal examinera également le rôle de la personne ayant diffusé la vidéo. La question est délicate : droit à l’information ou respect de la vie privée ?

Pour la famille et les associations, l’attente est grande. La justice devra déterminer si les actes du docteur étaient une pratique médicale ou s’ils constituent les crimes reprochés.

Quelle que soit la décision, ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences obstétricales en République démocratique du Congo.

Lubumbashi : 59 présumés criminels arrêtés lors d’un vaste bouclage à Kampemba

L’étau se resserre sur les fauteurs de troubles à Lubumbashi. En effet, ce mercredi 25 mars 2026, une vaste opération a été menée au quartier Cité des jeunes, dans la commune de Kampemba. Elle a permis d’interpeller 59 présumés malfrats, dont deux femmes. La Police nationale congolaise (PNC), appuyée par les FARDC et d’autres services, a conduit cette action. Ainsi, les autorités renforcent la lutte contre l’insécurité urbaine dans le Haut-Katanga.

Sur le terrain, le commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba a dirigé l’opération. Les équipes ont ciblé plusieurs domiciles suspectés d’abriter des criminels. Selon la police, les personnes arrêtées seraient impliquées dans des vols, des extorsions et des agressions. De plus, certaines auraient commis des violences contre des jeunes filles et des femmes.

« Les résultats obtenus constituent une avancée importante »

Le général Blaise Kilimbalimba s’est félicité du déroulement de l’opération. Il a salué l’engagement des forces de sécurité. Par ailleurs, il a rappelé que ces actions suivent les instructions du gouverneur intérimaire Martin Kazembe, actuellement en mission à Kikwit.

« Nous avons lancé des bouclages ciblés pour traquer les malfrats jusque dans leurs domiciles. Ainsi, les résultats obtenus aujourd’hui constituent une avancée importante dans la prévention de l’insécurité », a-t-il déclaré.

Ensuite, le chef de la police provinciale a annoncé la poursuite des opérations. Sa position reste claire : « Ce n’est qu’un début. Les opérations vont se poursuivre jusqu’à ce que les criminels quittent la ville. »

Police et armée, une complémentarité affirmée

L’opération de Kampemba illustre une meilleure coordination entre la police et l’armée. En effet, les FARDC mènent des ratissages dans les zones reculées. Pendant ce temps, la police sécurise les centres urbains.

Cette stratégie commence à produire des résultats. Deux jours plus tôt, le lundi 23 mars, les forces de sécurité ont interpellé 28 autres présumés criminels au pont Kalebuka. Cette intervention s’inscrivait dans le cadre de l’opération Ndobo.

Une réponse à l’insécurité ressentie

Ces interpellations répondent à une forte inquiétude des habitants de Lubumbashi. En effet, les vols à main armée et les agressions se multiplient. Par conséquent, le sentiment d’insécurité a fortement augmenté ces derniers mois.

Pour inverser cette tendance, les autorités intensifient les patrouilles et les bouclages ciblés. Ainsi, l’opération de Kampemba envoie un signal clair. L’État veut reprendre le contrôle des zones les plus touchées.

Le défi du suivi judiciaire

Cependant, une question demeure : ces opérations auront-elles un effet durable ? Dans le passé, plusieurs interpellations massives n’ont pas abouti. Des procédures mal préparées ou des libérations rapides ont souvent affaibli leur impact.

Le général Kilimbalimba a lui-même évoqué ce défi. Il distingue les délinquants locaux des réseaux plus organisés. Or, arrêter les exécutants ne suffit pas. Il faut aussi démanteler les filières et identifier les commanditaires.

Désormais, la justice devra prendre le relais. Les 59 personnes arrêtées seront présentées devant les tribunaux. Des poursuites solides et des sanctions claires enverraient un message fort contre l’impunité.

Une mobilisation à confirmer

Pour l’instant, les habitants de Kampemba saluent ces interpellations. Toutefois, ils attendent des résultats durables. La question reste simple : cette mobilisation va-t-elle se maintenir ?

Le commissaire Kilimbalimba se veut rassurant. Selon lui, les opérations vont continuer. L’objectif reste ambitieux : pousser les criminels à quitter la ville.

Cependant, atteindre ce résultat demandera plus que des arrestations. Il faudra des moyens, mais aussi une coopération étroite entre la police, la justice et la population.

En attendant, Lubumbashi a connu un coup de filet important. Pour les 59 suspects, une nouvelle étape commence. Pour les habitants, un répit semble possible. Néanmoins, la lutte contre l’insécurité reste un combat de longue durée.

Tanganyika : 62 000 âmes retrouvent l’eau potable grâce à un projet Rawbank-UNICEF

Dans le territoire de Kalemie, au Tanganyika, un long calvaire touche à sa fin. Depuis une semaine, environ 62 000 habitants des villages de Kasambondo, Kateba, Taba Congo et des localités environnantes ont retrouvé l’accès à l’eau potable. Grâce à un projet d’adduction d’eau financé par Rawbank à hauteur de 108 000 dollars et mis en œuvre par l’UNICEF avec l’appui de l’Office national d’hydraulique rurale (ONHR), 11 forages viennent de sortir de terre. Une infrastructure qui met fin à des années de souffrance et de risques sanitaires.

Le projet, sobre dans son financement mais immense dans son impact, a été conçu avec un objectif précis : la prévention des épidémies, et en particulier du choléra. Dans cette région où les maladies hydriques font des ravages, l’accès à une eau salubre est une question de survie.

L’infrastructure déployée est impressionnante pour un projet de cette envergure locale. Un réseau de 7 kilomètres de canalisations alimente un réservoir de stockage de 40 mètres cubes, construit en béton armé. L’eau, pompée à partir d’un centre de captage, est ensuite distribuée à travers une dizaine de bornes-fontaines implantées stratégiquement dans les villages desservis.

Un hôpital et un couvent aussi desservis

L’initiative ne bénéficie pas seulement aux communautés locales. L’hôpital public de la zone et un couvent de sœurs catholiques situé à proximité sont également raccordés au réseau. Une attention particulière qui montre la volonté de couvrir les infrastructures essentielles à la santé et à la vie sociale.

Pour les habitants de Kasambondo, ce retour de l’eau potable est une libération. Ruth Bahati, ménagère dans le village, résume le soulagement général : « Nous remercions l’UNICEF et Rawbank de nous avoir facilité l’accès à l’eau potable. L’eau qu’on buvait et qu’on se lavait nous faisait des démangeaisons sur le corps. Avec cette eau, nous étions exposés à diverses maladies hydriques voire la typhoïde. »

Son témoignage dit l’essentiel : avant ce projet, l’eau consommée n’était pas seulement de mauvaise qualité, elle était dangereuse. Démangeaisons, typhoïde, choléra : tout un cortège de souffrances évitables que cette infrastructure vient chasser.

La leçon d’un échec précédent

Ce projet n’est pas le premier du genre dans la région. Un réseau d’adduction d’eau avait déjà été construit en 2020 par l’USAID. Mais il était tombé en panne seulement deux ans après son lancement. Les populations, privées à nouveau d’eau potable, avaient replongé dans les maladies hydriques.

L’ONHR, qui appuie le projet, a bien conscience de cet enjeu de durabilité. Freddy Kenge, responsable provincial de l’Office, a lancé un appel aux bénéficiaires : « Nous demandons aux bénéficiaires de gérer ce réseau d’eau potable comme leur propre bien. »

Un message qui résume le défi à venir. Construire des forages est une chose. Former les communautés à les entretenir, organiser une gestion locale responsable, prévoir les pièces de rechange : c’est à ce prix que l’infrastructure durera au-delà des quelques années de garantie.

Un modèle de partenariat

Ce projet illustre ce que peut produire une synergie entre financement privé, expertise technique internationale et ancrage local. Rawbank, banque congolaise engagée dans le développement, a apporté les fonds. L’UNICEF, avec sa maîtrise des programmes d’eau et d’assainissement, a assuré la mise en œuvre. L’ONHR, en tant qu’acteur public, garantit l’ancrage institutionnel et le suivi.

Pour les 62 000 bénéficiaires, les considérations institutionnelles importent peu. Ce qui compte, c’est que désormais, à quelques pas de chez eux, une borne-fontaine délivre une eau claire, saine, qui ne fait plus peur. C’est que les enfants peuvent boire sans risque. C’est que l’hôpital peut fonctionner sans craindre la contamination.

Ruth Bahati a dit merci. Les communautés de Kasambondo, Kateba et Taba Congo aussi. Reste à faire en sorte que ce « merci » ne soit pas oublié dans quelques années, quand viendra le temps de l’entretien. Car après des années de pénurie, ces 62 000 âmes savent mieux que personne la valeur de l’eau qui coule au robinet. Et le prix de sa disparition.

l’opposition dénonce une « répression » à Ngaba et réclame la libération de ses militants

Une nouvelle flambée de tension a secoué Kinshasa ce mardi 24 mars 2026. Au rond-point Ngaba, une opération policière a dispersé des militants de la coalition d’opposition Lamuka et du parti AddCongo. Selon ces formations, une vingtaine de jeunes ont été arrêtés et plusieurs blessés alors qu’ils menaient une action de sensibilisation contre un éventuel changement constitutionnel. L’opposition crie à la répression et dénonce un traitement de faveur réservé aux meetings de la majorité.

La scène s’est déroulée en début de matinée. Des militants de Lamuka et d’AddCongo s’étaient rassemblés au rond-point Ngaba pour une campagne de sensibilisation. Leurs thèmes : le dialogue national inclusif et le rejet de toute modification de la Constitution.

Selon la coalition d’opposition, l’information de cette action avait été transmise au gouverneur de Kinshasa depuis une semaine, par l’intermédiaire du parti Ecidé. L’organisation estimait donc avoir rempli toutes les formalités.

Pourtant, vers 10 heures, la police nationale congolaise (PNC) est intervenue. Les premiers récits font état de charges violentes, de tabassages, d’interpellations massives.

Des blessés et des détenus au cachot

Le bilan dressé par l’opposition est alarmant. Prince Epenge, cadre de Lamuka, a détaillé les chiffres devant la presse : « 20 jeunes de Lamuka arrêtés, plus de 7 membres blessés. »

Parmi les interpellés figure Martin Balela, président de la jeunesse d’AddCongo. Selon Lamuka, il se trouve actuellement au cachot de Matete, en compagnie d’une dizaine d’autres militants. Plus grave encore : des blessés seraient également détenus, sans avoir reçu de soins.

« Il est 14 heures passée, la police retient même les blessés ce matin », a dénoncé Prince Epenge, visiblement exaspéré.

Une action autorisée ? Le bras de fer des versions

Lamuka affirme avoir respecté la procédure. Le parti Ecidé, membre de la coalition, aurait transmis la déclaration d’activité aux autorités urbaines. Les militants, selon l’opposition, ne faisaient que « mobiliser la population en faveur du dialogue national, sensibiliser les Congolais pour dire non au troisième mandat de Félix Antoine Tshisekedi et au changement de la Constitution ».

Le porte-parole de Lamuka insiste sur le caractère pacifique de l’action : « Ils n’ont rien fait de mal. »

Face à ces accusations, aucune réaction officielle des autorités n’avait été rendue publique en fin de journée.

Le « deux poids deux mesures » dénoncé

Ce qui exaspère l’opposition, c’est ce qu’elle perçoit comme une inégalité de traitement. Car, soulignent les cadres de Lamuka, les manifestations de la majorité ne subissent pas le même sort.

« Chaque semaine à Kinshasa, le parti au pouvoir, l’UDPS, organise des meetings pour le changement de la Constitution. Plusieurs cadres de l’Union sacrée dont Didier Budimbu à Matete et Peter Kazadi à Tshangu », a rappelé Prince Epenge.

Et d’ajouter, amer : « Quand l’opposition organise même toute petite activité pour dire non au changement de la Constitution et au troisième mandat de Félix Antoine Tshisekedi, on envoie la police pour réprimer. Nous condamnons ce deux poids deux mesures. »

Un contexte politique sous tension

Cet incident ne surgit pas de nulle part. Il intervient dans un climat politique déjà très chargé. La question d’une éventuelle révision constitutionnelle divise profondément la scène politique congolaise.

L’opposition, regroupée au sein de Lamuka et d’autres formations, craint que ce chantier ne cache un projet de modification de la limitation des mandats présidentiels, permettant à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. La majorité, elle, assure vouloir simplement « moderniser » une Constitution vieille de vingt ans.

Les dernières semaines ont vu se multiplier les déclarations, les prises de position, et désormais, les actions de rue. Dans ce contexte, le rond-point Ngaba n’est pas un lieu anodin. Symbole de la mobilisation citoyenne à Kinshasa, il est régulièrement investi par les mouvements politiques et sociaux.

Lamuka promet de continuer

Malgré la répression dénoncée, Lamuka affirme ne pas vouloir baisser le ton. La coalition maintient sa campagne : « Oui au dialogue, non au changement de la Constitution. »

Pour l’opposition, la priorité n’est pas là. « Il faut mettre fin à l’insécurité au Bandundu, à l’Ituri et au Kivu, payer les fonctionnaires, arrêter les braquages », énumère Prince Epenge. Sa conclusion est un slogan qui résume leur position : « Les hommes doivent changer, et non la Constitution. »

L’incident de Ngaba pourrait marquer un tournant dans la mobilisation de l’opposition. La libération immédiate des détenus est exigée. En attendant, les blessés sont toujours au cachot, et les familles des interpellés attendent, inquiètes, des nouvelles.

Dans les heures qui viennent, le gouvernement devra répondre de cette opération. La suite dira si l’opposition obtiendra gain de cause, ou si ce mardi 24 mars restera comme une nouvelle date dans la chronique des tensions entre pouvoir et opposition à Kinshasa.

Kindu bientôt reliée à Dar-es-Salam : le vol direct qui va transformer l’économie du Maniema

C’est une nouvelle qui fait souffler un vent d’espoir sur la province du Maniema. La Tanzanie a donné son feu vert pour l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Dar-es-Salam et Kindu, le chef-lieu provincial. Une décision qui, pour les opérateurs économiques locaux, sonne comme une révolution logistique. Fin du calvaire des transits forcés par Goma, baisse des coûts, exportations accélérées : le Maniema s’apprête à entrer dans une nouvelle ère économique.

L’annonce, faite en fin de semaine dernière par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) section Maniema, n’est pas passée inaperçue dans les milieux d’affaires de la région. Elle est le fruit d’une mission économique conjointe entre le gouvernement provincial et les opérateurs économiques locaux en Tanzanie. Un travail de longue haleine qui porte enfin ses fruits.

Selon Bolangi Mulamba Albert, premier vice-président de la FEC-Maniema, le dossier est aujourd’hui « à un stade très avancé ». Il ne manque plus que l’aval technique des services d’aviation pour que le projet devienne réalité.

La fin du calvaire des commerçants

Pour les commerçants de Kindu, l’actuelle situation logistique relève du parcours du combattant. Toute marchandise importée doit transiter par Goma, à des centaines de kilomètres au nord, avec son lot de ruptures de charge, de coûts supplémentaires et de délais imprévisibles.

Avec cette nouvelle ligne directe, le tableau change radicalement :

  • Achat direct : les commerçants pourront s’approvisionner directement à Dar-es-Salam, l’un des grands ports de l’océan Indien.

  • Transit supprimé : fin des ruptures de charge à Goma et des intermédiaires qui grèvent les marges.

  • Prix à la baisse : la simplification logistique devrait mécaniquement réduire les coûts de revient des marchandises, avec des répercussions positives pour les consommateurs locaux.

Une bouffée d’oxygène pour une province enclavée qui paie souvent très cher son isolement.

Le secteur minier en première ligne

Les opérateurs miniers du Maniema sont sans doute les plus grands bénéficiaires de cette avancée. La province regorge de ressources minières, mais leur exportation s’apparente aujourd’hui à un parcours semé d’embûches.

Amisi Hashimu, secrétaire et conseiller juridique de la chambre des Mines de la FEC, donne un chiffre qui en dit long : l’exportation des minerais via Kalemie, l’actuel point de sortie, prend entre six et sept mois.

« Pouvoir transporter les minerais directement de Kindu vers Dar-es-Salam est une excellente nouvelle pour nous. Nous souhaitons que ce projet se concrétise dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

Avec une liaison directe, les conteneurs de coltan, d’or ou d’autres minerais précieux pourront gagner le port tanzanien en quelques heures au lieu de plusieurs mois. Un gain de temps considérable qui améliore la compétitivité des produits congolais sur les marchés internationaux.

Le désenclavement, clé du développement

Au-delà des avantages économiques immédiats, c’est toute la stratégie de désenclavement du Maniema qui se concrétise avec cette ligne aérienne. Longtemps considérée comme une province isolée, difficile d’accès, Kindu devient désormais une porte d’entrée et de sortie vers l’océan Indien.

Pour les autorités provinciales, cette ouverture est un levier majeur pour attirer les investisseurs et dynamiser une économie locale qui tourne encore trop souvent au ralenti.

Reste à franchir la dernière étape : l’aval technique des services d’aviation tanzaniens et congolais. Mais les acteurs économiques du Maniema n’ont jamais été aussi proches du but. Après des années de frustration logistique, ils tiennent enfin la promesse d’une connexion directe avec l’un des hubs portuaires les plus importants d’Afrique de l’Est.

Pour les commerçants de Kindu, pour les mineurs qui extraient les richesses du sous-sol, pour les familles qui espèrent voir baisser le prix du riz et des produits de première nécessité, cette ligne aérienne n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et elle est désormais à portée d’aile.

330 000 m³ d’eau potable par jour, le défi relevé de la station de l’Ozone

C’est une bouffée d’oxygène pour des millions de Kinois. Ce mercredi 18 mars 2026, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a inauguré les modules 2 et 3 du complexe industriel de traitement d’eau de l’Ozone, dans la commune de Ngaliema. Un projet d’envergure qui propulse la production quotidienne de la capitale à 330 000 m³ et améliore concrètement le quotidien de près de six millions d’habitants.

Sur les hauteurs de Ngaliema, les installations flambant neuves de la station de l’Ozone tournent désormais à plein régime. Le complexe, l’un des piliers de l’alimentation en eau de Kinshasa, vient de franchir un cap technique majeur avec la mise en service de deux unités supplémentaires.

Le ministre Aimé Sakombi Molendo a présidé la cérémonie avec la satisfaction de ceux qui livrent un projet attendu. Devant les ingénieurs de la REGIDESO et les représentants de la Banque mondiale, partenaire financier du projet, il a salué une « étape stratégique pour la santé et le bien-être des Kinois ».

Treize communes enfin soulagées

Derrière les chiffres techniques se cache une réalité humaine concrète. L’extension de la station de l’Ozone ne se mesure pas seulement en mètres cubes, mais en vies transformées.

Avec cette nouvelle capacité, ce sont précisément treize communes de la capitale qui voient leur approvisionnement sécurisé. De Ngaliema à Kimbanseke, en passant par Kintambo, Selembao, Mont-Ngafula, Bandalungwa, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu, Makala, Kalamu, Masina et Ndjili, le réseau gagne en stabilité.

Pour les familles, la promesse est simple et essentielle : moins de coupures, une eau de meilleure qualité, et la fin des longues corvées pour s’approvisionner. Dans une ville de plus de 15 millions d’habitants où l’accès à l’eau potable a longtemps relevé du parcours du combattant, l’amélioration est majeure.

Un financement international au service du quotidien

Ce projet n’aurait pas vu le jour sans un appui financier solide. La Banque mondiale a accompagné la réalisation de ces travaux, confiés à la CEP-O (Cellule des projets eau et assainissement) pour le compte de la REGIDESO S.A.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : moderniser en profondeur les infrastructures hydrauliques d’une capitale tentaculaire, dont la croissance démographique met sous pression constante les réseaux existants.

En portant la capacité de production à 330 000 m³ par jour, Kinshasa fait un pas décisif vers la sécurisation de son approvisionnement. La ville se dote d’infrastructures à la hauteur de son statut de mégalopole africaine, capable de répondre aux besoins essentiels de ses habitants.

Reste désormais à entretenir ce réseau, à étendre les branchements domestiques, et à poursuivre la lutte contre les fuites et les branchements sauvages qui grèvent le système. Mais pour aujourd’hui, les Kinois des treize communes concernées peuvent ouvrir leur robinet avec un peu plus de certitude. L’eau coule, plus abondante et plus propre. C’est ça, la promesse tenue.

Drame à Kakanda : Neuf creuseurs meurent dans un boulement, la Mine Artisanale Congolaise en Deuil

Mercredi 11 mars 2026, Kakanda. Dans le territoire de Lubudi, au cœur de la province du Lualaba, la terre a tremblé. Pas sous l’effet d’une secousse sismique, mais sous le poids d’une tragédie annoncée. À la carrière de Safi, nichée dans la concession de Boss Mining, un éboulement vient d’engloutir neuf vies. Neuf creuseurs, neuf pères de famille, neuf artisans d’une industrie qui fait la richesse du pays mais qui tue ses enfants dans l’indifférence des galeries.

L’information, confirmée ce jeudi par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale (SAEMAPE) à la radio onusienne, a plongé la région dans le silence lourd de la désolation. Encore une fois, le Lualaba, cette province aux entrailles d’or et de cuivre, ajoute un chapitre funeste à la longue litanie des accidents miniers.

Un Périmètre de Non-Droit

Ce drame n’est pas un accident. C’est l’aboutissement logique d’un système où l’urgence de survivre prime sur les règles les plus élémentaires de sécurité. La carrière de Safi, comme des centaines d’autres sites artisanaux à travers le pays, est un concentré de vulnérabilités. Des parois non consolidées, des techniques d’excavation approximatives, une absence criante d’équipements de protection : le décor était planté pour que la mort frappe.

Les témoignages rapportent un glissement de terrain soudain, sans avertissement. Les neuf creuseurs, courbés sous le poids de leur labeur, ont été piégés par une terre qui, en une fraction de seconde, est passée de pourvoyeuse de vie à tombeau collectif.

Chaque Vie Est Évitable

Face à ce constat d’échec, les experts du secteur minier ne décolèrent pas. « Chaque perte humaine dans ces conditions est évitable », martèle un spécialiste de la sécurité minière joint sur place. Le discours est rageur, mais les solutions sont connues. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais d’appliquer les fondamentaux.

Le cahier de doléances est pourtant clair : il faut imposer des contrôles stricts sur les méthodes d’excavation pour éviter les sapements dangereux. Il faut rendre obligatoire le port d’équipements de base, comme les casques et les bottes, et surtout, il faut former, former et former encore ces milliers d’hommes et de femmes qui descendent chaque jour dans ces gouffres sans filet.

Le Prix du Cobalt

L’exploitation minière artisanale est un pilier économique vital en RDC. Elle fait vivre des millions de personnes et alimente une chaîne d’approvisionnement mondiale avide de cobalt, de cuivre et d’or. Mais ce pilier repose sur des fondations de terre battue.

Chaque éboulement, chaque noyade dans une carrière inondée, chaque inhalation de poussière toxique est un rappel brutal du coût humain exorbitant de cette richesse. Tant que la rentabilité à court terme primera sur la sécurité des hommes, les périmètres miniers resteront des champs de mines.

Les autorités provinciales et nationales, tout comme les entreprises minières qui concèdent ces terrains, sont aujourd’hui mises face à leurs responsabilités. Il ne s’agit plus seulement de pleurer les morts, mais de bâtir un système où le droit à la vie ne s’arrête pas à l’entrée de la mine. À Kakanda, neuf familles attendent désormais que l’on rende justice à leurs disparus. Le reste du pays, lui, attend que l’on empêche que cela se reproduise.

L’Année de toutes les horreurs – L’ONU compte 18 000 victimes et dénonce l’emprise du M23

Jeudi 12 mars 2026, Kinshasa. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les négociations diplomatiques pour un échange de prisonniers, un autre document, autrement plus glaçant, était rendu public dans la capitale congolaise. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a dévoilé son rapport annuel, et les chiffres qu’il contient ont la froideur implacable de la tragédie. Ils racontent une année 2025 de basculement, où l’horreur a méthodiquement gagné du terrain, laissant derrière elle un tapis de 18 000 vies brisées.

Jamais, depuis des années, le pays n’avait connu une telle déflagration. Le rapport est formel : les violations des droits de l’homme ont bondi de 24 % par rapport à 2024. Un saut statistique qui n’est pas un accident de calcul, mais le reflet direct de la détérioration sécuritaire, principalement à l’Est. Le document détaille avec précision la mécanique de l’effroi : 6 169 cas documentés, mais surtout, 18 000 victimes. Derrière ce nombre, il y a des hommes, et de manière disproportionnée, des femmes (2 806) et des enfants (1 394), premières victimes des violences aveugles et des exactions ciblées.

Le M23, Épicentre de la Violence

Le rapport des Nations unies ne se contente pas de chiffrer l’horreur, il la nomme et l’assigne à responsabilité. Sans surprise, mais avec une gravité accrue, le document met en lumière le rôle prépondérant des groupes armés, auteurs de 71 % des violations. Et au sommet de cette pyramide de souffrance trône le mouvement AFC/M23.

Soutenu par l’armée rwandaise, le M23 est cité comme le principal auteur des exactions. Le rapport souligne que la prise fulgurante des villes stratégiques de Goma et Bukavu, ainsi que de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a agi comme un détonateur. La conquête territoriale s’est accompagnée d’un cortège de violences contre les populations civiles, prises en étau entre l’avancée rebelle et les ripostes.

Face à cette insurrection, les agents de l’État ne sortent pas indemnes du rapport. Ils sont impliqués dans 28 % des cas documentés. Si le bourreau principal est rebelle, les exactions commises par les forces gouvernementales ternissent également le tableau, complexifiant la lecture d’un conflit où la protection des civils est devenue la variable d’ajustement.

L’Arme du Viol : Une Hausse Vertigineuse

Parmi les tendances lourdes de ce rapport, une alerte rouge clignote avec insistance : celle des violences sexuelles liées au conflit. Le BCNUDH documente une augmentation effrayante de 59 %, avec 1 479 victimes recensées.

Ce chiffre est bien plus qu’une statistique. Il est la preuve que le viol, dans ce conflit, est devenu une arme de guerre systématique, un outil de terreur, de destruction des communautés et d’humiliation collective. Il témoigne d’une barbarie qui ne connaît pas de trêve et qui vise au cœur les femmes et les filles de l’Est, transformant leurs corps en champs de bataille.

L’Ombre Portée sur Kinshasa : L’Étranglement Civique

Mais le tableau apocalyptique dressé par l’ONU ne se limite pas aux seules zones de combat. Le rapport met en garde contre une autre dérive, plus silencieuse mais tout aussi destructrice pour l’État de droit : le rétrécissement de l’espace civique.

À Kinshasa et ailleurs, les défenseurs des droits humains, les journalistes et certains membres de l’opposition sont soumis à des pressions accrues. L’institution pointée du doigt est le Conseil national de cyberdéfense. Selon le BCNUDH, cet organe serait responsable d’arrestations et de détentions illégales visant des centaines de personnes.

Le rapport dénonce des privations arbitraires de liberté, aggravées par l’isolement total des détenus, coupés du monde et privés d’accès à leurs proches comme à leurs avocats. Un vide juridique et humain qui transforme la détention en disparition temporaire, alimentant un climat de peur et d’autocensure.

Alors que le gouvernement tente de gérer la crise militaire à l’Est, ce rapport du BCNUDH dresse le portrait d’un pays à la dérive humanitaire. Il juxtapose deux drames : celui des populations de l’Est, livrées aux violences des groupes armés, et celui des voix citoyennes de l’Ouest, progressivement étouffées. En 2025, la RDC n’a pas seulement subi une guerre ; elle a vu ses fondements humains et démocratiques s’effriter un peu plus chaque jour.

Kinshasa identifie ses étrangers : la carte de résidence biométrique devient obligatoire

Kinshasa, 12 mars 2026 – C’est une petite révolution administrative qui s’amorce dans la capitale congolaise. Ce mercredi, dans le cadre solennel de l’Hôtel de ville, le gouvernement provincial de Kinshasa a donné le coup d’envoi d’une opération d’envergure : la délivrance des cartes de résidence destinées à tous les étrangers vivant sur le sol kinois. Un tournant dans la gestion migratoire et sécuritaire de la mégalopole africaine.

Derrière cette initiative, trois objectifs affichés par les autorités provinciales : mieux identifier les ressortissants étrangers, renforcer la sécurité publique et, enfin, améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Une manière de répondre à la fois aux défis urbains chroniques de la capitale et aux enjeux de contrôle d’une population étrangère dont le nombre exact reste, à ce jour, une inconnue statistique.

Sécurité et traçabilité : les promesses du biométrique

Présent à la cérémonie de lancement, le ministre provincial de la Sécurité publique, Jeannot Canon Larose, a détaillé les ambitions de ce nouveau dispositif. « Cette carte biométrique sécurisée permettra notamment de lutter contre l’immigration clandestine et de faciliter le suivi administratif des étrangers installés dans la capitale », a-t-il expliqué, insistant sur la dimension technologique du projet.

Car il ne s’agit pas d’un simple bout de papier. La nouvelle carte intègre des données biométriques qui rendent toute falsification extrêmement difficile. Un outil précieux pour les services de migration et de police, qui pourront désormais vérifier en un clin d’œil la régularité du séjour de toute personne étrangère croisée dans les rues de Kinshasa. Fini le temps des documents approximatifs et des statuts flous : l’ère de la traçabilité numérique commence.

Un coût variable selon les catégories

Mais cette modernisation a un prix. Et il varie. Les droits d’octroi de la carte, valable pour une durée de deux ans, oscillent entre 50 et 250 dollars américains. Une fourchette large qui s’explique par un système de catégorisation des demandeurs : étudiants, travailleurs, investisseurs, diplomates… Chaque statut correspond à un tarif spécifique, censé refléter la capacité contributive de chacun.

Reste à savoir comment cette mesure sera accueillie par la communauté étrangère, déjà confrontée aux multiples tracasseries administratives qui jalonnent le quotidien kinois. Pour les autorités, l’argument est simple : en échange de cette contribution, les étrangers obtiendront un titre de séjour officiel, reconnu et sécurisé, qui facilitera leurs démarches et attestera de leur situation régulière.

Des recettes supplémentaires pour une ville en quête de moyens

Car l’aspect financier n’est évidemment pas anodin. Le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, ne s’en cache pas : cette nouvelle carte de résidence doit aussi remplir les caisses de la province. « La mesure contribuera à accroître les ressources financières de la ville afin de faire face aux nombreux défis urbains », a-t-il souligné, évoquant sans les détailler les besoins criants d’une capitale aux infrastructures souvent défaillantes.

Pour garantir la fiabilité du système, l’exécution technique a été confiée à un partenaire privé, la société Hologram Identification Services. L’entreprise mettra en place un système numérique sécurisé permettant l’enregistrement des données et leur vérification électronique instantanée. Un gage de sérieux, espèrent les autorités, pour éviter les dysfonctionnements qui ont parfois entaché ce type d’opérations par le passé.

Ce mercredi 11 mars 2026, Kinshasa a donc franchi un pas décisif vers une gestion plus moderne et plus stricte de sa population étrangère. Reste à savoir si cette carte, présentée comme un outil de sécurité et de développement, parviendra à concilier contrôle administratif et respect des droits, dans une ville où cohabitent des milliers de ressortissants venus des quatre coins du continent et du monde.

Beni : l’aéroport vital de Mavivi dévoré par les flammes, un coup dur pour tout le Nord-Kivu

Beni, 11 mars 2026 – Une colonne de fumée noire et menaçante s’est élevée ce mercredi dans le ciel de Beni. Elle provenait de l’aéroport de Beni-Mavivi, une infrastructure vitale de la région, frappée par un incendie d’une rare violence.

Ce qui devait être une journée ordinaire s’est transformé en désastre. Les flammes ont commencé dans un restaurant situé à l’intérieur de l’aéroport. Rapidement, elles se sont propagées de bâtiment en bâtiment, alimentées par le vent et la malchance, créant un feu incontrôlable.

Destruction et chaos sur place

Josué Kapisa, chef de base, dresse un premier bilan catastrophique : « La salle d’honneur, la salle d’attente et plusieurs autres infrastructures ont été complètement détruites. » Les tôles sont tordues par la chaleur, les murs noircis. Ce qui était hier un lieu de passage et d’espoir n’est plus qu’un squelette calciné.

Sur le terrain, les pompiers et les services de secours luttent sans relâche pour circonscrire les foyers résiduels. Leur objectif est double : maîtriser le feu pour éviter que le désastre ne s’étende et évaluer l’étendue des dégâts. Pour l’instant, les autorités locales n’ont pas communiqué sur d’éventuelles victimes.

Une tragédie économique et logistique

L’aéroport de Beni-Mavivi n’est pas une infrastructure comme les autres. Il constitue le poumon de la province, déjà fragilisée par l’insécurité et les crises sanitaires. Par ses pistes atterrissent vivres, médicaments et marchandises. Par ses portes transitent voyageurs, acteurs humanitaires et forces de maintien de la paix.

Voir la salle d’honneur et la salle d’attente réduites en cendres, c’est couper ce cordon vital. L’économie locale vacille, les commerces perdent l’accès aux fournisseurs, et les familles voient s’éloigner la possibilité de partir ou de revenir. Ce mercredi 11 mars 2026, alors que les flammes achevaient de consumer l’aéroport, c’est une partie de l’avenir de Beni qui partait en fumée, laissant la ville face à un horizon plus sombre que jamais.

Kolwezi, capitale de l’espoir : RDC, Zambie et HCR unissent leurs forces pour le retour de 11 500 réfugiés

Kolwezi, 10 mars 2026 – Dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo, une rencontre discrète mais cruciale se tient depuis ce mardi. Pendant trois jours, Kolwezi, capitale du cuivre, devient aussi celle de l’espoir pour des milliers de familles déracinées.

La 9ᵉ réunion tripartite entre la République démocratique du Congo, la Zambie et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est officiellement ouverte. Son objectif est clair : évaluer, planifier et accélérer le retour des réfugiés congolais.

Dans la salle de conférence, l’atmosphère reste solennelle mais constructive. En effet, derrière les discours protocolaires se cachent des chiffres parlants. Entre 2023 et 2025, 11 523 Congolais, soit 3 150 ménages, sont déjà rentrés depuis la Zambie vers la RDC. Toutefois, les autorités souhaitent maintenant amplifier ce mouvement de retour.

Le Lualaba, une terre d’hospitalité

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a ouvert les travaux en saluant « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui unit la RDC et la Zambie.

Elle a d’abord remercié le pays voisin pour avoir accueilli et protégé de nombreux Congolais contraints de fuir leur pays à cause des crises passées. Cependant, elle a aussi rappelé que le Lualaba reste lui-même une terre d’accueil.

Par le passé, la province a notamment hébergé des réfugiés angolais. Beaucoup d’entre eux ont pu rentrer chez eux dans des conditions dignes et sécurisées.

Une feuille de route dense pour les trois délégations

Durant cette réunion, les délégations doivent examiner plusieurs dossiers importants. Leur agenda prévoit notamment :

  • l’évaluation des recommandations issues de la 8ᵉ réunion tripartite ;

  • la présentation de la situation actuelle des réfugiés congolais en Zambie ;

  • l’analyse de la situation sécuritaire dans les zones de retour en RDC ;

  • l’examen de la situation des réfugiés zambiens présents en RDC ;

  • enfin, l’étude des modalités de rapatriement et de réintégration des Congolais.

Selon Éric Mukandila, la coopération entre les différentes parties reste essentielle. Il a donc insisté sur la nécessité de travailler étroitement ensemble afin de permettre aux réfugiés volontaires de rentrer dans les délais prévus.

Vers un groupe de travail pour les réfugiés zambiens

La réunion aborde aussi la question des réfugiés zambiens vivant en RDC. Ces derniers résident principalement dans les provinces du Haut-Katanga, du Lomami et du Lualaba.

Pour avancer sur ce dossier, les participants envisagent la création d’un groupe de travail chargé de leur enregistrement officiel. Cette mesure devrait permettre de clarifier leur situation administrative et d’appliquer les résolutions adoptées lors de la 14ᵉ session.

Le HCR encourage les efforts des deux États

Le représentant du HCR en RDC, Pierre Atchom, a salué les efforts déjà accomplis par les deux pays.

Il a notamment exprimé le souhait que les gouvernements de la RDC et de la Zambie poursuivent leur engagement afin de faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés.

Il a aussi remercié les autorités congolaises pour les facilités accordées à l’agence onusienne dans sa mission de protection internationale.

Selon lui, plusieurs mesures prises par le gouvernement contribuent déjà à renforcer la sécurité dans les zones de retour et à favoriser la cohésion sociale entre rapatriés et communautés locales.

Des actions concrètes sur le terrain

Au cours des cinq dernières années, le HCR a soutenu le gouvernement congolais à travers plusieurs initiatives.

L’agence a notamment mené :

  • un monitoring de la protection aux frontières ;

  • des programmes de protection communautaire ;

  • la construction et la réhabilitation d’écoles et de centres de santé ;

  • ainsi que des projets d’autonomisation économique.

Ces initiatives visent à renforcer la paix locale et à améliorer la sécurité alimentaire dans les zones concernées.

Trois jours pour préparer le retour

Les délégations poursuivront leurs travaux jusqu’au 12 mars. Pendant ces trois jours, elles vont négocier, planifier et coordonner leurs actions.

Leur objectif reste simple : permettre à ceux qui ont fui les conflits de rentrer chez eux dignement et durablement. Dans le même temps, les autorités veulent aussi régulariser la situation des réfugiés encore présents en RDC.

Ainsi, Kolwezi ne symbolise plus seulement la richesse minière du pays. La ville devient aussi une étape importante sur le chemin du retour et de la reconstruction.

Tshisekedi à Chicago : « Jesse Jackson était un fils de l’Afrique, un ami de la RDC »

Chicago, 7 mars 2026 – Dans le South Side de Chicago, là où battait le cœur de la lutte pour les droits civiques, une foule recueillie a dit adieu à l’un de ses plus illustres fils. Ce samedi 7 mars, le siège de la Rainbow PUSH Coalition a accueilli la « Homegoing Celebration » du révérend Jesse Jackson. Et parmi les visages venus saluer sa mémoire, il y avait celui d’un président africain : Félix Tshisekedi.

Le choix de sa présence n’avait rien d’anodin. Car si Jesse Jackson était une icône américaine, il était aussi, comme l’a rappelé le chef de l’État congolais, « un fils de l’Afrique, un ami de la République démocratique du Congo ».

« Une voix contre l’indifférence »

Devant un parterre de personnalités politiques, religieuses et culturelles, Félix Tshisekedi a pris la parole pour rendre hommage à celui qui fut, selon lui, « une voix forte, claire, courageuse ». Une voix qui s’est levée contre la ségrégation, contre l’injustice, contre l’indifférence.

« Le Révérend Jesse Jackson fut, avant tout, une voix », a-t-il martelé, rappelant que le combat du leader américain reposait sur une conviction inébranlable : la dignité humaine ne se négocie pas.

Un ami de la RDC

Mais au-delà du militant des droits civiques, le président congolais a tenu à saluer l’homme qui, à plusieurs reprises, avait tendu la main à son pays. Jesse Jackson ne s’était pas contenté de suivre l’actualité congolaise de loin. Il s’était rendu sur place, à des moments décisifs, pour soutenir la transition démocratique, encourager le dialogue politique et plaider pour la paix.

Il s’était aussi préoccupé du sort des réfugiés et des déplacés, notamment dans l’Est de la RDC, cette région meurtrie par des décennies de violences armées. Pour Félix Tshisekedi, cet engagement aux côtés des plus vulnérables faisait de lui un allié précieux, un compagnon de route dans la quête de justice et de stabilité.

« I am somebody »

Le président a également rappelé le célèbre mantra de Jesse Jackson, « I am somebody » (« Je suis quelqu’un »), une proclamation qu’il a qualifiée de « l’une des plus grandes affirmations morales de notre temps ». Une phrase simple, mais qui résumait toute la philosophie du révérend : rappeler à chacun, surtout aux plus opprimés, qu’ils ont une valeur, une dignité, une place dans ce monde.

Un adieu solennel

Après le discours de Félix Tshisekedi, la cérémonie s’est poursuivie avec d’autres hommages. L’acteur Samuel L. Jackson a prononcé un éloge funèbre empreint d’émotion, tandis que le musicien Stevie Wonder a offert une prestation musicale qui a fait vibrer l’assistance.

Le révérend Jesse Jackson a ensuite été inhumé au Oak Woods Cemetery, à Chicago, où reposent déjà des figures historiques comme Ida B. Wells et Jesse Owens. Il rejoint ainsi le panthéon des grands noms qui ont marqué l’histoire américaine.

Pour Félix Tshisekedi, ce voyage à Chicago était plus qu’une simple présence protocolaire. C’était un geste de reconnaissance envers un homme qui, sans être Congolais, avait fait sienne la cause du peuple congolais. Un geste qui, au-delà des frontières, rappelle que les combats pour la justice et la dignité sont universels.

OCC : Christelle Muabilu dévoile son plan de guerre pour sauver l’office de la déliquescence

Kinshasa, 6 mars 2026 – Elle n’a pas perdu de temps. À peine installée dans son bureau, Christelle Muabilu, nouvelle Directrice générale intérimaire de l’Office congolais de contrôle (OCC), a convoqué les troupes. Ce jeudi 5 mars, cadres des directions centrales et provinciales, chefs d’agences et délégués syndicaux ont répondu présents à l’invitation. L’ordre du jour ? Poser les bases d’un « redressement » tant attendu.

Dans une maison qui, ces dernières années, a souffert de maux chroniques – gestion opaque, recettes en berne, discipline administrative en berne – l’arrivée d’une nouvelle patronne est toujours un moment de tension. Mais Christelle Muabilu a choisi la clarté. D’emblée, elle a planté le décor : il s’agit, ensemble, de « bâtir un avenir meilleur de l’OCC ». Et pour cela, pas de place pour l’improvisation. Elle a exigé lucidité, discipline, professionnalisme et un « sens élevé de responsabilité ».

Un diagnostic sans complaisance

La nouvelle directrice n’est pas venue avec des fleurs, mais avec une liste de chantiers prioritaires. Le constat est sévère : il faut renforcer la gouvernance, assainir la gestion financière, sécuriser les recettes, optimiser l’exploitation des services techniques, restaurer la discipline administrative et relancer la performance opérationnelle. Autant de défis qui, s’ils ne sont pas relevés, condamnent l’office à une lente agonie.

Cinq piliers pour une refondation

Pour concrétiser cette vision, Christelle Muabilu a dévoilé cinq piliers qui guideront son action :

  1. Le respect strict des textes légaux et réglementaires. Fin de l’arbitraire, place à l’État de droit interne.

  2. La sécurisation totale des recettes. Chaque franc dû à l’office doit rentrer, et rien ne doit fuiter.

  3. Le rétablissement de la discipline administrative. Les « initiatives parallèles non autorisées », ces petites combines qui minent l’institution, sont désormais interdites.

  4. La responsabilisation individuelle des agents. Chacun devra répondre de ses actes et de ses résultats.

  5. La rationalisation de l’exploitation. Faire mieux avec ce qu’on a, sans gaspillage.

Des mesures immédiates et concrètes

Dans l’urgence, la DG intérimaire a fixé des objectifs précis : assainir la gestion financière, stabiliser progressivement la paie pour revenir aux dates conventionnelles, et établir un état réel des effectifs, des charges et du niveau d’exploitation dans toutes les provinces. Pas de cache-misère, on veut voir la vérité en face.

La main tendue aux syndicats

Consciente que rien ne se fera sans les hommes et les femmes qui font tourner la machine, Christelle Muabilu a appelé la délégation syndicale à privilégier un esprit de collaboration. Elle veut fédérer, rassembler, emmener tout le monde vers la relance. « Ma mission s’inscrit dans l’intérêt général des travailleurs, car sans eux l’OCC n’existerait pas », a-t-elle déclaré, promettant une gestion « exigeante, équitable et engagée ».

Un hommage au président

Avant de conclure, la nouvelle patronne a tenu à saluer le président Félix Tshisekedi, pour la confiance qu’il accorde à la femme et à la jeunesse, dont elle se réclame. Une manière de rappeler que sa nomination s’inscrit dans une vision politique plus large, celle d’un renouvellement des cadres et d’une féminisation des responsabilités.

L’OCC entre dans une nouvelle ère. Reste à savoir si les paroles se transformeront en actes, et si la machine, grippée depuis trop longtemps, acceptera de redémarrer.

14 rebelles de Twirwaneho libérés à Kinshasa, la main tendue de Tshisekedi à la communauté Banyamulenge

Kinshasa, 5 mars 2026 – Ils étaient partis se battre, ils reviennent libres. Ce jeudi, au cœur de la capitale congolaise, un geste inattendu secoue le microcosme politico-judiciaire. Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a remis en liberté quatorze combattants du groupe Twirwaneho, une milice alliée à l’AFC/M23 active dans les conflits du Sud-Kivu.

Ces hommes s’étaient rendus volontairement à l’armée congolaise en décembre dernier, lors des violents combats pour le contrôle de la ville stratégique d’Uvira.

Devant une délégation de la communauté Banyamulenge vivant à Kinshasa, le ministre a tenu à expliquer la procédure. La cellule de communication de son ministère indique que les autorités ont d’abord mené les vérifications nécessaires. L’objectif était clair : déterminer si les personnes concernées avaient commis des faits susceptibles d’engager leur responsabilité pénale, conformément aux principes de l’État de droit.

Résultat : à ce stade, les enquêteurs n’ont retenu aucune charge individuelle contre eux.

Une libération sous haute surveillance

La cérémonie de libération s’est déroulée en présence des responsables de la justice militaire et des représentants du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion communautaire (P-DDR-CS). Ce cadre protocolaire montre que, si la main est tendue, elle reste ferme.

En effet, les quatorze hommes ne retournent pas simplement à la vie ordinaire. Désormais, le programme de réinsertion les place sous supervision afin de les accompagner vers une vie civile normale.

Pour la communauté Banyamulenge de Kinshasa, présente et émue, ce geste représente un signal fort. Ses représentants ont salué « la lutte effrénée du chef de l’État contre les discours de haine tribale ».

Dans un contexte où les tensions ethniques s’enflamment souvent à cause des conflits armés, la décision du président Félix Tshisekedi envoie un message clair : tous les Congolais ont leur place dans la République, à condition de déposer les armes.

Encourager les autres à suivre l’exemple

Selon la cellule de communication du Garde des Sceaux, cette cérémonie illustre la volonté du président de la République. Il souhaite encourager les Congolais encore engagés dans les groupes armés à abandonner la violence et à rejoindre le camp de la République.

Autrement dit, le gouvernement mise sur une stratégie de « porte ouverte ». L’objectif consiste à fragiliser les rangs des rébellions en offrant une alternative crédible à ceux qui veulent déposer les armes.

Twirwaneho, une milice complexe

Pour comprendre la portée de cette libération, il faut rappeler ce qu’est Twirwaneho. Ce groupe armé opère dans le Sud-Kivu depuis la fin des années 2000.

À l’origine, ses fondateurs l’avaient présenté comme une milice d’autodéfense de la communauté Banyamulenge. Cependant, au fil des années, le groupe est devenu un acteur majeur des conflits dans la région.

Dirigé par Michel Rukunda, également connu sous le nom de Makanika, il fait l’objet de multiples accusations dans des rapports des Nations unies. Ces documents évoquent notamment des violations des droits humains et le recrutement d’enfants soldats.

Par ailleurs, son alliance récente avec le M23 et l’AFC l’a transformé en rouage important de l’offensive qui déstabilise l’Est du pays.

Libérer quatorze de ses combattants représente donc un pari politique. Cependant, les autorités espèrent créer un effet d’entraînement. Elles veulent montrer que la reddition peut mener à la liberté, et non à la prison.

Reste à savoir si cet appel sera entendu. Dans les collines du Sud-Kivu, les armes continuent de parler.

Mais à Kinshasa, ce jeudi, ce sont les chaînes qui se sont tues.

TRANSCO : Un Départ Digne et une Nouvelle Ère pour le Transport à Kinshasa

Le mercredi 4 mars, dans l’effervescence de Kinshasa, les murs de la Société des Transports au Congo (TRANSCO) ont été témoins d’un événement rare. Pour la première fois, une page s’est tournée sans déchirure.

Dans la salle comble, entre cadres et agents retenant leur souffle, Solange Kabedi Odra, la directrice générale sortante, a passé le flambeau. Elle l’a fait avec la fierté tranquille de ceux qui préservent leur honneur.

Solange Kabedi quitte Transco « la tête haute »

Son regard était à la fois doux et déterminé lorsqu’elle a pris la parole. « Je suis heureuse », a-t-elle confié, brisant le silence.

« Ici, à Transco, on a l’habitude de voir les directeurs généraux suspendus. Moi, je sors la tête haute. On a simplement mis fin à mon intérim. »

Ainsi, cette phrase portait un poids particulier dans une entreprise longtemps secouée par les turbulences. Pourtant, ce départ s’est fait sans fracas. Au contraire, il s’est déroulé dans un climat de respect et de dignité.

Jérémie Kilubu Matondo affiche sa vision

Face à elle se tenait l’homme du renouveau. Jérémie Kilubu Matondo, nouveau patron intérimaire, n’a pas attendu pour fixer le cap.

D’abord, il a écarté toute idée de rivalité interne. Ensuite, il a choisi de regarder vers l’avenir. Avec une voix posée mais ferme, il a rappelé l’essentiel :

« Je suis là pour contribuer à la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi : assurer le mouvement de la population. Les guéguerres ne nous intéressent pas. Ici, on ne parlera que de solutions. »

Un appel à la continuité et à l’expérience

Puis, dans un geste d’élégance et de sagesse politique, il s’est tourné vers celle qui l’a précédé.

« Maman Directrice générale, vous serez toujours là. Nous aurons besoin de vos conseils. »

Ainsi, cette main tendue efface d’un coup les rancunes possibles. Surtout, elle ouvre la voie à une collaboration apaisée entre l’ancienne et la nouvelle équipe dirigeante.

Une nouvelle équipe pour relancer l’entreprise

À ses côtés, Kanto Luvuezo Luthanges, récemment nommé directeur général adjoint par le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba, l’épaulera dans cette mission.

Ensemble, ils devront redonner un souffle à ce géant du transport urbain.

Le défi : moderniser et rapprocher Transco des Kinois

La feuille de route est claire. Elle ressemble presque à un manifeste pour la renaissance de Transco.

D’abord, la nouvelle équipe veut redynamiser l’administration. Ensuite, elle prévoit de renforcer une flotte de bus vieillissante. Par ailleurs, elle promet d’instaurer une gestion plus transparente. Enfin, elle mise sur la modernisation de l’entreprise, notamment par la numérisation.

L’objectif ultime reste simple : redorer l’image de Transco. Mais surtout, il s’agit de rapprocher l’entreprise des Kinois, ces millions de navetteurs qui attendent chaque jour un transport digne de ce nom.

Un nouveau départ pour Transco

Ainsi, lorsque la cérémonie s’est achevée, un vent nouveau semblait souffler sur Transco.

Un vent de reconstruction. Un vent de collaboration.

Et peut-être, enfin, la promesse que le trajet quotidien de la population congolaise ne sera plus une épreuve, mais un service public à la hauteur des attentes.

Rubaya: 300 morts dans un nouvel éboulement, la terre avale encore ses enfants

Rubaya, 4 mars 2026 – La terre du Nord-Kivu n’a pas fini de pleurer. À peine un mois après la catastrophe du 29 janvier, qui avait déjà emporté plus de 400 vies, un nouveau pan de colline s’est effondré ce mardi 3 mars sur le site minier de Kasasa, dans le périmètre de Rubaya, territoire de Masisi. Le bilan provisoire, livré par la société civile locale, est effroyable : près de 300 morts.

Telesphore Mitondeke, rapporteur de la société civile forces vives du territoire de Masisi, a confirmé l’horreur à nos confrère d’actu30.cd : « Il y a eu certainement un éboulement dévastateur au niveau du site Kasasa, dans le périmètre minier de Rubaya. Le bilan provisoire fait état de près de 300 morts. »

Les chiffres, encore provisoires, pourraient s’alourdir. Les fouilles se poursuivent, mais elles sont lentes, dangereuses, entravées par l’instabilité du terrain. Chaque pelletée de terre peut révéler un corps, ou provoquer un nouvel éboulement.

Creuseurs, commerçants, anonymes : une faune humaine engloutie

Qui sont les victimes ? Des creuseurs artisanaux, d’abord. Ces hommes, parfois des enfants, qui s’enfoncent chaque jour dans les entrailles de la terre pour en arracher le coltan, ce minerai précieux qui fait tourner l’industrie électronique mondiale. Mais aussi des commerçants, venus vendre un peu de nourriture, du carburant, des cigarettes à ceux qui passent leur vie dans les trous. Et puis d’autres, des anonymes, des passants, des curieux, tous présents au mauvais endroit au mauvais moment.

Rubaya n’est pas un site minier comme les autres. C’est l’un des réservoirs mondiaux les plus importants de coltan. Chaque jour, des milliers de personnes y convergent, attirées par la promesse d’un revenu, d’une survie. Une ruée vers l’or gris qui se transforme trop souvent en tragédie.

Deux catastrophes en un mois : l’alerte était là

Le 29 janvier dernier, plus de 400 personnes avaient déjà péri dans un éboulement similaire. L’alerte avait été donnée. Des experts, des ONG, des responsables locaux avaient pointé du doigt les conditions d’exploitation dangereuses, l’absence de normes de sécurité, la fragilité des sols minés par des années de creusage anarchique. Rien n’a changé.

Un mois plus tard, le même drame se rejoue. Même décor, mêmes causes, mêmes victimes. La terre, gorgée d’eau par les pluies, fragilisée par les galeries souterraines, a cédé. Et des familles entières pleurent à nouveau leurs morts.

Un deuil national, et après ?

Face à cette répétition de l’horreur, les mots manquent. Les autorités locales appellent à l’aide, réclament des mesures de sécurité, une régulation stricte de l’exploitation minière artisanale. Mais dans une région en proie à l’insécurité, à la présence de groupes armés, à la pauvreté endémique, les moyens manquent.

Pendant ce temps, le coltan continue de sortir de terre. Il part pour l’étranger, transformé en téléphones, en ordinateurs, en consoles de jeux. Et derrière lui, il laisse des trous béants, des terres instables, et des centaines de morts oubliés.

Rubaya est devenue une terre deux fois maudite. Deux fois en un mois, elle a englouti ses enfants. Et rien ne dit qu’elle ne le fera pas une troisième fois.

les femmes Congolaises unissent leurs pas contre l’oubli et la guerre

Kinshasa, 1er mars 2026 – Elles sont parties de la Place des Évolués, ce symbole de l’émancipation congolaise. Ce samedi, sous un soleil de plomb, des milliers de femmes, d’hommes et de jeunes ont emboîté le pas à la ministre du Genre, Micheline Ombae Kalama. Leur destination : le Mémorial du Génocost. Leur objectif : transformer chaque pas en un cri de solidarité vers l’Est meurtri.

Le Mois de la femme 2026 ne sera pas un mois de plus. Il commence par une marche, mais pas une marche ordinaire. « Marchons pour Elles, Marchons pour l’Est » : le slogan choisi par le ministère du Genre, Famille et Enfant est un uppercut. Il rappelle que derrière les chiffres, derrière les communiqués de l’armée, il y a des femmes. Des femmes violées, déplacées, qui élèvent seules leurs enfants dans des camps de fortune, sous la menace permanente des armes.

Le cortège, compact et déterminé, a traversé le boulevard du 30 Juin. Des t-shirts orange, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, tachaient la grisaille du bitume. Des pancartes brandies haut : « Paix pour l’Est », « Stop à l’impunité », « Les femmes de l’Est ne sont pas seules ». À chaque coin de rue, des badauds se joignaient au mouvement, touchés par cette vague humaine qui avançait, calme mais résolue.

La ministre Micheline Ombae Kalama, en tête du peloton, n’a pas mâché ses mots. Pour elle, cette marche n’est pas une simple formalité d’ouverture. C’est un message politique adressé aux femmes de Goma, de Beni, de Bukavu, de tous ces territoires où l’insécurité est devenue une quotidienne.

« Nous marchons pour vous, pour que vos voix soient entendues jusqu’ici, pour que vous sachiez que la nation ne vous oublie pas », a-t-elle lancé, essoufflée par l’effort mais portée par l’émotion.

L’arrivée au Mémorial du Génocost a été le moment le plus fort. Ce lieu, dédié à la mémoire des victimes des conflits armés, a vu défiler les marcheurs dans un silence soudain, presque religieux. Ici, on ne crie plus. On se recueille. On pense à celles qui ne sont plus là, à celles qui ont survécu, à celles qui se battent encore.

Un lâcher de ballons orange a ponctué la cérémonie, montant vers le ciel de Kinshasa comme autant de messages d’espoir adressés aux provinces de l’Est. Des messages qui disent : vous n’êtes pas seules. La capitale pense à vous. Le pays pense à vous.

Ce Mois de la femme commence donc par un acte. Un acte de présence, de solidarité, de refus de l’indifférence. Tout au long du mois de mars, d’autres activités suivront, mais celle-ci restera comme le point de départ d’une prise de conscience collective.

« La paix dans l’Est, c’est l’affaire de tous les Congolais », a conclu une marcheuse, le visage ruisselant de sueur mais le sourire aux lèvres. À Kinshasa, les femmes ont marché. Et leurs pas résonnent encore, portés par le vent, jusqu’aux collines du Kivu.

Tshisekedi sacre le pouvoir coutumier, gardien des terres et de la paix

Kinshasa, 2 mars 2026 – Le Centre culturel et des arts d’Afrique centrale n’avait jamais vibré comme cela. Ce lundi, sous ses voûtes modernes, ce n’est pas un discours de plus qui a résonné. C’est la voix des terres ancestrales. Celle des chefferies, des lignages, des peuples premiers.

Pour la première fois dans l’histoire de la République démocratique du Congo, un Forum national des Affaires coutumières (FNAC) ouvre ses portes. Et c’est le Président de la République, Félix Tshisekedi, qui en préside la cérémonie d’ouverture. Dès lors, la journée prend une dimension particulière. Elle pourrait changer le visage de la gouvernance locale.

Le thème choisi en dit long sur l’ambition : « Le renforcement du rôle de l’Autorité coutumière, gage de la stabilité, du développement, de la sécurité et de la cohésion des communautés en RDC ». La phrase est longue. Pourtant, le message est limpide. L’État a besoin de ses chefs. Il ne veut plus les contourner ni les ignorer. Désormais, il veut les intégrer.

De la tradition au levier de développement

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a posé le cadre. Ce forum n’est pas une conférence de plus. Au contraire, il concrétise une nouvelle vision de la gouvernance coutumière initiée dès 2019.

L’objectif est clair : organiser les entités coutumières et les transformer en véritables pôles de développement à la base. Ainsi, les chefferies ne relèvent plus du folklore. Elles deviennent des institutions reconnues et outillées, capables de porter des projets structurants.

Cinq thématiques structurent les débats. D’abord, la décentralisation et la gouvernance locale. Ensuite, le statut des chefs coutumiers. Puis, l’intégration des peuples autochtones pygmées. À cela s’ajoutent l’harmonisation des stratégies et le rôle des femmes ainsi que des jeunes dans l’alternance coutumière.

Le programme est dense. Il balaie des décennies de flou juridique et d’oubli institutionnel.

Le Couloir vert, test grandeur nature

Le moment le plus fort reste sans doute le plaidoyer de Jean-Baptiste Ndenze, vice-ministre des Affaires coutumières. Il a mis en lumière un projet qui fascine autant qu’il inquiète : le Couloir vert Kivu-Kinshasa, présenté à Davos.

Ce ruban forestier traversera le pays de part en part. Or, il traversera aussi des terres ancestrales. Dès lors, une question s’impose : peut-on protéger la forêt sans ceux qui l’habitent depuis des générations ?

« Sa réussite présuppose une forte implication des chefs coutumiers », a-t-il martelé. Car ce sont eux les premiers gardiens de la biodiversité. Sans eux, la transition écologique échouera. Sans eux, le Couloir vert restera un vœu pieux.

Puis le Président Tshisekedi a pris la parole. Et ses mots ont claqué comme un manifeste :
« Aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle ne pourrait effacer nos lignages, nos chefferies, nos droits communautaires. »

Dans un pays où l’Est reste sous tension, cette déclaration résonne comme un serment. La terre congolaise n’est pas un terrain de manœuvres géopolitiques. Elle constitue le fondement de la souveraineté nationale.

Un pont entre modernité et tradition

À l’issue de ces assises, le pays devrait se doter d’un cadre réglementaire moderne pour les affaires coutumières. Des orientations claires émergeront. Des outils nouveaux verront le jour.

Le chef de l’État l’a affirmé : il veut faire de l’autorité coutumière un pilier de la paix, de la sécurité et du développement local.

Ce lundi, à Kinshasa, un pont s’est dessiné entre la modernité de l’État et la sagesse des chefferies. Reste maintenant à le consolider. Jour après jour. Village après village.

Kalemie, capitale du ventre plein : Judith Suminwa lance la révolution des cantines scolaires en RDC

Kalemie, 2 mars 2026 – Le soleil du Tanganyika a tapé fort ce lundi sur la cour de l’École primaire Kifungu. Mais pas plus fort que la détermination du gouvernement congolais. C’est ici, dans cette ville aux portes de l’Est, que la Première ministre Judith Suminwa a choisi de planter le décor de la Journée africaine de l’alimentation scolaire. Un décor symbolique, car à Kalemie comme ailleurs, des milliers d’enfants viennent en classe le ventre vide.

Autour de la cheffe du gouvernement, une impressionnante brochette de ministres : Raïssa Malu pour l’Éducation nationale, Guylain Nyembo pour le Plan, Roger Kamba pour la Santé, et Mohindo Nzangi pour le Développement rural. Une mobilisation qui n’a rien d’anodin. Elle envoie un message clair : la cantine scolaire n’est plus une option, c’est une priorité nationale.

Sous le chapiteau monté pour l’occasion, les discours se succèdent, mais tous disent la même chose : un enfant qui a faim n’apprend pas. La Première ministre l’a rappelé avec force : l’alimentation scolaire est un levier d’égalité des chances. Elle maintient les élèves en classe, surtout les filles, souvent premières victimes des décrochages. Elle améliore les performances académiques. Mais elle fait plus encore.

Car le projet ne se limite pas à distribuer des repas. L’ambition est de nourrir les écoliers avec des produits locaux. En achetant aux coopératives paysannes, en s’approvisionnant dans les villages environnants, les cantines deviennent un moteur de développement rural. C’est tout le sens de la présence du ministre du Développement rural à cette cérémonie.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM), partenaire de longue date de la RDC, était évidemment de la partie. Mais cette année, la musique a changé. Le gouvernement ne veut plus être un simple spectateur. Il veut piloter, coordonner, et surtout, passer à l’échelle.

« Nous devons faire en sorte que chaque école, chaque enfant, ait accès à un repas équilibré », a martelé Judith Suminwa. Un défi titanesque dans un pays grand comme un continent, où les infrastructures manquent et où l’insécurité sévit encore dans l’Est. Mais un défi que le gouvernement semble prêt à relever, pas à pas.

À l’EP Kifungu, les enfants, eux, n’attendent pas les grands discours. Ils regardent les marmites fumantes, les assiettes qui se remplissent de bouillie enrichie, de haricots, de riz. Pour eux, cette journée est un jour de fête. Pour le gouvernement, c’est un jour d’engagement.

La révolution des cantines scolaires est en marche en RDC. Et elle part de Kalemie.