Lubumbashi : un marché central ultramoderne de trois niveaux va remplacer le marché Mzee Kabila

À Lubumbashi, le visage du commerce pourrait bientôt changer. Dans une ville en pleine croissance démographique, l’actuel marché central Mzee Kabila, plus connu sous le nom de marché Lunsonga, s’apprête à céder sa place à une infrastructure plus moderne et adaptée aux nouvelles réalités urbaines.

L’annonce a été faite jeudi par Martin Kazembe, gouverneur intérimaire du Haut-Katanga. Le projet prévoit la démolition de l’actuel marché et la construction d’un nouveau complexe commercial répondant aux standards internationaux.

Derrière cette décision, les autorités provinciales veulent répondre à un double défi : accompagner l’expansion de Lubumbashi tout en s’attaquant au développement des marchés pirates qui occupent progressivement les espaces publics.

Trois niveaux et un parking de 300 véhicules

Le marché Mzee Kabila n’aura bientôt plus le même visage. Selon le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, l’infrastructure actuelle ne correspond plus à la taille et aux besoins d’une ville qui a connu une forte croissance démographique.

Le futur marché devrait ainsi s’élever sur trois niveaux et disposer d’un parking pouvant accueillir jusqu’à 300 véhicules.

« L’actuel marché central Mzee Kabila de Lubumbashi, communément appelé marché Lunsonga, doit être détruit et remplacé par un marché répondant aux standards internationaux », a déclaré Martin Kazembe.

Le projet, déjà inscrit au budget de l’année en cours, devrait entrer prochainement dans sa phase opérationnelle. Les travaux sont annoncés comme imminents.

Pour les autorités, cette transformation doit permettre de créer un espace commercial mieux organisé, plus adapté aux flux de marchandises et de clients, mais aussi de contribuer à la lutte contre le phénomène des marchés pirates.

Les commerçants au cœur du projet

La modernisation du marché ne se limitera toutefois pas aux travaux de construction. Une commission de suivi travaille déjà sur les modalités concrètes du projet.

Au cours d’une séance de travail avec l’autorité provinciale, les membres de cette commission se sont penchés sur le démarrage effectif du chantier, mais aussi sur l’identification et l’encadrement des commerçants actuellement installés sur le site.

L’objectif est de préparer leur réinstallation dans le futur marché une fois les travaux achevés.

Pour Georges Mbambuni, ministre provincial de l’Économie, cette étape est essentielle pour éviter que la modernisation de l’infrastructure ne se traduise par une rupture dans les activités commerciales.

De son côté, la députée provinciale Sorel Tshikala, membre de la commission, a appelé à accompagner le projet, qu’elle considère comme une opportunité pour améliorer les infrastructures de la province du Haut-Katanga.

Le marché de Kenya également dans le viseur

Le projet de modernisation ne s’arrête pas au marché Mzee Kabila.

Dans sa volonté de transformer les infrastructures urbaines, le gouvernement provincial du Haut-Katanga prévoit également la modernisation du marché central de la commune de Kenya.

Devenu saturé au fil des années, ce marché est également confronté à d’importants problèmes d’insalubrité.

Cette série de projets s’inscrit dans une ambition plus large affichée par les autorités provinciales : adapter les infrastructures commerciales à la croissance de Lubumbashi et améliorer le cadre de vie des habitants.

Ainsi, derrière la construction d’un marché de trois niveaux et d’un parking de 300 places, c’est une nouvelle vision de l’espace commercial qui se dessine.

À Lubumbashi, les autorités veulent désormais tourner la page des infrastructures dépassées et offrir aux commerçants comme aux consommateurs des espaces capables de répondre aux exigences d’une métropole en pleine expansion.

Lubumbashi, nouveau hub du numérique : Une formation en IA pour révolutionner le marketing et la création en RDC

C’est une première dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Du 27 juillet au 1er août 2026, Lubumbashi, la capitale du Haut-Katanga, se transformera en épicentre de l’innovation technologique. Une formation en intelligence artificielle, animée par des experts en marketing digital et création de contenu, promet d’équiper les jeunes créateurs et entrepreneurs locaux des compétences les plus prisées du moment. L’objectif : ne pas rater le virage du numérique.

L’annonce a été faite ce mardi à l’agence Congolaise de presse par les organisateurs, Pascal Lalli, expert béninois, et Jonathan Tshiaz, spécialiste congolais. Leur message est clair : l’intelligence artificielle n’est plus une option, c’est une nécessité pour qui veut rester compétitif.

« Les outils qui révolutionnent déjà les plus grandes entreprises »

« Apprenez à utiliser les outils qui révolutionnent déjà les plus grandes entreprises et les meilleurs créateurs », ont lancé les organisateurs, résumant l’ambition de cette semaine de formation. Cinéma, marketing, création de contenu, réseaux sociaux : tous ces secteurs connaissent une mutation accélérée sous l’impulsion des nouvelles technologies.

Pour Pascal Lalli et Jonathan Tshiaz, la maîtrise de l’intelligence artificielle est devenue un avantage compétitif majeur. « Les professionnels et créateurs qui sauront s’adapter à ces mutations du numérique seront les leaders de demain », insistent-ils.

Un programme complet pour maîtriser l’IA

La formation ne se contentera pas de survoler les concepts. Le programme, dense et pratique, couvrira plusieurs domaines stratégiques :

  • L’application de l’IA au marketing et à la publication : automatisation, personnalisation des campagnes, analyse prédictive ;

  • L’utilisation de l’IA dans le cinéma : création de scénarios, effets visuels, post-production assistée ;

  • La génération d’images et la photographie assistée par IA : création visuelle, retouche, design ;

  • Le développement de prompts efficaces : le « prompt engineering », compétence clé pour interagir avec les modèles d’IA et en tirer le meilleur parti.

Lubumbashi, terre d’innovation pour les jeunes créateurs

Au-delà de l’aspect technique, cette initiative répond à un enjeu plus large : doter les jeunes créateurs et entrepreneurs de Lubumbashi des compétences nécessaires pour s’imposer dans un monde numérique en constante transformation.

La province du Haut-Katanga, traditionnellement tournée vers l’exploitation minière, affiche ainsi sa volonté de diversifier son économie et de miser sur les métiers de demain. En accueillant cette formation, Lubumbashi se positionne comme un pôle d’innovation technologique dans la sous-région.

Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes. Et si l’intelligence artificielle était la clé pour révéler les talents de demain, ici, au cœur du Katanga industriel ?

Nuit de tension à la Cité de l’OUA – Des tirs signalés près de la résidence présidentielle

C’est une nuit qui a tenu Kinshasa en haleine. Dans la nuit de lundi à mardi, des détonations ont retenti aux abords de la Cité de l’OUA, la résidence officielle du Président de la République à Ngaliema, une commune du nord-ouest de la capitale. Selon des sources concordantes, il s’agirait d’une intervention des forces de sécurité pour déjouer une tentative d’évasion de détenus du cachot du Parquet militaire, situé à proximité. Rapidement, l’inquiétude a gagné les réseaux sociaux, avant que les autorités ne rassurent sur la situation.

La nuit a été brève pour les habitants de Ngaliema. Peu avant l’aube, des coups de feu ont déchiré le silence de ce quartier résidentiel abritant la prestigieuse Cité de l’OUA, résidence du Chef de l’État. Des témoins ont rapporté des tirs nourris, sans parvenir immédiatement à en identifier l’origine.

Une tentative d’évasion aux portes du Palais

Selon les informations recueillies par l’ACP auprès d’habitués du Palais présidentiel, ces détonations n’avaient pas pour cible la résidence de Félix Tshisekedi. « Ces coups de feu n’ont pas visé la Cité de l’UA. Tout est calme ici », a tenu à préciser un proche du site.

L’origine de cette fusillade serait en réalité une opération des forces de sécurité visant à contrer une tentative d’évasion de détenus du cachot du Parquet militaire de Ngaliema. Ces installations, qui jouxtent le périmètre de la Cité de l’Union africaine, auraient été le théâtre d’une tentative de fuite que les éléments déployés sur place ont réussi à maîtriser.

Des sources locales évoquent un détenu blessé à la main, tandis que d’autres auraient tenté de se cacher dans les environs. Les forces de l’ordre ont rapidement sécurisé le périmètre, mettant fin à l’incident.

Un calme revenu, mais des interrogations persistent

La situation est désormais calme aux abords de la Cité de l’OUA. Les forces de défense ont bouclé la zone et les patrouilles ont été renforcées dans le secteur. Cependant, sur les réseaux sociaux, la rumeur a enflé. Plusieurs internautes ont rapidement fait le lien entre ces tirs et la résidence présidentielle, alimentant des spéculations sur une éventuelle tentative de déstabilisation.

Ces craintes ont été rapidement dissipées par les témoins présents sur place, qui ont confirmé que le calme régnait à l’intérieur de la Cité de l’OUA et que le Président n’était pas en danger.

Un contexte déjà chargé

Cet incident nocturne intervient dans un contexte politique déjà tendu. Plus tôt dans la journée, le Président Tshisekedi avait reçu à la Cité de l’OUA les chefs des confessions religieuses, annonçant avoir levé l’option d’organiser un dialogue inclusif pour créer un front intérieur contre l’agression rwandaise dans l’Est du pays.

La tentative d’évasion aux portes du Palais, bien que maîtrisée, rappelle la fragilité sécuritaire qui peut parfois toucher les abords des hautes institutions. Elle soulève également des questions sur les conditions de détention au Parquet militaire de Ngaliema, dont les installations jouxtent le périmètre présidentiel.

Alors que Kinshasa retrouve son calme, les autorités devront sans doute apporter des éclaircissements sur cet incident pour couper court aux rumeurs et aux interprétations politiques qui pourraient en découler. La sécurité du Chef de l’État reste, elle, pleinement garantie.

Kinshasa : le pont Ngunza fermé pendant quatre mois, voici les itinéraires de déviation

Les automobilistes de Kinshasa devront modifier leurs habitudes. À compter de ce lundi 20 juillet 2026, les autorités ferment le pont Ngunza, situé sur l’avenue Pierre Elengesa. Elles lancent ainsi un important chantier de réhabilitation et de modernisation.

Le ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat a annoncé cette mesure. Toutefois, cette fermeture ne dépassera pas quatre mois.

Une circulation interrompue pour réhabiliter le pont

Selon le communiqué officiel, les équipes interviendront sur le tronçon de l’avenue Pierre Elengesa où se situe le pont Ngunza.

Les autorités veulent moderniser cette infrastructure. Elles souhaitent également améliorer la sécurité des usagers et fluidifier la circulation dans cette partie de la capitale.

Par ailleurs, elles promettent d’exécuter les travaux dans le respect des normes de qualité. Elles veulent aussi achever le chantier rapidement afin de limiter les désagréments pour les automobilistes.

Les itinéraires de déviation mis en place

Afin de maintenir la circulation, les autorités ont aménagé un itinéraire de déviation à double sens.

Les conducteurs emprunteront l’avenue Kikwit depuis son intersection avec l’avenue Pierre Elengesa. Ensuite, ils poursuivront par l’avenue Souci. Puis, ils rejoindront le prolongement de l’avenue Ngiri-Ngiri avant de retrouver l’avenue Pierre Elengesa. Le même parcours s’appliquera dans le sens inverse.

En revanche, les camions de plus de 10 tonnes et les camions-remorques ne pourront pas utiliser cette déviation. Ils devront obligatoirement circuler par l’avenue By-pass pendant toute la durée des travaux.

Les usagers appelés à la patience

Les autorités provinciales reconnaissent les perturbations que cette fermeture pourrait provoquer. Elles invitent donc les automobilistes et les autres usagers à faire preuve de compréhension et de patience.

Enfin, elles assurent avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour accélérer les travaux. Elles espèrent ainsi remettre le pont Ngunza en service dans les meilleurs délais.

Maï-Ndombe : des villages désormais connectés grâce à un réseau Wi-Fi solaire porté par un Congolais de la diaspora

Pendant des années, passer un simple appel ou accéder à Internet relevait presque de l’impossible pour les habitants de plusieurs villages du secteur de Bolia, dans le territoire d’Inongo. Aujourd’hui, cette réalité commence à changer. Grâce à une initiative entièrement financée par un Congolais de la diaspora, des centaines de familles découvrent les opportunités offertes par le numérique.

À Ibeke-Bolia, Mbala, Nsaw, Lokanga et Isongo, les premières bornes Wi-Fi communautaires alimentées par l’énergie solaire sont désormais opérationnelles, marquant une étape importante dans la lutte contre l’isolement numérique au Maï-Ndombe.

Un projet né de la volonté de désenclaver toute une communauté

À l’origine de cette transformation se trouve Jérémy Bolambele, un fils de la région installé à l’étranger. Son ambition est simple : permettre aux habitants d’accéder facilement à l’information sans être contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour obtenir des nouvelles d’un village voisin ou d’une ville comme Kinshasa ou Inongo.

« Mon objectif est que les populations ne soient plus obligées de se déplacer inutilement avant d’avoir obtenu les informations dont elles ont besoin. Grâce à une connexion fiable et accessible, elles peuvent désormais communiquer plus facilement », explique-t-il.

Après l’installation des cinq premiers sites, une nouvelle borne Wi-Fi devrait être mise en service à Ngembo avant la fin du mois.

Internet transforme déjà le quotidien des habitants

Au-delà de la simple connexion, cette initiative ouvre de nouvelles perspectives pour les populations rurales.

Dans le domaine de la santé, l’accès à Internet facilite les consultations médicales à distance et accélère le partage d’informations entre professionnels de santé.

Les élèves et étudiants peuvent désormais consulter des ressources pédagogiques en ligne, préparer les examens nationaux et accéder à des contenus éducatifs jusque-là difficiles d’accès.

Le réseau constitue également un levier pour le développement économique local, en offrant aux commerçants, agriculteurs et entrepreneurs un accès aux marchés, aux informations et aux services numériques.

Des défis logistiques, mais une ambition qui ne faiblit pas

La concrétisation du projet n’a pourtant pas été de tout repos.

Face à l’état dégradé, voire impraticable, des routes du secteur de Bolia, le transport des équipements a nécessité l’appui de motards et la mobilisation des habitants. L’absence totale de réseau électrique a, quant à elle, conduit à la mise en place d’un système autonome alimenté par des panneaux solaires et des batteries.

La maintenance représente également un défi majeur. Chaque intervention technique nécessite le déplacement d’un spécialiste depuis la province voisine de l’Équateur, ce qui augmente considérablement les coûts d’exploitation.

Malgré ces contraintes, toutes supportées sur fonds propres, Jérémy Bolambele ne compte pas s’arrêter là. Son objectif est d’étendre progressivement ce réseau Wi-Fi communautaire à d’autres villages du secteur de Bolia, puis à l’ensemble du territoire d’Inongo, afin de réduire durablement la fracture numérique et d’encourager le développement économique des zones rurales.

Félix Tshisekedi attendu aux côtés du général Israël Kantu

C’est un geste de compassion qui a mobilisé l’appareil sécuritaire de la capitale. Ce lundi, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est attendu à l’Hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa pour se recueillir devant la dépouille mortelle de l’épouse du général Israël Kantu, commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) pour la ville de Kinshasa. Une visite qui témoigne de la haute considération du Chef de l’État envers l’un des piliers de la sécurité de la capitale.

L’information, confirmée par plusieurs sources proches de l’organisation, a rapidement circulé dans les cercles politico-administratifs de Kinshasa. La présence du Chef de l’État à cette cérémonie de recueillement n’est pas un geste anodin. Elle marque la solidarité présidentielle envers une famille éprouvée, mais aussi le respect dû à un haut responsable dont la fonction stratégique en fait un acteur clé de la stabilité de la ville-province.

Un dispositif sécuritaire exceptionnel

Pour accueillir le Président de la République et les nombreuses personnalités attendues, un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé aux abords de l’Hôpital du Cinquantenaire. Des éléments de la Police nationale congolaise et de la Garde républicaine quadrillaient les artères menant à l’établissement, assurant un périmètre de protection digne d’une visite d’État.

Les forces de l’ordre, visibles et mobilisées, ont été déployées pour garantir le bon déroulement de la cérémonie et prévenir tout incident. La circulation dans le secteur a été régulée, tandis que des agents en tenue et en civil étaient postés aux points névralgiques.

Un élan de solidarité qui dépasse les rangs policiers

Au-delà de la présence présidentielle, ce recueillement attire de nombreuses autorités politico-administratives, des responsables des services de sécurité, mais aussi des proches et amis de la famille du général Israël Kantu. Tous viennent rendre un dernier hommage à la défunte, dans une atmosphère empreinte de recueillement et de dignité.

Le général Israël Kantu, figure respectée au sein de la hiérarchie policière, voit ainsi sa peine partagée par les plus hautes sphères de l’État. Cette affluence témoigne de la considération dont il jouit et du soutien de la communauté sécuritaire et politique en ces moments douloureux.

Un moment de compassion présidentielle

La visite du Chef de l’État à l’Hôpital du Cinquantenaire s’inscrit dans une tradition de proximité et de compassion que Félix Tshisekedi a souvent manifestée lors de deuils marquants. En se rendant personnellement sur place, le Président envoie un signal fort à la police nationale et à l’ensemble du corps sécuritaire : leur engagement n’est pas oublié, et leurs épreuves personnelles sont partagées au plus haut niveau de l’État.

Alors que la cérémonie se prépare dans un climat de respect et de solennité, Kinshasa retient son souffle. L’hommage rendu à la défunte sera aussi l’occasion de rappeler le rôle essentiel des forces de l’ordre dans la vie quotidienne de la capitale. Et pour la famille du général Israël Kantu, la présence du Président sera sans doute le plus beau des adieux.

473 millions USD investis : comment l’ONU a financé plus de 31 000 emplois et des projets sociaux en 2025

Le système des Nations unies renforce son engagement en République démocratique du Congo. En 2025, 473,4 millions de dollars américains ont été mobilisés pour financer des projets de développement dans plusieurs secteurs stratégiques, allant de l’emploi à la gouvernance, en passant par l’inclusion financière, la protection sociale et la résilience climatique.

Ce bilan a été présenté mercredi 15 juillet à Kinshasa lors de la publication du premier rapport annuel du Cadre de coopération de développement durable (CCDD) 2025-2029, principal instrument de partenariat entre le gouvernement congolais et les agences des Nations unies.

Des centaines de millions de dollars pour soutenir l’économie et les populations vulnérables

Devant les partenaires institutionnels, Damien Mama, coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies en RDC, a indiqué que ces ressources proviennent des partenaires techniques et financiers mobilisés pour accompagner la mise en œuvre du CCDD.

Selon lui, cette première année d’exécution a permis d’enregistrer des avancées dans plusieurs domaines prioritaires, notamment la transformation économique, le renforcement de la gouvernance, le développement du capital humain ainsi que la protection de l’environnement.

Dans le secteur économique, l’ONU a soutenu la création d’emplois, le développement des compétences, l’entrepreneuriat, l’accès aux services financiers et le renforcement des chaînes de valeur, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes et aux communautés les plus vulnérables.

Les résultats présentés dans le rapport illustrent cette dynamique :

  • 31 414 emplois créés ;
  • 110 683 personnes ayant accédé aux services financiers numériques ;
  • 15 025 ménages intégrés dans des mécanismes d’inclusion financière ;
  • 47 000 jeunes, femmes et acteurs communautaires formés pour améliorer leur employabilité ;
  • 90 jeunes entreprises accompagnées par des programmes de mentorat ;
  • 30 jeunes entrepreneurs incubés dans les secteurs de l’entrepreneuriat et de l’agrobusiness ;
  • Plus de 20 000 petits exploitants agricoles appuyés.

Justice, administration et identité numérique également renforcées

Le rapport met également en avant les progrès réalisés dans le renforcement des institutions publiques.

Grâce à l’appui du système des Nations unies, 41 juridictions ont été digitalisées, 15 établissements pénitentiaires modernisés numériquement et 174 439 enfants enregistrés dans le système d’état civil digitalisé.

Cinq réformes nationales portant sur la justice, la sécurité et l’inclusion ont également été adoptées au cours de cette première année d’exécution du Cadre de coopération.

Pour Damien Mama, ces réalisations démontrent la volonté commune du gouvernement congolais et des Nations unies de renforcer la protection des populations tout en améliorant la gouvernance et l’accès aux services publics.

Des résultats encourageants, mais des financements encore insuffisants

Malgré ces avancées, le rapport souligne que les financements restent en deçà des besoins.

Sur un coût global estimé à 1,35 milliard de dollars, seuls 473,4 millions de dollars, soit 35 % des ressources attendues, ont été mobilisés en 2025.

Le système des Nations unies estime toutefois que cette première année constitue un signal positif. Selon le rapport, cette performance témoigne de la confiance des partenaires techniques et financiers et confirme la pertinence du Cadre de coopération comme outil stratégique de développement.

Adopté en 2024 pour la période 2025-2029, le CCDD aligne les interventions des agences onusiennes sur les priorités du gouvernement congolais et les Objectifs de développement durable (ODD). Son ambition est d’accélérer la transformation économique, de renforcer l’État de droit, d’investir dans le capital humain et de soutenir la transition écologique afin de bâtir un développement plus inclusif et durable.

Lubumbashi : le Village des opportunités ouvre une nouvelle voie à la jeunesse congolaise

Pendant trois jours, Lubumbashi ne sera pas seulement la capitale économique de la République démocratique du Congo. Elle devient aussi le point de rencontre de milliers de jeunes venus chercher bien plus qu’une simple exposition : une opportunité de transformer leur avenir.

Ce jeudi 9 juillet 2026, la ministre de la Jeunesse et Éveil patriotique, Grâce Kutino, a officiellement lancé la deuxième phase du Village des opportunités, une initiative qui ambitionne de rapprocher les jeunes des possibilités de formation, d’emploi, d’entrepreneuriat et d’innovation.

Présenté comme une plateforme nationale, ce rendez-vous rassemble institutions publiques, entreprises privées, partenaires techniques et financiers ainsi que porteurs de projets autour d’un même objectif : faire de la jeunesse congolaise un véritable moteur du développement.

Un espace où les talents rencontrent les opportunités

À travers cette initiative, le gouvernement souhaite créer un pont entre les ambitions des jeunes et les structures capables de les accompagner.

« Le Village des opportunités constitue une plateforme nationale de promotion des talents, de valorisation des initiatives des jeunes et de mise en relation entre les demandeurs d’opportunités et les acteurs du développement », a déclaré la ministre Grâce Kutino lors de la cérémonie d’ouverture.

Mais, selon elle, ce village ne se limite pas à un espace d’exposition.

Il se veut également un cadre d’éveil citoyen, d’engagement et de responsabilisation, où les jeunes sont invités à développer leur esprit d’initiative tout en renforçant leur patriotisme.

« Le Village des opportunités n’est pas seulement un espace d’exposition, mais un cadre d’éveil, d’engagement et de construction d’une jeunesse consciente de son rôle dans le développement du pays », a insisté la ministre.

Trois jours pour rapprocher les jeunes des acteurs du développement

Du 9 au 11 juillet, le site de l’événement se transforme en un vaste carrefour d’échanges.

Les participants peuvent rencontrer des entreprises, découvrir des programmes de financement, bénéficier d’informations sur les formations disponibles et échanger avec des structures d’accompagnement susceptibles de soutenir leurs projets entrepreneuriaux.

Pour les jeunes présents, l’initiative représente une occasion rare de retrouver, en un seul lieu, les principaux acteurs susceptibles de les accompagner dans leurs parcours professionnels ou dans la concrétisation de leurs idées d’entreprise.

La ministre a profité de cette rencontre pour réaffirmer l’engagement du gouvernement à placer la jeunesse au cœur de la stratégie de développement économique et social de la RDC.

« Le Gouvernement réaffirme son engagement à faire de la jeunesse un acteur majeur du développement économique et social du pays », a-t-elle souligné.

Une ambition nationale portée par le Chef de l’État

Après une première édition organisée à Kinshasa en décembre 2025, le Village des opportunités poursuit désormais son déploiement en province.

Cette extension répond à la volonté du président Félix Tshisekedi d’offrir aux jeunes de toutes les provinces un accès équitable aux dispositifs d’accompagnement, aux programmes d’emploi et aux opportunités d’entrepreneuriat.

À travers cette initiative, les autorités espèrent faire émerger une génération capable d’innover, de créer des emplois et de participer activement à la transformation économique du pays.

Au-delà des stands et des conférences, le Village des opportunités se présente ainsi comme un symbole : celui d’une jeunesse que le gouvernement veut voir passer du statut de demandeuse d’opportunités à celui d’actrice du développement national.

Guylain Nyembo signe des contrats de performance avec 15 établissements publics pour une gouvernance axée sur les résultats

Une nouvelle page s’ouvre pour l’administration publique congolaise. Jeudi 25 juin 2026, dans une salle où se mêlaient attentes et volonté de changement, le ministre d’État en charge du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, a donné le coup d’envoi d’une réforme appelée à transformer durablement le fonctionnement des établissements publics placés sous sa tutelle.

En lançant officiellement le processus de signature des contrats de performance avec quinze établissements et structures spécialisées, le Gouvernement affiche une ambition claire : passer d’une culture des moyens à une culture des résultats, où chaque institution sera désormais évaluée sur l’impact concret de son action.

Cette initiative s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et mise en œuvre par le Gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui fait de la bonne gouvernance l’un des piliers de la modernisation de l’État.

Une nouvelle gouvernance fondée sur les résultats

Au cœur de cette réforme figurent les contrats de performance, de véritables feuilles de route qui fixeront à chaque établissement des objectifs précis, des indicateurs mesurables ainsi que des mécanismes permanents de suivi et d’évaluation.

Pour Guylain Nyembo, il ne suffit plus de multiplier les activités administratives. Désormais, les performances devront être appréciées à travers les résultats réellement obtenus au bénéfice des citoyens.

« Nous voulons promouvoir une véritable culture de performance au sein de notre administration. Chaque structure doit être appréciée non seulement à travers les activités qu’elle mène, mais surtout à travers les résultats qu’elle produit », a déclaré le ministre d’État.

Les organismes concernés occupent une place stratégique dans l’appareil de l’État. Ils interviennent notamment dans la planification du développement, la coordination de l’aide internationale, la promotion des investissements, le suivi des politiques publiques et l’évaluation des programmes gouvernementaux.

Une réforme qui entre dans une nouvelle phase

Cette démarche ne part pas de zéro. Dès 2024, une phase pilote avait été engagée avec l’Institut national de la statistique (INS), l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) et l’Unité de conseil et de coordination du partenariat public-privé (UC-PPP).

Les résultats de cette première expérience ont encouragé le ministère du Plan à élargir le dispositif à l’ensemble de ses principaux établissements publics et structures d’exécution.

Afin de garantir le respect des engagements pris, un mécanisme permanent de suivi-évaluation accompagnera désormais cette réforme. Une première revue des performances est d’ailleurs annoncée pour le mois de septembre. Elle permettra de mesurer le niveau d’exécution des objectifs, d’identifier les difficultés rencontrées et d’apporter les ajustements nécessaires.

Au-delà de la signature des contrats, c’est une nouvelle manière de gouverner qui se dessine. L’administration est désormais appelée à rendre davantage de comptes, à mesurer son efficacité et à inscrire durablement la performance au cœur de son fonctionnement.

Pour le ministère du Plan, cette réforme pourrait constituer un tournant majeur dans la modernisation de l’action publique en République démocratique du Congo. Les prochains mois permettront de mesurer si cette ambition se traduit par des résultats concrets au service du développement du pays.

Raïssa Malu inaugure un centre de correction ultramoderne à Lubumbashi

C’est une étape marquante dans la modernisation du système éducatif congolais. Ce lundi 22 juin à Lubumbashi, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a inauguré officiellement le Centre national de correction, antenne du Haut-Katanga. Les autorités provinciales ainsi que plusieurs acteurs éducatifs de la région ont pris part à la cérémonie.

L’événement a également revêtu une dimension symbolique. En effet, cette infrastructure flambant neuve porte désormais le nom de la ministre. La province éducationnelle du Haut-Katanga 1 a choisi de lui rendre cet hommage afin de saluer les réformes engagées en faveur de la modernisation de la correction de l’Examen d’État. Elle entend aussi reconnaître les efforts menés pour rapprocher les services éducatifs des provinces.

Un équipement moderne pour accélérer la correction des copies

Doté d’équipements de pointe et de technologies de dernière génération, le Centre national de correction ambitionne de renforcer la capacité de traitement des copies dans le Grand Katanga et les provinces voisines. L’objectif est clair : rendre le processus plus rapide, plus fiable et plus transparent.

Pendant plusieurs années, les lenteurs de correction ont suscité des critiques. Désormais, les autorités veulent améliorer les performances du système grâce à cette nouvelle infrastructure.

Pour les milliers de finalistes du Haut-Katanga et des régions environnantes, cette réalisation constitue une avancée concrète. Les délais d’attente devraient diminuer. Par conséquent, les résultats pourront être publiés plus rapidement. Les élèves et leurs familles bénéficieront directement de cette amélioration.

Une vision gouvernementale tournée vers une éducation moderne

Cette réalisation s’inscrit dans la stratégie du Gouvernement de la République pour moderniser l’ensemble du système éducatif congolais. Après le déploiement des centres de scanage à travers le pays, les autorités renforcent désormais la chaîne de correction grâce à des outils plus performants.

Visiblement émue par cet hommage, Raïssa Malu a salué l’initiative. Selon elle, cette décision démontre la volonté des provinces de s’approprier les réformes nationales. « Ce centre est bien plus qu’une infrastructure. C’est un symbole de notre volonté commune d’offrir aux jeunes Congolais un système éducatif à la hauteur de leurs ambitions », a déclaré la patronne de l’Éducation nationale.

Alors que la session ordinaire de l’Examen d’État se poursuit jusqu’au 25 juin, l’inauguration de ce Centre national de correction envoie un signal fort. La RDC accélère sa transformation numérique dans le secteur éducatif. L’objectif reste de garantir des résultats plus fiables, plus transparents et disponibles dans des délais plus courts pour l’ensemble des candidats du pays.

Port en eau profonde de Banana : Jean-Pierre Bemba supervisé les travaux à Dubaï et donne le feu vert pour accélérer le chantier

La République démocratique du Congo se rapproche un peu plus d’un projet présenté comme l’un des plus importants de son histoire économique récente. À Dubaï, aux Émirats arabes unis, le gouvernement congolais a exprimé sa satisfaction face à l’évolution des travaux du port de Banana RDC, une infrastructure appelée à redessiner la carte du commerce maritime du pays.

En déplacement dans la métropole émiratie ce mardi 16 juin 2026, le Vice-Premier ministre et ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a rencontré les responsables de la société DP World, chargée de la construction de ce gigantesque projet situé dans la province du Kongo Central.

Au cœur des échanges : l’état d’avancement des travaux et les perspectives de livraison de cette infrastructure stratégique tant attendue.

Un chantier qui avance et suscite l’optimisme

Selon les informations communiquées à l’issue de la réunion, Jean-Pierre Bemba a salué les progrès enregistrés sur le terrain et encouragé les équipes de DP World à poursuivre les travaux au rythme actuel afin de respecter les délais fixés.

Cette rencontre a permis de faire le point sur les différentes étapes déjà réalisées ainsi que sur les défis techniques et logistiques liés à la construction du premier port en eau profonde de la République démocratique du Congo.

Pour les autorités congolaises, les avancées constatées constituent un signal positif pour un projet longtemps considéré comme essentiel au développement économique du pays.

L’objectif est désormais d’accélérer les dernières phases de réalisation afin que le port puisse entrer en service dans les meilleurs délais.

Le port de Banana, un levier pour transformer le commerce congolais

Ministère des transports RDC
© Ministère des transports RDC
Bien plus qu’une simple infrastructure portuaire, le port de Banana RDC est présenté comme un outil de souveraineté économique.

Aujourd’hui, une grande partie des importations et exportations congolaises transitent par les ports des pays voisins, générant des coûts supplémentaires et une forte dépendance logistique.

Avec la future mise en service du port de Banana, la RDC ambitionne de disposer de sa propre plateforme maritime capable d’accueillir directement de grands navires internationaux.

Cette infrastructure devrait réduire les coûts de transport, accélérer les opérations commerciales et renforcer l’attractivité économique du pays auprès des investisseurs étrangers.

Un projet stratégique pour la compétitivité de la RDC

À travers ce chantier, le gouvernement entend également renforcer la position de la RDC dans les échanges régionaux et internationaux.

Grâce à son emplacement stratégique sur la façade atlantique, Banana pourrait devenir un véritable hub logistique pour l’Afrique centrale, facilitant l’exportation des ressources minières, agricoles et industrielles du pays vers les marchés mondiaux.

Pour Kinshasa, le succès de ce projet représente bien plus qu’un investissement dans les infrastructures. Il s’agit d’un pari sur l’avenir économique du pays et sur sa capacité à devenir un acteur majeur du commerce continental.

À Dubaï, le message transmis par Jean-Pierre Bemba aux responsables de DP World était clair : le gouvernement congolais veut voir ce projet stratégique avancer rapidement afin que le port de Banana devienne enfin la porte maritime moderne dont la RDC rêve depuis plusieurs décennies.

Kinshasa : Daniel Bumba satisfait après l’inspection des travaux de réhabilitation au marché central Zando

Le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a visité, dimanche 14 juin 2026, les travaux de voirie et d’assainissement autour du marché central « Zando ». L’autorité provinciale s’est dit satisfait de cet avancement concret et de la qualité des ouvrages. Il a pour l’occasion salué le sérieux des équipes mobilisées.

Avenue par avenue, le Gouverneur a passé en revue le périmètre. Chaussées réaménagées, caniveaux curés, collecteurs dégagés, déchets évacués et constructions anarchiques démolies sur le domaine public. L’opération vise un triple pari : rendre le site plus propre, plus sûr et plus fonctionnel pour les vendeurs et clients. L’hôtel de ville parle d’une démarche qui s’inscrit dans « la vision présidentielle, pour une capitale moderne où l’ordre urbain ne tue pas l’économie ».

Bumba rassure les vendeurs de Zando

Daniel Bumba a joué à la pédagogie face au déguerpissement. Il a lancé un message clair aux commerçants concernés. À l’en croire, des espaces adaptés seront aménagés pour relancer leurs activités dans de meilleures conditions. Pas d’abandon, pas de fracture sociale. L’idée est d’accorder l’ordre public et la survie économique. Le patron de Kinshasa appelle au calme et à la confiance.

D’après plusieurs observateurs, la concrétisation de la promesse de relogement faite par l’exécutif provincial permettra à Zando de devenir le modèle d’une réhabilitation réussie à Kinshasa, où chaque déguerpi retrouve une place légale.

Le compte à rebours est lancé. La réouverture du marché central se rapproche et Daniel Bumba veut que Kinshasa y gagne en image et en cadre de vie. Entre voirie refaite et salubrité retrouvée, il mise sur la relance ordonnée des activités. Le Gouverneur insiste : toutes les mesures sont prises pour sécuriser la paix sociale autour du principal centre commercial de la capitale.

En mai dernier, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a effectué une descente inopinée au marché central. Insalubrité, embouteillages et emprises publiques occupées constituent le constat amer fait par le Chef de l’État. Dès le lendemain, l’hôtel de ville a revu le chronogramme. Daniel Bumba a reçu l’instruction de verrouiller le chantier pour une réouverture avant la saison des pluies.

L’objectif fixé est clair : livrer un marché assaini qui redonne confiance aux Kinois et aux opérateurs économiques. Daniel Bumba joue donc sa crédibilité sur ce chantier vitrine. Accélérer, c’est répondre à l’injonction présidentielle mais aussi éviter que Zando ne replonge après les premières pluies.

Après des années de promesses, Zando a l’occasion de redevenir une référence. La satisfaction est manifeste, mais le vrai test sera l’après-réouverture.

TENASOSP à Kinshasa : « L’école doit devenir le premier maillon de l’emploi » (Daniel Bumba)

Ce jeudi 11 juin 2026, le Complexe Scolaire Estonnac Mobokoli, le centre Province de Kinshasa-Funa Selembao 31, est devenu l’épicentre de l’éducation congolaise. Le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a prononcé un discours à l’occasion du lancement officiel du Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP). La cérémonie s’est déroulée en présence du Ministre d’État à l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu.

Dès l’entame, Daniel Bumba a planté le décor. Il souhaite que cette activité scolaire dépasse largement le cadre d’un simple test national.

« La tenue de l’activité d’aujourd’hui s’inscrit dans la vision du Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a placé l’éducation au cœur des priorités de sa vision », a-t-il souligné. L’ambition est claire : bâtir une école qui répond aux défis du 21e siècle. Pour Kinshasa, Daniel Bumba entend du TENASOSP un outil stratégique de développement, grâce à ce mécanisme d’orientation qui aligne formation et besoins du pays.

Orienter selon les aptitudes, pas selon la routine

Le TENASOSP cible les élèves du cycle terminal de l’enseignement de base, en 8ème année. Son mécanisme est inédit.

« Le TENASOSP dégage le profil psychologique de l’élève grâce à une batterie combinée d’items de connaissances scolaires et de tests psychotechniques et permet d’orienter rationnellement l’élève selon ses aptitudes, ses goûts et les besoins réels du marché vers les humanités », a expliqué l’autorité provinciale. Cette déclaration du Gouverneur rappelle la volonté du système éducatif congolais de mettre fin à l’orientation par défaut ou par pression sociale. Il laisse plutôt place à une logique scientifique qui met l’enfant au centre de son propre projet.

Le défi : transformer le diplôme en passeport vers la dignité

Le Gouverneur a ensuite recentré le débat sur l’employabilité.

« Le défi de notre temps n’est pas seulement de scolariser les enfants, mais de faire en sorte que chaque enfant scolarisé puisse demain trouver sa place dans l’économie nationale », a-t-il martelé.

Cette phrase résume la nouvelle philosophie de Kinshasa. L’école doit former des bâtisseurs, des créateurs et des acteurs économiques.

D’une voix ferme, il a renchérit : « C’est pourquoi je le dis avec force aujourd’hui : Finie l’époque où nos enfants étudiaient pour le chômage. Désormais, Kinshasa orientera progressivement sa jeunesse vers les compétences qui construisent l’avenir. L’école doit devenir le premier maillon de la chaîne de l’emploi, l’orientation doit devenir le pont entre l’éducation et l’économie ; et le diplôme doit redevenir un passeport vers la dignité ».

1,6 million de candidats, un pari national

L’ampleur du lancement force l’admiration. Selon les chiffres du ministère de tutelle, la République démocratique du Congo a lancé le TENASOSP 2026 avec plus de 1,6 million de candidats. Un chiffre record qui témoigne de la confiance des parents et des élèves dans ce nouveau dispositif. Malgré l’insécurité dans certaines régions du pays, les élèves participent massivement à cette épreuve décisive pour leur orientation scolaire et professionnelle.

Le TENASOSP 2026 est lancé. Le message de Daniel Bumba est passé : orienter, former et employer. Mais la balle est désormais dans le camp de l’économie nationale. Si l’école devient le premier maillon de la chaîne de l’emploi, encore faut-il que les secteurs productifs ouvrent leurs portes. L’orientation est le pont, le diplôme est le passeport. Reste à construire la destination.

Kinshasa : Daniel Bumba donne 48 heures pour la démolition d’une kermesse illégale à Bandalungwa

Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, exige du bourgmestre de Bandalungwa la démolition et l’évacuation immédiate d’une kermesse installée dans l’enceinte même de la maison communale. La décision émane d’une instruction ferme transmise au ministre provincial des Infrastructures, Travaux Publics, Affaires Foncières, Urbanisme et Habitat, Alain Tshilungu. Dans cette correspondance du 9 juin 2026, la mesure sonne comme un rappel à l’ordre. À Kinshasa, le patrimoine administratif n’est plus négociable.

Le compte à rebours est lancé. Le bourgmestre dispose de 48 heures pour exécuter la mesure. Passé ce délai, le gouvernement provincial se réserve le droit d’intervenir d’office. Démolition aux frais des organisateurs de cette occupation « irrégulière », sans préjudice d’autres sanctions administratives ou légales. « L’inaction coûtera cher à ceux qui défient l’autorité de la Ville », souligne le document.

Un domaine public détourné de sa mission

Pour le ministre Alain Tshilungu, l’installation ne relève pas d’un simple débordement festif. Elle compromet la vocation initiale du site, met en danger la sécurité des usagers et des agents, et paralyse le fonctionnement des services communaux.

La maison communale étant le cœur battant de l’administration locale, précise le ministre, la laisser envahir, c’est ouvrir la porte à tous les abus.

Daniel Bumba trace la ligne rouge

En visant Bandalungwa, le Gouverneur envoie un signal fort à toutes les communes de Kinshasa. Sous son mandat, l’anarchie spatiale n’a plus droit de cité. Daniel Bumba choisit désormais la fermeté contre l’occupation illégale des espaces publics, même quand elle se déguise en événement populaire.

L’exécutif provincial se veut une nouvelle doctrine : restaurer l’autorité de l’État, protéger le patrimoine et sécuriser les agents. Bandalungwa devient ainsi le premier test de cette ligne dure.

Au-delà de Bandalungwa, cette fermeté s’inscrit dans une dynamique nationale. Sur instruction du Président de la République, Kinshasa s’est lancée dans une vaste opération de salubrité et de récupération des emprises publiques. Routes, avenues, espaces verts : l’objectif est de redonner à la capitale son visage de « Kin la belle ».

La décision du Gouverneur Bumba n’est donc pas isolée. Elle est le prolongement local d’une volonté présidentielle : zéro tolérance pour l’occupation anarchique, zéro compromis pour la salubrité.

Kinshasa : un tramway pour dompter la mégapole de 18 millions d’habitants

Comment déplacer plus de 18 millions de Kinshasais ? Les infrastructures actuelles ont été conçues pour une population bien plus faible. Le gouvernement veut répondre à ce défi. Plusieurs projets de mobilité urbaine sont lancés. Le plus emblématique : la mise en place du premier tramway de Kinshasa.

Une première ligne devrait entrer en service en décembre 2027. Elle reliera le centre-ville à l’aéroport international de N’djili. Qu’est-ce qu’un tramway ? C’est un train urbain léger circulant sur des rails. Sa capacité de transport est supérieure à celle des bus. En effet, il permet de déplacer rapidement un grand nombre de voyageurs. Ainsi, dans plusieurs grandes métropoles, ce mode de transport réduit les embouteillages.

 Rocades, viaducs et boulevard Lumumba : un programme plus large

Le futur tramway n’est qu’un maillon d’un vaste programme. Les annonces ont été faites le 9 juin 2026. Le ministre des Infrastructures, John Banza, s’est exprimé lors d’un briefing de presse. Il était accompagné du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Plusieurs autres infrastructures ont été évoquées. Par ailleurs, des rocades nord et sud seront construites. Elles permettront de contourner les zones les plus congestionnées. Des viaducs urbains sont également prévus. En outre, de grands axes routiers seront modernisés. C’est le cas du boulevard Lumumba.

Moins d’embouteillages, plus d’emplois : les effets attendus

Pour les spécialistes, les transports collectifs de masse transforment les grandes villes. Au-delà de la mobilité, ils réduisent les pertes de temps. Ils facilitent aussi l’accès à l’emploi. Enfin, ils améliorent la circulation des biens et des services.

À Kinshasa, la croissance démographique est forte. La pression sur les infrastructures ne cesse d’augmenter. C’est pourquoi ces investissements sont essentiels. Les effets attendus sont nombreux : réduction des temps de trajet, baisse des coûts de transport et valorisation des zones desservies.

Avec le tramway, les rocades et les nouveaux ouvrages routiers, les autorités misent sur une approche combinée. L’objectif est clair : permettre à une mégapole en pleine croissance de continuer à se déplacer, à produire et à échanger plus efficacement.

Honorine Porsche, l’Allemande de Matonge, transférée à Berlin : fin du calvaire ou début d’une autre peine ?

Elle avait tenté de se donner la mort plusieurs fois à Makala. Berlin a finalement sorti sa ressortissante de l’enfer congolais

Il y a des silences qui en disent plus que tous les réquisitoires. Celui du gouvernement congolais, jeudi 4 juin 2026, à l’annonce du transfèrement d’Honorine Porsche vers l’Allemagne, en est un. Aucune déclaration officielle. Aucun communiqué triomphal. Juste le bruit feutré des rouages judiciaires qui s’activent, loin des projecteurs.

La citoyenne allemande d’origine congolaise, condamnée à dix ans de servitude pénale pour son implication dans le spectaculaire braquage d’une banque à Matonge, a quitté la RDC sous escorte de policiers allemands. Direction : l’Allemagne. Motif : l’application des accords de coopération judiciaire entre Kinshasa et Berlin.

Mais derrière ce transfert administratif se cache une histoire plus sombre. Plus fragile. Plus humaine.

Les nuits de Makala : quand la cellule devient tombeau

Honorine Porsche n’a pas supporté la chute. Arrêtée en octobre 2025, après une enquête des services de sécurité congolais sur le cambriolage de la succursale RawBank à Kalamu, elle a vu sa vie basculer en quelques semaines. Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe a été impitoyable : dix ans de prison, et 300 millions de francs congolais d’amende pour réparer les préjudices.

Placée à la prison centrale de Makala, elle a rapidement sombré. Selon une source diplomatique citée par l’ACP, plusieurs tentatives de suicide ont émaillé sa détention. Des gestes désespérés, vite interrompus par les gardiens, mais qui ont alerté les autorités allemandes.

Berlin a alors actionné les leviers de la coopération judiciaire. Discrètement. Efficacement.

Un accord entre deux États, une seconde chance pour une femme brisée

Le mécanisme est rodé : la RDC et l’Allemagne entretiennent des accords de transfèrement des personnes condamnées. Sous certaines conditions – notamment humanitaires – un détenu peut purger le reste de sa peine dans son pays d’origine.

C’est ce qui est arrivé à Honorine Porsche.

Jeudi 4 juin, elle a franchi les portes de Makala pour la dernière fois. Encadrée par des policiers allemands, elle a été conduite vers un vol à destination de l’Allemagne. Là-bas, les autorités prendront le relais. La peine n’est pas annulée : elle est simplement transférée géographiquement. Mais dans des conditions sans commune mesure avec le cauchemar de Makala.

Aucune réaction officielle n’a été enregistrée jeudi, ni du côté de Kinshasa ni de Berlin, sur les modalités précises d’exécution du reste de sa peine. Un mutisme qui en dit long sur la sensibilité du dossier.

Matonge, un braquage qui a marqué Kinshasa

Pour comprendre l’onde de choc provoquée par cette affaire, il faut retourner à Matonge, ce quartier vibrant de Kalamu, poumon artistique et populaire de Kinshasa. Le braquage de RawBank, en octobre 2025, avait suscité une vive émotion dans la capitale congolaise. Non seulement par son audace, mais aussi par le profil des suspects.

Honorine Porsche, par sa double nationalité, incarnait une forme d’entre-deux troublant : allemande par les papiers, congolaise par les racines. Les investigations avaient établi son implication sans équivoque, et le procès, bien que militaire, avait été suivi avec une attention rare.

Dix ans de servitude pénale, c’était la sentence. Beaucoup l’avaient jugée sévère. D’autres, exemplaire.

Un transfert qui soulève des questions

Si le départ d’Honorine Porsche a été salué discrètement par certaines organisations de défense des droits humains – sensibles à son état psychologique – il laisse planer quelques ombres.

La RDC a-t-elle cédé à la pression diplomatique allemande ? La coopération judiciaire est-elle vraiment équilibrée entre un géant européen et un pays souvent fragilisé par ses propres institutions ? Et surtout : Honorine Porsche purgera-t-elle sa peine en Allemagne, ou bénéficiera-t-elle d’une libération anticipée une fois sur le sol européen ?

À ces questions, les deux capitales, pour l’instant, répondent par le silence.

Une vie entre deux patries, une justice entre deux mondes

Le transfèrement d’Honorine Porsche est plus qu’une simple procédure judiciaire. C’est le symbole d’une époque où les nationalités s’emmêlent, où les crimes commis sur un continent peuvent être jugés sur un autre, et où la frontière entre prison et sauvetage devient parfois floue.

Il reste une certitude : à Makala, une cellule est vide. Et quelque part en Allemagne, une femme brisée recommence à respirer. Pas libre. Mais vivante.

La suite appartient aux juges allemands. Et à elle-même.

480 kilomètres de bitume et un pont géant sur le Lualaba : la RDC signe le contrat de sa révolution routière

Ce mercredi 3 juin 2026 restera gravé dans les annales des infrastructures congolaises. Au cœur de Kinshasa, sous les projecteurs d’une salle bondée, le Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a posé sa plume sur trois contrats historiques. En face de lui : trois géants chinois du BTP. Sur le papier : une autoroute moderne à 2×2 voies, un pont de 714 mètres enjambant le Lualaba, et la promesse d’une connectivité totale entre l’Est et l’Ouest de la RDC. La fièvre du bitume gagne le pays.

Ce n’est pas un simple ruban coupé. C’est une artère qui s’ouvre. Une promesse de désenclavement pour des millions de Congolais coincés entre des pistes impraticables et l’absence d’infrastructures. Le projet s’inscrit sous la haute vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo : faire de la RDC un espace sans rupture, où les routes ne s’arrêtent plus à la boue et aux saisons des pluies.

« La RN2 est l’exemple parfait de notre nouvelle approche : bâtir des routes modernes qui intègrent dès la conception des dispositifs innovants », a martelé le Ministre, le regard tourné vers l’horizon.

Une autoroute ultra-moderne pour matérialiser la « connectivité totale »

Imaginez une ligne droite de bitume, large, lisse, capable d’absorber les flux de camions, de bus et de véhicules légers sans s’essouffler. Une véritable autoroute, la première du genre en RDC. Reliant à terme Mbuji-Mayi, le cœur diamantifère du pays, à Bukavu, porte orientale des Grands Lacs.

Ce rêve est en train de devenir béton.

Les trois contrats signés ce mercredi concernent le bitumage de 206 kilomètres supplémentaires sur la RN2, de Mbanga jusqu’à la rivière Lualaba. Ces 206 kilomètres sont divisés en deux lots d’environ 100 kilomètres chacun, confiés aux mastodontes chinois China First Highway Engineering Company Limited et Sinohydro Bureau 14, associés au Groupement China Jiangxi International Economic.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car ces 206 kilomètres viennent s’ajouter aux 280 kilomètres déjà en cours entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga. Au total, ce sont 480 kilomètres de route modernisée qui vont mailler l’espace entre le Kasaï-Oriental et le Maniema.

480 kilomètres. L’équivalent d’une traversée de la Belgique du nord au sud. Une distance qui, aujourd’hui, se compte en jours de souffrance sur des pistes défoncées. Demain, en heures de roulage confortable.

Le troisième plus grand pont sur le fleuve Congo : un colosse d’acier sur le Lualaba

Mais le clou du spectacle, l’élément qui a fait lever les sourcils et écarquiller les yeux, c’est l’annonce d’un pont de 714 mètres linéaires sur la rivière Lualaba. Une structure massive, impressionnante, qui viendra se poser en travers du deuxième plus long fleuve d’Afrique.

Avec ses 714 mètres, ce pont deviendra le troisième plus long jamais jeté sur le fleuve Congo. Seuls les ponts de Matadi et de Kinshasa le dépasseront. Une prouesse technique signée par les mêmes entreprises qui bâtissent les plus grands ouvrages d’art du monde.

Et là encore, le Ministre a tenu à marquer le coup : « Cet ouvrage aura l’avantage d’intégrer 2×2 voies de circulation. » Pas de rétrécissement, pas de goulot d’étranglement. Une fluidité totale d’un bout à l’autre de l’axe.

Des routes qui pensent à demain : fibre optique et énergie électrique

L’une des grandes forces de ce projet, c’est sa vision à long terme. Les routes ne seront pas de simples rubans de bitume. Elles intégreront dès leur conception des réservations pour le déploiement de la fibre optique et le transport de l’énergie électrique.

Traduction : à terme, ces corridors routiers deviendront également des autoroutes numériques et énergétiques. Les villages isolés pourront être connectés à Internet haut débit. Les villes étapes pourront être raccordées au réseau électrique national. La route devient alors bien plus qu’une route : un vecteur de développement global.

John Banza Lunda ne s’y est pas trompé. Devant les caméras, il a insisté sur cette dimension : « Nous ne construisons pas seulement pour aujourd’hui. Nous construisons pour les générations futures. »

Transparence et rigueur : un appel d’offres exemplaire

Ce projet, financé par la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), a été soumis à une procédure d’une rigueur exemplaire. Dès le début de l’année 2025, les études techniques ont été lancées. Puis est venu le temps de l’appel d’offres international, ouvert à tous, sans favoritisme.

Les offres ont été évaluées d’abord sur le plan technique, puis financièrement. Résultat : un coût extrêmement compétitif, autour de 150 millions USD pour les 206 kilomètres de route, et 37 millions USD pour le pont.

Des chiffres qui, selon le Ministre, sont « exceptionnels au vu des normes exigées ». Une preuve que la concurrence internationale, bien menée, profite au contribuable congolais.

Calendrier : mobilisation immédiate, premiers coups de pioche en octobre

L’enthousiasme retombé, place au pragmatisme. Les contrats signés, une période de mobilisation de quatre mois s’ouvre désormais. Le temps pour les entreprises chinoises d’acheminer leurs engins, d’installer leurs bases de vie, de recruter la main-d’œuvre locale.

Le démarrage effectif des travaux est fixé au mois d’octobre 2026. D’ici là, une réunion de cadrage technique est prévue dès la semaine prochaine. Une présentation officielle du projet aura également lieu en présence des gouverneurs et des députés des provinces concernées : Kasaï-Oriental, Lomami, Maniema et Sud-Kivu.

Ces élus locaux attendent cette route comme le Messie. Car le tracé stratégique de la RN2 va désenclaver leurs territoires, ouvrir des débouchés agricoles, faciliter le commerce, désengorger des villes étouffées par l’absence d’alternative.

Une page se tourne, une nouvelle s’écrit

La RDC a longtemps traîné le boulet de ses infrastructures délabrées. Les routes, quand elles existent, ressemblent plus à des champ de mines qu’à des voies de circulation. Les ponts, souvent vétustes, s’effondrent régulièrement sous le poids des camions surchargés.

Avec ce projet porté par la Banque mondiale et exécuté par des entreprises de premier rang, Kinshasa envoie un signal fort : le temps du rattrapage a commencé. L’autoroute Mbuji-Mayi – Bukavu deviendra le symbole d’une renaissance, la première pierre d’un réseau moderne qui, demain, maillera tout le pays.

Alors, certes, le chantier sera titanesque. Certes, il faudra surmonter les obstacles logistiques, les pluies diluviennes, les terrains instables. Mais l’engagement est là. Les signatures sont fraîches. Et l’espoir, immense.

Dans quelques années, quand les premiers véhicules emprunteront cette autoroute flambant neuve, que les camions franchiront le pont de 714 mètres sans broncher, on se souviendra de ce 3 juin 2026. Ce jour où la RDC a cessé de rêver ses routes pour enfin les construire.

Ville morte à Kinshasa : Grand marché fermé, les commerçants choisissent la prudence (Situation 9 heures)

Le Grand marché de Kinshasa, cœur commercial des communes de Kinshasa, Barumbu et Gombe, est resté fermé ce mercredi 3 juin 2026 jusqu’à 9 heures. Des expatriés et plusieurs commerçants congolais ont baissé leurs rideaux, suivant l’appel à la ville morte lancé par l’opposition contre la révision constitutionnelle. Au détail comme au gros, seuls quelques étalages sont visibles. Beaucoup de vendeurs hésitent encore à ouvrir. Cette prudence traduit l’inquiétude qui plane sur l’axe commercial le plus fréquenté de la capitale.

Commerce au ralenti, hésitation des vendeurs

Le constat est identique dans les galeries et boutiques de détail. Quelques étals ont osé s’installer, mais la majorité des commerçants attendent de voir l’évolution de la journée.

Pour plusieurs observateurs, ce comportement répond directement au mot d’ordre de l’opposition : paralyser l’économie pour forcer le pouvoir à renoncer au changement de la Constitution. D’autres par contre y voient une mesure de sécurité face à l’incertitude.

Le Grand marché, baromètre économique de Kinshasa, donne donc le ton d’une ville partagée entre obéissance au mot d’ordre et besoin de travailler.

Transport en mouvement, contraste avec les boutiques

Contrairement aux magasins, le secteur du transport ne suit pas la Ville morte à Kinshasa. Taxis, bus et motos roulent depuis les premières heures. Chauffeurs et receveurs ont pris la route tôt pour assurer le déplacement des Kinois. Ce contraste montre que l’impact de l’appel varie selon les secteurs.

Si le commerce marque le pas, la mobilité reste assurée, limitant pour l’instant une paralysie totale de la ville.

Agents de l’État sommés de reprendre le service

Le gouvernement ne reconnaît pas la ville morte. Le Vice-premier ministre en charge de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé à l’ordre tous les agents et fonctionnaires de l’État.

Dans une correspondance datée du 1er juin dernier, Jean-Pierre Lihau a prévenu que toute absence sans motif valable sera sanctionnée conformément aux règles de la Fonction publique. L’État veut maintenir l’administration debout et éviter que l’appel de l’opposition ne paralyse les services publics.

La journée reste par ailleurs sous haute observation, entre commerces fermés et État mobilisé.

Kinshasa, suspendue entre deux souffles : quand la « ville morte » révèle une capitale sous tension

Ce mercredi 3 juin, Kinshasa a retenu son souffle. À l’appel de l’opposition, protestant contre un éventuel changement de Constitution et un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, la mégapole s’est réveillée sous tension. Entre écoles désertes, artères sous contrôle militaire et activités au ralenti, nos reporters ont arpenté une capitale aux allures de poudrière.

Sous les blindés, une ville qui résiste

Dès les premières lueurs du jour, un décor inhabituel s’impose aux habitants. Aux rond-points Ngaba, Victoire, UPN, Selembao, et sur l’emblématique boulevard du 30 Juin, l’œil du passant heurte sans cesse le métal froid des blindés. La police et l’armée, déployées en masse, quadrillent chaque carrefour stratégique. Objectif : prévenir tout dérapage.

Pourtant, la vie ne s’est pas totalement éteinte. Au rond-point Ngaba, quelques taxis-bus et boutiques résistent, malgré une affluence timide. Même frémissement à Victoire, où motards et piétons bravent la consigne, tandis que d’autres commerces restent obstinément fermés.

À Masina, le marché de la Liberté voit encore des vendeuses étaler leurs marchandises, mais l’habituel tumulte a laissé place à un silence de plomb. « On travaille, mais le cœur n’y est pas », murmure une marchande, l’œil rivé sur l’entrée du quartier.

Écoles silencieuses, parents inquiets

C’est peut-être dans l’enceinte des établissements scolaires que la « ville morte » se lit le mieux. À Kalamu, les écoles catholiques Monseigneur Moke, Sainte-Marie Goretti et Saint Vincent de Paul affichent des salles quasi vides. Les parents, par crainte de débordements ou par soutien au mot d’ordre, ont massivement gardé leurs enfants à la maison.

« Je ne prends pas le risque. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans les rues aujourd’hui », confie une mère devant les grilles closes.

Dans l’est de la capitale, la politique s’invite dans le bitume

Pendant ce temps, dans le district de Tshangu, la température monte autrement. À Kimbanseke et Masina, la Garde républicaine déploie des armes lourdes autour des maisons communales. Les forces de sécurité bloquent les principales issues vers le boulevard Lumumba.

Mais dans ce décor sécurisé, deux camps s’observent. Au marché Pascal, des jeunes se réclamant de l’ECIDé de Martin Fayulu tentent de réveiller l’ambiance en faisant exploser des pétards. Quelques centaines de mètres plus loin, sous une tente aux couleurs de l’UDPS, d’autres jeunes, se disant « Forces du progrès », scandent en boucle : « Ti na troi » – allusion directe à un troisième mandat du président sortant.

Transports, assainissement et ordres venus d’en haut

Malgré l’appel à la paralysie, certaines structures refusent de plier. À N’sele, les associations de chauffeurs ont reçu une consigne claire : rouler. « Nous avons reçu l’ordre du gouvernement. Nous sommes apolitiques, mais nous respectons les institutions », affirme Gola Ndala, président de l’ACCO Efobank.

Dans le même secteur, le chef du quartier Mikonga, Tonton Ngaliema, a même lancé une opération de salongo. Balai à la main, il martèle : « Nous ne répondons pas à l’opposition. Mon bureau est ouvert, mes collaborateurs sont là. »

À Mariano, frontière entre Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri, des jeunes en chasubles à l’effigie du ministre Doudou Fwamba et du président Tshisekedi se relaient pour curer les caniveaux. Un nettoyage politique, sous l’œil des blindés.

Banques ouvertes, fourrières en maraude

Contre toute attente, l’agence Rawbank, récemment braquée près de la Place des Artistes, a rouvert ses portes. Quelques clients patientent devant les distributeurs. Symbole, pour certains, d’une normalité forcée. Au rond-point Victoire, les agents de la fourrière municipale sont à l’œuvre : « On enlève les épaves, comme chaque jour », lance l’un d’eux, sous le regard amusé de policiers postés en faction.

Vers un après-midi sous haute tension ?

Jusqu’en milieu de journée, aucun incident majeur n’a été signalé. Pas de manifestation massive, pas de heurts. Mais cette accalmie reste fragile. À N’sele, quelques bus Transco circulent encore, presque seuls sur les axes. La plupart des Kinois sont restés chez eux, retenant leur souffle.

Car ce mercredi 3 juin, Kinshasa n’est pas vraiment morte. Elle retient son souffle. Et dans l’air moite de la capitale, une question flotte : jusqu’où ira cette guerre d’influence entre le pouvoir et la rue ?

Journée mondiale de l’hygiène menstruelle : à l’INA de Kinshasa, des filles brisent le tabou et reprennent leur dignité

Ce 28 mai 2026, dans l’enceinte prestigieuse de l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa, les murs n’ont pas vibré au rythme des tambours ou des chorégraphies. Ils ont résonné d’une parole longtemps étouffée : celle des règles, du corps, de la dignité.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, en partenariat avec l’ONG Solidarité Plus Forever, a organisé une matinée de sensibilisation placée sous le thème :
« Ensemble pour un monde adapté aux règles ».

Derrière ce titre doux se cache une ambition immense : faire des menstruations une question de santé publique, d’égalité des chances, et plus jamais de honte.

Une centaine d’élèves, cinq provinces éducationnelles, un même combat

Dans la salle, une centaine de jeunes filles, venues des cinq provinces éducationnelles de Kinshasa. À leurs côtés : des chefs d’établissement, des personnalités publiques, des partenaires techniques et financiers. Tous réunis pour un même objectif : briser le silence qui enferme trop de fillettes dans leur propre corps.

Pendant des heures, on a échangé, témoigné, débattu. Un panel d’experts a rappelé des vérités simples mais souvent ignorées : l’hygiène menstruelle, c’est la santé. C’est la dignité. C’est l’éducation. Et sans elle, des milliers de filles manquent l’école chaque mois.

« Une fille qui a ses règles ne devrait jamais avoir à choisir entre sa fierté et ses études. »
— Intervenante lors du panel

Raïssa Malu : « Une école inclusive, c’est une école sans tabou »

Présente aux côtés des jeunes filles, la Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a réaffirmé avec force l’engagement du gouvernement congolais.

Son message était clair : construire des écoles inclusives, sûres et respectueuses des besoins spécifiques des apprenantes. Avec un objectif non négociable : qu’aucune fille, nulle part en RDC, ne soit privée de son droit à l’éducation à cause des menstruations.

Des toilettes adaptées, de l’eau propre, des personnels formés, des kits d’hygiène disponibles : derrière ces réalités concrètes se joue la liberté des filles.

« Un monde adapté aux règles, c’est un monde où aucune élève n’abandonne l’école par manque de moyens ou par peur du regard des autres. »
— Ministre Raïssa Malu

Des kits d’hygiène distribués : un geste simple, une révolution discrète

Mais ce matin-là, à l’INA, on n’a pas seulement parlé. On a agi.

Au terme des échanges, un important lot de kits d’hygiène menstruelle a été distribué aux centaines d’élèves présentes. Des serviettes lavables, du savon, des sous-vêtements, des petites affiches explicatives… Des objets du quotidien qui, dans les mains de ces jeunes filles, deviennent des outils de liberté.

Les sourire se sont élargis. Les regards ont changé. Certaines filles ont glissé leur kit dans leur sac comme un trésor. Et c’en était un.

Une promesse pour l’avenir : que les règles ne soient plus jamais un frein

Cette matinée à l’INA n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique portée par le gouvernement congolais, la société civile et les partenaires internationaux : faire des menstruations un sujet normal, banal, accessible.

Parce que quand une fille peut gérer ses règles en toute dignité, elle reste à l’école. Quand elle reste à l’école, elle grandit. Quand elle grandit, elle change sa vie. Et parfois, elle change le pays.

« Aujourd’hui, j’ai compris que mes règles ne sont pas une faiblesse. C’est juste la vie. Et la vie, on l’apprivoise. »
— Témoignage d’une élève de 15 ans, venue de la province éducationnelle de Tshangu

À Kinshasa, le 28 mai 2026 restera gravé comme le jour où une centaine de jeunes filles ont repris leur dignité. Pas avec des discours grandioses, mais avec des mots justes, des gestes simples, et des kits d’hygiène distribués comme autant de promesses. La route est encore longue. Mais ce matin-là, à l’INA, un monde adapté aux règles a cessé d’être un rêve. Il est devenu un engagement.

La RDC et la Chine scellent une alliance policière historique à Pékin

C’est une signature qui fait date. Ce mardi 26 mai 2026, à Pékin, la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine ont officialisé un accord de coopération inédit dans le domaine de l’application de la loi. Côté congolais, c’est Son Excellence Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, qui a paraphé le document. Face à lui, Son Excellence Wang Xiaohong, conseiller d’État et ministre de la Sécurité publique chinois.

L’enjeu ? Allier les forces des deux nations pour sécuriser l’espace congolais, menacé par des fléaux modernes qui ne connaissent pas de frontières.

Fraude minière, cybercriminalité : la PNC monte en puissance

Au-delà du protocole, cet accord a une ambition très concrète : renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise (PNC). Grâce à l’assistance technique chinoise, la RDC pourra mieux lutter contre plusieurs fléaux qui gangrènent son sous-sol et ses infrastructures numériques :

  • la criminalité transnationale,

  • la fraude minière – un mal endémique dans les provinces aurifères et diamantifères,

  • la cybercriminalité, en forte expansion sur le continent.

Autrement dit, la Chine ne signe pas un simple mémorandum de courtoisie. Elle apporte son savoir-faire sécuritaire pour aider Kinshasa à muscler sa police nationale.

Un groupe de travail conjoint pour passer à l’action

Les belles paroles laissent vite place aux rouages concrets. Les deux parties ont déjà mis sur pied un groupe de travail conjoint, chargé d’orchestrer la mise en œuvre de l’accord. Côté congolais, la coordination est confiée au Secrétaire général à l’Intérieur. Côté chinois, elle revient au Directeur de la coopération internationale du ministère de la Sécurité publique.

Résultat : une machine opérationnelle prête à démarrer, avec des objectifs clairs, des interlocuteurs désignés et une feuille de route partagée.

Shabani traduit en actes la vision Tshisekedi

Pour le gouvernement congolais, cette signature ne doit rien au hasard. Elle concrétise la volonté affirmée du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de bâtir avec la Chine une coopération d’exception, gagnant-gagnant. Finis les partenariats déséquilibrés. Kinshasa veut de l’égal à égal, du concret, du durable.

Avec cet accord policier historique, la RDC envoie un signal fort : elle ne compte pas seulement sur ses richesses minières pour exister sur la scène internationale. Elle veut aussi sécuriser son peuple, moderniser ses institutions et frapper là où ça fait mal : l’insécurité sous toutes ses formes. La Chine, elle, confirme son rôle de partenaire stratégique de long terme sur le continent africain.

Mbujimayi fait son grand choc intellectuel : le Congo se rêve en puissance du savoir

Ce mardi 26 mai, l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM) est entrée dans l’histoire. Sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi, le tout premier Congrès d’études congolaises a officiellement ouvert ses portes. Dans l’amphithéâtre qui porte le nom du chef de l’État, l’émotion était palpable : personnalités académiques, scientifiques, politiques et administratives, venues des quatre coins du pays, avaient fait le déplacement pour ne rien rater de ce moment inédit.

C’est au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations technologiques (ESURSI) que le professeur Crispin Maalu Bungi a donné le coup d’envoi des travaux. Ambiance solennelle, regards tournés vers l’avenir : le Congo se cherchait un nouveau destin, et c’est à Mbujimayi qu’il a choisi d’en poser les premières pierres.

« Un laboratoire d’idées pour le Congo de demain »

Le thème de cette édition inaugurale ne laisse rien au hasard : « Demain, le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ». Derrière les mots, une urgence : repenser le pays par le haut, par l’intelligence et par la transmission.

Dans son allocution, le recteur de l’UOM, l’abbé Appolinaire Cibaka Cikongo, a mis la barre très haut. Il a appelé les participants à transformer ces assises en un véritable laboratoire d’idées pour l’avenir du Congo. Son message, direct et inspirant :

« Ce premier Congrès d’études congolaises n’aura véritablement atteint son objectif que si les réflexions qui en découleront éveillent la conscience des gouvernants et poussent les intelligences congolaises à unir leurs forces pour changer durablement la destinée du pays. »

Un appel à l’union sacrée des cerveaux congolais. Pas de place pour la routine académique ici : on veut du concret, du transformationnel, du politique.

Gouverneur Mbwebwa : « Des universités modernes pour un Congo fort »

Le gouverneur du Kasaï Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, n’est pas venu seulement pour la photo. Prendant la parole, il a tenu à saluer les efforts entrepris par le président Tshisekedi dans la modernisation des infrastructures universitaires. Selon lui, des universités modernes ne sont pas un luxe : elles constituent un levier essentiel pour renforcer le capital humain et promouvoir l’excellence académique en RDC. Traduction : pour bâtir un grand Congo, il faut d’abord bâtir de grandes facultés.

Quatre jours pour penser le devenir national

Jusqu’à vendredi, l’UOM va vibrer au rythme des conférences, panels et échanges scientifiques. Au programme : les défis de gouvernance, l’histoire tourmentée et glorieuse du Congo, la valorisation des savoirs locaux, et surtout les perspectives de développement national. Rien de moins.

Avec ce premier Congrès d’études congolaises, l’Université Officielle de Mbujimayi ne cache plus ses ambitions : devenir une référence académique et scientifique en RDC. Et si tout cela n’était qu’un début ? En tout cas, une chose est sûre : à Mbujimayi, l’intelligence congolaise est en train de se doter d’une nouvelle fierté.

Kinshasa : le Gouvernement relance le dégagement des abords du marché central

Le Gouvernement provincial de Kinshasa a enclenché une nouvelle phase de l’opération de libération des emprises publiques autour du marché central. Sur instruction du Gouverneur Daniel Bumba, les équipes procèdent dès le 25 mai 2026 à la démolition, au dégagement forcé, au curage et au réaménagement des espaces occupés illégalement sur 8 avenues.

Le communiqué officiel a été signé par le ministre provincial des Infrastructures, Alain Tshilungu. Il a ordonné aux autorités administratives, aux services de sécurité et à la Police Nationale Congolaise d’appliquer les mesures avec fermeté et sans complaisance.

Des mesures sans tolérance pour les occupants illégaux

L’intervention vise les avenues Bokasa, Rwakadingi, Du Marais, Du Marché, De l’École, Plateau, Kasa-Vubu et Bolingo. L’autorité provinciale constate la persistance d’occupations anarchiques et d’activités commerciales illicites malgré les actions déjà menées.

En effet, tous les vendeurs informels, commerçants et occupants illégaux doivent libérer immédiatement et sans condition les espaces concernés. À défaut, la démolition systématique des étalages, l’évacuation forcée et la saisie des marchandises se poursuivront.

Les acheteurs surpris en train d’effectuer des transactions dans ces zones s’exposent aussi à une interpellation immédiate. « Ces périmètres sont désormais classés zones d’intervention administrative et de sécurisation urbaine », a martelé le communiqué.

Une étape pour la réouverture du marché central

Pour l’exécutif provincial, l’opération répond à des impératifs de salubrité publique, de restauration de l’ordre urbain, de fluidification de la circulation et de sécurisation des abords de l’infrastructure. Les travaux de nettoyage et d’assainissement se poursuivront jusqu’à la réouverture du site prévue très prochainement. L’objectif est de garantir un environnement sain et sécurisé pour les usagers et opérateurs économiques.

La visite de Tshisekedi au marché central de Kinshasa

Cette relance intervient deux jours après l’inspection du Président Félix Tshisekedi au marché central de Kinshasa, le samedi 23 mai 2026. Le Chef de l’État avait déploré l’inaccessibilité des routes qui retarde la mise en service de ce marché. Ce site commercial modernisé est conçu pour accueillir près de 50 000 acheteurs par jour.

Lors de sa visite, Félix Tshisekedi avait constaté avec regret que les avenues Plateau, de l’École, du Marché, des Marais et Rwakadingi restaient occupées par des vendeurs informels. Il avait pour la circonstance exigé qu’aucun étalage ne se retrouve sur la chaussée, sous peine de saisie des articles.

Ce déplacement marquait son retour au marché central un an après sa dernière visite.

Air Congo déploie ses ailes : un nouvel ATR 72-600 atterrit à Kinshasa et ouvre le ciel Congolais

Kinshasa, aéroport international de N’djili – 21 mai 2026 – Dans un ronronnement puissant mais maîtrisé, l’ATR 72-600 a fendu le ciel de Kinshasa pour se poser sous les yeux d’une poignée d’officiels et de techniciens émus. Ce nouvel aéronef, flambant neuf, 70 places exactement, n’est pas un avion comme les autres. C’est le deuxième du genre pour Air Congo. Et il pourrait bien changer la vie de millions de Congolais.

La cérémonie était présidée par le vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, entouré des responsables de la compagnie nationale. Sous le soleil de l’après-midi, tous affichaient le même sentiment : celui d’un décollage historique pour la desserte intérieure du pays.

« Avec ce deuxième ATR, nous concrétisons notre ambition : reconnecter les provinces entre elles, offrir une alternative fiable à des routes souvent impraticables »
— a souligné un responsable d’Air Congo, sous les flashs des photographes.

Cinq avions en un an et demi : la flotte congolaise prend son envol

Cette nouvelle acquisition ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une montée en puissance fulgurante. En moins de dix-huit mois, Air Congo est passée de trois à cinq appareils. Deux ATR 72-600, spécialement dédiés aux liaisons domestiques, viennent ainsi grossir les rangs d’une flotte qui se veut moderne, robuste et adaptée aux pistes exigeantes du territoire.

Fin avril 2026, le ministère des Transports avait déjà annoncé l’arrivée progressive de deux nouveaux avions pour renforcer les vols intérieurs. Promesse tenue. Désormais, les passagers pourront rejoindre des villes longtemps délaissées par le transport aérien : Bunia, Beni, Isiro, Gbadolite, Kalemie.

« Chaque nouvel appareil, c’est un pont jeté par-dessus l’enclavement. C’est un accès aux soins, aux marchés, à l’éducation »
— souffle un agent de la compagnie, les yeux rivés sur le fuselage encore immaculé.

Un partenariat gagnant-gagnant avec Ethiopian Airlines

Derrière cette renaissance, un mariage stratégique : l’État congolais, actionnaire majoritaire avec 51 % des parts, et Ethiopian Airlines, partenaire technique et financier, qui détient 49 %. Une coentreprise qui porte ses fruits. La compagnie éthiopienne, l’une des plus réputées d’Afrique, apporte son expertise en maintenance, formation et gestion des opérations.

Concrètement, cela signifie des appareils mieux entretenus, des équipages formés aux standards internationaux, et une ponctualité retrouvée. Pour le passager de Kinshasa, Goma ou Lubumbashi, c’est la promesse d’un voyage moins aléatoire. Pour les provinces reculées, c’est une bouée logistique.

Vers un maillage aérien inédit en RDC

Avec ce second ATR 72-600, Air Congo ne se contente pas d’ajouter un avion à sa flotte. Elle tisse une toile. Un maillage aérien qui, pour la première fois depuis des décennies, couvre les grands trous noirs de la carte nationale : le nord-est, le Grand Nord, les savanes isolées du Katanga.

Le pari est clair : faire du ciel congolais une autoroute accessible, sécurisée et régulière. Et faire souffler un vent nouveau sur des provinces entières, jusqu’ici dépendantes de pistes en terre battue et de convois semés d’embûches.

Alors que les moteurs de l’ATR s’éteignent doucement sur le tarmac de N’djili, une certitude plane : Air Congo a pris de l’altitude. Et avec elle, tout un pays.

Kinshasa : les plaques d’immatriculation « AKN » interdites à partir du 20 mai 2026

Le Gouvernement provincial de Kinshasa met fin à la période de tolérance accordée aux véhicules de l’administration publique utilisant encore les anciennes plaques d’immatriculation. Dans un communiqué daté du 15 mai 2026, le ministre provincial en charge du Plan, du Budget, de la Fonction publique, de l’Emploi, du Tourisme, des Transports et de la Mobilité urbaine, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, annonce l’entrée en vigueur de cette mesure dès le 20 mai 2026.

Le Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a instruit les autorités provinciales d’appliquer cette décision. Ainsi, le gouvernement veut vérifier la conformité des plaques d’immatriculation des véhicules relevant de l’administration publique provinciale.

Les autorités interdisent désormais la circulation des plaques portant la mention « AKN », jugées obsolètes. Elles exigent également le retrait immédiat de ces plaques auprès des propriétaires concernés.

Saisie et mise en fourrière des véhicules non conformes

Les services compétents intercepteront tout véhicule automoteur circulant avec une plaque « AKN » après la date butoir. Ensuite, ils saisiront ces véhicules avant leur mise en fourrière, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Par ailleurs, l’autorité provinciale rappelle que seuls les véhicules disposant des nouvelles plaques sécurisées peuvent circuler.

Procédure pour obtenir les nouvelles plaques

Les structures concernées doivent se rapprocher du ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat. Cette démarche permet d’identifier les véhicules, de les enregistrer puis de délivrer les nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées.

En outre, les services compétents de la Ville de Kinshasa mèneront l’opération de contrôle avec l’appui de la Police de circulation routière et des services de sécurité.

Cette mesure s’inscrit dans la politique « Kinshasa Ezo Bonga » portée par le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki. Le gouvernement provincial entend ainsi renforcer l’ordre urbain et améliorer la traçabilité des biens publics.

Le 12 décembre 2025, le ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat de la Ville de Kinshasa, alors dirigé par le ministre Alain Tshilungu, avait déjà annoncé la mise en circulation de nouvelles plaques d’immatriculation officielles.

Selon le document officiel, ces plaques hautement sécurisées sont exclusivement destinées aux véhicules de l’administration publique provinciale. Cette première étape visait notamment à normaliser et sécuriser le parc automobile de l’administration provinciale tout en renforçant les mécanismes d’identification des véhicules officiels.

Restaurer l’ordre administratif

Cette décision intervient dans un contexte marqué par la volonté de l’exécutif provincial de restaurer l’ordre administratif et de lutter contre l’usage frauduleux des véhicules de l’État.

Depuis plusieurs années, la prolifération des plaques « AKN » non actualisées complique la traçabilité des véhicules publics. De plus, cette situation crée des zones d’ombre dans la gestion du parc automobile et favorise plusieurs dérives.

Depuis l’arrivée de Daniel Bumba à la tête de Kinshasa en juin 2024, le programme « Kinshasa Ezo Bonga » accélère la mise en œuvre des réformes destinées à moderniser l’administration et à renforcer la transparence.

Enfin, la fin du moratoire marque le passage de la phase de sensibilisation à l’application stricte de la mesure. Les autorités prévoient donc un contrôle systématique dès la date annoncée.

Guillaume MAVUDILA

Rocade de Kinshasa : Judith Suminwa sur le terrain – “Un poumon routier pour sauver la capitale de l’asphyxie !”

Elle y est allée voir de ses propres yeux. Ce mardi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a posé ses bottes sur le chantier colossal de la rocade de Kinshasa. Son objectif était clair : s’assurer que ce projet, attendu comme une bouée de secours par des millions d’habitants, tienne toutes ses promesses.

Accompagnée du gouverneur Daniel Bumba, de plusieurs ministres et des poids lourds de l’Agence congolaise des grands travaux, la cheffe du gouvernement a passé en revue ce futur périphérique. Ce dernier doit libérer Kinshasa de ses célèbres embouteillages.

“Une route à deux voies de chaque côté” : le remède anti-embouteillages

Premier constat de cette visite : le chantier avance bien. De Ndjovu à Boma, en passant par Mitendi, les engins restent à l’œuvre. Judith Suminwa a affiché sa satisfaction face aux aménagements déjà visibles, notamment les murs de soutènement anti-érosions.

“Vous voyez les accotements, ces murs pour éviter les érosions. Ce sera une route de deux voies de chaque côté. Ainsi, la circulation deviendra beaucoup plus fluide”, s’est-elle réjouie.

Le point d’orgue du projet reste toutefois l’échangeur prévu à Mitendi. La RN1 passera au-dessus, tandis que la rocade filera en dessous. Cette prouesse technique créera une véritable artère de contournement. Grâce à elle, les usagers pourront rejoindre Matadi ou l’aéroport de N’djili sans traverser le cœur saturé de la capitale.

Le dernier obstacle : expropriations et indemnisations

Si la Première ministre a salué l’avancée technique du chantier, elle a également évoqué le point sensible des indemnisations, notamment à Ndjoku. En effet, plusieurs familles doivent être dédommagées avant la fin des travaux.

Bonne nouvelle toutefois : un accord a été trouvé avec les partenaires chinois de Sicomines. Judith Suminwa a ensuite pris un engagement clair :

“Toutes les indemnisations seront finalisées d’ici 2027 au plus tard. Ainsi, le projet pourra être achevé en septembre 2027 comme convenu.”

Par ailleurs, la Première ministre a dévoilé un prolongement spectaculaire. Une future route longerait le fleuve Congo afin de relier cette nouvelle rocade directement à l’aéroport international de N’djili. Ce projet pourrait transformer durablement la mobilité des 17 millions d’habitants de Kinshasa.

Enfin, Judith Suminwa a promis un suivi rapproché du chantier. Elle supervisera elle-même la coordination entre les ministères des Infrastructures, de l’Urbanisme, des Affaires foncières et la ville de Kinshasa. Désormais, la guerre contre les embouteillages est officiellement déclarée.

Nuit de braise à Makumo : 9 civils tués, des familles hantées par l’absence

Il était environ 19 h 30, dimanche 11 mai 2026, lorsque le silence de Makumo a volé en éclats. Dans cette paisible localité du centre de la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, l’horreur a frappé sans prévenir. Des hommes armés, présentés par des sources locales comme des rebelles ADF, ont déferlé sur le village. Leur objectif : semer la mort, et rien d’autre.

À l’aube de ce lundi 11 mai, le bilan provisoire est déjà insoutenable. Selon l’ONGDH Protection Plus, neuf corps sans vie ont été extraits des décombres. Cinq habitations, réduites en torches, achèvent de dessiner le portrait d’une communauté anéantie, en quelques dizaines de minutes à peine.

« Ils sont venus, ont brûlé, sont repartis – sans qu’un seul soldat ne bouge »

Dans une alerte publiée dans la matinée, l’ONG dénonce un mode opératoire désormais bien rodé par les assaillants : s’en prendre directement aux civils, dans un déchaînement de violence aveugle. Mais ce qui glace le plus le sang, c’est l’absence totale de réaction des forces de sécurité.

« Aucune réponse militaire. Rien. Pendant que les habitants hurlaient sous les flammes, les FARDC étaient invisibles. »

L’organisation est formelle : malgré la gravité de l’incursion, aucune patrouille, aucun coup de feu en riposte, aucune intervention. Dans la foulée, des familles errent encore entre les cendres, à la recherche de leurs proches disparus. La psychose est totale. Chaque ombre, chaque bruit de moteur au loin fait trembler les survivants.

« Fatigués d’enterrer leurs enfants dans l’indifférence » : le cri de Makumo

Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur de l’ONGDH Protection Plus, porte la voix d’un peuple à bout. Dans la déclaration que son organisation a rendue publique, les mots résonnent comme un glas :

« La population de Makumo crie sa détresse. Les habitants sont fatigués d’enterrer leurs frères, leurs enfants et leurs parents dans l’indifférence totale. »

Un cri de rage, aussi, mêlé à une lassitude viscérale. Car Makumo n’est pas un cas isolé. Ce nouveau massacre intervient à peine quelques jours après un assaut similaire attribué aux ADF à Biakato, toujours dans le territoire de Mambasa, où une dizaine d’autres civils avaient déjà péri. Et plus au nord, près d’Oicha, des dizaines de cultivateurs sont tombés ces dernières semaines, fauchés comme des épis dans leurs propres champs.

Une chute en forme de tombe ouverte

Alors que l’ONG appelle les autorités congolaises, les FARDC et les autorités provinciales à une intervention urgente pour protéger les civils, une question brûle les lèvres de tous, à Makumo comme ailleurs : combien de morts faudra-t-il encore avant que l’indifférence ne cède enfin la place à la protection ?

Au cœur de cette nuit du 11 mai 2026, les neuf victimes de Makumo ne sont pas des chiffres. Elles sont des pères, des mères, des enfants partis en fumée, tandis que les armes officielles restaient braquées vers le sol. Chaque maison incendiée est une promesse brisée. Chaque disparu, un rappel que, dans certaines régions du monde, l’horreur n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être lethale – juste silencieusement répétée.
Makumo brûle encore. Et personne, cette nuit-là, n’a éteint le feu.

 

Kinshasa : La RFCK démarre la 2e phase du contrôle technique et gèle les amendes jusqu’au « bouclage généralisé »

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a officiellement lancé la seconde échéance du contrôle technique obligatoire depuis le 1er avril 2026. Dans un communiqué signé le 7 mai, son directeur général Joseph Kasinzi Mafolo appelle tous les propriétaires de véhicules à régulariser rapidement leur situation. Ensuite, la régie déclenchera la phase de « recouvrement forcé ».

Afin d’éviter des sanctions immédiates, la RFCK accorde une « période de courtoisie routière » aux usagers concernés. Pendant cette phase, les équipes suspendent les contrôles de vignettes ainsi que les procès-verbaux dans toute la ville. Toutefois, cette mesure prendra fin lors du « bouclage généralisé ». Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, fixera personnellement la date de cette opération.

Qui doit se conformer au contrôle technique ?

La RFCK cible plusieurs catégories d’usagers. Elle demande aux particuliers, aux entreprises, aux organismes internationaux et aux ambassades accréditées à Kinshasa de mettre leurs véhicules en règle.

La mesure concerne les voitures, mais aussi les motos à deux, trois et quatre roues.

Par ailleurs, les véhicules administratifs de moins de 20 tonnes ne bénéficient d’aucune exemption. Les services publics doivent donc présenter ces engins dans les centres agréés par la RFCK. Sinon, ils risquent des sanctions pendant les opérations de recouvrement.

Le « bouclage généralisé » inquiète les automobilistes

Le terme désigne une vaste opération de contrôle systématique annoncée par l’Hôtel de Ville. Lors des précédentes campagnes, les équipes mixtes RFCK-Police immobilisaient immédiatement les véhicules dépourvus de vignette valide avant leur mise en fourrière.

Selon le Code de la route congolais, un conducteur sans contrôle technique valide risque une amende comprise entre 50 000 et 100 000 francs congolais. En plus de cette sanction financière, les autorités peuvent placer le véhicule en fourrière.

C’est pourquoi la RFCK encourage les usagers à anticiper. Dans son communiqué, elle demande aux propriétaires de soumettre volontairement leurs véhicules au contrôle afin d’éviter « tout désagrément ».

Kinshasa veut assainir son parc automobile

Cette seconde échéance s’inscrit dans la politique d’assainissement du trafic lancée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki depuis son investiture en juin 2024.

Selon la Direction Générale des Impôts, Kinshasa compte plus de 1,2 million de véhicules enregistrés. Pourtant, moins de 30 % respecteraient les règles du contrôle technique, d’après les estimations publiées en 2024 par la Fédération des Entreprises du Congo.

Les autorités veulent ainsi réduire les accidents liés aux défaillances mécaniques. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la Santé classe la RDC parmi les dix pays africains affichant le plus fort taux de mortalité routière. En 2023, le pays enregistrait 33,7 décès pour 100 000 habitants.

Où effectuer le contrôle technique ?

La RFCK dispose actuellement de sept centres homologués. Ils se situent à Gombe, Limete, Masina, Ngaliema, Mont-Ngafula, N’djili et Kintambo.

Pour le moment, les autorités n’ont pas encore annoncé la date du recouvrement forcé. L’Hôtel de Ville attend d’abord d’évaluer le niveau d’adhésion volontaire des automobilistes.

Des agents formés avant les opérations de terrain

Avant cette nouvelle échéance, la RFCK a renforcé les capacités de ses inspecteurs et contrôleurs. Fin avril 2026, la régie a organisé une formation de cinq jours à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Cette session visait notamment à harmoniser les procédures de contrôle et à limiter les abus sur le terrain.

D’après le communiqué final publié le 2 mai 2026, près de 150 agents ont suivi un recyclage sur trois modules : l’utilisation des nouveaux appareils de diagnostic, la déontologie professionnelle et la gestion des conflits avec les usagers.

Lors de la clôture, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a insisté sur une « tolérance zéro contre le rançonnement » pendant les opérations de recouvrement forcé.

Enfin, cette formation s’inscrit dans la feuille de route 2024-2028 de l’exécutif provincial. Les autorités veulent redorer l’image de la RFCK, souvent critiquée pour des cas de tracasseries pendant les contrôles de 2023 et 2024.

En septembre 2024, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves (LIZADEEL) avait d’ailleurs dénoncé plusieurs « perceptions illégales » sur certains axes routiers de Kinshasa.

2 138 détenus pour 500 places : la MONUSCO tend la main à la prison surpeuplée de Bunia

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la prison centrale de Bunia étouffe littéralement sous le poids de sa propre population carcérale. Conçue pour 500 personnes, elle en accueille aujourd’hui 2 138. Face à cette situation alarmante, la MONUSCO a décidé d’agir à son échelle, en fournissant des équipements de sécurité et des matériaux pour améliorer les conditions de vie, notamment celle des femmes détenues.

C’est une goutte d’eau dans un océan de détresse, mais elle symbolise une volonté de ne pas abandonner ceux que la société a mis à l’écart. Ce jeudi 7 mai, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé sur son compte X (ex-Twitter) avoir remis cinq extincteurs et dix-sept sacs de ciment à la prison centrale de Bunia, située dans la province de l’Ituri.

Derrière ces chiffres modestes se cache une réalité bien plus lourde : celle d’une maison d’arrêt vétuste, surpeuplée et dangereuse, où l’État de droit bute sur le mur du manque de moyens.

Une surpopulation carcérale « alarmante »

Les chiffres donnent le vertige. La prison centrale de Bunia a été bâtie pour héberger environ 500 détenus. Aujourd’hui, elle en compte 2 138, parmi lesquels 52 femmes et 48 mineurs. Un ratio insoutenable qui transforme chaque recoin en lieu de promiscuité, et chaque jour en épreuve.

Dans ce contexte, les risques d’incendie sont permanents. Les cinq extincteurs offerts par la MONUSCO, via les contingents du Secteur Nord et l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire, permettront de renforcer la réaction rapide face aux départs de feu – une priorité absolue dans des infrastructures souvent vétustes et mal entretenues.

Quant aux dix-sept sacs de ciment, leur destination est symboliquement forte : ils serviront à aménager la cour du quartier des femmes. Un espace aujourd’hui transformé en bourbier dès la première pluie, rendant toute hygiène quasi impossible. Une dalle en ciment changera concrètement le quotidien des détenues, leur offrant un lieu plus propre et plus digne.

« Un pas vers des conditions de détention plus humaines »

La MONUSCO ne découvre pas les prisons congolaises. Depuis plusieurs années, son Unité d’appui à l’administration pénitentiaire forme le personnel et participe à la réhabilitation de certaines infrastructures. À Bunia, le Colonel Camille Nzonzi, directeur de l’établissement, avait déjà salué par le passé les initiatives de la Mission onusienne.

Cet appui modeste mais concret s’inscrit dans la mission globale de la MONUSCO : protéger les civils et consolider la paix. Cela passe aussi, reconnaît l’ONU, par l’amélioration des conditions de détention.

« Dans un pays en quête de stabilisation, la manière dont on traite les personnes privées de liberté est un indicateur essentiel de l’état de droit », rappellent discrètement les observateurs internationaux.

Le défi persistant de la surpopulation carcérale

Reste que l’ampleur du défi dépasse de loin une livraison de ciment et d’extincteurs. La surpopulation carcérale est chronique en RDC, et Bunia n’est malheureusement pas un cas isolé. Faute de jugements rapides, de diversions pénales ou de constructions nouvelles, les prisons congolaises continuent d’étouffer.

Mais pour les 52 femmes incarcérées à Bunia, ces dix-sept sacs de ciment représentent plus qu’un matériau de construction : ils incarnent la première pierre d’un peu d’humanité retrouvée. Et les cinq extincteurs, une chance de survivre à un incendie qui, sans eux, serait peut-être fatal.

Un geste modeste, certes. Mais dans l’univers étouffant d’une prison surpeuplée, chaque bouffée d’air compte.

195 millions de dollars disparus : le fantôme de l’indemnisation ougandaise hante la RDC

C’est un chiffre qui donne le vertige : 195 millions de dollars américains promis aux victimes, mais seulement 28 millions réellement distribués. Le reste ? Évanoui dans les méandres d’une gestion qualifiée de « systémique » et opaque. Mardi 5 mai 2026, devant le Sénat congolais, le ministre de la Justice a tiré la sonnette d’alarme sur le FRIVAO, ce fonds censé panser les plaies des exactions commises par l’Ouganda dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’institution, créée après la condamnation historique de Kampala par la Cour internationale de Justice (CIJ) – 325 millions de dollars à verser en cinq annuités de 65 millions –, devait incarner la réparation. Elle est devenue, selon les propres mots du ministre, « un nid de dysfonctionnements, de rétro-commissions et de détournements ».

« Vraies, fausses et fictives » : le grand bazar des victimes

Devant les sénateurs, le ton est monté. « Sur 195 millions disponibles, seuls 28 millions ont effectivement atteint les vraies, les fausses et les victimes fictives », a-t-il lâché, ajoutant une expression qui en dit long : « sans compter les opérations retours » – un euphémisme pour désigner des fonds reversés en sous-main à des réseaux occultes.

Preuve la plus accablante : la flambée du nombre de bénéficiaires. Pour la seule ville de Kisangani, épicentre des réparations, le fichier est passé de 3 000 victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 selon certaines sources. Une « inflation artificielle et incontrôlée », dénonce le ministre, qui évoque désormais des « victimes fictives » introduites dans la base de données par des fraudeurs bien organisés.

Redressement sous haute tension : audit, suspensions et procès

Face à l’hémorragie, le gouvernement sort la sulfateuse. Un plan de redressement d’urgence a été présenté :

  • Audit indépendant du fichier des bénéficiaires, pour séparer le vrai du faux.

  • Suspension immédiate des responsables actuels de la gestion du fonds.

  • Réorganisation complète des organes dirigeants du FRIVAO.

  • Poursuites judiciaires contre les réseaux présumés de détournement et d’extorsion.

Les paiements ne reprendront que par étapes : d’abord des indemnisations collectives, puis individuelles, après vérification minutieuse de chaque dossier. Parallèlement, l’État cherche à mobiliser des ressources complémentaires pour ne pas laisser les victimes légitimes sur le carreau.

Une vérité qui dérange : 154 millions encaissés, 106 victimes payées

Un document confidentiel consulté en janvier 2026 par ACTUALITE.CD bouscule encore davantage la narration. Selon la coordination intérimaire du FRIVAO, l’État congolais aurait déjà reversé au mécanisme 154,7 millions de dollars après retenues. Mais à l’arrivée du comité intérimaire en août 2024, seules 106 victimes avaient été indemnisées… tandis que le fonds avait déjà perçu plus de 105 millions.

Autrement dit, l’argent est entré. Mais il ne sortait pas. Ou alors, il sortait par la petite porte.

Entre impunité et espoir : que reste-t-il des victimes ?

Alors que le gouvernement promet une « reprise progressive et contrôlée » des indemnisations, une question brûle les lèvres des milliers de rescapés du conflit : où sont passés les 167 millions de dollars manquants ? La réponse, désormais, est entre les mains des juges et des auditeurs. Mais pour beaucoup, le FRIVAO est déjà devenu le symbole d’une réparation confisquée.

En attendant, les vraies victimes, elles, n’ont toujours pas vu la couleur de leur dû.