Lubumbashi : 59 présumés criminels arrêtés lors d’un vaste bouclage à Kampemba

L’étau se resserre sur les fauteurs de troubles à Lubumbashi. En effet, ce mercredi 25 mars 2026, une vaste opération a été menée au quartier Cité des jeunes, dans la commune de Kampemba. Elle a permis d’interpeller 59 présumés malfrats, dont deux femmes. La Police nationale congolaise (PNC), appuyée par les FARDC et d’autres services, a conduit cette action. Ainsi, les autorités renforcent la lutte contre l’insécurité urbaine dans le Haut-Katanga.

Sur le terrain, le commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba a dirigé l’opération. Les équipes ont ciblé plusieurs domiciles suspectés d’abriter des criminels. Selon la police, les personnes arrêtées seraient impliquées dans des vols, des extorsions et des agressions. De plus, certaines auraient commis des violences contre des jeunes filles et des femmes.

« Les résultats obtenus constituent une avancée importante »

Le général Blaise Kilimbalimba s’est félicité du déroulement de l’opération. Il a salué l’engagement des forces de sécurité. Par ailleurs, il a rappelé que ces actions suivent les instructions du gouverneur intérimaire Martin Kazembe, actuellement en mission à Kikwit.

« Nous avons lancé des bouclages ciblés pour traquer les malfrats jusque dans leurs domiciles. Ainsi, les résultats obtenus aujourd’hui constituent une avancée importante dans la prévention de l’insécurité », a-t-il déclaré.

Ensuite, le chef de la police provinciale a annoncé la poursuite des opérations. Sa position reste claire : « Ce n’est qu’un début. Les opérations vont se poursuivre jusqu’à ce que les criminels quittent la ville. »

Police et armée, une complémentarité affirmée

L’opération de Kampemba illustre une meilleure coordination entre la police et l’armée. En effet, les FARDC mènent des ratissages dans les zones reculées. Pendant ce temps, la police sécurise les centres urbains.

Cette stratégie commence à produire des résultats. Deux jours plus tôt, le lundi 23 mars, les forces de sécurité ont interpellé 28 autres présumés criminels au pont Kalebuka. Cette intervention s’inscrivait dans le cadre de l’opération Ndobo.

Une réponse à l’insécurité ressentie

Ces interpellations répondent à une forte inquiétude des habitants de Lubumbashi. En effet, les vols à main armée et les agressions se multiplient. Par conséquent, le sentiment d’insécurité a fortement augmenté ces derniers mois.

Pour inverser cette tendance, les autorités intensifient les patrouilles et les bouclages ciblés. Ainsi, l’opération de Kampemba envoie un signal clair. L’État veut reprendre le contrôle des zones les plus touchées.

Le défi du suivi judiciaire

Cependant, une question demeure : ces opérations auront-elles un effet durable ? Dans le passé, plusieurs interpellations massives n’ont pas abouti. Des procédures mal préparées ou des libérations rapides ont souvent affaibli leur impact.

Le général Kilimbalimba a lui-même évoqué ce défi. Il distingue les délinquants locaux des réseaux plus organisés. Or, arrêter les exécutants ne suffit pas. Il faut aussi démanteler les filières et identifier les commanditaires.

Désormais, la justice devra prendre le relais. Les 59 personnes arrêtées seront présentées devant les tribunaux. Des poursuites solides et des sanctions claires enverraient un message fort contre l’impunité.

Une mobilisation à confirmer

Pour l’instant, les habitants de Kampemba saluent ces interpellations. Toutefois, ils attendent des résultats durables. La question reste simple : cette mobilisation va-t-elle se maintenir ?

Le commissaire Kilimbalimba se veut rassurant. Selon lui, les opérations vont continuer. L’objectif reste ambitieux : pousser les criminels à quitter la ville.

Cependant, atteindre ce résultat demandera plus que des arrestations. Il faudra des moyens, mais aussi une coopération étroite entre la police, la justice et la population.

En attendant, Lubumbashi a connu un coup de filet important. Pour les 59 suspects, une nouvelle étape commence. Pour les habitants, un répit semble possible. Néanmoins, la lutte contre l’insécurité reste un combat de longue durée.

Tanganyika : 62 000 âmes retrouvent l’eau potable grâce à un projet Rawbank-UNICEF

Dans le territoire de Kalemie, au Tanganyika, un long calvaire touche à sa fin. Depuis une semaine, environ 62 000 habitants des villages de Kasambondo, Kateba, Taba Congo et des localités environnantes ont retrouvé l’accès à l’eau potable. Grâce à un projet d’adduction d’eau financé par Rawbank à hauteur de 108 000 dollars et mis en œuvre par l’UNICEF avec l’appui de l’Office national d’hydraulique rurale (ONHR), 11 forages viennent de sortir de terre. Une infrastructure qui met fin à des années de souffrance et de risques sanitaires.

Le projet, sobre dans son financement mais immense dans son impact, a été conçu avec un objectif précis : la prévention des épidémies, et en particulier du choléra. Dans cette région où les maladies hydriques font des ravages, l’accès à une eau salubre est une question de survie.

L’infrastructure déployée est impressionnante pour un projet de cette envergure locale. Un réseau de 7 kilomètres de canalisations alimente un réservoir de stockage de 40 mètres cubes, construit en béton armé. L’eau, pompée à partir d’un centre de captage, est ensuite distribuée à travers une dizaine de bornes-fontaines implantées stratégiquement dans les villages desservis.

Un hôpital et un couvent aussi desservis

L’initiative ne bénéficie pas seulement aux communautés locales. L’hôpital public de la zone et un couvent de sœurs catholiques situé à proximité sont également raccordés au réseau. Une attention particulière qui montre la volonté de couvrir les infrastructures essentielles à la santé et à la vie sociale.

Pour les habitants de Kasambondo, ce retour de l’eau potable est une libération. Ruth Bahati, ménagère dans le village, résume le soulagement général : « Nous remercions l’UNICEF et Rawbank de nous avoir facilité l’accès à l’eau potable. L’eau qu’on buvait et qu’on se lavait nous faisait des démangeaisons sur le corps. Avec cette eau, nous étions exposés à diverses maladies hydriques voire la typhoïde. »

Son témoignage dit l’essentiel : avant ce projet, l’eau consommée n’était pas seulement de mauvaise qualité, elle était dangereuse. Démangeaisons, typhoïde, choléra : tout un cortège de souffrances évitables que cette infrastructure vient chasser.

La leçon d’un échec précédent

Ce projet n’est pas le premier du genre dans la région. Un réseau d’adduction d’eau avait déjà été construit en 2020 par l’USAID. Mais il était tombé en panne seulement deux ans après son lancement. Les populations, privées à nouveau d’eau potable, avaient replongé dans les maladies hydriques.

L’ONHR, qui appuie le projet, a bien conscience de cet enjeu de durabilité. Freddy Kenge, responsable provincial de l’Office, a lancé un appel aux bénéficiaires : « Nous demandons aux bénéficiaires de gérer ce réseau d’eau potable comme leur propre bien. »

Un message qui résume le défi à venir. Construire des forages est une chose. Former les communautés à les entretenir, organiser une gestion locale responsable, prévoir les pièces de rechange : c’est à ce prix que l’infrastructure durera au-delà des quelques années de garantie.

Un modèle de partenariat

Ce projet illustre ce que peut produire une synergie entre financement privé, expertise technique internationale et ancrage local. Rawbank, banque congolaise engagée dans le développement, a apporté les fonds. L’UNICEF, avec sa maîtrise des programmes d’eau et d’assainissement, a assuré la mise en œuvre. L’ONHR, en tant qu’acteur public, garantit l’ancrage institutionnel et le suivi.

Pour les 62 000 bénéficiaires, les considérations institutionnelles importent peu. Ce qui compte, c’est que désormais, à quelques pas de chez eux, une borne-fontaine délivre une eau claire, saine, qui ne fait plus peur. C’est que les enfants peuvent boire sans risque. C’est que l’hôpital peut fonctionner sans craindre la contamination.

Ruth Bahati a dit merci. Les communautés de Kasambondo, Kateba et Taba Congo aussi. Reste à faire en sorte que ce « merci » ne soit pas oublié dans quelques années, quand viendra le temps de l’entretien. Car après des années de pénurie, ces 62 000 âmes savent mieux que personne la valeur de l’eau qui coule au robinet. Et le prix de sa disparition.

l’opposition dénonce une « répression » à Ngaba et réclame la libération de ses militants

Une nouvelle flambée de tension a secoué Kinshasa ce mardi 24 mars 2026. Au rond-point Ngaba, une opération policière a dispersé des militants de la coalition d’opposition Lamuka et du parti AddCongo. Selon ces formations, une vingtaine de jeunes ont été arrêtés et plusieurs blessés alors qu’ils menaient une action de sensibilisation contre un éventuel changement constitutionnel. L’opposition crie à la répression et dénonce un traitement de faveur réservé aux meetings de la majorité.

La scène s’est déroulée en début de matinée. Des militants de Lamuka et d’AddCongo s’étaient rassemblés au rond-point Ngaba pour une campagne de sensibilisation. Leurs thèmes : le dialogue national inclusif et le rejet de toute modification de la Constitution.

Selon la coalition d’opposition, l’information de cette action avait été transmise au gouverneur de Kinshasa depuis une semaine, par l’intermédiaire du parti Ecidé. L’organisation estimait donc avoir rempli toutes les formalités.

Pourtant, vers 10 heures, la police nationale congolaise (PNC) est intervenue. Les premiers récits font état de charges violentes, de tabassages, d’interpellations massives.

Des blessés et des détenus au cachot

Le bilan dressé par l’opposition est alarmant. Prince Epenge, cadre de Lamuka, a détaillé les chiffres devant la presse : « 20 jeunes de Lamuka arrêtés, plus de 7 membres blessés. »

Parmi les interpellés figure Martin Balela, président de la jeunesse d’AddCongo. Selon Lamuka, il se trouve actuellement au cachot de Matete, en compagnie d’une dizaine d’autres militants. Plus grave encore : des blessés seraient également détenus, sans avoir reçu de soins.

« Il est 14 heures passée, la police retient même les blessés ce matin », a dénoncé Prince Epenge, visiblement exaspéré.

Une action autorisée ? Le bras de fer des versions

Lamuka affirme avoir respecté la procédure. Le parti Ecidé, membre de la coalition, aurait transmis la déclaration d’activité aux autorités urbaines. Les militants, selon l’opposition, ne faisaient que « mobiliser la population en faveur du dialogue national, sensibiliser les Congolais pour dire non au troisième mandat de Félix Antoine Tshisekedi et au changement de la Constitution ».

Le porte-parole de Lamuka insiste sur le caractère pacifique de l’action : « Ils n’ont rien fait de mal. »

Face à ces accusations, aucune réaction officielle des autorités n’avait été rendue publique en fin de journée.

Le « deux poids deux mesures » dénoncé

Ce qui exaspère l’opposition, c’est ce qu’elle perçoit comme une inégalité de traitement. Car, soulignent les cadres de Lamuka, les manifestations de la majorité ne subissent pas le même sort.

« Chaque semaine à Kinshasa, le parti au pouvoir, l’UDPS, organise des meetings pour le changement de la Constitution. Plusieurs cadres de l’Union sacrée dont Didier Budimbu à Matete et Peter Kazadi à Tshangu », a rappelé Prince Epenge.

Et d’ajouter, amer : « Quand l’opposition organise même toute petite activité pour dire non au changement de la Constitution et au troisième mandat de Félix Antoine Tshisekedi, on envoie la police pour réprimer. Nous condamnons ce deux poids deux mesures. »

Un contexte politique sous tension

Cet incident ne surgit pas de nulle part. Il intervient dans un climat politique déjà très chargé. La question d’une éventuelle révision constitutionnelle divise profondément la scène politique congolaise.

L’opposition, regroupée au sein de Lamuka et d’autres formations, craint que ce chantier ne cache un projet de modification de la limitation des mandats présidentiels, permettant à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. La majorité, elle, assure vouloir simplement « moderniser » une Constitution vieille de vingt ans.

Les dernières semaines ont vu se multiplier les déclarations, les prises de position, et désormais, les actions de rue. Dans ce contexte, le rond-point Ngaba n’est pas un lieu anodin. Symbole de la mobilisation citoyenne à Kinshasa, il est régulièrement investi par les mouvements politiques et sociaux.

Lamuka promet de continuer

Malgré la répression dénoncée, Lamuka affirme ne pas vouloir baisser le ton. La coalition maintient sa campagne : « Oui au dialogue, non au changement de la Constitution. »

Pour l’opposition, la priorité n’est pas là. « Il faut mettre fin à l’insécurité au Bandundu, à l’Ituri et au Kivu, payer les fonctionnaires, arrêter les braquages », énumère Prince Epenge. Sa conclusion est un slogan qui résume leur position : « Les hommes doivent changer, et non la Constitution. »

L’incident de Ngaba pourrait marquer un tournant dans la mobilisation de l’opposition. La libération immédiate des détenus est exigée. En attendant, les blessés sont toujours au cachot, et les familles des interpellés attendent, inquiètes, des nouvelles.

Dans les heures qui viennent, le gouvernement devra répondre de cette opération. La suite dira si l’opposition obtiendra gain de cause, ou si ce mardi 24 mars restera comme une nouvelle date dans la chronique des tensions entre pouvoir et opposition à Kinshasa.

Kindu bientôt reliée à Dar-es-Salam : le vol direct qui va transformer l’économie du Maniema

C’est une nouvelle qui fait souffler un vent d’espoir sur la province du Maniema. La Tanzanie a donné son feu vert pour l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Dar-es-Salam et Kindu, le chef-lieu provincial. Une décision qui, pour les opérateurs économiques locaux, sonne comme une révolution logistique. Fin du calvaire des transits forcés par Goma, baisse des coûts, exportations accélérées : le Maniema s’apprête à entrer dans une nouvelle ère économique.

L’annonce, faite en fin de semaine dernière par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) section Maniema, n’est pas passée inaperçue dans les milieux d’affaires de la région. Elle est le fruit d’une mission économique conjointe entre le gouvernement provincial et les opérateurs économiques locaux en Tanzanie. Un travail de longue haleine qui porte enfin ses fruits.

Selon Bolangi Mulamba Albert, premier vice-président de la FEC-Maniema, le dossier est aujourd’hui « à un stade très avancé ». Il ne manque plus que l’aval technique des services d’aviation pour que le projet devienne réalité.

La fin du calvaire des commerçants

Pour les commerçants de Kindu, l’actuelle situation logistique relève du parcours du combattant. Toute marchandise importée doit transiter par Goma, à des centaines de kilomètres au nord, avec son lot de ruptures de charge, de coûts supplémentaires et de délais imprévisibles.

Avec cette nouvelle ligne directe, le tableau change radicalement :

  • Achat direct : les commerçants pourront s’approvisionner directement à Dar-es-Salam, l’un des grands ports de l’océan Indien.

  • Transit supprimé : fin des ruptures de charge à Goma et des intermédiaires qui grèvent les marges.

  • Prix à la baisse : la simplification logistique devrait mécaniquement réduire les coûts de revient des marchandises, avec des répercussions positives pour les consommateurs locaux.

Une bouffée d’oxygène pour une province enclavée qui paie souvent très cher son isolement.

Le secteur minier en première ligne

Les opérateurs miniers du Maniema sont sans doute les plus grands bénéficiaires de cette avancée. La province regorge de ressources minières, mais leur exportation s’apparente aujourd’hui à un parcours semé d’embûches.

Amisi Hashimu, secrétaire et conseiller juridique de la chambre des Mines de la FEC, donne un chiffre qui en dit long : l’exportation des minerais via Kalemie, l’actuel point de sortie, prend entre six et sept mois.

« Pouvoir transporter les minerais directement de Kindu vers Dar-es-Salam est une excellente nouvelle pour nous. Nous souhaitons que ce projet se concrétise dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

Avec une liaison directe, les conteneurs de coltan, d’or ou d’autres minerais précieux pourront gagner le port tanzanien en quelques heures au lieu de plusieurs mois. Un gain de temps considérable qui améliore la compétitivité des produits congolais sur les marchés internationaux.

Le désenclavement, clé du développement

Au-delà des avantages économiques immédiats, c’est toute la stratégie de désenclavement du Maniema qui se concrétise avec cette ligne aérienne. Longtemps considérée comme une province isolée, difficile d’accès, Kindu devient désormais une porte d’entrée et de sortie vers l’océan Indien.

Pour les autorités provinciales, cette ouverture est un levier majeur pour attirer les investisseurs et dynamiser une économie locale qui tourne encore trop souvent au ralenti.

Reste à franchir la dernière étape : l’aval technique des services d’aviation tanzaniens et congolais. Mais les acteurs économiques du Maniema n’ont jamais été aussi proches du but. Après des années de frustration logistique, ils tiennent enfin la promesse d’une connexion directe avec l’un des hubs portuaires les plus importants d’Afrique de l’Est.

Pour les commerçants de Kindu, pour les mineurs qui extraient les richesses du sous-sol, pour les familles qui espèrent voir baisser le prix du riz et des produits de première nécessité, cette ligne aérienne n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et elle est désormais à portée d’aile.

330 000 m³ d’eau potable par jour, le défi relevé de la station de l’Ozone

C’est une bouffée d’oxygène pour des millions de Kinois. Ce mercredi 18 mars 2026, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a inauguré les modules 2 et 3 du complexe industriel de traitement d’eau de l’Ozone, dans la commune de Ngaliema. Un projet d’envergure qui propulse la production quotidienne de la capitale à 330 000 m³ et améliore concrètement le quotidien de près de six millions d’habitants.

Sur les hauteurs de Ngaliema, les installations flambant neuves de la station de l’Ozone tournent désormais à plein régime. Le complexe, l’un des piliers de l’alimentation en eau de Kinshasa, vient de franchir un cap technique majeur avec la mise en service de deux unités supplémentaires.

Le ministre Aimé Sakombi Molendo a présidé la cérémonie avec la satisfaction de ceux qui livrent un projet attendu. Devant les ingénieurs de la REGIDESO et les représentants de la Banque mondiale, partenaire financier du projet, il a salué une « étape stratégique pour la santé et le bien-être des Kinois ».

Treize communes enfin soulagées

Derrière les chiffres techniques se cache une réalité humaine concrète. L’extension de la station de l’Ozone ne se mesure pas seulement en mètres cubes, mais en vies transformées.

Avec cette nouvelle capacité, ce sont précisément treize communes de la capitale qui voient leur approvisionnement sécurisé. De Ngaliema à Kimbanseke, en passant par Kintambo, Selembao, Mont-Ngafula, Bandalungwa, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu, Makala, Kalamu, Masina et Ndjili, le réseau gagne en stabilité.

Pour les familles, la promesse est simple et essentielle : moins de coupures, une eau de meilleure qualité, et la fin des longues corvées pour s’approvisionner. Dans une ville de plus de 15 millions d’habitants où l’accès à l’eau potable a longtemps relevé du parcours du combattant, l’amélioration est majeure.

Un financement international au service du quotidien

Ce projet n’aurait pas vu le jour sans un appui financier solide. La Banque mondiale a accompagné la réalisation de ces travaux, confiés à la CEP-O (Cellule des projets eau et assainissement) pour le compte de la REGIDESO S.A.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : moderniser en profondeur les infrastructures hydrauliques d’une capitale tentaculaire, dont la croissance démographique met sous pression constante les réseaux existants.

En portant la capacité de production à 330 000 m³ par jour, Kinshasa fait un pas décisif vers la sécurisation de son approvisionnement. La ville se dote d’infrastructures à la hauteur de son statut de mégalopole africaine, capable de répondre aux besoins essentiels de ses habitants.

Reste désormais à entretenir ce réseau, à étendre les branchements domestiques, et à poursuivre la lutte contre les fuites et les branchements sauvages qui grèvent le système. Mais pour aujourd’hui, les Kinois des treize communes concernées peuvent ouvrir leur robinet avec un peu plus de certitude. L’eau coule, plus abondante et plus propre. C’est ça, la promesse tenue.

Drame à Kakanda : Neuf creuseurs meurent dans un boulement, la Mine Artisanale Congolaise en Deuil

Mercredi 11 mars 2026, Kakanda. Dans le territoire de Lubudi, au cœur de la province du Lualaba, la terre a tremblé. Pas sous l’effet d’une secousse sismique, mais sous le poids d’une tragédie annoncée. À la carrière de Safi, nichée dans la concession de Boss Mining, un éboulement vient d’engloutir neuf vies. Neuf creuseurs, neuf pères de famille, neuf artisans d’une industrie qui fait la richesse du pays mais qui tue ses enfants dans l’indifférence des galeries.

L’information, confirmée ce jeudi par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale (SAEMAPE) à la radio onusienne, a plongé la région dans le silence lourd de la désolation. Encore une fois, le Lualaba, cette province aux entrailles d’or et de cuivre, ajoute un chapitre funeste à la longue litanie des accidents miniers.

Un Périmètre de Non-Droit

Ce drame n’est pas un accident. C’est l’aboutissement logique d’un système où l’urgence de survivre prime sur les règles les plus élémentaires de sécurité. La carrière de Safi, comme des centaines d’autres sites artisanaux à travers le pays, est un concentré de vulnérabilités. Des parois non consolidées, des techniques d’excavation approximatives, une absence criante d’équipements de protection : le décor était planté pour que la mort frappe.

Les témoignages rapportent un glissement de terrain soudain, sans avertissement. Les neuf creuseurs, courbés sous le poids de leur labeur, ont été piégés par une terre qui, en une fraction de seconde, est passée de pourvoyeuse de vie à tombeau collectif.

Chaque Vie Est Évitable

Face à ce constat d’échec, les experts du secteur minier ne décolèrent pas. « Chaque perte humaine dans ces conditions est évitable », martèle un spécialiste de la sécurité minière joint sur place. Le discours est rageur, mais les solutions sont connues. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais d’appliquer les fondamentaux.

Le cahier de doléances est pourtant clair : il faut imposer des contrôles stricts sur les méthodes d’excavation pour éviter les sapements dangereux. Il faut rendre obligatoire le port d’équipements de base, comme les casques et les bottes, et surtout, il faut former, former et former encore ces milliers d’hommes et de femmes qui descendent chaque jour dans ces gouffres sans filet.

Le Prix du Cobalt

L’exploitation minière artisanale est un pilier économique vital en RDC. Elle fait vivre des millions de personnes et alimente une chaîne d’approvisionnement mondiale avide de cobalt, de cuivre et d’or. Mais ce pilier repose sur des fondations de terre battue.

Chaque éboulement, chaque noyade dans une carrière inondée, chaque inhalation de poussière toxique est un rappel brutal du coût humain exorbitant de cette richesse. Tant que la rentabilité à court terme primera sur la sécurité des hommes, les périmètres miniers resteront des champs de mines.

Les autorités provinciales et nationales, tout comme les entreprises minières qui concèdent ces terrains, sont aujourd’hui mises face à leurs responsabilités. Il ne s’agit plus seulement de pleurer les morts, mais de bâtir un système où le droit à la vie ne s’arrête pas à l’entrée de la mine. À Kakanda, neuf familles attendent désormais que l’on rende justice à leurs disparus. Le reste du pays, lui, attend que l’on empêche que cela se reproduise.

L’Année de toutes les horreurs – L’ONU compte 18 000 victimes et dénonce l’emprise du M23

Jeudi 12 mars 2026, Kinshasa. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les négociations diplomatiques pour un échange de prisonniers, un autre document, autrement plus glaçant, était rendu public dans la capitale congolaise. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a dévoilé son rapport annuel, et les chiffres qu’il contient ont la froideur implacable de la tragédie. Ils racontent une année 2025 de basculement, où l’horreur a méthodiquement gagné du terrain, laissant derrière elle un tapis de 18 000 vies brisées.

Jamais, depuis des années, le pays n’avait connu une telle déflagration. Le rapport est formel : les violations des droits de l’homme ont bondi de 24 % par rapport à 2024. Un saut statistique qui n’est pas un accident de calcul, mais le reflet direct de la détérioration sécuritaire, principalement à l’Est. Le document détaille avec précision la mécanique de l’effroi : 6 169 cas documentés, mais surtout, 18 000 victimes. Derrière ce nombre, il y a des hommes, et de manière disproportionnée, des femmes (2 806) et des enfants (1 394), premières victimes des violences aveugles et des exactions ciblées.

Le M23, Épicentre de la Violence

Le rapport des Nations unies ne se contente pas de chiffrer l’horreur, il la nomme et l’assigne à responsabilité. Sans surprise, mais avec une gravité accrue, le document met en lumière le rôle prépondérant des groupes armés, auteurs de 71 % des violations. Et au sommet de cette pyramide de souffrance trône le mouvement AFC/M23.

Soutenu par l’armée rwandaise, le M23 est cité comme le principal auteur des exactions. Le rapport souligne que la prise fulgurante des villes stratégiques de Goma et Bukavu, ainsi que de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a agi comme un détonateur. La conquête territoriale s’est accompagnée d’un cortège de violences contre les populations civiles, prises en étau entre l’avancée rebelle et les ripostes.

Face à cette insurrection, les agents de l’État ne sortent pas indemnes du rapport. Ils sont impliqués dans 28 % des cas documentés. Si le bourreau principal est rebelle, les exactions commises par les forces gouvernementales ternissent également le tableau, complexifiant la lecture d’un conflit où la protection des civils est devenue la variable d’ajustement.

L’Arme du Viol : Une Hausse Vertigineuse

Parmi les tendances lourdes de ce rapport, une alerte rouge clignote avec insistance : celle des violences sexuelles liées au conflit. Le BCNUDH documente une augmentation effrayante de 59 %, avec 1 479 victimes recensées.

Ce chiffre est bien plus qu’une statistique. Il est la preuve que le viol, dans ce conflit, est devenu une arme de guerre systématique, un outil de terreur, de destruction des communautés et d’humiliation collective. Il témoigne d’une barbarie qui ne connaît pas de trêve et qui vise au cœur les femmes et les filles de l’Est, transformant leurs corps en champs de bataille.

L’Ombre Portée sur Kinshasa : L’Étranglement Civique

Mais le tableau apocalyptique dressé par l’ONU ne se limite pas aux seules zones de combat. Le rapport met en garde contre une autre dérive, plus silencieuse mais tout aussi destructrice pour l’État de droit : le rétrécissement de l’espace civique.

À Kinshasa et ailleurs, les défenseurs des droits humains, les journalistes et certains membres de l’opposition sont soumis à des pressions accrues. L’institution pointée du doigt est le Conseil national de cyberdéfense. Selon le BCNUDH, cet organe serait responsable d’arrestations et de détentions illégales visant des centaines de personnes.

Le rapport dénonce des privations arbitraires de liberté, aggravées par l’isolement total des détenus, coupés du monde et privés d’accès à leurs proches comme à leurs avocats. Un vide juridique et humain qui transforme la détention en disparition temporaire, alimentant un climat de peur et d’autocensure.

Alors que le gouvernement tente de gérer la crise militaire à l’Est, ce rapport du BCNUDH dresse le portrait d’un pays à la dérive humanitaire. Il juxtapose deux drames : celui des populations de l’Est, livrées aux violences des groupes armés, et celui des voix citoyennes de l’Ouest, progressivement étouffées. En 2025, la RDC n’a pas seulement subi une guerre ; elle a vu ses fondements humains et démocratiques s’effriter un peu plus chaque jour.

Kinshasa identifie ses étrangers : la carte de résidence biométrique devient obligatoire

Kinshasa, 12 mars 2026 – C’est une petite révolution administrative qui s’amorce dans la capitale congolaise. Ce mercredi, dans le cadre solennel de l’Hôtel de ville, le gouvernement provincial de Kinshasa a donné le coup d’envoi d’une opération d’envergure : la délivrance des cartes de résidence destinées à tous les étrangers vivant sur le sol kinois. Un tournant dans la gestion migratoire et sécuritaire de la mégalopole africaine.

Derrière cette initiative, trois objectifs affichés par les autorités provinciales : mieux identifier les ressortissants étrangers, renforcer la sécurité publique et, enfin, améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Une manière de répondre à la fois aux défis urbains chroniques de la capitale et aux enjeux de contrôle d’une population étrangère dont le nombre exact reste, à ce jour, une inconnue statistique.

Sécurité et traçabilité : les promesses du biométrique

Présent à la cérémonie de lancement, le ministre provincial de la Sécurité publique, Jeannot Canon Larose, a détaillé les ambitions de ce nouveau dispositif. « Cette carte biométrique sécurisée permettra notamment de lutter contre l’immigration clandestine et de faciliter le suivi administratif des étrangers installés dans la capitale », a-t-il expliqué, insistant sur la dimension technologique du projet.

Car il ne s’agit pas d’un simple bout de papier. La nouvelle carte intègre des données biométriques qui rendent toute falsification extrêmement difficile. Un outil précieux pour les services de migration et de police, qui pourront désormais vérifier en un clin d’œil la régularité du séjour de toute personne étrangère croisée dans les rues de Kinshasa. Fini le temps des documents approximatifs et des statuts flous : l’ère de la traçabilité numérique commence.

Un coût variable selon les catégories

Mais cette modernisation a un prix. Et il varie. Les droits d’octroi de la carte, valable pour une durée de deux ans, oscillent entre 50 et 250 dollars américains. Une fourchette large qui s’explique par un système de catégorisation des demandeurs : étudiants, travailleurs, investisseurs, diplomates… Chaque statut correspond à un tarif spécifique, censé refléter la capacité contributive de chacun.

Reste à savoir comment cette mesure sera accueillie par la communauté étrangère, déjà confrontée aux multiples tracasseries administratives qui jalonnent le quotidien kinois. Pour les autorités, l’argument est simple : en échange de cette contribution, les étrangers obtiendront un titre de séjour officiel, reconnu et sécurisé, qui facilitera leurs démarches et attestera de leur situation régulière.

Des recettes supplémentaires pour une ville en quête de moyens

Car l’aspect financier n’est évidemment pas anodin. Le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, ne s’en cache pas : cette nouvelle carte de résidence doit aussi remplir les caisses de la province. « La mesure contribuera à accroître les ressources financières de la ville afin de faire face aux nombreux défis urbains », a-t-il souligné, évoquant sans les détailler les besoins criants d’une capitale aux infrastructures souvent défaillantes.

Pour garantir la fiabilité du système, l’exécution technique a été confiée à un partenaire privé, la société Hologram Identification Services. L’entreprise mettra en place un système numérique sécurisé permettant l’enregistrement des données et leur vérification électronique instantanée. Un gage de sérieux, espèrent les autorités, pour éviter les dysfonctionnements qui ont parfois entaché ce type d’opérations par le passé.

Ce mercredi 11 mars 2026, Kinshasa a donc franchi un pas décisif vers une gestion plus moderne et plus stricte de sa population étrangère. Reste à savoir si cette carte, présentée comme un outil de sécurité et de développement, parviendra à concilier contrôle administratif et respect des droits, dans une ville où cohabitent des milliers de ressortissants venus des quatre coins du continent et du monde.

Beni : l’aéroport vital de Mavivi dévoré par les flammes, un coup dur pour tout le Nord-Kivu

Beni, 11 mars 2026 – Une colonne de fumée noire et menaçante s’est élevée ce mercredi dans le ciel de Beni. Elle provenait de l’aéroport de Beni-Mavivi, une infrastructure vitale de la région, frappée par un incendie d’une rare violence.

Ce qui devait être une journée ordinaire s’est transformé en désastre. Les flammes ont commencé dans un restaurant situé à l’intérieur de l’aéroport. Rapidement, elles se sont propagées de bâtiment en bâtiment, alimentées par le vent et la malchance, créant un feu incontrôlable.

Destruction et chaos sur place

Josué Kapisa, chef de base, dresse un premier bilan catastrophique : « La salle d’honneur, la salle d’attente et plusieurs autres infrastructures ont été complètement détruites. » Les tôles sont tordues par la chaleur, les murs noircis. Ce qui était hier un lieu de passage et d’espoir n’est plus qu’un squelette calciné.

Sur le terrain, les pompiers et les services de secours luttent sans relâche pour circonscrire les foyers résiduels. Leur objectif est double : maîtriser le feu pour éviter que le désastre ne s’étende et évaluer l’étendue des dégâts. Pour l’instant, les autorités locales n’ont pas communiqué sur d’éventuelles victimes.

Une tragédie économique et logistique

L’aéroport de Beni-Mavivi n’est pas une infrastructure comme les autres. Il constitue le poumon de la province, déjà fragilisée par l’insécurité et les crises sanitaires. Par ses pistes atterrissent vivres, médicaments et marchandises. Par ses portes transitent voyageurs, acteurs humanitaires et forces de maintien de la paix.

Voir la salle d’honneur et la salle d’attente réduites en cendres, c’est couper ce cordon vital. L’économie locale vacille, les commerces perdent l’accès aux fournisseurs, et les familles voient s’éloigner la possibilité de partir ou de revenir. Ce mercredi 11 mars 2026, alors que les flammes achevaient de consumer l’aéroport, c’est une partie de l’avenir de Beni qui partait en fumée, laissant la ville face à un horizon plus sombre que jamais.

Kolwezi, capitale de l’espoir : RDC, Zambie et HCR unissent leurs forces pour le retour de 11 500 réfugiés

Kolwezi, 10 mars 2026 – Dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo, une rencontre discrète mais cruciale se tient depuis ce mardi. Pendant trois jours, Kolwezi, capitale du cuivre, devient aussi celle de l’espoir pour des milliers de familles déracinées.

La 9ᵉ réunion tripartite entre la République démocratique du Congo, la Zambie et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est officiellement ouverte. Son objectif est clair : évaluer, planifier et accélérer le retour des réfugiés congolais.

Dans la salle de conférence, l’atmosphère reste solennelle mais constructive. En effet, derrière les discours protocolaires se cachent des chiffres parlants. Entre 2023 et 2025, 11 523 Congolais, soit 3 150 ménages, sont déjà rentrés depuis la Zambie vers la RDC. Toutefois, les autorités souhaitent maintenant amplifier ce mouvement de retour.

Le Lualaba, une terre d’hospitalité

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a ouvert les travaux en saluant « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui unit la RDC et la Zambie.

Elle a d’abord remercié le pays voisin pour avoir accueilli et protégé de nombreux Congolais contraints de fuir leur pays à cause des crises passées. Cependant, elle a aussi rappelé que le Lualaba reste lui-même une terre d’accueil.

Par le passé, la province a notamment hébergé des réfugiés angolais. Beaucoup d’entre eux ont pu rentrer chez eux dans des conditions dignes et sécurisées.

Une feuille de route dense pour les trois délégations

Durant cette réunion, les délégations doivent examiner plusieurs dossiers importants. Leur agenda prévoit notamment :

  • l’évaluation des recommandations issues de la 8ᵉ réunion tripartite ;

  • la présentation de la situation actuelle des réfugiés congolais en Zambie ;

  • l’analyse de la situation sécuritaire dans les zones de retour en RDC ;

  • l’examen de la situation des réfugiés zambiens présents en RDC ;

  • enfin, l’étude des modalités de rapatriement et de réintégration des Congolais.

Selon Éric Mukandila, la coopération entre les différentes parties reste essentielle. Il a donc insisté sur la nécessité de travailler étroitement ensemble afin de permettre aux réfugiés volontaires de rentrer dans les délais prévus.

Vers un groupe de travail pour les réfugiés zambiens

La réunion aborde aussi la question des réfugiés zambiens vivant en RDC. Ces derniers résident principalement dans les provinces du Haut-Katanga, du Lomami et du Lualaba.

Pour avancer sur ce dossier, les participants envisagent la création d’un groupe de travail chargé de leur enregistrement officiel. Cette mesure devrait permettre de clarifier leur situation administrative et d’appliquer les résolutions adoptées lors de la 14ᵉ session.

Le HCR encourage les efforts des deux États

Le représentant du HCR en RDC, Pierre Atchom, a salué les efforts déjà accomplis par les deux pays.

Il a notamment exprimé le souhait que les gouvernements de la RDC et de la Zambie poursuivent leur engagement afin de faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés.

Il a aussi remercié les autorités congolaises pour les facilités accordées à l’agence onusienne dans sa mission de protection internationale.

Selon lui, plusieurs mesures prises par le gouvernement contribuent déjà à renforcer la sécurité dans les zones de retour et à favoriser la cohésion sociale entre rapatriés et communautés locales.

Des actions concrètes sur le terrain

Au cours des cinq dernières années, le HCR a soutenu le gouvernement congolais à travers plusieurs initiatives.

L’agence a notamment mené :

  • un monitoring de la protection aux frontières ;

  • des programmes de protection communautaire ;

  • la construction et la réhabilitation d’écoles et de centres de santé ;

  • ainsi que des projets d’autonomisation économique.

Ces initiatives visent à renforcer la paix locale et à améliorer la sécurité alimentaire dans les zones concernées.

Trois jours pour préparer le retour

Les délégations poursuivront leurs travaux jusqu’au 12 mars. Pendant ces trois jours, elles vont négocier, planifier et coordonner leurs actions.

Leur objectif reste simple : permettre à ceux qui ont fui les conflits de rentrer chez eux dignement et durablement. Dans le même temps, les autorités veulent aussi régulariser la situation des réfugiés encore présents en RDC.

Ainsi, Kolwezi ne symbolise plus seulement la richesse minière du pays. La ville devient aussi une étape importante sur le chemin du retour et de la reconstruction.

Tshisekedi à Chicago : « Jesse Jackson était un fils de l’Afrique, un ami de la RDC »

Chicago, 7 mars 2026 – Dans le South Side de Chicago, là où battait le cœur de la lutte pour les droits civiques, une foule recueillie a dit adieu à l’un de ses plus illustres fils. Ce samedi 7 mars, le siège de la Rainbow PUSH Coalition a accueilli la « Homegoing Celebration » du révérend Jesse Jackson. Et parmi les visages venus saluer sa mémoire, il y avait celui d’un président africain : Félix Tshisekedi.

Le choix de sa présence n’avait rien d’anodin. Car si Jesse Jackson était une icône américaine, il était aussi, comme l’a rappelé le chef de l’État congolais, « un fils de l’Afrique, un ami de la République démocratique du Congo ».

« Une voix contre l’indifférence »

Devant un parterre de personnalités politiques, religieuses et culturelles, Félix Tshisekedi a pris la parole pour rendre hommage à celui qui fut, selon lui, « une voix forte, claire, courageuse ». Une voix qui s’est levée contre la ségrégation, contre l’injustice, contre l’indifférence.

« Le Révérend Jesse Jackson fut, avant tout, une voix », a-t-il martelé, rappelant que le combat du leader américain reposait sur une conviction inébranlable : la dignité humaine ne se négocie pas.

Un ami de la RDC

Mais au-delà du militant des droits civiques, le président congolais a tenu à saluer l’homme qui, à plusieurs reprises, avait tendu la main à son pays. Jesse Jackson ne s’était pas contenté de suivre l’actualité congolaise de loin. Il s’était rendu sur place, à des moments décisifs, pour soutenir la transition démocratique, encourager le dialogue politique et plaider pour la paix.

Il s’était aussi préoccupé du sort des réfugiés et des déplacés, notamment dans l’Est de la RDC, cette région meurtrie par des décennies de violences armées. Pour Félix Tshisekedi, cet engagement aux côtés des plus vulnérables faisait de lui un allié précieux, un compagnon de route dans la quête de justice et de stabilité.

« I am somebody »

Le président a également rappelé le célèbre mantra de Jesse Jackson, « I am somebody » (« Je suis quelqu’un »), une proclamation qu’il a qualifiée de « l’une des plus grandes affirmations morales de notre temps ». Une phrase simple, mais qui résumait toute la philosophie du révérend : rappeler à chacun, surtout aux plus opprimés, qu’ils ont une valeur, une dignité, une place dans ce monde.

Un adieu solennel

Après le discours de Félix Tshisekedi, la cérémonie s’est poursuivie avec d’autres hommages. L’acteur Samuel L. Jackson a prononcé un éloge funèbre empreint d’émotion, tandis que le musicien Stevie Wonder a offert une prestation musicale qui a fait vibrer l’assistance.

Le révérend Jesse Jackson a ensuite été inhumé au Oak Woods Cemetery, à Chicago, où reposent déjà des figures historiques comme Ida B. Wells et Jesse Owens. Il rejoint ainsi le panthéon des grands noms qui ont marqué l’histoire américaine.

Pour Félix Tshisekedi, ce voyage à Chicago était plus qu’une simple présence protocolaire. C’était un geste de reconnaissance envers un homme qui, sans être Congolais, avait fait sienne la cause du peuple congolais. Un geste qui, au-delà des frontières, rappelle que les combats pour la justice et la dignité sont universels.

OCC : Christelle Muabilu dévoile son plan de guerre pour sauver l’office de la déliquescence

Kinshasa, 6 mars 2026 – Elle n’a pas perdu de temps. À peine installée dans son bureau, Christelle Muabilu, nouvelle Directrice générale intérimaire de l’Office congolais de contrôle (OCC), a convoqué les troupes. Ce jeudi 5 mars, cadres des directions centrales et provinciales, chefs d’agences et délégués syndicaux ont répondu présents à l’invitation. L’ordre du jour ? Poser les bases d’un « redressement » tant attendu.

Dans une maison qui, ces dernières années, a souffert de maux chroniques – gestion opaque, recettes en berne, discipline administrative en berne – l’arrivée d’une nouvelle patronne est toujours un moment de tension. Mais Christelle Muabilu a choisi la clarté. D’emblée, elle a planté le décor : il s’agit, ensemble, de « bâtir un avenir meilleur de l’OCC ». Et pour cela, pas de place pour l’improvisation. Elle a exigé lucidité, discipline, professionnalisme et un « sens élevé de responsabilité ».

Un diagnostic sans complaisance

La nouvelle directrice n’est pas venue avec des fleurs, mais avec une liste de chantiers prioritaires. Le constat est sévère : il faut renforcer la gouvernance, assainir la gestion financière, sécuriser les recettes, optimiser l’exploitation des services techniques, restaurer la discipline administrative et relancer la performance opérationnelle. Autant de défis qui, s’ils ne sont pas relevés, condamnent l’office à une lente agonie.

Cinq piliers pour une refondation

Pour concrétiser cette vision, Christelle Muabilu a dévoilé cinq piliers qui guideront son action :

  1. Le respect strict des textes légaux et réglementaires. Fin de l’arbitraire, place à l’État de droit interne.

  2. La sécurisation totale des recettes. Chaque franc dû à l’office doit rentrer, et rien ne doit fuiter.

  3. Le rétablissement de la discipline administrative. Les « initiatives parallèles non autorisées », ces petites combines qui minent l’institution, sont désormais interdites.

  4. La responsabilisation individuelle des agents. Chacun devra répondre de ses actes et de ses résultats.

  5. La rationalisation de l’exploitation. Faire mieux avec ce qu’on a, sans gaspillage.

Des mesures immédiates et concrètes

Dans l’urgence, la DG intérimaire a fixé des objectifs précis : assainir la gestion financière, stabiliser progressivement la paie pour revenir aux dates conventionnelles, et établir un état réel des effectifs, des charges et du niveau d’exploitation dans toutes les provinces. Pas de cache-misère, on veut voir la vérité en face.

La main tendue aux syndicats

Consciente que rien ne se fera sans les hommes et les femmes qui font tourner la machine, Christelle Muabilu a appelé la délégation syndicale à privilégier un esprit de collaboration. Elle veut fédérer, rassembler, emmener tout le monde vers la relance. « Ma mission s’inscrit dans l’intérêt général des travailleurs, car sans eux l’OCC n’existerait pas », a-t-elle déclaré, promettant une gestion « exigeante, équitable et engagée ».

Un hommage au président

Avant de conclure, la nouvelle patronne a tenu à saluer le président Félix Tshisekedi, pour la confiance qu’il accorde à la femme et à la jeunesse, dont elle se réclame. Une manière de rappeler que sa nomination s’inscrit dans une vision politique plus large, celle d’un renouvellement des cadres et d’une féminisation des responsabilités.

L’OCC entre dans une nouvelle ère. Reste à savoir si les paroles se transformeront en actes, et si la machine, grippée depuis trop longtemps, acceptera de redémarrer.

14 rebelles de Twirwaneho libérés à Kinshasa, la main tendue de Tshisekedi à la communauté Banyamulenge

Kinshasa, 5 mars 2026 – Ils étaient partis se battre, ils reviennent libres. Ce jeudi, au cœur de la capitale congolaise, un geste inattendu secoue le microcosme politico-judiciaire. Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a remis en liberté quatorze combattants du groupe Twirwaneho, une milice alliée à l’AFC/M23 active dans les conflits du Sud-Kivu.

Ces hommes s’étaient rendus volontairement à l’armée congolaise en décembre dernier, lors des violents combats pour le contrôle de la ville stratégique d’Uvira.

Devant une délégation de la communauté Banyamulenge vivant à Kinshasa, le ministre a tenu à expliquer la procédure. La cellule de communication de son ministère indique que les autorités ont d’abord mené les vérifications nécessaires. L’objectif était clair : déterminer si les personnes concernées avaient commis des faits susceptibles d’engager leur responsabilité pénale, conformément aux principes de l’État de droit.

Résultat : à ce stade, les enquêteurs n’ont retenu aucune charge individuelle contre eux.

Une libération sous haute surveillance

La cérémonie de libération s’est déroulée en présence des responsables de la justice militaire et des représentants du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion communautaire (P-DDR-CS). Ce cadre protocolaire montre que, si la main est tendue, elle reste ferme.

En effet, les quatorze hommes ne retournent pas simplement à la vie ordinaire. Désormais, le programme de réinsertion les place sous supervision afin de les accompagner vers une vie civile normale.

Pour la communauté Banyamulenge de Kinshasa, présente et émue, ce geste représente un signal fort. Ses représentants ont salué « la lutte effrénée du chef de l’État contre les discours de haine tribale ».

Dans un contexte où les tensions ethniques s’enflamment souvent à cause des conflits armés, la décision du président Félix Tshisekedi envoie un message clair : tous les Congolais ont leur place dans la République, à condition de déposer les armes.

Encourager les autres à suivre l’exemple

Selon la cellule de communication du Garde des Sceaux, cette cérémonie illustre la volonté du président de la République. Il souhaite encourager les Congolais encore engagés dans les groupes armés à abandonner la violence et à rejoindre le camp de la République.

Autrement dit, le gouvernement mise sur une stratégie de « porte ouverte ». L’objectif consiste à fragiliser les rangs des rébellions en offrant une alternative crédible à ceux qui veulent déposer les armes.

Twirwaneho, une milice complexe

Pour comprendre la portée de cette libération, il faut rappeler ce qu’est Twirwaneho. Ce groupe armé opère dans le Sud-Kivu depuis la fin des années 2000.

À l’origine, ses fondateurs l’avaient présenté comme une milice d’autodéfense de la communauté Banyamulenge. Cependant, au fil des années, le groupe est devenu un acteur majeur des conflits dans la région.

Dirigé par Michel Rukunda, également connu sous le nom de Makanika, il fait l’objet de multiples accusations dans des rapports des Nations unies. Ces documents évoquent notamment des violations des droits humains et le recrutement d’enfants soldats.

Par ailleurs, son alliance récente avec le M23 et l’AFC l’a transformé en rouage important de l’offensive qui déstabilise l’Est du pays.

Libérer quatorze de ses combattants représente donc un pari politique. Cependant, les autorités espèrent créer un effet d’entraînement. Elles veulent montrer que la reddition peut mener à la liberté, et non à la prison.

Reste à savoir si cet appel sera entendu. Dans les collines du Sud-Kivu, les armes continuent de parler.

Mais à Kinshasa, ce jeudi, ce sont les chaînes qui se sont tues.

TRANSCO : Un Départ Digne et une Nouvelle Ère pour le Transport à Kinshasa

Le mercredi 4 mars, dans l’effervescence de Kinshasa, les murs de la Société des Transports au Congo (TRANSCO) ont été témoins d’un événement rare. Pour la première fois, une page s’est tournée sans déchirure.

Dans la salle comble, entre cadres et agents retenant leur souffle, Solange Kabedi Odra, la directrice générale sortante, a passé le flambeau. Elle l’a fait avec la fierté tranquille de ceux qui préservent leur honneur.

Solange Kabedi quitte Transco « la tête haute »

Son regard était à la fois doux et déterminé lorsqu’elle a pris la parole. « Je suis heureuse », a-t-elle confié, brisant le silence.

« Ici, à Transco, on a l’habitude de voir les directeurs généraux suspendus. Moi, je sors la tête haute. On a simplement mis fin à mon intérim. »

Ainsi, cette phrase portait un poids particulier dans une entreprise longtemps secouée par les turbulences. Pourtant, ce départ s’est fait sans fracas. Au contraire, il s’est déroulé dans un climat de respect et de dignité.

Jérémie Kilubu Matondo affiche sa vision

Face à elle se tenait l’homme du renouveau. Jérémie Kilubu Matondo, nouveau patron intérimaire, n’a pas attendu pour fixer le cap.

D’abord, il a écarté toute idée de rivalité interne. Ensuite, il a choisi de regarder vers l’avenir. Avec une voix posée mais ferme, il a rappelé l’essentiel :

« Je suis là pour contribuer à la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi : assurer le mouvement de la population. Les guéguerres ne nous intéressent pas. Ici, on ne parlera que de solutions. »

Un appel à la continuité et à l’expérience

Puis, dans un geste d’élégance et de sagesse politique, il s’est tourné vers celle qui l’a précédé.

« Maman Directrice générale, vous serez toujours là. Nous aurons besoin de vos conseils. »

Ainsi, cette main tendue efface d’un coup les rancunes possibles. Surtout, elle ouvre la voie à une collaboration apaisée entre l’ancienne et la nouvelle équipe dirigeante.

Une nouvelle équipe pour relancer l’entreprise

À ses côtés, Kanto Luvuezo Luthanges, récemment nommé directeur général adjoint par le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba, l’épaulera dans cette mission.

Ensemble, ils devront redonner un souffle à ce géant du transport urbain.

Le défi : moderniser et rapprocher Transco des Kinois

La feuille de route est claire. Elle ressemble presque à un manifeste pour la renaissance de Transco.

D’abord, la nouvelle équipe veut redynamiser l’administration. Ensuite, elle prévoit de renforcer une flotte de bus vieillissante. Par ailleurs, elle promet d’instaurer une gestion plus transparente. Enfin, elle mise sur la modernisation de l’entreprise, notamment par la numérisation.

L’objectif ultime reste simple : redorer l’image de Transco. Mais surtout, il s’agit de rapprocher l’entreprise des Kinois, ces millions de navetteurs qui attendent chaque jour un transport digne de ce nom.

Un nouveau départ pour Transco

Ainsi, lorsque la cérémonie s’est achevée, un vent nouveau semblait souffler sur Transco.

Un vent de reconstruction. Un vent de collaboration.

Et peut-être, enfin, la promesse que le trajet quotidien de la population congolaise ne sera plus une épreuve, mais un service public à la hauteur des attentes.

Rubaya: 300 morts dans un nouvel éboulement, la terre avale encore ses enfants

Rubaya, 4 mars 2026 – La terre du Nord-Kivu n’a pas fini de pleurer. À peine un mois après la catastrophe du 29 janvier, qui avait déjà emporté plus de 400 vies, un nouveau pan de colline s’est effondré ce mardi 3 mars sur le site minier de Kasasa, dans le périmètre de Rubaya, territoire de Masisi. Le bilan provisoire, livré par la société civile locale, est effroyable : près de 300 morts.

Telesphore Mitondeke, rapporteur de la société civile forces vives du territoire de Masisi, a confirmé l’horreur à nos confrère d’actu30.cd : « Il y a eu certainement un éboulement dévastateur au niveau du site Kasasa, dans le périmètre minier de Rubaya. Le bilan provisoire fait état de près de 300 morts. »

Les chiffres, encore provisoires, pourraient s’alourdir. Les fouilles se poursuivent, mais elles sont lentes, dangereuses, entravées par l’instabilité du terrain. Chaque pelletée de terre peut révéler un corps, ou provoquer un nouvel éboulement.

Creuseurs, commerçants, anonymes : une faune humaine engloutie

Qui sont les victimes ? Des creuseurs artisanaux, d’abord. Ces hommes, parfois des enfants, qui s’enfoncent chaque jour dans les entrailles de la terre pour en arracher le coltan, ce minerai précieux qui fait tourner l’industrie électronique mondiale. Mais aussi des commerçants, venus vendre un peu de nourriture, du carburant, des cigarettes à ceux qui passent leur vie dans les trous. Et puis d’autres, des anonymes, des passants, des curieux, tous présents au mauvais endroit au mauvais moment.

Rubaya n’est pas un site minier comme les autres. C’est l’un des réservoirs mondiaux les plus importants de coltan. Chaque jour, des milliers de personnes y convergent, attirées par la promesse d’un revenu, d’une survie. Une ruée vers l’or gris qui se transforme trop souvent en tragédie.

Deux catastrophes en un mois : l’alerte était là

Le 29 janvier dernier, plus de 400 personnes avaient déjà péri dans un éboulement similaire. L’alerte avait été donnée. Des experts, des ONG, des responsables locaux avaient pointé du doigt les conditions d’exploitation dangereuses, l’absence de normes de sécurité, la fragilité des sols minés par des années de creusage anarchique. Rien n’a changé.

Un mois plus tard, le même drame se rejoue. Même décor, mêmes causes, mêmes victimes. La terre, gorgée d’eau par les pluies, fragilisée par les galeries souterraines, a cédé. Et des familles entières pleurent à nouveau leurs morts.

Un deuil national, et après ?

Face à cette répétition de l’horreur, les mots manquent. Les autorités locales appellent à l’aide, réclament des mesures de sécurité, une régulation stricte de l’exploitation minière artisanale. Mais dans une région en proie à l’insécurité, à la présence de groupes armés, à la pauvreté endémique, les moyens manquent.

Pendant ce temps, le coltan continue de sortir de terre. Il part pour l’étranger, transformé en téléphones, en ordinateurs, en consoles de jeux. Et derrière lui, il laisse des trous béants, des terres instables, et des centaines de morts oubliés.

Rubaya est devenue une terre deux fois maudite. Deux fois en un mois, elle a englouti ses enfants. Et rien ne dit qu’elle ne le fera pas une troisième fois.

les femmes Congolaises unissent leurs pas contre l’oubli et la guerre

Kinshasa, 1er mars 2026 – Elles sont parties de la Place des Évolués, ce symbole de l’émancipation congolaise. Ce samedi, sous un soleil de plomb, des milliers de femmes, d’hommes et de jeunes ont emboîté le pas à la ministre du Genre, Micheline Ombae Kalama. Leur destination : le Mémorial du Génocost. Leur objectif : transformer chaque pas en un cri de solidarité vers l’Est meurtri.

Le Mois de la femme 2026 ne sera pas un mois de plus. Il commence par une marche, mais pas une marche ordinaire. « Marchons pour Elles, Marchons pour l’Est » : le slogan choisi par le ministère du Genre, Famille et Enfant est un uppercut. Il rappelle que derrière les chiffres, derrière les communiqués de l’armée, il y a des femmes. Des femmes violées, déplacées, qui élèvent seules leurs enfants dans des camps de fortune, sous la menace permanente des armes.

Le cortège, compact et déterminé, a traversé le boulevard du 30 Juin. Des t-shirts orange, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, tachaient la grisaille du bitume. Des pancartes brandies haut : « Paix pour l’Est », « Stop à l’impunité », « Les femmes de l’Est ne sont pas seules ». À chaque coin de rue, des badauds se joignaient au mouvement, touchés par cette vague humaine qui avançait, calme mais résolue.

La ministre Micheline Ombae Kalama, en tête du peloton, n’a pas mâché ses mots. Pour elle, cette marche n’est pas une simple formalité d’ouverture. C’est un message politique adressé aux femmes de Goma, de Beni, de Bukavu, de tous ces territoires où l’insécurité est devenue une quotidienne.

« Nous marchons pour vous, pour que vos voix soient entendues jusqu’ici, pour que vous sachiez que la nation ne vous oublie pas », a-t-elle lancé, essoufflée par l’effort mais portée par l’émotion.

L’arrivée au Mémorial du Génocost a été le moment le plus fort. Ce lieu, dédié à la mémoire des victimes des conflits armés, a vu défiler les marcheurs dans un silence soudain, presque religieux. Ici, on ne crie plus. On se recueille. On pense à celles qui ne sont plus là, à celles qui ont survécu, à celles qui se battent encore.

Un lâcher de ballons orange a ponctué la cérémonie, montant vers le ciel de Kinshasa comme autant de messages d’espoir adressés aux provinces de l’Est. Des messages qui disent : vous n’êtes pas seules. La capitale pense à vous. Le pays pense à vous.

Ce Mois de la femme commence donc par un acte. Un acte de présence, de solidarité, de refus de l’indifférence. Tout au long du mois de mars, d’autres activités suivront, mais celle-ci restera comme le point de départ d’une prise de conscience collective.

« La paix dans l’Est, c’est l’affaire de tous les Congolais », a conclu une marcheuse, le visage ruisselant de sueur mais le sourire aux lèvres. À Kinshasa, les femmes ont marché. Et leurs pas résonnent encore, portés par le vent, jusqu’aux collines du Kivu.

Tshisekedi sacre le pouvoir coutumier, gardien des terres et de la paix

Kinshasa, 2 mars 2026 – Le Centre culturel et des arts d’Afrique centrale n’avait jamais vibré comme cela. Ce lundi, sous ses voûtes modernes, ce n’est pas un discours de plus qui a résonné. C’est la voix des terres ancestrales. Celle des chefferies, des lignages, des peuples premiers.

Pour la première fois dans l’histoire de la République démocratique du Congo, un Forum national des Affaires coutumières (FNAC) ouvre ses portes. Et c’est le Président de la République, Félix Tshisekedi, qui en préside la cérémonie d’ouverture. Dès lors, la journée prend une dimension particulière. Elle pourrait changer le visage de la gouvernance locale.

Le thème choisi en dit long sur l’ambition : « Le renforcement du rôle de l’Autorité coutumière, gage de la stabilité, du développement, de la sécurité et de la cohésion des communautés en RDC ». La phrase est longue. Pourtant, le message est limpide. L’État a besoin de ses chefs. Il ne veut plus les contourner ni les ignorer. Désormais, il veut les intégrer.

De la tradition au levier de développement

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a posé le cadre. Ce forum n’est pas une conférence de plus. Au contraire, il concrétise une nouvelle vision de la gouvernance coutumière initiée dès 2019.

L’objectif est clair : organiser les entités coutumières et les transformer en véritables pôles de développement à la base. Ainsi, les chefferies ne relèvent plus du folklore. Elles deviennent des institutions reconnues et outillées, capables de porter des projets structurants.

Cinq thématiques structurent les débats. D’abord, la décentralisation et la gouvernance locale. Ensuite, le statut des chefs coutumiers. Puis, l’intégration des peuples autochtones pygmées. À cela s’ajoutent l’harmonisation des stratégies et le rôle des femmes ainsi que des jeunes dans l’alternance coutumière.

Le programme est dense. Il balaie des décennies de flou juridique et d’oubli institutionnel.

Le Couloir vert, test grandeur nature

Le moment le plus fort reste sans doute le plaidoyer de Jean-Baptiste Ndenze, vice-ministre des Affaires coutumières. Il a mis en lumière un projet qui fascine autant qu’il inquiète : le Couloir vert Kivu-Kinshasa, présenté à Davos.

Ce ruban forestier traversera le pays de part en part. Or, il traversera aussi des terres ancestrales. Dès lors, une question s’impose : peut-on protéger la forêt sans ceux qui l’habitent depuis des générations ?

« Sa réussite présuppose une forte implication des chefs coutumiers », a-t-il martelé. Car ce sont eux les premiers gardiens de la biodiversité. Sans eux, la transition écologique échouera. Sans eux, le Couloir vert restera un vœu pieux.

Puis le Président Tshisekedi a pris la parole. Et ses mots ont claqué comme un manifeste :
« Aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle ne pourrait effacer nos lignages, nos chefferies, nos droits communautaires. »

Dans un pays où l’Est reste sous tension, cette déclaration résonne comme un serment. La terre congolaise n’est pas un terrain de manœuvres géopolitiques. Elle constitue le fondement de la souveraineté nationale.

Un pont entre modernité et tradition

À l’issue de ces assises, le pays devrait se doter d’un cadre réglementaire moderne pour les affaires coutumières. Des orientations claires émergeront. Des outils nouveaux verront le jour.

Le chef de l’État l’a affirmé : il veut faire de l’autorité coutumière un pilier de la paix, de la sécurité et du développement local.

Ce lundi, à Kinshasa, un pont s’est dessiné entre la modernité de l’État et la sagesse des chefferies. Reste maintenant à le consolider. Jour après jour. Village après village.

Kalemie, capitale du ventre plein : Judith Suminwa lance la révolution des cantines scolaires en RDC

Kalemie, 2 mars 2026 – Le soleil du Tanganyika a tapé fort ce lundi sur la cour de l’École primaire Kifungu. Mais pas plus fort que la détermination du gouvernement congolais. C’est ici, dans cette ville aux portes de l’Est, que la Première ministre Judith Suminwa a choisi de planter le décor de la Journée africaine de l’alimentation scolaire. Un décor symbolique, car à Kalemie comme ailleurs, des milliers d’enfants viennent en classe le ventre vide.

Autour de la cheffe du gouvernement, une impressionnante brochette de ministres : Raïssa Malu pour l’Éducation nationale, Guylain Nyembo pour le Plan, Roger Kamba pour la Santé, et Mohindo Nzangi pour le Développement rural. Une mobilisation qui n’a rien d’anodin. Elle envoie un message clair : la cantine scolaire n’est plus une option, c’est une priorité nationale.

Sous le chapiteau monté pour l’occasion, les discours se succèdent, mais tous disent la même chose : un enfant qui a faim n’apprend pas. La Première ministre l’a rappelé avec force : l’alimentation scolaire est un levier d’égalité des chances. Elle maintient les élèves en classe, surtout les filles, souvent premières victimes des décrochages. Elle améliore les performances académiques. Mais elle fait plus encore.

Car le projet ne se limite pas à distribuer des repas. L’ambition est de nourrir les écoliers avec des produits locaux. En achetant aux coopératives paysannes, en s’approvisionnant dans les villages environnants, les cantines deviennent un moteur de développement rural. C’est tout le sens de la présence du ministre du Développement rural à cette cérémonie.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM), partenaire de longue date de la RDC, était évidemment de la partie. Mais cette année, la musique a changé. Le gouvernement ne veut plus être un simple spectateur. Il veut piloter, coordonner, et surtout, passer à l’échelle.

« Nous devons faire en sorte que chaque école, chaque enfant, ait accès à un repas équilibré », a martelé Judith Suminwa. Un défi titanesque dans un pays grand comme un continent, où les infrastructures manquent et où l’insécurité sévit encore dans l’Est. Mais un défi que le gouvernement semble prêt à relever, pas à pas.

À l’EP Kifungu, les enfants, eux, n’attendent pas les grands discours. Ils regardent les marmites fumantes, les assiettes qui se remplissent de bouillie enrichie, de haricots, de riz. Pour eux, cette journée est un jour de fête. Pour le gouvernement, c’est un jour d’engagement.

La révolution des cantines scolaires est en marche en RDC. Et elle part de Kalemie.

Bunia décolle : la piste presque finie, Aimé Boji aux commandes du développement

Bunia, 27 février 2026 – À peine l’avion a-t-il touché le sol de l’aéroport de Bunia que le ronronnement des engins de chantier se fait déjà entendre. Une symphonie de travaux qui, pour une fois, n’annonce pas des retards, mais une renaissance. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Boji, n’a pas attendu. Il a sauté du tarmac directement sur le chantier. Comme un chef de chantier venu vérifier que tout est en ordre. Et tout l’est, ou presque.

Le constat est là, sous ses yeux, sous le soleil de l’Ituri : la piste d’atterrissage, ce ruban de bitume qui relie Bunia au reste du monde, est désormais presque entièrement achevée. Les engins s’affairent encore, mais le gros œuvre est fait. Le revêtement, le nivellement, les finitions : tout porte la marque d’un « rythme d’exécution soutenu ». Les responsables techniques, fiers, détaillent les étapes : le renforcement de la structure, le drainage repensé, la sécurité aux normes.

Ce n’est pas qu’une piste. C’est une artère vitale pour une province trop longtemps asphyxiée par l’insécurité et l’enclavement. L’objectif affiché est clair : faire de l’aéroport de Bunia une infrastructure moderne, capable d’accueillir des avions de plus grande capacité, d’assurer des liaisons régulières et, surtout, sécurisées.

Aimé Boji  ne cache pas sa satisfaction. L’homme, connu pour sa rigueur budgétaire, se mue en promoteur du développement local. Il salue « le travail remarquable accompli dans un délai maîtrisé ». Une phrase qui, dans un pays où les chantiers traînent souvent en longueur, a valeur d’exploit.

Pour le président de l’Assemblée nationale, cet aéroport n’est pas un simple équipement. C’est un « levier stratégique ». Il le répète, comme pour s’en persuader : cette piste va renforcer la connectivité entre Bunia et les grandes villes du pays. Elle va faciliter les échanges commerciaux, encourager les investissements, et surtout, « soutenir les efforts de stabilisation et de développement local ».

Car en Ituri, la modernisation ne se résume pas au confort. Elle est une arme contre la précarité. Une piste en bon état, c’est la possibilité pour les opérateurs économiques d’importer et d’exporter plus vite, à moindre coût. C’est la promesse d’une baisse des prix des denrées, d’une meilleure circulation des biens et des personnes.

Les commerçants de Bunia, ceux qui trimballent leurs marchandises sur des routes souvent impraticables, retiennent leur souffle. Ils espèrent que la finalisation des travaux entraînera une augmentation du trafic aérien, et avec elle, une bouffée d’oxygène pour leurs affaires. Moins de logistique, plus de fluidité : la recette d’un redécollage économique.

La visite d’Aimé Boji n’est pas anodine. Elle est le sceau politique apposé sur un projet structurant. Elle dit à la population de l’Ituri, confrontée aux violences des groupes armés et aux difficultés du quotidien, que l’État pense à eux, que l’État construit pour eux.

Ce vendredi, à Bunia, le bruit des engins de chantier a couvert celui des armes. Et pour une fois, c’est une musique d’espoir qui a résonné sur le tarmac. L’aéroport de Bunia est en train de devenir une porte ouverte sur l’avenir.

Éducation nationale : 650 millions déjà décaissés, la RDC accélère la transformation de l’école

Ce mercredi 18 février 2026, dans une salle de réunion du ministère de l’Éducation nationale, l’ambiance était à la fois studieuse et déterminée. Autour de la table, la ministre d’État Raïssa Malu, entourée de ses homologues du Budget et du vice-ministre des Finances, a présidé la deuxième réunion du Comité de pilotage des projets structurants. Au menu : accélérer la transformation du système éducatif congolais. Et les chiffres présentés donnent le tournis.

Une réunion au sommet pour des décisions cruciales

Il était un peu plus de 10 heures lorsque la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a ouvert la séance. Face à elle, Aimé Boji, ministre d’État en charge du Budget, et Gracia Yamba Kazadi, vice-ministre des Finances. Un triangle de pilotage stratégique pour un secteur qui concentre tous les espoirs du pays.

L’ordre du jour était clair : examiner et approuver les Plans de Travail Budgétaires Annuels (PTBA) pour l’année 2026. Trois projets majeurs étaient dans la ligne de mire. Le PERSE, d’abord. Le PAAF, ensuite. Le PEQIP, enfin. Trois acronymes qui cachent des réformes profondes, des investissements massifs, des ambitions démesurées pour l’école congolaise.

PERSE : 650 millions déjà décaissés pour la gratuité

Le Programme d’Éducation, de Renforcement et de Sauvegarde du Système Éducatif (PERSE) est sans doute le plus emblématique. Pourquoi ? Parce qu’il porte la gratuité de l’enseignement, cette réforme promise par le chef de l’État et qui a changé le quotidien de millions de familles.

Les chiffres présentés par la ministre sont éloquents : 650 millions de dollars américains ont déjà été décaissés. Cette manne financière ne tombe pas dans un trou noir. Elle soutient concrètement six réformes majeures qui touchent à la fois l’accès à l’école, la qualité de l’enseignement et la formation des enseignants.

Pour 2026, l’objectif est clair : accélérer encore. Lever les obstacles administratifs qui freinent parfois l’exécution. Maximiser l’impact de chaque dollar investi. Parce que derrière les chiffres, il y a des enfants. Des salles de classe. Des familles qui respirent mieux depuis qu’elles n’ont plus à payer pour que leurs fils et leurs filles apprennent à lire et à compter.

PAAF : 260 écoles, 4 millions de manuels, 195 000 bourses

Le Programme d’Apprentissage et d’Amélioration de la Formation (PAAF) n’est pas en reste. Là encore, les réalisations impressionnent.

Premier chiffre : 260 écoles sont désormais bénéficiaires du programme. Deux cent soixante établissements où les conditions d’apprentissage s’améliorent, où les enseignants sont mieux formés, où les élèves trouvent un cadre plus propice à leur épanouissement.

Deuxième chiffre, peut-être le plus parlant : plus de 4 millions de manuels scolaires ont été distribués. Quatre millions. Derrière ce nombre, il y a des milliers de gestes : un enfant qui ouvre pour la première fois un livre de maths, une fillette qui découvre la lecture, un enseignant qui peut enfin s’appuyer sur des supports de qualité.

Troisième chiffre, et non des moindres : l’extension des bourses scolaires. Aujourd’hui, près de 195 000 filles bénéficient de ce dispositif. Une avancée majeure pour l’éducation des jeunes Congolaises, pour leur autonomisation, pour l’égalité des chances. Parce qu’envoyer une fille à l’école, c’est investir dans toute une communauté.

PEQIP : la qualité au cœur des préoccupations

Le Programme d’Éducation de Qualité et d’Innovation Pédagogique (PEQIP) complète ce triptyque. Lui, il ne parle pas seulement de chiffres, mais de contenu. De méthodes. De formation.

Son objectif est simple en apparence, complexe dans sa mise en œuvre : renforcer la qualité de l’enseignement et la formation des enseignants. Parce qu’à quoi bon avoir des écoles si les maîtres ne sont pas préparés ? À quoi bon des manuels si les méthodes pédagogiques restent archaïques ?

Le PEQIP travaille sur le fond. Sur ce qui fait la différence entre une école qui forme et une école qui trie. Sur ce qui permettra aux enfants congolais d’acquérir non seulement des connaissances, mais aussi des compétences. De quoi affronter le monde de demain, de quoi construire leur pays.

2026 : l’année de l’accélération

La réunion de ce 18 février n’avait pas pour seul objet de faire un bilan. Elle devait surtout préparer l’avenir. L’année 2026, justement, est présentée comme un tournant.

L’objectif affiché par la ministre d’État est triple. D’abord, accélérer l’exécution des projets. Les rythmes administratifs, les lenteurs budgétaires, les procédures complexes : tout cela doit être fluidifié. Ensuite, lever les obstacles. Ceux qui freinent, qui retardent, qui découragent. Enfin, maximiser l’impact des investissements. Chaque franc congolais, chaque dollar décaissé doit produire un effet visible sur le terrain.

Raïssa Malu l’a rappelé avec force : il ne s’agit pas seulement de dépenser de l’argent. Il s’agit de transformer le système éducatif. De le rendre plus performant. Plus équitable. Plus moderne.

Une synergie interministérielle exemplaire

Autre enseignement de cette réunion : la collaboration entre les différents départements ministériels fonctionne. Aimé Boji, à la tête du Budget, et Gracia Yamba Kazadi, aux Finances, n’étaient pas là pour faire de la figuration.

Leur présence montre que le gouvernement aborde la question éducative de manière globale. Pas question de décider des dépenses sans s’assurer qu’elles sont budgétisées. Pas question de lancer des réformes sans vérifier que les financements suivent.

Cette synergie, les participants l’ont soulignée, est une condition essentielle de la réussite. Dans un pays où les besoins sont immenses et les ressources limitées, chaque dollar doit être optimisé. Chaque projet doit être coordonné avec les autres.

Des défis qui restent immenses

Pour autant, personne ne crie victoire trop tôt. Les défis qui attendent le système éducatif congolais restent immenses. Des millions d’enfants sont encore hors de l’école. La qualité de l’enseignement, malgré les progrès, reste inégale. Les infrastructures, dans de nombreuses régions, sont délabrées.

Les 650 millions du PERSE, les 260 écoles du PAAF, les 4 millions de manuels distribués : tout cela est considérable. Mais comparé à l’ampleur des besoins, c’est encore insuffisant.

La ministre d’État en est consciente. Ses partenaires aussi. C’est pourquoi cette réunion de pilotage n’est pas un aboutissement, mais une étape. Une étape essentielle, certes, mais une étape seulement.

Le cap est fixé

Au sortir de cette réunion, les participants se sont quittés avec un sentiment partagé. De la satisfaction, pour le travail accompli. De l’ambition, pour celui qui reste à faire.

Les PTBA 2026 sont approuvés. Les objectifs sont fixés. Les équipes sont mobilisées. Reste à exécuter, à suivre, à évaluer. Reste à transformer ces plans en réalité concrète dans les salles de classe.

Pour Raïssa Malu, pour Aimé Boji, pour Gracia Yamba Kazadi et pour tous ceux qui œuvrent à l’éducation nationale, le message est clair : il faut accélérer. Parce que chaque jour qui passe, des enfants attendent. Chaque jour qui passe, des enseignants se démènent avec des moyens limités. Chaque jour qui passe, l’avenir du pays se joue sur les bancs de l’école.

Le 18 février 2026 restera comme le jour où le cap a été fixé. Reste maintenant à tenir le gouvernail, coûte que coûte.

L’UE débloque 81,2 millions d’euros pour les Grands Lacs

C’est un constat sans appel, posé noir sur blanc dans un communiqué officiel. Pour l’Union européenne, la crise humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo a franchi un cap. Elle atteint aujourd’hui « son paroxysme ». Face à cette spirale de violences et de déplacements, Bruxelles a décidé de sortir l’artillerie lourde : 81,2 millions d’euros viennent d’être débloqués pour la région des Grands Lacs.

68 millions d’euros pour panser les plaies de l’Est

Dans le détail, la part du lion revient à la RDC. Sur l’enveloppe globale, 68 millions d’euros seront directement injectés dans l’aide humanitaire sur le territoire congolais. Une somme conséquente, à la hauteur des besoins.

Car sur le terrain, le tableau est effroyable. Les provinces orientales, livrées depuis des années à l’activisme des groupes armés, comptent leurs morts et leurs déplacés par millions. Ces familles, chassées de leurs villages par les combats, s’entassent dans des camps précaires ou chez des communautés d’accueil elles-mêmes démunies.

L’argent frais promis par l’UE servira à panser les plaies les plus vives. D’abord, nourrir ceux qui ont tout perdu : une aide alimentaire d’urgence sera déployée. Ensuite, soigner : des services de santé et une prise en charge nutritionnelle cibleront particulièrement les enfants et les femmes vulnérables.

Mais l’urgence, c’est aussi l’eau. Le communiqué insiste sur la nécessité de rétablir l’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux abris de base. Sans cela, pas de dignité possible pour les déplacés.

Protéger les plus faibles, un combat quotidien

Au-delà du physique, il y a le psychique. Les violences basées sur le genre, fléau silencieux des zones de conflit, feront l’objet d’une attention particulière. L’UE prévoit de renforcer les services de protection, y compris la prise en charge des survivants. La protection de l’enfance figure également parmi les priorités.

Dans l’est du Congo, les groupes armés ne font pas de quartier. Les femmes et les filles paient un lourd tribut. Les enfants sont enrôlés, violentés, brisés. Chaque euro de cette enveloppe devra aider à reconstruire des vies, à offrir un refuge, à tendre une main secourable.

Une enveloppe régionale pour un mal sans frontières

La crise congolaise ne s’arrête pas aux frontières du pays. Elle déborde, littéralement. Des milliers de Congolais ont fui vers les pays voisins, cherchant désespérément un havre de paix.

C’est pourquoi l’UE a prévu 13,2 millions d’euros pour des actions régionales. Cette somme soutiendra directement les réfugiés congolais dans les pays d’accueil. Le Burundi, où la situation humanitaire reste « préoccupante », figure en première ligne. Le Rwanda et la Tanzanie, qui accueillent également des réfugiés, bénéficieront aussi de cette manne.

L’objectif est double. D’abord, réagir rapidement aux nouvelles vagues de déplacés, car les conflits peuvent déplacer des milliers de personnes en quelques heures. Ensuite, renforcer les mécanismes de préparation et de réponse aux urgences. Il s’agit aussi de soulager les communautés hôtes, dont les ressources de base sont mises sous pression par cet afflux soudain.

La région des Grands Lacs, foyer humanitaire complexe

Ce nouveau décaissement ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une prise de conscience, à Bruxelles, de l’extrême complexité de la région des Grands Lacs. Le communiqué le reconnaît sans fard : il s’agit de l’un des foyers humanitaires les plus complexes du continent africain.

Pourquoi une telle complexité ? Parce que tout se mêle et s’aggrave mutuellement. Les conflits armés, d’abord, qui ne faiblissent pas. Les épidémies récurrentes, qui prolifèrent dans les camps surpeuplés. Les catastrophes naturelles, qui frappent sans prévenir. Et l’insécurité alimentaire chronique, qui mine des générations entières.

Cette combinaison toxique alimente une crise prolongée, une crise qui n’en finit pas de finir. Une crise qui use les corps et les esprits, et face à laquelle l’aide internationale est plus que jamais vitale.

Un engagement réaffirmé, une attente immense

Par cette mobilisation financière, l’Union européenne envoie un signal. Elle réaffirme son engagement aux côtés des populations affectées. Elle promet de travailler main dans la main avec ses partenaires humanitaires pour acheminer une assistance rapide, impartiale et adaptée.

Reste que l’attente est immense. 68 millions d’euros, c’est une somme. Mais face à des millions de déplacés, face à l’ampleur des destructions, c’est aussi une goutte d’eau dans un océan de besoins. Chaque euro devra être utilisé avec la plus grande efficacité.

Les prochains mois diront si cette aide parvient réellement à ceux qui en ont besoin. Si les enfants retrouvent le chemin des repas chauds. Si les femmes violentées trouvent une oreille et des soins. Si les déplacés, enfin, peuvent entrevoir un lendemain moins sombre.

Dans l’est de la RDC, le paroxysme de la crise est peut-être atteint. L’espoir, lui, ne demande qu’à renaître.

Rutshuru : après un mois de silence, les réseaux téléphoniques enfin rétablis

La nuit du 16 au 17 février 2026 restera gravée dans les mémoires à Rutshuru. Après trente-cinq longs jours de silence absolu, les téléphones ont enfin vibré. Les réseaux Airtel et Orange sont de retour. Pour une population sous occupation et privée de tout, c’est bien plus qu’une connexion : c’est un lien retrouvé avec le monde.

Un calvaire de trente-cinq jours prend fin

Imaginez un instant. Plus d’appels pour prendre des nouvelles de sa famille. Plus d’Internet pour s’informer. Plus de mobile money pour payer ou recevoir de l’argent. Et des banques fermées, comme des coquilles vides. Voilà ce qu’a vécu la population de Rutshuru depuis la mi-janvier.

Ce territoire du Nord-Kivu, placé sous occupation de l’AFC-M23, était devenu une bulle déconnectée du reste du pays. Une mise à l’écart brutale, imposée par la coupure de tous les réseaux de communication. Les jours passaient, lents et lourds, sans aucune nouvelle de l’extérieur.

Puis, dans la nuit du 16 au 17 février, les écrans de téléphone se sont réveillés. Les barres de réseau sont réapparues, timidement d’abord, puis nettement. Airtel et Orange, les deux principaux opérateurs, venaient de rétablir leurs services.

Un notable du territoire tire un signal d’alarme

Parmi ceux qui n’ont cessé de se battre pour ce rétablissement, Aimé Mbusa Mukanda, notable du territoire et défenseur des droits de l’homme, a suivi chaque étape. Il a vu les alertes se multiplier, les plaidoyers se heurter au silence administratif.

« Grâce à nos alertes et plaidoyers, la connexion internet vient d’être rétablie dans les zones où elle était coupée depuis plus d’un mois », a-t-il déclaré, un brin de fierté dans la voix. Mais ce combat, prévient-il, est loin d’être terminé.

Il salue certes cette « mesure salutaire », mais il appelle déjà à la suite. Son message au gouvernement est clair : il faut réfléchir à la fin de la guerre. Et en attendant, des urgences immédiates s’imposent. « La réouverture des banques et aéroports si nécessaire », martèle-t-il.

Une décision venue d’en haut

Ce rétablissement n’a rien d’un hasard. Il fait suite à des instructions précises venues des plus hautes sphères de l’État. La Première Ministre avait personnellement saisi les ministres des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

L’ordre était clair : prendre en charge cette question de toute urgence. Pourquoi cette pression soudaine ? Parce que des informations alarmantes circulaient. Une présumée implantation du réseau MTN du Rwanda à Rutshuru avait été signalée. Un risque d’ingérence étrangère dans les télécommunications, insupportable pour la souveraineté nationale.

Des services essentiels toujours en berne

Le retour des réseaux est donc une première victoire. Mais dans les rues de Rutshuru, la vie n’a pas repris son cours normal. Les banques restent obstinément fermées. Comment faire des affaires ? Comment payer ses employés ? Comment recevoir de l’argent d’un parent éloigné ?

Les questions s’accumulent, mais les réponses tardent. La population, elle, a appris à se contenter de peu. Pour l’instant, le simple fait de pouvoir passer un appel, d’envoyer un message, de consulter l’heure sur un téléphone qui capte à nouveau, suffit à dessiner des sourires.

Le chemin vers la normale sera long

Ce rétablissement des communications n’efface pas la réalité de l’occupation. L’AFC-M23 est toujours là. Les combats peuvent reprendre à tout moment. La peur, elle, n’a pas disparu avec le retour du réseau.

Mais pour les habitants de Rutshuru, c’est un peu de lumière dans l’obscurité. C’est la preuve que l’État, même de loin, même lentement, peut encore agir. C’est surtout la promesse que le silence imposé par les armes peut être brisé par la volonté politique.

Aimé Mbusa Mukanda et d’autres continueront de pousser. Pour les banques, pour les aéroports, pour la paix. Parce qu’à Rutshuru, on sait désormais une chose : quand on parle assez fort, on finit par être entendu.

Patrimoine des anciens combattants : le ministre Ntambwe Mposhi en mission à Lubumbashi

L’aéroport de Loano a vu descendre, ce lundi 16 février 2026, une figure ministerielle. Eliezer Ntambwe Mposhi, ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, entame une tournée décisive dans le Haut-Katanga. Sa mission, loin des protocoles habituels, touche au cœur de la mémoire nationale : la protection des biens de ceux qui ont porté l’uniforme.

À peine descendu de l’avion, le ministre a pris la direction du cabinet du gouverneur. Martin Kazembe l’attendait pour un échange protocolaire, mais aussi stratégique. Car derrière les poignées de main, c’est tout un plan qui se dessine.

« La mission qui nous emmène au Katanga, c’est en exécution de la décision du conseil des ministres », a clairement expliqué Eliezer Ntambwe Mposhi à sa sortie d’audience. Le conseil lui a confié une autorité précise : celle d’identifier, de récupérer, de valoriser et de sécuriser les biens des anciens combattants.

Quatre verbes forts pour une mission qui s’annonce vaste. Identifier, d’abord, pour savoir ce qui existe encore. Récupérer, ensuite, pour sortir ces biens de l’oubli ou des mains indélicates. Valoriser, pour qu’ils retrouvent une utilité. Sécuriser, enfin, pour que l’histoire ne se disperse pas.

Après le Kwango, le Katanga

Ce déplacement à Lubumbashi n’est pas un acte isolé. Il fait suite à un premier séjour dans la province du Kwango. Le ministre semble donc mener une tournée méthodique, frappant aux portes des provinces une à une.

Dans le Haut-Katanga, son programme ne se limite pas aux salons officiels. Une tournée sur le terrain l’attend. Il visitera les infrastructures qui appartiennent ou ont appartenu aux anciens combattants. Des bâtiments parfois chargés d’histoire, d’autres fois laissés à l’abandon.

Mais le ministre ne s’arrêtera pas aux frontières du Haut-Katanga. Son agenda prévoit déjà une étape dans la province voisine du Lualaba. Même objectif, même urgence : mettre la main sur ce patrimoine dispersé.

Un patrimoine en danger

Derrière cette mission ministérielle, c’est tout un pan de l’histoire congolaise qui cherche à être préservé. Les anciens combattants, ceux qui ont servi sous les drapeaux, parfois depuis des décennies, ont accumulé des biens. Des terres, des bâtiments, des droits.

Mais le temps passe. Les anciens combattants vieillissent. Leurs héritiers ignorent parfois l’existence de ces biens. Parfois, des occupants illégaux s’installent. Parfois, l’administration elle-même perd la trace de ces propriétés.

Le ministre Ntambwe Mposhi arrive donc avec une double casquette. Celle du technicien qui doit inventorier. Celle du gardien qui doit protéger. Un travail de fourmi qui nécessite la collaboration des autorités locales, comme le gouverneur Kazembe.

La mémoire comme boussole

Pourquoi tant d’énergie déployée ? Parce que ces biens ne sont pas de simples actifs. Ils racontent une histoire. Celle d’hommes et de femmes qui ont servi la République démocratique du Congo, parfois au péril de leur vie.

Les laisser se déliter, c’est un peu oublier ce qu’ils ont donné. Les récupérer et les valoriser, c’est au contraire dire que la nation n’oublie pas. Une forme de reconnaissance concrète, qui ne se contente pas de discours lors des cérémonies officielles.

Le ministre le sait bien. En se déplaçant lui-même, en allant sur le terrain, il envoie un signal. L’État se préoccupe de ce patrimoine. L’État veut remettre de l’ordre.

Un long chemin devant lui

Reste que la tâche est immense. Les biens des anciens combattants sont dispersés sur l’ensemble du territoire. Certains ont été mal acquis. D’autres sont litigieux. La mission d’identification, première étape, risque de prendre des mois, voire des années.

Mais le premier pas est toujours le plus important. Ce lundi 16 février 2026, à Lubumbashi, ce pas a été franchi. Le ministre a serré des mains, écouté des doléances, tracé des perspectives.

Dans les prochains jours, il arpentera les infrastructures, foulera la terre du Lualaba, rencontrera sans doute d’anciens combattants ou leurs familles. Pour que la mémoire, enfin, retrouve ses droits.

Tramway de Kinshasa, le gouvernement officialise l’accord de principe et fixe une échéance pour 2027

Le projet de tramway de Kinshasa quitte la phase des intentions. Désormais, il entre dans le concret. En séjour de travail à Rotterdam, aux Pays-Bas, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a franchi une étape décisive ce samedi 14 février 2026.

Il a rencontré la délégation du Consortium Tramways de Kinshasa, conduite par Jean-Pierre Van Erps. Ensemble, ils ont tenu une réunion dite « stratégique et opérationnelle ». Surtout, ils ont officialisé la remise de l’Accord de Principe signé le 8 octobre 2025. Le ministère y a apposé son cachet sec.

Ce document va au-delà d’une formalité. En effet, il confirme le soutien du gouvernement. De plus, il lance la phase opérationnelle. Par ailleurs, il engage les autorités à accélérer le montage en Partenariat Public-Privé. Ainsi, le projet gagne en crédibilité.

Une échéance claire pour la première ligne

Le ministère fixe désormais un cap. La première ligne souterraine expresse doit entrer en service au plus tard le 27 novembre 2027.

D’ici là, les équipes doivent avancer sur plusieurs points. D’abord, elles finalisent un planning réaliste et sécurisé. Ensuite, elles alignent les études techniques avec le montage financier. Enfin, elles signent le contrat PPP, pièce maîtresse du projet.

L’agenda reste ambitieux. Toutefois, le gouvernement veut tenir ce délai. Car ce tramway doit transformer la mobilité urbaine. Il doit aussi moderniser la capitale.

Le ministère le rappelle : le projet reste prioritaire pour moderniser Kinshasa.

Un chantier technique hors norme

Derrière l’annonce politique, la dimension technique impressionne. Déjà, plus de 60 ingénieurs ont travaillé à Kinshasa. Ils se sont appuyés sur les plans historiques de la ville. Ainsi, ils visent une intégration cohérente au tissu urbain.

Un chiffre illustre l’ampleur du défi. Entre le centre-ville et Aéroport international de N’djili, les constructeurs prévoient 173 ponts. Autrement dit, les travaux seront majeurs.

À terme, le projet prévoit sept lignes modernes. Il inclut aussi des voies hybrides préfabriquées sous licence exclusive. En parallèle, il intègre des solutions énergétiques durables. Enfin, il accompagne la modernisation des axes et des réseaux.

Un tramway pensé contre les inondations

Le projet adopte une approche globale. Ici, le tramway ne sert pas seulement à transporter. Au contraire, il restructure la ville.

Dès la conception, les équipes intègrent la lutte contre les inondations. Or ce problème touche régulièrement Kinshasa. Le projet prévoit donc des systèmes de drainage. Il ajoute aussi la récupération et le traitement des eaux pluviales. De surcroît, il envisage la redistribution d’eau traitée.

Ainsi, le tramway devient aussi un outil de résilience climatique.

Un pilotage technique structuré

L’État a confié la coordination nationale à Agence congolaise des grands travaux. L’agence suit l’exécution et aligne les composantes.

Le gouvernement affiche un objectif clair. D’une part, il veut désengorger la ville. D’autre part, il cherche à améliorer la mobilité. En même temps, il modernise les infrastructures. À terme, il vise une meilleure qualité de vie.

Une ambition à l’échelle de la mégapole

Kinshasa dépasse les 15 millions d’habitants. Sa croissance rapide a saturé les transports. Par conséquent, les solutions classiques ne suffisent plus.

Si le tramway respecte le calendrier, il changera la donne. Non seulement il facilitera les déplacements, mais il portera aussi une vision de ville durable.

Il reste toutefois des défis. Il faut sécuriser les financements. Il faut aussi respecter les délais. Néanmoins, avec l’Accord de Principe remis à Rotterdam, une étape clé est franchie. Désormais, le projet avance vers l’action.

Le siège de l’ADDCONGO attaqué après la messe des martyrs, plusieurs blessés

En ce jour anniversaire, Matonge devait vibrer au rythme du souvenir. La paroisse Saint-Joseph venait d’accueillir une messe solennelle. L’objectif ? Rendre hommage aux chrétiens tués par la DSP de Mobutu, le 16 février 1992. Ces martyrs réclamaient alors la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Trente-quatre ans plus tard, de nombreuses personnalités avaient répondu présentes. Martin Fayulu, Devos Kitoko, Lexxus Legal et d’autres membres de Lamuka ont prié ensemble. La sortie de l’église s’annonçait paisible. Pourtant, l’atmosphère a brutalement basculé aux alentours de 13 heures.

L’attaque : du cortège au siège du parti

Un guet-apens sur le boulevard

À peine le cortège de Martin Fayulu s’est-il élancé que la violence a éclaté. Selon le porte-parole de Lamuka, des éléments de la Force du progrès ont tendu une embuscade. Ils se sont rués sur le convoi, semant la panique.

Heureusement, les militants de Lamuka ont réagi rapidement. Ils ont formé un rempart humain autour de leur leader. Cette résistance a permis à Martin Fayulu de quitter la zone et de poursuivre sa route.

Le siège de l’ADDCONGO assiégé

Mais les assaillants ne comptaient pas en rester là. Leur cible suivante était toute désignée. Ils ont remonté le Boulevard Triomphal pour s’attaquer au symbole : le siège de l’ADDCONGO.

« Après le passage du président Fayulu, ils ont directement attaqué le siège », témoigne Prince Epenge, président du parti. Son récit est glaçant. Des hommes armés de machettes ont rapidement encerclé le bâtiment. L’angoisse a duré de longues minutes.

« Ils nous ont assiégés pendant une heure. Une heure entière », insiste-t-il. À l’intérieur, la peur régnait. À l’extérieur, les machettes brillaient sous le soleil de Kinshasa.

Un bilan humain et l’intervention tardive des forces de l’ordre

Cette attaque n’a pas fait que des dégâts matériels. Le bilan humain est bel et bien réel. Quatre militants ont été grièvement blessés durant l’assaut.

« Ils ont blessé 4 militants, dont 2 se trouvent présentement à l’hôpital », a déclaré Prince Epenge, visiblement ébranlé. Le sort de ces deux blessés graves inquiète désormais toute la famille politique de Lamuka.

Face à cette violence, la police a finalement déployé ses éléments. Son intervention a mis fin au siège d’une heure. En dispersant les assaillants, elle a probablement évité un drame encore plus sanglant.

L’ombre de l’histoire plane sur Kinshasa

Ce 16 février 2026 restera donc dans les mémoires. Ironie du sort, cette journée de recueillement a été souillée par la violence. En 1992, les fusils de la DSP avaient réprimé une marche pacifique.

Trente-quatre ans plus tard, ce sont des machettes qui ont attaqué des militants. À quelques centaines de mètres seulement de l’église Saint-Joseph. Cette coïncidence tragique rappelle une triste réalité. Dans la quête de démocratie, la paix reste malheureusement une denrée fragile à Kinshasa.

34 ans après la marche des martyrs, Lamuka rappelle un « combat inachevé »

KINSHASA – Trente-quatre ans après, la mémoire reste vive et la lutte, selon eux, toujours d’actualité. La coalition d’opposition Lamuka, conduite par Martin Fayulu, a rendu hommage ce lundi 16 février aux martyrs de la démocratie lors d’une messe célébrée à la paroisse Saint Joseph de Matonge, cœur historique de la résistance congolaise.

Cette célébration eucharistique commémorait la marche du 16 février 1992, lorsque des milliers de fidèles, répondant à l’appel de l’Église catholique, avaient exigé la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS) , symbole des aspirations démocratiques du peuple congolais. La réponse du régime du maréchal Mobutu Sese Seko avait été implacable : une répression violente menée par les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts et blessés.

« Un sang qui continue de crier »

Dans son homélie, l’officiant du jour a rappelé que « le sang versé par ces martyrs constitue un appel permanent à la conscience nationale » . Il a exhorté fidèles et dirigeants à faire de cette mémoire « un levier d’engagement pour un Congo plus juste » , soulignant que le combat pour la liberté, la justice et la dignité humaine demeure d’une actualité brûlante.

« Le combat demeure inachevé »

Pour la coalition Lamuka, cette commémoration n’est pas qu’un devoir de mémoire. C’est aussi un constat d’étape sur l’état de la démocratie congolaise.

« Trente-quatre ans plus tard, les idéaux de liberté, de justice et de respect des droits humains portés en 1992 restent d’une brûlante actualité », a estimé la plateforme d’opposition, pour qui le combat pour lequel ces martyrs ont donné leur vie demeure « inachevé » .

Martin Fayulu a profité de cette journée pour lancer un appel à la « cohésion nationale » et à la « défense de l’intégrité nationale » en mémoire des disparus.

Un souvenir ancré dans la mémoire collective

Le 16 février 1992 reste une date charnière dans l’histoire politique de la RDC. Elle symbolise à la fois l’espoir démocratique né de la Conférence nationale souveraine et la brutalité du pouvoir d’alors face aux aspirations populaires.

À Matonge, quartier populaire de Kinshasa souvent épicentre des contestations, la mémoire de cette journée sanglante se transmet de génération en génération. Les murs du centre-ville portent encore, par endroits, des inscriptions ou des fresques rappelant le sacrifice de ces hommes et femmes tombés pour la liberté.

Une commémoration sous tension politique

Cette année, l’hommage intervient dans un climat politique marqué par des tensions récurrentes entre la majorité au pouvoir et l’opposition, et alors que des processus de dialogue (initiatives angolaises, médiation de l’UA) peinent à aboutir.

Pour Lamuka, rappeler le souvenir des martyrs de 1992, c’est aussi interpeller le pouvoir actuel sur ses engagements démocratiques et la nécessité de garantir les libertés publiques. Un message que Martin Fayulu et ses partisans entendent porter haut, trente-quatre ans après les événements tragiques qui ont marqué à jamais la conscience nationale congolaise.

Choléra à la prison de Makala : le ministre de la Justice suspend les admissions

KINSHASA – L’épidémie de choléra qui s’est déclarée à la prison centrale de Makala a déjà causé la mort de cinq détenus. Face à l’urgence sanitaire, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a pris des mesures radicales pour endiguer la propagation de la maladie au sein de l’établissement surpeuplé.

Une circulaire ministérielle, datée du samedi 14 février et dont une copie est parvenue à Radio Okapi ce dimanche, ordonne l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission à la prison de Makala, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre.

Un arsenal de mesures sanitaires

Au-delà de la suspension des entrées, le ministre a prescrit un ensemble de dispositions visant à contenir l’épidémie et à protéger la population carcérale :

  • Suspension ou limitation stricte des visites, sous réserve du respect rigoureux des règles d’hygiène et des prescriptions sanitaires

  • Renforcement immédiat des dispositifs sanitaires avec mise à disposition de médicaments essentiels

  • Approvisionnement en produits de prévention et de désinfection

  • Déploiement d’équipements et de matériels médicaux appropriés

La circulaire enjoint les responsables pénitentiaires, les autorités sanitaires et l’ensemble des services concernés à assurer l’exécution stricte de ces mesures et à en garantir le suivi rigoureux.

Une prison exsangue, déjà dénoncée

Cette crise sanitaire survient dans un contexte de surpopulation carcérale chronique dénoncé depuis des mois par les organisations de défense des droits humains. En novembre dernier, la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) avait tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation des conditions de détention à Makala et à la prison de Ndolo.

Son coordonnateur, Emmanuel Cole, avait révélé des chiffres accablants : 11 404 détenus recensés dans ces deux établissements, alors que la seule capacité d’accueil de Makala est de 1 500 personnes. Il avait également signalé des cas de malnutrition, des lenteurs judiciaires maintenant des prévenus en détention provisoire prolongée, et d’autres problèmes graves.

Des recommandations restées lettre morte ?

L’activiste avait formulé plusieurs recommandations à l’État, notamment l’accélération du traitement des dossiers des détenus et la construction de nouveaux bâtiments dans les enceintes carcérales. Des appels qui résonnent avec d’autant plus d’acuité aujourd’hui, alors que l’épidémie de choléra expose l’extrême vulnérabilité d’une population carcérale livrée à elle-même dans des conditions indignes.

Un test pour la volonté de réforme

Cette nouvelle tragédie sanitaire place le ministre Guillaume Ngefa face à un défi majeur, à quelques jours seulement de sa rencontre avec le chargé d’affaires américain pour renforcer la coopération judiciaire. La gestion de cette crise sera un test grandeur nature de la volonté affichée par le gouvernement de réformer le secteur de la justice et d’améliorer les conditions de détention.

Les mesures d’urgence prises sont nécessaires. Reste à savoir si elles s’accompagneront d’une réflexion structurelle sur l’état des prisons congolaises, véritables bombes sanitaires et sociales à retardement.

RDC et Angola scellent un pacte de sécurité face aux menaces régionales

Pendant des années, entre la République Démocratique du Congo et l’Angola, on s’observait. On se parlait, parfois. Mais on ne construisait pas ensemble. Pourtant, il y a eu l’Est qui brûle, les armes qui circulent, les menaces qui ignorent les lignes tracées sur les cartes. Alors, les deux capitales ont compris que la sécurité de l’une ne pouvait plus être indifférente à l’insécurité de l’autre.

Ce jeudi 12 février 2026, dans un palais de Luanda, cette prise de conscience est devenue un acte.

Une signature qui change la donne

Autour d’une table, deux hommes. Le Congolais Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur. L’Angolais Manuel Gomes, son homologue. Devant eux, un document préparé pendant deux jours par les experts des deux pays. Un texte technique, administratif, mais dont chaque mot pèse son poids de poudre et d’espoir.

Ils ont signé.

D’un trait de plume, la Commission Permanente Mixte Défense et Sécurité est née. Derrière ce nom un peu long se cache une promesse simple : celle de ne plus jamais laisser la frontière commune devenir un territoire sans loi.

La frontière au cœur des préoccupations

Car la frontière, justement, a été au cœur des discussions. Ainsi, les deux délégations ont passé au crible ce ruban de terre qui sépare et relie leurs nations. Elles ont parlé de ce qui s’y passe la nuit, de ces trafics qui ignorent les postes de contrôle, de ces menaces qui glissent d’un pays à l’autre comme l’eau entre les doigts.

Le constat ? Il faut plus que des patrouilles. Il faut des informations qui circulent, des commandements qui se parlent, des officiers qui se connaissent. Concrètement, la commission mixte devra organiser tout cela : des échanges permanents de renseignements, des rencontres régulières entre militaires et policiers des deux bords.

L’ombre persistante de l’Est congolais

Mais il y avait aussi, dans la salle, une autre présence. Invisible, mais obsédante. Celle de l’Est congolais, cette plaie qui ne cicatrise pas. Dans ce contexte, les ministres ont pris une position claire, presque solennelle : ils ont condamné, sans ambiguïté, le recours à la force pour accéder au pouvoir.

Une phrase qui, aujourd’hui, résonne comme un avertissement. Comme un rappel que les armes ne doivent jamais dicter la loi, ni à Kinshasa, ni à Luanda, ni nulle part ailleurs.

Une volonté politique au sommet

Au moment de se séparer, les regards se sont tournés vers les deux présidents. Félix Tshisekedi et João Lourenço. Sans eux, rien n’aurait été possible. Leur volonté politique commune a transformé une intention en accord, une coopération en partenariat stratégique.

Désormais, la commission mixte existe. Reste à la faire vivre. Reste à transformer les signatures en patrouilles, les déclarations en arrestations, les bonnes intentions en nuits plus calmes le long de la frontière.

Enfin, ce jeudi 12 février, à Luanda, deux pays ont posé une pierre. Ensemble, ils devront maintenant construire le mur qui protégera leurs peuples.

Tshisekedi lance l’offensive pour une administration au mérite

KINSHASA – Le président Félix Tshisekedi a lancé mardi une réforme profonde de la fonction publique. Devant les promotions de l’École Nationale d’Administration (ENA), il a fixé une feuille de route claire. Son objectif : bâtir une administration moderne et efficace. Ainsi, il veut rompre avec les pratiques du passé.

Tshisekedi mise sur le mérite

Dans son discours, le chef de l’État a redéfini la richesse nationale. Selon lui, la RDC doit d’abord compter sur son capital humain. « La plus grande richesse, c’est le génie humain », a-t-il affirmé. Ensuite, il a promis de promouvoir le mérite.

Par ailleurs, il a dénoncé le clientélisme. Il a aussi critiqué la lenteur et l’inefficacité administratives. Pour lui, ces dérives affaiblissent l’État. Donc, la réforme devient urgente pour restaurer la confiance des citoyens.

Trois actions concrètes pour réformer l’État

Le président ne s’est pas limité aux paroles. Il a donné des instructions précises au gouvernement. Il exige un plan rapide et concret.

D’abord, il veut déployer l’ENA dans toutes les provinces. Ainsi, les services publics se rapprocheront des citoyens.
Ensuite, il demande la construction d’un campus moderne pour l’ENA. Selon lui, l’excellence mérite un cadre adapté.
Enfin, il souhaite ouvrir la formation continue aux agents publics. Cette mesure doit renforcer leurs compétences.

L’objectif reste clair : professionnaliser l’administration sur tout le territoire.

Un symbole fort et un message de fermeté

La cérémonie a aussi marqué l’entrée de la 10ᵉ promotion « Général Mamadou Ndala ». Ce choix rend hommage à l’officier disparu. Les nouveaux énarques doivent incarner intégrité et discipline. De plus, ils devront lutter contre la corruption.

Le ministre Jean-Pierre Lihau a présenté un bilan positif. En dix ans, l’ENA a formé 842 administrateurs civils. De plus, 900 postes ont accueilli la 9ᵉ promotion. Ces chiffres montrent une progression vers la méritocratie.

Par ailleurs, le ministre a envoyé un signal fort. Il a suspendu l’Inspecteur général du Travail après des propos jugés graves. Une enquête est en cours. Donc, le gouvernement veut imposer une nouvelle éthique.

En conclusion, Félix Tshisekedi place l’ENA au cœur de la refondation de l’État. Il mise sur des cadres compétents et méritants. Toutefois, le vrai défi reste l’application des réformes. La réussite dépendra de leur exécution sur le terrain.

Violentes manifestations après des déguerpissements à Pakadjuma

KINSHASA – La capitale congolaise a vécu une journée de violentes tensions ce mardi 10 février. La colère des habitants du bidonville de Pakadjuma, délogés la veille par les bulldozers de l’hôtel de ville, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, conduisant au blocage de l’axe stratégique des Poids Lourds et à l’incendie d’un poste de police.

Une artère vitale paralysée

Le mouvement de protestation a débuté par l’érection de barricades et de pneus enflammés sur la route des Poids Lourds à Kingabwa, dans la commune de Limete. Cet axe majeur, crucial pour l’approvisionnement de Kinshasa, a été complètement paralysé, perturbant gravement l’activité économique.

L’intervention de la Police nationale congolaise (PNC) a été nécessaire pour disperser les manifestants et dégager la chaussée. Selon des témoins sur place, les forces de l’ordre ont eu recours à des tirs de gaz lacrymogène et à des tirs par balle. Un jeune homme aurait été blessé par balle, bien qu’aucun bilan officiel n’ait été communiqué.

Un poste de police réduit en cendres

La violence a atteint son paroxysme lorsque des individus non identifiés ont attaqué et incendié le sous-commissariat de police du quartier BAT, toujours dans la commune de Limete. Plusieurs motos et une société de production d’eau potable ont également été vandalisées ou pillées.

« Le sous-commissariat a été attaqué puis incendié. Plusieurs motos ont été brûlées et une société a été pillée », a confirmé un témoin, Philémon Kawele. La bourgmestre de Limete, Nathalie Aziza, a reconnu plusieurs actes de violence contre des biens publics et privés.

La cause de la colère : un déguerpissement brutal

La colère des habitants trouve sa source dans une opération de démolition menée lundi 9 février par les autorités urbaines. Leur objectif : dégager l’emprise de la voie ferrée de l’Office national des transports (ONATRA) en vue de sa réhabilitation.

Des centaines de familles, installées dans ce bidonville de la périphérie de la Gombe, parfois à même les rails, se sont ainsi retrouvées du jour au lendemain sans abri, leurs habitations de fortune réduites en gravats par des bulldozers.

Circulation rétablie, mais crise humanitaire persistante

Si la circulation a été rétablie sur la route des Poids Lourds et qu’un calme précaire règne désormais, la crise humanitaire, elle, est lancinante. Les organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme sur le sort des familles déguerpies, livrées à elles-mêmes sans solution de relogement ou d’accompagnement.

Cette explosion de violence met en lumière les tensions sociales chroniques à Kinshasa, où l’urbanisation incontrôlée, les opérations d’aménagement sans dialogue et l’extrême précarité créent un mélange explosif. Les autorités, qui assurent suivre la situation « de près », sont désormais face à un double défi : achever leurs projets d’infrastructure et répondre à l’urgence sociale qu’ils ont contribué à créer.