Honorine Porsche, l’Allemande de Matonge, transférée à Berlin : fin du calvaire ou début d’une autre peine ?

Elle avait tenté de se donner la mort plusieurs fois à Makala. Berlin a finalement sorti sa ressortissante de l’enfer congolais

Il y a des silences qui en disent plus que tous les réquisitoires. Celui du gouvernement congolais, jeudi 4 juin 2026, à l’annonce du transfèrement d’Honorine Porsche vers l’Allemagne, en est un. Aucune déclaration officielle. Aucun communiqué triomphal. Juste le bruit feutré des rouages judiciaires qui s’activent, loin des projecteurs.

La citoyenne allemande d’origine congolaise, condamnée à dix ans de servitude pénale pour son implication dans le spectaculaire braquage d’une banque à Matonge, a quitté la RDC sous escorte de policiers allemands. Direction : l’Allemagne. Motif : l’application des accords de coopération judiciaire entre Kinshasa et Berlin.

Mais derrière ce transfert administratif se cache une histoire plus sombre. Plus fragile. Plus humaine.

Les nuits de Makala : quand la cellule devient tombeau

Honorine Porsche n’a pas supporté la chute. Arrêtée en octobre 2025, après une enquête des services de sécurité congolais sur le cambriolage de la succursale RawBank à Kalamu, elle a vu sa vie basculer en quelques semaines. Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe a été impitoyable : dix ans de prison, et 300 millions de francs congolais d’amende pour réparer les préjudices.

Placée à la prison centrale de Makala, elle a rapidement sombré. Selon une source diplomatique citée par l’ACP, plusieurs tentatives de suicide ont émaillé sa détention. Des gestes désespérés, vite interrompus par les gardiens, mais qui ont alerté les autorités allemandes.

Berlin a alors actionné les leviers de la coopération judiciaire. Discrètement. Efficacement.

Un accord entre deux États, une seconde chance pour une femme brisée

Le mécanisme est rodé : la RDC et l’Allemagne entretiennent des accords de transfèrement des personnes condamnées. Sous certaines conditions – notamment humanitaires – un détenu peut purger le reste de sa peine dans son pays d’origine.

C’est ce qui est arrivé à Honorine Porsche.

Jeudi 4 juin, elle a franchi les portes de Makala pour la dernière fois. Encadrée par des policiers allemands, elle a été conduite vers un vol à destination de l’Allemagne. Là-bas, les autorités prendront le relais. La peine n’est pas annulée : elle est simplement transférée géographiquement. Mais dans des conditions sans commune mesure avec le cauchemar de Makala.

Aucune réaction officielle n’a été enregistrée jeudi, ni du côté de Kinshasa ni de Berlin, sur les modalités précises d’exécution du reste de sa peine. Un mutisme qui en dit long sur la sensibilité du dossier.

Matonge, un braquage qui a marqué Kinshasa

Pour comprendre l’onde de choc provoquée par cette affaire, il faut retourner à Matonge, ce quartier vibrant de Kalamu, poumon artistique et populaire de Kinshasa. Le braquage de RawBank, en octobre 2025, avait suscité une vive émotion dans la capitale congolaise. Non seulement par son audace, mais aussi par le profil des suspects.

Honorine Porsche, par sa double nationalité, incarnait une forme d’entre-deux troublant : allemande par les papiers, congolaise par les racines. Les investigations avaient établi son implication sans équivoque, et le procès, bien que militaire, avait été suivi avec une attention rare.

Dix ans de servitude pénale, c’était la sentence. Beaucoup l’avaient jugée sévère. D’autres, exemplaire.

Un transfert qui soulève des questions

Si le départ d’Honorine Porsche a été salué discrètement par certaines organisations de défense des droits humains – sensibles à son état psychologique – il laisse planer quelques ombres.

La RDC a-t-elle cédé à la pression diplomatique allemande ? La coopération judiciaire est-elle vraiment équilibrée entre un géant européen et un pays souvent fragilisé par ses propres institutions ? Et surtout : Honorine Porsche purgera-t-elle sa peine en Allemagne, ou bénéficiera-t-elle d’une libération anticipée une fois sur le sol européen ?

À ces questions, les deux capitales, pour l’instant, répondent par le silence.

Une vie entre deux patries, une justice entre deux mondes

Le transfèrement d’Honorine Porsche est plus qu’une simple procédure judiciaire. C’est le symbole d’une époque où les nationalités s’emmêlent, où les crimes commis sur un continent peuvent être jugés sur un autre, et où la frontière entre prison et sauvetage devient parfois floue.

Il reste une certitude : à Makala, une cellule est vide. Et quelque part en Allemagne, une femme brisée recommence à respirer. Pas libre. Mais vivante.

La suite appartient aux juges allemands. Et à elle-même.

480 kilomètres de bitume et un pont géant sur le Lualaba : la RDC signe le contrat de sa révolution routière

Ce mercredi 3 juin 2026 restera gravé dans les annales des infrastructures congolaises. Au cœur de Kinshasa, sous les projecteurs d’une salle bondée, le Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a posé sa plume sur trois contrats historiques. En face de lui : trois géants chinois du BTP. Sur le papier : une autoroute moderne à 2×2 voies, un pont de 714 mètres enjambant le Lualaba, et la promesse d’une connectivité totale entre l’Est et l’Ouest de la RDC. La fièvre du bitume gagne le pays.

Ce n’est pas un simple ruban coupé. C’est une artère qui s’ouvre. Une promesse de désenclavement pour des millions de Congolais coincés entre des pistes impraticables et l’absence d’infrastructures. Le projet s’inscrit sous la haute vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo : faire de la RDC un espace sans rupture, où les routes ne s’arrêtent plus à la boue et aux saisons des pluies.

« La RN2 est l’exemple parfait de notre nouvelle approche : bâtir des routes modernes qui intègrent dès la conception des dispositifs innovants », a martelé le Ministre, le regard tourné vers l’horizon.

Une autoroute ultra-moderne pour matérialiser la « connectivité totale »

Imaginez une ligne droite de bitume, large, lisse, capable d’absorber les flux de camions, de bus et de véhicules légers sans s’essouffler. Une véritable autoroute, la première du genre en RDC. Reliant à terme Mbuji-Mayi, le cœur diamantifère du pays, à Bukavu, porte orientale des Grands Lacs.

Ce rêve est en train de devenir béton.

Les trois contrats signés ce mercredi concernent le bitumage de 206 kilomètres supplémentaires sur la RN2, de Mbanga jusqu’à la rivière Lualaba. Ces 206 kilomètres sont divisés en deux lots d’environ 100 kilomètres chacun, confiés aux mastodontes chinois China First Highway Engineering Company Limited et Sinohydro Bureau 14, associés au Groupement China Jiangxi International Economic.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car ces 206 kilomètres viennent s’ajouter aux 280 kilomètres déjà en cours entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga. Au total, ce sont 480 kilomètres de route modernisée qui vont mailler l’espace entre le Kasaï-Oriental et le Maniema.

480 kilomètres. L’équivalent d’une traversée de la Belgique du nord au sud. Une distance qui, aujourd’hui, se compte en jours de souffrance sur des pistes défoncées. Demain, en heures de roulage confortable.

Le troisième plus grand pont sur le fleuve Congo : un colosse d’acier sur le Lualaba

Mais le clou du spectacle, l’élément qui a fait lever les sourcils et écarquiller les yeux, c’est l’annonce d’un pont de 714 mètres linéaires sur la rivière Lualaba. Une structure massive, impressionnante, qui viendra se poser en travers du deuxième plus long fleuve d’Afrique.

Avec ses 714 mètres, ce pont deviendra le troisième plus long jamais jeté sur le fleuve Congo. Seuls les ponts de Matadi et de Kinshasa le dépasseront. Une prouesse technique signée par les mêmes entreprises qui bâtissent les plus grands ouvrages d’art du monde.

Et là encore, le Ministre a tenu à marquer le coup : « Cet ouvrage aura l’avantage d’intégrer 2×2 voies de circulation. » Pas de rétrécissement, pas de goulot d’étranglement. Une fluidité totale d’un bout à l’autre de l’axe.

Des routes qui pensent à demain : fibre optique et énergie électrique

L’une des grandes forces de ce projet, c’est sa vision à long terme. Les routes ne seront pas de simples rubans de bitume. Elles intégreront dès leur conception des réservations pour le déploiement de la fibre optique et le transport de l’énergie électrique.

Traduction : à terme, ces corridors routiers deviendront également des autoroutes numériques et énergétiques. Les villages isolés pourront être connectés à Internet haut débit. Les villes étapes pourront être raccordées au réseau électrique national. La route devient alors bien plus qu’une route : un vecteur de développement global.

John Banza Lunda ne s’y est pas trompé. Devant les caméras, il a insisté sur cette dimension : « Nous ne construisons pas seulement pour aujourd’hui. Nous construisons pour les générations futures. »

Transparence et rigueur : un appel d’offres exemplaire

Ce projet, financé par la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), a été soumis à une procédure d’une rigueur exemplaire. Dès le début de l’année 2025, les études techniques ont été lancées. Puis est venu le temps de l’appel d’offres international, ouvert à tous, sans favoritisme.

Les offres ont été évaluées d’abord sur le plan technique, puis financièrement. Résultat : un coût extrêmement compétitif, autour de 150 millions USD pour les 206 kilomètres de route, et 37 millions USD pour le pont.

Des chiffres qui, selon le Ministre, sont « exceptionnels au vu des normes exigées ». Une preuve que la concurrence internationale, bien menée, profite au contribuable congolais.

Calendrier : mobilisation immédiate, premiers coups de pioche en octobre

L’enthousiasme retombé, place au pragmatisme. Les contrats signés, une période de mobilisation de quatre mois s’ouvre désormais. Le temps pour les entreprises chinoises d’acheminer leurs engins, d’installer leurs bases de vie, de recruter la main-d’œuvre locale.

Le démarrage effectif des travaux est fixé au mois d’octobre 2026. D’ici là, une réunion de cadrage technique est prévue dès la semaine prochaine. Une présentation officielle du projet aura également lieu en présence des gouverneurs et des députés des provinces concernées : Kasaï-Oriental, Lomami, Maniema et Sud-Kivu.

Ces élus locaux attendent cette route comme le Messie. Car le tracé stratégique de la RN2 va désenclaver leurs territoires, ouvrir des débouchés agricoles, faciliter le commerce, désengorger des villes étouffées par l’absence d’alternative.

Une page se tourne, une nouvelle s’écrit

La RDC a longtemps traîné le boulet de ses infrastructures délabrées. Les routes, quand elles existent, ressemblent plus à des champ de mines qu’à des voies de circulation. Les ponts, souvent vétustes, s’effondrent régulièrement sous le poids des camions surchargés.

Avec ce projet porté par la Banque mondiale et exécuté par des entreprises de premier rang, Kinshasa envoie un signal fort : le temps du rattrapage a commencé. L’autoroute Mbuji-Mayi – Bukavu deviendra le symbole d’une renaissance, la première pierre d’un réseau moderne qui, demain, maillera tout le pays.

Alors, certes, le chantier sera titanesque. Certes, il faudra surmonter les obstacles logistiques, les pluies diluviennes, les terrains instables. Mais l’engagement est là. Les signatures sont fraîches. Et l’espoir, immense.

Dans quelques années, quand les premiers véhicules emprunteront cette autoroute flambant neuve, que les camions franchiront le pont de 714 mètres sans broncher, on se souviendra de ce 3 juin 2026. Ce jour où la RDC a cessé de rêver ses routes pour enfin les construire.

Ville morte à Kinshasa : Grand marché fermé, les commerçants choisissent la prudence (Situation 9 heures)

Le Grand marché de Kinshasa, cœur commercial des communes de Kinshasa, Barumbu et Gombe, est resté fermé ce mercredi 3 juin 2026 jusqu’à 9 heures. Des expatriés et plusieurs commerçants congolais ont baissé leurs rideaux, suivant l’appel à la ville morte lancé par l’opposition contre la révision constitutionnelle. Au détail comme au gros, seuls quelques étalages sont visibles. Beaucoup de vendeurs hésitent encore à ouvrir. Cette prudence traduit l’inquiétude qui plane sur l’axe commercial le plus fréquenté de la capitale.

Commerce au ralenti, hésitation des vendeurs

Le constat est identique dans les galeries et boutiques de détail. Quelques étals ont osé s’installer, mais la majorité des commerçants attendent de voir l’évolution de la journée.

Pour plusieurs observateurs, ce comportement répond directement au mot d’ordre de l’opposition : paralyser l’économie pour forcer le pouvoir à renoncer au changement de la Constitution. D’autres par contre y voient une mesure de sécurité face à l’incertitude.

Le Grand marché, baromètre économique de Kinshasa, donne donc le ton d’une ville partagée entre obéissance au mot d’ordre et besoin de travailler.

Transport en mouvement, contraste avec les boutiques

Contrairement aux magasins, le secteur du transport ne suit pas la Ville morte à Kinshasa. Taxis, bus et motos roulent depuis les premières heures. Chauffeurs et receveurs ont pris la route tôt pour assurer le déplacement des Kinois. Ce contraste montre que l’impact de l’appel varie selon les secteurs.

Si le commerce marque le pas, la mobilité reste assurée, limitant pour l’instant une paralysie totale de la ville.

Agents de l’État sommés de reprendre le service

Le gouvernement ne reconnaît pas la ville morte. Le Vice-premier ministre en charge de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé à l’ordre tous les agents et fonctionnaires de l’État.

Dans une correspondance datée du 1er juin dernier, Jean-Pierre Lihau a prévenu que toute absence sans motif valable sera sanctionnée conformément aux règles de la Fonction publique. L’État veut maintenir l’administration debout et éviter que l’appel de l’opposition ne paralyse les services publics.

La journée reste par ailleurs sous haute observation, entre commerces fermés et État mobilisé.

Kinshasa, suspendue entre deux souffles : quand la « ville morte » révèle une capitale sous tension

Ce mercredi 3 juin, Kinshasa a retenu son souffle. À l’appel de l’opposition, protestant contre un éventuel changement de Constitution et un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, la mégapole s’est réveillée sous tension. Entre écoles désertes, artères sous contrôle militaire et activités au ralenti, nos reporters ont arpenté une capitale aux allures de poudrière.

Sous les blindés, une ville qui résiste

Dès les premières lueurs du jour, un décor inhabituel s’impose aux habitants. Aux rond-points Ngaba, Victoire, UPN, Selembao, et sur l’emblématique boulevard du 30 Juin, l’œil du passant heurte sans cesse le métal froid des blindés. La police et l’armée, déployées en masse, quadrillent chaque carrefour stratégique. Objectif : prévenir tout dérapage.

Pourtant, la vie ne s’est pas totalement éteinte. Au rond-point Ngaba, quelques taxis-bus et boutiques résistent, malgré une affluence timide. Même frémissement à Victoire, où motards et piétons bravent la consigne, tandis que d’autres commerces restent obstinément fermés.

À Masina, le marché de la Liberté voit encore des vendeuses étaler leurs marchandises, mais l’habituel tumulte a laissé place à un silence de plomb. « On travaille, mais le cœur n’y est pas », murmure une marchande, l’œil rivé sur l’entrée du quartier.

Écoles silencieuses, parents inquiets

C’est peut-être dans l’enceinte des établissements scolaires que la « ville morte » se lit le mieux. À Kalamu, les écoles catholiques Monseigneur Moke, Sainte-Marie Goretti et Saint Vincent de Paul affichent des salles quasi vides. Les parents, par crainte de débordements ou par soutien au mot d’ordre, ont massivement gardé leurs enfants à la maison.

« Je ne prends pas le risque. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans les rues aujourd’hui », confie une mère devant les grilles closes.

Dans l’est de la capitale, la politique s’invite dans le bitume

Pendant ce temps, dans le district de Tshangu, la température monte autrement. À Kimbanseke et Masina, la Garde républicaine déploie des armes lourdes autour des maisons communales. Les forces de sécurité bloquent les principales issues vers le boulevard Lumumba.

Mais dans ce décor sécurisé, deux camps s’observent. Au marché Pascal, des jeunes se réclamant de l’ECIDé de Martin Fayulu tentent de réveiller l’ambiance en faisant exploser des pétards. Quelques centaines de mètres plus loin, sous une tente aux couleurs de l’UDPS, d’autres jeunes, se disant « Forces du progrès », scandent en boucle : « Ti na troi » – allusion directe à un troisième mandat du président sortant.

Transports, assainissement et ordres venus d’en haut

Malgré l’appel à la paralysie, certaines structures refusent de plier. À N’sele, les associations de chauffeurs ont reçu une consigne claire : rouler. « Nous avons reçu l’ordre du gouvernement. Nous sommes apolitiques, mais nous respectons les institutions », affirme Gola Ndala, président de l’ACCO Efobank.

Dans le même secteur, le chef du quartier Mikonga, Tonton Ngaliema, a même lancé une opération de salongo. Balai à la main, il martèle : « Nous ne répondons pas à l’opposition. Mon bureau est ouvert, mes collaborateurs sont là. »

À Mariano, frontière entre Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri, des jeunes en chasubles à l’effigie du ministre Doudou Fwamba et du président Tshisekedi se relaient pour curer les caniveaux. Un nettoyage politique, sous l’œil des blindés.

Banques ouvertes, fourrières en maraude

Contre toute attente, l’agence Rawbank, récemment braquée près de la Place des Artistes, a rouvert ses portes. Quelques clients patientent devant les distributeurs. Symbole, pour certains, d’une normalité forcée. Au rond-point Victoire, les agents de la fourrière municipale sont à l’œuvre : « On enlève les épaves, comme chaque jour », lance l’un d’eux, sous le regard amusé de policiers postés en faction.

Vers un après-midi sous haute tension ?

Jusqu’en milieu de journée, aucun incident majeur n’a été signalé. Pas de manifestation massive, pas de heurts. Mais cette accalmie reste fragile. À N’sele, quelques bus Transco circulent encore, presque seuls sur les axes. La plupart des Kinois sont restés chez eux, retenant leur souffle.

Car ce mercredi 3 juin, Kinshasa n’est pas vraiment morte. Elle retient son souffle. Et dans l’air moite de la capitale, une question flotte : jusqu’où ira cette guerre d’influence entre le pouvoir et la rue ?

Journée mondiale de l’hygiène menstruelle : à l’INA de Kinshasa, des filles brisent le tabou et reprennent leur dignité

Ce 28 mai 2026, dans l’enceinte prestigieuse de l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa, les murs n’ont pas vibré au rythme des tambours ou des chorégraphies. Ils ont résonné d’une parole longtemps étouffée : celle des règles, du corps, de la dignité.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, en partenariat avec l’ONG Solidarité Plus Forever, a organisé une matinée de sensibilisation placée sous le thème :
« Ensemble pour un monde adapté aux règles ».

Derrière ce titre doux se cache une ambition immense : faire des menstruations une question de santé publique, d’égalité des chances, et plus jamais de honte.

Une centaine d’élèves, cinq provinces éducationnelles, un même combat

Dans la salle, une centaine de jeunes filles, venues des cinq provinces éducationnelles de Kinshasa. À leurs côtés : des chefs d’établissement, des personnalités publiques, des partenaires techniques et financiers. Tous réunis pour un même objectif : briser le silence qui enferme trop de fillettes dans leur propre corps.

Pendant des heures, on a échangé, témoigné, débattu. Un panel d’experts a rappelé des vérités simples mais souvent ignorées : l’hygiène menstruelle, c’est la santé. C’est la dignité. C’est l’éducation. Et sans elle, des milliers de filles manquent l’école chaque mois.

« Une fille qui a ses règles ne devrait jamais avoir à choisir entre sa fierté et ses études. »
— Intervenante lors du panel

Raïssa Malu : « Une école inclusive, c’est une école sans tabou »

Présente aux côtés des jeunes filles, la Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a réaffirmé avec force l’engagement du gouvernement congolais.

Son message était clair : construire des écoles inclusives, sûres et respectueuses des besoins spécifiques des apprenantes. Avec un objectif non négociable : qu’aucune fille, nulle part en RDC, ne soit privée de son droit à l’éducation à cause des menstruations.

Des toilettes adaptées, de l’eau propre, des personnels formés, des kits d’hygiène disponibles : derrière ces réalités concrètes se joue la liberté des filles.

« Un monde adapté aux règles, c’est un monde où aucune élève n’abandonne l’école par manque de moyens ou par peur du regard des autres. »
— Ministre Raïssa Malu

Des kits d’hygiène distribués : un geste simple, une révolution discrète

Mais ce matin-là, à l’INA, on n’a pas seulement parlé. On a agi.

Au terme des échanges, un important lot de kits d’hygiène menstruelle a été distribué aux centaines d’élèves présentes. Des serviettes lavables, du savon, des sous-vêtements, des petites affiches explicatives… Des objets du quotidien qui, dans les mains de ces jeunes filles, deviennent des outils de liberté.

Les sourire se sont élargis. Les regards ont changé. Certaines filles ont glissé leur kit dans leur sac comme un trésor. Et c’en était un.

Une promesse pour l’avenir : que les règles ne soient plus jamais un frein

Cette matinée à l’INA n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique portée par le gouvernement congolais, la société civile et les partenaires internationaux : faire des menstruations un sujet normal, banal, accessible.

Parce que quand une fille peut gérer ses règles en toute dignité, elle reste à l’école. Quand elle reste à l’école, elle grandit. Quand elle grandit, elle change sa vie. Et parfois, elle change le pays.

« Aujourd’hui, j’ai compris que mes règles ne sont pas une faiblesse. C’est juste la vie. Et la vie, on l’apprivoise. »
— Témoignage d’une élève de 15 ans, venue de la province éducationnelle de Tshangu

À Kinshasa, le 28 mai 2026 restera gravé comme le jour où une centaine de jeunes filles ont repris leur dignité. Pas avec des discours grandioses, mais avec des mots justes, des gestes simples, et des kits d’hygiène distribués comme autant de promesses. La route est encore longue. Mais ce matin-là, à l’INA, un monde adapté aux règles a cessé d’être un rêve. Il est devenu un engagement.

La RDC et la Chine scellent une alliance policière historique à Pékin

C’est une signature qui fait date. Ce mardi 26 mai 2026, à Pékin, la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine ont officialisé un accord de coopération inédit dans le domaine de l’application de la loi. Côté congolais, c’est Son Excellence Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, qui a paraphé le document. Face à lui, Son Excellence Wang Xiaohong, conseiller d’État et ministre de la Sécurité publique chinois.

L’enjeu ? Allier les forces des deux nations pour sécuriser l’espace congolais, menacé par des fléaux modernes qui ne connaissent pas de frontières.

Fraude minière, cybercriminalité : la PNC monte en puissance

Au-delà du protocole, cet accord a une ambition très concrète : renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise (PNC). Grâce à l’assistance technique chinoise, la RDC pourra mieux lutter contre plusieurs fléaux qui gangrènent son sous-sol et ses infrastructures numériques :

  • la criminalité transnationale,

  • la fraude minière – un mal endémique dans les provinces aurifères et diamantifères,

  • la cybercriminalité, en forte expansion sur le continent.

Autrement dit, la Chine ne signe pas un simple mémorandum de courtoisie. Elle apporte son savoir-faire sécuritaire pour aider Kinshasa à muscler sa police nationale.

Un groupe de travail conjoint pour passer à l’action

Les belles paroles laissent vite place aux rouages concrets. Les deux parties ont déjà mis sur pied un groupe de travail conjoint, chargé d’orchestrer la mise en œuvre de l’accord. Côté congolais, la coordination est confiée au Secrétaire général à l’Intérieur. Côté chinois, elle revient au Directeur de la coopération internationale du ministère de la Sécurité publique.

Résultat : une machine opérationnelle prête à démarrer, avec des objectifs clairs, des interlocuteurs désignés et une feuille de route partagée.

Shabani traduit en actes la vision Tshisekedi

Pour le gouvernement congolais, cette signature ne doit rien au hasard. Elle concrétise la volonté affirmée du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de bâtir avec la Chine une coopération d’exception, gagnant-gagnant. Finis les partenariats déséquilibrés. Kinshasa veut de l’égal à égal, du concret, du durable.

Avec cet accord policier historique, la RDC envoie un signal fort : elle ne compte pas seulement sur ses richesses minières pour exister sur la scène internationale. Elle veut aussi sécuriser son peuple, moderniser ses institutions et frapper là où ça fait mal : l’insécurité sous toutes ses formes. La Chine, elle, confirme son rôle de partenaire stratégique de long terme sur le continent africain.

Mbujimayi fait son grand choc intellectuel : le Congo se rêve en puissance du savoir

Ce mardi 26 mai, l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM) est entrée dans l’histoire. Sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi, le tout premier Congrès d’études congolaises a officiellement ouvert ses portes. Dans l’amphithéâtre qui porte le nom du chef de l’État, l’émotion était palpable : personnalités académiques, scientifiques, politiques et administratives, venues des quatre coins du pays, avaient fait le déplacement pour ne rien rater de ce moment inédit.

C’est au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations technologiques (ESURSI) que le professeur Crispin Maalu Bungi a donné le coup d’envoi des travaux. Ambiance solennelle, regards tournés vers l’avenir : le Congo se cherchait un nouveau destin, et c’est à Mbujimayi qu’il a choisi d’en poser les premières pierres.

« Un laboratoire d’idées pour le Congo de demain »

Le thème de cette édition inaugurale ne laisse rien au hasard : « Demain, le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ». Derrière les mots, une urgence : repenser le pays par le haut, par l’intelligence et par la transmission.

Dans son allocution, le recteur de l’UOM, l’abbé Appolinaire Cibaka Cikongo, a mis la barre très haut. Il a appelé les participants à transformer ces assises en un véritable laboratoire d’idées pour l’avenir du Congo. Son message, direct et inspirant :

« Ce premier Congrès d’études congolaises n’aura véritablement atteint son objectif que si les réflexions qui en découleront éveillent la conscience des gouvernants et poussent les intelligences congolaises à unir leurs forces pour changer durablement la destinée du pays. »

Un appel à l’union sacrée des cerveaux congolais. Pas de place pour la routine académique ici : on veut du concret, du transformationnel, du politique.

Gouverneur Mbwebwa : « Des universités modernes pour un Congo fort »

Le gouverneur du Kasaï Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, n’est pas venu seulement pour la photo. Prendant la parole, il a tenu à saluer les efforts entrepris par le président Tshisekedi dans la modernisation des infrastructures universitaires. Selon lui, des universités modernes ne sont pas un luxe : elles constituent un levier essentiel pour renforcer le capital humain et promouvoir l’excellence académique en RDC. Traduction : pour bâtir un grand Congo, il faut d’abord bâtir de grandes facultés.

Quatre jours pour penser le devenir national

Jusqu’à vendredi, l’UOM va vibrer au rythme des conférences, panels et échanges scientifiques. Au programme : les défis de gouvernance, l’histoire tourmentée et glorieuse du Congo, la valorisation des savoirs locaux, et surtout les perspectives de développement national. Rien de moins.

Avec ce premier Congrès d’études congolaises, l’Université Officielle de Mbujimayi ne cache plus ses ambitions : devenir une référence académique et scientifique en RDC. Et si tout cela n’était qu’un début ? En tout cas, une chose est sûre : à Mbujimayi, l’intelligence congolaise est en train de se doter d’une nouvelle fierté.

Kinshasa : le Gouvernement relance le dégagement des abords du marché central

Le Gouvernement provincial de Kinshasa a enclenché une nouvelle phase de l’opération de libération des emprises publiques autour du marché central. Sur instruction du Gouverneur Daniel Bumba, les équipes procèdent dès le 25 mai 2026 à la démolition, au dégagement forcé, au curage et au réaménagement des espaces occupés illégalement sur 8 avenues.

Le communiqué officiel a été signé par le ministre provincial des Infrastructures, Alain Tshilungu. Il a ordonné aux autorités administratives, aux services de sécurité et à la Police Nationale Congolaise d’appliquer les mesures avec fermeté et sans complaisance.

Des mesures sans tolérance pour les occupants illégaux

L’intervention vise les avenues Bokasa, Rwakadingi, Du Marais, Du Marché, De l’École, Plateau, Kasa-Vubu et Bolingo. L’autorité provinciale constate la persistance d’occupations anarchiques et d’activités commerciales illicites malgré les actions déjà menées.

En effet, tous les vendeurs informels, commerçants et occupants illégaux doivent libérer immédiatement et sans condition les espaces concernés. À défaut, la démolition systématique des étalages, l’évacuation forcée et la saisie des marchandises se poursuivront.

Les acheteurs surpris en train d’effectuer des transactions dans ces zones s’exposent aussi à une interpellation immédiate. « Ces périmètres sont désormais classés zones d’intervention administrative et de sécurisation urbaine », a martelé le communiqué.

Une étape pour la réouverture du marché central

Pour l’exécutif provincial, l’opération répond à des impératifs de salubrité publique, de restauration de l’ordre urbain, de fluidification de la circulation et de sécurisation des abords de l’infrastructure. Les travaux de nettoyage et d’assainissement se poursuivront jusqu’à la réouverture du site prévue très prochainement. L’objectif est de garantir un environnement sain et sécurisé pour les usagers et opérateurs économiques.

La visite de Tshisekedi au marché central de Kinshasa

Cette relance intervient deux jours après l’inspection du Président Félix Tshisekedi au marché central de Kinshasa, le samedi 23 mai 2026. Le Chef de l’État avait déploré l’inaccessibilité des routes qui retarde la mise en service de ce marché. Ce site commercial modernisé est conçu pour accueillir près de 50 000 acheteurs par jour.

Lors de sa visite, Félix Tshisekedi avait constaté avec regret que les avenues Plateau, de l’École, du Marché, des Marais et Rwakadingi restaient occupées par des vendeurs informels. Il avait pour la circonstance exigé qu’aucun étalage ne se retrouve sur la chaussée, sous peine de saisie des articles.

Ce déplacement marquait son retour au marché central un an après sa dernière visite.

Air Congo déploie ses ailes : un nouvel ATR 72-600 atterrit à Kinshasa et ouvre le ciel Congolais

Kinshasa, aéroport international de N’djili – 21 mai 2026 – Dans un ronronnement puissant mais maîtrisé, l’ATR 72-600 a fendu le ciel de Kinshasa pour se poser sous les yeux d’une poignée d’officiels et de techniciens émus. Ce nouvel aéronef, flambant neuf, 70 places exactement, n’est pas un avion comme les autres. C’est le deuxième du genre pour Air Congo. Et il pourrait bien changer la vie de millions de Congolais.

La cérémonie était présidée par le vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, entouré des responsables de la compagnie nationale. Sous le soleil de l’après-midi, tous affichaient le même sentiment : celui d’un décollage historique pour la desserte intérieure du pays.

« Avec ce deuxième ATR, nous concrétisons notre ambition : reconnecter les provinces entre elles, offrir une alternative fiable à des routes souvent impraticables »
— a souligné un responsable d’Air Congo, sous les flashs des photographes.

Cinq avions en un an et demi : la flotte congolaise prend son envol

Cette nouvelle acquisition ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une montée en puissance fulgurante. En moins de dix-huit mois, Air Congo est passée de trois à cinq appareils. Deux ATR 72-600, spécialement dédiés aux liaisons domestiques, viennent ainsi grossir les rangs d’une flotte qui se veut moderne, robuste et adaptée aux pistes exigeantes du territoire.

Fin avril 2026, le ministère des Transports avait déjà annoncé l’arrivée progressive de deux nouveaux avions pour renforcer les vols intérieurs. Promesse tenue. Désormais, les passagers pourront rejoindre des villes longtemps délaissées par le transport aérien : Bunia, Beni, Isiro, Gbadolite, Kalemie.

« Chaque nouvel appareil, c’est un pont jeté par-dessus l’enclavement. C’est un accès aux soins, aux marchés, à l’éducation »
— souffle un agent de la compagnie, les yeux rivés sur le fuselage encore immaculé.

Un partenariat gagnant-gagnant avec Ethiopian Airlines

Derrière cette renaissance, un mariage stratégique : l’État congolais, actionnaire majoritaire avec 51 % des parts, et Ethiopian Airlines, partenaire technique et financier, qui détient 49 %. Une coentreprise qui porte ses fruits. La compagnie éthiopienne, l’une des plus réputées d’Afrique, apporte son expertise en maintenance, formation et gestion des opérations.

Concrètement, cela signifie des appareils mieux entretenus, des équipages formés aux standards internationaux, et une ponctualité retrouvée. Pour le passager de Kinshasa, Goma ou Lubumbashi, c’est la promesse d’un voyage moins aléatoire. Pour les provinces reculées, c’est une bouée logistique.

Vers un maillage aérien inédit en RDC

Avec ce second ATR 72-600, Air Congo ne se contente pas d’ajouter un avion à sa flotte. Elle tisse une toile. Un maillage aérien qui, pour la première fois depuis des décennies, couvre les grands trous noirs de la carte nationale : le nord-est, le Grand Nord, les savanes isolées du Katanga.

Le pari est clair : faire du ciel congolais une autoroute accessible, sécurisée et régulière. Et faire souffler un vent nouveau sur des provinces entières, jusqu’ici dépendantes de pistes en terre battue et de convois semés d’embûches.

Alors que les moteurs de l’ATR s’éteignent doucement sur le tarmac de N’djili, une certitude plane : Air Congo a pris de l’altitude. Et avec elle, tout un pays.

Kinshasa : les plaques d’immatriculation « AKN » interdites à partir du 20 mai 2026

Le Gouvernement provincial de Kinshasa met fin à la période de tolérance accordée aux véhicules de l’administration publique utilisant encore les anciennes plaques d’immatriculation. Dans un communiqué daté du 15 mai 2026, le ministre provincial en charge du Plan, du Budget, de la Fonction publique, de l’Emploi, du Tourisme, des Transports et de la Mobilité urbaine, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, annonce l’entrée en vigueur de cette mesure dès le 20 mai 2026.

Le Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a instruit les autorités provinciales d’appliquer cette décision. Ainsi, le gouvernement veut vérifier la conformité des plaques d’immatriculation des véhicules relevant de l’administration publique provinciale.

Les autorités interdisent désormais la circulation des plaques portant la mention « AKN », jugées obsolètes. Elles exigent également le retrait immédiat de ces plaques auprès des propriétaires concernés.

Saisie et mise en fourrière des véhicules non conformes

Les services compétents intercepteront tout véhicule automoteur circulant avec une plaque « AKN » après la date butoir. Ensuite, ils saisiront ces véhicules avant leur mise en fourrière, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Par ailleurs, l’autorité provinciale rappelle que seuls les véhicules disposant des nouvelles plaques sécurisées peuvent circuler.

Procédure pour obtenir les nouvelles plaques

Les structures concernées doivent se rapprocher du ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat. Cette démarche permet d’identifier les véhicules, de les enregistrer puis de délivrer les nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées.

En outre, les services compétents de la Ville de Kinshasa mèneront l’opération de contrôle avec l’appui de la Police de circulation routière et des services de sécurité.

Cette mesure s’inscrit dans la politique « Kinshasa Ezo Bonga » portée par le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki. Le gouvernement provincial entend ainsi renforcer l’ordre urbain et améliorer la traçabilité des biens publics.

Le 12 décembre 2025, le ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat de la Ville de Kinshasa, alors dirigé par le ministre Alain Tshilungu, avait déjà annoncé la mise en circulation de nouvelles plaques d’immatriculation officielles.

Selon le document officiel, ces plaques hautement sécurisées sont exclusivement destinées aux véhicules de l’administration publique provinciale. Cette première étape visait notamment à normaliser et sécuriser le parc automobile de l’administration provinciale tout en renforçant les mécanismes d’identification des véhicules officiels.

Restaurer l’ordre administratif

Cette décision intervient dans un contexte marqué par la volonté de l’exécutif provincial de restaurer l’ordre administratif et de lutter contre l’usage frauduleux des véhicules de l’État.

Depuis plusieurs années, la prolifération des plaques « AKN » non actualisées complique la traçabilité des véhicules publics. De plus, cette situation crée des zones d’ombre dans la gestion du parc automobile et favorise plusieurs dérives.

Depuis l’arrivée de Daniel Bumba à la tête de Kinshasa en juin 2024, le programme « Kinshasa Ezo Bonga » accélère la mise en œuvre des réformes destinées à moderniser l’administration et à renforcer la transparence.

Enfin, la fin du moratoire marque le passage de la phase de sensibilisation à l’application stricte de la mesure. Les autorités prévoient donc un contrôle systématique dès la date annoncée.

Guillaume MAVUDILA

Rocade de Kinshasa : Judith Suminwa sur le terrain – “Un poumon routier pour sauver la capitale de l’asphyxie !”

Elle y est allée voir de ses propres yeux. Ce mardi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a posé ses bottes sur le chantier colossal de la rocade de Kinshasa. Son objectif était clair : s’assurer que ce projet, attendu comme une bouée de secours par des millions d’habitants, tienne toutes ses promesses.

Accompagnée du gouverneur Daniel Bumba, de plusieurs ministres et des poids lourds de l’Agence congolaise des grands travaux, la cheffe du gouvernement a passé en revue ce futur périphérique. Ce dernier doit libérer Kinshasa de ses célèbres embouteillages.

“Une route à deux voies de chaque côté” : le remède anti-embouteillages

Premier constat de cette visite : le chantier avance bien. De Ndjovu à Boma, en passant par Mitendi, les engins restent à l’œuvre. Judith Suminwa a affiché sa satisfaction face aux aménagements déjà visibles, notamment les murs de soutènement anti-érosions.

“Vous voyez les accotements, ces murs pour éviter les érosions. Ce sera une route de deux voies de chaque côté. Ainsi, la circulation deviendra beaucoup plus fluide”, s’est-elle réjouie.

Le point d’orgue du projet reste toutefois l’échangeur prévu à Mitendi. La RN1 passera au-dessus, tandis que la rocade filera en dessous. Cette prouesse technique créera une véritable artère de contournement. Grâce à elle, les usagers pourront rejoindre Matadi ou l’aéroport de N’djili sans traverser le cœur saturé de la capitale.

Le dernier obstacle : expropriations et indemnisations

Si la Première ministre a salué l’avancée technique du chantier, elle a également évoqué le point sensible des indemnisations, notamment à Ndjoku. En effet, plusieurs familles doivent être dédommagées avant la fin des travaux.

Bonne nouvelle toutefois : un accord a été trouvé avec les partenaires chinois de Sicomines. Judith Suminwa a ensuite pris un engagement clair :

“Toutes les indemnisations seront finalisées d’ici 2027 au plus tard. Ainsi, le projet pourra être achevé en septembre 2027 comme convenu.”

Par ailleurs, la Première ministre a dévoilé un prolongement spectaculaire. Une future route longerait le fleuve Congo afin de relier cette nouvelle rocade directement à l’aéroport international de N’djili. Ce projet pourrait transformer durablement la mobilité des 17 millions d’habitants de Kinshasa.

Enfin, Judith Suminwa a promis un suivi rapproché du chantier. Elle supervisera elle-même la coordination entre les ministères des Infrastructures, de l’Urbanisme, des Affaires foncières et la ville de Kinshasa. Désormais, la guerre contre les embouteillages est officiellement déclarée.

Nuit de braise à Makumo : 9 civils tués, des familles hantées par l’absence

Il était environ 19 h 30, dimanche 11 mai 2026, lorsque le silence de Makumo a volé en éclats. Dans cette paisible localité du centre de la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, l’horreur a frappé sans prévenir. Des hommes armés, présentés par des sources locales comme des rebelles ADF, ont déferlé sur le village. Leur objectif : semer la mort, et rien d’autre.

À l’aube de ce lundi 11 mai, le bilan provisoire est déjà insoutenable. Selon l’ONGDH Protection Plus, neuf corps sans vie ont été extraits des décombres. Cinq habitations, réduites en torches, achèvent de dessiner le portrait d’une communauté anéantie, en quelques dizaines de minutes à peine.

« Ils sont venus, ont brûlé, sont repartis – sans qu’un seul soldat ne bouge »

Dans une alerte publiée dans la matinée, l’ONG dénonce un mode opératoire désormais bien rodé par les assaillants : s’en prendre directement aux civils, dans un déchaînement de violence aveugle. Mais ce qui glace le plus le sang, c’est l’absence totale de réaction des forces de sécurité.

« Aucune réponse militaire. Rien. Pendant que les habitants hurlaient sous les flammes, les FARDC étaient invisibles. »

L’organisation est formelle : malgré la gravité de l’incursion, aucune patrouille, aucun coup de feu en riposte, aucune intervention. Dans la foulée, des familles errent encore entre les cendres, à la recherche de leurs proches disparus. La psychose est totale. Chaque ombre, chaque bruit de moteur au loin fait trembler les survivants.

« Fatigués d’enterrer leurs enfants dans l’indifférence » : le cri de Makumo

Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur de l’ONGDH Protection Plus, porte la voix d’un peuple à bout. Dans la déclaration que son organisation a rendue publique, les mots résonnent comme un glas :

« La population de Makumo crie sa détresse. Les habitants sont fatigués d’enterrer leurs frères, leurs enfants et leurs parents dans l’indifférence totale. »

Un cri de rage, aussi, mêlé à une lassitude viscérale. Car Makumo n’est pas un cas isolé. Ce nouveau massacre intervient à peine quelques jours après un assaut similaire attribué aux ADF à Biakato, toujours dans le territoire de Mambasa, où une dizaine d’autres civils avaient déjà péri. Et plus au nord, près d’Oicha, des dizaines de cultivateurs sont tombés ces dernières semaines, fauchés comme des épis dans leurs propres champs.

Une chute en forme de tombe ouverte

Alors que l’ONG appelle les autorités congolaises, les FARDC et les autorités provinciales à une intervention urgente pour protéger les civils, une question brûle les lèvres de tous, à Makumo comme ailleurs : combien de morts faudra-t-il encore avant que l’indifférence ne cède enfin la place à la protection ?

Au cœur de cette nuit du 11 mai 2026, les neuf victimes de Makumo ne sont pas des chiffres. Elles sont des pères, des mères, des enfants partis en fumée, tandis que les armes officielles restaient braquées vers le sol. Chaque maison incendiée est une promesse brisée. Chaque disparu, un rappel que, dans certaines régions du monde, l’horreur n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être lethale – juste silencieusement répétée.
Makumo brûle encore. Et personne, cette nuit-là, n’a éteint le feu.

 

Kinshasa : La RFCK démarre la 2e phase du contrôle technique et gèle les amendes jusqu’au « bouclage généralisé »

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a officiellement lancé la seconde échéance du contrôle technique obligatoire depuis le 1er avril 2026. Dans un communiqué signé le 7 mai, son directeur général Joseph Kasinzi Mafolo appelle tous les propriétaires de véhicules à régulariser rapidement leur situation. Ensuite, la régie déclenchera la phase de « recouvrement forcé ».

Afin d’éviter des sanctions immédiates, la RFCK accorde une « période de courtoisie routière » aux usagers concernés. Pendant cette phase, les équipes suspendent les contrôles de vignettes ainsi que les procès-verbaux dans toute la ville. Toutefois, cette mesure prendra fin lors du « bouclage généralisé ». Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, fixera personnellement la date de cette opération.

Qui doit se conformer au contrôle technique ?

La RFCK cible plusieurs catégories d’usagers. Elle demande aux particuliers, aux entreprises, aux organismes internationaux et aux ambassades accréditées à Kinshasa de mettre leurs véhicules en règle.

La mesure concerne les voitures, mais aussi les motos à deux, trois et quatre roues.

Par ailleurs, les véhicules administratifs de moins de 20 tonnes ne bénéficient d’aucune exemption. Les services publics doivent donc présenter ces engins dans les centres agréés par la RFCK. Sinon, ils risquent des sanctions pendant les opérations de recouvrement.

Le « bouclage généralisé » inquiète les automobilistes

Le terme désigne une vaste opération de contrôle systématique annoncée par l’Hôtel de Ville. Lors des précédentes campagnes, les équipes mixtes RFCK-Police immobilisaient immédiatement les véhicules dépourvus de vignette valide avant leur mise en fourrière.

Selon le Code de la route congolais, un conducteur sans contrôle technique valide risque une amende comprise entre 50 000 et 100 000 francs congolais. En plus de cette sanction financière, les autorités peuvent placer le véhicule en fourrière.

C’est pourquoi la RFCK encourage les usagers à anticiper. Dans son communiqué, elle demande aux propriétaires de soumettre volontairement leurs véhicules au contrôle afin d’éviter « tout désagrément ».

Kinshasa veut assainir son parc automobile

Cette seconde échéance s’inscrit dans la politique d’assainissement du trafic lancée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki depuis son investiture en juin 2024.

Selon la Direction Générale des Impôts, Kinshasa compte plus de 1,2 million de véhicules enregistrés. Pourtant, moins de 30 % respecteraient les règles du contrôle technique, d’après les estimations publiées en 2024 par la Fédération des Entreprises du Congo.

Les autorités veulent ainsi réduire les accidents liés aux défaillances mécaniques. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la Santé classe la RDC parmi les dix pays africains affichant le plus fort taux de mortalité routière. En 2023, le pays enregistrait 33,7 décès pour 100 000 habitants.

Où effectuer le contrôle technique ?

La RFCK dispose actuellement de sept centres homologués. Ils se situent à Gombe, Limete, Masina, Ngaliema, Mont-Ngafula, N’djili et Kintambo.

Pour le moment, les autorités n’ont pas encore annoncé la date du recouvrement forcé. L’Hôtel de Ville attend d’abord d’évaluer le niveau d’adhésion volontaire des automobilistes.

Des agents formés avant les opérations de terrain

Avant cette nouvelle échéance, la RFCK a renforcé les capacités de ses inspecteurs et contrôleurs. Fin avril 2026, la régie a organisé une formation de cinq jours à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Cette session visait notamment à harmoniser les procédures de contrôle et à limiter les abus sur le terrain.

D’après le communiqué final publié le 2 mai 2026, près de 150 agents ont suivi un recyclage sur trois modules : l’utilisation des nouveaux appareils de diagnostic, la déontologie professionnelle et la gestion des conflits avec les usagers.

Lors de la clôture, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a insisté sur une « tolérance zéro contre le rançonnement » pendant les opérations de recouvrement forcé.

Enfin, cette formation s’inscrit dans la feuille de route 2024-2028 de l’exécutif provincial. Les autorités veulent redorer l’image de la RFCK, souvent critiquée pour des cas de tracasseries pendant les contrôles de 2023 et 2024.

En septembre 2024, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves (LIZADEEL) avait d’ailleurs dénoncé plusieurs « perceptions illégales » sur certains axes routiers de Kinshasa.

2 138 détenus pour 500 places : la MONUSCO tend la main à la prison surpeuplée de Bunia

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la prison centrale de Bunia étouffe littéralement sous le poids de sa propre population carcérale. Conçue pour 500 personnes, elle en accueille aujourd’hui 2 138. Face à cette situation alarmante, la MONUSCO a décidé d’agir à son échelle, en fournissant des équipements de sécurité et des matériaux pour améliorer les conditions de vie, notamment celle des femmes détenues.

C’est une goutte d’eau dans un océan de détresse, mais elle symbolise une volonté de ne pas abandonner ceux que la société a mis à l’écart. Ce jeudi 7 mai, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé sur son compte X (ex-Twitter) avoir remis cinq extincteurs et dix-sept sacs de ciment à la prison centrale de Bunia, située dans la province de l’Ituri.

Derrière ces chiffres modestes se cache une réalité bien plus lourde : celle d’une maison d’arrêt vétuste, surpeuplée et dangereuse, où l’État de droit bute sur le mur du manque de moyens.

Une surpopulation carcérale « alarmante »

Les chiffres donnent le vertige. La prison centrale de Bunia a été bâtie pour héberger environ 500 détenus. Aujourd’hui, elle en compte 2 138, parmi lesquels 52 femmes et 48 mineurs. Un ratio insoutenable qui transforme chaque recoin en lieu de promiscuité, et chaque jour en épreuve.

Dans ce contexte, les risques d’incendie sont permanents. Les cinq extincteurs offerts par la MONUSCO, via les contingents du Secteur Nord et l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire, permettront de renforcer la réaction rapide face aux départs de feu – une priorité absolue dans des infrastructures souvent vétustes et mal entretenues.

Quant aux dix-sept sacs de ciment, leur destination est symboliquement forte : ils serviront à aménager la cour du quartier des femmes. Un espace aujourd’hui transformé en bourbier dès la première pluie, rendant toute hygiène quasi impossible. Une dalle en ciment changera concrètement le quotidien des détenues, leur offrant un lieu plus propre et plus digne.

« Un pas vers des conditions de détention plus humaines »

La MONUSCO ne découvre pas les prisons congolaises. Depuis plusieurs années, son Unité d’appui à l’administration pénitentiaire forme le personnel et participe à la réhabilitation de certaines infrastructures. À Bunia, le Colonel Camille Nzonzi, directeur de l’établissement, avait déjà salué par le passé les initiatives de la Mission onusienne.

Cet appui modeste mais concret s’inscrit dans la mission globale de la MONUSCO : protéger les civils et consolider la paix. Cela passe aussi, reconnaît l’ONU, par l’amélioration des conditions de détention.

« Dans un pays en quête de stabilisation, la manière dont on traite les personnes privées de liberté est un indicateur essentiel de l’état de droit », rappellent discrètement les observateurs internationaux.

Le défi persistant de la surpopulation carcérale

Reste que l’ampleur du défi dépasse de loin une livraison de ciment et d’extincteurs. La surpopulation carcérale est chronique en RDC, et Bunia n’est malheureusement pas un cas isolé. Faute de jugements rapides, de diversions pénales ou de constructions nouvelles, les prisons congolaises continuent d’étouffer.

Mais pour les 52 femmes incarcérées à Bunia, ces dix-sept sacs de ciment représentent plus qu’un matériau de construction : ils incarnent la première pierre d’un peu d’humanité retrouvée. Et les cinq extincteurs, une chance de survivre à un incendie qui, sans eux, serait peut-être fatal.

Un geste modeste, certes. Mais dans l’univers étouffant d’une prison surpeuplée, chaque bouffée d’air compte.

195 millions de dollars disparus : le fantôme de l’indemnisation ougandaise hante la RDC

C’est un chiffre qui donne le vertige : 195 millions de dollars américains promis aux victimes, mais seulement 28 millions réellement distribués. Le reste ? Évanoui dans les méandres d’une gestion qualifiée de « systémique » et opaque. Mardi 5 mai 2026, devant le Sénat congolais, le ministre de la Justice a tiré la sonnette d’alarme sur le FRIVAO, ce fonds censé panser les plaies des exactions commises par l’Ouganda dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’institution, créée après la condamnation historique de Kampala par la Cour internationale de Justice (CIJ) – 325 millions de dollars à verser en cinq annuités de 65 millions –, devait incarner la réparation. Elle est devenue, selon les propres mots du ministre, « un nid de dysfonctionnements, de rétro-commissions et de détournements ».

« Vraies, fausses et fictives » : le grand bazar des victimes

Devant les sénateurs, le ton est monté. « Sur 195 millions disponibles, seuls 28 millions ont effectivement atteint les vraies, les fausses et les victimes fictives », a-t-il lâché, ajoutant une expression qui en dit long : « sans compter les opérations retours » – un euphémisme pour désigner des fonds reversés en sous-main à des réseaux occultes.

Preuve la plus accablante : la flambée du nombre de bénéficiaires. Pour la seule ville de Kisangani, épicentre des réparations, le fichier est passé de 3 000 victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 selon certaines sources. Une « inflation artificielle et incontrôlée », dénonce le ministre, qui évoque désormais des « victimes fictives » introduites dans la base de données par des fraudeurs bien organisés.

Redressement sous haute tension : audit, suspensions et procès

Face à l’hémorragie, le gouvernement sort la sulfateuse. Un plan de redressement d’urgence a été présenté :

  • Audit indépendant du fichier des bénéficiaires, pour séparer le vrai du faux.

  • Suspension immédiate des responsables actuels de la gestion du fonds.

  • Réorganisation complète des organes dirigeants du FRIVAO.

  • Poursuites judiciaires contre les réseaux présumés de détournement et d’extorsion.

Les paiements ne reprendront que par étapes : d’abord des indemnisations collectives, puis individuelles, après vérification minutieuse de chaque dossier. Parallèlement, l’État cherche à mobiliser des ressources complémentaires pour ne pas laisser les victimes légitimes sur le carreau.

Une vérité qui dérange : 154 millions encaissés, 106 victimes payées

Un document confidentiel consulté en janvier 2026 par ACTUALITE.CD bouscule encore davantage la narration. Selon la coordination intérimaire du FRIVAO, l’État congolais aurait déjà reversé au mécanisme 154,7 millions de dollars après retenues. Mais à l’arrivée du comité intérimaire en août 2024, seules 106 victimes avaient été indemnisées… tandis que le fonds avait déjà perçu plus de 105 millions.

Autrement dit, l’argent est entré. Mais il ne sortait pas. Ou alors, il sortait par la petite porte.

Entre impunité et espoir : que reste-t-il des victimes ?

Alors que le gouvernement promet une « reprise progressive et contrôlée » des indemnisations, une question brûle les lèvres des milliers de rescapés du conflit : où sont passés les 167 millions de dollars manquants ? La réponse, désormais, est entre les mains des juges et des auditeurs. Mais pour beaucoup, le FRIVAO est déjà devenu le symbole d’une réparation confisquée.

En attendant, les vraies victimes, elles, n’ont toujours pas vu la couleur de leur dû.

Prix du carburant à l’Est de la RDC : le gouvernement tranche pour stabiliser l’essentiel et protéger le pouvoir d’achat

Ce mardi 5 mai 2026, la République démocratique du Congo change de braquet sur l’un de ses dossiers les plus sensibles : le prix de l’essence et du carburant d’aviation dans sa partie Est. Pénuries chroniques, tensions logistiques, menace sur le pouvoir d’achat… Face à la fragilité de la région, le gouvernement riposte par une mesure forte, technique et politique.

Par un arrêté ministériel signé la veille, le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé ce mardi une nouvelle structure des prix des carburants terrestres et du Jet A1 (carburant d’aviation domestique). Texte officiel : l’arrêté n°010/CAB/VPM/MIN-ECONAT/DMS/TNM/2026, daté du 4 mai 2026, applicable immédiatement dans six provinces de la Zone Est.

Les provinces concernées : Haut-Uele, Bas-Uele, Ituri, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

À combien l’essence est-elle désormais vendue ?

Le nouveau prix à la pompe repose sur un taux de change fixé à 2 300 francs congolais (FC) pour un dollar américain. L’administration l’assure : ce taux n’est pas anodin. Il vise à lisser l’impact des fluctuations monétaires sur un marché régional déjà sous tension.

Si les montants unitaires par litre varient selon les zones et les types de carburant (super, gasoil, pétrole lampant, Jet A1), l’arrêté précise que chaque prix intègre désormais l’intégralité des composantes de la chaîne :

  • prix moyen frontière,

  • charges logistiques (transport terrestre souvent long et risqué),

  • marges des distributeurs,

  • taxes fiscales et parafiscales (TVA, droits de douane),

  • contribution au Fonds national d’entretien routier (FONER).

Une transparence comptable que les opérateurs pétroliers réclamaient depuis des mois.

Sous pression, la Première ministre avait préparé le terrain

Ces nouvelles dispositions ne tombent pas du ciel. Le 23 mars 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait anticipé la crise en préconisant des mesures dérogatoires : suspension des frais CGW (redevance sur les hydrocarbures) et réduction de moitié des frais perçus par l’Office congolais de contrôle (OCC).

Objectif ? Alléger les coûts fixes pour les importateurs et distributeurs, et ainsi fluidifier l’approvisionnement sans répercuter la facture sur le consommateur final.

C’est sur cette base que le Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP) – réuni à Kinshasa le 16 avril 2026 – a formulé ses recommandations. Le nouvel arrêté d’application remplace ainsi un précédent texte (n°009 du 16 avril 2026) jugé insuffisant face à l’urgence sécuritaire et logistique dans l’Est.

Pourquoi l’Est, toujours l’Est ?

La région orientale de la RDC concentre des défis exceptionnels : axes routiers dégradés, insécurité persistante, éloignement des ports d’approvisionnement (Dar-es-Salaam, Mombasa). Résultat : les prix à la pompe y ont longtemps flirté avec des sommets rendant la vie quotidienne hors de prix – du transport de marchandises à la mobilité des ménages, en passant par les évacuations sanitaires par avion.

Avec cette réforme, le gouvernement affiche un objectif clair : améliorer la desserte du marché, redonner de l’air aux activités économiques, et surtout protéger le pouvoir d’achat des populations. Derrière le jargon technique des « charges logistiques » et de la « TVA », il y a le prix d’un trajet en moto-taxi à Bunia, d’une pirogue à essence sur le lac Kivu, ou d’un vol humanitaire vers Goma.

Qui va appliquer ces mesures sur le terrain ?

L’exécution de l’arrêté est confiée à deux fers de lance de l’administration congolaise :

  • le Secrétaire général à l’Économie nationale, chargé de la coordination des prix et du suivi des marges des distributeurs,

  • le Directeur général des Douanes et accises (DGDA), qui veillera à l’application correcte des droits de douane révisés.

Le ton est ferme : pas de décision « cosmétique ». Le gouvernement entend sanctionner les déviations. Une cellule de contrôle mobile pourrait être déployée dans les zones frontalières sensibles, où les trafics de carburant faussent parfois le marché local.

Économie, sécurité et quotidien : un réglage sous haute tension

Cette annonce intervient dans un contexte où la région des Grands Lacs reste sous tension. Stabiliser le prix du carburant, c’est aussi stabiliser une variable stratégique pour les forces armées, les missions de l’ONU, les ONG internationales et les flottes locales de transport.

Reste une inconnue : les opérateurs pétroliers du Nord-Kivu et de l’Ituri, longtemps en discussion avec Kinshasa, joueront-ils le jeu ? Le gouvernement mise sur la confiance retrouvée. Les premiers retours, ce mardi matin, semblent positifs. Mais dans l’Est congolais, une mesure économique ne vaut que par sa capacité à résister aux chocs du réel.

Kinshasa : la folle ruée vers la REGIDESO qui dévoile le cri silencieux d’une jeunesse en détresse

ls sont arrivés avant le soleil. Des milliers de jeunes – garçons en chemise repassée, filles en tailleur modeste – ont envahi la cour de l’Université protestante du Congo (UPC) à Kinshasa. Objectif : décrocher l’un des postes mis au concours par la REGIDESO, l’entreprise publique qui produit et distribue l’eau potable en RDC.

Dès l’ouverture des portes, de longues files se sont formées à perte de vue. Certains candidats ont patienté plus de quatre heures sous un soleil de plomb, serrant contre eux leurs dossiers comme des talismans. Contrôle des pièces d’identité, répartition par métier, appel des noms : l’organisation militaire de la Direction générale n’a pas empêché la tension de monter.

« On m’a dit qu’il y avait plus de 10 000 inscrits pour moins de 500 postes. Mais je tente ma chance, c’est mon seul espoir », confie un jeune mécanicien de 24 ans, essuyant son front en sueur.

 « Article 15 » contre méritocratie : le choc de deux mondes

Au cœur de ce barnum, une phrase revient comme un mantra, prononcée par le Directeur général David Tshilumba Mutombo :
« Tout ce qui compte, c’est la méritocratie. Ce ne sont pas des recommandations qui viennent de gauche ou de droite. Si vous méritez, vous êtes là. »

Une déclaration qui résonne comme une promesse dans un pays où le « tristement célèbre article 15 » – l’art de se débrouiller seul faute d’État providence – règne en maître. Pour des milliers de jeunes congolais, le système D est devenu une seconde nature. Mais aujourd’hui, ils espèrent que, pour une fois, le diplôme pèsera plus lourd que les relations.

Pourtant, l’affluence massive raconte une autre vérité : le chômage des jeunes en RDC touche près de 42 % des 15-34 ans (selon les estimations de la Banque mondiale), et chaque offre d’emploi public provoque une ruée qui frôle la panique.

« On nous parle de créations d’emplois, mais nous, on voit surtout des promesses. Aujourd’hui, je ne veux pas d’une promesse, je veux une paie à la fin du mois », lâche une candidate au poste de facturière, le regard à la fois déterminé et las.

 Plombiers, électriciens, techniciens : la REGIDESO rajeunit ses troupes

Quels sont donc ces métiers qui attirent autant de vocations ? La REGIDESO recherche des profils techniques et administratifs pour rajeunir ses effectifs et combler les départs à la retraite. La liste est variée :

  • Électriciens de maintenance et mécaniciens (réseaux et usines)

  • Plombiers et pompistes

  • Techniciens de laboratoire et agents de traitement de l’eau

  • Caissiers, recouvreurs et facturiers pour le volet commercial

Les épreuves se sont déroulées simultanément dans plusieurs provinces : Kongo-Central, Haut-Katanga, Kwilu et Maniema. Une manière, selon la direction, d’ancrer le recrutement dans une logique nationale et non pas uniquement kinoise.

L’objectif affiché par David Tshilumba Mutombo est d’encourager la jeunesse congolaise à ** miser sur le savoir et les compétences** pour accéder à l’emploi. Mais au vu de la foule compacte qui a piétiné toute la journée dans l’enceinte de l’UPC, une question brûle les lèvres : combien de ces visages déterminés repartiront avec un contrat ?

À la sortie des salles d’examen, les premiers candidats interrogés affichaient un mélange d’espoir et d’épuisement. La REGIDESO promet une sélection transparente. Les jeunes, eux, retiennent leur souffle. Dans un pays où l’« article 15 » est souvent le seul employeur, ce test d’embauche ressemble à une bouffée d’oxygène. Reste à savoir si elle sera suffisante pour étancher la soif d’emploi de toute une génération.

Kinshasa : bientôt le lancement de la 2e phase du contrôle technique des véhicules

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) accélère. Son Directeur Général, Joseph Kasinzi Mafolo, a réuni, dimanche 3 mai 2026, à l’Hôtel de Ville, les têtes d’affiches de différentes équipes engagées. Objectif : préparer le lancement imminent de la deuxième phase du contrôle technique des véhicules à Kinshasa.

L’instruction a été donnée par le Gouverneur Daniel Bumba. La RFCK veut assainir le parc auto, éliminer les fausses vignettes et sécuriser les recettes de la ville. Le DG a été clair : tout agent qui viole les normes sera écarté.

Hôtel de Ville : la RFCK forme ses troupes avant le contrôle technique des véhicules

La séance du 3 mai 2026 a regroupé toute la chaîne opérationnelle. Chefs d’équipe des centres de contrôle technique, informaticiens et responsables des fourrières ont été formés au nouveau système digital de la RFCK.

Cette session intervient peu avant le lancement de la deuxième phase du contrôle technique des véhicules dans la capitale. Le Gouverneur Daniel Bumba doit donner le coup d’envoi « dans les prochains jours », selon la Régie.

« Tout manquement entraînera des sanctions » : la RFCK verrouille ses agents

Joseph Kasinzi Mafolo fixe les règles. « (…) Tout manquement entraînera des sanctions, y compris l’écartement des agents concernés ». Il exige en effet une « parfaite cohérence » avec les orientations du premier citoyen de la Ville.

Le nouveau système doit tracer chaque véhicule et sécuriser les données pour bloquer la fraude.

Contrôle technique des véhicules : des recettes vitales pour Kinshasa

La RFCK mise aussi sur la transparence financière. Joseph Kasinzi Mafolo a insisté sur la « bonne canalisation des recettes », condition pour financer les projets de développement de la capitale.

Le parc auto kinois est estimé à plus de 800 000 véhicules en 2025, selon l’Office des Voiries et Drainage (OVD). D’après la Commission Nationale de Prévention Routière (CNPR), seule une minorité de véhicules disposait d’une vignette valide fin 2024. Le manque à gagner pour la ville se chiffre alors en millions de dollars.

Le contrôle technique des véhicules à Kinshasa, relancé en 2025

Le contrôle technique est obligatoire depuis l’Ordonnance-loi n°78-022 du 30 août 1978 portant Code de la route. La RFCK a été créée par arrêté provincial du 20 mars 2025 du Gouverneur en place.

Le contrôle technique a débuté le 29 septembre 2025 à Kinshasa. La RFCK a rendu la vignette obligatoire avant le 1er novembre 2025.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la RDC compte 34,7 décès pour 100 000 habitants liés aux accidents de la route en 2023. Selon la Police de Circulation Routière, une majorité d’accidents à Kinshasa implique des véhicules en mauvais état.

La Banque Mondiale classe en 2025 les émissions des véhicules vétustes comme première source de particules fines PM2.5 à Kinshasa.

En lançant cette 2e phase, le Gouvernement provincial vise à généraliser le contrôle et à maximiser les recettes. La rigueur annoncée par la RFCK sera jugée sur le terrain.

 

Nord-Kivu : 80 jeunes détenus dans des conditions « dégradantes » à Rutshuru, 8 morts signalés

Plus de 80 jeunes croupissent dans la prison centrale de Kanyangavi, à Rutshuru, selon un rapport publié mardi 28 avril 2026 par l’ONG « Badilika » (Changer en français) à Beni. L’organisation dénonce des actes de torture, une insalubrité extrême, la privation de nourriture, l’interdiction des visites familiales et l’absence de soins médicaux appropriés. Au moins huit décès en détention ont déjà été recensés. « Badilika » met directement en cause l’administration mise en place par la rébellion AFC-M23, qui contrôle ce territoire du Nord-Kivu depuis plusieurs mois.

Kanyangavi : diarrhées aiguës, infections et soins inexistants

Le rapport dresse un état des lieux sanitaires alarmant. Plusieurs détenus souffrent de diarrhées sévères et d’affections dermatologiques sans accès aux traitements. L’établissement pénitentiaire ne disposerait ni de personnel médical qualifié, ni de médicaments de base. Cette situation viole l’ensemble de règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Nelson Mandela », qui imposent aux autorités détentrices de garantir la santé des prisonniers.

Une administration rebelle pointée du doigt

Badilika vise nommément l’administration territoriale dirigée par Ephrem Izabayo Kabasha. Installé le 16 mars 2026 par l’AFC/M23, ce responsable est accusé d’avoir aggravé l’insécurité et la crise humanitaire.

L’ONG recense des atteintes répétées aux droits fondamentaux : droit à la vie, à l’intégrité physique, à la liberté d’expression et de circulation. Des cas d’enlèvements, d’intimidations et de menaces ciblant jeunes, membres de la société civile et humanitaires sont documentés. Ces derniers seraient régulièrement soupçonnés, sans preuve, de liens avec des groupes armés.

20 arrestations en 40 jours dans le groupement de Bukoma

Le rapport table sur 20 jeunes au moins, interpellés, notamment du 16 mars au 26 avril 2026, dans le groupement de Bukoma. Les autorités locales les accusent d’appartenir à des groupes armés actifs dans le Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour l’ONG, « certains civils n’ont d’autre choix que d’intégrer les rangs de l’AFC-M23 pour échapper aux exactions ». Ils seraient ensuite transférés vers les centres de formation de Runyonyi et Chanzu. Des exécutions sommaires de recrues qualifiées « indisciplinées » y auraient été commises, poursuit-elle.

Pression fiscale et musellement des humanitaires

Dans la foulée, « Badilika » fustige un alourdissement de la fiscalité locale imposée par le même mouvement rebelle. Cette pression, renchérit la structure, aggrave la précarité des ménages déjà éprouvés par le conflit. Les acteurs humanitaires et de la société civile subissent eux aussi des entraves : interrogatoires répétés, menaces et saisie de leur matériel de travail. Ces restrictions compliquent l’acheminement de l’aide et la documentation des abus.

Les exigences de Badilika : soins urgents et observateurs indépendants

L’ONG formule en effet quatre demandes immédiates à l’AFC-M23 :

– Arrêt des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions extrajudiciaires.
– Accès urgent aux soins pour tous les détenus de Kanyangavi.
– Ouverture des lieux de détention aux observateurs indépendants et aux organisations humanitaires.
– Levée des restrictions imposées aux ONG et à la société civile.

« Badilika » exhorte également Kinshasa à intensifier ses actions diplomatiques, politiques et sécuritaires pour restaurer l’autorité de l’État à Rutshuru. Elle demande à la Communauté Internationale de renforcer la surveillance des violations des droits humains dans ce territoire.

Le territoire de Rutshuru est sous contrôle de la rébellion AFC-M23 depuis fin 2022. Plusieurs rapports de l’ONU et d’ONG internationales ont déjà documenté des exactions contre les civils dans cette zone. Le Parc des Virunga, frontalier de l’Ouganda et du Rwanda, reste un épicentre des tensions armées au Nord-Kivu.

États généraux des Postes & Télécoms, le grand virage numérique de la RDC

Pendant trois jours, la capitale congolaise change de tempo. Plus question seulement de politique ou de sécurité. Ici, au cœur des États généraux du secteur des Postes et Télécommunications, c’est le numérique qui tient la dragée haute. Le thème ne laisse aucun doute : « Postes et télécommunications, vecteurs de la croissance économique et du développement ».

Dans la salle, des experts, des régulateurs, des opérateurs télécoms. Devant eux, une feuille de route stratégique nationale à écrire, à court, moyen et long terme. L’ambition affichée ? Connecter les 145 territoires du pays. Réduire les fractures numériques qui creusent les inégalités entre Kinshasa et le fin fond du Maniema. Et pour cela, réformer la loi, réguler plus profondément.

Le Président pose le cap 2030.

En ouvrant le forum, Félix Tshisekedi a choisi les mots qui décoiffent. « Aucun pays ne peut prétendre à la croissance, à la compétitivité ou à la souveraineté en restant en marge des grands flux numériques, logistiques et informationnels. » Une mise en garde, mais aussi une promesse.

Le chef de l’État a martelé l’objectif : faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030. Pas un slogan, dit-il, mais une cohérence avec les priorités gouvernementales. « Il nous revient d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. »

Désenclaver un pays-continent.

Tshisekedi a ensuite tapé là où ça fait mal : la connectivité territoriale. « Dans un pays‑continent comme le nôtre, relier les territoires, connecter les provinces, désenclaver les zones rurales et rapprocher les citoyens des services essentiels constituent une exigence de cohésion nationale. » Une formule qui résonne comme un programme. Car comment parler de croissance sans routes numériques ? Comment bâtir une souveraineté sans mailler le territoire de fibres, d’antennes, de bureaux de poste rénovés ?

Un sous-texte brûlant : l’affaire MTN Rwanda.

Ces États généraux n’arrivent pas dans un ciel serein. Il y a deux mois à peine, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a instruit une prise en charge technique d’un dossier explosif : l’utilisation illégale des fréquences congolaises par MTN Rwanda. Décision prise après une audience accordée au ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, accompagné du patron de l’ARPTC et des grands opérateurs (Airtel, Orange, Vodacom).

Ce contentieux plane sur les travaux. Il rappelle à tous que le numérique est aussi une bataille de souveraineté. Que les fréquences, comme le cuivre ou le cobalt, ne s’abandonnent pas.

Trois jours pour dessiner la route.

Jusqu’au 29 avril, les experts vont plancher. À la sortie, une feuille de route ambitieuse est attendue. Avec des échéances courtes, moyennes, longues. Avec des indicateurs. Avec, espèrent les opérateurs présents, une régulation plus claire et des investissements massifs.

Kinshasa, pour une fois, ne parle pas de guerre. Elle parle de débit, de latence, de fibre optique, de facteur rural. Une autre bataille, tout aussi décisive pour l’avenir de 100 millions de Congolais.

Ituri : un enfant de 5 ans meurt dans l’incendie d’une mini-station à Mambasa

Mambasa, lundi 27 avril 2026. Dans le village de Katanga, près de Makumo, la nuit a viré au drame. Une mini-station de carburant a pris feu. Très vite, les flammes ont tout englouti.

Au lever du jour, les habitants ont fait une découverte insoutenable. Un enfant de 5 ans a perdu la vie dans l’incendie. Il dormait dans un kiosque au moment du sinistre. Malgré les tentatives pour le sauver, le feu a été plus rapide.

Preresi Mamboro, président de la Nouvelle société civile congolaise en chefferie de Babila-Babombi, a confirmé l’information.
« Un enfant de 5 ans est mort dans un kiosque d’une mini-station. L’incendie s’est déclaré dans cette zone. Pour l’instant, nous ignorons son origine », a-t-il expliqué.

Une nuit fatale

Très vite, une question s’impose : pourquoi cet enfant dormait-il dans un kiosque de station-service ? Dans ces zones reculées de l’Ituri, les conditions de vie restent précaires. Souvent, les familles manquent d’espace. Les enfants dorment là où ils trouvent refuge.

Cette nuit-là, le danger s’est invité sans prévenir. Le feu s’est propagé brutalement. Les secours sont intervenus, mais trop tard.

Dégâts et appel à la vigilance

En plus du drame humain, l’incendie a causé d’importants dégâts matériels. La mini-station semble détruite. Plusieurs kiosques voisins pourraient aussi avoir été touchés.

Face à cette situation, la société civile tire la sonnette d’alarme. Preresi Mamboro appelle les parents à redoubler de vigilance.
Selon lui, surveiller les enfants peut éviter ce type de tragédie.

Cependant, la réalité reste plus complexe. Dans certaines zones de l’Ituri, la pauvreté et l’insécurité compliquent le quotidien. Les enfants se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes.

Une origine encore inconnue

Pour l’instant, les autorités n’ont pas identifié la cause du feu. Plusieurs hypothèses circulent. Il pourrait s’agir d’une fuite de carburant, d’un court-circuit ou encore d’un geste imprudent.

Une enquête devra faire la lumière sur ce drame.

Une tragédie de plus en Ituri

Ce drame ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Dans cette province, les populations vivent sous pression permanente. Les conflits armés, les déplacements et la pauvreté aggravent les risques au quotidien.

Par ailleurs, les mini-stations artisanales restent dangereuses. Elles fonctionnent souvent sans normes de sécurité. Ainsi, elles exposent directement les habitants, surtout les plus jeunes.

À Katanga, un enfant a perdu la vie dans les flammes. Derrière ce drame, c’est toute une réalité qui refait surface. En Ituri, survivre reste un combat de chaque jour.

Kinshasa : la grève des agents provinciaux levée – les salaires seront payés à partir du 28 avril

Kinshasa, dimanche 26 avril 2026. La ville retient son souffle depuis plusieurs jours. Les bureaux de l’administration provinciale étaient fermés. Les agents, en colère. Les 13 mois d’arriérés de salaire – 15 pour certains – avaient transformé l’espoir en désespoir, puis en révolte. Mais ce dimanche, l’Intersyndicale a annoncé une bonne nouvelle. La menace de grève est levée. Les salaires seront payés à partir du mardi 28 avril. La capitale peut souffler.

L’annonce a été faite par communiqué. L’issue d’une réunion extraordinaire tenue dans le cadre du dialogue permanent entre les autorités provinciales et les représentants syndicaux. Autour de la table : Jésus-Noël Sheke wa Domene, ministre provincial de la Fonction publique ; Magloire Kabemba Okandja, ministre provincial des Finances ; et David Délord Luyeye Ngongite, président de l’Intersyndicale de l’administration urbaine.

Le dialogue a payé. L’Exécutif provincial a accédé aux principales revendications liées au paiement des salaires.

Les fonds sont là, la paie peut commencer

Selon le communiqué, les fonds nécessaires seraient déjà disponibles pour honorer l’échéance du mardi 28 avril. Une réunion tripartite est prévue ce lundi 27 avril entre le gouvernement provincial, l’Intersyndicale et la banque payeuse. Objectif : finaliser les modalités pratiques du lancement effectif de la paie.

Pas de promesses en l’air. Pas de nouvelles échéances floues. Un calendrier précis. Une réunion de réglage. Et des fonds annoncés comme disponibles.

Un comité de suivi pour éviter les retours en arrière

Pour que l’accord ne reste pas lettre morte, un comité de suivi tripartite a été mis en place. Sa mission : veiller au respect du calendrier et des procédures. Son objectif : assurer un paiement rapide de l’ensemble du personnel administratif urbain.

Une manière de rassurer les agents, qui avaient accumulé huit mois d’arriérés en 2025 et un trimestre complet en 2026. Certains personnels politiques totalisaient quinze mois d’impayés. L’inacceptable avait fini par provoquer la paralysie de la ville.

Reprise normale des activités

L’Intersyndicale appelle tous les agents et cadres à reprendre normalement leurs activités. En conséquence, toutes les actions de grève initialement prévues pour ce lundi 27 avril sont suspendues.

Les bureaux vont rouvrir. Les régies financières vont recommencer à collecter les taxes. La ville va retrouver son rythme.

De leur côté, les autorités provinciales réaffirment leur engagement à garantir la régularité de la paie. Une promesse que les agents espèrent voir tenir dans la durée, après des mois de crise.

La fin d’une crise ?

La paralysie de l’administration provinciale de Kinshasa aura duré plusieurs jours. Suffisamment pour alerter sur la fragilité sociale de la capitale. Suffisamment pour que les autorités comprennent que l’impatience des agents avait atteint son paroxysme.

Ce compromis évite le pire. Mais il ne règle pas tout. Les agents attendent désormais de voir l’argent arriver sur leurs comptes. Et ils resteront vigilants. Le comité de suivi tripartite est là pour ça.

Prochaine échéance : mardi 28 avril. Jour de paie annoncé. Jour de vérité.

RDC : 27,7 millions de congolais en crise alimentaire aiguë, 2e pire bilan mondial en 2025

La République Démocratique du Congo traverse l’une des pires crises alimentaires du globe. 27,7 millions de congolais souffrent d’insécurité alimentaire aiguë en 2025. Le pays se classe 2e au monde. Seul le Nigeria fait pire avec 30,6 millions. Le Soudan suit le rythme avec 24,6 millions. Le Rapport mondial sur les crises alimentaires, Global Report on Food Crises (GRFC) 2026 l’a confirmé vendredi 24 avril 2026.

Le choc est global. 266 millions de personnes subissent la faim aiguë dans 47 pays en 2025. Le chiffre a doublé depuis 2016. Un tiers des victimes se concentre dans 3 États africains : le Nigeria, la RDC et le Soudan. Les deux tiers vivent dans 10 pays seulement.

La RDC enregistre l’un des pires reculs mondiaux en 2025

Le GRFC 2026 pointe des améliorations au Niger et dans certaines zones du Nigeria et du Soudan. Mais la RDC annule ces progrès. Le pays subit l’une des détériorations les plus fortes entre 2024 et 2025. L’Afghanistan, le Myanmar et le Zimbabwe sont dans le même cas.

La guerre dans l’Est du pays explique le désastre. L’ONU a alerté le 22 avril 2026, à propos de l’aggravation depuis un an, de « la crise humanitaire liée aux combats » dans cette contrée. La province du Nord-Kivu est placée au premier plan. La RDC compte 6,47 millions de déplacés internes. C’est le 5e chiffre mondial. Le M23 contrôle des zones agricoles clés du Masisi et Rusthuru depuis 2022. Les paysans ne cultivent plus. Les marchés sont coupés.

Nord-Kivu et Ituri : le grenier devenu zone de famine

Les conflits chassent les agriculteurs. Au Nord-Kivu, 2,8 millions de personnes ont fui leur champ. L’Ituri compte 1,6 million de déplacés. Ces deux provinces produisaient 40% du maïs et du haricot du pays, selon le ministère de l’Agriculture en 2023.

Sans récolte, les prix flambent. Le sac de farine de maïs coûte 120 000 FC à Goma en avril 2026 contre 45 000 FC en 2022. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) distribue des rations à 3,6 millions de congolais. Mais l’agence couvre moins de 15% des besoins, faute de fonds.

Conflits, climat et baisse des fonds : le trio mortel

Le GRFC 2026 désigne 3 causes mondiales. Les conflits armés restent le moteur primitif. Les chocs climatiques aggravent tout. Les crises économiques font le reste. La RDC cumule les trois.

Le financement humanitaire chute aussi. Les dons pour l’alimentation baissent alors que les besoins explosent. Le Plan de réponse humanitaire de la RDC 2026 n’est financé qu’à 22% en avril. L’ONU réclamait 2,6 milliards USD, mais n’a reçu que 572 millions USD.

La famine frappe déjà ailleurs. Elle est déclarée à Gaza et au Soudan en 2026. La RDC n’a pas atteint ce stade. Mais 3,2 millions de congolais sont en IPC phase 4 « urgence ». Sans aide, ils basculent en famine.

Pourquoi la RDC s’enfonce malgré ses terres

La RDC possède 80 millions d’hectares arables. Seuls 10% sont cultivés, selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture, « Food and Agriculture Organization » (FAO) 2024. La guerre bloque l’Est. Les routes coupées isolent les excédents du Kasaï ou du Kwilu. Le dollar fort renchérit les importations de riz et de blé.

Le PAM alerte sur les enfants. 4,3 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë en RDC. Le taux dépasse 15% au Tanganyika et au Kasaï-Central. L’OMS parle d’urgence dès 10%.

Sans paix au Nord-Kivu et en Ituri, l’aide ne suffira pas. La production locale doit reprendre. Les bailleurs doivent financer. Sinon 2026 sera pire que 2025.

Kinshasa : casque obligatoire, mineurs interdits, amendes prévues par l’édit taxi-moto

L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté la proposition d’édit sur la réglementation du transport par taxi-moto. Le texte impose le casque au chauffeur et au client. Il interdit la conduite aux mineurs, policiers, militaires, fonctionnaires et étrangers. L’excès de vitesse et l’ivresse sont prohibés. Les contrevenants paieront des amendes.

L’initiative est portée par le député provincial Nicolas Wemakoy. Il est président de la Commission Politique, Administrative et Juridique. Sa proposition tient pour le respect du code de la route.

Le président de l’Assemblée provinciale, Lévi Mbuta, a salué le vote. Pour lui, les élus de Kinshasa viennent ainsi de répondre à l’une des « préoccupations majeures des Kinois et Kinoises ».

Transport interdit pour les femmes enceintes et enfants de moins de 12 ans

Lévi Mbuta dénonce les abus. « Les taxi-motos communément appelés Wewa aident des Kinois et Kinoises. Mais nous avons remarqué beaucoup d’anomalies. Des nombreux Kinois meurent par des accidents de motos. Certains sont fracturés et restent avec des défauts », a-t-il déclaré.

L’édit fixe des interdictions claires. Les femmes enceintes proches de l’accouchement ne peuvent plus monter. Les enfants de moins de 12 ans non accompagnés sont interdits. Les personnes en état d’ivresse et les personnes âgées non accompagnées également.

Policiers, militaires et étrangers exclus du métier

Le texte rend le casque obligatoire pour tous. Il interdit l’excès de vitesse. Il punit la conduite en état d’ivresse. Les chauffeurs doivent présenter leurs documents.

L’édit liste les métiers interdits : les mineurs ne peuvent pas conduire, les policiers et militaires non plus, les fonctionnaires de l’État et les étrangers.

Sens unique : amendes prévues contre les Wewa

« Nos frères Wewa adorent le sens unique. Avec cette loi, si vous prenez le sens unique, la loi va vous arrêter », a averti Lévi Mbuta. Les amendes sanctionneront les infractions. Le non-respect du tarif fixé par l’Hôtel de Ville aussi.

Ce vote tente de mettre fin au désordre. Les chauffeurs des taxis-motos roulent sans casque. Ils accèdent au centre-ville malgré l’interdiction. Ils fixent leurs propres prix. Plusieurs campagnes ont échoué par le passé.

Selon l’Assemblée provinciale, une vaste campagne de sensibilisation doit précéder l’application. L’édit attend la signature du Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba.

Kinshasa et les Wewa : 10 ans de tentatives sans loi

L’Assemblée provinciale n’agit pas dans le vide. Kinshasa tente de réguler les taxis-motos depuis 2014. Les mesures se sont succédées. Aucune n’a tenu.

André Kimbuta, alors Gouverneur en 2014, avait lancé l’opération « casque et gilet ». L’objectif était de réduire les morts. Les chauffeurs ont refusé d’acheter les équipements. La mesure n’a duré 2 mois.

En 2018, l’Hôtel de Ville lance les plaques « TM » pour taxis-motos. Le coût était de 50 USD. Moins de 15% des motos ont été enregistrées, selon la Division urbaine des Transports 2023.

En 2022, l’ex Gouverneur Gentiny Ngobila avait interdit la circulation des motos au centre-ville, de 6h à 18h. Le Gouverneur tenait à fluidifier le trafic. Conséquences : les barrages policiers sont contournés. La mesure tombe en 3 semaines.

La Ville de Kinshasa lance en 2023 l’app « Wewa ID » pour l’identification numérique des motos. Chaque chauffeur reçoit un QR code. La ville luttait contre les braquages. Les chiffres officiels indiquent que seulement 8 000 chauffeurs se sont enregistrés sur les 500 000.

L’édit Wemakoy change la donne

Les experts évoquent l’absence de loi. Toutes les mesures passées étaient des arrêtés du Gouverneur. Aucun édit provincial ne fixait des sanctions claires. Ils accusent les agents de l’ordre de négocier pour des arrangements avec les chauffeurs.

La proposition d’édit du député Nicolas Wemakoy vient réguler le secteur. C’est un édit provincial, pas un simple arrêté. Les amendes sont opposables devant les tribunaux. Les sanctions ciblent le sens unique, l’ivresse, l’absence de casque. L’exclusivité kinoise répond aux braquages.

L’édit attend la signature du Gouverneur Daniel Bumba.

Kasindi : importations et exportations suspendues – les douaniers disent stop au nouveau tarif

Kasindi, vendredi 24 avril 2026. La frontière est coupée. Pas par les armes, ni par les rebelles. Par une grève. Les activités d’importation et d’exportation sont suspendues à la douane de Kasindi, dans le territoire de Beni, jusqu’à nouvel ordre. Aucun véhicule ne traverse ce matin. Les camions de marchandises font la queue dans l’immobilité. Les commerçants, impuissants, regardent leurs produits périr sous le soleil. La cause ? Un conflit autour du nouveau tarif appliqué dans le système Sydonia.

La décision a été annoncée à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue la veille, jeudi 23 avril, au bureau de l’Association congolaise des commissaires agréés en douane (ACCAD) de Kasindi. Autour de la table : l’ACCAD, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), et la société civile forces vives du groupement Basongora.

Tous unis. Tous en colère.

Sydonia, le système qui bloque tout

Eugène Matembele, président de l’ACCAD au Nord-Kivu, a mis les pieds dans le plat. « Nous sommes ici pour annoncer notre incapacité à déposer les données sur le serveur central du système SYDONIA », a-t-il déclaré.

Traduction : les déclarants en douane ne peuvent plus exercer leur travail. Pourquoi ? Parce que « les taxes imposées dans le système n’ont pas été consommées par le patronat, qui est la FEC ».

Autrement dit, la Direction générale des douanes et accises a fixé un nouveau tarif. Mais les opérateurs économiques refusent de l’appliquer. Et sans accord, le système se bloque. Les déclarations ne peuvent pas être déposées. Les marchandises ne peuvent pas passer.

Profil Kambale Kalengya, vice-président de la FEC-Kasindi, a été encore plus direct : « Nous lançons un message aux importateurs et exportateurs d’observer cette cessation de travail jusqu’à nouvel ordre. »

Une population déjà fragile en première ligne

La société civile forces vives du groupement Basongora soutient le mouvement. Mais son président, Mbema Bwanandeke, a exprimé une crainte légitime : cette mesure risque d’aggraver la situation des populations déjà fragilisées par l’insécurité.

Car Kasindi, c’est la frontière avec l’Ouganda. C’est un point de passage vital pour toute la région du Nord-Kivu et de l’Ituri. C’est par là que transitent les produits de première nécessité : ciment, carburant, farine, huile, médicaments.

Et déjà, les premiers effets se font sentir. Sur le terrain, on observe la hausse des prix de plusieurs produits, dont le ciment et le carburant. Une flambée qui pourrait rapidement s’étendre à tout l’Est du pays si la grève se prolonge.

Un conflit technique aux conséquences humanitaires

Derrière le jargon technique – Sydonia, tarifs, déclarations en douane – se cache une réalité plus simple : à Kasindi, ce matin, aucun véhicule n’a pu traverser la frontière. Les chauffeurs attendent. Les marchands s’impatientent. Les familles, à des centaines de kilomètres de là, verront bientôt les prix s’envoler.

Le blocage est total. Et personne ne sait quand il prendra fin.

Les douaniers disent « stop ». Les opérateurs économiques les soutiennent. La société civile aussi, même si elle craint les conséquences. La Direction générale des douanes et accises, elle, n’a pas encore réagi officiellement.

Kasindi, artère vitale de l’Est

Kasindi n’est pas une frontière ordinaire. C’est l’une des principales portes d’entrée des marchandises vers les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Sans elle, c’est toute la chaîne d’approvisionnement qui s’effondre.

Les camions venus de Mombasa (Kenya) via Kampala (Ouganda) ne peuvent plus entrer. Les produits congolais destinés à l’exportation ne peuvent plus sortir. Et la région, déjà martyrisée par les groupes armés, les déplacements de populations et les épidémies, s’enfonce un peu plus dans la crise.

La suite ? Personne ne sait

Pour l’instant, la grève est illimitée. Les déclarants ne déposeront pas de données tant que le conflit tarifaire ne sera pas résolu. Les opérateurs économiques appellent les importateurs et exportateurs à observer cette cessation de travail.

Reste à savoir si Kinshasa réagira. Si la Direction générale des douanes et accises accepte de renégocier. Et si les camions, un jour, pourront repartir.

En attendant, à Kasindi, les portes de la douane sont closes. Et le silence, à la frontière, est assourdissant.

Kisangani-Kinshasa par le fleuve : la France aux côtés de la RDC pour ressusciter le « Couloir vert »

Imaginez un axe fluvial long de près de 2 000 kilomètres. Une artère d’eau douce qui traverse la forêt équatoriale, relie l’Est à la capitale, et porte en elle le rêve d’un désenclavement. Cet axe existe. C’est le fleuve Congo, de Kisangani à Kinshasa. Et il va revivre. Mercredi 22 avril 2026, Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, a reçu l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, pour sceller une ambition commune : faire renaître le « Couloir vert Kivu–Kinshasa ».

Autour de la table, une délégation française de poids. L’Agence française de développement (AFD), moteur financier des grands projets. Et Haropa Port, le géant qui fédère les ports du Havre, de Rouen et de Paris. Le message est clair : Paris ne vient pas les mains vides. Elle apporte son savoir-faire, son expérience du transport multimodal, sa vision de la logistique.

Un pilier essentiel pour l’économie congolaise

Pourquoi ce projet est-il si crucial ? Parce que les routes de l’Est sont piégées. Parce que les camions se font attaquer. Parce que le coût du transport explose. Et parce que le fleuve, lui, reste une voie naturelle, massive, potentiellement révolutionnaire.

Le tronçon Kisangani–Kinshasa, c’est l’épine dorsale du Couloir vert. Une fois réhabilité, il permettra d’acheminer des marchandises du Kivu jusqu’à la capitale, en contournant les zones de combat. Des produits agricoles, des minerais, des médicaments, du carburant. Tout ce qui fait tourner un pays.

La vision du président Félix Tshisekedi est claire : moderniser les infrastructures de transport pour désenclaver les provinces, dynamiser l’économie nationale et faciliter les échanges internes. Le fleuve, trop longtemps négligé, redevient une priorité.

L’expertise française au service du Congo

Haropa Port n’est pas venu par hasard. Le groupe français gère l’un des premiers complexes portuaires d’Europe. Sa spécialité : le transport multimodal – l’art de faire dialoguer fleuve, rail et route.

Dans les discussions, les experts français ont partagé leur expérience sur la réhabilitation d’infrastructures fluviales, l’organisation de chaînes logistiques, et la gestion de ports intérieurs.

L’AFD, elle, regarde les aspects financiers et techniques. Combien coûtera la remise en état ? Quels sont les priorités ? Comment éviter les dérives et les gaspillages ?

L’ambassadeur Rémi Maréchaux a salué « l’évolution positive des échanges ». Selon lui, ces concertations permettent d’aligner les propositions françaises avec les attentes du gouvernement congolais, notamment sur la connexion entre le Kivu et Kinshasa.

Le fleuve, parent pauvre des transports congolais

Il faut rappeler un paradoxe : la RDC possède le deuxième plus grand réseau fluvial navigable au monde, après l’Amazonie. Le fleuve Congo et ses affluents pourraient être des autoroutes d’eau douce. Mais les bateaux sont vieux, les ports délabrés, les voies non balisées.

Naviguer de Kisangani à Kinshasa prend aujourd’hui des semaines, quand ce n’est pas impossible. Les embarcations de fortune, les pannes, les risques de naufrage… Le fleuve est devenu un parent pauvre, alors qu’il pourrait être une colonne vertébrale.

Le projet « Couloir vert Kivu–Kinshasa » veut inverser cette tendance. Remettre en état les barges, sécuriser les voies, équiper les ports, former les personnels. Un chantier colossal.

Un signal fort pour l’Est

Au-delà de l’aspect économique, ce projet a une dimension politique et symbolique. Relier Kinshasa à Kisangani par le fleuve, c’est rappeler que l’Est n’est pas une terre oubliée. C’est montrer que l’État congolais peut projeter sa présence, sa puissance, son développement jusqu’aux confins du territoire.

Pour les populations du Kivu, lassées de l’insécurité et du sentiment d’abandon, ce Couloir vert est une promesse. Celle de voir arriver des marchandises à moindre coût. Celle d’exporter leurs produits sans se ruiner. Celle, enfin, d’être reliées au reste du pays par autre chose que des routes minées ou des pistes impraticables.

Les défis à relever

Le chemin est long. Réhabiliter un axe fluvial de cette ampleur demande du temps, de l’argent, et une volonté politique constante. Il faudra sécuriser les tronçons traversant des zones instables. Il faudra former des capitaines, des mécaniciens, des gestionnaires portuaires. Il faudra entretenir ce qui sera construit.

Mais la RDC et la France ont lancé une dynamique. L’AFD est engagée. Haropa Port partage son expertise. Et Jean-Pierre Bemba, avec son énergie coutumière, pilote le dossier.

L’ambassadeur a insisté : la relance du transport fluvial est une priorité.

Kinshasa paralysée : les agents provinciaux en grève illimitée

Ce mercredi 22 avril 2026, les bureaux de l’administration provinciale de Kinshasa sont restés obstinément fermés. Aucun agent n’a pointé. Aucun service n’a tourné. Les portes sont closes. Les ordinateurs, éteints. La raison ? Une colère qui couvait depuis des mois, et qui a finalement explosé. L’intersyndicale de l’administration publique urbaine a décrété une grève « sèche et illimitée ». Motif : des salaires impayés qui s’accumulent, des promesses non tenues, et une lassitude qui n’en peut plus.

L’annonce n’a rien d’une surprise pour ceux qui suivent la situation sociale de la capitale congolaise. Mais l’ampleur du mouvement, lui, prend tout le monde de court. Toutes les divisions et régies financières de la ville sont à l’arrêt. Pas un papier ne sort. Pas une taxe n’est perçue.

Treize mois d’arriérés, quinze pour les politiques

Les chiffres donnent le vertige. Selon les syndicalistes, les agents administratifs cumulent désormais 13 mois d’impayés : huit mois de l’année 2025, plus le premier trimestre de 2026.

Mais certains personnels sont encore plus mal lotis. Le personnel politique, lui, totalise 15 mois d’arriérés de rémunération. Quinze mois sans salaire. Un temps où l’on se demande comment on nourrit ses enfants, comment on paie son loyer, comment on garde la dignité.

« On paralyse la vie pour trouver des solutions aux problèmes du personnel. La grève est illimitée, donc on ne sait pas quand est-ce qu’elle va se terminer », a prévenu David Ngengite, président de l’intersyndicale.

Des promesses non tenues

Le déclic a eu lieu le 15 avril. Ce jour-là, une réunion était organisée entre l’exécutif provincial et les représentants du personnel. Les autorités avaient pourtant donné des gages. Elles avaient assuré qu’aucun retard de paiement ne serait enregistré pour l’année 2026.

Visiblement, l’engagement n’a pas été respecté.

Les syndicalistes parlent de « mauvaise foi des autorités urbaines ». Un terme lourd, qui trahit une confiance définitivement rompue. Les négociations ont échoué. Les agents ont alors décidé de passer à la vitesse supérieure : fermer l’accès à tous les niveaux de l’administration urbaine.

Portes closes. Rideaux baissés. Silence dans les couloirs.

Une paralysie aux conséquences lourdes

Cette grève n’est pas un simple mouvement social. C’est une paralysie de la gestion quotidienne de la ville-province. Les régies financières, chargées de collecter les taxes et les impôts, sont à l’arrêt. Résultat : plus de rentrées d’argent. Cercle vicieux.

Les services d’état civil, les divisions administratives, les guichets qui délivrent les autorisations : tout est bloqué. Le Kinois lambda, déjà habitué à la débrouille, risque de découvrir ce qu’une capitale sans administration veut dire.

Les syndicalistes le savent. Et ils assument. « On paralyse la vie pour trouver des solutions », répète David Ngengite.

Une situation explosive en attendant la suite

Pour l’instant, aucun dialogue n’est en vue. L’intersyndicale n’a fixé aucune date de reprise. La grève est illimitée. Tant que les salaires ne seront pas payés, tant que les promesses ne seront pas tenues, les bureaux resteront fermés.

Le gouvernement provincial, lui, n’a pas encore réagi officiellement. Mais la pression monte. Car une capitale paralysée, c’est une image désastreuse. Et des agents qui ne touchent plus leur salaire depuis plus d’un an, c’est une bombe sociale à retardement.

Kinshasa : Daniel Bumba lance la démolition des marchés pirates

Le délai fixé aux vendeurs illégaux a expiré. Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a lancé la démolition des marchés pirates. L’annonce a été faite mardi 21 avril 2026 dans la soirée. Elle marque un tournant dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public.

Les premiers chantiers concernent les alentours du marché central de Kinshasa, appelé « Zando ». Les équipes interviennent sur les avenues Kasa-Vubu, Bokasa et Rwakadingi. L’objectif est clair : fluidifier cette zone clé, souvent bloquée par des bouchons interminables.

Opération « Balabala Ezali Wenze Te » : fin de la sensibilisation

Le responsable urbain a acté la fin de la pédagogie. La campagne « Balabala Ezali Wenze Te » entre désormais dans sa phase répressive. Toute occupation non autorisée de la route sera sanctionnée.

Daniel Bumba rappelle que les trottoirs appartiennent aux piétons. Il interpelle les vendeurs à s’organiser pour ne pas déborder sur la chaussée. Il tient à faire respecter strictement la loi.

Plusieurs avenues concernées par les démolitions

L’opération ne concerne pas que les axes cités ci-haut. Elle touche aussi les avenues Plateau, Isoke, Kigoma, Wangata et Dima. Le commerce anarchique et l’empiétement illégal de la chaussée sont dorénavant prohibés sur ces artères.

Les autorités avertissent : les récalcitrants risquent gros. Les sanctions prévues conduisent à la confiscation directe des produits et à des interpellations.

Des alternatives pour les commerçants du marché central

Dans le souci de mieux faire, le Gouverneur Daniel Bumba a étendu la période d’enregistrement pour les étals, kiosques et boutiques du marché central. Cette mesure offre des solutions légales aux vendeurs.

La décision de l’Hôtel de Ville tient à stopper définitivement ce phénomène tant décrié sur les routes publiques.

Souscription au marché central de Kinshasa Zando

La souscription pour les 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides du marché central de « Zando » est lancée depuis le 7 avril 2026. L’opération se tient tous les jours au Jardin botanique de Kinshasa. C’est un tournant décisif pour relancer l’économie de la capitale. Le marché rouvre en hub moderne.

Les conditions d’éligibilité

Le postulant doit être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais. Les étrangers doivent présenter une carte de résident valide. L’âge minimum est de 18 ans. Le candidat doit être commerçant : patente 2026 valide, RCCM ou fiche de recensement des activités économiques et artisanales.

Le quitus fiscal est obligatoire avec preuve de paiement de l’Impôt Foncier (IF) ou de l’Impôt sur le Revenu Locatif IRL.

Avantages de la réouverture du marché

La réouverture du marché Zando apporte plusieurs avantages à la ville de Kinshasa, notamment :

– Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché Zando offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins,
– Création de milliers d’emplois pour les commerçants, les vendeurs et les travailleurs de soutien,
– Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes pour conserver les produits périssables et de réduire les pertes,
– Formalisation du secteur informel : une occasion de collecter des impôts et des taxes,
– Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé pour les habitants de Kinshasa.

Asile en Belgique : 86% des demandes congolaises refusées en 2025

Le constat est sans appel. Sur les 2 500 demandes d’asile déposées par des ressortissants congolais en Belgique en 2025, 86% ont été refusées. Seuls 14% ont obtenu le statut de réfugié. Et la tendance s’aggrave en 2026 : le taux de refus atteint désormais 90%. C’est ce qu’a révélé la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, lors d’un point de presse à Kinshasa, le 13 avril 2026, dans le cadre de sa première visite officielle en RDC.

La ministre était accompagnée de ses services. Son objectif : échanger avec les autorités congolaises sur les dossiers migratoires d’actualité, et lancer une campagne d’information contre l’immigration irrégulière et les fausses promesses.

Un phénomène d’« asile économique »

Pour Anneleen Van Bossuyt, le diagnostic est clair : la plupart des demandeurs d’asile congolais ne fuient pas des persécutions, mais la pauvreté.

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« Beaucoup de demandes d’asile sont d’ordre économique et financier », a-t-elle déclaré. Or, la Convention de Genève de 1951, qui fonde le droit d’asile, ne couvre pas ces motifs. Elle protège les personnes persécutées pour des raisons de race, religion, nationalité, opinions politiques, ou appartenance à un groupe social.

La ministre a été ferme : « C’est important de souligner que ça n’en vaut pas la peine de demander l’asile pour des raisons économiques ou financières. Vous allez obtenir l’ordre de quitter le territoire ou un retour forcé en RDC. »

Le détournement du visa court séjour

Anneleen Van Bossuyt a également fustigé le « mauvais usage » du visa court séjour (type C). Ce visa autorise une visite familiale, un voyage d’affaires, ou du tourisme, pour une durée maximale de 90 jours sur une période de 180 jours. Il interdit de s’installer ou de séjourner durablement en Belgique.

Or, certains Congolais obtiennent ce visa, puis, une fois en Belgique, introduisent une demande d’asile. Une procédure abusive, selon la ministre.

« Nous allons vous obliger à quitter le territoire », a-t-elle prévenu. Elle a dénoncé une « perte de temps et d’argent », et critiqué les organisations (réseaux de passeurs, faux avocats, influenceurs) qui donnent de fausses informations et entretiennent l’illusion d’une vie facile en Europe.

Les procédures légales pour immigrer en Belgique

À la question de savoir comment immigrer légalement en Belgique, Anneleen Van Bossuyt a rappelé les trois procédures conformes.

  1. Visa court séjour : pour le tourisme, les visites familiales, les voyages d’affaires. Il ne permet pas de s’installer.

  2. Visa étudiant : pour suivre des études supérieures dans une université ou une haute école belge. L’étudiant doit prouver ses ressources et son niveau de langue.

  3. Visa de travail : pour un emploi salarié, avec un contrat de travail approuvé par les autorités belges. Le permis de travail est lié à un employeur spécifique.

La ministre a insisté : ces procédures sont longues, contraignantes, mais elles sont les seules voies légales. Tout autre chemin (asile sans motif, visa court séjour détourné) mène à l’expulsion et à une interdiction de territoire.

Une coopération bilatérale renforcée

La visite d’Anneleen Van Bossuyt à Kinshasa s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération migratoire entre la Belgique et la RDC. Les deux pays ont signé plusieurs accords :

  • Réadmission : la Belgique peut renvoyer en RDC les ressortissants congolais en situation irrégulière, avec l’assistance des autorités congolaises.

  • Échange d’informations : sur les filières d’immigration clandestine, les faux documents, les réseaux de passeurs.

  • Campagnes de sensibilisation : financées par la Belgique, diffusées en RDC (radio, télévision, réseaux sociaux, affiches) pour dissuader les candidats à l’immigration irrégulière.

La ministre a rencontré son homologue congolais, ainsi que des représentants de la société civile, des organisations de défense des droits des migrants, et des journalistes. Elle a plaidé pour une approche équilibrée : fermeté contre l’immigration irrégulière, mais ouverture aux migrations légales et à l’aide au développement.

Les chiffres : une augmentation rapide

Les demandes d’asile congolaises ont doublé entre 2023 et 2025.

  • 2023 : environ 1 250 demandes,

  • 2025 : 2 500 demandes (chiffre définitif),

  • Début 2026 (janvier-mars) : déjà plus de 450 demandes, soit un rythme annuel projeté de 1 800, en légère baisse par rapport à 2025, mais toujours élevé.

Le taux de reconnaissance (statut de réfugié ou protection subsidiaire) est très faible : 14% en 2025, 10% au premier trimestre 2026. La grande majorité des demandeurs sont donc déboutés et doivent quitter la Belgique.

Certains rentrent volontairement (avec une aide au retour). D’autres disparaissent dans la clandestinité. D’autres encore sont expulsés de force, parfois menottés, sous escorte policière.

Les raisons de l’échec

Plusieurs facteurs expliquent l’échec des demandes d’asile congolaises.

  • Manque de preuves : les demandeurs doivent prouver qu’ils sont personnellement persécutés (ou risquent de l’être). Des témoignages vagues, des documents génériques sur l’insécurité dans l’Est, ou des articles de presse ne suffisent pas.

  • Crédibilité : certains récits sont incohérents, ou contredits par des vérifications (réseaux sociaux, témoignages, bases de données).

  • Fausses déclarations : usage de faux documents (cartes d’électeur, certificats de naissance, diplômes), ou dissimulation d’informations (condamnations, autres demandes d’asile dans d’autres pays).

  • Pays d’origine sûr : la Belgique considère la RDC comme un pays démocratique, avec une opposition légale, une société civile active, et des élections libres (même si imparfaites). Les persécutions politiques doivent être prouvées individuellement.

Les conséquences pour les déboutés

Un demandeur d’asile débouté doit quitter la Belgique dans un délai (généralement 30 jours). S’il refuse, il peut être placé en centre fermé (pour étrangers en séjour irrégulier), puis expulsé.

L’expulsion peut être accompagnée d’une interdiction de territoire (1 à 10 ans, voire à vie). Le débouté perd alors tout droit de revenir en Belgique, même avec un visa ou pour des raisons familiales.

En RDC, les expulsés sont parfois stigmatisés, considérés comme des « échecs » ou des « criminels ». Certains se retrouvent à la rue, sans ressources, sans réseau. D’autres sont recrutés par des réseaux criminels.

L’appel à la responsabilité

Anneleen Van Bossuyt a appelé les Congolais à la responsabilité. « Ne croyez pas les fausses promesses. L’asile n’est pas une porte d’entrée pour l’immigration économique. Le visa court séjour n’est pas un sésame pour s’installer. »

Elle a invité les candidats à l’immigration à se renseigner auprès des institutions officielles (ambassade de Belgique à Kinshasa, service de l’immigration, site web du gouvernement belge), et non auprès de « coachs » ou d’influenceurs sans scrupules.

Le gouvernement congolais, de son côté, a promis de renforcer la lutte contre les réseaux de trafic de migrants, et d’améliorer les conditions de vie en RDC (emploi, sécurité, services publics) pour décourager l’émigration.

Un défi commun

La migration est un défi commun à la Belgique et à la RDC. La Belgique a besoin de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs (santé, technologie, construction), et peut offrir des formations et des visas de travail. La RDC a besoin de ses ressortissants pour contribuer à son développement, et de la coopération belge pour créer des emplois.

Les solutions existent : migrations légales, aide au développement, coopération policière, campagnes d’information. Mais elles exigent une volonté politique, des moyens financiers, et une confiance mutuelle.

La visite d’Anneleen Van Bossuyt est un pas dans cette direction. Les prochains mois diront si les engagements seront tenus, et si les flux migratoires irréguliers diminueront.

En attendant, les chiffres sont implacables. 86% de refus en 2025, 90% en 2026. Un message à faire passer.

RDC : une vaste campagne de vaccination dans 11 provinces du 15 au 19 avril

Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) passe à l’action. Du 15 au 19 avril 2026, une vaste campagne ciblera la rougeole, la rubéole et la poliomyélite dans onze provinces. L’objectif est clair : rattraper les retards et renforcer la couverture vaccinale.

Déjà, le pays compte plus de 12 000 cas depuis janvier 2026, avec 157 décès. Face à cette situation, le ministère de la Santé réagit rapidement.

Pendant cinq jours, des milliers d’agents seront mobilisés. Ils iront directement vers les familles, notamment dans les écoles, les marchés et les églises. Ainsi, la stratégie privilégie la proximité plutôt que l’attente dans les centres de santé.

Les provinces concernées incluent Kinshasa, Kongo-Central, Kwilu ou encore l’Équateur. Les enfants de 6 mois à 14 ans recevront le vaccin contre la rougeole et la rubéole. En parallèle, ceux de moins de 5 ans seront vaccinés contre la poliomyélite.

Une stratégie de terrain face à des défis persistants

Le PEV mise sur une approche proactive. Concrètement, des équipes mobiles sillonneront villes et villages. En plus, des postes fixes seront installés dans les lieux publics. Par ailleurs, le porte-à-porte renforcera la couverture.

Cependant, plusieurs obstacles freinent encore les efforts. D’abord, l’insécurité dans l’Est complique l’accès à certaines zones. Ensuite, les routes impraticables ralentissent l’acheminement des vaccins.

À cela s’ajoutent les problèmes de chaîne de froid. Les coupures d’électricité et le manque de carburant fragilisent la conservation des doses. De plus, certaines communautés restent méfiantes face à la vaccination.

Malgré tout, le ministère adapte sa réponse. Il déploie des réfrigérateurs solaires et renforce la sensibilisation. En outre, les leaders communautaires participent activement à convaincre les populations.

Sauver des vies, un enjeu immédiat

La rougeole et la rubéole inquiètent particulièrement les autorités. Ces maladies restent très contagieuses et peuvent entraîner des complications graves. C’est pourquoi le vaccin combiné rougeole-rubéole sera utilisé à grande échelle.

En revanche, la situation de la poliomyélite s’améliore nettement. Le nombre de cas a chuté de manière spectaculaire ces dernières années. Néanmoins, la vigilance reste indispensable.

Dans ce contexte, la vaccination demeure essentielle. Elle sauve des millions de vies chaque année dans le monde. En RDC, elle représente même une priorité absolue.

Le ministère lance donc un appel clair. Les parents doivent faire vacciner leurs enfants. De leur côté, les autorités locales doivent faciliter le travail des équipes.

Au final, l’enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de protéger une génération entière. Grâce à cette campagne, la RDC peut réduire les épidémies et offrir un avenir plus sain à ses enfants.