Kinshasa : La RFCK démarre la 2e phase du contrôle technique et gèle les amendes jusqu’au « bouclage généralisé »

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a officiellement lancé la seconde échéance du contrôle technique obligatoire depuis le 1er avril 2026. Dans un communiqué signé le 7 mai, son directeur général Joseph Kasinzi Mafolo appelle tous les propriétaires de véhicules à régulariser rapidement leur situation. Ensuite, la régie déclenchera la phase de « recouvrement forcé ».

Afin d’éviter des sanctions immédiates, la RFCK accorde une « période de courtoisie routière » aux usagers concernés. Pendant cette phase, les équipes suspendent les contrôles de vignettes ainsi que les procès-verbaux dans toute la ville. Toutefois, cette mesure prendra fin lors du « bouclage généralisé ». Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, fixera personnellement la date de cette opération.

Qui doit se conformer au contrôle technique ?

La RFCK cible plusieurs catégories d’usagers. Elle demande aux particuliers, aux entreprises, aux organismes internationaux et aux ambassades accréditées à Kinshasa de mettre leurs véhicules en règle.

La mesure concerne les voitures, mais aussi les motos à deux, trois et quatre roues.

Par ailleurs, les véhicules administratifs de moins de 20 tonnes ne bénéficient d’aucune exemption. Les services publics doivent donc présenter ces engins dans les centres agréés par la RFCK. Sinon, ils risquent des sanctions pendant les opérations de recouvrement.

Le « bouclage généralisé » inquiète les automobilistes

Le terme désigne une vaste opération de contrôle systématique annoncée par l’Hôtel de Ville. Lors des précédentes campagnes, les équipes mixtes RFCK-Police immobilisaient immédiatement les véhicules dépourvus de vignette valide avant leur mise en fourrière.

Selon le Code de la route congolais, un conducteur sans contrôle technique valide risque une amende comprise entre 50 000 et 100 000 francs congolais. En plus de cette sanction financière, les autorités peuvent placer le véhicule en fourrière.

C’est pourquoi la RFCK encourage les usagers à anticiper. Dans son communiqué, elle demande aux propriétaires de soumettre volontairement leurs véhicules au contrôle afin d’éviter « tout désagrément ».

Kinshasa veut assainir son parc automobile

Cette seconde échéance s’inscrit dans la politique d’assainissement du trafic lancée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki depuis son investiture en juin 2024.

Selon la Direction Générale des Impôts, Kinshasa compte plus de 1,2 million de véhicules enregistrés. Pourtant, moins de 30 % respecteraient les règles du contrôle technique, d’après les estimations publiées en 2024 par la Fédération des Entreprises du Congo.

Les autorités veulent ainsi réduire les accidents liés aux défaillances mécaniques. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la Santé classe la RDC parmi les dix pays africains affichant le plus fort taux de mortalité routière. En 2023, le pays enregistrait 33,7 décès pour 100 000 habitants.

Où effectuer le contrôle technique ?

La RFCK dispose actuellement de sept centres homologués. Ils se situent à Gombe, Limete, Masina, Ngaliema, Mont-Ngafula, N’djili et Kintambo.

Pour le moment, les autorités n’ont pas encore annoncé la date du recouvrement forcé. L’Hôtel de Ville attend d’abord d’évaluer le niveau d’adhésion volontaire des automobilistes.

Des agents formés avant les opérations de terrain

Avant cette nouvelle échéance, la RFCK a renforcé les capacités de ses inspecteurs et contrôleurs. Fin avril 2026, la régie a organisé une formation de cinq jours à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Cette session visait notamment à harmoniser les procédures de contrôle et à limiter les abus sur le terrain.

D’après le communiqué final publié le 2 mai 2026, près de 150 agents ont suivi un recyclage sur trois modules : l’utilisation des nouveaux appareils de diagnostic, la déontologie professionnelle et la gestion des conflits avec les usagers.

Lors de la clôture, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a insisté sur une « tolérance zéro contre le rançonnement » pendant les opérations de recouvrement forcé.

Enfin, cette formation s’inscrit dans la feuille de route 2024-2028 de l’exécutif provincial. Les autorités veulent redorer l’image de la RFCK, souvent critiquée pour des cas de tracasseries pendant les contrôles de 2023 et 2024.

En septembre 2024, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves (LIZADEEL) avait d’ailleurs dénoncé plusieurs « perceptions illégales » sur certains axes routiers de Kinshasa.

2 138 détenus pour 500 places : la MONUSCO tend la main à la prison surpeuplée de Bunia

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la prison centrale de Bunia étouffe littéralement sous le poids de sa propre population carcérale. Conçue pour 500 personnes, elle en accueille aujourd’hui 2 138. Face à cette situation alarmante, la MONUSCO a décidé d’agir à son échelle, en fournissant des équipements de sécurité et des matériaux pour améliorer les conditions de vie, notamment celle des femmes détenues.

C’est une goutte d’eau dans un océan de détresse, mais elle symbolise une volonté de ne pas abandonner ceux que la société a mis à l’écart. Ce jeudi 7 mai, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé sur son compte X (ex-Twitter) avoir remis cinq extincteurs et dix-sept sacs de ciment à la prison centrale de Bunia, située dans la province de l’Ituri.

Derrière ces chiffres modestes se cache une réalité bien plus lourde : celle d’une maison d’arrêt vétuste, surpeuplée et dangereuse, où l’État de droit bute sur le mur du manque de moyens.

Une surpopulation carcérale « alarmante »

Les chiffres donnent le vertige. La prison centrale de Bunia a été bâtie pour héberger environ 500 détenus. Aujourd’hui, elle en compte 2 138, parmi lesquels 52 femmes et 48 mineurs. Un ratio insoutenable qui transforme chaque recoin en lieu de promiscuité, et chaque jour en épreuve.

Dans ce contexte, les risques d’incendie sont permanents. Les cinq extincteurs offerts par la MONUSCO, via les contingents du Secteur Nord et l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire, permettront de renforcer la réaction rapide face aux départs de feu – une priorité absolue dans des infrastructures souvent vétustes et mal entretenues.

Quant aux dix-sept sacs de ciment, leur destination est symboliquement forte : ils serviront à aménager la cour du quartier des femmes. Un espace aujourd’hui transformé en bourbier dès la première pluie, rendant toute hygiène quasi impossible. Une dalle en ciment changera concrètement le quotidien des détenues, leur offrant un lieu plus propre et plus digne.

« Un pas vers des conditions de détention plus humaines »

La MONUSCO ne découvre pas les prisons congolaises. Depuis plusieurs années, son Unité d’appui à l’administration pénitentiaire forme le personnel et participe à la réhabilitation de certaines infrastructures. À Bunia, le Colonel Camille Nzonzi, directeur de l’établissement, avait déjà salué par le passé les initiatives de la Mission onusienne.

Cet appui modeste mais concret s’inscrit dans la mission globale de la MONUSCO : protéger les civils et consolider la paix. Cela passe aussi, reconnaît l’ONU, par l’amélioration des conditions de détention.

« Dans un pays en quête de stabilisation, la manière dont on traite les personnes privées de liberté est un indicateur essentiel de l’état de droit », rappellent discrètement les observateurs internationaux.

Le défi persistant de la surpopulation carcérale

Reste que l’ampleur du défi dépasse de loin une livraison de ciment et d’extincteurs. La surpopulation carcérale est chronique en RDC, et Bunia n’est malheureusement pas un cas isolé. Faute de jugements rapides, de diversions pénales ou de constructions nouvelles, les prisons congolaises continuent d’étouffer.

Mais pour les 52 femmes incarcérées à Bunia, ces dix-sept sacs de ciment représentent plus qu’un matériau de construction : ils incarnent la première pierre d’un peu d’humanité retrouvée. Et les cinq extincteurs, une chance de survivre à un incendie qui, sans eux, serait peut-être fatal.

Un geste modeste, certes. Mais dans l’univers étouffant d’une prison surpeuplée, chaque bouffée d’air compte.

195 millions de dollars disparus : le fantôme de l’indemnisation ougandaise hante la RDC

C’est un chiffre qui donne le vertige : 195 millions de dollars américains promis aux victimes, mais seulement 28 millions réellement distribués. Le reste ? Évanoui dans les méandres d’une gestion qualifiée de « systémique » et opaque. Mardi 5 mai 2026, devant le Sénat congolais, le ministre de la Justice a tiré la sonnette d’alarme sur le FRIVAO, ce fonds censé panser les plaies des exactions commises par l’Ouganda dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’institution, créée après la condamnation historique de Kampala par la Cour internationale de Justice (CIJ) – 325 millions de dollars à verser en cinq annuités de 65 millions –, devait incarner la réparation. Elle est devenue, selon les propres mots du ministre, « un nid de dysfonctionnements, de rétro-commissions et de détournements ».

« Vraies, fausses et fictives » : le grand bazar des victimes

Devant les sénateurs, le ton est monté. « Sur 195 millions disponibles, seuls 28 millions ont effectivement atteint les vraies, les fausses et les victimes fictives », a-t-il lâché, ajoutant une expression qui en dit long : « sans compter les opérations retours » – un euphémisme pour désigner des fonds reversés en sous-main à des réseaux occultes.

Preuve la plus accablante : la flambée du nombre de bénéficiaires. Pour la seule ville de Kisangani, épicentre des réparations, le fichier est passé de 3 000 victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 selon certaines sources. Une « inflation artificielle et incontrôlée », dénonce le ministre, qui évoque désormais des « victimes fictives » introduites dans la base de données par des fraudeurs bien organisés.

Redressement sous haute tension : audit, suspensions et procès

Face à l’hémorragie, le gouvernement sort la sulfateuse. Un plan de redressement d’urgence a été présenté :

  • Audit indépendant du fichier des bénéficiaires, pour séparer le vrai du faux.

  • Suspension immédiate des responsables actuels de la gestion du fonds.

  • Réorganisation complète des organes dirigeants du FRIVAO.

  • Poursuites judiciaires contre les réseaux présumés de détournement et d’extorsion.

Les paiements ne reprendront que par étapes : d’abord des indemnisations collectives, puis individuelles, après vérification minutieuse de chaque dossier. Parallèlement, l’État cherche à mobiliser des ressources complémentaires pour ne pas laisser les victimes légitimes sur le carreau.

Une vérité qui dérange : 154 millions encaissés, 106 victimes payées

Un document confidentiel consulté en janvier 2026 par ACTUALITE.CD bouscule encore davantage la narration. Selon la coordination intérimaire du FRIVAO, l’État congolais aurait déjà reversé au mécanisme 154,7 millions de dollars après retenues. Mais à l’arrivée du comité intérimaire en août 2024, seules 106 victimes avaient été indemnisées… tandis que le fonds avait déjà perçu plus de 105 millions.

Autrement dit, l’argent est entré. Mais il ne sortait pas. Ou alors, il sortait par la petite porte.

Entre impunité et espoir : que reste-t-il des victimes ?

Alors que le gouvernement promet une « reprise progressive et contrôlée » des indemnisations, une question brûle les lèvres des milliers de rescapés du conflit : où sont passés les 167 millions de dollars manquants ? La réponse, désormais, est entre les mains des juges et des auditeurs. Mais pour beaucoup, le FRIVAO est déjà devenu le symbole d’une réparation confisquée.

En attendant, les vraies victimes, elles, n’ont toujours pas vu la couleur de leur dû.

Prix du carburant à l’Est de la RDC : le gouvernement tranche pour stabiliser l’essentiel et protéger le pouvoir d’achat

Ce mardi 5 mai 2026, la République démocratique du Congo change de braquet sur l’un de ses dossiers les plus sensibles : le prix de l’essence et du carburant d’aviation dans sa partie Est. Pénuries chroniques, tensions logistiques, menace sur le pouvoir d’achat… Face à la fragilité de la région, le gouvernement riposte par une mesure forte, technique et politique.

Par un arrêté ministériel signé la veille, le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé ce mardi une nouvelle structure des prix des carburants terrestres et du Jet A1 (carburant d’aviation domestique). Texte officiel : l’arrêté n°010/CAB/VPM/MIN-ECONAT/DMS/TNM/2026, daté du 4 mai 2026, applicable immédiatement dans six provinces de la Zone Est.

Les provinces concernées : Haut-Uele, Bas-Uele, Ituri, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

À combien l’essence est-elle désormais vendue ?

Le nouveau prix à la pompe repose sur un taux de change fixé à 2 300 francs congolais (FC) pour un dollar américain. L’administration l’assure : ce taux n’est pas anodin. Il vise à lisser l’impact des fluctuations monétaires sur un marché régional déjà sous tension.

Si les montants unitaires par litre varient selon les zones et les types de carburant (super, gasoil, pétrole lampant, Jet A1), l’arrêté précise que chaque prix intègre désormais l’intégralité des composantes de la chaîne :

  • prix moyen frontière,

  • charges logistiques (transport terrestre souvent long et risqué),

  • marges des distributeurs,

  • taxes fiscales et parafiscales (TVA, droits de douane),

  • contribution au Fonds national d’entretien routier (FONER).

Une transparence comptable que les opérateurs pétroliers réclamaient depuis des mois.

Sous pression, la Première ministre avait préparé le terrain

Ces nouvelles dispositions ne tombent pas du ciel. Le 23 mars 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait anticipé la crise en préconisant des mesures dérogatoires : suspension des frais CGW (redevance sur les hydrocarbures) et réduction de moitié des frais perçus par l’Office congolais de contrôle (OCC).

Objectif ? Alléger les coûts fixes pour les importateurs et distributeurs, et ainsi fluidifier l’approvisionnement sans répercuter la facture sur le consommateur final.

C’est sur cette base que le Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP) – réuni à Kinshasa le 16 avril 2026 – a formulé ses recommandations. Le nouvel arrêté d’application remplace ainsi un précédent texte (n°009 du 16 avril 2026) jugé insuffisant face à l’urgence sécuritaire et logistique dans l’Est.

Pourquoi l’Est, toujours l’Est ?

La région orientale de la RDC concentre des défis exceptionnels : axes routiers dégradés, insécurité persistante, éloignement des ports d’approvisionnement (Dar-es-Salaam, Mombasa). Résultat : les prix à la pompe y ont longtemps flirté avec des sommets rendant la vie quotidienne hors de prix – du transport de marchandises à la mobilité des ménages, en passant par les évacuations sanitaires par avion.

Avec cette réforme, le gouvernement affiche un objectif clair : améliorer la desserte du marché, redonner de l’air aux activités économiques, et surtout protéger le pouvoir d’achat des populations. Derrière le jargon technique des « charges logistiques » et de la « TVA », il y a le prix d’un trajet en moto-taxi à Bunia, d’une pirogue à essence sur le lac Kivu, ou d’un vol humanitaire vers Goma.

Qui va appliquer ces mesures sur le terrain ?

L’exécution de l’arrêté est confiée à deux fers de lance de l’administration congolaise :

  • le Secrétaire général à l’Économie nationale, chargé de la coordination des prix et du suivi des marges des distributeurs,

  • le Directeur général des Douanes et accises (DGDA), qui veillera à l’application correcte des droits de douane révisés.

Le ton est ferme : pas de décision « cosmétique ». Le gouvernement entend sanctionner les déviations. Une cellule de contrôle mobile pourrait être déployée dans les zones frontalières sensibles, où les trafics de carburant faussent parfois le marché local.

Économie, sécurité et quotidien : un réglage sous haute tension

Cette annonce intervient dans un contexte où la région des Grands Lacs reste sous tension. Stabiliser le prix du carburant, c’est aussi stabiliser une variable stratégique pour les forces armées, les missions de l’ONU, les ONG internationales et les flottes locales de transport.

Reste une inconnue : les opérateurs pétroliers du Nord-Kivu et de l’Ituri, longtemps en discussion avec Kinshasa, joueront-ils le jeu ? Le gouvernement mise sur la confiance retrouvée. Les premiers retours, ce mardi matin, semblent positifs. Mais dans l’Est congolais, une mesure économique ne vaut que par sa capacité à résister aux chocs du réel.

Kinshasa : la folle ruée vers la REGIDESO qui dévoile le cri silencieux d’une jeunesse en détresse

ls sont arrivés avant le soleil. Des milliers de jeunes – garçons en chemise repassée, filles en tailleur modeste – ont envahi la cour de l’Université protestante du Congo (UPC) à Kinshasa. Objectif : décrocher l’un des postes mis au concours par la REGIDESO, l’entreprise publique qui produit et distribue l’eau potable en RDC.

Dès l’ouverture des portes, de longues files se sont formées à perte de vue. Certains candidats ont patienté plus de quatre heures sous un soleil de plomb, serrant contre eux leurs dossiers comme des talismans. Contrôle des pièces d’identité, répartition par métier, appel des noms : l’organisation militaire de la Direction générale n’a pas empêché la tension de monter.

« On m’a dit qu’il y avait plus de 10 000 inscrits pour moins de 500 postes. Mais je tente ma chance, c’est mon seul espoir », confie un jeune mécanicien de 24 ans, essuyant son front en sueur.

 « Article 15 » contre méritocratie : le choc de deux mondes

Au cœur de ce barnum, une phrase revient comme un mantra, prononcée par le Directeur général David Tshilumba Mutombo :
« Tout ce qui compte, c’est la méritocratie. Ce ne sont pas des recommandations qui viennent de gauche ou de droite. Si vous méritez, vous êtes là. »

Une déclaration qui résonne comme une promesse dans un pays où le « tristement célèbre article 15 » – l’art de se débrouiller seul faute d’État providence – règne en maître. Pour des milliers de jeunes congolais, le système D est devenu une seconde nature. Mais aujourd’hui, ils espèrent que, pour une fois, le diplôme pèsera plus lourd que les relations.

Pourtant, l’affluence massive raconte une autre vérité : le chômage des jeunes en RDC touche près de 42 % des 15-34 ans (selon les estimations de la Banque mondiale), et chaque offre d’emploi public provoque une ruée qui frôle la panique.

« On nous parle de créations d’emplois, mais nous, on voit surtout des promesses. Aujourd’hui, je ne veux pas d’une promesse, je veux une paie à la fin du mois », lâche une candidate au poste de facturière, le regard à la fois déterminé et las.

 Plombiers, électriciens, techniciens : la REGIDESO rajeunit ses troupes

Quels sont donc ces métiers qui attirent autant de vocations ? La REGIDESO recherche des profils techniques et administratifs pour rajeunir ses effectifs et combler les départs à la retraite. La liste est variée :

  • Électriciens de maintenance et mécaniciens (réseaux et usines)

  • Plombiers et pompistes

  • Techniciens de laboratoire et agents de traitement de l’eau

  • Caissiers, recouvreurs et facturiers pour le volet commercial

Les épreuves se sont déroulées simultanément dans plusieurs provinces : Kongo-Central, Haut-Katanga, Kwilu et Maniema. Une manière, selon la direction, d’ancrer le recrutement dans une logique nationale et non pas uniquement kinoise.

L’objectif affiché par David Tshilumba Mutombo est d’encourager la jeunesse congolaise à ** miser sur le savoir et les compétences** pour accéder à l’emploi. Mais au vu de la foule compacte qui a piétiné toute la journée dans l’enceinte de l’UPC, une question brûle les lèvres : combien de ces visages déterminés repartiront avec un contrat ?

À la sortie des salles d’examen, les premiers candidats interrogés affichaient un mélange d’espoir et d’épuisement. La REGIDESO promet une sélection transparente. Les jeunes, eux, retiennent leur souffle. Dans un pays où l’« article 15 » est souvent le seul employeur, ce test d’embauche ressemble à une bouffée d’oxygène. Reste à savoir si elle sera suffisante pour étancher la soif d’emploi de toute une génération.

Kinshasa : bientôt le lancement de la 2e phase du contrôle technique des véhicules

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) accélère. Son Directeur Général, Joseph Kasinzi Mafolo, a réuni, dimanche 3 mai 2026, à l’Hôtel de Ville, les têtes d’affiches de différentes équipes engagées. Objectif : préparer le lancement imminent de la deuxième phase du contrôle technique des véhicules à Kinshasa.

L’instruction a été donnée par le Gouverneur Daniel Bumba. La RFCK veut assainir le parc auto, éliminer les fausses vignettes et sécuriser les recettes de la ville. Le DG a été clair : tout agent qui viole les normes sera écarté.

Hôtel de Ville : la RFCK forme ses troupes avant le contrôle technique des véhicules

La séance du 3 mai 2026 a regroupé toute la chaîne opérationnelle. Chefs d’équipe des centres de contrôle technique, informaticiens et responsables des fourrières ont été formés au nouveau système digital de la RFCK.

Cette session intervient peu avant le lancement de la deuxième phase du contrôle technique des véhicules dans la capitale. Le Gouverneur Daniel Bumba doit donner le coup d’envoi « dans les prochains jours », selon la Régie.

« Tout manquement entraînera des sanctions » : la RFCK verrouille ses agents

Joseph Kasinzi Mafolo fixe les règles. « (…) Tout manquement entraînera des sanctions, y compris l’écartement des agents concernés ». Il exige en effet une « parfaite cohérence » avec les orientations du premier citoyen de la Ville.

Le nouveau système doit tracer chaque véhicule et sécuriser les données pour bloquer la fraude.

Contrôle technique des véhicules : des recettes vitales pour Kinshasa

La RFCK mise aussi sur la transparence financière. Joseph Kasinzi Mafolo a insisté sur la « bonne canalisation des recettes », condition pour financer les projets de développement de la capitale.

Le parc auto kinois est estimé à plus de 800 000 véhicules en 2025, selon l’Office des Voiries et Drainage (OVD). D’après la Commission Nationale de Prévention Routière (CNPR), seule une minorité de véhicules disposait d’une vignette valide fin 2024. Le manque à gagner pour la ville se chiffre alors en millions de dollars.

Le contrôle technique des véhicules à Kinshasa, relancé en 2025

Le contrôle technique est obligatoire depuis l’Ordonnance-loi n°78-022 du 30 août 1978 portant Code de la route. La RFCK a été créée par arrêté provincial du 20 mars 2025 du Gouverneur en place.

Le contrôle technique a débuté le 29 septembre 2025 à Kinshasa. La RFCK a rendu la vignette obligatoire avant le 1er novembre 2025.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la RDC compte 34,7 décès pour 100 000 habitants liés aux accidents de la route en 2023. Selon la Police de Circulation Routière, une majorité d’accidents à Kinshasa implique des véhicules en mauvais état.

La Banque Mondiale classe en 2025 les émissions des véhicules vétustes comme première source de particules fines PM2.5 à Kinshasa.

En lançant cette 2e phase, le Gouvernement provincial vise à généraliser le contrôle et à maximiser les recettes. La rigueur annoncée par la RFCK sera jugée sur le terrain.

 

Nord-Kivu : 80 jeunes détenus dans des conditions « dégradantes » à Rutshuru, 8 morts signalés

Plus de 80 jeunes croupissent dans la prison centrale de Kanyangavi, à Rutshuru, selon un rapport publié mardi 28 avril 2026 par l’ONG « Badilika » (Changer en français) à Beni. L’organisation dénonce des actes de torture, une insalubrité extrême, la privation de nourriture, l’interdiction des visites familiales et l’absence de soins médicaux appropriés. Au moins huit décès en détention ont déjà été recensés. « Badilika » met directement en cause l’administration mise en place par la rébellion AFC-M23, qui contrôle ce territoire du Nord-Kivu depuis plusieurs mois.

Kanyangavi : diarrhées aiguës, infections et soins inexistants

Le rapport dresse un état des lieux sanitaires alarmant. Plusieurs détenus souffrent de diarrhées sévères et d’affections dermatologiques sans accès aux traitements. L’établissement pénitentiaire ne disposerait ni de personnel médical qualifié, ni de médicaments de base. Cette situation viole l’ensemble de règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Nelson Mandela », qui imposent aux autorités détentrices de garantir la santé des prisonniers.

Une administration rebelle pointée du doigt

Badilika vise nommément l’administration territoriale dirigée par Ephrem Izabayo Kabasha. Installé le 16 mars 2026 par l’AFC/M23, ce responsable est accusé d’avoir aggravé l’insécurité et la crise humanitaire.

L’ONG recense des atteintes répétées aux droits fondamentaux : droit à la vie, à l’intégrité physique, à la liberté d’expression et de circulation. Des cas d’enlèvements, d’intimidations et de menaces ciblant jeunes, membres de la société civile et humanitaires sont documentés. Ces derniers seraient régulièrement soupçonnés, sans preuve, de liens avec des groupes armés.

20 arrestations en 40 jours dans le groupement de Bukoma

Le rapport table sur 20 jeunes au moins, interpellés, notamment du 16 mars au 26 avril 2026, dans le groupement de Bukoma. Les autorités locales les accusent d’appartenir à des groupes armés actifs dans le Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour l’ONG, « certains civils n’ont d’autre choix que d’intégrer les rangs de l’AFC-M23 pour échapper aux exactions ». Ils seraient ensuite transférés vers les centres de formation de Runyonyi et Chanzu. Des exécutions sommaires de recrues qualifiées « indisciplinées » y auraient été commises, poursuit-elle.

Pression fiscale et musellement des humanitaires

Dans la foulée, « Badilika » fustige un alourdissement de la fiscalité locale imposée par le même mouvement rebelle. Cette pression, renchérit la structure, aggrave la précarité des ménages déjà éprouvés par le conflit. Les acteurs humanitaires et de la société civile subissent eux aussi des entraves : interrogatoires répétés, menaces et saisie de leur matériel de travail. Ces restrictions compliquent l’acheminement de l’aide et la documentation des abus.

Les exigences de Badilika : soins urgents et observateurs indépendants

L’ONG formule en effet quatre demandes immédiates à l’AFC-M23 :

– Arrêt des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions extrajudiciaires.
– Accès urgent aux soins pour tous les détenus de Kanyangavi.
– Ouverture des lieux de détention aux observateurs indépendants et aux organisations humanitaires.
– Levée des restrictions imposées aux ONG et à la société civile.

« Badilika » exhorte également Kinshasa à intensifier ses actions diplomatiques, politiques et sécuritaires pour restaurer l’autorité de l’État à Rutshuru. Elle demande à la Communauté Internationale de renforcer la surveillance des violations des droits humains dans ce territoire.

Le territoire de Rutshuru est sous contrôle de la rébellion AFC-M23 depuis fin 2022. Plusieurs rapports de l’ONU et d’ONG internationales ont déjà documenté des exactions contre les civils dans cette zone. Le Parc des Virunga, frontalier de l’Ouganda et du Rwanda, reste un épicentre des tensions armées au Nord-Kivu.

États généraux des Postes & Télécoms, le grand virage numérique de la RDC

Pendant trois jours, la capitale congolaise change de tempo. Plus question seulement de politique ou de sécurité. Ici, au cœur des États généraux du secteur des Postes et Télécommunications, c’est le numérique qui tient la dragée haute. Le thème ne laisse aucun doute : « Postes et télécommunications, vecteurs de la croissance économique et du développement ».

Dans la salle, des experts, des régulateurs, des opérateurs télécoms. Devant eux, une feuille de route stratégique nationale à écrire, à court, moyen et long terme. L’ambition affichée ? Connecter les 145 territoires du pays. Réduire les fractures numériques qui creusent les inégalités entre Kinshasa et le fin fond du Maniema. Et pour cela, réformer la loi, réguler plus profondément.

Le Président pose le cap 2030.

En ouvrant le forum, Félix Tshisekedi a choisi les mots qui décoiffent. « Aucun pays ne peut prétendre à la croissance, à la compétitivité ou à la souveraineté en restant en marge des grands flux numériques, logistiques et informationnels. » Une mise en garde, mais aussi une promesse.

Le chef de l’État a martelé l’objectif : faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030. Pas un slogan, dit-il, mais une cohérence avec les priorités gouvernementales. « Il nous revient d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. »

Désenclaver un pays-continent.

Tshisekedi a ensuite tapé là où ça fait mal : la connectivité territoriale. « Dans un pays‑continent comme le nôtre, relier les territoires, connecter les provinces, désenclaver les zones rurales et rapprocher les citoyens des services essentiels constituent une exigence de cohésion nationale. » Une formule qui résonne comme un programme. Car comment parler de croissance sans routes numériques ? Comment bâtir une souveraineté sans mailler le territoire de fibres, d’antennes, de bureaux de poste rénovés ?

Un sous-texte brûlant : l’affaire MTN Rwanda.

Ces États généraux n’arrivent pas dans un ciel serein. Il y a deux mois à peine, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a instruit une prise en charge technique d’un dossier explosif : l’utilisation illégale des fréquences congolaises par MTN Rwanda. Décision prise après une audience accordée au ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, accompagné du patron de l’ARPTC et des grands opérateurs (Airtel, Orange, Vodacom).

Ce contentieux plane sur les travaux. Il rappelle à tous que le numérique est aussi une bataille de souveraineté. Que les fréquences, comme le cuivre ou le cobalt, ne s’abandonnent pas.

Trois jours pour dessiner la route.

Jusqu’au 29 avril, les experts vont plancher. À la sortie, une feuille de route ambitieuse est attendue. Avec des échéances courtes, moyennes, longues. Avec des indicateurs. Avec, espèrent les opérateurs présents, une régulation plus claire et des investissements massifs.

Kinshasa, pour une fois, ne parle pas de guerre. Elle parle de débit, de latence, de fibre optique, de facteur rural. Une autre bataille, tout aussi décisive pour l’avenir de 100 millions de Congolais.

Ituri : un enfant de 5 ans meurt dans l’incendie d’une mini-station à Mambasa

Mambasa, lundi 27 avril 2026. Dans le village de Katanga, près de Makumo, la nuit a viré au drame. Une mini-station de carburant a pris feu. Très vite, les flammes ont tout englouti.

Au lever du jour, les habitants ont fait une découverte insoutenable. Un enfant de 5 ans a perdu la vie dans l’incendie. Il dormait dans un kiosque au moment du sinistre. Malgré les tentatives pour le sauver, le feu a été plus rapide.

Preresi Mamboro, président de la Nouvelle société civile congolaise en chefferie de Babila-Babombi, a confirmé l’information.
« Un enfant de 5 ans est mort dans un kiosque d’une mini-station. L’incendie s’est déclaré dans cette zone. Pour l’instant, nous ignorons son origine », a-t-il expliqué.

Une nuit fatale

Très vite, une question s’impose : pourquoi cet enfant dormait-il dans un kiosque de station-service ? Dans ces zones reculées de l’Ituri, les conditions de vie restent précaires. Souvent, les familles manquent d’espace. Les enfants dorment là où ils trouvent refuge.

Cette nuit-là, le danger s’est invité sans prévenir. Le feu s’est propagé brutalement. Les secours sont intervenus, mais trop tard.

Dégâts et appel à la vigilance

En plus du drame humain, l’incendie a causé d’importants dégâts matériels. La mini-station semble détruite. Plusieurs kiosques voisins pourraient aussi avoir été touchés.

Face à cette situation, la société civile tire la sonnette d’alarme. Preresi Mamboro appelle les parents à redoubler de vigilance.
Selon lui, surveiller les enfants peut éviter ce type de tragédie.

Cependant, la réalité reste plus complexe. Dans certaines zones de l’Ituri, la pauvreté et l’insécurité compliquent le quotidien. Les enfants se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes.

Une origine encore inconnue

Pour l’instant, les autorités n’ont pas identifié la cause du feu. Plusieurs hypothèses circulent. Il pourrait s’agir d’une fuite de carburant, d’un court-circuit ou encore d’un geste imprudent.

Une enquête devra faire la lumière sur ce drame.

Une tragédie de plus en Ituri

Ce drame ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Dans cette province, les populations vivent sous pression permanente. Les conflits armés, les déplacements et la pauvreté aggravent les risques au quotidien.

Par ailleurs, les mini-stations artisanales restent dangereuses. Elles fonctionnent souvent sans normes de sécurité. Ainsi, elles exposent directement les habitants, surtout les plus jeunes.

À Katanga, un enfant a perdu la vie dans les flammes. Derrière ce drame, c’est toute une réalité qui refait surface. En Ituri, survivre reste un combat de chaque jour.

Kinshasa : la grève des agents provinciaux levée – les salaires seront payés à partir du 28 avril

Kinshasa, dimanche 26 avril 2026. La ville retient son souffle depuis plusieurs jours. Les bureaux de l’administration provinciale étaient fermés. Les agents, en colère. Les 13 mois d’arriérés de salaire – 15 pour certains – avaient transformé l’espoir en désespoir, puis en révolte. Mais ce dimanche, l’Intersyndicale a annoncé une bonne nouvelle. La menace de grève est levée. Les salaires seront payés à partir du mardi 28 avril. La capitale peut souffler.

L’annonce a été faite par communiqué. L’issue d’une réunion extraordinaire tenue dans le cadre du dialogue permanent entre les autorités provinciales et les représentants syndicaux. Autour de la table : Jésus-Noël Sheke wa Domene, ministre provincial de la Fonction publique ; Magloire Kabemba Okandja, ministre provincial des Finances ; et David Délord Luyeye Ngongite, président de l’Intersyndicale de l’administration urbaine.

Le dialogue a payé. L’Exécutif provincial a accédé aux principales revendications liées au paiement des salaires.

Les fonds sont là, la paie peut commencer

Selon le communiqué, les fonds nécessaires seraient déjà disponibles pour honorer l’échéance du mardi 28 avril. Une réunion tripartite est prévue ce lundi 27 avril entre le gouvernement provincial, l’Intersyndicale et la banque payeuse. Objectif : finaliser les modalités pratiques du lancement effectif de la paie.

Pas de promesses en l’air. Pas de nouvelles échéances floues. Un calendrier précis. Une réunion de réglage. Et des fonds annoncés comme disponibles.

Un comité de suivi pour éviter les retours en arrière

Pour que l’accord ne reste pas lettre morte, un comité de suivi tripartite a été mis en place. Sa mission : veiller au respect du calendrier et des procédures. Son objectif : assurer un paiement rapide de l’ensemble du personnel administratif urbain.

Une manière de rassurer les agents, qui avaient accumulé huit mois d’arriérés en 2025 et un trimestre complet en 2026. Certains personnels politiques totalisaient quinze mois d’impayés. L’inacceptable avait fini par provoquer la paralysie de la ville.

Reprise normale des activités

L’Intersyndicale appelle tous les agents et cadres à reprendre normalement leurs activités. En conséquence, toutes les actions de grève initialement prévues pour ce lundi 27 avril sont suspendues.

Les bureaux vont rouvrir. Les régies financières vont recommencer à collecter les taxes. La ville va retrouver son rythme.

De leur côté, les autorités provinciales réaffirment leur engagement à garantir la régularité de la paie. Une promesse que les agents espèrent voir tenir dans la durée, après des mois de crise.

La fin d’une crise ?

La paralysie de l’administration provinciale de Kinshasa aura duré plusieurs jours. Suffisamment pour alerter sur la fragilité sociale de la capitale. Suffisamment pour que les autorités comprennent que l’impatience des agents avait atteint son paroxysme.

Ce compromis évite le pire. Mais il ne règle pas tout. Les agents attendent désormais de voir l’argent arriver sur leurs comptes. Et ils resteront vigilants. Le comité de suivi tripartite est là pour ça.

Prochaine échéance : mardi 28 avril. Jour de paie annoncé. Jour de vérité.

RDC : 27,7 millions de congolais en crise alimentaire aiguë, 2e pire bilan mondial en 2025

La République Démocratique du Congo traverse l’une des pires crises alimentaires du globe. 27,7 millions de congolais souffrent d’insécurité alimentaire aiguë en 2025. Le pays se classe 2e au monde. Seul le Nigeria fait pire avec 30,6 millions. Le Soudan suit le rythme avec 24,6 millions. Le Rapport mondial sur les crises alimentaires, Global Report on Food Crises (GRFC) 2026 l’a confirmé vendredi 24 avril 2026.

Le choc est global. 266 millions de personnes subissent la faim aiguë dans 47 pays en 2025. Le chiffre a doublé depuis 2016. Un tiers des victimes se concentre dans 3 États africains : le Nigeria, la RDC et le Soudan. Les deux tiers vivent dans 10 pays seulement.

La RDC enregistre l’un des pires reculs mondiaux en 2025

Le GRFC 2026 pointe des améliorations au Niger et dans certaines zones du Nigeria et du Soudan. Mais la RDC annule ces progrès. Le pays subit l’une des détériorations les plus fortes entre 2024 et 2025. L’Afghanistan, le Myanmar et le Zimbabwe sont dans le même cas.

La guerre dans l’Est du pays explique le désastre. L’ONU a alerté le 22 avril 2026, à propos de l’aggravation depuis un an, de « la crise humanitaire liée aux combats » dans cette contrée. La province du Nord-Kivu est placée au premier plan. La RDC compte 6,47 millions de déplacés internes. C’est le 5e chiffre mondial. Le M23 contrôle des zones agricoles clés du Masisi et Rusthuru depuis 2022. Les paysans ne cultivent plus. Les marchés sont coupés.

Nord-Kivu et Ituri : le grenier devenu zone de famine

Les conflits chassent les agriculteurs. Au Nord-Kivu, 2,8 millions de personnes ont fui leur champ. L’Ituri compte 1,6 million de déplacés. Ces deux provinces produisaient 40% du maïs et du haricot du pays, selon le ministère de l’Agriculture en 2023.

Sans récolte, les prix flambent. Le sac de farine de maïs coûte 120 000 FC à Goma en avril 2026 contre 45 000 FC en 2022. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) distribue des rations à 3,6 millions de congolais. Mais l’agence couvre moins de 15% des besoins, faute de fonds.

Conflits, climat et baisse des fonds : le trio mortel

Le GRFC 2026 désigne 3 causes mondiales. Les conflits armés restent le moteur primitif. Les chocs climatiques aggravent tout. Les crises économiques font le reste. La RDC cumule les trois.

Le financement humanitaire chute aussi. Les dons pour l’alimentation baissent alors que les besoins explosent. Le Plan de réponse humanitaire de la RDC 2026 n’est financé qu’à 22% en avril. L’ONU réclamait 2,6 milliards USD, mais n’a reçu que 572 millions USD.

La famine frappe déjà ailleurs. Elle est déclarée à Gaza et au Soudan en 2026. La RDC n’a pas atteint ce stade. Mais 3,2 millions de congolais sont en IPC phase 4 « urgence ». Sans aide, ils basculent en famine.

Pourquoi la RDC s’enfonce malgré ses terres

La RDC possède 80 millions d’hectares arables. Seuls 10% sont cultivés, selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture, « Food and Agriculture Organization » (FAO) 2024. La guerre bloque l’Est. Les routes coupées isolent les excédents du Kasaï ou du Kwilu. Le dollar fort renchérit les importations de riz et de blé.

Le PAM alerte sur les enfants. 4,3 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë en RDC. Le taux dépasse 15% au Tanganyika et au Kasaï-Central. L’OMS parle d’urgence dès 10%.

Sans paix au Nord-Kivu et en Ituri, l’aide ne suffira pas. La production locale doit reprendre. Les bailleurs doivent financer. Sinon 2026 sera pire que 2025.

Kinshasa : casque obligatoire, mineurs interdits, amendes prévues par l’édit taxi-moto

L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté la proposition d’édit sur la réglementation du transport par taxi-moto. Le texte impose le casque au chauffeur et au client. Il interdit la conduite aux mineurs, policiers, militaires, fonctionnaires et étrangers. L’excès de vitesse et l’ivresse sont prohibés. Les contrevenants paieront des amendes.

L’initiative est portée par le député provincial Nicolas Wemakoy. Il est président de la Commission Politique, Administrative et Juridique. Sa proposition tient pour le respect du code de la route.

Le président de l’Assemblée provinciale, Lévi Mbuta, a salué le vote. Pour lui, les élus de Kinshasa viennent ainsi de répondre à l’une des « préoccupations majeures des Kinois et Kinoises ».

Transport interdit pour les femmes enceintes et enfants de moins de 12 ans

Lévi Mbuta dénonce les abus. « Les taxi-motos communément appelés Wewa aident des Kinois et Kinoises. Mais nous avons remarqué beaucoup d’anomalies. Des nombreux Kinois meurent par des accidents de motos. Certains sont fracturés et restent avec des défauts », a-t-il déclaré.

L’édit fixe des interdictions claires. Les femmes enceintes proches de l’accouchement ne peuvent plus monter. Les enfants de moins de 12 ans non accompagnés sont interdits. Les personnes en état d’ivresse et les personnes âgées non accompagnées également.

Policiers, militaires et étrangers exclus du métier

Le texte rend le casque obligatoire pour tous. Il interdit l’excès de vitesse. Il punit la conduite en état d’ivresse. Les chauffeurs doivent présenter leurs documents.

L’édit liste les métiers interdits : les mineurs ne peuvent pas conduire, les policiers et militaires non plus, les fonctionnaires de l’État et les étrangers.

Sens unique : amendes prévues contre les Wewa

« Nos frères Wewa adorent le sens unique. Avec cette loi, si vous prenez le sens unique, la loi va vous arrêter », a averti Lévi Mbuta. Les amendes sanctionneront les infractions. Le non-respect du tarif fixé par l’Hôtel de Ville aussi.

Ce vote tente de mettre fin au désordre. Les chauffeurs des taxis-motos roulent sans casque. Ils accèdent au centre-ville malgré l’interdiction. Ils fixent leurs propres prix. Plusieurs campagnes ont échoué par le passé.

Selon l’Assemblée provinciale, une vaste campagne de sensibilisation doit précéder l’application. L’édit attend la signature du Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba.

Kinshasa et les Wewa : 10 ans de tentatives sans loi

L’Assemblée provinciale n’agit pas dans le vide. Kinshasa tente de réguler les taxis-motos depuis 2014. Les mesures se sont succédées. Aucune n’a tenu.

André Kimbuta, alors Gouverneur en 2014, avait lancé l’opération « casque et gilet ». L’objectif était de réduire les morts. Les chauffeurs ont refusé d’acheter les équipements. La mesure n’a duré 2 mois.

En 2018, l’Hôtel de Ville lance les plaques « TM » pour taxis-motos. Le coût était de 50 USD. Moins de 15% des motos ont été enregistrées, selon la Division urbaine des Transports 2023.

En 2022, l’ex Gouverneur Gentiny Ngobila avait interdit la circulation des motos au centre-ville, de 6h à 18h. Le Gouverneur tenait à fluidifier le trafic. Conséquences : les barrages policiers sont contournés. La mesure tombe en 3 semaines.

La Ville de Kinshasa lance en 2023 l’app « Wewa ID » pour l’identification numérique des motos. Chaque chauffeur reçoit un QR code. La ville luttait contre les braquages. Les chiffres officiels indiquent que seulement 8 000 chauffeurs se sont enregistrés sur les 500 000.

L’édit Wemakoy change la donne

Les experts évoquent l’absence de loi. Toutes les mesures passées étaient des arrêtés du Gouverneur. Aucun édit provincial ne fixait des sanctions claires. Ils accusent les agents de l’ordre de négocier pour des arrangements avec les chauffeurs.

La proposition d’édit du député Nicolas Wemakoy vient réguler le secteur. C’est un édit provincial, pas un simple arrêté. Les amendes sont opposables devant les tribunaux. Les sanctions ciblent le sens unique, l’ivresse, l’absence de casque. L’exclusivité kinoise répond aux braquages.

L’édit attend la signature du Gouverneur Daniel Bumba.

Kasindi : importations et exportations suspendues – les douaniers disent stop au nouveau tarif

Kasindi, vendredi 24 avril 2026. La frontière est coupée. Pas par les armes, ni par les rebelles. Par une grève. Les activités d’importation et d’exportation sont suspendues à la douane de Kasindi, dans le territoire de Beni, jusqu’à nouvel ordre. Aucun véhicule ne traverse ce matin. Les camions de marchandises font la queue dans l’immobilité. Les commerçants, impuissants, regardent leurs produits périr sous le soleil. La cause ? Un conflit autour du nouveau tarif appliqué dans le système Sydonia.

La décision a été annoncée à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue la veille, jeudi 23 avril, au bureau de l’Association congolaise des commissaires agréés en douane (ACCAD) de Kasindi. Autour de la table : l’ACCAD, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), et la société civile forces vives du groupement Basongora.

Tous unis. Tous en colère.

Sydonia, le système qui bloque tout

Eugène Matembele, président de l’ACCAD au Nord-Kivu, a mis les pieds dans le plat. « Nous sommes ici pour annoncer notre incapacité à déposer les données sur le serveur central du système SYDONIA », a-t-il déclaré.

Traduction : les déclarants en douane ne peuvent plus exercer leur travail. Pourquoi ? Parce que « les taxes imposées dans le système n’ont pas été consommées par le patronat, qui est la FEC ».

Autrement dit, la Direction générale des douanes et accises a fixé un nouveau tarif. Mais les opérateurs économiques refusent de l’appliquer. Et sans accord, le système se bloque. Les déclarations ne peuvent pas être déposées. Les marchandises ne peuvent pas passer.

Profil Kambale Kalengya, vice-président de la FEC-Kasindi, a été encore plus direct : « Nous lançons un message aux importateurs et exportateurs d’observer cette cessation de travail jusqu’à nouvel ordre. »

Une population déjà fragile en première ligne

La société civile forces vives du groupement Basongora soutient le mouvement. Mais son président, Mbema Bwanandeke, a exprimé une crainte légitime : cette mesure risque d’aggraver la situation des populations déjà fragilisées par l’insécurité.

Car Kasindi, c’est la frontière avec l’Ouganda. C’est un point de passage vital pour toute la région du Nord-Kivu et de l’Ituri. C’est par là que transitent les produits de première nécessité : ciment, carburant, farine, huile, médicaments.

Et déjà, les premiers effets se font sentir. Sur le terrain, on observe la hausse des prix de plusieurs produits, dont le ciment et le carburant. Une flambée qui pourrait rapidement s’étendre à tout l’Est du pays si la grève se prolonge.

Un conflit technique aux conséquences humanitaires

Derrière le jargon technique – Sydonia, tarifs, déclarations en douane – se cache une réalité plus simple : à Kasindi, ce matin, aucun véhicule n’a pu traverser la frontière. Les chauffeurs attendent. Les marchands s’impatientent. Les familles, à des centaines de kilomètres de là, verront bientôt les prix s’envoler.

Le blocage est total. Et personne ne sait quand il prendra fin.

Les douaniers disent « stop ». Les opérateurs économiques les soutiennent. La société civile aussi, même si elle craint les conséquences. La Direction générale des douanes et accises, elle, n’a pas encore réagi officiellement.

Kasindi, artère vitale de l’Est

Kasindi n’est pas une frontière ordinaire. C’est l’une des principales portes d’entrée des marchandises vers les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Sans elle, c’est toute la chaîne d’approvisionnement qui s’effondre.

Les camions venus de Mombasa (Kenya) via Kampala (Ouganda) ne peuvent plus entrer. Les produits congolais destinés à l’exportation ne peuvent plus sortir. Et la région, déjà martyrisée par les groupes armés, les déplacements de populations et les épidémies, s’enfonce un peu plus dans la crise.

La suite ? Personne ne sait

Pour l’instant, la grève est illimitée. Les déclarants ne déposeront pas de données tant que le conflit tarifaire ne sera pas résolu. Les opérateurs économiques appellent les importateurs et exportateurs à observer cette cessation de travail.

Reste à savoir si Kinshasa réagira. Si la Direction générale des douanes et accises accepte de renégocier. Et si les camions, un jour, pourront repartir.

En attendant, à Kasindi, les portes de la douane sont closes. Et le silence, à la frontière, est assourdissant.

Kisangani-Kinshasa par le fleuve : la France aux côtés de la RDC pour ressusciter le « Couloir vert »

Imaginez un axe fluvial long de près de 2 000 kilomètres. Une artère d’eau douce qui traverse la forêt équatoriale, relie l’Est à la capitale, et porte en elle le rêve d’un désenclavement. Cet axe existe. C’est le fleuve Congo, de Kisangani à Kinshasa. Et il va revivre. Mercredi 22 avril 2026, Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, a reçu l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, pour sceller une ambition commune : faire renaître le « Couloir vert Kivu–Kinshasa ».

Autour de la table, une délégation française de poids. L’Agence française de développement (AFD), moteur financier des grands projets. Et Haropa Port, le géant qui fédère les ports du Havre, de Rouen et de Paris. Le message est clair : Paris ne vient pas les mains vides. Elle apporte son savoir-faire, son expérience du transport multimodal, sa vision de la logistique.

Un pilier essentiel pour l’économie congolaise

Pourquoi ce projet est-il si crucial ? Parce que les routes de l’Est sont piégées. Parce que les camions se font attaquer. Parce que le coût du transport explose. Et parce que le fleuve, lui, reste une voie naturelle, massive, potentiellement révolutionnaire.

Le tronçon Kisangani–Kinshasa, c’est l’épine dorsale du Couloir vert. Une fois réhabilité, il permettra d’acheminer des marchandises du Kivu jusqu’à la capitale, en contournant les zones de combat. Des produits agricoles, des minerais, des médicaments, du carburant. Tout ce qui fait tourner un pays.

La vision du président Félix Tshisekedi est claire : moderniser les infrastructures de transport pour désenclaver les provinces, dynamiser l’économie nationale et faciliter les échanges internes. Le fleuve, trop longtemps négligé, redevient une priorité.

L’expertise française au service du Congo

Haropa Port n’est pas venu par hasard. Le groupe français gère l’un des premiers complexes portuaires d’Europe. Sa spécialité : le transport multimodal – l’art de faire dialoguer fleuve, rail et route.

Dans les discussions, les experts français ont partagé leur expérience sur la réhabilitation d’infrastructures fluviales, l’organisation de chaînes logistiques, et la gestion de ports intérieurs.

L’AFD, elle, regarde les aspects financiers et techniques. Combien coûtera la remise en état ? Quels sont les priorités ? Comment éviter les dérives et les gaspillages ?

L’ambassadeur Rémi Maréchaux a salué « l’évolution positive des échanges ». Selon lui, ces concertations permettent d’aligner les propositions françaises avec les attentes du gouvernement congolais, notamment sur la connexion entre le Kivu et Kinshasa.

Le fleuve, parent pauvre des transports congolais

Il faut rappeler un paradoxe : la RDC possède le deuxième plus grand réseau fluvial navigable au monde, après l’Amazonie. Le fleuve Congo et ses affluents pourraient être des autoroutes d’eau douce. Mais les bateaux sont vieux, les ports délabrés, les voies non balisées.

Naviguer de Kisangani à Kinshasa prend aujourd’hui des semaines, quand ce n’est pas impossible. Les embarcations de fortune, les pannes, les risques de naufrage… Le fleuve est devenu un parent pauvre, alors qu’il pourrait être une colonne vertébrale.

Le projet « Couloir vert Kivu–Kinshasa » veut inverser cette tendance. Remettre en état les barges, sécuriser les voies, équiper les ports, former les personnels. Un chantier colossal.

Un signal fort pour l’Est

Au-delà de l’aspect économique, ce projet a une dimension politique et symbolique. Relier Kinshasa à Kisangani par le fleuve, c’est rappeler que l’Est n’est pas une terre oubliée. C’est montrer que l’État congolais peut projeter sa présence, sa puissance, son développement jusqu’aux confins du territoire.

Pour les populations du Kivu, lassées de l’insécurité et du sentiment d’abandon, ce Couloir vert est une promesse. Celle de voir arriver des marchandises à moindre coût. Celle d’exporter leurs produits sans se ruiner. Celle, enfin, d’être reliées au reste du pays par autre chose que des routes minées ou des pistes impraticables.

Les défis à relever

Le chemin est long. Réhabiliter un axe fluvial de cette ampleur demande du temps, de l’argent, et une volonté politique constante. Il faudra sécuriser les tronçons traversant des zones instables. Il faudra former des capitaines, des mécaniciens, des gestionnaires portuaires. Il faudra entretenir ce qui sera construit.

Mais la RDC et la France ont lancé une dynamique. L’AFD est engagée. Haropa Port partage son expertise. Et Jean-Pierre Bemba, avec son énergie coutumière, pilote le dossier.

L’ambassadeur a insisté : la relance du transport fluvial est une priorité.

Kinshasa paralysée : les agents provinciaux en grève illimitée

Ce mercredi 22 avril 2026, les bureaux de l’administration provinciale de Kinshasa sont restés obstinément fermés. Aucun agent n’a pointé. Aucun service n’a tourné. Les portes sont closes. Les ordinateurs, éteints. La raison ? Une colère qui couvait depuis des mois, et qui a finalement explosé. L’intersyndicale de l’administration publique urbaine a décrété une grève « sèche et illimitée ». Motif : des salaires impayés qui s’accumulent, des promesses non tenues, et une lassitude qui n’en peut plus.

L’annonce n’a rien d’une surprise pour ceux qui suivent la situation sociale de la capitale congolaise. Mais l’ampleur du mouvement, lui, prend tout le monde de court. Toutes les divisions et régies financières de la ville sont à l’arrêt. Pas un papier ne sort. Pas une taxe n’est perçue.

Treize mois d’arriérés, quinze pour les politiques

Les chiffres donnent le vertige. Selon les syndicalistes, les agents administratifs cumulent désormais 13 mois d’impayés : huit mois de l’année 2025, plus le premier trimestre de 2026.

Mais certains personnels sont encore plus mal lotis. Le personnel politique, lui, totalise 15 mois d’arriérés de rémunération. Quinze mois sans salaire. Un temps où l’on se demande comment on nourrit ses enfants, comment on paie son loyer, comment on garde la dignité.

« On paralyse la vie pour trouver des solutions aux problèmes du personnel. La grève est illimitée, donc on ne sait pas quand est-ce qu’elle va se terminer », a prévenu David Ngengite, président de l’intersyndicale.

Des promesses non tenues

Le déclic a eu lieu le 15 avril. Ce jour-là, une réunion était organisée entre l’exécutif provincial et les représentants du personnel. Les autorités avaient pourtant donné des gages. Elles avaient assuré qu’aucun retard de paiement ne serait enregistré pour l’année 2026.

Visiblement, l’engagement n’a pas été respecté.

Les syndicalistes parlent de « mauvaise foi des autorités urbaines ». Un terme lourd, qui trahit une confiance définitivement rompue. Les négociations ont échoué. Les agents ont alors décidé de passer à la vitesse supérieure : fermer l’accès à tous les niveaux de l’administration urbaine.

Portes closes. Rideaux baissés. Silence dans les couloirs.

Une paralysie aux conséquences lourdes

Cette grève n’est pas un simple mouvement social. C’est une paralysie de la gestion quotidienne de la ville-province. Les régies financières, chargées de collecter les taxes et les impôts, sont à l’arrêt. Résultat : plus de rentrées d’argent. Cercle vicieux.

Les services d’état civil, les divisions administratives, les guichets qui délivrent les autorisations : tout est bloqué. Le Kinois lambda, déjà habitué à la débrouille, risque de découvrir ce qu’une capitale sans administration veut dire.

Les syndicalistes le savent. Et ils assument. « On paralyse la vie pour trouver des solutions », répète David Ngengite.

Une situation explosive en attendant la suite

Pour l’instant, aucun dialogue n’est en vue. L’intersyndicale n’a fixé aucune date de reprise. La grève est illimitée. Tant que les salaires ne seront pas payés, tant que les promesses ne seront pas tenues, les bureaux resteront fermés.

Le gouvernement provincial, lui, n’a pas encore réagi officiellement. Mais la pression monte. Car une capitale paralysée, c’est une image désastreuse. Et des agents qui ne touchent plus leur salaire depuis plus d’un an, c’est une bombe sociale à retardement.

Kinshasa : Daniel Bumba lance la démolition des marchés pirates

Le délai fixé aux vendeurs illégaux a expiré. Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a lancé la démolition des marchés pirates. L’annonce a été faite mardi 21 avril 2026 dans la soirée. Elle marque un tournant dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public.

Les premiers chantiers concernent les alentours du marché central de Kinshasa, appelé « Zando ». Les équipes interviennent sur les avenues Kasa-Vubu, Bokasa et Rwakadingi. L’objectif est clair : fluidifier cette zone clé, souvent bloquée par des bouchons interminables.

Opération « Balabala Ezali Wenze Te » : fin de la sensibilisation

Le responsable urbain a acté la fin de la pédagogie. La campagne « Balabala Ezali Wenze Te » entre désormais dans sa phase répressive. Toute occupation non autorisée de la route sera sanctionnée.

Daniel Bumba rappelle que les trottoirs appartiennent aux piétons. Il interpelle les vendeurs à s’organiser pour ne pas déborder sur la chaussée. Il tient à faire respecter strictement la loi.

Plusieurs avenues concernées par les démolitions

L’opération ne concerne pas que les axes cités ci-haut. Elle touche aussi les avenues Plateau, Isoke, Kigoma, Wangata et Dima. Le commerce anarchique et l’empiétement illégal de la chaussée sont dorénavant prohibés sur ces artères.

Les autorités avertissent : les récalcitrants risquent gros. Les sanctions prévues conduisent à la confiscation directe des produits et à des interpellations.

Des alternatives pour les commerçants du marché central

Dans le souci de mieux faire, le Gouverneur Daniel Bumba a étendu la période d’enregistrement pour les étals, kiosques et boutiques du marché central. Cette mesure offre des solutions légales aux vendeurs.

La décision de l’Hôtel de Ville tient à stopper définitivement ce phénomène tant décrié sur les routes publiques.

Souscription au marché central de Kinshasa Zando

La souscription pour les 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides du marché central de « Zando » est lancée depuis le 7 avril 2026. L’opération se tient tous les jours au Jardin botanique de Kinshasa. C’est un tournant décisif pour relancer l’économie de la capitale. Le marché rouvre en hub moderne.

Les conditions d’éligibilité

Le postulant doit être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais. Les étrangers doivent présenter une carte de résident valide. L’âge minimum est de 18 ans. Le candidat doit être commerçant : patente 2026 valide, RCCM ou fiche de recensement des activités économiques et artisanales.

Le quitus fiscal est obligatoire avec preuve de paiement de l’Impôt Foncier (IF) ou de l’Impôt sur le Revenu Locatif IRL.

Avantages de la réouverture du marché

La réouverture du marché Zando apporte plusieurs avantages à la ville de Kinshasa, notamment :

– Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché Zando offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins,
– Création de milliers d’emplois pour les commerçants, les vendeurs et les travailleurs de soutien,
– Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes pour conserver les produits périssables et de réduire les pertes,
– Formalisation du secteur informel : une occasion de collecter des impôts et des taxes,
– Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé pour les habitants de Kinshasa.

Asile en Belgique : 86% des demandes congolaises refusées en 2025

Le constat est sans appel. Sur les 2 500 demandes d’asile déposées par des ressortissants congolais en Belgique en 2025, 86% ont été refusées. Seuls 14% ont obtenu le statut de réfugié. Et la tendance s’aggrave en 2026 : le taux de refus atteint désormais 90%. C’est ce qu’a révélé la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, lors d’un point de presse à Kinshasa, le 13 avril 2026, dans le cadre de sa première visite officielle en RDC.

La ministre était accompagnée de ses services. Son objectif : échanger avec les autorités congolaises sur les dossiers migratoires d’actualité, et lancer une campagne d’information contre l’immigration irrégulière et les fausses promesses.

Un phénomène d’« asile économique »

Pour Anneleen Van Bossuyt, le diagnostic est clair : la plupart des demandeurs d’asile congolais ne fuient pas des persécutions, mais la pauvreté.

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« Beaucoup de demandes d’asile sont d’ordre économique et financier », a-t-elle déclaré. Or, la Convention de Genève de 1951, qui fonde le droit d’asile, ne couvre pas ces motifs. Elle protège les personnes persécutées pour des raisons de race, religion, nationalité, opinions politiques, ou appartenance à un groupe social.

La ministre a été ferme : « C’est important de souligner que ça n’en vaut pas la peine de demander l’asile pour des raisons économiques ou financières. Vous allez obtenir l’ordre de quitter le territoire ou un retour forcé en RDC. »

Le détournement du visa court séjour

Anneleen Van Bossuyt a également fustigé le « mauvais usage » du visa court séjour (type C). Ce visa autorise une visite familiale, un voyage d’affaires, ou du tourisme, pour une durée maximale de 90 jours sur une période de 180 jours. Il interdit de s’installer ou de séjourner durablement en Belgique.

Or, certains Congolais obtiennent ce visa, puis, une fois en Belgique, introduisent une demande d’asile. Une procédure abusive, selon la ministre.

« Nous allons vous obliger à quitter le territoire », a-t-elle prévenu. Elle a dénoncé une « perte de temps et d’argent », et critiqué les organisations (réseaux de passeurs, faux avocats, influenceurs) qui donnent de fausses informations et entretiennent l’illusion d’une vie facile en Europe.

Les procédures légales pour immigrer en Belgique

À la question de savoir comment immigrer légalement en Belgique, Anneleen Van Bossuyt a rappelé les trois procédures conformes.

  1. Visa court séjour : pour le tourisme, les visites familiales, les voyages d’affaires. Il ne permet pas de s’installer.

  2. Visa étudiant : pour suivre des études supérieures dans une université ou une haute école belge. L’étudiant doit prouver ses ressources et son niveau de langue.

  3. Visa de travail : pour un emploi salarié, avec un contrat de travail approuvé par les autorités belges. Le permis de travail est lié à un employeur spécifique.

La ministre a insisté : ces procédures sont longues, contraignantes, mais elles sont les seules voies légales. Tout autre chemin (asile sans motif, visa court séjour détourné) mène à l’expulsion et à une interdiction de territoire.

Une coopération bilatérale renforcée

La visite d’Anneleen Van Bossuyt à Kinshasa s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération migratoire entre la Belgique et la RDC. Les deux pays ont signé plusieurs accords :

  • Réadmission : la Belgique peut renvoyer en RDC les ressortissants congolais en situation irrégulière, avec l’assistance des autorités congolaises.

  • Échange d’informations : sur les filières d’immigration clandestine, les faux documents, les réseaux de passeurs.

  • Campagnes de sensibilisation : financées par la Belgique, diffusées en RDC (radio, télévision, réseaux sociaux, affiches) pour dissuader les candidats à l’immigration irrégulière.

La ministre a rencontré son homologue congolais, ainsi que des représentants de la société civile, des organisations de défense des droits des migrants, et des journalistes. Elle a plaidé pour une approche équilibrée : fermeté contre l’immigration irrégulière, mais ouverture aux migrations légales et à l’aide au développement.

Les chiffres : une augmentation rapide

Les demandes d’asile congolaises ont doublé entre 2023 et 2025.

  • 2023 : environ 1 250 demandes,

  • 2025 : 2 500 demandes (chiffre définitif),

  • Début 2026 (janvier-mars) : déjà plus de 450 demandes, soit un rythme annuel projeté de 1 800, en légère baisse par rapport à 2025, mais toujours élevé.

Le taux de reconnaissance (statut de réfugié ou protection subsidiaire) est très faible : 14% en 2025, 10% au premier trimestre 2026. La grande majorité des demandeurs sont donc déboutés et doivent quitter la Belgique.

Certains rentrent volontairement (avec une aide au retour). D’autres disparaissent dans la clandestinité. D’autres encore sont expulsés de force, parfois menottés, sous escorte policière.

Les raisons de l’échec

Plusieurs facteurs expliquent l’échec des demandes d’asile congolaises.

  • Manque de preuves : les demandeurs doivent prouver qu’ils sont personnellement persécutés (ou risquent de l’être). Des témoignages vagues, des documents génériques sur l’insécurité dans l’Est, ou des articles de presse ne suffisent pas.

  • Crédibilité : certains récits sont incohérents, ou contredits par des vérifications (réseaux sociaux, témoignages, bases de données).

  • Fausses déclarations : usage de faux documents (cartes d’électeur, certificats de naissance, diplômes), ou dissimulation d’informations (condamnations, autres demandes d’asile dans d’autres pays).

  • Pays d’origine sûr : la Belgique considère la RDC comme un pays démocratique, avec une opposition légale, une société civile active, et des élections libres (même si imparfaites). Les persécutions politiques doivent être prouvées individuellement.

Les conséquences pour les déboutés

Un demandeur d’asile débouté doit quitter la Belgique dans un délai (généralement 30 jours). S’il refuse, il peut être placé en centre fermé (pour étrangers en séjour irrégulier), puis expulsé.

L’expulsion peut être accompagnée d’une interdiction de territoire (1 à 10 ans, voire à vie). Le débouté perd alors tout droit de revenir en Belgique, même avec un visa ou pour des raisons familiales.

En RDC, les expulsés sont parfois stigmatisés, considérés comme des « échecs » ou des « criminels ». Certains se retrouvent à la rue, sans ressources, sans réseau. D’autres sont recrutés par des réseaux criminels.

L’appel à la responsabilité

Anneleen Van Bossuyt a appelé les Congolais à la responsabilité. « Ne croyez pas les fausses promesses. L’asile n’est pas une porte d’entrée pour l’immigration économique. Le visa court séjour n’est pas un sésame pour s’installer. »

Elle a invité les candidats à l’immigration à se renseigner auprès des institutions officielles (ambassade de Belgique à Kinshasa, service de l’immigration, site web du gouvernement belge), et non auprès de « coachs » ou d’influenceurs sans scrupules.

Le gouvernement congolais, de son côté, a promis de renforcer la lutte contre les réseaux de trafic de migrants, et d’améliorer les conditions de vie en RDC (emploi, sécurité, services publics) pour décourager l’émigration.

Un défi commun

La migration est un défi commun à la Belgique et à la RDC. La Belgique a besoin de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs (santé, technologie, construction), et peut offrir des formations et des visas de travail. La RDC a besoin de ses ressortissants pour contribuer à son développement, et de la coopération belge pour créer des emplois.

Les solutions existent : migrations légales, aide au développement, coopération policière, campagnes d’information. Mais elles exigent une volonté politique, des moyens financiers, et une confiance mutuelle.

La visite d’Anneleen Van Bossuyt est un pas dans cette direction. Les prochains mois diront si les engagements seront tenus, et si les flux migratoires irréguliers diminueront.

En attendant, les chiffres sont implacables. 86% de refus en 2025, 90% en 2026. Un message à faire passer.

RDC : une vaste campagne de vaccination dans 11 provinces du 15 au 19 avril

Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) passe à l’action. Du 15 au 19 avril 2026, une vaste campagne ciblera la rougeole, la rubéole et la poliomyélite dans onze provinces. L’objectif est clair : rattraper les retards et renforcer la couverture vaccinale.

Déjà, le pays compte plus de 12 000 cas depuis janvier 2026, avec 157 décès. Face à cette situation, le ministère de la Santé réagit rapidement.

Pendant cinq jours, des milliers d’agents seront mobilisés. Ils iront directement vers les familles, notamment dans les écoles, les marchés et les églises. Ainsi, la stratégie privilégie la proximité plutôt que l’attente dans les centres de santé.

Les provinces concernées incluent Kinshasa, Kongo-Central, Kwilu ou encore l’Équateur. Les enfants de 6 mois à 14 ans recevront le vaccin contre la rougeole et la rubéole. En parallèle, ceux de moins de 5 ans seront vaccinés contre la poliomyélite.

Une stratégie de terrain face à des défis persistants

Le PEV mise sur une approche proactive. Concrètement, des équipes mobiles sillonneront villes et villages. En plus, des postes fixes seront installés dans les lieux publics. Par ailleurs, le porte-à-porte renforcera la couverture.

Cependant, plusieurs obstacles freinent encore les efforts. D’abord, l’insécurité dans l’Est complique l’accès à certaines zones. Ensuite, les routes impraticables ralentissent l’acheminement des vaccins.

À cela s’ajoutent les problèmes de chaîne de froid. Les coupures d’électricité et le manque de carburant fragilisent la conservation des doses. De plus, certaines communautés restent méfiantes face à la vaccination.

Malgré tout, le ministère adapte sa réponse. Il déploie des réfrigérateurs solaires et renforce la sensibilisation. En outre, les leaders communautaires participent activement à convaincre les populations.

Sauver des vies, un enjeu immédiat

La rougeole et la rubéole inquiètent particulièrement les autorités. Ces maladies restent très contagieuses et peuvent entraîner des complications graves. C’est pourquoi le vaccin combiné rougeole-rubéole sera utilisé à grande échelle.

En revanche, la situation de la poliomyélite s’améliore nettement. Le nombre de cas a chuté de manière spectaculaire ces dernières années. Néanmoins, la vigilance reste indispensable.

Dans ce contexte, la vaccination demeure essentielle. Elle sauve des millions de vies chaque année dans le monde. En RDC, elle représente même une priorité absolue.

Le ministère lance donc un appel clair. Les parents doivent faire vacciner leurs enfants. De leur côté, les autorités locales doivent faciliter le travail des équipes.

Au final, l’enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de protéger une génération entière. Grâce à cette campagne, la RDC peut réduire les épidémies et offrir un avenir plus sain à ses enfants.

Kinshasa : l’opération « SIM identifiée » pour traquer les criminels via leurs téléphones

Kinshasa passe à l’offensive. Face à la montée du banditisme urbain, le gouvernement congolais a adopté un paquet de mesures « urgentes, pragmatiques et immédiatement applicables ». L’annonce a été faite le vendredi 10 avril 2026 par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, lors de la 86e réunion du Conseil des ministres. Parmi les dispositions phares : l’identification systématique des abonnés à l’achat d’une carte SIM devient obligatoire. Une riposte technologique pour tenter d’endiguer la vague de criminalité qui submerge la capitale.

Le constat des autorités est sans appel. Les criminels utilisent massivement les services de télécommunications pour préparer leurs forfaits, communiquer entre eux, ou échapper aux forces de l’ordre. Les analyses des services de sécurité, menées en collaboration avec le ministère des Postes et Télécommunications, l’ARPTC (régulateur des télécoms) et les opérateurs de téléphonie mobile, ont révélé l’ampleur du phénomène.

Les quatre mesures clés

Le gouvernement a donc décidé de passer à l’action. Quatre mesures urgentes ont été arrêtées.

1. Renforcement de l’identification obligatoire pour acheter une carte SIM : plus question d’acquérir une SIM sans présenter une pièce d’identité valide (carte d’électeur, passeport, permis de conduire, etc.). Les opérateurs devront enregistrer scrupuleusement les données des abonnés.

2. Limitation du nombre de cartes SIM par personne : chaque citoyen ne pourra plus détenir qu’un nombre restreint de SIM (le chiffre exact n’a pas encore été communiqué). L’objectif est d’éviter l’accumulation de cartes prépayées anonymes.

3. Relance de la campagne nationale d’identification et de sensibilisation des abonnés : l’opération concernera aussi les zones rurales, souvent délaissées. Des équipes mobiles se déplaceront pour enregistrer les abonnés et leur expliquer les enjeux de sécurité.

4. Règles spécifiques pour les abonnés étrangers : les ressortissants étrangers résidant en RDC devront également s’identifier, avec des documents spécifiques (passeport, carte de résident, visa).

Kinshasa : une capitale qui perd son image « paisible »

La capitale congolaise, autrefois réputée relativement paisible comparée à d’autres mégapoles africaines, est désormais en proie à une insécurité totale. Les faits divers s’accumulent, les victimes se comptent par dizaines.

  • Braquages à main armée : les attaques de banques, de supermarchés, de bureaux de change, de particuliers se multiplient. Les bandes armées n’hésitent pas à tirer sur les forces de l’ordre.

  • Phénomène « Kuluna » : ces bandes de jeunes armés, souvent issus des quartiers défavorisés, sèment la terreur dans les rues, avec des machettes, des couteaux, des pistolets.

  • Enlèvements : des personnes aisées ou leurs proches sont kidnappés contre rançon. Les familles vivent dans la peur.

  • Assassinats : certains crimes sont commandités, d’autres sont le fait de règlements de comptes entre gangs.

Aucun quartier n’est épargné : Gombe, Ngaliema, Limete, Masina, Kimbanseke, etc. Les Kinois vivent dans la psychose, sortent moins, sécurisent leurs maisons, évitent les trajets nocturnes.

Ndobo et autres opérations : des résultats contestés

Le gouvernement n’est pas resté les bras croisés. L’opération « Ndobo » (Hameçon), lancée fin 2024, a permis d’interpeller 6 238 présumés criminels en cinq mois, dans plusieurs provinces (Kinshasa, Kongo-Central, Haut-Katanga). Parmi eux, 3 829 ont été condamnés, et 2 410 dossiers sont en cours.

Mais sur le terrain, les Kinois constatent que l’insécurité n’a pas diminué. Les arrestations sont souvent suivies de relaxes, de libérations pour vice de procédure, ou de corruptions. Les criminels sortent de prison, parfois le lendemain, et reprennent leurs activités.

Les critiques sont acerbes :

  • Manque d’engagement continu : les opérations sont lancées en fanfare, puis s’essoufflent.

  • Opérations mal conçues ou de façade : trop de communication, pas assez de résultats concrets.

  • Léthargie de certaines autorités : certains commissaires de police, bourgmestres, ou magistrats sont accusés de complicité passive.

  • Appel à changer d’approche : les Kinois réclament des mesures fermes, dissuasives, et adaptées à l’ampleur du phénomène.

L’opération « SIM identifiée » : une riposte technologique

L’identification des cartes SIM est une réponse technologique à un problème de sécurité. Les criminels utilisent des téléphones pour se coordonner, préparer leurs attaques, ou négocier des rançons. En les privant d’anonymat, on espère les dissuader ou faciliter leur localisation.

Mais les défis sont nombreux.

Contrôle strict des revendeurs : beaucoup de SIM s’achètent encore dans la rue, sur des marchés, chez des petits revendeurs, sans aucune pièce d’identité. Si le gouvernement ne contrôle pas ces points de vente, la mesure restera théorique.

Base de données centralisée et fiable : l’ARPTC et les opérateurs doivent croiser leurs fichiers. En attendant le fichier national d’identification (projet phare du gouvernement, mais encore en chantier), un fichier temporaire des abonnés télécoms est indispensable.

Plafonnement et traçage : limiter le nombre de SIM par personne est une bonne idée, mais un criminel peut utiliser des prête-noms (famille, amis, complices). Un système qui détecte les achats multiples liés à une même empreinte digitale ou photo serait plus efficace.

Lutte contre la corruption : le sentiment d’impunité nourrit la criminalité. Tant qu’un criminel peut « négocier » sa sortie de prison en soudoyant un policier, un magistrat, ou un gardien, l’opération d’identification des SIM ne fera pas peur.

Une riposte qui exige une coordination totale

L’opération « SIM identifiée » ne peut réussir seule. Elle doit s’inscrire dans une stratégie globale, coordonnée entre plusieurs acteurs.

  • Justice : des procès rapides, des peines dissuasives, des prisons sécurisées.

  • Police : des patrouilles visibles, des enquêtes efficaces, des policiers incorruptibles.

  • Services de renseignement : du renseignement territorial, de l’écoute (dans le cadre légal), de l’anticipation.

  • Autorités locales : remontée d’information des chefs de rue, de quartier, des comités locaux de sécurité.

  • Opérateurs télécoms : coopération loyale, transmission des données, blocage des SIM suspectes.

  • Population : dénonciation des criminels, vigilance, participation aux comités de sécurité.

Le gouvernement a annoncé que des sanctions seraient prises contre les opérateurs ou revendeurs qui ne respecteraient pas les nouvelles règles. Mais rien n’a été dit sur les conséquences pour les criminels identifiés via leurs SIM.

Les conditions de réussite

Au-delà du « coup de filet » médiatique, l’opération « SIM identifiée » devra prouver son efficacité sur la durée. Les conditions de réussite sont exigeantes.

  • Volonté politique : le gouvernement doit tenir bon face aux lobbies (opérateurs, revendeurs, criminels).

  • Moyens humains et financiers : former les agents, équiper les centres d’enregistrement, déployer des équipes mobiles.

  • Confiance des citoyens : les Kinois doivent être convaincus que leurs données ne seront pas utilisées à mauvais escient (espionnage, harcèlement, vente à des tiers).

  • Évaluation continue : des indicateurs de suivi (nombre de SIM enregistrées, nombre de criminels identifiés via leur téléphone, baisse de la criminalité) doivent être publiés régulièrement.

L’espoir d’une accalmie

Les Kinois sont désespérés. Ils en ont assez de vivre dans la peur, de se faire braquer, de voir leurs proches se faire kidnapper. Ils en ont assez des opérations médiatiques sans résultats.

L’opération « SIM identifiée » suscite un espoir prudent. L’idée de traquer les criminels via leur téléphone est séduisante. Mais les Kinois ont été trop souvent déçus pour croire au miracle.

Le gouvernement, lui, affirme sa détermination. Jacquemain Shabani a promis des résultats rapides. La population jugera sur pièces.

Si l’opération réussit, Kinshasa pourrait retrouver sa tranquillité. Si elle échoue, ce sera une nouvelle déception, et les criminels continueront de faire la loi.

L’enjeu est immense. Pour la sécurité des Kinois, pour l’image du gouvernement, pour l’avenir de la RDC. L’opération « SIM identifiée » est une arme. Reste à savoir si elle sera bien utilisée.

la RDC dévoile son plan décennal pour des villes durables et inclusives

Le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, participe à la deuxième édition du Forum urbain africain à Nairobi, au Kenya. Ces assises, qui se tiennent du 8 au 10 avril 2026, visent à placer le logement au cœur des priorités du développement en Afrique. Devant ses pairs, Alexis Gisaro a présenté une stratégie ambitieuse pour rompre avec un modèle urbanistique « vicieux » marqué par une croissance non planifiée, des quartiers précaires et un financement chroniquement insuffisant. La RDC veut désormais planifier, anticiper et construire des villes durables, inclusives et économiquement dynamiques.

Le constat est sans appel. Les villes congolaises, Kinshasa en tête, ont connu une croissance démographique explosive, sans planification, sans infrastructures, sans services de base. Les quartiers précaires (bidonvilles) prolifèrent. Les inondations, les glissements de terrain, les maladies hydriques sont monnaie courante. Les déplacements sont un cauchemar.

Face à cette situation, le gouvernement congolais veut changer de braquet. La feuille de route présentée à Nairobi repose sur trois piliers : la planification, le développement de corridors économiques, et des projets emblématiques.

Un plan décennal pour les 26 provinces

Le plan décennal (2026-2035) de la RDC prévoit l’élaboration de modèles d’urbanisme pour les 26 chefs-lieux de province, avant toute expansion majeure.

L’idée est simple : on ne construit pas sans plan. On n’étend pas une ville sans savoir où l’on va, comment on y va, et à quel coût. Les outils modernes (systèmes d’information géographique, jumeaux numériques) permettront d’anticiper les besoins urbains et les risques (inondations, érosion, etc.).

Ces modèles d’urbanisme seront contraignants pour les promoteurs publics et privés. Finies les constructions sauvages, les lotissements sans permis, les empiétements sur les voies publiques.

Le développement de corridors économiques

Deuxième pilier : le développement de corridors économiques structurants, à l’image du Corridor de Lobito (qui relie la RDC à l’Angola et au port de Lobito sur l’océan Atlantique).

Le gouvernement congolais prévoit de structurer une dizaine de villes secondaires le long de ces axes. Chaque ville sera spécialisée dans un secteur d’activité : transformation minière, logistique, agro-industrie, production de matériaux de construction.

L’objectif est de créer des pôles de croissance décentralisés, pour désengorger Kinshasa et les grandes métropoles, et pour développer les provinces. Les emplois, les services, les infrastructures suivront.

Le projet Kinshasa Kia Mona

Troisième pilier, et non des moindres : le projet Kinshasa Kia Mona, une extension planifiée de la capitale sur 43 000 hectares. Un projet titanesque, à la hauteur des défis de la mégapole.

Kinshasa, c’est 15 millions d’habitants, et jusqu’à 25 millions d’ici 2035 si rien n’est fait. La ville étouffe, asphyxiée par le manque d’espaces, d’infrastructures, de logements.

Kinshasa Kia Mona prévoit :

  • La création de 1 200 usines en cinq ans,

  • Jusqu’à 2,25 millions d’emplois directs sur une décennie,

  • Des logements abordables, des écoles, des hôpitaux, des espaces verts, des transports en commun.

Le projet est ambitieux, mais aussi risqué. Il nécessite des investissements colossaux, une volonté politique sans faille, et une lutte déterminée contre la spéculation foncière.

Rompre avec le cercle vicieux

Le discours d’Alexis Gisaro à Nairobi a été remarqué. Le ministre d’État a plaidé pour une rupture avec le « cercle vicieux » de l’urbanisation congolaise : croissance non planifiée, quartiers précaires, infrastructures inexistantes, financements insuffisants.

Il veut instaurer un « cercle vertueux », où la planification attire l’investissement privé, qui crée de la croissance économique, qui génère des ressources pour financer de nouvelles infrastructures, qui améliore la qualité de vie des citoyens.

Un beau théorème, qui reste à démontrer sur le terrain.

Le logement abordable, un défi majeur

Au Forum urbain africain, le logement abordable est au cœur des débats. En RDC, comme dans beaucoup de pays africains, le coût du logement est prohibitif pour les classes moyennes et populaires.

Les promoteurs construisent des logements de luxe pour une élite. Les ONG construisent des logements sociaux pour les plus pauvres. Entre les deux, un vide immense.

La politique urbaine de la RDC devra répondre à cette question : comment loger décemment des millions de citadins qui gagnent moins de 200 dollars par mois ?

La mobilisation des dirigeants africains

Le Forum urbain africain vise à mobiliser les dirigeants du continent et à harmoniser les cadres politiques pour une action collective en faveur d’un logement abordable, inclusif et durable.

Les défis sont communs : urbanisation rapide, bidonvilles, inondations, pollution, mobilité, accès à l’eau et à l’électricité.

Les solutions peuvent être partagées : planification, partenariats public-privé, financements innovants, technologies, participation citoyenne.

Alexis Gisaro a représenté la RDC avec brio. Il a montré que le pays, malgré ses difficultés, a une vision et une stratégie pour ses villes.

Les partenaires internationaux

La Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, l’ONU-Habitat : tous étaient présents à Nairobi. Tous sont prêts à soutenir les pays africains dans leur politique urbaine.

La RDC devra convaincre ces partenaires de la crédibilité de son plan décennal, de la faisabilité de Kinshasa Kia Mona, et de sa capacité à gérer les fonds.

Les besoins sont immenses. Les financements, limités. La concurrence entre pays, féroce.

L’urgence d’agir

L’urbanisation de l’Afrique est une chance, mais aussi un danger. Une chance de créer des emplois, des richesses, des innovations. Un danger de voir proliférer les bidonvilles, les inégalités, les violences.

La RDC, pays continental, est à la croisée des chemins. Ses villes peuvent devenir des moteurs de développement, ou des bombes à retardement.

Le plan décennal, Kinshasa Kia Mona, les corridors économiques : autant d’initiatives qui vont dans le bon sens. Mais la route est longue, et les obstacles nombreux.

La transformation du cercle vicieux en cercle vertueux

Alexis Gisaro a conclu son intervention par un message d’espoir. La RDC, a-t-il dit, est capable de transformer son urbanisation en atout. Elle a les ressources, les talents, la volonté.

Il a appelé les investisseurs privés à rejoindre l’aventure. Il a appelé les partenaires internationaux à soutenir les réformes. Il a appelé les citoyens à s’approprier les projets.

Le « cercle vertueux » n’est pas une fatalité. Il se construit, chaque jour, par des décisions politiques, des investissements, des comportements.

Le Forum urbain africain de Nairobi a été une étape. La prochaine étape, c’est le retour à Kinshasa, avec des engagements concrets, des feuilles de route précises, des moyens financiers.

L’avenir urbain de la RDC se joue maintenant. Alexis Gisaro a montré la voie. Reste à savoir si le gouvernement, le secteur privé, la société civile, et les citoyens suivront.

RDC : Les directeurs provinciaux de l’éducation prêts à relever les défis de la réforme

La formation est achevée, place à l’action. Ce jeudi 9 avril 2026, à Kinshasa, la ministre d’État, ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présidé la cérémonie de clôture de l’atelier de renforcement des capacités des 60 directeurs provinciaux de l’éducation nationale (PROVED). Pendant trois jours, ces responsables ont planché sur la modernisation de la gouvernance administrative, l’utilisation des outils numériques, et la mise en œuvre du Plan quinquennal 2024-2029. Désormais, ils repartent dans leurs provinces avec une feuille de route claire : améliorer la qualité de l’éducation, partout sur le territoire.

La cérémonie s’est déroulée dans une salle comble, en présence des cadres de l’administration centrale. L’ambiance était à la fois solennelle et résolument tournée vers l’avenir.

Raïssa Malu, visiblement satisfaite du travail accompli, a tenu à rappeler l’importance des enjeux. « Les recommandations issues de ces travaux doivent désormais constituer la feuille de route de l’ensemble des PROVED, en vue d’assurer la modernisation de la gouvernance administrative et l’utilisation accrue des outils numériques », a-t-elle martelé.

Des modules pour une gouvernance moderne

Pendant trois jours, les directeurs provinciaux ont suivi des modules sur les approches modernes de gouvernance, de planification et de gestion des services éducatifs.

Les travaux ont porté sur :

  • Les nouvelles orientations du ministère, alignées sur le Plan quinquennal 2024-2029,

  • La planification et le suivi-évaluation,

  • L’intégration des technologies émergentes,

  • La gestion axée sur la performance.

Autant de thèmes qui touchent au cœur du métier de directeur provincial : organiser, piloter, évaluer, rendre compte.

Les points clés de la ministre

Dans son discours de clôture, Raïssa Malu a insisté sur plusieurs points clés.

1. L’importance de la production et de l’exploitation de données fiables : trop souvent, les décisions éducatives sont prises sur la base d’intuitions ou d’informations partielles. La ministre veut des données précises, actualisées, géolocalisées, pour piloter le système.

2. La distribution régulière des bulletins scolaires : un indicateur simple, mais essentiel. Un élève qui ne reçoit pas son bulletin est un élève dont on ne sait pas s’il a appris. La régularité des évaluations est un marqueur de sérieux.

3. L’intégration des enjeux liés aux crises climatiques et sécuritaires : la RDC est confrontée à des inondations, des glissements de terrain, des conflits armés. L’éducation doit s’adapter, avec des stratégies d’éducation en situation d’urgence (écoles mobiles, radios éducatives, kits scolaires d’urgence).

L’engagement des participants

Au nom de ses pairs, le directeur provincial de l’Éducation du Kwilu 2, Jean-Pierre Yoy, a exprimé la gratitude des PROVED envers la ministre Raïssa Malu pour son leadership éclairé.

« Nous repartons outillés, motivés, et déterminés à mettre en pratique les compétences acquises », a-t-il déclaré. Les directeurs provinciaux s’engagent à appliquer les nouvelles orientations dans leurs régions respectives, et à rendre compte régulièrement des progrès accomplis.

Des recommandations pour améliorer l’efficacité administrative

Les participants ont également formulé des recommandations concrètes à l’intention du gouvernement.

  • Mise à la retraite des agents éligibles : pour rajeunir l’administration, libérer des postes, et permettre l’avancement des plus jeunes.

  • Mécanisation et budgétisation des nouvelles unités et des agents non pris en charge : de nombreux agents enseignent ou travaillent sans être officiellement reconnus, sans salaire régulier. Une situation intenable.

  • Harmonisation des frais de fonctionnement des services provinciaux : pour éviter les disparités criantes entre provinces riches et provinces pauvres.

Ces recommandations, si elles sont suivies d’effets, contribueraient à améliorer l’efficacité et l’équité du système éducatif.

Le renforcement de l’administration, principe clé du Plan quinquennal

L’atelier s’inscrit dans le deuxième principe directeur du Plan quinquennal 2024-2029, axé sur le renforcement de l’administration. Ce principe souligne l’importance d’une administration robuste pour mettre en œuvre efficacement les réformes éducatives.

Le renforcement de l’administration vise à :

  • Accroître la capacité institutionnelle du ministère et de ses structures déconcentrées,

  • Améliorer la coordination, le suivi et l’évaluation des initiatives éducatives,

  • Rationaliser les procédures,

  • Développer les compétences du personnel,

  • Améliorer la gestion des ressources.

Des objectifs ambitieux, mais indispensables pour transformer le système éducatif congolais.

Les réformes du système éducatif en RDC

Sous la conduite de Raïssa Malu, la RDC est en plein processus de réformes. L’objectif est double : améliorer la qualité de l’enseignement et rendre l’administration éducative plus efficace.

Les principaux objectifs de la réforme sont :

  • Optimiser les ressources humaines et financières existantes,

  • Améliorer les conditions socio-professionnelles du personnel enseignant et administratif,

  • Impliquer les communautés dans la gestion des établissements scolaires,

  • Renforcer la gouvernance du système éducatif pour une transparence accrue.

Les actions concrètes déjà entreprises incluent :

  • La mise en place de normes et critères pour la création d’établissements scolaires,

  • La révision des cadres organiques des services administratifs,

  • La formation et le recyclage des enseignants,

  • L’introduction de technologies émergentes dans l’enseignement,

  • La promotion de l’équité et de l’inclusion.

Le soutien des partenaires internationaux

Les partenaires internationaux, tels que l’UNESCO et la Banque mondiale, soutiennent ces réformes. Ils apportent une expertise technique, des financements, et une pression bienveillante pour que les engagements soient tenus.

L’objectif est d’améliorer la qualité de l’éducation et d’atteindre les objectifs de développement durable, en particulier l’ODD4 (éducation de qualité pour tous).

Un système éducatif en transformation

Ces efforts visent à transformer le système éducatif congolais pour offrir une éducation de qualité à tous les enfants du pays. Un défi immense, dans un pays où les salles de classe sont surpeuplées, les manuels rares, les enseignants sous-payés, et les inégalités criantes.

Mais une dynamique est en marche. Celle de la prise de conscience collective. Celle de la volonté politique. Celle de l’espoir, peut-être.

Les directeurs provinciaux, formés lors de cet atelier, sont désormais les fers de lance de cette transformation. Ils repartent dans leurs provinces avec une mission : appliquer les nouvelles orientations, produire des données fiables, intégrer les technologies, gérer avec performance.

La route est longue

Le chemin est long. Les obstacles sont nombreux. Les habitudes sont tenaces. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la formation des cadres. Celui de l’alignement sur un plan quinquennal. Celui de l’engagement au plus haut niveau.

Raïssa Malu a lancé le mouvement. Les directeurs provinciaux se sont engagés à le suivre. Reste maintenant à transformer les intentions en actes, les promesses en réalités.

Les enfants congolais, ceux qui remplissent les classes surpeuplées, ceux qui apprennent sur des bancs cassés, ceux qui rêvent d’un avenir meilleur, attendent. Ils attendent que les réformes se concrétisent. Ils attendent que l’éducation, enfin, devienne une priorité nationale.

La formation des directeurs provinciaux est une pierre à l’édifice. D’autres suivront. Et peut-être, un jour, le système éducatif congolais sera à la hauteur des ambitions du pays. Pour le bien-être de ses enfants, et pour le développement de la nation tout entière.

Semaine Française de Kinshasa 2026 : la RDC et la France renforcent leurs liens économiques

Le rendez-vous est devenu incontournable. Du 22 au 24 avril 2026, Kinshasa accueillera la 9e édition de la Semaine Française de Kinshasa (SFK) au Pullman, en plein cœur de la capitale. Organisée autour du thème « RDC-France : Perspectives partagées », cette manifestation vise à favoriser les rencontres entre les communautés d’affaires française et congolaise. Conférences, rendez-vous B2B, sessions de networking : trois jours pour tisser des liens, explorer des opportunités et bâtir des partenariats durables.

La SFK est devenue au fil des ans un événement phare de l’agenda économique congolais. Lancée en 2014 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC), en partenariat avec l’ambassade de France en RDC, elle a su s’imposer comme un pont entre deux économies complémentaires.

Cette 9e édition s’annonce exceptionnelle, avec un programme riche et des axes stratégiques qui reflètent les atouts et les ambitions communes des deux pays.

Des axes stratégiques pour l’avenir

La Semaine Française de Kinshasa 2026 déclinera son thème principal en plusieurs sous-thèmes, couvrant les secteurs clés du développement.

1. La ville durable : construire des infrastructures résilientes et inclusives. Kinshasa, mégapole en pleine expansion, a des besoins immenses en logements, transports, assainissement. Les entreprises françaises ont une expertise reconnue dans ce domaine.

2. Le numérique : accélérer la transformation digitale pour le développement. La RDC, comme beaucoup de pays africains, a sauté dans l’ère du numérique avec le mobile money, les applications, les start-ups. Des opportunités de coopération existent.

3. L’énergie : développer des solutions d’énergie renouvelable pour une transition énergétique. La RDC dispose d’un potentiel hydroélectrique immense, mais aussi solaire, éolien, biomasse. La France, avec son parc nucléaire et ses investissements dans les renouvelables, est un partenaire de choix.

4. La logistique : favoriser l’émergence de nouvelles voies de communication pour renforcer la connectivité des territoires. Routes, voies ferrées, ports, aéroports : les besoins sont immenses. Les entreprises françaises (Bolloré, CMA CGM, etc.) sont présentes.

5. Les mines : valoriser les ressources minières de manière durable et équitable. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt, un minerai stratégique pour les batteries électriques. La France, engagée dans la transition énergétique, a besoin de ces ressources.

6. L’environnement : promouvoir une économie respectueuse de l’environnement et durable. La RDC abrite le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète. La protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique sont des priorités partagées.

Un programme riche et varié

Tout au long de la SFK, les participants pourront assister à des conférences animées par des experts français et congolais, participer à des rencontres B2B (business to business) pour identifier des partenaires, et profiter de sessions de networking pour élargir leur carnet d’adresses.

Des décideurs économiques, des entrepreneurs, des investisseurs, des représentants des secteurs public et privé seront présents. La SFK est une occasion unique de rencontrer ceux qui font l’économie de la RDC et de la France.

Les avantages de la SFK

La Semaine Française de Kinshasa offre de nombreux avantages aux participants.

  • Partenariat : établir des collaborations avec des entreprises locales et internationales.

  • Échanges sectoriels ciblés : bénéficier de panels et d’ateliers thématiques sur des secteurs clés.

  • Networking de haut niveau : rencontrer des décideurs, des entrepreneurs et des investisseurs lors des sessions de réseautage.

  • Expérience culturelle immersive : découvrir la culture et les valeurs congolaises à travers des activités et animations sur place.

  • Partage de savoirs et compétences : apprendre des experts et échanger des bonnes pratiques.

La CCIFC, une porte d’entrée sur le marché congolais

La Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC) est l’organisatrice de l’événement. Cette association sans but lucratif regroupe plus de 250 entreprises membres. Elle organise plus de 100 événements par an et a créé plus de 1000 connexions entre entreprises.

La CCIFC est une véritable chambre bilatérale, une porte d’entrée sur le marché congolais pour les entreprises françaises, et sur le marché français pour les entreprises congolaises.

Son rôle est d’accompagner les entreprises dans leur développement, de faciliter les rencontres, de promouvoir les opportunités d’investissement.

La 8e édition, un succès à réitérer

La 8e édition de la Semaine Française de Kinshasa s’est tenue du 24 au 26 avril 2024. Elle était axée sur les « leviers de la croissance en RDC ». Plusieurs participants ont témoigné avoir bénéficié d’un réseautage solide grâce à cet événement.

Des contrats ont été signés, des partenariats noués, des investissements débloqués. La SFK n’est pas une simple rencontre de convenance. C’est un véritable accélérateur d’affaires.

Kinshasa, carrefour des opportunités

En organisant la SFK, Kinshasa confirme son statut de carrefour économique en Afrique centrale. La ville, souvent décriée pour ses problèmes de circulation, d’insalubrité, d’insécurité, est aussi une place financière dynamique, un marché de plus de 15 millions de consommateurs, une porte d’entrée sur un pays aux ressources immenses.

Les entreprises françaises, présentes en RDC depuis des décennies (TotalEnergies, Orange, CFAO, Bolloré, etc.), le savent bien. Elles continuent d’investir, de se développer, de former des partenariats locaux.

La SFK est l’occasion de renforcer cette présence, d’explorer de nouveaux secteurs, de rencontrer de nouveaux partenaires.

Un pont vers de nouvelles opportunités

La Semaine Française de Kinshasa est bien plus qu’un salon. C’est un pont entre deux pays, deux cultures, deux économies. Un pont qui permet de partager des savoirs, de créer des synergies, de bâtir l’avenir.

La RDC a besoin d’investissements, de technologies, de compétences. La France a besoin de marchés, de matières premières, de relais de croissance. L’Afrique est l’avenir, et la RDC est une porte d’entrée sur cet avenir.

La SFK est une étape. Une étape vers plus de coopération, plus de développement, plus de prospérité partagée.

Rendez-vous du 22 au 24 avril

Le compte à rebours est lancé. Les inscriptions sont ouvertes. Les entreprises françaises et congolaises sont invitées à se joindre à cet événement unique.

Au programme : des conférences inspirantes, des rencontres B2B productives, du networking de qualité, et une immersion dans la culture congolaise.

La 9e Semaine Française de Kinshasa s’annonce comme un moment clé pour les relations économiques entre la France et la RDC. Un moment à ne pas manquer pour tous ceux qui croient en l’avenir de l’Afrique et en la force des partenariats internationaux.

Kinshasa, Pullman, du 22 au 24 avril 2026. Les perspectives sont partagées. Les opportunités, immenses. Rendez-vous pour les concrétiser.

Ituri : la RDC, la Corée du Sud et l’UNICEF s’allient pour protéger les enfants victimes des conflits

Une bouffée d’espoir pour les enfants de l’Ituri. Ce mercredi 9 avril 2026, à l’hôtel du Gouvernement à Kinshasa, le gouvernement congolais, en collaboration avec la République de Corée et l’UNICEF, a officiellement lancé le projet « Resilience for Children ». Doté de 5 millions de dollars financés par Séoul, ce programme vise à apporter une réponse structurelle et humanitaire aux mineurs frappés par la crise dans cette province du Nord-Est. Assistance immédiate, services sociaux durables, éducation d’urgence : les ambitions sont à la hauteur des défis.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont la ministre d’État aux Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Ève Bazaiba, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, l’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, et le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor.

Une alliance tripartite scellée pour répondre à une urgence humanitaire souvent négligée : celle des enfants de l’Ituri, victimes collatérales de violences intercommunautaires qui n’en finissent pas.

Une stratégie combinée pour des résultats concrets

Le projet « Resilience for Children » se distingue par une approche intégrée, combinant assistance immédiate et actions durables.

L’assistance immédiate vise plus de 30 000 personnes. Elle inclut :

  • Des soins de santé d’urgence,

  • Un soutien nutritionnel (lutte contre la malnutrition aiguë),

  • La distribution de biens essentiels (couvertures, kits d’hygiène, ustensiles de cuisine),

  • Des transferts monétaires pour permettre aux familles de subvenir à leurs besoins.

L’accès durable aux services sociaux de base comprend :

  • Le soutien psychosocial pour les enfants traumatisés par la violence,

  • La construction de points d’eau potable pour prévenir les maladies hydriques,

  • La réhabilitation d’infrastructures communautaires (écoles, centres de santé).

L’objectif est de stabiliser les zones de conflit, de permettre le retour des déplacés, et de créer les conditions d’un développement à long terme.

L’urgence d’agir en Ituri

Dans son discours, le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor, a rappelé l’urgence d’agir en Ituri. Les déplacements massifs de populations exacerbent les violations des droits de l’enfant. Les enfants sont exposés à la violence, aux recrutements forcés, aux séparations familiales, aux violences sexuelles.

L’Ituri, déjà meurtrie par des décennies de conflits intercommunautaires (notamment entre les communautés Hema et Lendu), connaît une résurgence des violences depuis plusieurs années. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées. Les besoins humanitaires sont immenses.

Le projet « Resilience for Children » vise à apporter une réponse à la hauteur de ces défis.

La Corée du Sud, partenaire engagé

L’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, a réaffirmé la volonté de son pays de contribuer au relèvement durable des communautés affectées. Séoul, qui a connu la guerre et la pauvreté, se sent solidaire des pays en développement.

Les 5 millions de dollars alloués à ce projet témoignent de l’engagement de la Corée du Sud en faveur de la protection des enfants dans les zones de conflit. Un geste salué par les autorités congolaises.

« La Corée du Sud n’oublie pas que son développement a été soutenu par la communauté internationale. Aujourd’hui, c’est à notre tour de donner », a déclaré l’ambassadeur.

L’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence

Présente à la cérémonie, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, a insisté sur l’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence. Pour elle, l’éducation ne peut pas attendre la fin des conflits.

Elle a plaidé pour le déploiement de l’enseignement à distance afin de briser le cycle de déscolarisation imposé par les crises. Les radios communautaires, les tablettes, les smartphones, les kits scolaires d’urgence : autant d’outils pour permettre aux enfants déplacés de continuer à apprendre.

« Un enfant qui n’est pas scolarisé est un enfant vulnérable, exposé aux recrutements forcés, aux violences, à l’exploitation », a martelé Raïssa Malu. « L’éducation est une protection. »

Une approche fondée sur les droits de l’enfant

Le projet « Resilience for Children » se distingue également par son approche fondée sur les droits de l’enfant. Les mineurs ne sont pas considérés comme de simples bénéficiaires passifs, mais comme des acteurs de leur propre développement.

Le programme prévoit la participation active des mineurs via des clubs d’enfants et des « gouvernements scolaires ». Ces structures permettent aux enfants d’exprimer leurs besoins, de participer aux décisions qui les concernent, et de développer des compétences civiques.

Une innovation qui pourrait faire école dans d’autres provinces.

L’extension progressive du modèle

Pour Kinshasa, l’ambition dépasse les frontières de l’Ituri. L’approche fondée sur des résultats mesurables et la participation communautaire pourrait être étendue à d’autres provinces touchées par les épidémies (choléra, Ebola, Covid-19) et les aléas climatiques (inondations, glissements de terrain).

Le suivi rigoureux du projet, avec des indicateurs précis et des évaluations régulières, devrait permettre de transformer ce projet pilote en une réussite pérenne, capable d’attirer de nouveaux financements internationaux.

« Nous voulons prouver que cela marche, pour ensuite convaincre d’autres partenaires de nous rejoindre », a expliqué une source proche du gouvernement.

Un avenir plus stable pour les enfants du Nord-Est

Avec ce projet, la RDC et ses partenaires espèrent non seulement panser les plaies immédiates, mais surtout offrir un avenir plus stable aux enfants du Nord-Est du pays.

L’Ituri, terre de violence et de déplacements, pourrait devenir un laboratoire d’innovation sociale. Les enfants, premières victimes des conflits, pourraient devenir les premiers bénéficiaires d’une politique de protection renforcée.

Le chemin est long. Les défis sont immenses. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la mobilisation internationale. Celui de l’engagement politique. Celui de l’espoir, peut-être.

Une réponse structurelle à une crise chronique

Le projet « Resilience for Children » se veut une réponse structurelle, et non pas seulement une énième opération humanitaire d’urgence. Il s’agit de reconstruire les systèmes de protection de l’enfance, de renforcer les capacités des acteurs locaux, de créer les conditions d’un développement durable.

L’UNICEF apporte son expertise technique. La Corée du Sud apporte les financements. Le gouvernement congolais apporte la volonté politique. Une combinaison gagnante, en théorie.

Reste à savoir si cette belle mécanique fonctionnera sur le terrain. Si les 5 millions de dollars seront utilisés à bon escient. Si les enfants de l’Ituri sentiront vraiment la différence.

L’enjeu : passer de l’intention à l’action

La cérémonie de lancement s’est achevée dans une atmosphère d’optimisme prudent. Les discours ont été beaux, les engagements solennels. Mais l’enjeu est désormais de passer de l’intention à l’action.

Les prochains mois diront si « Resilience for Children » tient ses promesses. Si les 30 000 personnes assistées reçoivent effectivement l’aide annoncée. Si les points d’eau sont construits. Si les enfants retournent à l’école.

L’Ituri, province martyre, mérite mieux que des promesses. Ses enfants méritent un avenir. Un avenir sans violence, sans peur, sans déplacement. Un avenir où ils pourront grandir, apprendre, rêver.

Le projet « Resilience for Children » est une pièce du puzzle. Il reste à assembler les autres. Avec la volonté politique, la mobilisation internationale, et l’engagement des communautés, l’Ituri pourrait bien, un jour, sortir de l’ornière.

En attendant, les enfants de l’Ituri attendent. Ils attendent que les 5 millions de dollars se transforment en écoles, en centres de santé, en eau potable. Ils attendent que les discours deviennent réalité. Ils attendent que l’espoir, enfin, l’emporte sur la désolation.

RDC:61 victimes de violences sexuelles liées aux conflits en janvier 2026

Le 6 avril 2026, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits humains (BCNUDH) a publié son rapport sur les violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) en RDC pour le mois de janvier 2026. Au moins 46 cas ont été recensés, touchant 61 victimes : 39 femmes, 21 filles et un homme. Ce chiffre représente une baisse de 59 % par rapport au mois précédent (147 victimes). Cependant, l’ONU précise que cette diminution reflète surtout la sous-documentation causée par l’insécurité et les difficultés d’accès aux victimes. Sur le terrain, la situation demeure bien plus grave.

Le document expose un constat accablant : les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme arme de guerre, et l’impunité reste la règle. Les auteurs sont multiples et souvent difficiles à identifier.

Qui sont les auteurs ?

Le BCNUDH distingue deux catégories principales : les groupes armés et les agents étatiques.

  • Les groupes armés représentent 52 % des cas, soit 32 victimes. En tête, le M23 (21 victimes : 13 femmes et 8 filles), suivi des Nyatura (4 victimes), des Raïa Mutomboki (3 victimes) et des ADF (2 femmes).
  • Les agents étatiques comptent pour 46 % des cas, soit 28 victimes. Les FARDC sont responsables de 25 cas (15 femmes, 9 filles et 1 homme), la PNC de 2 cas (deux femmes), et un responsable de l’État chargé des mines et de l’énergie d’un cas (une fille).

Ainsi, ces violences ne se limitent pas aux groupes rebelles. Les forces de l’ordre, censées protéger les civils, participent également aux abus, un constat particulièrement inquiétant pour l’État congolais.

Une escalade du conflit

L’intensification des combats dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, provoquée par l’AFC-M23 soutenue par le Rwanda, a engendré un désastre humanitaire. Depuis janvier 2026, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.

Dans ce contexte, les violences sexuelles se multiplient. Les femmes et les filles deviennent des cibles faciles. Toutefois, les hommes ne sont pas épargnés, comme le montre le cas d’une victime masculine.

Pourquoi les chiffres baissent-ils ?

Selon le BCNUDH, la baisse apparente de 59 % des cas documentés en janvier s’explique par un manque de documentation. Beaucoup de victimes n’ont pas accès aux services d’enregistrement, et les humanitaires ne peuvent pas atteindre certaines zones.

De plus, l’insécurité, les routes coupées et la présence de groupes armés freinent la collecte d’informations. Par conséquent, la réalité reste bien plus sombre que les chiffres ne le laissent paraître.

Répartition géographique des violences

  • Nord-Kivu : 54 % des cas (22 femmes, 11 filles). Les combats intenses entre FARDC et M23 causent de lourdes souffrances pour les civils.
  • Sud-Kivu : 36 % des cas (13 femmes, 9 filles). L’insécurité et les déplacements massifs affectent fortement la population.
  • Ituri : 10 % des cas (4 femmes, 1 fille, 1 homme). Après des années de conflits intercommunautaires, la région connaît une résurgence des violences.

Violences sexuelles : un outil de représailles

Le BCNUDH souligne que ces violences servent souvent de représailles entre les parties au conflit. Le 21 janvier, à Loda/Sanduku (territoire de Djugu, Ituri), quatre militaires des FARDC ont violé une fillette de 9 ans en la menaçant de mort.

Une enfant violée par ceux censés la protéger : ce crime illustre la barbarie persistante du conflit.

Des soins encore insuffisants

Malgré la gravité de la situation, 30 victimes sur 46 ont reçu des soins médicaux appropriés. Ce progrès reste toutefois limité. Dans les zones reculées, l’accès aux soins demeure restreint, la prise en charge psychologique reste quasi inexistante, et l’accès à la justice se transforme en véritable parcours du combattant.

Le rapport appelle donc à renforcer les efforts pour garantir soins et justice à toutes les victimes.

Des conséquences dramatiques

Les violences sexuelles provoquent des impacts dévastateurs : traumatismes durables, grossesses non désirées, maladies sexuellement transmissibles, stigmatisation sociale et décès.

De plus, l’insécurité et l’inaccessibilité des routes compliquent l’aide humanitaire. Les besoins sont immenses, alors que les ressources restent limitées.

Appel à un accès humanitaire sécurisé

Les acteurs humanitaires continuent de fournir soins d’urgence, aide alimentaire et assistance vitale. Cependant, leurs interventions se heurtent à l’insécurité et au manque d’accès. L’ONU insiste : il faut garantir un accès humanitaire rapide et sécurisé, sans obstacles ni menaces. Jusqu’à présent, cet appel reste largement ignoré.

Les initiatives de paix stagnent

Le processus de Washington et l’implication du Qatar n’ont pas amélioré la situation. Le gouvernement congolais, le Rwanda et l’AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement.

Malgré les engagements pris, le conflit dicte encore la vie dans l’Est. Les organisations internationales exhortent toutes les parties à mettre fin aux armes et à protéger les populations.

Un combat loin d’être terminé

Le BCNUDH tire une nouvelle sonnette d’alarme : les violences sexuelles liées aux conflits persistent. Les victimes sont souvent très jeunes et les auteurs nombreux, y compris au sein des forces de l’ordre. L’impunité demeure la norme.

La baisse des cas documentés ne reflète qu’une partie de la réalité. Elle masque de nombreuses victimes invisibles et des crimes non rapportés.

Pour y remédier, le combat exige une volonté politique forte, des ressources financières et une mobilisation internationale. En attendant, les 61 victimes de janvier 2026 – ainsi que toutes celles des mois précédents – attendent justice et reconnaissance.

Leur seul crime : être nées dans une région en guerre. Leur seule faute : être vulnérables. Leur seul espoir : que l’ONU et la communauté internationale entendent enfin leur voix.

Félix Tshisekedi lance une conférence historique pour révolutionner les infrastructures

Un tournant décisif s’opère. Ce mercredi 8 avril 2026, au Centre Culturel et Artistique des pays d’Afrique Centrale (CCAPAC) à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a ouvert la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP). Pendant trois jours, plus de 500 acteurs publics, privés et partenaires techniques réfléchissent à un objectif clair : moderniser les infrastructures de la République démocratique du Congo à l’horizon 2034. Un défi immense, surtout dans un pays où seulement 2 % des routes sont revêtues.

D’emblée, le contexte impose l’urgence. En effet, la 13e Conférence des gouverneurs a récemment mis en lumière plusieurs faiblesses : enclavement des provinces, dégradation du réseau routier, insuffisance des voies ferrées, sous-équipement portuaire et déficit énergétique. Par conséquent, ces lacunes freinent l’intégration du marché national et ralentissent la production. Le constat est clair : le modèle actuel atteint ses limites.

Une vision tournée vers la modernisation

Les assises s’articulent autour d’un thème ambitieux : « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif ». À travers ce choix, le gouvernement affiche une orientation nette.

D’abord, il veut rompre avec la gestion d’urgence. Ensuite, il cherche à instaurer une véritable culture de planification. Ainsi, il devient essentiel d’anticiper, de normer et d’entretenir les ouvrages sur le long terme. En parallèle, les autorités intègrent désormais les enjeux climatiques, technologiques et économiques.

Dans cette logique, la RDC entend s’aligner sur les dynamiques africaines. Notamment, les corridors logistiques et les chaînes de valeur régionales occupent une place centrale. Dès lors, le pays peut tirer profit de sa position stratégique pour renforcer son intégration régionale.

Félix Tshisekedi fixe le cap

Lors de son discours, Félix Tshisekedi a posé les bases de cette ambition. Selon lui, les infrastructures dépassent largement leur fonction matérielle. Elles constituent, en réalité, « l’ossature même de l’État ».

Il a insisté : elles structurent le territoire, facilitent les échanges et soutiennent l’économie. De plus, elles renforcent la cohésion nationale et attirent les investissements. Autrement dit, elles conditionnent le développement global du pays.

Dans la foulée, le président a lancé un appel clair. Il refuse un simple forum de discussions. Au contraire, il exige des décisions concrètes. Il a donc exhorté les participants à privilégier l’action, l’innovation et la durabilité.

Des projets structurants en ligne de mire

Pour traduire cette vision en actes, le gouvernement mise sur plusieurs projets clés.

D’une part, il prévoit de moderniser le réseau ferroviaire en adoptant l’écartement standard. Cette évolution permettra d’augmenter la capacité et la vitesse des trains. D’autre part, le port en eau profonde de Banana doit devenir une plateforme stratégique pour les échanges régionaux.

Par ailleurs, les autorités veulent connecter les différents modes de transport. L’objectif reste simple : créer un système intégré, fluide et efficace. Grâce à cela, la RDC pourra mieux capter les opportunités offertes par la ZLECAf.

Des défis encore majeurs

Malgré ces ambitions, les obstacles restent nombreux. Le ministre des Infrastructures, John Banza, a rappelé quelques chiffres alarmants. Aujourd’hui, à peine 2 % des routes sont revêtues. De plus, une grande partie du réseau ferroviaire reste inutilisable.

En outre, les infrastructures portuaires manquent d’équipements modernes. À cela s’ajoute une couverture énergétique et numérique insuffisante. Face à ces défis, le gouvernement vise un objectif précis : connecter les 26 provinces pour stimuler l’économie et réduire le coût de la vie.

Une mobilisation nationale et internationale

Pour y parvenir, la conférence réunit plus de 500 participants. Parmi eux figurent des experts, des acteurs privés et des partenaires comme la Banque mondiale ou la BAD.

Ensemble, ils travaillent sur des solutions concrètes. Les échanges portent notamment sur le financement, l’innovation, la maintenance et la résilience climatique. À l’issue des travaux, une feuille de route claire devrait voir le jour.

Un pari sur l’avenir

Reste une question essentielle : cette conférence débouchera-t-elle sur des résultats concrets ? Par le passé, plusieurs annonces n’ont pas abouti. Toutefois, le contexte actuel change la donne.

D’un côté, la concurrence régionale s’intensifie. De l’autre, la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives. Ainsi, la pression pour agir devient plus forte.

Cap sur 2034

À long terme, l’objectif est clair : transformer profondément le pays d’ici 2034. Il s’agit de désenclaver les territoires, de stimuler la croissance et de créer des emplois.

Le chemin reste long, certes. Cependant, une dynamique est enclenchée. Désormais, la réussite dépendra de la capacité à passer des promesses aux réalisations.

En somme, la RDC joue gros. Mais si les engagements se concrétisent, cette conférence pourrait marquer le début d’un véritable tournant.

Kinshasa : le marché Zando renaît, 11 000 étals à attribuer

Un vent nouveau souffle sur le marché Central de Kinshasa. Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, l’emblématique « Zando » s’apprête à rouvrir ses portes. Le gouvernement de la ville a lancé ce mardi 7 avril 2026, au Jardin botanique de Kinshasa, les opérations de souscription pour l’attribution des 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides. Un tournant décisif pour stimuler l’économie de la capitale, sécuriser la gestion des espaces commerciaux, et offrir aux Kinois un hub moderne répondant à leurs attentes.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités urbaines, sous le regard attentif des commerçants et des médias. L’enthousiasme était palpable. Après des mois de travaux, « Zando » renaît de ses cendres, plus beau, plus fonctionnel, plus sécurisé.

Pour le gouverneur Daniel Bumba, présent à l’événement, ce lancement marque une étape historique. « Nous tournons une page douloureuse de l’histoire du commerce informel à Kinshasa. Désormais, les commerçants pourront exercer leur activité dans des conditions dignes et sécurisées », a-t-il déclaré.

Conditions d’éligibilité : qui peut postuler ?

Pour éviter les dérives et garantir une attribution transparente, la ville de Kinshasa a fixé des conditions d’éligibilité claires.

Le candidat doit :

  • Être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais (les étrangers doivent disposer d’une carte de résident valide).

  • Avoir au moins 18 ans.

  • Avoir obligatoirement la qualité de commerçant, c’est-à-dire être détenteur d’une patente valide, d’un RCCM (Registre du commerce et du crédit mobilier), ou d’une fiche de recensement des activités économiques et artisanales pour l’exercice 2026.

  • Disposer de la preuve de paiement de l’impôt foncier (IF) ou de l’impôt sur le revenu locatif (IRL) pour obtenir le quitus fiscal.

Ces conditions visent à formaliser le secteur informel, à encourager les commerçants à se mettre en règle, et à garantir que seuls les professionnels sérieux obtiennent un étal.

Lieu et calendrier des inscriptions

Les inscriptions sont ouvertes du 7 au 20 avril 2026 sur le site du Jardin botanique de Kinshasa, de 8h30 à 16h30.

Les commerçants intéressés doivent se rendre sur place, munis des documents requis, pour remplir leur dossier de candidature. Les autorités ont promis un traitement rapide et transparent.

Au total, 11 000 étals sont disponibles. Un nombre important, mais qui risque d’être insuffisant face à la demande. Les autorités appellent donc les commerçants à se faire connaître rapidement.

Des infrastructures modernes pour les Kinois

Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, le marché de « Zando » est aujourd’hui un hub commercial répondant aux attentes des citoyens de la place.

Les visiteurs découvriront :

  • De jolis bâtiments modernisés, aux façades colorées et aux allées propres.

  • Des chambres froides pour une meilleure conservation des produits périssables (viande, poisson, produits laitiers).

  • Des étals sécurisés, avec des systèmes de verrouillage et de surveillance.

  • Des magasins spacieux, permettant aux commerçants d’exposer leurs marchandises dans de bonnes conditions.

  • Des kiosques pour la vente de produits spécifiques (pain, journaux, téléphonie).

L’objectif est de faire de Zando un marché modèle, capable de concurrencer les grandes surfaces et de redonner ses lettres de noblesse au commerce de proximité.

Les avantages de la réouverture de Zando

La réouverture du marché Zando apporte de nombreux avantages à la ville de Kinshasa.

1. Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins adaptés aux besoins actuels.

2. Création de milliers d’emplois : commerçants, vendeurs, livreurs, agents de sécurité, personnels d’entretien… Zando va générer une multitude d’emplois directs et indirects.

3. Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes permettront de conserver les produits périssables et de réduire les pertes, garantissant ainsi une meilleure disponibilité des denrées.

4. Formalisation du secteur informel : en obligeant les commerçants à se mettre en règle (patente, RCCM, quitus fiscal), la ville de Kinshasa pourra collecter des impôts et des taxes, et mieux contrôler l’activité économique.

5. Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé, propre et bien organisé, c’est un cadre agréable pour les acheteurs, et une fierté pour les habitants de Kinshasa.

Les défis à relever

Malgré ces avancées, des défis restent à relever. Les autorités de Kinshasa sont appelées à garantir le bon fonctionnement de cet espace, notamment avec une gestion plus transparente, structurée et cohérente.

Il faudra notamment :

  • Éviter les conflits d’attribution : la tentation sera grande pour certains de vouloir accaparer plusieurs étals, ou d’utiliser des prête-noms. La ville devra être vigilante.

  • Maintenir la propreté et la sécurité : un marché moderne peut vite se dégrader si l’entretien n’est pas assuré. Des équipes dédiées devront être mobilisées.

  • Lutter contre la concurrence déloyale : le marché informel, plus flexible, pourrait tenter de reprendre ses droits autour de Zando. La police et les services municipaux devront être présents.

  • Impliquer les commerçants dans la gestion : pour que Zando devienne vraiment leur marché, les commerçants doivent être associés aux décisions, via des comités de gestion participative.

Un symbole de renaissance

Au-delà des chiffres et des infrastructures, Zando est un symbole. Celui d’une Kinshasa qui se modernise, qui se transforme, qui ose investir dans son avenir.

Le marché Central, autrefois vétuste et insalubre, est devenu un lieu moderne, attractif, porteur d’espoir. Pour les milliers de commerçants qui y travailleront, c’est une nouvelle vie qui commence. Pour les millions de Kinois qui y feront leurs courses, c’est une promesse de qualité, de sécurité, de fiabilité.

Les prochains jours diront si l’attribution des étals se déroule sans heurts. Les prochains mois diront si Zando tient ses promesses. Mais une chose est sûre : Kinshasa a relevé un défi majeur. Et elle peut en être fière.

La réouverture de Zando, c’est la preuve que la capitale congolaise, malgré ses difficultés, est capable de projets ambitieux. C’est la preuve que le commerce, le travail, l’entrepreneuriat, peuvent être des moteurs de développement. C’est la preuve que l’avenir, malgré tout, se construit.

Les 11 000 étals sont prêts. Les commerçants sont impatients. Les Kinois sont curieux. Que le nouveau Zando ouvre ses portes, et que la fête commence.

Mandala City : l’ex-Kuluna construisent une cité moderne pour l’État congolais

Douze mois ont suffi. En un an, le Service national de la République démocratique du Congo a transformé une zone quasi inhabitée de Kaniama Kasese en une cité moderne. Baptisée « Mandala City », en hommage au chef coutumier qui a cédé le terrain, cette infrastructure de haut standing impressionne. Surtout, d’anciens Kuluna ont construit l’ensemble. Ainsi, le projet incarne à la fois une réussite architecturale et sociale.

En effet, le projet s’est déroulé de mars 2025 à mars 2026. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik l’a ensuite présenté officiellement. Visiblement satisfait, il a salué le travail accompli par ces jeunes. Désormais, il les appelle les « bâtisseurs de la nation ».

« Cette cité peut accueillir le Conseil des ministres et d’autres activités de haut niveau », a-t-il affirmé. De plus, il a insisté sur un point clé : ces ex-Kuluna ont réalisé l’ouvrage de bout en bout.

Une cité moderne pensée pour l’État

D’abord, Mandala City se distingue par sa conception. Elle comprend 24 appartements modernes. Chaque unité dispose de trois chambres, d’un salon et d’une salle à manger. Au total, la cité offre 72 chambres.

Ensuite, les concepteurs ont intégré une grande salle de conférence. Celle-ci peut accueillir des réunions stratégiques, notamment le Conseil des ministres. Par ailleurs, ils ont aménagé un bureau dédié au président de la République. Un restaurant moderne complète l’ensemble.

En outre, le projet ne s’arrête pas là. Les équipes construisent encore des infrastructures de loisirs. Parmi elles : un terrain de basketball, un terrain de volleyball, une piscine et un court de tennis. Ainsi, Mandala City devient un espace complet, à la fois professionnel et résidentiel.

Une réinsertion sociale spectaculaire

Cependant, l’essentiel se joue ailleurs. Derrière les bâtiments, il y a des parcours de vie transformés. En effet, les ouvriers ne viennent pas du circuit classique. Le Service national a recruté et formé d’anciens Kuluna.

Autrefois associés à la violence urbaine, ces jeunes ont changé de trajectoire. D’abord, ils ont appris les métiers du bâtiment. Ensuite, ils ont travaillé sur le chantier pendant douze mois. Progressivement, ils ont acquis des compétences et une discipline.

Aujourd’hui, le résultat est visible. La cité se dresse fièrement. Mais surtout, chaque mur raconte une transformation. Ces jeunes ont remplacé la violence par le travail. Ils ont retrouvé une dignité.

Un modèle porté par le Service national

Par conséquent, cette réalisation confirme le rôle croissant du Service national. À l’origine, cette structure encadrait la jeunesse. Désormais, elle participe activement au développement du pays.

Sous la direction du lieutenant-général Kasongo Kabwik, les projets se multiplient. Le Service national construit des routes, des écoles et des centres de santé. En parallèle, il poursuit sa mission sociale.

Ainsi, il forme les jeunes en difficulté. Il leur offre un métier. Et surtout, il leur donne une seconde chance. Le modèle de Kaniama Kasese montre que cette approche fonctionne.

Un symbole pour l’avenir de la RDC

Par ailleurs, le nom « Mandala City » porte un message fort. Il rend hommage au chef coutumier Mandala, qui a cédé le terrain. Ce geste a permis la réalisation du projet.

Dans un contexte où les conflits fonciers restent fréquents, cette collaboration marque un précédent. Elle prouve qu’il est possible de concilier tradition et modernité.

Enfin, Mandala City ouvre des perspectives. Le Service national envisage déjà d’autres projets similaires. L’objectif reste clair : moderniser les infrastructures tout en réinsérant les jeunes.

Ainsi, cette cité devient une vitrine pour la RDC. Elle montre un pays capable de construire, d’innover et de transformer sa jeunesse. Plus qu’un simple projet immobilier, Mandala City incarne une vision.

Et surtout, elle rappelle une chose essentielle : derrière chaque chantier, il peut y avoir une seconde chance.

Kinshasa accepte d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis

La République démocratique du Congo a dit oui. Le dimanche 5 avril 2026, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accueil temporaire pour des migrants expulsés des États-Unis.

Ces personnes, non congolaises, séjourneront à Kinshasa avant leur retour vers leur pays d’origine. Toutefois, cet accord soulève déjà des questions. En effet, plusieurs pays africains ont été critiqués pour leur participation à ce programme.

Le ministère de la Communication a confirmé l’information. Selon lui, les États-Unis apporteront un soutien logistique et technique. Ainsi, l’État congolais ne supportera aucun coût direct. Par ailleurs, les autorités ont déjà choisi des sites d’hébergement dans la capitale.

Cependant, plusieurs zones d’ombre persistent. Combien de migrants sont concernés ? Combien de temps resteront-ils ? Et surtout, quelles garanties protègent leurs droits ?

Un dispositif progressif et encore flou

Pour l’instant, le gouvernement ne donne aucun chiffre officiel. Néanmoins, une source évoque un dispositif « limité » et « progressif ». Les autorités privilégient une gestion au cas par cas.

Par conséquent, il reste difficile d’évaluer l’ampleur réelle du programme. À titre de comparaison, le Rwanda a accueilli plusieurs centaines de migrants. De son côté, Kinshasa assure que son engagement restera modeste.

Un accueil temporaire sous conditions

Selon les autorités, les migrants ne resteront pas durablement. Leur séjour pourrait durer entre trois et six mois. Ensuite, ils devraient regagner leur pays d’origine.

Ainsi, la RDC se positionne comme un pays de transit. Toutefois, cette promesse soulève des doutes. Dans d’autres pays, les retours restent parfois difficiles à organiser. Par exemple, certains États refusent de reprendre leurs ressortissants.

De plus, les autorités congolaises n’ont pas précisé de solution alternative en cas de blocage.

Les premières arrivées sont attendues avant fin avril 2026. Le gouvernement promet un processus progressif et maîtrisé. En parallèle, il affirme pouvoir suspendre le dispositif si nécessaire.

Entre solidarité et enjeux diplomatiques

Pour justifier cet accord, les autorités évoquent un devoir de solidarité. Elles parlent aussi de renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité.

Cependant, la question des contreparties reste floue. Un rapport américain mentionne des compensations financières pour certains pays. Le Rwanda ou l’Eswatini auraient reçu des paiements.

Dans le cas de la RDC, le gouvernement affirme que le Trésor public ne sera pas sollicité. Mais il ne détaille pas les autres formes de soutien.

Sur le plan juridique, Kinshasa affirme respecter le droit international. Les autorités citent notamment la Convention de Genève de 1951 et la Convention contre la torture. Pourtant, les modalités concrètes restent imprécises.

La question du non-refoulement inquiète aussi. Ce principe interdit de renvoyer une personne vers un pays dangereux. Le gouvernement assure qu’aucune expulsion risquée n’aura lieu. Malgré cela, certaines ONG restent prudentes.

Enfin, le contexte africain reste contrasté. Le Nigeria refuse ce type d’accord. À l’inverse, le Ghana ou l’Ouganda ont déjà coopéré.

Dans ce paysage, la RDC fait un choix stratégique. Elle affiche sa solidarité internationale. Mais elle insiste aussi sur un point : ce dispositif ne sera ni permanent, ni une externalisation des politiques migratoires américaines.

Procès Balanganayi : 10 ans de prison requis contre le médecin accusé de violences sur une patiente

La sentence pourrait être lourde. Ce vendredi 3 avril 2026, devant le tribunal de grande instance de Kinkole, à l’Est de Kinshasa, le parquet a requis dix ans de servitude pénale principale contre le docteur David Balanganayi. Le médecin est poursuivi pour coups et blessures, torture et enregistrement non autorisé de l’intimité de sa patiente, Dorcas Moya, pendant son accouchement à l’hôpital général de référence de Kinkole. Une affaire qui a choqué l’opinion publique et mobilisé les associations féminines. Le verdict est désormais très attendu.

L’audience de ce vendredi était décisive. Après l’audition des témoins et les plaidoiries des parties civiles, le ministère public a dévoilé ses réquisitions. Elles sont sans appel.

« Vous condamnerez le prévenu David Balanganayi à 10 ans de servitude pénale principale et une amende de 100.000 dollars américains payable en francs congolais pour l’infraction de torture », a requis le magistrat du parquet.

Mais ce n’est pas tout. Le parquet a également demandé :

  • 5 ans de prison pour l’infraction d’enregistrement de l’intimité de la victime, assortis d’une amende de 25 millions de francs congolais.

  • 5 ans de servitude pénale principale pour coups et blessures aggravés.

  • La condamnation aux frais d’instance et, à défaut de paiement dans les délais, la contrainte par corps.

Le réquisitoire du parquet est clair : le docteur Balanganayi doit être puni sévèrement pour ses actes. Le cumul des peines pourrait atteindre des sommets, même si le tribunal devra décider si elles s’exécutent de manière concurrente ou consécutive.

Un million de dollars réclamés par la partie civile

Du côté de la victime, les avocats de Dorcas Moya n’ont pas été en reste. Ils ont réclamé une somme faramineuse à titre de dommages et intérêts.

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« Il vous plaira de déclarer cette action recevable et pleinement fondée. Il s’agit d’un médecin de l’État congolais dont les fautes ont été commises dans l’exercice de ses fonctions. En conséquence, nous sollicitons la condamnation au paiement d’une somme d’un million de dollars, payable en francs congolais pour dommages et intérêts sur base de l’article 258 du code civil livre 3 », a plaidé l’avocat de la partie civile.

Un million de dollars. Une somme qui peut sembler astronomique, mais qui reflète l’ampleur du préjudice subi par Dorcas Moya. La jeune femme a été victime de violences physiques, de torture, et d’un enregistrement de son intimité sans son consentement, diffusé ensuite sur les réseaux sociaux.

L’état de la victime : un témoignage clé

L’audience de vendredi a également entendu un témoin crucial : le docteur Éloge Ilunga, médecin à l’hôpital Diamant, où Dorcas Moya a été transférée après son calvaire à Kinkole.

Son témoignage va à l’encontre de la thèse de l’urgence défendue par le docteur Balanganayi. Selon ce dernier, il aurait agi sous l’emprise de l’état de nécessité, la vie de la patiente étant en danger.

« Nous avons reçu le vendredi passé Mme Dorcas Moya avec un état observé et des signes vitaux stables, c’est-à-dire que le statut intégral de la patiente par rapport à son physique ou son état était stable. Sa vie n’était pas en danger. Elle n’était donc pas dans un état d’urgence. Elle était admise en chambre », a déclaré le docteur Ilunga.

Un témoignage qui fragilise considérablement la défense du médecin accusé. Si la vie de Dorcas Moya n’était pas en danger au moment de son transfert, la justification de l’état de nécessité devient difficile à soutenir.

La défense joue son va-tout

Face à ces réquisitions sévères et à ce témoignage accablant, la défense du docteur Balanganayi devra trouver les mots pour sauver son client. Plaidera-t-elle la clémence ? Contestera-t-elle l’évaluation des préjudices ? Mettra-t-elle en cause l’organisation de l’hôpital de Kinkole ?

Les avocats du médecin ont déjà indiqué que leur client avait agi pour sauver une vie, et que les coups administrés l’avaient été dans un contexte d’urgence absolue. Mais le témoignage du docteur Ilunga contredit directement cette version.

Le tribunal devra départager les deux récits. Et sa décision aura des conséquences au-delà de ce seul procès.

Une affaire exemplaire

L’affaire Balanganayi est devenue un symbole. Symbole de la lutte contre les violences obstétricales, souvent invisibles, souvent impunies. Symbole du combat des femmes pour que leur parole soit entendue, leur corps respecté, leur dignité protégée.

La Première Dame Denise Nyakeru, qui a pris en charge la victime, a salué la mobilisation. Les associations féminines, présentes en nombre lors des audiences, appellent à une condamnation exemplaire.

Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, ce sera un signal fort envoyé à l’ensemble du corps médical : la violence sur les patientes, même sous couvert d’urgence médicale, ne sera plus tolérée.

Le verdict très attendu

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il devrait être rendu dans les prochains jours, peut-être dès la semaine prochaine.

Dorcas Moya, qui a comparu lors de l’audience, attend avec impatience la décision des juges. Son avocat a réclamé justice, et réparation.

Le docteur Balanganayi, détenu depuis le début de l’affaire, risque la prison ferme, une amende lourde, et la destruction de sa carrière médicale.

Au-delà des peines, c’est la mémoire de la victime, et la dignité de toutes les femmes qui accouchent, qui est en jeu. Le tribunal de Kinkole, tribunal de proximité, va rendre une décision qui aura une résonance nationale.

Une chose est sûre : l’affaire Balanganayi ne s’arrêtera pas au verdict. Elle a ouvert une brèche dans le mur du silence qui entoure trop souvent les violences obstétricales. Et cette brèche, plus rien ne pourra la refermer.

Procès Balanganayi : le verdict attendu ce vendredi après un report lié à la fête nationale

L’affaire qui secoue Kinshasa depuis plusieurs semaines touche à sa fin. Le verdict du procès du docteur David Balanganayi, accusé de violences sur une patiente dans une salle d’accouchement de l’hôpital général de référence de Kinkole, sera rendu ce vendredi 3 avril 2026. Initialement prévue mercredi 1er avril, la troisième audience a dû être reportée. La raison : le gouvernement congolais avait décrété cette journée chômée et payée sur l’ensemble du territoire pour célébrer la qualification historique des Léopards à la Coupe du monde 2026. Une fête nationale qui a suspendu le cours de la justice, mais seulement pour quelques jours.

L’information du report a été communiquée par Faustin Bukasa, avocat principal de la défense, via un média de la place. Selon lui, l’annonce gouvernementale n’a laissé d’autre choix au tribunal que de décaler l’audience. Une décision logistique, sans incidence sur le fond du dossier.

Le procès, qui a débuté il y a plusieurs jours, a déjà connu deux audiences riches en rebondissements. La première a permis d’identifier le prévenu et d’entendre les chefs d’accusation. La deuxième a vu défiler des témoins clés : le médecin directeur de l’hôpital, des médecins témoins, ainsi que la grand-mère de la victime. Des experts ont également été entendus, livrant des analyses parfois contradictoires sur la déontologie médicale et l’état de nécessité.

La victime sera présente avant le verdict

Ce vendredi, l’audience s’annonce décisive. Pour la première fois, Dorcas Mulema, la patiente victime des violences, comparaîtra à la barre. Son témoignage, attendu avec une grande impatience, pourrait faire basculer le délibéré.

Depuis le début de l’affaire, la jeune femme est prise en charge par la fondation de la Première Dame, Denise Nyakeru, qui a condamné les faits et appelé la justice à établir les responsabilités. Son état de santé, physique et psychologique, a été jugé suffisamment stable pour lui permettre de témoigner.

Le ministère public, qui a requis des peines sévères, verra ses arguments confortés ou infirmés par la parole de la victime. La défense, elle, maintiendra la thèse de l’état de nécessité, déjà plaidée lors des précédentes audiences.

Une affaire qui divise l’opinion publique

Le procès Balanganayi a suscité une intense émotion dans la capitale et au-delà. La vidéo devenue virale, montrant le médecin administrant des coups à une patiente allongée sur une table d’accouchement, a choqué l’opinion. Les réactions se sont multipliées, y compris au plus haut niveau de l’État.

Les organisations féminines et de défense des droits humains sont montées au créneau. Pour elles, les actes du docteur Balanganayi constituent une violence obstétricale inadmissible, une forme de torture que rien ne saurait justifier. Elles réclament des sanctions sévères, voire exemplaires, pour dissuader d’autres professionnels de santé d’adopter de tels comportements.

Mais une partie des professionnels de la santé a également pris la parole. Leur position est plus nuancée. Ils reconnaissent que les coups portés sont condamnables, mais ils insistent sur le contexte : une urgence vitale, une patiente refusant obstinément des soins nécessaires, une équipe médicale dépassée. Pour eux, le docteur Balanganayi a peut-être dérapé, mais il a agi avec l’intention de sauver une vie. Certains appellent à un « recadrage » plutôt qu’à une sanction lourde.

Un procès aux enjeux multiples

Au-delà du cas individuel, ce procès soulève des questions de fond. Jusqu’où peut aller un médecin pour sauver un patient ? La contrainte physique est-elle jamais justifiable ? Comment concilier urgence médicale et consentement éclairé ?

La réponse du tribunal sera scrutée. Elle déterminera non seulement le sort du docteur Balanganayi, mais aussi, dans une certaine mesure, les pratiques médicales en RDC. Une condamnation sévère enverrait un signal fort : les violences obstétricales ne seront plus tolérées. Une relaxe ou une peine légère pourrait être interprétée comme un blanc-seing donné à des méthodes brutales.

L’affaire a également une dimension politique. La Première Dame, Denise Nyakeru, s’est personnellement impliquée, en prenant en charge la victime et en appelant à la justice. Une position qui n’est pas sans rappeler son engagement de longue date pour les droits des femmes et contre les violences sexuelles.

Le poids du symbole

Le fait que le verdict soit rendu le vendredi 3 avril, deux jours après la fête nationale du football, n’est probablement qu’une coïncidence. Mais elle n’est pas anodine. Le pays a célébré l’exploit des Léopards, symbole d’unité et de fierté nationale. Aujourd’hui, la justice s’apprête à trancher un dossier qui divise la nation.

Les deux affaires n’ont rien à voir, bien sûr. Mais elles montrent, chacune à leur manière, les contradictions de la société congolaise : capable d’une joie collective immense, mais aussi traversée par des violences intimes, parfois invisibles.

Les attentes avant le délibéré

Ce vendredi, l’audience commencera par l’audition de Dorcas Mulema. Ses mots pèseront lourd. Ensuite, les avocats plaideront, avant que le juge ne se retire pour délibérer. Le verdict pourrait tomber dans la foulée, ou être mis en délibéré pour une date ultérieure.

Les organisations féminines seront présentes, nombreuses, pour soutenir la victime et appeler à une condamnation. La défense, elle, comptera sur les éléments techniques et le contexte d’urgence pour obtenir l’indulgence du tribunal.

Quelle que soit la décision, elle ne mettra pas fin au débat. Mais elle posera un jalon. Dans un pays où les violences faites aux femmes sont encore trop souvent impunies, ce procès a valeur d’exemple. La justice congolaise, cette fois, est attendue au tournant.