Gouvernance en RDC : À qui profite l’immunité ? Le cri d’alarme de la Cour des comptes

Palais du Peuple, Kinshasa – 3 mars 2026

Sous les ors et les dorures de l’hémicycle, l’atmosphère était solennelle, presque pesante. En effet, ce mardi-là, la République avait sorti ses plus beaux atours pour la rentrée judiciaire de la Cour des comptes.

Au premier rang, le Président Félix Tshisekedi, la Première ministre, les présidents du Parlement et tout l’état-major judiciaire du pays écoutaient attentivement. Pourtant, peu imaginaient que le discours qui allait suivre secouerait autant les certitudes.

Jimmy Munganga brise le silence sur l’impunité

Jimmy Munganga, Premier président de la Cour des comptes, s’avança alors à la tribune. Derrière ses lunettes, son regard trahissait la détermination d’un homme décidé à parler franchement.

Il évoqua d’abord la notion de « redevabilité ». Ce terme technique renvoie pourtant à une idée simple : tout gestionnaire public doit rendre des comptes.

Cependant, très vite, le ton changea. Sa voix devint plus grave. Le magistrat venait de toucher au cœur du problème.

« La question de la redevabilité ne saurait être close », lança-t-il, « sans évoquer la problématique préoccupante de l’impunité dont bénéficient les ministres et les gouverneurs. »

L’article 32 dans le viseur de la Cour des comptes

Aussitôt, un silence glacial s’abattit sur l’assemblée. En effet, Jimmy Munganga venait de briser un tabou.

Il pointait directement l’article 32 de la loi organique de la Cour. Selon lui, cette disposition agit comme un véritable bouclier juridique. Elle protège certains hauts responsables contre les poursuites pour fautes de gestion.

Ministres du gouvernement central, gouverneurs de province ou encore responsables des assemblées : tous échappent à la justice financière dans ce cadre précis.

« Cette disposition crée une discrimination manifeste », asséna-t-il. « Elle viole le principe constitutionnel de l’égalité des citoyens devant la loi. »

Dans la salle, certains ministres baissèrent les yeux. D’autres échangèrent des regards furtifs. Manifestement, le Premier président venait de poser une question explosive au cœur même de la République.

Un appel direct à réformer la loi

Pourtant, Jimmy Munganga ne s’arrêta pas là. Au contraire, il poursuivit son plaidoyer avec insistance.

Face au Chef de l’État, connu pour faire de la bonne gouvernance un pilier de son action, il demanda clairement une réforme.

« Nous devons rendre les ordonnateurs politiques justiciables devant la Cour pour leurs fautes de gestion », déclara-t-il. « Ainsi, nous restaurerons l’égalité devant la loi et renforcerons la lutte contre la criminalité financière. »

Une institution qui veut désormais peser

Pendant longtemps, la Cour des comptes était restée en retrait. Beaucoup la percevaient comme une institution discrète, presque invisible dans le paysage institutionnel congolais.

Cependant, depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, la situation a évolué. Aux côtés de l’Inspection générale des finances, la Cour a progressivement repris sa place dans le dispositif de contrôle de l’État.

Mais ce mardi, elle demandait davantage qu’un simple rôle consultatif. En réalité, elle revendiquait les moyens d’agir réellement.

Une question au cœur de la République

Car derrière les mots juridiques et les formules protocolaires, c’est une vieille histoire congolaise qui ressurgit. Celle des biens publics dilapidés, des détournements impunis et des privilèges qui protègent les puissants.

Ainsi, en demandant la suppression de l’article 32, la Cour des comptes ne s’adressait pas seulement au législateur.

En réalité, elle tendait un miroir à la République. Une question restait alors suspendue dans l’air : le pays est-il prêt à appliquer la même justice à tous ses responsables publics ?

38 ans, et désormais patron de la SOKIMO : Yannick Mulundu Nzondé, le prodige Congolais qui bouscule les codes

Il y a des parcours qui semblent tout droit sortis d’un roman d’apprentissage. Celui de Yannick Mulundu Nzondé en est un. À 38 ans, ce jeune entrepreneur congolais vient d’être nommé Directeur général de la SOKIMO, la Société Minière de Kilo-Moto, l’une des plus anciennes et prestigieuses entreprises minières de la République démocratique du Congo.

Une nomination qui fait souffler un vent de jeunesse sur un secteur souvent perçu comme conservateur, et qui place un homme de défis à la tête d’une société aux immenses potentialités mais aussi aux lourdes responsabilités.

De l’Afrique du Sud aux cimes de Forbes

Pour comprendre l’homme, il faut remonter le fil d’un destin pas comme les autres. Né en RDC mais ayant grandi en partie en Afrique du Sud, Yannick Mulundu Nzondé a très tôt baigné dans un environnement multiculturel qui a forgé sa vision du monde et des affaires.

Très jeune, il plonge dans l’entrepreneuriat avec une détermination qui ne le quittera plus. Il fonde Mulundu Investments and Holdings, une société de conseil et de développement d’affaires qui travaille rapidement avec des multinationales et des investisseurs de premier plan. Son talent ? Détecter les opportunités là où d’autres voient des obstacles, et jeter des ponts entre l’Afrique et le monde.

Ce parcours hors norme ne tarde pas à être remarqué. Le magazine Forbes, référence planétaire de la réussite économique, le classe parmi les « Top 30 jeunes Africains prometteurs ». Une consécration qui, à l’époque, n’était qu’une étape. Aujourd’hui, elle prend tout son sens.

L’entrepreneur devenu patron de mine

Car désormais, Yannick Mulundu Nzondé ne se contente plus de conseiller les entreprises : il en dirige une. Et pas n’importe laquelle. La SOKIMO, héritière des riches gisements de Kilo-Moto, dans la province de l’Ituri, est un géant aux pieds d’argile. Spécialisée dans l’exploration et l’exploitation de l’or et du diamant, elle recèle un potentiel colossal, mais a traversé ces dernières années des turbulences opérationnelles et financières.

La mission du nouveau Directeur général est claire : redynamiser la machine, moderniser les méthodes, et hisser la SOKIMO au niveau de compétitivité attendu d’un fleuron national.

La philanthropie comme boussole

Mais Yannick Mulundu Nzondé n’est pas qu’un homme d’affaires. C’est aussi un philanthrope engagé. Cofondateur d’ATI Congo Groupe, il investit dans divers secteurs avec une obsession : contribuer au développement économique de l’Afrique, et en particulier de son Congo natal.

Cette fibre sociale, rare dans les cercles du pouvoir économique, pourrait bien faire la différence à la tête de la SOKIMO. Dans une région où l’exploitation minière a parfois rime avec conflits et spoliations, l’arrivée d’un homme sensible aux questions de développement communautaire est un signal fort.

La nouvelle génération débarque

Cette nomination ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de renouvellement des élites économiques en RDC. Une nouvelle génération de dirigeants, formés à l’international, connectés aux réseaux mondiaux, mais profondément attachés à leur pays, est en train de prendre la relève.

Yannick Mulundu Nzondé rejoint ainsi ce cercle restreint de jeunes Congolais qui portent sur leurs épaules l’espoir d’un renouveau. Fally Ipupa, récemment, dans l’un de ses morceaux, a célébré cette émergence. Lui chante, d’autres agissent. Et quand l’art et l’entreprise se rejoignent dans un même élan patriotique, cela dessine les contours d’une nation qui croit en elle-même.

Les défis qui attendent le jeune patron

Reste l’essentiel : les chantiers. À la SOKIMO, Yannick Mulundu Nzondé devra affronter des défis de taille. Moderniser des infrastructures parfois vieillissantes, assainir les finances, lutter contre la fraude et l’exploitation artisanale illégale, et surtout, attirer des partenaires stratégiques pour valoriser le potentiel minier de Kilo-Moto.

L’homme, rompu aux arcanes du conseil international, sait que la théorie doit désormais rencontrer la pratique. Que les rapports de Forbes ne pèsent pas lourds face à la réalité du terrain. Mais il a un atout : sa jeunesse, justement, qui lui permet d’aborder les problèmes avec un regard neuf, libéré des pesanteurs du passé.

Un symbole pour la jeunesse africaine

Au-delà de sa personne, c’est tout un symbole que cette nomination. Celui d’une Afrique qui confie ses leviers économiques à une génération montante, formée, ambitieuse. Celui d’un Congo qui ose miser sur ses fils les plus prometteurs, même quand ils n’ont pas gravi tous les échelons d’une hiérarchie traditionnelle.

Yannick Mulundu Nzondé, à 38 ans, devient le visage d’une jeunesse qui ne veut plus attendre son tour, mais qui prend sa place. Reste à écrire, ensemble, la suite de l’histoire. Celle de la SOKIMO, de ses milliers d’employés, de ses communautés, et d’un pays tout entier qui regarde désormais vers Kilo-Moto avec un espoir renouvelé.

La Chine ouvre grand son marché à l’Afrique : la RDC dans le cercle des 53 élus

L’information est tombée de l’agence Xinhua, officielle et précise comme une estampe chinoise. Ce jour-là, à Pékin, les diplomates ont dû se frotter les yeux : la Chine venait d’élargir son régime de « tarif zéro » à 53 pays africains, contre 33 auparavant. Un bond spectaculaire, un geste d’une ampleur rare, et une nouvelle qui va faire le tour du continent.

Pour la République démocratique du Congo, partenaire historique et privilégié de l’empire du Milieu, cette annonce a la douceur d’une confirmation. Kinshasa reste dans le cercle très fermé des nations qui peuvent exporter vers la Chine sans se heurter aux droits de douane. Une aubaine pour un pays dont les sous-sols regorgent de ce dont Pékin a soif : cobalt, cuivre, lithium, or.

Un seul exclu : le prix du choix diplomatique

Mais toute médaille a son revers. Dans ce tableau presque parfait de la coopération sino-africaine, un nom brille par son absence : Eswatini. L’ancien Swaziland, petit royaume d’Afrique australe, paie là le prix d’un choix diplomatique que Pékin n’a jamais pardonné. Seul pays africain à encore reconnaître Taïwan comme une nation souveraine, il se retrouve aujourd’hui sur le quai, regardant le train du « tarif zéro » s’éloigner sans lui.

La leçon est claire : pour Pékin, la diplomatie et le commerce ne font qu’un. Reconnaître Taïwan, c’est s’exclure soi-même des largesses économiques de la Chine continentale. Un avertissement silencieux mais terriblement efficace adressé aux rares récalcitrants de la planète.

Le contexte Trump et la recomposition mondiale

Cette générosité calculée de Pékin n’émerge pas dans un vide géopolitique. Elle intervient alors que les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont érigé des murs tarifaires un peu partout dans le monde. Les droits de douane américains, élevés et punitifs, ont poussé de nombreuses nations africaines à chercher ailleurs des débouchés pour leurs produits.

La Chine, elle, a ouvert ses bras. Stratégie gagnante.

Déjà premier partenaire commercial du continent africain, Pékin consolide sa mainmise économique avec la constance d’un joueur d’échecs qui voit plusieurs coups à l’avance. Les Nouvelles Routes de la Soie, cette toile d’infrastructures gigantesques que la Chine tisse à travers le monde, trouvent dans cette mesure un prolongement naturel : après avoir construit les ports et les routes, il faut désormais faire circuler les marchandises.

Ce que cela change pour la RDC

Pour la RDC, les implications sont immédiates et concrètes. Les relations entre Kinshasa et Pékin sont déjà parmi les plus denses du continent. Le secteur minier, poumon de l’économie congolaise, est largement orienté vers la Chine. Les géants chinois extraient le cobalt et le cuivre dans le Katanga, tandis que les entreprises de construction venues de l’empire du Milieu bitument les routes et érigent les bâtiments administratifs.

Avec le « tarif zéro » élargi, les produits congolais – minerais bien sûr, mais peut-être demain produits agricoles, bois, ou artisanat – pourront pénétrer le marché chinois sans la barrière des taxes. Une opportunité de diversification pour une économie encore trop dépendante des matières premières.

Une danse à plusieurs

Cette annonce de Xinhua ne marque pas une rupture, mais une accélération. La Chine et l’Afrique dansent ensemble depuis des décennies, et le rythme s’intensifie. Pour la RDC, pays-continent aux ressources infinies, cette mesure est à la fois une reconnaissance et une promesse.

Reste à savoir, désormais, si les exportateurs congolais sauront saisir cette chance. Si les producteurs locaux pourront répondre aux standards et aux exigences du marché chinois. Et si, dans ce grand rééquilibrage des échanges mondiaux, la RDC trouvera sa place non plus seulement comme fournisseur de matières premières, mais comme partenaire à part entière.

Le 53 pays africains concernés viennent de recevoir un cadeau diplomatique et commercial de Pékin. À eux d’en faire bon usage. Et à Eswatini, peut-être, de réfléchir à ses alliances.

Tshisekedi négocie un partenariat sur les minerais critiques avec les USA

Le président Félix Tshisekedi a mené, mercredi 4 février au siège de la US International Development Finance Corporation (DFC), une série d’entretiens stratégiques de haut niveau pour sceller le partenariat économique entre la RDC et les États-Unis autour des minerais critiques.

Accompagné des vice-Premiers ministres de l’Économie et des Finances, le chef de l’État a rencontré John Jovanovic, président de l’Export-Import Bank (EXIM Bank) des États-Unis, ainsi que des responsables de la DFC et de l’unité de Guerre Économique du Département de la Défense.

Au cœur des discussions : les minerais, la transformation et les infrastructures

Les échanges ont porté sur des sujets concrets visant à structurer la coopération :

  • La commercialisation des minerais critiques congolais (cobalt, cuivre, lithium).

  • La transformation locale et la création de chaînes de valeur industrielles.

  • Les opportunités de stockage stratégique, en lien avec le programme américain « Project Vault ».

  • Le financement des projets structurants comme le corridor de Lobito et le barrage d’Inga.

Une ambition : transformer les ressources en souveraineté

Le président Tshisekedi a réaffirmé la vision de la RDC : convertir ses ressources stratégiques en levier de développement et faire de ses partenariats, notamment avec Washington, des « accélérateurs de souveraineté, de stabilité et de prospérité partagée ».

Ces discussions marquent une étape cruciale dans la matérialisation de l’accord de principe sur les minerais stratégiques. Elles visent à attirer des investissements américains massifs et des technologies pour que la RDC ne soit plus un simple fournisseur de matières premières, mais un acteur intégré dans les chaînes de valeur globales.

Le FMI satisfait des réformes budgétaires du gouvernement congolais

Kinshasa – Le gouvernement congolais a reçu un satisfecit de la part du Fonds monétaire international (FMI). Ce vendredi 30 janvier, le vice-premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, s’est entretenu avec une délégation de l’institution de Bretton Woods, conduite par Jean-Baptiste Gros, chef de mission d’assistance technique.

À l’issue d’une mission de deux semaines axée sur l’analyse des processus d’exécution budgétaire et de la qualité de l’information financière publique, le FMI a exprimé sa satisfaction concernant les réformes engagées par Kinshasa.

« Nous avons pu observer les efforts qui ont été entrepris pour modifier ces procédures », a déclaré Jean-Baptiste Gros, saluant notamment la déconcentration de l’ordonnancement dans quatre ministères pilotes, dont la mise en œuvre débute en février. Cette réforme vise à rapprocher la gestion des dépenses des ministères concernés, pour en améliorer l’efficacité.

L’objectif de la mission était d’« analyser les processus d’exécution budgétaire pour améliorer l’efficacité de la dépense, et analyser aussi les processus de reporting et la qualité de l’information disponible auprès du public », a précisé le chef de délégation.

Les experts du FMI sont repartis « très satisfaits » des discussions sur la faisabilité technique des réformes en cours. Ce bilan positif renforce la crédibilité du gouvernement dans sa gestion des finances publiques, un élément clé dans le cadre de son partenariat avec les institutions financières internationales.

Un plan humanitaire ambitieux de 1,4 milliard $ pour transformer la crise en espoir

Face à l’une des crises humanitaires les plus complexes et prolongées au monde, le gouvernement congolais et ses partenaires internationaux ont officiellement lancé, ce mercredi, le cadre stratégique pour l’année 2026. Sous la présidence de la Ministre d’État des Affaires Sociales et Humanitaires, Ève Bazaiba Masudi, le lancement de l’Aperçu des besoins humanitaires (HNO) et du Plan de réponse humanitaire (HRP) 2026 marque une étape cruciale. Avec un objectif de financement fixé à 1,4 milliard de dollars américains, ce plan vise à atteindre au moins 14,9 millions de personnes parmi les plus vulnérables.

Un contexte qui se dégrade, une réponse qui veut se transformer

La présentation a été l’occasion de dresser un bilan sans concession de l’année 2025. Carla Martinez, cheffe du bureau de l’OCHA en RDC, a pointé une détérioration marquée de la situation sécuritaire, en particulier dans l’Est du pays. Le Coordonnateur humanitaire, Bruno Lemarquis, a quant à lui énuméré les défis multiformes qui persistent : conflits armés, déplacements massifs de populations, insécurité alimentaire aiguë, crises sanitaires récurrentes et, surtout, une baisse drastique des financements internationaux.

Face à ce sombre tableau, les autorités congolaises entendent opérer un changement de paradigme. « L’objectif est de passer progressivement de l’assistance d’urgence au relèvement durable pour que les populations retrouvent leur autonomie », a martelé la Ministre Ève Bazaiba, insistant sur la nécessité de « s’attaquer aux causes profondes des crises ». Le HRP 2026 se veut ainsi bien plus qu’un catalogue d’aide d’urgence ; il se présente comme un outil stratégique de transformation.

Une approche intégrée et sectorielle

Le lancement a été marqué par une forte implication interministérielle, illustrant la volonté d’une réponse globale. Plusieurs ministres sont venus apporter l’éclairage de leurs secteurs :

  • Éducation : La Ministre Raïssa Malu a présenté la stratégie nationale 2025-2030 pour l’éducation en situations d’urgence, alertant sur les ravages irréversibles de la malnutrition infantile sur le développement cognitif des enfants. Protéger l’apprentissage est devenu une priorité vitale.

  • Genre et Famille : La Ministre Micheline Ombae a plaidé pour l’autonomisation économique des femmes et le renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre, facteurs essentiels de résilience communautaire.

Un appel à l’engagement pour l’avenir

En clôturant la cérémonie, la Ministre d’État Ève Bazaiba a lancé un appel solennel à la communauté internationale et aux acteurs locaux. Elle les a exhortés à un engagement résolu et orienté vers les résultats. L’ambition est claire : offrir aux populations congolaises touchées par les crises, non plus seulement une aide de survie, mais une véritable perspective d’avenir.

Le succès de ce plan ambitieux dépendra maintenant de la mobilisation des ressources financières promises et de la capacité de tous les acteurs à travailler en synergie pour transformer une réponse humanitaire en un tremplin vers le développement durable. Les mois à venir seront décisifs pour des millions de Congolaises et Congolais.

PayServices porte plainte contre la RDC pour 4 milliards de dollars

L’histoire commence par une promesse de révolution numérique et se termine devant un tribunal fédéral américain. Au centre du conflit : le projet pharaonique de numérisation des paiements de l’État congolais, porté par la société américaine PayServices, qui réclame aujourd’hui 4 milliards de dollars à la RDC en dommages et intérêts.

Tout débute fin 2023, dans les bureaux de l’ambassade de la RDC à Washington. Le 6 décembre, PayServices rencontre pour la première fois des responsables congolais. La société veut créer une plateforme pour centraliser tous les flux financiers de l’État. Selon elle, le projet pourrait générer plus de 8 milliards de dollars par an.

De l’accord à la plainte : une escalade rapide

En janvier 2024, la CADECO signe un accord d’exclusivité avec PayServices. Le contrat prévoit un premier versement de 20 millions de dollars avant mars. Cependant, en avril, les fonds n’arrivent pas. La CADECO sollicite la Banque centrale du Congo pour débloquer l’argent, mais la tentative échoue. Face à cet échec, PayServices saisit la justice américaine.

Dans sa plainte, l’entreprise ne se limite pas à dénoncer la rupture contractuelle. Elle évoque des pressions, des tentatives de corruption et un pot-de-vin présumé de 5 millions d’euros. Plusieurs hauts responsables congolais sont cités : la ministre du Portefeuille, le ministre des Finances, le directeur de cabinet du président, le gouverneur de la Banque centrale et le patron de la CADECO.

Kinshasa riposte et défend sa légalité

Face à cette attaque, Kinshasa réagit avec fermeté. Dans un communiqué du 13 janvier, le ministère du Portefeuille réfute point par point les accusations de PayServices.

L’argument principal est juridique : PayServices n’est pas une banque. Le ministère cite une décision du Département des Finances de l’État de l’Idaho, datée du 18 octobre 2024. Cette décision retire toute reconnaissance conditionnelle à la société et lui interdit d’utiliser le terme « bank » pour non-respect des règles.

Le communiqué précise : « Nos vérifications administratives confirment que PayServices ne dispose d’aucune autorisation pour gérer des fonds publics. » La loi congolaise sur les finances publiques bloque donc toute procédure administrative liée au projet.

Kinshasa ajoute qu’aucun fonds n’a été transféré et qu’aucune autorisation régulière n’a été délivrée. Par conséquent, « aucun préjudice financier ne peut être établi ». Le ministère conteste aussi la crédibilité de PayServices, en soulignant l’absence d’états financiers certifiés, d’audit indépendant, et qualifie les investissements présumés de 72 millions de dollars de « dénués de tout fondement ».

Enfin, selon les autorités, les accusations de corruption n’apparaissent qu’après le refus de paiement et en réaction à la contestation du statut bancaire de l’entreprise.

Une bataille judiciaire longue et complexe

Le décor est planté pour une bataille juridique complexe devant les tribunaux américains. D’un côté, PayServices affirme avoir été flouée après avoir investi temps et ressources. De l’autre, le gouvernement décrit son adversaire comme une entité au statut douteux, avec laquelle aucun engagement ferme n’aurait été possible.

Au-delà des 4 milliards de dollars, cette affaire questionne la gouvernance des grands contrats publics en RDC et les risques liés aux partenariats avec des entités étrangères aux assises floues.

La RDC assure qu’elle coopère avec toute juridiction légalement compétente et se réserve « toutes les voies de droit ». PayServices, elle, a déjà joué ses cartes. Désormais, le prochain mouvement revient à la justice fédérale américaine. L’enjeu pour Kinshasa est clair : prouver que son refus était non seulement légal, mais aussi la décision responsable et nécessaire.

l’Assemblée nationale adopte un budget 2026 à 22 milliards de dollars

Kinshasa-RDC — L’Assemblée nationale a adopté mercredi 10 décembre 2025 le budget de l’État pour l’année 2026. Aimé Boji Sangara a dirigé la plénière qui a validé un budget réévalué à 54 335,7 milliards de francs congolais, soit environ 22 milliards de dollars.
Selon Guy Mafuta Kabongo, rapporteur de la Commission Économique, Financière et Contrôle budgétaire, ce changement découle d’un nouvel ajustement du taux de change. Le gouvernement avait déposé le projet initial en septembre en s’appuyant sur un dollar à 2 490 francs congolais. Les nouvelles prévisions fixent la parité à 2 400 francs, avec une projection à 2 600 francs, conformément aux estimations du Fonds monétaire international.

Un budget révisé pour intégrer les priorités

Cette mise à jour entraîne une hausse de 7,2 % des dépenses, qui passent de 50 691,8 à 54 335,7 milliards de francs congolais. Plusieurs secteurs profitent de cette augmentation. Le gouvernement renforce le service de la dette extérieure, les investissements financés sur ressources propres, les rémunérations des agents publics, les opérations électorales et les dépenses de sécurité.
En parallèle, il mise sur une progression des recettes. Les budgets annexes devraient croître de 6,6 %, tandis que les comptes spéciaux pourraient augmenter de 9 %, grâce à une meilleure gestion des établissements publics concernés.

Des propositions en plénière et un vote massif

Au cours du débat, plusieurs députés ont défendu des ajustements. Certains ont suggéré une hausse des taxes dans le secteur des télécommunications. D’autres ont demandé l’intégration de projets jugés urgents, comme la route Kolwezi–Dilolo.
Après ces échanges, les députés ont procédé au vote. Le texte a obtenu une adhésion quasi totale : 428 voix pour, seulement 2 contre et aucune abstention. Les recommandations de la commission parlementaire partiront au gouvernement pour examen.
Cette adoption ouvre désormais la voie à l’exécution des priorités financières de l’État congolais en 2026. Elle arrive dans un contexte international toujours fragile, marqué notamment par une forte incertitude monétaire.

FMI-Banque Mondiale: André Wameso porte la voix de la RDC aux Assemblées annuelles

Washington— Sous les dorures sobres des salles de conférence du siège du Fonds monétaire international (FMI), André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), prend part depuis le 13 octobre aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Ces rencontres, qui réunissent chefs d’État, ministres, gouverneurs de banques centrales et représentants de la société civile, visent à dresser un diagnostic lucide des défis économiques mondiaux et à proposer des pistes de coopération renforcée.

Les échanges, nourris par l’ombre persistante des crises successives, ont mis en lumière une série de constats :

  • la montée des drames humanitaires liés à la fragilité et aux conflits ;

  • la nécessité de consolider le lien entre paix et développement ;

  • le rôle central des politiques intérieures pour contenir l’inflation ;

  • et l’alourdissement du fardeau de la dette, qui menace la croissance à long terme.

Le G24 plaide pour une solidarité internationale accrue

Lors de la 114ᵉ réunion du Groupe des 24 (G24), dont la RDC est membre actif, les participants ont adopté une série de recommandations ambitieuses. L’objectif : soutenir les pays vulnérables, assainir la gestion de la dette et préserver l’indépendance des banques centrales.
Les membres ont notamment exhorté la communauté internationale à maintenir son engagement envers les États fragiles ou touchés par des conflits, et à honorer leurs promesses d’aide pour faciliter reconstruction et développement durable.

Le communiqué final souligne que les tensions commerciales mondiales et les incertitudes géopolitiques pèsent lourdement sur les pays émergents et en développement (PEPD). La baisse des exportations, la diminution des devises et la volatilité des marchés accentuent la vulnérabilité de leurs économies. « La croissance reste bridée, et les perspectives demeurent trop faibles pour effacer les séquelles laissées par la succession des chocs », avertit le rapport.

Renforcer les institutions, préserver l’indépendance monétaire

Les représentants du G24 ont insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance des banques centrales, condition indispensable pour garantir la crédibilité de la politique monétaire. Ils appellent à rationaliser les dépenses publiques, à renforcer la transparence de la dette et à promouvoir des réformes structurelles favorisant la croissance portée par le secteur privé.

Les délégués ont également recommandé la création de mécanismes de financement concessionnels et la mise en œuvre de réformes globales sur la viabilité des finances publiques. Ces efforts, estiment-ils, doivent aller de pair avec un renouveau de la coopération internationale, afin de rétablir un environnement commercial stable, transparent et propice au développement durable.

Créé en 1971 par le Groupe des 77, le G24 permet aux pays en développement de coordonner leurs positions face aux grandes puissances économiques. Ses réunions, traditionnellement organisées avant celles du FMI, offrent un espace stratégique pour faire entendre la voix du Sud global dans les décisions financières internationales.

RDC et FMI : la diplomatie financière porte ses fruits

Le ministre des Finances a obtenu un nouveau décaissement du FMI après la revue du programme de crédit, récompensant les progrès de la RDC en matière de réformes structurelles et de stabilité économique.

WASHINGTON – La diplomatie financière congolaise a marqué un point ce jeudi 16 octobre 2025. Au siège du Fonds monétaire international (FMI), le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a achevé avec succès la deuxième revue du programme de Facilité Élargie de Crédit (FEC). Ce résultat ouvre la voie à un nouveau décaissement en faveur de la République démocratique du Congo.

Des réformes saluées et une économie en progrès

Lors de son entretien avec Abebe Aemro Selassie, directeur du Département Afrique du FMI, le ministre a souligné les performances économiques du pays. La croissance reste soutenue, tandis que l’inflation a reculé à 7,7 %, contre 23,8 % en décembre 2023. Ces résultats confirment la solidité de la politique économique menée par le gouvernement congolais.

Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi, le gouvernement poursuit ses réformes structurelles. Celles-ci reposent sur trois priorités : la transparence, la rigueur budgétaire et la mobilisation accrue des recettes internes.

De plus, le directeur du Département Afrique du FMI a salué la gouvernance financière du gouvernement congolais. Il a toutefois encouragé Kinshasa à maintenir la discipline budgétaire et à renforcer la coordination entre les politiques budgétaires et monétaires.

Par ailleurs, le ministre Doudou Fwamba a réaffirmé la volonté du gouvernement de préserver la stabilité macroéconomique et de consolider les acquis obtenus grâce au partenariat avec le FMI. Cette collaboration vise un objectif clair : améliorer durablement les conditions de vie de la population.

Cette rencontre, organisée en marge des Assemblées annuelles du FMI, confirme le retour en force de la RDC sur la scène financière internationale. Le nouveau décaissement attendu renforcera les réserves de change du pays et soutiendra les programmes de développement en cours, témoignant de la crédibilité retrouvée de l’économie congolaise.

Judith Suminwa clôt sa tournée américaine sur une note économique

La Première ministre congolaise a conclu sa visite officielle par des rencontres ciblées avec des investisseurs et des think tanks, capitalisant sur le succès du premier Forum économique bilatéral.

WASHINGTON – Jeudi 16 octobre 2025, Judith Suminwa Tuluka a achevé sa mission diplomatique et économique aux États-Unis par une série d’engagements stratégiques. Après avoir représenté le président Félix Tshisekedi au premier Forum économique et d’investissement RDC–USA, la cheffe du gouvernement a enchaîné les échanges avec des investisseurs, des groupes de réflexion influents et des médias internationaux. Par cette démarche, elle a réaffirmé sa volonté d’ouvrir la RDC à des partenariats économiques durables et transparents.

Des partenariats concrets et un plaidoyer d’influence

Parmi les moments forts de cette dernière journée figurait une séance de travail avec Rendeavour, le développeur de la zone économique spéciale de Kiswishi (SEZ), située dans le Haut-Katanga. Ce projet privé, premier du genre en RDC, illustre la stratégie nationale de diversification économique. Avec son usine Pepsi déjà en activité et ses pôles industriels, commerciaux et résidentiels, Kiswishi se veut une vitrine du renouveau congolais. Judith Suminwa a salué cette réussite et réaffirmé le soutien total de son gouvernement à ces initiatives porteuses de transformation.

Par ailleurs, la Première ministre a rencontré une délégation de l’Atlantic Council, dirigée par Rama Yade. Les discussions ont porté sur le renforcement du dialogue politique entre Kinshasa et Washington et sur l’accompagnement des réformes économiques en cours. Les représentants du think tank ont salué la clarté et la cohérence de la vision portée par la cheffe du gouvernement.

En outre, Judith Suminwa a échangé avec le Réseau des Femmes Leadership Congolaises – USA (CWLN-USA). Elle a souligné le rôle essentiel de la diaspora dans le développement du pays, particulièrement dans les secteurs de la santé, de la finance et de la technologie. Ces femmes ont présenté leurs projets en faveur de l’autonomisation économique et de l’éducation des jeunes filles.

Enfin, pour amplifier le message de son gouvernement, la Première ministre a accordé plusieurs interviews à Reuters, Politico et au Washington Examiner. Elle y a défendu les efforts de la RDC pour consolider la paix, attirer les investissements et renforcer sa crédibilité économique.

Cette tournée américaine, la première du genre pour une Première ministre congolaise, symbolise une nouvelle étape dans la diplomatie économique du pays. En passant des déclarations d’intention à des partenariats concrets, Judith Suminwa positionne la RDC comme un acteur africain ambitieux, prêt à construire des alliances solides et équitables.

la RDC signe un accord énergétique de 1,5 milliard $ avec Hydro-Link

Sous les lumières de Washington, la République Démocratique du Congo (RDC) vient de franchir une étape déterminante dans la modernisation de son secteur énergétique. En marge du Forum économique USA–RDC, le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a signé ce mardi un protocole d’accord d’une valeur de 1,5 milliard de dollars avec la société américaine Hydro-Link.

Ce partenariat, centré sur la construction d’une ligne de transport d’électricité reliant l’Angola à la RDC, ambitionne de réduire le déficit énergétique national et d’alimenter durablement les zones minières et industrielles du pays. Une infrastructure stratégique qui s’inscrit dans la vision du gouvernement congolais d’ériger l’énergie en moteur de développement.

Hydro-Link, un partenaire américain au cœur du redressement énergétique

« Ce partenariat s’inscrit dans la dynamique du Programme d’Actions du Gouvernement, notamment son pilier 5, visant à améliorer l’accès à l’eau et à l’électricité pour tous », a déclaré le ministre Aimé Sakombi Molendo lors de la cérémonie.

Pour Hydro-Link, spécialiste américain des infrastructures énergétiques en Afrique, ce projet marque une collaboration de long terme avec Kinshasa. L’entreprise apportera à la fois son expertise technique et son appui financier pour concrétiser ce chantier prioritaire.

Selon les premières estimations, les travaux de construction devraient démarrer au premier semestre 2026, une fois les études de faisabilité et les procédures réglementaires achevées.

Une alliance stratégique entre Washington et Kinshasa

Cet accord énergétique USA-RDC illustre le renforcement du partenariat économique entre les États-Unis et la République Démocratique du Congo, fondé sur des investissements durables et le développement d’infrastructures stratégiques.

Le Forum économique USA–RDC, qui réunit dirigeants politiques, investisseurs et chefs d’entreprise des deux pays, vise à bâtir des ponts économiques solides dans les secteurs de l’énergie, des mines, de l’agriculture et du numérique.

En misant sur la proximité énergétique de l’Angola et sur la technologie américaine, la RDC espère sécuriser son approvisionnement électrique, soutenir la croissance industrielle et accélérer son intégration régionale.

Un pas vers la transformation énergétique de la RDC

Avec cet accord énergétique USA-RDC, Kinshasa envoie un signal fort : celui d’un pays décidé à transformer ses ressources en puissance économique. En connectant ses ambitions à la technologie américaine et à l’énergie angolaise, la RDC choisit la voie d’une coopération pragmatique et durable, où le courant du progrès semble enfin prêt à circuler.

RDC-USA : le grand séduction économique à Washington

Washington accueille mardi l’ouverture du Forum économique et des investissements entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis. La cérémonie a réuni plusieurs personnalités politiques et économiques des deux pays, dont la Première ministre congolaise Judith Suminwa, qui représente le président Félix Tshisekedi, accompagnée de huit ministres.

Jonathan Pratt, sous-secrétaire d’État américain par intérim aux Affaires africaines, était également présent avec une importante délégation d’officiels et d’investisseurs américains. Ce forum de deux jours vise à explorer les opportunités d’investissement en RDC et à soutenir la diversification de son économie.

Pour Joe Dumbi Kabangu, conseiller spécial du président Tshisekedi, la RDC est “de retour” sur la scène économique internationale. Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur, a décrit le pays comme une “République des affaires, République des opportunités, République des milliards cachés”, soulignant les efforts menés dans le cadre du Code des investissements pour améliorer le climat des affaires. L’Agence nationale des investissements (Anapi) facilite désormais la création d’entreprises en moins de 24 heures, ouvrant la porte aux investisseurs internationaux.

Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a lancé un vibrant appel aux investisseurs : “Avoir vos investissements en RDC, c’est être connecté à toute l’Afrique centrale, orientale et australe. La RDC est la destination du XXIe siècle pour ceux qui veulent croître et prospérer.”

La Première ministre Judith Suminwa a rappelé les réformes profondes engagées pour créer un cadre économique transparent, compétitif et propice à l’investissement, favorisant la création d’emplois et consolidant la confiance entre l’État et les acteurs économiques.

Jonathan Pratt a également souligné l’importance stratégique de la RDC pour les États-Unis, en particulier la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement en minerais critiques. Il a évoqué des partenariats bilatéraux bénéfiques, notamment autour du corridor de Lobito, pour soutenir le développement économique régional

Quand les cambistes prennent le pas : la BCC sonne l’alarme sur le marché des devises

KINSHASA – Le coup de semonce est tombé. Dans un avis public signé par son Premier Vice-Gouverneur, Dieudonné Fikiri Alimasi, la Banque Centrale du Congo (BCC) déclare la guerre aux pratiques spéculatives qui déstabilisent le marché des changes. Alors que le franc congolais connaît une embellie face au dollar, certains cambistes persistent à afficher des taux « déconnectés de la réalité », creusant un écart abyssal entre le cours officiel et le marché parallèle.

Le constat est sans appel : pendant qu’un dollar s’échange à 2 275 francs congolais selon le taux indicatif de la BCC, le marché parallèle, lui, propose des taux oscillant entre 1 700 et 1 800 FC. Une différence qui permet à certains opérateurs de réaliser des bénéfices jugés « indécents » – jusqu’à 50 000 FC sur un simple billet de 100 dollars.

La BCC passe à l’offensive

Face à ces dérives, la Banque Centrale rappelle l’existence de l’instruction administrative n°007, qui encadre strictement les opérations de change manuel. Ce texte interdit notamment l’affichage des taux à l’extérieur des bureaux de change, une pratique accusée d’alimenter la spéculation « sur la voie publique ».

Mais cette fois, l’avertissement s’accompagne d’une menace concrète : la BCC annonce le « déploiement imminent de ses services de contrôle » et promet des sanctions pouvant aller « jusqu’au retrait de l’agrément » pour les contrevenants. Après la phase de sensibilisation en mai 2024, place désormais à la répression.

La police en première ligne

En appui à cette offensive, la Police nationale congolaise intensifie ses opérations sur le terrain. Objectif : traquer les « cambistes récalcitrants » qui refusent d’appliquer le taux officiel. Le gouvernement envisagerait même de déployer des agents « apparents et non apparents » pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « braquage des citoyens ».

Cette mobilisation des forces de l’ordre témoigne de la détermination des autorités à assainir un marché des changes où la confusion règne en maître. Les pratiques spéculatives ne perturbent pas seulement l’économie ; elles entretiennent un climat de défiance préjudiciable à la stabilité monétaire.

Un enjeu de souveraineté économique

Derrière cette bataille technique se cache un enjeu plus fondamental : la capacité de l’État à imposer sa souveraineté monétaire. La BCC l’affirme sans détour : elle veut « garantir la stabilité et la transparence » d’un marché essentiel à l’économie congolaise.

La population est invitée à jouer son rôle en effectuant ses opérations de change uniquement auprès des institutions agréées, dont la liste est disponible sur le site de la Banque Centrale. Un réflexe citoyen qui pourrait contribuer à assécher le marché parallèle.

Alors que le franc congolais montre des signes de fermeté, les autorités entendent bien profiter de cette dynamique pour reprendre le contrôle d’un marché trop longtemps laissé à lui-même. La guerre des changes ne fait que commencer.

La recette inédite du gouvernement pour opérer la métamorphose économique

KINSHASA – La République Démocratique du Congo entre dans une ère de transformation radicale. Ce mercredi, lors de la 10ᵉ édition de l’Expo Béton, le ministre d’État Guylain Nyembo a dévoilé la feuille de route gouvernementale pour reconstruire le pays autour d’un investissement pharaonique de 100 milliards de dollars. Un projet placé sous le signe de l’audace et de la planification rigoureuse.

Une vision articulée autour de 6 piliers stratégiques

Face à un parterre de décideurs et sous le haut patronage de la Première ministre Judith Suminwa, représentante personnelle du président Félix Tshisekedi, le ministre a présenté une approche structurée et inclusive :

  • Valorisation du capital humain : Former et impliquer les Congolais dans la reconstruction nationale

  • Projets structurants : Mise en œuvre ambitieuse du PDL-145T, un programme de développement local aux impacts nationaux

  • Bonne gouvernance : Transparence et efficacité comme leviers de confiance

  • Rationalisation des investissements publics : Optimiser chaque dollar investi

  • Attractivité économique : Faire de la RDC une destination privilégiée pour les investisseurs

  • Coordination de l’aide extérieure : Mettre la coopération internationale au service des priorités congolaises

Une RDC qui « n’avance pas en se plaignant, mais avec détermination »

« La RDC ne se plaint pas ; elle avance avec résilience, détermination et dignité sur la voie de son développement », a affirmé Guylain Nyembo, résumant l’état d’esprit qui anime le gouvernement.

Pour lui, le pays doit désormais miser sur un leadership économique fort et une synergie public-privé pour transformer son immense potentiel en richesses tangibles et durables.

Alors que l’Expo Béton consacre son édition anniversaire à cette ambition nationale, un message fort est envoyé aux partenaires techniques et financiers : la RDC a choisi de reprendre en main son destin, avec une vision claire, des projets concrets et une détermination sans faille. La reconstruction ne sera pas qu’une affaire de béton, mais bien une métamorphose humaine, économique et institutionnelle.

Judith Suminwa dévoile un plan de 100 milliards $ pour « rebâtir le pays »

KINSHASA – La Première ministre Judith Suminwa a frappé fort. Ce mercredi, elle a annoncé un plan d’investissement de 100 milliards de dollars américains pour transformer en profondeur les infrastructures de la République Démocratique du Congo. Cette annonce a marqué l’ouverture de la 10e édition du Salon Expo Béton, un événement désormais incontournable pour le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Devant un public de professionnels et de décideurs réunis au Centre culturel de Kinshasa, la cheffe du gouvernement a appelé à l’unité et à l’action. « Le thème de cette édition — Catalyser une transformation audacieuse pour le XXIe siècle — n’est pas une incantation. C’est un cadre mobilisateur, un contrat collectif et un devoir de résultat », a-t-elle affirmé.

Judith Suminwa a dessiné les grandes lignes d’une vision modernisatrice : infrastructures durables, développement urbain, corridors économiques et zones économiques spéciales.

Expo Béton, vitrine d’une nouvelle ambition congolaise

Le président d’Expo Béton, Jean Bamanisa, a salué la « maturité » de cet événement devenu « une institution incontournable du secteur de la construction ». Selon lui, la RDC entre dans une phase où elle veut passer « des paroles aux actes » en matière de développement.

L’idée de ce projet pharaonique avait été soumise au président Félix Tshisekedi dès le mois de mai. « Nous étions convaincus que la RDC ne s’éterniserait pas dans les conflits. Sous son leadership, le pays aspire désormais à un développement concret », a déclaré Bamanisa.

Le plan, estimé à 100 milliards de dollars, repose sur quatre axes majeurs :

  • Le développement des villes et des corridors économiques ;

  • La création de zones économiques spéciales ;

  • La modernisation des réseaux de transport ;

  • La construction d’infrastructures durables et résilientes.

Malgré les tensions persistantes à l’Est, le gouvernement congolais veut envoyer un message clair : le Congo choisit la croissance et la reconstruction. Expo Béton devient ainsi le symbole d’un pays qui croit à sa renaissance et mise sur ses propres ressources pour bâtir l’avenir.

l’État et le patronat ouvrent un dialogue inédit sur la fiscalité

Ce mercredi 1er octobre 2025, Kinshasa a été le théâtre d’une rencontre que beaucoup attendaient. Dans une salle où résonnaient les enjeux de croissance et de réformes, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé la toute première réunion officielle du Cadre d’échanges entre son portefeuille et la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).

Ce nouvel espace permanent de dialogue se veut un lieu de co-construction : analyser les obstacles fiscaux, parafiscaux et douaniers qui pèsent sur les affaires en République démocratique du Congo, et surtout y apporter des solutions concrètes.

Vers une fiscalité plus transparente et équitable

Face aux représentants de la FEC, principale organisation patronale du pays, l’argentier national a rappelé la volonté du gouvernement de travailler « en synergie » avec les forces vives de l’économie. L’objectif : faciliter la compréhension et la mise en œuvre des réformes fiscales en cours, mais aussi les aligner sur la vision stratégique du président Félix Tshisekedi et le programme d’action 2024-2028 de la Première ministre Judith Suminwa.

Pour donner corps à cette ambition, Doudou Fwamba a annoncé la création prochaine d’une Commission nationale de médiation fiscale. Ce mécanisme aura pour mission d’instaurer un dialogue plus apaisé entre l’État et les contribuables, prévenir les litiges et favoriser un climat de confiance et de transparence.

Un Forum national attendu d’ici fin 2025

L’horizon est déjà tracé. Avant la fin de l’année, un Forum national sur la politique fiscale réunira toutes les parties prenantes. Il sera, selon le ministre, une étape « décisive » après les assises sur la réforme du système fiscal et la lutte contre le coulage des recettes publiques.

« Ce forum procédera à une évaluation sans complaisance de notre système fiscal, identifiera ses forces et ses faiblesses, et définira un chronogramme précis pour bâtir un système plus performant et équitable », a-t-il martelé. Des ateliers préparatoires viendront nourrir ce rendez-vous pour garantir que des solutions concrètes, réalistes et partagées en sortent.

Un partenariat appelé à durer

Au-delà des annonces, le ton de la rencontre a donné le cap : instaurer une concertation régulière et constructive entre le ministère des Finances et la FEC. Une dynamique qui, si elle se confirme, pourrait devenir l’un des leviers essentiels de l’amélioration durable du climat des affaires en RDC.

Doudou Fwamba annonce une croissance au-delà des prévisions malgré l’austérité

Ce lundi 26 septembre 2025, l’antenne de Top Congo FM s’est faite le théâtre d’une déclaration forte. Invité de la chaîne Top Congo FM, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a levé le voile sur l’état réel des finances publiques. À rebours des inquiétudes, il a affirmé avec assurance que l’économie congolaise demeure « stable et robuste ».

Mieux encore, le pays enregistre un taux de croissance de 6,5 % pour l’année 2024, contre 6 % initialement projetés dans le budget. « Notre priorité reste claire : plus d’emplois, plus de pouvoir d’achat », a insisté le ministre, dans une formule à la fois simple et percutante.

Des sacrifices budgétaires pour des résultats palpables

Mais cette performance ne s’est pas obtenue sans rigueur. Depuis le début de l’année, le gouvernement a imposé un resserrement de la politique budgétaire et monétaire. La mesure la plus emblématique reste la réduction de 30 % des dépenses liées au train de vie des institutions, y compris la présidence.

Conséquence immédiate : le Trésor public encaisse désormais plus de 15 millions de dollars américains chaque mois, soit près de 180 millions USD par an. Une épargne substantielle qui témoigne d’un changement de cap dans la gestion des finances de l’État.

Entre stabilité macroéconomique et défis quotidiens

« Le cadre macroéconomique est désormais stable, malgré un déficit estimé à 1 000 milliards de francs congolais », a poursuivi Doudou Fwamba. En comparaison avec la moyenne subsaharienne, l’économie congolaise se révèle plus résiliente, preuve d’un socle solide.

Reste à savoir comment ces chiffres flatteurs pourront transformer le quotidien des Congolais. Car si les indicateurs sont au vert, la population attend que cette croissance se traduise par des emplois décents, un pouvoir d’achat renforcé et une amélioration concrète de la vie de tous les jours.

UBA à l’ONU : le livre blanc qui veut réinventer l’avenir de l’Afrique

New York, septembre 2025 – Dans les couloirs feutrés du siège des Nations Unies, une institution bancaire africaine s’apprête à faire entendre sa voix. United Bank for Africa (UBA) Plc réunit dirigeants mondiaux et investisseurs lors de la 80e Assemblée Générale des Nations Unies pour présenter une vision audacieuse : faire du continent le moteur de la prospérité mondiale de demain.

Une feuille de route pour l’Afrique de demain

Le moment clé de cet événement sera le lancement d’un livre blanc novateur intitulé : « Miser sur l’avenir de l’Afrique : Mobiliser le capital et les partenariats pour une croissance durable ». Ce document, une première pour une institution financière africaine à l’UNGA, propose des stratégies concrètes pour libérer le potentiel économique du continent.

Le document met en avant cinq piliers essentiels :

  • Le développement du commerce intra-africain

  • Le financement des infrastructures critiques

  • L’innovation numérique et la fintech

  • Le financement climatique et la transition énergétique

  • La croissance inclusive et la création d’emplois

UBA, ambassadeur du privé africain

Sous l’impulsion de son président Tony Elumelu, UBA s’est imposé comme un acteur majeur des discussions sur l’investissement en Afrique. « Ces conversations déboucheront sur des décisions réalisables et concrètes », assure le businessman nigérian, dont la fondation promeut l’entrepreneuriat depuis des années.

Le directeur général du groupe, Oliver Alawuba, insiste sur l’urgence de l’action : « Davantage d’entreprises doivent démontrer leur engagement envers le développement du continent through des actions concrètes ». Un plaidoyer qui résonne particulièrement alors que l’Afrique cherche sa place dans la nouvelle architecture économique mondiale.

Au-delà du symbole, des engagements concrets

Présente dans 20 pays africains et employant 25 000 personnes, UBA incarne cette Afrique qui se prend en main. La banque entend profiter de sa plateforme new-yorkaise pour transformer le discours sur l’Afrique – passant d’un continent bénéficiaire d’aide à un partenaire incontournable.

Les activités prévues lors de l’UNGA incluent une table ronde du Business Council for International Understanding et la réception annuelle de UBA. Autant d’occasions de networking stratégique entre décideurs africains et investisseurs internationaux.

Alors que les projecteurs se braquent sur New York, UBA porte une ambition simple mais révolutionnaire : que l’Afrique cesse d’être perçue comme un problème à résoudre, mais comme la solution aux défis économiques de demain. Reste à voir si la communauté internationale sera à l’écoute de ce nouveau narratif.

Budget 2026 : Suminwa Tuluka dépose un projet de loi ambitieux de 20,3 milliards USD

Kinshasa, le 15 septembre – Dans un geste protocolaire chargé de symbolisme, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a franchi les portes de l’Assemblée nationale ce lundi. Objectif : déposer le projet de loi de finances 2026, un budget ambitieux de 20,3 milliards USD qui dessine les priorités du gouvernement pour l’année à venir.

Une équipe gouvernementale au complet pour un moment historique

Accompagnée d’un impressionnant cortège ministériel, la cheffe du gouvernement a remis les documents au président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. À ses côtés, les principaux artisans de ce budget : le Vice-premier ministre Adolph Muzito (Budget), le ministre des Finances Doudou Fwamba, et le ministre des Relations avec le Parlement Guy Loando. Une démonstration de force qui souligne l’importance accordée à ce moment constitutionnel.

Le budget 2026, en hausse de 16,4% par rapport à 2025, s’inscrit dans une vision à moyen terme. « Il s’agit de doubler les recettes courantes d’ici 2028 », explique un conseiller du gouvernement, tandis que le financement de la reconstruction de l’Est du pays reste une priorité absolue.

Les six piliers de la croissance congolaise

La structure du budget révèle les choix stratégiques de l’exécutif. Six secteurs prioritaires se partagent l’enveloppe :

  • La sécurité, dans un contexte de tensions persistantes

  • L’agriculture, pour assurer l’autosuffisance alimentaire

  • Les infrastructures, colonne vertébrale du développement

  • L’énergie, moteur de l’industrialisation

  • L’éducation, investissement dans le capital humain

  • La fonction publique, garant de l’État providence

« Ce budget est équilibré et réaliste », assure le ministre des Finances, Doudou Fwamba. « Il traduit notre engagement à transformer l’économie congolaise ».

Transparence et redevabilité : la reddition des comptes 2024

Dans le même temps, le gouvernement a présenté la reddition des comptes de l’exercice 2024. Avec un taux de réalisation de 79,97%, ce document témoigne des efforts de transparence revendiqués par l’exécutif. « Nous tenons nos engagements en matière de bonne gouvernance », affirme la Première ministre.

Ce double dépôt – budget futur et comptes passés – illustre la méthode Suminwa : allier ambition économique et rigueur managériale. Une approche qui pourrait rassurer les partenaires techniques et financiers du pays.

Alors que le projet de loi va maintenant être examiné par les députés, le gouvernement espère une adoption rapide. Reste à voir comment l’opposition et la société civile accueilleront ces orientations budgétaires, dans un contexte social encore tendu. Le budget 2026 sera-t-il le levier tant attendu de l’émergence congolaise ?.

21 milliards USD : la RDC ouvre une nouvelle ère économique avec le Qatar

 Le mardi 2 septembre 2025 restera sans doute gravé dans l’histoire économique de la République Démocratique du Congo. Dans le cadre feutré d’une salle de conférence où se mêlaient costumes sombres et tenues traditionnelles, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka accueillait Son Altesse Sheikh Mansour Bin Jabor Bin Jasim Al Thani, à la tête de la délégation d’Al Mansour Holding.

Leur poignée de main, ferme et symbolique, scellait bien plus qu’une simple coopération : une lettre d’intention engageant un investissement stratégique de 21 milliards de dollars américains — du jamais vu dans les annales des partenariats économiques de la RDC.

Neuf secteurs clés, une vision transformative

L’accord, qualifié de « gagnant-gagnant » par les deux parties, couvre un spectre économique d’une ampleur remarquable : agriculture, mines, hydrocarbures, infrastructures, santé, éducation, finances, cybersécurité et environnement. Osons l’affirmer : cette diversification stratégique représente une avancée majeure vers l’émancipation économique tant promise depuis des décennies.

Huit protocoles d’accord (MoU) sont déjà en cours de finalisation, confirmant la volonté d’ancrer rapidement ces investissements dans le réel — des champs agricoles aux data centers, des hôpitaux aux écoles, des mines aux routes.

Une ouverture assumée, un pari sur l’avenir

Devant un parterre de ministres, d’experts et de représentants diplomatiques, la Première ministre Suminwa a salué une initiative « illustrant pleinement la politique d’ouverture du gouvernement aux investissements privés ». Dans son discours, elle a insisté sur le caractère structurant de ce partenariat, « gage de diversification économique, de création d’emplois et de développement durable ».

Du côté qatari, le Sheikh Mansour a exprimé sa « confiance dans le potentiel de la RDC et la vision de son gouvernement », soulignant les opportunités mutuelles que représente ce rapprochement historique.

Présumons que derrière les signatures et les discours officiels se joue une recomposition géoéconomique majeure. La RDC, souvent perçue comme une terre de risques, s’affiche désormais comme un bassin d’opportunités — capable d’attirer les géants mondiaux de l’investissement.

Reste à traduire ces engagements en réalisations tangibles. Nul doute que la population congolaise suivra avec une attention particulière la concrétisation de ces promesses qui pourraient, enfin, inaugurer une ère de prospérité partagée.

Kinshasa veut lever 40 millions USD sur le marché local

Le gouvernement congolais, à travers le ministère des Finances, annonce une émission de bons du Trésor en RDC pour un montant de 40 millions de dollars, prévue ce 8 juillet 2025. Cette opération vise à financer les besoins budgétaires de l’État tout en réduisant la dépendance aux financements extérieurs.

Les bons, émis pour une maturité de trois mois, arriveront à échéance le 7 octobre 2025. Les investisseurs locaux sont invités à soumettre leurs offres le jour même auprès de la Banque Centrale du Congo (BCC), qui supervisera l’opération.

Objectif : renforcer l’ancrage local de la dette publique

En misant sur les bons du Trésor en RDC, le gouvernement cherche à mobiliser l’épargne intérieure et à diversifier ses sources de financement. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique de souveraineté économique. En effet, les autorités veulent limiter les emprunts extérieurs et stimuler la confiance dans le marché financier national.

Toutefois, aucune précision n’a encore été donnée sur le taux d’intérêt, ce qui suscite des interrogations parmi les analystes et investisseurs.

Un test pour la stabilité financière de la RDC

Le recours aux bons du Trésor en RDC reflète les efforts du gouvernement pour faire face à d’importants défis économiques, malgré un pays riche en ressources naturelles. Si cette levée de fonds réussit, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres opérations similaires et renforcer la confiance des investisseurs dans les capacités de financement local de l’État.

En résumé, cette initiative représente un test stratégique pour la gestion de la dette publique congolaise et la solidité de son marché financier.

Le FMI débloque 261 millions $ pour soutenir la stabilité économique en RDC

Le Fonds monétaire international (FMI) a validé, le 2 juillet 2025, la première revue du programme de la Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de la République Démocratique du Congo. Cette approbation s’est accompagnée d’un décaissement immédiat de 261,9 millions de dollars, destiné à soutenir les équilibres macroéconomiques et à élargir les marges budgétaires de l’État.

Ce geste fort du FMI intervient dans un contexte géopolitique tendu à l’Est du pays, mais témoigne d’une confiance renouvelée dans la trajectoire économique congolaise.

Résilience économique et réformes en marche

Malgré les défis sécuritaires, les indicateurs macroéconomiques restent positifs :

  • Une croissance soutenue à 6,5 %,

  • Une inflation en recul,

  • Un taux de change globalement stable.

Ces résultats reflètent l’effet cumulé des réformes structurelles : gouvernance budgétaire renforcée, amélioration de la mobilisation des recettes et gestion plus transparente des finances publiques.

Le FMI RDC souligne que ces performances sont porteuses d’espoir, mais nécessitent une consolidation à travers des politiques prudentes et ciblées.

Un levier pour les investissements publics et la confiance des marchés

Ce soutien financier du FMI crée de l’espace pour accélérer les investissements dans les infrastructures, les services sociaux de base et la modernisation de l’administration. Il constitue aussi un signal fort pour les investisseurs internationaux, renforçant la crédibilité de la RDC sur les marchés financiers.

À court terme, les autorités congolaises doivent capitaliser sur cet élan pour ancrer la stabilité économique dans la durée et en faire un véritable moteur de développement inclusif.

RDC Italie un partenariat stratégique renforcé au sommet du plan Mattei

Ce vendredi 20 juin 2025, la Première Ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a représenté la RDC au sommet du Plan Mattei pour l’Afrique et Global Gateway, à Rome. Coprésidé par Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien, et Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, ce sommet de haut niveau visait à renforcer la coopération entre l’Europe et l’Afrique. La RDC a saisi cette tribune pour réaffirmer son engagement à nouer des partenariats solides, notamment avec l’Italie.

Judith Suminwa a mis en lumière les richesses naturelles de la RDC, notamment le cuivre et le cobalt, essentiels à la transition énergétique mondiale. Elle a appelé à une collaboration plus équitable dans la chaîne de valeur, invitant l’Italie à investir dans la transformation locale. Ce message s’inscrit dans une stratégie globale visant à faire de la RDC un acteur clé du développement durable.

Des projets concrets pour relier l’afrique centrale à l’europe

La Première Ministre a insisté sur l’importance du corridor de Lobito, une infrastructure majeure pour relier l’Afrique centrale à l’Atlantique. Ce projet logistique représente une opportunité stratégique pour fluidifier les échanges commerciaux régionaux. Elle a encouragé l’Italie à participer à sa mise en œuvre, en tant que partenaire technique et financier.

Judith Suminwa a également évoqué la diversification économique par l’agriculture. Elle a souligné que les terres fertiles de la RDC peuvent répondre aux besoins alimentaires croissants de l’Afrique, tout en créant des emplois durables. Par ailleurs, elle a mis en avant la jeunesse congolaise comme moteur d’innovation, à même de soutenir l’entrepreneuriat et la croissance inclusive.

Vers une coopération rdc italie durable et gagnant-gagnant

En conclusion, la cheffe du gouvernement congolais a réaffirmé la volonté de Kinshasa de renforcer ses liens économiques et diplomatiques avec l’Italie. La RDC cherche à s’imposer comme un partenaire fiable et stratégique sur la scène internationale. Cette rencontre de Rome a permis d’ancrer une dynamique RDC Italie fondée sur la confiance, les investissements mutuels et le respect des intérêts communs.

2,5 milliards $ approuvés par le Sénat pour transformer l’économie Congolaise

Kinshasa, 12 juin 2025 — Le Sénat de la République démocratique du Congo a validé, en seconde lecture, 8 projets de loi de ratification d’accords de prêt présentés par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi. Le montant total de ces accords dépasse 2,5 milliards de dollars américains.

Cette adoption représente une avancée majeure pour le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), en droite ligne avec la vision du président Félix Tshisekedi : faire de l’État un acteur stratégique du développement national.

« Nous transformons les appuis extérieurs en leviers concrets de progrès », a déclaré Doudou Fwamba.

Depuis avril 2024, plusieurs réformes structurantes ont été lancées : gouvernance budgétaire, digitalisation de l’administration publique, amélioration du climat des affaires… Ces financements viennent consolider ces efforts.

Parmi les projets phares :

  • 600 millions USD d’appui budgétaire direct, conditionné à la réussite de 10 réformes institutionnelles clés ;

  • 675 millions USD pour le Projet AGREE (accès à l’électricité et à l’eau), avec l’IDA, l’AFD et le Fonds Vert pour le Climat ;

  • 250 millions USD pour Inga 3, l’un des projets énergétiques les plus emblématiques du continent africain ;

  • Appui à la transformation numérique (PATN) pour connecter et inclure 30 millions de Congolais dans l’économie digitale ;

  • Projets de résilience urbaine à Kinshasa, Kalemie et Boma, financés par l’Union européenne, face aux défis climatiques.

Au-delà des chiffres, le ministre a insisté sur la portée sociale et souveraine de ces financements. Pour lui, ces outils renforcent la justice sociale et préparent un avenir plus équitable.

Les parlementaires, toutes tendances confondues, ont salué la cohésion institutionnelle et l’esprit de responsabilité autour de ces accords. Ils traduisent une volonté partagée de réforme, de stabilité et de croissance maîtrisée.

Avec la promulgation prochaine par le président de la République, ces lois viendront sceller un tournant historique : celui d’une RDC capable de négocier, réformer et construire, dans un cadre international rigoureux et au bénéfice direct de sa population.

La Banque mondiale débloque 250 millions $ pour propulser Inga 3 en RDC

La République démocratique du Congo franchit une étape majeure vers son autonomie énergétique. Le mardi 3 juin 2025, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé, depuis Washington, un financement de 250 millions de dollars. Cette somme, octroyée par l’Association internationale de développement (IDA), permettra de lancer la première phase du projet Inga 3.

Ce projet s’inscrit dans un programme global de 1 milliard de dollars. Il vise à poser les fondations du plus grand projet énergétique du pays. À travers une stratégie par étapes, ce programme permettra de développer les infrastructures, créer de l’emploi et stimuler les économies locales.

Inga 3, un levier pour l’accès à l’électricité et le développement local

Actuellement, seuls 21 % des Congolais ont accès à l’électricité. Ce manque constitue un frein majeur à la croissance économique. Mais la situation pourrait changer rapidement.

Avec le Pacte national de l’énergie, aligné sur l’initiative panafricaine Mission 300, le gouvernement veut porter le taux d’accès à 62 % d’ici 2030. Pour y parvenir, il mise sur des réformes structurelles, l’attrait d’investisseurs privés, et l’amélioration de la performance de la compagnie nationale d’électricité.

Le projet Inga 3 jouera un rôle clé dans cette stratégie. Il vise non seulement à accroître la production énergétique, mais aussi à renforcer les institutions du secteur.

Dans sa première phase, Inga 3 ciblera environ 100 communautés du Kongo Central. Environ 1,2 million de personnes bénéficieront d’opportunités économiques et d’un meilleur cadre de vie.

Plus qu’un simple projet d’énergie, Inga 3 devient un pilier du développement durable en RDC.

RDC–Chine : un accord stratégique pour révolutionner le secteur des assurances

Mercredi à Beijing, la République démocratique du Congo a franchi un cap important. L’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA-RDC) a signé un protocole d’accord stratégique avec son homologue chinois, la National Financial Regulatory Authority.

Ce partenariat ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans le sillage du Forum économique Chine–RDC, organisé à Beijing en septembre dernier. Lors de cet événement, les présidents Félix Tshisekedi et Xi Jinping avaient affiché leur volonté commune de renforcer les liens économiques entre les deux pays. Ce protocole en constitue la première concrétisation tangible.

Une collaboration aux multiples retombées

D’après le communiqué de l’ARCA, cette signature représente une avancée majeure dans la coopération bilatérale. L’accord vise à échanger des expériences en matière de régulation, de supervision et de digitalisation du secteur des assurances. La RDC veut ainsi apprendre des pratiques éprouvées de la Chine, dont le marché pèse près de 800 milliards de dollars.

En renforçant ses capacités institutionnelles, la RDC espère bâtir un écosystème d’assurance plus fiable, plus performant et plus attractif.

Des ambitions claires, un objectif commun

Grâce à ce protocole, les deux parties s’engagent à mettre en place une coopération technique durable. L’accord prévoit notamment des ateliers conjoints, des échanges de cadres, et des discussions autour des technologies numériques.

Il ne s’agit pas seulement de copier un modèle étranger. L’ARCA veut adapter les meilleures pratiques chinoises aux réalités locales congolaises, tout en stimulant la confiance des investisseurs nationaux et internationaux.

Pourquoi cela change la donne

Cet accord va bien au-delà d’un simple échange administratif. Il traduit une volonté claire : accélérer la modernisation du secteur financier congolais et hisser la RDC au rang des marchés émergents crédibles en Afrique.

Pour la Chine, c’est aussi une nouvelle démonstration de son engagement stratégique sur le continent africain, avec une approche de coopération dite gagnant-gagnant, souvent mise en avant dans sa diplomatie économique.

Akinwumi Adesina : “L’Afrique doit croire en elle-même ou rester dépendante à jamais”

« L’Afrique ne doit plus regarder ailleurs, mais en elle-même. » C’est le message fort d’Akinwumi Adesina, président sortant de la Banque africaine de développement (BAD). Il l’a lancé ce lundi 26 mai 2025 à Abidjan, lors de l’ouverture des 51e assemblées annuelles de l’institution.

Face à la presse, le dirigeant nigérian a insisté :

« Nous avons tout ce qu’il faut. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est la bonne gouvernance et une vision claire. »

Des ressources immenses, une vision urgente

Adesina a mis en lumière les atouts du continent :

  • Une jeunesse nombreuse et dynamique

  • Une agriculture riche

  • Des minerais critiques

  • Un ensoleillement constant

Selon lui, la solution se trouve en Afrique, et non à l’extérieur.

Un mandat tourné vers les plus vulnérables

Durant son mandat, Adesina a mis les besoins humains au centre des priorités de la BAD :

  • Femmes en difficulté maternelle

  • Enfants non scolarisés

  • Zones sans accès à l’eau, à l’électricité ou aux soins

« Changer la vie des Africains a été la plus belle mission de ma vie », a-t-il déclaré, ému.

Un bilan historique pour la BAD

Le président sortant a présenté des résultats concrets :

  • 225 milliards de dollars mobilisés pour l’Afrique via le Forum d’investissement

  • Capital de la BAD triplé : de 93 à 318 milliards de dollars (2015-2025)

  • Financement de projets stratégiques, comme le pont Gambie-Sénégal (44 millions $)

  • Contributions inédites de pays africains :

    • 10 millions $ d’Algérie

    • 5 millions $ du Maroc

    • 20 millions $ promis par le Kenya

    • 2 millions $ du Soudan du Sud

Un départ, mais une mission qui continue

« Être président de la BAD est une responsabilité immense. Le succès de la BAD est le succès de l’Afrique entière. »

Malgré son départ, Adesina veut rassurer : la mission continue. Il appelle à maintenir le cap avec ambition et rigueur.

Commerce mondial : l’OMC soutient la RDC après le plaidoyer de Julien Paluku

La République Démocratique du Congo marque un tournant dans son intégration au commerce mondial. Mercredi, à Genève, la Directrice générale de l’OMC, Dr Ngozi Okonjo-Iweala, a confirmé un appui technique en faveur de la RDC, fruit d’un plaidoyer diplomatique mené par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya.

Ce soutien comprendra plusieurs volets stratégiques :
– le renforcement des capacités des opérateurs économiques congolais,
– le transfert de technologies,
– l’accompagnement dans la ratification et la mise en œuvre de deux accords internationaux clés : la facilitation des échanges et les subventions à la pêche.

« La RDC ne veut plus rester en marge du commerce mondial. Nous voulons jouer un rôle actif sur les chaînes de valeur régionales et internationales », a affirmé Julien Paluku, saluant cet engagement fort de l’OMC.

Pour mettre en œuvre ces avancées, une commission mixte OMC–RDC a été créée. Elle définira un chronogramme précis pour garantir une intégration progressive et adaptée aux réalités économiques du pays.

Cette annonce reflète la volonté du président Félix Tshisekedi de diversifier l’économie nationale, moderniser les échanges commerciaux et attirer davantage d’investissements étrangers. L’appui de l’OMC devrait permettre à la RDC de lever plusieurs obstacles structurels et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques à ses entrepreneurs.

Une avancée diplomatique majeure pour la RDC, qui entend désormais faire entendre sa voix dans le système commercial multilatéral.

RDC et FMI : Un Accord crucial pour la stabilité économique

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé un accord au niveau des services concernant la première revue du programme économique et financier triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cet accord, annoncé ce mardi par le FMI, reste toutefois soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration, prévue pour fin juin 2025.

Une Économie Résiliente Malgré les Conflits

Malgré l’intensification du conflit dans l’est du pays, l’économie congolaise a montré des signes encourageants de résilience. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 6,5 % en 2024 et devrait maintenir une croissance supérieure à 5 % en 2025, principalement grâce à la vitalité du secteur extractif. Cette performance économique a été soutenue par une réduction du déficit courant et une stabilisation du taux de change, malgré les fortes tensions budgétaires causées par les dépenses sécuritaires croissantes.

Des Défis Financiers Importants

Cependant, l’escalade des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a mis à rude épreuve les finances publiques. Les fermetures de bureaux de perception des recettes dans les zones occupées et les exonérations fiscales pour atténuer la crise humanitaire ont pesé sur le budget national. Pour faire face à cette situation, le programme soutenu par la FEC a été recalibré pour inclure des mesures de rationalisation des dépenses et une augmentation des recettes internes.

Des Réformes Cruciales pour la Stabilité

Le gouvernement congolais a réaffirmé son engagement à poursuivre les réformes structurelles, notamment en modernisant la gestion des finances publiques, en luttant contre l’évasion fiscale et en améliorant la transparence dans le secteur extractif. Des initiatives comme la création d’un compte unique du Trésor et la décentralisation progressive des autorisations de dépenses sont en cours pour renforcer la discipline budgétaire.

Vers une Économie Plus Résiliente

Le FMI a salué les efforts du gouvernement pour stabiliser l’économie, tout en encourageant Kinshasa à poursuivre ses réformes pour renforcer la résilience face aux chocs économiques et climatiques. Avec ce programme recalibré, la RDC espère consolider sa stabilité macroéconomique et préparer le terrain pour une reprise économique durable.