Les États-Unis viennent de franchir un seuil critique dans la gestion diplomatique et sécuritaire de la crise à l’Est de la République démocratique du Congo. Ce mercredi 28 octobre, le département du Trésor américain a officialisé des sanctions ciblées contre deux piliers de l’appareil d’État rwandais : le ministère de la Défense et l’institution financière Zigama Credit and Savings Society.
Accusées de soutenir activement le groupe armé M23 et sa vitrine politique, l’Alliance du fleuve Congo (AFC), ces deux entités voient l’ensemble de leurs avoirs et intérêts sur le territoire américain gelés.
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Équipements de pointe, missiles et troupes sur le sol congolais
Pour justifier ces mesures punitives d’une sévérité inédite, le Trésor américain pointe du doigt le rôle direct du ministère rwandais de la Défense dans la supervision de milliers de soldats déployés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Selon Washington, l’armée rwandaise opère aux côtés des rebelles du M23 en leur fournissant une assistance logistique, des formations et des équipements militaires sophistiqués.
Le communiqué américain dénonce notamment la présence sur le terrain de systèmes de missiles sol-air et de matériel de brouillage avancés, représentant une menace directe pour l’aviation civile dans la région.
« Le Rwanda doit cesser de soutenir le M23 et retirer ses troupes de l’est de la RDC », a fermement martelé le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, rappelant les engagements souscrits par Kigali lors des récents accords de paix.
Trafic d’or et achats d’armes : La banque Zigama au cœur du réseau
L’autre volet des sanctions cible la Zigama Credit and Savings Society, une banque historiquement liée aux forces de sécurité rwandaises. L’administration américaine l’accuse d’avoir servi de levier financier pour contourner les restrictions et alimenter l’effort de guerre :
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Achat d’armements : Facilisation de transferts de fonds vers la Chine et d’autres pays pour l’acquisition d’armes et de munitions.
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Financement du M23/AFC : Exécution de transactions représentant des dizaines de millions de dollars au profit de la rébellion.
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Pillage des ressources : Traçabilité de réseaux d’acheminement vers Kigali d’or extrait illégalement des zones minières sous contrôle du M23.
Des exactions documentées et une pression maximale sur Kigali
Ces sanctions interviennent alors que le M23 continue d’exercer son emprise sur des pans entiers du territoire congolais, incluant les villes stratégiques de Goma et Bukavu. Le rapport du Trésor américain dresse un bilan accablant des méthodes du groupe armé : exécutions extrajudiciaires, actes de torture, détentions arbitraires et recours au travail forcé des populations civiles dans les sites miniers.
En bloquant les avoirs du ministère de la Défense et de la banque Zigama et en menaçant de poursuites toute entité internationale qui poursuivrait ses transactions avec eux, Washington espère asphyxier le soutien logistique aux rebelles et contraindre Kigali à un retrait effectif de ses troupes.



