Kinshasa, vendredi 24 avril 2026. Au cabinet du gouverneur, une rencontre qui pourrait changer le visage de la capitale. Daniel Bumba a reçu l’ambassadeur du Brésil en RDC, Roberto Parente. Pas une visite de courtoisie. Pas une poignée de main protocolaire. Une réunion de travail, dense, concrète, tournée vers l’action. Au menu : la mobilité urbaine et l’agriculture. Deux défis immenses pour une ville de près de 20 millions d’habitants.
Le Brésil n’est pas un partenaire comme les autres. C’est un géant agricole, un laboratoire de mobilité urbaine, un pays qui a transformé ses mégapoles et ses campagnes. Et c’est cette expertise que Kinshasa veut capter.
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« Le Brésil et la RDC présentent des réalités proches, ce qui ouvre la voie à une collaboration fructueuse », a déclaré Roberto Parente.
Des réalités proches, en effet. Des populations nombreuses. Des villes saturées. Des campagnes à valoriser. Une agriculture familiale qui attend son décollage. Un besoin urgent d’infrastructures.
L’agriculture pour nourrir Kinshasa
Premier volet du partenariat : l’agriculture. Kinshasa est une ville qui importe massivement son alimentation. Légumes, viande, poisson, céréales : tout vient de l’intérieur du pays ou de l’étranger, souvent au prix fort. Pendant ce temps, les terres fertiles des provinces alentour restent sous-exploitées.
L’ambassadeur Parente a annoncé le lancement prochain d’une coopération bilatérale destinée à appuyer le gouvernement provincial dans la réalisation de projets de valorisation agricole. Objectif : produire plus, produire mieux, produire local.
Pour les Kinois, cela pourrait signifier des marchés mieux approvisionnés, des prix plus stables, et une sécurité alimentaire renforcée. Pour les agriculteurs des environs, des débouchés sûrs et des revenus améliorés.
La mobilité urbaine pour désengorger Kinshasa
Deuxième priorité : la mobilité urbaine. Kinshasa étouffe. Ses artères sont saturées. Les embouteillages monstres paralysent la vie économique et sociale. Le gouverneur Daniel Bumba en a fait un chantier prioritaire de son mandat.
Le Brésil a des solutions à partager. Ses grandes villes – São Paulo, Rio de Janeiro – ont connu les mêmes maux. Elles ont développé des systèmes de transport en commun, des voies réservées, des technologies de régulation du trafic.
L’ambassadeur a évoqué des projets structurants en matière d’infrastructures. Des pistes concrètes de collaboration ont déjà été identifiées. Elles feront l’objet d’un travail conjoint dans les prochaines semaines.
Une nouvelle dynamique de coopération
Cette audience ouvre une nouvelle page entre Kinshasa et Brasilia. Jusqu’ici, les relations entre la RDC et le Brésil étaient restées discrètes. Mais le géant sud-américain semble décidé à renforcer sa présence en Afrique, et la RDC – par sa taille, son poids démographique, ses ressources – est un partenaire naturel.
Pour Daniel Bumba, c’est aussi une manière de diversifier les alliances de la capitale. Kinshasa travaille déjà avec la Chine, la Turquie, les États-Unis, l’Union européenne. Le Brésil apporte une expertise différente, un regard neuf, des solutions parfois plus adaptées aux réalités du Sud global.
Des projets à fort impact pour les Kinois
L’ambassadeur Parente a parlé de « projets à fort impact pour la population kinoise ». Une formule qui n’est pas anodine. Car à Kinshasa, les grands projets ont trop souvent bénéficié aux opérateurs économiques sans changer concrètement la vie des habitants.
Cette fois, l’accent semble mis sur l’utilité sociale. Mieux circuler. Mieux manger. Deux aspirations simples, mais si difficiles à réaliser dans une mégapole africaine.
Le travail ne fait que commencer. Les prochaines étapes verront les équipes techniques des deux pays se rencontrer, affiner les projets, chercher les financements. Mais l’impulsion est là. La volonté politique, aussi.



